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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’épouse de Patrice apprend, lors de l’ouverture du testament, que celui-ci l’a privée de tout droit dans sa succession au profit de son fils unique, Alain, issu d’une union précédente. Elle saisit la justice, en affirmant notamment que le conjoint survivant aurait la qualité d’héritier réservataire.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ C’est à 18 heures que sont attendus les premiers résultats sur la nouvelle plateforme où plus de 800 000 lycéens ont fait leurs vœux d’inscription.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ L’expression « lanceur d’alerte » fleurit un peu partout, si bien qu’elle pourrait perdre son sens et sa force. Décryptage d’un terme importé en France en 1996.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Lanceur d’alerte », décryptage d’un terme en vogue

L’expression « lanceur d’alerte » fleurit un peu partout, si bien qu’elle pourrait perdre son sens et sa force. Décryptage d’un terme importé en France en 1996.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h54
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Le club des lanceurs d’alerte n’est pas très fermé, si on s’en tient à l’utilisation très fréquente du terme dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les discours politiques ou militants. « Enormément d’acteurs revendiquent ce label, résume le sociologue Francis Chateauraynaud, créateur du concept de « lanceur d’alerte » en 1996. Il a colonisé l’espace public parce qu’il permet de se présenter positivement. Il est bien reçu par la plupart des gens, car il suggère que l’on défend l’intérêt général. »
Quatre questions pour rendre lisible cette étiquette que tout le monde s’arrache.
« Lanceur d’alerte » ou « whistleblower » ?
Pour M. Chateauraynaud, en 1996, le lanceur d’alerte est une personne ou une entité qui cherche à faire reconnaître, souvent contre l’avis majoritaire, l’importance d’un danger ou d’un risque en lien avec l’intérêt général. « Il ouvre un nouvel espace de débat public en signalant une question qui ne mobilise pas, qui ennuie, est déniée, oubliée, voire relativisée », résume le sociologue, qui a procédé en important et en modifiant la notion américaine de whistleblower, inscrite dès 1863 dans le droit américain (US False Claims Act) pendant la guerre de Sécession (1861-1865). L’objectif est alors d’inciter à la dénonciation des fraudes commises par des entreprises ayant passé un contrat avec le gouvernement.
« Des fournisseurs peu scrupuleux auraient vendu aux armées de l’Union des marchandises défectueuses comme, par exemple, de la poudre coupée à la sciure de bois », rappelle la juriste Johanna Schwartz Miralles dans La Revue des droits de l’homme. Cette loi permet aux whistleblowers d’intenter une action en justice au nom du gouvernement contre le fraudeur et d’obtenir une partie de l’amende éventuelle. La notion de whistleblower est ainsi historiquement liée à la dénonciation d’irrégularités, tandis que celle de « lanceur d’alerte » englobe aussi la dénonciation de risques en tous genres — par exemple pour la santé ou l’environnement —, même s’ils sont incertains.
« Lanceur d’alerte » ou « porteur d’alerte » ?
On s’imagine parfois que le lanceur d’alerte est celui qui révèle des faits dont la société n’avait jusque-là pas connaissance. « Sur bien des sujets, la répétition est inévitable, car le signal fait face à une résistance plus ou moins importante », clarifie Francis Chateauraynaud. Le sociologue propose ainsi de distinguer les « lanceurs d’alerte » des « porteurs d’alerte », ce second terme désignant une dénonciation sur le long terme.
Henri Pézerat (1928-2009) aura été un lanceur d’alerte prolifique. Toxicologue, en 1999, il dénonce par exemple à l’Institut de veille sanitaire, puis à la Direction générale de la santé, quatre cas de cancer chez des enfants scolarisés dans l’école Franklin-Roosevelt, à Vincennes (Val-de-Marne) ; puis le scandale Kodak, du nom de l’entreprise qui exploitait une usine polluante ; en 1999, la pollution au fioul lourd causée par le naufrage du pétrolier l’Erika ; ou encore l’affaire du désamiantage du porte-avions Clemenceau. Sur certains dossiers, en premier lieu celui de l’amiante, il est davantage un « porteur » qu’un « lanceur » d’alerte. M. Pézerat a contribué à l’interdiction de la fibre tueuse en 1997 et a porté ce dossier pendant plus de quarante ans.
Autre exemple : lorsque Greenpeace dénonce le nucléaire, l’ONG agit plutôt en porteur d’alerte. « D’autant plus que l’affaire du Rainbow Warrior, qui a fait un mort en 1985, a généré chez Greenpeace un désir approfondi de vengeance contre le nucléaire. C’est une guerre de long terme », assure M. Chateauraynaud.
« Lanceur d’alerte interne » ou « lanceur d’alerte externe » ?
Ces deux catégories de lanceurs d’alerte ne s’exposent pas aux mêmes risques. Le lanceur d’alerte interne fait ou a fait partie de l’organisation, dont il dénonce les agissements. C’est le cas de l’américain Edward Snowden, ex-consultant de la NSA, qui a révélé, en 2013, l’ampleur de la surveillance de masse mise en place par l’agence américaine. Sauf loi protectrice, ils s’exposent à des poursuites pénales de leur employeur, par exemple pour « violation du secret professionnel » ou « diffamation », et autres représailles (sanctions disciplinaires, harcèlement, licenciement). Une protection est prévue par la loi Sapin 2 : « Au même titre que le genre, l’origine, le handicap ou l’activité syndicale, le lancement d’alerte est considéré comme un motif discriminatoire prohibé », expliquent les avocats Clara Gandin et Xavier Sauvignet sur le site Village de la justice.
Par définition, les lanceurs d’alerte externes ne s’exposent pas à des représailles de leur employeur, mais risquent des procès pour diffamation. « Il y a une protection juridique [la liberté d’expression], décrit le sociologue Francis Chateauraynaud. Le problème, c’est qu’il faut souvent des années pour la faire valoir en justice. Ces délais sont très violents et brisent souvent la vie personnelle des lanceurs d’alerte. » Il cite la journaliste Anne-Marie Casteret (1948-2006) qui a révélé, longtemps seule contre tous, le scandale du sang contaminé. « Tout le monde lui a claqué la porte au nez, elle ne s’en est jamais complètement remise. »
Quelle est la procédure de signalement pour les lanceurs d’alerte externes ?
Un citoyen qui voudrait alerter d’un risque ou d’un danger peut informer les autorités compétentes. Par exemple, cela peut être l’Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses), dans le cas d’un danger lié à un aliment. Il n’existe pas d’instance unique pour les lanceurs d’alerte citoyens. En théorie, ils peuvent tenter d’interpeller le défenseur des droits, expressément compétent pour orienter les lanceurs d’alerte au sens de la loi Sapin 2. Pour certains projets d’aménagement, ils peuvent s’exprimer dans le cadre d’un débat public organisé par la Commission nationale du débat public. « Son rôle n’a pas été remarquable pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, rappelle le sociologue. Très souvent, le débat ne peut pas réellement se déployer. »
Depuis une quinzaine d’années, des personnalités, comme l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage (de 1995 à 1997), demandent, en vain, qu’une instance unique soit créée, réunissant une microdémocratie de scientifiques, associations, journalistes, politiques et citoyens tirés au sort. Son rôle serait de débattre des alertes citoyennes, mais aussi de les archiver pour l’avenir, car il faut parfois plusieurs indices pour attester d’un risque, notamment pour certaines pathologies. Cette instance inédite, qui permettrait d’aborder les sujets transversaux, a toutefois peu de chance de voir le jour. « L’imagination n’est plus au pouvoir », conclut Francis Chateauraynaud.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le théologien musulman, mis en examen pour viols, demandait sa remise en liberté pour des raisons de santé.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

La cour d’appel refuse la remise en liberté de Tariq Ramadan

Le théologien musulman, mis en examen pour viols, demandait sa remise en liberté pour des raisons de santé.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h32
   





                        



   


La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé, mardi 22 mai, que Tariq Ramadan, incarcéré depuis début février dans le cadre d’une enquête pour viols, resterait en détention, confirmant ainsi la décision prise début mai par le juge des libertés et de la détention.
Au cours de l’audience devant la chambre de l’instruction, en l’absence de l’islamologue suisse de 55 ans, sa défense a de nouveau invoqué son état de santé et dénoncé des « contradictions » dans le récit des plaignantes.
« M. Ramadan n’a rien à faire en prison, il peut tout à fait être en liberté. Nous avons proposé une caution, une assignation à résidence, la remise de son passeport. Tout ceci m’apparaît amplement suffisant et nécessaire pour que l’information judiciaire se déroule dans de bonnes conditions », a expliqué son avocat, Emmanuel Marsigny. Il a réclamé une nouvelle expertise médicale, avançant que l’état de santé de son client se détériorait et qu’il ne recevait pas en détention les soins nécessaires. La cour d’appel a aussi rejeté cette demande.
Audience le 5 juin
Tariq Ramadan, atteint d’une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé compatible avec la détention par une expertise, est écroué depuis sa mise en examen le 2 février pour deux viols présumés, dont l’un sur une personne vulnérable, qu’il conteste vigoureusement.

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L’avocat général a insisté sur la nécessité de garantir la présence de Tariq Ramadan en France, d’éviter d’éventuelles pressions sur les accusatrices et de prévenir le renouvellement des faits. Et ce, alors que toutes les plaignantes n’ont pas encore été entendues et que des confrontations sont envisageables entre l’islamologue et ses accusatrices.
L’enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis. Elles ont été rejointes en mars par une troisième.
L’audition prévue le 5 juin de Tariq Ramadan – la première depuis sa garde à vue – pourrait conduire à une nouvelle mise en examen pour ces faits. Une quatrième femme a également déposé plainte pour viol à Genève.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le président de la République a présenté mardi une série de mesures sur les banlieues et la cohésion des territoires. Dans l’opposition, les réactions sont plus critiques.
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Banlieues : Jean-Louis Borloo se dit satisfait des annonces d’Emmanuel Macron

Le président de la République a présenté mardi une série de mesures sur les banlieues et la cohésion des territoires. Dans l’opposition, les réactions sont plus critiques.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h20
   





                        



   


L’ex-ministre Jean-Louis Borloo s’est dit très satisfait, mardi 22 mai, des annonces d’Emmanuel Macron pour les banlieues, estimant que « tous les sujets du rapport [dont il est l’auteur] ont été cochés ». « Après c’est un art de l’exécution », a continué M. Borloo, dont le rapport sur l’action à mener dans les quartiers prioritaires a inspiré le président de la République.
« Les 19 points du rapport y sont tous. J’ai retrouvé la cour d’équité territoriale, la fondation, le campus numérique, la cité éducative, la mobilisation de tout le monde. Je n’en vois pas un qui manque, sauf peut-être le programme “à la rencontre de l’autre” », a-t-il fait savoir à l’AFP à l’issue du discours du chef de l’Etat.

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De la « politique spectacle clic clac Kodak »
Le président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, a lui critiqué devant les députés LR la « politique spectacle » d’Emmanuel Macron sur les quartiers défavorisés. « Avec Macron, c’est photo avec Borloo et rien derrière », a dit en substance M. Wauquiez, selon un député présent, pour qui le message du patron de LR était « positif vis-à-vis de Borloo et critique sur Macron qui délaisse les territoires oubliés de la République ».
C’est de la « politique spectacle clic clac Kodak », « parler pour ne rien faire », a insisté M. Wauquiez, toujours selon des propos rapportés.

   


« On est dans le x-ième plan com’ du président de la République », « avec un Jean-Louis Borloo qui ne cède rien sur le plan de la com’», a ajouté le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, rapportant la « déception » des élus de terrain de son groupe.
Au lendemain d’un face-à-face entre des hommes armés de kalachnikovs et des policiers dans une cité de Marseille, M. Jacob a aussi estimé qu’« avant de parler milliards, il y a à restaurer l’autorité de l’Etat » dans les quartiers.

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La présidente du Front national, Marine Le Pen, a de son côté commenté, lors d’une conférence de presse mardi matin, les annonces du président de la République : « Dans le plan Borloo pour les banlieues, il n’est pas question de fondamentalisme islamiste ou d’immigration. Ce plan Borloo est symbolique de la lâcheté et de l’aveuglement de nos élites. »
Une « liquidation du plan Boorlo » pour Stéphane Le Foll
Malgré la satisfaction de l’ancien ministre Jean-Louis Boorlo, les réactions sont aussi critiques dans l’opposition de gauche après le discours d’Emmanuel Macron : « On assiste à la liquidation en direct du plan Borloo », commente l’ancien ministre socialiste Stéphane Le Foll, quand le député France insoumise Alexis Corbière parle sur Twitter de « l’opération de com’ du jour ».

#Borloo a proposé un plan pour les banlieues mais #Macron a décidé de laisser les banlieues en plan. L'opération de com' du jour n'y changera rien. #LaFranceUneChance— Alexis Corbière (@alexiscorbiere) 22 mai 2018


L’ancien maire de Sevran (Seine-Saint-Denis) Stéphane Gatignon, qui a interrompu son mandat au mois de mars, a critiqué sur BFMTV l’intervention du président de la République, déçu par « un truc qui s’étiole » là où il attendait « un discours très politique qui redonne confiance ».
« Il n’y a rien de très concret », dans les annonces du président, a continué l’ancien élu. Il se dit toutefois prêt à attendre « juillet » – l’échéance fixée par Emmanuel Macron pour le plan de lutte contre le trafic de drogue dans les cités – avant de juger l’efficacité des mesures dévoilées mardi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le terme « lanceur d’alerte » est de plus en plus employé. Si bien qu’il est difficile de savoir ce qu’il recouvre. Eléments d’éclairage.
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Les militants Greenpeace qui s’introduisent dans des centrales nucléaires sont-ils des « lanceurs d’alerte » ?

Le terme « lanceur d’alerte » est de plus en plus employé. Si bien qu’il est difficile de savoir ce qu’il recouvre. Eléments d’éclairage.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h42
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


« Lanceurs d’alerte », l’expression a été largement employée pour désigner les vingt-trois militants de Greenpeace jugés à Privas (Ardèche) la semaine du 14 au 20 mai, pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse. Ces deux mots coloraient les pancartes des manifestants venus apporter leur soutien, rythmaient les tweets des internautes ainsi que les communiqués émis par l’ONG. Même écho du côté de la presse militante et de certains élus, tels que la conseillère municipale Michèle Bleuse (Toulouse Vert Demain).

Greenpeace est bien un lanceur d'alerte. Soutien total aux militant(e)s https://t.co/DuiVzYupjL— MicheleBleuse (@Michèle Bleuse)


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« Loin de moi l’idée d’interdire à Greenpeace d’utiliser l’expression “lanceur d’alerte”, plaisante le sociologue Francis Chateauraynaud, créateur du concept en 1996. Mais, selon moi, leurs intrusions dans des sites nucléaires sont moins des “alertes” que des actions de “désobéissance civile”, avec pour objectif de maintenir la question nucléaire dans l’agenda médiatique. » Le terme peut sembler fourre-tout car il est utilisé par tout type d’acteurs dans tous types de circonstances. Par exemple, Jean-Marie Le Pen se qualifie de « lanceur d’alerte » dans ses mémoires, Fils de la nation, 1928-1972 (Muller, 2018), en parlant de ses positions politiques au sein du Front national, dont il ne fait plus partie.
En attendant que le tribunal correctionnel ne rende sa décision, le 28 juin, quelques clés pour comprendre le concept de « lanceur d’alerte » au prisme de l’affaire Greenpeace.
Les militants Greenpeace ont-ils enfreint la loi ?
OUI
Les militants sont poursuivis pour intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires. Ils voulaient ainsi dénoncer l’accessibilité et la fragilité des piscines d’entreposage de combustible nucléaire usé. « Alors que ces bâtiments sont les plus chargés en radioactivité, ils sont très mal protégés face aux risques d’attaques extérieures », indique un communiqué de l’ONG.
Avant la loi du 2 juin 2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires, les militants de Greenpeace n’auraient pu être poursuivis que pour « violation de domicile ».
Cette loi du député Claude de Ganay (LR) est surnommée « loi Greenpeace » par ses détracteurs puisque, depuis une dizaine d’années, l’ONG a coutume d’entrer dans des centrales pour dénoncer les dangers du nucléaire. « Entre 2003 et 2014, il y a eu quatorze intrusions, puis deux en six semaines fin 2017 », compte Mediapart. Le texte prévoit des peines allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende, quand l’intrusion est commise soit avec une arme, soit en bande organisée.
A l’audience, le parquet a requis 30 000 euros d’amende pour Greenpeace en tant que personne morale, quatre mois de prison ferme pour les trois militants déjà sous le coup d’une peine de sursis et six mois d’emprisonnement avec sursis pour les autres. Le procureur de la République a qualifié l’action de Greenpeace de « ridicule, irresponsable et dangereuse ». Il a souligné le risque que l’ONG soit infiltrée par un terroriste venu commettre « un vrai attentat » sur un site nucléaire.
Les militants Greenpeace revendiquent-ils le statut de « lanceurs d’alerte » ?
OUI
Greenpeace considère que les actions coup de poing sont nécessaires pour alerter la population sur les dangers du nucléaire. En octobre 2015, son étude « La sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines d’entreposage du combustible en France et en Belgique » n’a pas été suivie d’effets concrets.

Pourquoi, après de multiples alertes sans réaction sur les failles de sécurité nucléaire, des militant-es de Greenp… https://t.co/AQtgQl85zr— greenpeacefr (@Greenpeace France)


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Leur avocat, Alexandre Faro, a notamment plaidé l’état de nécessité : « N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace », prévoit le Code pénal. Mais la condamnation a peu de chance d’être nulle. « Aujourd’hui, il n’y a pas de texte robuste qui protège ce genre d’action », décrypte la sénatrice Marie-Christine Blandin (Divers gauche) dans un débat vidéo sur l’intrusion des militants Greenpeace dans des sites nucléaires.
Pour rappel, des terroristes étudient régulièrement la possibilité d’attentats sur des sites nucléaires. L’un des terroristes du 11 septembre 2001 considérait une centrale nucléaire près de New York comme une cible possible. Les terroristes de Bruxelles avaient surveillé les abords d’un site nucléaire belge, avant de se faire exploser à l’aéroport et dans le métro, en mars 2016.
Les militants Greenpeace sont-ils protégés par la loi Sapin de 2016 sur les lanceurs d’alerte ?
NON
Ni le mode d’action ni le statut des militants de Greenpeace n’entrent dans la définition légale du lanceur d’alerte, essentiellement délimitée par la loi Sapin 2 de 2016. Cette loi protège les lanceurs d’alerte « internes » car elle a été pensée pour faire face aux affaires comme les « Panama Papers » ou « LuxLeaks » ; autrement dit, des salariés ou, par extension, des collaborateurs externes ou occasionnels tels que des stagiaires.
Se revendiquer « lanceurs d’alerte » devant les juges peut éventuellement inciter ces derniers à la clémence. « Aujourd’hui, la répression des mouvements sociaux, qu’il s’agisse de zadistes ou de manifestants, va crescendo. Cela m’interroge en tant que sociologue, mais aussi en tant que citoyen », confie Francis Chateauraynaud. En février, des militants Greenpeace ont été condamnés en première instance à deux mois de prison ferme pour s’être introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom (Lorraine), en octobre 2017. Ils ont fait appel.
Greenpeace, également poursuivie en tant que personne morale, ne peut pas revendiquer ce statut : selon la loi Sapin 2, le lanceur d’alerte est une personne physique.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Quatorze Nigérians, dont onze femmes, faisaient venir en France des filles qu’ils obligeaient à se prostituer.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Des « mamas maquerelles » et des proxénètes nigérians jugés à Paris

Quatorze Nigérians, dont onze femmes, faisaient venir en France des filles qu’ils obligeaient à se prostituer.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h20
    |

            Henri Seckel








                        



                                


                            
C’est un procès à la fois hors norme et tristement banal qui se déroule depuis le 14 mai devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Procès banal d’un réseau de proxénétisme qui, par la promesse d’une vie meilleure, extirpe de jeunes femmes de la misère au Nigeria pour les plonger dans une autre misère à Paris. Procès hors norme de par le nombre élevé de prévenus : seize – dont quatorze Nigérians –, âgés de 27 à 45 ans, interpellés lors de deux coups de filet, en février et mai 2016.
Onze sont des femmes, membres des « Authentic Sisters », une association présidée par Happy Iyeonma, alias « Mama Alicia », petite dame survoltée de 36 ans aux cheveux courts. Selon les enquêteurs, les cotisations versées par ces « mamas maquerelles » permettaient de financer la venue de filles dont elles géraient ensuite la prostitution.
Le groupe en aurait exploité une cinquantaine rien qu’entre 2013 et 2016 – l’enquête a débuté en 2014, après la plainte de l’une d’elles. Qu’ils se voient reprocher d’avoir encaissé les profits liés à l’activité de leurs victimes, ou d’avoir simplement aidé à leur passage du Nigeria vers la France, tous doivent répondre des délits de « proxénétisme aggravé et traite d’êtres humains ». Ils encourent jusqu’à dix ans de prison et 1,5 million d’euros d’amende.
Promesse d’un travail
Dans une écoute téléphonique du dossier, deux Authentic Sisters s’inquiètent, après les premières arrestations : « On prie pour que [les filles] ne viennent pas le jour du jugement pour témoigner, sinon on n’aura plus rien à dire. » Prières inefficaces : quatre d’entre elles, âgées de 23 à 30 ans, sont déjà venues à la barre. Cynthia, Bella, Valentina, et Naomie – leurs surnoms de trottoir – ont chacune raconté peu ou prou la même histoire. Le recrutement au Nigeria par des proches des Authentic Sisters ; la promesse d’un travail de coiffeuse ou de serveuse en France ; le voyage en avion avec un faux passeport, ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Ce statut est pour l’instant à l’avantage de la ministre, dont le vaste projet de loi sur la formation, l’assurance-chômage et l’apprentissage arrive en commission à l’Assemblée dans une semaine.
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Affaire French Tech : Muriel Pénicaud placée sous le statut de témoin assisté

Ce statut est pour l’instant à l’avantage de la ministre, dont le vaste projet de loi sur la formation, l’assurance-chômage et l’apprentissage arrive en commission à l’Assemblée dans une semaine.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h03
   





                        



   


Après cinq heures d’audition chez les juges du pôle financier qui enquêtent sur le déplacement organisé en 2016 pour Emmanuel Macron à Las Vegas, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a été placée sous le statut de témoin assisté, a déclaré son avocat, mardi 22 mai.
Muriel Pénicaud évite donc une mise en examen dans cette enquête pour « favoritisme et recel de favoritisme » visant Business France (BF), l’organisme public de promotion de l’économie française à l’étranger dont elle était directrice générale à l’époque. Interrogée à sa sortie du tribunal, la ministre n’a pas souhaité faire de commentaire.
Même si les juges peuvent revoir leur position et prononcer ultérieurement une mise en examen, ce statut de témoin assisté est pour l’instant à l’avantage de la ministre, dont le vaste projet de loi sur la formation, l’assurance-chômage et l’apprentissage arrive en commission à l’Assemblée dans une semaine.

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Rapport critique de l’Inspection générale des finances
Le 6 janvier 2016, Emmanuel Macron, ministre de l’économie qui cachait de moins en moins ses ambitions présidentielles, avait rencontré des centaines d’entrepreneurs français lors d’une soirée au Consumer Electronics Show (CES), grand-messe de l’innovation technologique.
Contrainte de monter cette opération de plus de 300 000 euros en urgence sous la pression du cabinet du ministre, BF l’avait intégralement confiée à l’agence Havas, sans recourir à la mise en concurrence prévue par le code des marchés publics pour de telles sommes.
C’est un rapport critique de l’Inspection générale des finances (IGF) transmis par Bercy qui avait conduit le parquet de Paris à ouvrir cette enquête en mars 2017, confiée le 7 juillet à trois magistrats instructeurs.
Havas affirme au contraire avoir été sollicité légalement en vertu d’un contrat-cadre signé six mois plus tôt avec BF et qui lui octroyait une forme d’exclusivité. Pour l’évènement, l’agence avait perçu 289 019 euros, après renégociation.
Les enquêteurs cherchent néanmoins à déterminer si Havas a pu être favorisé par rapport à ses concurrents et si Muriel Pénicaud a eu connaissance en amont des modalités d’organisation et d’éventuels dysfonctionnements, ce qu’elle a toujours nié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Dans leur rapport sur les moyens de l’Etat en Seine-Saint-Denis, François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo préconisent d’affiner les statistiques sur les origines des habitants.
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Banlieues : deux députés posent la question des statistiques ethniques pour mieux appréhender les besoins

Dans leur rapport sur les moyens de l’Etat en Seine-Saint-Denis, François Cornut-Gentille et Rodrigue Kokouendo préconisent d’affiner les statistiques sur les origines des habitants.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h04
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



                                


                            

« Comment apporter des réponses appropriées aux besoins de la population si on ne la connaît pas ? » La question est posée par le député François Cornut-Gentille (Les Républicains), alors qu’Emmanuel Macron a présenté, mardi 22 mai, « quelques nouvelles mesures » pour les banlieues.
Pour celui qui est le coauteur, avec le député Rodrigue Kokouendo (LRM), d’un rapport parlementaire sur la Seine-Saint-Denis, la réponse tient en un mot : statistiques. En filigrane de ce rapport de quarante pages, les deux députés préconisent d’affiner les outils statistiques, y compris celles portant sur l’origine des habitants de ce département. Tout à la fois pour améliorer « la lutte contre les inégalités » et pour « interroger notre capacité d’accueil des immigrés ».
Chargés d’interroger l’action de l’Etat dans l’exercice de ses missions régaliennes dans le « 9-3 », les auteurs confient avoir été confrontés, « dès les premières auditions », à « une méconnaissance de la population », à commencer par le nombre réel d’habitants du département francilien.
Selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), la Seine-Saint-Denis compte 1 646 105 habitants au 1er janvier. Un chiffre faisant du département le cinquième le plus peuplé de France. Or, MM. Cornut-Gentille et Kokouendo pointent « l’incapacité à dénombrer » les personnes en situation irrégulière, alors qu’elles constituent, particulièrement en Seine-Saint-Denis, « une réalité démographique avec laquelle les pouvoirs publics doivent compter ».
Divergences sur le nombre d’habitants
Les différentes sources auditionnées dans cette enquête (Caisse primaire d’Assurance-maladie, Caisse d’allocations familiales, Direction de l’immigration du ministère de l’intérieur) avancent des chiffres allant de 150 000 à 400 000 personnes en situation irrégulière. « Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Conséquence directe de cette décision : mercredi soir, l’AC Ajaccio (L2) recevra Toulouse (L1) à huis clos et sur terrain neutre, à Montpellier pour le barrage aller d’accession à la Ligue 1.
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Incidents lors du match Ajaccio-Le Havre : la Ligue valide le résultat mais suspend le stade corse

Conséquence directe de cette décision : mercredi soir, l’AC Ajaccio (L2) recevra Toulouse (L1) à huis clos et sur terrain neutre, à Montpellier pour le barrage aller d’accession à la Ligue 1.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h29
   





                        



   


Le Havre a perdu, Ajaccio aussi : la Ligue de football professionnel (LFP) a confirmé, mardi 22 mai, le résultat du prébarrage de Ligue 2 disputé dimanche à Ajaccio, donnant la qualification au club corse mais lui imposant de jouer sur terrain neutre le barrage aller, mercredi, face à Toulouse. Le match retour aura lieu dimanche 27 mai à Toulouse.
Le club haut-garonnais est donc l’unique gagnant de cette décision de la LFP, prise au surlendemain d’un match dont les conditions – cris racistes, officiels havrais bousculés, envahissement de terrain et bagarre générale – ont ému le football français. Le club du Havre a, de son côté, fait savoir qu’il « poursuit son combat et fait appel » de la décision.
Plusieurs enquêtes ouvertes
Ces incidents ont conduit le procureur de la République d’Ajaccio a ouvrir trois enquêtes. Une première enquête vise le caillassage du bus du Havre vendredi, qui avait entraîné le report du match, et les injures racistes qui ont été proférées notamment à l’égard des Havrais, a annoncé le procureur Eric Bouillard. Elle est ouverte pour « dégradation par un moyen dangereux en réunion », et « jet de projectiles ».
Les joueurs havrais étaient restés confinés dans leur bus à proximité du stade d’Ajaccio avant la rencontre dimanche, bloqués par plusieurs dizaines de supporters de l’ACA scandant notamment « Français de merde », selon plusieurs vidéos visibles sur les réseaux sociaux. Le club a également évoqué des insultes racistes proférées, dimanche, pendant la rencontre en direction de ses joueurs.
Une deuxième enquête porte sur le coup dans le dos qu’a reçu le président du club normand Vincent Volpe, dimanche, alors qu’il assistait à la rencontre, émaillée de plusieurs incidents, dans le stade d’Ajaccio. Elle est ouverte pour « violences en réunion » avec une interruption totale de travail « n’excédant pas huit jours ».
Une troisième enquête porte sur le jet d’un fumigène pendant le match. Le procureur a ouvert ces enquêtes de sa propre initiative, et n’avait pas reçu mardi après-midi de plaintes des dirigeants de l’un ou de l’autre club.

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Le match, qui devait initialement se dérouler vendredi soir à Ajaccio, avait été reporté à la demande du préfet alors que les Havrais étaient bloqués dans leur bus à proximité du stade François-Coty et sous la menace d’une grosse centaine de supporteurs ajacciens véhéments.
Dimanche, Ajaccio s’était qualifié aux tirs aux buts (2-2 à l’issue de la prolongation) après deux expulsions de chaque côté. Le terrain avait été envahi avant même la séance de tirs aux buts et les Havrais avaient reproché à l’entraîneur corse Olivier Pantaloni, exclu durant la rencontre, d’être revenu sur la pelouse pour conseiller ses joueurs avant les tirs aux buts. La LFP avait attendu lundi soir pour réagir et se saisir du dossier.
L’entraîneur et trois joueurs ajacciens suspendus
« Rien ne permet de donner le match perdu à l’AC Ajaccio », a estimé la commission des compétitions dans sa décision communiquée mardi. « D’un point de vue réglementaire, l’entraîneur était exclu et non suspendu au moment des faits. Or, la présence sur la pelouse d’un entraîneur exclu n’est pas considérée comme un fait de disqualification. »
La commission estime toutefois que les incidents durant la rencontre sont suffisamment graves pour justifier une suspension à titre conservatoire du stade François-Coty. « La rencontre AC Ajaccio – Toulouse FC se déroulera donc le mercredi 23 mai à 20 h 45 à huis clos dans un stade qui sera déterminé dans les prochaines heures par la LFP », poursuit le communiqué.
Sans le soutien de son public, l’ACA sera fortement diminué face au TFC. D’autant plus que l’entraîneur Olivier Pantaloni est également suspendu, ainsi que trois joueurs acéistes : Mathieu Coutadeur et Joris Sainati, exclus durant la rencontre, de même que Faiz Selemani, lui aussi pour un coup porté au Havrais Jean-Philippe Mateta.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Des incidents ont eu lieu avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement. Dix-sept personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.
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Manifestation des fonctionnaires : plus de 16 000 personnes à Paris

Des incidents ont eu lieu avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement. Dix-sept personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h03
   





                        



   


La manifestation parisienne pour défendre le statut des fonctionnaires et les services publics, à l’appel de neuf organisations syndicales, a été émaillée, mardi 22 mai, d’incidents.
De brèves échauffourées ont éclaté entre des forces de l’ordre – qui ont fait usage de canon à eau et de gaz lacrymogène – et quelques dizaines de manifestants encagoulés en marge du cortège de fonctionnaires. Après le passage du cortège place de la Bastille, quelques dizaines de manifestants ont détruit des abribus, brisé des vitrines de magasins rue de Lyon (12e arrondissement) et jeté des projectiles en direction des forces de l’ordre. A l’issue de ces brefs heurts, 17 personnes ont été interpellées pour « participation à un groupement violent », selon la préfecture de police.

https://t.co/SCb1jqyRYb— Benoit_Floc_h (@Benoît Floc'h)


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Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a par ailleurs été invectivé par des manifestants aux cris de « dégage, pourri », « barre-toi », « à bas le parti socialo ».
Selon le comptage réalisé par le cabinet Occurence pour un collectif de médias dont Le Monde, 16 400 personnes y participaient ; contre 15 000 personnes selon les chiffres transmis par la préfecture de police. Les organisateurs n’ont encore fait état d’aucun comptage. Plus de 130 manifestations ont également eu lieu un peu partout en France.
Unité syndicale
Pour la première fois depuis 2010, Philippe Martinez (CGT), Pascal Pavageau (FO), Laurent Berger (CFDT), Luc Bérille (UNSA) et Philippe Louis (CFTC), défilent ensemble à Paris. Des étudiants se sont joints à la manifestation, certains positionnés en avant du carré de tête. « Tolbiac en lutte », ou « Même Macron, même combat », proclamaient des pancartes.
« A chaque fois que nous avons des propositions communes, des préoccupations communes, nous sommes ensemble, c’est le cas aujourd’hui, tant mieux », s’est réjoui Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. « Les agents publics sont malmenés aujourd’hui et ils méritent d’être respectés », a-t-il souligné.
L’unité syndicale est « une très bonne chose », a insisté de son côté Philippe Martinez (CGT). Pour lui, « le message c’est la défense des services publics, c’est-à-dire une conception de la société française différente de celle du président de la République », et la défense de « l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire ».
Pascal Pavageau (FO) a jugé « très bien qu’il y ait une mobilisation avec l’ensemble des secrétaires généraux » des organisations syndicales, « bien sûr pour soutenir les fonctionnaires mais d’une manière générale pour dire : maintenant ça s’arrête ! ». « Si le gouvernement n’entend pas (…), ça pourrait prendre une dimension interprofessionnelle », a-t-il prédit.
C’est la troisième fois depuis l’élection d’Emmanuel Macron que les fonctionnaires sont appelés à protester contre le gel du point d’indice, la réintroduction du jour de carence ou encore la suppression annoncée de 120 000 postes d’ici à 2022. Outre celle de Paris, entre 130 et 140 manifestations sont prévues dans la journée pour cette démonstration de force.

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Premiers chiffres de la mobilisation
A la mi-journée, le taux de participation au mouvement de grève s’élevait à 9,77 % dans la fonction publique d’Etat (contre 10,41 % lors de la dernière journée de mobilisation des fonctionnaires, le 22 mars) et à 6,3 % dans la fonction publique territoriale (contre 4,95 % en mars), selon une source à Bercy. Le taux de participation de la fonction publique hospitalière n’était pas encore connu.
Le mouvement de grève était également suivi par 12,57 % des enseignants, premier et second degré confondus, selon le ministère de l’éducation nationale, en baisse par rapport au 22 mars, où il était de 14,54 %.
A Lyon, 800 personnes ont manifesté, selon la police, 4 000 selon les organisateurs. On pouvait lire sur des banderoles : « Licencions les actionnaires, embauchons des fonctionnaires ».
A Marseille, près de 45 000 personnes ont participé à la mobilisation, selon les organisateurs. Les chiffres des autorités n’étaient pas connus dans l’immédiat.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Pour neuf économistes, dont les Prix Nobel Angus Deaton, James Heckman et Joseph Stiglitz qui s’expriment dans une tribune au « Monde », la réussite des projets menés dans les pays du Sud passe par des réformes macroéconomiques de grande ampleur
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L’aide au développement ne peut se contenter « des micro-interventions, visant des individus et agissant à court terme »

Pour neuf économistes, dont les Prix Nobel Angus Deaton, James Heckman et Joseph Stiglitz qui s’expriment dans une tribune au « Monde », la réussite des projets menés dans les pays du Sud passe par des réformes macroéconomiques de grande ampleur



Le Monde
 |    22.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 15h35
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. A quoi l’aide publique au développement (APD) sert-elle ? Dans une tribune récente publiée dans Le Monde, Luc Behaghel et Esther Duflo, deux économistes, affirment que l’APD peut permettre de favoriser « l’innovation sociale », à condition toutefois de la « moderniser », c’est-à-dire de la baser sur des méthodes d’évaluation « scientifiques » (« Pour un aggiornamento de la politique d’aide au développement », Le Monde du 13 avril).
Et pour cela, une seule voie possible : s’inspirer de la méthode des essais cliniques pratiqués de longue date en médecine, consistant à comparer un échantillon de bénéficiaires à un groupe témoin, tous deux tirés au hasard, avant et après usage d’un médicament ou d’un vaccin.
Méthodes restrictives, peu fiables et onéreuses
Dans le contexte français d’une augmentation inédite de l’effort national en faveur de l’APD initiée par François Hollande et réaffirmée par Emmanuel Macron, la mission de modernisation de l’APD, confiée au député (LRM) des Côtes-d’Armor Hervé Berville, fera certainement la part belle à la redevabilité des opérateurs chargés de la mise en œuvre de cette politique généreuse. Mais elle visera heureusement plus et mieux que l’application des méthodes d’échantillonnage aléatoire (EA). Car si ces dernières peuvent paraître a priori judicieuses, elles s’avèrent à la fois restrictives, peu fiables et onéreuses.
Restrictives, car seul un nombre très étroit de projets de développement peuvent se prêter à des évaluations sous forme d’essai clinique : des micro-interventions, visant des individus et agissant à court terme. Elles ne disent rien des changements macroéconomiques, politiques et institutionnels qui, dans l’histoire, se sont révélés cruciaux pour la réduction de la pauvreté dans le monde.
Ces interventions spécifiques peuvent évidemment être utiles, mais leurs conséquences réelles impliquent des effets qui vont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Le président a présenté des mesures pour les quartiers populaires, mardi à l’Elysée, devant des centaines d’habitants et d’acteurs des banlieues.
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Banlieues : pas de plan mais une « nouvelle méthode », annonce Macron

Le président a présenté des mesures pour les quartiers populaires, mardi à l’Elysée, devant des centaines d’habitants et d’acteurs des banlieues.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 15h55
   





                        



   


Il n’y aura donc pas de plan banlieues. Devant plusieurs centaines de personnes, dont le premier ministre et une partie du gouvernement, des élus locaux, entrepreneurs et responsables associatifs, réunies à l’Elysée mardi 22 mai, Emmanuel Macron a présenté des mesures pour les quartiers populaires. Ces annonces étaient très attendues après la remise, le 26 avril, du rapport « Vivre ensemble, vivre en grand », rédigé par l’ex-ministre centriste Jean-Louis Borloo et censé inspirer le chef de l’Etat en matière de politique de la ville.

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Le président a d’emblée prévenu qu’il n’allait « pas annoncer un plan ville, un plan banlieues », y voyant-là une stratégie « aussi âgée que [lui] », et appelant à « changer de méthode ». Cette méthode de plans spécifiques « a apporté des choses » mais « on est au bout » de ce que cela a pu produire, et « aujourd’hui poursuivre dans cette logique est poursuivre dans l’assignation à résidence, la politique spécialisée » et « je n’y crois pas », a-t-il dit, ajoutant :
« L’objectif de notre politique est de faire que partout, dans tous les lieux de la République, chacune et chacun retrouve sa dignité. »
Avant la présentation, M. Macron a débattu pour la première fois avec les 25 membres du conseil présidentiel des villes, « une force de proposition » regroupant des habitants, des entrepreneurs ou des acteurs locaux, comme un proviseur de lycée.
Création d’une Agence nationale de cohésion des territoires
Le président a évoqué une « Agence nationale de cohésion des territoires », assurant souhaiter « qu’on garde l’ANRU [Agence nationale pour la rénovation urbaine] ». Mais « nombre de nos territoires ont un problème d’équipements » et « dans le cadre de cette Agence nationale de cohésions des territoires », il faut « qu’on réfléchisse à avoir cet opérateur de rattrapage qui permette, dans les quartiers comme dans les zones rurales » de « mobiliser les financements publics » et « tous les acteurs ».
Concernant les copropriétés dégradées, il a souhaité « qu’on puisse accompagner les établissements fonciers » et « définir d’ici juillet une dizaine d’opérations d’intérêt national qui permettent d’accélérer le travail de requalification ».
Un plan de lutte contre le trafic de drogues
« Un plan de lutte contre le trafic de drogue » sera finalisé « d’ici juillet » car pour l’instant « on a perdu la bataille du trafic dans de nombreuses cités », a reconnu Emmanuel Macron, rappelant que des policiers avaient été mis en joue lundi par des hommes armés de kalachnikovs dans une cité sensible de Marseille.
Dénonçant un « embrasement des trafics », il s’est prononcé pour « un plan de mobilisation générale » contre ces « trafics internationaux » qui « conduisent aux pires des crimes ».
30 000 stages de troisième pour les jeunes des quartiers
Emmanuel Macron a fait savoir que 15 000 stages de 3e allaient être proposés par les entreprises et 15 000 autres par l’Etat pour en faire profiter les jeunes des quartiers populaires qui ont beaucoup de mal à en trouver. Une « bourse des stages » sera mise en place d’ici à septembre à cet effet.
Une rénovation urbaine
Une opération « Cœur de quartiers » sera lancée d’ici à juillet sur des « premières cibles » avec pour objectif « de les faire sortir en six mois » de leur situation dégradée.
Un appel aux grandes entreprises
Le président a annoncé qu’il réunirait « en juillet l’ensemble » des grandes entreprises françaises, les appelant à « prendre leur part » dans la lutte contre le chômage qui affecte un jeune sur trois dans les quartiers pauvres.
« Je veux que vous preniez votre part », a dit le président de la République à l’adresse des entreprises qui composent l’indice boursier regroupant les 120 principales valeurs françaises, les appelant à la « mobilisation générale ». Il a également prévu de mettre en place des « testing » antidiscrimination dans les 120 plus grandes entreprises.
Une « instance de recours » sur l’équité territoriale
Emmanuel Macron s’est dit favorable à la création en juillet d’une « instance de recours pour les habitants comme les élus » et à un « débat d’évaluation sur l’équité territoriale au Parlement ».
« Je souhaite que pour le mois de juillet, on puisse réfléchir à une organisation collective (…) où l’on puisse avoir une instance de recours pour les habitants, comme pour les élus », sur l’équité territoriale, a-t-il annoncé. « Je ne suis pas sûr de vouloir recréer une Cour, mais je trouve que l’idée d’une équité territoriale et d’avoir une instance de recours et de la transparence sur ce sujet est une bonne idée. »
Les maires « informés » des personnes fichées pour radicalisation
Emmanuel Macron a souhaité mardi que les préfets « échangent » avec les maires sur la présence dans leurs communes des personnes fichées pour radicalisation islamiste identifiées comme les plus à risque, et recensées dans le fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).
Expliquant que « beaucoup de maires disent : “J’ai de l’insécurité chez moi, j’ai des ‘fichés S’, je ne le sais pas, je voudrais le savoir” », il a rappelé qu’un « fiché S » « n’est pas un terroriste ou en passe de l’être » mais que ce fichier est « un instrument de renseignement pour les services ».
« Les personnes identifiées comme les plus à risque, qui sont dans un fichier qu’on appelle FSPRT, et qui sont revues par les préfets de manière régulière avec un compte-rendu au ministre, ces personnes-là, pour les plus sensibles, il est normal que le préfet ait maintenant de manière systématique, et dans une charte qu’on va rendre transparente, un dialogue avec les maires pour pouvoir échanger », a-t-il affirmé.

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Notre-Dame-des-Landes : un homme grièvement blessé dans la ZAD en ramassant une grenade

L’incident s’est produit lors de heurts avec des gendarmes en marge des travaux de déblaiement.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 13h59
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 15h31
   





                        


La procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, a expliqué que l’incident s’était déroulé en marge de travaux de déblaiement de squats détruits, mardi 22 mai.
Selon les premiers éléments de l’enquête, une cinquantaine d’opposants radicaux encagoulés se sont attaqués aux forces de l’ordre à proximité du lieu-dit La Lande de Rohanne, en leur jetant notamment des cocktails Molotov et des projectiles. Pour se dégager, les forces de l’ordre ont répliqué par des jets de grenade, a déclaré Gérard Collomb, le ministre de l’intérieur, dans un communiqué. C’est à ce moment-là qu’un homme de 30 ans a eu la main arrachée en ramassant une grenade offensive GLI-F4, selon une source proche du dossier.

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« Cet homme a été grièvement blessé à la main en ramassant une grenade et se trouve en cours d’évacuation vers un hôpital », a déclaré Mme Canovas, qui se rendait sur place. Ses jours ne sont pas en danger, selon une source proche du dossier.
« La personne blessée a été traînée par les GM [gendarmes mobiles] pour l’évacuer de la Chateigne, avant d’être emmenée en ambulance à 12 h 30 sur le chemin de Suez par la Saulce. Flics, hors de nos vies », pouvait-on lire sur le site Internet de la ZAD.
« Une enquête a été ouverte par le parquet de Saint-Nazaire et confiée à la section de recherches de Nantes pour déterminer les circonstances précises des blessures occasionnées. L’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie afin de préciser les circonstances de cette intervention », a déclaré M. Collomb, dans un communiqué.
Des grenades dont l’emploi est encadré
Les faits se sont déroulés à proximité du lieu-dit de la Chateigne, un des habitats précaires évacués par les gendarmes la semaine dernière.
Les travaux de déblaiement portaient mardi matin sur les sites de la Chateigne et la Vosgerie, deux habitats démantelés la semaine dernière, selon la gendarmerie. Les gendarmes ont dû dégager le chemin de Suez, qui était à nouveau jonché de barricades, pour accéder aux habitats démolis.
Dix « squats » ou lieux de vie ont été détruits ou évacués jeudi et vendredi dernier, après la destruction de 29 habitats au début d’avril sur les 97 qui étaient recensés dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
L’emploi de ces grenades lacrymogènes à effet de souffle, dites « GLI » pour « grenade lacrymogène instantanée » [une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle], est encadré depuis novembre 2014 et une décision du ministre de l’intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, qui souhaitait que l’utilisation de ces munitions se fasse « en binôme, un binôme composé du lanceur lui-même et d’un superviseur ayant le recul nécessaire pour évaluer la situation et guider l’opération ». L’annonce faisait suite à la mort d’un manifestant, Rémi Fraisse, en octobre 2014, lors de heurts avec les opposants au barrage de Sivens.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Un commando d’une dizaine d’hommes a mené une action qualifiée « d’intimidation » lundi après-midi dans la cité de la Busserine. Un guetteur aurait été kidnappé.
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A Marseille, des policiers mis en joue par des malfaiteurs cagoulés dans une cité

Un commando d’une dizaine d’hommes a mené une action qualifiée « d’intimidation » lundi après-midi dans la cité de la Busserine. Un guetteur aurait été kidnappé.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h41
    |

                            Gilles Rof








                        



   


Une action d’intimidation liée au trafic de stupéfiants qui pourrait avoir été ponctuée par l’enlèvement d’un guetteur. C’est la piste qui se dessine, selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, pour expliquer l’irruption d’un commando d’une dizaine d’hommes cagoulés et armés, lundi 21 mai en milieu d’après-midi, au cœur de la cité de la Busserine dans le 14e arrondissement de Marseille. Une opération particulièrement violente, en partie filmée par un habitant et diffusée sur les réseaux sociaux, provoquant une importante vague d’émotion et de nombreuses réactions politiques, dont celle du président de la République Emmanuel Macron, qui a exprimé son « extrême inquiétude » devant les faits.
« Ces faits relèvent à l’évidence du narcobanditisme des cités, dans ce qui pourrait s’assimiler à une lutte de territoire par rapport à différents points de vente de stupéfiants », a précisé M. Tarabeux, lors d’une conférence de presse, mardi 22 mai. Le procureur de la République a également confirmé que des policiers ont été mis en joue à deux reprises par les malfaiteurs pendant leur fuite, sans qu’aucun tir n’ait lieu directement à leur encontre. « Des projectiles d’armes de calibre 9 millimètres et 7,62, c’est-à-dire d’une arme longue de type kalachnikov ont été retrouvées sur place, mais aucun blessé par balle n’est à déplorer », a détaillé le préfet de police des Bouches-du-Rhône Olivier de Mazières. Au total, une vingtaine de douilles aurait été comptabilisée, ce qui, de source policière, « n’est pas un total très important dans une action de cette ampleur ».
Un habitant de la cité « présent sur le cheminement » du commando a été frappé à la tête à coups de crosse. Sa blessure a entraîné trois jours d’incapacité totale de travail. « Devant les enquêteurs, cet homme n’a pas été en capacité de donner des éléments précis sur ses agresseurs », a révélé Xavier Tarabeux.
Si le mobile n’est pas précisément connu, le déroulement des faits est désormais plus clair. Lundi 21 mai, autour de 16 h 45, trois véhicules, des Renault Megane, font irruption au milieu de la cité de la Busserine, un grand ensemble accueillant près de quatre mille habitants dans les quartiers nord de Marseille. Le site est connu pour abriter un important trafic de drogue, comme d’autres cités voisines, mais aussi une importante vie culturelle et sociale, autour de son école, de son stade et de son centre social.
Armes de poing et kalachnikovs
Trois individus aux visages dissimulés sortent d’abord d’un des véhicules et « ouvrent le feu sans viser ». Ils sont rapidement rejoints par quatre autres personnes, qui tiennent, elles aussi, des armes de poing ou de type kalachnikov. La vidéo tournée par un des habitants montre les malfaiteurs prenant leur temps pour bloquer les accès à la place, mettant en joue des habitants tétanisés. Selon M. Tarabeux, plusieurs témoins ont raconté que certains des agresseurs portaient des brassards de police et qu’au moins un des véhicules était équipé d’un gyrophare. Un détail confirmé par un équipage de police qui croisera la voiture quelques minutes plus tard.
« Un équipage de la brigade anticriminalité présent à proximité s’est rendu sur place, ce qui a provoqué la fuite de ces individus », explique le préfet de police, M. de Mazières. L’une des Megane s’est alors retrouvée face au véhicule de la BAC et les malfaiteurs ont tiré plusieurs coups de feu en l’air, après avoir mis en joue les policiers, qui, alors, n’ont pas riposté, selon le procureur de la République.
Quelques minutes plus tard, un second face-à-face allait confronter policiers et malfaiteurs en fuite, sur la bretelle d’autoroute des Arnavaux, toujours dans le 14e arrondissement de Marseille. Mis en joue par un des individus assis à l’arrière d’une des Megane, un policier de la compagnie de sécurisation et d’intervention a fait feu à quatre reprises en direction du véhicule à bord duquel circulaient quatre individus cagoulés. Son tir a brisé la vitre avant côté conducteur, mais n’a pas empêché le véhicule de s’engager sur l’autoroute en direction de Martigues et, ainsi, de s’échapper.

Marseille : fusillade vers 17 h dans le quartier de la Busserine (14e). Des hommes cagoulés et armés sont entrés da… https://t.co/HUZ1U1W0Mr— EricMiguet (@Eric Miguet)


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Un témoin raconte un enlèvement
Deux véhicules ont été retrouvés incendiés quelques heures après les faits. Le premier dans une artère du 15e arrondissement, rue du Vallon-des-Pins. Le second à Saint-Victoret, à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville. « Selon toute vraisemblance, ces découvertes sont à rapprocher de l’action menée à la Busserine », a confirmé Xavier Tarabeux.
Le procureur de la République a également confirmé qu’un témoin présent à la cité la Busserine au moment des faits a indiqué aux enquêteurs avoir vu un individu se faire enlever par le commando. « Cette personne, dont il ne connaît pas le nom mais qui fait fonction de guetteur dans un trafic de drogue, a été prise en chasse par une des deux Megane avant d’être rattrapé par ce véhicule et d’être forcé de monter dans le coffre de ce véhicule, au niveau du stade de football », a précisé M. Tarabeux. La piste ne repose, pour l’instant, que sur un seul témoignage, mais est prise très au sérieux par les enquêteurs qui ne disposent ni de l’identité ni de l’âge de l’otage présumé. « Cet individu n’a pas encore été retrouvé. Nous sommes sur ce seul témoignage et aucun signalement n’a par ailleurs été reçu par les services de police », a insisté le procureur de la République.
A Marseille, où neuf règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants ont déjà été comptabilisés depuis le début de l’année, cette action commando rappelle forcément un autre fait divers spectaculaire. En février 2015, à la cité de la Castellane, une fusillade entre des policiers et des trafiquants de drogue qui avaient recruté des « mercenaires kosovars » pour une opération commando contre des concurrents. De nombreux coups de feu avaient été échangés, sans faire de blessé. Jugés le 6 avril, ces trafiquants ont été condamnés à des peines allant jusqu’à treize ans de prison.
L’action commando de la Busserine, relayée par la vidéo postée sur les réseaux sociaux, a fait réagir le monde politique. Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, a dénoncé « avec plus grande fermeté la nouvelle attaque abjecte contre [les] policiers. (…) Le dispositif cosmétique de police de la sécurité du quotidien (…) n’endiguera pas la recrudescence de la délinquance », a ajouté l’élu.
« Je retiens de cet événement sa gravité et la nécessité de réagir très fermement, très rapidement là-dessus. J’y vois aussi la démonstration que notre dispositif de police de sécurité du quotidien commence à faire ses preuves puisque les policiers étaient présents à proximité immédiate et sont intervenus extrêmement rapidement », a estimé, de son côté, le préfet de police Olivier de Mazières.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Tarik Jadaoun, qui avait menacé dans des vidéos la Belgique et la France, avait gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.
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Irak : un djihadiste belge de l’organisation Etat islamique condamné à mort

Tarik Jadaoun, qui avait menacé dans des vidéos la Belgique et la France, avait gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h39
   





                        



   


Un djihadiste belge, né en 1988, a été condamné à la peine capitale par pendaison par la Cour pénale centrale de Bagdad, mardi 22 mai. Tarik Jadaoun avait rejoint l’organisation terroriste en 2014, sous le nom de guerre d’« Abou Hamza Al-Belgiki ». Lors de la première audience de son procès, le 10 mai, il avait plaidé « non coupable » et affirmé aux juges qu’il s’était « fourvoyé ».
« Je n’étais pas combattant, je dirigeais une section d’infirmiers de l’EI, je soignais tout le monde. J’ai travaillé à l’hôpital Al-Joumhouriya de Mossoul et dans des hôpitaux ambulants à Makhoul et Baiji », avait-t-il expliqué au juge. Il a désormais trente jours pour faire appel et, passé ce délai, la peine de mort pourra être appliquée.

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Le tribunal avait décidé d’un report du jugement, en raison de l’absence d’un représentant diplomatique belge sur place, selon une source judiciaire citée par l’Agence France-Presse.
La justice irakienne a annoncé, il y a plusieurs mois, que le prévenu avait reconnu lors de ses interrogatoires avoir formé « les lionceaux du califat, une soixantaine d’enfants âgés de 8 à 13 ans, à l’entraînement sportif et au maniement des armes ».
Surnommé le « nouvel Abaaoud »
Ce Belge d’origine marocaine avait appelé dans des vidéos à frapper l’Europe et gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.
Dès 2014, il avait établi des contacts avec un Français recruté par Abdelhamid Abaaoud, Reda H., sur les réseaux sociaux. Revenu de Syrie à l’été 2015, ce trentenaire parisien avait avoué aux enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure ses liens avec Tarik Jadaoun, quelques mois après que celui-ci eut publié une vidéo dans laquelle il menaçait la Belgique.

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En tout, plus de 300 personnes, dont une centaine d’étrangères, ont été condamnées à mort en Irak, et autant d’autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l’EI, selon une source judiciaire.
La plupart des condamnées sont turques ou originaires des anciennes républiques de l’Union soviétique. Une Allemande et une Française ont été récemment condamnées à la perpétuité.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ De nombreux jeunes actifs sont confrontés à des difficultés pour trouver un logement, en raison de salaires trop faibles ou de contrats trop précaires.
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Logement : « Si on ne prononce pas le mot CDI, les agences ne cherchent même pas à comprendre »

De nombreux jeunes actifs sont confrontés à des difficultés pour trouver un logement, en raison de salaires trop faibles ou de contrats trop précaires.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 11h48
    |

                            Eléa Pommiers








                        



                                


                            

Etudiante, Olivia ne s’était jamais vraiment posé la question du logement. Diplômée en 2016, elle a quitté sa résidence universitaire de Montpellier pour l’Ile-de-France. C’est là qu’elle a trouvé un travail dans un grand cabinet de ressources humaines et a touché du doigt l’indépendance. Touché du doigt seulement. Car, avec son CDD de trois mois renouvelable, trouver un logement s’est avéré un combat.
« J’ai cherché en vain chez des particuliers, mais on me demandait trois fois le montant du loyer, un CDI hors période d’essai, et des garants », raconte la jeune femme dans un appel à témoignages lancé par Le Monde. Autant de garanties qu’elle n’a pas. Après un an de colocation à une heure de son lieu de travail, le CDI n’est toujours pas à l’ordre du jour. A 29 ans, 1 700 euros net par mois et un CDD d’un an, elle n’a eu d’autre choix que de se tourner vers un foyer de jeunes travailleurs.

Comme elle, de nombreux jeunes actifs font face à « de réelles difficultés d’accès au logement, et pas seulement à Paris », assure Tommy Veyrat, délégué national de l’Union nationale des comités locaux pour le logement autonome des jeunes (UNCLLAJ), qui organise la semaine du logement des jeunes du 28 mai au 5 juin.
« A priori vis-à-vis des jeunes »
Selon la Fondation Abbé Pierre, en 2015, 1,5 million de jeunes vivaient chez leurs parents malgré un emploi rémunéré, en CDI à temps complet pour la moitié d’entre eux. Difficile de savoir combien y sont obligés. Mais une chose est sûre, selon Lucie Cahn, directrice générale de l’Association pour l’accès aux garanties locatives (APAGL) : « Les bailleurs ont toujours un a priori vis-à-vis des jeunes actifs. Ils ont beau être moins en impayé que les autres catégories d’âge, ils sont plus mobiles, ont moins de stabilité dans l’emploi, et ont souvent des ressources plus faibles. »
De véritables contraintes quand il s’agit d’accéder à la location, mode de logement largement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Un jeune homme d’origine burkinabé de 32 ans a été tué, vendredi 18 mai, roué de coups par une douzaine d’adolescents dans le quartier Saragosse.
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Homme battu à mort à Pau : deux jeunes toujours en garde à vue

Un jeune homme d’origine burkinabé de 32 ans a été tué, vendredi 18 mai, roué de coups par une douzaine d’adolescents dans le quartier Saragosse.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 13h59
    |

            Yann Bouchez (envoyé spécial à Pau)








                        



   


Au printemps, avec ses arbres au feuillage fourni, ses étendues d’herbe et ses aires de jeux, l’endroit fait le bonheur des enfants. Sur les bancs, à l’ombre, parents et nounous discutent. Des trottinettes croisent des poussettes. Quelques mètres plus loin, des adolescents jouent au foot dans un city stade vieillot, juste à côté d’un terrain de basket au sol craquelé. Située entre l’école maternelle Arc-en-ciel et la caserne des pompiers, la plaine de jeux du quartier Saragosse, à Pau, offre une ambiance juvénile et familiale, à peine troublée par une pétarade de scooter de temps à autre.
C’est pourtant là, au pied de la caserne, qu’un jeune homme de 32 ans est mort, vendredi 18 mai en fin d’après-midi, après avoir été roué de coups. La scène s’est déroulée en plein jour. Sous le regard de mères de famille, et à quelques mètres de gamins encore trop petits pour comprendre la signification des draps blancs déployés après l’agression. Du drame, il ne reste désormais plus qu’une croix jaune peinte sur la pelouse, là où Jacques Béli Nebié a été tué. Et des bouquets de fleurs, avec un mot : « Honte aux jeunes auteurs imbéciles de cet acte barbare ! »

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Crainte de représailles
Lundi 21 mai au petit matin, deux jours après l’audition des témoins, trois mineurs du quartier Saragosse ont été interpellés à leur domicile. Le plus âgé a à peine 16 ans. L’un d’entre eux a été libéré mardi matin après une journée d’audition, mais la garde à vue des deux autres a été prolongée. Entre-temps, le quartier a été secoué par un incident survenu dimanche en début d’après-midi, lorsqu’une voiture a tenté de renverser un adolescent, au pied de la tour Isabe. La crainte de représailles est venue hanter certains habitants. Mais l’enquête n’a permis d’établir aucun lien entre les deux faits.
Comment expliquer l’agression mortelle, à laquelle ont pris part une douzaine de personnes, pour la plupart mineurs, dont quatre seraient restées plus longtemps pour porter les coups les plus violents, selon les dires de plusieurs témoins ? Certains affirment avoir vu les agresseurs utiliser, en plus de leurs poings et de leurs pieds, des bouts d’une chaise, et des barres, pour frapper le jeune homme.
Venu vivre à Pau il y a quelques mois avec sa famille, Jacques Béli Niebé, Français d’origine burkinabé, habitait un immeuble jouxtant le quartier Saragosse. Il n’était pas connu de la police locale. En revanche, il avait été visé par plusieurs procédures judiciaires lorsqu’il vivait dans le Val-d’Oise, dont une affaire de stupéfiants. « Aucun lien n’est établi entre son passé et les faits survenus », a indiqué, lundi, la procureure de Pau, Cécile Gensac. Récemment, le jeune homme avait trouvé un travail d’agent d’entretien dans un centre commercial.
Témoignages contradictoires
En attendant les résultats d’une autopsie réalisée à l’institut médico-légal de Toulouse, les enquêteurs doivent encore démêler le vrai du faux parmi les témoignages parfois contradictoires, et compter avec une omerta qui règne. Dans le quartier Saragosse, l’un des deux « quartiers prioritaires » de Pau, la parole se libère difficilement. Et quel crédit accorder à tel adolescent qui assure que la victime était « alcoolisée » ? Ou tel autre qui affirme qu’elle menaçait un « petit » ? Devant la caméra de BFM-TV, le frère de l’un des gardés à vue a même avancé la « légitime défense » pour évoquer le lynchage. Sans aller jusqu’à le dire officiellement, les enquêteurs, eux, n’ont que peu de doutes sur le fait que le déchaînement de violence soit lié à une affaire de stupéfiants.
Jeune maman de 25 ans, Allison Lopez est l’une des rares à avoir accepté de parler aux micros ces derniers jours, sans requérir l’anonymat. « Je trouve horrible que tout le monde ferme sa gueule et ferme les yeux », explique-t-elle. Elle est arrivée à la fin de l’agression, à laquelle a assisté son amie, Edwige Reynaud. Comme d’autres, Allison Lopez, qui habite à Saragosse depuis quelques mois, décrit « un quartier jusque-là tranquille », où les jeunes « font des petites conneries ». Le climat se serait tendu ces dernières semaines.
A dix minutes à pied au nord-est du centre historique, l’ensemble des immeubles autour de l’avenue Saragosse, où vivent quelque 4 000 habitants, avec une surreprésentation des jeunes et des étrangers par rapport au reste de la ville, a été construit, en grande partie, dans les années 1960. Le nom du quartier lui a été donné en 1968, à une époque où les immigrés espagnols constituaient la majorité des arrivants. Depuis, d’autres sont venus du Maghreb, d’Europe de l’Est, de Tchétchénie. Ici, les barres HLM portent le nom de lacs pyrénéens : Isabe, Anglas, Arrémoulit, Ayous… Longtemps considéré comme plus calme que le quartier d’Ousse-des-Bois, à quelques centaines de mètres de là, où les caillassages de policiers n’étaient pas rares avant que les tours ne soient détruites et l’habitat réaménagé, Saragosse attend encore sa grande rénovation, prévue pour bientôt. Ces dernières années, plusieurs commerces ont fermé après des incendies ou s’être fait voler la caisse. Ici, « comme dans d’autres quartiers », les adultes déplorent que les jeunes soient « désœuvrés ».
Arrivée en 1969, à l’époque où elle voyait « les vaches depuis l’appartement », Françoise – le prénom a été modifié –, une retraitée qui reçoit dans son salon propret, décrit un « quartier sympa ». Elle reconnaît toutefois ne pas être toujours à l’aise face à certains « jeunes », à qui elle n’ose plus rien dire quand ils multiplient les incivilités. Dans un sourire, comme pour s’excuser, elle confie : « On est un peu obligé de vivre dans la lâcheté. »
Après l’agression mortelle de vendredi, le maire de Pau, François Bayrou, a dénoncé « des réseaux prêts à toutes les violences pour imposer leur loi, en s’abritant souvent derrière l’âge des délinquants ». « Ce n’est pas une zone de non-droit, la vie y est tout à fait normale et populaire, a-t-il rappelé, mais en souterrain des dérives sont en train de s’insérer, et il faut lutter contre. » D’où l’importance de la future police de sécurité du quotidien, selon lui. Un dispositif dont Pau sera l’une des villes pionnières, avec l’arrivée d’une dizaine de policiers, prévue en septembre.



                            


                        

                        


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Le projet de réforme du logement suscite la grogne de certains élus

Après de vifs débats en commission, la loi ELAN arrive à l’Assemblée nationale le 30 mai.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h23
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            
Du mardi 15 mai après-midi au samedi 19 mai peu avant 2 heures du matin, il aura fallu une quarantaine d’heures de débat pour passer en revue les quelque 2 437 amendements au projet de loi pour l’Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Roland Lescure, son président, député (La République en marche, LRM) des Français de l’étranger, a mené les discussions au pas de charge. Au total, 401 amendements ont été adoptés et une quarantaine retirés pour les retravailler d’ici à l’examen en première lecture, le 30 mai.
Urbanisme
La commission, à l’initiative des députés LRM, a ouvert de larges brèches dans la loi littoral, autorisant désormais les constructions dans la bande des 100 mètres du rivage pour quatre motifs : combler des « dents creuses » entre hameaux, installer des équipements photovoltaïques au sol, créer ou agrandir des bâtiments agricoles ou construire des équipements collectifs sur les îles et Outre-Mer.
Malgré les protestations de Raphaël Gérard, député (LRM) de Charente-Maritime et rapporteur de l’avis sur le projet de loi ELAN au nom de la commission des affaires culturelles, le rôle des architectes des bâtiments de France (ABF) est réduit en cas de pose d’une antenne téléphonique ou de démolition d’un bâtiment en péril. Leur avis ne sera plus « conforme », c’est-à-dire impératif, mais restera « simple » et consultatif, le maire pouvant passer outre. « On en cède au lobby des opérateurs téléphoniques », a protesté Stéphane Peu (PCF). « Vous serez contents lorsqu’on installera une antenne sur Notre-Dame », a fulminé François Pupponi (Nouvelle Gauche).
La transformation de bureaux en logements sera exonérée de l’obligation de comprendre des logements sociaux que prévoit la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) et bénéficiera d’un bonus de constructibilité porté de 10 % à 30 %. C’est une entorse à la loi SRU...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ En encourageant les jeunes médecins à faire des stages en libéral, la réforme du troisième cycle affecte le fonctionnement des hôpitaux publics non universitaires.
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Forte baisse du nombre d’internes dans les hôpitaux

En encourageant les jeunes médecins à faire des stages en libéral, la réforme du troisième cycle affecte le fonctionnement des hôpitaux publics non universitaires.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h16
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
Pour de nombreux hôpitaux non universitaires, le coup a été rude. L’entrée en vigueur au mois de novembre de la réforme du troisième cycle des études de médecine a entraîné une baisse significative du nombre d’internes de médecine générale en stage chez eux. A l’origine de cette diminution : une nouvelle maquette prévoyant que ces étudiants « presque médecin » effectuent davantage de stages chez des praticiens libéraux au cours de leurs six semestres de formation pratique.

Dans les hôpitaux, où les internes contribuent bien souvent à faire tourner des services, l’impact a été fortement ressenti. A Sedan (Ardennes), par exemple, c’est huit postes d’interne sur douze qui ont été perdus, quinze sur soixante-dix à Charleville-Mézières. Des pertes qui ont « renforcé les tensions pesant sur les équipes médicales », reconnaît la direction du groupement hospitalier réunissant ces deux sites. A Troyes, les urgences pédiatriques ont même dû fermer leurs portes, faute d’internes. « Nous nous attendions à une baisse, mais je ne pensais pas que nous passerions de six internes à aucun », a déclaré Philippe Blua, le directeur du site, dans un entretien à L’Est éclair le 2 mai. A Bourges, on affiche également « zéro interne aux urgences, contre quatre ou cinq les précédents semestres ».
« Pas de solution miracle »
Certains hôpitaux ont dû se résoudre à « fermer régulièrement » des plages de consultations, d’autres ont dû davantage recourir à l’intérim. « Les hôpitaux sont très impactés », estime-t-on à la Fédération hospitalière de France (FHF), qui représente les établissements publics. « Cette réforme a induit une désorganisation assez marquée dans pas mal d’endroits », insiste Thierry Godeau, le président de la Conférence nationale des présidents de commissions médicales d’établissements de centres hospitaliers, qui regrette la mise en place « brutale » de la nouvelle maquette. « Dans...




                        

                        

