<FILE-date="2018/05/28/23">

<article-nb="2018/05/28/23-1">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort de Serge Dassault, ancien sénateur et industriel de l’armement

Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 21h26
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

Salon aéronautique de Las Vegas, octobre 2013. Au pied de la maquette du futur Falcon 5X, dernier né de ses avions d’affaires, ignorant la chaleur qui alterne avec le souffle glacé de la climatisation, Serge Dassault, 88 ans, s’inquiète des réactions des premiers visiteurs. « Qu’est ce que vous en pensez ? Vous ne trouvez pas que l’habitacle est spacieux ? » A la question de savoir s’il compte acquérir ce jet dont les premiers modèles ne seront livrés au mieux que cinq ans plus tard, il répond instantanément : « Pourquoi pas, peut-être bien. » Un nouveau défi au temps pour celui qui ne cesse d’affirmer : « Je continuerai toujours de travailler, comme mon père l’a fait, jusqu’à ses derniers jours. »
Trois ans plus tard, en avril 2016, sous la verrière du Grand Palais, à Paris, devant un millier d’invités conviés au centenaire de Dassault Aviation, le voici retraçant la vie de Marcel Dassault depuis l’invention de l’hélice « Eclair » en 1916 jusqu’à la mise au point du Rafale, quelques semaines avant sa mort. Toujours dans l’ombre de ce père, avec qui les rapports ont été très difficiles.
A tel point qu’en 1986, au moment de la succession, pour laquelle rien n’avait été réglé, le ministre de la défense de l’époque, André Giraud, au nom du gouvernement, tenta de s’opposer à sa nomination. En vain. Son arrivée était « précédée par une réputation assez peu flatteuse », raconte Anne-Marie Rocco dans son livre Serge Dassault (Flammarion, 2006). « La responsabilité en incombe prioritairement à son père et à son silence appuyé concernant l’aptitude de son fils à reprendre le flambeau familial. »
En prenant les rênes du groupe à 61 ans, à l’âge où beaucoup pensent à leur retraite, Serge Dassault – mort lundi 28 mai, à Paris, d’une « défaillance cardiaque », selon la famille – n’aura de cesse de faire mieux que son père. S’il n’a pas son génie pour inventer des avions, il développera le groupe...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-2">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir ce soir. La vie du peintre et diplomate flamand du XVIIe siècle fait l’objet d’un documentaire sérieux, au risque de l’ennui (sur Histoire à 20 h 40).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV – « Rubens, peindre l’Europe »

A voir ce soir. La vie du peintre et diplomate flamand du XVIIe siècle fait l’objet d’un documentaire sérieux, au risque de l’ennui (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40



Etonnant destin que celui de Pierre Paul Rubens (1577-1640), génie qui n’aura rien d’un enfant prodige mais deviendra un artiste prodigue, dont le rutilant catalogue d’œuvres totalise quelque 3 000 pièces, dont 1 400 tableaux.
Lorsqu’il s’installe à Anvers, en 1608, la ville que sa famille avait fuie avant sa naissance en raison des guerres de religion, ­Rubens met au point une véritable fabrique à tableaux. Les commandes affluent, avec une liste d’attente de dix ans.
S’il réalise lui-même beaucoup d’entre elles – dont les portraits –, il fait appel à des assistants pour exécuter certains détails ou parties de ses grandes compositions, une collaboration habituelle chez les peintres.
Talent, charme et culture
L’homme est attaché à sa famille, qu’il représente souvent dans ses toiles (il perd sa femme et sa fille, mais se remariera avec la jeune sœur de son épouse défunte), vit une vie simple et frugale (végétarien avant l’heure, il proscrit la viande, dont la digestion pourrait compromettre sa ­vitalité créatrice).
Rubens est intelligent, cultivé, se fait lire les auteurs anciens en latin tandis qu’il converse et peint en même temps. Son talent, son charme et sa culture séduiront les monarques au fil de ses séjours et voyages en Italie (où il travaille pour la cour de Vincent Ier de Gonzague, duc de Mantoue) et en ­Espagne (où il est envoyé en mission diplomatique auprès de Philippe III puis de Philippe IV).
Halo sonore new age
De cette vie et de cette carrière, le documentaire de Jacques Lœuille fait un parcours informé et complet, malheureusement alourdi par un commentaire ennuyeux dit d’une voix neutre par Gérard Desarthe.
Il s’accompagne d’une partition originale intemporelle (des instruments anciens pris dans un halo sonore new age) de Nigji Sanges.
En faisant intervenir des spécialistes, des peintres d’aujourd’hui qui auraient pu apporter une lumière intéressante sur cet artiste prolifique et étonnant, ce documentaire aurait évité au télé­spectateur d’avoir l’impression tenace d’assister à une conférence filmée de Connaissance du monde ou à un cours magistral soporifique.
Rubens, peindre l’Europe, de Jacques Lœuille (Fr., 2017, 52 min.)



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-3">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ La famille spoliée et le propriétaire actuel dénoncent une enquête lacunaire lors de la vente de la toile, en 2008.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un Sisley volé par les nazis embarrasse Christie’s

La famille spoliée et le propriétaire actuel dénoncent une enquête lacunaire lors de la vente de la toile, en 2008.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h42
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Au triste palmarès des spoliations nazies, cette œuvre-là ne figure certainement pas en tête de liste. Ni la plus belle ni la plus chère. Premier jour de printemps à Moret, une toile peinte en 1889 par l’artiste impressionniste Alfred Sisley, a été vendue chez Christie’s à New York, en mai 2008, pour quelque 350 000 dollars. Loin, par exemple, des 135 millions de dollars atteints en 2006 par une autre toile volée à des propriétaires juifs, le célèbre Portrait d’Adèle Bloch-Bauer, de Gustav Klimt.

Pourtant, ce petit tableau promet de prendre une place particulière dans l’histoire des restitutions. La famille dépossédée de son bien pendant la seconde guerre mondiale et le galeriste qui détient le tableau accusent la maison de ventes de n’avoir pas procédé aux vérifications nécessaires. « Il n’est pas sérieux de prétendre que la société Christie’s, qui dispose d’un service spécialisé dans la recherche des tableaux spoliés, ait pu ignorer l’origine d’un tel tableau », estime, dans la plainte qu’il a déposée en août 2017, devant le tribunal de Paris, le petit-fils du propriétaire, Denis Lindon.
Dans la famille Lindon, Denis n’est pas le plus célèbre. Son frère Jérôme, fondateur des Editions de Minuit, a marqué l’histoire de l’édition française. Ses neveux, le comédien Vincent et l’écrivain Mathieu, occupent régulièrement les pages culture des journaux. « Mais je suis le plus vieux des héritiers survivants, l’un des deux derniers petits-enfants d’Alfred Lindon, explique cet ancien chef d’entreprise, devenu professeur à HEC. A 91 ans, j’ai du temps libre, alors ça m’a paru normal de m’en occuper… J’étais très attaché à mon grand-père. Il m’a permis de passer un an à Cambridge, lui qui n’avait pas fait d’études. »
La trajectoire d’Alfred Lindon tient du cliché du self-made-man
La trajectoire d’Alfred Lindon tient du cliché du self-made-man. Né à Cracovie, en Pologne, dans les années 1870, celui...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-4">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le Lion d’or a distingué une visite ludique d’appartement témoin sur le pavillon suisse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Architecture : le jury de la Biennale de Venise invite à renouveler les manières de voir

Le Lion d’or a distingué une visite ludique d’appartement témoin sur le pavillon suisse.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 16h11
    |

            Isabelle Regnier (Venise)








                        



   


Dans le manifeste « Freespace » qu’elles ont rédigé pour l’occasion, Yvonne Farrell et Shelley McNamara, les commissaires de la 16e édition de la Biennale d’architecture de Venise (qui reste ouverte au public jusqu’au 25 novembre), appellent à renouveler les manières de voir et de penser. En décernant le Lion d’or à un collectif de très jeunes architectes (Alessandro Bosshard, Li Tavor, Matthew van der Ploeg et Ani Vihervaara) pour leur projet ludique de visite d’appartement témoin installé dans le pavillon suisse, le jury a validé leur proposition. Autour de sa présidente, l’architecte argentine Sofia von Ellrichshausen, il réunissait Frank Barkow (architecte américain), Patricia Patkau (architecte canadienne), Pier Paolo Tamburelli (architecte et critique italien) et Kate Goodwin (curatrice australienne et directrice du département d’architecture de la Royal Academy of Arts de Londres).

        Lire le reportage :
         

          A Venise, une odyssée de l’espace



Entraînés dans un labyrinthe blanc aux proportions anamorphosées, les visiteurs du pavillon suisse évoluent entre des portes pour géants et des alcôves de maison de poupées, des chambres à ciel ouvert et des salons aveugles, chaque pièce offrant de multiples et protéiformes ouvertures sur les autres… Gros succès sur Instagram où chacun y allait de son selfie au pays des merveilles, ce détour par le jeu, par la fiction, par l’expérience physique est aussi – et surtout – une invitation à ouvrir les yeux sur notre environnement immédiat, à questionner la standardisation, largement impensée aujourd’hui, des espaces d’habitation et plus généralement de l’architecture mondialisée.

   


Réhabilitation de lieux désaffectés
Le palmarès a validé, par ailleurs, l’autre grande idée du « Freespace » : la réhabilitation de ruines, de friches, de lieux désaffectés… Réponse à une exigence éthique, dans un contexte où la bétonisation à outrance menace de précipiter le monde vers sa fin, cette dimension de l’architecture dominait largement le programme – elle était notamment au cœur de la stimulante exposition « Lieux Infinis », conçue par les architectes de l’agence Encore Heureux au pavillon français.

        Lire l’entretien :
         

          « A la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure »



Elle peut produire des merveilles architecturales, comme cet ancien corps de ferme perdu en rase campagne, à São Lourenço do Barrocal, au Portugal, qu’Eduardo Souto de Moura a transformé en un petit village autour d’un hôtel. Présenté dans l’exposition principale, à la Corderie, sous la forme d’un diptyque de deux grandes photographies aériennes, il a remporté le Lion d’or du meilleur projet. Saluant « la précision avec laquelle ces deux photographies se répondent », et révèlent « la relation essentielle entre l’architecture, le temps, et le site », le jury a possiblement aussi voulu distinguer le travail de ce grand maître portugais (Eduardo Souto de Moura a remporté le prix Pritzker en 2011) dont l’œuvre s’est construite dans le respect de la tradition vernaculaire, et du patrimoine architectural.

   


Le prix des jeunes talents va dans le même sens, qui a récompensé la belle installation des Belges Jan de Vylder, Inge Vinck, Jo Taillieu qui mettait en scène un projet de reconstruction d’une clinique psychiatrique à partir de ses propres ruines.
Le jury a également distribué des mentions spéciales
Le jury a également distribué des mentions spéciales. Au pavillon britannique, d’abord, dont les commissaires, fidèles à leur humour insulaire, ont répondu à l’idée de « Freespace » en vidant totalement l’espace au sol, traditionnellement dédié aux expositions, pour installer une terrasse sur le toit, ouverte à toutes les activités qu’on veut bien imaginer. Et au beau projet des Indiens de l’agence RMA autour de la question de la porosité des espaces : une installation onirique tout en voiles transparents, projections vidéo, photographies, qui s’inspire de trois de leurs réalisations – un immeuble de bureaux intégralement enveloppé d’une moumoute de verdure, une bibliothèque à moitié enfouie dans le sol et une école. Et enfin à l’installation de l’Indonésien Andra Martin, « pour la réflexion qu’elle propose sur les matériaux et la forme des structures vernaculaires ».
Sur le Web : www.labiennale.org/en/news/awards-biennale-architettura-2018



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-5">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A l’occasion des 16es Rendez-vous aux jardins, la paysagiste Laure Quoniam présentera, le 3 juin, les nouveaux parterres du château Renaissance d’Ancy-le-Franc.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un nouveau jardin pour Ancy-le-Franc

A l’occasion des 16es Rendez-vous aux jardins, la paysagiste Laure Quoniam présentera, le 3 juin, les nouveaux parterres du château Renaissance d’Ancy-le-Franc.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 14h55
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            

Le château d’Ancy-le-Franc, situé non loin de Chablis, dans l’Yonne, est un pur joyau de la seconde Renaissance. Alors que dominaient encore les constructions néogothiques, l’architecte italien Sebastiano Serlio fera d’Ancy, achevé en 1546, son chef-d’œuvre, ouvrant la voie à une véritable révolution architecturale. Construit en pierre calcaire de Bourgogne, sa silhouette régulière, avec ses quatre pavillons d’angle, carrés, et son imposante toiture en ardoise impressionne toujours le visiteur. Il devait en être de même à l’époque de ses premiers propriétaires, les Clermont, contemporains des guerres de Religion (1562-1598) qui allaient déchirer le royaume.

Le « cortile », la très belle cour intérieure, qui a retrouvé sa blancheur après restauration, et dont la structure est parfaitement symétrique, suscite aujourd’hui un sentiment de sérénité. A la fin du XVIe siècle, trois baies à l’italienne, à l’étage, ouvertes, permettaient d’entrevoir une peinture murale monochrome, ocre, d’une vingtaine de mètres de longueur, particulièrement saisissante, ayant pour thème la bataille de Pharsale. Celle-ci opposa, en 48 av. J.-C., César et Pompée, et il y avait là, de la part du commanditaire, une allusion aux horreurs de la guerre, qui prit tout son sens avec les affrontements sanglants entre catholiques et protestants.

Laure Quoniam, l’architecte paysagiste à qui les actuels propriétaires du château ont confié les aménagements des jardins, a pour ambitieux projet d’interpréter, dans une partie du parc, sous forme de parterres, cette peinture sans équivalent. De l’ambition, et à une bien plus large échelle, il lui en a fallu quand, pendant dix ans, elle a mené le chantier des abords paysagers du vénérable mais maltraité pont du Gard. Laure Quoniam n’aime rien tant que faire dialoguer, « recoudre », dit-elle, l’Histoire avec le présent. Ses interventions à Ancy ont ainsi porté, en concertation avec la...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-6">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ L’écrivain congolais raconte son amitié avec le romancier américain disparu le 22 mai et qui lui avait permis, en 1998, de se réfugier aux Etats-Unis.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤         

Récit

Emmanuel Dongala : « Philip Roth m’a sauvé de la guerre au Congo »

L’écrivain congolais raconte son amitié avec le romancier américain disparu le 22 mai et qui lui avait permis, en 1998, de se réfugier aux Etats-Unis.

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux (contributrice Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-05-28T12:19:00+02:00"

        Le 28.05.2018 à 12h19






    
Les écivains congolais Emmanuel Dongala et américain Philip Roth.
Crédits : Philippe Merle/AFP et Eric Thayer/Reuters


Emmanuel Dongala est intarissable dès qu’il s’agit de se remémorer les bons moments passés en compagnie de Philip Roth, décédé mardi 22 mai. Les écrivains congolais et américain se sont rencontrés pour la première fois au début des années 1990. « Je rendais visite à la famille Huvelle, qui m’avait accueilli lorsque je faisais mes études à Oberlin College, dans l’Ohio. Philip était un patient et un ami du docteur Huvelle, qui me l’a présenté. Par la suite, à chacun de mes séjours aux Etats-Unis, je n’ai jamais manqué de revoir Philip Roth et sa femme d’alors, Claire Bloom », raconte Emmanuel Dongala.

        Lire aussi :
         

                L’écrivain américain Philip Roth est mort à l’âge de 85 ans



C’est cette amitié qui le sauvera de la guerre civile congolaise, en 1997. A cette époque, l’auteur d’Un fusil dans la main, un poème dans la poche et du Feu des origines est directeur des affaires académiques et de la scolarité de l’université de Brazzaville, où il enseigne la chimie. Quand la guerre éclate, Emmanuel Dongala se tourne naturellement vers Paris, qui l’a fait chevalier des arts et des lettres en 1989, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française. La France lui refuse finalement son visa et l’abandonne dans l’enfer congolais. C’est Philip Roth qui l’en sortira, lui et sa famille.
Une lettre à Bill Clinton
Dès qu’il apprend la situation, l’auteur de Good Bye, Columbus contacte Leon Botstein, le président du Bard College, qui cherchait un professeur de chimie pour le campus de Simon’s Rock, dans le Massachusetts, et n’a guère de mal à le convaincre de recruter Emmanuel Dongala. En 1990, Leon Botstein avait offert un poste à l’écrivain Chinua Achebe après qu’un accident de voiture dans des conditions suspectes au Nigeria l’avait cloué dans un fauteuil roulant pour le reste de son existence.
« Philip a tout fait pour que je puisse venir aux Etats-Unis. Il m’a trouvé un poste, obtenu un visa et des billets d’avion pour toute ma famille et moi-même. Mais je ne le savais pas. Pendant que nous fuyons les combats à Brazzaville, sur la route de Pointe-Noire, un colonel en fuite lui aussi me reconnaît et me dit qu’un de ses amis, qui travaille à l’ambassade des Etats-Unis, lui a confié qu’une université américaine m’a offert un poste et qu’on me cherche. J’ai regagné Brazzaville, puis Kinshasa en pirogue, où les Etats-Unis s’étaient installés après que leur ambassade de Brazzaville avait été brûlée, relate Emmanuel Dongala. Un matin de janvier 1998, j’atterris à New York, sous la neige et dans le froid. Devinez qui m’attend à côté du vice-président de l’université ? Philip Roth lui-même ! Le même qui, quelques jours plus tard, m’apportera une télé et une radio avec lecteur CD. »

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Dongala : « Au siècle des Lumières, il y avait déjà une élite noire européenne »



« Mais ce n’est pas tout, poursuit, ému, l’écrivain congolais. Ma fille Assita avait alors 18 ans. Majeure, elle était considérée comme ne faisant plus partie de notre famille et elle n’a pu obtenir un visa pour venir avec nous. Elle pensait que nous l’avions abandonnée. Philip a repris sa plus belle plume et a écrit une lettre de recours auprès du président Bill Clinton. Quelques semaines plus tard, il n’avait pas de réponse mais il avait appris qu’un de ses amis, l’écrivain William Styron, devait dîner à la Maison Blanche. Il lui a donné une copie de la lettre pour qu’il la remette en main propre au président. Le lendemain, le bureau Afrique centrale du département d’Etat m’appelait et, quinze jours plus tard, ma fille était dans l’avion pour nous rejoindre. Un véritable conte de fées ! »
Clin d’œil dans « La Tache »
Ce n’était pas la première fois que Philip Roth témoignait son amitié à Emmanuel Dongala. Déjà en 1994, quand il avait reçu le prix Karel-Capek du PEN Club tchèque conjointement avec Günter Grass, Philip Roth, qui ne pouvait se déplacer pour des problèmes de santé, avait chargé Emmanuel Dongala de recevoir le prix en son nom et de prononcer son discours de remerciement. « Du coup, c’est moi qui me suis retrouvé sur la photo parue dans les journaux praguois, entre Günter Grass et Vaclav Havel. On en a longtemps rigolé avec Philip, qui me lançait : “Usurpation d’identité, Emmanuel !” En tant qu’écrivain, Philip Roth a pu laisser l’image d’un homme distant, cynique, un peu froid, mais au quotidien, c’était un tout autre homme, chaleureux, convivial. Il savait aussi être facétieux. Quand mon roman Les petits garçons naissent aussi des étoiles a été traduit en hébreu, il m’a dit, d’une voix solennelle : “Emmanuel Dongala, je te déclare juif honoraire” ! »
« Je lui dois beaucoup », reconnaît simplement celui qui s’amusait de voir la tête des étudiants de Bard College quand ils apercevaient l’auteur de Portnoy et son complexe descendre de sa voiture pour venir chercher leur professeur de chimie. « Il faisait la route depuis le Connecticut juste pour que nous allions déjeuner ensemble ! »

        Lire aussi :
         

                Mort de Philip Roth : les cinq livres incontournables du romancier



Une amitié qui aura laissé sa trace dans l’œuvre de chacun d’eux. Si Johnny chien méchant a pu voir le jour, c’est grâce aux conseils avisés et au soutien de l’auteur d’Opération Shylock. En effet, en 1999, Emmanuel Dongala a été récipiendaire d’un Guggenheim Fellowship grâce aux lettres de recommandation que lui ont écrites, entre autres, Philip Roth et Chinua Achebe, ses deux amis qui, chaque année, se retrouvaient, sans succès, sur la liste des nobélisables. Emmanuel Dongala a ainsi disposé du temps libre nécessaire à l’écriture de ce roman qui sera adapté au cinéma en 2008.
Quant à Philip Roth, il aura glissé un clin d’œil à celui avec qui il aimait converser et rire dans La Tache, publié en 2000. « Philip Roth y évoque un écrivain francophone d’Afrique, confie Emmanuel Dongala. Quand je lui ai demandé de qui il s’agissait, il m’a répondu amusé : “A ton avis ? Combien d’auteurs africains francophones penses-tu que je connaisse ?” »


<article-nb="2018/05/28/23-7">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Cette auteure emblématique, à l’origine de la saga « L’Assassin royal », explique comment la fantasy a fini par gagner ses lettres de noblesse.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Robin Hobb : « Désormais, vous pouvez lire un bouquin de fantasy dans le bus »

Cette auteure emblématique, à l’origine de la saga « L’Assassin royal », explique comment la fantasy a fini par gagner ses lettres de noblesse.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h07
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 15h09
    |

                            Elisa Thévenet








                        



   


Robin Hobb était l’invitée d’honneur de la 17e édition des Imaginales, qui se tenait du jeudi 24 au dimanche 27 mai à Epinal. Les œuvres de cette auteure incontournable de la fantasy, comme L’Assassin royal, Les Aventuriers de la mer ou encore Le Fou et l’Assassin ont été traduites dans 22 langues et ont séduit des dizaines de millions de lecteurs dans le monde. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, l’auteure américaine, qui a vendu plus de 4 millions de livres en France, n’a ni contrat ni échéance. L’occasion pour elle de réfléchir à d’autres projets. Et, pour Pixels, d’établir avec elle un état des lieux de la fantasy.
Vous venez de mettre un point final à votre saga L’Assassin royal, qui a séduit des millions de lecteurs dans le monde. En tant qu’auteure de fantasy, comment expliquez-vous le succès de ce genre ?
Robin Hobb : C’est le genre universel par excellence. Les récits mythologiques grecs, romains, chinois, les fables d’Esope : ce sont des histoires que l’on se raconte aux quatre coins du monde. On se laisse plus facilement entraîner par un roman de fantasy parce qu’on découvre un nouveau monde dans lequel nos cultures et nos préjugés sont balayés. Chaque lecteur peut s’identifier aux personnages et faire de cette histoire la sienne.
Malgré les succès récurrents des œuvres de fantasy en librairie, le genre continue à avoir mauvaise presse…
Robin Hobb : Aux Etats-Unis, on a l’habitude de dire que nous [les auteurs de fantasy] « vivons dans le ghetto ». Pendant des années, le New York Times a refusé de faire la critique d’un roman de fantasy. Pour avoir du succès, certains auteurs rejetaient même l’étiquette.
Que répondez-vous aux critiques qui considèrent la fantasy comme de la littérature jeunesse ?
Que Game of Thrones est sans aucun doute un livre pour enfants ! [Rires.]
Justement, la fantasy se démocratise depuis quelques années, notamment grâce aux nombreuses adaptations sur petits et grands écrans…
C’est vrai, désormais vous pouvez lire un bouquin de fantasy dans le bus ! Je pense que les gens commencent à réaliser qu’ils peuvent trouver dans les livres les mêmes histoires que celles qu’ils aiment regarder à la télé.
Il y a eu récemment plusieurs débats sur la relative absence de diversité dans les séries et films de fantasy. C’est une question qui traverse plus largement la littérature de l’imaginaire. Est-ce que vous y prêtez attention lorsque vous écrivez ?
J’ai toujours été capable de me mettre dans la peau des personnages dont je lisais l’histoire. Je ne me suis jamais dit que Mowgli était un garçon à la peau foncée. Malgré la description que je fais de FitzChevalerie [le personnage principal de L’Assassin royal], mat avec des cheveux noirs et bouclés, les fans le représentent à leur image. Et ça ne m’embête pas du tout. Nos histoires appartiennent aux lecteurs. Si vous vous sentez obligé d’insérer de la diversité dans le récit, ça se voit. C’est comme compléter un puzzle avec une pièce qui ne lui appartient pas. Vous ne pouvez pas vous dire : « chapitre 4 : je n’ai toujours pas de personnage lesbien, il faut que j’en mette un. » Ce sont les personnages qui choisissent qui ils sont. Ça doit avoir l’air un peu mystique, mais ce sont eux qui me racontent leur histoire et c’est à partir de cela que j’écris un livre.
La fantasy permettrait donc au lecteur de gommer son bagage culturel ?
Si j’écris l’histoire d’un esclave noir aux Etats-Unis, il y a tout un contexte qui s’impose. Tout le monde ne pourra pas s’identifier à ce vécu. Mais si je vous raconte la vie d’une femme à Anabastar réduite à l’esclavage parce qu’elle a les cheveux vert pâle, n’importe qui peut s’approprier ce récit. Il n’y a plus de barrières.
On reproche souvent à la fantasy sa surabondance de clichés : le jeune garçon d’origine modeste promis à un grand destin, la présence de magie, les dragons… Ce sont des éléments que l’on retrouve dans vos livres.
Ces clichés sont l’une de mes inspirations pour L’Assassin royal. Ce sont des archétypes universels. Prendre ces poncifs et les retravailler pour leur donner une nouvelle jeunesse, c’était un défi. De Shakespeare aux grands mythes, ils sont incontournables, autant en être conscient et les utiliser à fond.
On voit de plus en plus d’héroïnes dans les romans de fantasy. En a-t-on fini avec les personnages féminins sans substance ?
Toutes les femmes des livres qui m’ont précédée ne sont pas des potiches. Bien sûr, on peut en trouver, on trouve de tout. Aux origines de la fantasy, dans les contes, il y a beaucoup de personnages féminins forts : Cendrillon est coriace, dans Le Bal des douze princesses, les jeunes filles s’échappent toutes les nuits malgré les gardes et l’interdiction de leur père… Essayez de trouver un conte qui a pour nom celui d’un prince, en dehors de Sinbad, ce n’est pas facile. Les contes sont principalement des récits de femmes, cela montre qu’elles ont toujours raconté des histoires.
Est-ce que le fait d’être une femme a changé quelque chose dans votre manière d’écrire et de travailler ?
Je déteste cette question ! On me la pose à chaque fois comme si j’appartenais à une minorité opprimée. Tout au long de ma carrière, les hommes du monde de la fantasy et de la science-fiction m’ont soutenue. Depuis le début, la plupart de mes éditeurs sont des éditrices, et j’écris depuis 1982. Je ne veux pas nier les histoires d’écrivaines qui ont eu à surmonter les préjugés, mais c’est n’est pas ce que j’ai vécu.
Vous écrivez depuis vingt ans sous un pseudonyme androgyne, Robin Hobb, et sous le nom de plume de Megan Lindholm, pourquoi avoir choisi deux alias ?
C’est très courant pour les auteurs de genre. Megan Lindholm et Robin Hobb n’écrivent pas le même style de fantasy. J’ai choisi Robin Hobb juste avant la publication de L’Assassin royal. Je voulais un nom court qui apparaisse en gros sur la couverture. Je suis allée dans des librairies voir quelle étagère était à portée de vue. C’était celle des « H ». Celle de Barbara Hambly, Robert Heinlein et Franck Herbert. Un super coin ! Comme mon narrateur était un personnage masculin, j’ai choisi un prénom sans connotation féminine ou masculine pour que le lecteur rentre plus facilement dans l’histoire et que le genre de l’auteur ne constitue pas un problème.
Est-ce que vous écrirez un jour sous votre nom, Margaret Ogden ?
Non. De nombreux lecteurs pensent qu’on m’a forcée à changer de nom. Au contraire, on m’a permis de jouer. Quand vous contez une histoire que vous a racontée votre grand-mère irlandaise, vous allez prendre sa voix, son vocabulaire, son accent. C’est exactement la même chose pour moi. Je suis comme une productrice de film, sauf que je joue tous les personnages, je dessine tous les décors et les costumes, et j’ai un budget illimité ! J’ai toujours vécu en dehors de moi-même, au travers des personnages dont je lisais les aventures, donc me créer un troisième pseudonyme serait très amusant.

        Lire aussi :
         

          Robin Hobb : « La fantasy, terre vierge »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-8">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Yannick Nézet-Séguin et Hélène Grimaud, avec l’Orchestre de Philadelphie, ont joué Brahms, Schumann et Strauss.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Plongée dans l’Allemagne romantique à la Philharmonie

Yannick Nézet-Séguin et Hélène Grimaud, avec l’Orchestre de Philadelphie, ont joué Brahms, Schumann et Strauss.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 10h50
    |

                            Anna Sigalevitch








                        



                                


                            

Aux abords de la Philharmonie de Paris, c’est par une poignée de manifestants, tracts à la main, scandant : « Philadelphie, n’orchestre pas l’apartheid ! », que les spectateurs venus écouter la pianiste Hélène Grimaud et le chef d’orchestre Yannick Nézet-Séguin à la tête de l’Orchestre de Philadelphie ont été accueillis, samedi 26 mai. En cause, la venue prochaine de l’orchestre en Israël, dont les manifestants appellent au boycott culturel.
Des perturbations avaient déjà empêché le début d’un concert à Philadelphie et interrompu celui du 24 mai à Bruxelles. Laurent Bayle, le directeur de la Philharmonie, accompagné du coprésident de l’Orchestre de Philadelphie, Ryan Fleur, a pris la parole avant le début du concert : « Nous respectons totalement la liberté d’expression et le droit de protestation pacifique (…) mais le message que nous voulons délivrer à travers nos métiers est un message de paix qui, de là où nous sommes, ne peut interférer avec ces problématiques géopolitiques. »
Les artistes ont ensuite fait leur entrée en scène, où seule la musique s’est fait entendre deux heures durant. C’est dans l’Allemagne romantique que la Philharmonie a convié le public, avec, au programme de ce samedi, Brahms, Schumann et Strauss. Le Concerto pour piano n° 1 en ré min op. 15 de Brahms, alors âgé de 25 ans, est un des chevaux de bataille d’Hélène Grimaud, dont elle a gravé au disque deux versions, en 1998 avec Kurt Sanderling (Erato), puis en 2013 avec Andris Nelsons (Deutsche Grammophon).
La pianiste aux loups écoute, se nourrit des riches textures de l’orchestre, avec lequel un subtil dialogue s’établit au fil des trois mouvements
Le premier mouvement, Maestoso, laisse entendre dès le début du thème attaqué sur des roulements de timbales un orchestre aux sonorités denses, sans la pesanteur dont on l’accable souvent. Yannick Nézet-Séguin donne du mouvement, les attaques sont franches, la tension est...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-9">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ L’objectif est de trouver de nouveaux financements pour les monuments, dans un contexte de raréfaction de l’argent public.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

La liste des 18 monuments qui bénéficieront des recettes du « Loto du patrimoine »

L’objectif est de trouver de nouveaux financements pour les monuments, dans un contexte de raréfaction de l’argent public.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 10h05
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 13h48
   





                        



   


Le Figaro publie lundi 28 mai la liste des dix-huit monuments retenus pour bénéficier des recettes du « Loto du patrimoine », un tirage spécial organisé le 14 septembre, et d’un nouveau jeu de grattage qui sera commercialisé à la rentrée.
L’objectif est de trouver de nouveaux financements pour les monuments, dans un contexte de raréfaction de l’argent public. L’idée, empruntée à la Grande-Bretagne et mise en œuvre par Stéphane Bern, nommé à la tête de la mission pour la sauvegarde du patrimoine en péril, figurait dans le programme du candidat Macron.

        Lire aussi :
         

                Pierre Loti gagnant du loto du patrimoine



Vingt millions d’euros escomptés
« Nous voulions un monument emblématique par région, en métropole et en outre-mer », a expliqué la ministre de la culture, Françoise Nyssen au Figaro. Laquelle évoque aussi « un critère d’urgence, en fonction de leur état de péril et de la possibilité de commencer rapidement les travaux ». L’Etat prévoit d’organiser un deuxième tirage dès 2019, selon Mme Nyssen.
Le montant des gains dépendra de la participation des Français, mais l’Etat espère engranger ainsi jusqu’à 20 millions d’euros, qui seront affectés à un fonds spécifique baptisé « Patrimoine en péril ».
La liste complète des monuments :
Maison de Pierre Loti, Rochefort (Charente-Maritime) ;
Fort-Cigogne, Fouesnant (Finistère) ;
Villa Viardot, Bougival (Yvelines)
Théâtre des Bleus de Bar, Bar-le-Duc (Meuse)
Château de Bussy-Rabutin, Bussy-le-Grand (Côte-d’Or)
Aqueduc romain du Gier et pont-siphon de Beaunant, Chaponost et Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône)
Pont d’Ondres, Thorame-Haute (Alpes-de-Haute-Provence)
Couvent Saint-François, Pino (Haute-Corse)
Maison d’Aimé Césaire, Fort-de-France (Martinique)
Ancien Hôtel-Dieu, Château-Thierry (Aisne)
Rotonde ferroviaire de Montabon, Montabon (Sarthe)
Eglise Notre-Dame, La Celle-Guénand (Indre-et-Loire)
Hôtel de Polignac, Condom (Gers)
Château de Carneville, Carneville (Manche)
Habitation Bisdary, Gourbeyre (Guadeloupe)
Maison du receveur des douanes, Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane)
Maison Rouge, Saint-Louis (La Réunion)
L’usine sucrière de Soulou, M’Tsangamouji (Mayotte)



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-10">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’humoriste présente, le 2 juin à Paris, la 5e édition de son spectacle « La Fête de la dette », la première sous Macron.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Christophe Alévêque en marche… arrière

L’humoriste présente, le 2 juin à Paris, la 5e édition de son spectacle « La Fête de la dette », la première sous Macron.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 09h44
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Christophe Alévêque organise La Fête de la dette, à ne pas confondre avec la récente « Fête à Macron ». Ce n’est pas dans la rue, mais au Centquatre, à Paris, et le rendez-vous en est à sa 5e édition. Cela n’a rien à voir, quoique… il y sera aussi question du locataire de l’Elysée. Humoriste engagé (il aime se définir comme « un mec de gauche sans chapelle ni idole, qui cogne autant sur le pouvoir que sur ce qu’il reste d’opposition »), amateur de happenings et de revues de presse politiques, Christophe Alévêque célébrera à sa manière, samedi 2 juin, son « quinquennat » et un « changement de président ». Soit un rassemblement festif pour décortiquer la dette publique avec un one-man-showau titre sans équivoque – En marche arrière pour l’austérité – suivi d’un bal populaire avec fanfare.

« Le principe est toujours le même : ce sera éducatif, ludique et solidaire. Seul le spectacle est nouveau pour s’adapter à ce qui a – ou pas – changé du côté. Par exemple, des banques ou de la fraude fiscale », explique l’humoriste. L’idée de cette fête, dont les recettes sont reversées au Secours populaire, remonte à 2012. A cette époque, Christophe Alévêque sillonne les villes à la rencontre des électeurs avec son personnage burlesque de « Super Rebelle président ». Lui qui a été, dans sa jeunesse, étudiant en école de commerce, est alors « frappé par l’inculture économique, toutes classes sociales confondues, et par la résignation généralisée ».
Christophe Alévêque, humoriste : « Le métier d’humoriste est de parler de ce qui va mal – car le bonheur n’est pas drôle »
Revendiquant avec franchise, mais sans arrogance, son besoin d’être « acteur de la société », il s’est donc mis en tête de vulgariser les tenants et aboutissants de cette ardoise astronomique, de démystifier la finance et de faire rire et réfléchir sur ce sujet peu sexy. « Le métier d’humoriste est de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-11">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ En vingt ans, le directeur artistique du Poème harmonique s’est imposé comme un pilier des répertoires autour du XVIIe siècle.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vincent Dumestre, la convergence des luths

En vingt ans, le directeur artistique du Poème harmonique s’est imposé comme un pilier des répertoires autour du XVIIe siècle.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 09h16
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Avec son air de joli garçon, son luth et ses cheveux longs, Vincent Dumestre ressemble à quelque troubadour de fiction médiévale, dans le Portrait d’artiste : Vincent Dumestre, Una Musica réalisé en 2005 par Olivier Simonnet et diffusé sur Mezzo et France 2. Treize ans plus tard, le musicien, tout juste quinquagénaire, a les cheveux très courts, idem pour les ongles, qu’il coupera après avoir entendu sur France Musique le luthiste Hopkinson Smith dans « L’Adieu » de la Suite en ré mineur du « Vieux » Gaultier. Le jeune guitariste termine alors ses études à l’Ecole normale de musique de Paris, dans la classe d’Alberto Ponce. Trois ans de furia musicale, à travailler quatorze heures par jour dans une chambre de bonne sans eau ni ascenseur au septième étage d’un immeuble de La Motte-Picquet. « Sitôt mon ­diplôme obtenu, j’ai commencé à chercher un luth », assure-t-il.
Entre racines normandes et gasconnes, le natif de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) ne sait pas encore qu’il a pour aïeul un certain Gaston Dumestre (1875-1949). Un drôle de type, coureur cycliste, chauffeur routier, marchand de vins de Champagne, mais aussi guitariste et chansonnier au Chat noir, à Montmartre, compositeur d’opérettes (Mon ­légionnaire au Maroc) et de comédies musicales (dont La Tasse de thé, créée au Bataclan dans les ­années 1920), également librettiste et écrivain de romans d’anticipation. « J’ai découvert son existence quelques années après avoir fondé mon ensemble, Le Poème harmonique, en 1997, raconte-t-il. Gaston était une sorte d’anarchiste des Années folles, à qui le roi de Suède avait offert pour services rendus la copie d’un luth. Il avait remis au goût du jour cet instrument, disparu depuis la fin du XVIIIe siècle, pour accompagner ses chansons : un article en parle dans la revue Paris qui chante, que je collectionne depuis. »
Vincent Dumestre, luthiste : « J’ai tout de suite...



                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-12">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/05/2018
Découvrir l’application


                        

Roger Waters, Born Ruffians et trois festivals : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    28.05.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 11h15
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Si vous n’avez pas pu décrocher un billet pour le concert de Roger Waters, voici un programme riche et éclectique pour toutes les envies de sortie.
TROIS FESTIVALS : 
Le Festival de Saint-Denis, du 31 mai au 5 juillet

   


Associer le maestro russe Valery Gergiev et la pop star David Bowie, les Gurrelieder de Schoenberg par Esa-Pekka Salonen et un programme autour de Nelson Mandela et l’Afrique du Sud, telle est la marque de l’éclectique ouverture sur le monde qui prévaut depuis cinquante ans au Festival de Saint-Denis. Entre ces deux mises en résonances de la Ville avec son territoire métissé, les orchestres de Radio France et leurs directeurs musicaux, Emmanuel Krivine et Mikko Franck, ainsi que John Eliot Gardiner et ses musiciens, métaphore à l’image de la grandeur patrimoniale de la basilique des rois de France. Ce qui n’empêche pas les concerts à la Légion d’Honneur de prêcher l’intimisme de la musique de chambre - l’ensemble La Tempête et le Quatuor Zaïde, Renaud Capuçon et Nicholas Angelich avec le Quatuor Hermès, le duo de Marianne Crebassa et Fazil Say, sans oublier la reprise de l’Erismena aixoise de Cavalli par Leonardo Garcia Alarcon au Théâtre Gérard-Philipe. Marie-Aude Roux
Festival de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Du 31 mai au 5 juillet. Tél. : 01-48-13-06-07. De 13 € à 75 €.
Rush, au 106, à Rouen, du 1er au 3 juin

   


Invité à travailler avec l’équipe du 106, scène de musiques actuelles, à Rouen (Seine-Maritime), à la programmation du festival Rush, prévu du vendredi 1er au dimanche 3 juin, le guitariste, chanteur et compositeur Rodolphe Burger a, comme il l’explique dans un texte de présentation « proposé d’envisager le thème initial, le vaudou, au sens large, et c’est la transe qui s’est vite imposée comme fil rouge ». Une conférence d’Agnès Gayraud « L’écoute et la transe : d’un goût secret de la musique populaire pour l’abandon de soi » aura lieu samedi 2 juin et le festival propose performances et installations en accord avec le thème sur le site de la presqu’île Rollet où est situé le 106. La musique sera notamment représentée par Los Piranas, Kokoko !, Bombino, Jeanne Added, en solo, Arnaud Rebotini… (le 1er juin), la violoniste Sudan Archives, Fantazio, Sons of Kemet, Rodolphe Burger avec des invités, Tricky… (2 juin), The Dead Brothers, Impossible, Moon Gogo, Moaning, Ty Segall… (3 juin). Sylvain Siclier
Festival Rush au 106, quai Jean-de-Béthencourt, Rouen (Seine-Maritime). Du vendredi 1er au dimanche 3 juin. De 4 € à 10 €, forfait 3 jours de 10 € à 24 €.
La voix est libre, dans cinq salles parisiennes, du 1er au 9 juin 

   


Festival pluridisciplinaire, attentif à la création et à la recherche entre les disciplines artistiques, La voix est libre annonce, pour sa 15e édition, sept soirées, du vendredi 1er au samedi 9 juin. Cela débutera au Théâtre de la Cité internationale (17, boulevard Jourdan, Paris 14e), le 1er juin par trois concerts avec notamment Ghalia Benali, Mounir Troudi et le joueur de cornemuse Erwan Keravec, Abdullah Miniawy avec le clarinettiste Yom. Au même endroit, le lendemain, Le Grand Dégenrement présentera plusieurs duos féminins (dont Marlène Rostaing, danse et voix, et Leila Martial, chant ; Noémi Boutin, violoncelle et Sylvaine Hélary, flûte ; des acrobaties avec Sanja Kosonen et Elice Abonce Muhonen…).
Les 4 et 5 juin, c’est au Lavoir moderne parisien (35, rue Léon, 18e) que l’on retrouvera le danseur Josef Nadj et la contrebassiste Joëlle Léandre. Le 6, un spectacle de poésie en langue des signes, Les Mains fertiles, ira à La Maison de la poésie (157, rue Saint-Martin, 3e). Puis au Cirque électrique (place du Maquis-du-Vercors, 20e), le 7, rencontre entre Christophe Rocher aux clarinettes, Sylvain Thévenard aux machines musicales et le chanteur Mike Ladd avant un bal avec Super Parquet. Dernière étape au Centre FGO Barbara (1, rue de Fleury, 18e), le 9 juin, avec le Lamma Orchestra, le trio Nassima Shavaeva (chant, oud), Zamat Abdurakhmanov (chant) et Elie Maalouf (piano) et le poète et chanteur Munheim Rahama. S. Si.
La voix est libre, à Paris, du 1er au 9 juin. De 10 € à 21 €.
UN HOMMAGE : une ultime promenade avec Renaud Gagneux, mairie du 13e, place d’Italie, à Paris, le 7 juin

   


Mort le 24 janvier à l’âge de 70 ans, le compositeur Renaud Gagneux avait progressivement épousé le destin de ces rivières souterraines qui ont alimenté ses ultimes recherches. Depuis le début des années 2000, le musicien difficile à géolocaliser (un tour de force dans sa génération soumise aux cartographies esthétiques) avait cédé le pas à l’archéologue des voies fluviales disparues dans Paris intra-muros (avec une prédilection pour la Bièvre). La Société d’histoire et d’archéologie du 13e arrondissement – dont Renaud Gagneux fut membre à compter de 1993 – rendra hommage, le 7 juin, au guide de promenades tournées vers un certain passé de la capitale, rythmé par des sources taries, des carrières désaffectées ou des aqueducs en ruines. Le cours de la musique écrite par l’ancien carillonneur de Saint-Germain, l’Auxerrois sera aussi à remonter sous la conduite de conférenciers et d’interprètes qui furent ses amis. Pierre Gervasoni
Mairie du 13e arrondissement de Paris, 1 place d’Italie. Jeudi 7 juin, à partir de 17h45. Entrée libre.
CONCERTS : 
Jan Garbarek, à La Seine musicale de Boulogne-Billancourt, le 28 mai 

   


Actif sur la scène jazz européenne dès le milieu des années 1960, alors qu’il n’est pas encore âgé de 20 ans, le saxophoniste norvégien Jan Garbarek est de ceux dont le son est reconnaissable en quelques secondes. Chez lui, un effet de vibrato, une manière légèrement pincée de la sonorité, une dynamique dans le débit, une réverbération travaillée par le souffle. Pionnier dans l’alliance entre le jazz et les musiques traditionnelles (folklores scandinaves, gammes et modes des musiques de l’Inde, des pays du monde arabe…), Jan Garbarek privilégie les recherches d’atmosphères, un développement lyrique de mélodies au long cours. La forme du quartette (avec guitare ou claviers, rythmique) est celle qu’il privilégie depuis les années 1980. Avec lui, pour, à ce jour, son unique concert en France cette année 2018, à La Seine musicale, lundi 28 mai, le claviériste Rainer Brüninghaus, le bassiste Yuri Daniel et le batteur, percussionniste et chanteur Trilok Gurtu. S. Si.
La Seine musicale, auditorium, île Seguin, Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Lundi 28 mai, à 20h30. De 49,50 € à 67,50 €.
Roger Waters à l’U Arena, à Nanterre, le 9 juin

   


Un mois après son passage à la Halle Tony-Garnier de Lyon, l’ex-Pink Floyd Roger Waters est de retour en France pour deux concerts à la U Arena, à Nanterre – le premier, le 8 juin est annoncé complet. Une arène ultramoderne à la hauteur du show son et lumière présenté, avec écrans géants suspendus au-dessus du public, quadriphonie sonore stupéfiante, sans oublier le fameux cochon rose gonflable d’Animals revu au goût du jour, censé symboliser Donald Trump… Car le bassiste anglais âgé de 74 ans, plus en colère que jamais, entend bien lancer par l’intermédiaire de ses chansons un appel à la résistance contre le désordre du monde actuel.
Si cette nouvelle tournée est censée promouvoir son nouvel album solo Is This the Life We Really Want ?, le premier depuis 25 ans, le nom de la tournée, Us + Them, tirée d’une chanson du mythique Dark Side of The Moon, ne fait aucun mystère sur la teneur du répertoire mis en avant. Seront donc à l’honneur les classiques du groupe rock de Cambridge, des extraits de l’incontournable Dark Side of The Moon, mais aussi le double album The Wall, Wish You Were Here ou encore Animals. Et pour pallier l’absence de son ancien partenaire David Gilmour sur certaines chansons (Breathe, Money, Us and Them…), Roger Waters a fait le choix judicieux de recruter deux personnes, l’Américain Jonathan Wilson au chant (et à la carrière solo formidable), tandis que le britannique Dave Kilminster est chargé des solos épiques de Stratoscater. Rendez-vous pour un troisième round, le 16 juin, cette fois au stade Pierre-Mauroy de Lille. Franck Colombani
U Arena, 99 Jardins de l’Arche, Nanterre (Hauts-de-Seine), samedi 9 juin, à 20 heures. De 62 € à 133,50 €
Born Ruffians, à La Cave aux poètes, à Roubaix, le 4 juin et au Badaboum, à Paris, le 5 juin

   


Il y a tout juste dix ans, le trio canadien Born Ruffians s’accordait les faveurs de la critique avec son premier album Red Yellow & Blue, réjouissante punk folk qui réveillait le souvenir des Violent Femmes, dans une veine plus pop acidulée. En dépit de ce début très prometteur, la révélation indie pop s’égare, la faute à un deuxième album signé bizarrement sur le label electro Warp, suivi de deux disques globalement moins marquants. Sur son cinquième album, Uncle, Duke & The Chief (Paper Bag Records), paru en février, la formation menée par le chanteur et guitariste Luke Lalonde opère un retour radieux, fort d’une pochette plagiste évoquant l’album On The Beach de Neil Young.
Produit par Richard Swift, multi-instrumentiste au CV très enviable (The Shins, Black Keys, Damien Jurado…), Uncle, Duke & The Chief renoue avec la fraîcheur des débuts, la voix de garnement du chanteur Luke Lalonde, visage d’éternel ado, contribuant pour beaucoup au charme de leurs refrains pleins d’allégresse. Sur scène, ces ruffians originaires de l’Ontario (augmenté d’un quatrième membre aux claviers) n’ont pas leur pareil pour rallier les foules à leur enthousiasme. Fr. C.
La Cave aux poètes, 16, rue du grand chemin à Roubaix (Nord), le 4 juin à partir de 19 heures, 14 €. Le Badaboum, 2B Rue des Taillandiers, Paris 11e, le 5 juin, à partir de 19 heures, 21,80 €.
Retrouvez nos réductions Amazon Musique.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-13">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Ancré dans un univers poétique et mystique, le chanteur de jazz créole Joachim des Ormeaux a développé un style unique, entre parlé et chanté. Rencontre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/05/28/23-14">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le festival, qui se déroule jusqu’au 30 mai au parc de La Villette, a célébré le 26 mai les rockeurs rennais.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

A Villette Sonique, le sacre parisien de Marquis de Sade

Le festival, qui se déroule jusqu’au 30 mai au parc de La Villette, a célébré le 26 mai les rockeurs rennais.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 09h51
    |

            Franck Colombani








                        



   


S’il y a affluence ce samedi après-midi 26 mai sur les pelouses du Parc de la Villette, dans le 19e arrondissement parisien, ce n’est pas seulement en raison du soleil. Les promeneurs du week-end cohabitent avec les amateurs de musique venus assister aux concerts gratuits organisés par le festival Villette sonique, qui a lieu jusqu’au 30 mai. Depuis sa première édition en 2006, la manifestation défend une programmation pointue, à l’avant-garde du rock et de la musique électronique. Le rap et les musiques d’ailleurs ont également pris de plus en plus d’importance.
La direction artistique de cette édition 2018, assurée désormais par l’agence Super ! (notamment aux manettes du Pitchfork Music Festival qui se tient sur le même lieu), couplée à celle du festival breton La Route du rock, s’inscrit dans la continuité.
A peine remarque-t-on quelques noms plus familiers qu’à l’accoutumée,comme les pionniers du post-rock Mogwai et l’electronica du très en vogue Britannique Jon Hopkins. « Nous avons voulu garder l’ADN du festival, son côté défricheur, commente Julien Catala, de Super !. Autre point très important, c’était de maintenir les concerts en plein air » – les concerts sur les espaces verts avaient été en partie abandonnés depuis deux ans pour cause de plan Vigipirate.
Samedi après-midi, après avoir passé les contrôles de sécurité, on peut profiter du concert de The Sea and Cake, formation tenue par des vétérans de la scène post-rock de Chicago, aux guitares savantes entre pop et jazz. Un peu plus loin, la Galloise Kelly Lee Owens, seule sur scène avec ses machines et son micro, voix langoureuse, alterne nappes élégiaques et beats techno envoûtants. Clou de cette fin d’après-midi, la prestation du Suédois Axel Willner, alias The Field, « techno-kraut » aux boucles glaciales et minimalistes, fédère de nombreux spectateurs, y compris à l’extérieur de l’enceinte, où les buveurs d’apéro savourent le concert allongés sur l’herbe.

   


Elégance post-punk
Début de soirée au Trabendo, les juvéniles rockeurs indie de Car Seat Headrest jouent dans une salle moite et bondée. Les compositions vibrantes du leader à lunettes Will Toledo, 25 ans et déjà une longue liste d’albums autoproduits depuis 2010 avant d’être signé sur le label Matador, le placent comme un sérieux espoir de la scène rock alternative américaine.
La Grande Halle est quant à elle plongée dans la pénombre par les incantations de la mystique Anna von Hausswolff. Cette fluette Suédoise à la voix phénoménale développe d’assez fascinantes et longues transes au son d’orgue et de guitares pesantes. Place enfin aux vedettes de la soirée, le groupe rennais Marquis de Sade, reformé depuis 2017 pour un concert événement dans la capitale bretonne. Créée en 1977, la formation menée par le guitariste Frank Darcel et le chanteur Philippe Pascal a donné lieu à deux albums, Dantzig Twist (1980) et Rue de Siam (1981), dont l’esthétique post-punk arty tenait la dragée haute aux figures Gang of Four ou The Psychedelic Furs.
Tenue noire élégante, chevelure grise dense, allure toujours élancée et ondulée, Philippe Pascal n’a rien perdu de son charisme ténébreux, notamment sur les emblématiques Set in Motion Memories et Silent Word. Surprise de la soirée, deux invités de marque rejoignent le groupe sur scène, deux figures de la scène rennaise, l’éternel dandy pop Etienne Daho, le temps d’un classieux duo sur une reprise du Velvet Underground, Ocean ; et, plus étonnant, voire inattendu, pour une partie du public, Pascal Obispo, qui fut à ses débuts bassiste du groupe Senso, formation post-Marquis de Sade. Les Rennais ont ainsi confirmé qu’ils tiennent une place durable et ont toujours une influence dans le paysage rock hexagonal.
Festival Villette sonique, Parc de La Villette, Paris 19e. Le 29 mai : Deerhunter, Midnight Sister, au Trabendo (26 €). Le 30 mai : John Maus, Flat Worms, Kate NV, au Trabendo (26 €). www.villettesonique.com



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-15">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Homme de radio et de télévision, producteur, écrivain, conteur, il était âgé de 88 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pierre Bellemare, pionnier charismatique de l’audiovisuel français, est mort

Homme de radio et de télévision, producteur, écrivain, conteur, il était âgé de 88 ans.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 08h59
    |

            Guillaume Fraissard








                        



                                


                            

Sa voix grave et chaleureuse a fait frissonner des millions d’auditeurs rivés à ses « histoires extraordinaires ». Sa stature de tribun populaire en a fait l’un des animateurs les plus appréciés du petit écran, des années 1960 au milieu des années 1980. Homme de radio et de télévision, producteur et écrivain, Pierre Bellemare est mort samedi 26 mai, a annoncé Europe 1, son ancien employeur. Il avait 88 ans.
Avec sa disparition, l’audiovisuel français perd l’un de ses pionniers charismatiques, de ces précurseurs qui embrassèrent quantité de postes et façonnèrent la télévision d’aujourd’hui. En 1974, lors de l’élection présidentielle, un sondage accordait à Pierre Bellemare entre 50 % et 55 % des suffrages ! Un plébiscite qui amena les commentateurs de l’époque à dire que « la France et Pierre Bellemare ne [faisaient] qu’un ». La preuve avant tout d’une popularité hors norme pour ce bateleur des ondes et du petit écran né le 21 octobre 1929 à Boulogne-Billancourt.
Ses parents s’étaient rencontrés en 1914 au Magic-City, un célèbre dancing parisien dont l’une des entrées donnait sur le 15 rue Cognacq-Jay, là ou s’installeront plus tard les studios de télévision. Pierre, le père, vendeur de livres d’art, parcourait la France des bibliophiles fortunés. Une activité qui périclita durant la seconde guerre mondiale, ce qui obligea la famille à se nourrir un temps aux « réfugiés nécessiteux ». Sa mère, Claudia, couturière à Montmartre, mourut en 1947 des suites d’une longue maladie. Le couple avait eu trois enfants, Jacqueline, Christiane, morte en 1935 à 14 ans, et Pierre.
Cette même année 1947, Pierre Bellemare rate son bac, rencontre sa future femme Micheline Grillon (il se remariera en 1976) et commence à travailler pour Radio Luxembourg. « Presque par accident », dira-t-il. Pierre Hiegel, alors « M. Musique » sur la station, avait épousé en secondes noces sa sœur Jacqueline. C’est lui qui met le pied à l’étrier de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-16">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’un des animateurs les plus populaires des années 1960 au milieu des années 1980 est mort à 88 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Pierre Bellemare, homme de radio et de télévision, producteur et écrivain, est mort

L’un des animateurs les plus populaires des années 1960 au milieu des années 1980 est mort à 88 ans.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
27.05.2018 à 12h15
   





                        



   


Sa voix grave et chaleureuse a fait frissonner des millions d’auditeurs rivés à ses « histoires extraordinaires ». Sa stature de tribun populaire a fait de lui l’un des animateurs les plus appréciés du petit écran, des années 1960 au milieu des années 1980. Homme de radio et de télévision, producteur et écrivain, Pierre Bellemare est mort samedi 26 mai à Paris, a fait savoir Europe 1, station de radio pour laquelle il a longtemps travaillé. Il avait 88 ans.

        Lire aussi :
         

                Pierre Bellemare, pionnier charismatique de l’audiovisuel français, est mort



Le nouveau patron d’Europe 1, Laurent Guimier, s’est dit « très ému » par cette nouvelle. « Pierre Bellemare, inventeur de la radio moderne, voix historique, pilier de la famille Europe 1 nous a quittés », a-t-il tweeté.

Pierre Bellemare, inventeur de la radio moderne, voix historique, pilier, de la famille @europe1 nous a quittés. Ce… https://t.co/ti9eWbWArj— laurentguimier (@Laurent Guimier)


require(["twitter/widgets"]);

De nombreuses personnalités ont tenu à rendre hommage à l’animateur. Pierre Lescure a salué « une vie d’histoires racontées comme personne, de sa voix reconnaissable entre toutes, une vie de création et de projets ». « Mon Pierre, notre fou rire dans “En toutes lettres” quand nous animions ensemble sur France 2 restera à tout jamais dans ma mémoire, a tweeté l’animateur Julien Courbet. Tu as inventé les émissions où l’on défend les gens. »
Pour le présentateur Jean-Pierre Foucault, Pierre Bellemare a été un « inventeur génial à la radio et à la télé, passionné jusqu’au bout », et un « exemple pour des générations de jeunes talents ».

Pierre Bellemare .. inventeur génial à la radio et à la télé,passionné jusqu’au bout, exemple pour des générations… https://t.co/v7HRS6Ratg— Foucault_JP (@Jean-Pierre Foucault)


require(["twitter/widgets"]);

« Merci cher Pierre Bellemare pour cette passion que vous insuffliez à notre métier, ce goût des autres, cette façon de faire partager vos connaissances au plus grand nombre. Vous êtes formidable, disiez-vous aux Français. Vous aussi ! », a quant à lui écrit Patrick Poivre d’Arvor.
Pionnier charismatique
Avec la disparition de Pierre Bellemare, l’audiovisuel français perd l’un de ses pionniers charismatiques, de ces précurseurs qui embrassèrent quantité de postes et façonnèrent la télévision d’aujourd’hui. C’est notamment lui qui avait importé l’usage du prompteur des Etats-Unis.
Pierre Bellemare a été l’une des premières stars de la station Europe 1. En 1974, lors de l’élection présidentielle, un sondage lui accordait entre 50 % et 55 % des suffrages. Un plébiscite qui amena les commentateurs de l’époque à dire que « la France et Pierre Bellemare ne [faisaient] qu’un ». La preuve avant tout d’une popularité hors norme pour ce bateleur des ondes et du petit écran né le 21 octobre 1929 à Boulogne-Billancourt.
Incapable de rester en place, il a aussi présenté et produit un grand nombre de programmes entre 1954 et 1977, dont « La Caméra invisible », « Rien que la vérité », « 20 millions cash », « Pièces à conviction », « Les Dossiers extraordinaires »...
Champion du contact avec le public, il amorce un tournant en 1986 lorsque FR3 et Europe 1 se séparent de lui, pour rajeunir notamment leur image. Il s’intéresse alors au téléachat, après avoir rencontré le créateur d’une émission américaine de ce genre alors inconnu en France. TF1 est séduite par le concept : il présentera avec Maryse Corson tous les matins pendant sept ans « Le Magazine de l’objet » qui deviendra ensuite « Téléshopping ». Forte de son succès, le concept aura même en 1994 sa propre chaîne, « Club Téléachat », diffusée sur le câble.
Il était aussi apparu au cinéma, dans le rôle du patron des services secrets Armand Lesignac dans le film OSS 117. Rio ne répond plus en 2009, ou encore en 2011 dans la comédie Les Tuche.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-17">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Des opposants au régime de Sassou Nguesso avaient appelé à faire annuler le concert. Trente-deux personnes ont été placées en garde à vue pour des faits de dégradation.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

A Montreuil, le concert de l’artiste Roga Roga perturbé par des opposants au régime congolais

Des opposants au régime de Sassou Nguesso avaient appelé à faire annuler le concert. Trente-deux personnes ont été placées en garde à vue pour des faits de dégradation.



Le Monde
 |    27.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.05.2018 à 10h52
   





                        


Des incidents ont précédé, samedi 26 mai, la tenue à Montreuil (Seine-Saint-Denis) d’un concert de l’artiste congolais Roga Roga, que des opposants au régime de Sassou Nguesso ont tenté de faire annuler, a appris l’Agence France-Presse (AFP) de source policière. L’artiste de la République du Congo a finalement pu se produire sur la scène du palais des congrès de Montreuil.

        Lire aussi :
         

                Au Congo, le régime de Sassou-Nguesso exprime sa toute-puissance répressive



Plusieurs dizaines de personnes – « des opposants au concert et au régime » congolais, selon cette source – avaient manifesté dans l’après-midi aux abords de la salle de spectacle. Des dégradations, notamment des « jets de pierre sur des magasins », mais aussi contre la salle de concert et des voitures ont aussi été déplorées dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris de source policière. Trente-deux personnes ont été placées en garde à vue, a fait savoir la préfecture de police de Paris.
Accusé de faire la propagande de Denis Sassou Nguesso
Des militants de la diaspora congolaise en France surnommés « les combattants » avaient appelé sur les réseaux sociaux à faire annuler le concert de cet artiste. Ils reprochent à Roga Roga, de son vrai nom Ibambi Okombi Rogatien, d’assurer la « propagande » du président Denis Sassou Nguesso, qui cumule près de trente-cinq ans à la tête de la République du Congo.
En 2017, des menaces et débordements avaient conduit à l’annulation des concerts prévus à Paris de deux artistes du pays voisin de la République démocratique du Congo, Héritier Watanabe et Fally Ipupa. Plusieurs artistes sont régulièrement visés par des opposants au régime du président Joseph Kabila, notamment en Europe.

        Lire aussi :
         

                Ces chanteurs qu’on ne peut plus voir






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-18">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’actrice française a été l’une des premières à dénoncer les agissements du producteur. Dans le « JDD », elle se réjouit du « désir de changement à Hollywood ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/05/2018
Découvrir l’application


                        

La mise en examen de Harvey Weinstein est « une petite révolution », selon Judith Godrèche

L’actrice française a été l’une des premières à dénoncer les agissements du producteur. Dans le « JDD », elle se réjouit du « désir de changement à Hollywood ».



Le Monde
 |    27.05.2018 à 01h32
 • Mis à jour le
27.05.2018 à 12h08
   





                        


La mise en examen du producteur Harvey Weinstein, pour un viol et une fellation forcée, est « un souffle d’espoir de changement », lâche Judith Godrèche dans une interview au Journal du dimanche (JDD) du 27 mai. Dans le cinéma dès l’âge de 13 ans, elle est l’une des actrices à avoir témoigné dans la presse contre le producteur déchu. Elle avait déclaré en octobre au New York Times avoir été victime de harcèlement sexuel de la part de Harvey Weinstein dans une chambre d’hôtel à Cannes, en 1996, quand elle avait 24 ans.

        Lire aussi :
         

                « Je ne pensais pas le voir un jour menotté » : les réactions des victimes d’Harvey Weinstein



« J’étais extrêmement fébrile » en apprenant la nouvelle, plus de sept mois après les premières accusations portées contre lui. « J’avais du mal à y croire, poursuit l’actrice française. Que cet homme se retrouve devant la justice sonne comme une petite révolution. »
Un homme qu’elle pensait intouchable
« Je ressens le réel désir de changement à Hollywood, une force en marche, passionnée, mais il s’agit de révolutionner un système tellement bien huilé que ça ne se fera pas du jour au lendemain », juge-t-elle toutefois, estimant que « cette nouvelle [devait] semer le doute chez ceux qui se croient protégés ».
« En octobre 2017, lorsque j’ai accepté de me confier [au New York Times], il paraissait impensable que Weinstein finisse un jour devant un tribunal, dit encore Judith Godrèche. Pour tous, c’était l’homme intouchable, appartenant à cette caste dont l’impunité ne saurait être remise en question et dont le statut était ultraprotégé. »

        Lire aussi :
         

                Affaires Weinstein : la liste des victimes s’allonge, plusieurs enquêtes sont ouvertes



Elle raconte aussi à quel point témoigner dans la presse a été « vertigineux », et que « le plus difficile » avait été de devoir parler à ses enfants de ce qui s’était passé. L’actrice, qui a reçu des « réactions de solidarité » après son témoignage, confie avoir « un projet de film qui mêle l’expression corporelle et le dénouement d’un triste secret, sur le pouvoir thérapeutique de la danse ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/28/23-19">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Nicola Delon, Julien Choppin et Sébastien Eymard, de l’agence Encore Heureux, représentent la France à l’Exposition internationale d’architecture de Venise, jusqu’au 25 novembre. Ils y défendent dix lieux exemplaires de la « sobriété heureuse ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                
                                    

« A la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure »


                      Nicola Delon, Julien Choppin et Sébastien Eymard, de l’agence Encore Heureux, représentent la France à l’Exposition internationale d’architecture de Venise, jusqu’au 25 novembre. Ils y défendent dix lieux exemplaires de la « sobriété heureuse ».



Le Monde
 |    26.05.2018 à 18h15
    |

                            Marie Godfrain







Les dix sites que les architectes français ont sélectionnés se transforment avec leur usage, se réinventent et font se rencontrer les gens.
Comment avez-vous abordé la thématique « Freespace » imposée par les commissaires de la Biennale d’architecture de Venise ?

   


Pour nous, les « lieux de liberté » sont des endroits qui expérimentent des transitions (écologique, politique…) nécessaires. C’est là que le futur se construit. Nous avons baptisé le pavillon « Lieux infinis » car les dix sites que nous avons sélectionnés se transforment avec leur usage, se réinventent, au contraire de l’architecture spectaculaire. Leur vocation est de faire se rencontrer les gens, comme la Friche la Belle-de-Mai, une ancienne usine de cigarettes devenue un lieu culturel à Marseille ou le Centquatre, à Paris, un havre de convivialité au cœur d’un quartier difficile. Nous avons aussi choisi de mettre en avant des lieux d’hospitalité, des refuges dans des villes de moins en moins accueillantes, pour les SDF ou les demandeurs d’asile.
Bien que concentrés sur le territoire français, ces projets étonnent par leur diversité…
Nous proposons une sélection hétéroclite en termes d’échelle, d’usage et de mode de gouvernance. Certains lieux ont trente ans, d’autres n’existent pas encore, comme Le Tri postal à Avignon. Certains sont transitoires, d’autres s’adossent à une structure existante, comme le projet de l’Hôtel Pasteur à Rennes, un lieu culturel en cours d’installation au-dessus d’une école maternelle. Cette diversité est importante car, à la Biennale de Venise, on réfléchit plus à des sujets de société qu’à l’architecture pure. Nous proposons d’ailleurs aux visiteurs de collaborer à un atlas participatif, qui recenserait tous ces « lieux infinis ».
Comment présentez-vous ces lieux ?

   


Le pavillon est constitué d’une salle centrale dans laquelle nous présentons dix grandes maquettes réalisées par des confrères ou par nous. A l’intérieur, des écrans vidéo projettent des films enregistrés in situ, afin de montrer ce qu’il s’y passe. Au-dessus des maquettes, nous exposons des boules de pétanque, un disque d’or, des papillons, des dessins historiques… En tout, quatre cent cinquante objets prélevés dans ces dix lieux qui témoignent de l’intensité qu’on y a ressentie.
Pourquoi prolonger l’exposition dans la lagune en créant un lieu sur l’île du Lido ?
Nous avons voulu agir sur le réel le temps de la biennale en investissant une ancienne caserne militaire située à quinze minutes de bateau de l’exposition. Les dix structures que nous avons choisies y sont « en résidence » : elles y proposent divers manifestations et services, comme un dortoir ouvert à tous et un restaurant éphémère.
En quoi ce pavillon reflète-t-il votre travail ?

   


Les architectes ont un rôle humaniste, politique à jouer. Nous ne sommes pas là pour livrer de beaux immeubles mais pour stimuler la transition écologique. En conservant l’existant quand c’est possible – nous avons, par exemple, réalisé un projet de logements dans un ancien parking que l’on nous demandait de raser – ou en réemployant des matériaux, un enjeu essentiel puisqu’ils se raréfient. Pour notre exposition, nous avons ainsi récupéré les matériaux utilisés par Xavier Veilhan pour le pavillon français de l’édition précédente.
Biennale d’architecture de Venise, du 26 mai au 25 novembre. www.labiennale.org/en
Pavillon : lieuxinfinis.com
Encore Heureux : encoreheureux.org

        Lire aussi :
         

                « Les architectes de demain veulent croiser les disciplines pour réinventer la ville »






<article-nb="2018/05/28/23-20">
<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Les 2 et 3 juin, à l’occasion des 16es Rendez-vous aux jardins, la BnF - site François-Mitterrand ouvre exceptionnellement son « jardin-forêt » au public.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le jardin dans la bibliothèque

Les 2 et 3 juin, à l’occasion des 16es Rendez-vous aux jardins, la BnF - site François-Mitterrand ouvre exceptionnellement son « jardin-forêt » au public.



Le Monde
 |    26.05.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 10h41
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            

Le jardin de la Bibliothèque nationale de France (BnF), au centre du projet conçu par Dominique Perrault, sera exceptionnellement ouvert au public (sous forme de visites guidées) les samedi 2 et dimanche 3 juin, à l’occasion des Rendez-vous aux jardins. Espace végétal semi-sauvage, ses dimensions exceptionnelles : plus de 10 000 m2, sont à l’échelle de l’ensemble voulu par François Mitterrand et inauguré à la fin de son second mandat. La proposition de l’architecte, qui fait en ce moment même l’objet d’une exposition à la BnF, s’inscrit dans une très longue tradition. A commencer par le fameux : « Si hortum in bibliotheca habes, deerit nihil » de Cicéron, qui se traduit littéralement par : « Si tu as un jardin dans ta bibliothèque, il ne [nous] manquera rien »... Ou par ces jardins de cloître des abbayes où moines copistes et enlumineurs reproduisaient, dans une demi-pénombre, ouvrages sacrés ou savants, chansons de geste ou « herbiers » de plantes potagères et médicinales. Avant que l’emploi de caractères mobiles et l’utilisation de la gravure permettent une plus large diffusion de l’écrit.

Le « jardin-forêt » de la BNF, que l’on peut contempler quotidiennement de haut, depuis l’esplanade en bois exotique ou les galeries et la terrasse intérieure, a été pensé comme un échantillon de la forêt de Fontainebleau. Chênes, charmes, bouleaux et pins – ceux-ci transplantés pour l’occasion d’une forêt normande menacée et haubanés en raison de leur grande hauteur – constituent la palette sylvestre d’origine. Amputée, malheureusement, des chutes provoquées par les vents violents qui ont pu frapper l’Ile-de-France. Aux fougères, jacinthes, géraniums et faux fraisiers plantés sont venus s’ajouter une végétation spontanée, germée dans la terre répandue en quantité sur le site, due à la dissémination par le vent ou à la... digestion des oiseaux. L’étonnant sous-bois végétal fait de tapis de lierre, de ronciers...




                        

                        

