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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La police ukrainienne avait annoncé, mardi, que le journaliste, critique virulent du président russe, avait été tué par balle à Kiev. Il est apparu, mercredi, devant la presse.
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L’Ukraine annonce avoir mis en scène l’assassinat du journaliste russe Arkadi Babtchenko, bien vivant

La police ukrainienne avait annoncé, mardi, que le journaliste, critique virulent du président russe, avait été tué par balle à Kiev. Il est apparu, mercredi, devant la presse.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h31
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante) et 
Benoît Vitkine








                        



Coup de théâtre à Kiev. Près de vingt-quatre heures après l’annonce de sa mort, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est apparu vivant, mercredi 30 mai, lors d’une conférence de presse à Kiev, la ville où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos. Le procureur général ukrainien et les chefs des services de sécurité (SBU) ont fait savoir que cette annonce était l’un des éléments d’une opération spéciale destinée à tromper l’exécutant et le commanditaire du meurtre, qui, lui, avait été bel et bien planifié.
Le tueur, appréhendé, est un ressortissant ukrainien, ancien soldat ayant combattu dans le Donbass, qui aurait été recruté par l’un de ses amis contre la somme de 40 000 dollars. L’homme aurait accepté de collaborer avec la police et bénéficie pour l’heure du statut de témoin, a fait savoir le chef du SBU, Vassil Gritsak. Le commanditaire, également citoyen ukrainien et ancien combattant, a, de son côté, été arrêté mercredi à Kiev. C’est lui qui aurait été en contact avec les services secrets russes, selon le récit fait par la partie ukrainienne. « Nous poursuivons notre enquête et nous avons mené plusieurs perquisitions », a précisé M. Gritsak.
« Nous devions faire croire aux représentants des services spéciaux russes que l’assassin avait rempli sa mission », a aussi expliqué le député Anton Guerachtchenko, conseiller auprès du ministère de l’intérieur.

        Revivez le fil des événements :
         

          En direct : l’Ukraine annonce qu’Arkadi Babtchenko, le journaliste russe, est bien vivant



Vive émotion en Russie et en Ukraine
M. Babtchenko, 41 ans, a également pris la parole pour s’excuser auprès de sa femme « pour l’enfer qu’elle a vécu pendant deux jours », affirmant que la mise en scène avait été préparée durant deux mois et que lui-même avait été prévenu il y a un mois. « J’ai eu à enterrer nombre de mes amis et de mes collègues, je connais le sentiment que cela procure », a-t-il dit. Le journaliste a aussi remercié les services ukrainiens de lui avoir sauvé la vie. Les forces de sécurité ukrainiennes ont, cependant, assuré que sa famille était au courant de l’opération.
L’annonce de l’assassinat du journaliste et écrivain avait provoqué une vive émotion tant en Russie qu’en Ukraine, deux pays où il est une figure connue. Sa réapparition, mercredi, a provoqué des commentaires tout aussi émus, entre soulagement de le voir en vie et critiques contre le SBU, accusé d’affaiblir, dans le futur, la crédibilité des autorités ukrainiennes. Et ce alors que de nombreux assassinats ont bel et bien été commis ces dernières années à Kiev, contre des opposants et journalistes russes, des agents des services de sécurité ukrainiens et d’anciens combattants de la guerre du Donbass. Le président ukrainien, Petro Porochenko, a félicité le SBU pour sa « brillante opération », ordonnant de fournir des gardes du corps au journaliste et à sa famille.
De son côté, le ministère russe des affaires étrangères a dénoncé une « provocation antirusse » de Kiev. « Je regrette que Babtchenko ait participé à des provocations des services spéciaux ukrainiens, que j’attribue à la mise en scène d’une série d’actions folles des autorités ukrainiennes contre le pouvoir russe », a également réagi, à Moscou, le sénateur Konstantin Kosachev, président de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie, cité par l’agence Interfax.
Menacé de mort en Russie
Pour Alexeï Pouchkov, également sénateur russe, il s’agit d’une « mystification couplée d’une provocation contre la Russie sur un meurtre inventé ». « Le fait que Babtchenko soit vivant est la meilleure information, nous aimerions bien que cela soit le cas à chaque fois (…) Il est évident que dans toute cette histoire, il y a eu un effet de propagande », a, pour sa part, commenté Maria Zakharova, porte-parole du Kremlin, sur Facebook. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a lui condamné une simulation « navrante ».
En fin de journée, devant la maison de la presse à Moscou, où le rassemblement prévu en « hommage » à Arkadi Babtchenko avait été maintenu, Ksenia Sobtchak, ex-candidate à l’élection présidentielle, confiait aux caméras ses doutes : « Je ne sais pas si c’est intéressant pour les autorités [russes] de tuer des journalistes… » D’autres, parmi les opposants présents, voulaient croire, au contraire, que l’enquête à Kiev sur la présumée tentative de meurtre commanditée par les services russes mettrait en difficulté le Kremlin.
Arkadi Babtchenko avait combattu dans l’armée russe lors des deux guerres de Tchétchénie (1994-1996 et 1999-2000), avant de travailler comme reporter de guerre pour le journal Moskovsky Komsomolets ou la chaîne NTV. Il s’était ensuite rapproché de publications libérales, en particulier Novaïa Gazeta. M. Babtchenko avait aussi raconté dans plusieurs livres son expérience au sein des forces armées russes, recevant plusieurs prix littéraires.
Opposé à l’annexion de la Crimée, en 2014, et à la guerre menée par Moscou dans l’est de l’Ukraine, il s’était mué en critique virulent du régime de Vladimir Poutine. Il avait fui la Russie en février 2017 après avoir reçu des menaces de mort, consécutives à une violente campagne sur Internet et sur les télévisions russes. Depuis un an, il animait une émission sur la chaîne de télévision ukrainienne ATR, chaîne historique des Tatars de Crimée désormais installée à Kiev. Il continuait aussi de collaborer à plusieurs journaux et écrivait de façon indépendante sur les réseaux sociaux, notamment sur le conflit toujours en cours dans le Donbass.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La ministre des solidarités et de la santé a présenté mercredi plusieurs mesures en faveur de l’amélioration des soins pour les personnes âgées.
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Plan grand âge : 300 millions d’euros supplémentaires en 2019

La ministre des solidarités et de la santé a présenté mercredi plusieurs mesures en faveur de l’amélioration des soins pour les personnes âgées.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 18h16
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h58
    |

            François Béguin








                        


Sans être un « plan Marshall » en faveur des maisons de retraite, l’effort financier est significatif. Près de 300 millions d’euros de dépenses annuelles nouvelles en faveur de l’amélioration des soins pour les personnes âgées ont été annoncées par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, mercredi 30 mai, lors de la clôture des rencontres entre l’Assemblée des départements de France et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), selon des calculs du Monde confirmés par le ministère.
Cette feuille de route « grand âge et autonomie » constitue la première réponse du gouvernement à la colère des personnels et des directeurs des 7 573 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qui se sont massivement mis en grève à deux reprises depuis le début de l’année, pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’accueil des résidents. « S’il constitue un réel pas en avant, [ce plan] n’est clairement pas à la hauteur des attentes », a immédiatement réagi dans un communiqué l’AD-PA (association des directeurs au service des personnes âgées), une organisation de directeurs d’Ehpad.
Incertitudes sur le nombre de postes créés
Dans le catalogue de mesures présentées mercredi par la ministre, la plus visible – et la plus attendue – porte sur l’augmentation du nombre de soignants auprès des résidents. Grâce à une accélération du calendrier de mise en œuvre de la réforme de la tarification des soins dans les Ehpad, c’est 143 millions d’euros de plus qui devraient venir s’ajouter aux 217 millions déjà prévus pour la période 2019-2021.
Ce budget ne permettra pas d’atteindre le ratio de 60 soignants pour 100 résidents
Le ministère de la santé n’explicite toutefois pas combien de postes d’infirmières ou d’aides-soignantes supplémentaires ce budget pourrait créer. Il ne permettra en tout cas pas d’atteindre le ratio de 60 soignants pour 100 résidents préconisé en mars par la mission d’information parlementaire menée par les députées Monique Iborra (LRM) et Caroline Fiat (LFI) et repris par les organisations syndicales.
Augmentation du nombre d’infirmières de nuit
Agnès Buzyn a également annoncé une augmentation du nombre d’infirmières de nuit dans les Ehpad, via une « astreinte infirmière mutualisée entre plusieurs établissements d’un même territoire ». Une mesure qui coûtera 10 millions d’euros en 2019 et 16 millions en 2020, et qui devrait permettre de « réduire les hospitalisations en urgence évitable ». C’est dans ce même objectif que le plan prévoit de « généraliser » l’accès à la télémédecine pour les personnes âgées, avec un budget de 40 millions d’euros sur la période 2018-2022.
100 millions d’euros chaque année pour les Ehpad les plus anciens
Parmi les autres mesures significatives, la promesse d’accorder 100 millions d’euros chaque année à partir de 2019 pour rénover les Ehpad les plus anciens, 15 millions pour développer « l’habitat inclusif » (permettant de vivre à plusieurs dans un même ensemble de logements, en mutualisant une aide quasi-permanente), ou encore 16 millions d’euros d’ici à 2022 pour renforcer le nombre et les effectifs des équipes mobiles de gériatrie (EMG). Mille places provisoires en Ehpad seront par ailleurs réservées aux personnes âgées qui souhaiteraient y être hébergées temporairement après une hospitalisation.
D’autres dispositions du plan ne devraient en revanche rien coûter mais faciliteront la vie des personnes âgées qui vivent encore chez elles. A partir du 1er juin, les services d’hospitalisation à domicile pourront travailler de manière conjointe avec les services de soins (services de soins infirmiers à domicile), ce qui permettra à la personne âgée de garder ses repères. Certaines annonces restent enfin au stade des bonnes intentions, comme l’engagement de déployer un « plan global d’aide aux aidants ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Sous la pression des associations, l’Etat et les collectivités cherchent une solution face aux tonnes de gravats et de détritus accumulées depuis les années 1950.
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Au Havre, une falaise recrache  ses déchets dans la Manche

Sous la pression des associations, l’Etat et les collectivités cherchent une solution face aux tonnes de gravats et de détritus accumulées depuis les années 1950.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 19h42
    |

            Patricia Jolly (Le Havre, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Trois à quatre fois par mois, la « brigade de nettoyage » de l’association Aquacaux investit l’estran qui borde le pied de la falaise de Dollemard, un quartier du nord du Havre. Le nez au ras du tapis de galets qui malmènent leurs godillots autant que leurs chevilles, six à huit gaillards fourrent dans des sacs-poubelles des morceaux de plastique ou de caoutchouc arrachés au flanc de la falaise par les intempéries et la Manche. Avant de les évacuer sur leur dos. A raison de 70 ou 80 kilos au total par passage, ils effectuent sur cette décharge, fermée depuis 2000 mais inaccessible aux engins de déblayage classique, un travail de Sisyphe.
La rallier par le nord, comme ils le font chaque fois, impose la descente d’un escalier de 450 marches ou d’un sentier affichant 100 m de dénivelé, puis deux bons kilomètres de marche sur les galets roulants. Le site, qui n’est guère fréquenté que par quelques pêcheurs à pied, constitue un dépotoir à ciel ouvert dont l’éradication est une gageure.
Pans de mur de brique, blocs de béton et leur ferraille, pierres tombales, poutrelles de bois ou de métal, joints de pare-brise, sacs plastique, cordages, casiers et filets de pêche ou morceaux de tissus incrustés dans les flancs de la falaise ou jonchant l’estran… De 30 à 80 mètres cubes de déchets atterrissent chaque année au pied de cette bande d’environ 800 m de long.
« On ramasse ici à la main environ 2 tonnes de déchets par an, explique Gwen Couprie, 31 ans, écologue et chargé de mission pour Aquacaux, qui s’improvise guide d’un jour. Mais on doit se contenter de ceux qui traînent au sol car il serait trop dangereux de tenter d’extraire ceux qui affleurent de la falaise à cause des risques d’éboulements. » Face aux blocs de béton dont sortent des armatures rouillées polies par le roulement des galets et inamovibles sans engins mécaniques, l’homme se veut philosophe : « Au moins, ils protègent un peu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration revient sur le démantèlement, à Paris, du campement du Millénaire et les suites possibles.
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Migrants : « Les campements ne sont pas constitués d’une majorité de primo-arrivants »

Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration revient sur le démantèlement, à Paris, du campement du Millénaire et les suites possibles.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 18h57
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h31
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Etabli en décembre 2017 sur les bords du bassin de la Villette (19e arrondissement), le campement du Millénaire, près de la porte d’Aubervilliers à Paris, a été évacué mercredi 30 mai au matin. Cette évacuation, la 35e organisée dans la capitale depuis trois ans, « conduira à l’hébergement temporaire des personnes concernées (…) puis à l’examen de la situation administrative de ces personnes », a déclaré le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, dans un communiqué.
Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), organisme chargé de l’intégration des migrants pendant les cinq premières années de leur présence en France, revient sur cette opération et ses suites.

        Lire :
         

          Evacuation du camp de migrants du Millénaire : « Je fais une bêtise en montant dans le bus ? »



Quel bilan tirez-vous du démantèlement du camp du Millénaire ?
Ce qui apparaît, c’est que la constitution des campements ne s’explique pas par la présence majoritaire de primo-arrivants, alors que tous les débats sur les campements portent là-dessus. C’est ce qu’atteste la présence importante dans les gymnases de personnes qui ont déjà le statut de réfugié ou qui sont déjà enregistrés comme demandeur d’asile.
Les moyens que des réfugiés – qui ont le même statut juridique que vous et moi – mettent en œuvre pour accéder à un hébergement sont donc de s’installer sur le trottoir pour être pris en charge. On voit apparaître un phénomène de précarisation des réfugiés qui peut aussi résulter de l’accélération des procédures.
La deuxième chose, mais c’est vrai pour des réfugiés comme pour des demandeurs d’asile, c’est qu’on a des personnes qui avaient déjà été prises en charge dans des structures d’hébergement qui les ont volontairement quittées. Manifestement, il y a l’attrait de Paris et de l’Ile-de-France et le sentiment qu’il vaut mieux être dans la grande ville, qu’être hébergé en région. C’est un phénomène qu’on avait déjà vu à Calais.
Enfin, ce qu’a révélé le faible nombre de personnes prises en charge par rapport à ce qui était estimé – 1 016 personnes ont été évacuées alors que de précédentes estimations faisaient état de 1 600 à 2 000 migrants présents sur le campement du Millénaire –, c’est qu’un certain nombre de personnes sont parties, soit parce qu’elles ont des enregistrements d’empreintes en Italie, soit parce qu’elles ont déjà été déboutées de leur demande d’asile dans un pays.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Il y a un processus qui relève directement de l’OFII : les personnes déjà en demande d’asile vont être réorientées soit là où elles étaient hébergées, soit vers de nouveaux hébergements ; celles qui ne sont pas encore enregistrées vont être accompagnées vers le lieu d’enregistrement de la demande d’asile, et après, orientées vers des hébergements du dispositif national d’accueil.
Là où l’OFII n’est pas compétent, c’est sur la question des réfugiés statutaires : il y a certes des centres provisoires d’hébergement qui existent, mais ils sont de courte durée, on y met les personnes en situation vulnérable, les familles, etc., mais sur la longue durée, on sent bien que le problème est l’articulation entre autonomie financière et logement.
Considérant qu’il manque près de 500 personnes, il est possible de voir d’autres campements se réinstaller ?
Ce jeu du chat et de la souris n’est pas nouveau. Puisqu’on avait déjà une difficulté à prendre en charge, dans le cadre des maraudes, une partie de ceux qui dorment sur le trottoir et qui refusaient de rejoindre les centres d’accueil mis en place par le préfet de région après la fermeture du centre de premier accueil de la porte de la Chapelle. Et là aussi, c’est un phénomène qu’on avait constaté au début du démantèlement de Calais, un refus de monter dans le bus pour l’orientation vers l’hébergement. C’est la difficulté de prendre en charge des gens qui sont pourtant dans une situation de détresse, mais qui ne veulent pas quitter certaines zones.

   


Le système d’accueil est-il perfectible ?
Oui, mais il ne faut pas se tromper sur la nature du problème qui est, aujourd’hui, plus en aval qu’en amont de l’enregistrement de la demande d’asile. En amont, c’est la capacité à accéder au guichet unique de demande d’asile, et ça, on est en train de le régler. Les délais sont considérablement réduits, et grâce à la plate-forme téléphonique mise en place par l’OFII en douze langues, on est à quatre jours pour l’accès au GUDA.
L’enjeu est plus la question de l’intégration de ceux qui ont déjà le statut de réfugiés : comment on les prend en charge, alors que théoriquement, sur le plan juridique, ils rentrent dans le droit commun ? Et, pour les demandeurs d’asile, comment on les stabilise dans les lieux d’accueil, dès lors qu’ils ne correspondent pas à ce qu’ils souhaitent, pour telle ou telle raison ?
La sanction, c’est normalement qu’on leur coupe l’allocation pour demandeurs d’asile, quand ils quittent les centres d’accueil, mais on voit là qu’il y a quelque chose à penser : peut-être au renforcement des mécanismes de prise en charge dans les structures d’accueil, pour éviter ce phénomène de départ.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Les résultats les plus marquants de la journée, qualificatifs pour le deuxième ou le troisième tour de Roland-Garros.
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Roland-Garros : les résultats les plus marquants du 30 mai

Les résultats les plus marquants de la journée, qualificatifs pour le deuxième ou le troisième tour de Roland-Garros.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 15h39
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 19h17
   





                        


Les résultats les plus marquants de la journée, qualificatifs pour le deuxième ou troisième tour de Roland-Garros.
Julien Benneteau, vétéran qui avance

La victoire et l'émotion pour @julienbenneteau !! Le Français s'est imposé en 4 sets face à Mayer (2/6 7/6 [4] 6/2… https://t.co/7CwjzmPrId— francetvsport (@France tv sport)


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Le Français, 36 ans, a dominé l’Argentin Leonardo Mayer en quatre sets (2-6, 7-6 (7/4), 6-2, 6-3) et deux jours. La coupure semble lui avoir fait du bien puisqu’il était mené 6-2, 4-3 avant que la pluie et la nuit ne tombent presque en même temps. La suite, pour Benneteau, s’appelle Juan Martin Del Potro.
Jérémy Chardy, tennis costaud

C'EST LA DÉLIVRANCE POUR JÉRÉMY CHARDY ! Le tricolore l'emporte au bout du suspense face à Tomas Berdych en 5 sets… https://t.co/Eu2iuho6PR— francetvsport (@France tv sport)


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Jérémy Chardy s’est qualifié, même s’il a fallu deux jours et cinq sets pour qu’il laisse de côté le Tchèque Tomas Berdych (7-6 (7/5), 7-6 (10/8), 1-6, 5-7, 6-2). Le 86e mondial affrontera son compatriote Pierre-Hugues Herbert (87e) pour une place au troisième tour.
Gilles Simon renverse le numéro 15 mondial

Gros match de Gilles Simon ! Mal embarqué le Français s'en sort en 4 sets face à l'Américain Sam Querrey (15e mondi… https://t.co/7wTdJU74H0— francetvsport (@France tv sport)


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Le Français s’est servi du soutien du public parisien pour l’emporter face à l’Américain Sam Querrey (1-6, 7-6 [3], 6-4, 6-1). Après une entame de rencontre difficile, Simon, 65e mondial, a renversé la tendance et se hisse au troisième tour du tournoi du Grand Chelem. Il y rencontrera le tombeur de Benoît Paire, Kei Niskihori.
Benoît Paire, cinquième set fatal

Benoît Paire n'était pas loin mais Nishikori a été le plus fort !! Le Japonais a dû batailler pour battre le França… https://t.co/CRB2fiNsQv— francetvsport (@France tv sport)


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Il n’est pas passé loin d’un succès pour le premier match de sa vie sur le court central de Roland-Garros. Auteur d’une rencontre inégale, Benoît Paire s’incline dans le cinquième set face au Japonais Kei Nishikori, plus juste et qui a commis moins de fautes que le Français (6-3, 2-6, 4-6, 6-2, 6-3).
Trungelliti, on the road again
L’Argentin, 190e mondial, avait été repêché à la dernière minute après le forfait de Nick Kyrgios. Son arrivée de Barcelone au terme d’un voyage express de 1 000 kilomètres, avec une victoire au premier tour à la clé, lui a valu une petite notoriété. Son aventure s’est arrêtée en moins de deux heures face à Marco Cecchinato (6-1, 7-6 (1), 6-1).

        Lire aussi :
         

                De Barcelone à Roland-Garros, la folle épopée de Marco Trungelliti



Simona Halep s’est fait peur

#RG18 Réveil brutal de la n°1 mondial ! 
— francetvsport (@France tv sport)


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Dans le dernier match du premier tour, la numéro 1 au classement mondial s’est fait une grosse peur en perdant le premier set face à Alison Riske. Elle a oublié ses 16 fautes directes de la première manche, s’est reprise, et a finalement balayé sa rivale.
Petra Kvitová à son niveau

Kvitova ne veut pas traîner !! La Tchèque remporte le premier set en 25 petites minutes face à Arruabarrena (6/0) !… https://t.co/MLg1RrxNwj— francetvsport (@France tv sport)


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La tête de série no 8 et double championne à Wimbledon a eu un deuxième tour facile : en deux sets (6-0, 6-4) sur le court no 1 face à l’Espagnole Lara Arruabarrena.
Elina Svitolina en forme
L’Ukrainienne fait partie des favorites du tournoi et l’a prouvé en battant la Slovaque Viktoria Kuzmova (6-3, 6-4). Lauréate du tournoi de Rome, elle n’a eu besoin que de quatre-vingts minutes pour obtenir sa qualification.
Novak Djokovic, pas encore à fond

Malgré une victoire solide face à Jaume Munar, le Serbe Novak Djokovic ne s'est pas montré satisfait de son jeu… https://t.co/Kk0pNqeP4N— francetvsport (@France tv sport)


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Le Serbe récupère encore de son opération du coude droit en début d’année, et ça se voit. Même s’il a remporté son match face à l’Espagnol Jaume Munar en trois sets (7-6 (7/1), 6-4, 6-4), lui-même a reconnu qu’il était loin des 100 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko était une mise en scène ; 300 millions d’euros supplémentaires en 2019 pour les Ehpad ; le vote du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation… Le point sur l’actualité du 30 mai.
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Babtchenko vivant, des aides pour les Ehpad, la loi agriculture votée… Le résumé de l’actualité à 19 heures

La mort du journaliste russe Arkadi Babtchenko était une mise en scène ; 300 millions d’euros supplémentaires en 2019 pour les Ehpad ; le vote du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation… Le point sur l’actualité du 30 mai.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 19h21
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 19h33
   





                        



   


Annoncé mort, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est bien vivant
Coup de théâtre à Kiev. Alors que sa mort avait été annoncée mardi dans la soirée, le journaliste russe Arkadi Babtchenko est réapparu bien vivant, mercredi 30 mai, lors d’une conférence de presse dans la capitale ukrainienne, là même où il était censé avoir été tué de trois balles dans le dos.
Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU) a déclaré que l’agence avait falsifié sa mort pour arrêter ceux qui tentaient de le tuer : « Grâce à cette opération, nous avons réussi à déjouer une provocation cynique et à documenter les préparatifs de ce crime par les services spéciaux russes. » 
Le tueur, appréhendé, est un ressortissant ukrainien, ancien soldat ayant combattu dans le Donbass, qui aurait été recruté par l’un de ses amis contre la somme de 40 000 dollars. Quant au commanditaire, également citoyen ukrainien et ancien combattant, il a été arrêté mercredi à Kiev.
Dans le reste de l’actualité
Santé. La ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn a présenté près de 300 millions d’euros de dépenses annuelles nouvelles en faveur de l’amélioration des soins pour les personnes âgées.
Politique. L’Assemblée nationale a adopté en première lecture par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation, qui enterre plusieurs promesses d’Emmanuel Macron.
Italie. A Naples, sur les terres du parti de Luigi di Maio, l’échec de Giuseppe Conte à former un gouvernement faute d’accord avec le chef de l’Etat provoque la colère contre Rome des militants du Mouvement 5 étoiles.
Les chiffres du jour
2-6, 7-6 (7-4), 6-2, 6-3
C’est le résultat du match du tennisman français Julien Benneteau, qui s’est offert, face à l’Argentin Leonardo Mayer, la possibilité de poursuivre encore un peu son dernier Roland-Garros.
Ce qu’il ne fallait pas manquer
Au Havre, une falaise n’arrête pas de cracher ses déchets. Trois à quatre fois par mois, les membres de l’association Aquacaux nettoient les abords de la falaise de Dollemard, un quartier du nord de la cité portuaire normande, où se sont accumulés des tonnes de gravas et de détritus. Sous la pression des associations, rapporte Le Monde, l’Etat et les collectivités cherchent une solution pour faire disparaître cette ancienne décharge à ciel ouvert, fermée en 2000.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Normes d’accessibilité, réforme du secteur HLM, bail mobilité, rôle des élus, loi SRU… Les discussions qui débutent mercredi à l’Assemblée promettent d’être vives.
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Flou et controverses autour du projet de loi logement

Normes d’accessibilité, réforme du secteur HLM, bail mobilité, rôle des élus, loi SRU… Les discussions qui débutent mercredi à l’Assemblée promettent d’être vives.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h27
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Le calendrier est serré pour les députés qui examinent le projet de loi évolution du logement de l’aménagement et du numérique, à partir de mercredi 30 mai. Six jours sont prévus, d’ici le 6 juin – le week-end pourrait bien s’y ajouter –, pour l’examen de 66 articles et 3 160 amendements. Objectif : une présentation du texte au Sénat début juillet et une adoption définitive avant l’été, plus sûrement en septembre, ce qui explique que la « procédure accélérée », qui ne prévoit qu’une lecture par les députés et par les sénateurs, ait été déclarée par le gouvernement.
La discussion risque d’être nourrie tant les thèmes abordés sont sensibles et complexes, soulevant de nombreuses oppositions. Parmi les sujets polémiques, une brèche est par exemple ouverte dans la loi littoral, permettant la construction dans des zones jusqu’ici protégées, proches du rivage, ce qui fait réagir les défenseurs de l’environnement. Les associations de personnes handicapées sont, elles, furieuses de la réduction des normes d’accessibilité, qui ne sont plus exigibles que dans 10 % des logements neufs contre 100 % auparavant, les 90 % restant devant, dès lors, être « évolutifs » et censés pouvoir être rendus accessibles à l’issue de « travaux simples ». Des notions floues dénoncées par le défenseur des droits, Jacques Toubon, dans un avis du 13 mai.
Des députés avec, en tête, Aurore Bergé (La République en marche), et ses alliés des Républicains, dont Thibault Bazin, entendent bien, contre l’avis du gouvernement, revenir à la charge contre la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains et son quota de 25 % de logements sociaux dans plus d’un millier de communes, d’ici à 2025.
« Nous ouvrirons le débat au Sénat pour assouplir les règles et, surtout, desserrer ce calendrier intenable sans tomber dans la caricature “anti-logement social” », promet Dominique Estrosi Sassone, sénatrice (LR, parti majoritaire au Sénat) et secrétaire générale de la Fédération...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ EA Sports, qui s’appuie sur une base de données très fine, avait misé juste pour les deux éditions précédentes.
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Selon les développeurs de « FIFA 18 », la France va remporter la Coupe du monde de football

EA Sports, qui s’appuie sur une base de données très fine, avait misé juste pour les deux éditions précédentes.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 10h16
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 11h05
   





                        



   


La version numérique de Paul le poulpe a parlé : selon EA Sports, le studio en charge de la simulation de football FIFA 18, la France va remporter la Coupe du monde 2018 en Russie en battant l’Allemagne aux tirs au but en finale, relatent-ils dans un post de blog mis en ligne lundi 28 mai.
Sur sa route, la France écartera l’Argentine en huitièmes de finale (1-0), l’Uruguay en quarts de finale (2-0) puis la Belgique, tombeur du Brésil, en demi-finale (2-1). De son côté, l’Allemagne éliminera le Costa Rica (2-0), la Colombie (2-0), puis l’Espagne (3-1). Parmi les autres enseignements majeurs de ce pronostic, le Portugal et la Russie se feront éliminer en huitièmes de finale, comme l’Angleterre, aux tirs aux buts.
Pour arriver à cette conclusion, les développeurs de FIFA 18 ont simulé le tournoi dans le jeu en utilisant la mise à jour spéciale Coupe du monde lancée mardi. Il s’agit accessoirement d’un coup de communication pour faire parler de cette dernière.
Des pronostics justes par le passé
Par le passé, les prédictions des simulations sportives d’EA Sports se sont montrés plutôt fiables. Le studio canadien avait déjà misé, avec succès, sur une victoire allemande à la Coupe du monde 2014 mais contre le Brésil en finale, et non l’Argentine. En 2010, elle avait également vu juste en voyant l’Espagne l’emporter (cette fois encore contre le Brésil, au lieu des Pays-Bas dans la réalité).
Comme le rappelle le site Engadget, la simulation de football américain Madden NFL a par ailleurs prévu le vainqueur du Super Bowl neuf fois sur les treize dernières éditions.
Comme la plupart des simulations sportives, FIFA 18 s’appuie sur une volumineuse base de données recensant tous les joueurs et leurs caractéristiques. Composée par les développeurs avec le soutien de milliers de bénévoles chargés d’observer les performances de chaque club, dans chaque division, elle permet en théorie de modéliser au plus près les forces en présence dans le football. EA ne communique pas sur les algorithmes ni la méthode utilisée pour calculer les résultats.
Cette simulation peut par ailleurs aussi être faussée par des détails : dans la mise à jour de FIFA 18, André Gignac (non sélectionné), Dimitri Payet (blessé) et même Adrien Rabiot (en conflit avec la Fédération française) font partie des 23 de Didier Deschamps dans le jeu. L’histoire ne dit pas si cela a avantagé ou désavantagé l’équipe de France virtuelle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Auditionné au Sénat, le ministre de l’intérieur a affirmé que « les migrants font du “benchmarking” » et comparent les différentes législations européennes avant de faire leur demande d’asile.
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<article-nb="2018/05/30/20-10">
<filnamedate="20180530"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180530"><AAMMJJHH="2018053020">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Si la méthode du président en diplomatie n’est pas contestable, l’accord trouvé pour la tenue d’élections en Libye en est une illustration, sa défense de son action peut, elle, se discuter.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Macron diplomate, la méthode et le discours

Editorial. Si la méthode du président en diplomatie n’est pas contestable, l’accord trouvé pour la tenue d’élections en Libye en est une illustration, sa défense de son action peut, elle, se discuter.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 14h54
   





                        


Editorial du « Monde ». En diplomatie, les succès comme les échecs sont difficiles à décréter. Il y a des étapes, positives ou négatives, le résultat final est souvent long à se dessiner, quand il n’est pas porteur d’effets pervers inattendus. Les choses se jugent donc à l’instant T, avec toutes les précautions d’usage et la nécessaire modestie qu’implique l’exercice.
A cette aune, la conférence internationale sur la Libye, qui s’est tenue mardi 29 mai à l’Elysée, est un succès. Pas forcément « historique » comme l’a qualifiée avec un peu d’emphase l’envoyé spécial des Nations unies, le Libanais Ghassan Salamé, mais inédite assurément, et bienvenue dans un pays encore largement fracturé près de sept ans après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.
Les principaux protagonistes du puzzle libyen, les chefs des deux exécutifs et des deux Parlements concurrents, ont souscrit – sans la signer – à la déclaration en huit points stipulant l’organisation d’élections générales le 10 décembre. Ils se sont également engagés à « accepter les résultats des élections » et à « mettre fin progressivement à l’existence du gouvernement et des institutions parallèles », y compris la Banque centrale et les forces armées.

        Lire aussi :
         

                Libye : un accord sur des élections législatives et présidentielle le 10 décembre



Les réserves sont nombreuses, à commencer par la représentativité relative des participants à la conférence et surtout l’absence d’une Constitution définissant les pouvoirs des futurs élus. Les engagements pris mardi à Paris seront-ils tenus ? Emmanuel Macron ne peut être comptable de la suite : c’est aux Libyens de l’écrire. M. Salamé a salué avec un peu d’ironie « le volontarisme, voire l’entêtement », du président français. On sait que l’Italie prend ombrage de l’activisme français sur un dossier qu’elle considère comme sien, mais le chaos libyen, favorable au djihadisme et à tous les trafics (d’armes comme de migrants), est l’une des principales menaces pesant sur l’Europe. M. Macron a eu raison de forcer l’agenda.
Double gaffe
Si la méthode Macron en diplomatie – un mélange d’opportunisme pragmatique, de volontarisme et d’empathie affichée – n’est pas contestable, le discours, lui, peut se discuter. Dans cet exercice délicat, les paroles comptent autant que les actes. Or, le président français a commis, dans l’entretien qu’il a accordé vendredi 25 mai à BFM-TV, un impair fâcheux. Soucieux de défendre le bilan de son action, jugé parfois maigre par les observateurs, il a cité le dénouement de l’affaire Hariri. « Si la France n’avait pas été là, il y aurait peut-être aujourd’hui la guerre au Liban », a-t-il déclaré, avant de rappeler que sa médiation avait permis de laisser rentrer au pays le premier ministre libanais, « retenu depuis plusieurs semaines » à Riyad.
Double gaffe ! Car ce propos lui a valu les commentaires acides de Libanais, qui lui ont rappelé que le pays du Cèdre n’est plus un protectorat français. Et, en même temps, un communiqué courroucé de l’Arabie saoudite, qui tient à sa version officielle selon laquelle Saad Hariri était libre de ses mouvements lors de son séjour et de sa démission surprise, en novembre 2017 à Riyad. En diplomatie, le silence et la modestie – même feinte – sont d’or.
Personne ne conteste à M. Macron la prérogative de représenter son pays ni de conduire sa diplomatie. En revanche, sa tentation d’être le seul commentateur – flatteur – de sa propre action est aussi contre-productive que malvenue. Sauf à tomber dans ce qu’il décrit lui-même comme « la diplomatie des états d’âme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Couplé au renforcement des moyens de la police, de la gendarmerie et de la DGSI, ce dispositif permettrait un « suivi effectif de ces personnes », selon le premier ministre Edouard Philippe.
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Un « dispositif d’accompagnement » mis en place pour les mineurs radicalisés à leur sortie de prison

Couplé au renforcement des moyens de la police, de la gendarmerie et de la DGSI, ce dispositif permettrait un « suivi effectif de ces personnes », selon le premier ministre Edouard Philippe.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 19h00
   





                        



   


L’objectif est de faire face à « une menace durable, endogène, diffuse et élevée ». Edouard Philippe a indiqué, mercredi 30 mai, qu’un « dispositif spécifique d’accompagnement des mineurs » radicalisés avait été mis en place pour les surveiller après leur sortie de prison.
Le premier ministre a fait cette annonce lors des questions au gouvernement après avoir été interrogé par Jean-Christophe Lagarde (UDI) sur les moyens mis en place pour surveiller les détenus radicalisés en prison et qui viennent de sortir.

        Lire aussi :
         

                Prison : la délicate question de la prise en charge des détenus radicalisés



« Un risque majeur »
Couplé au renforcement des moyens de la police, de la gendarmerie et de la DGSI, ce dispositif permettrait un « suivi effectif de ces personnes », selon le chef du gouvernement. « C’est un suivi (…) sans naïveté, respectueux de la loi bien entendu, mais sans naïveté », a-t-il tenu à préciser.
Selon le procureur de Paris François Molins, une vingtaine de détenus radicalisés vont être libérés en 2018 et aussi en 2019, après avoir purgé leur peine : un nombre que le premier ministre a confirmé mercredi.
M. Molins s’était lui-même inquiété, lors d’une interview lundi sur BFM-TV, du « risque majeur » que ces détenus représentaient. Actuellement, plus de 1 200 personnes écrouées pour des faits de droit commun sont radicalisées tandis que plus de 500 sont en prison pour terrorisme.

        Lire aussi :
         

                Les détenus radicalisés sortant de prison sont « un risque majeur », selon François Molins






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’ancien premier ministre était invité par l’institut Georges-Pompidou à s’exprimer sur « le pouvoir face aux événements de Mai 68 ».
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Au Cercle Interallié, Edouard Balladur discourt sur la « révolte anarchique » de Mai 68

L’ancien premier ministre était invité par l’institut Georges-Pompidou à s’exprimer sur « le pouvoir face aux événements de Mai 68 ».



Le Monde
 |    30.05.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 10h29
    |

            Olivier Faye








                        


Le carton d’invitation le précisait pourtant : « tenue de ville » exigée. On ne met pas un pied au Cercle Interallié, à trois pas du palais de l’Elysée, dans le 8e arrondissement de Paris, sans veste ni cravate. Les huissiers en distribuent à l’entrée aux étourdis et autres récalcitrants. Même l’expérimenté journaliste Jean-Pierre Elkabbach s’est fait rattraper par le col de la doudoune. L’affaire discutée à l’intérieur, mardi 29 mai, est sérieuse : « Le pouvoir face aux événements de Mai 68 ». Parler de désordre suppose un minimum de tenue.
C’est l’institut Georges-Pompidou qui organise l’événement. Il a placé au centre de la scène l’ancien premier ministre Edouard Balladur, 89 ans, qui, à l’époque des « événements », était conseiller social à Matignon pour le compte de son lointain prédécesseur auvergnat. A sa droite, l’historien Jean-François Sirinelli « avoue une perplexité » à propos des commentaires égrainés ces dernières semaines pour évoquer les 50 ans de la dernière grande poussée de fièvre française. « Les témoignages sont moins à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre. Il est bon que ce type de rencontres viennent rattraper la désinvolture » de certains, Daniel Cohn-Bendit en tête.
« Fragilité des élites »
Edouard Balladur se montre, lui, tout en rectitude. « Mai 68, c’est une révolte anarchique, tout simplement. Une révolte étudiante avec un habillage intellectuel et pseudo-philosophique (…) fertile en critiques et pas en propositions. Mai 68 a été plus accélérateur que créateur. » Certes, « il n’y avait pas de chômage, la société était plus cohérente, les doutes sur l’identité de la nation étaient moins grands » qu’aujourd’hui. Mais « la crise de l’église existait déjà, les mœurs avaient évolué », et ce mois de mai 1968 a révélé la « fragilité des élites », y compris de « certains évêques [qui] ne se sont pas honorés par leurs déclarations ».
Dans ce paysage, le couple de Gaulle-Pompidou a connu de fortes turbulences en son sein. « Le Général disait : une révolte, ça se mate au début. Pompidou disait : l’opinion peut nous tenir rigueur d’avoir des mesures trop dures », résume Balladur. Les vexations, doutes et moments de vertige se multiplient, mais « un régime encore jeune a réussi à rester en place sans réprimer », se félicite l’invité de marque de la soirée. Qui se demande tout de même, en conclusion, s’il est encore possible de « transformer de façon positive cette épreuve : jusqu’à présent, ça n’a pas forcément été démontré ». Applaudissements de la salle. Un rideau s’ouvre derrière l’estrade : le champagne est servi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’Assemblée nationale a adopté mercredi par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture.
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La loi agriculture et alimentation enterre plusieurs promesses de Macron

L’Assemblée nationale a adopté mercredi par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h18
    |

            Rémi Barroux et 
Manon Rescan








                        



                                


                            
Certains y verront des avancées sur les questions environnementales. D’autres ne retiendront de la loi agriculture et alimentation qu’une série de renoncements quant aux objectifs annoncés lors des états généraux de l’alimentation et à certains engagements d’Emmanuel Macron.
Sans surprise, après huit jours de débats souvent animés, l’Assemblée nationale a adopté, mercredi 30 mai, par 339 voix contre 84, avec 130 abstentions, le projet de loi agriculture et alimentation en première lecture. Mais, avant même la fin de l’examen du texte, celui-ci nourrissait déjà la déception, voire la colère des organisations environnementales et des écologistes notamment.
Emmanuel Macron « a très clairement tranché entre notre santé, l’environnement et le pire de l’agriculture », estimait ainsi le député écologiste européen Yannick Jadot, sur LCP. L’ONG Générations futures, spécialisée sur les questions de santé environnementale, juge, elle, que, « une nouvelle fois, les intérêts financiers ont primé sur la santé de nos populations ».
La déception est à la hauteur des espérances qu’avaient fait naître les propos du chef de l’Etat, quand il avait annoncé l’interdiction du glyphosate d’ici à 2021 ou qu’il avait déclaré, lors des Etats généraux de l’alimentation, à Rungis, le 12 octobre 2017 : « Le rejet des produits chimiques, la préférence pour l’alimentation naturelle sont des lames de fond sociales », évoquant « l’angoisse des consommateurs, la préoccupation légitime des concitoyens, mais aussi de l’ensemble du monde agricole ».
« Bronca »
Mesure emblématique, l’interdiction du glyphosate d’ici à trois ans ne figure pas dans la future loi, malgré la tentative de députés, dont certains de La République en marche (LRM), de l’y inscrire. Elle reste néanmoins un engagement gouvernemental, conditionné à la recherche sur les alternatives à cet herbicide. Cette « trahison », selon Générations futures, a été vivement...




                        

                        


<article-nb="2018/05/30/20-14">
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Cet astérisme est visible au nord-est après le coucher du Soleil. Son astre principal, Véga, est l’étoile la plus brillante du ciel d’été.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’organisation n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.
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Les Etats-Unis bloquent de nouveau la diffusion du communiqué final de la réunion annuelle de l’OCDE

L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’organisation n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 18h54
   





                        



   


« Il n’y a plus de communiqué commun. » Les Etats-Unis ont bloqué, mercredi 30 mai, la diffusion du communiqué final de la réunion annuelle de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, a fait savoir l’Elysée. Le texte devait condamner le protectionnisme et rappeler les enjeux du changement climatique.
La réunion a mis en évidence le dialogue de sourds entre les Etats-Unis et leurs partenaires sur le principe même du multilatéralisme – thème de la rencontre. Si le président français, Emmanuel Macron, a plaidé avec ferveur pour un « multilatéralisme fort », le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, a, lui, critiqué les « palabres infinies » à plusieurs pays, affirmant préférer « les actions bilatérales ».

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                OCDE : la défense du multilatéralisme à l’épreuve



Cette rencontre s’est tenue alors que les Etats-Unis menacent d’imposer, vendredi, des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium importé, touchant leurs alliés, tous membres de l’OCDE.
L’année dernière déjà, les 34 pays membres de l’OCDE n’étaient pas parvenus à se mettre d’accord sur un communiqué commun et avaient diffusé deux textes différents, l’un signé par les Etats-Unis et l’autre par les 33 autres pays membres.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le 28 mai, lors de la réunion annuelle d’Ali Khamenei avec des étudiants iraniens, Sahar Mehrabi n’a pas hésité à dénoncer la situation économique, politique et sociale du pays.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le réalisateur Samuel Collardey retrace le parcours d’un instituteur danois parti prendre son premier poste dans un village perdu du Groenland.
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« Une année polaire » : un récit d’acclimatation en milieu inuit

Le réalisateur Samuel Collardey retrace le parcours d’un instituteur danois parti prendre son premier poste dans un village perdu du Groenland.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 20h15
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
En seulement quatre longs-métrages, le réalisateur Samuel Collardey, chef opérateur de formation, a creusé un sillon personnel au sein du cinéma français, celui d’un amalgame sensible et souvent convaincant entre fiction et documentaire. Ses films, bien loin de céder à la convention du « pris sur le vif », s’enracinent dans une réalité précise (les stages des lycéens agricoles dans L’Apprenti, le quotidien d’un marin pêcheur dans Tempête) dont l’observation au long cours nourrit le travail d’écriture, donnant ensuite lieu à des tournages in situ, avec des acteurs non professionnels amenés à rejouer devant la caméra tout ou partie de leur propre expérience.
Une année polaire, s’extrayant du contexte français, retrace le périple d’Anders, un jeune instituteur danois sans expérience, parti prendre son premier poste à Tiniteqilaaq, minuscule village inuit perdu au fin fond du Groenland. Sur place, il est confronté à une classe d’enfants agités et, plus généralement, à la méfiance des habitants, formant une communauté isolée. Pas à pas, Anders s’initie au mode de vie local et découvre un monde rattrapé par la modernité (le réchauffement climatique grignotant la banquise, l’exil des jeunes partant faire leurs études ailleurs). L’instituteur se lie plus particulièrement avec l’un de ses élèves en difficulté, Asser, 11 ans, qui rêve de devenir chasseur comme son grand-père.
Perspective coloniale
Le film inscrit d’emblée la démarche d’Anders, désireux d’échapper à un destin tout tracé (son père attendait de lui qu’il reprenne la ferme familiale), dans une perspective coloniale. En effet, le récit s’ouvre sur son entretien d’embauche, pendant lequel la recruteuse lui présente le poste comme une mission civilisatrice, consistant à inculquer le danois à des populations reculées. Au village, l’instituteur se retrouve bien malgré lui dans une position de domination, qu’il lui faudra inverser pour véritablement s’intégrer : ce n’est qu’en apprenant lui-même la langue de ses hôtes, le groenlandais, qu’il parviendra à se faire accepter. L’instituteur se fait dans le même temps élève, pour créer les conditions d’un échange bilatéral.
Pour le reste, le film s’en remet au déroulement balisé du récit d’acclimatation, avec ses cycles initiatiques voués à rapprocher le métropolitain des indigènes et le professeur de ses élèves – non sans évoquer quelques problèmes, comme l’alcoolisme endémique des Inuits, qui explique pourquoi les enfants sont souvent élevés par leurs grands-parents. Mais pourquoi convoquer une réalité territoriale si complexe, si c’est pour la plier aux exigences d’un scénario aussi bouclé et résolutif ? Le substrat documentaire apparaît trop « encadré » par l’écriture fictionnelle, qui cède parfois à la tentation du pittoresque (les paysages glaciaires balayés du haut d’un drone, l’édulcoration de certaines situations).
Le film redevient passionnant dès qu’il s’adonne à sa veine anthropologique
Le film redevient passionnant dès qu’il s’adonne à sa veine anthropologique, plongeant dans le quotidien des Inuits, s’arrêtant sur leurs visages et leurs gestes, détaillant leurs pratiques, comme la pêche au phoque, les courses en traîneau, la fabrication d’un harnais, la procession d’un enterrement. Le temps libre, dispensé d’enjeux dramatiques, occasionne aussi quelques scènes fascinantes, car essentiellement descriptives, comme cette belle partie de cartes qu’Anders joue avec des villageois. Alors, Une année polaire semble donner lointainement suite à Nanouk l’Esquimau (1922), le chef-d’œuvre de Robert Flaherty, comme pour mesurer le quasi-siècle qui sépare les Inuits d’hier de ceux d’aujourd’hui.

Film français de Samuel Collardey. Avec Anders Hvidegaard, Asser Boassen, Thomasine Jonathansen, Gert Jonathansen, Julius B. Nielsen, Tobias Ignatiussen (1 h 34). Sur le Web : www.advitamdistribution.com/films/une-annee-polaire



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Dans la procédure elle-même, il manque un respect fondamental de la liberté et du potentiel de chacun, déplore la sociologue Cécile Van de Velde dans une tribune au « Monde ».
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« Parcoursup laisse explicitement un “système” administrer, classer, ordonner les rêves d’une génération »

Dans la procédure elle-même, il manque un respect fondamental de la liberté et du potentiel de chacun, déplore la sociologue Cécile Van de Velde dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 17h43
    |

Cécile Van de Velde (Sociologue, EHESS et université de Montréal)







                        



                                


                            

Tribune. Parcoursup pose, de façon limpide, la question de la place relative de l’« être » et du « système » dans notre société. A l’heure où les consciences s’aiguisent contre certaines dérives de la gestion de masse des données personnelles (big data, Facebook, intelligence artificielle…), nous sommes paradoxalement en train d’expérimenter une allocation automatisée des places et des chemins de vie.
La question n’est point ici de trancher le débat sur la sélection universitaire, mais de constater que, dans son opérationnalisation même, Parcoursup pose désormais une question philosophique plus large et fondamentale : celle de ces « petits aménagements », anodins en apparence, destinés à une « gestion optimale » des ressources, mais qui touchent en réalité de façon profonde les fondements mêmes de nos libertés individuelles et de notre démocratie. Cette même démarche pourrait concerner demain l’allocation des soins ou le placement des individus en recherche d’emploi par exemple.

Car de façon concrète, Parcoursup c’est laisser explicitement un « système » administrer, classer, ordonner les rêves d’une génération. C’est laisser symboliquement une organisation centralisée trier les choix et les possibles d’un individu.
Colère des jeunes
Dans la procédure elle-même, dans son autorité et sa technicité, il manque un respect fondamental et affiché de la liberté et du potentiel de chacun, qui se trouve ici au contraire réduit de façon opaque à un passé scolaire et bien souvent à un territoire d’origine.
Ce dispositif ne fera qu’augmenter la colère sourde des jeunes contre un « système » qui leur fait mal, dans un contexte français où cette période post-bac constitue justement un moment charnière de la vie d’une génération : plus qu’ailleurs, elle est considérée comme déterminante et décisive pour tout l’avenir professionnel de l’individu, et génère du stress personnel, familial et social.
Le critère...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Malgré une hausse de sa production rizicole, l’Afrique importe chaque année près de 24 millions de tonnes.
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Compte rendu

L’Afrique dépense 6 milliards d’euros par an pour ses importations de riz

Malgré une hausse de sa production rizicole, l’Afrique importe chaque année près de 24 millions de tonnes.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-30T17:59:39+02:00"

        Le 30.05.2018 à 17h59






    
Une rizière dans le sud de la Côte d’Ivoire, en avril 2015.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


L’Afrique dépense plus de 6 milliards d’euros par an pour ses importations de riz, indispensables pour sa sécurité alimentaire, alors que le continent est doté d’un grand potentiel de production, ont déploré mercredi 30 mai des experts à Abidjan. « Malgré une hausse de la production rizicole, l’Afrique importe chaque année près de 24 millions de tonnes (…) d’un coût de 7 milliards de dollars » (6 milliards d’euros), a annoncé le Sierra-Léonais Harold Roy-Macauley, directeur général d’Africa-Rice, une organisation intergouvernementale regroupant 26 pays d’Afrique de l’Ouest, du centre et de l’Est.
« L’Egypte est le seul pays d’Afrique qui est autosuffisant. La Côte d’Ivoire l’est à 50 %, Madagascar entre 70 et 75 % », a poursuivi M. Roy-Macauley, soulignant que l’Afrique est « dotée d’un grand potentiel de production ». Pour combler le déficit de cette céréale, aliment de base dans de nombreux pays africains, Africa-Rice veut faciliter l’accès au marché et aux crédits bancaires pour les petits exploitants.
« Rendre les paysans hommes d’affaires »
« Il faut rendre les paysans rentables. Ici, les paysans n’ont pas accès aux financements, or il faut que les gens soient indépendants pour travailler avec le secteur privé. Il faut rendre les paysans hommes d’affaires et les rendre crédibles auprès des banques », a plaidé M. Roy-Macauley.
« 70 % des pauvres vivent en zone rurale. Et vu les croissances démographiques attendues d’ici à 2030, la productivité agricole devra doubler. Et elle devra encore doubler entre 2030 et 2050 », a affirmé de son côté Patrick Houben, responsable développement rural et ressources naturelles au sein de la délégation de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire, qui soutient financièrement Africa-Rice depuis des années.

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                La multiplication des catastrophes climatiques met à mal la sécurité alimentaire dans les pays du Sud



« L’agriculture en Afrique subsaharienne demeure un moteur de croissance économique des plus importants, et les objectifs de développement durable concernant la pauvreté et la faim passeront par l’augmentation de la productivité de travail des petits exploitants agricoles », a affirmé M. Houben. Selon lui, « 230 millions d’euros ont été engagés depuis 2017 par l’UE dans des programmes de recherches agricoles dont fait partie Africa-Rice ».
Créé en 1971, Africa-Rice vise à stimuler la filière riz à travers la recherche et la création de nouvelles variétés. Plus de 200 variétés de riz améliorées ont été homologuées ces vingt-cinq dernières années dont la plus connue est le Nerica (le nouveau riz pour l’Afrique). Ce dernier, qui couvre 1,7 million d’hectares, a permis de sortir 8 millions de personnes de la pauvreté dans 16 pays africains, selon Africa-Rice.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le ministre de l’intérieur belge, Jan Jambon, a confirmé que Benjamin Herman avait tué Michael Wilmet dans la nuit de lundi à mardi.
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Liège : l’assaillant avait tué un ancien codétenu quelques heures avant l’attaque

Le ministre de l’intérieur belge, Jan Jambon, a confirmé que Benjamin Herman avait tué Michael Wilmet dans la nuit de lundi à mardi.



Le Monde
 |    30.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
30.05.2018 à 14h14
   





                        



   


Mercredi 30 mai au matin, sur la radio Bel RTL, le ministre de l’intérieur belge, Jan Jambon, a confirmé que Benjamin Herman, l’auteur de l’attaque armée à Liège qui a fait trois morts, était bien le responsable de la mort d’une quatrième personne, un ancien codétenu du nom de Michael Wilmet. La victime avait été retrouvée morte à son domicile de Marche-en-Famenne, mardi matin, par une voisine.
Ce dernier aurait été tué d’un coup à la tête porté au moyen d’un objet contondant. « Quand j’ai passé le pas de la porte, il était dans son fauteuil, le visage méconnaissable, plein de sang. Pour moi, il avait un trou dans la tête. Donc je suis descendue en disant qu’il avait pris une balle et qu’il était trop tard », a témoigné Sabrina Chasseur sur RTL.be.
Michael Wilmet, 31 ans, vivait seul à Marche-en-Famenne et avait été mis sous la surveillance d’un bracelet électronique après avoir été condamné pour trafic de stupéfiant. Sa peine de deux ans s’est achevée en mars 2018.
« Il n’avait plus de perspective dans notre société »
Jan Jambon n’exclut pas que ce premier meurtre ait déclenché les trois qui suivirent quelques heures plus tard à Liège : « Il n’avait plus de perspective dans notre société car il avait commis un meurtre la nuit d’avant », a déclaré le ministre.
Benjamin Herman, Belge de 31 ans, avait été libéré lundi de la prison de Lantin, près de Liège, où il était incarcéré pour des faits de délinquance et de trafic de drogue. L’homme, fiché pour radicalisation, bénéficiait d’un congé pénitentiaire, lequel est octroyé en Belgique en fonction d’une évaluation, par un psychologue et un assistant social, d’un plan de réinsertion précis.

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                Belgique : ce que l’on sait de l’attaque à Liège



Lors d’une conférence de presse, mercredi matin, la magistrate fédérale Wenke Roggen a avancé qu’« il pourrait s’agir d’un attentat terroriste ». Elle a évoqué pour cela trois raisons : le modus operandi, proche de celui prôné par le groupe Etat islamique — s’emparer de couteaux et retourner contre eux les armes des policiers — ; le fait que l’assaillant ait crié « Allah akbar » au moment de l’attaque ; ses contacts avec des personnes radicalisées, « même si ces informations datant de 2016 et 2017 n’ont pas été actualisées récemment ».
L’enquête portant sur des « assassinats à caractère terroriste et tentative d’assassinat à caractère terroriste » se concentre actuellement sur la question de savoir « s’il a agi seul ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Les Hauts-de-Seine ont établi de nouveaux critères d’hébergement, plus restrictifs.
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A l’approche de l’été, des familles bientôt à la rue

Les Hauts-de-Seine ont établi de nouveaux critères d’hébergement, plus restrictifs.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h34
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Pour de nombreuses familles hébergées par le 115, soit le Samusocial, à Paris, et le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) dans tous les autres départements, l’approche de l’été signifie le retour à la rue. L’association Droit au logement voit ainsi, depuis quelques semaines, arriver dans ses permanences des familles à qui l’on a dit, ou parfois écrit, que leur « prise en charge hôtelière ne serait pas renouvelée ».
Mme R. et son enfant âgé de 4 ans ont ainsi été mis à la porte, fin avril, de l’hôtel de Rueil-Malmaison où ils habitaient depuis deux ans : « On m’a expliqué qu’il y avait une réforme et que je ne rentrais plus dans les critères car mon enfant avait plus de 4 ans », raconte-t-elle. Le SIAO des Hauts-de-Seine a, en effet, modifié sa politique d’accueil et signifié à quelque 200 familles la fin brutale, sans solution, de leur hébergement. Désormais ne seront accueillies dans le 92 que les familles avec enfants de moins de 4 ans ou handicapés, les femmes enceintes ou les personnes victimes de violences conjugales.
Un accompagnement menacé
« Le nombre de nuits d’hôtel, dans notre département jusqu’ici plutôt accueillant, a beaucoup progressé ces dernières années, passant de 438 000 nuitées, en 2013, à 1,3 million en 2017, détaille Jean-François Burgos, administrateur du pôle d’associations gestionnaires de la plate-forme. A notre corps défendant, nous devons donc établir de nouveaux critères. » « Tout cela est parfaitement illégal, relève Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). C’est une conséquence de la baisse des crédits d’Etat, de 9 % en 2018, ressentie d’autant plus fort en Ile-de-France que cette région absorbe, à elle seule, 875 millions d’euros, soit la moitié des crédits pour la France entière. »
Ces expulsions ruinent souvent des mois d’accompagnement. La famille Guino avec ses deux enfants, par exemple, venue du Sénégal et hébergée en hôtel, à Paris, depuis dix-huit mois, est dans l’angoisse de la fin de sa prise en charge dès ce mercredi 30 mai, le dernier enfant venant d’avoir 4 ans. Le couple a pourtant un parcours exemplaire, après avoir obtenu ses papiers en 2016, et décroché, pour lui, un CDI dans un restaurant chic du 8e arrondissement qui le fait se lever chaque matin à 5 h 30, et, pour elle, un emploi d’agent d’entretien : « J’ai tapé à toutes les portes et fait toutes les démarches du monde, témoigne la mère, Kadidiatou. Nous sommes en principe prioritaires pour un logement social, mais, sauf miracle, nous serons à la rue à la fin de la semaine », se désole-t-elle.
« C’est kafkaïen »
A Lyon, le collectif Jamais sans toit tambourine aux portes des institutions et n’hésite pas, au fil des fermetures des places temporaires hivernales, à recueillir les familles dans des dizaines d’écoles où elles viennent dormir après la classe. Ici, le critère d’hébergement est de compter, dans la famille, un enfant âgé de moins de un an : « On ne comprend rien à la logique qui consiste à vider puis à remplir à nouveau les centres d’hébergement, à accorder in extremis quelques nuits d’hôtel… C’est kafkaïen », commente Virginie Roussel, bénévole dans ce collectif. « Les familles sont prévenues à la dernière minute, c’est inhumain, juge Raphaël Vulliez, lui aussi bénévole. Et quand les écoles fermeront, le 6 juillet, nous retrouverons toutes ces familles sur le trottoir et dans les parcs. »
A Paris, la situation est plus tendue encore en raison du campement de migrants dit « du Millénaire », dans le 19e arrondissement. « Sur les 5 000 places pérennisées promises, fin mars, par le gouvernement, 1 900 le seront à Paris, soit un effort significatif », souligne Jean-Martin Delorme, chargé de l’hébergement à la préfecture d’Ile-de-France, qui concède qu’une baisse de 9 % des crédits a été annoncée.
La promesse d’Emmanuel Macron, le 28 juillet 2017, de « ne plus avoir des hommes, des femmes dans la rue, dans les bois » s’éloigne encore un peu plus.



                            


                        

                        

