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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le gouvernement a désigné les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles).
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Le Conseil national du numérique reprend du service

Le gouvernement a désigné les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles).



Le Monde
 |    29.05.2018 à 15h05
    |

            Vincent Fagot








                        



   


Cinq mois après son implosion, le Conseil national du numérique (CNNum) reprend du service. Le gouvernement vient en effet de désigner les 30 membres du nouveau collège à la tête duquel a été placée Salwa Toko, fondatrice de l’association Becomtech (ex-Wi-Filles), qui œuvre à l’inclusion des jeunes filles et des femmes dans le numérique.
Mardi 29 mai, en fin de matinée, le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, a réuni les heureux élus pour évoquer avec eux les sujets sur lesquels l’exécutif attend du CNNum qu’il nourrisse sa réflexion. Parmi ceux-ci figurent les nouvelles réglementations du numérique, les questions de la fiscalité appliquée à ce secteur, mais aussi, et prioritairement, la question de la mixité et l’inclusion numérique, dont M. Mahjoubi fait manifestement une priorité, arguant que « le numérique se meurt de ne pas être assez représentatif des femmes ».

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La composition du nouveau collège, qui respecte une stricte parité, et le choix de cette nouvelle présidente, reflètent cette préoccupation. Le casting – auquel le secrétaire d’Etat a pris activement part – rassemble une quinzaine d’entrepreneurs, comme Gaël Duval (JeChange.fr, French Touch Conference), Alexandre Zapolsky (Linagora) ou Loubna Ksibi (Meet My Mama), mais aussi des représentants de grandes entreprises (La Poste, AccorHotels, Crédit du Nord), et des personnalités du monde académique. Leur point commun : « présenter un parcours personnel qui témoigne d’un engagement très fort dans le numérique », explique M. Mahjoubi. Autre élément qui les rassemble : pour la très grande majorité c’est leur première participation au sein du CNNum : seuls quatre des membres de la nouvelle équipe ont œuvré par le passé au sein de cette institution, dont l’entrepreneur Gilles Babinet qui en a été le premier président, en 2011.
Ouverture d’un forum du numérique
« C’est un nouveau départ pour le CNNum », veut croire M. Mahjoubi alors que l’institution avait connu une grave crise en décembre 2017. La polémique, née de la désignation de la militante féministe et antiraciste, Rokhaya Diallo, puis la marche arrière opérée par Mounir Mahjoubi, qui avait demandé la jeune femme de se retirer, avaient conduit à une démission collective au sein du Conseil.

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Le secrétaire d’Etat souhaite que la nouvelle équipe soit plus ouverte aux débats de société que soulève le numérique, en fonctionnant « comme une plate-forme ». Cela passera par l’ouverture d’un forum du numérique, où des personnalités identifiées par les membres du collège pourront apporter leur contribution, de telle sorte que les membres du CNNum, chargés d’animer le forum, pourront voir émerger des sujets qu’il n’avait pas identifiés.
Si Mounir Mahjoubi attend du nouveau Conseil qu’il soit « mobilisé sur les grands changements induits par le numérique », ce dernier aura aussi à faire la démonstration de son indépendance que l’épisode Rokhaya Diallo a fragilisée. Un débat dans lequel Mounir Mahjoubi, qui a lui même présidé l’institution (février 2016-janvier 2017), ne semble pas vouloir entrer : « Le CNNum doit pouvoir se saisir par lui-même de sujets qui lui importent, mais aussi jouer son rôle de conseil auprès du gouvernement. En ce sens, il faut qu’il soit proche et indépendant à la fois. »

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Cinquante juristes, économistes et chercheurs, signent dans « Le Monde » un appel à subordonner juridiquement, dans la Constitution, la défense de la liberté d’entreprendre et de la propriété privée à la défense de l’intérêt général.
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Bien commun : « Une réforme sage et mesurée de notre Constitution est devenue une urgence »

Cinquante juristes, économistes et chercheurs, signent dans « Le Monde » un appel à subordonner juridiquement, dans la Constitution, la défense de la liberté d’entreprendre et de la propriété privée à la défense de l’intérêt général.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement est à la hauteur des défis du temps lorsqu’il légifère pour lutter contre la fraude fiscale, l’esclavage moderne, les écocides ou l’accaparement des terres. Pourtant, plusieurs lois, poursuivant ces fins, ont en commun d’avoir été censurées par le Conseil constitutionnel.
Ce fut le cas par exemple de la loi imposant aux sociétés holding un « reporting public » pour lutter contre l’évasion fiscale, ou encore de celle visant à garantir la protection et le partage du sol face à la spéculation foncière.
En ce début du XXIe siècle, l’urgence est de donner leur pleine mesure à la justice et à la liberté
Ces censures, parmi d’autres, ont été décidées au nom du droit de propriété et de la liberté d’entreprendre, déduits par le Conseil constitutionnel de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Au XVIIIe siècle, ces principes ouvraient aux nouveaux citoyens la possibilité de s’affranchir de toute forme de despotisme.
Etonnante déformation de ces droits nés pour émanciper le sujet, devenus, par l’interprétation qui leur est donnée, des moyens offerts aux plus puissants de s’opposer au bien commun et à l’exercice de leurs libertés par les plus humbles !
Rien ne justifie de se complaire dans l’impuissance publique. En ce début du XXIe siècle, l’urgence est de donner leur pleine mesure à la justice et à la liberté. Face à la démesure, il appartient à l’Etat de droit de prévenir cette distribution inégale des droits et devoirs, qui met aux prises des populations humaines soucieuses de leur développement et des puissances privées habiles à réclamer et à profiter des limites que le Parlement se voit sommé de fixer à ses propres initiatives.
Réforme constitutionnelle annoncée en 2018
Comment justifier aujourd’hui notre incapacité à légiférer pleinement afin de sanctionner le travail des enfants dans les manufactures du bout du monde, assurer une souveraineté alimentaire,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le drame du SAMU de Strasbourg doit inciter à réconcilier salariés et outils numériques, estiment, dans une tribune au « Monde », les ergonomes Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle.
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SAMU : « Ne pas entraver les capacités d’initiative et la créativité des salariés »

Le drame du SAMU de Strasbourg doit inciter à réconcilier salariés et outils numériques, estiment, dans une tribune au « Monde », les ergonomes Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h00
    |

Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle (Ergonomes)







                        



                                


                            
Tribune. Le drame de Strasbourg (une femme de 22 ans, Naomi Musenga, est décédée quelques heures après avoir téléphoné au SAMU, les opératrices se sont moquées d’elle et n’ont pas entendu sa souffrance) a mis en évidence des failles dans le modèle d’acheminement et de traitement des appels d’urgence. Des changements devraient suivre, notamment dans la formation initiale et continue des assistants de régulation médicale (ARM) et probablement dans le dispositif d’acheminement des appels.
Le dialogue singulier de l’assistant de régulation médicale (ARM) puis du médecin régulateur avec l’appelant mobilise des exigences physiques, psychologiques et cognitives de haute intensité
Mais il ne faut pas oublier, dans ce plan d’action, ce que doit être la conception des salles de régulation médicales afin que ceux qui y travaillent puissent garantir, individuellement et collectivement, la meilleure efficacité, fiabilité, sécurité, rapidité, etc., de la réception et du traitement des appels. Le dialogue singulier de l’ARM puis du médecin régulateur avec l’appelant mobilise des exigences physiques, psychologiques et cognitives de haute intensité, afin de pouvoir obtenir et extraire de l’échange les informations pertinentes pour prendre le plus rapidement possible la meilleure décision. Chaque seconde gagnée dans cette extraction accroîtra l’efficacité des médecins réanimateurs une fois sur place.
Il faut donc être dans les meilleures dispositions pour tenir le défi d’une sécurisation égale pour tout appel. Ce n’est pas gagné d’avance. La fatigue peut s’insinuer du fait d’une amplification soudaine et persistante des appels ou des amplitudes de travail plutôt longues. Le modèle de salle de régulation a alors un rôle majeur. Certaines conceptions peuvent accentuer la fragilisation des ARM et des médecins régulateurs face à la fatigue ou au débordement. D’autres, au contraire, peuvent produire des réponses salvatrices au maintien de la sécurisation des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Pour l’entrepreneur Lionel Baraban, dans une tribune au « Monde », si la captation des données est un enjeu de liberté individuelle, celle des « données sur les données » est stratégique pour les entreprises.
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« Il apparaît indispensable que nous nous entendions sur un projet d’indépendance des métadonnées vis-à-vis des GAFA »

Pour l’entrepreneur Lionel Baraban, dans une tribune au « Monde », si la captation des données est un enjeu de liberté individuelle, celle des « données sur les données » est stratégique pour les entreprises.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h00
    |

Lionel Baraban (Directeur général de Famoco, un constructeur de terminaux)







                        



                                


                            
Tribune. Alors que les données personnelles sont au centre de toutes les attentions avec l’entrée en vigueur, le 25 mai, du règlement général sur la protection des données (RGPD), la question des métadonnées est encore peu abordée, même si elle représente un enjeu de taille. Les métadonnées sont les « données à propos des données ». Elles renseignent l’heure et le lieu de création des données, leur auteur ou leur taille. Transformées, qualifiées et triées, elles permettent de profiler les utilisateurs. Bien exploitées, elles ont une grande valeur ajoutée.
peu d’entreprises ont saisi l’impérieuse nécessité de conserver la main sur les métadonnées générées par leurs clients
Dans le domaine des transports, entre autres, elles informent sur la fréquence des voyages et leur destination. Dans celui de la santé, elles peuvent indiquer le mode et l’espérance de vie des usagers. Outil de marketing irremplaçable, elles sont également à l’origine de formidables innovations. L’application MyShake peut, par exemple, prédire des tremblements de terre en mutualisant les informations des capteurs de mouvement collectées sur des smartphones.
La collecte et la transformation des métadonnées sont donc absolument nécessaires au bon développement des entreprises du numérique. Pourtant, peu d’entreprises ont saisi l’impérieuse nécessité de conserver la main sur les métadonnées générées par leurs clients. La majorité d’entre elles font le choix par défaut d’en laisser l’accès et le contrôle total aux constructeurs de systèmes d’exploitation (« operating systems », ou OS), comme Google avec Android.
Captation par les géants du Web
Aujourd’hui, il semble impossible de revenir sur la captation par les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) de nos métadonnées via les applications et systèmes d’exploitation de nos smartphones et assistants personnels, tant ces derniers nous sont indispensables. En revanche, pour préserver le développement de nos entreprises,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ En difficulté en France, l’opérateur français Iliad a annoncé, mardi, le lancement d’une offre mobile « low cost » en Italie.
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Iliad se lance en Italie avec des tarifs agressifs

En difficulté en France, l’opérateur français Iliad a annoncé, mardi, le lancement d’une offre mobile « low cost » en Italie.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h11
   





                        



   


L’opérateur français Iliad (dont le fondateur Xavier Niel est également actionnaire à titre individuel du Monde) a annoncé son arrivée en Italie, mardi 29 mai, avec une offre à 5,99 euros par mois, incluant des SMS et des appels illimités en Europe, et une offre Internet de 30 gigaoctets ainsi que des appels illimités vers 65 pays du monde.
Le directeur général d’Iliad en Italie, Benedetto Levi, a souligné qu’il était temps de dire « ça suffit » aux pratiques en cours et de proposer une « offre complètement différente ». « Préparez-vous à la révolution », a-t-il lancé avant de présenter le forfait, plus avantageux que les offres actuellement proposées dans la péninsule.

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                Free déçoit dans le fixe en France, et s’appellera Iliad en Italie



Iliad veut bousculer le marché du mobile italien
M. Levi, qui précisé que l’offre était valable pour le « premier million de clients », a dénoncé les pratiques en cours en Italie, avec des coûts cachés, des surcoûts comme le fait de facturer parfois 1,50 euro l’appel à son répondeur pour écouter ses messages. Selon M. Levi, ce sont 4 milliards d’euros que les opérateurs ont pris l’an passé dans la poche des consommateurs, « par des petits stratagèmes comme la facture sur 28 jours au lieu de 30 ». « Les gens en ont marre de payer trop et ils ont raison », a-t-il martelé, en soulignant qu’Iliad allait faire « les choses de manière complètement différente ».
En difficultés en France, avec une chute de ses abonnés au fixe, Iliad arrive en Italie avec la volonté d’y conquérir une part de marché « substantielle », selon M. Levi.
Etonnamment, ce sont les opérateurs italiens eux-mêmes qui ont laissé entrer le loup dans la bergerie, puisque la fusion entre Wind et 3 (Tre) n’a pu être validée par la Commission européenne qu’à la condition qu’ils cèdent une partie de leurs fréquences à un tiers. Wind Tre, Telecom Italia (Tim) et Vodafone sont actuellement au coude-à-coude, avec chacun environ 30 % du marché mobile, le reste étant aux mains de Poste Mobile (autour de 4 %) et d’autres MVNO (opérateurs virtuels).

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                Xavier Niel remanie la gouvernance de Free, en difficulté






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’enseigne, filiale du groupe Casino, a relooké son site de e-commerce pour mieux vendre ses collections.
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Monoprix relance sa vente en ligne de mode

L’enseigne, filiale du groupe Casino, a relooké son site de e-commerce pour mieux vendre ses collections.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h28
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 12h47
    |

                            Juliette Garnier (avec Cécile Prudhomme)








                        



                                


                            

Monoprix veut rattraper son retard sur la Toile. Un mois après avoir bouclé le rachat de Sarenza, spécialiste de la vente en ligne de chaussures, la filiale de Groupe Casino va lancer début juin son nouveau site pour ses collections de mode. « Monoprix réalise 2,5 % de ses ventes textiles sur Internet. L’objectif est d’atteindre 10 % d’ici à trois ans », précise Lilian Rosas directrice de l’offre textile, maison et loisirs de Monoprix. Il faut dire que les Français sont de plus en plus nombreux à acheter leurs vêtements sur le Net, qui capte environ 13 % des ventes d’habillement en France.
Les rayons mode, beauté et décoration procurent actuellement à l’enseigne 14 % des 5 milliards d’euros de son chiffre d’affaires. La chaîne ayant quasiment bouclé le développement de son parc de magasins dans l’Hexagone (fondée en 1932, elle est présente dans 250 villes et gère déjà 800 magasins environ, dont 315 points de vente de grande surface), la Toile constitue un relais de croissance.
L’offensive du département mode de Monoprix sur le Net s’inscrit dans une stratégie plus vaste d’expansion sur le Web. L’e-commerce (10 % de son activité en 2017) constitue la priorité du président de Monoprix Régis Schultz, nommé en 2016. Le chiffre d’affaires que la chaîne réalise en ligne pourrait être multiplié par « cinq en trois ans », a jugé le patron lors de l’assemblée générale de Casino, le 15 mai à Paris.
En février, l’enseigne a signé un partenariat avec le redouté Amazon pour livrer ses produits alimentaires aux abonnés Prime Now du géant de la vente en ligne à Paris et dans sa proche banlieue dès cette année. Côté mode, le distributeur s’est allié à des « pure players » du Net. Les équipes Monoprix commencent à travailler avec celles de MSR, site de vente en ligne anciennement baptisé Monshowroom.com, que contrôle Monoprix depuis 2015, et celles de Sarenza.

Le groupe prépare ainsi la fusion de MSR (12...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Connaisseur éclairé aux goûts éclectiques, l’écrivain évoque ses meilleurs souvenirs de dégustation et plaide pour une approche conviviale et décomplexée du vin.
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Philippe Claudel : « Mon premier verre était une gourde »


                      Connaisseur éclairé aux goûts éclectiques, l’écrivain évoque ses meilleurs souvenirs de dégustation et plaide pour une approche conviviale et décomplexée du vin.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h15
    |

                            Laure Gasparotto








                              

                        

Ecrivain, cinéaste, scénariste, documentariste, enseignant, Philippe Claudel, 56 ans, vit plusieurs passions, auxquelles il faut ajouter le vin – il a notamment édité plusieurs ouvrages sur le sujet. Publié dans une quarantaine de pays, l’auteur lorrain, membre de l’Académie Goncourt, a ­obtenu le prix de la Paulée de Meursault en 2017. Alors qu’il sort son dernier livre, ­L’Archipel du Chien (Stock), il a pris le temps d’évoquer sa culture bacchique.
Quelle est votre dernière belle rencontre liée au vin ?
C’était à Meursault, où j’ai pu dialoguer avec Gérard Margeon, le sommelier du cuisinier Alain Ducasse. Il m’a proposé de venir visiter la cave du Plaza Athénée. J’y suis allé. J’ai découvert un fou furieux passionné. Le hasard a voulu qu’il me parle de sa passion pour Tinos, une île grecque volcanique, au milieu de la ­Méditerranée, lieu nourricier de notre civilisation. Une île qui ressemble à celle que j’évoque dans L’Archipel du Chien. J’ai été ébloui par le blanc iodé de Tinos et son rouge somptueux, sans oublier l’émotion que procure un vin qui n’avait pas été produit depuis des siècles, avec des cépages autochtones. A l’aveugle, j’aurais été incapable de dire d’où ils venaient.
Vous vivez en Lorraine, une région sans ­vignoble. Comment avez-vous ­découvert le vin ?
Je vis en fait dans une région viticole d’avant le phylloxéra. En Meurthe-et-Moselle et en ­Moselle, il y avait quelques milliers d’hectares de vignes. Il ne reste plus qu’une poignée de ­vignerons sur peu de parcelles. Je suis né à Dombasle-sur-Meurthe, qui était autrefois un village vigneron. On a toujours la ruelle du pressoir… Je possède encore un verger que j’entretiens, avec quelques vieux ceps qui surgissent au milieu des mirabelliers.
Mon premier verre de vin était une gourde. Mon père était d’une famille modeste : il ­buvait du vin trois étoiles, livré par le marchand de charbon. C’était le vin...




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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ L’exploit de Voodoo, jeune PME des jeux vidéo qui vient de lever 172 millions d’euros, ne doit pas faire oublier que les jeunes pousses ont encore du mal à grandir en France, note l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« La French Tech n’a encore fait émerger aucun géant comparable à ceux de l’Amérique ou l’Asie »

L’exploit de Voodoo, jeune PME des jeux vidéo qui vient de lever 172 millions d’euros, ne doit pas faire oublier que les jeunes pousses ont encore du mal à grandir en France, note l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h44
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Au sommet du panthéon vaudou trône Mawu, le dieu inaccessible. Il n’est pas représenté, on se contente de le glorifier. Ses créatures, elles, interagissent avec les humains. La French Tech est un peu le Mawu de la technologie française. On le glorifie sans pouvoir le représenter. Son prêtre actuel, le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, s’est livré, vendredi 25 mai, en clôture du salon Viva Technology, à une nouvelle incantation : il faut faire émerger des champions internationaux, et passer de l’éclosion des 10 000 start-up à leur envol !
Il reste un peu de chemin à parcourir, mais un petit miracle est intervenu. On apprenait ce lundi 28 mai que la bien nommée Voodoo, jeune PME des jeux vidéo, venait de réaliser un sortilège de taille : ramasser d’un coup 172 millions d’euros d’argent frais dans une levée de fonds souscrite intégralement par un fonds appartenant à la banque Goldman Sachs. Un véritable exploit pour une entreprise de 150 personnes, au chiffre d’affaires inconnu mais encore très modeste, d’autant plus que les créateurs sont parvenus tout de même à conserver la majorité du capital. C’est la plus grosse opération de ce genre en France depuis celle de Blablacar qui avait collecté la même somme en 2015.
Même pour le géant Goldman Sachs, investir près de 200 millions de dollars dans une start-up française est inhabituel. Cela traduit l’engouement actuel des financiers pour le monde du jeu vidéo. Les petits jeux gratuits sur mobile de Voodoo se classent régulièrement dans les plus grands succès mondiaux. La semaine dernière, son jeu Helix Jump, qui consiste à faire progresser une bille dans le labyrinthe d’une hélice, a été la troisième application gratuite la plus téléchargée sur iPhone aux Etats-Unis. Au début du mois de mai, l’introduction en Bourse d’un autre français, Dontnod, avait rencontré un grand succès, lui permettant de récupérer 30 millions d’euros.
La barre des 200 millions...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte nette atteint 7,5 milliards d’euros, contre 1 milliard d’euros sur la même période en 2017.
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Malgré des rendements en berne, l’assurance-vie séduit de nouveau

Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte nette atteint 7,5 milliards d’euros, contre 1 milliard d’euros sur la même période en 2017.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h48
    |

            Jérôme Porier








                        



   


« Après une année 2017 difficile, l’assurance-vie retrouve ses marques », déclare Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne. En avril, pour le cinquième mois consécutif, le « placement préféré des Français » a enregistré une collecte nette positive de 2 milliards d’euros.
Sur les quatre premiers mois de l’année, la collecte nette atteint 7,5 milliards d’euros, contre 1 milliard d’euros sur la même période de 2017. L’encours est désormais de 1 679 milliards d’euros. Le mois d’avril réussit traditionnellement bien à l’assurance-vie puisque une seule décollecte a été enregistrée en une décennie, en 2012.
« La montée des incertitudes économiques incite les Français à mettre de l’argent de côté. Dans un tel contexte, le retour vers les valeurs sûres que ce sont l’assurance-vie et le Livret A est traditionnel. Il en résulte une collecte brute dynamique et des sorties limitées faute de projets à financer ou d’alternatives en matière de placement », estime M. Crevel.

        Lire aussi :
         

                Assurance-vie: les rendements des fonds en euros en berne



Autre constat : la faiblesse des rendements des fonds en euros (tombés en moyenne aux alentours de 1,5 % en 2017) incite les titulaires de contrats d’assurance-vie à opter pour les unités de compte (UC), qui permettent d’investir dans des actifs risqués comme la Bourse ou l’immobilier. Au mois d’avril, elles ont représenté 27 % de la collecte brute.
Cette montée en puissance confirme les résultats d’une enquête réalisée par le Cercle de l’Épargne et l’association d’assurés Amphitéa. Selon cette étude, 46 % des souscripteurs d’un contrat d’assurance-vie seraient prêts à transférer tout ou partie de leur épargne investie en produits de taux sur des produits plus risqués (unités de compte ou actions).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Quatorze mille étudiants se forment en économie, finance ou sciences politiques dans cet établissement qui compte parmi les plus réputés d’Europe.
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L’université Bocconi, symbole de l’ouverture milanaise

Quatorze mille étudiants se forment en économie, finance ou sciences politiques dans cet établissement qui compte parmi les plus réputés d’Europe.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h21
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

« Ici, il y aura un complexe sportif avec une piscine olympique. Là, un immeuble avec quelques milliers de chambres étudiantes. » Gianmario Verona, recteur de l’université Bocconi, balaie du doigt le plan affiché en trois dimensions sur l’écran de son ordinateur. « Bientôt, nous ressemblerons à un campus à l’américaine. »
Sise au cœur de Milan, Bocconi – 14 000 étudiants, spécialisée en économie, finance et sciences politiques – est sur le point de doubler la taille de ses bâtiments. Un symbole pour cette institution qui incarne l’ouverture européenne de la ville lombarde.

De fait, elle est présidée par Mario Monti, personnalité européenne passée par la Commission, qui dirigea le gouvernement italien entre 2011 et 2013 à la suite de la démission de Silvio Berlusconi. Elle se targue d’avoir vu défiler sur ses bancs de nombreuses figures de la capitale économique, comme son maire Giuseppe Sala, qui fut également le grand ordonnateur de l’Exposition universelle de 2015.
Elle collectionne les bons scores dans les classements internationaux : 10e université mondiale en business et management, 16e mondiale en économie, 11e mondiale en sciences sociales, selon le classement planétaire des universités QS. Et 6e meilleure école de commerce en Europe dans le classement 2017 du quotidien britannique Financial Times. « Nous sommes un mélange italien de Sciences Po Paris et de l’Insead [Institut européen d’administration des affaires] », résume M. Verona.

Bocconi n’a pourtant pas toujours joué dans la cour des grandes universités. Privée (son budget dépend pour l’essentiel des frais d’inscription, de 14 000 euros par an au maximum), elle est née en 1902, grâce au don de Fernandino Bocconi, un riche marchand propriétaire de la chaîne Magazzini Bocconi – l’équivalent des Galeries Lafayette. C’était alors une petite école locale, première à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ La capitale économique italienne veut croire que la crise politique ne l’affectera guère.
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Italie : Milan l’européenne résiste au populisme

La capitale économique italienne veut croire que la crise politique ne l’affectera guère.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h17
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Façade néo-Renaissance, statues de marbre et fresques du sol au plafond : dans le cossu palais Turati, au centre de Milan, les turpitudes de la vie politique romaine semblent lointaines. Construit en 1876 pour Francesco et Emilio Turati, deux négociants en coton lombards, le bâtiment abrite aujourd’hui la chambre de commerce milanaise et des bureaux d’entreprises. Tandis qu’à Rome, le torchon brûle entre les populistes et le président Sergio Mattarella, ouvrant la voie à des élections anticipées, ici, le business continue. « Bien sûr, nous sommes inquiets, confie Pier Andrea Chevallard, patron de Tecnoinvestimenti, un groupe de 1 200 salariés proposant des services digitaux aux PME. Mais nous avons l’habitude des changements de gouvernement. Et puis, Milan n’est pas comme le reste de l’Italie. Ici, nous pensons global. »
Ces derniers jours, une drôle d’ambiance règne dans la capitale économique italienne. Les financiers, manageurs et chefs d’entreprise se montrent préoccupés par la crise politique secouant le pays, comme par la possible arrivée au pouvoir de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (anti-système). « Les investisseurs n’apprécient jamais l’instabilité, les doutes sur la situation politique alimentent l’attentisme », résume Marco De Benedetti, directeur général de la société d’investissement Carlyle.
Mais, derrière la prudence affichée, les Milanais refusent de céder à la panique. Beaucoup restent confiants. Presque optimistes. Un peu arrogants, parfois. Comme si la politique ne pouvait guère affecter la bonne marche des affaires, ici, au cœur du puissant nord industriel et financier de la Botte. « Notre ville a toujours fait preuve de résilience, explique Luigi Consiglio, président de GEA, un cabinet de conseil milanais. Nous avons survécu à l’ère Berlusconi, à la chute de Lehman Brothers, à la crise grecque et, avant cela, aux Brigades rouges : après tant d’adversité, nous pouvons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ A 80 ans, Charles Edelstenne prend les commandes de la holding familiale. Il aura pour mission d’éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.
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Mort de Serge Dassault  : une succession sous surveillance

A 80 ans, Charles Edelstenne prend les commandes de la holding familiale. Il aura pour mission d’éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h23
    |

            Isabelle Chaperon et 
Dominique Gallois








                        



                                


                            

Du premier au dernier jour, la vie de Serge Dassault aura été placée sous le signe des aéronefs. L’industriel français de 93 ans, fils du fondateur du groupe Dassault, est décédé lundi 28 mai alors que s’ouvrait le salon Ebace de Genève consacré à l’aviation d’affaires. C’est là que Charles Edelstenne, son bras droit, a appris sa disparition.
A 80 ans, ce dernier se retrouve de facto aux commandes d’un empire familial présent dans l’aéronautique à travers Dassault Aviation (Rafale, Falcon), l’édition de logiciels (Dassault Systèmes), les médias (Le Figaro), en passant par les vignobles (Château Dassault) et les ventes aux enchères (Artcurial). Sa mission : éviter toute secousse au sein d’un groupe stratégique pour l’industrie française et la défense nationale.
Jusqu’au bout, l’ancien sénateur a tenu à travailler. Il a été victime d’une défaillance cardiaque dans son bureau du rond-point des Champs-Elysées. Le 8 mars, il assistait encore à la présentation des résultats annuels de l’avionneur sur la péniche ancrée face au siège de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). L’âge avançant, il avait toutefois organisé, voilà quatre ans, en juillet 2014, le processus de sa succession.
Le plus Dassault de tous les Dassault
Il avait alors désigné Charles Edelstenne pour le remplacer « automatiquement », et ce « en cas de vacance de la présidence de GIMD [Groupe industriel Marcel Dassault, la holding du groupe] pour quelque motif que ce soit ». Serge Dassault ne s’en cachait pas. Il ne se voyait pas passer la main à l’un de ses quatre enfants. Pas même à Olivier, même si le député de l’Oise en rêvait, d’autant plus que son grand-père Marcel l’aurait bien propulsé à la tête du groupe plutôt que d’y introniser son fils Serge. Exclus aussi Laurent, Thierry ou Marie-Hélène.

Après Marcel et Serge, la succession familiale s’annonce délicate alors que ce groupe a fêté en 2017 son premier siècle d’existence. Et l’homme-clé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le président des Etats-Unis doit dire avant le 1er juin s’il taxe ou non les importations américaines d’acier et d’aluminium européens.
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Commerce : l’Europe fataliste face à Donald Trump

Le président des Etats-Unis doit dire avant le 1er juin s’il taxe ou non les importations américaines d’acier et d’aluminium européens.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h14
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Trois mois après le début des tensions commerciales avec les Etats-Unis, les Européens savent désormais à quoi s’en tenir : leur allié américain n’est pas un partenaire fiable. Avec la répudiation de l’accord sur le nucléaire iranien, l’annulation unilatérale du sommet historique avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, Donald Trump multiplie les preuves de son imprévisibilité, de son obsession pour les promesses de campagne à son électorat national, et du peu de cas qu’il fait de ses alliés pourtant historiques.
Jeudi 24 mai, le président américain s’est brutalement lancé dans une nouvelle bataille en demandant à ses équipes de vérifier si les importations automobiles aux Etats-Unis ne menaçaient pas la sécurité nationale. Le même argument avait été brandi en mars pour justifier sa volonté d’imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium, taxes jugées injustes, voire ridicules, par les Européens, les surplus chinois étant les grands responsables des difficultés de l’acier américain, mais aussi européen, ces dernières années. « On est dans la démonstration de force puérile, l’argument purement électoral avant les élections à mi-mandat, en novembre », glisse, exaspéré, un dirigeant européen.
« On attend le Tweet »
En attendant, les Européens semblent devenus fatalistes. M. Trump décidera-t-il finalement de taxer à 25 % leurs exportations d’acier et à 10 % celles d’aluminium, au 1er juin, date butoir qu’il a fixée il y a un mois ? Optera-t-il seulement pour des quotas d’importations ou ira-t-il, miracle, jusqu’à lever définitivement ces menaces ? « Personne n’en sait rien, y compris sans doute dans l’administration américaine », confie une source bruxelloise haut placée. « On attend le Tweet de Trump », répètent les diplomates.
Cette stratégie américaine de la déstabilisation permanente a-t-elle payé ? Pour l’instant, pas franchement. Donald Trump n’a vraiment gagné...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures, mardi après-midi, près de 175 000 employés. L’entreprise tente d’apaiser les tensions après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux Noirs dans un café en avril.
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Aux Etats-Unis, Starbucks ferme 8 000 cafés le temps d’une formation contre le racisme

Cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures, mardi après-midi, près de 175 000 employés. L’entreprise tente d’apaiser les tensions après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux Noirs dans un café en avril.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 12h09
   





                        



Peut-on apprendre à ses employés à ne pas être racistes ? La chaîne de cafés Starbucks se lance mardi 29 mai dans cet exercice délicat, avec une session de formation sans précédent qui entraînera la fermeture exceptionnelle de tous les cafés directement gérés par la chaîne aux Etats-Unis, soit quelque 8 000 établissements.
Mardi après-midi, cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures près de 175 000 employés. Le 17 avril, quelques jours après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux jeunes hommes noirs dans un café de Philadelphie, les dirigeants de Starbucks avaient tenté d’apaiser les tensions en annonçant cette journée de formation.
Une arrestation au seul motif que les deux hommes demandaient à attendre l’arrivée d’une connaissance avant de consommer. La scène, filmée par un smartphone, avait été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Des manifestations avaient suivi, avec la menace d’un boycottage pour cette chaîne de café aux Etats-Unis.

@Starbucks The police were called because these men hadn’t ordered anything. They were waiting for a friend to show… https://t.co/gQ6HFw3fYZ— missydepino (@Melissa DePino)


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L’incident a illustré de façon frappante les discriminations fréquentes que subissent toujours les Noirs aux Etats-Unis, dans un contexte de tensions raciales exacerbées depuis l’élection de Donald Trump.
Un résultat loin d’être garanti
Plusieurs responsables ont salué l’initiative de Starbucks, soulignant cependant que le résultat est loin d’être garanti. « C’est historique, je ne connais pas d’autre société aussi omniprésente que Starbucks qui ait montré sa volonté de prendre le racisme par les cornes », a déclaré Sherrilyn Ifill, présidente du Legal Defense and Education Fund, émanation de la puissante organisation de défense de la cause des Noirs NAACP. 
« Ils ouvrent la voie aux entreprises qui vendent au grand public pour qu’elles s’attaquent honnêtement et franchement aux inégalités raciales », a ajouté Mme Ifill, sollicitée par la direction de Starbucks pour aider à préparer cette formation.
Une aide fournie par les organisations de lutte contre les discriminations, non sans conditions. « Nous avons dit clairement que nous n’allions pas valider aveuglément leur programme si nous ne pensions pas qu’il puisse tenir ses promesses », a déclaré Heather McGhee, présidente de l’association Demos, également consultée par Starbucks. « Nous ferons un rapport au début de l’été avec une liste plus complète de choses à faire pour vraiment montrer l’exemple sur cette question », a précisé Mme McGhee.
Starbucks semble avoir entendu les réserves des associations. « Le 29 mai n’est pas une solution, mais c’est un premier pas », a prévenu la direction sur son site Internet. « La première session se concentrera sur la compréhension de ce qu’est le biais racial et l’histoire des lieux publics aux Etats-Unis. Les prochaines formations porteront sur toutes les sortes de discriminations et d’expériences. »
En quoi concrètement va consister la formation de mardi ? Starbucks a refusé que les médias assistent à l’exercice. Dans un petit film de présentation, l’entreprise américaine explique simplement que les employés devront visionner un film original du documentariste Stanley Nelson sur l’histoire des Noirs américains, et discuteront ensuite en petits groupes de leurs expériences de discriminations raciales. Le tout encouragé par de petits discours des dirigeants de l’entreprise née en 1971, Howard Schultz et Kevin Johnson.
Aussi incertain que soit le résultat, Sharon Rush, spécialiste des relations interraciales à l’université de Floride, espère que Starbucks poussera d’autres entreprises à multiplier les formations sur les discriminations raciales, comme elles ont multiplié les formations sur le harcèlement sexuel. « Si d’autres entreprises disent “Nous aussi, il faut qu’on fasse ça” », dit-elle, « ce sera vraiment un résultat positif ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek propose d’appliquer quatre principes qui pourraient contribuer à définir un usage responsable de ces ­outils capables de provoquer la mort sociale, voire la mort tout court d’un individu.
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Réseaux sociaux : « Les téléphones, les tablettes, les ordinateurs sont devenus des armes létales »

Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek propose d’appliquer quatre principes qui pourraient contribuer à définir un usage responsable de ces ­outils capables de provoquer la mort sociale, voire la mort tout court d’un individu.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h00
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)







                        



                                


                            
Transformations. « Après plusieurs jours d’insultes et de harcèlement, je quitte les réseaux sociaux. » En une seule phrase, sobre mais ­précise, publiée sur son blog, la militante Caroline De Haas a rappelé le caractère inacceptable des insultes et des actes de harcèlement sur les réseaux sociaux et de microblogage. Elle a, ainsi, inversé le mouvement lancé quelques mois plus tôt par une autre militante, Sandra Muller, qui lançait, en octobre 2017, un appel aux femmes victimes de harcèlement sexuel : « #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèl [em] ent sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
En accusant une personne d’un crime, réel ou imaginaire, nous pouvons, en quelques minutes, ruiner la réputation, la vie personnelle, la carrière de n’importe qui
Cette différence d’attitude nous incite à nous interroger sur les limites que nous souhaitons nous imposer, individuellement et collectivement, dans l’utilisation de ces réseaux. Pourquoi cette question est-elle importante ? Parce que les téléphones, les tablettes, les ordinateurs sont, avec ces ­réseaux, devenus des armes létales. En accusant une personne d’un crime, réel ou imaginaire, et en diffusant cette accusation à mille suiveurs, qui la rediffusent chacun à mille autres, nous pouvons, en quelques minutes, atteindre des millions de personnes et ruiner la réputation, la vie personnelle, la carrière de n’importe qui.
Et, en insistant un peu, provoquer sa mort sociale, voire sa mort tout court. Peu importe que la justice, quelques mois plus tard, condamne l’accusé ou l’innocente, voire condamne l’auteur de ces accusations : cette information passera inaperçue. Et ce grand pouvoir ne peut se concevoir qu’accompagné de grandes responsabilités…
Principes impératifs
Nous pourrions, par exemple, décider collectivement de nous imposer quatre principes pour un usage responsable de ces réseaux. Bien entendu,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ L’industriel s’intéressait de près à la ligne éditoriale du quotidien et n’hésitait pas à afficher ses convictions, ce qui provoquait parfois des tensions avec la rédaction.
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Avec la mort de Serge Dassault, « Le Figaro » tourne la page d’un patron très présent

L’industriel s’intéressait de près à la ligne éditoriale du quotidien et n’hésitait pas à afficher ses convictions, ce qui provoquait parfois des tensions avec la rédaction.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h55
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Sans Serge Dassault, que va devenir Le Figaro ? Lundi 28 mai, la mort de l’industriel, qui avait racheté le journal au groupe Robert Hersant en 2004, ne semble pas inquiéter en interne. Le maintien de la branche médias, Groupe Figaro, au sein de la holding familiale Groupe Industriel Marcel Dassault, ne fait pas de doute. La relative sérénité est aussi due à la bonne santé du journal : 34 millions d’euros de résultat en 2017, pour 550 millions de chiffre d’affaires.
« Serge Dassault aimait “Le Figaro”. Il avait la conviction que le journal devait être fort économiquement pour pouvoir être influent et porter ses valeurs. Car c’était un entrepreneur avant tout, témoigne Marc Feuillée, le directeur général du groupe. Une grande partie de la réussite actuelle du “Figaro” est la sienne : il a décidé d’investir dans le journal, de le moderniser et de construire un groupe autour. Cela protège le titre. »

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Aujourd’hui, le quotidien ne représente que 20 % de l’activité du groupe : Le Figaro a revendu le Groupe L’Express en 2006, mais a beaucoup développé le numérique puis racheté le groupe CCM Benchmark en 2015. Il possède aujourd’hui plusieurs titres et services thématiques : L’Internaute, JDN, Le Particulier, Jours de France…
Toutefois, Le Figaro tourne la page d’un patron très présent, qui ne cachait pas qu’il s’intéressait à l’éditorial et avait des convictions. Les « journaux doivent diffuser des idées saines », « pas de la désinformation », avait-il dit dans une intervention sur France Inter, en décembre 2004, ajoutant : « Les idées de gauche ne sont pas des idées saines. Nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche qui continuent. »
Rituel des vœux
Les débuts sont marqués par une série de tensions avec la rédaction, notamment à la suite d’un article sur la visite en France du président algérien Abdelaziz Bouteflika dans lequel un passage mentionnant un contrat de vente d’avions Rafale avait été censuré.
Recevant la société des rédacteurs (SDR), il avait jugé « qu’il y a quelquefois des informations qui nécessitent beaucoup de précautions », citant les « contrats en cours de négociation ». « Il y a des informations qui font plus de mal que de bien. »

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Quand Etienne Mougeotte était directeur du Figaro, la SDR s’était plainte de la proximité du journal avec Nicolas Sarkozy, qui a salué lundi la mort d’un « ami ». En février 2012, les journalistes avaient voté une motion rappelant que leur « journal d’opinion n’est pas le bulletin d’un parti, d’un gouvernement ou d’un président de la République ». Pour traiter des affaires judiciaires dans lesquelles était impliqué le propriétaire du Figaro, un modus vivendi avait été trouvé : des comptes rendus factuels étaient publiés.
Une fois par an, Serge Dassault s’invitait même dans les pages, pour ses vœux devenus un rituel. Il y fustigeait la dette, les 35 heures, le nombre de fonctionnaires… Ceux de cette année saluaient l’élection d’Emmanuel Macron, alors que la direction de son journal avait soutenu le candidat de la droite, François Fillon, pendant la présidentielle de 2017. « Dans l’intérêt de la France, qui doit rester notre seule boussole, on ne peut que souhaiter sa réussite », écrivait-il. Un souhait mêlant conviction et pragmatisme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les Etats-Unis se fermant de plus en plus aux industriels chinois, l’intérêt de Pékin pour les actifs européens s’accroît.
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édition abonné


Les Européens redoutent de faire les frais de la négociation commerciale entre Washington et Pékin

Les Etats-Unis se fermant de plus en plus aux industriels chinois, l’intérêt de Pékin pour les actifs européens s’accroît.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h34
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            
Spectacteurs et malgré tout perdants ? Tel est le risque encouru par les Européens face à la négociation commerciale en cours entre les Etats-Unis et la Chine. L’épreuve de force engagée par le président américain, Donald Trump, qui menaçait Pékin de taxes sur 50 milliards de dollars (42,5 milliards d’euros) de marchandises importées, a abouti à un armistice, annoncé le 19 mai. Une trêve conclue sur la promesse des Chinois d’acheter plus de produits américains, notamment agricoles et énergétiques, et de baisser leurs droits de douane sur les importations de voitures.
Jusqu’ici, les dommages semblent contenus pour l’Union européenne (UE), dont le marché automobile devrait profiter des annonces chinoises. Mais les pourparlers ne sont pas terminés. Le secrétaire américain au commerce, Wilbur Ross, doit se rendre à Pékin du samedi 2 au lundi 4 juin. Avec l’objectif plus ou moins affiché d’obtenir davantage de la Chine, alors qu’une partie du Congrès s’est émue de voir le géant asiatique s’en tirer à relativement bon compte. Selon le Financial Times, Washington cherche à sceller avec Pékin des contrats pluriannuels sur une série de produits.
« Il faudra juger si le futur accord présente un risque d’éviction pour l’UE sur le marché chinois, prévient un observateur avisé. Le danger, c’est que les Etats-Unis extraient sous la menace des concessions unilatérales qui se fassent au détriment des autres partenaires. » Une méthode contraire aux principes revendiqués par la Commission européenne en matière de libre-échange.
« Arriver à l’indépendance technologique »
Pour l’heure, si la Chine a promis d’acheter plus de biens américains, elle s’est refusée à tout objectif chiffré. « Mais il n’est pas dit que le deal final sera entièrement public », estime François Godement, directeur du programme Chine et Asie à l’European Council on Foreign Relations. De fait, un arrangement tenant du commerce administré serait irrégulier...




                        

                        


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Reportage

Sécheresse, inondations, chenilles légionnaires : le coton burkinabé en danger

Après une campagne 2017-2018 désastreuse, le pays a perdu sa place de premier producteur africain. A l’aube d’une nouvelle saison, les paysans sont inquiets.

Par                Sophie Douce (Guiaro (Burkina Faso), envoyée spéciale)



LE MONDE
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        Le 29.05.2018 à 10h00






    
Récolte de coton à Boromo, au Burkina Faso, en mars 2017.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Dans son champ de coton, Mathieu Idogo attend la pluie qui devrait enfin nourrir la terre ocre de son village, dans le sud du Burkina Faso. « Il est tombé seulement 14 mm la semaine dernière, il faut au moins le triple pour ramollir le terrain », explique ce producteur de Guiaro, à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec le Ghana, en examinant la poignée de sable qu’il vient de ramasser. Il devra encore patienter avant de labourer sa parcelle pour la prochaine saison agricole.
« On prie Dieu pour avoir plus de pluie cette année », confie ce père d’une famille de quatre enfants qui cultive le coton depuis vingt ans. Car lors de la dernière saison, plusieurs épisodes de sécheresse ont frappé le pays. « Le mois d’août 2017 a été particulièrement dur, avec une période d’une semaine à sec », observe Mathieu Idogo. Propriétaire de deux parcelles de six hectares, il se désole : « Je n’ai réalisé que 668 500 francs CFA [1 019 euros] de recettes, contre 1,5 million de francs CFA l’année précédente. C’est une perte énorme. Je suis très inquiet, je ne sais même pas comment on va démarrer la saison qui arrive. »

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La campagne cotonnière 2017-2018 a été un choc pour les paysans burkinabés. Le 28 avril, l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), rassemblant producteurs et égreneurs, a dressé un bilan inquiétant : la production de coton, principal produit d’exportation du pays, a baissé de 10 % par rapport à la campagne précédente, portant le rendement moyen à « un niveau historiquement bas de 696 kg à l’hectare, contre 920 kg en 2016-2017 ». Conséquence : le Burkina Faso, jusqu’alors premier producteur africain de coton, a cédé sa place au Mali.
Difficile de se procurer des insecticides
Mais la sécheresse n’est pas le seul fléau qui accable Mathieu Idogo. Il y a deux ans, il a vu apparaître pour la première fois des chenilles légionnaires sur sa parcelle : « Elles sont arrivées en août [pendant la saison des pluies] et en trois jours elles ont détruit le champ », rapporte-t-il.
Ces larves de papillon, détectées pour la première fois en Afrique en 2016, s’attaquent au coton, au maïs, au riz, au sorgho et aux cultures potagères. Elles font des ravages dans les champs des paysans burkinabés, déjà touchés par les chenilles carpophages et les mouches blanches. Pour les éliminer, Mathieu Idogo utilise des pesticides, parfois difficiles à se procurer. « Au moment où je vous parle, il n’y a pas de Titan, le produit que j’utilise, dans ma commune. On espère être livré d’ici l’été », s’inquiète le producteur, également maire adjoint de Guiaro.

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A trois kilomètres de là, Deborah Neyaga Kouboumon, 67 ans, produit du coton depuis quarante ans. Le dos à peine courbé, un pagne noué à ses hanches fines, elle a l’agilité de ceux qui se sont esquintés à ramasser la fibre blanche des petits arbustes. Pour cette veuve, mère de huit enfants et grand-mère de sept petits-enfants, le problème est avant tout financier. « Je n’ai pas les moyens d’acheter assez d’engrais et de pesticides », explique-t-elle, assise en tailleur à l’ombre d’un caïlcédrat, près des cases en terre séchée et en chaume de son village.
A 3 000 francs CFA le litre d’insecticide (4,57 euros), 15 000 francs CFA le sac d’engrais de 50 kg et 1 200 francs CFA celui de semence, difficile pour certains petits producteurs de se fournir auprès des sociétés cotonnières. Avec son maigre lopin de terre de 0,25 hectare, Deborah Neyaga Kouboumon gagne environ 50 000 francs CFA par an. « C’est difficile mais on n’a pas le choix, on se débrouille, je récolte du niébé et des arachides pour compléter », indique celle qui préside un groupement d’une soixantaine de femmes productrices de coton de la commune. « Elles ont gagné le prix du meilleur rendement en 2012 et 2013 ! », rappelle Mathieu Idogo.
Mais aujourd’hui, le coup est dur. « Ma récolte a baissé de 60 % par rapport à l’année dernière », détaille Deborah Neyaga Kouboumon. « Tout le département a été touché par la chute de la production. Nous arrivons à 4 000 tonnes de coton cette année, contre 700 000 tonnes il y a dix ans. Les agriculteurs sont inquiets », souligne Nenyaga Ayaga, le président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) dans le département de Guiaro, qui comptabilise près de 7 000 exploitants.
Des aléas climatiques de plus en plus intenses
Au siège de l’AICB, à Ouagadougou, le secrétaire à l’information Ali Compaoré, par ailleurs directeur de la Socoma, l’une des trois grandes sociétés cotonnières du pays, analyse : « C’est du jamais-vu. Il y a eu deux phénomènes cette année : la faible pluviométrie et l’explosion parasitaire, le manque de pluie ayant favorisé la prolifération des ravageurs. » Le Grand Ouest, qui représente près de 80 % de la production nationale, a été le plus durement touché.
Pour aider les producteurs, le gouvernement a annoncé en avril « un soutien exceptionnel de 14 milliards de francs CFA » (21,3 millions d’euros) destiné à subventionner les intrants et à régler les impayés. Une assurance agricole devrait également voir le jour « dans l’année » pour indemniser les agriculteurs en cas de sinistre.

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Pour Moussa Sanon, chercheur à l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Inera) de Ouagadougou et spécialiste en climatologie agricole, il faut se préparer à des aléas climatiques de plus en plus intenses dans la région : « On assiste à une aggravation des phénomènes ces dernières années, les sécheresses sont de plus en plus extrêmes et les inondations catastrophiques. Et au Burkina Faso, nous sommes d’autant plus vulnérables que nous avons des sols pauvres. »
D’ici à 2020, les rendements de l’agriculture pluviale pourraient diminuer de 50 % dans certains pays africains sous l’effet du changement climatique, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ L’entreprise coréenne Bluehole accuse l’américain Epic Games d’avoir plagié son titre, alors qu’elle en est par ailleurs cliente.
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Jeu vidéo : le studio derrière « PUBG » a attaqué « Fortnite » en justice

L’entreprise coréenne Bluehole accuse l’américain Epic Games d’avoir plagié son titre, alors qu’elle en est par ailleurs cliente.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 09h54
   





                        



   


Bluehole, le studio sud-coréen qui a développé le succès de 2017, PlayerUnknown’s BattleGrounds, a déposé en janvier un dossier de plainte auprès du tribunal de Séoul contre son partenaire américain Epic Games pour plagiat, relate le quotidien anglophone The Korea Times dans un article publié vendredi 25 mai.
Epic Games est à l’origine de Fortnite, le jeu phénomène de l’année 2018. En développement depuis six ans, il avait connu un lancement discret à l’été 2017, avant de voir sa popularité exploser dès l’ajout d’un mode « Battle royale » – un dispositif de jeu compétitif à un contre 100 sur une même carte de jeu, dont la surface se réduit au fur et à mesure. Le concept est déjà celui qui avait fait le succès de PUBG, imaginé par le père du Battle royale, Brendan Greene.

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« Nous avons porté plainte en janvier pour protéger nos droits d’auteur », a expliqué un porte-parole de BlueHole cité par Korean Times. Par la voix de son directeur Chang Han-kim, le studio sud-coréen avait déjà fait part de son mécontentement en septembre 2017 à propos d’Epic Games, qui lui fournit par ailleurs un logiciel technique, le moteur 3D Unreal Engine 4 (UE4) :
« Nous avions une relation en cours avec Epic Games durant le développement de PUBG, puisqu’ils sont les créateurs de l’UE4, le moteur que nous utilisons pour le jeu. Après avoir écouté les retours grandissants de notre communité et essayé Fortnite nous-même, nous nous inquiétons du fait qu’il puisse être un duplicata de l’expérience qui a rendu PUBG célèbre. »

   


Chang Han-kim, qui relevait par ailleurs des références explicites à PUBG dans la communication de Fortnite, avait alors fait savoir que sa société étudiait ses options.
Selon le dernier décompte connu, le jeu d’Epic Games a dépassé les 45 millions de joueurs et 3 millions de joueurs simultanés. PUBG a connu au contraire une chute de 50 % de sa fréquentation depuis le début d’année 2018.
S’il lui emprunte son mode Battle royale, la production d’Epic Games se différencie de celle de BlueHole sur plusieurs aspects, que ce soit son modèle économique (le jeu est gratuit d’accès), son univers (cartoon davantage que militaire) et ses fonctionnalités (il est notamment possible de récolter des matériaux pour improviser des constructions de type murs ou escaliers).

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Mme X, 62 ans, célibataire sans enfants, commande une cuisine intégrée pour un montant de 26 000 euros. Elle verse un acompte et décède. Ses deux frères refusent de payer le solde, en soutenant que le contrat qu’elle a passé ne serait pas valide, du fait qu’elle souffrait de troubles psychiatriques.
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