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Football : la Ligue 1 française espère dépasser le milliard d’euros de droits de retransmission

Après avoir déposé un dossier détaillant leurs offres, les candidats aux droits télévisuels du championnat participent à une journée d’enchères mardi.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 19h45
   





                        



   


La Ligue de football professionnel (LFP) s’apprête à distribuer, mardi 29 mai, les droits de retransmission du championnat français pour la période 2020-2024. Elle espère dépasser le milliard d’euros par saison en droits télévisuels domestiques.
De quoi combler, en partie, son retard d’attractivité sur la Premier League en Angleterre (2,3 milliards d’euros par saison), la Bundesliga (Allemagne), la Liga (Espagne, plus d’un milliard d’euros chaque année), ou la Serie A en Italie (environ 950 millions d’euros). Sur la période 2016-2020, les droits pour la Ligue française s’élevaient à 762 millions d’euros.

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La LFP tenait à attribuer l’ensemble des droits de retransmission de la Ligue 1 et de la Ligue 2 avant l’été et la Coupe du monde, organisée du 14 juin au 15 juillet en Russie, notamment pour profiter de l’effet de l’arrivée du Brésilien Neymar dans le championnat de France, à l’été 2017.
Tout va donc se jouer mardi 29 mai : après le dépôt de dossiers qualitatifs lundi, les principaux concurrents – le groupe Canal+, SFR et beIN Sports – participent à une journée d’enchères pour se partager les lots vendus par la LFP. La Ligue devrait annoncer les résultats en fin de journée.
Les conditions de revente assouplies
L’instance a modifié sa procédure d’appel d’offres pour permettre aux diffuseurs de sous-licencier les lots, une fois leur achat acté. Une manière de les pousser à prendre plus de risques financiers lors des enchères. Ce geste a été jugé nécessaire face à la timidité, feinte ou bien réelle, des prétendants diffuseurs. Altice et sa filière SFR affirment, depuis plusieurs mois, se tenir à distance des appels d’offres pour la Ligue 1, pour se concentrer sur le redressement des activités télécoms du groupe.
SFR avait pourtant fait une entrée retentissante dans le marché de la retransmission en 2015, en décrochant les droits télévisuels pour la France de la Premier League anglaise pour 300 millions d’euros, avant ceux de la Ligue des champions pour 1,1 milliard d’euros en 2018.
« Nous pouvons parfaitement vivre sans Ligue 1 sur les quatre prochaines années, cela ne signifie en revanche pas que nous n’y songerons pas dans quatre ans », expliquait à l’AFP le PDG d’Altice France, Alain Weill, en entretenant le doute.
Pour le groupe Canal+, en revanche, conserver le football français semble incontournable : dépossédées de la Premier League puis de la Ligue des Champions par le même SFR, les chaînes de Vivendi tiennent une partie de leurs abonnés sur le sport, dernier rempart avant de s’aligner sur les offres de Netflix ou Amazon sur la vidéo à la demande. L’enjeu est semblable pour beIN, qui doit nécessairement bloquer l’érosion du nombre de ses abonnés.
Disparition du « multiplex » le samedi soir
Selon le journal Le Parisien, qui avait révélé les détails de l’appel d’offres au mois d’avril, sept lots différents seraient proposés aux diffuseurs :
Le premier lot inclut le match du dimanche soir et des magazines du dimanche soir.Le deuxième correspond aux matchs du vendredi à 21 heures et du samedi à 17 heures, ainsi qu’un magazine du vendredi.Le troisième lot comprend les matchs du samedi 21 heures et du dimanche 17 heures, ainsi qu’un magazine du samedi soir.Le quatrième lot renvoie aux matchs du dimanche à 13 heures et du multiplex du dimanche à 15 heures, plus un magazine du dimanche matin.Les cinquième, sixième et septième lots comprennent, notamment, le Trophée des champions, les barrages de L1, du contenu digital ou deux autres magazines.
Le programme des rencontres de Ligue 1 évolue également : dès 2020, les rencontres organisées simultanément le samedi soir – en « multiplex » – disparaîtront, au profit de quatre rencontres le dimanche, à 15 heures. Une rencontre le même jour à 13 heures, pour toucher le marché asiatique, et l’enchaînement de trois affiches le vendredi, samedi et dimanche boucleront le nouveau programme hebdomadaire de la Ligue 1.
La LFP tente aussi, dans cette nouvelle formule, de se protéger d’une éventuelle déception en définissant des sommes minimales pour chaque lot, tenues secrètes. Si elles ne sont pas atteintes, même après les enchères, la LFP se réserve le droit de ne pas attribuer tous les droits cette année, pour relancer l’appel d’offres avant 2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.
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Mort de Serge Dassault, ancien sénateur et industriel de l’armement

Héritier du groupe fondé par son père, l’ancien maire de Corbeil-Essonne, mêlé à plusieurs affaires de corruption, était aussi le propriétaire du « Figaro ». Il est mort lundi à 93 ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 21h26
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

Salon aéronautique de Las Vegas, octobre 2013. Au pied de la maquette du futur Falcon 5X, dernier né de ses avions d’affaires, ignorant la chaleur qui alterne avec le souffle glacé de la climatisation, Serge Dassault, 88 ans, s’inquiète des réactions des premiers visiteurs. « Qu’est ce que vous en pensez ? Vous ne trouvez pas que l’habitacle est spacieux ? » A la question de savoir s’il compte acquérir ce jet dont les premiers modèles ne seront livrés au mieux que cinq ans plus tard, il répond instantanément : « Pourquoi pas, peut-être bien. » Un nouveau défi au temps pour celui qui ne cesse d’affirmer : « Je continuerai toujours de travailler, comme mon père l’a fait, jusqu’à ses derniers jours. »
Trois ans plus tard, en avril 2016, sous la verrière du Grand Palais, à Paris, devant un millier d’invités conviés au centenaire de Dassault Aviation, le voici retraçant la vie de Marcel Dassault depuis l’invention de l’hélice « Eclair » en 1916 jusqu’à la mise au point du Rafale, quelques semaines avant sa mort. Toujours dans l’ombre de ce père, avec qui les rapports ont été très difficiles.
A tel point qu’en 1986, au moment de la succession, pour laquelle rien n’avait été réglé, le ministre de la défense de l’époque, André Giraud, au nom du gouvernement, tenta de s’opposer à sa nomination. En vain. Son arrivée était « précédée par une réputation assez peu flatteuse », raconte Anne-Marie Rocco dans son livre Serge Dassault (Flammarion, 2006). « La responsabilité en incombe prioritairement à son père et à son silence appuyé concernant l’aptitude de son fils à reprendre le flambeau familial. »
En prenant les rênes du groupe à 61 ans, à l’âge où beaucoup pensent à leur retraite, Serge Dassault – mort lundi 28 mai, à Paris, d’une « défaillance cardiaque », selon la famille – n’aura de cesse de faire mieux que son père. S’il n’a pas son génie pour inventer des avions, il développera le groupe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ A l’image surannée d’un fonctionnement familial de l’entreprise dirigée par Serge Dassault, mort le 28 mai, contrastent les performances technologiques du groupe.
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Serge Dassault, un patron à l’ancienne

A l’image surannée d’un fonctionnement familial de l’entreprise dirigée par Serge Dassault, mort le 28 mai, contrastent les performances technologiques du groupe.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h11
    |

            Dominique Gallois








                        



                                


                            

17 décembre 2014. A l’approche de Noël, la soirée s’annonce festive dans les usines Dassault en Gironde. Pour quelques heures, le hall d’assemblage des avions a été transformé en salle d’apparat. Versailles à Mérignac. Sous les lustres en cristal de Baccarat et sur fond de musique de chambre, un dîner préparé par le chef étoilé Thierry Marx est servi aux 350 invités dans des assiettes en porcelaine. Les convives sont venus découvrir le 8X, dernier né de la famille Falcon, le haut-de-gamme de ses avions d’affaires. La plupart sont des clients de l’avionneur, arrivés avec leur jet personnel.

La soirée s’achève par des séances photos. C’est à qui voudra se faire immortaliser sur la passerelle à la porte de l’appareil avec Serge Dassault et éventuellement ses enfants. « C’est important pour un client d’associer le nom d’un descendant du fondateur à son avion », explique un familier de ces célébrations.
Consignes de vote donnés à sa famille
L’héritier de Marcel Dassault goûte ce moment et ne se fait pas prier. Une manière pour lui de rappeler à sa famille présente au grand complet à la cérémonie, que c’est toujours lui le chef. Il en était de même lors des assemblées générales annuelles de l’avionneur, réunies dans les grands salons de l’hôtel particulier du Rond-point des Champs-Elysées.

Installé à la tribune, comme scrutateur, face aux rares actionnaires individuels, le patriarche n’hésitait pas à donner ou à rappeler les consignes de vote à ses quatre enfants et à sa femme, assis aux premiers rangs. Surtout quand il s’est agi de s’opposer à une proposition d’ouverture du capital de l’entreprise aux salariés, comme ce fut le cas en 2015. Pendant la lecture de la résolution, l’air de rien, Serge Dassault balançait lentement sa main de gauche à droite, l’index pointé vers le haut, tel un métronome, pour exprimer le rejet. Il pouvait d’autant mieux mesurer son impact que le vote se faisait à main levée. N’ayant pas de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.
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L’industriel, patron de presse et ancien sénateur Serge Dassault est mort

Industriel de l’armement et quatrième fortune de France, Serge Dassault est mort lundi à 93 ans. Patron de presse et homme politique, il a été mêlé à plusieurs affaires de corruption.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 18h35
    |

            Edouard Pflimlin








                        



   


Le milliardaire Serge Dassault, qui a présidé à l’essor du groupe aéronautique Dassault, un des fleurons de l’industrie d’armement française, est mort d’une « défaillance cardiaque » lundi 28 mai, à l’âge de 93 ans, ont annoncé sa famille et le groupe Dassault.
Dans un communiqué diffusé lundi soir, le président du Medef Pierre Gattaz déplore « une grande perte pour notre pays ».
« Serge Dassault était un véritable capitaine d’industrie, visionnaire et courageux. Il aura marqué son temps par son engagement infatigable au service de l’économie. »
Serge Dassault naquit le 4 avril 1925, à Paris. Il est le fils de Marcel Dassault et de Madeleine Minckes. Son père fut déporté à Buchenwald en août 1944 pour avoir refusé d’apporter aux nazis son savoir-faire aéronautique — il avait créé la Société des avions Marcel Bloch en 1928. Il en réchappera grâce à l’aide d’un codétenu, Marcel Paul, membre du Parti communiste.
En 1946, la famille Bloch prend le nom de Dassault puis, en 1950, se convertit au catholicisme. Après ses études secondaires, Serge Dassaul entre à l’Ecole polytechnique en 1946. Puis rejoint l’Ecole nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace (SupAero), dont il est diplômé en 1951. Il est aussi diplômé de HEC. Le 5 juillet 1950, il épouse Nicole Raffel, avec laquelle il aura quatre enfants.
De nombreux mandats politiques
En 1951, il entre à Générale aéronautique Marcel-Dassault, comme ingénieur, au bureau d’études des avions de série. Nommé directeur des essais en vol en 1955, puis directeur de l’exportation quelques années plus tard, il œuvre ensuite, sous la houlette de son père, au développement du groupe industriel Dassault, qui équipera notamment la force de dissuasion aérienne avec le Mirage-IV. Mis en service en 1964, l’avion fut le premier vecteur de la « triade » de la dissuasion de l’époque (au côté des missiles balistiques et, plus tard, des sous-marins nucléaires).
Le Mirage F1 entre, lui, en service en 1974. C’est un grand succès industriel et à l’export. Outre la France, 473 exemplaires équipent les armées de l’Air de plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient.
Parallèlement, Serge Dassault se lance en politique. Il se présente aux élections municipales de 1977 à Corbeil-Essonnes, et aux législatives de 1978 et de 1981. Ce seront trois échecs. Il est finalement élu au poste de conseiller municipal en 1983 à Corbeil-Essonnes. Les mandats s’enchaînent alors : conseiller régional en 1986 et en 1992, conseiller général de l’Essonne en 1988 et 1994.

   


En 1987, il est nommé président-directeur général de Dassault Industries (devenu depuis Groupe Dassault) après la mort de son père, le 17 avril 1986. En 1995, Serge Dassault décide de se présenter à nouveau aux élections municipales, malgré les nombreux revers qu’il a déjà subis. Cette fois-ci sera la bonne : sa liste l’emporte avec plus de 55 % des voix et il est élu maire de Corbeil-Essonnes. Il est réélu en 2001.

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A la tête de Socpresse
Le 8 juillet 2004, il prend le contrôle de la Socpresse, premier groupe de presse français, qui possède, entre autres, Le Figaro, L’Express, L’Etudiant, Le Maine libre, Le Courrier de l’Ouest, et Le Dauphiné libéré. Rapidement, il vend la plupart des titres du groupe, ne conservant que Le Figaro, qu’il veut utiliser pour « exprimer son opinion ». Mais, la rédaction fait de la résistance, au grand dam du propriétaire qui s’indigne, en 2007, sur BFM : « Pourquoi la liberté de parole serait aux journalistes et pas aux actionnaires ? C’est quand même extraordinaire, ça ! »
En 2004, il brigue un mandat sénatorial sous l’étiquette UMP, qu’il obtient le 26 septembre, à 79 ans. Il deviendra le doyen d’âge du Sénat à 83 ans, après sa réélection en 2008. Reconduit comme maire en mars 2008, sa réélection est contestée par l’opposition qui soutient que des habitants auraient reçu des sommes d’argent de la part de la municipalité sortante en échange de leurs votes. L’élection est annulée par le Conseil d’Etat en juin 2009 pour « dons d’argent » et Serge Dassault est déclaré inéligible pour un an. Jean-Pierre Bechter, candidat UMP, lui succède à la mairie. L’élection de ce dernier est, quant à elle, invalidée en septembre 2010.
Pour la première fois, l’industriel et sénateur UMP Serge Dassault reconnaît dans un enregistrement réalisé à la fin de 2012, et dont Mediapart publie des extraits le 15 septembre 2013, avoir acheté la victoire de son successeur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Une somme de 1,7 million d’euros est en jeu. Les deux hommes qui sont venus réclamer leur dû auprès de Serge Dassault à l’origine de l’enregistrement ont essuyé des coups de feu trois mois plus tard, blessant l’un d’eux grièvement.
Selon Mediapart, « un mois plus tôt, en janvier (2013), un autre acteur du système Dassault, Rachid T., qui avait dénoncé une dérive “mafieuse” dans la ville, a été victime lui aussi d’une tentative de meurtre par balles ». L’immunité parlementaire de Serge Dassault est levée en février 2014.
Condamné en février 2017
Le 10 avril 2014, Serge Dassault est mis en examen par les juges d’instruction du pôle financier pour « achat de votes », « complicité de financement illicite de campagne électorale » et « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé ». Cette mise en examen fait suite à celle de Jean-Pierre Bechter.
Si son patron est aux prises avec la justice, sur le plan industriel, Groupe Dassault connaît des succès inespérés, avec à sa tête Eric Trappier, nommé PDG du groupe le 9 janvier 2013. Le Rafale, avion de combat de quatrième génération, qui est entré en service en France en 2004, a décroché depuis 2015 trois contrats à l’export en Egypte, au Qatar et en Inde après une succession de campagnes de ventes infructueuses.

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Mais la justice poursuit son travail et, en février 2017, Serge Dassault est condamné à 2 millions d’euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité pour « blanchiment de fraude fiscale » et « omission de déclaration de patrimoine par un parlementaire ». Au début d’août, il est mis en examen pour « achat de votes », « blanchiment » et « complicité de financement illicite de campagne électorale ». En 2018, le magazine Forbes estime sa fortune à 19 milliards d’euros, ce qui le classe quatrième parmi les milliardaires français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le secteur est un poids lourd de l’économie outre-Atlantique. Il pèse 2,7 % du PIB et s’avère l’un des tout premiers employeurs du pays.
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Le tourisme américain fait son show à Denver

Le secteur est un poids lourd de l’économie outre-Atlantique. Il pèse 2,7 % du PIB et s’avère l’un des tout premiers employeurs du pays.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 17h14
    |

            Guy Dutheil (à Denver)








                        



                                


                            

Avec plus de 6 000 professionnels venus de 73 pays, l’International Pow Wow (IPW) conforte son rang de Mecque du tourisme américain. Tout le gratin du secteur était réuni, des tour-opérateurs aux compagnies aériennes, en passant par les géants du divertissement, lors de la 50e édition, qui s’est tenue du 18 au 24 mai à Denver (Colorado). Comme à leur habitude, les grands studios américains sont venus en force, avec leurs stands XXL à la moquette si épaisse que l’on s’y enfonce comme dans le sable de la plage californienne de Malibu. Les Universal, Paramount et consorts étaient présents pour vendre leurs parcs d’attractions.
Le tourisme est un poids lourd de l’économie outre-Atlantique. Il pèse 2,7 % du produit intérieur brut et s’avère l’un des tout premiers employeurs du pays, avec plus de 7,6 millions d’emplois directs et indirects, selon les statistiques 2016 de l’industrie américaine du tourisme et du voyage.
Le secteur contribue fortement à l’économie des Etats-Unis, avec un chiffre d’affaires total de 244,7 milliards de dollars (près de 210 milliards d’euros), en 2016. Malgré ces chiffres, cette industrie n’est pas au meilleur de sa forme outre-Atlantique. Entre 2015 et 2017, sa part du marché mondial s’est repliée, passant de 13,6 % à 11,9 %. « Un écart qui se traduit par une perte de quelque 32 milliards de dollars de dépenses de visiteurs étrangers et 100 000 emplois en moins », a indiqué Roger Dow, PDG de l’Association américaine du voyage.
« Rien à voir avec l’élection de Donald Trump »
Un repli qui n’aurait « rien à voir avec l’élection de Donald Trump », signale Dominique Plaissetty, directeur général de MiceFinder, société spécialisée dans les voyages, les congrès et les événements. La preuve, précise Valérie Ferrière, spécialiste du tourisme à l’ambassade américaine, à Paris : les Etats-Unis auraient séduit « 2 % de Français en plus en 2017 ». L’an dernier, un peu moins de 1,7 million...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La Commission européenne prépare des taxes provisoires afin de stopper l’afflux d’importations.
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ArcelorMittal réclame des mesures d’urgence sur l’acier à Bruxelles

La Commission européenne prépare des taxes provisoires afin de stopper l’afflux d’importations.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 16h34
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Donald Trump va-t-il ou non exempter définitivement l’Europe des taxes promises en mars sur les importations d’acier ? Quel que soit son verdict, attendu le 1er juin, les sidérurgistes européens pressent Bruxelles de voler à leur secours. « Que l’Europe soit ou non exemptée, nous demandons l’instauration urgente de mesures de sauvegarde, car notre industrie est menacée d’un grave danger », a déclaré Philippe Darmayan, le président d’ArcelorMittal France, lundi 28 mai.
La Commission européenne semble prête à répondre à ce SOS. Elle étudie des mesures de ce type depuis le 26 mars. Dans ce cadre, les pays qui exportent vers l’Europe depuis plusieurs années pourraient maintenir sans problème leurs volumes de vente actuels. Mais le surplus d’importations, lui, serait taxé aux alentours de 25 %. Une façon de figer le marché à son étiage du moment, en empêchant l’arrivée massive d’acier venu de pays lointains. Les industriels réunis au sein d’Eurofer espèrent une décision avant septembre.

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« Les producteurs risquent de se tourner vers l’Europe »
Aux yeux de M. Darmayan, le vrai danger n’est pas que les Etats-Unis ferment éventuellement leurs portes aux produits européens en imposant des taxes. Les exportations du Vieux Continent vers l’Amérique du Nord restent en effet assez marginales. « Le problème essentiel, c’est que, compte tenu des énormes surcapacités mondiales, les producteurs de toute la planète qui ne peuvent plus écouler leur acier aux Etats-Unis risquent de se tourner vers l’Europe, le marché le plus ouvert au monde », explique M. Darmayan. L’Europe pourrait alors être submergée de produits venus de Russie, de Turquie, d’Inde, un afflux à même de faire chuter les prix.

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L’argumentaire présente deux points faibles. D’une part, en empêchant les prix de baisser afin de protéger les sidérurgistes, de telles mesures pénaliseraient les clients, notamment dans l’automobile. D’autre part, les exportations vers l’Europe ont beau avoir déjà augmenté de 80 % depuis 2013, les prix n’ont, pour le moment, pas chuté. Au contraire. « Je ne dis pas que nous sommes en danger, mais la menace est là », plaide M. Darmayan.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Financée par les particuliers, I-ENER produit de l’électricité verte localement en installant des centrales photovoltaïques sur les toits communaux.
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Dans le Pays basque, des habitants en quête de « souveraineté énergétique »

Financée par les particuliers, I-ENER produit de l’électricité verte localement en installant des centrales photovoltaïques sur les toits communaux.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 15h04
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


C’est un « clin d’œil » dont n’est pas peu fier son maire. En contrebas du petit village basque d’Ostabat-Asme (200 âmes), l’œil est attiré par la toiture de son église blanche, faite d’ardoises et… de panneaux solaires. En s’en approchant, on est surpris de voir que l’installation photovoltaïque, qui remplace quelques dizaines de mètres carrés du faîtage et développe une puissance de 9 kWc (kilowatt crête), se fond parfaitement dans la silhouette du bâtiment de la fin du XIXe siècle.
Cette réalisation n’aurait pas été possible sans I-ENER. C’est à cette société de production d’énergie, détenue majoritairement par des citoyens du Pays basque, que la mairie d’Ostabat a cédé en 2017, pour vingt-cinq ans, le toit de ce bâtiment communal, tout comme celui de sa crèche. « Concrètement, je n’aurais pas pu proposer un projet à 50 000 euros, reconnaît le maire, Daniel Olçomendy. Cela relève du pragmatisme financier pour une petite collectivité comme la nôtre. Mais nous avons une responsabilité vis-à-vis de la transition énergétique. Nous y contribuons à notre échelle, en laissant les toitures de ces bâtiments, pour 1 euro symbolique [par an], à disposition de l’investissement citoyen. »
Depuis septembre 2014, I-ENER installe des centrales photovoltaïques sur les toits des édifices publics. Son objectif : relocaliser la production d’énergie verte au Pays basque en faisant appel au financement citoyen. « Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de l’énergie consommée au Pays basque français vient de l’extérieur », soulignent Mathieu Iriart, ingénieur en bâtiment, et Patxi Bergara, salarié d’une société de capital-risque solidaire, qui se sont rencontrés dans le courant de 2014, partageant la même envie de trouver un moyen de redonner à leur territoire une « souveraineté » énergétique.
Un actionnaire, une voix
Très vite, ils entraînent dans leur sillage une dizaine de personnes qui finissent par décider de créer une société par actions simplifiées (SAS) en adoptant un mode de gouvernance coopératif : un actionnaire une voix, quel que soit le nombre d’actions. Son objet : mener la transition énergétique au Pays basque. « Nos statuts sont très larges car nous ne voulons pas être bridés pour évoluer et nous diversifier. Mais, explique Mathieu Iriart, l’idée était de partir de la production d’électricité. » Et Patxi Bergara d’ajouter : « Le plus simple et le moins coûteux pour se lancer était de développer de l’énergie solaire. » D’autant qu’en projetant de revendre son électricité à EDF, I-ENER savait pouvoir bénéficier des tarifs d’achat régulés, garantis pour vingt ans et économiquement intéressants.
Depuis la première installation à Ustaritz (7 000 habitants), neuf projets ont été réalisés pour un investissement de 450 000 euros. Six autres vont l’être cet été et 25 supplémentaires sont dans les tuyaux. « Plus on fait d’installations, plus on est appelé à en faire. Il y a un effet boule de neige », constate Bixente Uhalde, “le” salarié d’I-ENER qui sillonne le Pays basque pour convaincre les municipalités d’entrer dans le mouvement.
Chaque projet est financé pour partie par emprunt bancaire, pour partie par participation citoyenne. La commune n’a aucun denier à débourser : I-ENER finance et gère l’ensemble du projet. Et elle se rémunère sur la vente d’électricité. « Nous nous attachons à ce que 30 % du projet soient financés par des fonds propres apportés par de nouveaux sociétaires issus de la commune du projet », explique Mathieu Iriart. A Bidarray (700 habitants), l’installation a été entièrement financée par des citoyens de la commune.

   


Eveiller les consciences 
A chaque fois, I-ENER organise une, voire deux réunions avec la population pour présenter le projet et séduire de nouveaux actionnaires. « Il est important de sensibiliser les gens à ce type d’investissement collectif citoyen. Il faut que la population se mobilise localement et n’attendent pas tout de la puissance publique. Outil au service du territoire, I-ENER est là pour éveiller les consciences », relève Jean-Michel Anchordoquy, maire de Bidarray, qui a été surpris de l’engagement de certains habitants auquel il ne s’attendait pas.
« La proximité du projet est un élément-clé de la prise de participation », observe Mathieu Iriart. Et Iker Elizalde, adjoint au maire d’Hendaye, d’abonder : « Il y a aujourd’hui une volonté des citoyens de se réapproprier les ressources territoriales pour recréer de l’activité locale. Il est de notre responsabilité d’élus de soutenir ces initiatives, mais en faisant attention de ne pas faire à leur place. »
De 10 000 euros à son origine, le capital d’I-ENER atteint désormais 220 000 euros issus de l’épargne solidaire de 375 sociétaires, en très grande majorité des particuliers auxquels s’ajoutent 6 entreprises, 5 associations locales et la mairie de Macaye. I-ENER s’appuie aussi aujourd’hui sur la « prime à l’investissement citoyen » mise en place à l’été 2017 par la Nouvelle Aquitaine pour favoriser le développement de production d’énergies renouvelables : pour 1 euro investi dans I-ENER par un citoyen, la région double la mise.
Energie produite par les citoyens pour les citoyens
« L’I-ENER n’est pas encore arrivé au parfait équilibre, dit Bixente Uhalde. Mais tous les projets menés sont économiquement viables et rentables. L’amortissement de chaque projet est prévu sur dix à douze ans ». Les bénéfices seront ensuite réinvestis dans le financement de nouveaux projets. Pour l’heure, l’objectif n’est pas de reverser des dividendes aux sociétaires.

   


La société citoyenne commence à réfléchir à une diversification. Elle travaille notamment sur un projet de méthanisation à partir des effluents agricoles sur le territoire de la Soule dans l’est du Pays basque. Elle s’est aussi lancée dans l’étude d’un projet d’autoconsommation. « Notre objectif ultime, c’est la souveraineté du territoire », explique Bixente Uhalde.

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Un premier pas a été franchi à la fin de 2017 avec la centrale installée sur l’église d’Ostabat : I-ENER a décidé de basculer le contrat de vente de l’électricité produite d’EDF à Enercoop, coopérative pionnière en France de fourniture d’électricité renouvelable, dont le capital est détenu par des citoyens.
Jusque-là, il était financièrement plus confortable de contractualiser avec EDF, l’opérateur historique assurant, on l’a vu, une rémunération avantageuse et prévisible. Mais depuis octobre 2017, Enercoop peut elle aussi conclure des contrats d’achat d’électricité renouvelable en bénéficiant des tarifs d’achat régulés.
I-ENER ne peut cependant basculer les contrats de vente de toutes ses installations, comme elle souhaiterait le faire. Enercoop a en effet été limitée dans le nombre de contrats qu’elle peut passer en bénéficiant des tarifs d’achat régulés. Une disposition qui freine encore la transition vers un modèle de soutien aux énergies renouvelables impliquant les citoyens et les acteurs des territoires.
Jeudi 31 mai, Le Monde organise à l’hôtel de ville de Bordeaux une conférence sur l’implication des citoyens dans la transition énergétique.
Inscription et programme ici (gratuit)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Certaines exploitations sont complètement détruites, d’autres partiellement. Une cellule d’urgence va être mise en place.
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Plus de 6 000 hectares de vignobles bordelais abîmés par les orages de grêle

Certaines exploitations sont complètement détruites, d’autres partiellement. Une cellule d’urgence va être mise en place.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 13h27
   





                        



   


Six à sept mille hectares de vignobles bordelais ont été endommagés, à des degrés divers, par les orages de grêle violents du week-end, annonce lundi 28 mai l’interprofession. Environ 500 viticulteurs sont concernés.
Cette estimation reste à affiner, notamment lors d’une réunion prévue lundi avec les responsables des appellations les plus touchées, soit Côtes de Bourg, Côtes de Blaye, sur la rive droite de la Gironde et de la Dordogne, dans le nord du département, et dans un degré moindre dans le Sud-Médoc.
Le vignoble bordelais couvre 114 000 hectares, dont 111 000 en appellation d’origine.
Certaines exploitations offraient le spectacle de vignes hachées, nues comme en plein hiver, des parcelles détruites à 100 %, d’autres moins fortement, ou partiellement touchées.
Le vignoble de Cognac aussi touché
Dans le vignoble de Cognac, également touché samedi par les violents orages de grêle, « plusieurs milliers d’hectares » ont été endommagés, a répondu à l’Agence France-Presse l’administrateur du syndicat des viticulteurs de l’appellation Cognac, Jean-Bernard de Larquier, précisant qu’il est « trop tôt encore » pour affiner ce chiffre. Le vignoble charentais couvre 78 000 hectares, dont 72 000 destinés à l’eau-de-vie de vin de cognac.
Le préfet de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, a assuré lundi mobiliser « l’ensemble des services de l’Etat pour faire face à cette situation d’une gravité exceptionnelle ». Il a prévu de se rendre mardi en Gironde et Charente-Maritime à la rencontre des viticulteurs, et la semaine prochaine il installera une cellule d’urgence avec représentants de la filière, des collectivités locales, et services de l’Etat, pour proposer rapidement « des mesures concrètes » pour préserver l’activité de la filière.
L’an dernier, le vignoble bordelais avait été frappé par deux épisodes de gel historique à la fin d’avril, et sur une échelle plus large encore : 60 000 hectares. La récolte 2017 avait subi une baisse de 40 % par rapport à celle de 2016.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.
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L’industrie s’engage à recruter plus d’apprentis

Le gouvernement a indiqué que les entreprises industrielles vont accroître de 40 % le nombre d’apprentis d’ici cinq ans.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h12
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


S’il entend développer l’apprentissage, le gouvernement n’avait, jusqu’à maintenant, jamais livré d’objectifs chiffrés. Sa communication sur ce dossier évolue, avec des engagements quantitatifs dévoilés, lundi 28 mai, lors d’une nouvelle réunion du Conseil national de l’industrie (CNI) – une instance chargée d’« éclairer » les pouvoirs publics au sujet de ce secteur. A cette occasion, Edouard Philippe devait indiquer que les entreprises industrielles ambitionnent d’accroître de 40 % d’ici cinq ans le nombre d’apprentis qu’elles emploient, soit 87 000 (contre 62 000 en 2016).
Dans l’entourage du premier ministre, on considère que les conditions sont réunies pour atteindre ce but, en particulier grâce au projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », dont l’examen débute mardi devant la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.
Le texte repousse jusqu’à 30 ans l’âge auquel une personne peut être recrutée en qualité d’apprenti et assouplit les règles applicables à ce statut en matière de temps de travail, ce qui répond à des « demandes » des entreprises, fait-on valoir à Matignon. De plus, les prérogatives des branches professionnelles seront renforcées, ce qui « incite les industriels à aller de l’avant ».
« Difficultés de recrutement »
Un tel saut ne sera toutefois pas évident à accomplir. « L’image de l’industrie auprès des jeunes n’est pas toujours très positive, ce qui explique qu’il y a, aujourd’hui encore, dans les centres de formation d’apprentis tournés vers ce secteur, des propositions de contrat qui ne trouvent pas preneurs », observe l’économiste Bertrand Martinot.
Dans l’esprit de l’exécutif, la promotion de l’apprentissage vise à réduire le chômage des jeunes, mais aussi à satisfaire les besoins en main-d’œuvre des patrons. Un problème de plus en plus aigu avec le redémarrage de la croissance : dans une enquête diffusée fin 2017, l’Insee rapportait que la part des sociétés industrielles « éprouvant des difficultés de recrutement » n’avait cessé de progresser depuis près de deux ans – retrouvant quasiment son niveau d’avril 2008.
C’est pourquoi le gouvernement entend mettre en place des actions de formation rapides, qui seront financées par le plan d’investissement dans les compétences (PIC) – un programme de 15 milliards d’euros étalé sur cinq ans et ciblé sur les chômeurs de longue durée et les jeunes peu qualifiés. Edouard Philippe devait préciser, lundi, à l’issue du CNI, que près de 149 000 « entrées en formation » sont prévues en 2018 dans le cadre du PIC.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le lauréat de l’édition 2018 du Prix du meilleur jeune économiste explique dans cet entretien au « Monde » pourquoi il s’est passionné dès le début de ses études pour les sujets de fiscalité et les paradis fiscaux.
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Gabriel Zucman : « Comprendre les implications de l’évasion fiscale »

Le lauréat de l’édition 2018 du Prix du meilleur jeune économiste explique dans cet entretien au « Monde » pourquoi il s’est passionné dès le début de ses études pour les sujets de fiscalité et les paradis fiscaux.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h38
    |

            Philippe Escande








                        



   


Gabriel Zucman, 31 ans, est professeur assistant d’économie à l’université de Berkeley, en Californie. Il explique pourquoi il s’est passionné dès le début de ses études pour les sujets de fiscalité et les paradis fiscaux.
Comment en êtes-vous venu, très jeune, à vous intéresser aux sujets de fiscalité ?
La fiscalité, c’est-à-dire la manière dont on prélève et on redistribue la moitié de la richesse produite chaque année, est sans doute la question la plus importante à laquelle on doit faire face en tant que citoyen. Si les impôts sont injustes ou inefficaces, c’est notre capacité à agir collectivement qui est minée. Je suis un enfant de la crise financière : quand j’ai commencé ma thèse, en 2009, j’ai voulu comprendre ce qui se passait. Cela m’a conduit à regarder les statistiques bancaires internationales.
On y voit des centaines de milliards de dollars qui passent par les îles Caïmans, le Luxembourg ou Hongkong. J’ai voulu comprendre ce qui relevait de l’évasion ou de l’optimisation fiscale, et quelles implications tout cela pouvait avoir pour les gouvernements et l’impôt au XXIe siècle.
Comment avez-vous procédé et qu’avez-vous trouvé ?
J’ai d’abord cherché à quantifier ces pratiques, celles des grandes fortunes et celles des sociétés multinationales. Pour cela, j’ai combiné les données macroéconomiques provenant des banques centrales et celles de la comptabilité nationale. De plus, nous nous sommes appuyés sur les informations émanant des fuites du type SwissLeaks ou Panama Papers. Enfin, certaines administrations fiscales, notamment des pays nordiques, ont accepté de travailler avec nous. Nous avons ainsi établi que 8 % du patrimoine financier mondial est détenu dans les paradis fiscaux, soit près de 7 900 milliards d’euros.
Qui en sont les propriétaires ?
Nous nous sommes rendu compte qu’ils étaient en fait très peu nombreux. Les ultrariches, ceux dont le patrimoine est supérieur à 50 millions d’euros et qui représentent 0,01 % de la population mondiale, possèdent 50 % de cette masse d’argent, dont une grande partie est non déclarée. Qu’il y ait de l’évasion fiscale parmi les plus fortunés pourrait surprendre, dans la mesure où le fisc a tout intérêt à surveiller ces contribuables de près. Pour bien comprendre ce phénomène, au lieu de s’intéresser aux fraudeurs, il faut étudier ceux qui les aident, cette industrie de conseillers, avocats, banquiers qui perçoivent des commissions élevées.
Quel est le danger d’une telle évasion fiscale pour les pays ?
En dehors de l’aspect purement financier, le risque est d’alimenter une course au moins-disant fiscal pour les grandes fortunes, un phénomène qu’on a observé un peu partout dans le monde ces dernières années – particulièrement en Europe. A terme, cette érosion de la progressivité de l’impôt risque d’alimenter une spirale inégalitaire.
Et pour les multinationales, est-ce aussi massif ?
Largement, puisque nos recherches montrent que 40 % des profits des multinationales sont déclarés dans des paradis à fiscalité faible ou nulle, soit près de 650 milliards de dollars chaque année. Ainsi, Google, en 2016, a enregistré près de 20 milliards de recettes aux Bermudes. Un pays où son activité réelle est quasi inexistante mais où le taux d’imposition est de zéro. Contrairement aux fortunes privées, les entreprises ne cherchent pas à dissimuler des richesses, mais elles choisissent où elles déclarent leurs profits en jouant sur les prix auxquels elles se facturent des prestations à elles-mêmes.
Les gouvernements ne sont pas arrivés à lutter et ont quasiment perdu foi dans la taxation des multinationales. C’est comme cela que les grands gagnants de la mondialisation de ces quarante dernières années, les Apple, Google ou Amazon, sont aussi ceux qui payent le moins d’impôt. Or la mondialisation a-t-elle un avenir si ceux-là mêmes qui en bénéficient le plus voient leurs impôts baisser, et quand ceux qui en pâtissent voient les leurs augmenter ? On peut en douter. Le vote Trump aux Etats-Unis ou celui en faveur du Brexit au Royaume-Uni peuvent être analysés comme une réaction à cet état de fait.
Que faudrait-il faire ?
Les Etats – et non les entreprises – devraient choisir où les profits sont taxables, en instaurant un système où le bénéfice mondial est ventilé à l’aide d’une clé de répartition non manipulable. Par exemple, en fonction du chiffre d’affaires réalisé dans chaque pays. Si Apple réalise un bénéfice mondial de 100 et 10 % de ses ventes en France, il devra déclarer un profit de 10 dans ce pays et payer les impôts qui correspondent à ce montant. Ce système mettrait fin du jour au lendemain à l’optimisation fiscale et à la délocalisation dans des territoires à fiscalité faible. D’ailleurs, il existe déjà et fonctionne bien pour les gouvernements locaux qui ont leurs propres impôts sur les sociétés. Aux Etats-Unis, il est en vigueur entre les différents Etats. En Californie, l’impôt est de 9 % et au Texas, de 0 %. Cela n’empêche pas Apple d’être installé en Californie.
Mais les Etats ont tout de même réagi depuis quelques années ?
Oui, il y a eu de vrais progrès, comme l’échange automatique de données bancaires, mais c’est loin d’être suffisant. On fait encore confiance aux paradis fiscaux, alors que ceux-ci gagnent beaucoup d’argent avec ce système et ne sont donc pas incités à la transparence. L’Europe pourrait imposer des sanctions élevées, mais elle n’arrive pas à articuler un discours de nature à changer en profondeur les comportements. Avec d’autres chercheurs, nous travaillons sur la faisabilité de l’établissement d’un cadastre financier mondial, équivalent à ce qui existe dans l’immobilier en France depuis 1791, mais qui recenserait la détention d’avoirs financiers comme des actions ou des obligations.
Comme beaucoup de vos collègues, après vos études en France, vous vous êtes installé aux Etats-Unis, alors que vous êtes très présent dans le débat français. Pourquoi ?
Tous les jeunes chercheurs français sont fortement encouragés à passer quelques années à l’étranger, et ce pour de bonnes raisons : ces années sont essentielles pour se confronter à la communauté scientifique internationale et pour développer une réflexion innovante et indépendante. Une particularité de la science économique est qu’elle est très concentrée aux Etats-Unis, plus que d’autres disciplines, comme les mathématiques par exemple, d’où la présence de nombreux jeunes économistes de tous les pays, et pas seulement français, outre-Atlantique. C’est ce contexte qui explique pourquoi quelqu’un comme moi enseigne aujourd’hui, à 31 ans, en Californie.

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Stefanie Stantcheva : « Les politiques fiscales sont dangereuses si elles sont mal conçues »

Cette professeure d’économie à Harvard, âgée de 32 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Elle revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h41
    |

            Elise Barthet








                        



   


La question des inégalités s’est imposée ces dernières années dans le débat économique. Comment vos travaux sur la fiscalité y contribuent-ils ?
J’essaie de comprendre comment on peut concevoir au mieux des politiques publiques qui réduisent les inégalités sans sacrifier la productivité des entreprises, l’innovation et la croissance. Dans cette perspective, j’ai travaillé sur différents systèmes d’imposition. Avec Emmanuel Saez, qui enseigne à Berkeley, nous nous sommes demandé comment les actifs financiers et immobiliers étaient distribués dans la population et comment ils réagissaient aux évolutions de l’imposition. On a pu ainsi développer un modèle simple de taxation optimale du capital.
Qu’est-ce qu’une politique publique « optimale » quand on parle de fiscalité ?
Disons que, du point de vue des économistes, il s’agit de maximiser le bien-être social. L’objectif est de répartir de la façon la plus efficace possible les charges qui pèsent sur les individus d’une société. Pour apprécier les effets d’une politique publique sur le bien-être social, la méthode traditionnelle consiste à agréger les pertes et les gains des individus en donnant un poids plus faible aux personnes à haut revenu (une perte de 10 euros a moins d’impact sur le bien-être d’une personne à revenu élevé que sur celui d’une personne à revenu faible). Mais si on veut vraiment comprendre les préférences des gens, cela ne suffit pas : il faut tenir compte d’autres éléments.
Lesquels ?
Pour mes recherches, je me suis appuyée sur des enquêtes basées sur de grands échantillons représentatifs. J’ai cherché à saisir les raisons qui poussaient les gens à soutenir telle ou telle politique publique. Il en est ressorti que leurs « préférences sociales » étaient beaucoup plus complexes que ce qui est habituellement modélisé en économie. Par exemple, la richesse héritée n’est pas valorisée de la même manière que celle acquise par le travail. Le sentiment d’évoluer ou non dans une société équitable joue également un rôle déterminant dans la manière dont les politiques publiques sont reçues.
Avec Alberto Alesina et Edoardo Teso, nous avons travaillé sur la mobilité sociale dans six pays. Nous avons constaté que les Européens, et en particulier les Français, étaient beaucoup plus pessimistes que ce que la réalité permet d’expliquer. A l’inverse, les gens aux Etats-Unis sont suroptimistes, alors même que le rêve américain a vécu. Les perceptions peuvent donc être en complet décalage avec la réalité. Or, elles ont un impact énorme sur le soutien ou non aux politiques redistributives.
Plus les individus pensent qu’il est difficile de s’extraire de leur milieu d’origine, plus ils sont favorables à la redistribution, et vice versa. Nous essayons de développer des modèles flexibles qui tiennent compte de ces distorsions.
Pourquoi avez-vous décidé de travailler sur ces sujets ?
Ce qui est particulièrement intéressant avec les taxes et les transferts, c’est que ce sont des instruments extrêmement puissants. Ils peuvent être très efficaces, mais aussi très dangereux s’ils sont mal conçus. Leurs évolutions ont des répercussions considérables sur les gens, l’innovation, le travail, l’investissement, l’épargne… Nous y sommes tous confrontés quotidiennement, même si nous ne nous en rendons pas toujours compte.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ce professeur à l’université Lille-III et chercheur associé à la chaire transitions démographiques-transitions économiques, âgé de 39 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.
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Xavier Chojnicki : « Les réformes des retraites dégradent toujours le niveau des pensions »

Ce professeur à l’université Lille-III et chercheur associé à la chaire transitions démographiques-transitions économiques, âgé de 39 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h39
    |

            Anne Rodier








                        



   


Spécialiste d’économie des migrations et du vieillissement, vous vous intéressez à tous les aspects économiques liés à la démographie : la santé, l’emploi, l’équité intergénérationnelle… En quoi vos travaux s’inscrivent-ils dans l’actualité ?
C’est mon objectif premier que de choisir des thématiques en lien avec l’actualité et qui peuvent donner lieu à débat. Par exemple, mon dernier article, coécrit avec les économistes Lionel Ragot et Ndeye-Penda Sokhna, analyse le coût de l’immigration sur les finances publiques. La reconstitution de toute la comptabilité des ménages de 1979 à 2011 et le calcul de leur contribution nette (les impôts payés moins les prestations reçues) aux finances publiques montre une quasi-neutralité de la population immigrée sur le déficit public primaire (hors intérêts de la dette). Ceci s’explique par une structure démographique favorable – ils sont relativement plus nombreux chez les actifs –, qui compense leur moindre contribution nette individuelle, en raison de revenus plus faibles en moyenne.
Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux questions de démographie ?
Dès le lycée, la découverte des théories de Thomas Malthus a ouvert ma curiosité sur les liens entre démographie et économie, mais comme souvent, tout est une question de rencontres. Celle avec mes directeurs de thèses, Lionel Ragot et Frédéric Docquier, tous deux spécialistes de ces thématiques, a été déterminante.
L’étude de l’immigration apporte-t-elle aussi des réponses sur le marché de l’emploi ?
Avec l’économiste Yasser Moullan, nous avons observé comment, par le passé, les pays de l’OCDE ont réglé les pénuries de médecins, soit par la formation, soit par l’immigration. Nous avons montré que l’efficacité de ces deux types de politique dépend à la fois de la capacité des dirigeants à anticiper le choc, de la nature de la pénurie – temporaire ou permanente – et de son ampleur. Le recours aux médecins étrangers est efficace lorsque le choc n’est ni trop fort ni trop long. En France aujourd’hui, cette politique migratoire serait insuffisante. La seule réponse efficace serait de former davantage de médecins.
Vous avez également beaucoup travaillé sur les systèmes de retraite. Qu’en retenir avant la prochaine réforme envisagée par Emmanuel Macron ?
Que les réformes menées depuis 1993 ne sont pas neutres sur le montant des pensions. L’observation des indicateurs instantanés d’équité, comme le taux de remplacement (pourcentage du revenu pour établir la pension), montre que les réformes dégradent toujours le niveau des pensions. Les retraités subissent une perte de pouvoir d’achat par rapport aux actifs. En revanche, la mesure de l’équité intertemporelle, c’est-à-dire la comparaison du revenu disponible sur toute la vie – étudiée pour toutes les générations nées entre 1910 et 2015 –, indique que la situation des retraités post-réforme n’est pas moins favorable que celle des générations plus anciennes.
Conclusion, les réformes qui induisent un taux de remplacement plus faible ne conduisent pas forcément au sacrifice d’une ou plusieurs générations afin de garantir la viabilité du système. La retraite par répartition se caractérise toujours par une forme d’iniquité entre les générations, particulièrement en temps de réforme, mais c’est bien la croissance économique qui assure la hausse du niveau de vie.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Ce professeur assistant en économie de l’innovation et de l’entrepreneuriat à l’université de Zürich, âgé de 34 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

David Hémous : « L’automatisation est inhérente à la croissance économique »

Ce professeur assistant en économie de l’innovation et de l’entrepreneuriat à l’université de Zürich, âgé de 34 ans, fait partie des trois nominés de l’édtion 2018 du Prix du meilleur jeune économiste. Il revient dans cet entretien au « Monde » sur son travail.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 12h40
    |

            Antoine Reverchon








                        



   


Vos recherches portent sur deux sujets majeurs du débat public : le rôle des « technologies vertes » dans la lutte contre le réchauffement et celui du progrès technique dans les inégalités de revenus. Quelles prescriptions de politique publique en tirez-vous ?
Le débat sur les politiques climatiques tourne surtout autour de la taxe carbone, alors que la clef pour réduire les émissions futures à moindre coût est le développement des technologies propres. Pour que ce développement soit suffisant, il faudrait une taxe carbone très élevée, dont le coût économique serait trop important, d’autant plus qu’elle incite à la délocalisation des industries polluantes vers les pays non régulés. Si la taxe carbone est nécessaire pour réduire les émissions à court terme, elle doit donc être complétée par un soutien direct à l’innovation dans les technologies propres afin de réduire les émissions futures.
Et en matière d’inégalités de revenus ?
Les modèles de croissance décrivent traditionnellement une économie où, en temps normal, les revenus croissent au même taux et, donc, où toute augmentation des inégalités est due à des chocs exogènes. J’ai élaboré un modèle qui montre que, comme les salaires augmentent lorsqu’une économie se développe, le progrès technologique s’oriente de plus en plus vers des technologies se substituant au travail humain, devenu plus coûteux. Autrement dit, l’automatisation est endogène au développement. De ce fait, les inégalités de revenus entre les métiers les plus routiniers et les autres, au sein d’une même industrie, d’un même pays, s’accroissent naturellement. D’autant que ces technologies non seulement remplacent les emplois moins qualifiés, mais augmentent aussi la productivité des plus qualifiés.
Les inégalités ne viennent-elles pas également des politiques qui réduisent le coût du travail en le précarisant ?
C’est une partie de l’explication, mais c’est bien la mécanisation qui explique les évolutions du coût marginal du travail sur une longue période. En revanche, les différences de taux de chômage entre pays s’expliquent par des dynamiques institutionnelles différentes.
Comment réduire ces inégalités ?
En qualifiant les moins qualifiés par la formation, mais ce n’est efficace qu’à long terme. A court terme, la politique fiscale peut aider, avec, par exemple, un impôt négatif sur les bas salaires. On peut également venir en aide directement aux professions les plus touchées. Augmenter fortement le salaire minimum, en revanche, risque d’avoir des effets pervers et d’accélérer encore plus la mécanisation. Il ne faut pas non plus conclure qu’il faut taxer l’innovation, qui contribue à la croissance.
« Matheux » et diplômé de Polytechnique, pourquoi avez-vous choisi l’économie ?
J’ai découvert à l’X que je pouvais allier mon goût des maths avec mon intérêt pour le débat public. Je voulais comprendre pourquoi certains pays, certaines époques, avaient connu une croissance phénoménale, et d’autres non. Je me suis inscrit en thèse d’économie à Harvard, où le cours de Philippe Aghion m’a fait découvrir le thème de la « croissance verte ». J’y ai aussi participé à un séminaire interdisciplinaire sur les causes de la stagnation du salaire médian américain depuis les années 1970. L’économie est une discipline particulièrement adaptée pour émettre des hypothèses que l’on peut vérifier par des données empiriques.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Jeune professeur de 31 ans à l’université de Berkeley, en Californie, Gabriel Zucman est le lauréat de cette 19e édition du Prix créé, en 2000, par « Le Monde » et le Cercle des économistes.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Gabriel Zucman a reçu le prix du meilleur jeune économiste 2018

Jeune professeur de 31 ans à l’université de Berkeley, en Californie, Gabriel Zucman est le lauréat de cette 19e édition du Prix créé, en 2000, par « Le Monde » et le Cercle des économistes.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 16h27
   





                        



   


Depuis sa création, le Prix du meilleur jeune économiste, décerné par Le Monde et le Cercle des économistes, vise à distinguer non seulement l’excellence de la production académique des économistes français de moins de 41 ans, mais aussi leur contribution au débat public en matière de politique économique ou de prise de décision parmi les acteurs privés, en n’oubliant pas les autres sciences sociales.
Pour l’attribution du Prix du meilleur jeune économiste 2018 et des trois nominations, le jury a reçu quarante-huit candidatures
On retrouve donc, dans l’attribution de ce prix, la mission du Cercle des économistes, qui est d’organiser et de promouvoir un débat économique ouvert et accessible à tous. Fondé, en 1992, à l’initiative de Jean-Hervé Lorenzi, le Cercle réunit 30 membres, pour la plupart universitaires, qui ont exercé ou exercent des responsabilités privées ou publiques. Chacun de ces membres a des approches et des compétences différentes. Mais une conviction les rassemble : la nécessité d’offrir un espace de dialogue et de confrontation d’idées entre les économistes et avec la société.
Cette année, pour l’attribution du Prix du meilleur jeune économiste 2018 et des trois nominations, le jury a reçu quarante-huit candidatures, contre quarante-deux en 2017, quarante-cinq en 2016, quarante et une en 2015, et trente-quatre en 2014. Douze des participants présentaient leur candidature pour la première fois, et trente-six avaient déjà été candidats. Dix candidats sont en poste à l’étranger, trente-huit en France. On dénombre seulement neuf femmes.
Inégalités et fiscalité
Les travaux des candidats donnent un aperçu des thématiques de recherche dominantes au sein de cette génération de jeunes économistes. Parmi les lauréats, citons la mesure des inégalités de patrimoine, les méthodes d’optimisation fiscale, les conséquences des inégalités et de la fiscalité sur la croissance à long terme ; les effets des migrations internationales et du vieillissement, notamment sur les systèmes de protection sociale ; les rapports entre politiques climatiques et changement technique, et les relations entre inégalités de revenus, coût du travail des non-qualifiés et innovation technologique dans un contexte d’automatisation croissante des processus de production ; les interdépendances entre la fiscalité, l’acquisition du capital humain, l’innovation et l’entrepreneuriat, et les rapports entre la mobilité sociale et les fondements des préférences sociales pour la redistribution.

        Lire l’entretien avec le lauréat 2018 :
         

          Gabriel Zucman : « Comprendre les implications de l’évasion fiscale »



Dans les programmes de recherche des autres candidats, on retrouve les thématiques traditionnelles : les imperfections de la finance et les questions de volatilité des prix d’actifs ; les effets du commerce international sur l’emploi ou le cycle économique ; les rapports entre la fiscalité et l’offre de travail ; le rôle des rigidités ou des modes de négociation collective sur le marché du travail ; les relations entre démographie, immigration et croissance ; les conséquences de l’innovation sur la croissance potentielle…
Il est aujourd’hui nécessaire de repenser et d’imaginer de systèmes de production bouleversés par les technologies numériques
Mais on découvre également des préoccupations très proches des défis d’aujourd’hui : le poids des discriminations par genre, par appartenance sociale ou religieuse dans l’accès à l’emploi ; la question des inégalités d’accès à l’éducation et les effets hétérogènes des politiques de la ville ; les enjeux de la concentration des médias et de la diffusion des informations par les réseaux sociaux, la mondialisation des chaînes de création de valeur…
On peut cependant regretter une sous-représentation des recherches consacrées à l’économie de la firme et des systèmes productifs. Il est aujourd’hui nécessaire de repenser et d’imaginer des systèmes de production bouleversés par les technologies numériques ; reconsidérer la concurrence sur les marchés, qui exige d’autres formes de régulation. Et comment ne pas évoquer les bouleversements que va apporter l’intelligence artificielle dans les processus d’innovation et l’organisation des entreprises ? Les économistes se saisissent encore insuffisamment de tous ces sujets. Le clivage entre la connaissance économique d’un côté, le monde politique et les citoyens de l’autre, est loin de s’être dissipé.
L’ambition du Cercle des économistes est de réduire cette distance, notamment à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, dont la thématique, « Les métamorphoses du monde », interrogera, du 6 au 8 juillet, notre capacité à maîtriser ces évolutions et à se réapproprier le changement.

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Un prix créé, en 2000, par « Le Monde » et le Cercle des économistes
Le Prix du meilleur jeune économiste – créé en 2000 par Le Monde et le Cercle des économistes – vise à valoriser les travaux d’un économiste français ou travaillant en France, âgé de moins de 41 ans. Pouvaient concourir tous les économistes issus du monde universitaire, en France ou à l’étranger, dont les travaux relèvent de l’économie appliquée et permettent de promouvoir le débat public.
Les candidats devaient adresser au Cercle des économistes, outre un CV détaillé, les trois publications leur paraissant les plus représentatives de leur production scientifique, ainsi qu’une note de synthèse soulignant l’intérêt et l’originalité de leurs apports. Il s’agissait de distinguer non seulement l’excellence de la production académique des jeunes économistes français, mais aussi leur contribution au débat public. Sur cette base, les membres du Cercle des économistes ont évalué les dossiers et le jury final, présidé par André Cartapanis et associant à parité les représentants du Cercle des économistes et du Monde, a attribué le prix et décerné trois nominations, remis à la Banque de France par Pierre Nora, historien et membre de l’Académie française.
Le palmarès
Les distinctions de 2018 : Prix du meilleur jeune économiste : Gabriel Zucman ; Nominés : Xavier Chojnicki, David Hémous et Stefanie Stantcheva.
Les lauréats de 2000 à 2017:
– Bruno Amable et Agnès Benassy-Quéré (2000).
– Pierre Cahuc (2001).
– Philippe Martin et Thomas Piketty (2002).
– Pierre-Cyrille Hautcœur (2003).
– David Martimort (2004).
– Esther Duflo et Elyès Jouini (2005).
– Thierry Mayer et Etienne Wasmer (2006).
– David Thesmar (2007).
– Pierre-Olivier Gourinchas (2008).
– Yann Algan et Thomas Philippon (2009).
– Emmanuel Saez (2010).
– Xavier Gabaix (2011).
– Hippolyte d’Albis (2012).
– Emmanuel Farhi (2013).
– Augustin Landier (2014).
– Pascaline Dupas (2015).
– Camille Landais (2016).
– Antoine Bozio (2017).





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Propulsé par François Pérol à la tête de l’établissement mutualiste, au nez et à la barbe des barons du groupe, ce passionné de rugby en prendra les rênes le 1er juin. Parmi ses hauts faits : le redressement de Natixis.
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Laurent Mignon, le « Monsieur Loyal » de BPCE

Propulsé par François Pérol à la tête de l’établissement mutualiste, au nez et à la barbe des barons du groupe, ce passionné de rugby en prendra les rênes le 1er juin. Parmi ses hauts faits : le redressement de Natixis.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h45
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

Certains enfants s’imaginent pompier, aventurier ou président de la République. Laurent Mignon, élevé dans les beaux quartiers de Paris, scolarisé à Saint-Jean-de-Passy, avoue sans ambages qu’il se rêvait banquier, comme son oncle. Et c’est exactement ce qu’il est devenu : un banquier de premier plan. « Le meilleur d’entre nous », entend-on en chœur dans le Tout-Paris de la finance.
Le 1er juin, Laurent Mignon prendra les rênes de l’établissement mutualiste BPCE (Banque populaire Caisses d’épargne), la deuxième banque de France avec 20 % de parts de marché, après avoir dirigé Natixis, la filiale de banque de financement du groupe.

Cet homme urbain, souriant, un brin réservé, succédera au truculent François Pérol, en partance pour la banque d’affaires Rothschild & Co. En adepte de la guerre de mouvement, l’ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy à l’Elysée a imposé son dauphin aux Banques populaires et aux Caisses d’épargne régionales, les actionnaires de la maison, en prenant de court un groupe habitué aux intrigues de palais.
Un responsable au sein d’une banque régionale s’indigne d’une nomination « en mode coup de force », dénonçant « opacité et précipitation »
François Pérol comptait initialement quitter le groupe à la rentrée 2018. Mais les affres du plan de succession d’une autre banque ont bouleversé son projet. Le directeur général de la Société générale, Frédéric Oudéa, doit en effet revoir en urgence sa gouvernance, les autorités américaines lui ayant demandé la tête de son second, Didier Valet, pour finaliser l’accord sur le scandale du Libor.
La Société générale approche alors Laurent Mignon. « Je n’avais pas envie qu’on me pique mon plan de succession ! », s’exclame François Pérol. Il précipite donc le calendrier. M. Mignon est promptement élu, le 26 avril, à la barbe de plusieurs patrons de banques régionales qui s’y seraient bien vus. « Nous n’avons été mis au courant...




                        

                        


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<filnamedate="20180528"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180528"><AAMMJJHH="2018052823">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Deux TGV sur trois, un TER sur deux et deux Intercités sur cinq circuleront lors de cette nouvelle séquence du mouvement alors que le projet de réforme arrivera mardi en discussion au Sénat.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Grève à la SNCF : les prévisions de trafic pour lundi 28 mai

Deux TGV sur trois, un TER sur deux et deux Intercités sur cinq circuleront lors de cette nouvelle séquence du mouvement alors que le projet de réforme arrivera mardi en discussion au Sénat.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 14h11
   





                        



   


Le taux de grévistes à la SNCF atteignait, lundi 28 mai au matin, 13,97 % des effectifs, soit son plus bas niveau en semaine depuis le lancement, début avril, de la grève par épisodes contre la réforme ferroviaire.
Selon les chiffres publiés par la direction, le taux des conducteurs en grève tombe sous la barre des 50 % pour la deuxième fois, s’élevant à 49,8 % lundi. En ce 23e jour de grève, 40,9 % des contrôleurs et 20,4 % des aiguilleurs sont en grève. Le précédent taux global de grévistes le plus bas, en milieu de matinée et en semaine, avait été enregistré mercredi, à 14,22 %.
Les prévisions de trafic pour lundi et mardi
Les perturbations du trafic ferroviaire liées au douzième épisode du mouvement de grève des cheminots seront limitées lundi 28 mai, selon la direction de la SNCF. En moyenne, deux TGV sur trois circuleront, ainsi qu’un TER sur deux et deux Intercités sur cinq.
TGV, en moyenne deux trains sur trois :
trois trains sur cinq sur l’axe atlantique ;trois trains sur cinq sur l’axe nord ;deux trains sur trois sur l’axe sud-est ;trafic quasi normal sur l’axe est.
Transilien, trois trains sur cinq
RER A : trafic normal ;RER B : un train sur deux (portion nord) ;RER C : un train sur deux ;RER D : un train sur deux (portion nord et portion sud, branche Melun), deux sur cinq (portion sud, branche Corbeil) ;RER E : un train sur deux.
International, trois trains sur quatre en moyenne
trafic normal des Eurostar et des Thalys ;trois trains sur cinq entre la France et la Suisse ;deux trains sur trois entre la France et l’Italie ;un train sur deux entre la France et l’Espagne.
Cet épisode de grève continuera mardi 29 mai, quand le projet de réforme ferroviaire arrivera en discussion au Sénat. Ces trois jours de débat permettront, selon Edouard Philippe dans Le JDD, de reprendre « certains apports demandés par l’UNSA et la CFDT ».
Guillaume Pepy, patron de la SNCF, a quant à lui déclaré lundi, dans une interview à RTL, qu’il n’était « pas imaginable » que la grève se poursuive pendant les vacances d’été : « Les cheminots eux-mêmes, qui sont des gens responsables, n’ont pas du tout envie de gâcher les vacances des Français. » « Deux syndicats, l’UNSA et la CFDT, ont pris conscience des avancées de cette réforme et ont dit chacune réfléchir aux conditions dans lesquelles elles pourraient sortir du conflit », a-t-il expliqué, jugeant « historique » la décision du gouvernement de reprendre 35 milliards d’euros de la dette SNCF.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Les associations ont réaffirmé dimanche leur opposition à la réalisation d’un complexe de loisirs, de commerces, ainsi que d’un parc d’affaires et hôtelier dans le Val-d’Oise.
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Mobilisation contre le projet Europacity, au nord de Paris

Les associations ont réaffirmé dimanche leur opposition à la réalisation d’un complexe de loisirs, de commerces, ainsi que d’un parc d’affaires et hôtelier dans le Val-d’Oise.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h38
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Les opposants au projet d’Europacity, dans la zone dite « du triangle » de Gonesse (Val-d’Oise), à une quinzaine de kilomètres au nord de Paris, maintiennent la pression. A l’occasion de leur rassemblement, dimanche 27 mai, contre l’artificialisation de terres convoitées pour réaliser un complexe de loisirs, de commerces, ainsi qu’un parc d’affaires et hôtelier, les associations ont réaffirmé leur opposition totale à ce projet, porté par Immochan, la filière immobilière du groupe Auchan, ainsi que la société chinoise Wanda.
Devant plusieurs centaines de personnes, et sur des terres semées l’an dernier, Bernard Loup, le président du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), a rappelé les premières victoires enregistrées par les opposants. « Les nuages sont plus au-dessus des porteurs de projet que sur nous, mais on est encore loin d’avoir gagné », explique-t-il.
Le gouvernement fait appel
Au niveau des bons points, Bernard Loup pointe l’annulation – en raison d’une étude d’impact jugée insuffisante –, le 6 mars, par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, saisi par plusieurs associations de défense de l’environnement, de l’arrêté préfectoral de création de la zone d’aménagement concerté (ZAC), qui doit accueillir l’ensemble des installations. Le gouvernement a fait appel de ce jugement, au grand dam des opposants.

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                EuropaCity : la justice annule la création de la zone d’aménagement devant accueillir le mégaprojet



Ce dernier attend aussi le rapport du commissaire enquêteur, à la suite de l’enquête publique terminée le 21 février, sur la déclaration d’utilité publique qui doit permettre l’expropriation des derniers agriculteurs installés sur cette zone de 280 hectares (dont 80 pour le parc Europacity) convoitée. « Ce rapport devait être rendu fin mars, puis un mois plus tard, et on l’attend toujours, je n’ai jamais vu des délais aussi longs », souligne le président du CPTG, qui espère que les conclusions seront négatives.
Alors que la manifestation des opposants réunissait des élus locaux, le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, la députée France insoumise Clémentine Autain, ou encore le président de la Confédération des commerçants de France, Francis Palombi, venu défendre les commerces de centre-ville, les partisans du projet tenaient, eux, au même moment, une conférence de presse dans la mairie de Gonesse. Le maire (PS), Jean-Pierre Blazy, soutenu par des élus socialistes, LR ou LRM, a indiqué que ce projet ne serait pas abandonné.

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                Europacity : l’urbanisation du triangle de Gonesse en 5 infographies






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Après 12 mois de remontée, il a suffi d’une déclaration saoudienne, vendredi 25 mai, pour faire rechuter les cours. Cette chute met en lumière, selon Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde », l’imprévisibilité d’un marché soumis à la nervosité des speculateurs.
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Pétrole : la météo capricieuse des prix sur le baril

Après 12 mois de remontée, il a suffi d’une déclaration saoudienne, vendredi 25 mai, pour faire rechuter les cours. Cette chute met en lumière, selon Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde », l’imprévisibilité d’un marché soumis à la nervosité des speculateurs.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
28.05.2018 à 16h52
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Il en est des prix du pétrole comme de l’économie en général, ils sont très faciles à expliquer a posteriori et très dangereux à prédire, a priori. Ce qui est bien dommage puisque le cours du baril est l’un des facteurs clés de la santé de l’économie mondiale. Sans énergie bon marché pas de croissance. Pour les Romains c’était les esclaves, pour le monde moderne c’est le pétrole. Cette vérité vient à nouveau se rappeler à nous. On pensait entrer dans une période de pétrole cher après trois ans de baisse continue et voilà que vendredi 25 mai, une simple déclaration venue de Russie fait chuter les cours, de plus de 5 dollars dans la journée. Logique, nous dit-on après coup, puisque le niveau atteint était trop spéculatif. Les analystes, à l’instar des météorologues, sont des experts de la post-rationalisation.
Depuis un an, les prix de l’énergie remontent et ont atteint un point culminant début mai quand le président des Etats-Unis a annoncé son retrait de l’accord international sur le nucléaire avec l’Iran, sixième producteur mondial. En douze mois, le prix du baril a doublé. A tel point que l’on évoque un nouveau choc pétrolier qui pourrait pénaliser les grands importateurs comme l’Europe ou l’Asie. Mais le prix du pétrole ne reflète pas uniquement l’état de l’offre et de la demande mais aussi celui des anticipations des analystes qui prodiguent leurs conseils aux spéculateurs. Ces derniers gagnant leur argent sur la volatilité du cours, et non sur son niveau, ils guettent les signes avant coureurs d’un orage à venir ou d’une éclaircie.
Moscou et Ryad sont à nouveau les maîtres du jeu
Après les moulinets guerriers de Trump sur l’Iran, qui s’ajoutaient à l’effondrement de la production vénézuélienne, ils ont réagi au quart de tour aux déclarations du ministre de l’énergie saoudien sortant d’une rencontre avec son homologue russe, indiquant que l’OPEP et la Russie pourraient bien dès juin ajouter plus de production sur le marché....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les fragilités économiques et institutionnelles de la zone euro sont ravivées par les tensions en Italie et en Espagne.
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L’incertitude politique italienne laisse craindre une nouvelle crise des dettes en Europe

Les fragilités économiques et institutionnelles de la zone euro sont ravivées par les tensions en Italie et en Espagne.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h16
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

En rejetant la nomination d’un ministre des finances eurosceptique, le président Sergio Mattarella a-t-il écarté le risque d’un « Italexit », le risque d’une sortie italienne de l’euro ? A court terme, peut-être. Mais à moyen terme, les incertitudes demeurent. Et la possible tenue de nouvelles élections risque de renforcer le camp des populistes de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, qui ne cessent de dénoncer le « complot des élites » contre leur accession au pouvoir. Surtout si le scrutin se mue en référendum pour ou contre l’euro.

Lundi 28 mai, les Bourses européennes ont ouvert en légère hausse. Les taux italiens, eux, s’établissaient à 2,37 %, stables. Vendredi 25 mai, l’écart entre les taux à dix ans allemands et italiens – le « spread », considéré comme un baromètre du risque – était néanmoins monté à 217 points, son plus haut niveau depuis décembre 2013.
Ces prochains jours, la renonciation du premier ministre choisi par la coalition, Giuseppe Conte, pourrait soulager quelque peu les investisseurs. « Mais cela pourrait ne pas durer », estime Alan Lemangnen, économiste chez Natixis, dans une note sur le sujet. La crise institutionnelle et la montée en puissance des populistes dans les sondages – en cas de nouvelles élections, le résultat ne serait probablement guère différent de celui de mars –pourraient alimenter la remontée des taux italiens ces prochaines semaines.
Motion de censure contre le gouvernement Rajoy
D’autant que les tensions sont également vives en Espagne. Vendredi 25 mai, le Parti socialiste espagnol (PSOE), premier parti d’opposition, a en effet déposé une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy, dont le parti conservateur a été condamné dans un retentissant procès pour corruption. Dans la foulée, les taux d’emprunt espagnols à dix ans sont remontés à 1,466 % vendredi, contre 1,392 % la veille. Et les taux portugais se sont également tendus dans leur sillage.
Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Les partisans des monnaies virtuelles sont si éblouis par la blockchain, la technologie à l’origine du bitcoin, qu’ils sont aveugles aux risques d’arnaque, note dans sa chronique Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, exemples à l’appui.
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Marchés : quand les geeks se font duper par les cryptodevises

Les partisans des monnaies virtuelles sont si éblouis par la blockchain, la technologie à l’origine du bitcoin, qu’ils sont aveugles aux risques d’arnaque, note dans sa chronique Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, exemples à l’appui.



Le Monde
 |    28.05.2018 à 11h08
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Lettre de Wall Street. Ceux qui ont manqué l’envolée des bitcoins vont adorer les HoweyCoins. Sur le site Internet de cette « entreprise », un hôtel paradisiaque et une offre alléchante : acheter des HoweyCoins peut vous permettre d’acquérir des biens touristiques et luxueux en tout genre, sans rencontrer de problèmes de change et de devise, tout en profitant de l’essor des cryptomonnaies et de la blockchain (la technologie à la base du bitcoin). Mais, est-il précisé, il faut se hâter, car il reste 14 jours, 22 heures et 22 minutes pour profiter d’une remise de 15 %.
Flairant la bonne affaire, on a donc cliqué sur le lien pour acheter des jetons, avant d’être renvoyé vers le site de la… Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain. « Si vous avez répondu à une offre d’investissement, vous pourriez avoir été arnaqué. HoweyCoins est complètement bidon », souligne la SEC.

La SEC a créé ce faux site de toutes pièces pour sensibiliser tous les geeks prêts à se muer en naïfs. Elle explicite les pièges du site : le soutien non vérifié de célébrités, le prétendu respect des règles de la SEC, le faux enregistrement auprès du gouvernement américain, l’urgence d’investir pour obtenir un rabais et, surtout, la précieuse carte de crédit dont il faut fournir les références pour acquérir ses HoweyCoins.
Faire œuvre de pédagogie n’est pas aisé, car les partisans des cryptodevises sont si éblouis par la blockchain qu’ils en deviennent aveugles aux risques d’arnaque. Sans doute la bulle des cryptodevises est-elle comparable à la « folie dotcom » qui a permis aux actuels mastodontes du Net – les Google, Facebook et autres Amazon – de créer leur empire et d’imposer la révolution numérique. Demain, les échanges monétaires se feront peut-être uniquement avec ces jetons, sans qu’il soit nécessaire de passer par le dollar ou les banques centrales.

Mais c’est demain. Car, de même que...




                        

                        

