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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Le seul mouvement ayant touché aux remboursement des médicaments homéopathiques - passé de 65 % à 35 % - a été conduit par le ministre Jean-François Mattéi.
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En 2003, l’homéopathie a été déremboursée partiellement

Le seul mouvement ayant touché aux remboursement des médicaments homéopathiques - passé de 65 % à 35 % - a été conduit par le ministre Jean-François Mattéi.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 16h55
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 16h56
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
A ce jour, le seul ministre de la santé à avoir touché à l’homéopathie est Jean-François Mattei, en fonctions de 2002 à 2004. En décembre 2003, il avait baissé le taux de remboursement des médicaments homéopathiques de 65 % à 35 %. C’était pour lui une « question d’équité », dit-il aujourd’hui.
A partir de cette année-là, en ­effet, des centaines de médicaments (près de 620) ont vu leur taux de remboursement réduit en raison d’un service ­médical rendu (SMR) considéré comme modéré ou minime (et non plus important) par la Haute Autorité de santé (HAS), ce qui avait alors suscité de fortes réactions. Figuraient en effet des médicaments très prescrits, tels que Zyrtec (UCB Pharma), Clarityne (Schering-Plough), très utilisés contre les allergies, ou encore l’antiémétique Primpéran (Sanofi-Synthélabo).
« Rupture d’équité »
Le gouvernement avait alors systématiquement suivi l’avis de la HAS. Dans ce contexte, il semblait bien difficile de ne pas aligner l’homéopathie sur ce régime et de lui conserver le taux de remboursement de 65 %, qui est celui des ­médicaments ayant prouvé sans conteste leur efficacité. D’autant plus que, pour les médicaments ­homéopathiques, le SMR ne pouvait même pas être attribué par sa commission de la transparence. Il ne l’est pas plus aujourd’hui.
« Il n’était pas possible à la HAS de proposer le remboursement des médicaments homéopathiques, pour deux raisons : ils n’ont pas une indication précise, et ils n’ont pas fait la preuve scientifique de leur ­efficacité à un niveau équivalant à celui exigé pour les autres médicaments », explique le professeur Gilles Bouvenot, alors président de la commission de transparence de la HAS (et ce jusqu’en 2014). « Ce qui m’étonnait, c’est que le niveau de preuve élevé d’efficacité que l’on exige des ­médicaments classiques n’ait ­jamais été demandé à l’homéopathie. Il y a manifestement rupture d’équité », poursuit-il.

Cette décision avait alors...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Les sociétés savantes sont unanimes : il n’existe aucune preuve solide de l’efficacité thérapeutique des produits homéopathiques.
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Homéopathie : le verdict négatif de la science

Les sociétés savantes sont unanimes : il n’existe aucune preuve solide de l’efficacité thérapeutique des produits homéopathiques.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 16h56
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant) et 
Pascale Santi








                        



                                


                            
L’Académie nationale de médecine est elle aussi entrée dans le débat sur l’efficacité de l’homéopathie. Questionnée sur l’aspect scientifique par le conseil de l’ordre des médecins, l’Académie nous a indiqué avoir ­confirmé vendredi 18 mai sa position, qui est la même que celle exprimée en 2004 : il s’agit d’une « méthode imaginée il y a deux siècles à partir d’a priori conceptuels dénués de fondement scientifique ».
L’homéopathie, dont le nom est issu des mots grecs homoios (« semblable ») et pathos (« maladie »), repose sur le principe de soigner par ce qui est semblable à la maladie. Cela consiste en des dilutions extrêmes d’une substance active, au point qu’il n’en reste plus ou quasiment plus.

Une approche qui ne convainc pas les sociétés savantes. En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes (Easac) avait rendu un rapport accablant, jugeant qu’il n’y avait « aucune preuve solide de l’efficacité des produits pour traiter les maladies, ou même les prévenir (…), même s’il y a parfois un effet placebo » – un effet bénéfique d’origine psychologique, omniprésent en médecine. Même conclusion que celle rendue deux ans plus tôt par le National Health and Medical Research Council (NHMRC) en Australie, après analyse de plus de 200 études datant de moins de vingt ans et portant sur 55 pathologies différentes. « On est dans le monde de la croyance », résume le professeur de pharmacologie François Chast.
Pas d’efficacité pharmacologique
Un mauvais procès, selon le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF), qui avait contesté le rapport de l’Easacet rappelé une étude épidémiologique financée par le laboratoire Boiron, l’étude EPI 3. Mené entre 2005 et 2012 sur près de 8 600 patients au sein de 825 cabinets de médecins généralistes aux pratiques variées (conventionnelle, homéopathique, mixte), ce travail montrait notamment que les médecins...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Pourquoi des substances, dont l’inefficacité pharmacologie ne fait pas de doute, sont-elles remboursées  ? Une tribune publiée dans « Le Figaro » a relancé le débat. Retour sur la longue tolérance des autorités sanitaires vis-à-vis de ces granules prisés des Français.
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Homéopathie : l’étrange exception française

Pourquoi des substances, dont l’inefficacité pharmacologie ne fait pas de doute, sont-elles remboursées  ? Une tribune publiée dans « Le Figaro » a relancé le débat. Retour sur la longue tolérance des autorités sanitaires vis-à-vis de ces granules prisés des Français.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 16h56
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant) et 
Pascale Santi








                        



                                


                            
Quand on lui parle de la dernière attaque en règle contre l’homéopathie, Christian Boiron soupire. Le patron du leader mondial du médicament homéopathique, rencontré à Messimy, près de Lyon, un des quatre sites de production du groupe en France, répond, avec un brin de condescendance : « Cela n’intéresse pas grand monde. Peut-être un microcosme étroit. Cela ne change pas un gramme des granules que nous pouvons vendre ou ne pas vendre. » Le descendant du laboratoire familial lyonnais se livre rarement. Face à la virulence de la dernière polémique, il confie au Monde son « inquiétude » de voir des médecins se détourner de l’homéopathie, par crainte d’être traités de charlatans.
Le débat a été relancé par le texte, signé par 124 professionnels de santé, publié dans Le Figaro le 19 mars. Rappelant l’efficacité non prouvée des médecines dites alternatives, notamment l’homéopathie, ils appellent à son déremboursement – accusant implicitement ses promoteurs d’escroquerie intellectuelle – et à ne plus reconnaître comme qualifications médicales les diplômes d’homéopathie. Jugeant ces pratiques inefficaces, dangereuses et coûteuses pour les finances publiques, les signataires demandent au conseil de l’ordre des médecins et aux pouvoirs publics de « ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir ».
Le ton est monté d’un cran. Le Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF) a déposé une plainte quelques jours plus tard devant le conseil de l’ordre des médecins contre chacun des124 premiers signataires (on en compte plus de 2 400 aujourd’hui), pour « non-confraternité et non-respect du code de déontologie » en demandant une sanction disciplinaire. Les procédures lancées par les homéopathes sont jugées « inqualifiables » par le cardiologue Jérémy Descoux, l’un des dix signataires initiaux, qui fait lui-même l’objet d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un cachet de MDMA, combiné à la psychothérapie, pourrait délivrer une majorité de patients de réminiscences invalidantes.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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L’ecstasy, une piste contre le stress post-traumatique

Un cachet de MDMA, combiné à la psychothérapie, pourrait délivrer une majorité de patients de réminiscences invalidantes.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 14h38
    |

                            Alexis Riopel








                        




                                



                            
Le patient s’allonge sur un futon, un casque sur les oreilles, un masque pour cacher ses yeux. Deux psychothérapeutes, un homme et une femme, s’installent à ses côtés. Ils y demeureront pendant les huit prochaines heures. Puis, quand tout est en place, le ­patient avale un cachet de MDMA – le principal ingrédient actif de l’ecstasy – et s’envole…
Cette scène, inusitée dans un contexte médical, a pourtant eu lieu des dizaines de fois lors d’une étude clinique menée récemment aux Etats-Unis pour évaluer si la psychothérapie assistée par la MDMA soulage les personnes souffrant d’état de stress post-traumatique (ESPT). Les résultats, annoncés en mai dans la revue The Lancet Psychiatry, sont prometteurs : quinze des dix-neuf ­sujets ayant reçu la substance, ­récalcitrants aux soins depuis des années, ont significativement amélioré leur état, selon un test standardisé (réduction du score de plus de 30 %). Actuellement, la psychothérapie constitue le meilleur traitement contre les ESPT, mais ne fonctionne pas pour la moitié des patients.
« Cette nouvelle étude confirme de manière convaincante nos ­observations précédentes », avance Michael Mithoefer (université de médecine de Caroline du Sud), le premier auteur de l’article. Depuis une dizaine d’années, neuf études cliniques de petite envergure, dont celle-ci, ont été organisées par la Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies (MAPS, Santa Cruz, Californie), un organisme à but non lucratif voué à la recherche sur le cannabis et les drogues psychédéliques. C’est la quatrième étude dont les résultats sont dévoilés. Jusqu’à maintenant, la trop petite taille des échantillons rendait impossible un verdict statistiquement appuyé, mais la MAPS a obtenu l’accord des autorités américaines pour lancer un essai clinique à grande échelle dès l’été, dernière étape avant une potentielle légalisation médicale aux Etats-Unis.
Effet « reset »
Les ESPT, troubles anxieux ­découlant...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La Chine a lancé lundi un satellite chargé d’assurer les communications entre la Terre et un petit robot, qui devrait se poser sur la face cachée de la Lune courant 2018.
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<article-nb="2018/05/21/19-6">
<filnamedate="20180521"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180521"><AAMMJJHH="2018052119">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.
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Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau

A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 06h25
    |

                            Alexis Riopel








                        



                                


                            

Prisonniers de leur tête, les tétraplégiques ont perdu toute prise sur le monde physique. Ils peuvent bien sûr le percevoir, mais sont condamnés à l’immobilité, hormis pour les quelques muscles de leur visage et de leur cou qui réagissent encore.
Pourtant, quand ils s’imaginent marcher, lever un bras ou plier les doigts, comme avant la rupture de leur moelle épinière, les mêmes signaux électriques enflamment leur cortex moteur. « Leur cerveau parle, mais personne n’écoute », remarque le neurochirurgien Alim-Louis Benabid.
Avec le projet BCI (pour Brain Computer Interface), l’équipe du professeur Benabid prend avantage de cette activité cérébrale qui n’arrive pas à quitter l’esprit des tétraplégiques. Les chercheurs ont développé un dispositif la traduisant en commandes pour un exosquelette, une sorte d’enveloppe mécanique dans laquelle la personne handicapée est embarquée. Ainsi, ses bras et ses jambes sortent de la torpeur, son système vasculaire s’active, et elle retrouve enfin un peu de liberté de mouvement. Le système est testé depuis un an avec un tétraplégique et l’équipe soumettra bientôt ses résultats à une revue scientifique.
Un dispositif « bras-jambes » inédit
Le professeur Benabid mène ce projet chez Clinatec, un centre de recherche biomédicale rattaché au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), au CHU de Grenoble-Alpes, à l’Inserm et à l’université Grenoble-Alpes. Là-bas, au cœur du polygone scientifique du chef-lieu de l’Isère, on s’efforce de développer des technologies médicales qui aident les patients par d’autres voies que la médication.
Sur le marché, on trouve déjà des exosquelettes pour les paraplégiques contrôlés par l’inclinaison du buste ou grâce à une manette. D’ailleurs, la distribution du premier appareil du genre en France (ReWalk) vient tout juste de débuter. Toutefois, le projet d’un exosquelette « bras et jambes » dirigé par la pensée est d’une tout autre...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Une équipe médicale française a réussi à implanter un organe respiratoire à douze patients souffrant notamment de lésions cancéreuses, une première mondiale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/05/2018
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Une équipe française réalise avec succès des greffes de trachée artificielle

Une équipe médicale française a réussi à implanter un organe respiratoire à douze patients souffrant notamment de lésions cancéreuses, une première mondiale.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 02h15
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 08h03
   





                        



   


Reconstruire une trachée : une équipe médicale française a réalisé cet exploit, là où un chirurgien italien avait échoué avec une autre technique, créant même un scandale.
Présentée dimanche 20 mai au congrès de l’American Thoracic Society à San Diego, aux Etats-Unis, cette avancée des techniques de greffe a permis de guérir des patients qui vivaient avec une trachéotomie.
« Les organes artificiels, c’est vraiment ce qui va révolutionner la médecine », s’enthousiasme le professeur Emmanuel Martinod, de l’hôpital Avicenne (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP). Son choix a été de transformer par « l’ingénierie tissulaire » des aortes, le plus grand canal sanguin du corps humain, en trachées, un conduit du système respiratoire. Les aortes avaient été prélevées sur des donneurs décédés, et cryogénisées (conservées à une température de – 80 °C). Leur tissu a été greffé, en plus d’un « stent » (tuteur vasculaire), à la place d’une trachée préalablement retirée.
« On est allés de surprise en surprise, puisque dans un premier temps on a vu une régénération d’épithélium, qui est la couche la plus superficielle », décrit le professeur Martinod. « Et ensuite, ça a été la plus grosse surprise : l’aorte s’est transformée en trachée », se mettant d’elle-même à assurer les fonctions respiratoires. « Ce n’est pas de la magie » mais « personne ne croyait vraiment à tout ça ».

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                Un grand brûlé survit grâce à une greffe de peau de son jumeau



De l’impasse thérapeutique à la guérison
Eric Volery, 40 ans, peut témoigner de la prouesse, lui qui a été greffé en 2011. Il faisait partie de ces patients dits « en impasse thérapeutique ». Atteint d’une sténose trachéale qui l’étouffait, il avait subi des opérations en vain, le laissant sans autre perspective que de respirer pour le restant de ses jours grâce à un trou sous la gorge. Il se souvient :
« J’étais en arrêt maladie. Je pouvais parler seulement en mettant le doigt sur la trachée. Un médecin renommé de l’hôpital Nord [à Marseille] m’a dit, et ça m’a marqué : “Les amours et le travail, c’est fini, monsieur.” »
Il avait tort. Eric Volery, lors de quatre ans de ce qu’il appelle « maintenance », a vu cette nouvelle trachée se régénérer d’elle-même. Et comme les autres patients, il a pu se faire enlever le stent. Il est en parfaite santé, appréciant par exemple de « courir quarante-cinq à cinquante minutes ».
« Aujourd’hui la communauté scientifique pense qu’au lieu d’utiliser un bioréacteur externe [un dispositif qui recrée des conditions biologiques], de faire tout en dehors du corps humain, il faut utiliser ce magnifique corps, qui est capable de se réparer lui-même », relève le professeur Emmanuel Martinod.
Un précédent italien entaché de fraudes
Objet du scandale, la technique controversée d’un chirurgien italien, le professeur Macchiarini, consistait à cultiver ex vivo, en laboratoire, une trachée plastique « colonisée » par des cellules-souches du patient. Mais sept des huit personnes opérées entre 2011 et 2014 par ce chirurgien sont mortes. La trace de la huitième a été perdue.
La révélation de fraudes dans la présentation de ses résultats a été catastrophique pour la réputation de l’institut Karolinska de Stockholm (Suède), son employeur de 2010 à 2016. Pour préserver du scandale le jury du prix Nobel, abrité par cet institut, des responsables ont démissionné en admettant leur manque de vigilance ou leur inertie.
L’équipe parisienne se prévaut aujourd’hui de transparence dans sa présentation, publiée dimanche dans la revue médicale américaine JAMA. Elle a attendu longtemps pour présenter les résultats d’opérations effectuées entre 2009 et 2017.
Sur vingt patients sélectionnés, atteints de cancer ou d’autres maladies, sept ont finalement bénéficié d’un traitement plus classique, sans greffe d’aorte. Sur les treize autres, cinq ont vu se reconstruire leur trachée, sept des bronches souches (les plus proches de la trachée), et le dernier une carène trachéale (bifurcation entre bronches gauche et droite). Chaque fois à partir d’une aorte.
« La mortalité à quatre-vingt-dix jours a été de 5 %. Il n’y a eu aucune complication grave liée au greffon ou au stent. (…) La grande majorité des patients respirent aujourd’hui à l’aide du greffon qui s’est transformé », conclut l’AP-HP.

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                Première greffe de pénis et de scrotum au monde réalisée aux Etats-Unis







                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.
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Hervé Maisonneuve, chasseur de fraudes scientifiques

Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.



Le Monde
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            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

« Avez-vous des informations ? » « Quel est votre avis ? »… Très régulièrement, le docteur Hervé ­Maisonneuve interpelle les lecteurs de son blog sur des cas de plagiats, embellissements de données et autres fraudes. En dix ans d’existence, ce site sobrement intitulé « Rédaction médicale et scientifique » est devenu une source incontournable pour qui s’intéresse au milieu de la recherche et des publications, et à leurs bonnes ou moins reluisantes pratiques.
Il faut dire que ce médecin atypique, bien informé par ses réseaux tissés depuis des décennies dans le milieu de l’édition scientifique internationale, et doté d’un regard d’aigle, n’hésite pas à lâcher de petites bombes. A bousculer les institutions sur des dossiers qu’elles préféreraient garder sous le boisseau.
Dans un de ses derniers billets, daté du 7 mai, Hervé Maisonneuve s’émeut ainsi du cas d’un enseignant-chercheur de l’université Lyon-I, épinglé pour tricherie sur son CV (mensonges concernant plusieurs publications et brevets) et sanctionné par un simple blâme. « Omerta, protection de collègues, l’université semble très complaisante, car je considère que ce sont des fautes graves », accuse le médecin blogueur. Un exemple parmi bien d’autres de son inlassable combat pour lever les tabous sur les mauvaises pratiques et promouvoir l’intégrité de la recherche.
Ses premières publications sur ces sujets datent de 1996. Il vient alors d’être élu président de l’Association européenne des rédacteurs scientifiques (EASE), poste qu’il occupera pendant trois ans. Dans une lettre au British Medical Journal, le docteur Maisonneuve regrette que les cas d’inconduite scientifique en France ne soient pas rapportés dans des revues biomédicales. Cette même année 1996, dans la Revue de médecine interne, il appelle à la prévention par la mise en place de bonnes pratiques cliniques et de laboratoire. « Les audits et les inspections sont nécessaires pour prévenir...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ L’arrivée du bétail sur une prairie avait conduit les lépidoptères à changer d’alimentation. Son départ les a tués, comme le décrit un article consacré au papillon américain dans la revue « Nature ».
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     


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Le damier papillon piégé par l’homme

L’arrivée du bétail sur une prairie avait conduit les lépidoptères à changer d’alimentation. Son départ les a tués, comme le décrit un article consacré au papillon américain dans la revue « Nature ».



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21.05.2018 à 10h10
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            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

De tous les animaux qui peuplent la Terre, l’humain est assurément le plus envahissant. Depuis des millénaires, il n’a cessé de croître, de conquérir de nouveaux territoires, ne laissant aux autres espèces que peu de choix : mourir, fuir ou s’adapter.
Mais même cette dernière possibilité n’offre aucune garantie. Un article consacré à un papillon américain, le damier d’Edith, publié mercredi 9 mai dans la revue Nature, en apporte une démonstration éclatante.
Ce magnifique lépidoptère vit dans les prairies du Nebraska. Pondus au printemps, les œufs se développent en deux semaines, puis éclosent. Les chenilles se gavent alors pendant deux semaines de feuilles, et c’est le grand sommeil. Neuf mois, jusqu’à la fonte des neiges. Les larves se réveillent, se nourrissent, se font chrysalides. Enfin le papillon sort de son cocon. Il lui reste deux semaines pour voler, pondre et mourir.
Changement de régime
Au ranch Schneider, dans le Nebraska, à 1 600 mètres d’altitude, cette course contre la montre a été perturbée il y a un peu plus d’un siècle par l’arrivée du bétail, du blé pour le nourrir, et d’une herbacée, Plantago ­lanceolata. Sur l’exploitation, les damiers ont peu à peu abandonné la collinsie, sur laquelle ils pondaient, pour adopter ce plantain. Le nouveau venu présente l’avantage de demeurer plus longtemps comestible pour les chenilles, et d’augmenter ainsi leur chance de devenir papillon.
Michael Singer, de l’université de Plymouth, au Royaume-Uni, qui étudie ces bêtes depuis cinquante ans et les observe sur la prairie Schneider depuis 1982, les a vus changer de régime. « J’en ai fait la description dans Nature en 1993. Je terminais en affirmant que si nos pratiques changeaient de nouveau et que le plantain disparaissait, les papillons risquaient de ne pas pouvoir s’adapter. »
Or c’est précisément ce que décrit le nouvel article, cosigné avec sa femme, la biologiste et climatologue Camille...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Henri Joyeux s’exprime régulièrement contre la pilule, l’IVG, la vaccination... Des prises de position qui pourraient lui valoir, le 24 mai, sa radiation définitive de l’ordre national des médecins.
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Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables 
                  
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Le Monde
 |
                  19.05.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 18h17


Henri Joyeux s’exprime régulièrement contre la pilule, l’IVG, la vaccination... Des prises de position qui pourraient lui valoir, le 24 mai, sa radiation définitive de l’ordre national des médecins.

Par                             Zineb Dryef





                     

C’était le 27 mai 2016. Henri Joyeux s’est présenté les mains dans les poches devant la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon. La plainte du Conseil national de l’ordre des médecins était pourtant sérieuse : on lui reprochait de tenir un discours dangereux contre la vaccination préventive. A-t-il été grisé par le succès de sa pétition de mise en garde contre certains vaccins (plus d’un million de signatures revendiquées) ? A-t-il cru pouvoir convaincre une assemblée de médecins comme il convainc les foules qui se pressent à ses conférences ?
Toujours est-il qu’il est arrivé sans avocat, sans notes, décontracté, presque désinvolte. L’échange a été courtois et le professeur a cru, en quittant les lieux, qu’il était tiré d’affaire. Un mois plus tard, la décision d’une exceptionnelle gravité est tombée : sa radiation de l’ordre des médecins. Le cancérologue montpelliérain, ainsi que le conseil de l’ordre de sa ville, qui a jugé la peine trop lourde, ont fait appel.

« On ne me fera pas taire »
Le 24 mai, à 9 heures, Henri Joyeux comparaîtra devant la chambre disciplinaire du Conseil national de l’ordre des médecins. Cette fois-ci, il entend bien se défendre. Il a donc pris un avocat, Me Jean-François Jésus, qui a organisé un « procès fictif », en guise d’entraînement, le 22 janvier à l’école de droit de Sciences Po. Une quinzaine de ses étudiants, futurs avocats, ont planché sur le cas Joyeux – une équipe « pro », une équipe « anti ».
Cinq minutes avant le début du cours, les étudiants ont eu la surprise de le voir débarquer dans la salle de classe. Pendant l’exercice – on s’est engagé à n’en rien révéler –, le professeur a pris des notes. Il a compris que la partie n’était pas gagnée. « J’ai été trop confiant la première fois, admet-il. Mais on ne me fera pas taire. Si je suis radié, j’irai au Conseil d’Etat. J’irai jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. »
Le premier...





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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une étude française apporte des éléments convaincants pour en finir avec les théories conspirationnistes autour de la mort du dictateur nazi.
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ La plus grosse planète du Ssystème solaire est très facile à voir, au-dessus de l’horizon est, en début de soirée.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Certaines postures peuvent augmenter le risque de fracture vertébrale chez des personnes prédisposées.
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Le flétrissement cellulaire comme antipaludéen ?

Des chercheurs californiens ont étudié la résistance au paludisme du globule rouge déshydraté, conséquence de la xérocytose, une ­maladie du sang.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h00
    |

                            Benjamin Prud'homme (généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            
Carte blanche. Si la sélection naturelle fonctionne aussi bien que nous le dit Darwin, pourquoi les maladies génétiques perdurent-elles ? Pour le plus grand nombre, parce qu’elles sont dues à des mutations ­récessives. C’est-à-dire que les deux copies d’un gène (une venant de la mère et l’autre du père) doivent être mutées pour que la maladie apparaisse. Les individus porteurs d’une unique copie mutée d’un gène sont donc en quelque sorte invisibles à la sélection.
Certaines maladies, cependant, sont dues à des mutations dominantes, une seule copie mutée du gène suffit alors à déclencher la ­maladie. C’est le cas de la xérocytose, une ­maladie du sang dans laquelle les patients ont les globules rouges déshydratés, flétris. Elle est associée à des mutations du gène Piezo1 qui régule l’osmose et le volume des globules rouges. Une seule copie mutée de Piezo1 semble suffire à flétrir les globules. Si la maladie est le plus souvent bénigne, elle peut donner lieu à de graves complications. La ­maladie est rare, ce qui semble donner raison à Darwin : les mutations du gène Piezo1 sont probablement éliminées des populations ­humaines au fil des générations.
Etude internationale
Les populations humaines d’origine africaine donnent pourtant du fil à retordre à Darwin. Une mutation dominante particulière de Piezo1, responsable de la xérocytose, y est présente chez un individu sur trois. Qu’y a-t-il donc en Afrique qui pourrait rendre cette ­mutation plus tolérable au regard de la sélection naturelle ? Serait-ce lié au fait que l’Afrique compte plus de 80 % des cas de paludisme, une maladie causée par le parasite sanguin plasmodium, transmis par les moustiques, et qui infecte les globules rouges ? Pour le savoir, Ardem Patapoutian, du Scripps ­Research Institute en Californie, a coordonné une étude internationale explorant les liens entre Piezo1, les globules rouges, et une forme de résistance au paludisme. Ces travaux ont été publiés dans la revue...




                        

                        


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Evariste Galois, celui qui sautait à pieds joints sur les calculs

Neuvième volet de la collection « Génies des mathématiques », Evariste Galois, dont l’influence de ses idées n’a jamais faibli.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h45
    |

                            Alain Connes (Professeur honoraire au Collège de France)








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Le 13 janvier 1831, Evariste Galois, qui vient d’être exclu de l’Ecole ­normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, à Paris, comme « élève paresseux », inaugure à la librairie du 5, rue de la Sorbonne, avec trente élèves, un cours privé d’algèbre supérieure, visant explicitement à suppléer les carences de l’enseignement public. Il reproche au système d’enseigner aux élèves à reproduire un savoir plutôt que de les former à réfléchir.
Son renvoi de l’ENS est signé par le directeur, un certain Guigniault, et par Victor Cousin, qui a donné son nom à la petite rue qui prolonge la rue de la Sorbonne et dans laquelle je ne peux passer sans penser à l’injustice qui maintient la « rue Galois » à l’extérieur du périphérique parisien.
En lisant le remarquable travail d’historien de René Taton (« Evariste Galois et ses biographes », revue Sciences et techniques en perspective, 1993), j’ai pu mesurer le rôle positif d’Augustin Cauchy avant qu’il quitte la France en cette période des Trois Glorieuses de juillet 1830. Déjà, en mai et juin 1829, Cauchy avait parlé deux fois à l’Académie des travaux de Galois, alors âgé de 17 ans.
En janvier 1830, il lui avait conseillé de présenter ses travaux au Grand Prix des sciences mathématiques, en l’encourageant à sauver la part de ses découvertes la plus originale par rapport aux travaux du norvégien Niels Abel et à poursuivre ses recherches. Quelques mois plus tard, le manuscrit de Galois est perdu à la mort du secrétaire perpétuel, Joseph Fourier, qui en avait la responsabilité dans le jury, et le Grand Prix est attribué à Niels Abel (à titre posthume) et à Carl Jacobi.
Ainsi commence une suite tragique de rendez-vous manqués entre Galois et les mathématiciens de son époque – hormis bien sûr ce lien si fort avec Abel, relevant presque de la métempsycose. Cet enchaînement est heureusement interrompu par la clairvoyance du mathématicien Joseph Liouville,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Le savoir-faire théorique et technologique français est recherché à l’étranger, à tel point que certaines filières assistent à une fuite des cerveaux.
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IA, maths, ingénierie… les diplômés français ont la cote à l’international

Le savoir-faire théorique et technologique français est recherché à l’étranger, à tel point que certaines filières assistent à une fuite des cerveaux.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h43
    |

                            Alban de Montigny








                        



   


Emmanuel Macron a affiché son ambition : faire de la France l’un des leaders en intelligence artificielle (IA). En mars, le chef de l’Etat a annoncé vouloir doubler le nombre d’étudiants dans ce domaine. Car, actuellement, les talents français sont surtout captés par les géants de la Silicon Valley (Californie). 
« Les embauches explosent. Les plus brillants sont recrutés durant leur master 2 par Google ou Facebook avant même de décrocher leur diplôme. Je n’ai jamais vu ça », lâche Emmanuel Trélat, directeur de la Fondation sciences mathématiques de Paris.
Les débouchés offerts par l’IA sont variés. « Certains travaillent chez des constructeurs aéronautiques, d’autres dans la robotique, la finance, les assurances… Ce sont aussi bien des spécialistes en technique que des manageurs de haut niveau maîtrisant l’impact de ces technologies », constate Sandra Bringay, secrétaire de l’Association française pour l’IA et professeure en informatique à l’université Paul-Valéry, à Montpellier.

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                Enquête au cœur de l’intelligence artificielle, ses promesses et ses périls



Pour répondre à cette demande, de nouveaux cursus voient le jour. A la rentrée, Polytechnique proposera, en partenariat avec Google, un graduate degree associant IA et traitement des informations visuelles (visual computing). « Les sociétés considèrent que les étudiants sont bien formés en mathématiques mais elles déplorent leur manque de compétences en informatique pour coder efficacement les algorithmes », explique Erwan Scornet, maître de conférences en machine learning et codirecteur du cursus.
De son côté, l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), à Paris, lancera une formation continue. « Beaucoup d’entreprises ont des lacunes en IA. Elles recrutent des jeunes diplômés, mais il leur faut aussi former des seniors en poste », souligne Ludovic Denoyer, professeur en machine learning, deep learning et responsable du programme.
Malgré l’avance prise notamment par les Américains, l’Hexagone se démarque par l’excellence de ses filières en mathématiques. « Les étudiants bénéficient d’une formation généraliste et approfondie. Ceux qui partent en mobilité s’en sortent bien. En revanche, j’ai l’impression que les étudiants étrangers s’adaptent plus difficilement à notre enseignement », remarque Sylvie Benzoni, directrice de l’Institut Henri-Poincaré, à Paris, dont le prédécesseur Cédric Villani, mathématicien réputé et député du parti La République en marche (LRM), a remis, en mars, un rapport sur l’IA.

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                Intelligence artificielle : ce qu’il faut retenir du rapport de Cédric Villani



« Sur les 600 étudiants en mathématiques qui ont effectué leur cursus universitaire en France, entre 50 et 100 quittent le territoire immédiatement après avoir obtenu leur diplôme de master 2 à Paris », affirme Emmanuel Trélat. Au niveau du doctorat, un mouvement vers l’étranger s’est amorcé. « L’attractivité de la recherche publique baisse. Les salaires n’étant pas assez élevés, certains préfèrent se tourner vers le privé ou s’expatrier en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Suisse », s’inquiète Elisabeth Gassiat, présidente du département de mathématiques d’Orsay, au sein de l’université Paris-Sud. « En IA, nous assistons à une fuite des cerveaux. Beaucoup de mes collègues ont rejoint des entreprises américaines », ajoute Ludovic Denoyer.
Par ailleurs, le savoir-faire français demeure reconnu dans les métiers de l’ingénierie : aéronautique, génie océanique, automobile… A Centrale Nantes, 25 % des étudiants trouvent leur premier emploi hors de France. Et l’école accueille plus de 30 % d’étudiants internationaux. « Des étudiants chinois préfèrent, aux masters spécialisés, le diplôme d’ingénieur qui est une spécificité française et qui apparaît comme une filière d’excellence », note Emilie Poirson, directrice de la formation ingénieur.

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                Les écoles de la « french tech » s’exportent



Du côté de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (ISAE-Supaéro), on estime également que la dimension généraliste de la formation fait la différence tout en reconnaissant que cela ne suffit pas. « C’est un peu compliqué d’être remarqué par les recruteurs à l’international car nous n’avons pas la taille critique pour apparaître dans des classements comme celui de Shanghaï, avoue Caroline Bérard, directrice des formations ingénieur. Mais une fois qu’ils ont goûté à nos diplômés, ils reviennent vers nous. »

Un supplément et un salon du « Monde », pour partir à l’étranger
Le Monde publiera, dans son édition datée du 24 mai, un supplément de huit pages consacré aux écoles dans les secteurs de l’excellence française – la fameuse « french touch » –, qui permettent à leurs diplômés de partir étudier ou travailler à l’étranger. Ses articles sont progressivement mis en ligne sur cette page du Monde Campus.
Le Forum Expat 2018, organisé par le groupe Le Monde mardi 5 juin (jusqu’à 21 heures) et mercredi 6 juin à la Cité de la mode et du design, à Paris, réunira de nombreux acteurs de l’expatriation et d’anciens expatriés, pour permettre aux candidats au départ de s’informer pour travailler, entreprendre, vivre au quotidien et gérer son patrimoine à l’étranger. Sont également prévues des conférences thématiques animées par des journalistes de Courrier international et des experts en mobilité. Entrée gratuite, préinscription recommandée.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.
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Alzheimer : une maladie  en trompe-l’œil ?

Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. Les quarante dernières années ont vu l’émergence de la maladie d’Alzheimer comme problème de santé publique dont tout un chacun ou presque a ­entendu parler. Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, et Eric Favereau, grand reporter santé à Libération, se livrent à une démolition. Leur thèse : la maladie d’Alzheimer est une construction sociale imposant une vision de la vieillesse comme une maladie. Le refus d’accepter le déclin cognitif comme partie intégrante de notre normalité empêche de répondre au vieillissement par l’accompagnement adéquat.
Au début des années 1980, un double constat a été fait : le nombre de sujets âgés s’accroît et la médecine est incapable d’améliorer les fonctions intellectuelles qui se détériorent. « Comme il faut donc rapporter tous les symptômes à une maladie, y compris les troubles ­cognitifs, on va exhumer une maladie dépeinte au début du XXe siècle et presque totalement tombée dans l’oubli », racontent les auteurs.
Absence d’efficacité des médicaments
Face à ce qu’ils appellent le « serial killer des vieux »,« il devient impensable de ne pas disposer de médicaments. A n’importe quel prix ». Des médicaments qui échappent à toutes les règles car, « avant même leur mise sur le marché, leur absence d’efficacité est évidente ». Si encore ils étaient anodins. L’ouvrage cite, en 2018, le président de la commission qui avait eu à trancher sur l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer, le professeur Loïc Guillevin : « Ces médicaments ont plus tué qu’ils n’ont guéri. »
Or, il y a ce que Olivier Saint-Jean et Eric ­Favereau appellent « la grande surprise, la bonne nouvelle qui va à contre-courant de toutes les prévisions » et « change la donne » : le nombre de cas supposés de la maladie d’Alzheimer diminue. Ils s’appuient sur plusieurs grandes études parues ces deux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.
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« En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux »

Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h03
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le cancer anal est sous-médiatisé. Les raisons en sont évidentes. Il est considéré – à tort bien sûr – comme doublement honteux, de par sa localisation et parce qu’il est lié à des éléments de vie intime que le ­conservatisme rejette. Alors qu’il était rare et ne concernait que les femmes âgées, son incidence augmente fortement, et il intéresse maintenant les hommes jeunes.
Le tabac, l’immunodépression sont des facteurs de risque établis et l’infection par le papillomavirus est une cause directe neuf fois sur dix. En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux. Les hommes séropositifs pour le VIH voient leur risque multiplié par dix, voire trente, selon les estimations.
Le pronostic de ce cancer est considéré comme bon, puisque sept à huit patients sur dix n’en meurent pas. C’est déjà cela, mais ce n’est pas suffisant, puisque cette survie s’accompagne de ce que les économistes appellent des coûts intangibles : la douleur et le ­malheur. En effet, pour les patients qui répondent au traitement initial (70 %-80 %) par radiothérapie souvent doublée d’une chimiothérapie, les rayons génèrent des effets locaux irréversibles de brûlures et de rigidité qui altèrent définitivement la vie sexuelle quand elle est encore possible.
Une chirurgie très mutilante
Pour les 20 % à 30 % de patients restants chez qui la tumeur persiste ou ­récidive, il faut proposer une chirurgie très mutilante : l’amputation abdomino-périnéale. Comme son nom le dit un peu, cette intervention procède à l’ablation du rectum jusqu’au canal anal et emporte l’appareil sphinctérien et la peau périanale. Le large manque de tissu nécessite souvent un lambeau musculo-cutané.
Enfin, une stomie, soit un abouchement du côlon à la peau de l’abdomen, improprement appelé « anus artificiel », est nécessaire à vie. Ces données sont à la fois individuellement dramatiques et épidémiologiquement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.
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« La connaissance de ses origines est indissociable de la réflexion de tout être humain sur son identité personnelle »

Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h00
    |

Vincent Brès (Président de l’association Procréation médicalement anonyme)







                        



                                


                            
Tribune. Les choses bougent, enfin, dans le monde un peu fermé de l’assistance médicale à la reproduction. Basé sur un système vieux de plus de quarante ans, le don de gamètes s’apprête à évoluer, répondant au mouvement de fond des évolutions de la société française.
Pour une raison très simple : les premiers à en être nés sont devenus des adultes responsables, souvent parents eux-mêmes, et prennent maintenant la parole. Ils dénoncent l’injustice d’un système qui confisque, sans jamais les avoir consultés, des informations sur leur hérédité.
La transmission des données non identifiantes sur les donneurs ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don
La présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) a récemment proposé de réformer les pratiques au travers de la possibilité d’offrir des données non identifiantes aux personnes qui le souhaitent.
Si l’intention est à saluer, puisque pour la première fois les professionnels de l’assistance médicale à la procréation (AMP) avec don se tournent vers les personnes qui en sont issues, elle est encore insuffisante. Elle peut même apparaître comme un écran de fumée pour finalement ne rien faire, ne rien changer. La transmission des données non identifiantes sur les donneurs telles qu’une vague profession et quelques traits physiques généraux ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don.
Principe d’appariement
Pour savoir à quoi pourrait ressembler leur donneur, les personnes nées de don n’ont qu’à se tourner… vers leur propre père ! Grâce au principe d’appariement, mis en place par les CECOS en choisissant le donneur le plus proche physiquement du père d’intention, il n’y a que peu de doutes sur l’apparence physique de celui à qui ils doivent d’être nés.
La transmission d’informations non identifiantes est donc un os à ronger proposé aux enfants nés de don qui ne résout rien
Sa profession...




                        

                        

