<FILE-date="2018/05/28/23">

<article-nb="2018/05/28/23-1">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Le codécouvreur de la double hélice a donné une conférence truffée de coups de griffes.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La polémique, ADN de James Watson

Le codécouvreur de la double hélice a donné une conférence truffée de coups de griffes.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h20
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Je répondrai à une question à propos de n’importe quoi, ­hormis Rosalind Franklin ! » Agé de 90 ans, James Watson, codécouvreur de la structure en double hélice de l’ADN en 1953, percée qui lui a valu le prix Nobel, en 1962, n’a rien perdu de son mordant. Face à deux douzaines de personnes, lors d’une conférence donnée mercredi 23 mai au Collège de France, l’Américain aura balayé de sa verve une page cruciale de la science moderne et égratigné bon nombre de ses ­contemporains. Au premier rang desquels, donc, Rosalind Franklin, l’auteure d’images en diffraction aux rayons X de fragments d’ADN, qui allaient donner à Watson et son partenaire intellectuel Francis Crick l’une des pièces cruciales du puzzle de cette fameuse double hélice, support de l’information génétique.

A Stockholm, en 1962, il y avait trois hommes sur la photo : ­Watson, Crick et Maurice Wilkins, collègue de Rosalind Franklin au King’s College de Londres. Celle-ci ne pouvait certes y figurer, car elle était morte en 1958. Mais, pour Watson, « il n’y aurait eu aucune raison de lui attribuer le prix ­Nobel » : elle n’avait pas cru à l’hypothèse de la double hélice – un point démenti par les historiens. « Elle était une perdante [« loser »] », a-t-il assuré. Un jour, la chercheuse l’aurait presque frappé, avant qu’il ne découvre finalement « qu’elle n’était pas une sorcière ».
Tandis que, dans l’assistance, sa femme affichait parfois une mine inquiète, chacun en a pris pour son grade. Même l’auteur de « 99 % du travail intellectuel de la découverte », Francis Crick, dont Watson se demande s’il n’était pas un peu autiste. Lawrence Bragg, supérieur du duo Crick & Watson à Cambridge ? « Un ­dinosaure », qui avait cependant une « femme séduisante ». Linus Pauling, qui avait proposé une structure en triple hélice ? « J’ai vu immédiatement que c’était colossalement faux. (…) On n’a jamais compris comment...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-2">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les requins dans les filets de l’ADN

En analysant l’ADN environnemental de vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 17h06
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Cette étude a déjà fait le tour du monde. Publiées le 2 mai, dans la revue Science Advances, ses conclusions ont été reprises dans de nombreu x journaux, décortiquées, commentées. En analysant vingt-deux échantillons d’eau collectés sur plusieurs semaines autour de la Nouvelle-Calédonie, des chercheurs français, italiens et américains sont parvenus à détecter davantage de requins que des centaines de caméras installées pendant deux ans et des milliers de plongées durant des décennies.
Sur les vingt-six espèces de squales historiquement identifiées dans la région, les récentes campagnes traditionnelles en avaient repéré neuf. « Les données des enregistrements vidéo étaient particulièrement préoccupantes, souligne David Mouillot, professeur de biologie marine à l’université de Montpellier et coordinateur de l’étude. Dans toutes les zones fréquentées par les humains, on ne voyait plus rien. Soit les requins étaient partis, soit, comme les lynx ibériques ou les éléphants, ils avaient adopté un comportement furtif. »
Cent fois moins coûteux
La pêche s’est révélée nettement plus fructueuse avec l’ADN. Les chercheurs ont analysé vingt-deux échantillons composés chacun de 2 litres d’eau prélevés à 5 mètres de profondeur et 2 litres puisés à 20 mètres. Au terme de cet effort « cent fois moins coûteux », les auteurs de l’article annoncent avoir retrouvé treize espèces de requins. Surtout, ils ont relevé la présence des poissons dans le sud de l’archipel, près de Nouméa, la zone la plus urbanisée. Pour les scientifiques, la persistance de l’ADN dans l’eau – plusieurs jours – ainsi que sa circulation pourraient partiellement expliquer cette surdétection. Mais David Mouillot en est certain : « Les requins sont là, mais ils se sont adaptés à notre présence. »
S’éloigner des hommes, vivre à de plus grandes profondeurs et n’en remonter qu’en cas de véritable nécessité. Le biologiste français pense que tels les loups...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-3">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Détecter des espèces discrètes, voire invisibles, c’est aujourd’hui possible, grâce à l’ADN présent dans l’environnement. Une technique qui révolutionne les études naturalistes et les comptages écologiques, dans tous les milieux où la vie se cache.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Traquer la biodiversité grâce à l’ADN

Détecter des espèces discrètes, voire invisibles, c’est aujourd’hui possible, grâce à l’ADN présent dans l’environnement. Une technique qui révolutionne les études naturalistes et les comptages écologiques, dans tous les milieux où la vie se cache.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 17h24
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Le protocole est souple comme une porte de prison. Onze points, de quoi couvrir le corps d’un scientifique de la pointe des surchaussures au sommet de la charlotte, avec combinaison stérile, masque et double paire de gants, le tout à usage unique. L’entrée dans le laboratoire s’effectue par un sas, maintenu en surpression pour repousser les impuretés. Tout objet extérieur doit rester dehors. « Même le calepin », a précisé Tony Dejean. Le maître des lieux explique : « Chaque détail compte, la moindre contamination fausserait tous les résultats. Ici, c’est un peu Les Experts Miami, sauf qu’on ne s’intéresse pas aux hommes. Nous sommes la police scientifique de l’environnement. » Spygen, la start-up qu’il a créée en 2011 au Bourget-du-Lac (Savoie), s’est en effet fixé pour mission d’« améliorer le suivi et la conservation de la biodiversité à l’échelle mondiale ». Pas en envoyant des enquêteurs aux quatre coins du monde observer les espèces en voie d’extinction, mais en traquant leur présence dans les sols, sédiments, matières fécales ou simplement dans l’eau recueillie sur place.
Ce champ de la recherche, qui s’apprête à bouleverser notre mode d’observation de la nature, et par là sa connaissance, a un nom : ADN environnemental. Balbutiant il y a encore cinq ans, il connaît une véritable explosion avec quelque 170 articles publiés au cours des cinq premiers mois de 2018 contre 20 pour toute l’année 2013. Le 2 mai, par exemple, des scientifiques français décrivaient dans la revue Science Advances la mise en évidence du « code-barres » de requins supposés disparus dans l’eau de mer au large de la Nouvelle-Calédonie. Quelques mois plus tôt, des Américains établissaient la présence d’une faune inconnue autour d’Anvers Island, dans l’Antarctique. Dans tous les milieux, mammifères, amphibiens, poissons, oiseaux, plantes ou champignons livrent leurs secrets. « C’est assez vertigineux, commente, admiratif, Claude...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-4">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ La Haute Autorité de santé avait jugé en octobre 2016 que ces traitements présentaient un « intérêt médical insuffisant ».
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/05/2018
Découvrir l’application


                        

Alzheimer : vers le déremboursement des médicaments

La Haute Autorité de santé avait jugé en octobre 2016 que ces traitements présentaient un « intérêt médical insuffisant ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 11h08
    |

            François Béguin








                        


C’est l’épilogue d’un débat qui divise la communauté médicale depuis des années. Un arrêté signé par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, devrait acter dans les prochains jours le déremboursement des quatre médicaments (donépézil, rivastigmine, galantamine, mémantine) utilisés pour traiter les symptômes de la maladie d’Alzheimer. L’information révélée par Libération, vendredi 25 mai, a été confirmée au Monde.
La Haute autorité de santé (HAS) avait jugé en octobre 2016 que ces traitements, qui représentaient fin 2015 environ 90 millions d’euros de dépense annuelle pour l’Assurance-maladie, présentaient un « intérêt médical insuffisant pour justifier leur prise en charge ». Marisol Touraine, alors en poste avenue de Ségur, avait toutefois refusé d’engager leur déremboursement immédiat, assurant que « le faire plongerait les patients et leur famille dans le désarroi, alors que la qualité de la prise en charge est très variable d’un lieu à l’autre ».
Une manière de reconnaître que la prise en charge médicamenteuse est souvent le prétexte à autre chose, notamment à la reconnaissance et à l’officialisation de la maladie. « Devant le flou diagnostique et thérapeutique, plusieurs institutions gériatriques [ont] pris l’habitude de considérer la prescription de l’un de ces médicaments comme la condition nécessaire à une demande de prise en charge à 100 % des patients », relevait le médecin Luc Perino dans une tribune au Monde, en novembre 2016.
Une préconisation contestée
Mme Touraine avait alors conditionné un éventuel déremboursement à la mise en place d’un « protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations de patients ». C’est chose faite depuis vendredi 25 mai, et la publication par la HAS d’un guide et de fiches pratiques visant à « mettre en place un parcours de soins et d’accompagnement adapté » pour les patients souffrant d’Alzheimer et de maladies apparentées afin – notamment – de pouvoir proposer un diagnostic plus tôt, d’assurer une bonne coordination entre tous les professionnels qui interviennent autour du patient, et de soutenir les aidants.

        Lire aussi :
         

                Alzheimer : une maladie  en trompe-l’œil ?



Lors d’une conférence de presse vendredi, le professeur Christian Thuillez, président de la commission de transparence de la HAS, a fait valoir que cette amélioration de la prise en charge prônée par la HAS « va rendre des services bien meilleurs » que les médicaments dont les bénéfices « existent mais sont modestes et ne sont pas suffisants par rapport aux risques que courent les patients », notamment cardio-vasculaires.
En 2016, des associations de familles de patients et des sociétés savantes avaient contesté la préconisation de la HAS. Dans une tribune publiée en mars 2017 dans Libération, plusieurs sociétés françaises de neurologie, psychiatrie, gériatrie et la Fédération des centres mémoires avaient reconnu l’effet certes « modeste » de ces médicaments, mais avaient estimé que leur « déremboursement reviendrait à diminuer les chances d’accéder à la recherche thérapeutique innovante ». L’association France Alzheimer, qui regroupe des familles de malades, estimait, elle, que « la fin des prescriptions provoquerait inévitablement un affaiblissement du suivi médical régulier des patients et de leurs proches aidants ». 

        Lire aussi :
         

                Alzheimer, une épreuve familiale






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-5">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Pour la première fois, une équipe française a été impliquée - à son insu - dans  un type de fraude qui a entraîné une série de retraits d’articles dans des revues scientifiques.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La plaie des faux relecteurs scientifiques

Pour la première fois, une équipe française a été impliquée - à son insu - dans  un type de fraude qui a entraîné une série de retraits d’articles dans des revues scientifiques.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 06h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Il se passe parfois des choses inouïes dans les laboratoires. De faux chercheurs arrivent à se glisser subrepticement dans les processus de fabrication de la connaissance scientifique.
Depuis quelques années est ainsi apparue la sombre figure du « faux évaluateur », ou « faux reviewer ». Les vrais sont des chercheurs chargés par les journaux scientifiques d’évaluer, bénévolement, la qualité d’un article de recherche pour décider de le publier ou de le refuser. Ce mécanisme de revue par les pairs (peer review, en anglais) est une sorte de système immunitaire de la recherche, éliminant de mauvais articles et améliorant ceux qui sont destinés à la publication.
Mais des chercheurs ont réussi à tricher et à faire en sorte que leurs articles soient « revus », évidemment avec complaisance, par des amis, voire par eux-mêmes ! Une sorte de « pire review ». Heureusement, si la supercherie est détectée par les éditeurs, c’est une fraude et l’article est rétracté, c’est-à-dire retiré de la littérature scientifique.
Identité des relecteurs impossible à vérifier
En 2014, Ivan Oransky, cofondateur du site d’information spécialisé Retraction Watch, et des collègues alertaient dans Nature sur le phénomène en citant notamment le cas d’un Coréen convaincu de 28 fausses revues par les pairs en 2012.
Au total, selon la base de données de Retraction Watch, plus de 630 articles ont été rétractés pour cette raison depuis 2012, dont 356 impliquant des équipes chinoises, 132 iraniennes, 66 taïwanaises et 20 pakistanaises ou indiennes.
Le 28 mars, pour la première fois, le phénomène a touché indirectement une équipe française. Ce jour-là un article de Reproduction in Domestic Animals, publié en janvier 2017, a été rétracté par l’éditeur Wiley pour « processus de peer review compromis ». Plus précisément, la notice indique : « L’identité des relecteurs a été impossible à vérifier et il est probable que l’article...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-6">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Au menu : ces vers plats qui envahissent la France, envoyer des humains sur Mars sans qu’ils deviennent fous, chercher l’ADN du légendaire monstre du Loch Ness, etc.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-7">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le travail des géoarchéologues, qui permet de lire le paysage bouleversé par la montée continue des eaux – entre 1,50  et 2 mètres depuis l’Antiquité – exhume l’histoire des reconstructions successives du plus grand port de Grèce à l’époque romaine.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’immense port antique de Corinthe sort de l’oubli

Le travail des géoarchéologues, qui permet de lire le paysage bouleversé par la montée continue des eaux – entre 1,50  et 2 mètres depuis l’Antiquité – exhume l’histoire des reconstructions successives du plus grand port de Grèce à l’époque romaine.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 09h01
    |

            Pierre Barthélémy (Corinthe (Grèce), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Souvent violent quand il déferle vers le fond du golfe de Corinthe, au point de creuser les flots, de battre la grève et d’obliger les humains à se courber pour lui résister, le vent fait une pause en ce jour de mai. La plage de galets de la petite ville grecque de Léchaion est quasi déserte. Par endroits, de curieuses pointes rocheuses font des incursions dans l’eau, comme des dents qui essaieraient de mordre la mer. Derrière la plage, envahi par les herbes folles, les joncs et la salicorne, un gigantesque terrain vague, spongieux et bosselé de collines, est entouré d’une clôture de barbelés. Entrée interdite au public. Que protège-t-on là ?

Pour répondre à la question, il faut suivre les archéologues du Lechaion Harbour Project, un programme gréco-danois qui travaille depuis 2013 sur ce site protégé. Il faut les suivre et, comme souvent en archéologie, remonter le temps par la force de l’imagination. Ici se ­trouvait le port de la Corinthe antique, « le plus grand port de Grèce à l’époque romaine », ­précise Antoine Chabrol, géoarchéologue, dont l’objectif sur le projet est de reconstituer les paysages du passé. Ou plutôt des passés. Car Léchaion a été le port de la région pendant plus de mille ans, aux époques grecque, ­romaine et byzantine.
Un port gagné sur la terre
De la toute première installation grecque, qui remonte au VIIe siècle av. J.-C., on n’a pour l’heure rien retrouvé, à l’exception des grands brise-lames faits d’imposants moellons – les dents rocheuses de la plage. C’est pourtant de là « que sont partis les colonisateurs grecs vers l’ouest, la mer Ionienne, Corfou, le sud de l’Italie, la Sicile », retrace, presque lyrique, Dimitris Kourkoumelis, du département des antiquités sous-marines du ministère de la culture grec et codirecteur du projet. Corinthe est opulente, une des plus anciennes cités-Etats grecques, qui contrôle l’isthme reliant le Péloponnèse au reste de la Grèce. Mais, en 146...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-8">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Pour Antoine Chabrol, géoarchéologue du Lechaion Harbour Project et ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La recherche des sites submergés est un front pionnier en archéologie »

Pour Antoine Chabrol, géoarchéologue du Lechaion Harbour Project et ancien membre de l’Ecole française d’Athènes, les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 16h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Quelle est l’utilité d’associer la géomorphologie littorale à l’archéologie ?
Si les sites archéologiques ont une histoire, elle est indissociable de celle de leurs paysages. A Corinthe, ce sont les carottages profonds et les études de ­dynamique littorale qui ont permis de reconstituer l’histoire environnementale du port de Léchaion. La collaboration entre archéologues et géomorphologues sur cette question des littoraux est aujourd’hui fréquente et éclaire bien souvent d’un jour nouveau des ­sites fouillés parfois depuis plusieurs décennies. L’étude géomorphologique des littoraux de l’île de Délos, entreprise récemment par l’Ecole française d’Athènes, a par exemple permis de mieux comprendre pourquoi certains vestiges y ont été submergés. Les géomorphologues apportent aux archéologues de précieuses réponses sur la position du trait de côte à l’époque de l’occupation du site et permettent de mieux comprendre comment, pourquoi et parfois quand les sites littoraux ont pu être abandonnés, engloutis ou érodés.
Les côtes actuelles ne sont pas celles du passé. En quoi cela fausse-t-il ­l’interprétation des sites connus ?
Les changements de traits de côte aux périodes préhistoriques puis historiques faussent l’interprétation de ces sites, mais pas toujours dans le même sens. En fonction des types de côtes, les sites archéologiques qui étaient en position littorale lors de leur occupation ont pu être retrouvés submergés ou… ensablés, parfois plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. ­Remontée du niveau marin ne signifie pas forcément submersion des vestiges. Dans les deltas par exemple, l’accumulation de sédiments déposés par les fleuves a pu contrebalancer cette ­remontée de la mer et ainsi isoler plus en amont des sites auparavant littoraux. Ce phénomène n’est pas rare en Méditerranée : le port d’Œniades, situé dans le delta du fleuve Achéloos en Grèce, est aujourd’hui situé à près de 5 km du rivage.
Dans...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-9">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Autocritique, transparence, autocorrection : ce qui fait la force de la science la rend vulnérable aux « marchands de doute », explique le président du comité d’éthique du CNRS.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Contre les « fake news », éduquer à la démarche scientifique

Autocritique, transparence, autocorrection : ce qui fait la force de la science la rend vulnérable aux « marchands de doute », explique le président du comité d’éthique du CNRS.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 06h35
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université, préside le comité d’éthique du CNRS. Dernier ouvrage paru : Le Mythe de la singularité. Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? (Seuil, 2017).
Pourquoi les « fake news » – terme auquel vous préférez le néologisme français « infox » –, mettent-elles la science en danger ?
Les « infox » augmentent la défiance du grand public vis-à-vis de la science dans la mesure où elles remettent en cause un certain nombre de résultats de la recherche. Celle-ci a toujours été un terrain de prédilection pour les « marchands de doute » – lobbys industriels, religieux ou idéologiques. Dans le domaine des OGM, du réchauffement climatique, de la théorie de l’évolution ou de la vaccination, les faits sont régulièrement distordus pour promouvoir une cause. Ce qui est nouveau, c’est que ces « infox » colportées par les réseaux sociaux sont désormais fabriquées et diffusées à une échelle qui n’a plus rien d’artisanal.
La situation est d’autant plus complexe que la science, par nature, se nourrit de défiance. Elle ne repose pas sur la confiance dans les intuitions immédiates que nous donnent les sens : elle essaie, au-delà de son doute, de retrouver des formes d’assurance avec des méthodes de preuve. Une controverse scientifique part d’un désaccord entre des chercheurs de bonne foi, mus par la volonté de parvenir à la vérité, qui s’y efforcent par des débats contradictoires, en utilisant des arguments rationnels et des preuves rigoureuses.
« Le bon doute est inquiet, défend des thèses tout en restant ouvert aux arguments de l’autre. Le mauvais doute ne doute pas de lui-même, ne supporte aucune contradiction et n’est pas étayé par des faits »
C’est paradoxalement cette force de la science – l’autocritique, la transparence, l’autocorrection – qui prête le flanc aux vérités « alternatives ». Mobilisées pour alimenter de fausses controverses, elles allèguent...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-10">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Deux femmes, résidant en région parisienne, ont présenté une chute des cheveux et des poils après avoir consommé de la courge, rapporte un article publié dans la revue « JAMA Dermatology ».
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-11">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Paul Seabright s’intéresse aux mécanismes de consultation et de vote « démocratique » chez les lycaons du Bostwana qui prennent les décisions à la majorité des… éternuements.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


De la démocratie chez les chiens sauvages

Dans cette chronique, l’économiste Paul Seabright s’intéresse aux mécanismes de consultation et de vote « démocratique » chez les lycaons du Bostwana qui prennent les décisions à la majorité des… éternuements.



Le Monde
 |    26.05.2018 à 08h16
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Si, pour Aristote, l’homme est un animal « de nature politique », nous savons depuis quelque temps qu’il n’est pas le seul. Le primatologue Frans De Waal est devenu mondialement connu pour son livre Chimpanzee Politics sorti en 1982 (La Politique du Chimpanzé, Editions du Rocher, 1987), qui montrait la complexité des négociations entre coalitions de chimpanzés.
Mais on n’imaginait pas que nos institutions politiques électorales puissent avoir leurs équivalents dans le règne animal. Ces dernières années, de nombreuses études montrent la sophistication des mécanismes de décision collective chez diverses espèces – et donc les racines biologiques profondes de nos instincts politiques.

Une étude remarquable de chiens sauvages au Botswana montre que ces mammifères, pourtant très hiérarchisés, dans leur structure sociale utilisent des mécanismes de consultation et de vote « démocratique » avant de se décider en faveur d’un déplacement collectif (« Sneeze to leave », par Reena Walker, Andrew King, Weldon McNutt et Neil Jordan, Proceedings of the Royal Society B, septembre 2017).
Eternuer veut dire « allons-y »
Ces chiens sauvages vivent en groupes d’une dizaine d’individus, dont un couple dominant. Ils se réunissent régulièrement pour des rassemblements qui se caractérisent par des vocalisations et des cérémonies de salutation à très haute énergie. Ces rassemblements sont parfois le prélude d’une décision de partir ensemble, à la chasse par exemple. Après une période sédentaire dans la vie du groupe, un premier rassemblement a une probabilité faible (26 % en moyenne) de se terminer par une décision de départ. Mais après trois rassemblements, la probabilité s’élève à 64 %.
plus il y a d’éternuements par groupe plus il est probable que le départ soit acté
L’aspect le plus remarquable de ces rassemblements est que la décision de partir est prise par un vote – et que le vote se...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-12">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Les Décodeurs résument l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/05/2018
Découvrir l’application


                        

Gouvernement en Italie, réforme de la SNCF et RGPD : l’actualité à retenir de la semaine

Les Décodeurs résument l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    26.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
26.05.2018 à 07h48
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Italie : Giuseppe Conte proposé pour diriger le gouvernement
Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file respectifs du Mouvement 5 étoiles (M5S) et du parti d’extrême droite La Ligue, ont proposé au président de la République, Sergio Mattarella, le nom de Giuseppe Conte pour diriger le gouvernement italien, lundi 21 mai. Mercredi 23, le président de la République a accepté cette proposition.
Dans la foulée, le CV du nouveau chef du gouvernement a été passé à la loupe par la presse. Le New York Times a ainsi révélé que l’université de New York n’a aucune trace du passage de M. Conte dans ses murs, alors que ce dernier affirmait y avoir suivi des cours d’été.
Le programme de gouvernement conclu vendredi 18 mai entre les deux formations politiques comporte trente points et a été accepté par les militants des deux partis au cours du week-end précédent. M. Conte est désormais chargé de former un gouvernement qui reflète la plateforme électorale des deux mouvements de la coalition : les postes régaliens sont âprement disputés entre les deux formations.
SNCF : 94,97 % des cheminots ayant participé à la consultation syndicale opposés à la réforme
A l’issue d’une consultation interne, organisée par l’intersyndicale (CGT, UNSA, SUD et CFDT), plus de 90 000 salariés de la SNCF ont voté contre le projet de réforme de l’entreprise publique proposé, soit 94,97 % des suffrages exprimés. Le taux de participation est de 61,15 % selon Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD-Rail.
L’intersyndicale a fustigé l’attitude de la direction, qui a tout fait pour empêcher la consultation, donnant des consignes pour bloquer l’accès aux locaux de l’entreprise. « Heureusement, la plupart des directeurs n’ont pas appliqué ces directives », a précisé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.
Vendredi, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé aux syndicats la reprise d’une partie de la dette de la SNCF par l’Etat (35 milliards d’euros). Elle se ferait en deux temps : 25 milliards d’euros en 2020 et 10 milliards d’euros en 2022. Les syndicats de la compagnie ont décidé de poursuivre la grève, malgré les annonces de l’Etat.
Paris à la traîne des capitales européennes en matière de qualité de l’air
Copenhague, Amsterdam et Oslo arrivent en tête des villes européennes en matière de qualité de l’air et de mobilité, selon un classement réalisé par l’ONG Greenpeace. Paris, qui émarge en milieu de tableau (7e, avec une note globale de 38,75/100), est particulièrement mal noté sur la qualité de l’air avec 9,5/20, seule Moscou fait pire.
Le RGPD en application depuis vendredi 25 mai
C’est hier qu’est entré en application le RGPD, le règlement général pour la protection des données, une nouvelle loi européenne votée en avril 2016 qui encadre l’utilisation des données personnelles par tout service numérique proposé aux citoyens européens (dont Le Monde).

Parcoursup : l’attente pour la moitié des 812 000 candidats
Les premiers résultats de la procédure d’admission dans l’enseignement supérieur sont tombés peu après 18 heures mardi 22 mai, « plus de la moitié » des candidats ont reçu au moins une réponse favorable, selon la ministre de l’éducation supérieur, Frédérique Vidal.

        Lire aussi :
         

                Parcoursup : « C’est pas une fac, c’est “Koh-Lanta” », les lycéens se défoulent sur Twitter



Dans le détail, 44 % des candidats ont été recalés partout et ils doivent désormais attendre que les places se libèrent. Ceux qui ont été acceptés dans plusieurs formations choisissent avant de savoir où ils vont se trouver à la rentrée.
Trump exige une enquête sur une supposée surveillance de sa campagne de 2016 par le FBI
Donald Trump a demandé une enquête sur une possible « infiltration » de sa campagne par des agents de la police fédérale (FBI). Une accusation qu’il brandit depuis plusieurs jours sans fournir d’éléments de preuves à l’appui.
Nombre d’élus démocrates accusent la Maison Blanche et les républicains de chercher en réalité à déstabiliser Robert Mueller, qui enquête depuis un an sur une éventuelle collusion entre Moscou et l’équipe de campagne de M. Trump pour que ce dernier l’emporte face à Hillary Clinton en novembre 2016.
Nucléaire iranien : Téhéran réclame des compensations aux Européens
L’ayatollah Khamenei a formulé ses conditions aux Européens pour rester dans l’accord signé en 2015 et dont se sont retirés les Etats-Unis, principalement pour compenser économiquement ce retrait. Une façon, pour le guide suprême, d’ignorer les exigences formulées par Washington.
Parmi ces 12 exigences, sans lesquelles l’Iran quitterait aussi l’accord de 2015, l’ayatollah Khamenei réclame que l’Europe « garantisse pleinement les ventes de pétrole iranien » et que les autres parties du contrat s’engagent à ne pas rouvrir les négociations sur le nucléaire iranien.
Mais aussi…
Affaire Business France. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a été placée sous le statut de témoin assisté dans l’enquête pour « favoritisme et recel de favoritisme » visant Business France (BF).« Fake news ». Les députés ont entamé la lecture du projet de loi « manipulations de l’information » mercredi 23 mai.Greffes. Une équipe médicale française a réussi à implanter une trachée artificielle à douze patients souffrant notamment de lésions cancéreuses, une première mondiale.Escroquerie à la « taxe carbone ». Neuf ans de prison et 3 millions d’euros d’amende pour la Marseillaise Christiane Melgrani.Extrême droite. Grégoire M, un Français, a été condamné à six ans de prison en Ukraine, il avait été arrêté en mai 2016, avec notamment trois lance-roquettes, six kalachnikovs, un gros stock de munitions et plus de 100 kg de TNT. Terrorisme. Adrien Guihal, celui qui était l’une des « voix » de l’organisation Etat islamique a été capturé par les forces kurdes.Ebola. Une campagne de vaccination a démarré en République démocratique du Congo après la mort de vingt-six personnes.Fait-divers. Le couple français Sabrina Kouider et Ouissem Medouni a été reconnu, jeudi 24 mai, coupable du meurtre de la jeune fille au pair Sophie Lionnet, dont le cadavre carbonisé avait été retrouvé dans leur jardin à Londres.Chômage. Le taux de chômage remonte légèrement au premier trimestre 2018 en France (+ 0,2 point) et s’établit à 9,2 % de la population active.Homme battu à mort à Pau. Deux mineurs sans casier judiciaire présentés à un juge pour « homicide volontaire ». Le motif de l’agression n’est pas encore établi.
Disparition
Etats-Unis. L’écrivain américain Philip Roth est mort à l’âge de 85 ans. L’auteur de Portnoy et son complexe et de Pastorale américaine avait été régulièrement pressenti pour le Nobel de littérature, sans jamais l’obtenir.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-13">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Chaque année, le College of Environmental Science and Forestry propose un « top 10 » des espèces nouvellement décrites. Une illustration de la fragilité de la biodiversité.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-14">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ La ministre de la santé semble envisager de mettre un terme au statut dérogatoire dont bénéficient ces médicaments, dont le déremboursement est réclamé par certains professionnels.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/05/2018
Découvrir l’application


                        

Homéopathie : Agnès Buzyn évoque une évaluation scientifique

La ministre de la santé semble envisager de mettre un terme au statut dérogatoire dont bénéficient ces médicaments, dont le déremboursement est réclamé par certains professionnels.



Le Monde
 |    25.05.2018 à 16h59
 • Mis à jour le
26.05.2018 à 06h38
    |

            Pascale Santi








                        



   


Le statut dérogatoire de l’homéopathie va-t-il disparaître ? « L’homéopathie pourrait rentrer dans le droit commun et être évaluée scientifiquement. Si elle est utile, elle restera remboursée. Si elle est inutile, elle arrêtera de l’être », a indiqué la ministre de la santé, Agnès Buzyn, sur les ondes de France Inter, jeudi 24 mai. « Le problème de l’homéopathie est qu’elle n’a jamais été évaluée comme les médicaments. »

.@agnesbuzyn : "L’homéopathie n’a jamais été évaluée médicalement" https://t.co/U98pi9qIAn— franceinter (@France Inter)


require(["twitter/widgets"]);

L’homéopathie dispose en effet d’un statut dérogatoire. L’autorisation sur le marché des médicaments homéopathiques ne suit pas le même chemin que les autres médicaments. Ni même leur évaluation par la Haute Autorité de santé, qui ne peut se prononcer sur le service médical rendu (SMR) de ces spécialités.

        Lire aussi :
         

                Homéopathie : l’étrange exception française



La ministre de la santé a quelque peu infléchi ses propos. Interrogée à deux reprises mi-avril sur Europe 1 et RMC/BFM-TV, elle avait reconnu que « l’homéopathie ne peut fonctionner autrement que par l’effet placebo », tout en constatant l’attachement des Français. « Si ça peut éviter de consommer des médicaments toxiques, nous y gagnons, en tout cas ça ne fait pas de mal », avait-elle indiqué, engendrant sur les réseaux sociaux une volée de demandes de remboursement pour des traitements loufoques ne faisant « pas de mal ». La ministre avait estimé que « si on se pose la question du remboursement de l’homéopathie, il faut se poser celle de tous les médicaments peu efficaces ».
Une question récurrente et explosive
C’est le texte, signé par 124 professionnels de santé, publié dans Le Figaro le 19 mars, qui a relancé cette question récurrente et explosive. Rappelant l’efficacité non prouvée des médecines dites « alternatives », notamment l’homéopathie, ils appelaient à son déremboursement – accusant implicitement ses promoteurs d’escroquerie intellectuelle – et à ne plus reconnaître comme qualifications médicales les diplômes en homéopathie.

        Lire aussi :
         

                Homéopathie : le verdict négatif de la science



Au ministère de la santé, on indique ne pas avoir de position doctrinaire. « Nous remboursons à des taux très faibles des médicaments peu efficaces voire extrêmement peu efficaces. Le débat est ouvert sur l’utilité des médicaments, où met-on l’argent public », a poursuivi la ministre jeudi 24 mai. La question est donc relancée – sans précision sur les échéances et la nature de l’évaluation.
Une partie des médicaments homéopathiques sont remboursés à hauteur de 30 % par l’Assurance-maladie. Le marché total de l’homéopathie représente environ 620 millions d’euros en 2017, selon les chiffres du Hub d’OpenHealth, qui s’appuie sur les ventes de plus de 10 700 pharmacies en France. De son côté, l’Assurance-maladie dit avoir remboursé 128,5 millions d’euros de médicaments homéopathiques en 2016, soit moins de 1 % du budget médicaments.

        Lire aussi :
         

                Que pèse l’homéopathie dans le marché du médicament en France ?



Du côté des médecins homéopathes, on rappelle que « les Français sont nombreux à consommer de l’homéopathie et à en avoir des bénéfices ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-15">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Pendant un mois, ce géant du massif du Mont-Blanc devient le glacier le plus instrumenté du monde, pour étudier sa dynamique complexe et sa fonte.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-16">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Le cancérologue avait été condamné en première instance à une radiation de l’ordre des médecins pour avoir tenu des propos « alarmistes » sur les vaccins.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                

« Pour les vaccins, contre les excès » : la défense du professeur Joyeux pour éviter la radiation

Le cancérologue avait été condamné en première instance à une radiation de l’ordre des médecins pour avoir tenu des propos « alarmistes » sur les vaccins.



Le Monde
 |    24.05.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
24.05.2018 à 17h38
    |

            François Béguin








                        


Pas question pour le controversé professeur Henri Joyeux de répéter la même erreur qu’il y a deux ans lors de l’audience devant la chambre disciplinaire régionale de Languedoc-Roussillon. Venu « mains dans les poches », selon ses propres termes, sans avocat ni discours écrit, se défendre d’avoir tenu des propos « alarmistes » sur les vaccins, il avait été condamné à être radié de l’ordre des médecins en juillet 2016. C’est cette lourde sanction – suspendue le temps de l’appel – que le cancérologue retraité, âgé de 72 ans, est venu contester, jeudi 24 mai, devant la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins, à Paris.

        Lire le portrait paru dans « M » :
         

          Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables



Cette fois, pas de dialogue avec ses pairs, comme à Montpellier le 27 mai 2016, mais un long plaidoyer de son avocat et une prise de parole solennelle de sa part. « J’ai passé pas mal d’épreuves orales dans ma vie, aujourd’hui c’est la plus importante », a-t-il lancé, avouant « une certaine émotion après quarante-six années de pratique ».
En face, le représentant de l’ordre des médecins, pourtant à l’origine de la plainte, s’est contenté du service minimum, rappelant notamment que les « prises de position récurrentes » de M. Joyeux sur les vaccins constituaient des « critiques dénuées de nuances » et qu’à ce titre, elles étaient « inappropriées et délétères ».
« Oui, j’ai eu des mots forts »
En juin 2015, Patrick Bouet, le président du Conseil national de l’ordre des médecins, avait saisi les instances disciplinaires du cas de M. Joyeux en dénonçant « l’ensemble de ses propos » sur les vaccins. Dans une pétition et une vidéo largement diffusée sur Internet, le chirurgien montpelliérain dénonçait alors la pénurie des vaccins obligatoires contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), qui obligeait les parents à utiliser un produit combiné, dit hexavalent, protégeant aussi contre la coqueluche, l’haemophilus et l’hépatite B. Un vaccin contenant, selon lui, des substances « dangereuses », voire « très dangereuses », comme de l’aluminium. Le professeur était également poursuivi pour ses prises de position contre une recommandation du Haut Conseil de la santé publique préconisant d’abaisser de 11 à 9 ans l’âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les filles.
Particularité de l’audience, jeudi, la présence aux côtés de M. Joyeux de Xavier de Boisgelin, le président du conseil départemental de l’Ordre de l’Hérault, qui contestait lui aussi la décision de radiation, jugeant cette sanction « exagérée » et « disproportionnée pour une prise de position similaire à celle d’un lanceur d’alerte ».
C’est cette ligne de défense qu’a déroulé Jean-François Jésus, l’avocat d’Henri Joyeux. « L’homme qui est devant vous n’est pas un antivaccin, a-t-il lancé. Vous ne trouverez aucune ligne où vous considérerez qu’il est antivaccin. Il est pour les vaccins, il est contre les excès. » Dénonçant le « calvaire », « l’excommunication », voire la « crucifixion » dont a été selon lui l’objet son client à travers cette décision, Me Jésus a plaidé pendant près d’une heure le droit à la « controverse scientifique » et à la « liberté d’expression ».
« Le procès d’aujourd’hui est un procès scientifique, ce n’est pas un procès d’image, lié à des ragots », a déclaré Me Joyeux. « Oui, j’ai eu des mots forts », a-t-il reconnu, « mais je n’avais pas à être à genoux devant des décisions du Haut Conseil à la santé publique, c’était mon rôle d’universitaire », a-t-il plaidé. La décision de la chambre disciplinaire devrait être rendue d’ici trois à six semaines.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-17">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des chercheurs britanniques décortiquent le mécanisme du phénomène appelé « réponse auditive provoquée par la vue »
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-18">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Cinq médecins, dont Bernard Kouchner, plaident pour changer la loi en matière de toxicomanie.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Drogues : réduire encore les risques

Cinq médecins, dont Bernard Kouchner, plaident pour changer la loi en matière de toxicomanie.



Le Monde
 |    24.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
24.05.2018 à 16h21
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. D’emblée, le message est limpide, comme une évidence autant médicale que politique : « Il faut légaliser et contrôler le cannabis, dépénaliser l’usage des drogues dures et réduire les risques en suivant les progrès de la pharmacologie. » Le livre Toxic s’ouvre sur la manière dont les chemins de plusieurs de ses auteurs se sont croisés au sein de Médecins sans frontières (MSF), puis raconte la scission de l’ONG qui aboutit, autour de Bernard Kouchner, à la fondation de Médecins du monde (MDM).
Une manière de montrer la conti­nuité entre un engagement initial, dans la médecine humanitaire au Biafra, en 1969, et une démarche qui inclut l’intervention de MDM sur un front « intérieur », auprès des populations marginalisées sur le territoire français – notamment des toxicomanes. Toujours au nom du droit d’ingérence et, cette fois, autour d’une politique de réduction des risques, qui avait commencé à faire ses preuves pour les usagers de drogues injectables au cours des premières années de l’épidémie de VIH-sida.
Expériences pilotes
Les cinq auteurs de Toxic ne viennent pas tous, comme Kouchner, Aeberhard et Lebeau, du creuset MDM : William Lowenstein et Jean-Pierre Daulouède les ont rejoints, forts de leur expérience dans la prise en charge des ­addictions. La forme choisie pour ce livre est celle d’un échange, d’une vive ­conversation. L’ouvrage témoigne des allers-retours entre d’audacieuses pratiques de corsaires lançant des expériences pilotes et les mesures prises lors des diverses périodes où Bernard Kouchner fut ministre. Il en est résulté l’installation de programmes de substitution par la méthadone ou la buprénorphine et, plus ­récemment, l’ouverture des premières salles d’injection sous supervision médicale afin de prévenir les surdoses mortelles.
« Nous sommes des thérapeutes, sensibles à la peine des personnes souffrant des effets indésirables des drogues, écrit Bernard Kouch­ner....




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-19">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Philosophie de la prostate », de Philippe Petit.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. Par-delà le bien et le mâle

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « Philosophie de la prostate », de Philippe Petit.



Le Monde
 |    24.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
24.05.2018 à 10h07
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Philosophie de la prostate, de Philippe Petit, Cerf, « Idées », 264 p., 18 €.

Michel Foucault n’a rien écrit sur la prostate. Anodine anecdote ? Sûrement pas. Parce que, en ­quatre volumes d’Histoire de la sexualité, au fil de dix années d’une enquête sans pareille scrutant la chair, le désir, les représentations de la jouissance, ne pas avoir un seul mot, nulle part, pour une glande masculine qui est vitale, centrale, cruciale – n’est-ce pas fort étonnant ? Or ce silence n’est pas le fait de ce penseur en particulier. De la prostate, il ne fut question en philosophie. Pénis, phallus, érection, oui. Vulve, vagin, clitoris, évidemment. Ovaires ? Parfois. Prostate, jamais ! « Die Prostata-Frage » (« La question de la prostate ») n’est le titre d’aucun traité métaphysique.
C’est en littérature qu’elle fait son entrée, somme toute récemment, avec Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable, de Romain Gary (Gallimard, 1975), Exit le fantôme, de Philip Roth (Gallimard, 2009), ou L’Ablation, de Tahar Ben Jelloun (Gallimard, 2014). Ces récits, et quelques autres, retracent les affres et méditations de la post-maturité masculine. Narrer son cancer de la prostate est presque devenu un genre lit­téraire. Le transformer en exercice philosophique était un défi qui restait à relever.
Philippe Petit y parvient ­allègrement, avec cette étonnante Philosophie de la prostate, bel essai en forme de journal de bord. Le texte se révèle tour à tour méditatif, digressif, aigu, passe sans crier gare de la panique à l’ironie, du récit intime à la réflexion. Son auteur, journaliste et philosophe, est un lecteur boulimique et une plume acérée.
Son essai mêle souvenirs de Mai 68 et consultations à Cochin, résultats de d’analyses et ruminations pascaliennes, avec brio, dans un tourbillon de références où s’entrecroisent et se répondent, comme autant...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-20">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Les études cherchent à savoir pourquoi les jeunes femmes développent plus de cancers de poumon.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                

Etats-Unis : plus de cancers du poumon chez les jeunes femmes que les jeunes hommes

Les études cherchent à savoir pourquoi les jeunes femmes développent plus de cancers de poumon.



Le Monde
 |    24.05.2018 à 00h24
 • Mis à jour le
24.05.2018 à 15h14
   





                        


Il est établi que le nombre de cancers du poumon chez les femmes dépasse désormais celui des hommes aux Etats-Unis. Mais cette incidence supérieure chez les femmes laisse les scientifiques perplexes, le phénomène ne s’expliquant apparemment pas par le nombre de fumeuses.
Une étude, publiée mercredi 23 mai dans le New England Journal of Medicine, s’est intéressée précisément au lien entre ce type de cancer et le tabac, en analysant tous les diagnostics de cancer depuis 1995 sur l’ensemble de la population et les données sur le nombre de fumeurs depuis 1970.

        Lire aussi :
         

                Le nombre de fumeurs aux Etats-Unis au plus bas depuis des décennies



Les chercheurs espéraient trouver un lien entre le taux de femmes fumant et la multiplication des cancers du poumon. Mais l’analyse des données n’a pas permis d’établir ce lien. Conclusion : « De futures études sont nécessaires pour identifier les raisons de la plus forte incidence de cancer du poumon chez les jeunes femmes. »
La diminution de l’exposition à l’amiante comme explication
Sur les deux dernières décennies, le nombre de cancers du poumon chez les hommes et les femmes de 30 à 54 ans a baissé, mais cette diminution a été plus forte chez les hommes. Chez les femmes blanches nées à partir du milieu des années 1960 et les femmes hispaniques, l’incidence a même dépassé celle des hommes. La proportion de fumeuses reste pourtant inférieure à celle des hommes fumant.
Les scientifiques émettent des hypothèses. Peut-être que la diminution de l’exposition à l’amiante, un autre responsable du cancer du poumon, a davantage bénéficié aux hommes, plus souvent exposés. Il est également possible que la différence soit liée aux sous-catégories de cancers du poumon frappant plus les femmes.

        Lire aussi :
         

                Cancer et hasard : mieux conceptualiser la prévention



Mais d’autres raisons évoquées sont rejetées. Par exemple, une hypothèse controversée suggérant qu’à un niveau d’exposition identique, les femmes seraient plus susceptibles de développer un cancer, n’a jamais été confirmée scientifiquement. Le tabagisme passif n’est pas non plus davantage nocif pour les femmes que pour les hommes.
Pour les auteurs de l’étude, les enseignements sont néanmoins très importants, car ils appellent à des travaux supplémentaires pour comprendre la raison pour laquelle les jeunes femmes sont plus exposées au cancer du poumon que les jeunes hommes.
---
Mise à jour du 24 mai à 12 h 48 : modification du titre qui ne reflétait pas le contenu de l’étude.



                            


                        

                        

