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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ La nomination du nouveau gouvernement se fait attendre, le président Mattarella ayant choisi de mener de nouvelles consultations avant de se prononcer.
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Ce qu’il faut retenir de l’imbroglio politique en Italie

La nomination du nouveau gouvernement se fait attendre, le président Mattarella ayant choisi de mener de nouvelles consultations avant de se prononcer.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 18h39
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h43
   





                        


L’essentiel
Le président italien, Sergio Mattarella, s’est accordé un délai de réflexion supplémentaire, mardi 22 mai, concernant la nomination du nouveau chef du gouvernement. Il a reçu les présidents des deux Chambres mais n’a pas fait connaître sa réponse.Luigi Di Maio, du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, de la Ligue, sortis victorieux des législatives en mars, lui avaient proposé lundi de nommer Giuseppe Conte, un juriste inconnu du grand public.La Commission européenne, inquiète du ton résolument anti-austérité du programme commun des deux formations politiques, a mis en garde le futur gouvernement contre des dérapages budgétaires, en rappelant au pays qu’il figurait parmi les plus endettés de la zone euro.
La citation
« Pour nous, il est important que le nouveau gouvernement italien maintienne le cap et mène une politique budgétaire responsable »
C’est ce qu’a déclaré mardi le vice-président de la Commission européenne chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis.
Depuis l’annonce de l’accord de gouvernement entre le M5S et la Ligue, qui promet de combler les déficits avec une politique de croissance, les responsables européens multiplient les mises en garde.
Le chiffre
54 ans
C’est l’âge de Giuseppe Conte, professeur de droit spécialiste de droit civil et administratif choisi par Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue). Le M5S l’avait présenté avant les élections comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » la fonction publique.
Peu de temps après que son nom a été proposé à M. Mattarella, des questions ont émergé dans la presse sur son curriculum vitae. M. Conte mentionne notamment des cours de « perfectionnement juridique » auprès des universités Yale, Sorbonne, Cambridge, New York University (NYU) ou encore l’International Kultur Institut de Vienne, dédié uniquement à l’apprentissage de l’allemand. Or, selon le New York Times, la NYU n’a pas gardé de trace de son passage.
Et après ?
Le choix de Sergio Mattarella est attendu et devrait être annoncé mercredi. Un éventuel refus de la candidature de M. Conte entraînerait de nouvelles élections.

Pour aller plus loin
Europe, défense, Russie... les principaux points du contrat de coalition entre la Ligue et le M5SL’improbable coalition des protestataires Di Maio et SalviniItalie : le défi à l’Europe





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’accord de gouvernement entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) précise, entre autres points, qu’un membre de gouvernement ne doit pas appartenir à la franc-maçonnerie. Cette interdiction nous ramène-t-elle aux origines du fascisme italien, se demande l’historien Jean-Yves Frétigné, dans un courrier au « Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le couple à la tête de Podemos s’est offert une villa chic avec piscine en banlieue de Madrid. Les accusations d’hypocrisie n’ont pas tardé à pleuvoir.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le PDG est entendu quelques semaines après le scandale Cambridge Analytica sur les données personnelles. Posez vos questions à nos journalistes.
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<article-nb="2018/05/22/19-5">
<filnamedate="20180522"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180522"><AAMMJJHH="2018052219">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le théologien musulman, mis en examen pour viols, demandait sa remise en liberté pour des raisons de santé.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

La cour d’appel refuse la remise en liberté de Tariq Ramadan

Le théologien musulman, mis en examen pour viols, demandait sa remise en liberté pour des raisons de santé.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h32
   





                        



   


La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé, mardi 22 mai, que Tariq Ramadan, incarcéré depuis début février dans le cadre d’une enquête pour viols, resterait en détention, confirmant ainsi la décision prise début mai par le juge des libertés et de la détention.
Au cours de l’audience devant la chambre de l’instruction, en l’absence de l’islamologue suisse de 55 ans, sa défense a de nouveau invoqué son état de santé et dénoncé des « contradictions » dans le récit des plaignantes.
« M. Ramadan n’a rien à faire en prison, il peut tout à fait être en liberté. Nous avons proposé une caution, une assignation à résidence, la remise de son passeport. Tout ceci m’apparaît amplement suffisant et nécessaire pour que l’information judiciaire se déroule dans de bonnes conditions », a expliqué son avocat, Emmanuel Marsigny. Il a réclamé une nouvelle expertise médicale, avançant que l’état de santé de son client se détériorait et qu’il ne recevait pas en détention les soins nécessaires. La cour d’appel a aussi rejeté cette demande.
Audience le 5 juin
Tariq Ramadan, atteint d’une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé compatible avec la détention par une expertise, est écroué depuis sa mise en examen le 2 février pour deux viols présumés, dont l’un sur une personne vulnérable, qu’il conteste vigoureusement.

        Lire aussi :
         

                Atteint de sclérose en plaques, Tariq Ramadan peut être soigné en prison



L’avocat général a insisté sur la nécessité de garantir la présence de Tariq Ramadan en France, d’éviter d’éventuelles pressions sur les accusatrices et de prévenir le renouvellement des faits. Et ce, alors que toutes les plaignantes n’ont pas encore été entendues et que des confrontations sont envisageables entre l’islamologue et ses accusatrices.
L’enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, dans le sillage du scandale Weinstein aux Etats-Unis. Elles ont été rejointes en mars par une troisième.
L’audition prévue le 5 juin de Tariq Ramadan – la première depuis sa garde à vue – pourrait conduire à une nouvelle mise en examen pour ces faits. Une quatrième femme a également déposé plainte pour viol à Genève.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.
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Italie : Europe, défense, Russie... les principaux points du contrat de coalition entre la Ligue et le M5S

Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h47
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
DOCUMENT. [C’est un texte qu’il ne faudrait surtout pas prendre à la légère. Le « contrat pour un gouvernement de changement » présenté lundi 21 mai, au palais du Quirinal, au président de la République italienne, Sergio Mattarella, dont Le Monde publie ici de larges extraits, est le premier document produit par l’alliance entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, les deux formations ayant obtenu à elles deux la majorité au soir des élections du 4 mars. Il est censé, pour ses auteurs, constituer la feuille de route du gouvernement. Or, dans sa forme comme dans le fond qu’il exprime, il constitue une profonde rupture dans l’histoire de la démocratie italienne.
D’abord, il se veut un « contrat », autrement dit un texte contraignant entre les parties, donnant corps à la coalition. Présenté par le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, comme l’équivalent des très stricts contrats de coalition allemands, il n’a en réalité pas grand-chose à voir avec ce genre de documents politiques. Il se borne, en une trentaine d’articles classés par ordre alphabétique et un préambule, à formuler des objectifs, rarement chiffrés, que les deux parties s’approprient, et s’engagent par leur signature à défendre ensemble.
Dans le détail, plutôt que de chercher des terrains d’entente, de poser noir sur blanc les éléments d’un compromis, forcément douloureux, la logique a plutôt été de superposer les revendications. Aussi le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a-t-il raison de dire que « 90 % du programme de la Ligue y est ». Le problème est que Luigi Di Maio (M5S), dont les vues sur de nombreux sujets sont très différentes, peut assurer la même chose à sa base…
Le résultat est un curieux patchwork sans véritable cohérence idéologique. Il se fait dangereusement précis pour définir les contours d’un tour de vis sécuritaire sans précédent, mais reste parfois allusif sur certains sujets explosifs (la fin de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les projets européens de la France pourraient être plombés en cas de crise avec l’Italie, où le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont négocié un « contrat » de coalition.
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La coalition antisystème en Italie, nouveau coup dur pour Macron

Les projets européens de la France pourraient être plombés en cas de crise avec l’Italie, où le Mouvement 5 étoiles et la Ligue ont négocié un « contrat » de coalition.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 10h50
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Un gouvernement italien réunissant la Ligue et le Mouvement 5 étoiles inquiète l’Europe et au premier chef les autorités françaises. « C’est le choix des Italiens », rappelle-t-on pourtant prudemment à Paris. Interrogé sur la situation italienne lors du sommet sur les Balkans, à Sofia, le 17 mai, le chef de l’Etat s’était contenté de répondre qu’« il faut accepter ce que les peuples décident », tout en ajoutant que la France « fera au mieux pour travailler avec ses partenaires et amis ».
Il s’agissait d’éviter les polémiques dans l’espoir que les deux partis de la future coalition italienne, antisystème et eurosceptiques, modèrent leur programme de gouvernement. Ce dernier ne mentionne certes plus explicitement une sortie de l’euro, mais le coût des mesures promises met largement l’Italie, qui a déjà une dette équivalant à 132 % du PIB, hors des clous. D’où l’appel « à mener une politique budgétaire raisonnable » lancé par le vice-président de la Commission européenne en charge de l’euro, Valdis Dombrovskis, dans le quotidien économique allemand Handelsblatt.
Le ton monte entre Le Maire et Salvini
Avant même que ces deux forces ne présentent leur équipe, le ton a commencé à monter. « Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l’assainissement des banques, c’est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée », a mis en garde le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, le 20 mai sur Europe 1. « Que les Français s’occupent de la France et ne mettent pas leur nez dans les affaires des autres », a aussitôt rétorqué Matteo Salvini, l’homme fort de la Ligue.

Il y a d’évidentes résonances entre les situations politiques de part et d’autre des Alpes. La coalition italienne concrétise la vague populiste qui s’était exprimée lors des législatives du 4 mars balayant le Parti démocrate...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Bruxelles propose désormais à Washington de discuter d’un accord de libre-échange.
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Taxes sur l’acier et l’aluminium : l’Europe prête à transiger avec les Etats-Unis

Bruxelles propose désormais à Washington de discuter d’un accord de libre-échange.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h52
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A une semaine de la possible imposition, par le président américain, Donald Trump, de taxes sur leurs exportations d’acier et d’aluminium, les Européens sont toujours dans l’expectative, mais désormais prêts à transiger pour éviter ces mesures jugées injustes et, surtout, échapper à une future guerre commerciale.
Réunis à Bruxelles, mardi 22 mai, les ministres de l’économie des Vingt-Huit doivent ainsi entériner les propositions d’ouverture faites par leurs dirigeants la semaine précédente, lors d’un sommet à Sofia (Bulgarie).

« Pas question de négocier avec un pistolet sur la tempe », ont répété en chœur les responsables officiels, mais d’accord, une fois acquises les exemptions de taxes sur l’acier et l’aluminium, pour « approfondir la relation énergétique avec les Etats-Unis, notamment dans le secteur du gaz naturel liquéfié ». Comprendre : pour en acheter davantage aux Américains.
D’accord aussi pour débattre d’un abaissement des droits de douane pour les voitures américaines en échange d’un accès amélioré des entreprises européennes aux marchés publics des Etats-Unis.
Des concessions suffiront-elles à convaincre le président américain de remiser ses taxes au placard ? Rien n’est moins sûr
A Bruxelles, on refuse en bloc d’évoquer le retour du Tafta (traité de libre-échange transatlantique), l’accord négocié avec Washington sous le mandat d’Obama, tant il avait mauvaise presse auprès des opinions publiques surtout au sud de l’Europe, et d’inclure dans les futures discussions les échanges de denrées agricoles, autre sujet épidermique. La France, très ferme, ne veut pas entendre parler de ce type de négociation avec un pays qui a quitté les accords de Paris sur le climat.
Pour autant, d’aucuns en conviennent : si des abaissements de tarifs douaniers sont mis sur la table (cette hypothèse n’a pas été formulée explicitement à Sofia), alors les discussions pourraient quand même s’orienter vers un accord...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ 400 compagnies privées sont nées outre-Rhin depuis 1994, dont certaines sont détenues par le français Transdev.
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Les leçons de la libéralisation du rail en Allemagne

400 compagnies privées sont nées outre-Rhin depuis 1994, dont certaines sont détenues par le français Transdev.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 10h30
    |

                            Cécile Boutelet (Brême, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la rame Alstom neuve qui nous emmène, en cette mi-mai, de la gare de Brême à Bremerhaven-Wulsdorf (Brême), Andreas Küper se souvient des débuts de la NordWestBahn (NWB), en 1999. « J’ai vécu les premières années de la compagnie, quand il n’y avait que 83 personnes », explique cet ancien électricien, devenu conducteur de locomotives pour NWB, aujourd’hui président du Betriebsrat, le conseil des salariés de l’entreprise.
La NordWestBahn qui nous transporte est une de ces 400 compagnies privées qui sont apparues en Allemagne depuis la libéralisation du réseau, en 1994. Fondée en 1999, la NWB compte aujourd’hui 900 salariés, pour un chiffre d’affaires de 251 millions d’euros. C’est une des filiales allemandes du français Transdev, qui appartient à 70 % à la Caisse des dépôts et consignations et à 30 % Veolia. Alors que les cheminots de la SNCF lancent un nouveau un mouvement de grève les 23 et 24 mai, contre la réforme de l’entreprise, Transdev est un des groupes qui ont contribué à installer la concurrence dans le paysage ferroviaire allemand : il s’est imposé comme le premier concurrent de la Deutsche Bahn (DB) en Allemagne, avec 7 % du marché.
« Après la libéralisation, il a fallu une décennie de lutte syndicale pour obtenir une convention collective pour tout le secteur du transport ferroviaire, poursuit M. Küper. Maintenant, plus de dumping salarial entre compagnies, personne ne court le risque de perdre ses acquis de carrière en changeant d’employeur. C’est une des conditions pour que la libéralisation se passe bien. C’est ce que j’ai dit [en 2017] aux représentants syndicaux français qui sont venus voir comment cela se passait chez nous. »

Le prix des tickets n’a pas changé
Depuis 2011, la convention collective des cheminots impose qu’en cas de changement de prestataire d’une ligne, tous les salariés qui y travaillaient soient réembauchés par le nouvel exploitant...




                        

                        


<article-nb="2018/05/22/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue tentent de masquer leurs divergences. Le chef de l’Etat doit donner, mardi, sa réponse au projet de contrat de coalition.
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Italie : l’improbable coalition des protestataires Di Maio et Salvini

Les chefs de file du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue tentent de masquer leurs divergences. Le chef de l’Etat doit donner, mardi, sa réponse au projet de contrat de coalition.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 10h10
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 10h51
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Finalement, c’est lui qui avait vu juste. Dans la nuit du 22 au 23 mars, sur les murs d’une petite rue du centre de Rome, Salvatore Benintende, connu dans le milieu du street art romain sous le nom de Tvboy, dessine un baiser langoureux entre le dirigeant de la Ligue, Matteo Salvini, et celui du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, dressé sur la pointe des pieds.
Le moment n’est pas choisi au hasard : quelques heures plus tard, les Chambres nouvellement élues vont commencer leurs travaux, si bien que de nombreux photographes, présents aux abords du Parlement, ont le temps d’immortaliser son œuvre avant qu’elle soit effacée par les services de propreté de la ville. Instantanément, l’image est reprise partout, comme une provocation artistique un peu potache, mais aussi comme métaphore d’une possible alliance qui épouvante l’Europe.
Les positions des deux dirigeants « antisystème » paraissent, alors, encore bien éloignées. Et pourtant… moins de deux mois après, la coalition entre la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement 5 étoiles a bel et bien vu le jour. Et les deux jeunes dirigeants, avec moins de tendresse et beaucoup plus de calcul que ne l’annonçait l’œuvre de Tvboy, se sont découvert des affinités, au point de décider de faire un bout de chemin ensemble.
Lundi 21 mai, Luigi Di Maio et Matteo Salvini sont montés sur la colline du Quirinal pour présenter au président Sergio Mattarella le « contrat pour un gouvernement de changement », qu’ils ont négocié ensemble, et l’équipe dirigée par le juriste Giuseppe Conte, qu’ils ont choisie pour le mettre en œuvre. Le chef de l’Etat s’est réservé une nuit de réflexion supplémentaire et devait rencontrer, mardi matin, les présidents des deux Chambres, Maria Elisabetta Casellati (Forza Italia, Sénat) et Roberto Fico (M5S, Chambre des députés), avant de faire connaître sa réponse.
Solidarité inébranlable
Dirigeants de partis que tout devrait opposer, Luigi Di Maio et Matteo Salvini affichent désormais une solidarité inébranlable. Et si leur entente apparaît aujourd’hui si évidente, il y a quelques mois encore, elle ne semblait pas aller de soi.
Né en 1986 à Avellino (Campanie), Di Maio a grandi à Pomigliano D’Arco, une petite ville plutôt prospère des environs de Naples, dans une maison posée au bord d’une route menant au Vésuve, au sein d’une famille de la petite bourgeoisie campanienne. En 2013, il vivait encore chez ses parents lorsque les premiers succès du Mouvement 5 étoiles le portent à la Chambre des députés, à moins de 27 ans.
Nommé vice-président de la Chambre, il parvient en quelques mois à se couler dans les habits d’un parlementaire chevronné, à mille lieues des vociférations de Beppe Grillo. En parole, il se veut « antisystème », mais, de son discours stéréotypé à ses sempiternels costumes, tout chez lui transpire la soif de respectabilité et le besoin de reconnaissance. Luigi Di Maio a certes des origines populaires, et ses adversaires, avec un évident mépris social, se plaisent à souligner ses fautes de grammaire et la minceur de son CV, mais c’est le dernier responsable politique italien à ne jamais apparaître sans cravate.
Matteo Salvini a une bonne dizaine d’années de plus. Il préfère les codes vestimentaires du stade San Siro aux costumes chics milanais et a construit tout son parcours autour de ce personnage d’enfant turbulent, qui, à coups de provocations, a réveillé une Ligue du Nord minée par les luttes d’appareil et les affaires de corruption. Pourtant c’est un enfant de la bourgeoisie lombarde, fils de dirigeant d’entreprise, qui a étudié au très convenable lycée Alessandro-Manzoni, en plein centre de Milan. Et malgré son style volontiers débraillé et ses efforts pour poser au jeune père de famille comme les autres, sa langue et sa diction trahissent, presque malgré lui, ses origines et sa parfaite éducation bourgeoise.
Souplesse idéologique
Au soir du 4 mars, Di Maio et Salvini se sont retrouvés dans la peau des grands vainqueurs : avec plus de 32 % des voix, le Mouvement 5 étoiles devenait le premier parti d’Italie, tandis que la Ligue l’emportait nettement sur les partisans de Silvio Berlusconi, et, avec plus de 17 %, devenait la force dominante d’une coalition de droite totalisant, de son côté, plus de 37 % des suffrages. Aucun camp n’ayant obtenu de majorité, la recherche d’alliances était obligatoire, mais les positions de chacun semblaient parfaitement inconciliables, d’autant que la Ligue de Matteo Salvini était organiquement liée à un parti, Forza Italia, avec lequel le M5S refusait de discuter.

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La droite et le M5S parviennent tout de même à se mettre d’accord pour se répartir les présidences des deux Chambres, le 24 mars, et durant les tractations Matteo Salvini et Luigi Di Maio se découvrent une certaine facilité à discuter ensemble. Début mai, Matteo Salvini parvient à faire sauter l’obstacle Berlusconi, sous la menace d’un retour aux urnes annoncé désastreux pour son parti. Les tractations débouchent sur un « contrat » dévoilé le 18 mai, qui constitue plus une compilation des mesures voulues par chacun qu’un projet politique articulé.
Dans les négociations, Salvini et Di Maio ont une fois de plus démontré leur déconcertante souplesse idéologique et semblent s’être découvert, malgré l’ampleur de ce qui les sépare, une estime réciproque. Bien sûr, leur alliance ne peut durer qu’un temps : comment concilier, à terme, la révolte fiscale du nord du pays avec les appels au secours d’un Sud délaissé, les intérêts des plus riches et ceux des laissés-pour-compte ? Mais, pour l’heure, l’important est de faire table rase. Matteo Salvini et Luigi Di Maio le peuvent d’autant plus facilement qu’ils disposent d’un ennemi commun : l’Europe de Bruxelles.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les Marocains sont les étudiants étrangers les plus nombreux en France, avec 38 000 inscrits en 2016/2017. Le Maroc tente depuis des années de mettre fin à cette hémorragie, sans grand succès.
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A Casablanca, les grandes écoles ont du mal à retenir les jeunes talents

Les Marocains sont les étudiants étrangers les plus nombreux en France, avec 38 000 inscrits en 2016/2017. Le Maroc tente depuis des années de mettre fin à cette hémorragie, sans grand succès.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 09h22
    |

            Eric Nunès








                        



                                


                            

Ce n’est pas un beau roman, mais c’est une belle histoire... Celle de Paul et Salma, qui se sont croisés – sans se voir, contrairement à la chanson de Michel Fugain.
Paul vient du Nord – du nord de la Méditerranée. Natif de Bourges et élève ingénieur en quatrième année de l’école d’ingénieurs en génie des systèmes industriels de La Rochelle (EIGSI), il a mis cap au sud, pour parfaire ses compétences en bâtiment et travaux publics. Direction Casablanca, au Maroc. Pour l’étudiant français en bâtiment & travaux publics (BTP), le Maroc est un terrain d’apprentissage idéal. « A Casablanca, on construit à tour de bras », se réjouit l’élève ingénieur. Pont, routes, immeubles… où que l’on soit dans la ville, des grues immenses hérissent le paysage, symptômes d’une ville en croissance. « Nos professeurs sont des vrais professionnels du bâtiment, chacun dans sa spécialité », souligne l’étudiant.
 répond sans hésitation la jeune femme lorsqu’on lui demande la raison de son départ
Salma, elle, vient du Sud. En ce début de mois de mai, elle embarque dans un Boeing 787 Dreamliner qui quitte le tarmac de la capitale économique marocaine. Direction : la France. La lycéenne, en terminale au lycée français Louis-Massignon de Casablanca, s’envole pour l’Hexagone afin d’y passer des concours et tenter d’intégrer une école d’architecture parisienne. « Les écoles françaises sont meilleures », répond sans hésitation la jeune femme lorsqu’on lui demande la raison de son départ.
Comme Salma, 38 002 Marocains – la plus importante communauté d’étudiants étrangers en France – ont fait le choix d’étudier dans l’Hexagone, selon le dernier rapport de l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale, publié au mois d’avril. Et ce malgré une politique marocaine d’ouverture aux établissements d’enseignement supérieur français, pour attirer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci fait part de ses craintes concernant le mariage entre la Ligue et le M5S. Le parti de Luigi di Maio risque de ne pas faire le poids face à un partenaire bien plus structuré et cohérent.
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« Le Mouvement 5 étoiles fait le pari risqué de l’alliance politique »

Dans une tribune au « Monde », l’historienne Marie-Anne Matard-Bonucci fait part de ses craintes concernant le mariage entre la Ligue et le M5S. Le parti de Luigi di Maio risque de ne pas faire le poids face à un partenaire bien plus structuré et cohérent.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h30
    |

Marie-Anne Matard-Bonucci (Historienne et professeure à l'Institut d’Histoire du temps présent/IHTP)







                        



                                


                            

Tribune. Si elle n’était pas très inquiétante pour la démocratie, la récente alliance de la Ligue (Lega) et du Mouvement 5 étoiles (M5S) pourrait faire sourire, tant elle semblait improbable il y a encore quelques semaines. Depuis qu’elle s’est formalisée, quelques esprits taquins s’emploient sur la Toile à recenser les déclarations hostiles et les invectives dont, il y a peu, les uns accablaient les autres.
D’un côté, Luigi Di Maio, dirigeant du M5S, dénonçait le racisme anti-méridional de la Ligue et de ses militants, qui suppliaient le Vésuve de nettoyer « Naples par le feu ». Son prédécesseur, Beppe Grillo, accablait la Ligue pour avoir, avec Forza Italia (le parti de Silvio Berlusconi), « détruit le pays ».

De l’autre, Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue, dressait des procès en incompétence à l’encontre des responsables du Mouvement 5 étoiles, quand il ne le jugeait pas « plus dangereux que les communistes ». De fait, la peur d’une arrivée au pouvoir des 5 Etoiles a autrefois contribué à sceller l’alliance entre Forza Italia, Fratelli d’Italia (les héritiers du fascisme) et la Ligue.
L’alliance entre Salvini et Di Maio ressemble donc bien, à première vue, au mariage de la carpe et du lapin
L’alliance entre Salvini et Di Maio ressemble donc bien, à première vue, au mariage de la carpe et du lapin et l’on peut douter de la longévité du gouvernement d’union, même si chaque partenaire espère y trouver son compte. Les 5 Etoiles attendent une légitimité accrue de l’exercice du pouvoir national et la possibilité de conforter leur profil « ni droite ni gauche » aux côtés d’un allié plus radical (dont le site, Il Populista, affiche en exergue le slogan « Libère la bête qui est en toi ! »).
Quant à Matteo Salvini, il parie sur sa capacité à faire triompher ses propres orientations au sein de la coalition et à s’imposer comme le leader principal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le populisme est un phénomène trop hétérogène et les réponses à l’internationalisation des sociétés trop diverses pour voir dans l’Italie un modèle, juge le politologue Gilles Ivaldi dans une tribune au « Monde ».
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« Il est trop tôt pour voir dans l’axe populiste transalpin un nouveau modèle dominant en Europe »

Le populisme est un phénomène trop hétérogène et les réponses à l’internationalisation des sociétés trop diverses pour voir dans l’Italie un modèle, juge le politologue Gilles Ivaldi dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    22.05.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h31
    |

Gilles Ivaldi (Chargé de recherche CNRS, Urmis-Université de Nice)







                        



                                


                            
Tribune. La formation en Italie d’un gouvernement par la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) est symptomatique du « moment » populiste que nous vivons depuis plus d’une dizaine années. Cette alliance inédite en Europe occidentale illustre la confluence des revendications populistes autour de l’appel à la souveraineté populaire, de la critique des élites et de l’Union européenne, sur fond de crise des partis traditionnels.

Il est beaucoup trop tôt cependant pour voir dans l’axe populiste transalpin un nouveau modèle dominant en Europe.
Tout d’abord parce que le populisme reste un phénomène trop hétérogène. En tant qu’idéologie, le populisme se révèle relativement pauvre. Il lui faut impérativement s’adosser à des idéologies plus « épaisses » qui vont lui donner sa substance et l’aider à formuler un projet politique complet.
Sous l’impulsion de Matteo Salvini, la Ligue s’est fortement rapprochée du populisme de droite radicale dont le Front national français demeure encore à ce jour le prototype, aux côtés de l’AfD allemand, du FPÖ autrichien ou du PVV néerlandais, notamment. Ce populisme représente un phénomène structurel des sociétés politiques européennes depuis le milieu des années 1980. Il s’appuie sur le nationalisme et la xénophobie, politise des enjeux culturels liés à l’immigration et à l’Islam, rejetant le « cosmopolitisme » des élites, sur fond de « préférence nationale ».
Des enjeux très différents
A ce populisme d’exclusion s’oppose une forme sociale et égalitaire du populisme, ancrée, elle, à gauche du spectre politique. Inspiré notamment des expériences latino-américaines, ce populisme s’est développé plus récemment en Europe, sous l’effet de la crise financière de 2008. Il opère principalement sur des enjeux socio-économiques et un projet radical de redistribution des richesses.
Le M5S italien a progressivement évolué vers ce second modèle de populisme social-égalitaire, que l’on retrouve...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Données personnelles, modération, fiscalité, concurrence… Mark Zuckerberg devrait être confronté à plusieurs sujets sensibles lors de sa visite à Bruxelles et Paris.
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A l’Elysée et face aux eurodéputés, le PDG de Facebook en terrain miné

Données personnelles, modération, fiscalité, concurrence… Mark Zuckerberg devrait être confronté à plusieurs sujets sensibles lors de sa visite à Bruxelles et Paris.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h46
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, est attendu cette semaine au Parlement européen et à l’Elysée. A Bruxelles, il sera interrogé par les représentants des groupes politiques au Parlement et le président de l’instance, mardi 22 mai, avant de se rendre à Paris pour notamment rencontrer Emmanuel Macron mercredi.
Alors que le rôle des grandes plates-formes numériques dans la société et l’économie est de plus en plus décrié, cette visite en Europe s’annonce mouvementée pour le patron du plus grand réseau social au monde. Depuis plusieurs années, l’Europe mène la charge pour réguler les géants du numérique, tant sur les données personnelles que sur les contenus illégaux, la concurrence et la fiscalité.
Des explications sur le scandale Cambridge Analytica
Mark Zuckerberg va d’abord devoir s’expliquer sur l’affaire Cambridge Analytica, du nom de cette entreprise britannique spécialisée dans l’influence politique dont un sous-traitant a aspiré, sous le nez de Facebook, les données de 87 millions d’utilisateurs dont 2,7 millions d’Européens. Mark Zuckerberg a accepté cette invitation, lancée en plein cœur du scandale par le président du Parlement, Antonio Tajani, quelques jours après avoir décliné une invitation similaire et très pressante des parlementaires britanniques.
Hasard ou non, la venue de Mark Zuckerberg devant les eurodéputés intervient trois jours avant l’entrée en vigueur du très ambitieux règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD).

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Ce dernier imposera à partir de vendredi 25 mai des obligations plus strictes aux entreprises – y compris, bien sûr, Facebook – sur la manière dont elles traitent les données personnelles de leurs utilisateurs. Les amendes en cas de violation de ces règles – jusqu’à 4 % du chiffre d’affaires mondial – donnent à ce texte une vraie force de frappe face aux géants du numérique dans un domaine où ils fuient d’ordinaire toute régulation. Facebook a beau se réjouir aujourd’hui de l’entrée en vigueur de ce texte, l’entreprise a mené, comme tous les autres géants du numérique, une bataille de lobbying colossal pour tenter d’en contrarier l’adoption. Mark Zuckerberg devra d’ailleurs compter parmi les députés qui l’interrogeront l’un des principaux artisans du RGPD et l’une des voix les plus critiques vis-à-vis des nouvelles technologies, l’eurodéputé vert allemand Jan Philipp Albrecht.
Cet entretien, mené par une poignée d’eurodéputés, n’aura cependant pas les airs de grand oral décisif dont étaient parées les deux auditions du patron de Facebook face aux parlementaires américains. La réunion, contrairement aux plans initiaux de Facebook, sera tout de même diffusée en direct sur Internet. Après avoir prévu à un simple échange à huis clos, le patron de Facebook a finalement consenti, sous la pression de plusieurs groupes politiques au Parlement européen, à plus de transparence. Une pétition en ce sens lancée par un eurodéputé avait récolté 30 000 signatures et Guy Verhofstadt, le chef des libéraux au Parlement, avait même menacé d’un boycottage.
Modération, fiscalité, concurrence…
Mark Zuckerberg sera attendu sur de nombreux autres sujets sur lesquels l’Europe a poussé les feux ces derniers mois. C’est notamment le cas de la modération des contenus. La commission européenne exhorte depuis des mois les grandes plateformes à retirer plus rapidement les contenus illégaux, en particulier la propagande djihadiste, laissant planer le spectre de mesures plus coercitives.

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                Bruxelles presse les géants du Web de mieux lutter contre les contenus illicites



Plusieurs Etats membres, notamment la France, poussent aussi pour la règle dite de « l’heure d’or », un délai d’une heure dans lequel un contenu illégal doit être supprimé par les plateformes. En Allemagne, une loi prévoit de fortes amendes en cas de non-suppression d’un contenu illégal dans les 24 heures, dont Facebook est très critique. L’entreprise espère que ce texte, regardé de près par plusieurs chancelleries européennes, ne sera pas étendu à d’autres pays européens.
Le sujet de la concurrence est également brûlant pour Facebook. L’exécutif européen a proposé il y a quelques semaines une régulation destinée à limiter le pouvoir de nuisance des grandes plateformes vis-à-vis des plus petites entreprises dont l’activité est dépendante de leur présence au sein de ces mastodontes. Devenue une arlésienne depuis quelques années, la question de la fiscalité sera sûrement abordée, car même si les Etats membres avancent en rangs dispersés, la petite musique d’une taxe visant les géants du Net, prompts à contourner l’impôt par divers montages juridiques, est de plus en plus entêtante à Bruxelles.

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Mark Zuckerberg se rendra ensuite à l’Elysée, où une source citée par Reuters lui promet des « discussions assez rudes ». Il ouvrira à 17 h 30 le convoi de chefs d’entreprises devant s’entretenir avec Emmanuel Macron, précédant face au président de la République ses homologues de Microsoft, d’Uber et d’IBM. Le patron du réseau social interviendra le lendemain sur la scène du salon Viva Technologies, en compagnie de Maurice Lévy, le président du conseil de surveillance de Publicis dans un remake de « l’e-G8 », qui avait réuni les deux protagonistes en marge du G8 en 2011.

Comprendre la crise que traverse Facebook avec notre sélection d’articles
les réponses de nos journalistes à vos questions sur l’affaire « Cambridge Analytica » et les fuites de données personnelles : de quoi s’agit-il ? Qui est concerné ? Pourquoi est-ce important ?une vidéo pour comprendre pourquoi l’affaire Cambridge Analytica est grave pour Facebook et ses utilisateursune synthèse de tout ce qu’il faut savoir sur la société Cambridge Analyticales explications du lanceur d’alerte, Christopher Wylie, ancien employé de Cambridge Analyticale point sur les annnonces en trompe-l’oeil de Facebook, après les premières révélationsles moments forts de l’audition de Mark Zuckerberg devant le Sénat américain, en avrilune vidéo qui montre comment le discours de Mark Zuckerberg a changé en quatorze ansles pistes pour réglementer Facebook, un débat qui agite les Etats-Unisles principales tribunes sur le sujet publiées par Le Monde





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Incarcéré depuis dix-neuf mois pour ses discours, le charismatique opposant kurde Selahattin Demirtas fait campagne depuis sa cellule. Comme l’actuel chef de l’Etat Erdogan, emprisonné en 1999.
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En Turquie, le leader kurde fait campagne depuis sa prison

Incarcéré depuis dix-neuf mois pour ses discours, le charismatique opposant kurde Selahattin Demirtas fait campagne depuis sa cellule. Comme l’actuel chef de l’Etat Erdogan, emprisonné en 1999.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 05h18
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 07h17
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

LETTRE D’ISTANBUL
Incarcéré depuis 2016, visé par 102 enquêtes judicaires, le leader kurde Selahattin Demirtas est candidat à la présidentielle du 24 juin en Turquie. C’est officiel, il portera les couleurs de son Parti de la démocratie des peuples (HDP, pro-kurde), qui reste la deuxième force d’opposition au Parlement malgré l’emprisonnement de 9 de ses 59 députés.
Mais alors que tous les autres candidats galvanisent les foules de meeting en meeting, lui fait campagne entre les murs de sa cellule, à la prison de haute sécurité d’Edirne, située à la frontière avec la Grèce, très loin (1 685 km) de Diyarbakir, sa ville natale.
Ses seuls liens avec l’extérieur sont ses avocats, à qui il peut faire passer des messages, et son compte Twitter, alimenté par ses camarades du HDP selon ses instructions. « Comparé aux autres candidats, je suis le plus désavantagé », dit-il à l’occasion des rares interviews publiées par la presse d’opposition.
142 ans de prison requis
Dix-neuf mois de détention n’ont pas altéré son sens de l’humour. Comme des milliers d’intellectuels, le jeune politicien, 45 ans, avocat de formation, est poursuivi pour « insulte » au président Recep Tayyip Erdogan. Trente et une autres charges pèsent sur lui. La justice lui reproche les discours qu’il a prononcés ; l’accusation requiert 142 années de réclusion.
Jeudi 17 mai, Selahattin Demirtas était convoqué pour « insulte » devant la 38e chambre pénale du tribunal de Bakirköy à Istanbul. La veille de sa comparution, il a écrit au juge pour lui dire qu’il ne viendrait pas, étant « trop pris par sa campagne électorale ». L’audience a été reportée au 5 décembre. Le lendemain, le leader kurde ironisait sur son compte Twitter : « Et dire que je suis ici dans ma cellule en train de siroter mon thé pendant que les autres candidats se fatiguent à courir d’un endroit à l’autre. Cela me gêne de les voir se démener, les pauvres, pendant que moi je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le sort de l’ancienne figure du Labour, proche de son chef Jeremy Corbyn, a fortement divisé le Labour.
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Accusé d’antisémitisme, l’ancien maire de Londres Ken Livingstone démissionne du Parti travailliste

Le sort de l’ancienne figure du Labour, proche de son chef Jeremy Corbyn, a fortement divisé le Labour.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 21h20
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 07h36
   





                        



   


Accusé d’avoir tenu des propos antisémites, l’ancien maire de Londres Ken Livingstone annonce, lundi 21 mai, dans un communiqué sa démission du Labour, le parti d’opposition travailliste.
« La polémique permanente autour de ma suspension du Parti travailliste est devenue une distraction de la question centrale actuelle, à savoir comment remplacer le gouvernement conservateur qui supervise la baisse du niveau de vie et la spirale de la pauvreté », explique-t-il, moins d’un mois après des élections locales décevantes pour le Labour.
Agé de 72 ans, M. Livingstone fut longtemps une des figures centrales du Labour, avant d’être suspendu, en avril 2016, pour avoir affirmé, lors d’une émission de radio, qu’Adolf Hitler voulait au départ envoyer les juifs en Israël et « soutenait le sionisme avant de devenir fou et de tuer six millions de juifs ».
« Je n’accepte pas les allégations selon lesquelles j’ai jeté le discrédit sur le Labour ni celles selon lesquelles je serais coupable antisémitisme. J’abhorre l’antisémitisme, je l’ai combattu toute ma vie et continuerai de le faire. »
Corbyn en mauvaise posture
Les accusations de complaisance avec les propos antisémites de certains de ses membres et responsables locaux sont considérées comme la cause du score moins bon qu’espéré par le Labour aux élections locales du 3 mai et ont mis dans l’embarras son chef, Jeremy Corbyn.
Réagissant à la démission de son ami proche, Jeremy Corbyn s’est dit « triste » mais a estimé que « c’était la bonne chose à faire ».

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                Royaume-Uni : Jeremy Corbyn accusé de complaisance antisémite au sein du Labour



La réputation du responsable politique a sévèrement souffert ces dernières semaines, en raison de la multiplication de propos inconvenants de la part de certains membres du parti et responsables locaux. Depuis son arrivée à la tête du Labour en septembre 2015, plusieurs militants du Parti travailliste ont été suspendus, expulsés ou forcés de démissionner pour avoir fait des déclarations antisémites.

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                Au Royaume-Uni, le Labour se déchire sur les propos antisémites de Ken Livingstone






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ M. Conte est un juriste universitaire. Inconnu du grand public, il avait été présenté avant les élections par le M5S comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » la fonction publique.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les militaires, qui comptent parmi eux deux anciens généraux, ont été reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.
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Turquie : prison à vie pour 104 anciens militaires putschistes

Les militaires, qui comptent parmi eux deux anciens généraux, ont été reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h44
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 18h49
   





                        


Un tribunal d’Izmir, dans l’ouest de la Turquie, a condamné lundi 21 mai à la prison à vie cent quatre anciens militaires reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, rapportent les médias turcs.
Les cent quatre militaires ont été condamnés à des peines de prison à vie « aggravées », c’est-à-dire sans possibilité de remise de peine, soit la plus lourde sanction possible sous la loi turque.
Parmi eux figurent deux ex-généraux et trois ex-amiraux, ont précisé les médias, rappelant que la région d’Izmir abrite de nombreuses installations militaires clés, dont la base aérienne de Cigli, où s’était réuni un groupe de putschistes accusés d’avoir projeté de tuer le président Erdogan dans la nuit du coup d’Etat avorté, le 15 juillet 2016.

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55 000 incarcérations
Les autorités turques ont imputé ce coup au prédicateur turc Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, et à son réseau, qu’Ankara désigne par l’acronyme FETO. M. Gülen dément toute implication.
Après l’échec du putsch, les autorités turques ont lancé une riposte implacable, traquant les partisans supposés du prédicateur Gülen au sein de l’armée et des institutions de l’Etat.
Outre les partisans supposés du prédicateur, ces purges ont également touché des opposants politiques du président Recep Tayyip Erdogan, des médias critiques et des militants des droits humains.
Les procédures judiciaires engagées après le putsch avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie, où plus de 55 000 personnes ont été incarcérées, dont près de 7 500 militaires.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le président Mattarella doit maintenant approuver ou non le nom qui lui est proposé par Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du M5S et de la Ligue.
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Italie : Giuseppe Conte proposé pour diriger le gouvernement

Le président Mattarella doit maintenant approuver ou non le nom qui lui est proposé par Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du M5S et de la Ligue.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 06h46
   





                        



   


Onze semaines après les élections législatives du 4 mars, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file respectifs du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, ont proposé au président de la République, Sergio Mattarella, le nom de Giuseppe Conte pour diriger le gouvernement italien, lundi 21 mai.
« Je suis très content et fier, Giuseppe Conte sera à la tête d’un gouvernement politique constitué par deux forces politiques », a annoncé Luigi Di Maio après avoir été reçu au palais du Quirinal par le président Mattarella. Le chef de l’Etat a ensuite reçu Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue d’extrême droite, qui a conclu un « contrat de gouvernement » avec le M5S trois jours plus tôt.
« A ceux qui disent qu’il n’a pas été élu, je réponds que Giuseppe Conte faisait partie de mon équipe, 11 millions d’Italiens ont voté pour lui », a écrit M. Di Maio sur le blog de son mouvement.
Luigi Di Maio comme Matteo Salvini étaient candidats pour diriger ce premier gouvernement antisystème d’un pays fondateur de l’Union européenne. Mais une féroce lutte d’ego et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.
C’est au président Mattarella qu’il revient maintenant d’approuver ou non le nom qui lui est proposé. Après avoir reçu les deux leaders, le chef de l’Etat a demandé à rencontrer mardi les présidents des deux chambres pour faire le point de la situation.
La Constitution italienne est claire : c’est le président de la République qui a seul le pouvoir de désigner le prochain chef du gouvernement puis, sur proposition de ce dernier, de nommer ses ministres.
Juriste peu connu du grand public
Né en 1964 à Volturara Appula, une commune de 500 habitants des Pouilles, dans le sud du pays, Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à Rome.
Avant les élections législatives du 4 mars, le M5S l’avait présenté comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » l’administration publique. Le public avait alors brièvement découvert cet homme assez grand, arborant un élégant costume et une mèche rebelle brune, qui ne s’est ensuite plus montré pendant les tractations gouvernementales.
Son CV publié sur le site Internet du M5S court sur douze pages et mentionne des séjours d’études et de recherches dans les universités les plus prestigieuses du monde entier. Il a enseigné dans des universités en Sardaigne, à Rome, à Florence ou à Malte et il donne actuellement des cours de droit privé à Florence et à la prestigieuse Université libre internationale d’études sociales (Luiss) de Rome. Il a aussi un cabinet d’avocats à Rome.
Il a été membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la chambre de commerce de Rome, ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

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Un programme commun
La Ligue et le M5S ont dévoilé vendredi un « contrat de gouvernement » qui tourne le dos à l’austérité et aux « diktats » de Bruxelles et promet la plus grande fermeté contre la corruption, contre toutes les formes de délinquance et contre l’immigration.
Dimanche, une large majorité de sympathisants de la Ligue (91 %) a apporté son soutien à ce texte. Le M5S, arrivé en tête des élections législatives du 4 mars, avait organisé vendredi une consultation similaire sur Internet, et a également obtenu un très large soutien.
Le document prévoit notamment une réduction des prélèvements fiscaux de plusieurs milliards d’euros, une augmentation des dépenses publiques en faveur des défavorisés et l’abandon d’une réforme impopulaire des retraites.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Pour Alicia Garcia-Herrero, économiste spécialiste de la Chine chez Natixis, les Européens sont les perdants de l’accord passé entre Washington et Pékin sur le plan commercial.
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« On peut s’attendre à une recrudescence d’acquisitions chinoises d’entreprises européennes »

Pour Alicia Garcia-Herrero, économiste spécialiste de la Chine chez Natixis, les Européens sont les perdants de l’accord passé entre Washington et Pékin sur le plan commercial.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 17h06
    |

            Marie de Vergès








                        



   


Pékin et Washington sont parvenus dimanche 20 mai à un accord de principe pour réduire le déficit commercial américain. Une trêve qui écarte la menace d’une guerre commerciale mais dont les conséquences risquent d’être négatives pour les Européens, selon Alicia Garcia-Herrero, économiste spécialiste de la Chine chez Natixis.

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Les Européens sont-ils les perdants de l’accord entre la Chine et les Etats-Unis, comme s’en est ému le ministre français des finances, Bruno Le Maire ?
Certainement. D’ailleurs, une raison pour laquelle la Chine a préféré ne pas quantifier les engagements qu’elle a pris auprès des Etats-Unis, c’est parce que d’autres pays risquent de s’en plaindre, notamment en Europe. Mais elle va effectivement devoir accroître ses achats de marchandises américaines et, très vraisemblablement, dans des secteurs qui comptent pour les Européens. La Chine ne pourra pas corriger le déséquilibre de la balance commerciale avec les Etats-Unis en se contentant d’importer davantage de soja américain. Il y aura de gros contrats. Je pense par exemple à l’aéronautique, qui est très largement dominé par des entreprises publiques en Chine. Déjà 69 % des importations chinoises viennent des Etats-Unis et cela pourrait augmenter encore, au détriment d’Airbus. On peut aussi penser au secteur pharmaceutique. La Chine vient de libéraliser le marché du médicament. Aujourd’hui, les Européens, notamment le Royaume-Uni, exportent beaucoup. Mais les Américains devraient profiter plus que les autres de l’ouverture de ce marché.
L’Europe avait-elle une chance de jouer la médiatrice dans cette bataille commerciale ?
Pas vraiment et cela aurait été un peu naïf de le croire. Un accord multilatéral n’intéresse ni les Etats-Unis ni la Chine. Et puis les relations sont aussi tendues avec l’Europe. Par exemple, Pékin vient de recevoir une lettre signée par des ambassadeurs européens sur place qui exprime leur méfiance vis-à-vis du projet des routes de la soie. Il y a aussi la querelle en cours sur le statut d’économie de marché que l’Union européenne n’a pas voulu lui accorder. En fin de compte, la Chine n’a jamais cru que les Européens puissent négliger l’alliance transatlantique pour travailler avec elle face aux Américains.
L’accord entre Washington et Pékin ne règle pas vraiment le fond du problème. Se peut-il que la même bataille se rejoue très rapidement ?
Il est clair que les Etats-Unis ont raté une occasion de pousser la Chine à faire des réformes pour devenir une économie plus ouverte. Ils ont obtenu de pouvoir exporter davantage, mais selon des critères qui sont même contraires à l’économie de marché : Pékin est incité à acheter des produits américains dans le cadre d’un accord et pas selon les règles de la concurrence.

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Donald Trump a gagné une bataille mais il s’agit d’une solution de court terme. Entre-temps, la Chine a pris davantage conscience de son isolement et de la nécessité d’arriver encore plus vite à l’indépendance technologique. En conséquence, il y aura sans doute une recrudescence d’acquisitions chinoises d’entreprises européennes, puisque ces opérations sont difficiles voire impossibles à mener aux Etats-Unis, au Japon ou en Corée du Sud. Voilà à quoi l’on peut s’attendre de la part de la Chine dans les prochains mois : plus d’achats aux Etats-Unis et plus d’acquisitions en Europe.



                            


                        

                        

