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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ L’expression « lanceur d’alerte » fleurit un peu partout, si bien qu’elle pourrait perdre son sens et sa force. Décryptage d’un terme importé en France en 1996.
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« Lanceur d’alerte », décryptage d’un terme en vogue

L’expression « lanceur d’alerte » fleurit un peu partout, si bien qu’elle pourrait perdre son sens et sa force. Décryptage d’un terme importé en France en 1996.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h54
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                            Cyrielle Chazal








                        



   


Le club des lanceurs d’alerte n’est pas très fermé, si on s’en tient à l’utilisation très fréquente du terme dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les discours politiques ou militants. « Enormément d’acteurs revendiquent ce label, résume le sociologue Francis Chateauraynaud, créateur du concept de « lanceur d’alerte » en 1996. Il a colonisé l’espace public parce qu’il permet de se présenter positivement. Il est bien reçu par la plupart des gens, car il suggère que l’on défend l’intérêt général. »
Quatre questions pour rendre lisible cette étiquette que tout le monde s’arrache.
« Lanceur d’alerte » ou « whistleblower » ?
Pour M. Chateauraynaud, en 1996, le lanceur d’alerte est une personne ou une entité qui cherche à faire reconnaître, souvent contre l’avis majoritaire, l’importance d’un danger ou d’un risque en lien avec l’intérêt général. « Il ouvre un nouvel espace de débat public en signalant une question qui ne mobilise pas, qui ennuie, est déniée, oubliée, voire relativisée », résume le sociologue, qui a procédé en important et en modifiant la notion américaine de whistleblower, inscrite dès 1863 dans le droit américain (US False Claims Act) pendant la guerre de Sécession (1861-1865). L’objectif est alors d’inciter à la dénonciation des fraudes commises par des entreprises ayant passé un contrat avec le gouvernement.
« Des fournisseurs peu scrupuleux auraient vendu aux armées de l’Union des marchandises défectueuses comme, par exemple, de la poudre coupée à la sciure de bois », rappelle la juriste Johanna Schwartz Miralles dans La Revue des droits de l’homme. Cette loi permet aux whistleblowers d’intenter une action en justice au nom du gouvernement contre le fraudeur et d’obtenir une partie de l’amende éventuelle. La notion de whistleblower est ainsi historiquement liée à la dénonciation d’irrégularités, tandis que celle de « lanceur d’alerte » englobe aussi la dénonciation de risques en tous genres — par exemple pour la santé ou l’environnement —, même s’ils sont incertains.
« Lanceur d’alerte » ou « porteur d’alerte » ?
On s’imagine parfois que le lanceur d’alerte est celui qui révèle des faits dont la société n’avait jusque-là pas connaissance. « Sur bien des sujets, la répétition est inévitable, car le signal fait face à une résistance plus ou moins importante », clarifie Francis Chateauraynaud. Le sociologue propose ainsi de distinguer les « lanceurs d’alerte » des « porteurs d’alerte », ce second terme désignant une dénonciation sur le long terme.
Henri Pézerat (1928-2009) aura été un lanceur d’alerte prolifique. Toxicologue, en 1999, il dénonce par exemple à l’Institut de veille sanitaire, puis à la Direction générale de la santé, quatre cas de cancer chez des enfants scolarisés dans l’école Franklin-Roosevelt, à Vincennes (Val-de-Marne) ; puis le scandale Kodak, du nom de l’entreprise qui exploitait une usine polluante ; en 1999, la pollution au fioul lourd causée par le naufrage du pétrolier l’Erika ; ou encore l’affaire du désamiantage du porte-avions Clemenceau. Sur certains dossiers, en premier lieu celui de l’amiante, il est davantage un « porteur » qu’un « lanceur » d’alerte. M. Pézerat a contribué à l’interdiction de la fibre tueuse en 1997 et a porté ce dossier pendant plus de quarante ans.
Autre exemple : lorsque Greenpeace dénonce le nucléaire, l’ONG agit plutôt en porteur d’alerte. « D’autant plus que l’affaire du Rainbow Warrior, qui a fait un mort en 1985, a généré chez Greenpeace un désir approfondi de vengeance contre le nucléaire. C’est une guerre de long terme », assure M. Chateauraynaud.
« Lanceur d’alerte interne » ou « lanceur d’alerte externe » ?
Ces deux catégories de lanceurs d’alerte ne s’exposent pas aux mêmes risques. Le lanceur d’alerte interne fait ou a fait partie de l’organisation, dont il dénonce les agissements. C’est le cas de l’américain Edward Snowden, ex-consultant de la NSA, qui a révélé, en 2013, l’ampleur de la surveillance de masse mise en place par l’agence américaine. Sauf loi protectrice, ils s’exposent à des poursuites pénales de leur employeur, par exemple pour « violation du secret professionnel » ou « diffamation », et autres représailles (sanctions disciplinaires, harcèlement, licenciement). Une protection est prévue par la loi Sapin 2 : « Au même titre que le genre, l’origine, le handicap ou l’activité syndicale, le lancement d’alerte est considéré comme un motif discriminatoire prohibé », expliquent les avocats Clara Gandin et Xavier Sauvignet sur le site Village de la justice.
Par définition, les lanceurs d’alerte externes ne s’exposent pas à des représailles de leur employeur, mais risquent des procès pour diffamation. « Il y a une protection juridique [la liberté d’expression], décrit le sociologue Francis Chateauraynaud. Le problème, c’est qu’il faut souvent des années pour la faire valoir en justice. Ces délais sont très violents et brisent souvent la vie personnelle des lanceurs d’alerte. » Il cite la journaliste Anne-Marie Casteret (1948-2006) qui a révélé, longtemps seule contre tous, le scandale du sang contaminé. « Tout le monde lui a claqué la porte au nez, elle ne s’en est jamais complètement remise. »
Quelle est la procédure de signalement pour les lanceurs d’alerte externes ?
Un citoyen qui voudrait alerter d’un risque ou d’un danger peut informer les autorités compétentes. Par exemple, cela peut être l’Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses), dans le cas d’un danger lié à un aliment. Il n’existe pas d’instance unique pour les lanceurs d’alerte citoyens. En théorie, ils peuvent tenter d’interpeller le défenseur des droits, expressément compétent pour orienter les lanceurs d’alerte au sens de la loi Sapin 2. Pour certains projets d’aménagement, ils peuvent s’exprimer dans le cadre d’un débat public organisé par la Commission nationale du débat public. « Son rôle n’a pas été remarquable pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, rappelle le sociologue. Très souvent, le débat ne peut pas réellement se déployer. »
Depuis une quinzaine d’années, des personnalités, comme l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage (de 1995 à 1997), demandent, en vain, qu’une instance unique soit créée, réunissant une microdémocratie de scientifiques, associations, journalistes, politiques et citoyens tirés au sort. Son rôle serait de débattre des alertes citoyennes, mais aussi de les archiver pour l’avenir, car il faut parfois plusieurs indices pour attester d’un risque, notamment pour certaines pathologies. Cette instance inédite, qui permettrait d’aborder les sujets transversaux, a toutefois peu de chance de voir le jour. « L’imagination n’est plus au pouvoir », conclut Francis Chateauraynaud.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ A rebours des acteurs de la grande distribution, Michel Biero, gérant des achats de Lidl France, se prononce pour une hausse de la rémunération des éleveurs et des producteurs.
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« Il faut payer les éleveurs et les producteurs au prix juste pour leur permettre de vivre dignement »

A rebours des acteurs de la grande distribution, Michel Biero, gérant des achats de Lidl France, se prononce pour une hausse de la rémunération des éleveurs et des producteurs.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h18
    |

Michel Biero (Gérant de Lidl France)







                        



                                


                            

Tribune. C’est devenu un lieu commun : le monde agricole se trouve dans une situation critique. Et ne nous le cachons pas : la grande distribution a sa part de responsabilité. A force de jouer la guerre des prix, la course à la promotion permanente, elle a failli. Les images navrantes des émeutes pour des pots de Nutella ou des couches Pampers illustrent la faillite de ce modèle. Personne ne peut être fier de cette situation.
Les éleveurs souffrent d’une chose et d’une seule : ne pas être payés à la hauteur de leur contribution à une filière essentielle à la compétitivité française. Les chiffres sont plus parlants que les mots : près de 20 % des exploitants étaient en déficit en 2016 ; et 30 % d’entre eux avaient un revenu inférieur à 350 euros par mois. Rappelons également qu’environ 250 exploitations agricoles disparaissent chaque semaine en France.
Lors d’une allocution à Rungis, le 11 octobre 2017, le président de la République a rappelé plusieurs principes essentiels : prendre en compte les coûts de production dans la fixation du prix, stopper la guerre des prix et la dévalorisation permanente du revenu des agriculteurs, encadrer les promotions permanentes sur les produits alimentaires.
Un projet trop timide
Pour répondre à cette urgence, le gouvernement a lancé les Etats généraux de l’alimentation, débat collaboratif qui a permis à chaque filière d’échanger et de proposer des solutions pérennes. Toutes les conclusions aboutissaient au même résultat : il faut payer les producteurs au prix juste pour leur permettre de vivre dignement et mettre un terme à la situation actuelle. Le projet de loi qui reprend ces conclusions et qui s’apprête à être débattu au Parlement est fidèle à l’esprit de ces Etats généraux. Mais soyons honnêtes : il ne va pas assez loin. Il est trop timide sur les sujets fondamentaux.

Les premières discussions parlementaires menées fin avril ont, néanmoins, apporté une modification...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le terme « lanceur d’alerte » est de plus en plus employé. Si bien qu’il est difficile de savoir ce qu’il recouvre. Eléments d’éclairage.
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Les militants Greenpeace qui s’introduisent dans des centrales nucléaires sont-ils des « lanceurs d’alerte » ?

Le terme « lanceur d’alerte » est de plus en plus employé. Si bien qu’il est difficile de savoir ce qu’il recouvre. Eléments d’éclairage.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h42
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


« Lanceurs d’alerte », l’expression a été largement employée pour désigner les vingt-trois militants de Greenpeace jugés à Privas (Ardèche) la semaine du 14 au 20 mai, pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. Ces deux mots coloraient les pancartes des manifestants venus apporter leur soutien, rythmaient les tweets des internautes ainsi que les communiqués émis par l’ONG. Même écho du côté de la presse militante et de certains élus, tels que la conseillère municipale Michèle Bleuse (Toulouse Vert Demain).

Greenpeace est bien un lanceur d'alerte. Soutien total aux militant(e)s https://t.co/DuiVzYupjL— MicheleBleuse (@Michèle Bleuse)


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« Loin de moi l’idée d’interdire à Greenpeace d’utiliser l’expression “lanceur d’alerte”, plaisante le sociologue Francis Chateauraynaud, créateur du concept en 1996. Mais, selon moi, leurs intrusions dans des sites nucléaires sont moins des “alertes” que des actions de “désobéissance civile”, avec pour objectif de maintenir la question nucléaire dans l’agenda médiatique. » Le terme peut sembler fourre-tout car il est utilisé par tout type d’acteurs dans tous types de circonstances. Par exemple, Jean-Marie Le Pen se qualifie de « lanceur d’alerte » dans ses mémoires, Fils de la nation, 1928-1972 (Muller, 2018), en parlant de ses positions politiques au sein du Front national, dont il ne fait plus partie.
En attendant que le tribunal correctionnel ne rende sa décision, le 28 juin, quelques clés pour comprendre le concept de « lanceur d’alerte » au prisme de l’affaire Greenpeace.
Les militants Greenpeace ont-ils enfreint la loi ?
OUI
Les militants sont poursuivis pour intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires. Ils voulaient ainsi dénoncer l’accessibilité et la fragilité des piscines d’entreposage de combustible nucléaire usé. « Alors que ces bâtiments sont les plus chargés en radioactivité, ils sont très mal protégés face aux risques d’attaques extérieures », indique un communiqué de l’ONG.
Avant la loi du 2 juin 2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires, les militants de Greenpeace n’auraient pu être poursuivis que pour « violation de domicile ».
Cette loi du député Claude de Ganay (LR) est surnommée « loi Greenpeace » par ses détracteurs puisque, depuis une dizaine d’années, l’ONG a coutume d’entrer dans des centrales pour dénoncer les dangers du nucléaire. « Entre 2003 et 2014, il y a eu quatorze intrusions, puis deux en six semaines fin 2017 », compte Mediapart. Le texte prévoit des peines allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, quand l’intrusion est commise soit avec une arme, soit en bande organisée.
A l’audience, le parquet a requis 30 000 euros d’amende pour Greenpeace en tant que personne morale, quatre mois de prison ferme pour les trois militants déjà sous le coup d’une peine de sursis et six mois d’emprisonnement avec sursis pour les autres. Le procureur de la République a qualifié l’action de Greenpeace de « ridicule, irresponsable et dangereuse ». Il a souligné le risque que l’ONG soit infiltrée par un terroriste venu commettre « un vrai attentat » sur un site nucléaire.
Les militants Greenpeace revendiquent-ils le statut de « lanceurs d’alerte » ?
OUI
Greenpeace considère que les actions coup de poing sont nécessaires pour alerter la population sur les dangers du nucléaire. En octobre 2015, son étude « La sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines d’entreposage du combustible en France et en Belgique » n’a pas été suivie d’effets concrets.

Pourquoi, après de multiples alertes sans réaction sur les failles de sécurité nucléaire, des militant-es de Greenp… https://t.co/AQtgQl85zr— greenpeacefr (@Greenpeace France)


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Leur avocat, Alexandre Faro, a notamment plaidé l’état de nécessité : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace », prévoit le Code pénal. Mais la condamnation a peu de chance d’être nulle. « Aujourd’hui, il n’y a pas de texte robuste qui protège ce genre d’action », décrypte la sénatrice Marie-Christine Blandin (Divers gauche) dans un débat vidéo sur l’intrusion des militants Greenpeace dans des sites nucléaires.
Pour rappel, des terroristes étudient régulièrement la possibilité d’attentats sur des sites nucléaires. L’un des terroristes du 11 septembre 2001 considérait une centrale nucléaire près de New York comme une cible possible. Les terroristes de Bruxelles avaient surveillé les abords d’un site nucléaire belge, avant de se faire exploser à l’aéroport et dans le métro, en mars 2016.
Les militants Greenpeace sont-ils protégés par la loi Sapin de 2016 sur les lanceurs d’alerte ?
NON
Ni le mode d’action ni le statut des militants de Greenpeace n’entrent dans la définition légale du lanceur d’alerte, essentiellement délimitée par la loi Sapin 2 de 2016. Cette loi protège les lanceurs d’alerte « internes » car elle a été pensée pour faire face aux affaires comme les « Panama Papers » ou « LuxLeaks » ; autrement dit, des salariés ou, par extension, des collaborateurs externes ou occasionnels tels que des stagiaires.
Se revendiquer « lanceurs d’alerte » devant les juges peut éventuellement inciter ces derniers à la clémence. « Aujourd’hui, la répression des mouvements sociaux, qu’il s’agisse de zadistes ou de manifestants, va crescendo. Cela m’interroge en tant que sociologue, mais aussi en tant que citoyen », confie Francis Chateauraynaud. En février, des militants Greenpeace ont été condamnés en première instance à deux mois de prison ferme pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom (Lorraine), en octobre 2017. Ils ont fait appel.
Greenpeace, également poursuivie en tant que personne morale, ne peut pas revendiquer ce statut : selon la loi Sapin 2, le lanceur d’alerte est une personne physique.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’incident s’est produit lors de heurts avec des gendarmes en marge des travaux de déblaiement.
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Notre-Dame-des-Landes : un homme grièvement blessé dans la ZAD en ramassant une grenade

L’incident s’est produit lors de heurts avec des gendarmes en marge des travaux de déblaiement.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 15h31
   





                        


La procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, a expliqué que l’incident s’était déroulé en marge de travaux de déblaiement de squats détruits, mardi 22 mai.
Selon les premiers éléments de l’enquête, une cinquantaine d’opposants radicaux encagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre à proximité du lieu-dit La Lande de Rohanne, en leur jetant notamment des cocktails Molotov et des projectiles. Pour se dégager, les forces de l’ordre ont répliqué par des jets de grenade, a déclaré Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, dans un communiqué. C’est à ce moment-là qu’un homme de 30 ans a eu la main arrachée en ramassant une grenade offensive GLI-F4, selon une source proche du dossier.

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« Cet homme a été grièvement blessé à la main en ramassant une grenade et se trouve en cours d’évacuation vers un hôpital », a déclaré Mme Canovas, qui se rendait sur place. Ses jours ne sont pas en danger, selon une source proche du dossier.
« La personne blessée a été traînée par les GM [gendarmes mobiles] pour l’évacuer de la Chateigne, avant d’être emmenée en ambulance à 12 h 30 sur le chemin de Suez par la Saulce. Flics, hors de nos vies », pouvait-on lire sur le site Internet de la ZAD.
« Une enquête a été ouverte par le parquet de Saint-Nazaire et confiée à la section de recherches de Nantes pour déterminer les circonstances précises des blessures occasionnées. L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie afin de préciser les circonstances de cette intervention », a déclaré M. Collomb, dans un communiqué.
Des grenades dont l’emploi est encadré
Les faits se sont déroulés à proximité du lieu-dit de la Chateigne, un des habitats précaires évacués par les gendarmes la semaine dernière.
Les travaux de déblaiement portaient mardi matin sur les sites de la Chateigne et la Vosgerie, deux habitats démantelés la semaine dernière, selon la gendarmerie. Les gendarmes ont dû dégager le chemin de Suez, qui était à nouveau jonché de barricades, pour accéder aux habitats démolis.
Dix « squats » ou lieux de vie ont été détruits ou évacués jeudi et vendredi dernier, après la destruction de 29 habitats au début d’avril sur les 97 qui étaient recensés dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
L’emploi de ces grenades lacrymogènes à effet de souffle, dites « GLI » pour « grenade lacrymogène instantanée » [une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle], est encadré depuis novembre 2014 et une décision du ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, qui souhaitait que l’utilisation de ces munitions se fasse « en binôme, un binôme composé du lanceur lui-même et d’un superviseur ayant le recul nécessaire pour évaluer la situation et guider l’opération ». L’annonce faisait suite à la mort d’un manifestant, Rémi Fraisse, en octobre 2014, lors de heurts avec les opposants au barrage de Sivens.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Les autorités d’Hawaï ont averti d’un phénomène dangereux lié à l’arrivée dans l’océan Pacifique de lave provenant du volcan Kilauea, entré en éruption le 3 mai.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Ce qui frappe le plus dans le discours contemporain de l’économie circulaire est le hiatus entre ses objectifs proprement révolutionnaires et la modestie des mesures préconisées, uniquement incitatives, explique dans sa chronique l’historien Jean-Baptiste Fressoz.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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La fonction essentiellement incantatoire de l’économie circulaire tourne en rond

Ce qui frappe le plus dans le discours contemporain de l’économie circulaire est le hiatus entre ses objectifs proprement révolutionnaires et la modestie des mesures préconisées, uniquement incitatives, explique dans sa chronique l’historien Jean-Baptiste Fressoz.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h49
    |

Jean-Baptiste Fressoz (Chercheur CNRS au Centre Alexandre-Koyré d’histoire des sciences et des techniques de l’Ecole des hautes études en sciences ...







                        



                                


                            

Transformations. La feuille de route pour une économie 100 % circulaire présentée par le gouvernement le 23 avril s’inscrit dans l’avalanche de rapports sur l’économie circulaire, qui se succèdent à un rythme effréné : Re-Circle : resource efficiency and circular economy (OCDE, 2018), Circular economy package (Commission européenne, 2018), Economie circulaire : réconcilier croissance et environnement (Institut Montaigne, 2016), L’Economie circulaire. Une stratégie de croissance et de compétitivité pour les entreprises (Medef, 2014), etc.
Du Medef au groupe chimique BASF, de l’OCDE aux think tanks libéraux et aux états-majors du CAC 40, tout le monde ou presque est dans la boucle. Le premier ministre, Edouard Philippe, vante la « sobriété heureuse » et cite même Pierre Rabhi. Danone, grand vendeur de pots de yaourt en plastique, signe un partenariat avec la navigatrice Ellen MacArthur pour lutter contre le continent de plastique. Alteo, une entreprise qui des décennies durant a déversé des millions de tonnes de boues rouges dans la Méditerranée, explique « être à fond dans l’économie circulaire ».
L’écologie a-t-elle enfin conquis les multinationales ?
Il n’y a en fait aucune raison de s’étonner, ni d’ailleurs de se réjouir, de ces noces du libéralisme et du recyclage. C’est depuis son origine que le capitalisme industriel rêve d’écologie industrielle. En 1823, à Paris, alors que se multiplient les plaintes contre la pollution, le Journal du commerce, défenseur des intérêts industriels, s’émerveille du pouvoir de « l’industrie chimique, qui conserve ce que la nature tend à détruire, qui reproduit ce que l’homme consomme, qui rétablit ce qu’il déplace ».
L’idée, développée par les chimistes français en particulier, est que l’industrie, si elle est guidée par les savants et l’innovation, peut transformer parfaitement les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La plus grande centrale hydroélectrique du pays, encore en construction, devait assurer 17 % de l’électricité consommée par les Colombiens.
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Alerte en Colombie autour d’un barrage qui menace de céder

La plus grande centrale hydroélectrique du pays, encore en construction, devait assurer 17 % de l’électricité consommée par les Colombiens.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h14
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Les autorités colombiennes ont les yeux rivés sur Hidroituango. La construction de ce barrage dans le département central d’Antioquia a tourné au cauchemar : 25 000 personnes ont déjà été évacuées en aval. Cent dix mille autres sont menacées de devoir tout quitter dans l’urgence si le pire ne peut être évité : la rupture de la digue d’Hidroituango est désormais un scénario envisagé.
Les pluies continuent, alors que depuis qu’au début de mars, l’évacuation des eaux – nécessaire à la conclusion du barrage – se fait mal. « Difficile de savoir si Hidroituango va pouvoir être sauvé », a admis, accablé, Jorge Londono, gérant d’Empresas Publicas de Medellín (EPM), l’entreprise municipale responsable du projet.
Appelé à produire quelque 2 400 mégawatts d’électricité par jour et à fournir 17 % de l’électricité consommée par les 49 millions de Colombiens, le barrage se trouve sur le rio Cauca – le principal affluent du grand fleuve Magdalena –, à 170 kilomètres de la ville de Medellín. La digue de 225 mètres de haut est prévue pour retenir 20 millions de mètres cubes, soit un lac de 70 kilomètres de long. Les travaux d’Hidroituango ont commencé en 2012, sa mise en service partielle était programmée pour la fin de l’année.
Depuis le début du mois, les équipes se relaient jour et nuit sur le chantier pour éviter le drame. Au risque de leur vie, les travailleurs tentent d’élever la digue à hauteur de 410 mètres (sur le niveau de la mer) afin que l’eau accumulée puisse être drainée par la conduite latérale d’évacuation des crues. Si l’eau devait déborder par-dessus la digue inachevée, sans parapet, la structure de celle-ci pourrait céder comme un château de sable mouillé. Le coût du mégaprojet est estimé à près de 12 billions de pesos, soit 3,5 milliards d’euros.
Turbines inutilisables
Dimanche, le maire de Medellín, Federico Gutierrez, a annoncé que le niveau des eaux était reparti à la hausse, sous l’effet conjugué de pluies et d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ A l’occasion de la Journée mondiale de la biodiversité, ce mardi 22 mai, retour sur le cas de ces grands singes asiatiques dont la population diminue rapidement.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Copenhague, Amsterdam et Oslo sont en tête du premier classement des villes européennes en matière de mobilité et de qualité de l’air réalisé par Greenpeace.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/05/2018
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Qualité de l’air : Paris à la traîne des capitales européennes

Copenhague, Amsterdam et Oslo sont en tête du premier classement des villes européennes en matière de mobilité et de qualité de l’air réalisé par Greenpeace.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 10h38
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Copenhague, Amsterdam, Oslo. Voilà le trio de tête du premier classement des capitales européennes réalisé par Greenpeace sous le prisme de la mobilité et de la pollution de l’air. Publié mardi 22 mai, Le Monde en dévoile les résultats.
Paris émerge en milieu de tableau, à la 7e place, également devancée par Zurich (4e) – préférée à Berne pour la Suisse –, Vienne et Madrid. Elle coiffe d’une courte tête Bruxelles (8e). Suivent Budapest, Berlin, Londres, Moscou et Rome, la lanterne rouge.
Pour établir ce classement, Greenpeace a fait appel à l’Institut Wuppertal. Spécialisé dans les questions liées au changement climatique et à la transition énergétique, le centre de recherche allemand a passé au crible treize grandes villes. Afin de mesurer et comparer leurs performances en termes de « mobilité durable », l’Institut Wuppertal a sélectionné vingt et un critères répartis en cinq catégories : transports publics (densité de stations, pourcentage de trajets en transport en commun ou prix du billet), sécurité routière (accidents et décès de cyclistes et de piétons), qualité de l’air (exposition au dioxyde d’azote et aux particules fines), gestion des déplacements (embouteillages, prix des parkings, vélos et autos partagés, zones à basse émission) et mobilités actives (part de la marche et du vélo dans les déplacements, espaces verts dans la ville). Les chercheurs ont ensuite attribué des notes sur 20 pour chaque catégorie avec un total maximal de 100 points.
« Encore de gros efforts »
Avec un score de 38,75 sur 100, Paris est loin de la moyenne. Berlin et Londres, deux capitales avec lesquelles elle rivalise sur la scène internationale, font pire avec 34,50 chacune. Elle se consolera aussi en constatant que seules les trois villes sur le podium obtiennent la moyenne et qu’aucune ne décroche de mention : Copenhague (57), Amsterdam (55) et Oslo (50).
Si le trio de tête n’a pas vraiment surpris les chercheurs, tant ces trois villes du nord de l’Europe sont réputées depuis des années comme des paradis pour les cyclistes, la mauvaise place de Paris a été une découverte. « Les analyses empiriques nous ont apporté des résultats inattendus comme le classement bas de Paris », commente Santhosh Kodukula, qui a piloté l’étude pour l’Institut Wuppertal.
« Paris est souvent citée au niveau international comme un très bon exemple en matière de mobilité, et nous avions en tête les annonces audacieuses de la ville, telle l’interdiction du diesel d’ici à 2024. Nous nous attendions donc à retrouver des actions aussi audacieuses sur le terrain. Or, ce que nous avons constaté avec l’étude, c’est qu’il y a des aspects qui méritent encore de gros efforts », relève le chercheur. 
Principal point noir, la qualité de l’air. La maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait l’un des combats de son mandat, avec notamment la fermeture des voies sur berge à la circulation. Sur ce critère, Paris arrive en 12e position avec la note de 9,50/20. Pas brillant. Seul Moscou fait (beaucoup) moins bien, avec 3,50.
Paris est bien notée pour ses transports publics
L’évaluation se fonde sur les niveaux d’émissions pour l’année 2017 des trois principaux polluants : le dioxyde d’azote (NO2) – pour lequel la Commission européenne vient de renvoyer la France devant la justice –, les particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm) et PM2,5 (inférieur à 2,5 µm). Les Parisiens sont exposés à des valeurs annuelles qui dépassent largement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le NO2 (40µg/m3) et pour les PM2,5 (10µg/m3). Oslo est la seule ville qui respecte les normes de l’OMS sur l’ensemble des polluants.
Autre point noir, la congestion du trafic. Paris est l’une des capitales les plus engorgées. Le temps de transport moyen est augmenté d’environ 38 % à cause des difficultés de circulation. Des bouchons en hausse de 10 % en 2017 en Ile-de-France, selon une étude récente réalisée par l’application d’information routière V-Traffic.
Paradoxalement, la part de la voiture dans les déplacements des Parisiens (15,8 %) est la plus faible comparée aux autres capitales. Elle atteint ainsi 34 % pour le champion, Copenhague. Paris a un handicap insurmontable par rapport aux leaders du classement : sa population totale (petite couronne comprise) et sa densité (21 000 habitants au km²), plus de deux fois supérieure à celle de la capitale du Danemark (9 000 habitants/km²).
Sans surprise, Paris est en revanche bien notée (2e) pour ses transports publics. Mais les auteurs précisent qu’un bon réseau n’est pas suffisant. Ils encouragent ainsi les pouvoirs publics à faire une plus grande place au vélo. La bicyclette ne représente que 3 % des déplacements des Parisiens, contre 30 % pour les habitants de Copenhague. Les rues de la capitale danoise sont organisées autour des besoins des piétons et des cyclistes, notent les auteurs : « Les voitures ne dominent pas, elles sont seulement un autre usage de l’espace. »
« Paris est toujours asphyxiée par la pollution de l’air, car ses rues sont encore trop encombrées par les voitures, commente Sarah Fayolle, de Greenpeace France. A l’image de Copenhague, Amsterdam ou Oslo, qui privilégient la santé de leurs habitants et l’environnement, Paris doit se montrer à la hauteur de ses ambitions et avancer très concrètement vers l’objectif qu’elle s’est fixé d’une ville libérée de la voiture individuelle. » Anne Hidalgo cite souvent Copenhague en modèle. Le chemin est encore long.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ La NASA a publié, le 16 mai, une cartographie de l’évolution des stocks d’eau douce sur Terre entre 2002 et 2016. L’expérience baptisée GRACE dévoile l’ampleur des fluctuations.
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<article-nb="2018/05/22/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ A Hawaï, l’entrée en contact de la lave avec l’océan, a entraîné une réaction chimique et la formation d’un nuage toxique.
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<article-nb="2018/05/22/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ L’adjoint d’Anne Hidalgo aux transports a été élu président de la Fédération européenne des cyclistes, un lobby pro-vélo européen qui siège à Bruxelles.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’actrice et l’humoriste, réunis dans une vidéo, font pression sur le gouvernement à la veille de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.
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Brigitte Bardot et Rémi Gaillard unis contre la maltraitance dans les abattoirs

L’actrice et l’humoriste, réunis dans une vidéo, font pression sur le gouvernement à la veille de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 08h05
   





                        



   


« On a en commun une révolte terrible contre la façon dont on tue les animaux dans les abattoirs. » Brigitte Bardot et Rémi Gaillard demandent, dans une vidéo, que la vidéosurveillance soit imposée aux abattoirs comme l’avait promis le candidat Emmanuel Macron.
Incarnation de deux générations, l’actrice et l’humoriste, grands amis des bêtes, ont choisi de diffuser leur petit film sur les réseaux sociaux lundi, veille du début de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi agriculture et alimentation.
Les images montrent Brigitte Bardot dans son jardin de La Madrague découvrant de nouvelles images de l’abattoir d’Alès (Gard), déjà épinglé en 2015, tournées en caméra cachée en février 2018, selon Rémi Gaillard.

Avec cette vidéo, Brigitte Bardot a expliqué à l’Agence France-Presse vouloir toucher « un maximum de gens, pour leur demander de faire attention à ce qu’ils mangent quand ils mangent un bifteck ou une côte de porc ».
La vidéosurveillance, promesse restée lettre morte
Dans le collimateur des deux activistes, le ministère de l’agriculture, qui a retiré du projet de loi le contrôle vidéo obligatoire en abattoir. « Pour le moment, Macron ne fait rien, et le peu qu’il fait est le contraire de ce qu’on demande : il fait ami ami avec les chasseurs, rétablit les chasses présidentielles… », critique Brigitte Bardot.
A partir du 1er janvier 2018, des caméras de vidéosurveillance devaient être installées dans les abattoirs français, selon le projet de loi qui n’avait pu être adopté qu’en première lecture un an plus tôt, avant les élections législatives. Aujourd’hui, le nouveau projet, issu des états généraux de l’alimentation et présenté par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, ne mentionne pas cette mesure. Un détail qui n’a d’ailleurs pas échappé à Olivier Falorni, député et porteur de la proposition, qui a demandé au gouvernement de tenir ses promesses.
Cette prise de conscience de certains députés ou responsables « donne un petit espoir », selon Brigitte Bardot, laquelle constate aussi une évolution : « Les gens voient les images. Avant, ils ne savaient pas. »

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Diplômé de Polytechnique et de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Romain Lacombe a cofondé en 2014 la start-up Plume Labs, qui aide à mieux se protéger de la pollution de l’air.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

« Il faut développer l’accès aux données pour encourager le développement durable »

Diplômé de Polytechnique et de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Romain Lacombe a cofondé en 2014 la start-up Plume Labs, qui aide à mieux se protéger de la pollution de l’air.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 09h00
    |

                            Ingrid Seithumer








                        



   


Étudier et vivre aux Etats-Unis ont été pour Romain Lacombe, 33 ans, des phases-clés dans la construction de son parcours professionnel. D’abord parce que son master au MIT « était très axé sur l’application et l’approche empirique », mais aussi parce qu’il y a pris conscience que la création d’entreprise « pouvait être une profession ». « A l’issue de mon master, j’ai travaillé pour la Banque mondiale à Washington. Les projets les plus intéressants que je voyais passer étaient tous des projets de start-up », se souvient-il. D’ailleurs, après avoir lancé un premier projet d’application de géolocalisation, cet ingénieur diplômé de ­Polytechnique et des Ponts et Chaussées revient en France, convaincu qu’il faut développer l’accès aux données (open data) pour encourager le développement durable.
Il rédige pour le compte du ministère de l’économie numérique un rapport sur l’accès aux données publiques puis intègre la mission Etalab, rattachée au cabinet du premier ministre pour travailler à l’élaboration du site Data.gouv.fr. « Il me manquait un lien avec l’innovation », dit-il. En préparant le Marathon de Paris, au milieu des pots d’échappement, lui vient l’idée qui sera à l’origine de Plume Labs : alerter sur les fléaux de la pollution de l’air.
Une idée qui a fait son chemin. Elle a compté parmi les « ambassadeurs de la French Tech » à la COP21, en décembre 2015. « Notre petite contribution à ce sommet historique ? Nous avons publié la première carte qui prédit les niveaux de pollution heure par heure dans plus de 220 villes du monde grâce à des algorithmes prédictifs », lit-on sur le site de la start-up, qui emploie une vingtaine de salariés aux profils variés. Présente dans 65 pays avec l’application Plume Air Report, la firme vient de lancer les précommandes de Flow, un ­capteur individuel nomade de qualité de l’air.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéens vont commencer, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs vœux d’orientation formulés de janvier à mars sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.
Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.
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Loi Pacte : « Trois risques pour l’entreprise »

Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h44
    |

Christian Nouel (Président de la Fondation Croissance responsable) et Jean-Baptiste Danet (Président de CroissancePlus)







                        



                                


                            

Tribune. Dans quelques semaines sera déposé au Parlement le projet de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui devrait proposer une modification de l’article 1833 du code civil, commandant à l’entreprise d’être responsable vis-à-vis de la société.
Pour les entrepreneurs, ce débat est délicat : s’ils s’opposent directement à ce changement en expliquant que l’entreprise n’a pas une vocation d’intérêt général, on les accusera de protéger leurs seuls intérêts financiers. S’ils argumentent que leurs entreprises ont déjà une contribution sociale, au sens large, et que ce changement est inutile, on leur reprochera de porter une vision conservatrice de leurs intérêts…
Les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises, très concernés par l’impact sociétal de leurs activités, ne peuvent donc que soutenir cette réforme.
La responsabilité sociale vectrice de croissance
D’une part, ils ont parfaitement conscience de devoir répondre aux attentes de nombreuses parties prenantes : les consommateurs – 73 % des « millenials » acceptent de payer plus cher un produit ou un service « responsable » ; les collaborateurs – qui souhaitent concilier qualité de vie et travail et donner du sens à leur engagement au sein de leur entreprise ; les investisseurs – soucieux de pérennité, dont les investissements dits responsables représentaient en 2016 plus de 25 % des actifs sous gestion.
D’autre part, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises sont convaincus que la responsabilité sociale est vectrice de croissance et créatrice de valeur durable de long terme. Plus responsable, leurs entreprises accèdent à de nouveaux modèles économiques et à de nouveaux marchés, liés à la poursuite des dix-sept « objectifs de développement durable » des Nations unies.

Ils peuvent mieux prévenir les risques et constituent un puissant moteur d’innovation. Ils permettent de valoriser les marques, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’Assemblée examine le projet de loi à partir de mardi 22 mai. Le sort fait au texte issu des Etats généraux de l’alimentation sera suivi de près par les agriculteurs et les ONG.
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L’Assemblée nationale se penche sur la loi fixant les relations entre producteurs et distributeurs

L’Assemblée examine le projet de loi à partir de mardi 22 mai. Le sort fait au texte issu des Etats généraux de l’alimentation sera suivi de près par les agriculteurs et les ONG.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Inquiétude et fortes attentes. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’état d’esprit des agriculteurs comme des ONG avant l’arrivée du projet de loi « agriculture et alimentation » devant l’Assemblée nationale, mardi 22 mai. Déjà, les discussions ont été vives lors du passage du texte en commission, où plus de 1 800 amendements ont été examinés.
Le projet de loi « pour un équilibre des relations commerciales dans le secteur agroalimentaire », est le fruit des Etats généraux de l’alimentation (EGA). Une initiative inédite qui a réuni pendant près de six mois l’ensemble des acteurs de la filière, agriculteurs, industriels, distributeurs mais aussi ONG et élus.
Mettre fin à la guerre des prix
A mi-parcours, en novembre 2017, le président de la République Emmanuel Macron, avait promis un texte législatif. Il citait l’un de ses objectifs prioritaires : mettre fin à la guerre des prix à laquelle se livrent les grandes enseignes de distribution, destructrice de valeur pour tous et source de prix non rémunérateurs pour les agriculteurs. La première mission du projet de loi, son ambition revendiquée, est de mieux répartir la valeur dans la chaîne alimentaire et d’assurer un revenu décent aux agriculteurs.

Le gouvernement a retenu d’abord deux mesures phares. D’abord, la revalorisation du seuil de revente à perte de 10 %, ce qui revient, pour la grande distribution, à ajouter le coût logistique au prix d’achat du produit pour les denrées alimentaires. Ensuite, l’encadrement des promotions avec un cadrage politique fixant les limites à 34 % en valeur et à 25 % en volume. Ce qui aboutirait à interdire les offres du type « un gratuit pour un acheté ». Des mesures qui doivent être prises par ordonnance dans les six mois suivant la publication de la loi, pour une période test de deux ans.
La revalorisation du seuil de revente à perte a suscité une levée de boucliers de Leclerc. Le distributeur affirme qu’elle serait source d’inflation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.
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A Luçay-le-Libre, trop d’éolien tue l’éolien

Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h13
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. De sa ferme située au milieu du village de Luçay-le-Libre, Luc Pion a une vue imprenable sur quinze années d’activité éolienne dans le nord-est du département de l’Indre. Un tour sur soi-même à 360 degrés permet, ici, d’embrasser du regard une cinquantaine d’éoliennes, réparties sur sept sites et autant de communes. Les plus proches sont situées à 3 000 mètres, les plus éloignées à une quinzaine de kilomètres. Le spectacle de ces rotors en action sur leurs pylônes géants ne déplaît pas à l’agriculteur récemment retraité. Au contraire. Depuis qu’il a été élu maire de Luçay-le-Libre, en 2005, Luc Pion se démène sans compter pour que sa commune de 110 habitants possède elle aussi son parc d’aérogénérateurs. En vain.
La raison mise en avant, en mars, par la préfecture de l’Indre pour retoquer son dernier projet d’implantation devrait prospérer dans les années qui viennent : les huit éoliennes prévues – six sur Luçay-le-Libre, deux sur le village limitrophe de Giroux – provoqueraient un « risque de saturation visuelle » dans le paysage. Calculé en fonction de plusieurs indices, notamment le ratio entre le nombre d’appareils et l’angle d’horizon, ce « risque » serait devenu particulièrement élevé dans cette partie du Berry appelée la Champagne berrichonne. L’étude d’impact a dénombré un total de 87 éoliennes dans un rayon de 20 kilomètres, sans compter 45 éoliennes « autorisées » mais encore non mises en service, ainsi que 29 autres dont le dossier est en cours d’instruction.
Tenir le bon bout
Le « drame » de Luçay-le-Libre est d’avoir été l’une des toutes premières communes des environs à se lancer dans la course à l’éolien, et d’avoir vu la plupart de ses voisines concrétiser leurs projets. La première enquête publique diligentée sur ce bourg voué à la culture céréalière remonte à 2006 : bien qu’ayant reçu les faveurs du préfet de l’époque, le dossier avait été invalidé en justice après le recours d’une association...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Les opérations dans la « ZAD » ne seront terminées « que le jour où l’Etat de droit sera totalement respecté », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.
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La deuxième vague d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes s’achève dans le calme

Les opérations dans la « ZAD » ne seront terminées « que le jour où l’Etat de droit sera totalement respecté », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 01h47
   





                        



   


Dix nouveaux « squats » ont été évacués, vendredi 18 mai, lors de la deuxième phase d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Mais les opérations dans la « ZAD » (« zone à défendre ») ne seront terminées « que le jour ou l’Etat de droit sera totalement respecté, c’est-à-dire lorsque la libre circulation sera rétablie et que l’ensemble des terres et des bâtiments sera occupé de manière légale », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.
Vendredi, les opérations se sont déroulées dans une ambiance calme. Plusieurs dizaines de camions de gendarmerie ont pris position avant 6 heures dans le secteur de La Freusière, près de Saint-Jean-du-Tertre, à l’extrémité ouest de la ZAD. L’accès a été interdit à la presse.

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De nouvelles barricades avaient cependant vu le jour sur la D81, qui traverse la ZAD sur un axe Nord-Sud, et la D281, l’ex-« route des chicanes ». Comme la veille, la liste des lieux de vie visés par les forces de l’ordre avait été communiquée aux occupants.
Trente-neuf « squats » détruits depuis le début d’avril
Nicole Klein, préfète des Pays de la Loire, a assuré vendredi que cette opération avait concerné « uniquement des squats qui ne s’inscrivaient dans aucun des projets agricoles déposés en préfecture ». « Leurs occupants refusaient donc toute discussion et rejetaient l’idée d’occuper ces terres de façon légale. Ce n’était pas acceptable », a-t-elle ajouté.
Parallèlement, deux opérations de police judiciaire ont été menées à la Freusière dans le cadre de l’enquête ouverte sur un tir de fusée d’artifice contre un hélicoptère de la gendarmerie en avril, ainsi qu’à l’Isolette pour d’autres infractions, a annoncé la gendarmerie. Deux personnes ont été interpellées pour transport de matières explosives.
Cette deuxième phase d’expulsion avait commencé jeudi, un peu plus d’un mois après le lancement d’une première phase sur le site initialement prévu pour un aéroport auquel le gouvernement a renoncé. Lors de l’opération d’expulsion en avril, vingt-neuf habitats avaient été détruits sur les 97 que comptait la ZAD.

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L’opération survient quelques jours après l’annonce par le gouvernement d’une régularisation rapide d’une quinzaine de projets agricoles déposés par des occupants. Des conventions d’occupation précaire (COP), prévues par le Code rural, seront signées « dans les prochains jours » par les porteurs de ces projets maraîchers, ovins, bovins, d’apiculture, ou de plantes aromatiques, avait précisé lundi le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.
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Nicolas Hulot « sonne le tocsin » de la biodiversité en danger

Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h20
    |

            Pierre Le Hir








                        


Porter le combat contre l’érosion de la diversité du vivant au même niveau que la lutte contre le dérèglement climatique. C’est l’objectif de la « mobilisation de la France en faveur de la préservation de la biodiversité » à laquelle a appelé Nicolas Hulot, vendredi 18 mai à Marseille.
L’homme est devenu « une arme de destruction massive » contre la nature, a-t-il plaidé : « Je veux aujourd’hui sonner le tocsin et lancer ce cri de mobilisation générale. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. On ne doit pas prendre ça comme une tâche insupportable : ce qu’on donne à la nature, elle vous le rend mille fois. » Et d’ajouter que pour l’humanité, « l’heure de vérité » est arrivée.
Après une matinée sur le terrain, consacrée à une visite en bateau du parc national des Calanques, suivie d’une rencontre avec les responsables du conservatoire du littoral, le ministre de la transition écologique et solidaire a annoncé que le point d’orgue de cette mobilisation serait la tenue à Marseille, en juin 2020, du septième congrès mondial de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Deuxième piller de sa politique
M. Hulot n’a en revanche qu’esquissé les contours, sans en préciser le contenu, du « plan biodiversité » annoncé depuis plusieurs mois et attendu avec impatience par les associations environnementales. Celui-ci devrait être finalisé en juillet, après un comité interministériel prévu le 28 juin. Il sera précédé d’une consultation du public, menée du 18 mai au 7 juin via un site internet, autour de cinq thèmes : « Qualité de vie et santé, produire et consommer, nature et territoires, engager la société, action internationale. »
Le plan biodiversité lui-même, indique simplement le ministère, sera articulé autour de cinq axes :
« Protéger la biodiversité pour améliorer notre cadre de vie et nous adapter au changement climatique ; faire de la biodiversité le moteur du changement de nos sociétés de production et de consommation pour réduire notre empreinte écologique en France et dans le monde ; protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes ; créer un cadre européen et international ambitieux pour la protection de la biodiversité ; rendre la connaissance et l’action pour la biodiversité accessible à tous. »
Si ces têtes de chapitre ont le mérite de couvrir largement les enjeux de la préservation de la biodiversité, elles ne permettent guère, à ce stade, d’évaluer l’ambition du futur plan. M. Hulot assure pourtant vouloir en faire « le deuxième pilier de sa politique », avec le « plan climat » annoncé en juillet 2017, qui vise à atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle.

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Les alertes se multiplient
Semaine après semaine, les scientifiques lancent l’alerte : chute de près de 80 % des populations d’insectes en Europe au cours des trois dernières décennies, déclin vertigineux des oiseaux dans les campagnes françaises… Jeudi encore, une nouvelle étude a montré comment le réchauffement climatique mettait en péril la faune et la flore sauvages. En novembre 2017, dans Le Monde, 15 000 scientifiques avaient lancé un appel à sauver la planète, prévenant qu’« il sera bientôt trop tard ».

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La France est concernée au premier chef. Elle recèle, grâce à ses territoires ultramarins, une biodiversité exceptionnelle. Selon le bilan 2017 de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), elle abrite en particulier 16 733 espèces endémiques - que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde - dont 80 % dans les outre-mer.
Mais elle est aussi l’un des pays qui héberge le plus grand nombre d’espèces animales et végétales en danger au niveau mondial. Le tableau brossé par l’ONB est particulièrement préoccupant : régression de 23 % des populations d’oiseaux communs (les plus sensibles aux dégradations des écosystèmes) entre 1989 et 2015 ; effondrement de 46 % des populations de chauve-souris entre 2006 et 2014 ; menaces sur la survie de 31 % des espèces suivies dans les « listes rouges » de l’UICN et du Muséum national d’histoire naturelle.
Les écosystèmes sont eux-mêmes sous pression : 52 % seulement des milieux humides et 43 % des eaux de surface sont en « bon état de conservation », tandis qu’à peine 22 % des milieux naturels d’intérêt européen sont dans un état satisfaisant. En revanche, 64 % des récifs coralliens sont en état stable ou en amélioration. Les raisons en sont bien identifiées, souligne l’ONB : « Destruction, dégradation ou banalisation des milieux naturels, espèces exotiques envahissantes, pollutions, pression démographique, changement climatique ».
Beaucoup d’incertitudes
Reste à savoir, au-delà du « top départ de la mobilisation » - pour reprendre son expression - donné à Marseille par Nicolas Hulot, quel sera la teneur concrète du plan qui sera arrêté cet été. Quelles seront les mesures permettant d’aller plus loin que la loi d’août 2016 pour « la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », portée par l’ex-ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et sa secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili ? Quels moyens y seront-ils affectés ? Quels relais politiques M. Hulot trouvera-t-il au sein d’un exécutif plus soucieux d’économie que d’écologie ?
L’engagement personnel en faveur de la biodiversité de l’ancien animateur d’« Ushuaia » et du créateur de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) ne fait aucun doute. Il a, sur ce sujet, gardé une sensibilité exacerbée. En mars, à l’Assemblée nationale, il avait recueilli une standing ovation des députés en exhortant à un « sursaut d’indignation » face à l’extinction du vivant. « Moi ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », avait-il lancé d’une voix blanche, ajoutant : « Oui je vais vous présenter un plan biodiversité dans les semaines qui viennent (…), mais très sincèrement, tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns. »

Pour autant, depuis son entrée au gouvernement, voilà tout juste un an, le ministre de la transition écologique n’a guère agi dans ce domaine. Il s’est surtout illustré en autorisant, un mois après sa prise de fonction, l’abattage de deux loups supplémentaires, puis en arrêtant, en février 2018, un « plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage », visant à assurer une population de 500 canidés à la fin du quinquennat, contre 360 aujourd’hui. Un texte qui ne satisfait pas plus les éleveurs que les écologistes. Il a aussi annoncé, fin mars, la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées, à l’automne, rouvrant là encore un dossier explosif.

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Grands rendez-vous
Pour porter haut la bannière du vivant, M. Hulot mise sur la caisse de résonance de plusieurs rendez-vous internationaux qui seront accueillis en France. Le congrès mondial de la nature en 2020, donc, pour lequel la cité phocéenne était la seule ville candidate. Mais aussi, fin avril-début mai 2019, la septième session plénière de la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. S’y ajoutera, en 2019 aussi, la présidence française du G 7, que le ministre veut mettre à profit pour pousser le thème de la préservation du vivant.

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Ces « grand-messes » pourraient être à la biodiversité ce que la COP21 de 2015, à Paris, a été au climat : l’occasion de mobiliser l’opinion publique et les gouvernements sur une cause aujourd’hui négligée, en même temps que d’afficher aux yeux du monde le volontarisme de la France. Ils permettront, veut croire le ministre, « un changement d’échelle ».
Encore devront-ils être suivis - et si possible précédés - de mesures concrètes pour enrayer la disparition en cours de la vie sauvage. On l’a vu sur le climat : le verbe haut de la France et de son président, Emmanuel Macron, ne s’est pour l’instant guère traduit par des effets tangibles. France Nature Environnement a déjà averti : « Le futur plan national en faveur de la biodiversité doit constituer le point de départ d’un nouvel engagement fort de l’ensemble de la société, et en premier lieu de l’Etat ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ En 1973, Pierre et Catherine R., éleveurs de bétail, achètent un terrain sur la commune de Sées (Orne), et y font construire leur maison. Trente ans plus tard, la société Service Environnement Propreté Valorisation (SEP Valorisation) s’installe sur un terrain mitoyen et démarre une activité de compostage de déchets provoquant son lot de nuisances.
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