<FILE-date="2018/05/22/19">

<article-nb="2018/05/22/19-1">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’accord de gouvernement entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) précise, entre autres points, qu’un membre de gouvernement ne doit pas appartenir à la franc-maçonnerie. Cette interdiction nous ramène-t-elle aux origines du fascisme italien, se demande l’historien Jean-Yves Frétigné, dans un courrier au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Même si de réels défis restent à relever, la coopération entre la Chine et l’Afrique progresse rapidement, juge la chercheuse chinoise He Wenping dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« La Chine a besoin de l’Afrique comme l’Afrique a besoin de la Chine »

Même si de réels défis restent à relever, la coopération entre la Chine et l’Afrique progresse rapidement, juge la chercheuse chinoise He Wenping dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h47
    |

He Wenping (Chercheuse au Centre de recherche sur l’Asie occidentale et l’Afrique de l’Académie des sciences sociales de Chine ainsi qu'au Charhar ...







                        



                                


                            

Tribune. Au mois de mars, à peine quinze jours après la clôture de la réunion des « deux assemblées » de Chine, les présidents de trois pays africains, le Cameroun, la Namibie et le Zimbabwe, se sont successivement rendus en Chine.
Ces trois pays ont exprimé leur espoir de renforcer la stratégie de développement de leur pays et manifesté leur ferme volonté de s’associer au projet « B & R » (One belt, one road) de coopération économique sur la Nouvelle route de la soie avec la Chine. La Chine s’est en outre engagée à élever les relations avec la Namibie et le Zimbabwe au niveau du compagnonnage pour une coopération stratégique totale. On peut affirmer que la visite des trois présidents a inauguré l’« année de l’Afrique » en Chine en 2018.
Dans l’histoire, la Chine et les pays africains ont subi les violentes agressions et gouvernances coloniales et ont mené des luttes de libération contre l’impérialisme et le colonialisme jusqu’à leur indépendance. De nos jours, ils participent en profondeur à la mondialisation et portent la revendication commune d’un développement économique durable. Pour cette raison, chacun considère ses partenaires comme une chance de développement et un point d’appui important de sa stratégie internationale.
La Chine a besoin de l’Afrique comme l’Afrique a besoin de la Chine. La création en l’an 2000 du « Forum de la coopération sino-africaine » a servi de plate-forme stratégique institutionnelle pour le renforcement des échanges bilatéraux, de la communication et de la coopération entre la Chine et l’Afrique, ce qui a permis à la coopération sino-africaine, dans les dix-huit dernières années, de connaître un développement rapide et multiforme.
La Chine devant les Etats-Unis
Depuis la création de la République populaire, ce fut la période qui a connu le développement des relations sino-africaines le plus rapide. Depuis 2009, la Chine a dépassé les Etats-Unis, en tant que premier partenaire...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Italie : Europe, défense, Russie... les principaux points du contrat de coalition entre la Ligue et le M5S

Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h47
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
DOCUMENT. [C’est un texte qu’il ne faudrait surtout pas prendre à la légère. Le « contrat pour un gouvernement de changement » présenté lundi 21 mai, au palais du Quirinal, au président de la République italienne, Sergio Mattarella, dont Le Monde publie ici de larges extraits, est le premier document produit par l’alliance entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, les deux formations ayant obtenu à elles deux la majorité au soir des élections du 4 mars. Il est censé, pour ses auteurs, constituer la feuille de route du gouvernement. Or, dans sa forme comme dans le fond qu’il exprime, il constitue une profonde rupture dans l’histoire de la démocratie italienne.
D’abord, il se veut un « contrat », autrement dit un texte contraignant entre les parties, donnant corps à la coalition. Présenté par le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, comme l’équivalent des très stricts contrats de coalition allemands, il n’a en réalité pas grand-chose à voir avec ce genre de documents politiques. Il se borne, en une trentaine d’articles classés par ordre alphabétique et un préambule, à formuler des objectifs, rarement chiffrés, que les deux parties s’approprient, et s’engagent par leur signature à défendre ensemble.
Dans le détail, plutôt que de chercher des terrains d’entente, de poser noir sur blanc les éléments d’un compromis, forcément douloureux, la logique a plutôt été de superposer les revendications. Aussi le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a-t-il raison de dire que « 90 % du programme de la Ligue y est ». Le problème est que Luigi Di Maio (M5S), dont les vues sur de nombreux sujets sont très différentes, peut assurer la même chose à sa base…
Le résultat est un curieux patchwork sans véritable cohérence idéologique. Il se fait dangereusement précis pour définir les contours d’un tour de vis sécuritaire sans précédent, mais reste parfois allusif sur certains sujets explosifs (la fin de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ A rebours des acteurs de la grande distribution, Michel Biero, gérant des achats de Lidl France, se prononce pour une hausse de la rémunération des éleveurs et des producteurs.
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« Il faut payer les éleveurs et les producteurs au prix juste pour leur permettre de vivre dignement »

A rebours des acteurs de la grande distribution, Michel Biero, gérant des achats de Lidl France, se prononce pour une hausse de la rémunération des éleveurs et des producteurs.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h18
    |

Michel Biero (Gérant de Lidl France)







                        



                                


                            

Tribune. C’est devenu un lieu commun : le monde agricole se trouve dans une situation critique. Et ne nous le cachons pas : la grande distribution a sa part de responsabilité. A force de jouer la guerre des prix, la course à la promotion permanente, elle a failli. Les images navrantes des émeutes pour des pots de Nutella ou des couches Pampers illustrent la faillite de ce modèle. Personne ne peut être fier de cette situation.
Les éleveurs souffrent d’une chose et d’une seule : ne pas être payés à la hauteur de leur contribution à une filière essentielle à la compétitivité française. Les chiffres sont plus parlants que les mots : près de 20 % des exploitants étaient en déficit en 2016 ; et 30 % d’entre eux avaient un revenu inférieur à 350 euros par mois. Rappelons également qu’environ 250 exploitations agricoles disparaissent chaque semaine en France.
Lors d’une allocution à Rungis, le 11 octobre 2017, le président de la République a rappelé plusieurs principes essentiels : prendre en compte les coûts de production dans la fixation du prix, stopper la guerre des prix et la dévalorisation permanente du revenu des agriculteurs, encadrer les promotions permanentes sur les produits alimentaires.
Un projet trop timide
Pour répondre à cette urgence, le gouvernement a lancé les Etats généraux de l’alimentation, débat collaboratif qui a permis à chaque filière d’échanger et de proposer des solutions pérennes. Toutes les conclusions aboutissaient au même résultat : il faut payer les producteurs au prix juste pour leur permettre de vivre dignement et mettre un terme à la situation actuelle. Le projet de loi qui reprend ces conclusions et qui s’apprête à être débattu au Parlement est fidèle à l’esprit de ces Etats généraux. Mais soyons honnêtes : il ne va pas assez loin. Il est trop timide sur les sujets fondamentaux.

Les premières discussions parlementaires menées fin avril ont, néanmoins, apporté une modification...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Bruno Parent, directeur général des finances publiques, plaide dans une tribune au « Monde » la cause de la réforme, controversée, du prélèvement de l’impôt sur le revenu.
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Il faut « dissiper quelques craintes concernant le prélèvement à la source »

Bruno Parent, directeur général des finances publiques, plaide dans une tribune au « Monde » la cause de la réforme, controversée, du prélèvement de l’impôt sur le revenu.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h43
    |

Bruno Parent (Directeur général des finances publiques)







                        



                                


                            

Tribune. La France est décidément un pays original. On voudrait que tout s’améliore, mais sans que rien ne change vraiment. Et, bien souvent, l’attention se cristallise sur d’autres projets que ceux initialement prévus. Aussi ne paraît-il pas inutile de dissiper quelques craintes concernant le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
La complexité pour les contribuables ? Les salariés verront les sommes prélevées par leur employeur s’adapter automatiquement à leur revenu du mois sans intervention aucune et sans autre démarche administrative que celle de déclarer leurs revenus une fois par an comme actuellement. Aucun autre système ne permet cette simplicité dans l’automatisme. Imaginons que votre salaire (ou votre revenu foncier, par exemple) disparaisse : vous n’aurez plus rien à payer.
La confidentialité des informations ? Certains expriment la crainte que l’employeur connaisse tout de la situation financière (ou fiscale) de son salarié. Que ces craintes soient levées : en effet, un même taux peut correspondre à un grand nombre de situations différentes. 90 % des contribuables auront un taux compris entre 0 et 10 %. Prenons par exemple un taux de prélèvement à la source de 5 % : il est impossible d’en déduire la situation financière du contribuable, et encore moins le patrimoine de son foyer. Qui plus est, la loi prévoit la possibilité de demander à l’administration de ne pas transmettre le taux personnalisé à l’employeur. 

La complexité du système fiscal français ? Elle est souvent présentée comme un obstacle à la mise en place du prélèvement à la source. Ce qui peut être complexe, c’est le calcul de l’impôt et du taux de prélèvement qui en découle. Or cette complexité est intégralement prise en charge par l’administration fiscale, et non par les entreprises ou par les contribuables.
Les gains financiers pour l’Etat ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Pour neuf économistes, dont les Prix Nobel Angus Deaton, James Heckman et Joseph Stiglitz qui s’expriment dans une tribune au « Monde », la réussite des projets menés dans les pays du Sud passe par des réformes macroéconomiques de grande ampleur
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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L’aide au développement ne peut se contenter « des micro-interventions, visant des individus et agissant à court terme »

Pour neuf économistes, dont les Prix Nobel Angus Deaton, James Heckman et Joseph Stiglitz qui s’expriment dans une tribune au « Monde », la réussite des projets menés dans les pays du Sud passe par des réformes macroéconomiques de grande ampleur



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 15h35
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A quoi l’aide publique au développement (APD) sert-elle ? Dans une tribune récente publiée dans Le Monde, Luc Behaghel et Esther Duflo, deux économistes, affirment que l’APD peut permettre de favoriser « l’innovation sociale », à condition toutefois de la « moderniser », c’est-à-dire de la baser sur des méthodes d’évaluation « scientifiques » (« Pour un aggiornamento de la politique d’aide au développement », Le Monde du 13 avril).
Et pour cela, une seule voie possible : s’inspirer de la méthode des essais cliniques pratiqués de longue date en médecine, consistant à comparer un échantillon de bénéficiaires à un groupe témoin, tous deux tirés au hasard, avant et après usage d’un médicament ou d’un vaccin.
Méthodes restrictives, peu fiables et onéreuses
Dans le contexte français d’une augmentation inédite de l’effort national en faveur de l’APD initiée par François Hollande et réaffirmée par Emmanuel Macron, la mission de modernisation de l’APD, confiée au député (LRM) des Côtes-d’Armor Hervé Berville, fera certainement la part belle à la redevabilité des opérateurs chargés de la mise en œuvre de cette politique généreuse. Mais elle visera heureusement plus et mieux que l’application des méthodes d’échantillonnage aléatoire (EA). Car si ces dernières peuvent paraître a priori judicieuses, elles s’avèrent à la fois restrictives, peu fiables et onéreuses.
Restrictives, car seul un nombre très étroit de projets de développement peuvent se prêter à des évaluations sous forme d’essai clinique : des micro-interventions, visant des individus et agissant à court terme. Elles ne disent rien des changements macroéconomiques, politiques et institutionnels qui, dans l’histoire, se sont révélés cruciaux pour la réduction de la pauvreté dans le monde.
Ces interventions spécifiques peuvent évidemment être utiles, mais leurs conséquences réelles impliquent des effets qui vont...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un cocktail d’ARN prélevé sur un mollusque ayant subi un apprentissage a favorisé un réflexe similaire chez un animal qui n’avait pas été conditionné.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Un étonnant « transfert de mémoire » chez la limace de mer

Un cocktail d’ARN prélevé sur un mollusque ayant subi un apprentissage a favorisé un réflexe similaire chez un animal qui n’avait pas été conditionné.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 12h00
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
L’expérience fait grand bruit parmi les spécialistes de la mémoire : une équipe de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) est parvenue à induire chez la limace de mer un comportement réflexe généralement acquis à l’issue d’une longue phase d’apprentissage, simplement en lui injectant un cocktail d’ARN prélevé sur une de ses congénères qui avait subi ce conditionnement. L’ARN est un des supports, complémentaire de l’ADN, de l’information génétique, et il participe à la régulation de son expression.
Décrit le 14 mai dans la revue eNeuro, ce résultat spectaculaire suscite des commentaires contrastés. Sans doute parce qu’il s’inscrit dans la lignée d’une série d’expériences qui avaient défrayé la chronique il y a un demi-siècle, avant de retomber dans l’oubli. L’Américain Jim McConnell avait alors montré qu’il était possible de conditionner des vers plats (associer une lumière à une menace, par exemple). Profitant de leur stupéfiante capacité de régénération, il avait constaté que les deux parties d’un individu coupé en deux conservaient le réflexe appris. Cette mémoire était même transmise entre un individu réduit en charpie et un de ses semblables cannibales à qui on le donnait à dévorer ! Personnalité haute en couleur, McConnell avait émis l’hypothèse que l’ARN pouvait servir de base à cette mémoire. Mais devant la difficulté à reproduire à tout coup ses résultats, ceux-ci ont été finalement discrédités.

C’est un peu cet héritage que ressuscite l’équipe de UCLA, en utilisant un autre modèle animal, l’aplysie. David Glanzman et ses collègues sont partis d’un apprentissage classique, conduisant à renforcer un réflexe de contraction de son siphon et de sa branchie : on parle de sensibilisation à long terme. Ils ont ensuite prélevé de l’ARN chez ces animaux, et l’ont injecté chez des mollusques « naïfs ». Ils ont constaté que, vingt-quatre heures plus tard, le comportement de rétraction de ceux-ci était renforcé, à condition qu’on...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Ce qui frappe le plus dans le discours contemporain de l’économie circulaire est le hiatus entre ses objectifs proprement révolutionnaires et la modestie des mesures préconisées, uniquement incitatives, explique dans sa chronique l’historien Jean-Baptiste Fressoz.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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La fonction essentiellement incantatoire de l’économie circulaire tourne en rond

Ce qui frappe le plus dans le discours contemporain de l’économie circulaire est le hiatus entre ses objectifs proprement révolutionnaires et la modestie des mesures préconisées, uniquement incitatives, explique dans sa chronique l’historien Jean-Baptiste Fressoz.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h49
    |

Jean-Baptiste Fressoz (Chercheur CNRS au Centre Alexandre-Koyré d’histoire des sciences et des techniques de l’Ecole des hautes études en sciences ...







                        



                                


                            

Transformations. La feuille de route pour une économie 100 % circulaire présentée par le gouvernement le 23 avril s’inscrit dans l’avalanche de rapports sur l’économie circulaire, qui se succèdent à un rythme effréné : Re-Circle : resource efficiency and circular economy (OCDE, 2018), Circular economy package (Commission européenne, 2018), Economie circulaire : réconcilier croissance et environnement (Institut Montaigne, 2016), L’Economie circulaire. Une stratégie de croissance et de compétitivité pour les entreprises (Medef, 2014), etc.
Du Medef au groupe chimique BASF, de l’OCDE aux think tanks libéraux et aux états-majors du CAC 40, tout le monde ou presque est dans la boucle. Le premier ministre, Edouard Philippe, vante la « sobriété heureuse » et cite même Pierre Rabhi. Danone, grand vendeur de pots de yaourt en plastique, signe un partenariat avec la navigatrice Ellen MacArthur pour lutter contre le continent de plastique. Alteo, une entreprise qui des décennies durant a déversé des millions de tonnes de boues rouges dans la Méditerranée, explique « être à fond dans l’économie circulaire ».
L’écologie a-t-elle enfin conquis les multinationales ?
Il n’y a en fait aucune raison de s’étonner, ni d’ailleurs de se réjouir, de ces noces du libéralisme et du recyclage. C’est depuis son origine que le capitalisme industriel rêve d’écologie industrielle. En 1823, à Paris, alors que se multiplient les plaintes contre la pollution, le Journal du commerce, défenseur des intérêts industriels, s’émerveille du pouvoir de « l’industrie chimique, qui conserve ce que la nature tend à détruire, qui reproduit ce que l’homme consomme, qui rétablit ce qu’il déplace ».
L’idée, développée par les chimistes français en particulier, est que l’industrie, si elle est guidée par les savants et l’innovation, peut transformer parfaitement les...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-9">
<filnamedate="20180522"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180522"><AAMMJJHH="2018052219">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Analyse. Divisée, affaiblie, l’opposition a du mal à se remettre de la mise hors jeu de ses deux principaux chefs de file, explique le correspondant du « Monde » à Dakar, Matteo Maillard.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Menaces sur le pluralisme politique au Sénégal

Analyse. Divisée, affaiblie, l’opposition a du mal à se remettre de la mise hors jeu de ses deux principaux chefs de file, explique le correspondant du « Monde » à Dakar, Matteo Maillard.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h03
    |

                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. A neuf mois de la présidentielle sénégalaise, le libéral Macky Sall n’a jamais été aussi sûr d’être réélu. Six ans de règne lui auront suffi pour morceler une opposition qui l’accuse de démanteler l’une des démocraties les plus fortes d’Afrique de l’Ouest à coups d’arrestations de dirigeants politiques et de mesures anticonstitutionnelles. Des critiques auxquelles il oppose une confiance tranquille, promettant « une victoire dès le premier tour » au scrutin du 24 février 2019.
Son assurance frôle parfois l’arrogance, comme ce soir du jeudi 19 avril, où il a profité d’une visite de courtoisie en France auprès de son homologue Emmanuel Macron pour battre campagne et se féliciter devant ses soutiens de l’adoption d’une loi très contestée par l’Assemblée nationale. Le texte, qui introduit un système de parrainage, vise à freiner l’inflation de candidatures dans un pays qui recensait, en 2016, 272 formations politiques. La mesure, perçue comme discriminatoire par les petits partis et les candidats indépendants, a été adoptée à l’unanimité dans un hémicycle boycotté par l’opposition.
Tandis que M. Sall se félicitait de son bilan depuis Paris, à Dakar, les rues s’embrasaient dans la contestation. Manifestants, mobilisés contre une mesure jugée « antidémocratique », et policiers échangeaient pierres contre gaz lacrymogène. Alors que les principaux leaders de l’opposition réclamaient un « droit de marche » afin d’exprimer leur mécontentement, au moins quatre d’entre eux ont été arrêtés, dont Idrissa Seck, ancien premier ministre de 2002 à 2004 sous la présidence d’Abdoulaye Wade – M. Sall l’avait alors remplacé. Aujourd’hui président du parti Rewmi, il prépare la prochaine présidentielle, bien que candidat malheureux aux deux précédents scrutins.
Au lendemain d’une garde à vue de vingt-quatre heures, M. Seck a qualifié M. Sall de « triple violeur de la Constitution » pour avoir porté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Mobilisation contre la réforme de la SNCF en 2018, la loi travail en 2016, le plan Juppé en 1995, Mai 68 ou encore mai-juin 1936… La France est connue pour ses grèves massives et récurrentes.
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<article-nb="2018/05/22/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La procédure qui décide de l’affectation des futurs lycéens est gérée par ordinateur.
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<article-nb="2018/05/22/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Les mesures envisagées par la communauté internationale pour sanctionner un simulacre d’élection devront s’attacher à ne pas accabler une population déjà au bord du gouffre.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Venezuela : sanctionner la dictature, pas la population

Editorial. Les mesures envisagées par la communauté internationale pour sanctionner un simulacre d’élection devront s’attacher à ne pas accabler une population déjà au bord du gouffre.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 10h08
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h48
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Depuis la chute des grands totalitarismes du XXe siècle, les dictatures du XXIe siècle aiment se parer des atours du passage par les urnes. Qu’ils soient fascisants, populistes, islamistes, postcommunistes, néorévolutionnaires ou simplement autocratiques, rares sont désormais les régimes politiques – monarchies absolues mises à part – qui ne tentent de s’offrir une façade démocratique.
Réélu dimanche 20 mai à la présidence du Venezuela à la faveur d’une « élection » qui n’en a que l’apparence, Nicolas Maduro a ainsi beau jeu de se féliciter que son mouvement politique, le chavisme, ait remporté 22 des 24 scrutins organisés depuis la prise de pouvoir du fondateur de la « révolution bolivarienne », Hugo Chavez, en 1999.

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Certes, le Venezuela n’entre pas, même à l’aune de notre siècle chaotique, dans une catégorie classique de dictature. D’abord, parce que la « révolution bolivarienne » a soulevé, à une époque, l’enthousiasme d’une couche importante de la société. Ensuite, parce que son idéologie, même si elle s’apparente officiellement au communisme du modèle cubain, est en réalité un mélange d’influences diverses et de confrontations avec la réalité.
Il n’en reste pas moins que cette élection présidentielle n’a rien eu à voir avec une quelconque expérience démocratique. Assemblée nationale d’opposition interdite de travaux depuis un an ; opposants emprisonnés, assignés à résidence, et finalement interdits de candidature ; campagne électorale menée par un Etat totalement mobilisé au service d’un parti et d’un homme ; confusion absolue entre aides sociales et participation au scrutin : l’héritier de Chavez n’a rien laissé au hasard.

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Revendication d’une élection libre
Comment réagir à un tel déni de droit ? L’opposition démocratique vénézuélienne appelle la communauté internationale à ne pas reconnaître la victoire de Nicolas Maduro et à faire pression pour organiser un scrutin présidentiel à la date initialement prévue, en décembre 2018. Les Etats-Unis s’apprêtent à annoncer une nouvelle série de sanctions économiques. Les partenaires latino-américains de Caracas ont choisi d’éviter les relations politiques. Du côté européen, on songe à renforcer les sanctions individuelles contre les dirigeants chavistes, plutôt que de prendre des mesures qui frapperaient une population au bord du gouffre.
A Caracas, les opposants démocrates sont favorables à ces sanctions ciblées contre le pouvoir maduriste, estimant qu’elles s’attaquent à ce qu’il a de plus totalitaire et de mafieux. On peut en revanche s’interroger sur la question de la non-reconnaissance d’un pouvoir en place : outre l’incohérence qu’elle implique face aux autres régimes autoritaires avec lesquels les démocraties libérales entretiennent des relations, elle comporte le risque de se priver de pouvoir parler avec Caracas.
Il faut soutenir diplomatiquement l’opposition démocratique dans sa revendication d’une élection libre, juste et transparente. Il faut aussi tenter de soulager la souffrance des Vénézuéliens : même si le pouvoir maduriste refuse pour le moment de reconnaître la catastrophe humanitaire que sa politique a infligée au pays, il finira peut-être par accepter le principe d’une assistance, elle aussi ciblée. Car, au bout du compte, ce sont des êtres humains qui paient le prix de ces errements idéologiques, par un exode massif, aux lourdes conséquences pour les pays voisins, mais aussi, trop souvent, par leur vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le président de l’autorité de régulation n’est plus hostile à une fusion entre opérateurs.
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Sébastien Soriano : « Sur la consolidation dans les télécoms, la porte de l’Arcep s’entrouvre »

Le président de l’autorité de régulation n’est plus hostile à une fusion entre opérateurs.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 07h21
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h08
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            
Sébastien Soriano, le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), dresse un bilan positif des investissements d’Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom, qui ont atteint 9,6 milliards d’euros en 2017. Il juge que, désormais, les opérateurs remplissent bien leur mission, et accueillerait avec bienveillance un projet de consolidation de leur part.
Pour la troisième année, vous dressez un bilan des investissements des opérateurs français dans l’Hexagone. Quelles sont vos conclusions ?
En 2017, nous avons atteint un record historique. Les opérateurs ont dépensé 9,6 milliards d’euros dans les réseaux fibre et 4G. Cela représente une progression de 37 % en trois ans et un quart de leur chiffre d’affaires. C’est significatif. Je vois qu’ils ont entendu mon appel à casser leur tirelire. La couverture en Internet fixe et mobile était l’un des points noirs de notre pays. Nous avons maintenant une industrie au rendez-vous.
Qui sont les bons élèves de la classe ?
A eux trois, Orange, SFR et Free pèsent 80 % de ces investissements. Orange représente un peu moins de la moitié des montants. Face à l’opérateur historique, il y a eu une forte mobilisation des opérateurs alternatifs, en particulier Free, qui ont sorti leur carnet de chèques pour co-investir au côté d’Orange dans la fibre. Les réseaux d’initiative publique [les projets des collectivités financés en partie par des fonds publics], par nature complexes à monter, sont en train de prendre.

Le marché ne croît plus. Du coup, quand un opérateur va bien, l’autre va mal. On le voit avec Free, qui s’essouffle. Cela ne signifie-t-il pas qu’une consolidation du marché est nécessaire ?
Après six années de baisse, le mobile ne décroît plus. La page du trou d’air est tournée. Les quatre opérateurs ont de bons fondamentaux. Il y a quelques effets conjoncturels de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci fait part de ses craintes concernant le mariage entre la Ligue et le M5S. Le parti de Luigi di Maio risque de ne pas faire le poids face à un partenaire bien plus structuré et cohérent.
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« Le Mouvement 5 étoiles fait le pari risqué de l’alliance politique »

Dans une tribune au « Monde », l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci fait part de ses craintes concernant le mariage entre la Ligue et le M5S. Le parti de Luigi di Maio risque de ne pas faire le poids face à un partenaire bien plus structuré et cohérent.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h30
    |

Marie-Anne Matard-Bonucci (Historienne et professeure à l'Institut d’Histoire du temps présent/IHTP)







                        



                                


                            

Tribune. Si elle n’était pas très inquiétante pour la démocratie, la récente alliance de la Ligue (Lega) et du Mouvement 5 étoiles (M5S) pourrait faire sourire, tant elle semblait improbable il y a encore quelques semaines. Depuis qu’elle s’est formalisée, quelques esprits taquins s’emploient sur la Toile à recenser les déclarations hostiles et les invectives dont, il y a peu, les uns accablaient les autres.
D’un côté, Luigi Di Maio, dirigeant du M5S, dénonçait le racisme anti-méridional de la Ligue et de ses militants, qui suppliaient le Vésuve de nettoyer « Naples par le feu ». Son prédécesseur, Beppe Grillo, accablait la Ligue pour avoir, avec Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi), « détruit le pays ».

De l’autre, Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue, dressait des procès en incompétence à l’encontre des responsables du Mouvement 5 étoiles, quand il ne le jugeait pas « plus dangereux que les communistes ». De fait, la peur d’une arrivée au pouvoir des 5 Etoiles a autrefois contribué à sceller l’alliance entre Forza Italia, Fratelli d’Italia (les héritiers du fascisme) et la Ligue.
L’alliance entre Salvini et Di Maio ressemble donc bien, à première vue, au mariage de la carpe et du lapin
L’alliance entre Salvini et Di Maio ressemble donc bien, à première vue, au mariage de la carpe et du lapin et l’on peut douter de la longévité du gouvernement d’union, même si chaque partenaire espère y trouver son compte. Les 5 Etoiles attendent une légitimité accrue de l’exercice du pouvoir national et la possibilité de conforter leur profil « ni droite ni gauche » aux côtés d’un allié plus radical (dont le site, Il Populista, affiche en exergue le slogan « Libère la bête qui est en toi ! »).
Quant à Matteo Salvini, il parie sur sa capacité à faire triompher ses propres orientations au sein de la coalition et à s’imposer comme le leader principal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’abaissement à 80 km/h sur les routes secondaires suscite de fortes oppositions, et a donné lieu à l’un des rares « couacs » du gouvernement, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.
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« Le vaste peuple des automobilistes a brandi le volant comme autrefois les fourches pour une de ces étranges jacqueries qui enflamment le pays »

L’abaissement à 80 km/h sur les routes secondaires suscite de fortes oppositions, et a donné lieu à l’un des rares « couacs » du gouvernement, estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 09h04
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. C’est un mot dont le président de la République a horreur et le premier ministre tout autant. L’un parce qu’il en a vu les effets délétères durant le quinquennat de François Hollande. L’autre parce qu’il a été formé à la raide école d’Alain Juppé. Et tous les deux parce qu’ils ne supportent la contradiction qu’à dose homéopathique.
C’est pourtant bien un couac dont le ministre de l’intérieur s’est rendu coupable. Aggravant son cas, il a produit cette dissonance fâcheuse le jour même où tous les membres du gouvernement étaient priés de jouer à l’unisson, aux quatre coins du pays, la partition entraînante d’une année de réformes menées par un orchestre symphonique.
Jeudi 17 mai, donc, lors d’une réunion publique à Rungis, interrogé sur ce qu’il pense de l’abaissement de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires sans séparateur physique, Gérard Collomb s’en est sorti par une pirouette : « Est-ce que j’ai le droit de prendre un joker ? » Invité le lendemain à être plus explicite, il y a ajouté une impertinence, sous le couvert de l’évidence : « Le premier ministre a décidé. Tout ce que fait le premier ministre me plaît, par définition. »
Piqué au vif, le chef du gouvernement a jugé nécessaire un recadrage aussi cinglant qu’un coup de sifflet de la maréchaussée : « Je sais évidemment pouvoir compter sur l’engagement du ministre de l’intérieur pour faire en sorte que cette décision soit mise en œuvre dans les meilleures conditions. » Et d’ajouter, bien dans sa manière : « Quand on a l’honneur d’exercer des responsabilités publiques, il faut parfois choisir entre de mauvaises décisions qui rendent populaire et de bonnes décisions qui rendent impopulaire. » Droit dans ses bottes !
Révélateur des passions françaises
L’événement est minuscule, bien sûr. Mais tellement révélateur des passions françaises ! Voilà, en effet, une mesure qui est à la fois de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le populisme est un phénomène trop hétérogène et les réponses à l’internationalisation des sociétés trop diverses pour voir dans l’Italie un modèle, juge le politologue Gilles Ivaldi dans une tribune au « Monde ».
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« Il est trop tôt pour voir dans l’axe populiste transalpin un nouveau modèle dominant en Europe »

Le populisme est un phénomène trop hétérogène et les réponses à l’internationalisation des sociétés trop diverses pour voir dans l’Italie un modèle, juge le politologue Gilles Ivaldi dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    22.05.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h31
    |

Gilles Ivaldi (Chargé de recherche CNRS, Urmis-Université de Nice)







                        



                                


                            
Tribune. La formation en Italie d’un gouvernement par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) est symptomatique du « moment » populiste que nous vivons depuis plus d’une dizaine années. Cette alliance inédite en Europe occidentale illustre la confluence des revendications populistes autour de l’appel à la souveraineté populaire, de la critique des élites et de l’Union européenne, sur fond de crise des partis traditionnels.

Il est beaucoup trop tôt cependant pour voir dans l’axe populiste transalpin un nouveau modèle dominant en Europe.
Tout d’abord parce que le populisme reste un phénomène trop hétérogène. En tant qu’idéologie, le populisme se révèle relativement pauvre. Il lui faut impérativement s’adosser à des idéologies plus « épaisses » qui vont lui donner sa substance et l’aider à formuler un projet politique complet.
Sous l’impulsion de Matteo Salvini, la Ligue s’est fortement rapprochée du populisme de droite radicale dont le Front national français demeure encore à ce jour le prototype, aux côtés de l’AfD allemand, du FPÖ autrichien ou du PVV néerlandais, notamment. Ce populisme représente un phénomène structurel des sociétés politiques européennes depuis le milieu des années 1980. Il s’appuie sur le nationalisme et la xénophobie, politise des enjeux culturels liés à l’immigration et à l’Islam, rejetant le « cosmopolitisme » des élites, sur fond de « préférence nationale ».
Des enjeux très différents
A ce populisme d’exclusion s’oppose une forme sociale et égalitaire du populisme, ancrée, elle, à gauche du spectre politique. Inspiré notamment des expériences latino-américaines, ce populisme s’est développé plus récemment en Europe, sous l’effet de la crise financière de 2008. Il opère principalement sur des enjeux socio-économiques et un projet radical de redistribution des richesses.
Le M5S italien a progressivement évolué vers ce second modèle de populisme social-égalitaire, que l’on retrouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».
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Italie : un « contrat » de coalition « à l’encontre de la Constitution italienne »

Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.05.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h32
    |

Raffaele Simone (Linguiste et universitaire italien)







                        



                                


                            

Tribune. Le « contrat pour le gouvernement du changement », promis par Matteo Salvini et Luigi Di Maio, leaders respectivement de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, semble enfin sur pied. A noter qu’ils parlent de « contrat » et non d’« accord », croyant ainsi évoquer le « Koalitionsvertrag » (« le traité de coalition ») que les forces de la majorité en Allemagne ont coutume de signer depuis des années.
En fait, c’est le même terme que Berlusconi a employé il y a quinze ans pour désigner les promesses qu’il faisait aux Italiens lors d’une émission télévisée (presque toutes non tenues).
Jargon politique
Alors que la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles se veulent deux groupes antisystème et anti-politique, il est surprenant de constater que le document regorge d’expressions bureaucratiques maladroites et de jargon politique. Mais il y a des problèmes plus graves. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, le nom du chef du gouvernement n’est toujours pas connu. Deux mois de négociations ne leur ont pas suffi à en trouver un. Chacun des deux signataires du contrat aimerait être premier ministre, certes, mais cela susciterait des jalousies et un ressentiment infini ; ils ont donc annoncé que leur choix se porterait sur une personne « incontestable », tant en Italie qu’à l’étranger.
Naturellement, les points que je viens d’évoquer peuvent être invalidés à tout moment car les diverses mesures qui ont été prises jusqu’ici, présentées comme définitives par les deux leaders, ne cessent de changer et même de fondre comme neige au soleil. Toujours est-il que nous avons assisté ces derniers mois à un spectacle politique non seulement insolite, mais aussi inquiétant. Sa nouveauté tient aussi bien aux méthodes employées qu’au contenu des mesures proposées.

Tout d’abord, ce contrat sanctionne un mariage politique quasiment contre nature. Les seuls points communs entre les deux partis sont leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/05/2018
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Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau

A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 06h25
    |

                            Alexis Riopel








                        



                                


                            

Prisonniers de leur tête, les tétraplégiques ont perdu toute prise sur le monde physique. Ils peuvent bien sûr le percevoir, mais sont condamnés à l’immobilité, hormis pour les quelques muscles de leur visage et de leur cou qui réagissent encore.
Pourtant, quand ils s’imaginent marcher, lever un bras ou plier les doigts, comme avant la rupture de leur moelle épinière, les mêmes signaux électriques enflamment leur cortex moteur. « Leur cerveau parle, mais personne n’écoute », remarque le neurochirurgien Alim-Louis Benabid.
Avec le projet BCI (pour Brain Computer Interface), l’équipe du professeur Benabid prend avantage de cette activité cérébrale qui n’arrive pas à quitter l’esprit des tétraplégiques. Les chercheurs ont développé un dispositif la traduisant en commandes pour un exosquelette, une sorte d’enveloppe mécanique dans laquelle la personne handicapée est embarquée. Ainsi, ses bras et ses jambes sortent de la torpeur, son système vasculaire s’active, et elle retrouve enfin un peu de liberté de mouvement. Le système est testé depuis un an avec un tétraplégique et l’équipe soumettra bientôt ses résultats à une revue scientifique.
Un dispositif « bras-jambes » inédit
Le professeur Benabid mène ce projet chez Clinatec, un centre de recherche biomédicale rattaché au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), au CHU de Grenoble-Alpes, à l’Inserm et à l’université Grenoble-Alpes. Là-bas, au cœur du polygone scientifique du chef-lieu de l’Isère, on s’efforce de développer des technologies médicales qui aident les patients par d’autres voies que la médication.
Sur le marché, on trouve déjà des exosquelettes pour les paraplégiques contrôlés par l’inclinaison du buste ou grâce à une manette. D’ailleurs, la distribution du premier appareil du genre en France (ReWalk) vient tout juste de débuter. Toutefois, le projet d’un exosquelette « bras et jambes » dirigé par la pensée est d’une tout autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.
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Hervé Maisonneuve, chasseur de fraudes scientifiques

Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 10h08
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

« Avez-vous des informations ? » « Quel est votre avis ? »… Très régulièrement, le docteur Hervé ­Maisonneuve interpelle les lecteurs de son blog sur des cas de plagiats, embellissements de données et autres fraudes. En dix ans d’existence, ce site sobrement intitulé « Rédaction médicale et scientifique » est devenu une source incontournable pour qui s’intéresse au milieu de la recherche et des publications, et à leurs bonnes ou moins reluisantes pratiques.
Il faut dire que ce médecin atypique, bien informé par ses réseaux tissés depuis des décennies dans le milieu de l’édition scientifique internationale, et doté d’un regard d’aigle, n’hésite pas à lâcher de petites bombes. A bousculer les institutions sur des dossiers qu’elles préféreraient garder sous le boisseau.
Dans un de ses derniers billets, daté du 7 mai, Hervé Maisonneuve s’émeut ainsi du cas d’un enseignant-chercheur de l’université Lyon-I, épinglé pour tricherie sur son CV (mensonges concernant plusieurs publications et brevets) et sanctionné par un simple blâme. « Omerta, protection de collègues, l’université semble très complaisante, car je considère que ce sont des fautes graves », accuse le médecin blogueur. Un exemple parmi bien d’autres de son inlassable combat pour lever les tabous sur les mauvaises pratiques et promouvoir l’intégrité de la recherche.
Ses premières publications sur ces sujets datent de 1996. Il vient alors d’être élu président de l’Association européenne des rédacteurs scientifiques (EASE), poste qu’il occupera pendant trois ans. Dans une lettre au British Medical Journal, le docteur Maisonneuve regrette que les cas d’inconduite scientifique en France ne soient pas rapportés dans des revues biomédicales. Cette même année 1996, dans la Revue de médecine interne, il appelle à la prévention par la mise en place de bonnes pratiques cliniques et de laboratoire. « Les audits et les inspections sont nécessaires pour prévenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Résonances. Dans « Le Lambeau », Philippe Lançon, survivant de l’attaque du 7 janvier 2015, montre assez lucidité et de fantaisie pour restituer une histoire tragique comme une expérience, une chose bonne à penser.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Charlie », les yeux ouverts

Résonances. Dans « Le Lambeau », Philippe Lançon, survivant de l’attaque du 7 janvier 2015, montre assez lucidité et de fantaisie pour restituer une histoire tragique comme une expérience, une chose bonne à penser.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 12h30
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            
Ce qui fait de nous des contemporains ? Une ­expérience et des représentations communes, quelques principes et, parfois, presque à ­chaque génération depuis deux siècles, l’Histoire avec sa grande hache, comme dit Georges Perec. Pour nous qui n’avons connu ni la seconde guerre mondiale, ni les conflits de décolonisation, ni mai 1968, il y eut l’automne 1989, la chute du mur de Berlin qui, dans son imprévisibilité foudroyante, son incarnation iconique instantanée – Rostropovitch et son violoncelle –, ses ­effets de longue portée, cochait toutes les cases de ­l’événement. Plus tard, au XXIe siècle, il y eut le 11 septembre 2001 et sa déclinaison très française : les attentats parisiens de 2015, dont le premier coup fut frappé le 7 janvier dans la centrale, alors en désuétude, d’un ­humour à la fois daté (les années 1970) et incarnant une tradition nationale (le rire violent et politique) : la rédaction de Charlie Hebdo.
« Une gueule de métaphore »
Que s’est-il passé ? Les événements les plus importants se laissent difficilement cerner par leurs causes. Ils ­surgissent tout armés et produisent, dans ce cas, sidé­ration, effroi, fascination révulsée et silence ou, au ­contraire, bavardage compulsif ; puis on continue à vivre, puisqu’il le faut bien. Philippe Lançon, compagnon de route fidèle mais exotique de Charlie Hebdo, y était ce jour-là. Trois ans plus tard et cinq cents pages plus loin, il publie un de ces témoignages qui forcent les portes de la littérature. Témoignage, car son auteur fut, au sens propre, traversé par l’événement, sa mâchoire arrachée par la balle d’une kalachnikov.
C’est un récit d’outre-tombe, s’adressant aux vivants mais parlant au nom des morts. Le Lambeau (Gallimard, 512 pages, 21 euros) est raconté depuis une chambre de l’hôpital de la Salpêtrière, puis d’une, hautement ­symbolique, de l’hôpital des Invalides. D’une factualité précise, maniaque, hérissée contre toute surenchère ­métaphysique...




                        

                        

