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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Comment nos villes vont-elles s’adapter au vieillissement de la population ? Venez en débattre avec les invités du « Monde » dans l’auditorium du journal, vendredi 15 juin, de 8 h 30 à 10 h 30.
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Quelle place pour les seniors dans les villes intelligentes ? Une conférence du « Monde » le 15 juin

Comment nos villes vont-elles s’adapter au vieillissement de la population ? Venez en débattre avec les invités du « Monde » dans l’auditorium du journal, vendredi 15 juin, de 8 h 30 à 10 h 30.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 19h59
   





                        



   


Avec l’allongement de l’espérance de vie, un nouvel âge s’est créé entre la retraite et la perte d’autonomie. Dans trente ans, les plus de 60 ans représenteront 33 % de la population française, contre 25 % aujourd’hui.
Ce vieillissement de la population fait bouger les politiques, les entreprises, les start-up, les chercheurs… et les jeunes du Vieux Continent. Car les seniors ont parfois du mal à s’adapter à la vitesse des villes, souffrent d’isolement, manquent de reconnaissance et de lieux où s’exprimer. Comment les villes peuvent-elles s’adapter à cette nouvelle donne démographique, et accueillir dignement les seniors ?
Venez en débattre avec nos invités, vendredi 15 juin, de 8 h 30 à 10 h 30 dans l’auditorium du Monde (80, boulevard Blanqui, Paris XIIIe arrondissement).
Inscriptions en ligne ici (gratuit)
8 h 30 — Introduction. « La silver économie existe, je l’ai rencontrée. »
Avec Serge Guérin, sociologue, spécialiste de la société de la longévité, docteur en sciences de la communication.
8 h 45 — « Qu’est-ce qu’une “ville amie des aînés” ? »
Avec Galla Bridier, adjointe à la maire de Paris en charge des seniors et de l’autonomie ; un adjoint au maire de Nice.
9 h 05 — « Le modèle de l’Ehpad est-il dépassé ? »
Avec Annabelle Vêques-Malnou, directrice de la Fnadepa (Fédération nationale des associations de directeurs d’établissement et services pour personnes âgées) ; Jean-Philippe Arnoux, directeur « silver économie » chez Saint-Gobain.
9 h 25 — « La silver économie, une alliée pour l’intégration des seniors dans la ville ? » Les solutions de trois start-up.
Avec Laetitia Kouadria, cofondatrice d’Ôgénie ; Barthélémy Gas, cofondateur des Talents d’Alphonse ; Diane Bunod, cofondatrice de Silver in touch.
9 h 40 — « Quelles solutions politiques face au vieillissement de la population dans les villes ? »
Avec Audrey Dufeu-Schubert, députée Loire-Atlantique (LRM) ; Françoise Forette, professeure de médecine, spécialiste en gériatrie, directrice du Centre international de la longévité.
10 h 00 — « “Les vieux sont des vieilles” : qui sont les seniors les plus fragiles dans les villes ? »
Avec Michèle Delaunay, ancienne ministre déléguée aux personnes âgées et à l’autonomie ; Francis Carrier, président de l’association Grey Pride pour les seniors LGBT.
10 h 10 — « Du marché des seniors à l’économie de la longévité : vers une société du care ? »
Avec Hervé Sauzay, directeur de l’Institut français des seniors et du Salon des seniors ; Michèle Delaunay ; Serge Guérin.
Cet événement est organisé et conçu par « Le Monde », en partenariat avec L’Atelier BNP Paribas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’organisation n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.
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Les Etats-Unis bloquent de nouveau la diffusion du communiqué final de la réunion annuelle de l’OCDE

L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’organisation n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h54
   





                        



   


« Il n’y a plus de communiqué commun. » Les Etats-Unis ont bloqué, mercredi 30 mai, la diffusion du communiqué final de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, a fait savoir l’Elysée. Le texte devait condamner le protectionnisme et rappeler les enjeux du changement climatique.
La réunion a mis en évidence le dialogue de sourds entre les Etats-Unis et leurs partenaires sur le principe même du multilatéralisme – thème de la rencontre. Si le président français, Emmanuel Macron, a plaidé avec ferveur pour un « multilatéralisme fort », le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a, lui, critiqué les « palabres infinies » à plusieurs pays, affirmant préférer « les actions bilatérales ».

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Cette rencontre s’est tenue alors que les Etats-Unis menacent d’imposer, vendredi, des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importé, touchant leurs alliés, tous membres de l’OCDE.
L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’OCDE n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’économiste Maxime Combes, membre d’Attac, dénonce dans une tribune au « Monde » le pouvoir des groupes de pression que confirme la non-interdiction du glyphosate malgré les engagements d’Emmanuel Macron.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Glyphosate : « Faire en sorte que les lobbies ne gagnent pas toujours à la fin »

L’économiste Maxime Combes, membre d’Attac, dénonce dans une tribune au « Monde » le pouvoir des groupes de pression que confirme la non-interdiction du glyphosate malgré les engagements d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 17h00
    |

Maxime Combes (Economiste, membre d'Attac)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le match qui oppose les lobbies favorables à la poursuite de l’utilisation des produits phytosanitaires contenant du glyphosate à ceux qui veulent en interdire l’utilisation le plus rapidement possible, les premiers ont encore gagné : malgré l’engagement d’Emmanuel Macron en ce sens, la sortie du glyphosate en 2021 ne sera pas gravée dans la loi Agriculture et alimentation.
Beaucoup des instruments utilisés par ces groupes de pression sont désormais bien documentés
Ce n’est pas leur seule victoire : les propositions visant à interdire l’usage de drones pour épandre des pesticides, à créer des zones de protection autour des habitations, à rendre l’industrie des pesticides plus transparente, ou à créer un fonds d’indemnisation pour les victimes ont toutes été rejetées par les députés, à la demande du gouvernement.
Herbicide le plus utilisé en France, jugé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate incarne à lui tout seul le poids que les lobbies industriels exercent sur les instances de régulation et de décision de nos pays « démocratiques ».

Beaucoup des instruments utilisés par ces groupes de pression sont désormais bien documentés, comme la transmission d’amendements et d’argumentaires clés en main à des députés peu soucieux de la qualité et de la sincérité du travail parlementaire ; l’utilisation des fameuses « portes tournantes » (revolving doors) qui permettent à des cadres du privé de revenir dans la haute administration publique et assurer aux lobbies une grande proximité avec les lieux de décisions ; le financement d’études présentées comme « scientifiques » visant à insinuer le doute dans le débat public sur les impacts du produit incriminé (glyphosate, tabac, etc).
Pratiques bien connues
Du cas du tabac aux « Monsanto Papers », ces pratiques sont désormais bien connues. Un élément majeur, décisif même, est pourtant souvent éludé : la propension...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La nouvelle offre, avec cinq chaînes, remplacera, début juillet, SFR Sport et diffusera les deux compétitions européennes phares, la Ligue des champions et la Ligue Europa.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Altice lance son bouquet télévisuel RMC Sport

La nouvelle offre, avec cinq chaînes, remplacera, début juillet, SFR Sport et diffusera les deux compétitions européennes phares, la Ligue des champions et la Ligue Europa.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 17h02
    |

            François Bougon et 
Mustapha Kessous








                        



   


Mercredi 30 mai, RMC a vu grand pour son dernier-né : c’est dans le mythique studio Gabriel, situé à deux pas des Champs-Elysées, à Paris, qu’Alain Weill, PDG d’Altice France, a présenté RMC Sport, qui sera lancé le 3 juillet à la place de SFR Sport, en présence d’une partie de l’état-major du groupe et de – pratiquement – toutes ses vedettes.
Cette annonce devant la presse est intervenue opportunément au lendemain d’un « séisme incroyable », selon M. Weill : la décision de la Ligue de football professionnel (LFP) d’attribuer, à partir de 2020, les droits de la retransmission de la Ligue 1 au groupe espagnol Mediapro et d’évincer Canal +, son partenaire historique. « C’est une information incroyable, inimaginable il y a quelques semaines », a-t-il dit, jugeant que RMC s’intégrait parfaitement dans ce paysage amené à être bouleversé.
Le nouveau bouquet – composé de cinq chaînes, dont la première sera consacrée au football – peut être résumé en trois mots : « direct », « images » et « talk-shows ». RMC Sport va diffuser en intégralité et en exclusivité la Ligue des champions et la Ligue Europa, soit 343 rencontres au total par saison jusqu’en 2021. Et va continuer à proposer la Premier League, le prestigieux championnat anglais.

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« Nous mettons les moyens dans la production »
Altice a préféré s’appuyer sur « le savoir-faire » de RMC, qui, grâce à sa radio et à son agence, est une marque plus facilement identifiable pour le grand public. Les responsables de RMC, dont François Pesenti, directeur général de RMC Sport, ont d’ailleurs repris les émissions phares de la radio. Pas de révolution, donc, mais des adaptations : dès la rentrée, les futurs abonnés pourront voir le « Super Moscato Show » ou la « Team Duga », présentée par l’ancien footballeur Christophe Dugarry.

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Le groupe fait également le pari du hard news, tous les jours, en fin d’après-midi, avec une émission (« Breaking Sport ») qui a pour ambition de sortir un maximum d’informations exclusives. La cinquième antenne du bouquet (RMC Sport News) sera consacrée à l’actualité sportive. Le lundi et le vendredi, en prime time, « Footissime » se voudra le talk-show phare du bouquet avec des personnalités de renoms. « Nous mettons les moyens dans la production », précise François Pesenti.
Le futur bouquet proposera aussi une téléréalité (« Reality Sport ») dans laquelle on pourra suivre des consultants maison (anciens footballeurs de renom) qui iront à la rescousse d’un club du « 9-3 » en difficulté.
« Trois ou quatre ans pour être rentable »
Sur les antennes, il n’y aura pas seulement du foot, puisque Altice détient d’autres droits comme ceux de la Premiership, la première division anglaise de rugby, de la compétition d’athlétisme Diamond League ou des World Series of Boxing (WSB) – compétition de boxe en équipe – et les combats de la franchise française, les Fighting Roosters, une équipe montée par Brahim Asloum (consultant RMC) et composée de boxeurs médaillés aux Jeux de Rio.
En marge de la conférence de presse, Hervé Béroud, directeur général de BFM-TV, s’est réjoui de pouvoir « utiliser les images des compétitions européennes ». Cette synergie de groupe va, également, selon lui, « donner une exposition supplémentaire à [leurs] consultants et journalistes ». « Cela nous permettra de les garder, plutôt qu’ils aillent à la concurrence. »

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Peu de détails ont néanmoins été donnés sur les chiffres. Quels sont les objectifs en termes d’abonnés ? Un million dès la fin d’année, trois millions d’ici trois ans, sachant que beIN Sports en a 3,5 millions et Canal+ près de cinq en France. « On se donne trois ou quatre ans pour être rentable », a souligné M. Weill. RMC Sport sera également proposé aux autres opérateurs télécoms et aux autres distributeurs. « On a l’ambition de distribuer RMC Sport à tous les Français », a déclaré Grégory Rabuel, directeur exécutif grand public SFR.
Il faudra payer plus cher
Pas d’informations précises non plus sur la tarification. Seule certitude, il faudra payer plus cher pour avoir accès à RMC Sport : un abonné SFR doit actuellement débourser cinq euros supplémentaires par mois pour bénéficier de SFR Sport et quinze euros pour les non-abonnés. Pas assez élevé, juge-t-on chez Altice Media.
Enfin, mercredi, Alain Weill n’a pas exclu de discuter avec Mediapro pour éventuellement diffuser des matchs de la Ligue 1. « Didier Quillot [directeur général de la Ligue de football professionnel] m’a proposé hier soir de rencontrer le président de Mediapro », a-t-il témoigné. Pour l’heure, en droite ligne avec le redressement à confirmer de SFR, l’objectif est d’abord de lancer RMC Sport. « Pour le championnat de France de football, on verra plus tard », a-t-il expliqué, ajoutant : « On ne s’interdira pas de le faire, à la fin de l’année, pourquoi pas ? » « On a un intérêt mutuel à travailler ensemble. Ils ont payé des droits assez cher, il faut maintenant des abonnés. Ils ont intérêt à travailler avec tous les opérateurs », a ajouté Alain Weill.
SFR, qui dépense 600 millions d’euros par an pour les droits sportifs – 350 millions uniquement pour la Ligue des champions –, n’a pas participé à l’appel d’offres de la LFP. L’opérateur avait fait part à cette dernière de cette décision depuis décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ En renouant avec la notion de « quotas » de logements accessibles aux personnes handicapées, le gouvernement signe un retour rétrograde à des dispositions d’attribution combattues depuis les années 1970, proteste l’architecte Louis-Pierre Grosbois, dans une tribune au « Monde »
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Handicap : la loi ELAN rompt avec « le principe d’universalité de l’accessibilité au logement »

En renouant avec la notion de « quotas » de logements accessibles aux personnes handicapées, le gouvernement signe un retour rétrograde à des dispositions d’attribution combattues depuis les années 1970, proteste l’architecte Louis-Pierre Grosbois, dans une tribune au « Monde »



Le Monde
 |    30.05.2018 à 16h45
    |

Louis-Pierre Grosbois (Architecte urbaniste, professeur honoraire à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette)







                        



                                


                            

Tribune. Pourquoi construire le plus possible de logements facilement accessibles ? La société dans sa diversité le demande : l’augmentation de la longévité, le souhait du « bien vieillir ensemble », la fluidité de la vie sociale, mènent à la recherche d’égalité dans le traitement des individus.
L’accessibilité spécifiquement établie comme une compensation au handicap est devenue la base du confort de tous : de l’ascenseur au balcon de plain-pied et à la douche à niveau, jusqu’aux transports et aux bâtiments publics. Dans la société industrielle, la standardisation de la construction, établie sur le confort d’usage, permet de supprimer le surcoût de la réalisation. L’accessibilité ne se caractérise pas par l’application de normes. C’est une conception plurielle : esthétique, technique, humaine et universelle.

Or le projet de loi Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), discutée depuis le 30 mai à l’Assemblée nationale, revient sur l’universalité de cette accessibilité. Il renie ainsi l’engagement de la loi de 2005 et la résolution du Conseil de l’Europe de 2001, signée par la France, qui soulignait que « la conception universelle et l’accessibilité ont un rôle de premier plan à jouer dans la promotion des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales ».
L’ampleur de ce reniement se mesure par l’exemple dans l’allégement des normes envisagé dans la loi : « au lieu du « tout accessible », dans les bâtiments de quatre étages, elle instaurera, comme c’est déjà le cas dans les logements pour étudiants, un quota de 10 % d’appartements répondant à ces exigences ».
Des logements accessibles et adaptés vides
Nous voilà projetés quarante ans en arrière : retour de la règle du quota et, avec elle, de la ségrégation par attribution de logements dans des espaces réservés, ce qui constitue une véritable entrave à la vie sociale.
Un rappel historique s’impose : les lois...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ A la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques, mercredi, Wilbur Ross a défendu bec et ongles la politique commerciale de l’administration Trump.
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L’unilatéralisme selon le secrétaire au commerce des Etats-Unis

A la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques, mercredi, Wilbur Ross a défendu bec et ongles la politique commerciale de l’administration Trump.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 15h03
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Le monde peut bien regarder de travers l’administration américaine et sa politique commerciale. Peu importe à Wilbur Ross. Invité à intervenir, mercredi 30 mai, à la grande réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le secrétaire au commerce des Etats-Unis s’est montré fidèle à sa réputation : sans états d’âme ni fausse pudeur pour défendre l’offensive protectionniste lancée par le président Donald Trump.
« Tout pays a l’obligation de protéger ses citoyens et ses moyens de subsistance. C’est peut-être un point de vue populiste, mais il nous tient à cœur », a, d’emblée, déclaré ce milliardaire qui a fait fortune en rachetant et en restructurant des entreprises en difficulté dans l’acier, le textile ou l’automobile.

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Le contexte est un peu particulier : dans moins de quarante-huit heures, les Etats-Unis doivent dire s’ils imposent des taxes à hauteur de 25 % sur leurs importations d’acier, et de 10 % sur celles d’aluminium. L’Europe, vent debout, réclame une exemption définitive, sans plus vraiment oser l’espérer. Faute de quoi, prévient-on à Bruxelles, il ne sera plus question de négocier. M. Ross hausse un sourcil : « Il n’y a que l’Union européenne qui insiste sur le fait qu’on ne peut pas discuter si ces tarifs sont mis en place. Avec la Chine, c’est différent : ils veulent bien continuer à négocier. »
Bruxelles rangée dans le même sac que Pékin
Bruxelles rangée dans le même sac que Pékin par son partenaire transatlantique : voilà qui est un peu fort pour les participants européens à la réunion de l’OCDE. « Faut-il vous rappeler que nous n’avons pas les mêmes pratiques commerciales que la Chine », a répondu Sigrid Kaag, ministre du commerce extérieur des Pays-Bas et invitée du même panel que M. Ross.

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Ce dernier ne s’en émeut guère, très occupé à énumérer ses griefs contre le système multilatéral. « Oui, nous avons une liste de doléances assez longue », a-t-il insisté. L’Organisation mondiale du commerce ? « Tout le mécanisme de règlement des différends prend des années. Il ne sert à rien : ceux qui ont été lésés doivent obtenir des réparations beaucoup plus vite », a-t-il reproché. Oubliant de signaler, au passage, que les Etats-Unis bloquent, depuis des mois, la nomination de nouveaux juges au sein de cet organe judiciaire, ralentissant encore davantage son fonctionnement.
« Le ciel ne va pas tomber sur la tête des Etats-Unis »

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Quant au forum sur les surcapacités dans l’acier, on y parle trop et on n’y agit pas assez : « En un an et demi, il y a eu sept réunions et aucun résultat décisif. » D’ailleurs, « c’est tout le problème avec le libre-échange, les gens en parlent beaucoup, mais sans vraiment le pratiquer. Aux Etats-Unis, nous avons un sentiment d’urgence. »
Mais une hausse unilatérale des droits de douane ne risque-t-elle pas de porter tort à l’économie américaine ? Visage impassible, le secrétaire au commerce balaie ces objections. « Le ciel ne va pas tomber sur la tête des Etats-Unis parce que des tarifs seront ajoutés, assène-t-il. Je n’ai entendu parler d’aucune usine automobile ou de boîte de conserve qui puisse fermer, c’est ridicule. » Parole de celui que Wall Street a longtemps surnommé… « le roi de la faillite ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les travaux de Michel Aglietta ont montré que la monnaie, à travers l’Histoire, est un objet à la fois économique et politique. L’euro ne fait pas exception, estiment dans une tribune au « Monde » trois économistes.
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« Michel Aglietta propose un nouveau cadre pour l’euro »

Les travaux de Michel Aglietta ont montré que la monnaie, à travers l’Histoire, est un objet à la fois économique et politique. L’euro ne fait pas exception, estiment dans une tribune au « Monde » trois économistes.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 14h00
    |

Vincent Bignon (CEPR), Benoît Mojon (Ecole polytechnique et INSEAD) et Xavier Ragot (OFCE, Sciences Po et CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. La crise en Europe, y compris son écho actuel en Italie, menace la cohésion de la zone euro. La recherche de solutions à cette crise fait apparaître des conceptions différentes entre les Etats membres quant au rôle qu’il faut assigner à la politique monétaire. Ces différences de conceptions paralysent l’action publique, car elles s’expriment sur des questions aussi pratiques que la finalité de l’union bancaire ou le rachat de dettes publiques par les banques centrales.
Dans une société, la monnaie est un bien commun qui est le produit de la légitimité politique qu’on y adosse, et qui ne prend sens que par la légitimité que tout le monde lui attribue
La gestion de la monnaie est de fait à l’intersection de l’économie et du politique : faire émerger une vision politique commune de l’euro est donc aujourd’hui une étape incontournable pour les Européens. Comment dépasser la tension entre les souverainetés budgétaires nationales et la souveraineté monétaire européenne ? Quelle voie pour préserver la soutenabilité de certaines dettes publiques et l’acceptabilité de l’euro dans tous les Etats membres, aussi bien en Italie qu’en Allemagne ?
Les travaux de Michel Aglietta et d’André Orléan donnent un cadre intellectuel pour élaborer une nouvelle doctrine européenne de politique monétaire. Ils soulignent que la monnaie est l’institution sociale ambivalente par excellence. Etalon de la richesse de chacun, elle ne peut perdurer sans interventions politiques. La monnaie a une réalité concrète pour tous. Elle crée du lien et nous unit collectivement. Comme le dit le sociologue allemand Georg Simmel dans sa Philosophie de l’argent (1900), elle nous oblige sans nous enchaîner. Dans une société, la monnaie n’est pas seulement l’objet des paiements que l’on fait au quotidien. C’est aussi un bien commun qui est le produit de la légitimité politique qu’on y adosse, et qui ne prend sens que par la légitimité que tout le monde lui attribue.
Un...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Alors qu’un colloque vient de lui être consacré à la Banque de France, trois chercheurs estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il est temps de suivre les voies tracées par l’économiste pour échapper aux pathologies de notre système.
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« Michel Aglietta, penseur des limites du capitalisme »

Alors qu’un colloque vient de lui être consacré à la Banque de France, trois chercheurs estiment, dans une tribune au « Monde », qu’il est temps de suivre les voies tracées par l’économiste pour échapper aux pathologies de notre système.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 14h00
    |

Anne-Laure Delatte (CNRS, EconomiX, CEPII), Laurence Scialom (Université Paris-Nanterre, EconomiX) et Yamina Tadjeddine (Université de Lorraine et ...







                        



                                


                            
Tribune. Inégalités et crise environnementale sont parmi les plus grands dangers au monde, selon les citoyens de quarante-quatre pays interrogés par l’organisme de sondage américain Pew Research Center (« Greatest Dangers in the World », 2014). Les économistes se sont peu à peu emparés de ces sujets. Pourtant, leurs travaux et leurs réponses restent cloisonnés, tant ces deux objets sont différents en apparence et tant la science économique est elle-même segmentée dans ses objets d’études.
Michel Aglietta, lui, fait le pont entre ces deux périls : inégalités et changement climatique sont deux faces d’une même pièce qui se nourrissent des dérives du système capitaliste financiarisé actuel. Au long de sa carrière de chercheur, il a accumulé des travaux originaux qui lui permettent aujourd’hui de dresser un diagnostic singulier sur les pathologies de notre système économique. Et de nous livrer des options concrètes de politique économique pour les contrer.
Michel Aglietta a dénoncé tant l’instabilité intrinsèque de la finance que le principe de la valeur actionnariale propre au mode d’accumulation capitaliste actuel (Dérives du capitalisme financier, avec Antoine Rebérioux, Albin Michel, 2004). Ce principe de gestion apparaît dans les très grandes entreprises au début des années 1980 et fait de l’intérêt des actionnaires une priorité absolue.
Augmentation des inégalités
Les stratégies des firmes commencent alors à s’articuler autour de la valeur boursière de l’entreprise, avec une recherche de rendement à court terme, une prime à la compression des coûts, une course aux dividendes et des pratiques de rachat d’actions pour les plus agressives. La valeur actionnariale procède d’une logique uni-dimensionnelle où le système de production ne s’intéresse qu’à une partie de la société, les propriétaires du capital. Parallèlement, le système de redistribution s’érode.
Fonder un nouveau contrat social dans lequel les citoyens...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray explique pourquoi la désignation de ces représentants est un enjeu important dans les négociations relatives au Comité social et économique (CSE).
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Que sont les représentants de proximité ?

Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Ray explique pourquoi la désignation de ces représentants est un enjeu important dans les négociations relatives au Comité social et économique (CSE).



Le Monde
 |    30.05.2018 à 13h30
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. A chaque nouvelle élection professionnelle désormais, délégués du personnel, comité d’entreprise, et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) disparaissent au profit du Comité social et économique (CSE) créé par ordonnance le 22 septembre 2017. Cette centralisation peut poser problème dans les entreprises multi-sites, où depuis 1946 des délégués du personnel (DP) étaient présents dans les établissements d’au moins onze salariés, chargés « de présenter à l’employeur toutes les réclamations individuelles ou collectives ». Un représentant de proximité sera désigné par le CSE parmi ses membres ou des salariés sur place. Il en constituera le relais local. Sera-t-il un DP bis ?
En droit, pas du tout : il n’est ni obligatoire ni élu. Sa création est facultative et relève de l’accord collectif majoritaire procédant à l’éventuel découpage de l’entreprise en établissements distincts : nombre de représentants, localisation, attributions (notamment en matière de santé et de conditions de travail), modalités de fonctionnement (heures de délégation, local..).

La désignation d’un représentant de proximité est un enjeu important dans les négociations relatives au CSE. Si les parties conviennent souvent de la nécessité de créer – maintenir – ce délégué de terrain, côté syndicat il n’est pas indifférent d’avoir un délégué dans les établissements de moyenne importance, montrant ainsi qu’une présence syndicale est utile, tout en permettant à un ex-DP ou ex-membre du comité d’établissement (un tiers des mandats disparaît parfois avec la création du CSE) de garder un mandat, avec sa protection contre le licenciement.
Capteurs de signaux faibles
Côté direction, la présence de ces délégués capteurs de signaux faibles est utile. Et il est inenvisageable que tous les problèmes concrets de tous les établissements de taille réduite remontent au CSE, qui aura déjà fort à faire. Il faut donc...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Hammarby Sjöstad, dont la construction a débuté dans les années 1990, fait figure de modèle de développement urbain.
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A Stockholm, un quartier laboratoire de la ville durable

Hammarby Sjöstad, dont la construction a débuté dans les années 1990, fait figure de modèle de développement urbain.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 13h00
    |

                            Sophie Blitman








                        



                                


                            

Le long des berges, des passants flânent sur la promenade en bois. D’autres parcourent les allées calmes bordées de cerisiers en fleurs. Peu de voitures traversent Hammarby Sjöstad, un quartier situé dans le sud de Stockholm. Et pour cause : il comporte peu de rues, ­reflet de la volonté de réduire drastiquement la circulation automobile. Les immeubles sont organisés autour de jardins, auxquels on accède par des allées piétonnes et des pistes cyclables.
Si Hammarby Sjöstad fut l’un des premiers écoquartiers d’Europe, il reste un modèle dans le monde entier. Environ 10 000 visiteurs de tous les pays s’y rendent chaque année, selon les chiffres de GlashusEtt, le centre d’information du quartier. Il compte aujourd’hui 10 000 appartements et 25 000 habitants, plutôt aisés car les prix avoisinent ceux, élevés, du centre de Stockholm. A ­défaut de mixité sociale, la qualité de vie existe bel et bien dans ces 200 hectares composés à 40 % d’espaces verts.
Ancien site portuaire
Le projet de construction d’Hammarby Sjöstad émerge en 1996 avec la candidature de Stockholm aux Jeux olympiques de 2004. A l’origine, il s’agissait de réaménager cette zone insalubre et malfamée pour y installer le village olympique. Le comité d’attribution des Jeux choisit finalement Athènes, mais la capitale suédoise ne renonce pas au projet.
Le chantier est alors lancé sur cet ancien site portuaire, qu’il a fallu d’abord dépolluer de 300 tonnes de résidus de pétrole et de métaux lourds. Le premier bâtiment voit le jour en 1998, tandis que se développent les transports en commun ainsi que des formules d’autopartage. Parallèlement, un système pneumatique de recyclage des déchets est mis en place afin d’aspirer ces derniers dans des tuyaux souterrains jusqu’à l’usine de traitement. La récupération des eaux usées contribue, quant à elle, au chauffage des immeubles.
Dès le départ, un objectif ambitieux était affiché : diviser par deux la consommation d’énergie du quartier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Cette nouvelle mouture – censée mieux lutter contre le dumping social des pays d’Europe de l’Est – entrera en application courant 2020.
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Travailleurs détachés : la révision de la directive est adoptée par le Parlement européen

Cette nouvelle mouture – censée mieux lutter contre le dumping social des pays d’Europe de l’Est – entrera en application courant 2020.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h35
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les bonnes nouvelles se faisant rares à Bruxelles, les partisans de la révision de la directive sur le travail détaché ont salué avec effusion, mardi 29 mai, le vote définitif de ce texte au Parlement européen. D’autant qu’il a été validé à une très large majorité : 456 voix pour et seulement 147 contre.
Certes, une dizaine de conservateurs polonais l’ont approuvé par erreur. Un acte manqué ? Cette bévue n’aurait en tout cas pas inversé le cours de l’histoire : il manque encore l’ultime validation des ministres des affaires sociales des Vingt-Huit, fin juin, mais ce feu vert est strictement formel. La directive révisée entrera en application courant 2020.
Proposée par la Commission en mars 2016 et défendue avec ténacité par le président français, Emmanuel Macron, qui en a fait son premier combat européen, cette directive révisée (le texte initial date de 1996) entend mieux protéger les travailleurs postés temporairement dans un autre pays membre que le leur, et mieux lutter contre le dumping social des pays de l’Est.

Marqueur politique
« Le résultat du vote est fantastique, c’est une validation sans appel d’un nouveau chapitre de l’Europe, l’Europe sociale qui vient conforter le marché intérieur », s’est félicitée la Française Elisabeth Morin-Chartier, eurodéputée conservatrice (ex-LR), qui fut rapporteuse du texte pour le Parlement et a habilement manœuvré afin d’éviter un blocage total par les élus des pays de l’Est, très opposés à un texte considéré comme une tentative protectionniste de l’Ouest.
« Nous envoyons le signal que les travailleurs doivent être traités de la même manière sur le même lieu de travail », a souligné sa collègue et corapporteuse, la Néerlandaise sociale-démocrate Agnes Jongerius. La directive révisée sécurise en effet la rémunération des travailleurs détachés, précisant qu’ils doivent pouvoir bénéficier, comme les nationaux, des indemnités de pénibilité, de transport, etc. Pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La taxation par les Américains de l’acier et de l’aluminium européens sonnerait comme une défaite cinglante pour tous ceux prônant le cadre multilatéral comme moyen le plus efficace de régler les différends.
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OCDE : la défense du multilatéralisme à l’épreuve

La taxation par les Américains de l’acier et de l’aluminium européens sonnerait comme une défaite cinglante pour tous ceux prônant le cadre multilatéral comme moyen le plus efficace de régler les différends.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h29
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Une sacrée affiche. A l’occasion de sa grande réunion annuelle, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) devait accueillir, mercredi 30 mai au matin, le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, fidèle promoteur de la ligne protectionniste du président Donald Trump, pour un débat sur les échanges. Un sujet brûlant, les Etats-Unis devant dire avant le 1er juin s’ils taxent ou non l’acier et l’aluminium importés d’Europe.

        Lire aussi :
         

                La croissance mondiale se maintient mais les risques « pèsent lourd », alerte l’OCDE



Quelques heures plus tard, c’est le président français Emmanuel Macron qui devait intervenir à la tribune pour lancer un appel à la « refondation du multilatéralisme », slogan officiel de la réunion. Un thème suggéré, à l’origine, par le chef de l’Etat, à l’OCDE. « Le système actuel est insatisfaisant. Mais il est bien préférable de tenter de le sauver et le reconstruire, plutôt que de vouloir le tuer à coups de boutoir », explique-t-on à l’Elysée. Parmi les propositions de M. Macron : une réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), « une institution précieuse, mais dont les règles ne sont plus adaptées aux problématiques d’aujourd’hui », selon un conseiller du président.
Menace très concrète
Reste à mesurer le poids de ces discours face à la menace très concrète des sanctions américaines. Leur entrée en vigueur, vingt-quatre heures plus tard, sonnerait comme une défaite cinglante pour tous ceux prônant le cadre multilatéral comme moyen le plus efficace de régler les différends. A commencer par l’OCDE : installé à Paris, dans le très cossu 16e arrondissement, ce club de pays riches né du plan Marshall, a d’abord été conçu comme une organisation transatlantique. « Cette réunion touche à la raison d’être » de l’institution, a reconnu son secrétaire général, le Mexicain Angel Gurria.
Fin 2016, le G20 lui avait confié la mission d’organiser des négociations sur la question des surcapacités mondiales dans l’acier. Mais les travaux menés au sein d’un forum consacré n’auront pas dissuadé M. Trump d’ouvrir les hostilités…
A l’issue de sa réunion, jeudi, l’OCDE espère au moins pouvoir publier un communiqué commun. L’an dernier, faute de s’entendre avec les Etats-Unis sur les sujets du commerce et du climat, elle avait dû y renoncer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Les grands milliardaires chinois, désormais tous propriétaires de clubs en Chine ou à l’étranger, sont en service commandé pour le bien du pays et de son chef, souligne l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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« Pour Xi Jinping, le développement du football est vital pour la prospérité du pays »

Les grands milliardaires chinois, désormais tous propriétaires de clubs en Chine ou à l’étranger, sont en service commandé pour le bien du pays et de son chef, souligne l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h22
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Dans l’empire du Milieu, où tout est politique, on ne badine pas avec le ballon rond. A l’occasion du lancement de la Chinese Super League, le secrétaire du Parti communiste de la Fédération chinoise de football a conseillé aux grands propriétaires des 16 clubs en lice d’étudier en profondeur la pensée du président Xi Jinping. Et de rappeler que, pour le guide suprême, le développement de ce sport est vital pour le rajeunissement et la prospérité du pays.
Autrement dit, les grands milliardaires chinois, désormais tous propriétaires de clubs en Chine ou à l’étranger, sont en service commandé pour le bien du pays et de son chef. Cela est aussi vrai pour Jack Ma, le patron d’Alibaba, qui, en dépit de son modeste intérêt pour la chose, a acheté 50 % du Guangzhou Evergrande, le club de Canton, que pour le fonds d’investissement Orient Hontai Capital, situé à Pékin.
Ce dernier a acheté, en février, 53 % du capital de l’espagnol Mediapro, producteur de cinéma et de télévision et nouveau géant des droits télévisés sur le football européen. Après avoir raflé la diffusion du foot espagnol, puis italien, il vient de souffler ceux de la Ligue 1 française au nez et à la barbe de Canal+. Au lieu de se fourvoyer dans les télécommunications en Italie, le groupe Vivendi, propriétaire de Canal, aurait peut-être pu s’intéresser à ce groupe catalan désormais incontournable.

Invités à partir à l’assaut de l’Europe
Mais ses poches n’étaient peut-être pas assez profondes pour rivaliser avec celles de groupes chinois supportés par les meilleures banques du pays et, derrière, par l’Etat tout puissant. Car, à l’inverse des précédents mécènes, russes ou émiratis, avides d’engloutir leurs dollars dans les émoluments faramineux de stars brésiliennes, françaises ou portugaises, les Chinois ont un plan. Et, comme toujours, celui-ci commence par un rêve du chef : voir son pays se qualifier pour le Mondial de football, puis accueillir la Coupe du monde et, enfin,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Après plusieurs années de débat, l’Insee a décidé d’intégrer la consommation de stupéfiants et les activités liées à cette consommation dans le PIB français.
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Le trafic de drogue génère 2,7 milliards d’euros par an en France

Après plusieurs années de débat, l’Insee a décidé d’intégrer la consommation de stupéfiants et les activités liées à cette consommation dans le PIB français.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h18
   





                        


Pour la première fois, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a intégré, mercredi 30 mai, le trafic de drogue dans le calcul du produit intérieur brut (PIB). Selon l’Insee, le trafic de drogue en France génère une activité évaluée à près de 2,7 milliards d’euros par an. Cela représente un peu plus de 0,1 point de PIB.
Sur ces 2,7 milliards, 1 milliard d’euros sont générés par le trafic de cannabis et 800 millions d’euros par le trafic de cocaïne, précise l’Insee dans une note inédite.

        Lire aussi :
         

                La consommation de drogue stimule légèrement le produit intérieur brut



Après plusieurs années de débat, l’Institut national de statistiques avait annoncé à la fin de janvier qu’il intégrerait à partir de la fin du mois de mai la consommation de stupéfiants et les activités liées à cette consommation dans le PIB français.
« Un risque de sous-estimation »
Selon l’Insee, qui s’appuie sur les données de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), elles-mêmes basées sur des enquêtes auprès des ménages, la consommation de drogue en France pèse 3,1 milliards d’euros par an. Mais près de 400 millions d’euros doivent être retirés de ces 3,1 milliards, correspondant au poids des importations – qui doivent être comptabilisées dans le PIB des pays concernés et non dans le PIB français.

        Lire l’analyse :
         

          Comment l’Insee va intégrer le trafic de drogue dans le calcul du PIB



D’où le chiffre de 2,7 milliards avancé par l’Insee. « Ce chiffre est une évaluation », insiste cependant Ronan Mahieux, responsable du département des comptes nationaux de l’Institut :
« Il y a un risque de sous-estimation, car il est possible que les ménages n’aient pas confiance dans les enquêteurs qui les contactent. »
En 2013, l’institut européen des statistiques Eurostat avait demandé aux Etats membres de l’Union européenne d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement.
L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains Etats, à l’image des Pays-bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres.
La prostitution exclue du PIB
A la suite de la demande d’Eurostat, la plupart des pays européens ont intégré ces nouvelles normes ces dernières années. Ce nouveau système de compte s’est traduit par des révisions à la hausse du PIB parfois sensibles dans ces pays, notamment en Italie et en Espagne.
Mais l’Insee précise dans sa note avoir refusé de comptabiliser la prostitution dans le PIB, contrairement à d’autres pays européens :
« La prostitution exercée dans la rue est notoirement le fait de personnes généralement en situation irrégulière, souvent mineures et sous la coupe de réseaux clandestins qui les ont acheminées en France. »
Pour cette raison, « ces situations s’apparentent davantage à une forme d’esclavage sexuel qu’à l’exercice librement consenti d’une activité professionnelle », ajoute l’organisme public.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les professionnels craignent que l’échec de Canal+ lors des enchères de la Ligue 1 ne pèse sur le financement du septième art hexagonal, dont le groupe est le principal soutien.
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Droits du foot : le cinéma français redoute des dommages collatéraux

Les professionnels craignent que l’échec de Canal+ lors des enchères de la Ligue 1 ne pèse sur le financement du septième art hexagonal, dont le groupe est le principal soutien.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h10
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            
La redistribution des droits télévisuels de la Ligue 1 de football pour 2020-2024 pourrait se traduire, dans un effet de coup de billard à trois bandes, par une mise au régime plus sec du cinéma français. Entre sidération et inquiétude, les professionnels redoutent que Canal+, reparti bredouille dans ces enchères de football, ne perde encore des abonnés et que son soutien au cinéma hexagonal, corrélé au chiffre d’affaires de la chaîne, ne s’étiole encore.

« Les accords signés en 2015 entre le septième art et Canal+ s’appliquent quoi qu’il arrive jusqu’à la fin 2019 », explique Marie Masmonteil, qui dirige le collège cinéma du Syndicat des producteurs indépendants (SPI). La chaîne cryptée doit consacrer 12,5 % de son chiffre d’affaires à l’acquisition de droits de films européens ou bien investir un minimum garanti de 3,62 euros par mois et par abonné dans des longs-métrages d’expression française. La solution la plus favorable au cinéma s’applique.
« Un séisme »
« Au Festival de Cannes, les dirigeants de Canal+ nous ont dit qu’ils feraient évoluer le modèle s’ils perdaient les droits du football, en nous prévenant qu’ils risquaient de perdre 1 à 2 millions d’abonnés », ajoute Mme Masmonteil. Autant dire, reconnaît-elle, que la perte de la Ligue 1, « ce n’est pas une bonne nouvelle pour le cinéma ». « C’est un séisme », renchérit Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).
Bousculé par une concurrence forte dont il n’a tenu compte que très tardivement, le groupe audiovisuel, dont les programmes s’articulent autour de deux piliers, le sport et le cinéma, ne compte plus que 4,8 millions d’abonnés. « L’an dernier, dans un contexte tendu pour la production cinématographique, la réduction du chiffre d’affaires de Canal+ s’est déjà soldée par un financement inférieur de 40 millions dans le cinéma par rapport à 2016 », rappelle M. Rogard.
« Renforcer...



                        

                        


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L’Europe s’inquiète pour l’Italie, les marchés tremblent

Les investisseurs craignent que l’instabilité politique à Rome plonge l’Europe dans une nouvelle crise des dettes.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h13
    |

            Marie Charrel et 
                                Véronique Chocron








                        



                                


                            

C’est le grand retour de la peur. Wall Street, Tokyo, Paris, Milan… mardi 29 mai, l’ensemble des places financières mondiales ont terminé en baisse, tandis qu’en Europe, les taux souverains des pays du Sud se sont tendus un peu plus encore – en particulier ceux de l’Italie. Mercredi, à l’ouverture, l’incertitude dominait toujours.
Une angoisse comparable à celle de 2012 saisit les investisseurs et aiguise l’appétit des fonds spéculatifs : celle de voir la zone euro sombrer dans une crise existentielle majeure, dans le sillage des incertitudes politiques italiennes. A Rome, le torchon brûle entre le président Sergio Mattarella d’une part, et les populistes de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles d’autre part. De nouvelles élections se profilent. Pour la première fois de l’histoire, la troisième économie européenne pourrait être dirigée par les eurosceptiques. D’ici là, un été agité s’annonce sur les marchés…

Pourquoi la Bourse chute-t-elle ?
« Il n’y a pas de justifications, sinon émotives, à ce à quoi nous assistons aujourd’hui sur les marchés », lance le gouverneur de la Banque d’Italie. Alors que la Bourse de Milan a de nouveau clôturé dans le rouge mardi, perdant 2,65 %, Ignazio Visco a appelé les marchés au calme. Sans succès. La nervosité des investisseurs a gagné la plupart des grandes places financières. « Le réveil est brutal car jusqu’à il y a peu, les marchés avaient conservé leur sérénité, même après les résultats des élections de mars », analyse William de Vijlder, chef économiste de BNP Paribas. Mais la volonté de la Ligue et du mouvement 5 Etoiles d’imposer un ministre eurosceptique a créé la surprise. Après le veto du président Mattarella sur le gouvernement proposé par la coalition, Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international, fut chargé de créer un gouvernement technique.
Mais aujourd’hui, les investisseurs ne croient pas que ce dernier obtiendrait la confiance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ La chaîne payante ressort bredouille de l’appel d’offres du championnat de Ligue 1 pour les saisons 2020-2024.
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Droits du foot  : Canal+ risque le hors-jeu

La chaîne payante ressort bredouille de l’appel d’offres du championnat de Ligue 1 pour les saisons 2020-2024.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 14h03
    |

            Sandrine Cassini et 
Alexandre Piquard








                        



   


Cataclysme chez Canal+. La chaîne payante, partenaire historique du football français, est revenue les mains vides de l’appel d’offres du championnat de Ligue 1 pour les saisons 2020-2024. De ses écrans, pourraient donc disparaître les matchs du PSG, de l’OM ou de Monaco. L’agence de gestion des droits espagnols, Mediapro, rafle la mise et diffusera à partir de 2020, 8 matchs sur 10 par journée de championnat. BeInSport a obtenu deux matchs par journée, et Free (dont le fondateur Xavier Niel est actionnaire du Monde) le lot numérique, qui propose les meilleurs moments en quasi direct.

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SFR, encore en convalescence, a préféré passer son tour. Au final, le football français empoche 1,15 milliard d’euros par saison, soit une inflation des droits de 60 %. « Cet appel d’offres va nous permettre de rattraper notre retard et confirme la dimension internationale du championnat », s’est félicité le directeur général exécutif de la Ligue de football professionnel (LFP), Didier Quillot.
Le PDG de Canal+, Maxime Saada, a tenté de minimiser cet échec. « Nous le vivons sereinement. Nous avons misé le prix que cela vaut pour nos abonnés », a justifié le PDG de Canal+, rappelant l’échec de certains rivaux dans le passé, comme TPS ou Orange Sport. Le patron du groupe de télévision payante espère maintenant racheter une partie des matchs auprès de Mediapro, comme le lui permet la procédure. « Nous avons deux ans pour voir ce qu’il peut se passer », a lancé le patron de Canal+. Pourtant, Mediapro a indiqué à la LFP que son projet n’était pas de revendre les matchs mais de lancer sa propre chaîne payante en France.
Ni Canal+ ni beINSport n’ont vu arriver Mediapro
Comment Canal+, grand spécialiste du sport, a-t-il pu à ce point passer à côté de ce rendez-vous ? « Cet appel d’offres était sophistiqué et inflationniste. Nous avons aussi démarché dans une discrétion absolue des partenaires étrangers », explique M. Quillot. Lors de la journée d’enchères de mardi, les candidats ont misé à l’aveugle, depuis leur bureau, sans savoir qui étaient leurs concurrents. Selon nos informations, ni Canal+ ni beINSport n’ont vu arriver Mediapro, même si M. Saada explique avoir « envisagé tous les scénarios ». Si Canal+ envisage un recours, beINSport s’est dit « étonné des résultats de l’appel d’offres » et se dit « attentif à l’évolution du marché ».
Dès le premier lot, qui rassemblait les 10 plus belles affiches, Canal+ a perdu la partie face à Mediapro, misant, selon nos informations, 260 millions d’euros contre 330 millions d’euros pour l’Espagnol.
Après cette première défaite, la chaîne cryptée a ensuite tenté de faire échouer l’appel d’offres en faisant en sorte que les trois premiers lots, qui comprenaient les plus belles cases et les plus beaux matchs, n’atteignent pas le prix de réserve, ce qui aurait déclenché une remise en jeu des droits. Le groupe a misé seulement 10 millions d’euros sur les deux lots suivants, laissant sans le savoir un boulevard à Mediapro, qui a emporté le lot 2 et à beINSport, qui, a obtenu le lot 3 et ses deux matchs du samedi 21 heures et du dimanche 17 heures.
Nouveau revers
Pour se rattraper, Canal+ a ensuite tenté d’acquérir les cinq moins belles affiches du championnat, là aussi raflées par Mediapro, et le lot numérique, emporté par Free. Au final, de bonne source, Mediapro a déboursé environ 800 millions d’euros, beINSport 320 millions et Free un peu moins de 50 millions d’euros.
Reste, pour Canal+ à mesurer les conséquences d’une grille de programme qui serait privée de Ligue 1. « On estime à 2 millions le nombre de “fans de football” parmi les 4,8 millions d’abonnés à Canal+, soit environ 40 % du total », explique un analyste financier. Preuve de l’attachement au foot de ce noyau dur, nombreux sont ceux qui sont également abonnés à beINSports. « A 35 euros de revenu par abonné par mois, leur départ représenterait un manque à gagner de 800 à 850 millions d’euros par an, c’est énorme », complète cet analyste, selon lequel Canal+ pourrait également subir un « effet de halo » lié à la dégradation d’image et à la moindre médiatisation entraînée par l’absence de la Ligue 1.
Pour empêcher une fuite massive de ses clients, Canal+ étudie deux options. Outre un rachat de droits, il envisage de nouer un accord de distribution avec Mediapro, afin de continuer à diffuser la Ligue 1. Maxime Saada n’envisage donc pas de se passer du football, même si l’offre de Canal+ se tarit progressivement ces dernières années, avec la perte récente de la Ligue des champions, rachetée par SFR. Pourtant, le groupe évoque parfois « un plan B », qui consisterait à concentrer la chaîne sur les séries, le cinéma et le divertissement. « Il n’est pas encore temps d’enclencher ce virage stratégique », a précisé M. Saada. Une telle stratégie placerait Canal+ en concurrence frontale avec des acteurs puissants et mondialisés, comme HBO, Netflix ou Amazon.

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Ce nouveau revers fait encore pâlir l’étoile de Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi, en difficulté sur de nombreux dossiers, en Italie avec Mediaset et Telecom Italia, ou dans ses affaires africaines.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans leur essai « Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés », le vice-président de France Bénévolat Hervé Sérieyx et l’économiste Michel Vakaloulis plaident pour l’émergence du pouvoir collaboratif et une méthodologie démocratique rénovée.
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Gulliver et les algorithmes

Dans leur essai « Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés », le vice-président de France Bénévolat Hervé Sérieyx et l’économiste Michel Vakaloulis plaident pour l’émergence du pouvoir collaboratif et une méthodologie démocratique rénovée.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h49
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Dans L’Homme révolté, Albert Camus distingue deux types d’efficacité, celle du typhon qui emporte tout sur son passage et celle de la sève qui fait pousser. Comme le typhon, le pouvoir vertical et hiérarchique « emporte sur son passage une bonne part de l’autonomie des acteurs, de leur créativité, de leur capacité à contribuer intelligemment à l’œuvre collective », estiment Hervé Sérieyx et Michel Vakaloulis.
Dans leur ouvrage Du pouvoir vertical aux pouvoirs partagés, le vice-président national de France Bénévolat et l’économiste et docteur en philosophie font le constat d’une évolution inéluctable : l’efficacité de la sève qui fait pousser « risque de ne plus être demain un choix organisationnel possible mais une évidente obligation ».
Le constat de plus en plus partagé de l’inefficacité des organisations trop verticales, la décrédibilisation des élites d’hier, l’écart entre l’« attention réduite que nous accordons aux impulsions venues d’en haut et le volume croissant d’informations que nous échangeons horizontalement dans nos réseaux sociaux, tout cela périme à une vitesse météorique nos règles du jeu collectives ».
Révélateur de cette évolution inéluctable, l’écart se creuse entre l’image négative et galvaudée d’une DRH manipulatrice, exécutant les basses œuvres de patrons sans âme, et l’effort très prospectif auquel s’obligent les professionnels de cette fonction essentielle dans un environnement « liquide, insaisissable et emporté dans un considérable maelstrom de mutations interactives ».
Multiplication des typhons
Evoquer une montée en puissance des pouvoirs partagés alors que des pouvoirs verticaux colossaux – GAFAM, multinationales et institutions supra-étatique – sont en train de coloniser la planète peut sembler paradoxal. L’individu, si désireux d’être personnellement et collectivement acteur de son destin, « se retrouve en fait ligoté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel estime que les problèmes économiques et politiques liés au dualisme territorial nécessiterait une réponse complexe et de longue haleine, loin des recettes faciles prônées par les populistes.
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La montée des inégalités entre les territoires a « fait le lit du populisme européen »

Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel estime que les problèmes économiques et politiques liés au dualisme territorial nécessiterait une réponse complexe et de longue haleine, loin des recettes faciles prônées par les populistes.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h06
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. « Il palazzo contro la piazza ». Les palais du pouvoir contre la rue. En Italie, les souverainistes de la Ligue et les antisystème du Mouvement 5 étoiles ­agitent l’argument depuis plusieurs jours. Ils accusent l’élite économique et la classe dirigeante traditionnelle de « comploter » afin de les empêcher de gouverner. Le président Sergio Mattarella n’a-t-il pas, lundi 28 mai, désigné l’économiste Carlo Cottarelli, un ancien du Fonds monétaire international, surnommé « M. Ciseaux » en raison de son goût pour l’austérité, pour diriger un gouvernement technique ?

Le président italien avait sans doute de bonnes raisons de refuser la nomination de l’eurosceptique Paolo Savona, choisi par les deux partis populistes, au ministère des finances. Il n’empêche : pour l’instant, sa décision verse un peu plus d’eau encore au moulin de la Ligue. « L’Italie n’est pas une colonie, déclarait le leader d’extrême droite Matteo Salvini dimanche 27 mai. Nous ne sommes pas les esclaves de la France ou de l’Allemagne, du spread [écart de taux d’intérêt consentis par les marchés à l’Italie et à l’Allemagne] ou de la finance. » Spread, qui, depuis, ne cesse de grimper.
Les villes les plus puissantes économiquement, capitales ou non, croissent plus vite. Elles captent une part des richesses de plus en plus grande, au détriment des petites villes et des zones rurales
Elite contre peuple, donc. L’argument, grand classique des populistes, est également agité dans la Hongrie de Viktor Orban. Et dans la Pologne de Jaroslaw Kaczynsky. Il séduit la partie de l’électorat atteinte par l’angoisse du déclassement. Celle des classes moyennes – salariés, petits patrons, ouvriers – redoutant d’être exclues de la globalisation. On l’a beaucoup écrit : la crise et la montée des inégalités observée ces dernières années ont fait le lit du populisme européen. Mais on ne peut comprendre son essor sans se pencher...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Inconnu en France, le groupe a remporté l’essentiel de l’appel d’offres pour les saisons 2020-2024 de la Ligue 1, au détriment de Canal+.
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Droits du foot de la Ligue 1 : Mediapro, un grand d’Espagne à l’accent chinois

Inconnu en France, le groupe a remporté l’essentiel de l’appel d’offres pour les saisons 2020-2024 de la Ligue 1, au détriment de Canal+.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h05
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Qui est Mediapro, qui vient de ravir à la barbe de tous les autres postulants le droit de diffuser huit des dix matchs de chaque journée de Ligue 1 entre 2020 et 2024 ? En France, le groupe est inconnu. Est-ce un revendeur de droits à la stratégie mouvante, de surcroît contrôlé par un fonds chinois, comme le sous-entend Canal+ ? Ou un nouvel entrant très sérieux, déjà rompu à la diffusion du championnat de football le plus puissant du monde, la Liga espagnole ? Les deux visions ne sont pas fausses mais la seconde est plus proche de la vérité.

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                Football : Canal+ évincé des droits de retransmission de la Ligue 1



Mediapro a été créé en 1994 à Barcelone par le Catalan Jaume Roures, une figure du cinéma et de l’audiovisuel, notamment producteur de films de Woody Allen. Souvent décrit comme trotskiste et nationaliste catalan, cet ancien journaliste a construit un groupe audiovisuel important, Imagina, en fusionnant avec un autre acteur en 2006.
L’acteur fort du fooball hispanique
La partie Mediapro est aujourd’hui l’acteur fort du football espagnol, avec sa propre chaîne consacrée au championnat distribuée par tous types d’opérateurs. ll est aussi producteur exécutif de Real Madrid TV ou de Barça TV, les chaînes des deux clubs les plus prestigieux du monde. Mediapro est aussi le partenaire avec lequel le qatari BeIN Sports s’est lancé en Espagne en 2015. Le groupe revendique 6 000 salariés dans le monde.
En France, Mediapro souhaite éditer une chaîne spécialisée dans le championnat, comme en Espagne, et non revendre ses droits, précise la Ligue de football professionnel. Cela n’empêche pas Canal+ d’espérer nouer un accord de distribution de cette chaîne ou racheter une partie des droits. Sous-entendant que Mediapro avait surpayé la Ligue 1, le groupe français a mis en doute sa solidité. Le rival espagnol est effectivement détenu par le fonds privé chinois Orient Hontai Capital (53,5 %) et le groupe publicitaire britannique WPP (22,5 %). Et, mardi, il a connu un revers avec l’annulation du contrat par lequel il avait remporté les droits du championnat italien. En effet, Mediapro a refusé de verser des garanties après que son projet de revente des droits a été retoqué par un tribunal saisi par le concurrent Sky. En France, Canal+ n’exclut pas non plus un recours. Et espère que le bras de fer aura un « deuxième round ».



                            


                        

                        

