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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le gouvernement a désigné les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles).
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Le Conseil national du numérique reprend du service

Le gouvernement a désigné les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles).



Le Monde
 |    29.05.2018 à 15h05
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Cinq mois après son implosion, le Conseil national du numérique (CNNum) reprend du service. Le gouvernement vient en effet de désigner les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles), qui œuvre à l’inclusion des jeunes filles et des femmes dans le numérique.
Mardi 29 mai, en fin de matinée, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, a réuni les heureux élus pour évoquer avec eux les sujets sur lesquels l’exécutif attend du CNNum qu’il nourrisse sa réflexion. Parmi ceux-ci figurent les nouvelles réglementations du numérique, les questions de la fiscalité appliquée à ce secteur, mais aussi, et prioritairement, la question de la mixité et l’inclusion numérique, dont M. Mahjoubi fait manifestement une priorité, arguant que « le numérique se meurt de ne pas être assez représentatif des femmes ».

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La composition du nouveau collège, qui respecte une stricte parité, et le choix de cette nouvelle présidente, reflètent cette préoccupation. Le casting – auquel le secrétaire d’Etat a pris activement part – rassemble une quinzaine d’entrepreneurs, comme Gaël Duval (JeChange.fr, French Touch Conference), Alexandre Zapolsky (Linagora) ou Loubna Ksibi (Meet My Mama), mais aussi des représentants de grandes entreprises (La Poste, AccorHotels, Crédit du Nord), et des personnalités du monde académique. Leur point commun : « présenter un parcours personnel qui témoigne d’un engagement très fort dans le numérique », explique M. Mahjoubi. Autre élément qui les rassemble : pour la très grande majorité c’est leur première participation au sein du CNNum : seuls quatre des membres de la nouvelle équipe ont œuvré par le passé au sein de cette institution, dont l’entrepreneur Gilles Babinet qui en a été le premier président, en 2011.
Ouverture d’un forum du numérique
« C’est un nouveau départ pour le CNNum », veut croire M. Mahjoubi alors que l’institution avait connu une grave crise en décembre 2017. La polémique, née de la désignation de la militante féministe et antiraciste, Rokhaya Diallo, puis la marche arrière opérée par Mounir Mahjoubi, qui avait demandé la jeune femme de se retirer, avaient conduit à une démission collective au sein du Conseil.

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Le secrétaire d’Etat souhaite que la nouvelle équipe soit plus ouverte aux débats de société que soulève le numérique, en fonctionnant « comme une plate-forme ». Cela passera par l’ouverture d’un forum du numérique, où des personnalités identifiées par les membres du collège pourront apporter leur contribution, de telle sorte que les membres du CNNum, chargés d’animer le forum, pourront voir émerger des sujets qu’il n’avait pas identifiés.
Si Mounir Mahjoubi attend du nouveau Conseil qu’il soit « mobilisé sur les grands changements induits par le numérique », ce dernier aura aussi à faire la démonstration de son indépendance que l’épisode Rokhaya Diallo a fragilisée. Un débat dans lequel Mounir Mahjoubi, qui a lui même présidé l’institution (février 2016-janvier 2017), ne semble pas vouloir entrer : « Le CNNum doit pouvoir se saisir par lui-même de sujets qui lui importent, mais aussi jouer son rôle de conseil auprès du gouvernement. En ce sens, il faut qu’il soit proche et indépendant à la fois. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Cinquante juristes, économistes et chercheurs, signent dans « Le Monde » un appel à subordonner juridiquement, dans la Constitution, la défense de la liberté d’entreprendre et de la propriété privée à la défense de l’intérêt général.
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Bien commun : « Une réforme sage et mesurée de notre Constitution est devenue une urgence »

Cinquante juristes, économistes et chercheurs, signent dans « Le Monde » un appel à subordonner juridiquement, dans la Constitution, la défense de la liberté d’entreprendre et de la propriété privée à la défense de l’intérêt général.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement est à la hauteur des défis du temps lorsqu’il légifère pour lutter contre la fraude fiscale, l’esclavage moderne, les écocides ou l’accaparement des terres. Pourtant, plusieurs lois, poursuivant ces fins, ont en commun d’avoir été censurées par le Conseil constitutionnel.
Ce fut le cas par exemple de la loi imposant aux sociétés holding un « reporting public » pour lutter contre l’évasion fiscale, ou encore de celle visant à garantir la protection et le partage du sol face à la spéculation foncière.
En ce début du XXIe siècle, l’urgence est de donner leur pleine mesure à la justice et à la liberté
Ces censures, parmi d’autres, ont été décidées au nom du droit de propriété et de la liberté d’entreprendre, déduits par le Conseil constitutionnel de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Au XVIIIe siècle, ces principes ouvraient aux nouveaux citoyens la possibilité de s’affranchir de toute forme de despotisme.
Etonnante déformation de ces droits nés pour émanciper le sujet, devenus, par l’interprétation qui leur est donnée, des moyens offerts aux plus puissants de s’opposer au bien commun et à l’exercice de leurs libertés par les plus humbles !
Rien ne justifie de se complaire dans l’impuissance publique. En ce début du XXIe siècle, l’urgence est de donner leur pleine mesure à la justice et à la liberté. Face à la démesure, il appartient à l’Etat de droit de prévenir cette distribution inégale des droits et devoirs, qui met aux prises des populations humaines soucieuses de leur développement et des puissances privées habiles à réclamer et à profiter des limites que le Parlement se voit sommé de fixer à ses propres initiatives.
Réforme constitutionnelle annoncée en 2018
Comment justifier aujourd’hui notre incapacité à légiférer pleinement afin de sanctionner le travail des enfants dans les manufactures du bout du monde, assurer une souveraineté alimentaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Trois jours après avoir secouru un enfant sur le point de tomber du quatrième étage, le Malien de 22 ans a obtenu des papiers, première étape avant une éventuelle naturalisation.
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Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui a sauvé un enfant, a été régularisé

Trois jours après avoir secouru un enfant sur le point de tomber du quatrième étage, le Malien de 22 ans a obtenu des papiers, première étape avant une éventuelle naturalisation.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h50
   





                        



   


Comme le lui avait promis Emmanuel Macron lundi lors d’une rencontre à l’Elysée, Mamoudou Gassama, le jeune Malien de 22 ans qui a sauvé un enfant de 4 ans suspendu dans le vide, a reçu mardi 29 mai à la préfecture de Bobigny le récépissé régularisant sa situation.
Le président de la République lui avait également proposé d’engager les démarches en vue d’une naturalisation. Une proposition appuyée par le ministre de l’intérieur dans un tweet.

À un grand homme, la patrie reconnaissante.
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Le jeune homme que l’on surnomme désormais « Spiderman » pour avoir escaladé les quatre étages de l’immeuble à mains nues devrait recevoir d’ici à un mois une carte de séjour de dix ans avant d’être naturalisé français, d’ici à trois mois environ.
Mamoudou Gassama, arrivé en France en septembre après avoir quitté le Mali en 2013, a également signé mardi un contrat de dix mois pour effectuer un service civique au sein de la brigade des Sapeurs pompiers de Paris, comme il en avait émis le souhait. Il travaillait jusqu’à présent « au noir, dans le bâtiment », selon son frère, et logeait dans un foyer de Montreuil.
L’enfant remis à son père
Après avoir été temporairement confié à une structure d’accueil, l’enfant sauvé a quant à lui été remis à son père, qui sera jugé en septembre pour soustraction à des obligations parentales. Il avait chuté alors qu’il était seul à son domicile, son père étant parti faire les courses et sa mère étant à La Réunion au moment des faits.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le ministre de l’action et des comptes publics a estimé mardi que le système social français doit être revu pour inciter davantage au retour à l’emploi.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

Les aides sociales, des « trappes à inactivité » selon Gérald Darmanin

Le ministre de l’action et des comptes publics a estimé mardi que le système social français doit être revu pour inciter davantage au retour à l’emploi.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h16
   





                        



   


« Il y a trop d’aides sociales en France. » Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé mardi 29 mai sur RTL que la France doit « revoir ce système social », pour une meilleure incitation au retour à l’emploi, « sans jamais diminuer les prestations individuelles des gens », a-t-il précisé.
Interrogé sur les intentions du gouvernement sur ces aides, le ministre a tenu à distinguer deux types de prestations : celles, « légitimes », destinées aux « gens cassés par la vie », comme les allocations pour les handicapés et le minimum vieillesse, qui seront augmentées, et celles attribuées « entre deux périodes d’activité », qui sont des « trappes à inactivité », « pas assez incitatives ».
« Un système qui fonctionne mal »
Gérald Darmanin a cité en exemple la prime d’activité, attribuée aux travailleurs à revenus modestes. « En 2016, quand elle a été créée », son coût était de « 4 milliards d’euros ». « Aujourd’hui, c’est 6. En deux ans, il y a eu 2 milliards de prime d’activité en plus alors qu’on a une croissance économique et des créations d’emplois. Il y a un système qui fonctionne mal ».
Le gouvernement entretient le flou sur ses intentions concernant les aides sociales. Le 20 mai, le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait estimé que, « à partir du moment où nous réussissons à créer des [postes] dans le secteur privé, (…) il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi ». Il avait été en partie démenti quelques jours plus tard par Gérald Darmanin sur RMC et BFM-TV : « Je pense qu’il ne faut pas toucher aux prestations sociales individualisées », puis par la ministre de la santé Agnès Buzyn devant l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’y aurait « pas de remise en cause des aides sociales ». 

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                Darmanin recadre Le Maire, avec la bénédiction de l’Elysée et de Matignon



La réflexion est en tout cas en cours à plusieurs niveaux. Dans une note interne que Le Monde s’est procurée, la direction du budget donne « plusieurs pistes d’économies », proposant notamment de ne plus indexer le niveau des aides à l’évolution des prix ou de conditionner l’obtention de certains minima sociaux à « des démarches actives de recherche » d’un poste.
Le comité d’experts Cap 22 doit également remettre dans les prochaines semaines un rapport sur la réforme de l’Etat listant les pistes d’économie possibles.

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                Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le projet de loi Pénicaud 2 devrait rééquilibrer la ligne après les ordonnances pour « libérer » les entreprises.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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Loi travail : le volet protection fait débat

Le projet de loi Pénicaud 2 devrait rééquilibrer la ligne après les ordonnances pour « libérer » les entreprises.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h48
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Emmanuel Macron en avait fait un des leitmotiv de sa campagne présidentielle : « libérer » les entreprises et « protéger » les actifs. Publiées en septembre 2017, les ordonnances réécrivant le code du travail ont mis en musique le premier volet de cet engagement – en assouplissant les règles applicables aux employeurs. Place, aujourd’hui, à la seconde étape, avec le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » qui doit être examiné, à partir du mardi 29 mai, par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Le texte, porté par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, réforme l’assurance-chômage, l’apprentissage et la formation continue : grâce à ces transformations en profondeur, assure-t-on Rue de Grenelle, des droits et des protections supplémentaires vont être accordés aux salariés et aux autres catégories de travailleurs, ainsi qu’aux chômeurs et aux jeunes qui démarrent dans la vie.
A l’appui de sa démonstration, Mme Pénicaud met en avant les multiples changements introduits par son projet de loi : extension de l’allocation-chômage aux démissionnaires qui ont un « projet professionnel » et aux indépendants, amélioration du sort réservé aux apprentis (avec, entre autres, une aide au permis de conduire et un relèvement de leur rémunération), rénovation du compte personnel de formation (CPF) qui sera désormais exprimé en euros et accessible par le biais d’une application numérique…
« Le CPF devient plus concret »
L’un des buts du gouvernement est de modifier les mentalités, en incitant chaque individu à prendre le contrôle de sa trajectoire dans le monde du travail. Le CPF a été rebâti dans cette optique : « Beaucoup de salariés ne savaient même pas qu’ils avaient droit à ce compte, observe-t-on dans l’entourage de Mme Pénicaud. Ils l’ont découvert grâce à la conversion en euros du CPF : cela a rendu cet outil plus populaire. Il va devenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ A 80 ans, Charles Edelstenne prend les commandes de la holding familiale. Il aura pour mission d’éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.
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Mort de Serge Dassault  : une succession sous surveillance

A 80 ans, Charles Edelstenne prend les commandes de la holding familiale. Il aura pour mission d’éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h23
    |

            Isabelle Chaperon et 
Dominique Gallois








                        



                                


                            

Du premier au dernier jour, la vie de Serge Dassault aura été placée sous le signe des aéronefs. L’industriel français de 93 ans, fils du fondateur du groupe Dassault, est décédé lundi 28 mai alors que s’ouvrait le salon Ebace de Genève consacré à l’aviation d’affaires. C’est là que Charles Edelstenne, son bras droit, a appris sa disparition.
A 80 ans, ce dernier se retrouve de facto aux commandes d’un empire familial présent dans l’aéronautique à travers Dassault Aviation (Rafale, Falcon), l’édition de logiciels (Dassault Systèmes), les médias (Le Figaro), en passant par les vignobles (Château Dassault) et les ventes aux enchères (Artcurial). Sa mission : éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.
Jusqu’au bout, l’ancien sénateur a tenu à travailler. Il a été victime d’une défaillance cardiaque dans son bureau du rond-point des Champs-Elysées. Le 8 mars, il assistait encore à la présentation des résultats annuels de l’avionneur sur la péniche ancrée face au siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). L’âge avançant, il avait toutefois organisé, voilà quatre ans, en juillet 2014, le processus de sa succession.
Le plus Dassault de tous les Dassault
Il avait alors désigné Charles Edelstenne pour le remplacer « automatiquement », et ce « en cas de vacance de la présidence de GIMD [Groupe industriel Marcel Dassault, la holding du groupe] pour quelque motif que ce soit ». Serge Dassault ne s’en cachait pas. Il ne se voyait pas passer la main à l’un de ses quatre enfants. Pas même à Olivier, même si le député de l’Oise en rêvait, d’autant plus que son grand-père Marcel l’aurait bien propulsé à la tête du groupe plutôt que d’y introniser son fils Serge. Exclus aussi Laurent, Thierry ou Marie-Hélène.

Après Marcel et Serge, la succession familiale s’annonce délicate alors que ce groupe a fêté en 2017 son premier siècle d’existence. Et l’homme-clé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le fossé qui semble se creuser sur le terrain entre le président de la République et la jeunesse n’apparaît pas encore dans les sondages.
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Macron et la jeunesse : des tensions mais pas de divorce

Le fossé qui semble se creuser sur le terrain entre le président de la République et la jeunesse n’apparaît pas encore dans les sondages.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 14h49
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            

« J’ai besoin de votre engagement. » Lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre, Emmanuel Macron s’était fendu d’une version raccourcie sur Twitter et Facebook, à destination de « la jeunesse ». Durant deux minutes, le chef de l’Etat avait exhorté les jeunes à prendre leur « part du combat » pour assurer « la cohésion du pays ». « Chaque matin, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la France », avait-il déclaré, non sans paraphraser le président américain Kennedy. « Je compte sur vous », avait conclu le président de la République.

Las ! Six mois plus tard, l’incompréhension entre M. Macron et la jeunesse semble chaque jour gagner du terrain. Dans les universités ou les lycées, dans les manifestations, sur les réseaux sociaux, nombre de jeunes disent aujourd’hui leur mécontentement de la politique du gouvernement, qu’il s’agisse de la baisse des aides personnalisées au logement (APL), de la mise en place de la plate-forme Parcoursup ou du futur Service national universel. Malgré ses discours et la forme de modernité qu’il incarne, le président quadragénaire donne parfois le sentiment de ne plus savoir comment s’adresser aux 18-25 ans. Pis, il ne semble plus à l’abri d’un dérapage qui pourrait enflammer une population par nature éruptive.
Dernier épisode en date : l’occupation du lycée Arago, à Paris. Le 22 mai, une centaine de lycéens ont été arrêtés et placés en garde en vue, pendant deux jours pour certains, pour avoir brièvement investi l’établissement suite à une manifestation. Une réaction jugée disproportionnée par une partie de la classe politique. « Quand vous faites 100 gardes à vue et que vous ciblez des lycéens et notamment des mineurs, vous envoyez un message : faire peur à ceux et celles qui veulent se mobiliser », a dénoncé l’ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste Olivier Besancenot. « L’inquiétude légitime exprimée par les jeunes, leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les sexes signe un nouveau livre qui emprunte aux accents de la presse féminine.
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Marlène Schiappa ou l’art  de la mise en scène de soi

La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les sexes signe un nouveau livre qui emprunte aux accents de la presse féminine.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h09
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


Il y a toujours un risque à mélanger les genres. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, est en train d’en faire l’expérience. Il était étonnant de recevoir l’invitation au lancement de son livre Si souvent éloignée de vous (302 p., 19,50 euros), adressée par son éditeur Stock, dans un courriel envoyé par le secrétariat d’Etat, canal habituellement utilisé pour diffuser communiqués et agenda officiels. L’association anticorruption Anticor fait plus que s’étonner. Elle s’indigne. Et a annoncé lundi 28 mai avoir saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés et le premier ministre. L’article 226-21 du code pénal punit de cinq ans de prison et de 300 000 euros d’amende tout détournement de finalité de fichier, rappelle Jean-Christophe Picard, le président d’Anticor, dans les courriers adressés à ces derniers mis en ligne sur le site de l’association.
Le livre de Marlène Schiappa n’est pourtant « ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé », précise l’auteure en introduction. Il s’agit, pour l’association, d’une utilisation des moyens de l’Etat à des fins de promotion personnelle. L’entourage de la secrétaire d’Etat évoque une « maladresse » qui « ne se reproduira plus ».
L’association Anticor reproche à Mme Schiappa une utilisation des moyens de l’Etat à des fins de promotion personnelle
La jeune femme, habituée au buzz médiatique, signe un étrange ouvrage. C’est effectivement un récit intime, rédigé sous forme de lettres adressées à ses deux filles par leur mère, « telle une Madame de Sévigné moderne », écrit son éditeur avec aplomb. Il ne peut cependant pas échapper à une lecture politique, vu la fonction exercée par Mme Schiappa au sein du gouvernement. Il le peut d’autant moins qu’il traite d’un problème crucial pour l’égalité entre les sexes : la capacité pour les femmes à exercer des responsabilités professionnelles tout en ayant des enfants. Elle en a fait sa marque de fabrique : oui, on peut tout faire, y compris écrire un ouvrage épistolaire en étant au gouvernement. Surtout quand on dort comme elle quatre heures par nuit, ce qui n’est pas le lot commun. La créatrice du blog et du réseau Maman travaille, qui l’a fait connaître, emmenait déjà ses enfants aux conseils municipaux du Mans quand elle en était membre, ce qui avait le don d’agacer les élues plus anciennes…

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Exercice teinté d’humour
Dans les passages les plus réussis de son ouvrage, Marlène Schiappa dévoile ainsi ce que d’autres ministres, femmes ou hommes, ont peut-être pensé mais jamais dit – comme Najat Vallaud-Belkacem par exemple, elle aussi ministre (sous François Hollande) et mère de deux enfants dont elle ne soufflait jamais mot. Par exemple, Marlène Schiappa sélectionne ses interventions dans les « matinales » radio et télévision en fonction de « la possibilité pour moi de prendre le petit déjeuner avec mes enfants ». « Avec ce critère, “Les Quatre Vérités” [sur France 2] sont éliminées », conclut-elle. Plutôt convaincant aussi, son sentiment de culpabilité quand elle a cru transmettre une maladie tropicale rare à sa plus jeune fille après un déplacement professionnel au Sénégal. Ou la description de ses premiers jours de mère désemparée face à un bébé « beaucoup trop beau pour moi ».
L’exercice, teinté d’humour, tourne parfois au registre de la littérature de gare quand, entre récit d’un quotidien survolté et conseils de survie à ses filles en colonie de vacances, Marlène Schiappa passe à la narration de ses rendez-vous amoureux. « Ce soir-là, le garçon parle, parle, parle, il ne s’arrête plus, écrit-elle. Celui d’avant était joueur. Fin, cultivé. Avec un sourire qui appelait au secours et des cernes sous les yeux, promesses de soirées prolongées. Mais alors là, quel ennui. Je regarde autour. Il ne va jamais se taire ? » Il rappelle souvent la presse féminine – que Marlène Schiappa prétend pourtant prendre à contre-pied. « Les magazines ne savent rien du corps des femmes (…), écrit-elle. Je ne suis pas la plus mince ni la plus jolie, je n’ai jamais acheté de crème raffermissante. De toute ma vie. Ce qui compte, c’est qui vous êtes, vous. »
Une secrétaire d’Etat devrait-elle écrire ça ? Le public attend-il cela de la part d’une femme politique ? Il est vrai qu’il est à la recherche d’authenticité. Ainsi exposée, elle devient une forme comme une autre de communication. Ce qui pourrait passer chez Marlène Schiappa pour de la naïveté, ou une volonté puérile de se donner en exemple, pourrait bien révéler au contraire une maîtrise parfaite des codes de la société du spectacle.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Les élus veulent transformer la traditionnelle loi de règlement du budget 2017 en examen de l’action gouvernementale.
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Budget : les ministres au banc d’essai de l’Assemblée nationale

Les élus veulent transformer la traditionnelle loi de règlement du budget 2017 en examen de l’action gouvernementale.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h07
    |

            Manon Rescan et 
Audrey Tonnelier








                        


La première à se lancer sera la ministre de la culture, Françoise Nyssen, suivie par son collègue des comptes publics, Gérald Darmanin. L’ensemble du gouvernement doit suivre. Mercredi 30 mai devait démarrer un grand oral inédit de l’exécutif devant les députés. L’occasion : l’examen de la « loi de règlement », censée valider chaque année le budget de l’année écoulée. D’habitude, l’exercice est bref : en 2017, deux réunions de la commission des finances y avaient été consacrées. Cette année, les députés enchaîneront quelque 18 séances, jusqu’au 7 juin, avant trois jours de débat dans l’Hémicycle, du 18 au 20 juin.
« Cela inquiète un peu les ministres, qui n’ont pas l’habitude de rendre des comptes », glisse Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche et ancienne rapporteuse générale du budget. « Ce n’est pas pour fliquer mais pour mieux voter », précise Laurent Saint-Martin, député LRM du Val-de-Marne. Arrivés dans l’Hémicycle dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron, les députés LRM, souvent qualifiés de « godillots » en début de mandat, ont bien l’intention de demander des comptes au gouvernement sur l’utilisation des deniers publics. Montée par une dizaine de membres de la commission des finances (les LRM Amélie de Montchalin et Laurent Saint-Martin, et le MoDem Jean-Noël Barrot en tête) qui ont fait de l’évaluation des politiques leur cheval de bataille, cette version rénovée a même un nom, très marketing : « le printemps de l’évaluation ». Objectif : passer en revue la seconde partie du projet de loi de finances (dépenses), qui fixe les moyens de l’ensemble des ministères. Et vérifier si les crédits alloués ont bien été utilisés aux fins prévues. Les ministres auditionnés auront à répondre de la manière dont ils ont utilisé leurs enveloppes.

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« Droit de suite »
Mais « la loi de règlement n’est qu’un prétexte. L’objectif, c’est d’évaluer l’efficacité des politiques publiques qu’auront choisies les rapporteurs, sur plusieurs années s’il le faut. Il pourra s’agir des contrats aidés, de la politique d’aide au développement… », détaille Eric Woerth, le président LR de la Commission des finances, qui a défendu la démarche.
Le député LRM de Paris Pierre Person, rapporteur spécial pour une partie des crédits du ministère de la culture, raconte ainsi avoir complété son travail sur l’utilisation du budget par deux déplacements sur le terrain. Ces derniers lui permettront de plaider pour un « rééquilibrage » de l’attribution des fonds de la culture sur le territoire français alors que ces budgets sont, aujourd’hui, « essentiellement parisiens ». Des conclusions qui pourront, outre la confrontation aux ministres, faire l’objet de propositions de résolution par des députés – sans force de loi.
« C’est une expérimentation. Il faudra tirer le bilan de cette première version », prévient M. Woerth. Car ce « printemps » sera d’abord ce que les députés en feront. « Je compte sur la présence et l’engagement de chacun » pour faire de l’opération « un succès », a pris soin de souligner M. Woerth, dans un mail envoyé la semaine dernière à ses collègues.
Alors que les députés s’irritent de la main-mise grandissante de l’exécutif sur le Parlement, ce nouveau format semble faire consensus, y compris au sein de la plupart des groupes d’opposition. « Ça va être un changement en profondeur de la façon dont on aborde l’évaluation budgétaire », se félicite le député socialiste Régis Juanico, qui travaille sur ces questions depuis de longues années. « Sur le principe, c’est très bien. Le Parlement doit pouvoir exercer sa mission de contrôle », abonde Mme Rabault.
Les députés de la majorité parviendront-ils à installer un véritable rapport de force avec les ministres ? « L’évaluation est aujourd’hui très dépréciée, car on manque de temps et de moyens humains et financiers. L’idée est d’introduire un mécanisme de droit de suite vis-à-vis du gouvernement », explique Jean-Noël Barrot. En passant plus de temps sur la seconde partie du budget de l’année précédente, en juin, les parlementaires espèrent aussi raccourcir le débat sur celui de l’année suivante, à l’automne. Et rendre plus réaliste l’objectif de seulement cinquante jours d’examen (contre soixante-dix aujourd’hui). Dans l’attente du vote de la révision constitutionnelle, censée acter cette évolution, « le printemps de l’évaluation est une étape », explique-t-on à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ L’industriel s’intéressait de près à la ligne éditoriale du quotidien et n’hésitait pas à afficher ses convictions, ce qui provoquait parfois des tensions avec la rédaction.
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Avec la mort de Serge Dassault, « Le Figaro » tourne la page d’un patron très présent

L’industriel s’intéressait de près à la ligne éditoriale du quotidien et n’hésitait pas à afficher ses convictions, ce qui provoquait parfois des tensions avec la rédaction.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h55
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Sans Serge Dassault, que va devenir Le Figaro ? Lundi 28 mai, la mort de l’industriel, qui avait racheté le journal au groupe Robert Hersant en 2004, ne semble pas inquiéter en interne. Le maintien de la branche médias, Groupe Figaro, au sein de la holding familiale Groupe Industriel Marcel Dassault, ne fait pas de doute. La relative sérénité est aussi due à la bonne santé du journal : 34 millions d’euros de résultat en 2017, pour 550 millions de chiffre d’affaires.
« Serge Dassault aimait “Le Figaro”. Il avait la conviction que le journal devait être fort économiquement pour pouvoir être influent et porter ses valeurs. Car c’était un entrepreneur avant tout, témoigne Marc Feuillée, le directeur général du groupe. Une grande partie de la réussite actuelle du “Figaro” est la sienne : il a décidé d’investir dans le journal, de le moderniser et de construire un groupe autour. Cela protège le titre. »

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Aujourd’hui, le quotidien ne représente que 20 % de l’activité du groupe : Le Figaro a revendu le Groupe L’Express en 2006, mais a beaucoup développé le numérique puis racheté le groupe CCM Benchmark en 2015. Il possède aujourd’hui plusieurs titres et services thématiques : L’Internaute, JDN, Le Particulier, Jours de France…
Toutefois, Le Figaro tourne la page d’un patron très présent, qui ne cachait pas qu’il s’intéressait à l’éditorial et avait des convictions. Les « journaux doivent diffuser des idées saines », « pas de la désinformation », avait-il dit dans une intervention sur France Inter, en décembre 2004, ajoutant : « Les idées de gauche ne sont pas des idées saines. Nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent. »
Rituel des vœux
Les débuts sont marqués par une série de tensions avec la rédaction, notamment à la suite d’un article sur la visite en France du président algérien Abdelaziz Bouteflika dans lequel un passage mentionnant un contrat de vente d’avions Rafale avait été censuré.
Recevant la société des rédacteurs (SDR), il avait jugé « qu’il y a quelquefois des informations qui nécessitent beaucoup de précautions », citant les « contrats en cours de négociation ». « Il y a des informations qui font plus de mal que de bien. »

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Quand Etienne Mougeotte était directeur du Figaro, la SDR s’était plainte de la proximité du journal avec Nicolas Sarkozy, qui a salué lundi la mort d’un « ami ». En février 2012, les journalistes avaient voté une motion rappelant que leur « journal d’opinion n’est pas le bulletin d’un parti, d’un gouvernement ou d’un président de la République ». Pour traiter des affaires judiciaires dans lesquelles était impliqué le propriétaire du Figaro, un modus vivendi avait été trouvé : des comptes rendus factuels étaient publiés.
Une fois par an, Serge Dassault s’invitait même dans les pages, pour ses vœux devenus un rituel. Il y fustigeait la dette, les 35 heures, le nombre de fonctionnaires… Ceux de cette année saluaient l’élection d’Emmanuel Macron, alors que la direction de son journal avait soutenu le candidat de la droite, François Fillon, pendant la présidentielle de 2017. « Dans l’intérêt de la France, qui doit rester notre seule boussole, on ne peut que souhaiter sa réussite », écrivait-il. Un souhait mêlant conviction et pragmatisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Pas de conflit fédérateur, pas de débouché politique, ni même de chef de file… Force est de constater que, cortège après cortège, la mobilisation sociale contre la politique du gouvernement s’essouffle, relève dans sa chronique l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois.
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« La vigueur et l’ampleur du “mouvement populaire” s’étiolent au fil des semaines

Pas de conflit fédérateur, pas de débouché politique, ni même de chef de file… Force est de constater que, cortège après cortège, la mobilisation sociale contre la politique du gouvernement s’essouffle, relève dans sa chronique l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h14
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Comme une équipe sportive un peu trop sûre d’elle-même, le gouvernement n’a pas pu s’empêcher de chambrer ses adversaires. Premier ministre en tête. Au lendemain de la « marée populaire » appelée par la gauche radicale à envahir, samedi 26 mai, les villes de France pour dire « stop à Macron », Edouard Philippe a brocardé le « petit coefficient de marée » de cette mobilisation.
Au même moment, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a déclenché une belle bronca avec ses propos incendiaires sur la « passivité », voire la complicité, des manifestants à l’égard des black blocs et autres casseurs. Quant au porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, il n’a pas craint le ridicule en expliquant que, loin d’être le président des riches, Emmanuel Macron est en réalité le meilleur défenseur de « l’homme pauvre ».
Autant de provocations dont les uns et les autres auraient pu se dispenser. Quand les opposants boivent la tasse tout seuls, à quoi sert-il de leur mettre un peu plus la tête sous l’eau ? Car c’est bien ce qui s’est passé, samedi, avec cette marée populaire organisée par La France insoumise (LFI), la CGT et une soixantaine d’organisations et associations de gauche.
Jean-Luc Mélenchon peut bien estimer que le bilan de cette manifestation est « fécond », qu’elle « relance les dynamiques de l’engagement militant » et que les « réunions de préparation unitaires feront école ». Il peut assurer que « le mouvement politico-social que génère la lutte des cheminots s’enracine ». Il aura du mal à convaincre qu’il ne prend pas ses désirs pour la réalité.

Au risque d’être rangé dans la cohorte des « nervis de l’information de propagande », dénoncée avec sa verve habituelle par le blogueur en chef des « insoumis », force est en effet de constater que la mobilisation n’est toujours pas à la hauteur de ses attentes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les députés ont rejeté des amendements en ce sens, malgré des demandes jusqu’au sein de la majorité, l’exécutif voulant d’abord une solution pour les agriculteurs
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Rejet à l’Assemblée de l’inscription dans la loi de la date de sortie du glyphosate

Les députés ont rejeté des amendements en ce sens, malgré des demandes jusqu’au sein de la majorité, l’exécutif voulant d’abord une solution pour les agriculteurs



Le Monde
 |    29.05.2018 à 03h08
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h34
    |

            Rémi Barroux et 
Stéphane Foucart








                        



   


Il est 2 h 02 du matin, mardi 29 mai, et l’interdiction, dans les trois ans, du glyphosate, la substance classée cancérogène probable par l’Organisation mondiale de la santé, a été rejetée par les députés. Elle faisait l’objet de plusieurs amendements, traduisant la promesse d’Emmanuel Macron d’interdire en France cette substance, principe actif du Roundup de Monsanto, « dès que des alternatives auront été trouvées et au plus tard dans trois ans ».
Graver dans le marbre de la loi cette interdiction était le but de Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire et proche du ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Son amendement a été repoussé (20 députés pour, 63 contre).

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Sa proposition était pourtant agrémentée de possibles dérogations afin que certains secteurs de l’agriculture ne souffrent pas d’une interdiction de cette substance trop brutale – à la différence de l’amendement de Delphine Batho, députée Génération écologie des Deux-Sèvres et ex-ministre de l’environnement, qui ne prévoyait pas de dérogation. Elle avait été rejetée par le rapporteur de la loi, Jean-Baptiste Moreau, député LRM de la Creuse, comme par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert. « J’ai complètement confiance dans les engagements du président de la république et je n’ai pas besoin de l’inscrire dans la loi (…) C’est relancer les tensions qui s’étaient apaisées », avait déclaré M. Moreau, ajoutant qu’il fallait « laisser le temps ».

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« Pas de controverse scientifique »
Des mots qui pouvaient laisser planer le doute sur une sortie réelle du glyphosate d’ici à 2021. Et qui ont fait dire à M. Orphelin, revendiquant lui aussi l’autorité de la promesse présidentielle, qu’il n’était « pas convaincu par les engagements » du ministre sur l’interdiction. La députée LRM du Doubs Fannette Charvier avait, elle, expliqué que « trois ans, ce n’est pas un arrêt brutal », et qu’on ne trouve pas les alternatives quand il n’y a pas de date butoir. « Les paroles s’envolent, les écrits restent », concluait la députée. Et Barbara Pompili, ancienne secrétaire d’Etat (écologiste) chargée de la biodiversité et députée LRM (Somme), indiquait ses doutes sur la volonté de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) de réellement chercher des alternatives à l’utilisation du glyphosate. « Le risque, c’est que certaines filières passent les trois ans à démontrer que ce n’est pas possible. Si on leur dit “dans trois ans, c’est fini”, elles seront dans un autre état d’esprit. »
Cet argument n’a pas convaincu M. Travert, qui a surtout insisté sur la nécessité de trouver une solution pour les agriculteurs, une condition avancée aussi par le chef de l’Etat. Rappelant la ré-autorisation européenne pour cinq ans, « sur fond de controverse scientifique sur sa dangerosité », il a insisté sur la nécessité d’« approfondir les connaissances sur le glyphosate ». Le ministre de l’agriculture a aussi annoncé la création d’une commission de suivi qui associerait les groupes de l’Assemblée nationale.

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La quasi-totalité de ces groupes a fait corps derrière le ministre pour rejeter les amendements de M. Orphelin, Mme Batho ou encore de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, à l’exception du représentant des députés communistes, qui s’est abstenu. Ceux de La France insoumise (FI) ont, en revanche, voté pour ces amendements. Le député (FI) de la Gironde, Loïc Prud’homme, a même repris le ministre en lui expliquant « qu’il n’y avait pas de controverse scientifique sur le glyphosate », jugeant ce débat « emblématique du renoncement du gouvernement sur le modèle agricole ».
« Fantasmes de complot »
Ce débat sur le glyphosate, qui ne peut certes résumer l’ensemble des questions sanitaires et environnementales ayant marqué le débat sur le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable », a aussi révélé les relations troubles entre le politique et certains lobbys. Illustration avec la révélation par Mme Batho de la façon dont l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP) a pu se procurer le texte de l’un de ces amendements avant que celui-ci ne soit rendu public.

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A la tribune de l’Assemblée, la députée des Deux-Sèvres avait ainsi dénoncé une « atteinte à la souveraineté » des délibérations des élus : l’amendement qu’elle avait déposé le 22 mars, prévoyant l’interdiction du glyphosate dans un délai de trois ans, a, selon elle, été porté à la connaissance de l’UIPP, et ce avant son traitement par le service informatique interne de l’Assemblée. Mme Batho a expliqué avoir eu copie d’une note interne de cette association professionnelle, qui regroupe les principaux industriels commercialisant des produits à base de glyphosate, citant l’amendement en question. De son côté, l’UIPP a fustigé, dans un communiqué, ceux qui « entretiennent les Français dans certains “fantasmes de complot” », démentant avoir eu connaissance de l’amendement en question avant sa publication.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le milliardaire, qui a présidé le groupe aéronautique Dassault, est mort lundi d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 93 ans.
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Mort de Serge Dassault : la classe politique française salue « un très grand industriel »

Le milliardaire, qui a présidé le groupe aéronautique Dassault, est mort lundi d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 19h40
   





                        



   


A l’annonce de la mort de Serge Dassault, lundi 28 mai, à 93 ans, de nombreux politiques ont salué l’action de l’industriel à la tête du groupe d’aviation qu’il a dirigé entre 1987 et 2014. Dans un communiqué, le président de la République, Emmanuel Macron, a écrit que « la France perd[ait] un homme qui a consacré sa vie à développer un fleuron de l’industrie française ».
« Son engagement politique se fonda sur un fort enracinement dans l’Essonne et le souci de libérer les énergies entrepreneuriales et la compétitivité des entreprises françaises. Toute sa vie, Serge Dassault aura veillé avec une attention extrême aux choix stratégiques du groupe hérité de son père, lui permettant d’opérer les virages indispensables et de conduire des innovations multiples. »

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L’ancien chef d’Etat Nicolas Sarkozy dit également que « la France perd un très grand industriel, le monde de l’aviation, un pionnier, l’opinion publique, un grand patron de presse, et [lui], plus simplement, un ami. […] C’est le pays tout entier qui voit disparaître un artisan acharné de la grandeur française ». 
Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, « c’est une grande perte pour notre pays. Serge Dassault était un véritable capitaine d’industrie, visionnaire et courageux. Il aura marqué son temps par son engagement infatigable au service de l’économie ».
« Divergences politiques »
Egalement patron du Figaro, maire de Corbeil-Essonnes (1995-2009) ou encore sénateur (2004-2017), Serge Dassault est « un grand industriel qui disparaît », selon l’ancien premier ministre Manuel Valls. « Nous nous sommes souvent opposés, parfois avec vigueur, j’ai contesté certaines de ses pratiques, mais nous avons aussi trouvé les chemins ensemble pour faire avancer notre territoire, nos villes et notre hôpital », a écrit le député de l’Essonne dans un communiqué.

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Malgré des « divergences politiques et des critiques légitimes », la présidente du Front national, Marine Le Pen, a également salué la mémoire de Serge Dassault et son travail au sein du groupe aéronautique sur Twitter.

Au-delà des divergences politiques et des critiques légitimes, Serge Dassault aura démontré, en reprenant l’entrepr… https://t.co/NzJgBa4Uen— MLP_officiel (@Marine Le Pen)


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/05/2018
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Mort de Serge Dassault, ancien sénateur et industriel de l’aéronautique

Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h12
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

Salon aéronautique de Las Vegas, octobre 2013. Au pied de la maquette du futur Falcon 5X, dernier né de ses avions d’affaires, ignorant la chaleur qui alterne avec le souffle glacé de la climatisation, Serge Dassault, 88 ans, s’inquiète des réactions des premiers visiteurs. « Qu’est ce que vous en pensez ? Vous ne trouvez pas que l’habitacle est spacieux ? » A la question de savoir s’il compte acquérir ce jet dont les premiers modèles ne seront livrés au mieux que cinq ans plus tard, il répond instantanément : « Pourquoi pas, peut-être bien. » Un nouveau défi au temps pour celui qui ne cesse d’affirmer : « Je continuerai toujours de travailler, comme mon père l’a fait, jusqu’à ses derniers jours. »
Trois ans plus tard, en avril 2016, sous la verrière du Grand Palais, à Paris, devant un millier d’invités conviés au centenaire de Dassault Aviation, le voici retraçant la vie de Marcel Dassault depuis l’invention de l’hélice « Eclair » en 1916 jusqu’à la mise au point du Rafale, quelques semaines avant sa mort. Toujours dans l’ombre de ce père, avec qui les rapports ont été très difficiles.
A tel point qu’en 1986, au moment de la succession, pour laquelle rien n’avait été réglé, le ministre de la défense de l’époque, André Giraud, au nom du gouvernement, tenta de s’opposer à sa nomination. En vain. Son arrivée était « précédée par une réputation assez peu flatteuse », raconte Anne-Marie Rocco dans son livre Serge Dassault (Flammarion, 2006). « La responsabilité en incombe prioritairement à son père et à son silence appuyé concernant l’aptitude de son fils à reprendre le flambeau familial. »
En prenant les rênes du groupe à 61 ans, à l’âge où beaucoup pensent à leur retraite, Serge Dassault – mort lundi 28 mai, à Paris, d’une « défaillance cardiaque », selon la famille – n’aura de cesse de faire mieux que son père. S’il n’a pas son génie pour inventer des avions, il développera le groupe...




                        

                        


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Serge Dassault, un patron à l’ancienne

A l’image surannée d’un fonctionnement familial de l’entreprise dirigée par Serge Dassault, mort le 28 mai, contrastent les performances technologiques du groupe.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h11
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

17 décembre 2014. A l’approche de Noël, la soirée s’annonce festive dans les usines Dassault en Gironde. Pour quelques heures, le hall d’assemblage des avions a été transformé en salle d’apparat. Versailles à Mérignac. Sous les lustres en cristal de Baccarat et sur fond de musique de chambre, un dîner préparé par le chef étoilé Thierry Marx est servi aux 350 invités dans des assiettes en porcelaine. Les convives sont venus découvrir le 8X, dernier né de la famille Falcon, le haut-de-gamme de ses avions d’affaires. La plupart sont des clients de l’avionneur, arrivés avec leur jet personnel.

La soirée s’achève par des séances photos. C’est à qui voudra se faire immortaliser sur la passerelle à la porte de l’appareil avec Serge Dassault et éventuellement ses enfants. « C’est important pour un client d’associer le nom d’un descendant du fondateur à son avion », explique un familier de ces célébrations.
Consignes de vote donnés à sa famille
L’héritier de Marcel Dassault goûte ce moment et ne se fait pas prier. Une manière pour lui de rappeler à sa famille présente au grand complet à la cérémonie, que c’est toujours lui le chef. Il en était de même lors des assemblées générales annuelles de l’avionneur, réunies dans les grands salons de l’hôtel particulier du Rond-point des Champs-Elysées.

Installé à la tribune, comme scrutateur, face aux rares actionnaires individuels, le patriarche n’hésitait pas à donner ou à rappeler les consignes de vote à ses quatre enfants et à sa femme, assis aux premiers rangs. Surtout quand il s’est agi de s’opposer à une proposition d’ouverture du capital de l’entreprise aux salariés, comme ce fut le cas en 2015. Pendant la lecture de la résolution, l’air de rien, Serge Dassault balançait lentement sa main de gauche à droite, l’index pointé vers le haut, tel un métronome, pour exprimer le rejet. Il pouvait d’autant mieux mesurer son impact que le vote se faisait à main levée. N’ayant pas de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.
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L’industriel, patron de presse et ancien sénateur Serge Dassault est mort

Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h35
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le milliardaire Serge Dassault, qui a présidé à l’essor du groupe aéronautique Dassault, un des fleurons de l’industrie d’armement française, est mort d’une « défaillance cardiaque » lundi 28 mai, à l’âge de 93 ans, ont annoncé sa famille et le groupe Dassault.
Dans un communiqué diffusé lundi soir, le président du Medef Pierre Gattaz déplore « une grande perte pour notre pays ».
« Serge Dassault était un véritable capitaine d’industrie, visionnaire et courageux. Il aura marqué son temps par son engagement infatigable au service de l’économie. »
Serge Dassault naquit le 4 avril 1925, à Paris. Il est le fils de Marcel Dassault et de Madeleine Minckes. Son père fut déporté à Buchenwald en août 1944 pour avoir refusé d’apporter aux nazis son savoir-faire aéronautique — il avait créé la Société des avions Marcel Bloch en 1928. Il en réchappera grâce à l’aide d’un codétenu, Marcel Paul, membre du Parti communiste.
En 1946, la famille Bloch prend le nom de Dassault puis, en 1950, se convertit au catholicisme. Après ses études secondaires, Serge Dassaul entre à l’Ecole polytechnique en 1946. Puis rejoint l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (SupAero), dont il est diplômé en 1951. Il est aussi diplômé de HEC. Le 5 juillet 1950, il épouse Nicole Raffel, avec laquelle il aura quatre enfants.
De nombreux mandats politiques
En 1951, il entre à Générale aéronautique Marcel-Dassault, comme ingénieur, au bureau d’études des avions de série. Nommé directeur des essais en vol en 1955, puis directeur de l’exportation quelques années plus tard, il œuvre ensuite, sous la houlette de son père, au développement du groupe industriel Dassault, qui équipera notamment la force de dissuasion aérienne avec le Mirage-IV. Mis en service en 1964, l’avion fut le premier vecteur de la « triade » de la dissuasion de l’époque (au côté des missiles balistiques et, plus tard, des sous-marins nucléaires).
Le Mirage F1 entre, lui, en service en 1974. C’est un grand succès industriel et à l’export. Outre la France, 473 exemplaires équipent les armées de l’Air de plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient.
Parallèlement, Serge Dassault se lance en politique. Il se présente aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes, et aux législatives de 1978 et de 1981. Ce seront trois échecs. Il est finalement élu au poste de conseiller municipal en 1983 à Corbeil-Essonnes. Les mandats s’enchaînent alors : conseiller régional en 1986 et en 1992, conseiller général de l’Essonne en 1988 et 1994.

   


En 1987, il est nommé président-directeur général de Dassault Industries (devenu depuis Groupe Dassault) après la mort de son père, le 17 avril 1986. En 1995, Serge Dassault décide de se présenter à nouveau aux élections municipales, malgré les nombreux revers qu’il a déjà subis. Cette fois-ci sera la bonne : sa liste l’emporte avec plus de 55 % des voix et il est élu maire de Corbeil-Essonnes. Il est réélu en 2001.

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                Serge Dassault, l'homme qui fut maire pour s'affranchir de son père



A la tête de Socpresse
Le 8 juillet 2004, il prend le contrôle de la Socpresse, premier groupe de presse français, qui possède, entre autres, Le Figaro, L’Express, L’Etudiant, Le Maine libre, Le Courrier de l’Ouest, et Le Dauphiné libéré. Rapidement, il vend la plupart des titres du groupe, ne conservant que Le Figaro, qu’il veut utiliser pour « exprimer son opinion ». Mais, la rédaction fait de la résistance, au grand dam du propriétaire qui s’indigne, en 2007, sur BFM : « Pourquoi la liberté de parole serait aux journalistes et pas aux actionnaires ? C’est quand même extraordinaire, ça ! »
En 2004, il brigue un mandat sénatorial sous l’étiquette UMP, qu’il obtient le 26 septembre, à 79 ans. Il deviendra le doyen d’âge du Sénat à 83 ans, après sa réélection en 2008. Reconduit comme maire en mars 2008, sa réélection est contestée par l’opposition qui soutient que des habitants auraient reçu des sommes d’argent de la part de la municipalité sortante en échange de leurs votes. L’élection est annulée par le Conseil d’Etat en juin 2009 pour « dons d’argent » et Serge Dassault est déclaré inéligible pour un an. Jean-Pierre Bechter, candidat UMP, lui succède à la mairie. L’élection de ce dernier est, quant à elle, invalidée en septembre 2010.
Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé à la fin de 2012, et dont Mediapart publie des extraits le 15 septembre 2013, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes qui sont venus réclamer leur dû auprès de Serge Dassault à l’origine de l’enregistrement ont essuyé des coups de feu trois mois plus tard, blessant l’un d’eux grièvement.
Selon Mediapart, « un mois plus tôt, en janvier (2013), un autre acteur du système Dassault, Rachid T., qui avait dénoncé une dérive “mafieuse” dans la ville, a été victime lui aussi d’une tentative de meurtre par balles ». L’immunité parlementaire de Serge Dassault est levée en février 2014.
Condamné en février 2017
Le 10 avril 2014, Serge Dassault est mis en examen par les juges d’instruction du pôle financier pour « achat de votes », « complicité de financement illicite de campagne électorale » et « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé ». Cette mise en examen fait suite à celle de Jean-Pierre Bechter.
Si son patron est aux prises avec la justice, sur le plan industriel, Groupe Dassault connaît des succès inespérés, avec à sa tête Eric Trappier, nommé PDG du groupe le 9 janvier 2013. Le Rafale, avion de combat de quatrième génération, qui est entré en service en France en 2004, a décroché depuis 2015 trois contrats à l’export en Egypte, au Qatar et en Inde après une succession de campagnes de ventes infructueuses.

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                Comptes cachés : Serge Dassault condamné



Mais la justice poursuit son travail et, en février 2017, Serge Dassault est condamné à 2 millions d’euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité pour « blanchiment de fraude fiscale » et « omission de déclaration de patrimoine par un parlementaire ». Au début d’août, il est mis en examen pour « achat de votes », « blanchiment » et « complicité de financement illicite de campagne électorale ». En 2018, le magazine Forbes estime sa fortune à 19 milliards d’euros, ce qui le classe quatrième parmi les milliardaires français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ En discussion depuis le 22 mai à l’Assemblée, le projet de loi agriculture et alimentation a fait l’objet de vifs débats ce week-end dans l’hémicycle, qui a adopté et rejeté de nombreuses mesures.
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Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale

En discussion depuis le 22 mai à l’Assemblée, le projet de loi agriculture et alimentation a fait l’objet de vifs débats ce week-end dans l’hémicycle, qui a adopté et rejeté de nombreuses mesures.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 07h45
   





                        



   


Déposé en procédure accélérée en février dernier, le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » est arrivé en séance publique au Palais-Bourbon mardi 22 mai.
Porté par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert, le texte a été l’objet de houleux débats dans l’hémicycle, où se jouaient de nombreuses mesures d’importance.
Ce qui a été adopté
Un minimum de bio et d’alimentation « soucieuse de l’environnement » dans les cantines scolaires
L’Assemblée a voté samedi 26 mai l’article 11 prévoyant une part de 50 % de produits bio ou intégrant la préservation de l’environnement dans la restauration collective d’ici 2022. Un « engagement présidentiel ambitieux », selon le ministre Stéphane Travert, trop ambitieux, même, pour la droite, qui a proposé de le repousser à 2025 à cause du risque de « renchérir le coût du repas en collectivité ». Selon le ministre, les mesures anti-gaspillage alimentaire permettront « un balayage » du surcoût, estimé à 68 centimes.
L’interdiction de bouteilles plastiques d’eau plate dans les cantines d’ici 2020
Contre l’avis du gouvernement, les députés ont interdit (via des amendements LREM et LR adoptés par 71 voix contre 6) l’utilisation d’eau plate en bouteilles plastique dans les cantines scolaires en 2020 (avec dérogations possibles si l’eau n’est pas potable).
L’obligation progressive des « doggy-bags » dans les restaurants
Un amendement voté dimanche 27 mai va rendre obligatoire dès le 1er juillet 2021 la mise à disposition de contenants permettant aux clients de restaurants de repartir avec les restes de leurs repas (appelé « doggy-bag » en anglais). Une mesure qui exclue les offres à volonté et les bouteilles consignées.
Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire et cosignataire de la mesure, a salué une « avancée » qui va « faire date », tandis que Vincent Descœurs (député LR du Cantal) s’est inquiété du matériau des contenants et de leurs conséquences sur l’environnement.
Le renforcement de l’étiquetage de certains aliments et du vin
Un amendement LREM adopté samedi 26 mai devrait renforcer l’étiquetage de certaines denrées alimentaires. Ledit amendement prévoit de faire figurer à partir de janvier 2023 sur certaines denrées alimentaires différentes mentions telles que « nourri aux OGM », le mode d’élevage, l’origine géographique, ou encore « le nombre de traitements, par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais », un décret devant préciser ses conditions d’application.
L’ONG CIWF France a salué dans un communiqué une « victoire pour les consommateurs » et appelé le Sénat à « consolider » la disposition.
L’utilisation du terme « gratuit » dans la promotion d’un produit alimentaire
Un amendement LREM a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi pour interdire l’emploi du terme « gratuité », ses dérivés et synonymes, dans la promotion d’un produit alimentaire, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur.
« Cette interdiction est un prérequis à la reconnaissance du travail des agriculteurs et à un partage équitable de la valeur leur permettant de vivre décemment de leur travail. La gratuité relève du don, par nature non commercial », a justifié Nicole Le Peih, députée LREM du Morbihan et auteure de l’amendement. « La grande distribution va se faire le plaisir de trouver un terme qui voudra dire autre chose. La limitation des promotions en prix ou en volume me semble plus efficace », a pondéré le rapporteur LREM Jean-Baptiste Moreau
L’encadrement de la vente à perte et des promotions des distributeurs
L’Assemblée a autorisé le gouvernement à encadrer par ordonnance les promotions dans la grande distribution et à relever le seuil de revente à perte, après un débat passionné sur les effets de cette mesure sur le revenu des agriculteurs et le pouvoir d’achat.
L’article 9 du projet de loi agriculture vise à permettre, dans le cadre d’une expérimentation de deux ans, une majoration de 10 % du seuil de revente à perte sur les denrées alimentaires (qui interdit de vendre tout produit en dessous du prix auquel il a été acheté au fournisseur). Il prévoit aussi un encadrement des promotions excessives, qui devra s’appliquer aussi aux marques de distributeurs, conformément à un amendement adopté.
Ce qui a été rejeté
La suppression des contenants en plastique dans les cantines
Députés LREM et Insoumis ont défendu un amendement proposant d’interdire d’ici 2025 les contenants en plastique, au nom du principe de précaution face aux perturbateurs endocriniens. La députée de la majorité Laurianne Rossi a pointé un « enjeu sanitaire et environnemental majeur », tandis que Barbara Pompili, présidente de la Commission du développement durable, a déclaré avoir « froid dans le dos » à l’idée qu’on reproche aux élus de n’avoir rien fait alors qu’ils savaient.
M. Besson-Moreau (LREM) s’est dit, lui, inquiet d’un amendement « dont on ne maîtrise pas le résultat ». L’amendement LREM, non défendu par le gouvernement, a été rejeté par 54 voix contre 27.
Un minimum de menus végétariens dans les cantines
La proposition d’introduire une part de menus végétariens dans les cantines, portée par des LREM, MoDem, LFI ou UAI, a alimenté d’autres échanges passionnés, ses partisans invoquant un « mouvement de société très fort ». Les opposants à l’amendement ont parlé de « diktat » (Vincent Descœur, LR), dénonçant la façon dont « on cherche à imposer un style de vie à l’ensemble de nos concitoyens » (Grégory Besson-Moreau, LREM). Des mots qui ont fait réagir Barbara Pompili, qui a jugé « honteux » de dire qu’il faut de la viande pour manger équilibré, et répété qu’« on doit pouvoir avoir le choix ». L’amendement a toutefois été rejeté.
L’interdiction des publicités pour produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés
Les députés ont rejeté un amendement proposant d’interdire les publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants de moins de 16 ans, soutenus par plusieurs députés LREM, PS, LFI et LR.
Défendant un amendement en ce sens, Anne-Laurence Petel (LRM) a souligné qu’« en France, un enfant sur six [était] en surpoids », pointant le « coût pour la société » de l’obésité. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, s’y est montré défavorable, affirmant qu’il fallait un texte « qui marche sur ses deux jambes » et souligné « le rôle de régulateur du CSA ». Les amendements ont tous été rejetés.
L’obligation d’afficher l’étiquetage nutritionnel Nutri-score
Plusieurs amendements défendus par des députés LREM, MoDem et LFI ont été déposés pour rendre obligatoire la mention du Nutri-score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires. Olivier Véran, député LRM et médecin, notant qu’il ne s’agit pas d’interdire mais de « donner une juste information ». Les amendements ont tous été rejetés.
M. Travert s’y est montré défavorable, soutenu dans cette opposition par certains grands médias audiovisuels, dont les dirigeants (Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, Gilles Pélisson, directeur général de TF1, les patrons de Lagardère Active et de NRJ Group) ont adressé, le 10 mai, une lettre au gouvernement et à plusieurs députés, considérant que cette « simple mention nutritionnelle » risquerait de faire fuir leurs annonceurs.
L’interdiction de broyer les poussins mâles et la castration à vif des porcelets 
Plusieurs amendements d’Insoumis, de LR ou de non-inscrits visant à interdire la castration à vif des porcelets, le broyage des poussins mâles, les cages pour l’élevage des lapins et encore les « fermes-usines » ont été rejetés.
L’interdiction de la vente des œufs de poules en cage n’a pas non plus été fixée, alors que le candidat Macron s’y était engagé pour 2022. Stéphane Travert a rappelé l’« engagement » de la filière en faveur de 50 % d’œufs coquilles issus d’élevages alternatifs à cet horizon. L’Assemblée a également voté l’expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, alors que le candidat Macron avait laissé entendre qu’elle serait obligatoire.
L’interdiction de l’installation de tout nouvel établissement d’élevage de poules pondeuses en cage a en revanche recueilli l’unanimité.
L’amendement « chocolatine »
Les députés ont rejeté un amendement LR « chocolatine », qui avait fait le buzz en voulant relancer le duel avec l’appellation concurrente de « pain au chocolat » lors du débat sur le projet de loi agriculture et alimentation.
Cet amendement porté par une dizaine d’élus LR voulait ajouter au code rural et de la pêche maritime l’objectif de « valoriser l’usage courant d’appellation due à la notoriété publique du produit et de ses qualités reconnues au travers d’une appellation populaire ».
Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a estimé en substance que ce n’était pas du niveau du Parlement. Les députés ont par ailleurs voté un amendement de l’ex-socialiste Delphine Batho pour inscrire dans le code rural et de la pêche maritime la volonté de « promouvoir les produits n’ayant pas contribué à la déforestation importée ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le think tank La Fabrique écologique publie une note, à laquelle « Le Monde » a eu accès, qui met au jour une « triple rupture de l’écologie en politique ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤                     
                                                   
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Sombre constat pour l’écologie politique

Le think tank La Fabrique écologique publie une note, à laquelle « Le Monde » a eu accès, qui met au jour une « triple rupture de l’écologie en politique ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 14h35
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29.05.2018 à 09h11
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            Abel Mestre








                        



                                


                            
Se dirige-t-on vers une écologie politique sans parti écologiste ? C’est tout l’enjeu d’une note de La Fabrique écologique − un think tank transpartisan − dont Le Monde a eu l’exclusivité. Ce texte, qui doit être présenté mardi 29 mai lors d’une conférence de presse, s’appuie sur « toutes les données disponibles (enquête, sondages, analyse des programmes, résultats électoraux) ». Il revient sur « la triple rupture de l’écologie en politique » mise au jour à la faveur des échéances électorales de 2017. Et dresse des pistes de redressement.
Première rupture : la présidentielle a vu, pour la première fois depuis 1974, l’absence d’un candidat étiqueté 100 % écologiste. Yannick Jadot s’était, en effet, retiré au profit du candidat socialiste Benoît Hamon. Cela a conduit à la disparition des thèmes écologiques de la campagne présidentielle puis des législatives. Et ce, malgré la conversion écolo de plusieurs candidats, notamment Jean-Luc Mélenchon, qui a mis ce thème au centre de son projet. C’est la deuxième rupture. Enfin, troisième point, l’écologie n’a pas été un déterminant du vote.
Les auteurs de la note rappellent que les Français « considèrent que les enjeux environnementaux sont importants », mais pas essentiels, alors même que la crise environnementale bat son plein et que cette question est « cruciale ». La faute, selon le think tank, aux politiques publiques insuffisantes et au manque de volontarisme des dirigeants.
Quasi-disparition
Le texte est sévère sur la responsabilité d’EELV dans cette crise de l’écologie politique. Selon ses auteurs, la formation écolo est passée d’une force en dynamique à son apogée aux élections européennes de 2009 (16,28 % des suffrages contre 16,48 % pour le PS) à une situation de « vassalité avec le Parti socialiste » après 2012. Jusqu’à une quasi-disparition en 2017 avec le retrait de M. Jadot et l’absence de députés EELV.
Au-delà de ce sombre constat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Le 26 mai, ce Malien sans papiers a sauvé la vie d’un enfant, suspendu au quatrième étage d’un immeuble du 13e arrondissement de Paris.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ 
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.
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L’industrie s’engage à recruter plus d’apprentis

Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h12
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            Bertrand Bissuel








                        



   


S’il entend développer l’apprentissage, le gouvernement n’avait, jusqu’à maintenant, jamais livré d’objectifs chiffrés. Sa communication sur ce dossier évolue, avec des engagements quantitatifs dévoilés, lundi 28 mai, lors d’une nouvelle réunion du Conseil national de l’industrie (CNI) – une instance chargée d’« éclairer » les pouvoirs publics au sujet de ce secteur. A cette occasion, Edouard Philippe devait indiquer que les entreprises industrielles ambitionnent d’accroître de 40 % d’ici cinq ans le nombre d’apprentis qu’elles emploient, soit 87 000 (contre 62 000 en 2016).
Dans l’entourage du premier ministre, on considère que les conditions sont réunies pour atteindre ce but, en particulier grâce au projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », dont l’examen débute mardi devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Le texte repousse jusqu’à 30 ans l’âge auquel une personne peut être recrutée en qualité d’apprenti et assouplit les règles applicables à ce statut en matière de temps de travail, ce qui répond à des « demandes » des entreprises, fait-on valoir à Matignon. De plus, les prérogatives des branches professionnelles seront renforcées, ce qui « incite les industriels à aller de l’avant ».
« Difficultés de recrutement »
Un tel saut ne sera toutefois pas évident à accomplir. « L’image de l’industrie auprès des jeunes n’est pas toujours très positive, ce qui explique qu’il y a, aujourd’hui encore, dans les centres de formation d’apprentis tournés vers ce secteur, des propositions de contrat qui ne trouvent pas preneurs », observe l’économiste Bertrand Martinot.
Dans l’esprit de l’exécutif, la promotion de l’apprentissage vise à réduire le chômage des jeunes, mais aussi à satisfaire les besoins en main-d’œuvre des patrons. Un problème de plus en plus aigu avec le redémarrage de la croissance : dans une enquête diffusée fin 2017, l’Insee rapportait que la part des sociétés industrielles « éprouvant des difficultés de recrutement » n’avait cessé de progresser depuis près de deux ans – retrouvant quasiment son niveau d’avril 2008.
C’est pourquoi le gouvernement entend mettre en place des actions de formation rapides, qui seront financées par le plan d’investissement dans les compétences (PIC) – un programme de 15 milliards d’euros étalé sur cinq ans et ciblé sur les chômeurs de longue durée et les jeunes peu qualifiés. Edouard Philippe devait préciser, lundi, à l’issue du CNI, que près de 149 000 « entrées en formation » sont prévues en 2018 dans le cadre du PIC.

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