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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La nomination du nouveau gouvernement se fait attendre, le président Mattarella ayant choisi de mener de nouvelles consultations avant de se prononcer.
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Ce qu’il faut retenir de l’imbroglio politique en Italie

La nomination du nouveau gouvernement se fait attendre, le président Mattarella ayant choisi de mener de nouvelles consultations avant de se prononcer.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 18h39
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h43
   





                        


L’essentiel
Le président italien, Sergio Mattarella, s’est accordé un délai de réflexion supplémentaire, mardi 22 mai, concernant la nomination du nouveau chef du gouvernement. Il a reçu les présidents des deux Chambres mais n’a pas fait connaître sa réponse.Luigi Di Maio, du Mouvement 5 étoiles (M5S), et Matteo Salvini, de la Ligue, sortis victorieux des législatives en mars, lui avaient proposé lundi de nommer Giuseppe Conte, un juriste inconnu du grand public.La Commission européenne, inquiète du ton résolument anti-austérité du programme commun des deux formations politiques, a mis en garde le futur gouvernement contre des dérapages budgétaires, en rappelant au pays qu’il figurait parmi les plus endettés de la zone euro.
La citation
« Pour nous, il est important que le nouveau gouvernement italien maintienne le cap et mène une politique budgétaire responsable »
C’est ce qu’a déclaré mardi le vice-président de la Commission européenne chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis.
Depuis l’annonce de l’accord de gouvernement entre le M5S et la Ligue, qui promet de combler les déficits avec une politique de croissance, les responsables européens multiplient les mises en garde.
Le chiffre
54 ans
C’est l’âge de Giuseppe Conte, professeur de droit spécialiste de droit civil et administratif choisi par Luigi Di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue). Le M5S l’avait présenté avant les élections comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » la fonction publique.
Peu de temps après que son nom a été proposé à M. Mattarella, des questions ont émergé dans la presse sur son curriculum vitae. M. Conte mentionne notamment des cours de « perfectionnement juridique » auprès des universités Yale, Sorbonne, Cambridge, New York University (NYU) ou encore l’International Kultur Institut de Vienne, dédié uniquement à l’apprentissage de l’allemand. Or, selon le New York Times, la NYU n’a pas gardé de trace de son passage.
Et après ?
Le choix de Sergio Mattarella est attendu et devrait être annoncé mercredi. Un éventuel refus de la candidature de M. Conte entraînerait de nouvelles élections.

Pour aller plus loin
Europe, défense, Russie... les principaux points du contrat de coalition entre la Ligue et le M5SL’improbable coalition des protestataires Di Maio et SalviniItalie : le défi à l’Europe





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’accord de gouvernement entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles (M5S) précise, entre autres points, qu’un membre de gouvernement ne doit pas appartenir à la franc-maçonnerie. Cette interdiction nous ramène-t-elle aux origines du fascisme italien, se demande l’historien Jean-Yves Frétigné, dans un courrier au « Monde ».
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le couple à la tête de Podemos s’est offert une villa chic avec piscine en banlieue de Madrid. Les accusations d’hypocrisie n’ont pas tardé à pleuvoir.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le PDG est entendu quelques semaines après le scandale Cambridge Analytica sur les données personnelles. Posez vos questions à nos journalistes.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Même si de réels défis restent à relever, la coopération entre la Chine et l’Afrique progresse rapidement, juge la chercheuse chinoise He Wenping dans une tribune au « Monde ».
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« La Chine a besoin de l’Afrique comme l’Afrique a besoin de la Chine »

Même si de réels défis restent à relever, la coopération entre la Chine et l’Afrique progresse rapidement, juge la chercheuse chinoise He Wenping dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h47
    |

He Wenping (Chercheuse au Centre de recherche sur l’Asie occidentale et l’Afrique de l’Académie des sciences sociales de Chine ainsi qu'au Charhar ...







                        



                                


                            

Tribune. Au mois de mars, à peine quinze jours après la clôture de la réunion des « deux assemblées » de Chine, les présidents de trois pays africains, le Cameroun, la Namibie et le Zimbabwe, se sont successivement rendus en Chine.
Ces trois pays ont exprimé leur espoir de renforcer la stratégie de développement de leur pays et manifesté leur ferme volonté de s’associer au projet « B & R » (One belt, one road) de coopération économique sur la Nouvelle route de la soie avec la Chine. La Chine s’est en outre engagée à élever les relations avec la Namibie et le Zimbabwe au niveau du compagnonnage pour une coopération stratégique totale. On peut affirmer que la visite des trois présidents a inauguré l’« année de l’Afrique » en Chine en 2018.
Dans l’histoire, la Chine et les pays africains ont subi les violentes agressions et gouvernances coloniales et ont mené des luttes de libération contre l’impérialisme et le colonialisme jusqu’à leur indépendance. De nos jours, ils participent en profondeur à la mondialisation et portent la revendication commune d’un développement économique durable. Pour cette raison, chacun considère ses partenaires comme une chance de développement et un point d’appui important de sa stratégie internationale.
La Chine a besoin de l’Afrique comme l’Afrique a besoin de la Chine. La création en l’an 2000 du « Forum de la coopération sino-africaine » a servi de plate-forme stratégique institutionnelle pour le renforcement des échanges bilatéraux, de la communication et de la coopération entre la Chine et l’Afrique, ce qui a permis à la coopération sino-africaine, dans les dix-huit dernières années, de connaître un développement rapide et multiforme.
La Chine devant les Etats-Unis
Depuis la création de la République populaire, ce fut la période qui a connu le développement des relations sino-africaines le plus rapide. Depuis 2009, la Chine a dépassé les Etats-Unis, en tant que premier partenaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Phloeun Prim, organisateur du festival Cambodge, d’hier à aujourd’hui, qui se tient jusqu’au 27 mai à Paris et en région parisienne, souligne l’importance du dialogue entre les générations pour faire revivre la scène artistique de son pays.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

« La renaissance culturelle du Cambodge est un travail de long terme »

Phloeun Prim, organisateur du festival Cambodge, d’hier à aujourd’hui, qui se tient jusqu’au 27 mai à Paris et en région parisienne, souligne l’importance du dialogue entre les générations pour faire revivre la scène artistique de son pays.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h24
    |

            Adrien Le Gal








                        



   


Alors que le Cambodge connaît une forte répression politique, à quelques mois des élections législatives du 29 juillet, la culture demeure un espace de liberté, assure Phloeun Prim, directeur de l’ONG Cambodian Living Arts qui organise le festival Cambodge, d’hier à aujourd’hui – Season of Cambodia. Cette manifestation culturelle, qui se tient jusqu’au 27 mai, propose une série d’événements artistiques à Paris et en région parisienne pour découvrir le renouveau de la scène culturelle du pays, près de quarante ans après la chute du régime de Pol Pot, en 1979.
Plusieurs événements culturels présentés dans le cadre du festival font, directement ou non, référence aux Khmers rouges. Est-ce un paradoxe, alors que les jeunes Cambodgiens, nés dans les années 1990, n’ont connu ni cette période, ni la décennie de régime communiste qui a suivi ?
Presque quarante ans après les Khmers rouges, le Cambodge reste traversé par beaucoup de questions sur la mémoire. Dans les familles cambodgiennes, ce chapitre de l’Histoire n’est toujours pas discuté. C’est pour cela que les artistes de la nouvelle génération sont engagés dans cette recherche identitaire, ce retour vers le passé. C’est un travail qu’on n’achève réellement jamais. Dans le festival, nous cherchons d’ailleurs à engager fortement la diaspora cambodgienne, à jeter des ponts entre la génération qui a fui les Khmers rouges, et leurs enfants, qui n’ont pas connu cette époque. Aujourd’hui, en Europe et en France, on reçoit des dizaines de milliers de réfugiés venus d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan. Comment aborderont-ils cette question de la mémoire dans dix, vingt ou trente ans ? Pour eux aussi, la culture aura un rôle à jouer. Le Cambodge a été à l’avant-scène de ces communautés de réfugiés, qui revivent l’Histoire de leur pays, mais qui savent aussi avancer et créer.
A l’approche des élections législatives de juillet, le pays connaît une forte régression démocratique. Le principal parti d’opposition a été banni, son chef de file jeté en prison, les médias indépendants ont été fermés ou rachetés par des proches du pouvoir… La culture reste-t-elle un espace de liberté ?
Ce mouvement n’a pas touché directement la liberté d’expression des artistes. Néanmoins, sans parler d’autocensure, il existe chez eux une certaine retenue sur les sujets sensibles. Il n’y a pas réellement, au Cambodge, d’artistes militants, qui seraient à l’avant-poste des mouvements sociaux. Mais les artistes voient ce qui se passe dans le pays. C’est à eux qu’il revient de trouver les moyens d’exprimer des choses que les responsables politiques peuvent comprendre.

        Lire le compte-rendu :
         

          Au Cambodge, la vente du « Phnom Penh Post » sonne le glas de la presse indépendante



Les pays occidentaux doivent-ils remettre en cause la coopération culturelle avec le Cambodge ?
Je pense que la situation actuelle ne doit pas empêcher de créer. La renaissance culturelle du Cambodge est un travail de long terme, qui prendra du temps. Même les Khmers rouges, qui ont tué la plupart des artistes, n’ont pas réussi à éradiquer l’âme créative des Cambodgiens. Après la guerre, ainsi, les gens sont retournés au musée, ont ressorti les marionnettes traditionnelles… Par ailleurs, il serait faux de dire que le régime actuel serait hostile à toute forme d’expression artistique. Le mouvement de jeunesse du Parti du peuple cambodgien [PPC, au pouvoir], ainsi, organise de nombreuses manifestations culturelles. C’est une utilisation politique et nationaliste de la culture, bien entendu, mais celle-ci est plutôt sophistiquée et intelligente.
Une partie des artistes cambodgiens mis en avant par ce festival sont issus de la diaspora. Existe-t-il un décalage entre eux et les officiels cambodgiens ?
Oui, c’est évident. Les artistes engagés dans la renaissance cambodgienne se focalisent sur une expression contemporaine, alors que la priorité affichée par les officiels est la préservation du passé.
Il y a une dizaine d’années, le premier opéra rock cambodgien, Where Elephants Weep, porté par votre ONG, avait suscité des crispations…
Lors de la première, à Phnom Penh, de nombreux officiels étaient présents et avaient applaudi. Mais quand l’opéra rock a été diffusé à la télévision, le clergé bouddhiste a protesté, car on y voyait un bonze chanter. Peut-être que le public n’était pas prêt ? Peut-être que la diffusion à la télévision n’a pas permis de contextualiser l’œuvre ? Le gouvernement avait dû se poser en arbitre entre le clergé et nous, nous avons présenté nos excuses. Depuis, les productions culturelles ayant trait à la religion doivent théoriquement être validées avant leur diffusion.
Le festival met également en avant la musique pop cambodgienne des années 1960. Comment expliquer que ce genre, unique au monde, soit encore si méconnu ?
Pour beaucoup, même au Cambodge, notre histoire moderne a commencé après les Khmers rouges. Des jeunes Cambodgiens sont ainsi surpris de découvrir que le pays était partie prenante du foisonnement culturel des années 1960, avec les débuts du rock’n’roll, sous l’influence des fréquences radio américaines pendant la guerre du Vietnam. Mais lorsque Norodom Sihanouk est mort, en 2012, il y a eu un regain d’intérêt pour la culture du Sangkum Reastr Niyum [le nom du régime politique du prince Sihanouk, entre 1955 et 1970]. Les chansons de l’époque sont devenues virales, les jeunes ont voulu comprendre ce qu’avaient vécu leurs parents.

        Lire le récit :
         

          La vie amère de la petite princesse du rock khmer



Quel est votre coup de cœur du festival ?
Je souhaite mentionner Bangsokol : un requiem pour le Cambodge, spectacle créé par le réalisateur Rithy Panh et le compositeur Him Sophy, formé à Moscou. Tous deux sont des survivants des Khmers rouges et font résonner la culture cambodgienne à travers le monde. C’est une œuvre complètement nouvelle, créée au Cambodge, qui fait revivre le pali, une langue qui n’est plus pratiquée à part par les bonzes. Elle vient rappeler que certains sont morts pour que d’autres survivent, et qu’entretenir la mémoire des morts permet de vivre, et de créer.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Italie : Europe, défense, Russie... les principaux points du contrat de coalition entre la Ligue et le M5S

Voici les engagements de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles, extraits du programme en 29 points établi par les deux partis qui s’apprêtent à gouverner l’Italie.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 17h47
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
DOCUMENT. [C’est un texte qu’il ne faudrait surtout pas prendre à la légère. Le « contrat pour un gouvernement de changement » présenté lundi 21 mai, au palais du Quirinal, au président de la République italienne, Sergio Mattarella, dont Le Monde publie ici de larges extraits, est le premier document produit par l’alliance entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, les deux formations ayant obtenu à elles deux la majorité au soir des élections du 4 mars. Il est censé, pour ses auteurs, constituer la feuille de route du gouvernement. Or, dans sa forme comme dans le fond qu’il exprime, il constitue une profonde rupture dans l’histoire de la démocratie italienne.
D’abord, il se veut un « contrat », autrement dit un texte contraignant entre les parties, donnant corps à la coalition. Présenté par le dirigeant du M5S, Luigi Di Maio, comme l’équivalent des très stricts contrats de coalition allemands, il n’a en réalité pas grand-chose à voir avec ce genre de documents politiques. Il se borne, en une trentaine d’articles classés par ordre alphabétique et un préambule, à formuler des objectifs, rarement chiffrés, que les deux parties s’approprient, et s’engagent par leur signature à défendre ensemble.
Dans le détail, plutôt que de chercher des terrains d’entente, de poser noir sur blanc les éléments d’un compromis, forcément douloureux, la logique a plutôt été de superposer les revendications. Aussi le leader de la Ligue, Matteo Salvini, a-t-il raison de dire que « 90 % du programme de la Ligue y est ». Le problème est que Luigi Di Maio (M5S), dont les vues sur de nombreux sujets sont très différentes, peut assurer la même chose à sa base…
Le résultat est un curieux patchwork sans véritable cohérence idéologique. Il se fait dangereusement précis pour définir les contours d’un tour de vis sécuritaire sans précédent, mais reste parfois allusif sur certains sujets explosifs (la fin de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Cinquante ans après son indépendance, le pays cherche à diversifier son économie. En cinq articles, « Le Monde Afrique » rend compte de cette transformation.
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Enquête

L’île Maurice en quête d’un second « miracle »

Cinquante ans après son indépendance, le pays cherche à diversifier son économie. En cinq articles, « Le Monde Afrique » rend compte de cette transformation.

Par                                            Olivier Piot




LE MONDE
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        Le 22.05.2018 à 16h48

     •
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        Mis à jour le 22.05.2018 à 16h56






    
Port-Louis, la capitale mauricienne, en 2008.
Crédits : Ed Harris / Reuters


L’île Maurice vient de fêter ses 50 ans d’indépendance. Depuis la fin de la tutelle britannique, en mars 1968, cette petite île de 1,3 million d’habitants de l’océan Indien a parcouru un chemin considérable.
Alors que beaucoup lui prédisaient un avenir sombre au début des années 1970, le pays a connu une croissance continue de son PIB depuis 1982. La richesse globale du pays est passée de 686 millions de dollars (environ 581 millions d’euros) en 1978 à 12,4 milliards de dollars en 2017, et le revenu national brut a bondi de 1 000 dollars par habitant à près de 10 000 dollars aujourd’hui.

        Episode 1
         

          A Maurice, la canne à sucre dans tous ses états



Ce premier « miracle » de l’économie mauricienne a été salué par la plupart des institutions internationales. Pour la Banque mondiale, le pays est passé de la catégorie des « pays à faibles revenus » à celle des « pays à revenus intermédiaires de la tranche supérieure ». Fortes de ce bilan, les autorités de Port-Louis ont annoncé en 2014 un « second miracle mauricien » devant permettre à l’île d’entrer dans la catégorie des « pays à revenus élevés » (plus de 15 000 dollars par habitant) d’ici à 2020.
Dans de nombreux segments de l’économie, ce pari paraît réaliste. La traditionnelle production sucrière (3 % du PIB en 2016) a commencé sa conversion en industrie cannière ; le tourisme poursuit sa progression (1,3 million d’entrées en 2017, en hausse de 5,2 %) et l’île s’est lancée dans la promotion d’une destination de « luxe », favorisée par les investissements – et les incitations fiscales – dans l’immobilier haut de gamme.
Corruption et inégalités
Côté diversifications, Port-Louis a lancé en 2015 un vaste programme d’« économie océanique » (aquaculture, exploration offshore, rénovation portuaire et modernisation de la pêche) censé consolider la croissance de l’île d’ici à 2025. Enfin, parallèlement au dynamisme de ses services financiers (74 % du PIB en 2016), Port-Louis a arrêté en 2015 un plan stratégique pour devenir un hub en matière de « smart cities ».

        Lire aussi :
         

                Maurice : démission de la présidente, impliquée dans un scandale financier



Depuis 2010, ces atouts séduisent bon nombre d’investisseurs étrangers, des Européens mais aussi de nombreux Sud-Africains, attirés par les incitations fiscales et administratives du pays et la rentabilité des investissements. Reste que ce bilan globalement positif a aussi ses zones d’ombre. L’île est plus que jamais exposée aux caprices de cette « finance internationale » qui fait aujourd’hui sa réussite. Sans oublier les dérives de la corruption dont elle est porteuse : affaire Alvaro Sobrinho en 2017, démission de la présidente en mars 2018, etc.
Socialement, enfin, la redistribution des fruits de ces « miracles » économiques reste grippée. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, l’écart entre les revenus des 10 % des ménages les plus pauvres et ceux des 10 % les plus riches s’est creusé de 37 % entre 2001 et 2015.

Sommaire de notre série « L’île Maurice en quête d’un second miracle »
Canne à sucre, tourisme de luxe, « économie bleue »... Le pays cherche à diversifier ses ressources.

        Présentation de la série
         

          L’île Maurice en quête d’un second « miracle »




        Episode 1
         

          A Maurice, la canne à sucre dans tous ses états







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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’assaut a eu lieu dans une villa située en périphérie de la capitale, Ouagadougou, dans la nuit de lundi à mardi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤         

Compte rendu

Au Burkina, quatre morts dans une opération contre des djihadistes présumés

L’assaut a eu lieu dans une villa située en périphérie de la capitale, Ouagadougou, dans la nuit de lundi à mardi.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-22T16:04:53+02:00"

        Le 22.05.2018 à 16h04






    
Des soldats burkinabés à l’entraînement près de Ouagadougou, en avril 2018.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Les forces de sécurité burkinabées ont lancé, dans la nuit du lundi 21 mai, un assaut contre une villa de Ouagadougou où des djihadistes présumés se seraient cachés. Trois assaillants ont été tués ainsi qu’un gendarme burkinabé, selon les autorités.
Un officier de gendarmerie sur place a déclaré, sous couvert d’anonymat, que « trois gendarmes ont été blessés au cours de cette opération qui a duré de 3 heures à 7 heures du matin ». Il a précisé qu’elle avait été lancée après la communication de « renseignements » sur la présence de djihadistes présumés dans cette villa située à la périphérie sud-ouest de la capitale du Burkina, éprouvée à trois reprises par des attaques terroristes depuis 2015.
Des « tirs intenses »
Un journaliste de l’AFP a vu deux corps devant la villa et un troisième dans la cour de la maison criblée de balles. Un riverain, Issiaka Ilboudo, dont la maison se situe en face de la villa où étaient logés les djihadistes présumés, a fait part de « tirs intenses ». « C’est autour de 3 heures du matin que nous avons entendu des bruits. Des personnes couraient sur le toit des maisons. Ensuite, on a entendu des tirs qui duraient parfois 30 à 45 minutes avant de s’arrêter et de reprendre. »

        Lire aussi :
         

                Au Burkina, un préfet abattu dans le nord par des djihadistes présumés



Un autre riverain, Pascal Lengani, a déclaré que la villa est « une construction nouvelle qui a été mise en location en juillet dernier », mais personne, selon lui, n’en connaît les habitants. « On ne connaît pas le nombre de personnes qui habitaient la villa. Personne n’a dormi de la nuit à cause des tirs intenses. Le quartier Rayongo a été bouclé, il était donc impossible d’aller au travail », a-t-il dit.
La procureure du Burkina s’est rendue sur place sans faire de déclarations. Le ministre burkinabé de la sécurité devait s’exprimer dans une conférence de presse.
133 morts en 80 attaques
Longtemps épargné par les groupes armés actifs au Sahel, le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. Ouagadougou a été visée depuis cette date par trois attaques djihadistes, qui ont fait au total près de 60 morts. La dernière, en mars 2018, contre l’état-major général des armées burkinabées et l’ambassade de France, a fait huit morts et 85 blessés.
Le nord du Burkina Faso, frontalier du Mali, connaît régulièrement des enlèvements et des attaques perpétrés par des groupes djihadistes contre des représentants de l’Etat (gendarmeries et écoles notamment). Un bilan officiel y fait état de 133 morts en 80 attaques. Sous-équipées, les forces de sécurité ont du mal à faire face. Ces derniers mois, une centaine de personnes ont été interpellées et des engins explosifs ont été découverts au cours d’opérations de ratissage dans l’est et le nord du pays.

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                Dans le nord du Burkina Faso, les exactions de l’armée contrarient la lutte antiterroriste



Une force baptisée G5 Sahel, associant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, a été constituée pour lutter contre les groupes djihadistes qui restent très actifs au Sahel. Le nord du Mali était tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, qui ont été chassés par une intervention militaire française en janvier 2013. Mais des zones entières du Mali échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques qui se sont étendues au Burkina Faso et au Niger.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Au dernier Consumer Electronics Show qui s’est tenu en janvier à Las Vegas, la French Tech a fait venir 274 start-up, plaçant l’Hexagone juste derrière les Etats-Unis et ses 280 start-up.
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Des Métropoles French Tech jusqu’à Las Vegas

Au dernier Consumer Electronics Show qui s’est tenu en janvier à Las Vegas, la French Tech a fait venir 274 start-up, plaçant l’Hexagone juste derrière les Etats-Unis et ses 280 start-up.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h01
    |

                            Margherita Nasi et 
                            Léonor Lumineau








                        



                                


                            

Sur le sol français aussi, la French Tech a développé un réseau de pôles de soutien aux start-up. Lancé en 2014 par Fleur Pellerin, alors ministre déléguée aux TPE, PME et à l’économie numérique, puis repris par Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique jusqu’en 2017, le label « Métropoles French Tech » a pour but de structurer l’écosystème des start-up (incubateurs, investisseurs, universités, centres de recherche, entrepreneurs) dans les villes hexagonales choisies. Mais aussi de rendre visible l’écosystème high-tech français sur la scène internationale, notamment à l’égard des investisseurs, mais aussi des talents.
La première promotion était composée de neuf villes hexagonales : Lille, Lyon, Grenoble, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Rennes, distinguées pour leur écosystème de start-up, « les plus dynamiques et les plus prometteurs », en région.

Depuis, quatre autres métropoles ont décroché le label – Brest Tech Plus, Normandie French Tech, Lorraine Tech et French Tech Côte d’Azur –, portant au nombre de treize le nombre de « Métropoles French Tech » en France.
Un réseau d’entraide
Concrètement, ces villes ont été labellisées après un audit sur un certain nombre de critères définis par la « French Tech mission » : elles regroupent sur leur territoire des jeunes pousses ayant réalisé des levées de fonds importantes, elles disposent d’incubateurs et d’accélérateurs, mais aussi de lieux d’expérimentation et de démonstration, et d’entrepreneurs locaux motivés capables d’organiser des événements de promotion de la French Tech ou encore d’animer un réseau d’entraide aux start-up, par exemple, et un écosystème numérique local dynamique qui est soutenu par les acteurs publics et privés locaux.
A la clé, l’intégration au sein de l’« équipe de France French Tech » est utile pour se distinguer par une marque reconnue sur la scène internationale, mais facilite aussi l’accès à des fonds...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des réseaux d’entrepreneurs high-tech français se sont lancés à la conquête du monde en 2015. Depuis, le nombre de « French Tech hubs » ne fait que croître. Témoignages de start-upers.
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Ils ont choisi d’être ambassadeurs de la « start-up nation »

Des réseaux d’entrepreneurs high-tech français se sont lancés à la conquête du monde en 2015. Depuis, le nombre de « French Tech hubs » ne fait que croître. Témoignages de start-upers.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 16h00
    |

                            Margherita Nasi et 
                            Léonor Lumineau








                        



                                


                            

Un train, soixante personnes et une vingtaine de start-up se retrouvent à la gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales) pour un trajet digital direction Madrid, via Barcelone. En route, les entrepreneurs en herbe « pitchent » leur projet, discutent avec des coachs, rencontrent chefs d’entreprise et représentants d’institution.
Le train a franchi les Pyrénées le 20 juin 2017. « Le trajet a permis aux start-up de Perpignan de trouver un écho en Espagne et, en même temps, les Espagnols ont appris à mieux connaître le marché français », résume Dimitri Seigneuray, ambassadeur French Tech à Madrid.

Le train est aussi une belle métaphore résumant le rôle des « French Tech Hubs » : accélérer le développement des start-up françaises souhaitant s’implanter à l’étranger et renforcer l’attractivité de la French Tech à l’international auprès des entrepreneurs, investisseurs ou médias locaux.
La première vague
Les French Tech hubs, à savoir des réseaux de communautés d’entrepreneurs et d’investisseurs installés à l’étranger, se sont lancés à la conquête du monde en 2015, date de la première vague de labellisation. Depuis, leur nombre ne fait que croître : de New York à Sao Paulo, en passant par Moscou, Hongkong, Le Cap et Dubaï, vingt-deux French Tech hubs peuplent désormais le monde. Pour l’instant, les appels à candidature sont suspendus, le temps de consolider chacun de ces pôles et leurs interactions.
Derrière l’animation de ce réseau international, mais aussi le maillage national des « Métropoles French Tech », se trouve la Mission French Tech, une petite équipe d’une dizaine de personnes basées à Paris, au ministère de l’économie et des finances.
« Il y avait beaucoup d’entrepreneurs français à l’étranger, mais ils étaient dispersés. Au départ, le but était donc de créer un réseau, un écosystème lisible, à même de stimuler ces jeunes pousses, mais aussi de faire la promotion de la France en tant que start-up...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Suivant l’exemple des Etats voisins, la région de l’Extrême-Nord appelle les djihadistes à se repentir pour être réintégrés dans la société.
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Reportage

Le Cameroun face au pari des « désengagés » de Boko Haram

Suivant l’exemple des Etats voisins, la région de l’Extrême-Nord appelle les djihadistes à se repentir pour être réintégrés dans la société.

Joan Tilouine (Maroua (Cameroun), envoyé spécial)
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-22T14:54:53+02:00"

        Le 22.05.2018 à 14h54

     •
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          datetime="2018-05-22T16:58:12+02:00"

        Mis à jour le 22.05.2018 à 16h58






                        

Crédits : Bénédicte Kurzen / Noor pour Le Monde


                    

Il souhaite la mort de son fils, ne plus entendre parler de lui et ainsi laver l’honneur de sa famille. « Tuez-le. En tout cas, ne le ramenez pas chez moi », lâche sans ciller ce vieux paysan de Kolofata aux militaires qui encadrent son enfant. Dans cette commune du nord du Cameroun meurtrie par les attentats, chacun sait que l’un des rites de passage imposés aux recrues de Boko Haram est d’abattre leurs parents de sang-froid.
Le jeune homme désavoué par son père a cédé à la tentation et aux promesses d’une vie meilleure et d’un paradis garanti. Il s’est enrôlé, comme des milliers d’autres gamins de la région sans diplômes ni rêves, dans les rangs du groupe djihadiste né dans le nord-est du Nigeria voisin il y a près de dix ans, le temps de ravager le bassin du lac Tchad. Il en est revenu, esquinté et affamé, comme des centaines d’autres fantassins qui ont déserté Boko Haram.

Au Cameroun, les autorités de la région de l’Extrême-Nord ont décidé après de longs atermoiements, d’appeler au retour des combattants et des petites mains du groupe djihadiste. Entre 2 000 et 5 000 Camerounais seraient concernés, selon des estimations qui varient en fonction de l’accès au renseignement de l’interlocuteur et de son intérêt à amplifier le phénomène dans l’espoir d’attirer des fonds. Car la « déradicalisation » est une stratégie mais aussi un business.
Pour le moment, il n’y a ni vision ni budget au Cameroun, où les populations, victimes des crimes commis au nom d’Allah, restent hostiles à l’idée de cohabiter avec d’anciens combattants. « Il aurait d’abord fallu déradicaliser la population elle-même, dit l’un des chefs traditionnels mobilisés par les autorités pour cette opération. Ceux qui n’ont pas combattu sont réintégrés. Certains doivent publiquement jurer, la main posée sur le Coran, qu’ils ne font plus partie de Boko Haram. » Une forme de repentance peu orthodoxe et assez peu convaincante pour apaiser...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La demande de saisine, déposée mardi par le ministre des affaires étrangères palestinien, Riyad Al-Maliki, veut aller plus loin que la précédente requête de 2015.
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Gaza : les Palestiniens demandent une enquête de la Cour pénale internationale sur Israël

La demande de saisine, déposée mardi par le ministre des affaires étrangères palestinien, Riyad Al-Maliki, veut aller plus loin que la précédente requête de 2015.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 18h56
   





                        



   


Le conflit israélo-palestinien portera dans les prochains jours un numéro de dossier devant la Cour pénale internationale (CPI). Mardi 22 mai au matin, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a officiellement référé à l’instance les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dont l’apartheid, commis par « le gouvernement d’Israël ou ses agents », et demandé à la procureure, Fatou Bensouda, l’ouverture « immédiate » d’une enquête.
Cette décision, dont Ramallah menaçait Tel Aviv depuis plus de trois ans, a immédiatement été qualifiée de « cynique et sans validité juridique » par le ministère israélien des affaires étrangères. Israël n’a pas ratifié le traité de la Cour, et estime qu’elle n’a dès lors « pas autorité sur la question israélo-palestinienne ». D’autant que, ajoute tel Aviv dans un communiqué, « l’Autorité palestinienne n’est pas un Etat ».
La Cour est compétente depuis que l’Autorité palestinienne y a adhéré fin 2014, à la suite de l’échec d’une négociation pour obtenir de l’ONU un calendrier du retrait israélien des territoires occupés de Cisjordanie. Quelques jours après, et à la demande de Ramallah, la procureure avait ouvert un « examen préliminaire ». Mais cette première étape – préalable à l’ouverture d’une enquête – a une valeur plus symbolique que juridique.
Jusqu’ici, Fatou Bensouda n’est pas passée à l’étape de l’enquête et a progressé avec prudence sur ce dossier, de loin le plus sensible de l’histoire de la CPI. Tandis que l’Autorité palestinienne, qui en avait fait un instrument de négociation, avançait jusqu’ici graduellement, essuyant de ce fait des reproches dans son propre camp.
« Ciblage calculé de manifestants non armés »
En attendant la décision de la procureure – qui pourrait prendre des semaines, des mois ou des années, les textes ne prévoyant aucune date limite – une chambre préliminaire sera désignée dans les prochains jours devant laquelle Ramallah pourra se tourner en cas de blocage. Si la procureure devait décider de refermer le dossier, comme l’avait fait son prédécesseur lors d’une précédente procédure en 2011, elle devrait cette fois s’en expliquer devant les juges.
S’adressant à des journalistes à La Haye, Riyad Al-Maliki a expliqué avoir « pris cette mesure en raison de l’intensification de la fréquence et de la gravité des crimes commis contre notre peuple, y compris l’expansion des colonies, l’accaparement des terres et l’exploitation illégale de nos ressources nationales, ainsi que le ciblage brutal et calculé de manifestants non armés, en particulier dans la bande de Gaza ».
Le 14 mai, les soldats israéliens tiraient à balles réelles sur des manifestants à Gaza, faisant 62 morts et plus de 1 300 blessés, tandis qu’à Jérusalem, l’administration américaine inaugurait en grande pompe sa nouvelle ambassade. Israël a accusé le Hamas de manipuler la population gazaouie, utilisée comme bouclier humain.
L’affaire pourra être aussi du ressort de la Cour. Les Palestiniens demandent une enquête sur tout crime commis depuis la guerre de l’été 2014 à Gaza (date à partir de laquelle la Cour est juridiquement compétente), sur le territoire palestinien, dans ses frontières de 1967.
« Le régime de colonisation d’Israël est la menace la plus dangereuse pour les vies palestiniennes, les moyens de subsistance et les droits nationaux. Israël maintient, élargit et protège le régime de colonisation en commettant des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et le crime d’apartheid », a expliqué Riyad Al-Maliki.
La CPI, « juridiction naturelle des Palestiniens »
Pour l’Autorité palestinienne, tous les crimes reprochés à Israël découlent de cette politique de colonisation, et sont répertoriés dans sa plainte : les meurtres, les transferts forcés de Palestiniens, l’appropriation illégale de terres et de propriétés, la répression de la dissidence à travers le meurtre de manifestants pacifiques, les détentions arbitraires et les tortures.
Depuis 2015, tous les mois, Ramallah transmet à la Cour des documents qui pourraient devenir des éléments de preuve dans un procès. En ciblant la politique de colonisation, considérée comme illégale par de nombreuses instances internationales dont le Conseil de sécurité de l’ONU et la Cour internationale de Justice, l’Autorité palestinienne s’attaque au cœur même de la politique israélienne, dont tous les éléments sont publics.

        Lire aussi :
         

                Violences à Gaza : le Conseil des droits de l’homme de l’ONU lance une enquête



Outre les éléments transmis par l’Autorité palestinienne, des ONG et des avocats ont aussi déposé des éléments sur la table de la CPI. Un collectif d’avocats de Gaza, du Moyen-Orient et d’Europe, conduit par l’avocat français Gilles Devers, a déposé, mi-mai, les plaintes de plus de 560 Gazaouis, victimes de la répression de « la marche du grand retour », manifestations organisées depuis fin mars dans la bande de Gaza.
« Il n’y a jamais eu de réponse judiciaire en soixante-dix ans, alors le premier signe sera forcément quelque chose », estime Gilles Devers. Pour lui, « cette Cour est la juridiction naturelle » des Palestiniens, « car au niveau national, il ne peut y avoir de procès que symbolique, et parce que la juridiction de l’occupant récuse le droit international ». Une analyse que partage Nada Kiswanson, de l’ONG Al-Haq. « Pour les Palestiniens, c’est vraiment la Cour de dernier recours. Il n’y a pas d’autre tribunal qui puisse juger cela. Mais cela ne veut pas dire que la CPI résoudra le conflit. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le Maroc dénonce les « provocations » et les « agissements inacceptables » du mouvement indépendantiste, l’accusant de « violations du cessez-le-feu ».
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Compte rendu

Au Sahara occidental, le Front Polisario fête ses 45 ans dans un climat de tension

Le Maroc dénonce les « provocations » et les « agissements inacceptables » du mouvement indépendantiste, l’accusant de « violations du cessez-le-feu ».


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 22.05.2018 à 13h07

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        Mis à jour le 22.05.2018 à 14h30






    
Des soldats du Front Polisario en patrouille dans le Sahara occidental, près de Bir Lahlou, en septembre 2016.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


Les troupes du Front Polisario, qui milite pour l’indépendance du Sahara occidental, ont défilé lundi 21 mai pour le 45e anniversaire du « déclenchement de la lutte armée » à Tifariti. Le Maroc a aussitôt dénoncé des « provocations » des indépendantistes. La tension est récemment montée entre Rabat – qui contrôle la majeure partie du Sahara occidental et en revendique la souveraineté – et le Polisario, soutenu par l’Algérie, qui a affronté militairement les troupes marocaines jusqu’à un cessez-le-feu en 1991.

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                Sahara occidental : les intérêts économiques du Maroc dans le viseur du Polisario



Les négociations sur l’avenir du Sahara occidental, étendue désertique de 266 000 km² et seul territoire du continent africain dont le statut postcolonial n’est pas réglé, sont interrompues depuis 2008. Rabat n’accepte qu’une autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario veut un référendum d’autodétermination.
Le Polisario célèbre depuis dimanche le début de son combat en 1973 contre la puissance coloniale espagnole. Des parades civiles et militaires en présence des hauts responsables de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée par le Polisario en 1976, ont marqué les festivités à Tifariti, selon Sahara Press Service (SPS), l’agence de presse sahraouie.
« Une consécration de l’exercice de la souveraineté »
Ces célébrations à Tifariti, située dans le nord-est du Sahara occidental à une vingtaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, sont « une consécration de l’exercice de la souveraineté » du Polisario sur les territoires qu’il contrôle, a déclaré le ministre sahraoui de la défense, Abdallah Lahbib, cité par SPS. Le Maroc a dénoncé dimanche les « provocations » et « agissements inacceptables » du Polisario à Tifariti, l’accusant de « violations du cessez-le-feu ».

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                Sahara occidental : l’ONU presse pour un compromis dans les six prochains mois



« Il n’y a rien d’extraordinaire » à organiser ces festivités à Tifariti, où le Polisario se réunit régulièrement, a réagi Mhamed Khaddad, un haut responsable du Polisario, joint par l’AFP sur place. Il a rappelé que « Tifariti se trouve à 89 km de la zone tampon » démilitarisée, profonde de 5 km, qui court le long du mur de 2 700 km, séparant du nord au sud les territoires sous contrôle marocain de ceux tenus par le Polisario. Tifariti se trouve également hors de la zone où les activités militaires sont limitées et réglementées.
Samedi, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé « à la plus grande retenue » en mettant en garde contre une modification du « statu quo » au Sahara occidental. Ces derniers mois, le Maroc a accusé le Polisario d’actions visant à changer la donne sur le terrain, avec des mouvements de personnel et des transferts d’implantations administratives. Rabat a aussi rompu le 1er mai ses relations diplomatiques avec l’Iran, l’accusant d’avoir aidé militairement le Polisario via son allié du Hezbollah et avec « l’appui » d’Alger, ce que les intéressés ont tous démenti.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les autorités d’Hawaï ont averti d’un phénomène dangereux lié à l’arrivée dans l’océan Pacifique de lave provenant du volcan Kilauea, entré en éruption le 3 mai.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Des ressortissants de l’Hexagone membres du Parti islamique du Turkestan font la promotion du djihad quand leurs rivaux du groupe Etat islamique sont pourchassés.
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Des djihadistes français liés à Al-Qaida refont surface en Syrie

Des ressortissants de l’Hexagone membres du Parti islamique du Turkestan font la promotion du djihad quand leurs rivaux du groupe Etat islamique sont pourchassés.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 16h59
    |

            Madjid Zerrouky








                        



                                


                            

C’est ce qui s’appelle prendre ses rivaux à contre-pied. Alors que, traqués, les djihadistes français de l’organisation Etat islamique (EI) sont en fuite ou ont plongé dans la clandestinité, leurs adversaires liés au réseau Al-Qaida s’affichent au grand jour et appellent leurs compatriotes à les rejoindre en Syrie.
Dans une vidéo d’une heure et dix minutes publiée lundi 21 mai par « la voix de l’islam », le canal de propagande du Parti islamique du Turkestan (TIP), une organisation d’origine ouïgoure implantée dans la région d’Idlib, cinq combattants « étrangers » appellent les musulmans occidentaux à y « émigrer » pour les rejoindre.
Un Canadien, un Marocain et trois Français se relaient pour évoquer leur « vie passée, normale » avant de faire la promotion du djihad au Levant. Ils appartiennent vraisemblablement à une katiba française intégrée à la formation ouïgoure : la « Firqat Al-Ghouraba », fondée par le Niçois Omar Diaby, considéré comme l’un des principaux recruteurs de djihadistes français au début du conflit.
Si la mise en scène n’est pas sans rappeler les vidéos de propagande de l’EI des années 2014-2016, quand le « califat » appelait les Occidentaux à le rejoindre en masse, les Français d’Idlib prennent soin aujourd’hui de se démarquer de leurs rivaux : « Il ne faut pas que [les populations locales] nous voient comme une invasion, plutôt comme un renfort. » 
Une organisation à l’écart des affrontements intersyriens
Une allusion à l’image désastreuse qu’ont laissée derrière eux les « étrangers » de l’EI et un discours au diapason des éléments de langage du recruteur niçois et du djihad « cool » qu’il aimait mettre en scène il y a quelques années avant de disparaître des radars. Omar Diaby, qui avait fait courir la rumeur de sa mort en Syrie en août 2015, était revenu d’entre les morts neuf mois plus tard. Depuis, il reste discret.

D’abord affiliée au Front Al-Nosra, l’ancienne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Tarik Jadaoun, qui avait menacé dans des vidéos la Belgique et la France, avait gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.
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Irak : un djihadiste belge de l’organisation Etat islamique condamné à mort

Tarik Jadaoun, qui avait menacé dans des vidéos la Belgique et la France, avait gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h39
   





                        



   


Un djihadiste belge, né en 1988, a été condamné à la peine capitale par pendaison par la Cour pénale centrale de Bagdad, mardi 22 mai. Tarik Jadaoun avait rejoint l’organisation terroriste en 2014, sous le nom de guerre d’« Abou Hamza Al-Belgiki ». Lors de la première audience de son procès, le 10 mai, il avait plaidé « non coupable » et affirmé aux juges qu’il s’était « fourvoyé ».
« Je n’étais pas combattant, je dirigeais une section d’infirmiers de l’EI, je soignais tout le monde. J’ai travaillé à l’hôpital Al-Joumhouriya de Mossoul et dans des hôpitaux ambulants à Makhoul et Baiji », avait-t-il expliqué au juge. Il a désormais trente jours pour faire appel et, passé ce délai, la peine de mort pourra être appliquée.

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Le tribunal avait décidé d’un report du jugement, en raison de l’absence d’un représentant diplomatique belge sur place, selon une source judiciaire citée par l’Agence France-Presse.
La justice irakienne a annoncé, il y a plusieurs mois, que le prévenu avait reconnu lors de ses interrogatoires avoir formé « les lionceaux du califat, une soixantaine d’enfants âgés de 8 à 13 ans, à l’entraînement sportif et au maniement des armes ».
Surnommé le « nouvel Abaaoud »
Ce Belge d’origine marocaine avait appelé dans des vidéos à frapper l’Europe et gagné le surnom de « nouvel Abaaoud », en référence à son compatriote Abdelhamid Abaaoud, l’un des organisateurs présumés des attentats du 13 novembre 2015 en France.
Dès 2014, il avait établi des contacts avec un Français recruté par Abdelhamid Abaaoud, Reda H., sur les réseaux sociaux. Revenu de Syrie à l’été 2015, ce trentenaire parisien avait avoué aux enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure ses liens avec Tarik Jadaoun, quelques mois après que celui-ci eut publié une vidéo dans laquelle il menaçait la Belgique.

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En tout, plus de 300 personnes, dont une centaine d’étrangères, ont été condamnées à mort en Irak, et autant d’autres à la prison à perpétuité, pour appartenance à l’EI, selon une source judiciaire.
La plupart des condamnées sont turques ou originaires des anciennes républiques de l’Union soviétique. Une Allemande et une Française ont été récemment condamnées à la perpétuité.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La plus grande centrale hydroélectrique du pays, encore en construction, devait assurer 17 % de l’électricité consommée par les Colombiens.
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Alerte en Colombie autour d’un barrage qui menace de céder

La plus grande centrale hydroélectrique du pays, encore en construction, devait assurer 17 % de l’électricité consommée par les Colombiens.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h14
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Les autorités colombiennes ont les yeux rivés sur Hidroituango. La construction de ce barrage dans le département central d’Antioquia a tourné au cauchemar : 25 000 personnes ont déjà été évacuées en aval. Cent dix mille autres sont menacées de devoir tout quitter dans l’urgence si le pire ne peut être évité : la rupture de la digue d’Hidroituango est désormais un scénario envisagé.
Les pluies continuent, alors que depuis qu’au début de mars, l’évacuation des eaux – nécessaire à la conclusion du barrage – se fait mal. « Difficile de savoir si Hidroituango va pouvoir être sauvé », a admis, accablé, Jorge Londono, gérant d’Empresas Publicas de Medellín (EPM), l’entreprise municipale responsable du projet.
Appelé à produire quelque 2 400 mégawatts d’électricité par jour et à fournir 17 % de l’électricité consommée par les 49 millions de Colombiens, le barrage se trouve sur le rio Cauca – le principal affluent du grand fleuve Magdalena –, à 170 kilomètres de la ville de Medellín. La digue de 225 mètres de haut est prévue pour retenir 20 millions de mètres cubes, soit un lac de 70 kilomètres de long. Les travaux d’Hidroituango ont commencé en 2012, sa mise en service partielle était programmée pour la fin de l’année.
Depuis le début du mois, les équipes se relaient jour et nuit sur le chantier pour éviter le drame. Au risque de leur vie, les travailleurs tentent d’élever la digue à hauteur de 410 mètres (sur le niveau de la mer) afin que l’eau accumulée puisse être drainée par la conduite latérale d’évacuation des crues. Si l’eau devait déborder par-dessus la digue inachevée, sans parapet, la structure de celle-ci pourrait céder comme un château de sable mouillé. Le coût du mégaprojet est estimé à près de 12 billions de pesos, soit 3,5 milliards d’euros.
Turbines inutilisables
Dimanche, le maire de Medellín, Federico Gutierrez, a annoncé que le niveau des eaux était reparti à la hausse, sous l’effet conjugué de pluies et d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Analyse. Divisée, affaiblie, l’opposition a du mal à se remettre de la mise hors jeu de ses deux principaux chefs de file, explique le correspondant du « Monde » à Dakar, Matteo Maillard.
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Menaces sur le pluralisme politique au Sénégal

Analyse. Divisée, affaiblie, l’opposition a du mal à se remettre de la mise hors jeu de ses deux principaux chefs de file, explique le correspondant du « Monde » à Dakar, Matteo Maillard.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 12h03
    |

                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)








                        



                                


                            

Analyse. A neuf mois de la présidentielle sénégalaise, le libéral Macky Sall n’a jamais été aussi sûr d’être réélu. Six ans de règne lui auront suffi pour morceler une opposition qui l’accuse de démanteler l’une des démocraties les plus fortes d’Afrique de l’Ouest à coups d’arrestations de dirigeants politiques et de mesures anticonstitutionnelles. Des critiques auxquelles il oppose une confiance tranquille, promettant « une victoire dès le premier tour » au scrutin du 24 février 2019.
Son assurance frôle parfois l’arrogance, comme ce soir du jeudi 19 avril, où il a profité d’une visite de courtoisie en France auprès de son homologue Emmanuel Macron pour battre campagne et se féliciter devant ses soutiens de l’adoption d’une loi très contestée par l’Assemblée nationale. Le texte, qui introduit un système de parrainage, vise à freiner l’inflation de candidatures dans un pays qui recensait, en 2016, 272 formations politiques. La mesure, perçue comme discriminatoire par les petits partis et les candidats indépendants, a été adoptée à l’unanimité dans un hémicycle boycotté par l’opposition.
Tandis que M. Sall se félicitait de son bilan depuis Paris, à Dakar, les rues s’embrasaient dans la contestation. Manifestants, mobilisés contre une mesure jugée « antidémocratique », et policiers échangeaient pierres contre gaz lacrymogène. Alors que les principaux leaders de l’opposition réclamaient un « droit de marche » afin d’exprimer leur mécontentement, au moins quatre d’entre eux ont été arrêtés, dont Idrissa Seck, ancien premier ministre de 2002 à 2004 sous la présidence d’Abdoulaye Wade – M. Sall l’avait alors remplacé. Aujourd’hui président du parti Rewmi, il prépare la prochaine présidentielle, bien que candidat malheureux aux deux précédents scrutins.
Au lendemain d’une garde à vue de vingt-quatre heures, M. Seck a qualifié M. Sall de « triple violeur de la Constitution » pour avoir porté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Olivier Hervet, de la galerie HdM, implantée en Chine depuis 2009, analyse l’intérêt grandissant du public chinois pour l’art contemporain.
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« Shanghaï est la seule ville, avec New York, à avoir deux grandes foires la même semaine »

Olivier Hervet, de la galerie HdM, implantée en Chine depuis 2009, analyse l’intérêt grandissant du public chinois pour l’art contemporain.



Le Monde
 |    22.05.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
22.05.2018 à 13h35
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Les annonces et les ouvertures à Shanghaï – notamment des antennes du Centre Pompidou et de la Fondation Prada, l’arrivée de nouvelles galeries internationales – montrent que la ville devient une nouvelle référence en matière d’art. Comment expliquez-vous ce tournant en tant qu’insider depuis près de dix ans en Chine ?
L’offre culturelle de Shanghaï a effectivement explosé ces dernières années. Selon moi, pour deux raisons principales. Premièrement, la création de son port franc, qui permet de stocker les œuvres et de les sortir pour une période de six mois sans payer les frais de douane élevés [de 21 %]. Cela facilite considérablement l’organisation d’expositions importantes. Deuxièmement, la puissance économique des acheteurs chinois, qui se sont imposés comme des acteurs majeurs du marché de l’art. Les galeries veulent désormais être au plus près de ces nouveaux collectionneurs. De leur côté, les musées souhaitent accroître leur visibilité, et attirer de nouveaux donateurs.
Quelle est votre perception de l’évolution du goût des amateurs et collectionneurs chinois depuis votre implantation dans le pays ?
L’ouverture à l’art international est le développement majeur de ces dernières années. Elle s’explique par le fait que beaucoup de jeunes collectionneurs ont étudié à l’étranger, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis pour la plupart. Ils ont donc été exposés depuis longtemps à des œuvres occidentales. Et maintenant que les procédures de visa se sont simplifiées, les collectionneurs plus âgés voyagent plus fréquemment à l’étranger. Par conséquent, les acheteurs chinois commencent à avoir des goûts plus éclectiques.

        Lire le reportage :
         

          Shanghaï, nouvelle terre de conquête artistique



La galerie HdM a choisi de s’implanter à Pékin et à Hangzhou. Pourquoi ce choix plutôt que Shanghaï ?
Pékin reste la capitale de la création en Chine. La majorité des artistes y résident ou y ont fait leurs études. En tant que capitale, c’est toujours le centre culturel, politique et médiatique du pays. De fait, la plupart des galeries chinoises se situent à Pékin, où nous avons ouvert en 2009. Nous avons choisi d’ouvrir également à Hangzhou afin de renforcer un ancrage très local et de nous familiariser avec un nouveau groupe de collectionneurs. L’académie de Hangzhou a en effet formé beaucoup d’artistes, comme Zao Wu-Ki, Liu Wei, Wang Guangyi, Zhang Peili ou Gu Wenda. C’est une ancienne capitale culturelle et les habitants ont une vraie sensibilité artistique. A l’ouverture, en 2013, nous y étions la seule galerie commerciale.
Vous représentez une majorité d’artistes chinois, que vous contribuez aussi à faire connaître hors de Chine. Comment vous-êtes vous positionnés au fil du temps ?
Au début, nous exposions des œuvres sur papier, majoritairement d’artistes chinois. Maintenant, nous montrons beaucoup d’artistes étrangers. Les collectionneurs sont plus audacieux au niveau de l’origine, mais aussi des styles. Nous venons d’exposer Barthélemy Toguo avec beaucoup de succès, alors que lors de notre première exposition avec lui, nous n’avions quasiment rien vendu. Nous avons aussi des collectionneurs qui se sont ouverts à la sculpture, la vidéo et aux installations. Les choses évoluent dans le bon sens.
Vous venez de présenter à Pékin votre première exposition collective avec la totalité des artistes étrangers, curatée par l’artiste américain Spencer Sweeny. C’est un tournant ?
Oui, on ne l’aurait pas fait il y a trois-quatre ans. Aujourd’hui, on sait que ça va intéresser les gens. Nous présentons des artistes étrangers depuis un an et demi, avec des curateurs, pour le prestige, en général en duo avec un artiste chinois. Nous sommes à un moment où les galeries cherchent à créer des expériences dans leur espace. Pour attirer les visiteurs dans leurs murs, les galeries sont obligées de créer des choses vraiment uniques. Beaucoup de Chinois font leurs premiers pas vers l’art contemporain en voyant circuler des photos sur les réseaux sociaux, principalement sur WeChat, et ils viennent voir. Le modèle aujourd’hui, c’est de montrer des expositions en galerie qui laissent une grande liberté aux artistes, et de proposer des choses plus commerciales dans les foires.
Comment voyez-vous la suite à Shanghaï, où la mutation est plus récente qu’à Pékin ?
La scène locale va évoluer, avec plus de galeries de qualité, d’artistes de qualité, et davantage de foires. Depuis peu, Shanghaï est déjà la seule ville au monde avec New York à avoir deux foires de haut niveau la même semaine : Art 021 et West Bund. Les galeries Gagosian, Hauser and Wirth ou David Zwirner participent aux deux.
Cet intérêt pour l’art contemporain occidental se répercute-t-il sur le second marché, du côté des maisons de vente ?
Avant 2013, les maisons de vente étrangères implantées en Chine n’avaient pas le droit de vendre de l’art contemporain occidental. Le geste de François Pinault, qui a restitué à la Chine les deux têtes d’animaux en bronze pillées lors du sac du Palais d’été de Pékin [par l’armée française en 1860, et qui avaient été mis en vente lors de la dispersion de la collection de Pierre Bergé en 2009], a changé la donne. Car François Pinault, c’est Christie’s, qui est implanté à Shanghaï et à Hongkong. Mais, même si c’est aujourd’hui possible, on est encore très très loin des grosses ventes d’art contemporain internationales : c’est un problème de devise et de visa pour les acheteurs, mais aussi de transport, de spécialistes, d’accès et de logistique.

        Lire le focus :
         

          En Chine, une censure à géométrie variable pour les œuvres d’art






                            


                        

                        

