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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Réunis à Paris le 29 mai, les responsables libyens se sont engagés à soutenir des élections pacifiques et à en respecter les résultats. Une déclaration saluée par Emmanuel Macron.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les quatre principaux acteurs de la crise politique libyenne se sont réunis à Paris autour d’Emmanuel Macron.
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Libye : un accord sur des élections législatives et présidentielle le 10 décembre

Les quatre principaux acteurs de la crise politique libyenne se sont réunis à Paris autour d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h02
   





                        



   


« Nous nous engageons (…) à travailler de façon constructive avec l’ONU pour organiser des élections crédibles et pacifiques », annonce la « déclaration politique » approuvée – et non signée comme initialement envisagé – par les quatre principaux acteurs de la crise politique libyenne. Le premier ministre du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Sarraj ; le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est du pays ; le président de la Chambre des représentants, Aguila Salah ; et le président du Conseil d’Etat, Khaled Al-Mechri, étaient réunis à Paris, mardi 29 mai, autour du président Emmanuel Macron.
Selon cette déclaration, les quatre dirigeants s’engagent à « accepter les résultats des élections et à veiller à ce qu’un financement approprié et que des dispositions solides en matière de sécurité soient mises en place ». « Ceux qui enfreindront ou entraveront le processus électoral auront à en rendre compte », précise le texte, qui ne fait plus mention explicitement de sanctions, contrairement aux versions précédentes.

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Macron salue une « étape-clé pour la réconciliation »
L’accord prévoit également de « mettre fin progressivement à l’existence du gouvernement et des institutions parallèles », le lancement immédiat des travaux en vue de l’unification de la banque centrale libyenne et la poursuite des efforts menés en vue de l’unification des forces de sécurité. Un point d’étape sous la forme d’une conférence sous les auspices de l’Organisation des Nations unies (ONU) est également prévu.
Cet accord est « une étape-clé pour la réconciliation » en Libye, a déclaré le président français devant la presse, parlant d’« une rencontre historique », qui est « accompagnée par l’ensemble de la communauté internationale ».
Sept ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste en proie aux rivalités politiques et le pays est divisé entre le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, sis à Tripoli et installé après les accords de paix de Skhirat de 2015, et un gouvernement parallèle dans l’est du pays soutenu par le maréchal Haftar.
Une vingtaine de pays – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, seize autres pays et quatre organisations internationales (Union européenne, ONU, Union africaine et Ligue arabe) – étaient représentés à Paris.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les combats entre l’armée et des groupes indépendantistes sont devenus presque quotidiens dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
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Compte rendu

Au Cameroun, 32 morts lors d’un affrontement dans la région anglophone

Les combats entre l’armée et des groupes indépendantistes sont devenus presque quotidiens dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-29T14:35:43+02:00"

        Le 29.05.2018 à 14h35






    
Une patrouille camerounaise dans les rues de Buea, dans la région anglophone du Sud-Ouest, en avril 2018.
Crédits : ALEXIS HUGUET / AFP


Trente-deux personnes, dont cinq « otages », ont été tuées la semaine dernière à Menka, dans la région anglophone du Nord-Ouest au Cameroun, lors d’un affrontement entre les forces de sécurité et un groupe armé reclus dans un motel, selon un bilan officiel du gouvernement camerounais. « Vingt-sept terroristes [ont été] neutralisés » le 25 mai lors d’une « opération spéciale » menée par trente militaires et policiers pour déloger « des assaillants » qui avaient pris possession d’un motel à Menka, a déclaré lundi 28 mai à la presse Issa Tchiroma Bakary, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement.

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Il a affirmé que « quinze otages » se trouvaient dans l’établissement et que cinq d’entre eux avaient été tués « par les terroristes » après les « sommations » des forces camerounaises pour qu’ils se rendent et libèrent leurs otages. Un policier a été blessé, de même qu’un « terroriste », alors qu’un autre, une femme, s’est rendu, a affirmé le porte-parole.
« Semer la terreur et la désolation »
« Cinq fusils à pompe en service seulement dans les unités spéciales ont été saisis, ainsi que dix-sept armes de guerre et dix armes de chasse, avec plus de 2 000 munitions, une trentaine de tenues militaires et cinq bérets qui appartenaient aux gendarmes et policiers froidement assassinés par ces mêmes terroristes à Bali, Bello et Batibo », dans la même région du Nord-Ouest, selon M. Tchiroma. Il a réfuté les « allégations de carnage perpétré par l’armée camerounaise sur les populations civiles ».
Les images des morts de Menka ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué l’indignation d’hommes politiques et de défenseur des droits humains du Cameroun. D’après le leader de l’opposition, John Fru Ndi, qui s’est rendu samedi à Menka, des « civils » font partie des victimes. Un député de son parti, Nji Tumasang, avait affirmé à l’AFP que trois autres personnes, dont une soupçonnée d’appartenir au groupe du motel et un conducteur de moto-taxi, avaient été arrêtées dans un hôpital d’une localité voisine, à Buchi, et exécutées par des soldats.

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Le groupe décapité à Menka est « une bande armée » constituée depuis des mois pour « semer la terreur et la désolation au sein de la population », selon M. Tchroma. Il a affirmé que ce groupe serait à l’origine de l’assassinat de gendarmes dans la région, d’enlèvements, de viols et de rackets.
Les combats entre l’armée et des groupes séparatistes sont devenus presque quotidiens dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, de même que les enlèvements de Camerounais et d’étrangers. Selon le centre d’études International Crisis Group (ICG), « au moins 120 » civils et « au moins 43 » membres des forces de sécurité ont été tués depuis fin 2016.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le crime s’est produit dans la province du Cabo Delgado, non loin de la frontière tanzanienne.
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Compte rendu

Au Mozambique, dix personnes décapitées lors d’une attaque attribuée à des islamistes

Le crime s’est produit dans la province du Cabo Delgado, non loin de la frontière tanzanienne.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-29T12:18:28+02:00"

        Le 29.05.2018 à 12h18

     •
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        Mis à jour le 29.05.2018 à 12h34






    
Des soldats mozambicains patrouillent à Mocimboa da Praia, dans le nord du pays, le 7 mars 2018, après une attaque d’insurgés islamistes.
Crédits : ADRIEN BARBIER / AFP


Dix personnes ont été retrouvées décapitées dimanche 27 mai dans l’extrême nord du Mozambique, victimes d’une attaque attribuée à un groupe islamiste à l’origine de multiples violences dans la région, a-t-on appris mardi de sources locales concordantes. « Nous avons été informés de cette tragédie », a confirmé à l’AFP le représentant du gouvernement dans le district du Palma (nord-est), David Machimbuko, sans donner plus de détails.

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La direction de la police mozambicaine a annoncé la tenue d’une conférence de presse dans l’après-midi dans la capitale Maputo. Selon plusieurs sources locales interrogées par l’AFP, l’attaque s’est déroulée dimanche matin dans le petit village de Monjane, dans la province du Cabo Delgado, non loin de la frontière tanzanienne.
« Renverser l’ordre établi »
Parmi les victimes figurent des enfants et le chef traditionnel du village, a précisé un habitant sous couvert de l’anonymat. « Ils visaient le chef du village parce qu’il avait fourni des informations à la police sur l’endroit où le groupe était caché », a expliqué à l’AFP une autre source locale. Connu sous le nom de Al-Chabab (« les jeunes » en arabe), ce groupe islamiste radical s’est fait connaître en octobre 2017 en attaquant la police et l’armée dans la ville de Mocimboa da Praia.

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La police n’avait pu reprendre le contrôle de la ville qu’au bout de deux jours de combats, qui se sont soldés par la mort de deux policiers, d’un chef local et de quatorze « assaillants ». Selon des témoignages recueillis en mars sur place par l’AFP, ce groupe est apparu dans la région en 2014 et prône un islam radical. Les autorités l’ont accusé de vouloir « renverser l’ordre établi », mais assurent qu’il n’a aucun lien avec les Chabab qui sèment la terreur en Somalie à grands coups d’attentats.
La police et le gouvernement affirment depuis des mois que l’ordre a été rétabli dans la province mais des attaques sporadiques attribuées à ce groupe continuent toutefois à agiter la région, proche d’énormes champs gaziers récemment découverts au large des côtes mozambicaines. Plus de 300 personnes soupçonnées d’être proches de ce groupe ont été arrêtées depuis octobre 2017.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Plusieurs navires palestiniens sont partis des côtes gazaouies mardi pour protester contre la construction par Israël d’une nouvelle barrière maritime « infranchissable » au nord de la bande de Gaza.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

A Gaza, des bateaux palestiniens contre la nouvelle barrière maritime voulue par Israël

Plusieurs navires palestiniens sont partis des côtes gazaouies mardi pour protester contre la construction par Israël d’une nouvelle barrière maritime « infranchissable » au nord de la bande de Gaza.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h23
   





                        



   


Plusieurs bateaux palestiniens ont pris la mer dans le port de Gaza mardi 29 mai à 11 heures pour « briser le blocus » maritime israélien annoncé dimanche par le ministère de la défense israélien afin d’empêcher de possibles infiltrations depuis l’enclave palestinienne. L’action est organisée par le comité de la marche du retour, dans un contexte de tensions ravivées par des tirs de mortier vers Israël.
L’embarcation principale, avec à son bord une vingtaine de personnes, était suivie par d’autres bateaux plus petits. Il n’est pas clair si le cortège a pris la mer avec l’objectif de franchir les limites du blocus israélien, qui impose aux navires de rester à moins de neuf milles nautiques (16 kilomètres) des côtes de Gaza. L’armée israélienne n’a pas commenté ce départ, ni si elle comptait riposter.

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Une nouvelle barrière israélienne au nord de Gaza
La nouvelle barrière « infranchissable » dont la construction a débuté au large de la plage de Zikim, à quelques kilomètres au nord de la bande de Gaza, est une digue fortifiée surmontée de barbelés en Méditerranée. Selon le ministère, cette barrière est la première du genre dans le monde et devrait être achevée à la fin de l’année 2018.
Elle « empêchera de manière efficace l’infiltration d’Israël par la mer », a déclaré dimanche 27 mai le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, qui a affirmé qu’il s’agissait d’un « nouveau coup porté au Hamas », le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza. Le danger d’infiltrations demeure un motif d’inquiétude permanent pour les communautés israéliennes voisines de la bande de Gaza.

   


Lors de la dernière guerre, en 2014, entre Israël et le Hamas à Gaza, quatre Palestiniens qui tentaient de s’infiltrer par la mer avaient été tués par les forces de sécurité israéliennes. Israël poursuit par ailleurs ses travaux de renforcement de la barrière qui le sépare de la bande de Gaza, avec notamment un dispositif souterrain empêchant la construction de tunnels.
Les tunnels passant sous la barrière de sécurité ont constitué aux mains des groupes armés palestiniens une arme redoutée pendant la guerre de 2014, et leur destruction s’est imposée comme l’un des objectifs de l’offensive israélienne.
L’annonce de dimanche a été faite après des semaines de tensions le long de la frontière entre l’Etat hébreu et l’enclave palestinienne, sous blocus terrestre, aérien et maritime depuis plus de dix ans, qu’Israël justifie par la nécessité d’empêcher le Hamas de se procurer des armes.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Un homme a ouvert le feu mardi matin dans le centre de Liège. Une enquête pour « infraction terroriste » a été confiée au parquet fédéral belge.
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Belgique : trois personnes tuées à Liège dans une attaque, l’assaillant abattu par la police

Un homme a ouvert le feu mardi matin dans le centre de Liège. Une enquête pour « infraction terroriste » a été confiée au parquet fédéral belge.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 15h14
   





                        



   


Un homme a tué trois personnes dont deux policières, mardi 29 mai à Liège, en Belgique, avant de prendre une autre personne en otage puis d’être abattu par la police. Le parquet fédéral, compétent en matière de terrorisme, a été saisi.
Deux policières et un passant tués
L’attaque s’est produite vers 10 h 30 sur le boulevard d’Avroy, grande artère de Liège, en Wallonie. « Un homme a pris en filature » deux policières, « les a agressé[e]s par l’arrière en leur donnant de multiples coups de couteau », a détaillé le procureur de Liège, Philippe Dulieu, lors d’une conférence de presse – le cabinet du bourgmestre a confirmé dans l’après-midi que les deux agents de policé tués étaient deux femmes employées de la police locale.
L’assaillant s’est ensuite emparé de leurs armes de service et a fait feu, tuant les deux femmes ainsi qu’un homme de 22 ans assis dans une voiture à proximité.
Il s’est ensuite réfugié dans un lycée où il a pris en otage une employée. Quand les policiers sont intervenus près de l’établissement, il est sorti en tirant, blessant « plusieurs » membres des forces de l’ordre aux jambes. C’est à ce moment qu’il a été abattu.
La situation sur place est désormais maîtrisée et aucune mesure de confinement des écoles n’a été mise en place, a précisé la police de Liège. Le lycée Léonie de Waha, où a eu lieu la prise d’otage, restera fermé mercredi. Une ligne verte gratuite (080-09-40-00) a également été ouverte « afin de répondre aux questions de tous ceux qui désirent obtenir des informations ».
La piste terroriste privilégiée
L’enquête a été confiée au parquet fédéral belge, compétent en matière de terrorisme. « Il y a des éléments qui vont dans la direction d’un acte terroriste », a justifié Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral. La « qualification d’infraction terroriste » est retenue, ont plus tard confirmé les autorités lors d’une conférence de presse.
Le ministre de l’intérieur, Jan Jambon, a assuré son soutien aux policiers et aux familles des victimes :

Acte de violence avec un prix élevé pour la police de Liège. Tout mon soutien au corps et aux familles des victimes.— JanJambon (@Jan Jambon)


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Le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, s’est rendu sur les lieux. Selon Le Soir, le roi Philippe ainsi que le premier ministre, Charles Michel, sont également attendus sur place. Une minute de silence sera observée mercredi dans la journée et les drapeaux seront mis en berne.
« Une violence lâche et aveugle »
Charles Michel a dénoncé « une violence lâche et aveugle », avant de prendre la direction de Liège. De son côté, le président français, Emmanuel Macron, a fait part de la « solidarité du peuple français à l’égard du peuple belge », après cette « terrible attaque ».
L’émotion est d’autant plus vive dans la ville wallonne qu’elle a déjà été le théâtre d’une fusillade en 2013. Un homme, Nordine Amrani, avait abattu six personnes et blessé 130 autres avant de se donner la mort. Ce délinquant connu, fanatique des armes, s’était posté sur une place du centre de la ville et avait fait feu sur les passants.
Le niveau de la menace terroriste, ramené à 2 (sur une échelle de 4) en janvier, ne devrait pas être revu à la hausse. Les policiers sont, eux, appelés à encore plus de vigilance. « Dans une phase d’affaiblissement des groupes terroristes, ils sont considérés comme des cibles à “haute valeur ajoutée” par leurs agresseurs », souligne Thomas Renard, un spécialiste de l’institut d’études Egmont.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Quatorze mille étudiants se forment en économie, finance ou sciences politiques dans cet établissement qui compte parmi les plus réputés d’Europe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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L’université Bocconi, symbole de l’ouverture milanaise

Quatorze mille étudiants se forment en économie, finance ou sciences politiques dans cet établissement qui compte parmi les plus réputés d’Europe.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h21
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

« Ici, il y aura un complexe sportif avec une piscine olympique. Là, un immeuble avec quelques milliers de chambres étudiantes. » Gianmario Verona, recteur de l’université Bocconi, balaie du doigt le plan affiché en trois dimensions sur l’écran de son ordinateur. « Bientôt, nous ressemblerons à un campus à l’américaine. »
Sise au cœur de Milan, Bocconi – 14 000 étudiants, spécialisée en économie, finance et sciences politiques – est sur le point de doubler la taille de ses bâtiments. Un symbole pour cette institution qui incarne l’ouverture européenne de la ville lombarde.

De fait, elle est présidée par Mario Monti, personnalité européenne passée par la Commission, qui dirigea le gouvernement italien entre 2011 et 2013 à la suite de la démission de Silvio Berlusconi. Elle se targue d’avoir vu défiler sur ses bancs de nombreuses figures de la capitale économique, comme son maire Giuseppe Sala, qui fut également le grand ordonnateur de l’Exposition universelle de 2015.
Elle collectionne les bons scores dans les classements internationaux : 10e université mondiale en business et management, 16e mondiale en économie, 11e mondiale en sciences sociales, selon le classement planétaire des universités QS. Et 6e meilleure école de commerce en Europe dans le classement 2017 du quotidien britannique Financial Times. « Nous sommes un mélange italien de Sciences Po Paris et de l’Insead [Institut européen d’administration des affaires] », résume M. Verona.

Bocconi n’a pourtant pas toujours joué dans la cour des grandes universités. Privée (son budget dépend pour l’essentiel des frais d’inscription, de 14 000 euros par an au maximum), elle est née en 1902, grâce au don de Fernandino Bocconi, un riche marchand propriétaire de la chaîne Magazzini Bocconi – l’équivalent des Galeries Lafayette. C’était alors une petite école locale, première à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Le président des Etats-Unis doit dire avant le 1er juin s’il taxe ou non les importations américaines d’acier et d’aluminium européens.
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Commerce : l’Europe fataliste face à Donald Trump

Le président des Etats-Unis doit dire avant le 1er juin s’il taxe ou non les importations américaines d’acier et d’aluminium européens.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h14
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Trois mois après le début des tensions commerciales avec les Etats-Unis, les Européens savent désormais à quoi s’en tenir : leur allié américain n’est pas un partenaire fiable. Avec la répudiation de l’accord sur le nucléaire iranien, l’annulation unilatérale du sommet historique avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, Donald Trump multiplie les preuves de son imprévisibilité, de son obsession pour les promesses de campagne à son électorat national, et du peu de cas qu’il fait de ses alliés pourtant historiques.
Jeudi 24 mai, le président américain s’est brutalement lancé dans une nouvelle bataille en demandant à ses équipes de vérifier si les importations automobiles aux Etats-Unis ne menaçaient pas la sécurité nationale. Le même argument avait été brandi en mars pour justifier sa volonté d’imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium, taxes jugées injustes, voire ridicules, par les Européens, les surplus chinois étant les grands responsables des difficultés de l’acier américain, mais aussi européen, ces dernières années. « On est dans la démonstration de force puérile, l’argument purement électoral avant les élections à mi-mandat, en novembre », glisse, exaspéré, un dirigeant européen.
« On attend le Tweet »
En attendant, les Européens semblent devenus fatalistes. M. Trump décidera-t-il finalement de taxer à 25 % leurs exportations d’acier et à 10 % celles d’aluminium, au 1er juin, date butoir qu’il a fixée il y a un mois ? Optera-t-il seulement pour des quotas d’importations ou ira-t-il, miracle, jusqu’à lever définitivement ces menaces ? « Personne n’en sait rien, y compris sans doute dans l’administration américaine », confie une source bruxelloise haut placée. « On attend le Tweet de Trump », répètent les diplomates.
Cette stratégie américaine de la déstabilisation permanente a-t-elle payé ? Pour l’instant, pas franchement. Donald Trump n’a vraiment gagné...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Editorial. En confiant à un ancien économiste du FMI le soin de former un gouvernement provisoire, le président Sergio Mattarella risque d’attiser l’euroscepticisme ambiant. Avec la menace que la crise italienne se propage à l’ensemble du projet européen.
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Engrenage infernal en Italie

Editorial. En confiant à un ancien économiste du FMI le soin de former un gouvernement provisoire, le président Sergio Mattarella risque d’attiser l’euroscepticisme ambiant. Avec la menace que la crise italienne se propage à l’ensemble du projet européen.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h09
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Une mécanique infernale s’est enclenchée en Italie. La crise politique a muté en crise institutionnelle et menace maintenant de se propager à l’ensemble du projet européen. En refusant la nomination proposée par la coalition de la Ligue (extrême droite) et du Mouvement 5 étoiles (« antisystème ») d’un ministre de l’économie ouverte ment opposé à l’euro, le président italien, Sergio Mattarella, semble n’avoir fait que retarder le moment de vérité : celui où la Péninsule devra choisir son destin européen.

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M. Mattarella était face à un dilemme insoluble. D’un côté, accepter de confier l’économie du pays à Paolo Savona risquait de provoquer une crise européenne à court terme, alors que les opinions antieuro de ce dernier sont proverbiales. De l’autre, utiliser son droit de veto sur le choix des partis antisystème, vainqueurs des législatives du 4 mars, et ouvrir la voie à une période d’incertitude avec l’organisation de nouvelles élections à brève échéance.
Entre deux maux, le président italien a cru choisir le moindre, estimant que l’adhésion à l’euro ne pouvait se jouer sur une combinazione politicienne sans avoir fait l’objet d’un débat. L’option retenue par M. Mattarella pourrait toutefois échouer sur tous les tableaux. D’une part, en exerçant ses prérogatives constitutionnelles, le chef de l’Etat donne le sentiment aux électeurs des partis antisystème de ne pas respecter leur vote.

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D’autre part, en confiant les rênes d’un gouvernement de transition à Carlo Cottarelli, un ancien économiste du FMI, incarnant l’orthodoxie budgétaire, il risque d’attiser l’euroscepticisme ambiant, alors que de plus en plus d’Italiens accusent déjà Berlin, Paris et Bruxelles de décider de leur sort. Ce choix est de nature à alimenter la dynamique de la Ligue, qui n’a jamais été aussi haut dans les sondages.

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Les marchés financiers l’ont bien compris. Loin de calmer leurs craintes, la nomination de M. Cottarelli et la perspective de nouvelles élections favorables à la Ligue ont fait s’envoler le « spread », c’est-à-dire l’écart entre les taux d’intérêt allemand et italien à dix ans. Cette cote d’alerte sur la fiabilité de la dette italienne a atteint, lundi, son plus haut niveau depuis 2013. « Les élections seront un plébiscite, le peuple et la vraie vie contre les vieilles castes et ces messieurs du spread ! », fanfaronnedéjàMatteo Salvini, le chef de la Ligue.
Eviter de jeter de l’huile sur le feu
Les chances d’arrêter l’engrenage sont faibles. Pour cela, les décideurs européens doivent éviter de jeter de l’huile sur le feu en faisant la leçon aux Italiens. L’UE porte une lourde responsabilité dans la crise italienne, notamment par son manque de solidarité dans la vague migratoire que le pays a dû gérer. Il faut maintenant convaincre l’électorat italien, sans le braquer, que les thèses jusqu’au-boutistes des partis antisystème et leur onéreux programme économique finiraient par ruiner l’économie italienne et, par contrecoup, le projet européen, alors que les prochaines élections menacent de se transformer en référendum contre l’euro. Reste à trouver le leader capable d’incarner ce sursaut.

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Après avoir exprimé une rancœur légitime contre Bruxelles, les Grecs se sont finalement ravisés en 2015, estimant que la sortie de l’euro causerait plus de dégâts qu’elle ne réglerait de problèmes. Un exemple à méditer. Entre la peur de quitter l’Europe et la colère contre ses errements, quel sentiment l’emportera ? C’est aux Italiens de choisir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures, mardi après-midi, près de 175 000 employés. L’entreprise tente d’apaiser les tensions après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux Noirs dans un café en avril.
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Aux Etats-Unis, Starbucks ferme 8 000 cafés le temps d’une formation contre le racisme

Cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures, mardi après-midi, près de 175 000 employés. L’entreprise tente d’apaiser les tensions après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux Noirs dans un café en avril.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 12h09
   





                        



Peut-on apprendre à ses employés à ne pas être racistes ? La chaîne de cafés Starbucks se lance mardi 29 mai dans cet exercice délicat, avec une session de formation sans précédent qui entraînera la fermeture exceptionnelle de tous les cafés directement gérés par la chaîne aux Etats-Unis, soit quelque 8 000 établissements.
Mardi après-midi, cette initiative inédite devrait mobiliser pendant quatre heures près de 175 000 employés. Le 17 avril, quelques jours après l’indignation suscitée par l’arrestation de deux jeunes hommes noirs dans un café de Philadelphie, les dirigeants de Starbucks avaient tenté d’apaiser les tensions en annonçant cette journée de formation.
Une arrestation au seul motif que les deux hommes demandaient à attendre l’arrivée d’une connaissance avant de consommer. La scène, filmée par un smartphone, avait été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Des manifestations avaient suivi, avec la menace d’un boycottage pour cette chaîne de café aux Etats-Unis.

@Starbucks The police were called because these men hadn’t ordered anything. They were waiting for a friend to show… https://t.co/gQ6HFw3fYZ— missydepino (@Melissa DePino)


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L’incident a illustré de façon frappante les discriminations fréquentes que subissent toujours les Noirs aux Etats-Unis, dans un contexte de tensions raciales exacerbées depuis l’élection de Donald Trump.
Un résultat loin d’être garanti
Plusieurs responsables ont salué l’initiative de Starbucks, soulignant cependant que le résultat est loin d’être garanti. « C’est historique, je ne connais pas d’autre société aussi omniprésente que Starbucks qui ait montré sa volonté de prendre le racisme par les cornes », a déclaré Sherrilyn Ifill, présidente du Legal Defense and Education Fund, émanation de la puissante organisation de défense de la cause des Noirs NAACP. 
« Ils ouvrent la voie aux entreprises qui vendent au grand public pour qu’elles s’attaquent honnêtement et franchement aux inégalités raciales », a ajouté Mme Ifill, sollicitée par la direction de Starbucks pour aider à préparer cette formation.
Une aide fournie par les organisations de lutte contre les discriminations, non sans conditions. « Nous avons dit clairement que nous n’allions pas valider aveuglément leur programme si nous ne pensions pas qu’il puisse tenir ses promesses », a déclaré Heather McGhee, présidente de l’association Demos, également consultée par Starbucks. « Nous ferons un rapport au début de l’été avec une liste plus complète de choses à faire pour vraiment montrer l’exemple sur cette question », a précisé Mme McGhee.
Starbucks semble avoir entendu les réserves des associations. « Le 29 mai n’est pas une solution, mais c’est un premier pas », a prévenu la direction sur son site Internet. « La première session se concentrera sur la compréhension de ce qu’est le biais racial et l’histoire des lieux publics aux Etats-Unis. Les prochaines formations porteront sur toutes les sortes de discriminations et d’expériences. »
En quoi concrètement va consister la formation de mardi ? Starbucks a refusé que les médias assistent à l’exercice. Dans un petit film de présentation, l’entreprise américaine explique simplement que les employés devront visionner un film original du documentariste Stanley Nelson sur l’histoire des Noirs américains, et discuteront ensuite en petits groupes de leurs expériences de discriminations raciales. Le tout encouragé par de petits discours des dirigeants de l’entreprise née en 1971, Howard Schultz et Kevin Johnson.
Aussi incertain que soit le résultat, Sharon Rush, spécialiste des relations interraciales à l’université de Floride, espère que Starbucks poussera d’autres entreprises à multiplier les formations sur les discriminations raciales, comme elles ont multiplié les formations sur le harcèlement sexuel. « Si d’autres entreprises disent “Nous aussi, il faut qu’on fasse ça” », dit-elle, « ce sera vraiment un résultat positif ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Ivan Duque distance nettement le candidat de gauche, Gustavo Petro, au premier tour de la présidentielle.
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La droite en position de force en Colombie

Ivan Duque distance nettement le candidat de gauche, Gustavo Petro, au premier tour de la présidentielle.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 14h48
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

L’heure des alliances est venue. Lundi 28 mai à Bogota, les négociations allaient bon train entre les équipes des candidats en lice au premier tour de l’élection présidentielle. Le scrutin de dimanche a vu la nette victoire du candidat de la droite dure, Ivan Duque, qui a recueilli 39,1 % des suffrages et devance Gustavo Petro, le candidat de la gauche radicale, qui en obtient 25,1 %.
Les électeurs du centre se désolent et s’inquiètent de cette victoire des « extrêmes ». D’autant que leur candidat, Sergio Fajardo, a créé la surprise et frôlé la qualification pour le second tour, avec 23,7 % des suffrages. La campagne pour le vote utile a donc porté ses fruits. « Fajardo est le seul qui peut barrer la route à Ivan Duque », n’ont cessé de répéter ses sympathisants dans les jours précédant le scrutin. Mathématicien de formation et professeur à l’université, M. Fajardo a été maire de Medellin et gouverneur.
A la tête d’une coalition qui réunit sa propre formation, les Verts et un petit parti de gauche, il a fait campagne sur la réconciliation, la lutte contre la corruption et la priorité à donner à l’éducation. Ensemble, les deux forces politiques nouvelles que représentent MM. Petro et Fajardo totalisent près de la moitié des voix. Mais il n’est pas dit qu’elles s’allient pour le second tour.
« La confrontation droite-gauche de deux projets politiques très différents est une nouveauté en Colombie. Les deux candidats vont devoir faire des concessions pour le second tour », souligne le chercheur Yann Basset, de l’université du Rosaire. Dès dimanche soir, Ivan Duque et Gustavo Petro ont joué l’ouverture au centre.
« Je ne vais pas déchirer l’accord »
« La paix est la grande gagnante de ces élections », a déclaré le président sortant, Juan Manuel Santos, dimanche soir. Plus de la moitié des 36  millions d’électeurs colombiens sont allés voter (53,3 %), un record. Et ils l’ont fait dans un calme complet. La petite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Bruxelles appelle le Royaume-Uni à clarifier ses positions pour éviter une rupture brutale.
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Brexit : les Européens exaspérés par les revirements de Londres

Bruxelles appelle le Royaume-Uni à clarifier ses positions pour éviter une rupture brutale.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h57
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Avec la crise politique qui secoue l’Italie ou les menaces de guerre commerciale entre l’UE et les Etats-Unis, on en oublierait presque la négociation du Brexit. Pourtant, elle ne va pas non plus très fort. Et à moins de dix mois du jour J du divorce, les Européens s’alarment, tant la discussion avec Londres a viré ces dernières semaines au dialogue de sourds.
Les plans britanniques pour la relation future avec l’Union ou pour éviter le retour d’une frontière avec la République d’Irlande, condition sine qua non de l’accord de divorce ? « Ils sont fantaisistes », a asséné, à bout de patience, un officiel européen en fin de semaine dernière, à l’issue de trois jours de discussions avec les Britanniques, manifestement inutiles. Les négociateurs n’ont pas non plus avancé sur des sujets tout aussi cruciaux, comme la coopération future en matière de défense, de sécurité, de justice ou d’échange de données.
« Ces commentaires n’aident pas », a réagi Philip Hammond, le ministre britannique des finances, vendredi 25 mai, en marge d’une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. « Nous sommes tout à fait conscients de la nécessité de faire des progrès significatifs pour le Conseil européen de juin. C’est pour cela que nous sommes là », a t-il ajouté. « Une négociation ne peut pas être une partie de cache-cache, (…) le Royaume-Uni doit regarder la réalité du Brexit en face », a répondu à distance Michel Barnier, le négociateur en chef du Brexit pour l’UE, le lendemain. « Pour négocier de manière efficace, vous devez savoir ce que l’autre partie veut », a expliqué le Français depuis Lisbonne.

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Les Vingt-Sept et Londres avaient pourtant fait des progrès importants, début 2018, en s’entendant sur une période de transition de deux ans après le 29 mars 2019 – date du Brexit. Bruxelles avait même commencé à esquisser à grands traits la « relation future » avec Londres, un accord de libre-échange doublé de partenariats dans la défense, la sécurité…
Club
Mais la négociation bute aujourd’hui sur deux conceptions différentes du Brexit. Pour les Européens, qui regrettent toujours le choix des Britanniques, il signifie que le Royaume-Uni va devenir un pays tiers. Il ne sera plus membre du club, n’aura plus à respecter la tutelle de la Cour de justice de l’Union, les quatre libertés de circulation liées au marché intérieur (personnes, biens, capitaux et services). Mais il n’aura plus non plus le droit d’intervenir dans les prises de décision de l’UE. Logique, du point de vue européen.
Au contraire, Londres continue d’exiger d’être traité de manière spéciale après sa sortie, quasiment comme un Etat membre. A Bruxelles, cette position est assimilée à du déni pur et simple : les Britanniques s’aperçoivent, dossier par dossier, qu’ils seront moins bien hors de l’UE que dedans, et du coup posent des conditions jugées inacceptables.
La polémique autour de Galileo est parlante : les Britanniques réclament le maintien de l’accès à ce programme communautaire de radionavigation, destiné à rendre l’Europe indépendante du système américain GPS. Ils réclament même l’accès aux signaux satellites, ce qui leur donnerait le pouvoir exorbitant de les couper en cas d’urgence. Impossible pour Bruxelles : « Londres disposerait d’informations que même les Etats membres n’ont pas ! », s’insurge un officiel européen. D’accord pour aménager un accès futur à Galileo, ajoute-t-on, mais dans un cadre légal spécifique, encore à construire avec Londres, celui des Etats tiers.
Le risque du « no deal »
Le sujet irlandais reste tout aussi préoccupant : Theresa May s’est engagée à proposer une solution concrète afin d’éviter tout retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Mais Bruxelles l’attend encore, des mois après avoir jugé irréaliste l’option « technologique » poussée par Londres, censée permettre la vérification des biens traversant la frontière sans postes frontières physiques.
Un nouveau cycle de discussions doit démarrer début juin. Si les blocages persistent, la perspective d’un accord final pour octobre, laissant le temps aux députés britanniques et au Parlement européen de le valider, s’éloigne. Et, inversement, le risque du « no deal » en mars 2019 augmente.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président Mattarella a nommé l’économiste Carlo Cottarelli à la tête d’un gouvernement de transition. Se profile une campagne électorale que la Ligue de Matteo Salvini aborde en position de force.
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L’Italie en route vers de nouvelles élections

Le président Mattarella a nommé l’économiste Carlo Cottarelli à la tête d’un gouvernement de transition. Se profile une campagne électorale que la Ligue de Matteo Salvini aborde en position de force.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h03
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Carlo Cottarelli est arrivé au Quirinal en avance, en taxi, et a traversé la place d’un pas rapide, sac au dos, tirant derrière lui une valise à roulettes. Ainsi est entré en scène, lundi 28 mai, l’universitaire milanais appelé à la rescousse par le président, Sergio Mattarella, après le coup de tonnerre qu’a été, dimanche, l’annonce par Giuseppe Conte qu’il renonçait à former le prochain gouvernement, faute d’accord entre le chef de l’Etat et les deux forces politiques constituant la majorité, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S).
Après avoir accepté la lourde charge qui lui a été confiée, lors d’une brève rencontre avec le président de la République, il s’est présenté devant les journalistes pour une courte déclaration dans laquelle il a fixé le cadre de l’action de l’équipe qu’il s’est engagé à choisir au plus vite : « Le gouvernement sera neutre, assurera une gestion prudente des comptes publics et retiendra comme essentielle la participation de l’Italie à l’euro. »
Un programme minimal, à durée déterminée et sans horizon autre que de nouvelles élections, qui se tiendront début 2019, si le Parlement parvient à voter un budget, ou à l’automne, en cas d’échec… Rarement gouvernement aura été formé avec des objectifs politiques aussi faibles, et aussi peu de chances de les atteindre.

Préalable caché : la sortie de l’euro
Même aux pires moments de l’histoire tourmentée de la démocratie italienne, la personne du président de la République est toujours restée au-dessus de la mêlée. Les critiques contre lui étaient rares, et limitées aux extrêmes. Mais, depuis dimanche, les attaques proviennent des deux principales forces politiques du pays. La première d’entre elles, le Mouvement 5 étoiles, réclame même l’ouverture d’une procédure de destitution (qui n’a aucune chance d’aboutir), tandis que sur les réseaux sociaux ont commencé à apparaître d’inquiétants appels au meurtre.
Tout ça pour un désaccord sur la personne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le président malien a annoncé officiellement sa candidature à un second mandat pour l’élection du 29 juillet, où il affrontera une quinzaine d’adversaires.
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Compte rendu

Au Mali, Ibrahim Boubacar Keïta se lance dans la course à sa réélection

Le président malien a annoncé officiellement sa candidature à un second mandat pour l’élection du 29 juillet, où il affrontera une quinzaine d’adversaires.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-29T10:46:08+02:00"

        Le 29.05.2018 à 10h46






    
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, à Abidjan, le 11 mai 2018.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé officiellement, lundi 28 mai, sa candidature à un second mandat lors de l’élection du 29 juillet, où il affrontera au moins une quinzaine d’adversaires, plaçant la « sécurisation » du pays en tête de ses priorités. « Aucune ambition personnelle ne m’habite, aucune volonté de durer ne m’anime », a assuré M. Keïta, 73 ans, élu en 2013 pour cinq ans, invoquant son désir de « servir au mieux le Mali en ces heures où les incertitudes ne sont pas encore totalement levées ».
« Voilà la raison pour laquelle je me porte candidat à la présidentielle », a-t-il ajouté, après avoir défendu son bilan, dans une allocution diffusée à la télévision publique ORTM, quelques minutes après l’annonce de sa candidature par le compte Twitter officiel de la présidence.
Un triple défi
Depuis plus de deux mois, des coalitions de dizaines d’associations et de partis de la majorité ont proclamé leur soutien à la candidature de M. Keïta, mais lui-même ne l’avait pas encore officiellement annoncée. « En tête des priorités, je placerai la sécurisation de notre territoire national », a déclaré le président sortant, en reconnaissant que « les conséquences de la crise de 2012 ont été certainement plus profondes et la lutte contre le terrorisme beaucoup plus complexe que nous ne l’avions estimé ».
Le nord du Mali était tombé en mars 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ces groupes ont été en grande partie chassés et dispersés par une opération militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes.

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                « Au Mali, le renouveau démocratique porté par Ras Bath s’apparente hélas à la politique de papa »



Le président sortant s’est également engagé à relever le triple défi « de la restauration de la paix, de la reconquête de l’unité et de la réussite de la réconciliation nationale ». Sur ce dernier point, il s’est référé à la « charte issue des travaux de la Conférence d’entente nationale », qui lui a été remise le 20 juin 2017, deux ans jour pour jour après la signature de l’accord de paix par l’ex-rébellion à dominante touareg.
Cette charte « préconise des actions vigoureuses et précises que j’initierai dans les plus brefs délais », a assuré M. Keïta, promettant « des décisions courageuses et novatrices ». Il avait déjà évoqué dans son message de fin d’année une future loi « d’entente nationale » exemptant de poursuites « tous ceux impliqués dans une rébellion armée », à condition qu’ils n’aient « pas de sang sur les mains ».
De nombreux candidats
Sur sa route, il retrouvera le chef de l’Union pour la République et la démocratie (URD), Soumaïla Cissé, battu au second tour en 2013, qui a reçu la semaine dernière le soutien d’une autre formation d’opposition, le Parti pour la renaissance nationale (Parena) de l’ex-ministre Tiébilé Dramé. L’ancien premier ministre Modibo Sidibé (2007-2011), arrivé quatrième en 2013, retentera également sa chance.
M. Keïta devra également affronter son ex-premier ministre Moussa Mara, ses anciens ministres Mohamed Ali Bathily et Housseini Amion Guindo, qui s’est déclaré dimanche après avoir démissionné en mai de l’éducation nationale, ainsi que Dramane Dembélé, « investi » samedi par une frange de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), deuxième parti de la majorité.

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                Au Mali, les autorités enquêtent sur des soupçons d’« exécutions sommaires » par l’armée



Ces candidatures s’ajoutent à celles du maire de Sikasso (sud), Kalifa Sanogo, du richissime homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, de l’ancien ministre et militaire Moussa Sinko Coulibaly, de deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré, ou encore d’Oumar Mariko, du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), au nom de la « bonne gouvernance ».
Les efforts « pour mettre fin aux dérives nées de la corruption, de l’arbitraire et de l’impunité » n’ont pas été totalement couronnés de succès, a reconnu lundi soir M. Keïta. « Je prends donc l’engagement d’intensifier mon combat pour la moralisation de la gouvernance malienne », a-t-il déclaré.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Nommé à la tête du gouvernement de transition, cet économiste de formation incarne tout ce que rejettent en bloc la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.
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En Italie, Carlo Cottarelli, bête noire des populistes

Nommé à la tête du gouvernement de transition, cet économiste de formation incarne tout ce que rejettent en bloc la Ligue et le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h44
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Bien sûr, Carlo Cottarelli n’est pas élu, et au long de sa riche carrière, ce technicien de l’économie est toujours resté à l’écart des fonctions politiques. Mais, à la différence de Giuseppe Conte, le candidat malheureux mis en avant par le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, les Italiens le connaissaient-ils déjà un petit peu, lorsque le président, Sergio Mattarella, dimanche 27 mai au soir, a annoncé lui avoir confié la charge de tenter de former un gouvernement, dans les pires conditions qui soient.
Né en 1954 à Crémone (Lombardie), économiste de formation, Carlo Cottarelli incarne, presque physiquement, tout ce que rejettent en bloc la Ligue et le M5S. Il a fait ses classes à la Banque d’Italie – un des lieux stratégiques dans la fabrique des élites italiennes –, avant d’entrer au Fonds monétaire international (FMI) en 1988, et d’y faire la plus importante partie de sa carrière. En 2013, sa nomination par le premier ministre, Enrico Letta, au poste de commissaire à la révision de la dépense publique lui avait valu une certaine notoriété, ainsi qu’un surnom : « M. Ciseaux ».
Retourné au FMI, en 2014, comme directeur exécutif pour l’Europe du Sud, il occupait, depuis l’automne 2017, les fonctions de directeur de l’Observatoire des comptes publics de l’Université catholique de Milan. Depuis ce poste d’observation privilégié, il n’avait cessé, durant la campagne législative, de brocarder les promesses électorales de la coalition de centre droit et du Mouvement 5 étoiles, basées, selon lui, sur des prévisions de croissance et d’inflation irréalistes.
Expédier les affaires courantes
Il y a quelques jours, il avait également proposé un chiffrage des diverses mesures envisagées par l’alliance entre Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue), dont il avait estimé le coût global entre 108 et 127 milliards d’euros, couverts par… 500 millions d’euros de recettes nouvelles. Autant dire que, si sa compétence et sa connaissance des dossiers ne font pas de doute, Carlo Cottarelli aura le plus grand mal à s’attirer les bonnes grâces de ces deux formations, qui, à elles deux, disposent d’une majorité à la Chambre des députés comme au Sénat.

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Ayant promis de présenter une équipe de gouvernement resserrée « au plus vite », Carlo Cottarelli s’est vu fixer l’objectif de faire voter le prochain budget, ce qui supposerait qu’il parvienne à obtenir un vote de confiance au Parlement. Dans le cas inverse – nettement plus probable –, il se contenterait d’expédier les affaires courantes jusqu’à des élections législatives qui se tiendraient au début de l’automne.
Très pessimistes depuis plusieurs jours, les marchés n’ont manifesté aucun soulagement à l’annonce d’une nomination qui était pourtant faite pour leur plaire. Lundi, la Bourse de Milan perdait encore près de 2,5 %, tandis que le « spread » – l’écart entre les taux à dix ans allemands et italiens, considéré comme un baromètre du risque – atteignait, le soir, les 230 points de base, soit son niveau le plus haut depuis 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Varsovie demande de faire preuve d’une plus grande empathie avec les Etats-Unis.
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La Pologne jette le trouble à Bruxelles sur l’accord nucléaire iranien

Varsovie demande de faire preuve d’une plus grande empathie avec les Etats-Unis.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 11h40
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Sauver l’accord sur le nucléaire iranien, maintenir la cohésion des Vingt-Huit, se montrer ferme à l’égard de Washington mais ne pas provoquer une confrontation : la diplomatie européenne s’affaire pour résoudre ce qui commence à ressembler à la quadrature du cercle. « Cet accord résulte de notre initiative. Si nous le perdons, c’est le signe que nous pourrions ne plus compter à l’avenir », résumait un participant au conseil des ministres des affaires étrangères, à Bruxelles, lundi 28 mai. Car, au-delà des proclamations d’unité et d’ambition, c’est la morosité qui règne.
D’abord parce que la cohésion de l’Union semble une nouvelle fois mise à l’épreuve. Les premiers signes sont, une fois encore, venus de l’Est. Jacek Czaputowicz, le chef de la diplomatie polonaise, a invité récemment ses partenaires à « prêter davantage attention » aux préoccupations sécuritaires de Washington. Lundi, M. Czaputowicz a confirmé ses réticences, et sa position paraît discrètement appuyée par d’autres capitales, dont Budapest.

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La Pologne a le sentiment que « les considérations économiques ont la priorité » dans les discussions au sein de l’UE, alors qu’il conviendrait de « prendre en considération les motivations des Etats-Unis et de faire preuve d’une plus grande empathie à leur égard ». Il faut que l’UE prenne aussi en compte le rôle de la Russie en Europe de l’Est – et la protection de l’allié américain –, estime le ministre. M. Czaputowicz a cependant admis qu’il n’y avait « aucun lien direct » entre cette question et celle du nucléaire iranien…
Pressions renouvelées
Sur le plan sécuritaire, l’Union était unanime pour dire que, puisque son territoire était plus exposé que celui des Etats-Unis, l’Europe était concernée au premier chef. Avant Bruxelles, les pays européens signataires de l’accord de 2015 s’étaient réunis à Vienne, vendredi 25 mai. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne y ont été soumis à des pressions renouvelées de la part de la délégation iranienne. Cette dernière ne s’est pas contentée d’entendre l’Agence internationale de l’énergie atomique confirmer, pour la 11e fois, que Téhéran respectait l’accord.
Pour renoncer à la relance de son programme nucléaire, suspendu en échange d’une levée progressive des sanctions internationales, l’Iran réclame des propositions économiques d’ici au 31 mai. « Pour l’instant, on négocie pour voir s’ils peuvent nous proposer un ensemble de mesures qui garantiraient à l’Iran le bénéfice de la levée des sanctions, ensuite il faudra obtenir des garanties », a déclaré le vice-ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Pour Bruxelles, de telles mesures, « globales et crédibles », ne peuvent être prises dans un délai aussi bref. On juge que les propos iraniens sont essentiellement à usage interne, destinés à calmer le camp des ultraconservateurs. Et l’on promet des « idées concrètes », à la fois nationales et communautaires. « Aussi vite que possible », selon la haute représentante, Federica Mogherini.

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L’examen du dossier, compliqué par les craintes des entreprises européennes qui pourraient s’exposer à des sanctions financières américaines, porte en priorité sur la manière de soustraire ces firmes à des sanctions unilatérales, d’écarter le risque d’amendes et de définir des canaux de financement alternatifs. Une modification du mandat de la Banque européenne d’investissement, pour lui permettre de soutenir des PME, reste à l’étude, comme la coopération dans divers domaines (transport, énergie, etc.). Interrogée sur la possibilité de sauver l’accord et les garanties réclamées par l’Iran, Mme Mogherini résume : « Personne ne croit que l’exercice sera facile, mais nous sommes déterminés. »
Il faut aussi répondre à l’administration Trump et au secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, qui promet d’infliger aux Iraniens « les sanctions les plus dures de l’histoire ». Selon un diplomate de haut rang :
« M. Pompeo ne nous présente pas un plan meilleur que le nôtre, ne nous explique pas comment, sans l’accord, nous pourrions nous attaquer aux problèmes régionaux ou balistiques. » Toutefois, « le dialogue se poursuit avec les Etats-Unis, qui restent un allié mais avec lequel nous avons une divergence ».
« Nous ne sommes pas avec l’Iran contre les Etats-Unis, nous divergeons sur la manière d’empêcher la bombe iranienne de voir le jour », insiste une autre source.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Pour Eric Delbecque, spécialiste des questions de sécurité nationale, les services de renseignement ne forment plus le cœur du secret de la sécurité nationale. « Les dirigeants d’entreprises, les diplomates, les leaders d’opinion, les scientifiques, les universitaires s’affirment comme des cibles prioritaires des services étrangers », explique-t-il dans une tribune au « Monde ».
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« Nos responsables politiques et économiques n’ont aucune culture du renseignement »

Pour Eric Delbecque, spécialiste des questions de sécurité nationale, les services de renseignement ne forment plus le cœur du secret de la sécurité nationale. « Les dirigeants d’entreprises, les diplomates, les leaders d’opinion, les scientifiques, les universitaires s’affirment comme des cibles prioritaires des services étrangers », explique-t-il dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.05.2018 à 10h23
    |

Eric Delbecque (Spécialiste des questions de sécurité nationale et d'intelligence économique)







                        



                                


                            

Tribune. Ce type de « fuites » d’informations sensibles au sein des services de renseignement – en l’occurrence de la DGSE – arrive forcément : le passé nous en offre des exemples, connus ou non… C’est statistiquement inévitable dans un milieu centré sur la gestion de la confidentialité. Et les autres nations se révèlent confrontées, bien entendu, à des affaires de violation du secret de la défense nationale, de la même manière que nous le sommes. L’Oncle Sam nous en fournit l’exemple depuis plusieurs années, de WikiLeaks à Snowden ! Techniquement parlant, le secret occasionne régulièrement des révélations.
Ausculter suspicieusement les « services » apparaît donc parfaitement stérile. Avec les forces et les faiblesses de chaque entité, l’ensemble de la communauté du renseignement hexagonale réalise un travail assez remarquable ; évidemment, tout est toujours perfectible. Le reconnaître n’oblige pas à chercher les vulnérabilités là où elles ne se trouvent pas.

Ceux et celles qui s’engagent dans un métier de l’ombre le font par conviction et volonté de donner à leur vie du sens, et une pointe d’imprévisibilité et d’adrénaline (d’autant plus que le service public dans le secteur de la sécurité nationale ne motive pas grâce à l’argent…). On peut donc partir du principe qu’ils observeront leurs devoirs dans une écrasante majorité. De surcroît, les structures et les procédures permettent de garantir une efficacité satisfaisante dans la poursuite de la protection du secret.
Le socle de réponses adaptées aux menaces de ce siècle
Ce qui serait plus intéressant à l’occasion de cette affaire serait de réfléchir sur deux questions fondamentales.
Nos services sont-ils utilisés comme une grande démocratie moderne du XXIe siècle devrait le faire ou demeurent-ils des outils mal connus et insuffisamment exploités par nos dirigeants depuis plusieurs décennies ?
La seconde interrogation est également abyssale : à l’époque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Après une campagne 2017-2018 désastreuse, le pays a perdu sa place de premier producteur africain. A l’aube d’une nouvelle saison, les paysans sont inquiets.
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Reportage

Sécheresse, inondations, chenilles légionnaires : le coton burkinabé en danger

Après une campagne 2017-2018 désastreuse, le pays a perdu sa place de premier producteur africain. A l’aube d’une nouvelle saison, les paysans sont inquiets.

Par                Sophie Douce (Guiaro (Burkina Faso), envoyée spéciale)



LE MONDE
              datetime="2018-05-29T10:00:15+02:00"

        Le 29.05.2018 à 10h00






    
Récolte de coton à Boromo, au Burkina Faso, en mars 2017.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Dans son champ de coton, Mathieu Idogo attend la pluie qui devrait enfin nourrir la terre ocre de son village, dans le sud du Burkina Faso. « Il est tombé seulement 14 mm la semaine dernière, il faut au moins le triple pour ramollir le terrain », explique ce producteur de Guiaro, à une quarantaine de kilomètres de la frontière avec le Ghana, en examinant la poignée de sable qu’il vient de ramasser. Il devra encore patienter avant de labourer sa parcelle pour la prochaine saison agricole.
« On prie Dieu pour avoir plus de pluie cette année », confie ce père d’une famille de quatre enfants qui cultive le coton depuis vingt ans. Car lors de la dernière saison, plusieurs épisodes de sécheresse ont frappé le pays. « Le mois d’août 2017 a été particulièrement dur, avec une période d’une semaine à sec », observe Mathieu Idogo. Propriétaire de deux parcelles de six hectares, il se désole : « Je n’ai réalisé que 668 500 francs CFA [1 019 euros] de recettes, contre 1,5 million de francs CFA l’année précédente. C’est une perte énorme. Je suis très inquiet, je ne sais même pas comment on va démarrer la saison qui arrive. »

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La campagne cotonnière 2017-2018 a été un choc pour les paysans burkinabés. Le 28 avril, l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), rassemblant producteurs et égreneurs, a dressé un bilan inquiétant : la production de coton, principal produit d’exportation du pays, a baissé de 10 % par rapport à la campagne précédente, portant le rendement moyen à « un niveau historiquement bas de 696 kg à l’hectare, contre 920 kg en 2016-2017 ». Conséquence : le Burkina Faso, jusqu’alors premier producteur africain de coton, a cédé sa place au Mali.
Difficile de se procurer des insecticides
Mais la sécheresse n’est pas le seul fléau qui accable Mathieu Idogo. Il y a deux ans, il a vu apparaître pour la première fois des chenilles légionnaires sur sa parcelle : « Elles sont arrivées en août [pendant la saison des pluies] et en trois jours elles ont détruit le champ », rapporte-t-il.
Ces larves de papillon, détectées pour la première fois en Afrique en 2016, s’attaquent au coton, au maïs, au riz, au sorgho et aux cultures potagères. Elles font des ravages dans les champs des paysans burkinabés, déjà touchés par les chenilles carpophages et les mouches blanches. Pour les éliminer, Mathieu Idogo utilise des pesticides, parfois difficiles à se procurer. « Au moment où je vous parle, il n’y a pas de Titan, le produit que j’utilise, dans ma commune. On espère être livré d’ici l’été », s’inquiète le producteur, également maire adjoint de Guiaro.

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A trois kilomètres de là, Deborah Neyaga Kouboumon, 67 ans, produit du coton depuis quarante ans. Le dos à peine courbé, un pagne noué à ses hanches fines, elle a l’agilité de ceux qui se sont esquintés à ramasser la fibre blanche des petits arbustes. Pour cette veuve, mère de huit enfants et grand-mère de sept petits-enfants, le problème est avant tout financier. « Je n’ai pas les moyens d’acheter assez d’engrais et de pesticides », explique-t-elle, assise en tailleur à l’ombre d’un caïlcédrat, près des cases en terre séchée et en chaume de son village.
A 3 000 francs CFA le litre d’insecticide (4,57 euros), 15 000 francs CFA le sac d’engrais de 50 kg et 1 200 francs CFA celui de semence, difficile pour certains petits producteurs de se fournir auprès des sociétés cotonnières. Avec son maigre lopin de terre de 0,25 hectare, Deborah Neyaga Kouboumon gagne environ 50 000 francs CFA par an. « C’est difficile mais on n’a pas le choix, on se débrouille, je récolte du niébé et des arachides pour compléter », indique celle qui préside un groupement d’une soixantaine de femmes productrices de coton de la commune. « Elles ont gagné le prix du meilleur rendement en 2012 et 2013 ! », rappelle Mathieu Idogo.
Mais aujourd’hui, le coup est dur. « Ma récolte a baissé de 60 % par rapport à l’année dernière », détaille Deborah Neyaga Kouboumon. « Tout le département a été touché par la chute de la production. Nous arrivons à 4 000 tonnes de coton cette année, contre 700 000 tonnes il y a dix ans. Les agriculteurs sont inquiets », souligne Nenyaga Ayaga, le président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) dans le département de Guiaro, qui comptabilise près de 7 000 exploitants.
Des aléas climatiques de plus en plus intenses
Au siège de l’AICB, à Ouagadougou, le secrétaire à l’information Ali Compaoré, par ailleurs directeur de la Socoma, l’une des trois grandes sociétés cotonnières du pays, analyse : « C’est du jamais-vu. Il y a eu deux phénomènes cette année : la faible pluviométrie et l’explosion parasitaire, le manque de pluie ayant favorisé la prolifération des ravageurs. » Le Grand Ouest, qui représente près de 80 % de la production nationale, a été le plus durement touché.
Pour aider les producteurs, le gouvernement a annoncé en avril « un soutien exceptionnel de 14 milliards de francs CFA » (21,3 millions d’euros) destiné à subventionner les intrants et à régler les impayés. Une assurance agricole devrait également voir le jour « dans l’année » pour indemniser les agriculteurs en cas de sinistre.

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Pour Moussa Sanon, chercheur à l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Inera) de Ouagadougou et spécialiste en climatologie agricole, il faut se préparer à des aléas climatiques de plus en plus intenses dans la région : « On assiste à une aggravation des phénomènes ces dernières années, les sécheresses sont de plus en plus extrêmes et les inondations catastrophiques. Et au Burkina Faso, nous sommes d’autant plus vulnérables que nous avons des sols pauvres. »
D’ici à 2020, les rendements de l’agriculture pluviale pourraient diminuer de 50 % dans certains pays africains sous l’effet du changement climatique, selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Des figures proches du pouvoir ont qualifié d’« insulte à la nation » le projet, financé par l’ambassade de France, d’équiper des villageois en bêtes de somme.
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Compte rendu

Les ânes offerts par Paris ne sont pas les bienvenus au Burundi

Des figures proches du pouvoir ont qualifié d’« insulte à la nation » le projet, financé par l’ambassade de France, d’équiper des villageois en bêtes de somme.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-29T09:52:41+02:00"

        Le 29.05.2018 à 09h52






    
Un homme à dos d’âne dans le nord de la Tanzanie, en 2007.
Crédits : JOSEPH EID / AFP


Le ministre burundais de l’agriculture a ordonné, dimanche 27 mai, la mise en quarantaine de dix ânes introduits dans une commune du centre du pays grâce à un financement de l’ambassade de France. Achetés en Tanzanie, les ânes avaient été mis à la disposition des habitants d’un village de la province de Gitega, dans le cadre d’un projet d’une ONG locale pour aider femmes et enfants à transporter les produits agricoles, l’eau ou le bois de chauffe.
Le projet a été violemment critiqué ces derniers jours par des figures proches du pouvoir, qui ont qualifié ce don d’ânes d’« insulte à la nation », rappelant que cette espèce, qui n’est pas indigène du Burundi, symbolise dans la langue française l’ignorance et la bêtise. Dimanche, le ministre Déo Guide Rurema a demandé à un administrateur local de « faciliter le retrait immédiat de tous les ânes, qui ont été distribués […] sans respecter les procédures techniques de distribution d’animaux exotiques », et exigé qu’ils soient acheminés dans un centre de quarantaine.

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Jeudi, jour de l’inauguration du projet, l’ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse, s’était félicité sur Twitter de « l’introduction de la Land Cruiser du règne animal au Burundi ». En réponse à la polémique, l’ambassadeur avait ensuite assuré sur Twitter qu’à sa « connaissance, toutes les procédures ont été respectées ».
« Une catastrophe pour les paysans »
« L’ambassade de France est en train de payer le récent communiqué sur le référendum au Burundi et la visite de Kagame en France, notamment », analyse un diplomate européen sous couvert d’anonymat. Il fait référence aux critiques émises par la France contre le référendum controversé du 17 mai, qui a vu l’approbation d’une réforme constitutionnelle laissant la possibilité au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu’en 2034. Il évoque aussi la récente visite en France de Paul Kagame, président du Rwanda voisin, qui entretient des relations tendues avec le Burundi.

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« Cette politisation à outrance d’un simple microprojet est une catastrophe pour les paysans qui allaient en bénéficier et pour l’ONG qui a invité ce projet et qui visait à terme l’introduction d’un millier de bêtes dans la région », regrette le diplomate européen. Un projet similaire dans la province de Ruyigi, financé par la coopération belge depuis plus d’une année, n’a jusqu’ici rencontré aucun problème.
Le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l’annonce de la candidature controversée de M. Nkurunziza à un troisième mandat, en avril 2015. Le régime burundais est accusé de graves violations des droits humains et est de plus en plus isolé sur la scène internationale.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Une trentaine d’obus de mortier ont été tirés. Ils n’ont pas causé de victimes mais il s’agit de l’attaque la plus importante lancée depuis la guerre de l’été 2014.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Israël en alerte après des tirs de mortier en provenance de Gaza

Une trentaine d’obus de mortier ont été tirés. Ils n’ont pas causé de victimes mais il s’agit de l’attaque la plus importante lancée depuis la guerre de l’été 2014.



Le Monde
 |    29.05.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
29.05.2018 à 13h16
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        


Les sirènes d’alerte ont retenti tôt, mardi 29 mai, dans les communautés israéliennes situées le long de la frontière de la bande de Gaza. Pour la première fois depuis le début de la « marche du grand retour », débutée le 30 mars, près d’une trentaine d’obus de mortier ont été tirés en provenance du territoire palestinien. Ils n’ont pas causé de victimes. L’un d’eux a atterri dans l’enceinte d’une école, encore déserte à cette heure matinale. La photo de l’obus a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux. Le système de défense israélien « Dôme de fer » a intercepté une partie des projectiles, a précisé l’armée israélienne.

Mortar shell fired from Gaza exploded near Israeli kindergarten this morning. Luckily, no children were hurt.
— LTCJonathan (@Jonathan Conricus)


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Il s’agit de l’attaque la plus importante lancée en provenance du territoire palestinien depuis la guerre de l’été 2014. Les autorités israéliennes devaient décider, dans la matinée, de l’ampleur de la réponse militaire. Si les soupçons se portent en priorité sur le Jihad islamique palestinien (JIP), le Hamas, maître de la bande de Gaza depuis 2007, est tenu pour responsable de tout incident sécuritaire par l’Etat hébreu.
Dimanche, l’armée a découvert et désamorcé un engin explosif artisanal placé sur la clôture frontalière, dissimulé dans des cisailles. Elle a ensuite frappé un poste d’observation. Trois membres du JIP sont ainsi morts. Les observateurs et les autorités s’attendaient donc cette fois à une réponse de cette faction, avec le consentement – indispensable – du Hamas, qui rappelerait ainsi le pouvoir de nuisance militaire dont il dispose encore, malgré son affaiblissement et son isolement.
Les incidents se multiplient
Le 30 octobre 2017, le JIP avait perdu plusieurs membres de sa branche armée lors de la destruction par Israël d’un tunnel d’attaque. Quatorze Palestiniens avaient été tués. Mais le mouvement islamiste s’était gardé de toute vengeance d’ampleur, sur l’insistance du Hamas. Les deux factions étaient alors engagées dans les négociations au Caire en vue d’une réconciliation avec le Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Une réconciliation aujourd’hui au point mort.

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Alors que plus de 110 personnes ont été tuées par les soldats israéliens et plus de 3 500 blessées par balle depuis le début de la marche, les incidents se multiplient ces derniers jours le long de la clôture. Outre les départs de feu provoqués en Israël par des cerfs-volants enflammés, des tentatives d’infiltration ont été déjouées. A Sdérot lundi soir, plusieurs impacts d’armes automatiques ont été constatés sur des bâtiments et des voitures, après des tirs de la bande de Gaza.
Plus tôt dans la journée, deux Palestiniens avaient été arrêtés par l’armée alors qu’ils traversaient la clôture pour tenter de mettre le feu à un poste d’observation israélien. Mardi, plusieurs bateaux de pêche devaient tenter de quitter la bande de Gaza et de forcer le blocus maritime, transportant à leur bord des blessés, atteints par balle ces dernières semaines lors de la marche.
Drone et engins artisanaux
Il y a quelques jours, l’armée a annoncé qu’elle avait mis la main sur un drone, chargé d’explosifs, qui aurait été téléguidé de la bande de Gaza en direction du territoire israélien. Depuis deux mois, de nombreux engins artisanaux destinés à détoner à proximité de patrouilles de soldats ont été détectés. En revanche, le Hamas a veillé pendant cette période à éviter toute escalade militaire qu’auraient pu provoquer des tirs de roquettes sur la population civile israélienne.
Ce mélange d’actions civiles et militaires est difficile à gérer pour Israël, à la fois sur un plan opérationnel et sur celui de son image à l’extérieur. Aucun des acteurs ne veut d’un nouveau conflit dévastateur, mais personne ne souhaite apparaître en position de faiblesse ou de vulnérabilité, alors qu’une mobilisation complexe s’observe sur le plan diplomatique, pour sauver Gaza. L’enjeu est aussi l’avenir de la question palestinienne, et l’approfondissement du fossé entre le territoire sous blocus et la Cisjordanie.
La prochaine étape de la « marche du grand retour » est prévue le 5 juin. En attendant, des tractations intenses ont lieu en coulisse. Il est question d’une trêve à long terme, négociée de façon indirecte entre le Hamas et Israël, l’Etat hébreu ne posant plus en préalable le désarmement complet du mouvement islamiste, selon la presse locale. L’Egypte et le Qatar jouent les intermédiaires. Cet accord comprendrait à la fois une sorte de mise sous scellés de l’arsenal des factions armées, un arrêt dans la construction de tunnels, un possible échange de prisonniers et la libération des deux civils israéliens détenus à Gaza. Israël faciliterait aussi de grands projets d’investissements et d’infrastructures. Une inconnue demeure : de quelle façon une telle trêve, souhaitée ouvertement par la direction du Hamas, s’articulerait-elle avec le plan de paix que l’administration Trump compte toujours proposer, malgré la fin de non-recevoir adressée par le président palestinien, Mahmoud Abbas ?




                            


                        

                        

