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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Notre chroniqueur émet des réserves sur « cette manie de récompenser par la nationalité tout Africain auteur d’un geste héroïque ».
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Chronique

« Le conte de fées de Mamoudou Gassama cache mal la répression des migrants en France »

Notre chroniqueur émet des réserves sur « cette manie de récompenser par la nationalité tout Africain auteur d’un geste héroïque ».

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 29.05.2018 à 14h10

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        Mis à jour le 29.05.2018 à 14h19






    
Mamoudou Gassama montre son titre de séjour temporaire délivré par la préfecture de Bobigny, en France, le 29 mai 2018.
Crédits : GERARD JULIEN / AFP


Chronique. A Paris, samedi 26 mai, un sans-papiers a sauvé un enfant de 4 ans en escaladant à mains nues quatre étages d’un immeuble. Immédiatement, la vidéo de ce geste héroïque, parfaitement calibrée pour les réseaux sociaux tant elle est brève et spectaculaire, est devenue virale. La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre : lundi, le président Emmanuel Macron a reçu le Malien de 22 ans et s’est engagé à lui accorder la nationalité française.

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Je suis heureux pour Mamoudou Gassama. Quitter une vie de peur permanente, menacé d’enfermement en centre de rétention puis d’expulsion vers Bamako, pour devenir citoyen du pays où il vit est un immense changement. Il pourra travailler et recouvrer la dignité que confère le fait de marcher la tête haute sans jouer à cache-cache avec les policiers. Mais je suis assez réservé sur cette manie des autorités françaises de récompenser par la nationalité tout Africain auteur d’un geste héroïque.
Les migrants sont des personnes, pas des statistiques
La France, ancienne puissance coloniale, a toujours un complexe de supériorité vis-à-vis de nous. Et nous nourrissons ce complexe quand la case Elysée est incontournable pour nos chefs d’Etat, quand les instances de légitimation de nos intellectuels sont encore à Paris, quand pour le citoyen africain moyen la quête d’un visa pour la France s’apparente à celle du Graal. Dans ces conditions, lorsqu’un Malien obtient de façon miraculeuse le passeport français, il ne faut pas s’étonner que cette naturalisation soit vécue comme une élévation à une dignité supérieure : celle d’être français.

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En janvier 2015, le Malien Lassana Bathily, qui s’était illustré lors de l’attentat du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, avait été naturalisé par le président François Hollande, dont le mandat avait été marqué par un projet de loi – avorté – sur la déchéance de la nationalité. Aujourd’hui, c’est au tour de Mamoudou Gassama d’être « anobli » par Emmanuel Macron, lequel est en train de mener la politique la plus répressive en matière d’immigration depuis plusieurs décennies en France.
L’histoire de Mamoudou Gassama est un conte de fées qui cache mal une gestion des migrants à bien des égards critiquable. Elle ne doit pas occulter la réalité des milliers de Maliens qui vivent un enfer dans leur quête d’une vie décente que leur pays ne leur offre pas. Sans le vouloir, Mamoudou Gassama donne une leçon de vie à son bienfaiteur en lui rappelant que les migrants que son gouvernement déshumanise au quotidien ne sont pas des statistiques mais des personnes qui, en fuyant divers drames dont la pauvreté, sont capables de grandeur.
La nationalité française serait-elle plus haute en dignité ?
Une autre chose dans cette affaire m’a arraché un sourire gêné. Il s’agit de la réaction des autorités maliennes. Sur Twitter, l’ancien ministre des affaires étrangères Abdoulaye Diop s’est déclaré « fier » de Mamoudou Gassama et a ajouté, concernant sa naturalisation : « c’est mérité ». L’ambassadeur du Mali en France a quant à lui reçu le « héros » et a salué « un acte de bravoure et de vaillance ». En quête d’un nouveau mandat, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, dont la gestion du pays n’est guère étrangère à cette ruée des jeunes Maliens vers l’Europe, a pour sa part félicité Mamoudou Gassama pour avoir « honoré tout le Mali ».

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                « Le tri des migrants devrait davantage intéresser nos dirigeants que la dernière outrance de Trump »



Ces responsables maliens ne se rendent-ils pas compte que si les conditions d’une vie épanouie étaient réunies au Mali, Mamoudou Gassama n’aurait pas préféré être un sans-papiers à Paris plutôt qu’un travailleur libre de ses faits et gestes à Bamako ? Ne voient-ils pas qu’être fier de la naturalisation annoncée du jeune homme, c’est reconnaître et accepter que la nationalité française est plus haute en dignité que la malienne ? Contre une telle idée, ils devraient pourtant se battre avec les armes que leur confère le suffrage du peuple dont ils sont dépositaires.
Hamidou Anne est un consultant en communication institutionnelle sénégalais qui vit à Dakar. Il est également coauteur de l’ouvrage collectif Politisez-vous !.


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le drame du SAMU de Strasbourg doit inciter à réconcilier salariés et outils numériques, estiment, dans une tribune au « Monde », les ergonomes Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle.
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SAMU : « Ne pas entraver les capacités d’initiative et la créativité des salariés »

Le drame du SAMU de Strasbourg doit inciter à réconcilier salariés et outils numériques, estiment, dans une tribune au « Monde », les ergonomes Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h00
    |

Fabrice Bourgeois et Christophe Vanpoulle (Ergonomes)







                        



                                


                            
Tribune. Le drame de Strasbourg (une femme de 22 ans, Naomi Musenga, est décédée quelques heures après avoir téléphoné au SAMU, les opératrices se sont moquées d’elle et n’ont pas entendu sa souffrance) a mis en évidence des failles dans le modèle d’acheminement et de traitement des appels d’urgence. Des changements devraient suivre, notamment dans la formation initiale et continue des assistants de régulation médicale (ARM) et probablement dans le dispositif d’acheminement des appels.
Le dialogue singulier de l’assistant de régulation médicale (ARM) puis du médecin régulateur avec l’appelant mobilise des exigences physiques, psychologiques et cognitives de haute intensité
Mais il ne faut pas oublier, dans ce plan d’action, ce que doit être la conception des salles de régulation médicales afin que ceux qui y travaillent puissent garantir, individuellement et collectivement, la meilleure efficacité, fiabilité, sécurité, rapidité, etc., de la réception et du traitement des appels. Le dialogue singulier de l’ARM puis du médecin régulateur avec l’appelant mobilise des exigences physiques, psychologiques et cognitives de haute intensité, afin de pouvoir obtenir et extraire de l’échange les informations pertinentes pour prendre le plus rapidement possible la meilleure décision. Chaque seconde gagnée dans cette extraction accroîtra l’efficacité des médecins réanimateurs une fois sur place.
Il faut donc être dans les meilleures dispositions pour tenir le défi d’une sécurisation égale pour tout appel. Ce n’est pas gagné d’avance. La fatigue peut s’insinuer du fait d’une amplification soudaine et persistante des appels ou des amplitudes de travail plutôt longues. Le modèle de salle de régulation a alors un rôle majeur. Certaines conceptions peuvent accentuer la fragilisation des ARM et des médecins régulateurs face à la fatigue ou au débordement. D’autres, au contraire, peuvent produire des réponses salvatrices au maintien de la sécurisation des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Trois jours après avoir secouru un enfant sur le point de tomber du quatrième étage, le Malien de 22 ans a obtenu des papiers, première étape avant une éventuelle naturalisation.
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Mamoudou Gassama, le jeune Malien qui a sauvé un enfant, a été régularisé

Trois jours après avoir secouru un enfant sur le point de tomber du quatrième étage, le Malien de 22 ans a obtenu des papiers, première étape avant une éventuelle naturalisation.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h50
   





                        



   


Comme le lui avait promis Emmanuel Macron lundi lors d’une rencontre à l’Elysée, Mamoudou Gassama, le jeune Malien de 22 ans qui a sauvé un enfant de 4 ans suspendu dans le vide, a reçu mardi 29 mai à la préfecture de Bobigny le récépissé régularisant sa situation.
Le président de la République lui avait également proposé d’engager les démarches en vue d’une naturalisation. Une proposition appuyée par le ministre de l’intérieur dans un tweet.

À un grand homme, la patrie reconnaissante.
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Le jeune homme que l’on surnomme désormais « Spiderman » pour avoir escaladé les quatre étages de l’immeuble à mains nues devrait recevoir d’ici à un mois une carte de séjour de dix ans avant d’être naturalisé français, d’ici à trois mois environ.
Mamoudou Gassama, arrivé en France en septembre après avoir quitté le Mali en 2013, a également signé mardi un contrat de dix mois pour effectuer un service civique au sein de la brigade des Sapeurs pompiers de Paris, comme il en avait émis le souhait. Il travaillait jusqu’à présent « au noir, dans le bâtiment », selon son frère, et logeait dans un foyer de Montreuil.
L’enfant remis à son père
Après avoir été temporairement confié à une structure d’accueil, l’enfant sauvé a quant à lui été remis à son père, qui sera jugé en septembre pour soustraction à des obligations parentales. Il avait chuté alors qu’il était seul à son domicile, son père étant parti faire les courses et sa mère étant à La Réunion au moment des faits.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Alors que s’éteignent les derniers témoins de la Shoah et qu’extrémismes et populismes progressent, le rôle éducatif des lieux de mémoire auprès des jeunes générations est crucial.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Parler au présent, le défi des sites mémoriels

Alors que s’éteignent les derniers témoins de la Shoah et qu’extrémismes et populismes progressent, le rôle éducatif des lieux de mémoire auprès des jeunes générations est crucial.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h13
    |

                            Gilles Rof








                        



   


Aujourd’hui, ce sont les extrémismes identitaires, au pluriel, qui sont l’ennemi. Le djihadisme, les populismes prennent nos démocraties en tenailles. A partir de cette constatation, que fait-on, si ce n’est ­avant tout éduquer ? » Président- fondateur du site mémoriel du camp des Milles, dans les Bouches-du-Rhône, lieu d’internement et de déportation durant la seconde guerre mondiale, Alain Chouraqui n’a qu’un credo : « La connaissance des mécanismes du passé est le principal rempart aux dérives autoritaires et aux discriminations qui mènent aux violences de masse. »
Chaque année, 60 000 adolescents visitent l’imposant site provençal d’où sont partis plus de 2 000 déportés et participent à des ateliers pédagogiques. « La fréquentation des jeunes augmente de 30 % par an sur les trois dernières années. Le contexte politique au sens large, le bouche-à-oreille et le développement de partenariats avec des rectorats ou des collectivités qui financent les voyages expliquent cette hausse », précise-t-il.
Eduquer, oui, mais comment ? Et comment allier mémoire et actualité sans se départir d’une approche scientifique ? Intéresser des jeunes générations à une histoire qui n’a touché directement ni leurs parents ni même, désormais, leurs grands-parents ? Ces questions se posent dans tous les lieux mémoriels et nourrissent les débats au sein du réseau de 28 sites réunis autour de la chaire Unesco « Education à la citoyenneté, sciences de l’homme et convergence des mémoires », un pôle de recherches attaché à l’université d’Aix-Marseille et piloté par Alain Chouraqui.
«Trouver de nouvelles méthodes
« Il y a beaucoup de tentatives pédagogiques différentes, mais toutes confirment une chose : l’énorme impact de l’authenticité d’un site sur les visiteurs. En étant confronté à un espace réel, on s’approche au plus près de l’irréfutable », pose d’emblée Piotr Cywinski, directeur du Musée du camp d’Auschwitz. Chaque année, le site polonais est arpenté par deux millions de personnes, dont plus de la moitié sont des scolaires ­venus du monde entier. Comme les autres responsables de sites mémoriels, l’historien mesure la portée du temps : « Dans la dernière décade, les groupes viennent de moins en moins souvent accompagnés de survivants des camps, ce qui est une évolution capitale. » 

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« Il faut que nous réfléchissions avec les autres responsables des sites de mémoire à la place de la Shoah dans le cursus scolaire, poursuit-il. Elle a été un peu trop facilement rangée dans les livres d’histoire, et il y a un besoin de la replacer dans un schéma moral, éthique et civique. » A Auschwitz, un nouveau bâtiment consacré aux activités pédagogiques ouvrira en mars 2020. Parallèlement, le musée poursuit une politique « à destination de tous ceux qui ne peuvent se rendre jusqu’à lui », comme la définit Piotr Cywinski, en proposant des enseignements numériques sur Internet, en éditant le mensuel Memoria, téléchargé par 20 000 personnes chaque mois, ou en organisant des expositions itinérantes, comme celle qui se tient à Madrid jusqu’en juin.
Pour Marzia Luppi, directrice de la Fondation du camp de Fossoli, camp situé en Emilie-Romagne d’où sont partis plusieurs milliers de déportés vers l’Allemagne, « trouver de nouvelles méthodes, arpenter les thèmes d’aujourd’hui pour impliquer ceux qui ne nous cherchent pas est une voie difficile, surtout si elle est menée dans l’isolement ». Sur ce site italien, 80 % des 30 000 visiteurs annuels sont des lycéens et des étudiants. Marzia Luppi considère leréseau lancé par le camp des Milles comme « une aide importante pour comparer et enrichir sa propre proposition culturelle pédagogique ».
« Des chemins communs de citoyenneté »
Mais elle y perçoit l’objectif plus crucial de « développer des chemins communs de citoyenneté et de cohabitation en dépassant les frontières nationales, et contrer efficacement les menaces des idéologies extrêmes ». Montée des mouvements néofascistes, rejet des migrants, l’Italie vit, comme beaucoup de pays d’Europe, des crispations identitaires. « Les discours publics des politiciens et des médias n’aident pas à ­comprendre les phénomènes à l’œuvre. Tout cela génère une radicalisation et une fermeture de la société », analyse Marzia Luppi, pour qui la priorité vis-à-vis des jeunes générations est « d’en faire des observateurs critiques de leur présent et responsables de leurs choix ».

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« Nous sommes déjà très loin du cours magistral, mais nous devons continuer à nous interroger, à faire évoluer la pédagogie pour mieux toucher ces générations, concède Jean-Louis Kérignard, responsable des formations de référents au camp des Milles. Sur les réseaux sociaux par exemple, il faut pouvoir être présent avec notre voix. Sans se dévoyer ni se laisser noyer. » Pour projeter son message au plus près du terrain, le camp des Milles tisse également un réseau de référents dans des structures diverses. Corps constitués, compagnies de théâtres, centres sociaux… « Ils sont formés et outillés par nous, puis suivis pour construire une action dans la durée contre le racisme, l’antisémitisme. Ils nous soumettent des projets qu’on labellise et finance », précise Alain Chouraqui.
Basée à Toulouse dans le quartier du Mirail, Ilham Grefi est l’une de ses référents. Responsable de l’association Jeunesse Action Loisirs, cette ex-enseignante de 35 ans intervient au sein du collège Bellefontaine, établissement qui a vu passer Mohamed Merah, qui a tué, en 2012, sept personnes, dont trois élèves d’une école juive. « L’antisémitisme n’est pas une gé­néralité dans ces quartiers, mais, après ces attentats, nous avions beaucoup de soucis entre les pro et les anti-Merah, explique Ilham Grefi. ­Depuis trois ans, j’amène ces enfants, pour qui la Shoah, les génocides sont des notions un peu ­fictives, au camp des Milles. Ils sont émus aux larmes et, au retour, racontent ce qu’ils ont vu au quartier. Grâce à ce travail, nous arrivons à faire comprendre que les Mohamed Merah ou les Amedy Coulibaly sont des monstres. »
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation du camp des Milles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’historien et inspecteur général de l’éducation nationale Benoit Falaize préconise une lutte active contre les stéréotypes raciaux et antisémites, en déconstruisant la question des identités dès l’école primaire.
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Lutte contre les extrémismes : « L’urgence n’est pas le passé, mais bien le présent et l’avenir »

L’historien et inspecteur général de l’éducation nationale Benoit Falaize préconise une lutte active contre les stéréotypes raciaux et antisémites, en déconstruisant la question des identités dès l’école primaire.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h15
    |

Benoit Falaize (Inspecteur général de l’éducation nationale et chercheur correspondant au Centre d’histoire de Sciences Po)







                        


Tribune. Après les appels ardents au « devoir de mémoire » des années 1980-1990, des réflexions pédagogiques sont venues alerter, à l’orée du millénaire, sur la difficulté à éduquer les adolescents par des références appuyées aux récits de massacres de masse, en espérant provoquer chez eux une « sidération de la mort ». Dire « plus jamais ça ! » permet-il d’empêcher le pire d’advenir ? L’école sait les limites de cette pédagogie incantatoire.
Les dernières années ont vu l’historiographie la plus pointue irriguer les ouvrages scolaires et les formations des enseignants. Bien sûr, il faut connaître l’histoire et avoir compris les mécanismes qui mènent à la tragédie. Bien sûr, le passé nécessite le souvenir et sa transmission. Pour autant, cela permet-il aux jeunes générations de s’inscrire dans une prise de conscience qui, au moment de prendre des décisions, et de résister, leur indiquera le chemin du refus de la barbarie ?
L’héritage de haines et de guerres que nous a légué le XXe siècle et les extrémismes qui font l’actualité quotidienne du XXIe ne nous donnent pas pour autant la clé pour savoir ce qu’il faut faire afin d’éviter ces drames
La question se pose à l’école, qui n’est pourtant pas en reste. La question des extrémismes est au cœur des programmes d’histoire, tant dans le primaire que dans le secondaire, et est également abordée en classe par la littérature, la philosophie, l’éducation morale et civique, parfois par l’histoire des arts et les multiples projets et réalisations d’élèves au sein du Concours national de la Résistance et de la Déportation, créé en 1961.
L’héritage de haines et de guerres que nous a légué le XXe siècle et les extrémismes qui font l’actualité quotidienne du XXIe ne nous donnent pas pour autant la clé, en matière d’éducation, pour savoir ce qu’il faut faire afin d’éviter ces drames. Deux préalables s’imposent dès lors.
Le premier est lié à l’enseignement d’histoire proprement dit. Même s’il ne peut être à lui seul le garant de la prévention des crimes à venir, il est au cœur de la transmission. Pour cela, introduire la complexité des périodes qui précèdent les tragédies, pour dire le terreau social d’où elles proviennent et réfléchir aux différents points de vue constitue la pratique ordinaire des professeurs d’histoire. Il faut aussi permettre d’aller sur les lieux mêmes (les camps, les lieux de mémoire).

   


A condition, d’une part, d’avoir préparé le voyage en amont, afin que celui-ci ne tourne pas au « tourisme » de mémoire, et, d’autre part, de prévoir un aval pédagogique pour recueillir les paroles et les émotions des élèves, les réflexions historiques que ces visites inspirent, avec l’objectif de produire un travail d’explication et de prise de conscience. L’urgence n’est pas le passé, mais bien le présent et l’avenir.
Une pédagogie de l’anticipation
Le second préalable relève de toutes les disciplines et de tous les enseignants. Une évidence d’abord : il faut que chaque adulte char­gé d’élèves puisse incarner avec conscience les valeurs qu’il prétend enseigner.
Plus lar­gement, l’attention à chacun des élèves, avec patience et un respect profond, est déterminante. C’est aussi à cette condition d’exemplarité professorale que le développement de l’empathie peut être source de valorisation des aptitudes à relever ce qui appartient aux discours de haine ou de compréhension ­attentive de l’autre. C’est conduire une pédagogie tournée résolument vers la compréhension de l’autre, de ses émotions, de ses opinions, du sentiment de justice et d’injustice présent chez chacun des élèves.

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Et c’est bien là l’enjeu : définir, en classe, une pédagogie de l’anticipation, qui permette de travailler sur les signes premiers qui peuvent déboucher sur la haine extrême. Or Albert Einstein l’a déjà dit : « Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome. » Placer la lutte active et quotidienne contre les stéréo­types raciaux et antisémites doit être une priorité pour tout acteur de l’éducation, comme apprendre à déconstruire la question des identités avec les élèves, avant qu’elles ne deviennent meurtrières, pour paraphraser l’académicien Amin Maalouf.
Si le travail n’est pas fait le plus tôt possible, alors on s’engage à ne pas pouvoir rattraper des stéréotypes et des préjugés déjà très ancrés à l’âge de 12 ou 13 ans
Les programmes d’enseignement moral et civique obligent à inverser la logique pédagogique. Ils ne proposent pas aux élèves de recevoir un enseignement descendant, disant la morale et le mal à proscrire, du type « la violence c’est mal, le racisme c’est mal ! », dont on sait le peu d’efficacité réelle depuis plus de vingt ans.
Il s’agit plutôt d’éprouver ce que peuvent être les logiques d’exclusion et de rejet, préludes, dans l’histoire, aux extrémismes les plus dramatiques. Avec cette question d’engagement réel : « Dans une situation pareille, que ferais-tu ? » Car derrière l’engagement démocratique se joue celle, redoutable, de la responsabilité individuelle et collective que sanctionnerait ce constat tardif : « Nous n’avons pas été assez vigilants. »

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L’enseignement doit pouvoir veiller à ce que la conscience morale et civique se construise par la perception éprouvée de ce qui est juste ou non, dès l’école primaire. Si le travail n’est pas fait le plus tôt possible, alors on s’engage à ne pas pouvoir rattraper des stéréotypes et des préjugés déjà très ancrés à l’âge de 12 ou 13 ans. Cette politique éducative, d’une urgente nécessité, est sans ajournement possible. Elle est la garante de ce que nous voulons pour nos enfants, afin, aussi, de leur épargner l’expérience du pire.
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation du camp des Milles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Une conférence-débat organisée le 30 mai par la Fondation du camp des Milles, en partenariat avec « Le Monde », aborde la nécessité d’un enseignement fondé sur une incitation à la tolérance.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’éducation pour lutter contre les extrémismes

Une conférence-débat organisée le 30 mai par la Fondation du camp des Milles, en partenariat avec « Le Monde », aborde la nécessité d’un enseignement fondé sur une incitation à la tolérance.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h16
    |

            Annie Kahn








                        


Chacun sait désormais qu’appliquer le principe « plus jamais ça » est un vœu pieux. Les géno­cides n’ont pas disparu après la Shoah. Pas plus que l’antisémitisme et les autres formes de ­racisme, d’extrémisme conduisant aux pires exactions. Les témoins disparaissent et les récits historiques ne suffisent plus à alarmer, à mettre en garde.
« On a pensé que l’horreur à laquelle peut conduire le nationalisme, que les dangers de l’antisémitisme avaient diffusé suffisamment en profondeur dans les sociétés pour qu’elles soient immunisées. Mais il faut le réapprendre à chaque génération », constate Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France. Raison pour laquelle la Fondation du camp des Milles, en ­partenariat avec Le Monde, a choisi de débattre de « l’éducation contre les extrémismes », lors de la conférence ­organisée le 30 mai dans l’auditorium du Monde, à Paris.

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Certes, l’histoire ne se répète pas à l’identique. Mais il y a des constantes qu’il est nécessaire d’identifier, comme « la perte de repères et les crises économiques, sociales, politiques et morales », à partir desquelles un engrenage se met en branle, conduisant au pire, estime Alain Chouraqui, ­président de la Fondation du camp des Milles et directeur de recherche émérite au CNRS. Car ces situations anxiogènes rendent les discours intégristes, pétris de fausses certitudes, d’autant plus attrayants pour certains. Or, la période est ­propice, avec une Europe « prise en tenaille entre deux ­extrémismes : islamisme radical, d’une part, et extrême droite ­nationaliste, d’autre part », précise M. Chouraqui.
Sensibiliser les plus sceptiques
Eduquer, certes. Mais comment ? En conduisant ses élèves sur les lieux des crimes, estime Samia Essabaa, professeure d’anglais au lycée professionnel Théodore-Monod de Noisy-le-Sec, en banlieue parisienne. Non sans les avoir préparés à l’avance, leur avoir fait rencontrer des témoins survivants. C’est ainsi qu’elle et d’autres enseignants arrivent à sensibiliser les plus réticents, les plus sceptiques de leurs élèves, qui, une fois convaincus, s’avèrent être les plus à même de transmettre le message auprès de leurs amis et parents. D’autant que, désormais, les responsables de ces lieux de mémoire sont nombreux à ne plus les considérer uniquement comme des vestiges ­historiques, mais aussi comme des endroits propices à la réflexion sur la responsabilité de chacun dans l’enclenchement des rouages de l’engrenage.

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Benoît Falaize, inspecteur général de l’éducation nationale et professeur d’histoire-géographie, spécialiste de l’enseignement des questions sensibles et controversées, estime que, plus généralement, il faut « éduquer contre la haine, éduquer au respect des convictions de l’autre ». Sans pathos. Sans ­discours moralisateur. Mais en s’efforçant de faire ressentir aux élèves ce que d’autres vivent lorsqu’ils se retrouvent en situation d’exclusion, confrontés au racisme ou à la xénophobie. Parce que l’émotion est nécessaire à l’apprentissage.

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Former à éduquer ainsi. Sur le fond, mais aussi sur la forme. Pour que ce beau principe républicain de laïcité soit connu et respecté de tous.
L’éducation contre les extrémismes Conférence-débat autour d’Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles, Benoit Falaize, inspecteur général de l’éducation nationale, Nikolaus Meyer-Landrut, ambassadeur d’Allemagne en France, Noëmie Michelin, militante associative, Hugues Renson, vice-président de l’Assemblée nationale. 30 mai, 18 heures - Auditorium du « Monde », 80, boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris.
Cet article fait partie d’un dossier réalisé dans le cadre d’un partenariat avec la Fondation du camp des Milles.



                            


                        

                        


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Sciences Po se veut à l’avant-garde de l’engagement citoyen

L’établissement vient de lancer un parcours civique obligatoire, pour les trois années de son bachelor.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 14h07
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Guillaume ira dans une maison de retraite afin d’apprendre aux personnes âgées à se servir d’une tablette. Rabab, dans une école qui accueille les enfants réfugiés. Joana, à l’Institut national des jeunes sourds, pour faire du soutien scolaire.
Mis en place pour la première fois, le « parcours civique » de Sciences Po, d’une durée de quatre semaines, revêt un caractère obligatoire pour les 1 600 étudiants entrés dans le cursus de bachelor à la rentrée 2017. Entre mai et août, tous iront se frotter au terrain « pour promouvoir les valeurs de bien commun et d’intelligence collective et s’inscrire dans la réflexion sur la mise en place du futur service national universel », explique le directeur de l’établissement, Frédéric Mion, qui veut voir dans ces étudiants une « avant-garde ».

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« Nous avons beaucoup travaillé pour enrichir l’expérience de nos communautés à Sciences Po. Mais le risque est grand qu’on n’ouvre pas suffisamment nos portes et nos fenêtres, relève Bénédicte Durand, doyenne du collège universitaire. La critique sur la déconnexion des élites se combat notamment par le fait que nos étudiants soient en mesure de prendre de plus en plus conscience du réel qui les entoure. »
Sens du service et empathie
Construit durant les trois années de formation du bachelor, le parcours civique s’appuie d’abord sur un stage en immersion, à temps plein, d’une durée de quatre semaines en fin de première année. La mission consiste en une initiative personnelle comportant une dimension concrète de contact et de service auprès d’un public spécifique : accueil, aide sociale, animation, accompagnement… Les étudiants rédigent une « lettre d’engagement » motivant leur choix de projet et la manière dont il sera exploré sur le terrain.
En deuxième année, ils poursuivent par un « projet libre », seuls ou en groupe, dans les secteurs public et privé, en France ou à l’étranger. L’ensemble de ces expériences est restitué en troisième année, à travers la rédaction d’un rapport, qui rend compte de leurs apprentissages enrichis des enseignements théoriques reçus en cours. Ce document est une composante essentielle de l’épreuve finale du bachelor, nommée « grand écrit », le parcours civique comptant pour six à neuf crédits ECTS (pour « European Credit Transfer Scale », le système européen de transfert et d’accumulation de crédits) pour l’obtention du diplôme.
Pensé comme indissociable de la scolarité, « le parcours civique est une obligation parce qu’il correspond à un objectif de formation. Il ne se situe pas dans le champ de la bonne action mais bien dans celui de la préparation à l’exercice de la responsabilité », explique Bénédicte Durand, qui veut développer chez les étudiants « une nouvelle compétence : le sens du service et de l’empathie ».

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Le caractère obligatoire du parcours civique est bien accueilli par les étudiants – déjà habitués à faire un stage à visée professionnelle en fin d’année : « Cela va nous faire sortir de notre environnement, où nous ne côtoyons que des gens haut placés, témoigne Chloé. Nous sommes incités au contact, à l’action. Ce parcours va donner une très bonne image à Sciences Po. » Reste à savoir comment s’articulerait le dispositif avec un service national universel obligatoire (SNU). La réflexion est d’ores et déjà lancée côté Sciences Po. Soucieuse de préserver « une expérience propre » à son établissement, Bénédicte Durand trouverait « intéressant que le SNU valorise aussi ce parcours ».



                            


                        

                        


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Les aides sociales, des « trappes à inactivité » selon Gérald Darmanin

Le ministre de l’action et des comptes publics a estimé mardi que le système social français doit être revu pour inciter davantage au retour à l’emploi.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h16
   





                        



   


« Il y a trop d’aides sociales en France. » Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a estimé mardi 29 mai sur RTL que la France doit « revoir ce système social », pour une meilleure incitation au retour à l’emploi, « sans jamais diminuer les prestations individuelles des gens », a-t-il précisé.
Interrogé sur les intentions du gouvernement sur ces aides, le ministre a tenu à distinguer deux types de prestations : celles, « légitimes », destinées aux « gens cassés par la vie », comme les allocations pour les handicapés et le minimum vieillesse, qui seront augmentées, et celles attribuées « entre deux périodes d’activité », qui sont des « trappes à inactivité », « pas assez incitatives ».
« Un système qui fonctionne mal »
Gérald Darmanin a cité en exemple la prime d’activité, attribuée aux travailleurs à revenus modestes. « En 2016, quand elle a été créée », son coût était de « 4 milliards d’euros ». « Aujourd’hui, c’est 6. En deux ans, il y a eu 2 milliards de prime d’activité en plus alors qu’on a une croissance économique et des créations d’emplois. Il y a un système qui fonctionne mal ».
Le gouvernement entretient le flou sur ses intentions concernant les aides sociales. Le 20 mai, le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait estimé que, « à partir du moment où nous réussissons à créer des [postes] dans le secteur privé, (…) il peut être légitime de réduire la politique sociale sur l’emploi ». Il avait été en partie démenti quelques jours plus tard par Gérald Darmanin sur RMC et BFM-TV : « Je pense qu’il ne faut pas toucher aux prestations sociales individualisées », puis par la ministre de la santé Agnès Buzyn devant l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’y aurait « pas de remise en cause des aides sociales ». 

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La réflexion est en tout cas en cours à plusieurs niveaux. Dans une note interne que Le Monde s’est procurée, la direction du budget donne « plusieurs pistes d’économies », proposant notamment de ne plus indexer le niveau des aides à l’évolution des prix ou de conditionner l’obtention de certains minima sociaux à « des démarches actives de recherche » d’un poste.
Le comité d’experts Cap 22 doit également remettre dans les prochaines semaines un rapport sur la réforme de l’Etat listant les pistes d’économie possibles.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les Hauts-de-Seine ont établi de nouveaux critères d’hébergement, plus restrictifs.
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A l’approche de l’été, des familles bientôt à la rue

Les Hauts-de-Seine ont établi de nouveaux critères d’hébergement, plus restrictifs.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h34
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        


Pour de nombreuses familles hébergées par le 115, soit le Samusocial, à Paris, et le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) dans tous les autres départements, l’approche de l’été signifie le retour à la rue. L’association Droit au logement voit ainsi, depuis quelques semaines, arriver dans ses permanences des familles à qui l’on a dit, ou parfois écrit, que leur « prise en charge hôtelière ne serait pas renouvelée ».
Mme R. et son enfant âgé de 4 ans ont ainsi été mis à la porte, fin avril, de l’hôtel de Rueil-Malmaison où ils habitaient depuis deux ans : « On m’a expliqué qu’il y avait une réforme et que je ne rentrais plus dans les critères car mon enfant avait plus de 4 ans », raconte-t-elle. Le SIAO des Hauts-de-Seine a, en effet, modifié sa politique d’accueil et signifié à quelque 200 familles la fin brutale, sans solution, de leur hébergement. Désormais ne seront accueillies dans le 92 que les familles avec enfants de moins de 4 ans ou handicapés, les femmes enceintes ou les personnes victimes de violences conjugales.
Un accompagnement menacé
« Le nombre de nuits d’hôtel, dans notre département jusqu’ici plutôt accueillant, a beaucoup progressé ces dernières années, passant de 438 000 nuitées, en 2013, à 1,3 million en 2017, détaille Jean-François Burgos, administrateur du pôle d’associations gestionnaires de la plate-forme. A notre corps défendant, nous devons donc établir de nouveaux critères. » « Tout cela est parfaitement illégal, relève Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). C’est une conséquence de la baisse des crédits d’Etat, de 9 % en 2018, ressentie d’autant plus fort en Ile-de-France que cette région absorbe, à elle seule, 875 millions d’euros, soit la moitié des crédits pour la France entière. »
Ces expulsions ruinent souvent des mois d’accompagnement. La famille Guino avec ses deux enfants, par exemple, venue du Sénégal et hébergée en hôtel, à Paris, depuis dix-huit mois, est dans l’angoisse de la fin de sa prise en charge dès ce mercredi 30 mai, le dernier enfant venant d’avoir 4 ans. Le couple a pourtant un parcours exemplaire, après avoir obtenu ses papiers en 2016, et décroché, pour lui, un CDI dans un restaurant chic du 8e arrondissement qui le fait se lever chaque matin à 5 h 30, et, pour elle, un emploi d’agent d’entretien : « J’ai tapé à toutes les portes et fait toutes les démarches du monde, témoigne la mère, Kadidiatou. Nous sommes en principe prioritaires pour un logement social, mais, sauf miracle, nous serons à la rue à la fin de la semaine », se désole-t-elle.
« C’est kafkaïen »
A Lyon, le collectif Jamais sans toit tambourine aux portes des institutions et n’hésite pas, au fil des fermetures des places temporaires hivernales, à recueillir les familles dans des dizaines d’écoles où elles viennent dormir après la classe. Ici, le critère d’hébergement est de compter, dans la famille, un enfant âgé de moins de un an : « On ne comprend rien à la logique qui consiste à vider puis à remplir à nouveau les centres d’hébergement, à accorder in extremis quelques nuits d’hôtel… C’est kafkaïen », commente Virginie Roussel, bénévole dans ce collectif. « Les familles sont prévenues à la dernière minute, c’est inhumain, juge Raphaël Vulliez, lui aussi bénévole. Et quand les écoles fermeront, le 6 juillet, nous retrouverons toutes ces familles sur le trottoir et dans les parcs. »
A Paris, la situation est plus tendue encore en raison du campement de migrants dit « du Millénaire », dans le 19e arrondissement. « Sur les 5 000 places pérennisées promises, fin mars, par le gouvernement, 1 900 le seront à Paris, soit un effort significatif », souligne Jean-Martin Delorme, chargé de l’hébergement à la préfecture d’Ile-de-France, qui concède qu’une baisse de 9 % des crédits a été annoncée.
La promesse d’Emmanuel Macron, le 28 juillet 2017, de « ne plus avoir des hommes, des femmes dans la rue, dans les bois » s’éloigne encore un peu plus.



                            


                        

                        


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L’engagement contrarié de la jeunesse bénévole

Plus d’un jeune sur deux se dit prêt à faire du bénévolat. Mais la frilosité des associations est bien souvent un frein, tout comme le milieu social.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h14
    |

                            Claire Thoizet








                        



                                


                            
Léa Moukanas a 15 ans lorsqu’elle fonde l’association Aïda, venant en aide aux enfants atteints d’un cancer. Alors qu’elle voulait s’engager dans des organisations de lutte contre cette maladie, toutes avaient refusé son aide. « On me répondait que j’étais beaucoup trop jeune, raconte-elle. Ou alors on me disait oui, mais je n’étais jamais sollicitée, sauf pour tenir des stands, ce que personne d’autre ne voulait faire. » N’ayant pas l’impression de pouvoir changer les choses, l’adolescente a décidé de monter sa propre structure. Trois ans plus tard, Aïda compte 500 membres, dont 80 % ont moins de 18 ans.
Les associations sont frileuses à l’idée de confier des responsabilités aux jeunes, et encore plus aux mineurs, pensant à tort qu’elles ne peuvent pas les prendre comme bénévoles. Pourtant, loin de l’image cliché d’une jeunesse renfermée sur elle-même, 56 % des 18-30 ans se disent prêts à devenir bénévoles, selon le baromètre 2016 de la direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative.
Le bénévolat des 15 à 35 ans a progressé de 33 % entre 2010 et 2016, d’après France bénévolat. C’est la classe d’âge pour laquelle on observe l’évolution la plus importante. Parmi les 18-30 ans, 16 % se tournent vers des structures défendant des causes sociales, humanitaires, environnementales ou de lutte contre les discriminations par exemple, selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire.
Selon Olivier Galland, directeur de recherche au CNRS, les formes d’investissement proposées aux jeunes ne sont pas en adéquation avec ce qu’ils cherchent. « Ils ne veulent pas d’une participation très formelle, sur la durée. Ils font du zapping, s’engagent, se désengagent, reviennent, observe-t-il. Il faut leur proposer une offre attractive, qui soit moins contraignante. »
« S’intéresser à la chose publique »
Mais s’il y a un potentiel d’engagement fort chez les jeunes, tous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les sexes signe un nouveau livre qui emprunte aux accents de la presse féminine.
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Marlène Schiappa ou l’art  de la mise en scène de soi

La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les sexes signe un nouveau livre qui emprunte aux accents de la presse féminine.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h09
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


Il y a toujours un risque à mélanger les genres. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, est en train d’en faire l’expérience. Il était étonnant de recevoir l’invitation au lancement de son livre Si souvent éloignée de vous (302 p., 19,50 euros), adressée par son éditeur Stock, dans un courriel envoyé par le secrétariat d’Etat, canal habituellement utilisé pour diffuser communiqués et agenda officiels. L’association anticorruption Anticor fait plus que s’étonner. Elle s’indigne. Et a annoncé lundi 28 mai avoir saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés et le premier ministre. L’article 226-21 du code pénal punit de cinq ans de prison et de 300 000 euros d’amende tout détournement de finalité de fichier, rappelle Jean-Christophe Picard, le président d’Anticor, dans les courriers adressés à ces derniers mis en ligne sur le site de l’association.
Le livre de Marlène Schiappa n’est pourtant « ni une communication gouvernementale ni un bilan d’action politique, mais un récit purement personnel, partiel et parfois romancé », précise l’auteure en introduction. Il s’agit, pour l’association, d’une utilisation des moyens de l’Etat à des fins de promotion personnelle. L’entourage de la secrétaire d’Etat évoque une « maladresse » qui « ne se reproduira plus ».
L’association Anticor reproche à Mme Schiappa une utilisation des moyens de l’Etat à des fins de promotion personnelle
La jeune femme, habituée au buzz médiatique, signe un étrange ouvrage. C’est effectivement un récit intime, rédigé sous forme de lettres adressées à ses deux filles par leur mère, « telle une Madame de Sévigné moderne », écrit son éditeur avec aplomb. Il ne peut cependant pas échapper à une lecture politique, vu la fonction exercée par Mme Schiappa au sein du gouvernement. Il le peut d’autant moins qu’il traite d’un problème crucial pour l’égalité entre les sexes : la capacité pour les femmes à exercer des responsabilités professionnelles tout en ayant des enfants. Elle en a fait sa marque de fabrique : oui, on peut tout faire, y compris écrire un ouvrage épistolaire en étant au gouvernement. Surtout quand on dort comme elle quatre heures par nuit, ce qui n’est pas le lot commun. La créatrice du blog et du réseau Maman travaille, qui l’a fait connaître, emmenait déjà ses enfants aux conseils municipaux du Mans quand elle en était membre, ce qui avait le don d’agacer les élues plus anciennes…

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Exercice teinté d’humour
Dans les passages les plus réussis de son ouvrage, Marlène Schiappa dévoile ainsi ce que d’autres ministres, femmes ou hommes, ont peut-être pensé mais jamais dit – comme Najat Vallaud-Belkacem par exemple, elle aussi ministre (sous François Hollande) et mère de deux enfants dont elle ne soufflait jamais mot. Par exemple, Marlène Schiappa sélectionne ses interventions dans les « matinales » radio et télévision en fonction de « la possibilité pour moi de prendre le petit déjeuner avec mes enfants ». « Avec ce critère, “Les Quatre Vérités” [sur France 2] sont éliminées », conclut-elle. Plutôt convaincant aussi, son sentiment de culpabilité quand elle a cru transmettre une maladie tropicale rare à sa plus jeune fille après un déplacement professionnel au Sénégal. Ou la description de ses premiers jours de mère désemparée face à un bébé « beaucoup trop beau pour moi ».
L’exercice, teinté d’humour, tourne parfois au registre de la littérature de gare quand, entre récit d’un quotidien survolté et conseils de survie à ses filles en colonie de vacances, Marlène Schiappa passe à la narration de ses rendez-vous amoureux. « Ce soir-là, le garçon parle, parle, parle, il ne s’arrête plus, écrit-elle. Celui d’avant était joueur. Fin, cultivé. Avec un sourire qui appelait au secours et des cernes sous les yeux, promesses de soirées prolongées. Mais alors là, quel ennui. Je regarde autour. Il ne va jamais se taire ? » Il rappelle souvent la presse féminine – que Marlène Schiappa prétend pourtant prendre à contre-pied. « Les magazines ne savent rien du corps des femmes (…), écrit-elle. Je ne suis pas la plus mince ni la plus jolie, je n’ai jamais acheté de crème raffermissante. De toute ma vie. Ce qui compte, c’est qui vous êtes, vous. »
Une secrétaire d’Etat devrait-elle écrire ça ? Le public attend-il cela de la part d’une femme politique ? Il est vrai qu’il est à la recherche d’authenticité. Ainsi exposée, elle devient une forme comme une autre de communication. Ce qui pourrait passer chez Marlène Schiappa pour de la naïveté, ou une volonté puérile de se donner en exemple, pourrait bien révéler au contraire une maîtrise parfaite des codes de la société du spectacle.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Suivi pour radicalisation, il s’était évadé le 16 mai lors d’un transfert à l’hôpital. Il a été arrêté à Saint-Sébastien lors d’un contrôle d’identité.
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Le détenu français évadé de Brest a été arrêté en Espagne

Suivi pour radicalisation, il s’était évadé le 16 mai lors d’un transfert à l’hôpital. Il a été arrêté à Saint-Sébastien lors d’un contrôle d’identité.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h22
   





                        


La police espagnole a arrêté le détenu français qui s’était évadé de la maison d’arrêt de Brest, dans la nuit de lundi 28 à mardi 29 mai, à Saint-Sébastien, dans le nord de l’Espagne, lors d’un contrôle d’identité, a-t-on appris de source proche de l’enquête.
Un homme qui l’accompagnait, et soupçonné d’être son complice, a également été arrêté, a précisé cette source. L’arrestation vers 2 heures du matin, dans les rues de Saint-Sébastien, des deux hommes, qui faisaient l’objet d’un mandat d’arrêt européen, a été confirmée par un porte-parole de la police basque. Une arrestation fortuite qui met fin aux intenses recherches de la police française, dans un contexte de menace terroriste élevée.
« De retour en France, il sera mis en examen et placé en détention dans une autre maison d’arrêt, plus sécurisée », a expliqué mardi matin une source pénitentiaire.

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                Un détenu suivi pour radicalisation s’évade de la prison de Brest



Evasion lors d’un transfert à l’hôpital
Le jeune homme, multirécidiviste et objet d’une fiche « S », s’était évadé de la maison d’arrêt de Brest lors d’un transfert à l’hôpital le 16 mai, s’échappant dès son arrivée grâce à une voiture et deux complices qui l’attendaient. Le lendemain, le chauffeur de la voiture s’était rendu lui-même à la police, avouant avoir déposé le détenu à Saint-Brieuc et avoir touché « une petite somme d’argent » de sa part. Il a depuis été écroué.
Une information judiciaire avait été ouverte dans la journée pour évasion en récidive pour le principal intéressé et complicité d’évasion pour les deux autres, à savoir le chauffeur et un autre complice.
Le jeune homme était « suivi au titre de la radicalisation » en raison de sa conversion à l’islam, la pratique rigoriste de sa foi et un changement physique. Il n’a cependant jamais tenu de discours rigoriste et n’a jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou d’apologie du terrorisme. Il était en détention provisoire à la maison d’arrêt de Brest pour des faits de vol.
Le niveau de sécurité fait débat
Le secrétaire général de la CGT-Pénitentiaire du Grand Ouest, Samuel Gauthier, avait déploré que les agents chargés du transfert du détenu n’aient pas été armés. L’escorte « était composée de trois personnes, ce qui correspond à un niveau de sécurité important », avait rétorqué la chancellerie.
« Les détenus savent que, dès lors qu’ils partent en extraction médicale, le niveau de sécurité n’est pas le même », avait affirmé Samuel Gauthier, expliquant que, depuis que la charge des transferts de prisonniers est passée des forces de l’ordre à l’administration pénitentiaire, « les agents n’étaient plus armés ». Selon la chancellerie, un nouveau dispositif « doit permettre de renforcer l’efficacité des extractions médicales en renforçant notamment la formation et l’équipement des agents ».
En 2017, l’administration pénitentiaire a dénombré 16 évasions dont trois lors de transferts médicaux. Depuis le début de l’année, six évasions ont eu lieu, dont quatre lors des extractions médicales et judiciaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Les deux tiers des lycéens et des étudiants ont reçu une réponse positive ou plus à leurs vœux d’orientation. Ils n’étaient qu’une moitié à l’ouverture de la phase d’admission, le 22 mai.
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Parcoursup 2018 : 68 % des candidats ont reçu au moins une proposition d’admission postbac

Les deux tiers des lycéens et des étudiants ont reçu une réponse positive ou plus à leurs vœux d’orientation. Ils n’étaient qu’une moitié à l’ouverture de la phase d’admission, le 22 mai.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h35
    |

                            Service Campus








                        



   


Une semaine après le début des réponses aux vœux d’études supérieures des lycéens, « plus des deux tiers » ont reçu au moins une proposition d’admission, annonce le ministère de l’enseignement supérieur. « Au 29 mai, un total de 1,6 million de propositions ont été faites à 551 274 candidats », détaille-t-il dans un communiqué. Ainsi, 67,88 % des 812 056 candidats inscrits ayant confirmé des vœux sur la plate-forme Parcoursup (élèves de terminale et étudiants en réorientation) se sont vu proposer une place dans un ou plusieurs cursus qu’ils avaient demandé.
Le jour de l’ouverture de la procédure, mardi 22 mai, près de la moitié des candidats avaient reçu seulement des réponses négatives ou étaient « en attente » pour la totalité de leurs vœux, ce qui avait provoqué de l’inquiétude.

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                Résultats de Parcoursup 2018 : près de la moitié des 812 000 candidats sans réponse positive



Ce taux s’est réduit progressivement au cours de la période, baissant à 35 %. La baisse sensible observée mardi matin s’explique par le fait que les nombreuses propositions d’admission formulées le 22 mai arrivaient à échéance lundi soir. Les candidats ne pouvant en conserver qu’une seule, ils ont libéré des places.

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Mardi 29 mai, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, s’est félicitée que son « premier objectif [de] plus de deux tiers des candidats avec une première proposition avant les épreuves du baccalauréat [le 18 juin] » soit atteint « avec une très forte avance ». « Chaque jour, la situation de dizaines de milliers de candidats évolue, les listes d’attente sont actualisées et le nombre de premières propositions augmente », se réjouit le communiqué du ministère.
Des chiffres à relativiser au regard de ceux de 2017
Il précise aussi que 5 081 candidats n’ayant reçu que des réponses négatives – une situation qui concerne des élèves ayant seulement fait des vœux en filières sélectives, ont saisi la commission rectorale de leur académie afin d’obtenir un accès dans l’enseignement supérieur.

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                Parcoursup : pourquoi un tel choc ?



Ces chiffres – qui devraient quelque peu rassurer les centaines de milliers de candidats à l’enseignement supérieur – sont toutefois à relativiser au regard des ceux de 2017, dernière année de la procédure Admission post-bac (APB). Le 8 juin, date de l’ouverture de la phase des réponses, 653 000 candidats avaient reçu une proposition, soit environ 80 % du total, dont plus de 400 000 pour leur premier vœu (soit plus de 61 % des propositions). Parmi les 551 274 candidats ayant reçu une proposition ce 29 mai, il est impossible de dire si cette proposition correspond à l’un de leurs vœux préférés ou pas, dans la mesure où ils n’ont pas eu à les hiérarchiser cette année.


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La part d'élèves sans proposition sur Parcoursup a sensiblement diminué en une semaine
Evolution des propositions faites aux élèves sur Parcoursup depuis le 23 mai 2018.

Source : Ministère de l'enseignement supérieur



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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéens ont commencé, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs vœux d’orientation formulés sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.

        Lire aussi :
         

                Parcoursup 2018 : tout savoir sur les réponses aux vœux reçues mardi 22 mai



Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek propose d’appliquer quatre principes qui pourraient contribuer à définir un usage responsable de ces ­outils capables de provoquer la mort sociale, voire la mort tout court d’un individu.
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édition abonné


Réseaux sociaux : « Les téléphones, les tablettes, les ordinateurs sont devenus des armes létales »

Dans cette chronique, l’informaticien Gilles Dowek propose d’appliquer quatre principes qui pourraient contribuer à définir un usage responsable de ces ­outils capables de provoquer la mort sociale, voire la mort tout court d’un individu.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h00
    |

Gilles Dowek (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria)







                        



                                


                            
Transformations. « Après plusieurs jours d’insultes et de harcèlement, je quitte les réseaux sociaux. » En une seule phrase, sobre mais ­précise, publiée sur son blog, la militante Caroline De Haas a rappelé le caractère inacceptable des insultes et des actes de harcèlement sur les réseaux sociaux et de microblogage. Elle a, ainsi, inversé le mouvement lancé quelques mois plus tôt par une autre militante, Sandra Muller, qui lançait, en octobre 2017, un appel aux femmes victimes de harcèlement sexuel : « #balancetonporc !! toi aussi raconte en donnant le nom et les détails un harcèl [em] ent sexuel que tu as connu dans ton boulot. Je vous attends. »
En accusant une personne d’un crime, réel ou imaginaire, nous pouvons, en quelques minutes, ruiner la réputation, la vie personnelle, la carrière de n’importe qui
Cette différence d’attitude nous incite à nous interroger sur les limites que nous souhaitons nous imposer, individuellement et collectivement, dans l’utilisation de ces réseaux. Pourquoi cette question est-elle importante ? Parce que les téléphones, les tablettes, les ordinateurs sont, avec ces ­réseaux, devenus des armes létales. En accusant une personne d’un crime, réel ou imaginaire, et en diffusant cette accusation à mille suiveurs, qui la rediffusent chacun à mille autres, nous pouvons, en quelques minutes, atteindre des millions de personnes et ruiner la réputation, la vie personnelle, la carrière de n’importe qui.
Et, en insistant un peu, provoquer sa mort sociale, voire sa mort tout court. Peu importe que la justice, quelques mois plus tard, condamne l’accusé ou l’innocente, voire condamne l’auteur de ces accusations : cette information passera inaperçue. Et ce grand pouvoir ne peut se concevoir qu’accompagné de grandes responsabilités…
Principes impératifs
Nous pourrions, par exemple, décider collectivement de nous imposer quatre principes pour un usage responsable de ces réseaux. Bien entendu,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Mai 68 à travers la France (1/3). En mai 1968, les ouvrières de la Lainière de Roubaix se mettent en grève. Christine Boucau est alors, à 18 ans, première ouvrière. Pour « Le Monde », elle revient sur ce mouvement et sur ses trente-six années passées à la filature.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mai 68 à la Lainière de Roubaix : « On était arrivés à la limite de l’exploitation de l’ouvrier. Il fallait faire quelque chose »

Mai 68 à travers la France (1/3). En mai 1968, les ouvrières de la Lainière de Roubaix se mettent en grève. Christine Boucau est alors, à 18 ans, première ouvrière. Pour « Le Monde », elle revient sur ce mouvement et sur ses trente-six années passées à la filature.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 09h25
    |

Propos recueillis par Béatrice Gurrey







                        



                                


                            
En 1968, dans l’immense usine de la Lainière de Roubaix, qui emploie 5 800 salariés dont 65 % de femmes, les conditions de travail sont très dures et les salaires médiocres. En mai, les ouvrières décident de se mettre en grève. Voici le témoignage de Christine Boucau, qui aura passé trente-six ans à la filature.

« J’ai commencé à la Lainière en 1964, à 14 ans. Je suis restée apprentie pendant un an : j’avais quatre heures d’enseignement général et quatre heures d’atelier par jour. Après, on passait ouvrière. Ce n’était pas évident, mais on avait un an pour s’y faire. On allait à l’école de l’usine, pour que ça ne soit pas trop brutal. On avait de la couture, de la cuisine, de l’histoire-géo, du français et des maths, mais vraiment peu. Pour qu’on ne soit pas trop bébête… Une fille devait surtout savoir coudre et cuisiner. J’ai quitté l’école à regret.
Nous étions une famille de huit enfants et nous habitions dans la cité Amédée-Prouvost [à Wattrelos]. Mon père, d’origine polonaise, travaillait au Peignage Amédée-Prouvost. L’usine n’était même pas à un kilomètre de chez nous.
« A 18 ans, j’ai été nommée première ouvrière. J’étais responsable d’une bonne dizaine d’ouvrières et de plusieurs bobinoirs automatiques »
Maman, rescapée des camps, s’occupait des enfants, et nous, quand on revenait de l’usine, on l’aidait. On bénéficiait d’une grosse solidarité dans la cité. Tout le monde était dans la même galère.
On m’a tout de suite mise au bobinage. Il y avait des fuseaux, et on devait faire des nœuds de tisserand. Je trouvais ça d’un monotone ! Je me suis dit : “Bon sang ! Je ne vais pas faire des nœuds toute ma vie. Je ne vais pas en rester là.” Les contremaîtres regardaient si on était rapides, si on comprenait bien ce qu’il fallait faire et ils nous mettaient sur les machines. On avait une certaine production à faire et on était très surveillées. Il n’y avait pratiquement que des femmes, de tous les âges.
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Mme X, 62 ans, célibataire sans enfants, commande une cuisine intégrée pour un montant de 26 000 euros. Elle verse un acompte et décède. Ses deux frères refusent de payer le solde, en soutenant que le contrat qu’elle a passé ne serait pas valide, du fait qu’elle souffrait de troubles psychiatriques.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Mai 68 à travers la France (1/3). Dans ce fleuron de l’industrie textile du Nord, la contestation sociale couvait déjà depuis un an. Les « événements » ont encouragé les ouvrières à cesser, elles aussi, le travail.
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En Mai 68, la Lainière de Roubaix au fil de la grève

Mai 68 à travers la France (1/3). Dans ce fleuron de l’industrie textile du Nord, la contestation sociale couvait déjà depuis un an. Les « événements » ont encouragé les ouvrières à cesser, elles aussi, le travail.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 09h27
    |

            Béatrice Gurrey (Roubaix, Hem, Wattrelos (Nord), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ses doigts hésitent un instant, tournent en tous sens la ficelle et soudain, le voici : le nœud de tisserand. Le plus solide, le plus plat, celui qui se renforce à mesure que l’on tire les extrémités de la laine ou du coton. Interdiction d’en faire un autre, plus facile, sous peine d’être repérée par un contremaître – qui surveille et chronomètre tout. Ce geste, ancré dans la mémoire du corps, répété des centaines de milliers de fois, resurgit des mains de Marie-Colette Patin, 72 ans.
Il arrivait qu’elle en fasse jusqu’à 2 500 par jour, à la Lainière de Roubaix, en 1968, rivée à son bobinoir. Quand l’encadrement voulait lui faire payer son engagement syndical à la CFDT, il lui donnait des bobines qui cassaient tous les 50 cm. Plus ses doigts s’usaient, plus son esprit s’aiguisait. Aussi vrai que le nœud de tisserand se renforce à mesure que l’on tire sur le fil. « Je chantais et je préparais les réunions dans ma tête. » 
La Lainière, comme on le répète alors à l’envi, est l’une des plus grandes et des plus modernes usines d’Europe : 13 hectares au sol et près de 23 hectares en surface développée. Une ville dans la ville, constituée de gigantesques ateliers sur six étages, qui tournent jour et nuit, avec ses « donjons », son « couloir de l’Horloge » – un kilomètre de long, sept mètres de large – où l’on pointe sous une énorme pendule. Un territoire de 17 hectares au total, bordé par les rues d’Oran et des Patriotes, le boulevard de la Liberté et le chemin de fer. L’usine fait partie du paysage. Elle est le paysage.
« Les grosses d’un côté, les maigres de l’autre »
Les parents, les enfants, les cousins, les copains, tous y travaillent, 5 800 salariés, dont 65 % de femmes, et en particulier les 1 500 « filles des mines ». Ces ouvrières sont debout avant la fin de la nuit, à 2 h 30, 3 heures, pour attraper le car brinquebalant qui les emmène de leur petite ville minière à Roubaix, où elles embauchent à 5 heures. Les véhicules tiennent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Une proposition de loi sur l’interdiction du portable doit être examinée, mardi, à l’Assemblée. Environ la moitié des collèges, selon une estimation du ministère, ont déjà inscrit l’interdiction au règlement intérieur.
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Dans certains collèges, l’interdiction du portable porte déjà ses fruits

Une proposition de loi sur l’interdiction du portable doit être examinée, mardi, à l’Assemblée. Environ la moitié des collèges, selon une estimation du ministère, ont déjà inscrit l’interdiction au règlement intérieur.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h15
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            

Fini les sonneries en cours, les élèves déconcentrés et les photos qui circulent le soir sur Facebook. Au collège Lucie-Faure, dans le 20e arrondissement de Paris, ces tracas ont disparu lorsque la principale de l’établissement a décidé, en septembre 2016, que les téléphones resteraient rangés au fond du sac. « On ne peut pas, selon la loi, interdire aux élèves de venir avec leurs portables », précise la principale. Il fallait donc, jusqu’ici, inscrire l’interdiction d’usage des téléphones dans le règlement intérieur. 
Mais une étape supplémentaire devrait être franchie, le 29 mai, avec l’examen en commission à l’Assemblée d’une proposition de loi qui interdit « l’utilisation d’un téléphone mobile dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges », à l’exception de certains lieux prévus dans le règlement. Le texte, qui renvoie à une promesse de campagne du candidat Macron, entérine un principe présent dans le code de l’éducation : le téléphone est interdit pendant les heures d’enseignement, mais aussi sur d’autres temps scolaires, en fonction du règlement (récréation, pause déjeuner…).
Où est alors le changement ? Du côté des juristes, on fait valoir qu’une proposition de loi qui se limite à rappeler l’existant – sans entrer dans le détail du « comment faire » – n’a qu’une valeur symbolique. Pour les chefs d’établissement, le passage par la voie législative vient au contraire « sécuriser » les usages. En clair, la valeur symbolique de la loi justifiera les confiscations, qui pouvaient jusqu’ici poser problème dans les collèges où l’utilisation du téléphone était déjà interdite par le règlement. Rue de Grenelle, on explique qu’il faut en passer par la loi pour assurer l’interdiction dans l’ensemble des établissements. Le code de l’éducation, rappelle-t-on, interdisait l’usage pendant « les heures d’enseignement », ce qui paraît aujourd’hui obsolète. « Les pratiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Lors de la vente d’un bien immobilier, l’acheteur s’acquitte de droits de mutations, improprement appelés frais de notaire. Ils pourraient passer de 7 % à 8 % du prix du bien en 2019.
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Vers une hausse des frais de notaires ?

Lors de la vente d’un bien immobilier, l’acheteur s’acquitte de droits de mutations, improprement appelés frais de notaire. Ils pourraient passer de 7 % à 8 % du prix du bien en 2019.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 10h56
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Acheter un logement pourrait bientôt coûter plus cher. Les frais de notaires qui représentent entre 6 % et 7 % du prix du bien en fonction de l’endroit où se situe le logement, sont perçus en très grande partie par les collectivités locales : la commune, le département et la région. Les honoraires du notaire représentent, quant à eux, entre 1,3 % et 1,5 % du prix du bien.
Pour compenser la baisse de recettes liée à la disparition progressive de la taxe d’habitation, le gouvernement envisage de donner la possibilité aux départements de relever de 4,5 % à 4,7 % la part des droits de mutation qu’ils perçoivent. La décision serait prise avant l’été par le biais de la loi de finances rectificative pour 2018 et serait mise en œuvre à partir de 2019.

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A priori, cette hausse peut paraître modeste au regard des sommes engagées lors d’un investissement. Sur un achat de 200 000 euros, cela ferait 400 euros de plus à verser. « Mais cette hausse fait suite à une précédente augmentation de 0,7 % proposée par le gouvernement en 2014 et une écrasante majorité de départements a utilisé la possibilité qui leur était offerte d’augmenter les taux », explique Jérôme Robin, directeur général du courtier en crédits immobiliers Vousfinancer.
Avant le 1er mars 2014, pour un achat de 200 000 euros, l’acheteur devait débourser 14 213 euros soit 7,1 % du prix du bien. En 2019, il devra sans doute débourser 16 013 euros soient 8 % du prix du bien, estime ce courtier.
Comportement immobilier
Pour Maître Thierry Delesalle, notaire à Paris, il s’agit encore d’un mauvais signal pour l’immobilier déjà placé en ligne de mire avec l’impôt sur la fortune immobilière ou encore l’idée du bonus/malus en fonction de la déperdition énergétique du bâtiment. « Tout se passe comme si l’immobilier était considéré comme un secteur où puiser des fonds en cas de besoin », regrette Maître Thierry Delesalle.
Pour l’Association professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic) la modulation de ce taux n’est pas neutre sur le comportement immobilier des Français. La hausse de l’impôt entraîne la baisse de la production de logements et donc la baisse de création d’emplois et de recettes pour les entreprises et l’Etat.

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La somme, même modeste, représente un effort plus important pour l’acheteur au détriment des ménages les plus défavorisés. Et en cas de remontée des taux d’intérêts en 2019, l’effort à fournir serait encore plus significatif car il est peu vraisemblable que les départements renoncent à une partie de leurs revenus pour compenser cette remontée des taux.
Cette mesure parait contradictoire avec les objectifs du projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan) en cours d’examen au Parlement. L’un des buts du texte est de créer un « choc de l’offre » en matière de logements en simplifiant les règles de construction et en libérant des terrains. Mais si davantage de logements sont construits, encore faut-il que des acheteurs se présentent pour les acquérir !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Magali Bodon-Bruzel dirige le service de psychiatrie de la prison de Fresnes. Elle témoigne de son expérience auprès des criminels sexuels et de leurs victimes dans le livre « Sex Crimes ».
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Agresseurs sexuels : « Le “monstre” pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer »

Magali Bodon-Bruzel dirige le service de psychiatrie de la prison de Fresnes. Elle témoigne de son expérience auprès des criminels sexuels et de leurs victimes dans le livre « Sex Crimes ».



Le Monde
 |    29.05.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 10h46
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
La docteure Magali Bodon-Bruzel, psychiatre, est chef du pôle regroupant le service de psychiatrie de la prison de Fresnes et une unité d’hospitalisation spécialement aménagée (UHSA) pour détenus souffrant de troubles mentaux. Elle vient de publier Sex Crimes (Stock, 304 pages, 19 euros), avec le romancier Régis Descott. Une lecture prenante, souvent dérangeante, alors que 206 viols sont commis par jour en France, et qu’un millier d’auteurs de violences sexuelles seulement sont condamnés chaque année.
La France a récemment été marquée par ­plusieurs affaires de crimes sexuels. ­Comment parvenez-vous à prendre en charge les auteurs d’actes aussi monstrueux : pédophiles, auteurs d’incestes, violeurs et parfois tueurs en série ?
En tant que médecin, je me mets à la disposition de ceux qui ont commis ces actes graves, criminels, inacceptables, pour les accompagner, travailler avec eux, les aider à changer de comportement – si toutefois ils en ont l’envie et le courage, car il s’agit de courage. Tous les violeurs sont des salauds au moment de leur acte, mais certains, ou plus exactement une partie d’eux-mêmes, ne se reconnaissent pas dans ce qui a été commis. Ceux-là cherchent, et quelques-uns se mettent au travail…
Vous arrive-t-il d’avoir du dégoût, ou de la ­compassion pour certains de ces criminels ?
Je suis médecin psychiatre : mon travail est d’écouter leur souffrance et de la prendre en charge. Les choses sont rarement binaires. Ma compassion peut varier selon les personnes qui sont en face de moi, mais également selon les moments de leur parcours. Je suis aussi une personne humaine : je peux trouver abjects certains agresseurs. Dans une affaire comme celle de Nordahl Lelandais [meurtrier de Maëlys, 9 ans, et d’Arthur Noyer], il paraît compliqué d’avoir de la compassion pour l’agresseur.
Mais le « monstre » pour lequel nous n’avons aucune empathie peut évoluer. C’est toute l’ambivalence...




                        

                        

