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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ L’économiste Maxime Combes, membre d’Attac, dénonce dans une tribune au « Monde » le pouvoir des groupes de pression que confirme la non-interdiction du glyphosate malgré les engagements d’Emmanuel Macron.
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Glyphosate : « Faire en sorte que les lobbies ne gagnent pas toujours à la fin »

L’économiste Maxime Combes, membre d’Attac, dénonce dans une tribune au « Monde » le pouvoir des groupes de pression que confirme la non-interdiction du glyphosate malgré les engagements d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 17h00
    |

Maxime Combes (Economiste, membre d'Attac)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le match qui oppose les lobbies favorables à la poursuite de l’utilisation des produits phytosanitaires contenant du glyphosate à ceux qui veulent en interdire l’utilisation le plus rapidement possible, les premiers ont encore gagné : malgré l’engagement d’Emmanuel Macron en ce sens, la sortie du glyphosate en 2021 ne sera pas gravée dans la loi Agriculture et alimentation.
Beaucoup des instruments utilisés par ces groupes de pression sont désormais bien documentés
Ce n’est pas leur seule victoire : les propositions visant à interdire l’usage de drones pour épandre des pesticides, à créer des zones de protection autour des habitations, à rendre l’industrie des pesticides plus transparente, ou à créer un fonds d’indemnisation pour les victimes ont toutes été rejetées par les députés, à la demande du gouvernement.
Herbicide le plus utilisé en France, jugé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate incarne à lui tout seul le poids que les lobbies industriels exercent sur les instances de régulation et de décision de nos pays « démocratiques ».

Beaucoup des instruments utilisés par ces groupes de pression sont désormais bien documentés, comme la transmission d’amendements et d’argumentaires clés en main à des députés peu soucieux de la qualité et de la sincérité du travail parlementaire ; l’utilisation des fameuses « portes tournantes » (revolving doors) qui permettent à des cadres du privé de revenir dans la haute administration publique et assurer aux lobbies une grande proximité avec les lieux de décisions ; le financement d’études présentées comme « scientifiques » visant à insinuer le doute dans le débat public sur les impacts du produit incriminé (glyphosate, tabac, etc).
Pratiques bien connues
Du cas du tabac aux « Monsanto Papers », ces pratiques sont désormais bien connues. Un élément majeur, décisif même, est pourtant souvent éludé : la propension...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Après l’octroi de permis pétroliers dans un parc naturel et l’attribution de concessions forestières, associations écologiques et bailleurs de fonds s’inquiètent.
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Décryptage

La RDC multiplie les violations de ses engagements environnementaux

Après l’octroi de permis pétroliers dans un parc naturel et l’attribution de concessions forestières, associations écologiques et bailleurs de fonds s’inquiètent.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
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        Le 30.05.2018 à 15h28

     •
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        Mis à jour le 30.05.2018 à 16h29






    
Un bûcheron à Lushebere, dans l’est de la RDC, en 2009.
Crédits : LIONEL HEALING / AFP


Le langage reste diplomatique, mais le message adressé est clair : à un mois de la réunion annuelle du Comité du patrimoine mondial à Bahreïn, l’Unesco « prie instamment l’Etat » congolais de faire marche arrière en annulant l’octroi de concessions pétrolières dans le parc national de la Salonga. Les documents mis en ligne lundi 28 mai sur le site de l’institution et qui seront soumis au vote des Etats membres rappellent une nouvelle fois au gouvernement de Kinshasa l’incompatibilité entre l’inscription d’un bien au patrimoine mondial et « l’exploration ou l’exploitation pétrolière ». Selon nos informations, une mise en garde serait aussi sur le point d’être directement envoyée par la direction de l’Unesco.

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                En RDC, le parc naturel des Virunga à l’épreuve de la violence



Début février, le président Joseph Kabila a relancé les craintes de voir ce parc, grand comme cinq fois la Belgique, ouvert à l’exploitation pétrolière en signant l’ordonnance approuvant le contrat de partage conclu en 2007 entre la République démocratique du Congo (RDC) et la joint-venture formée par la Société nationale des hydrocarbures (Sonahydroc) et la Compagnie minière du Congo (Comico) sur trois blocs situés dans la région de la Cuvette centrale. Deux de ces blocs empiètent sur le parc de la Salonga, classé en péril par l’Unesco depuis la fin des années 1990 en raison de l’intensité du braconnage et de l’impact des conflits armés.
Puis en mars, le ministre des hydrocarbures, Aimé Ngoy Mukena, a soumis au gouvernement un projet prévoyant le déclassement d’une partie du parc de la Salonga et de celui des Virunga, dans la région du Kivu, supposé abriter lui aussi d’importantes réserves de pétrole.
A qui profitent ces permis ?
Les termes du contrat avec Sonahydroc et Comico n’ont pas été rendus publics dans les soixante jours suivant leur approbation, comme l’y oblige la loi congolaise sur les hydrocarbures. L’ONG Global Witness lève aujourd’hui en partie le voile sur l’actionnariat de Comico. La société choisie par l’Etat congolais est détenue à 40 % par la compagnie Central Oil & Gas, immatriculée à Guernesey et propriété du magnat sud-africain Adonis Pouroulis. On ignore qui détient le reste du capital. Interrogés par l’ONG, les avocats de l’homme d’affaires ont refusé de révéler leur identité, affirmant qu’elle devait rester confidentielle pour des « raisons commerciales légitimes ». Aucun des actionnaires n’a été « condamné pour corruption, fraude ou aucune autre infraction financière », assurent-ils.

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                Forêts du Congo : des scientifiques dénoncent à leur tour le projet de l’AFD



L’enquête menée par l’association écologiste montre cependant que des entrepreneurs comme le Portugais Idalécio de Oliveira, poursuivi dans le scandale brésilien Petrobras, ont détenu des parts de Comico au cours des dernières années. Elle relève aussi la présence de personnalités évoluant dans les milieux politiques. Ainsi de Montfort Konzi, l’ancien chef de cabinet du président du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, qui intervient au moment de la création de la société en 2006.
« Il apparaît que plusieurs entreprises enregistrées dans des paradis fiscaux ont pris des participations au moment où Comico acquérait des permis pétroliers [dans le parc de la Salonga]. Sans la divulgation de l’identité de tous les actionnaires de Comico, nous ne pouvons pas savoir à qui profitent ces permis d’exploration dans un site inscrit à l’Unesco », dénonce Jean-Luc Blakey, le directeur de campagne de Global Witness.
« Deuxième poumon de la planète »
Face au flou qui règne autour des intentions de Kinshasa, une coalition d’organisations de la société civile nationale et internationale a interpellé les bailleurs de fonds pour leur demander de conditionner leurs aides au respect des accords internationaux dont la RDC est signataire. L’environnement reste en effet l’un des secteurs globalement épargnés par la dégradation des relations entre les donateurs et le pouvoir depuis le report de l’élection présidentielle, prévue initialement fin 2016, au 23 décembre 2018. La RDC ne se prive d’ailleurs jamais de mettre en avant son statut de « deuxième poumon de la planète » pour réclamer le soutien financier de la communauté internationale.
En avril, la capitale du Congo voisin, Brazzaville, a été l’hôte d’une conférence baptisée « Valoriser les tourbières pour la population et la planète ». Les deux pays partagent la plus importante tourbière des tropiques, grande de 145 000 km2. Elle représente un précieux puits de carbone dont la préservation implique, selon eux, une compensation financière. Mais dans le même temps, Kinshasa a réattribué des concessions forestières en violation du moratoire sur les forêts adopté en 2002. Cette décision a entraîné un gel des crédits accordés par la Norvège à travers CAFI, l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale. Ce fonds créé en 2016 est doté de 200 millions d’euros et la RDC doit en être le principal bénéficiaire.

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                « En RDC, les populations locales font les frais de la lutte contre la déforestation »



Oslo semble aussi de plus en plus s’interroger sur le programme de gestion durable des forêts que le gouvernement cherche à faire valider depuis deux ans. Le 18 avril, la troisième version de ce programme élaboré par l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique), qui en serait le maître d’œuvre pour un montant de 18 millions d’euros, a finalement été adoptée par le comité technique du Fonds national REDD, l’organe chargé de superviser la politique forestière dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. C’est en principe l’ultime étape avant un feu vert des bailleurs de fonds. Mais les doutes demeurent. La Norvège ne veut pas apparaître comme le pays qui aura permis de relancer l’exploitation industrielle des forêts congolaises alors que les conditions de bonne gouvernance sont absentes. Dans le trouble climat préélectoral, le chaud et le froid soufflés par le régime de Kinshasa ne peuvent qu’alimenter la prudence.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Hammarby Sjöstad, dont la construction a débuté dans les années 1990, fait figure de modèle de développement urbain.
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A Stockholm, un quartier laboratoire de la ville durable

Hammarby Sjöstad, dont la construction a débuté dans les années 1990, fait figure de modèle de développement urbain.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 13h00
    |

                            Sophie Blitman








                        



                                


                            

Le long des berges, des passants flânent sur la promenade en bois. D’autres parcourent les allées calmes bordées de cerisiers en fleurs. Peu de voitures traversent Hammarby Sjöstad, un quartier situé dans le sud de Stockholm. Et pour cause : il comporte peu de rues, ­reflet de la volonté de réduire drastiquement la circulation automobile. Les immeubles sont organisés autour de jardins, auxquels on accède par des allées piétonnes et des pistes cyclables.
Si Hammarby Sjöstad fut l’un des premiers écoquartiers d’Europe, il reste un modèle dans le monde entier. Environ 10 000 visiteurs de tous les pays s’y rendent chaque année, selon les chiffres de GlashusEtt, le centre d’information du quartier. Il compte aujourd’hui 10 000 appartements et 25 000 habitants, plutôt aisés car les prix avoisinent ceux, élevés, du centre de Stockholm. A ­défaut de mixité sociale, la qualité de vie existe bel et bien dans ces 200 hectares composés à 40 % d’espaces verts.
Ancien site portuaire
Le projet de construction d’Hammarby Sjöstad émerge en 1996 avec la candidature de Stockholm aux Jeux olympiques de 2004. A l’origine, il s’agissait de réaménager cette zone insalubre et malfamée pour y installer le village olympique. Le comité d’attribution des Jeux choisit finalement Athènes, mais la capitale suédoise ne renonce pas au projet.
Le chantier est alors lancé sur cet ancien site portuaire, qu’il a fallu d’abord dépolluer de 300 tonnes de résidus de pétrole et de métaux lourds. Le premier bâtiment voit le jour en 1998, tandis que se développent les transports en commun ainsi que des formules d’autopartage. Parallèlement, un système pneumatique de recyclage des déchets est mis en place afin d’aspirer ces derniers dans des tuyaux souterrains jusqu’à l’usine de traitement. La récupération des eaux usées contribue, quant à elle, au chauffage des immeubles.
Dès le départ, un objectif ambitieux était affiché : diviser par deux la consommation d’énergie du quartier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Après une pause de trois ans, la consommation d’énergie et les émissions de CO2 sont reparties nettement à la hausse en 2017.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le ministre de l’agriculture, venu du PS, est accusé par plusieurs députés de gauche d’être sous l’influence des lobbys.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Moisson de critiques contre Stéphane Travert sur le projet de loi agriculture et alimentation

Le ministre de l’agriculture, venu du PS, est accusé par plusieurs députés de gauche d’être sous l’influence des lobbys.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h13
    |

            Alexandre Lemarié et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
La septième nuit en sept jours. Lundi 28 mai au soir, les débats sur le projet de loi agriculture et alimentation se prolongent dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Stéphane Travert vit l’un des moments les plus délicats de l’examen du texte. Le ministre de l’agriculture vient d’expliquer pourquoi l’exécutif ne souhaite pas que les députés inscrivent dans la loi l’interdiction du glyphosate dans trois ans, contrairement à l’avis d’une partie de sa majorité et à la promesse d’Emmanuel Macron.
En pleine nuit, le ministre vit pourtant un moment de félicité. Comme plusieurs fois depuis le début des débats, les éloges pleuvent depuis plusieurs bancs politiques. « Je forme le vœu que vos collègues au gouvernement, Monsieur le ministre, travaillent comme vous le faites », salue ainsi le président du groupe Les Républicains, Christian Jacob, pourtant opposé aux « deux tiers du texte ». « Ceux qui vous feraient des reproches sur la méthode auraient grand tort », renchérit depuis les travées centristes le député d’Ille-et-Vilaine Thierry Benoit. Bien que réservé sur le fond du texte, l’élu loue « l’écoute » et les réponses argumentées du ministre aux différents amendements.
Ces éloges sur la forme viennent à point nommé pour Stéphane Travert. Le Normand, ancien député socialiste de la Manche, l’un des premiers à avoir rejoint Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, fait l’objet d’intenses critiques, jusque dans la majorité. « On entend plus Jean-Baptiste Moreau [député macroniste rapporteur du texte] que Travert ! », cingle une députée La République en marche (LRM). Sur certains amendements, le ministre s’est plusieurs fois fait battre par la majorité, le signe d’une différence de vision, voire, parfois, d’un manque d’autorité auprès des élus présents lors des débats.

Stéphane Travert subit de nombreuses attaques sur ce texte, notamment de la part des écologistes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Pluies intenses, grêle et inondations risquent de toucher 41 départements sur une large bande traversant la France du nord-est au sud-ouest.
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Météo : près de la moitié du pays en vigilance orange

Pluies intenses, grêle et inondations risquent de toucher 41 départements sur une large bande traversant la France du nord-est au sud-ouest.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h09
   





                        



   


Météo France a placé 41 départements en vigilance orange, mercredi 30 mai, en prévision d’une nouvelle vague d’« orages violents attendus en cours d’après-midi et soirée » et de risques d’inondation, soit 19 de plus que la veille. La fin de cette alerte est prévue jeudi à 7 heures.
L’alerte orange est maintenue pour les Ardennes, l’Aube, le Cher, la Côte-d’Or, le Doubs, l’Indre, le Jura, le Loir-et-Cher, le Loiret, la Marne, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle, la Nièvre, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Saône, la Saône-et-Loire, les Vosges, l’Yonne et le Territoire de Belfort.
Elle est élargie à l’Ain, l’Ariège, l’Aveyron, la Charente, la Corrèze, la Creuse, la Dordogne, la Haute-Garonne, le Gers, la Gironde, les Landes, le Lot, le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Seine-et-Marne, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et la Haute-Vienne.
Progression vers le nord
« De la Franche-Comté à la Bourgogne et au Berry, on observera sous ces orages de fortes intensités pluvieuses, de l’ordre de 20 à 40 mm en moins d’une heure, avec localement de la grêle et de fortes rafales de vent. Ces orages progresseront vers le nord dans la soirée et la nuit suivante », détaille l’organisme.
« Dans le Sud-Ouest, ces orages débuteront sur l’Occitanie et gagneront lentement le nord et l’ouest, en s’accompagnant de fortes pluies. La nuit prochaine, les pluies orageuses persisteront sur un axe s’étirant des Hautes-Pyrénées à la Charente. Les cumuls atteignent localement 40 à 60 mm, ponctuellement 80 mm, avec des “lames d’eau horaires” atteignant ou dépassant les 30 mm », ajoute Météo France.

        Lire aussi :
         

                Plus de 6 000 hectares de vignobles bordelais abîmés par les orages de grêle



Plusieurs vagues d’orages ont frappé la France ces derniers jours, entraînant, entre autres, d’importants dégâts dans le vignoble bordelais. La ville d’Epinal, dans les Vosges, a demandé la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle après de fortes inondations en début de semaine. Les inondations ont également touché les villes, notamment Paris, où de nombreuses stations de métro ont été inondées mardi soir.

Si vous prenez le #métro ce soir n’oubliez pas vos bottes !
@ClientsRATP 
— SebastienM (@Sebastien Mabile)


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’Assemblée nationale a adopté mercredi par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture.
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La loi agriculture et alimentation enterre plusieurs promesses de Macron

L’Assemblée nationale a adopté mercredi par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h18
    |

            Rémi Barroux et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Certains y verront des avancées sur les questions environnementales. D’autres ne retiendront de la loi agriculture et alimentation qu’une série de renoncements quant aux objectifs annoncés lors des états généraux de l’alimentation et à certains engagements d’Emmanuel Macron.
Sans surprise, après huit jours de débats souvent animés, l’Assemblée nationale a adopté, mercredi 30 mai, par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture. Mais, avant même la fin de l’examen du texte, celui-ci nourrissait déjà la déception, voire la colère des organisations environnementales et des écologistes notamment.
Emmanuel Macron « a très clairement tranché entre notre santé, l’environnement et le pire de l’agriculture », estimait ainsi le député écologiste européen Yannick Jadot, sur LCP. L’ONG Générations futures, spécialisée sur les questions de santé environnementale, juge, elle, que, « une nouvelle fois, les intérêts financiers ont primé sur la santé de nos populations ».
La déception est à la hauteur des espérances qu’avaient fait naître les propos du chef de l’Etat, quand il avait annoncé l’interdiction du glyphosate d’ici à 2021 ou qu’il avait déclaré, lors des Etats généraux de l’alimentation, à Rungis, le 12 octobre 2017 : « Le rejet des produits chimiques, la préférence pour l’alimentation naturelle sont des lames de fond sociales », évoquant « l’angoisse des consommateurs, la préoccupation légitime des concitoyens, mais aussi de l’ensemble du monde agricole ».
« Bronca »
Mesure emblématique, l’interdiction du glyphosate d’ici à trois ans ne figure pas dans la future loi, malgré la tentative de députés, dont certains de La République en marche (LRM), de l’y inscrire. Elle reste néanmoins un engagement gouvernemental, conditionné à la recherche sur les alternatives à cet herbicide. Cette « trahison », selon Générations futures, a été vivement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Christian Clot, explorateur des frontières de l’humain

L’explorateur publie le récit de la mission « Adaptation » : quatre expéditions de trente jours en solitaire, dans les milieux les plus extrêmes du globe.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h51
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


Dès la deuxième page du livre, on retient son souffle. Nous sommes au milieu des eaux glacées de la Patagonie chilienne, tandis que souffle le terrible williwoo, un vent dont les rafales atteignent jusqu’à 200 km/h et qui a l’effet de « mille poignards plantés dans le corps ». Dans ce théâtre apocalyptique du bout du monde, Christian Clot est là, solidement accroché à la vie dans son kayak. Et ce n’est que le début de ce récit d’aventures, qui se dévore d’un trait.
Mais comment va-t-il survivre ? Cette question est au centre des travaux de Christian Clot, cet insatiable explorateur qui vient de publier Au cœur des extrêmes. Braver les quatre milieux les plus hostiles de la planète pour éprouver les capacités humaines d’adaptation. (éd. Robert Laffont). D’août 2016 à février 2017, le Franco-Suisse, âgé de 46 ans, a traversé successivement quatre des milieux les plus extrêmes du globe, de par leur climat ou leur variabilité. A chaque fois, il a testé sa résistance dans ces milieux pendant trente jours, avec quinze jours de pause entre chaque. Nom de la mission : « Adaptation ».
Poker avec la mort
Ce voyage dantesque, on ne le souhaiterait à personne tellement il semble surhumain. Christian Clot a arpenté le désert du Dasht-e Lut, en Iran, par 70 °C au soleil et 3 % de taux d’humidité. Il a connu les canaux marins de Patagonie, avec un taux d’humidité qui frôle 100 %, une eau à 3 °C et un temps extrêmement versatile. Il s’est plongé dans l’enfer vert de la forêt amazonienne du Brésil et a traversé le théâtre des monts de Verkhoïansk, en Russie orientale, et alors qu’il faisait – 55 °C sous la tente. Une partie de poker avec la mort à chaque expédition.

   


« Que se passe-t-il dans notre cerveau confronté à ce genre de crise ? Qui sommes-nous lorsque, soudainement, nous nous rendons compte que la situation proposée par l’existence dépasse nos capacités ? » Voilà les questions auxquelles Christian Clot a voulu répondre avec ce programme. Il était entouré d’une armada de scientifiques et chercheurs, reconnaissants d’avoir le cobaye idéal, prêt à risquer sa vie pour la science.
Car l’explorateur est un jusqu’au-boutiste. Pour se rapprocher au plus près des situations de crises réelles, impossibles à reconstituer en laboratoire, il est parti sans téléphone, sans balise, sans aucun contact avec le monde extérieur. « Dans ces moments de la vie où tout peut basculer, où l’on se retrouve face à quelque chose d’insurmontable, nous sommes obligés de nous adapter… ou de mourir physiquement ou intellectuellement. Pourquoi certains y parviennent et pas d’autres ? Que se passe-t-il dans leur cerveau ? Quelles sont les clés qui font la différence ? » poursuit l’explorateur.
Souffrance, peur, froid, isolement…
Malgré les apparences, « Christian n’est pas une tête brûlée, commente Jérémy Roumian, son précieux directeur des opérations. Chaque détail est réglé au millimètre. Ensemble, nous imaginons pendant des mois les scénarios du pire pour que, une fois sur le terrain, il dispose d’un maximum de solutions. » Pour toute l’équipe, chaque départ est teinté de joie et de fierté d’avoir réussi à mettre sur pied une organisation ultracomplexe, parfois dans des pays instables politiquement. La peur au ventre, ils attendent alors l’appel libérateur, trente jours plus tard de Christian, revenu, vivant, à la civilisation.

   


Christian Clot a grandi à la campagne, aux côtés de ses deux frères aînés, dans une maison entourée d’une forêt. Une histoire contrariée avec l’école le pousse à arrêter très tôt ses études et à flirter avec les extrêmes. A 16 ans, il annonce à ses parents qu’il part pour le Canada avec un ami. Pour la première fois de sa vie, il est le moteur de ses choix. Désormais, il ne pense plus qu’à une seule chose : repartir. Il multiplie les voyages jusqu’en 1999 où, lors d’un tour du Népal à pied, il découvre une région qui n’a encore jamais été cartographiée et décide de devenir explorateur.
En 2004, avec deux collègues, il s’attaque à la Terre de Feu et à la cordillère Darwin, au Chili. Un endroit terrifiant où personne n’est encore jamais rentré. Pendant treize jours, ils restent bloqués dans leur tente, pris dans une tempête incessante. Ces deux semaines, qui paraissent une éternité, lui font prendre conscience que l’on connaît si peu l’humain. Dès lors, il n’aura de cesse de tester les limites de l’humain, et sa résistance à la souffrance, la peur, le froid, l’isolement…
Lire notre série de 2010 : Un jour, ils ont choisi l’aventure
Un immense optimiste
Le travail de Christian Clot est traversé par l’œuvre de Charles Darwin (auquel il a consacré une BD, publiée chez Glénat) et les changements climatiques inéluctables à venir. « Ce qui me fait repartir, c’est que je pense avoir quelque chose à apporter à l’humanité aujourd’hui, détaille l’explorateur. Mes travaux visent à une meilleure compréhension de notre cerveau, du rôle des émotions, de nos capacités insoupçonnées à faire face à des situations nouvelles. J’étais un immense pessimiste quant à notre avenir. Avec le temps, je suis devenu un immense optimiste. Le projet “Adaptation” est un message d’espoir. Demain, s’il fait 36 °C ou – 20 °C, nous saurons nous adapter. »
Avant chaque départ, Christian Clot se soumet à des IRM avec l’équipe du professeur Etienne Koechlin, directeur du laboratoire de sciences cognitives de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Les mêmes scans sont réalisés après chaque milieu, et permettent ainsi une comparaison de ses réseaux neuronaux. Sur le terrain, par – 55 °C ou + 70 °C, en plus de lutter pour sa survie et de parcourir les milieux sur de longues distances avec 100 à 150 kg de matériel, il consacre jusqu’à deux heures par jour à différents protocoles de recherche : des tests cognitifs sur ordinateur, l’écriture d’un journal avec verbalisation écrite et orale de certaines émotions pour mesurer sa perception des événements et des relevés physio-cognitifs de référence qui permettent de suivre sa température, ses rythmes cardiaques et respiratoires, les taux de cortisol et diverses hormones et molécules… Des milliers de données qui sont toujours en cours d’exploitation.
Les premiers résultats montrent qu’en l’espace de trente jours, il y a bien des modifications au niveau du cerveau. « Les zones pariétales, les zones de la mémoire, ainsi que les zones émotionnelles ont été impactées, relate-t-il. Personne ne croyait à de tels changements sur une si courte durée. Plusieurs indicateurs tendent aussi à prouver que l’émerveillement est une clé pour dépasser une situation difficile. »
Capacité d’émerveillement
Cet émerveillement, c’est un oiseau minuscule qui virevolte devant sa tente, un rire libérateur en pensant à une case de BD d’Astérix ou un arc-en-ciel qui viennent atténuer sa souffrance physique ou élargir sa perception de l’environnement. « Dans ces moments-là, il fait toujours aussi chaud, ou froid, ou humide, et pourtant cela me donne la force et surtout la raison de continuer à lutter. Nous avons besoin de cette capacité à aimer pour avancer. Cela fait dix ans que j’y crois, et que je travaille quotidiennement ma capacité d’émerveillement, même dans les situations les plus difficiles. »
Pour valider ses hypothèses, Christian Clot prévoit de repartir en janvier 2019 pour la « Mission 20 » : dix femmes et dix hommes âgés de 25 à 45 ans, tous volontaires, prêts à se soumettre au même enchaînement infernal des quatre milieux. L’équipe est déjà constituée avec des habitués d’ultratrails et des sportifs occasionnels, des docteurs et des sans-diplôme… « C’est cette énergie de différenciation qui va rendre un groupe capable de faire quasiment n’importe quoi, ajoute l’explorateur. Si je partais avec vingt personnes ultra-entraînées physiquement, je suis sûr que l’on n’arriverait pas au bout. Dans les difficultés, la capacité physique n’a plus aucune importance, ni l’intelligence. Seule la capacité d’adaptation compte. Si on met nos cerveaux en réseau, sans préjugés, on peut décupler collectivement nos capacités, qu’aucune intelligence artificielle ne pourra dépasser. »
Christian Clot interviendra lors du Festival de l’innovation Novaq. 
Les 13 et 14 septembre 2018, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec Le Monde, organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux. 
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ L’ONG IFAW et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage veulent tarir un marché qui encourage le braconnage des éléphants.
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Plus de 600 kilos d’ivoire détruits à Antibes

L’ONG IFAW et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage veulent tarir un marché qui encourage le braconnage des éléphants.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h07
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Des défenses d’éléphant, dont une paire de « trophées » de 120 kg, des statuettes, sculptures, bracelets, colliers et objets décoratifs… C’est un ensemble de plus de 600 kilos d’ivoire qui devait être détruit dans un concasseur, mercredi 30 mai à Antibes (Alpes-Maritimes), les débris étant ensuite incinérés. Une opération menée conjointement par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), désireux d’accomplir « un geste fort en faveur de la protection des éléphants ».
En février 2014 déjà, la France avait réduit en poudre trois tonnes d’ivoire au pied de la tour Eiffel. Depuis, l’IFAW a procédé par lui-même à plusieurs destructions, notamment celle d’un lot d’une demi-tonne, le 24 avril à Reims (Marne). L’ONG, qui œuvre à la protection des animaux et de leurs habitats, a en effet relancé, début février, son opération  #jedonnemonivoire.
Elle a ainsi collecté auprès de particuliers, sensibilisés par une campagne d’information et les réseaux sociaux, de nombreuses pièces en ivoire brut ou travaillé, afin de les éliminer. « C’est un acte symbolique, explique Julie Matondo, porte-parole de l’IFAW. Il s’agit d’empêcher que cet ivoire ne se retrouve sur le marché, car son commerce encourage le braconnage des éléphants. Nous n’avons pas besoin d’ivoire. Les éléphants, si ! »

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Dépôts tenus secrets
A Antibes, I’ONG n’a apporté que 78 kg à broyer. L’ONCFS a fourni l’essentiel du stock, soit plus de 500 kg. Pour cet établissement public placé sous la tutelle des ministères de la transition écologique et solidaire et de l’agriculture, il s’agit de montrer qu’il ne défend pas seulement les intérêts des chasseurs, comme le lui reprochent ses détracteurs, mais qu’il lutte aussi, avec efficacité, contre les trafics d’animaux sauvages.

   


Il dispose à cet effet, indique Loïc Obled, directeur de la police de l’établissement, d’un peu plus de 1 100 inspecteurs de l’environnement, en métropole et dans les outre-mer, ainsi que d’une brigade spécialisée de cinq agents chargés de faire respecter la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites).
Les pièces réunies proviennent pour partie de saisies réalisées depuis 2014, en collaboration avec la gendarmerie ou les services des douanes des aéroports ou des ports, alors que des trafiquants s’apprêtaient à les faire entrer sur le territoire national, ou à les en faire sortir. D’autres ont été confisquées lors d’opérations de police judiciaire, dans le cadre d’enquêtes sur des réseaux ou des transactions illicites. Avant leur destruction, elles ont été entreposées dans plusieurs dépôts tenus secrets, pour écarter tout risque de vol.
« Partie émergée » du trafic
Car le trafic d’ivoire reste très rentable, même si le cours de cette « matière première » a chuté depuis que la Chine, qui en constituait la principale destination mondiale, a annoncé, en 2015, sa décision d’en bannir le négoce à compter du 1er janvier 2018. Alors que sa cote approchait 2 000 euros le kilo en 2014, elle était trois fois moindre en 2017, selon une étude de l’ONG Save The Elephants.

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L’Union européenne est concernée au premier chef, puisqu’elle est devenue le premier exportateur vers l’Asie. Comme d’autres pays, la France, du fait de son passé colonial avec l’Afrique, en a accumulé de grandes quantités. Mais, depuis 2016, l’Etat a durci la réglementation, précisée par un arrêté de mai 2017. La vente et l’achat d’ivoire brut sont désormais strictement interdits, de même que ceux de cornes brutes de rhinocéros. Il subsiste en revanche des dérogations pour les objets en ivoire façonnés avant 1947 (ce sont alors des antiquités) ou, sous certaines conditions, pour ceux fabriqués avant 1975, année d’entrée en vigueur de la Cites.

   


« Distinguer l’ivoire légal de l’ivoire illégal est très difficile. Le commerce licite permet de blanchir l’ivoire illicite », souligne l’IFAW. « Le stock détruit à Antibes ne constitue que la partie émergée d’un trafic auquel Internet a donné une nouvelle ampleur, ajoute Loïc Obled. Notre message est simple : mettre en vente de l’ivoire brut ou des objets travaillés alimente un marché qui conforte les filières mafieuses et le braconnage des éléphants. Il faut l’assécher pour protéger la biodiversité. »
Le dernier recensement – le Great Elephant Census, dont les résultats ont été publiés en 2016 – a établi qu’en Afrique, la population des éléphants de savane a décliné de 30 % entre 2007 et 2014, pour tomber à 350 000 individus. Leur nombre était estimé à 1 million dans les années 1970 et… à plus de 20 millions avant la colonisation européenne. Chaque année, plus de 20 000 pachydermes sont tués pour leur ivoire.



                            


                        

                        


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Au Havre, une falaise recrache  ses déchets dans la Manche

Sous la pression des associations, l’Etat et les collectivités cherchent une solution face aux tonnes de gravats et de détritus accumulées depuis les années 1950.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 19h42
    |

            Patricia Jolly (Le Havre, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Trois à quatre fois par mois, la « brigade de nettoyage » de l’association Aquacaux investit l’estran qui borde le pied de la falaise de Dollemard, un quartier du nord du Havre. Le nez au ras du tapis de galets qui malmènent leurs godillots autant que leurs chevilles, six à huit gaillards fourrent dans des sacs-poubelles des morceaux de plastique ou de caoutchouc arrachés au flanc de la falaise par les intempéries et la Manche. Avant de les évacuer sur leur dos. A raison de 70 ou 80 kilos au total par passage, ils effectuent sur cette décharge, fermée depuis 2000 mais inaccessible aux engins de déblayage classique, un travail de Sisyphe.
La rallier par le nord, comme ils le font chaque fois, impose la descente d’un escalier de 450 marches ou d’un sentier affichant 100 m de dénivelé, puis deux bons kilomètres de marche sur les galets roulants. Le site, qui n’est guère fréquenté que par quelques pêcheurs à pied, constitue un dépotoir à ciel ouvert dont l’éradication est une gageure.
Pans de mur de brique, blocs de béton et leur ferraille, pierres tombales, poutrelles de bois ou de métal, joints de pare-brise, sacs plastique, cordages, casiers et filets de pêche ou morceaux de tissus incrustés dans les flancs de la falaise ou jonchant l’estran… De 30 à 80 mètres cubes de déchets atterrissent chaque année au pied de cette bande d’environ 800 m de long.
« On ramasse ici à la main environ 2 tonnes de déchets par an, explique Gwen Couprie, 31 ans, écologue et chargé de mission pour Aquacaux, qui s’improvise guide d’un jour. Mais on doit se contenter de ceux qui traînent au sol car il serait trop dangereux de tenter d’extraire ceux qui affleurent de la falaise à cause des risques d’éboulements. » Face aux blocs de béton dont sortent des armatures rouillées polies par le roulement des galets et inamovibles sans engins mécaniques, l’homme se veut philosophe : « Au moins, ils protègent un peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ L’Institut brésilien pour l’environnement considère que ce projet « présente des lacunes et des incohérences », notamment sur l’impact environnemental.
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Brésil : Total voit à nouveau son projet pétrolier à l’embouchure de l’Amazone bloqué

L’Institut brésilien pour l’environnement considère que ce projet « présente des lacunes et des incohérences », notamment sur l’impact environnemental.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 05h34
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 12h30
    |

            Rémi Barroux (avec AFP)








                        


L’Institut brésilien de l’environnement et des ressources naturelles renouvelables (Ibama – Instituto brasileiro do meio ambiente e dos recursos naturais renováveis) a rendu un nouvel avis négatif, mardi 29 mai, sur le projet du groupe pétrolier français Total, qui souhaite exploiter le pétrole et le gaz à l’embouchure du fleuve Amazone. L’Ibama considère les études d’impact environnemental « insuffisantes » et demande de nouvelles précisions à Total, ce qui fait dire à la compagnie française que ce projet reste viable. Selon certaines sources au Brésil, elle aurait un nouveau délai de trois à quatre mois pour répondre aux interrogations d’Ibama.
« Les nouvelles observations formulées par l’Ibama sur notre projet d’exploration dans l’embouchure de l’Amazone ne constituent en aucun cas un rejet de celui-ci. Ces échanges réguliers font partie du processus préalable à l’attribution par les autorités locales du permis nécessaire pour engager toute opération. Total va analyser les besoins d’informations complémentaires demandées par l’IBAMA concernant l’étude d’impact environnemental du projet et y répondra », explique le pétrolier, mercredi 30 mai. Une réaction identique aux épisodes précédents, en 2017 notamment, au cours desquels l’institut brésilien avait déjà fait part de nombreuses observations concernant l’étude d’impact environnemental menée par Total, en particulier sur la potentielle dispersion de polluants dans la zone d’exploration, et les capacités d’intervention du pétrolier en cas d’accident sur une des plate-formes off-shore. Le projet d’exploration « présente des lacunes et des incohérences qui le rendent irréalisable », indique, cette fois, l’Ibama, évoquant des clarifications nécessaires.
« Revers »
« C’est un quatrième revers pour Total, ce qui démontre encore une fois que la compagnie pétrolière est incapable de répondre aux exigences d’Ibama. Manifestement, Total n’est pas en mesure de maîtriser les risques inhérents à son projet, ce n’est pas Greenpeace qui le dit, ce sont les autorités brésiliennes ! Jusqu’où continuera cette farce de la part de Total ? Ils sont dans le déni en continuant d’affirmer que le processus suit son cours normal », a réagi, mercredi, Edina Ifticène, chargée de campagne pour Greenpeace France. L’avis de l’Institut brésilien tombe alors même que l’organisation écologique a mené une nouvelle campagne, en avril et mai, au large des côtes de la Guyane, pour observer le massif coralien qui s’étend face aux côtes brésiliennes. Cette expédition, menée avec des scientifiques sur son bateau, l’Esperanza, a permis de revoir à la hausse la taille du récif et son extension jusque dans les eaux françaises, où Total a également des projets de forage.

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                Au Brésil, le président Temer accusé de vendre l’Amazonie aux enchères



Total, qui s’est associé à d’autres sociétés – comme le britannique BP et le brésilien Queiroz Galvao – pour acquérir des zones d’exploration à l’embouchure de l’Amazone, n’a donc pour le moment pas obtenu la permission des autorités, nécessaire pour commencer les travaux.
« L’embouchure de l’Amazone possède un vaste récif corallien, fondamental pour l’équilibre environnemental car c’est un lieu de reproduction, une source de nourriture et le berceau de diverses espèces marines », avait averti il y a deux semaines le procureur d’un Etat fédéral, opposé à toute nouvelle licence avant d’être complètement fixé sur l’impact que l’exploitation du pétrole brut peut avoir sur le lieu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ D’après une étude indépendante, la catastrophe naturelle a causé la mort de plus de 4 600 personnes, bien loin des 64 victimes recensées par les autorités locales.
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A Porto Rico, un nouveau bilan de l’ouragan Maria 73 fois supérieur à l’officiel

D’après une étude indépendante, la catastrophe naturelle a causé la mort de plus de 4 600 personnes, bien loin des 64 victimes recensées par les autorités locales.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 01h04
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 07h48
   





                        



   


L’ouragan Maria a tué 4 645 personnes en 2017 à Porto Rico, un bilan près de 73 fois supérieur aux chiffres officiels communiqués par les autorités – 64 morts –, selon une étude réalisée par une équipe de chercheurs de l’université de Harvard (Etats-Unis). Tout en prévenant que leur propre bilan pourrait être lui-même sous-estimé, ils soulignent que le nombre qu’ils avancent témoigne du désintérêt du gouvernement pour Porto Rico.
Les chercheurs, qui ont interrogé des milliers d’habitants du territoire américain, ont établi que la plupart des victimes sont mortes entre le 20 septembre et le 31 décembre, soit dans les trois mois ayant suivi la catastrophe, qu’elles aient été directement ou indirectement tuées par le phénomène climatique. Le taux de mortalité a bondi de 62 % par rapport à la normale, selon eux, notamment car nombre d’habitants, privés d’électricité, d’eau, de téléphone ou de transport, n’avaient plus accès aux soins.
Le gouvernement de Porto Rico, conscient de l’irréalisme des chiffres officiels, avait chargé en février une équipe de l’université George Washington de conduire une étude similaire. Il n’a pas contesté les résultats publiés mardi. « Nous nous sommes toujours attendus à ce que le bilan soit supérieur à ce qui a été annoncé initialement », a réagi Carlos Mercader, directeur de l’administration des affaires fédérales de l’île. L’étude commandée sera publiée « bientôt », a-t-il ajouté.

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Une « vraie catastrophe » comme l’ouragan Katrina
Maria a frappé Porto Rico le 20 septembre, lors d’une saison 2017 record pour les ouragans. Immédiatement, le réseau électrique avait été coupé. Les routes également. Le chaos s’est installé jusque dans les villes, et le gouvernement fédéral américain avait été critiqué pour la lenteur de sa réaction, qui tranchait avec la haute priorité assignée par le président, Donald Trump, au Texas et à la Louisiane, frappés à la même période par un autre ouragan, Harvey.
Porto Rico, située juste à l’est de l’île de Saint-Domingue en mer des Caraïbes, ne fait pas partie des 50 Etats américains, mais est l’un des cinq territoires appartenant aux Etats-Unis. Ses trois millions d’habitants ont la citoyenneté américaine, mais ne sont représentés par aucun élu au Congrès.

Le bilan des autorités locales avait rapidement été ridiculisé. Une étude des actes de décès par The New York Times avait par exemple conduit à plus de 1 000 morts dans les quarante jours suivant l’ouragan. La confirmation que des milliers de personnes étaient mortes a relancé la controverse politique sur la lenteur des opérations de secours et de réparation menées par le gouvernement fédéral. Le président avait dit, lors d’une visite en octobre, que l’île pouvait être « fière » de n’avoir pas subi des centaines de morts comme lors d’une « vraie catastrophe » comme l’ouragan Katrina en 2005 – à l’époque, le bilan officiel était de 16 morts.

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84 jours sans électricité, 64 jours sans eau
Pour obtenir un bilan réaliste, les chercheurs ont organisé l’équivalent d’un recensement partiel en janvier et février. Ils ont frappé à 3 299 portes, dans toute l’île, selon un échantillon représentatif, et demandé si des personnes des ménages choisis étaient mortes entre le 20 septembre et le 31 décembre 2017. Les résultats ont permis d’établir un taux de mortalité de 14,3 morts pour 1 000 personnes à cette période.
Les chercheurs expliquent en outre que leur estimation est probablement basse, pour une raison simple : ils n’ont pas pu comptabiliser les personnes vivant seules qui sont mortes, car elles n’ont par définition pas pu répondre au sondage. Avec elles, le bilan pourrait dépasser 5 000 morts.
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            data-slide-description="Les restes d’une maison dévastée par l’ouragan Maria, à Morovis, le 21 décembre. A la tombée du jour, vers 16 heures en ce jour le plus court de l’année, les générateurs du quartier de Rivera commencent à vrombrir. Ce sont eux qui permettent aux habitants de cette municipalité de s’éclairer depuis le passage de l’ouragan."
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            data-slide-description="Une habitante met en marche un groupe électrogène, dans le quartier de Patron, le 21 décembre."
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            data-slide-description="Une femme arrange le sapin de Noël décoré d’une guirlande électrique, le 31 décembre. Le gouverneur de l’île, Ricardo Rossello, avait promis le retour de l’électricité à 95 % au 15 décembre, tandis que le génie civil militaire américain a annoncé que le courant ne serait totalement rétabli dans l’île qu’en mai 2018."
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            data-slide-description="José Luis Gonzalez, 56 ans, éclaire son chemin à l’aide d’une lampe dans une rue du quartier de Patrón. « Ne pensez pas que je n’ai pas eu envie de pleurer », a déclaré Gonzalez, ajoutant qu’il avait des flash-back du jour où l’ouragan Maria a frappé. « Chaque fois que je ferme les yeux, je vois le chaos… J’entends encore les cris dans ma tête. »"
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            data-slide-description="La maison de Melania, 6 ans, a perdu son toit et n’a toujours pas de courant, à Morovis, le 21 décembre. Même dans la capitale, seul un quartier sur deux est éclairé la nuit."
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            data-slide-description="Des habitants du quartier d’El Salto, à Morovis, fêtent la nouvelle année. Des guirlandes de Noël alimentées par des groupes électrogènes décorent la maison, le 31 décembre."
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            data-slide-description="A El Salto, des feux d’artifice éclairent le ciel pour le Nouvel An."
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            data-slide-description="Des habitants fêtent la nouvelles année dans le quartier d’El Salto, à Morovis."
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            data-slide-description="Une fête du Nouvel An dans le quartier d’El Salto, à Morovis."
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            data-slide-description="Un enfant porte des chaussures lumineuses, le 31 décembre, dans le quartier El Salto de Morovis. Face à la lenteur de la reconstruction de l’île et à la précarité des conditions de vie, de nombreux habitants ont fait le choix de partir : depuis le 3 octobre, plus de 283 000 personnes ont quitté l’île, pour s’installer principalement en Floride."
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            data-slide-description="Des habitants d’El Sato, à Morovis, font la fête pour la nouvelle année, éclairés par les générateurs."
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            data-slide-description="Pendant la fête du Nouvel An, des spots éclairent une maison de Morovis, municipalité de 30 000 habitants, qui vit sans courant électrique, seulement avec des générateurs depuis plus de trois mois."
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Les restes d’une maison dévastée par l’ouragan Maria, à Morovis, le 21 décembre. A la tombée du jour, vers 16 heures en ce jour le plus court de l’année, les générateurs du quartier de Rivera commencent à vrombrir. Ce sont eux qui permettent aux habitants de cette municipalité de s’éclairer depuis le passage de l’ouragan.

CARLOS GIUSTI / AP
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Ils ont trouvé qu’en moyenne, les habitants avaient passé quatre-vingt-quatre jours sans électricité, soixante-quatre jours sans eau, et quarante et un jours sans réseau téléphonique mobile. Dans les zones les plus isolées, 83 % des ménages ont vécu sans électricité pendant toute la période étudiée, soit plus de trois mois. Près d’un tiers de tous les ménages a rapporté avoir vu leur traitement médical interrompu, ne pouvant plus acheter leurs médicaments. D’autres ne pouvaient plus faire fonctionner leurs appareils d’aide respiratoire, faute d’électricité. De nombreux centres de santé et cliniques avaient dû fermer, et nombre de médecins étaient introuvables ou ne pouvaient plus se déplacer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Les députés ont rejeté, mardi 29 mai, des amendements programmant la sortie du glyphosate en France pour 2021. Le gouvernement veut d’abord une solution pour les agriculteurs.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Malgré l’opposition de groupes de protection de l’environnement et de la Colombie-Britannique, le gouvernement est décidé à tripler la capacité de cette infrastructure traversant les Rocheuses.
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Le controversé oléoduc Trans Mountain nationalisé par le Canada

Malgré l’opposition de groupes de protection de l’environnement et de la Colombie-Britannique, le gouvernement est décidé à tripler la capacité de cette infrastructure traversant les Rocheuses.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 17h02
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h45
    |

                            Agnès Chapsal (Montréal, correspondance)








                        



   


Cette fois, un pas décisif est franchi : le gouvernement libéral de Justin Trudeau va nationaliser Trans Mountain, un oléoduc controversé de l’entreprise américaine Kinder Morgan, pour un montant de 4,5 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros). Il vise à augmenter le transport de pétrole de sables bitumineux de l’Alberta, troisième réserve d’or noir de la planète, vers la côte ouest du Canada et à l’exporter vers l’Asie après avoir traversé la Colombie-Britannique.

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Le ministre des finances, Bill Morneau, en a fait l’annonce mardi, deux jours avant la date butoir du 31 mai fixée par l’entreprise, qui envisageait d’abandonner le projet à cause de l’opposition de la Colombie-Britannique, des défenseurs de l’environnement et des peuples autochtones.
« Notre gouvernement croit que l’entente commerciale que nous avons conclue avec Kinder Morgan est la meilleure façon de protéger des milliers de bons emplois bien rémunérés », a argumenté le ministre, qui estime que ce projet d’agrandissement pourrait créer jusqu’à 15 000 nouveaux emplois.
Des retards anticipés
L’objectif de ce projet, dont les travaux devraient débuter cet été, est de tripler la capacité d’acheminement de pétrole de sables bitumineux de la capitale de l’Alberta, Edmonton, vers Burnaby, près de Vancouver, en la faisant passer de 300 000 à 890 000 barils par jour. Au total, le Canada extrait 4 millions de barils de pétrole quotidiennement, et, faute d’accès au marché asiatique, 99 % de sa production est écoulée à un prix moindre aux Etats-Unis.
Le projet a accusé des retards en raison notamment de dissensions entre l’Alberta et la Colombie-Britannique. La province veut imposer de nouvelles réglementations aux compagnies qui souhaitent transporter de plus grandes quantités de pétrole lourd, comme du bitume dilué, sur son territoire. Près de un milliard de dollars américains (plus de 860 millions d’euros) ont déjà été investis, selon un analyste de la Banque royale du Canada. En février, Kinder Morgan avait dit s’attendre à ce que le nouvel oléoduc génère un bénéfice net de 900 millions de dollars américains dès sa première année de mise en service.
Si l’annonce d’Ottawa a réjoui l’entreprise, le ministre des finances a dû essuyer le feu nourri de critiques des députés. Conservateurs et néodémocrates lui ont tour à tour reproché de faire payer les contribuables, de ne pas respecter les compétences des provinces, de ne pas divulguer le montant des travaux et d’investir dans les énergies fossiles aux dépens des renouvelables.
Un pétrole parmi les plus polluants
Les écologistes ont aussi fustigé un projet qu’ils jugent « incompatible » avec les engagements climatiques pris par Ottawa lors de l’accord de Paris sur le climat. Le Canada s’était alors engagé à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 par rapport à celles de 2005. L’exploitation pétrolière et gazière représente 25 % du total des GES émis par le Canada et le pétrole des sables bitumineux albertains est l’un des plus polluants au monde. Avec cet oléoduc, « sept fois plus de pétroliers devraient partir de la côte ouest, avec tous les risques de déversement sur la côte », a fait remarquer un porte-parole de Greenpeace Canada, Patrick Bonin.
Dans les prochains mois, le gouvernement envisage de céder Trans Mountain à de nouveaux investisseurs et indemnisera ses derniers des pertes liées au retard dans l’avancement du projet. Kinder Morgan a indiqué qu’elle l’aiderait à trouver un nouvel acquéreur d’ici le 22 juillet.

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                Le Canada en « discussions financières » avec Kinder Morgan pour garantir l’oléoduc Trans Mountain






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les fortes précipitations du début de printemps en France ont fait les affaires des centrales hydroélectriques.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.
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Des vers géants envahissent la France

Ces plathelminthes, probablement importés avec des plantes d’ornement, sont curieusement passés inaperçus malgré des signalements épars de particuliers depuis une vingtaine d’années.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 13h30
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Zoologie. Les uns présentent une belle teinte turquoise, d’autres sont jaunes, certains encore bruns avec des bandes plus foncées. Ils peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres de long. Leur tête en éventail ajoute à leur aspect exotique. Pourtant, alors que des particuliers les ont repérés dans leurs jardins et signalés, ces plathelminthes invasifs sont restés sous le radar des scientifiques français jusqu’à une date très récente. Un article, publié le 22 mai dans la revue PeerJ et intitulé « Des vers géants chez moi! », fait le point sur la présence en France métropolitaine, mais aussi dans les territoires français d’outre-mer, des plus grands de ces vers terrestres, dits bipaliinés.

Le début de cette vaste enquête participative date de mars 2013, se souvient Jean-Lou Justine (Muséum national d’histoire naturelle), qui l’a coordonnée. Pierre Gros, photographe amateur d’insectes, repère alors dans son jardin de Cagnes-sur-Mer un ver étrange, dont il met la photo en ligne sur le site Insect.org. L’image passe de forum en forum, avant qu’un collègue de Jean-Lou Justine l’interroge sur le curieux animal. Décision est prise de fixer la bête et de l’envoyer par recommandé à un spécialiste des Pays-Bas, qui ne peut l’identifier précisément, faute d’appareil reproducteur. « Mais alors qu’on pensait avoir affaire à un spécimen exceptionnel, son signalement relayé auprès d’un réseau de naturalistes en a fait remonter bien d’autres », raconte le chercheur. On sait désormais que la France compte 10 espèces invasives de plathelminthes – dont le ver plat de Nouvelle-Guinée Platydemus manokwari signalé par la même équipe en 2014, déjà dans PeerJ. Le nouvel article décrit les cinq plus grandes de ces espèces.

Ces bestioles sont des prédatrices, qui s’attaquent aux animaux à corps mous, comme les vers de terre en métropole et les escargots en Guadeloupe. Dotées de 10 paires d’yeux, elles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Gobelets, assiettes, pailles… La Commission européenne s’attaque aux produits à usage unique, responsables de près de 70 % des déchets marins.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/05/2018
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Bruxelles veut bannir les plastiques jetables

Gobelets, assiettes, pailles… La Commission européenne s’attaque aux produits à usage unique, responsables de près de 70 % des déchets marins.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h02
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Pour la Commission européenne, plastique ne rime plus avec fantastique, et ce changement de paradigme devrait modifier sensiblement les habitudes de consommation des citoyens de l’Union européenne. Lundi 28 mai, dans le cadre de sa politique de réduction des émissions de carbone et de lutte contre l’invasion des mers et des océans par les déchets plastique, l’exécutif européen a rendu publique une proposition de directive visant à réduire « drastiquement » l’utilisation des produits en plastique à usage unique.
Coton-Tige, couverts et assiettes, pailles et mélangeurs de cocktails, tiges de ballons de baudruche… Ces produits du quotidien, qui, additionnés aux équipements de pêche abandonnés, représentent plus de 70 % des déchets marins en Europe, seraient ainsi interdits sous leur forme actuelle, et leurs fabricants contraints de les produire à l’aide de matériaux plus durables. Les récipients pour boisson à usage unique, eux, ne seraient plus autorisés que si leur couvercle ou leur bouchon y est attaché.
Alternatives durables
« Le plastique peut être fantastique, mais nous devons l’utiliser de manière plus responsable, a déclaré lundi Jyrki Katainen, un des vice-présidents de la Commission, dans un communiqué. Les propositions faites aujourd’hui aideront le commerce et les consommateurs à opter pour des alternatives durables. »
Dans cette série de mesures législatives figure également l’obligation pour les 28 Etats membres de réduire de façon « significative » la consommation de récipients alimentaires ou de boisson en plastique, dans un délai de six ans après la transposition de la directive, grâce à des objectifs nationaux de diminution de consommation, atteignables en utilisant des produits alternatifs ou en faisant payer les contenants actuels. D’ici à 2025, les pays membres devraient, par ailleurs, obligatoirement assurer la collecte de 90 % de leurs bouteilles en plastique à usage unique, grâce à un système de consigne par exemple.
Selon le principe du pollueur-payeur, les fabricants d’emballages de chips ou de bonbons, de gobelets, de filtres de cigarettes, de sacs plastique légers, devraient de leur côté contribuer à financer les coûts du traitement des déchets qu’ils génèrent. Et les fabricants de lingettes, de protections hygiéniques et de ballons de baudruche seraient tenus de détailler, sur les étiquettes de leurs produits, « le mode d’élimination des déchets, les effets néfastes du produit sur l’environnement et la présence de matières plastique ». 
Enfin, les Etats membres auraient l’obligation de sensibiliser le public à l’impact négatif des plastiques à usage unique et du matériel de pêche, ainsi qu’aux dispositifs de réemploi et de gestion des déchets de ces produits.
Réduction des déchets à la source
La Commission, dont l’objectif est de rendre l’industrie du plastique circulaire et tous les emballages plastique recyclables à l’horizon 2030, estime que l’adoption et la mise en œuvre de la directive permettraient de réaliser, d’ici à cette date, une économie de 223 milliards d’euros sur les dommages environnementaux et d’éviter l’émission de 3,4 millions de tonnes d’équivalent CO2.
Selon Laura Châtel, chargée de campagne pour l’ONG Zero Waste France, la proposition de directive représente une « avancée à saluer ». « C’est la première fois qu’on présente une réglementation avec pour objectif la réduction des déchets à la source, et qu’on n’aborde pas la question du plastique sous le seul angle du recyclage qui ne sera pas suffisant », souligne la militante, qui appelle Paris à afficher une position « ambitieuse » dans les négociations à venir. « L’interdiction des boîtes de polystyrène pour la vente à emporter est inscrite dans la feuille de route sur l’économie circulaire présentée le mois dernier par le ministère de la transition écologique et solidaire, rappelle-t-elle. C’est le moment de la mettre en œuvre. »
Se félicitant de l’initiative de la Commission, Rethink Plastic, une coalition d’ONG en faveur d’un avenir sans plastique, dont Zero Waste est membre, regrette néanmoins que la proposition de directive ne fixe aucun objectif spécifique chiffré pour la réduction des emballages alimentaires et gobelets dans les Etats membres, risquant ainsi de les inciter à se contenter de faibles améliorations.
Pour sa part, l’industrie européenne du plastique estime que la Commission a raisonné par « raccourcis ». Dans un communiqué, PlasticsEurope a affirmé, lundi, que les déchets marins résultent plus particulièrement du « manque d’application de la législation liée à la gestion des déchets au niveau national et régional » et préconisé la mise en place d’infrastructures appropriées et l’interdiction des décharges.
Dossier prioritaire
La proposition de directive doit maintenant être discutée et amendée par les deux législateurs de l’UE – le Parlement européen et le conseil des ministres des Etats membres – dans les mois qui viennent. La Commission, qui souhaite la faire adopter avant le terme de son mandat en mai 2019, a enjoint ces instances de la traiter en « dossier prioritaire ». Une fois adoptées, ces règles entreraient en vigueur au plus tôt en 2022.
« Les déchets plastique constituent indéniablement un dossier de premier ordre, a déclaré le premier vice-président de la Commission, Frans Timmermans, lundi. Les Européens doivent s’y attaquer de concert, car les déchets plastique finissent dans l’air que nous respirons, dans notre sol, dans nos océans et dans nos aliments. »
Chaque année, huit millions de tonnes de plastique finissent dans l’océan, décimant les espèces marines et les oiseaux, et affectant la chaîne alimentaire de l’homme, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).
Après l’entrée en vigueur d’une législation restrictive sur les sacs en plastique en mai 2015, près de trois Européens sur quatre indiquent une chute de 50 % dans leur consommation, selon l’Eurobaromètre. « Je crois que le changement de comportement chez nos citoyens est l’un des principaux facteurs pour nous emmener vers l’économie circulaire », a déclaré M. Timmermans.
L’île grecque de Sikinos a pris une longueur d’avance sur l’UE. Le 1er juin, cette destination touristique connaîtra son premier été sans pailles en plastique. La Fondation Laskaridis, qui promeut entre autres la recherche maritime, fournira gratuitement et jusqu’à fin 2019 des pailles biodégradables de substitution à la vingtaine d’entreprises qu’abrite ce morceau de Cyclades de 300 âmes en mer Egée.
Au Royaume-Uni, les pailles, mélangeurs de cocktail et Coton-Tige en plastique seront également interdits à la fin de l’année, tandis que gobelets et assiettes en plastique seront bannis en France au 1er janvier 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Les députés ont rejeté des amendements en ce sens, malgré des demandes jusqu’au sein de la majorité, l’exécutif voulant d’abord une solution pour les agriculteurs
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Rejet à l’Assemblée de l’inscription dans la loi de la date de sortie du glyphosate

Les députés ont rejeté des amendements en ce sens, malgré des demandes jusqu’au sein de la majorité, l’exécutif voulant d’abord une solution pour les agriculteurs



Le Monde
 |    29.05.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h34
    |

            Rémi Barroux et 
Stéphane Foucart








                        



   


Il est 2 h 02 du matin, mardi 29 mai, et l’interdiction, dans les trois ans, du glyphosate, la substance classée cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé, a été rejetée par les députés. Elle faisait l’objet de plusieurs amendements, traduisant la promesse d’Emmanuel Macron d’interdire en France cette substance, principe actif du Roundup de Monsanto, « dès que des alternatives auront été trouvées et au plus tard dans trois ans ».
Graver dans le marbre de la loi cette interdiction était le but de Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire et proche du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Son amendement a été repoussé (20 députés pour, 63 contre).

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Sa proposition était pourtant agrémentée de possibles dérogations afin que certains secteurs de l’agriculture ne souffrent pas d’une interdiction de cette substance trop brutale – à la différence de l’amendement de Delphine Batho, députée Génération écologie des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’environnement, qui ne prévoyait pas de dérogation. Elle avait été rejetée par le rapporteur de la loi, Jean-Baptiste Moreau, député LRM de la Creuse, comme par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. « J’ai complètement confiance dans les engagements du président de la république et je n’ai pas besoin de l’inscrire dans la loi (…) C’est relancer les tensions qui s’étaient apaisées », avait déclaré M. Moreau, ajoutant qu’il fallait « laisser le temps ».

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« Pas de controverse scientifique »
Des mots qui pouvaient laisser planer le doute sur une sortie réelle du glyphosate d’ici à 2021. Et qui ont fait dire à M. Orphelin, revendiquant lui aussi l’autorité de la promesse présidentielle, qu’il n’était « pas convaincu par les engagements » du ministre sur l’interdiction. La députée LRM du Doubs Fannette Charvier avait, elle, expliqué que « trois ans, ce n’est pas un arrêt brutal », et qu’on ne trouve pas les alternatives quand il n’y a pas de date butoir. « Les paroles s’envolent, les écrits restent », concluait la députée. Et Barbara Pompili, ancienne secrétaire d’Etat (écologiste) chargée de la biodiversité et députée LRM (Somme), indiquait ses doutes sur la volonté de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) de réellement chercher des alternatives à l’utilisation du glyphosate. « Le risque, c’est que certaines filières passent les trois ans à démontrer que ce n’est pas possible. Si on leur dit “dans trois ans, c’est fini”, elles seront dans un autre état d’esprit. »
Cet argument n’a pas convaincu M. Travert, qui a surtout insisté sur la nécessité de trouver une solution pour les agriculteurs, une condition avancée aussi par le chef de l’Etat. Rappelant la ré-autorisation européenne pour cinq ans, « sur fond de controverse scientifique sur sa dangerosité », il a insisté sur la nécessité d’« approfondir les connaissances sur le glyphosate ». Le ministre de l’agriculture a aussi annoncé la création d’une commission de suivi qui associerait les groupes de l’Assemblée nationale.

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La quasi-totalité de ces groupes a fait corps derrière le ministre pour rejeter les amendements de M. Orphelin, Mme Batho ou encore de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, à l’exception du représentant des députés communistes, qui s’est abstenu. Ceux de La France insoumise (FI) ont, en revanche, voté pour ces amendements. Le député (FI) de la Gironde, Loïc Prud’homme, a même repris le ministre en lui expliquant « qu’il n’y avait pas de controverse scientifique sur le glyphosate », jugeant ce débat « emblématique du renoncement du gouvernement sur le modèle agricole ».
« Fantasmes de complot »
Ce débat sur le glyphosate, qui ne peut certes résumer l’ensemble des questions sanitaires et environnementales ayant marqué le débat sur le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable », a aussi révélé les relations troubles entre le politique et certains lobbys. Illustration avec la révélation par Mme Batho de la façon dont l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) a pu se procurer le texte de l’un de ces amendements avant que celui-ci ne soit rendu public.

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A la tribune de l’Assemblée, la députée des Deux-Sèvres avait ainsi dénoncé une « atteinte à la souveraineté » des délibérations des élus : l’amendement qu’elle avait déposé le 22 mars, prévoyant l’interdiction du glyphosate dans un délai de trois ans, a, selon elle, été porté à la connaissance de l’UIPP, et ce avant son traitement par le service informatique interne de l’Assemblée. Mme Batho a expliqué avoir eu copie d’une note interne de cette association professionnelle, qui regroupe les principaux industriels commercialisant des produits à base de glyphosate, citant l’amendement en question. De son côté, l’UIPP a fustigé, dans un communiqué, ceux qui « entretiennent les Français dans certains “fantasmes de complot” », démentant avoir eu connaissance de l’amendement en question avant sa publication.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ A l’occasion de la semaine européenne du Développement durable, qui se déroule du 30 mai au 5 juin, retour sur le phénomène de la « no impact week » dans les entreprises.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Une étude inédite à laquelle « Le Monde » a eu accès relève une « surimprégnation » notamment en plomb et une « surexposition » aux particules ultrafines. Elle pointe un « effet cocktail ».
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La pollution industrielle imprègne les habitants de Fos-sur-Mer

Une étude inédite à laquelle « Le Monde » a eu accès relève une « surimprégnation » notamment en plomb et une « surexposition » aux particules ultrafines. Elle pointe un « effet cocktail ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 09h16
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Le doute n’est plus permis. Les habitants de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) sont bien contaminés par les gaz toxiques qui s’échappent des cheminées de la zone industrialo-portuaire (ZIP) voisine. Rendue publique lundi 28 mai, l’étude Index permet pour la première fois de connaître le niveau d’imprégnation des populations locales aux polluants issus de l’une des plus importantes ZIP d’Europe, qui concentre des activités de sidérurgie (ArcelorMittal), de raffinerie et de pétrochimie.
Elle était très attendue depuis une autre étude alarmante (Fos Epseal) publiée en janvier 2017. Une équipe universitaire franco-américaine révélait en effet que les cas de cancers et de diabète de type 1 étaient deux fois plus nombreux à Fos que dans le reste de la France.
Portée par l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions (IECP) et validée par l’Agence régionale de santé PACA, Index conclut à une « surimprégnation de la population de Fos-sur-Mer en certains polluants ». Il s’agit de « trois polluants spécifiques, typiques des émissions industrielles » : le plomb, deux furanes heptachlorés (famille des dioxines) et le benzène (chez les individus les plus âgés). Si le plomb et le benzène sont reconnus comme cancérogènes, les deux furanes identifiés présentent des niveaux de toxicité bien moindres que la funeste « dioxine de Seveso ».
Pas de dépassements des seuils réglementaires
Au total, cinquante substances ont été recherchées dans le sang et les urines de 138 personnes âgées de 30 à 65 ans, réparties en deux groupes afin de pouvoir comparer les résultats : 80 habitants de Fos et 58 résidents d’une zone témoin (Saint-Martin-de-Crau), à 20 kilomètres.
En dehors du plomb, des furanes et du benzène, les riverains de la ZIP ne sont « pas globalement plus imprégnés » que ceux de la zone témoin. Les concentrations de ces biomarqueurs ne sont pas non plus supérieures aux niveaux nationaux, mais la dernière étude nationale date de 2006-2007 alors que les prélèvements d’Index ont été réalisés entre septembre et novembre 2016. La prochaine étude de biosurveillance nationale (Esteban), attendue en 2019, devrait permettre une meilleure comparaison.
Pris polluant par polluant, les résultats d’Index ne montrent pas non plus de dépassements des seuils réglementaires. Mais, note le rapport, la diversité des polluants présents pose la question de « l’effet cocktail », à savoir les conséquences sanitaires d’un cumul de substances toxiques à petites doses. Un effet favorisé par certaines activités liées à l’usage d’un environnement lui-même « surimpacté » par la présence de la zone industrielle.
Ainsi la pratique du jardinage est-elle associée à une augmentation de l’imprégnation en PCB-DL (pour « dioxin-like », c’est-à-dire ayant le même comportement que les dioxines) et la consommation de légumes du jardin à celle du cadmium (classé cancérogène). La consommation fréquente de produits de la mer locaux (poissons ou fruits de mer) est associée à une augmentation de l’imprégnation en PCB, dioxines et furanes, mercure et chrome.
« Robustesse scientifique »
Sur ce dernier point, Index confirme les résultats d’une autre étude mettant en évidence la présence de ces substances cancérogènes dans des produits alimentaires certifiés AOC comme la viande de taureau, les œufs ou les moules. Présentée en février, elle avait suscité la colère des conchyliculteurs et la préfecture des Bouches-du-Rhône l’avait balayée d’un revers de la main, jugeant son « fondement méthodologique insuffisant ».

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« Cette fois, personne ne pourra remettre en question la robustesse scientifique de l’étude, estime Véronique Granier, de l’IECP. Elle a été reconnue par Santé publique France. » L’organisme a participé au comité de pilotage mais s’est retiré quelques jours avant la publication des résultats, jugeant ne pas avoir assez de temps pour les valider.
Autre point inquiétant relevé par Index : la « surexposition » aux particules ultrafines (de diamètre inférieur à 0,1 micromètre), les plus dangereuses car elles pénètrent dans le sang et peuvent atteindre le cerveau. Le comptage en continu de ces particules a été effectué entre août et novembre 2017 : 227 pics (au-delà de 30 000 particules par cm3) ont été enregistrés à Fos, contre seulement 63 en zone témoin. Problème, ces nanoparticules ne peuvent se doser dans l’organisme.
« Nous espérons désormais que les industriels se saisiront de ces résultats pour cibler leurs actions afin de réduire la pollution et notamment les émissions de particules ultrafines », commente Sylvaine Goix, l’investigatrice principale de l’étude.
Pour l’IECP, Index doit surtout désormais déboucher sur des études épidémiologiques. L’institut prévoit d’en lancer une prochainement sur le diabète de type 1. Et s’attend, comme le précise Sylvaine Goix, à ce que les autorités sanitaires « ouvrent enfin un registre des cancers que nous réclamons depuis de nombreuses années et que nous ne voyons toujours pas venir ». 



                            


                        

                        

