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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le milliardaire, qui a présidé le groupe aéronautique Dassault, est mort lundi d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 93 ans.
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Mort de Serge Dassault : la classe politique française salue « un très grand industriel »

Le milliardaire, qui a présidé le groupe aéronautique Dassault, est mort lundi d’une « défaillance cardiaque » à l’âge de 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 19h40
   





                        



   


A l’annonce de la mort de Serge Dassault, lundi 28 mai, à 93 ans, de nombreux politiques ont salué l’action de l’industriel à la tête du groupe d’aviation qu’il a dirigé entre 1987 et 2014. Dans un communiqué, le président de la République, Emmanuel Macron, a écrit que « la France perd[ait] un homme qui a consacré sa vie à développer un fleuron de l’industrie française ».
« Son engagement politique se fonda sur un fort enracinement dans l’Essonne et le souci de libérer les énergies entrepreneuriales et la compétitivité des entreprises françaises. Toute sa vie, Serge Dassault aura veillé avec une attention extrême aux choix stratégiques du groupe hérité de son père, lui permettant d’opérer les virages indispensables et de conduire des innovations multiples. »

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                Mort de Serge Dassault, ancien sénateur et industriel de l’armement



L’ancien chef d’Etat Nicolas Sarkozy dit également que « la France perd un très grand industriel, le monde de l’aviation, un pionnier, l’opinion publique, un grand patron de presse, et [lui], plus simplement, un ami. […] C’est le pays tout entier qui voit disparaître un artisan acharné de la grandeur française ». 
Pour le président du Medef, Pierre Gattaz, « c’est une grande perte pour notre pays. Serge Dassault était un véritable capitaine d’industrie, visionnaire et courageux. Il aura marqué son temps par son engagement infatigable au service de l’économie ».
« Divergences politiques »
Egalement patron du Figaro, maire de Corbeil-Essonnes (1995-2009) ou encore sénateur (2004-2017), Serge Dassault est « un grand industriel qui disparaît », selon l’ancien premier ministre Manuel Valls. « Nous nous sommes souvent opposés, parfois avec vigueur, j’ai contesté certaines de ses pratiques, mais nous avons aussi trouvé les chemins ensemble pour faire avancer notre territoire, nos villes et notre hôpital », a écrit le député de l’Essonne dans un communiqué.

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                Serge Dassault, un patron à l’ancienne



Malgré des « divergences politiques et des critiques légitimes », la présidente du Front national, Marine Le Pen, a également salué la mémoire de Serge Dassault et son travail au sein du groupe aéronautique sur Twitter.

Au-delà des divergences politiques et des critiques légitimes, Serge Dassault aura démontré, en reprenant l’entrepr… https://t.co/NzJgBa4Uen— MLP_officiel (@Marine Le Pen)


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.
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Mort de Serge Dassault, ancien sénateur et industriel de l’armement

Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 21h26
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

Salon aéronautique de Las Vegas, octobre 2013. Au pied de la maquette du futur Falcon 5X, dernier né de ses avions d’affaires, ignorant la chaleur qui alterne avec le souffle glacé de la climatisation, Serge Dassault, 88 ans, s’inquiète des réactions des premiers visiteurs. « Qu’est ce que vous en pensez ? Vous ne trouvez pas que l’habitacle est spacieux ? » A la question de savoir s’il compte acquérir ce jet dont les premiers modèles ne seront livrés au mieux que cinq ans plus tard, il répond instantanément : « Pourquoi pas, peut-être bien. » Un nouveau défi au temps pour celui qui ne cesse d’affirmer : « Je continuerai toujours de travailler, comme mon père l’a fait, jusqu’à ses derniers jours. »
Trois ans plus tard, en avril 2016, sous la verrière du Grand Palais, à Paris, devant un millier d’invités conviés au centenaire de Dassault Aviation, le voici retraçant la vie de Marcel Dassault depuis l’invention de l’hélice « Eclair » en 1916 jusqu’à la mise au point du Rafale, quelques semaines avant sa mort. Toujours dans l’ombre de ce père, avec qui les rapports ont été très difficiles.
A tel point qu’en 1986, au moment de la succession, pour laquelle rien n’avait été réglé, le ministre de la défense de l’époque, André Giraud, au nom du gouvernement, tenta de s’opposer à sa nomination. En vain. Son arrivée était « précédée par une réputation assez peu flatteuse », raconte Anne-Marie Rocco dans son livre Serge Dassault (Flammarion, 2006). « La responsabilité en incombe prioritairement à son père et à son silence appuyé concernant l’aptitude de son fils à reprendre le flambeau familial. »
En prenant les rênes du groupe à 61 ans, à l’âge où beaucoup pensent à leur retraite, Serge Dassault – mort lundi 28 mai, à Paris, d’une « défaillance cardiaque », selon la famille – n’aura de cesse de faire mieux que son père. S’il n’a pas son génie pour inventer des avions, il développera le groupe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ A l’image surannée d’un fonctionnement familial de l’entreprise dirigée par Serge Dassault, mort le 28 mai, contrastent les performances technologiques du groupe.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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Serge Dassault, un patron à l’ancienne

A l’image surannée d’un fonctionnement familial de l’entreprise dirigée par Serge Dassault, mort le 28 mai, contrastent les performances technologiques du groupe.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h11
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

17 décembre 2014. A l’approche de Noël, la soirée s’annonce festive dans les usines Dassault en Gironde. Pour quelques heures, le hall d’assemblage des avions a été transformé en salle d’apparat. Versailles à Mérignac. Sous les lustres en cristal de Baccarat et sur fond de musique de chambre, un dîner préparé par le chef étoilé Thierry Marx est servi aux 350 invités dans des assiettes en porcelaine. Les convives sont venus découvrir le 8X, dernier né de la famille Falcon, le haut-de-gamme de ses avions d’affaires. La plupart sont des clients de l’avionneur, arrivés avec leur jet personnel.

La soirée s’achève par des séances photos. C’est à qui voudra se faire immortaliser sur la passerelle à la porte de l’appareil avec Serge Dassault et éventuellement ses enfants. « C’est important pour un client d’associer le nom d’un descendant du fondateur à son avion », explique un familier de ces célébrations.
Consignes de vote donnés à sa famille
L’héritier de Marcel Dassault goûte ce moment et ne se fait pas prier. Une manière pour lui de rappeler à sa famille présente au grand complet à la cérémonie, que c’est toujours lui le chef. Il en était de même lors des assemblées générales annuelles de l’avionneur, réunies dans les grands salons de l’hôtel particulier du Rond-point des Champs-Elysées.

Installé à la tribune, comme scrutateur, face aux rares actionnaires individuels, le patriarche n’hésitait pas à donner ou à rappeler les consignes de vote à ses quatre enfants et à sa femme, assis aux premiers rangs. Surtout quand il s’est agi de s’opposer à une proposition d’ouverture du capital de l’entreprise aux salariés, comme ce fut le cas en 2015. Pendant la lecture de la résolution, l’air de rien, Serge Dassault balançait lentement sa main de gauche à droite, l’index pointé vers le haut, tel un métronome, pour exprimer le rejet. Il pouvait d’autant mieux mesurer son impact que le vote se faisait à main levée. N’ayant pas de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.
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L’industriel, patron de presse et ancien sénateur Serge Dassault est mort

Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h35
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le milliardaire Serge Dassault, qui a présidé à l’essor du groupe aéronautique Dassault, un des fleurons de l’industrie d’armement française, est mort d’une « défaillance cardiaque » lundi 28 mai, à l’âge de 93 ans, ont annoncé sa famille et le groupe Dassault.
Dans un communiqué diffusé lundi soir, le président du Medef Pierre Gattaz déplore « une grande perte pour notre pays ».
« Serge Dassault était un véritable capitaine d’industrie, visionnaire et courageux. Il aura marqué son temps par son engagement infatigable au service de l’économie. »
Serge Dassault naquit le 4 avril 1925, à Paris. Il est le fils de Marcel Dassault et de Madeleine Minckes. Son père fut déporté à Buchenwald en août 1944 pour avoir refusé d’apporter aux nazis son savoir-faire aéronautique — il avait créé la Société des avions Marcel Bloch en 1928. Il en réchappera grâce à l’aide d’un codétenu, Marcel Paul, membre du Parti communiste.
En 1946, la famille Bloch prend le nom de Dassault puis, en 1950, se convertit au catholicisme. Après ses études secondaires, Serge Dassaul entre à l’Ecole polytechnique en 1946. Puis rejoint l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (SupAero), dont il est diplômé en 1951. Il est aussi diplômé de HEC. Le 5 juillet 1950, il épouse Nicole Raffel, avec laquelle il aura quatre enfants.
De nombreux mandats politiques
En 1951, il entre à Générale aéronautique Marcel-Dassault, comme ingénieur, au bureau d’études des avions de série. Nommé directeur des essais en vol en 1955, puis directeur de l’exportation quelques années plus tard, il œuvre ensuite, sous la houlette de son père, au développement du groupe industriel Dassault, qui équipera notamment la force de dissuasion aérienne avec le Mirage-IV. Mis en service en 1964, l’avion fut le premier vecteur de la « triade » de la dissuasion de l’époque (au côté des missiles balistiques et, plus tard, des sous-marins nucléaires).
Le Mirage F1 entre, lui, en service en 1974. C’est un grand succès industriel et à l’export. Outre la France, 473 exemplaires équipent les armées de l’Air de plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient.
Parallèlement, Serge Dassault se lance en politique. Il se présente aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes, et aux législatives de 1978 et de 1981. Ce seront trois échecs. Il est finalement élu au poste de conseiller municipal en 1983 à Corbeil-Essonnes. Les mandats s’enchaînent alors : conseiller régional en 1986 et en 1992, conseiller général de l’Essonne en 1988 et 1994.

   


En 1987, il est nommé président-directeur général de Dassault Industries (devenu depuis Groupe Dassault) après la mort de son père, le 17 avril 1986. En 1995, Serge Dassault décide de se présenter à nouveau aux élections municipales, malgré les nombreux revers qu’il a déjà subis. Cette fois-ci sera la bonne : sa liste l’emporte avec plus de 55 % des voix et il est élu maire de Corbeil-Essonnes. Il est réélu en 2001.

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                Serge Dassault, l'homme qui fut maire pour s'affranchir de son père



A la tête de Socpresse
Le 8 juillet 2004, il prend le contrôle de la Socpresse, premier groupe de presse français, qui possède, entre autres, Le Figaro, L’Express, L’Etudiant, Le Maine libre, Le Courrier de l’Ouest, et Le Dauphiné libéré. Rapidement, il vend la plupart des titres du groupe, ne conservant que Le Figaro, qu’il veut utiliser pour « exprimer son opinion ». Mais, la rédaction fait de la résistance, au grand dam du propriétaire qui s’indigne, en 2007, sur BFM : « Pourquoi la liberté de parole serait aux journalistes et pas aux actionnaires ? C’est quand même extraordinaire, ça ! »
En 2004, il brigue un mandat sénatorial sous l’étiquette UMP, qu’il obtient le 26 septembre, à 79 ans. Il deviendra le doyen d’âge du Sénat à 83 ans, après sa réélection en 2008. Reconduit comme maire en mars 2008, sa réélection est contestée par l’opposition qui soutient que des habitants auraient reçu des sommes d’argent de la part de la municipalité sortante en échange de leurs votes. L’élection est annulée par le Conseil d’Etat en juin 2009 pour « dons d’argent » et Serge Dassault est déclaré inéligible pour un an. Jean-Pierre Bechter, candidat UMP, lui succède à la mairie. L’élection de ce dernier est, quant à elle, invalidée en septembre 2010.
Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé à la fin de 2012, et dont Mediapart publie des extraits le 15 septembre 2013, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes qui sont venus réclamer leur dû auprès de Serge Dassault à l’origine de l’enregistrement ont essuyé des coups de feu trois mois plus tard, blessant l’un d’eux grièvement.
Selon Mediapart, « un mois plus tôt, en janvier (2013), un autre acteur du système Dassault, Rachid T., qui avait dénoncé une dérive “mafieuse” dans la ville, a été victime lui aussi d’une tentative de meurtre par balles ». L’immunité parlementaire de Serge Dassault est levée en février 2014.
Condamné en février 2017
Le 10 avril 2014, Serge Dassault est mis en examen par les juges d’instruction du pôle financier pour « achat de votes », « complicité de financement illicite de campagne électorale » et « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé ». Cette mise en examen fait suite à celle de Jean-Pierre Bechter.
Si son patron est aux prises avec la justice, sur le plan industriel, Groupe Dassault connaît des succès inespérés, avec à sa tête Eric Trappier, nommé PDG du groupe le 9 janvier 2013. Le Rafale, avion de combat de quatrième génération, qui est entré en service en France en 2004, a décroché depuis 2015 trois contrats à l’export en Egypte, au Qatar et en Inde après une succession de campagnes de ventes infructueuses.

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                Comptes cachés : Serge Dassault condamné



Mais la justice poursuit son travail et, en février 2017, Serge Dassault est condamné à 2 millions d’euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité pour « blanchiment de fraude fiscale » et « omission de déclaration de patrimoine par un parlementaire ». Au début d’août, il est mis en examen pour « achat de votes », « blanchiment » et « complicité de financement illicite de campagne électorale ». En 2018, le magazine Forbes estime sa fortune à 19 milliards d’euros, ce qui le classe quatrième parmi les milliardaires français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ En discussion depuis le 22 mai à l’Assemblée, le projet de loi agriculture et alimentation a fait l’objet de vifs débats ce week-end dans l’hémicycle, qui a adopté et rejeté de nombreuses mesures.
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Alimentation : ce qui a été voté et écarté par l’Assemblée nationale

En discussion depuis le 22 mai à l’Assemblée, le projet de loi agriculture et alimentation a fait l’objet de vifs débats ce week-end dans l’hémicycle, qui a adopté et rejeté de nombreuses mesures.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h57
   





                        



   


Déposé en procédure accélérée en février dernier, le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable » est arrivé en séance publique au Palais-Bourbon mardi 22 mai.
Porté par le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Stéphane Travert, le texte a été l’objet de houleux débats dans l’hémicycle, où se jouaient de nombreuses mesures d’importance.
Ce qui a été adopté
Un minimum de bio et d’alimentation « soucieuse de l’environnement » dans les cantines scolaires
L’Assemblée a voté samedi 26 mai l’article 11 prévoyant une part de 50 % de produits bio ou intégrant la préservation de l’environnement dans la restauration collective d’ici 2022. Un « engagement présidentiel ambitieux », selon le ministre Stéphane Travert, trop ambitieux, même, pour la droite, qui a proposé de le repousser à 2025 à cause du risque de « renchérir le coût du repas en collectivité ». Selon le ministre, les mesures anti-gaspillage alimentaire permettront « un balayage » du surcoût, estimé à 68 centimes.
L’interdiction de bouteilles plastiques d’eau plate dans les cantines d’ici 2020
Contre l’avis du gouvernement, les députés ont interdit (via des amendements LREM et LR adoptés par 71 voix contre 6) l’utilisation d’eau plate en bouteilles plastique dans les cantines scolaires en 2020 (avec dérogations possibles si l’eau n’est pas potable).
L’obligation progressive des « doggy-bags » dans les restaurants
Un amendement voté dimanche 27 mai va rendre obligatoire dès le 1er juillet 2021 la mise à disposition de contenants permettant aux clients de restaurants de repartir avec les restes de leurs repas (appelé « doggy-bag » en anglais). Une mesure qui exclue les offres à volonté et les bouteilles consignées.
Matthieu Orphelin, député LREM du Maine-et-Loire et cosignataire de la mesure, a salué une « avancée » qui va « faire date », tandis que Vincent Descœurs (député LR du Cantal) s’est inquiété du matériau des contenants et de leurs conséquences sur l’environnement.
Le renforcement de l’étiquetage de certains aliments et du vin
Un amendement LREM adopté samedi 26 mai devrait renforcer l’étiquetage de certaines denrées alimentaires. Ledit amendement prévoit de faire figurer à partir de janvier 2023 sur certaines denrées alimentaires différentes mentions telles que « nourri aux OGM », le mode d’élevage, l’origine géographique, ou encore « le nombre de traitements, par des produits phytosanitaires sur les fruits et légumes frais », un décret devant préciser ses conditions d’application.
L’ONG CIWF France a salué dans un communiqué une « victoire pour les consommateurs » et appelé le Sénat à « consolider » la disposition.
L’utilisation du terme « gratuit » dans la promotion d’un produit alimentaire
Un amendement LREM a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi pour interdire l’emploi du terme « gratuité », ses dérivés et synonymes, dans la promotion d’un produit alimentaire, contre l’avis du gouvernement et du rapporteur.
« Cette interdiction est un prérequis à la reconnaissance du travail des agriculteurs et à un partage équitable de la valeur leur permettant de vivre décemment de leur travail. La gratuité relève du don, par nature non commercial », a justifié Nicole Le Peih, députée LREM du Morbihan et auteure de l’amendement. « La grande distribution va se faire le plaisir de trouver un terme qui voudra dire autre chose. La limitation des promotions en prix ou en volume me semble plus efficace », a pondéré le rapporteur LREM Jean-Baptiste Moreau
L’encadrement de la vente à perte et des promotions des distributeurs
L’Assemblée a autorisé le gouvernement à encadrer par ordonnance les promotions dans la grande distribution et à relever le seuil de revente à perte, après un débat passionné sur les effets de cette mesure sur le revenu des agriculteurs et le pouvoir d’achat.
L’article 9 du projet de loi agriculture vise à permettre, dans le cadre d’une expérimentation de deux ans, une majoration de 10 % du seuil de revente à perte sur les denrées alimentaires (qui interdit de vendre tout produit en dessous du prix auquel il a été acheté au fournisseur). Il prévoit aussi un encadrement des promotions excessives, qui devra s’appliquer aussi aux marques de distributeurs, conformément à un amendement adopté.
Ce qui a été rejeté
La suppression des contenants en plastique dans les cantines
Députés LREM et Insoumis ont défendu un amendement proposant d’interdire d’ici 2025 les contenants en plastique, au nom du principe de précaution face aux perturbateurs endocriniens. La députée de la majorité Laurianne Rossi a pointé un « enjeu sanitaire et environnemental majeur », tandis que Barbara Pompili, présidente de la Commission du développement durable, a déclaré avoir « froid dans le dos » à l’idée qu’on reproche aux élus de n’avoir rien fait alors qu’ils savaient.
M. Besson-Moreau (LREM) s’est dit, lui, inquiet d’un amendement « dont on ne maîtrise pas le résultat ». L’amendement LREM, non défendu par le gouvernement, a été rejeté par 54 voix contre 27.
Un minimum de menus végétariens dans les cantines
La proposition d’introduire une part de menus végétariens dans les cantines, portée par des LREM, MoDem, LFI ou UAI, a alimenté d’autres échanges passionnés, ses partisans invoquant un « mouvement de société très fort ». Les opposants à l’amendement ont parlé de « diktat » (Vincent Descœur, LR), dénonçant la façon dont « on cherche à imposer un style de vie à l’ensemble de nos concitoyens » (Grégory Besson-Moreau, LREM). Des mots qui ont fait réagir Barbara Pompili, qui a jugé « honteux » de dire qu’il faut de la viande pour manger équilibré, et répété qu’« on doit pouvoir avoir le choix ». L’amendement a toutefois été rejeté.
L’interdiction des publicités pour produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés
Les députés ont rejeté un amendement proposant d’interdire les publicités pour des produits alimentaires trop gras, trop sucrés ou trop salés à destination des enfants de moins de 16 ans, soutenus par plusieurs députés LREM, PS, LFI et LR.
Défendant un amendement en ce sens, Anne-Laurence Petel (LRM) a souligné qu’« en France, un enfant sur six [était] en surpoids », pointant le « coût pour la société » de l’obésité. Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, s’y est montré défavorable, affirmant qu’il fallait un texte « qui marche sur ses deux jambes » et souligné « le rôle de régulateur du CSA ». Les amendements ont tous été rejetés.
L’obligation d’afficher l’étiquetage nutritionnel Nutri-score
Plusieurs amendements défendus par des députés LREM, MoDem et LFI ont été déposés pour rendre obligatoire la mention du Nutri-score (étiquetage avec un code couleur) sur tous les supports publicitaires pour les denrées alimentaires. Olivier Véran, député LRM et médecin, notant qu’il ne s’agit pas d’interdire mais de « donner une juste information ». Les amendements ont tous été rejetés.
M. Travert s’y est montré défavorable, soutenu dans cette opposition par certains grands médias audiovisuels, dont les dirigeants (Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, Gilles Pélisson, directeur général de TF1, les patrons de Lagardère Active et de NRJ Group) ont adressé, le 10 mai, une lettre au gouvernement et à plusieurs députés, considérant que cette « simple mention nutritionnelle » risquerait de faire fuir leurs annonceurs.
L’interdiction de broyer les poussins mâles et la castration à vif des porcelets 
Plusieurs amendements d’Insoumis, de LR ou de non-inscrits visant à interdire la castration à vif des porcelets, le broyage des poussins mâles, les cages pour l’élevage des lapins et encore les « fermes-usines » ont été rejetés.
L’interdiction de la vente des œufs de poules en cage n’a pas non plus été fixée, alors que le candidat Macron s’y était engagé pour 2022. Stéphane Travert a rappelé l’« engagement » de la filière en faveur de 50 % d’œufs coquilles issus d’élevages alternatifs à cet horizon. L’Assemblée a également voté l’expérimentation de la vidéosurveillance dans les abattoirs, alors que le candidat Macron avait laissé entendre qu’elle serait obligatoire.
L’interdiction de l’installation de tout nouvel établissement d’élevage de poules pondeuses en cage a en revanche recueilli l’unanimité.
L’amendement « chocolatine »
Les députés ont rejeté un amendement LR « chocolatine », qui avait fait le buzz en voulant relancer le duel avec l’appellation concurrente de « pain au chocolat » lors du débat sur le projet de loi agriculture et alimentation.
Cet amendement porté par une dizaine d’élus LR voulait ajouter au code rural et de la pêche maritime l’objectif de « valoriser l’usage courant d’appellation due à la notoriété publique du produit et de ses qualités reconnues au travers d’une appellation populaire ».
Le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, a estimé en substance que ce n’était pas du niveau du Parlement. Les députés ont par ailleurs voté un amendement de l’ex-socialiste Delphine Batho pour inscrire dans le code rural et de la pêche maritime la volonté de « promouvoir les produits n’ayant pas contribué à la déforestation importée ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le think tank La Fabrique écologique publie une note, à laquelle « Le Monde » a eu accès, qui met au jour une « triple rupture de l’écologie en politique ».
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Sombre constat pour l’écologie politique

Le think tank La Fabrique écologique publie une note, à laquelle « Le Monde » a eu accès, qui met au jour une « triple rupture de l’écologie en politique ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 14h35
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            
Se dirige-t-on vers une écologie politique sans parti écologiste ? C’est tout l’enjeu d’une note de La Fabrique écologique − un think tank transpartisan − dont Le Monde a eu l’exclusivité. Ce texte, qui doit être présenté mardi 29 mai lors d’une conférence de presse, s’appuie sur « toutes les données disponibles (enquête, sondages, analyse des programmes, résultats électoraux) ». Il revient sur « la triple rupture de l’écologie en politique » mise au jour à la faveur des échéances électorales de 2017. Et dresse des pistes de redressement.
Première rupture : la présidentielle a vu, pour la première fois depuis 1974, l’absence d’un candidat étiqueté 100 % écologiste. Yannick Jadot s’était, en effet, retiré au profit du candidat socialiste Benoît Hamon. Cela a conduit à la disparition des thèmes écologiques de la campagne présidentielle puis des législatives. Et ce, malgré la conversion écolo de plusieurs candidats, notamment Jean-Luc Mélenchon, qui a mis ce thème au centre de son projet. C’est la deuxième rupture. Enfin, troisième point, l’écologie n’a pas été un déterminant du vote.
Les auteurs de la note rappellent que les Français « considèrent que les enjeux environnementaux sont importants », mais pas essentiels, alors même que la crise environnementale bat son plein et que cette question est « cruciale ». La faute, selon le think tank, aux politiques publiques insuffisantes et au manque de volontarisme des dirigeants.
Quasi-disparition
Le texte est sévère sur la responsabilité d’EELV dans cette crise de l’écologie politique. Selon ses auteurs, la formation écolo est passée d’une force en dynamique à son apogée aux élections européennes de 2009 (16,28 % des suffrages contre 16,48 % pour le PS) à une situation de « vassalité avec le Parti socialiste » après 2012. Jusqu’à une quasi-disparition en 2017 avec le retrait de M. Jadot et l’absence de députés EELV.
Au-delà de ce sombre constat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le 26 mai, ce Malien sans papiers a sauvé la vie d’un enfant, suspendu au quatrième étage d’un immeuble du 13e arrondissement de Paris.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.
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L’industrie s’engage à recruter plus d’apprentis

Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h12
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


S’il entend développer l’apprentissage, le gouvernement n’avait, jusqu’à maintenant, jamais livré d’objectifs chiffrés. Sa communication sur ce dossier évolue, avec des engagements quantitatifs dévoilés, lundi 28 mai, lors d’une nouvelle réunion du Conseil national de l’industrie (CNI) – une instance chargée d’« éclairer » les pouvoirs publics au sujet de ce secteur. A cette occasion, Edouard Philippe devait indiquer que les entreprises industrielles ambitionnent d’accroître de 40 % d’ici cinq ans le nombre d’apprentis qu’elles emploient, soit 87 000 (contre 62 000 en 2016).
Dans l’entourage du premier ministre, on considère que les conditions sont réunies pour atteindre ce but, en particulier grâce au projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », dont l’examen débute mardi devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Le texte repousse jusqu’à 30 ans l’âge auquel une personne peut être recrutée en qualité d’apprenti et assouplit les règles applicables à ce statut en matière de temps de travail, ce qui répond à des « demandes » des entreprises, fait-on valoir à Matignon. De plus, les prérogatives des branches professionnelles seront renforcées, ce qui « incite les industriels à aller de l’avant ».
« Difficultés de recrutement »
Un tel saut ne sera toutefois pas évident à accomplir. « L’image de l’industrie auprès des jeunes n’est pas toujours très positive, ce qui explique qu’il y a, aujourd’hui encore, dans les centres de formation d’apprentis tournés vers ce secteur, des propositions de contrat qui ne trouvent pas preneurs », observe l’économiste Bertrand Martinot.
Dans l’esprit de l’exécutif, la promotion de l’apprentissage vise à réduire le chômage des jeunes, mais aussi à satisfaire les besoins en main-d’œuvre des patrons. Un problème de plus en plus aigu avec le redémarrage de la croissance : dans une enquête diffusée fin 2017, l’Insee rapportait que la part des sociétés industrielles « éprouvant des difficultés de recrutement » n’avait cessé de progresser depuis près de deux ans – retrouvant quasiment son niveau d’avril 2008.
C’est pourquoi le gouvernement entend mettre en place des actions de formation rapides, qui seront financées par le plan d’investissement dans les compétences (PIC) – un programme de 15 milliards d’euros étalé sur cinq ans et ciblé sur les chômeurs de longue durée et les jeunes peu qualifiés. Edouard Philippe devait préciser, lundi, à l’issue du CNI, que près de 149 000 « entrées en formation » sont prévues en 2018 dans le cadre du PIC.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Ce professeur à l’université Lille-III et chercheur associé à la chaire transitions démographiques-transitions économiques, âgé de 39 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.
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Xavier Chojnicki : « Les réformes des retraites dégradent toujours le niveau des pensions »

Ce professeur à l’université Lille-III et chercheur associé à la chaire transitions démographiques-transitions économiques, âgé de 39 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h39
    |

            Anne Rodier








                        



   


Spécialiste d’économie des migrations et du vieillissement, vous vous intéressez à tous les aspects économiques liés à la démographie : la santé, l’emploi, l’équité intergénérationnelle… En quoi vos travaux s’inscrivent-ils dans l’actualité ?
C’est mon objectif premier que de choisir des thématiques en lien avec l’actualité et qui peuvent donner lieu à débat. Par exemple, mon dernier article, coécrit avec les économistes Lionel Ragot et Ndeye-Penda Sokhna, analyse le coût de l’immigration sur les finances publiques. La reconstitution de toute la comptabilité des ménages de 1979 à 2011 et le calcul de leur contribution nette (les impôts payés moins les prestations reçues) aux finances publiques montre une quasi-neutralité de la population immigrée sur le déficit public primaire (hors intérêts de la dette). Ceci s’explique par une structure démographique favorable – ils sont relativement plus nombreux chez les actifs –, qui compense leur moindre contribution nette individuelle, en raison de revenus plus faibles en moyenne.
Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux questions de démographie ?
Dès le lycée, la découverte des théories de Thomas Malthus a ouvert ma curiosité sur les liens entre démographie et économie, mais comme souvent, tout est une question de rencontres. Celle avec mes directeurs de thèses, Lionel Ragot et Frédéric Docquier, tous deux spécialistes de ces thématiques, a été déterminante.
L’étude de l’immigration apporte-t-elle aussi des réponses sur le marché de l’emploi ?
Avec l’économiste Yasser Moullan, nous avons observé comment, par le passé, les pays de l’OCDE ont réglé les pénuries de médecins, soit par la formation, soit par l’immigration. Nous avons montré que l’efficacité de ces deux types de politique dépend à la fois de la capacité des dirigeants à anticiper le choc, de la nature de la pénurie – temporaire ou permanente – et de son ampleur. Le recours aux médecins étrangers est efficace lorsque le choc n’est ni trop fort ni trop long. En France aujourd’hui, cette politique migratoire serait insuffisante. La seule réponse efficace serait de former davantage de médecins.
Vous avez également beaucoup travaillé sur les systèmes de retraite. Qu’en retenir avant la prochaine réforme envisagée par Emmanuel Macron ?
Que les réformes menées depuis 1993 ne sont pas neutres sur le montant des pensions. L’observation des indicateurs instantanés d’équité, comme le taux de remplacement (pourcentage du revenu pour établir la pension), montre que les réformes dégradent toujours le niveau des pensions. Les retraités subissent une perte de pouvoir d’achat par rapport aux actifs. En revanche, la mesure de l’équité intertemporelle, c’est-à-dire la comparaison du revenu disponible sur toute la vie – étudiée pour toutes les générations nées entre 1910 et 2015 –, indique que la situation des retraités post-réforme n’est pas moins favorable que celle des générations plus anciennes.
Conclusion, les réformes qui induisent un taux de remplacement plus faible ne conduisent pas forcément au sacrifice d’une ou plusieurs générations afin de garantir la viabilité du système. La retraite par répartition se caractérise toujours par une forme d’iniquité entre les générations, particulièrement en temps de réforme, mais c’est bien la croissance économique qui assure la hausse du niveau de vie.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les deux partis n’écartent pas l’idée de s’allier localement. L’un pour sauver ses élus, l’autre pour s’implanter dans des villes.
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LR et LRM, la valse des élections municipales

Les deux partis n’écartent pas l’idée de s’allier localement. L’un pour sauver ses élus, l’autre pour s’implanter dans des villes.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Lemarié et 
Olivier Faye








                        



                                


                            
Laurent Wauquiez serait-il Janus, ce dieu aux deux visages, l’un sévère au moment de commenter l’action nationale d’Emmanuel Macron, l’autre avenant quand il s’agit de nouer avec lui des alliances au niveau local ? Le président du parti Les Républicains (LR) a été accusé par ses opposants de faire preuve de duplicité après la publication d’un écho du Journal du dimanche relatant le fait qu’il « ne se mêlera pas de la composition des listes » de ses candidats lors des élections municipales de 2020, selon ses termes. En clair, que ces derniers auront toute latitude pour y inclure, s’ils le souhaitent, des personnalités issues de la République en marche (LRM).
« Le président de LR est contre le gouvernement… Tout contre, a raillé sur Twitter la présidente du Front national, Marine Le Pen. Les électeurs LR en disent quoi ? » L’enjeu est de taille pour LR comme pour LRM : la droite veut maintenir ses positions, pendant que le parti présidentiel souhaite jeter les bases d’un ancrage local pour l’heure inexistant. Sous couvert d’anonymat, un dirigeant de LR résume la situation : « Nous n’aurons pas le choix, il faudra laisser faire la tambouille locale. Tout ce que veulent les maires, c’est de ne pas avoir de candidat LRM en face d’eux. » « On sent une fébrilité de certains maires LR par rapport aux résultats qu’a pu faire LRM en 2017 », complète un autre dirigeant.
Peu importe le logo des candidats de chaque liste, l’essentiel à leurs yeux est que le chef de file porte bien les couleurs de LR, ce qui permettra d’afficher une victoire au soir du scrutin. Des élus sortants qui émargent toujours chez LR mais se montrent bienveillants envers le gouvernement, comme Christian Estrosi à Nice, Jean-Luc Moudenc à Toulouse, Arnaud Robinet à Reims, Benoist Apparu à Châlons-en-Champagne, ou encore Christophe Béchu à Angers, pourraient être concernés. Tout comme ceux de communes de plus petite taille. « Tant qu’ils...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Trois groupes de villes dans lesquelles La République en marche peut espèrer l’emporter se distinguent, alors qu’il reste des interrogations sur sa stratégie.
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Où peut s’implanter le macronisme municipal ?

Trois groupes de villes dans lesquelles La République en marche peut espèrer l’emporter se distinguent, alors qu’il reste des interrogations sur sa stratégie.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h31
   





                        



                                


                            
Si le calendrier n’est pas modifié, les prochaines élections municipales auront lieu au printemps 2020. A l’instar du précédent quinquennat, elles interviendront donc à mi-mandat, deux ans avant la présidentielle de 2022. Ce rappel calendaire n’est pas inutile pour comprendre leur statut d’élections intermédiaires, c’est-à-dire de référendums locaux de l’action de l’exécutif. Absente de la scène municipale, La République en marche (LRM) pourra-t-elle conquérir des villes ? Et si oui, sous quelles conditions ?
Depuis quarante ans, le parti au pouvoir a systématiquement subi une défaite lors des élections municipales dans les villes de plus de 30 000 habitants, celles-ci étant les plus politisées. Aux succès de la gauche en 1977 et 2008 font écho les victoires de la droite en 2001 et 2014. Les électeurs se saisissent donc de ces rendez-vous pour exprimer leur insatisfaction vis-à-vis de l’exécutif. Cette réalité empirique qui ne fait pas encore loi contredit la vulgate selon laquelle les facteurs nationaux ne peuvent venir perturber une logique politique du fait local.

Autrement dit, l’implantation d’un maire et sa personnalité seraient de solides digues aux vagues nationales de désapprobation de l’action du président de la République et de son gouvernement. Cela s’est révélé partiellement faux, en 2014, lorsque plusieurs maires de gauche ont été battus dans des villes dites bastion (Limoges, Nevers, Douai, Saint-Ouen, Angers…). La (trop grande) longévité des édiles combinée à une défiance croissante vis-à-vis de leur formation partisane a contribué à leur défaite.
Manque d’ancrage territorial
Dans ce contexte, l’enjeu pour LRM paraît simple : capitaliser sur les performances nationales d’ici à 2020 et cibler des villes « gagnables ». Comment les identifier ? L’examen de la trajectoire politique des 236 villes de plus de 30 000 habitants nous renseigne sur l’existence de trois groupes de villes pour lesquels les chances de victoire des candidatures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La confusion règne au sein de la fédération Les Républicains de l’Eure, le département de Bruno Le Maire et Sébastien Lecornu, ministres ralliés au macronisme.
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Dans l’Eure, la droite éparpillée par le chamboule-tout Macron

La confusion règne au sein de la fédération Les Républicains de l’Eure, le département de Bruno Le Maire et Sébastien Lecornu, ministres ralliés au macronisme.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h26
    |

            Olivier Faye (Evreux, envoyé spécial)








                        



                                


                            
« J’aimerais faire une déclaration. » Eric se lève calmement, chausse ses lunettes et déplie une feuille sur laquelle il a couché un petit discours. « Nous ne sommes pas satisfaits du fonctionnement de la fédération. Nous souhaitons tourner la page de l’ère BLM. » Il n’y a qu’à Evreux, dans une réunion de militants du parti Les Républicains (LR), comme ce mardi 22 mai, à l’étage du bar La Chapelle, que les initiales de Bruno Le Maire peuvent évoquer quelque chose à un citoyen lambda.
Le ministre de l’économie et des finances a régné sur la droite euroise pendant une dizaine d’années. Une ère en théorie révolue depuis qu’il a rejoint, en 2017, le gouvernement d’Emmanuel Macron, en compagnie de son ami Sébastien Lecornu, l’ex-président du conseil départemental de l’Eure. Mais tout cela reste de la théorie. Et c’est bien ce qui chiffonne Eric.
Localement, le secrétaire départemental de la fédération LR, Alexandre Rassaërt, est surnommé le « petit frère de Lecornu ». Comme s’il était soupçonné de pouvoir trahir à tout moment. L’homme siège dans la majorité au conseil départemental – toujours dirigée par M. Lecornu – et a adhéré au microparti Ensemble pour l’Eure de… Sébastien Lecornu. « Alexandre n’est pas celui qui peut nous conduire au combat », attaque Eric le militant, devant la quarantaine de ses copartisans réunis ce soir-là.
Présent, le mis en cause encaisse. Des applaudissements fusent, des réprobations aussi, contre ce poison de la division. « C’est comme ça qu’on a fait gagner Macron », lance une femme. Olivier Marleix, député LR d’Eure-et-Loir, venu en voisin, tente de détendre l’atmosphère, mais reste ferme. « Dans un département comme celui-ci, il faut se laisser un peu le temps d’atterrir. Je peux comprendre qu’on puisse avoir des liens affectifs, mais il faut se poser la question de la compatibilité de ses engagements », prévient-il.
Ancien premier de cordée
LR va...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Les chances de victoires du mouvement présidentiel varient selon le degré de stabilité politique des communes de plus de 30 000 habitants depuis les élections de 1983.
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<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Tout oppose Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, les deux favoris parmi les six candidats auditionnés lundi par le conseil exécutif de l’organisation patronale.
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Medef : duel de style pour l’élection à la présidence

Tout oppose Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, les deux favoris parmi les six candidats auditionnés lundi par le conseil exécutif de l’organisation patronale.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 15h11
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



                                


                            

Ils ont en commun d’avoir fréquenté les bancs des plus grandes écoles françaises. Dignes représentants d’une aristocratie républicaine qui se sent partout chez elle, ils ont aussi tous deux dirigé des entreprises à succès avant d’arpenter les couloirs feutrés du 42 avenue Bosquet, siège du Medef, sis dans le très chic 7e arrondissement. De ce lieu, Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, qui ont tous les deux été vice-présidents de Pierre Gattaz, connaissent tout : les dossiers qui tiennent à cœur au patronat bien sûr, mais aussi les alliances, les intrigues et les inimitiés. Un bagage indispensable pour briguer, comme ces deux-là, le fauteuil de président du très symbolique syndicat patronal.

Mais entre eux, la comparaison s’arrête là. Style, idées, communication… Tout oppose les deux hommes. De cela et du reste, le comité exécutif de l’organisation devait se faire une idée lundi 28 mai, lors des auditions des candidats à la présidence du Medef. S’ils sont encore six (Dominique Carlac’h, Olivier Klotz, Patrick Martin, Frédéric Motte, Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot) dans la course, beaucoup présentent MM. Saubot et Roux de Bézieux comme les grands favoris. Même si M. Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, jouit d’une popularité croissante.

Les plus importantes fédérations ne se sont certes pas encore prononcées, mais certaines ont déjà fait connaître leur choix. Dimanche, Philippe Darmayan, président de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), indiquait dans Le JDD voter Alexandre Saubot. Vendredi, la Fédération nationale des travaux publics appuyait elle aussi la candidature de l’ex-patron de l’UIMM, par ailleurs directeur général d’Haulotte Group.
« Les anciens contre les modernes »
Le même jour, celle du service aux particuliers annonçait, à l’inverse, que Geoffroy Roux de Bézieux, le président-fondateur du groupe Notus Technologies, aurait ses...




                        

                        


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Compte rendu

Libye : la France organise un nouveau sommet de « sortie de crise »

Les principaux protagonistes se retrouvent, mardi, à Paris, pour tenter de mettre en place des élections, mais le soutien de la France au maréchal Haftar irrite certains pays.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant) et 
Marc Semo
    



LE MONDE
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        Le 28.05.2018 à 11h13

     •
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        Mis à jour le 28.05.2018 à 17h49






    
Emmanuel Macron avait reçu Fayez Al-Sarraj (à gauche), le chef du gouvernement d’accord national, et le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est de la Libye, à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines), le 25 juillet 2017.
Crédits : JACQUES DEMARTHON / AFP


Les grands protagonistes de la crise libyenne devraient tous être présents, mardi 29 mai, à l’Elysée pour une réunion internationale de trois heures à l’initiative de la présidence française, sous l’égide de l’ONU, afin de « créer les conditions d’une sortie de crise » dans un pays toujours en plein chaos, sept ans après la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi.
L’objectif de ce rendez-vous diplomatique inédit est d’ouvrir la voie à des élections législatives et présidentielle avant la fin de l’année. Le dossier libyen est, depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron, une priorité de la diplomatie française. « Le statu quo est intenable car l’instabilité en Libye est une menace systémique pour l’Europe, l’Afrique du Nord et le Sahel », souligne l’Elysée, évoquant aussi bien la menace terroriste que les trafics de migrants.
Fayez Al-Sarraj, chef du gouvernement d’accord national (GAN), seul reconnu par la communauté internationale – mais dont l’autorité ne s’exerce que partiellement sur la seule Tripolitaine (Ouest) –, et le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque (Est), seront à nouveau côte à côte avec Emmanuel Macron, près d’un an après la conférence qui les avait réunis, le 25 juillet 2017. A l’époque, le président français avait réalisé son premier coup diplomatique en parvenant à organiser ce face-à-face improbable entre les représentants des deux pouvoirs rivaux qui se déchirent en Libye.
« Le statu quo est intenable, car l’instabilité en Libye est une menace systémique pour l’Europe, l’Afrique du Nord et le Sahel », souligne l’Elysée
Il y avait une part d’affichage, mais cette médiation à chaud a amorcé une dynamique. Cette fois seront aussi présents Aguila Salah Issa, le président de la Chambre des représentants, élue démocratiquement en 2014 et repliée à Tobrouk, et Khaled Al-Mishri, président du Conseil d’Etat, une instance consultative basée à Tripoli. Les représentants des plus hautes institutions libyennes sont donc tous là. « Cette réunion vise à les mettre face à leurs responsabilités », explique l’Elysée.
La nouvelle feuille de route commune est centrée sur le processus électoral, élément-clé de la stratégie de sortie de crise du chef de la mission de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé. En la signant, les participants à la réunion de mardi s’engageront devant la communauté internationale.

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Au total, vingt pays – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Egypte, le Tchad, le Niger, la Tunisie, l’Algérie, le Maroc, les Emirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, le Koweït, la Turquie et Malte – et quatre organisations internationales (Union européenne, ONU, Union africaine et Ligue arabe) seront représentés à Paris. « Tous conviennent que le statu quo n’est pas tenable. Si on y arrive, ce sera une étape décisive et une vraie réussite pour les Libyens », estime un diplomate.
Cette feuille de route, finalement resserrée en huit points au lieu des treize initialement envisagés, insiste sur l’organisation des scrutins et surtout sur leur sécurisation. Le document évoque une vaste simplification institutionnelle dans un pays qui, depuis la chute de Kadhafi, a, selon le mot d’un diplomate, « sédimenté » parlements et gouvernements. Un des points évoque « l’unification des forces armées » que les Egyptiens s’efforcent de promouvoir depuis des mois en parrainant des réunions au Caire entre officiers libyens de l’Est et de l’Ouest.
Critiques virulentes
Un grand flou demeure en revanche sur la nouvelle Constitution, adoptée en juillet 2017 par une mini-assemblée constituante mais qui attend toujours d’être validée par un référendum. Une partie de la Chambre de Tobrouk s’y oppose en raison de certaines de ses clauses – portant notamment sur la double nationalité d’un candidat et sur la durée de sa résidence en Libye –, qui aboutiraient de facto à rendre le maréchal Haftar, réfugié une vingtaine d’années aux Etats-Unis, inéligible pour un scrutin présidentiel. Faute de la levée de ce verrou à court terme, la tenue d’un scrutin présidentiel risque d’avoir lieu avant même la validation de la Constitution censée définir les prérogatives du futur chef de l’Etat.
Cette initiative française s’inscrit dans un contexte diplomatique autour de la Libye où affleurent crispation et agacement. L’activisme de Paris, qui s’accompagne de gestes unilatéraux, « suscite l’énervement de ses partenaires occidentaux », relève un diplomate en poste à Tunis. En particulier, l’insistance de la France à vouloir organiser conjointement un scrutin présidentiel et des législatives avant la fin de l’année a été jugée non conforme au consensus qui s’était dégagé ces dernières semaines parmi les chancelleries impliquées dans le dossier libyen à s’en tenir dans un premier temps au seul scrutin parlementaire.
La focalisation de Paris sur la présidentielle est perçue comme une faveur concédée au maréchal Haftar qui n’a jamais fait mystère de son penchant pour le pouvoir personnel. La proximité de la France à l’égard de l’homme fort de l’Est libyen, que Jean-Yves Le Drian avait érigé – dès l’époque où il était ministre de la défense de François Hollande – en partenaire dans la « lutte antiterroriste », n’en finit pas de susciter la perplexité de ses alliés, et pas seulement à Rome, dont la rivalité avec Paris sur le dossier libyen est notoire.

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Sur le terrain, les interrogations n’en sont pas moins vives. Les critiques les plus virulentes adressées à la rencontre de l’Elysée émanent de Misrata, la métropole portuaire de la Tripolitaine, où se concentrent les forces les plus hostiles au maréchal Haftar. Aux yeux de ces dernières, l’invitation à Paris d’un officier rebelle, placé sur un pied d’égalité avec des titulaires de fonctions civiles, est problématique.
Enfin, l’approche même consistant à traiter avec des personnalités, « sans attendre que se forgent des arrangements plus larges émanant de la société libyenne », selon la formule d’un praticien des médiations locales, est tenue pour éminemment fragile. L’illustration en est la posture de plus en plus précaire du premier ministre Sarraj, contesté ces derniers jours par les chefs (Haythem Tajouri et Abdel Ghani Al-Kikli) de deux des trois principales milices qui l’ont jusque-là soutenu dans la capitale Tripoli.


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le patron des patrons sera élu le 3 juillet par l’assemblée générale de l’organisation, composée de 591 membres.
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Election au Medef : six candidats pour un scrutin soumis au poids des fédérations professionnelles

Le patron des patrons sera élu le 3 juillet par l’assemblée générale de l’organisation, composée de 591 membres.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h04
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières








                        


Ils sont encore six en lice pour succéder à Pierre Gattaz. Une seule femme, Dominique Carlac’h, est officiellement candidate face à cinq hommes : Olivier Klotz, Patrick Martin, Frédéric Motte, Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot. Lundi 28 mai, ils devaient être auditionnés par le conseil exécutif du Medef, sa direction élargie, qui compte 45 membres. Ce dernier rendra public son avis, le 11 juin. S’il n’est que consultatif, ce choix donnera déjà une bonne indication pour la suite, même si des surprises peuvent avoir lieu. En 2013, déjà candidat, M. Roux de Bézieux était ainsi arrivé en tête du vote, avec une voix d’avance sur Pierre Gattaz, mais il s’était ensuite désisté en sa faveur.
Quatre des candidats – MM. Martin, Motte, Roux de Bézieux et Saubot – sont actuellement membres de cette instance. S’ils ne peuvent pas prendre part aux auditions de leurs concurrents, ils ont statutairement la possibilité de se prononcer. « La logique voudrait qu’ils ne puissent pas voter sur la base d’auditions auxquelles ils n’auront pas assisté, mais les statuts sont muets sur cette conséquence, indiquait récemment un ex-candidat, Jean-Charles Simon, depuis rallié à M. Roux de Bézieux. C’est donc une question d’interprétation ou de bonne conduite. » L’un des compétiteurs indique avoir effectué « un pointage » et relevé que, par le passé, « il n’y a jamais eu d’abstention, donc les candidats ont toujours voté ». Sous-entendu, pour eux.

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Ces dernières semaines, les prétendants ont enchaîné les rendez-vous avec les grandes fédérations. La semaine du 14 mai, ils ont ainsi planché devant la Fédération française du bâtiment (FFB) et l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). Des auditions cruciales car c’est sur cette base que ces dernières feront leur choix – ce qui n’empêche pas les négociations en coulisses. L’élection pour la présidence du Medef n’est en effet pas une élection directe : ce ne sont pas les chefs d’entreprise qui votent pour le patron des patrons mais l’assemblée générale du Medef composée de grands élus représentant les fédérations.
« Un peu censitaire »
Actuellement, 556 membres ont une voix délibérative, sur les 591 que compte cet organe. Le rapport de force y est très largement en faveur des fédérations professionnelles qui y disposent de 375 sièges contre 170 pour les territoires (dix « personnalités qualifiées » et le président du Medef ont également une voix). Les organisations territoriales ont d’autant plus de mal à peser qu’elles sont divisées. Longtemps, le poids de chacune des fédérations professionnelles était un secret bien gardé. Aujourd’hui, l’organisation patronale accepte de communiquer dessus.
Parmi les plus grosses, c’est l’UIMM qui dispose du plus de sièges à l’assemblée générale (34). Suivent les assurances (33), la banque (30), le bâtiment (20), le commerce et le Syntec (16), les travaux publics (14), la Fefis (industries de santé, 13), l’intérim (12), l’automobile et l’électricité (10). A elles seules, elles cumulent 208 voix, assises, comme pour les autres fédérations, sur leurs cotisations. « C’est un peu censitaire quand même », reconnaît un candidat.
Le nouveau président, qui exercera ses fonctions de façon bénévole, comme ses prédécesseurs, sera élu, le 3 juillet. Pour l’emporter, il lui faut la majorité absolue, et que les deux tiers des votants aient pris part au scrutin. Si aucun candidat ne l’obtient, un second tour est organisé le même jour. Le vainqueur entame alors un mandat de cinq ans désormais non renouvelable, une disposition introduite par Pierre Gattaz.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ « Inadmissible », « scandaleux », « pathétique »… les condamnations des propos du ministère de l’intérieur ont été unanimes à gauche.
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Indignation à gauche contre les propos de Collomb sur les manifestants « complices par passivité » des casseurs

« Inadmissible », « scandaleux », « pathétique »… les condamnations des propos du ministère de l’intérieur ont été unanimes à gauche.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 11h18
   





                        



   


En évoquant des manifestants « complices par passivité » des casseurs, samedi 26 mai au soir d’une journée unitaire de lutte contre la politique menée par Emmanuel Macron, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a provoqué l’ire de la gauche.
Ce qu’a dit le ministre de l’intérieur, interrogé sur BFM-TV :
« Ce qui est très étonnant, c’est que des black blocks puissent intervenir au milieu d’une foule qui finalement ne réagit pas. Si on veut garder le droit de manifester (…) il faut que les participants puissent s’opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être d’un certain point de vue, complices de ce qui se passe. »
Des propos qui ont fait dire dimanche au premier secrétaire du PS, Olivier Faure, que le ministre de l’intérieur (LRM, ex-PS) « n’est plus aujourd’hui à la hauteur de sa fonction ».
« Sa mission est de protéger les manifestants des casseurs. Il y a une inversion des rôles qui n’est pas compréhensible. Vous imaginez une famille qui vient manifester et à qui on dit “maintenant c’est vous, avec votre poussette, qui allez-vous battre contre les black blocks” ! C’est irresponsable ! », a-t-il lancé.
Le dirigeant socialiste a aussi critiqué les arrestations de lycéens entrés dans le lycée Arago, restés jusqu’à quarante-huit heures en garde à vue, accusant M. Collomb d’avoir cherché « pour les uns à les dissuader de manifester, pour les autres à les laisser casser ».

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« Inadmissible », « scandaleux », « pathétique »
La députée de la France insoumise (LFI) Clémentine Autain a qualifié les propos de M. Collomb de « scandale » et de « déni démocratique absolument inadmissible », l’appelant à les retirer. « C’est une démission de l’Etat absolument incroyable », a également déclaré l’élue de Seine-Saint-Denis, dénonçant « une entreprise qui vise à nous stigmatiser comme responsables des violences, ce qui n’est pas le cas ».
Le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, a trouvé que c’était « pathétique », déplorant l’attitude « condescendante et paternaliste » du gouvernement.

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Samedi soir, Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération·s, avait jugé « scandaleux que le ministre de l’intérieur mette sur le compte des manifestants le fait qu’il y ait des violences », notamment de blacks blocs que « même les CRS ont parfois du mal à canaliser ».
« La police doit protéger les manifestants au lieu de nous faire porter la responsabilité du comportement de quelques-uns, ultraviolents », avait lancé l’ancien candidat socialiste de la présidentielle.
Après ses propos télévisés, Gérard Collomb a écrit deux messages samedi sur Twitter, pour redire son attachement à la liberté de manifester, « une liberté fondamentale ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’examen du volet économique, destiné à casser la guerre des prix entre distributeurs, s’est achevé la semaine dernière à l’Assemblée nationale, qui doit voter le texte mercredi.
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Loi alimentation : les députés donnent quelques gages aux agriculteurs

L’examen du volet économique, destiné à casser la guerre des prix entre distributeurs, s’est achevé la semaine dernière à l’Assemblée nationale, qui doit voter le texte mercredi.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h07
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Le week-end a été studieux pour les députés avec, au menu, le projet de loi « agriculture et alimentation », qui doit être soumis au vote de l’Assemblée nationale, mercredi 30 mai. Depuis le 22 mai, les parlementaires passent au crible le texte et les quelque 2 600 amendements déposés. De quoi nourrir des discussions souvent passionnées et déplacer quelque peu les curseurs.
Le projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire, et une alimentation saine et durable » a pour premier objectif de mettre un terme à la guerre des prix que se livrent les grandes enseignes de la distribution, destructrice de valeur pour tous et source de tarifs non rémunérateurs pour les agriculteurs. Il a été promis par le président Emmanuel Macron, lors d’un discours à Rungis (Val-de-Marne), en octobre 2017, à mi-parcours des Etats généraux de l’alimentation. L’examen du volet économique du texte s’est achevé vendredi 25 mai.

Les syndicats agricoles avaient fait entendre leurs doutes avant le début des débats à l’Assemblée. La Confédération paysanne avait même organisé une manifestation, le 23 mai, devant le Palais-Bourbon, pour dénoncer « l’enfumage » du gouvernement, estimant que ses amendements ne permettaient pas de « redonner du revenu aux paysannes et aux paysans ». De son côté, la FNSEA interpellait les élus, jugeant que si « les objectifs sont louables et les volontés bien présentes », il fallait « du concret pour des changements tangibles ». « C’est au pied du mur qu’on reconnaît le Macron », a lancé en une boutade sa présidente, Christiane Lambert.
Indicateurs de prix « incontestables et fiables »
Le travail des députés pour donner quelques gages aux agriculteurs s’est illustré dès le premier article, qui doit renforcer leur place dans la négociation des prix de leurs produits. Son enjeu, défendu par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Au lieu d’observer passivement la montée du populisme en Europe, la gauche démocratique doit agir dans la perspective d’une mondialisation régulée, estiment les économistes Jean-Luc Gaffard et Francesco Saraceno, dans une tribune au « Monde ».
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Populisme en Europe : « La social-démocratie doit se rénover »

Au lieu d’observer passivement la montée du populisme en Europe, la gauche démocratique doit agir dans la perspective d’une mondialisation régulée, estiment les économistes Jean-Luc Gaffard et Francesco Saraceno, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 11h19
    |

Jean-Luc Gaffard (Chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), centre de recherche affilié  à Sciences-Po) et Francesco...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections italiennes après les élections allemandes et françaises confirment la montée du populisme qui touche tous les pays en Europe et pas seulement les anciens pays communistes. Le Brexit et la crise catalane en témoignent également. Dans le même temps, dans ces trois pays fondateurs de l’Union européenne (UE), la social-démocratie s’affaiblit singulièrement quand elle ne s’effondre pas.

Le discours en vogue est que cette social-démocratie n’a rien à dire sur la mondialisation, qu’elle n’a pas su renouveler ses analyses et ses pratiques pour y faire face, plus crûment qu’elle n’a pas su vraiment rompre avec des politiques jugées maintenant désuètes qui ont fait le succès des « trente glorieuses » (1945-1975). Le monde aurait changé radicalement et le moment serait venu de s’y adapter, d’introduire de la flexibilité là où il n’y avait que sécurité.
Plusieurs types de mondialisation
Dans ce discours, la mondialisation est un bloc, un horizon indépassable et surtout unique dont l’UE serait l’exemple le plus avancé. Il n’y aurait de choix qu’entre elle et le populisme souverainiste. C’est bien vite oublier que les fameuses « trente glorieuses » ont été un moment de mondialisation, de libération des échanges mais subordonnées aux objectifs de croissance et de bien-être des différents pays.
C’est oublier par là même qu’il existe plusieurs chemins, plusieurs types de mondialisation même si les conditions géopolitiques actuelles sont bien différentes de celles de l’après-guerre. La défaite de la social-démocratie tient à son acceptation d’un modèle spécifique de mondialisation qui oppose le marché total à l’Etat régulateur et non à la défaillance proclamée d’un modèle qui fait de la cohésion sociale un gage certes d’équité mais aussi d’efficacité.
Le vrai problème de la social-démocratie, en Europe comme ailleurs, est qu’elle a perdu son identité, qu’elle a fait son deuil de la régulation publique
Le vrai...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le contrat de gouvernement de La Ligue et du Mouvement 5 étoiles, présenté le lundi 21 mai en Italie, prévoit de « dépasser le règlement de Dublin ». Il faut abolir ce règlement mais pour de bonnes raisons, estime la chercheuse Marie Bassi, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤                     
                                                   
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Italie : « L’argumentaire xénophobe et eurosceptique ne doit pas l’emporter »

Le contrat de gouvernement de La Ligue et du Mouvement 5 étoiles, présenté le lundi 21 mai en Italie, prévoit de « dépasser le règlement de Dublin ». Il faut abolir ce règlement mais pour de bonnes raisons, estime la chercheuse Marie Bassi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    28.05.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h00
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Marie Bassi (Chercheuse à l'Ecole française  de Rome et chercheuse associée à Sciences Po Paris, spécialiste des politiques migratoires et de l'Ita...







                        



                                


                            
Tribune. « Il faut dépasser le règlement européen de Dublin » : cette phrase figure parmi les trois pages consacrées à l’immigration dans le contrat de gouvernement scellé entre La Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles (M5S). Une courte phrase dans le chapitre : « Immigration : rapatriement et arrêt du business » caractérisé par une orientation sécuritaire et des propositions maintes fois entendues, maintes fois répétées, par les acteurs politiques et dénoncées par les chercheurs et les ONG.

Peu appliqué pendant près de quinze ans, le règlement de Dublin a fait son apparition sur la scène médiatique lors de la « crise » de 2015. Entré en vigueur en 1997 et réformé en 2003 (Dublin II) puis en 2013 (Dublin III), il est à nouveau en négociation dans les arènes européennes. En dépit de ces réformes, ces textes ont conservé le même principe : un demandeur d’asile doit déposer sa demande d’asile dans le premier pays européen où il a posé le pied, ou plutôt où ses empreintes ont été relevées.
Depuis sa création, le règlement de Dublin a été critiqué par les Etats membres du Sud, des ONG et des chercheurs. Aujourd’hui, c’est un programme proposé par des forces eurosceptiques et hostiles à l’immigration qui le dénonce. Ce paradoxe n’est qu’apparent. Il faut bien abolir Dublin, mais pas pour les raisons invoquées par la Ligue et le M5S : jouant sur les peurs afin d’asseoir leur popularité et stimulant les réflexes d’exclusion, ils veulent « dépasser » Dublin pour accueillir moins d’étrangers.
Un obstacle à une politique solidaire
S’il faut abolir le règlement de Dublin, c’est parce qu’il constitue un des obstacles à la mise en place d’une politique d’asile harmonisée et solidaire. Abolissons-le à cause de son absurdité, de son coût et de ses effets désastreux en termes diplomatiques et humains.

La première conséquence de ce texte est de faire reposer la prise en charge de l’asile sur les pays où...




                        

                        

