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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La NASA a publié, le 16 mai, une cartographie de l’évolution des stocks d’eau douce sur Terre entre 2002 et 2016. L’expérience baptisée GRACE dévoile l’ampleur des fluctuations.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ A Hawaï, l’entrée en contact de la lave avec l’océan, a entraîné une réaction chimique et la formation d’un nuage toxique.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ L’adjoint d’Anne Hidalgo aux transports a été élu président de la Fédération européenne des cyclistes, un lobby pro-vélo européen qui siège à Bruxelles.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’actrice et l’humoriste, réunis dans une vidéo, font pression sur le gouvernement à la veille de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.
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Brigitte Bardot et Rémi Gaillard unis contre la maltraitance dans les abattoirs

L’actrice et l’humoriste, réunis dans une vidéo, font pression sur le gouvernement à la veille de l’examen du projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 08h05
   





                        



   


« On a en commun une révolte terrible contre la façon dont on tue les animaux dans les abattoirs. » Brigitte Bardot et Rémi Gaillard demandent, dans une vidéo, que la vidéosurveillance soit imposée aux abattoirs comme l’avait promis le candidat Emmanuel Macron.
Incarnation de deux générations, l’actrice et l’humoriste, grands amis des bêtes, ont choisi de diffuser leur petit film sur les réseaux sociaux lundi, veille du début de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi agriculture et alimentation.
Les images montrent Brigitte Bardot dans son jardin de La Madrague découvrant de nouvelles images de l’abattoir d’Alès (Gard), déjà épinglé en 2015, tournées en caméra cachée en février 2018, selon Rémi Gaillard.

Avec cette vidéo, Brigitte Bardot a expliqué à l’Agence France-Presse vouloir toucher « un maximum de gens, pour leur demander de faire attention à ce qu’ils mangent quand ils mangent un bifteck ou une côte de porc ».
La vidéosurveillance, promesse restée lettre morte
Dans le collimateur des deux activistes, le ministère de l’agriculture, qui a retiré du projet de loi le contrôle vidéo obligatoire en abattoir. « Pour le moment, Macron ne fait rien, et le peu qu’il fait est le contraire de ce qu’on demande : il fait ami ami avec les chasseurs, rétablit les chasses présidentielles… », critique Brigitte Bardot.
A partir du 1er janvier 2018, des caméras de vidéosurveillance devaient être installées dans les abattoirs français, selon le projet de loi qui n’avait pu être adopté qu’en première lecture un an plus tôt, avant les élections législatives. Aujourd’hui, le nouveau projet, issu des états généraux de l’alimentation et présenté par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, ne mentionne pas cette mesure. Un détail qui n’a d’ailleurs pas échappé à Olivier Falorni, député et porteur de la proposition, qui a demandé au gouvernement de tenir ses promesses.
Cette prise de conscience de certains députés ou responsables « donne un petit espoir », selon Brigitte Bardot, laquelle constate aussi une évolution : « Les gens voient les images. Avant, ils ne savaient pas. »

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<article-nb="2018/05/21/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Diplômé de Polytechnique et de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Romain Lacombe a cofondé en 2014 la start-up Plume Labs, qui aide à mieux se protéger de la pollution de l’air.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Il faut développer l’accès aux données pour encourager le développement durable »

Diplômé de Polytechnique et de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Romain Lacombe a cofondé en 2014 la start-up Plume Labs, qui aide à mieux se protéger de la pollution de l’air.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 09h00
    |

                            Ingrid Seithumer








                        



   


Étudier et vivre aux Etats-Unis ont été pour Romain Lacombe, 33 ans, des phases-clés dans la construction de son parcours professionnel. D’abord parce que son master au MIT « était très axé sur l’application et l’approche empirique », mais aussi parce qu’il y a pris conscience que la création d’entreprise « pouvait être une profession ». « A l’issue de mon master, j’ai travaillé pour la Banque mondiale à Washington. Les projets les plus intéressants que je voyais passer étaient tous des projets de start-up », se souvient-il. D’ailleurs, après avoir lancé un premier projet d’application de géolocalisation, cet ingénieur diplômé de ­Polytechnique et des Ponts et Chaussées revient en France, convaincu qu’il faut développer l’accès aux données (open data) pour encourager le développement durable.
Il rédige pour le compte du ministère de l’économie numérique un rapport sur l’accès aux données publiques puis intègre la mission Etalab, rattachée au cabinet du premier ministre pour travailler à l’élaboration du site Data.gouv.fr. « Il me manquait un lien avec l’innovation », dit-il. En préparant le Marathon de Paris, au milieu des pots d’échappement, lui vient l’idée qui sera à l’origine de Plume Labs : alerter sur les fléaux de la pollution de l’air.
Une idée qui a fait son chemin. Elle a compté parmi les « ambassadeurs de la French Tech » à la COP21, en décembre 2015. « Notre petite contribution à ce sommet historique ? Nous avons publié la première carte qui prédit les niveaux de pollution heure par heure dans plus de 220 villes du monde grâce à des algorithmes prédictifs », lit-on sur le site de la start-up, qui emploie une vingtaine de salariés aux profils variés. Présente dans 65 pays avec l’application Plume Air Report, la firme vient de lancer les précommandes de Flow, un ­capteur individuel nomade de qualité de l’air.

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« Le Monde » aide les jeunes à s’orienter vers les études supérieures
Alors que les lycéens vont commencer, le 22 mai, à recevoir des réponses concernant leurs vœux d’orientation formulés de janvier à mars sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup 2018, Le Monde Campus propose reportages, décryptages, tchats, à retrouver dans ses sous-rubriques Parcoursup APB et Etudes supérieures.
Retrouvez également des vidéos, témoignages et enquêtes réalisés dans le cadre de nos conférences « O21/S’orienter au 21e siècle », qui se sont tenues entre novembre et mars à Nancy, Lille, Nantes, Bordeaux et Paris, dans notre rubrique O21.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Loi Pacte : « Trois risques pour l’entreprise »

Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h44
    |

Christian Nouel (Président de la Fondation Croissance responsable) et Jean-Baptiste Danet (Président de CroissancePlus)







                        



                                


                            

Tribune. Dans quelques semaines sera déposé au Parlement le projet de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui devrait proposer une modification de l’article 1833 du code civil, commandant à l’entreprise d’être responsable vis-à-vis de la société.
Pour les entrepreneurs, ce débat est délicat : s’ils s’opposent directement à ce changement en expliquant que l’entreprise n’a pas une vocation d’intérêt général, on les accusera de protéger leurs seuls intérêts financiers. S’ils argumentent que leurs entreprises ont déjà une contribution sociale, au sens large, et que ce changement est inutile, on leur reprochera de porter une vision conservatrice de leurs intérêts…
Les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises, très concernés par l’impact sociétal de leurs activités, ne peuvent donc que soutenir cette réforme.
La responsabilité sociale vectrice de croissance
D’une part, ils ont parfaitement conscience de devoir répondre aux attentes de nombreuses parties prenantes : les consommateurs – 73 % des « millenials » acceptent de payer plus cher un produit ou un service « responsable » ; les collaborateurs – qui souhaitent concilier qualité de vie et travail et donner du sens à leur engagement au sein de leur entreprise ; les investisseurs – soucieux de pérennité, dont les investissements dits responsables représentaient en 2016 plus de 25 % des actifs sous gestion.
D’autre part, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises sont convaincus que la responsabilité sociale est vectrice de croissance et créatrice de valeur durable de long terme. Plus responsable, leurs entreprises accèdent à de nouveaux modèles économiques et à de nouveaux marchés, liés à la poursuite des dix-sept « objectifs de développement durable » des Nations unies.

Ils peuvent mieux prévenir les risques et constituent un puissant moteur d’innovation. Ils permettent de valoriser les marques, de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’Assemblée examine le projet de loi à partir de mardi 22 mai. Le sort fait au texte issu des Etats généraux de l’alimentation sera suivi de près par les agriculteurs et les ONG.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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L’Assemblée nationale se penche sur la loi fixant les relations entre producteurs et distributeurs

L’Assemblée examine le projet de loi à partir de mardi 22 mai. Le sort fait au texte issu des Etats généraux de l’alimentation sera suivi de près par les agriculteurs et les ONG.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Inquiétude et fortes attentes. C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’état d’esprit des agriculteurs comme des ONG avant l’arrivée du projet de loi « agriculture et alimentation » devant l’Assemblée nationale, mardi 22 mai. Déjà, les discussions ont été vives lors du passage du texte en commission, où plus de 1 800 amendements ont été examinés.
Le projet de loi « pour un équilibre des relations commerciales dans le secteur agroalimentaire », est le fruit des Etats généraux de l’alimentation (EGA). Une initiative inédite qui a réuni pendant près de six mois l’ensemble des acteurs de la filière, agriculteurs, industriels, distributeurs mais aussi ONG et élus.
Mettre fin à la guerre des prix
A mi-parcours, en novembre 2017, le président de la République Emmanuel Macron, avait promis un texte législatif. Il citait l’un de ses objectifs prioritaires : mettre fin à la guerre des prix à laquelle se livrent les grandes enseignes de distribution, destructrice de valeur pour tous et source de prix non rémunérateurs pour les agriculteurs. La première mission du projet de loi, son ambition revendiquée, est de mieux répartir la valeur dans la chaîne alimentaire et d’assurer un revenu décent aux agriculteurs.

Le gouvernement a retenu d’abord deux mesures phares. D’abord, la revalorisation du seuil de revente à perte de 10 %, ce qui revient, pour la grande distribution, à ajouter le coût logistique au prix d’achat du produit pour les denrées alimentaires. Ensuite, l’encadrement des promotions avec un cadrage politique fixant les limites à 34 % en valeur et à 25 % en volume. Ce qui aboutirait à interdire les offres du type « un gratuit pour un acheté ». Des mesures qui doivent être prises par ordonnance dans les six mois suivant la publication de la loi, pour une période test de deux ans.
La revalorisation du seuil de revente à perte a suscité une levée de boucliers de Leclerc. Le distributeur affirme qu’elle serait source d’inflation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.
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A Luçay-le-Libre, trop d’éolien tue l’éolien

Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h13
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. De sa ferme située au milieu du village de Luçay-le-Libre, Luc Pion a une vue imprenable sur quinze années d’activité éolienne dans le nord-est du département de l’Indre. Un tour sur soi-même à 360 degrés permet, ici, d’embrasser du regard une cinquantaine d’éoliennes, réparties sur sept sites et autant de communes. Les plus proches sont situées à 3 000 mètres, les plus éloignées à une quinzaine de kilomètres. Le spectacle de ces rotors en action sur leurs pylônes géants ne déplaît pas à l’agriculteur récemment retraité. Au contraire. Depuis qu’il a été élu maire de Luçay-le-Libre, en 2005, Luc Pion se démène sans compter pour que sa commune de 110 habitants possède elle aussi son parc d’aérogénérateurs. En vain.
La raison mise en avant, en mars, par la préfecture de l’Indre pour retoquer son dernier projet d’implantation devrait prospérer dans les années qui viennent : les huit éoliennes prévues – six sur Luçay-le-Libre, deux sur le village limitrophe de Giroux – provoqueraient un « risque de saturation visuelle » dans le paysage. Calculé en fonction de plusieurs indices, notamment le ratio entre le nombre d’appareils et l’angle d’horizon, ce « risque » serait devenu particulièrement élevé dans cette partie du Berry appelée la Champagne berrichonne. L’étude d’impact a dénombré un total de 87 éoliennes dans un rayon de 20 kilomètres, sans compter 45 éoliennes « autorisées » mais encore non mises en service, ainsi que 29 autres dont le dossier est en cours d’instruction.
Tenir le bon bout
Le « drame » de Luçay-le-Libre est d’avoir été l’une des toutes premières communes des environs à se lancer dans la course à l’éolien, et d’avoir vu la plupart de ses voisines concrétiser leurs projets. La première enquête publique diligentée sur ce bourg voué à la culture céréalière remonte à 2006 : bien qu’ayant reçu les faveurs du préfet de l’époque, le dossier avait été invalidé en justice après le recours d’une association...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les opérations dans la « ZAD » ne seront terminées « que le jour où l’Etat de droit sera totalement respecté », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.
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La deuxième vague d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes s’achève dans le calme

Les opérations dans la « ZAD » ne seront terminées « que le jour où l’Etat de droit sera totalement respecté », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 01h47
   





                        



   


Dix nouveaux « squats » ont été évacués, vendredi 18 mai, lors de la deuxième phase d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Mais les opérations dans la « ZAD » (« zone à défendre ») ne seront terminées « que le jour ou l’Etat de droit sera totalement respecté, c’est-à-dire lorsque la libre circulation sera rétablie et que l’ensemble des terres et des bâtiments sera occupé de manière légale », a prévenu la préfecture des Pays de la Loire.
Vendredi, les opérations se sont déroulées dans une ambiance calme. Plusieurs dizaines de camions de gendarmerie ont pris position avant 6 heures dans le secteur de La Freusière, près de Saint-Jean-du-Tertre, à l’extrémité ouest de la ZAD. L’accès a été interdit à la presse.

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De nouvelles barricades avaient cependant vu le jour sur la D81, qui traverse la ZAD sur un axe Nord-Sud, et la D281, l’ex-« route des chicanes ». Comme la veille, la liste des lieux de vie visés par les forces de l’ordre avait été communiquée aux occupants.
Trente-neuf « squats » détruits depuis le début d’avril
Nicole Klein, préfète des Pays de la Loire, a assuré vendredi que cette opération avait concerné « uniquement des squats qui ne s’inscrivaient dans aucun des projets agricoles déposés en préfecture ». « Leurs occupants refusaient donc toute discussion et rejetaient l’idée d’occuper ces terres de façon légale. Ce n’était pas acceptable », a-t-elle ajouté.
Parallèlement, deux opérations de police judiciaire ont été menées à la Freusière dans le cadre de l’enquête ouverte sur un tir de fusée d’artifice contre un hélicoptère de la gendarmerie en avril, ainsi qu’à l’Isolette pour d’autres infractions, a annoncé la gendarmerie. Deux personnes ont été interpellées pour transport de matières explosives.
Cette deuxième phase d’expulsion avait commencé jeudi, un peu plus d’un mois après le lancement d’une première phase sur le site initialement prévu pour un aéroport auquel le gouvernement a renoncé. Lors de l’opération d’expulsion en avril, vingt-neuf habitats avaient été détruits sur les 97 que comptait la ZAD.

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L’opération survient quelques jours après l’annonce par le gouvernement d’une régularisation rapide d’une quinzaine de projets agricoles déposés par des occupants. Des conventions d’occupation précaire (COP), prévues par le Code rural, seront signées « dans les prochains jours » par les porteurs de ces projets maraîchers, ovins, bovins, d’apiculture, ou de plantes aromatiques, avait précisé lundi le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.
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Nicolas Hulot « sonne le tocsin » de la biodiversité en danger

Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h20
    |

            Pierre Le Hir








                        


Porter le combat contre l’érosion de la diversité du vivant au même niveau que la lutte contre le dérèglement climatique. C’est l’objectif de la « mobilisation de la France en faveur de la préservation de la biodiversité » à laquelle a appelé Nicolas Hulot, vendredi 18 mai à Marseille.
L’homme est devenu « une arme de destruction massive » contre la nature, a-t-il plaidé : « Je veux aujourd’hui sonner le tocsin et lancer ce cri de mobilisation générale. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. On ne doit pas prendre ça comme une tâche insupportable : ce qu’on donne à la nature, elle vous le rend mille fois. » Et d’ajouter que pour l’humanité, « l’heure de vérité » est arrivée.
Après une matinée sur le terrain, consacrée à une visite en bateau du parc national des Calanques, suivie d’une rencontre avec les responsables du conservatoire du littoral, le ministre de la transition écologique et solidaire a annoncé que le point d’orgue de cette mobilisation serait la tenue à Marseille, en juin 2020, du septième congrès mondial de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Deuxième piller de sa politique
M. Hulot n’a en revanche qu’esquissé les contours, sans en préciser le contenu, du « plan biodiversité » annoncé depuis plusieurs mois et attendu avec impatience par les associations environnementales. Celui-ci devrait être finalisé en juillet, après un comité interministériel prévu le 28 juin. Il sera précédé d’une consultation du public, menée du 18 mai au 7 juin via un site internet, autour de cinq thèmes : « Qualité de vie et santé, produire et consommer, nature et territoires, engager la société, action internationale. »
Le plan biodiversité lui-même, indique simplement le ministère, sera articulé autour de cinq axes :
« Protéger la biodiversité pour améliorer notre cadre de vie et nous adapter au changement climatique ; faire de la biodiversité le moteur du changement de nos sociétés de production et de consommation pour réduire notre empreinte écologique en France et dans le monde ; protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes ; créer un cadre européen et international ambitieux pour la protection de la biodiversité ; rendre la connaissance et l’action pour la biodiversité accessible à tous. »
Si ces têtes de chapitre ont le mérite de couvrir largement les enjeux de la préservation de la biodiversité, elles ne permettent guère, à ce stade, d’évaluer l’ambition du futur plan. M. Hulot assure pourtant vouloir en faire « le deuxième pilier de sa politique », avec le « plan climat » annoncé en juillet 2017, qui vise à atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle.

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Les alertes se multiplient
Semaine après semaine, les scientifiques lancent l’alerte : chute de près de 80 % des populations d’insectes en Europe au cours des trois dernières décennies, déclin vertigineux des oiseaux dans les campagnes françaises… Jeudi encore, une nouvelle étude a montré comment le réchauffement climatique mettait en péril la faune et la flore sauvages. En novembre 2017, dans Le Monde, 15 000 scientifiques avaient lancé un appel à sauver la planète, prévenant qu’« il sera bientôt trop tard ».

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La France est concernée au premier chef. Elle recèle, grâce à ses territoires ultramarins, une biodiversité exceptionnelle. Selon le bilan 2017 de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), elle abrite en particulier 16 733 espèces endémiques - que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde - dont 80 % dans les outre-mer.
Mais elle est aussi l’un des pays qui héberge le plus grand nombre d’espèces animales et végétales en danger au niveau mondial. Le tableau brossé par l’ONB est particulièrement préoccupant : régression de 23 % des populations d’oiseaux communs (les plus sensibles aux dégradations des écosystèmes) entre 1989 et 2015 ; effondrement de 46 % des populations de chauve-souris entre 2006 et 2014 ; menaces sur la survie de 31 % des espèces suivies dans les « listes rouges » de l’UICN et du Muséum national d’histoire naturelle.
Les écosystèmes sont eux-mêmes sous pression : 52 % seulement des milieux humides et 43 % des eaux de surface sont en « bon état de conservation », tandis qu’à peine 22 % des milieux naturels d’intérêt européen sont dans un état satisfaisant. En revanche, 64 % des récifs coralliens sont en état stable ou en amélioration. Les raisons en sont bien identifiées, souligne l’ONB : « Destruction, dégradation ou banalisation des milieux naturels, espèces exotiques envahissantes, pollutions, pression démographique, changement climatique ».
Beaucoup d’incertitudes
Reste à savoir, au-delà du « top départ de la mobilisation » - pour reprendre son expression - donné à Marseille par Nicolas Hulot, quel sera la teneur concrète du plan qui sera arrêté cet été. Quelles seront les mesures permettant d’aller plus loin que la loi d’août 2016 pour « la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », portée par l’ex-ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et sa secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili ? Quels moyens y seront-ils affectés ? Quels relais politiques M. Hulot trouvera-t-il au sein d’un exécutif plus soucieux d’économie que d’écologie ?
L’engagement personnel en faveur de la biodiversité de l’ancien animateur d’« Ushuaia » et du créateur de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) ne fait aucun doute. Il a, sur ce sujet, gardé une sensibilité exacerbée. En mars, à l’Assemblée nationale, il avait recueilli une standing ovation des députés en exhortant à un « sursaut d’indignation » face à l’extinction du vivant. « Moi ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », avait-il lancé d’une voix blanche, ajoutant : « Oui je vais vous présenter un plan biodiversité dans les semaines qui viennent (…), mais très sincèrement, tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns. »

Pour autant, depuis son entrée au gouvernement, voilà tout juste un an, le ministre de la transition écologique n’a guère agi dans ce domaine. Il s’est surtout illustré en autorisant, un mois après sa prise de fonction, l’abattage de deux loups supplémentaires, puis en arrêtant, en février 2018, un « plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage », visant à assurer une population de 500 canidés à la fin du quinquennat, contre 360 aujourd’hui. Un texte qui ne satisfait pas plus les éleveurs que les écologistes. Il a aussi annoncé, fin mars, la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées, à l’automne, rouvrant là encore un dossier explosif.

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Grands rendez-vous
Pour porter haut la bannière du vivant, M. Hulot mise sur la caisse de résonance de plusieurs rendez-vous internationaux qui seront accueillis en France. Le congrès mondial de la nature en 2020, donc, pour lequel la cité phocéenne était la seule ville candidate. Mais aussi, fin avril-début mai 2019, la septième session plénière de la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. S’y ajoutera, en 2019 aussi, la présidence française du G 7, que le ministre veut mettre à profit pour pousser le thème de la préservation du vivant.

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Ces « grand-messes » pourraient être à la biodiversité ce que la COP21 de 2015, à Paris, a été au climat : l’occasion de mobiliser l’opinion publique et les gouvernements sur une cause aujourd’hui négligée, en même temps que d’afficher aux yeux du monde le volontarisme de la France. Ils permettront, veut croire le ministre, « un changement d’échelle ».
Encore devront-ils être suivis - et si possible précédés - de mesures concrètes pour enrayer la disparition en cours de la vie sauvage. On l’a vu sur le climat : le verbe haut de la France et de son président, Emmanuel Macron, ne s’est pour l’instant guère traduit par des effets tangibles. France Nature Environnement a déjà averti : « Le futur plan national en faveur de la biodiversité doit constituer le point de départ d’un nouvel engagement fort de l’ensemble de la société, et en premier lieu de l’Etat ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ En 1973, Pierre et Catherine R., éleveurs de bétail, achètent un terrain sur la commune de Sées (Orne), et y font construire leur maison. Trente ans plus tard, la société Service Environnement Propreté Valorisation (SEP Valorisation) s’installe sur un terrain mitoyen et démarre une activité de compostage de déchets provoquant son lot de nuisances.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Mise en cause par des concurrents d’EDF, la réglementation des tarifs de l’électricité a, finalement, été validée par la haute juridiction administrative ce 18 mai, afin de garantir aux consommateurs un prix stable pour ce bien de première nécessité.
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Le Conseil d’Etat valide le principe de tarifs réglementés pour l’électricité

Mise en cause par des concurrents d’EDF, la réglementation des tarifs de l’électricité a, finalement, été validée par la haute juridiction administrative ce 18 mai, afin de garantir aux consommateurs un prix stable pour ce bien de première nécessité.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h58
   





                        



   


Alors qu’en juillet 2017, le Conseil d’Etat invalidait la réglementation des tarifs du gaz, jugée contraire au droit européen, celui-ci vient de faire l’inverse pour l’électricité, en validant la légalité d’une réglementation des tarifs de l’électricité.
Ce sont le groupe Engie (ex-GDF Suez) et l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui regroupe des opérateurs alternatifs, qui demandaient l’annulation d’une décision du 27 juillet 2017 par laquelle le gouvernement avait fixé le niveau des tarifs réglementés de vente (TRV) d’électricité. Une demande de nature à remettre en cause le principe même de la régulation des tarifs.
Une régulation nécessaire pour empêcher la « volatilité des prix »
Lors de l’audience, le rapporteur public, dont les avis sont généralement suivis, avait préconisé l’annulation de la décision du gouvernement, au motif que ce dispositif serait contraire au droit européen.
Le Conseil d’Etat en a jugé autrement, du fait notamment de la spécificité de l’électricité, énergie « non substituable » : il a estimé que l’entrave que représente cette réglementation des prix de vente est justifiée, et que sa suppression « risquerait d’entraîner une volatilité des prix qui ne pourrait être encadrée de manière appropriée par des mesures temporaires », selon un communiqué du Conseil d’Etat.
Celui-ci ajoute que cette réglementation ne peut être considérée comme discriminatoire, dès lors que les opérateurs alternatifs ont la possibilité s’ils le souhaitent de proposer des tarifs alignés sur les tarifs réglementés.
La décision attaquée a, en revanche, été annulée sur un point : le Conseil d’Etat a jugé que l’absence de distinction entre les professionnels qui ont une faible consommation et les particuliers va « au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif d’intérêt économique général poursuivi ».
Les tarifs réglementés de l’électricité cohabitent depuis dix ans avec des offres de marché à prix libre, proposées par EDF et des fournisseurs alternatifs. Plus de 27 millions de consommateurs bénéficient des tarifs réglementés de l’électricité.
Pour un client moyen, le prix du marché est inférieur de 9 à 10 % à celui du tarif réglementé dans l’électricité et de 8 à 10 % dans le gaz pour l’offre la moins chère à Paris, selon la commission de régulation de l’énergie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.
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« Reconnaissons aux zadistes un droit à l’expérimentation »

L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h54
    |

Bernard Paranque (Professeur d’économie, titulaire de la chaire ­ « Finance autrement » à Kedge ­Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Les affrontements sur le site de Notre-Dame-des-Landes ont occulté un débat important, car si on peut dénoncer ces violences, il n’en reste pas moins que rien n’est dit, ou presque, sur le projet social tenté par les zadistes.
Certes, on peut s’interroger sur leur modèle économique et sur sa cohérence, mais il est plus étrange de ne poser ces interrogations que dans le cadre du marché et de la propriété privée, comme si l’un et l’autre étaient l’alpha et l’oméga de toute circulation économique. On peut à l’inverse partir de leur projet social, dans lequel l’économique n’est qu’une composante soumise à d’autres principes d’action et de coordination que le seul marché et la seule propriété privée.
Des propriétés et des pratiques diverses
Contrairement aux apparences, ces deux concepts ne sont ni simples, ni des réalités évidentes dans leurs contenus. Le marché capitaliste n’est qu’une forme de circulation des biens et services parmi d’autres, mais qui fonctionne de manière spécifique avec une double inégalité, dans le contrôle des moyens de production et dans le processus de décisions qui régit la répartition des richesses. Ces deux points sont une sérieuse limite à la liberté individuelle au vu des inégalités sociales qu’ils engendrent.

Comme l’a montré l’anthropologue Alain Testart, cet échange marchand capitaliste n’est qu’un cas particulier, bien qu’il soit dominant, parmi d’autres formes de circulation, dont le don, la réciprocité et l’échange non marchand, qui fonctionnent selon d’autres principes. Ainsi, quand on parle de marché comme une évidence, encore faut-il rappeler que dans les faits, il s’agit déjà d’un choix qui ne vise qu’à justifier un certain ordre social, ce qui est la définition d’un discours idéologique si l’on suit Ricœur, en proposant une certaine forme de circulation fondée sur la propriété privée des moyens de production.
Mais là encore, il n’y a pas une propriété mais des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Le numéro deux mondial des services à l’environnement amorce une transition compliquée.
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Suez devra tôt ou tard sortir du giron d’Engie

Le numéro deux mondial des services à l’environnement amorce une transition compliquée.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h23
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Où va Suez, et avec qui ? Le groupe de services à l’environnement, qui tenait son assemblée générale, jeudi 17 mai, entre dans une délicate année de transition, qui s’achèvera dans un an par le départ de ses deux figures tutélaires : le président, Gérard Mestrallet, et le directeur général, Jean-Louis Chaussade, atteints par la limite d’âge. Après les avertissements sur résultats du début de l’année, le groupe souffre en Bourse, où il a perdu 16 % de sa capitalisation depuis le 1er janvier (23 % en un an).
Numéro deux mondial du secteur derrière Veolia, Suez reste solide. Après de bons résultats au premier trimestre, annoncés jeudi, il a confirmé l’ensemble de ses objectifs pour 2018. « Dans un environnement macroéconomique qui s’améliore, nous recueillons les fruits des mesures fortes que nous avons engagées en 2017 et intensifiées depuis », a indiqué Jean-Marc Boursier, directeur général adjoint chargé des finances.
Le chiffre d’affaires a augmenté de 9,1 %, à 4,058 milliards d’euros, et le bénéfice d’exploitation (ebit) de 2,8 %, à 289 millions. Deux indicateurs qui, selon lui, progresseront de 9 % et 10 % cette année. Notamment grâce à Water Technologies & Solutions, la nouvelle division spécialisée dans les services de l’eau industrielle, créée après le rachat pour 3,2 milliards d’euros de la branche eau de General Electric.
Trouver le duo qui succédera au tandem Mestrallet-Chaussade
Le groupe va d’abord devoir trouver le duo qui succédera au tandem consensuel Mestrallet-Chaussade, le premier souhaitant que le second lui succède comme président du conseil d’administration. L’ex-patronne d’Areva, Anne Lauvergeon, qui préside le comité des nominations, examinera des candidatures externes, mais surtout plusieurs dirigeants de Suez pressentis pour diriger l’entreprise : M. Boursier, Marie-Ange Debon (chargée de la France), Bertrand Camus (international) et Jean-Yves Larrouturou (secrétaire général).

Autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le patron de Solvay va devenir, vendredi 18 mai, président de l’ex-GDF Suez et devra composer avec Isabelle Kocher, la directrice générale.
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Engie : Gérard Mestrallet laisse la présidence à Jean-Pierre Clamadieu dans un climat très tendu

Le patron de Solvay va devenir, vendredi 18 mai, président de l’ex-GDF Suez et devra composer avec Isabelle Kocher, la directrice générale.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h32
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

C’est le passage de relais le plus attendu du CAC 40. Gérard Mestrallet, qui a laborieusement fondé Engie avec un savant dosage de fusions réussies et d’acquisitions hasardeuses, va quitter la présidence du groupe au profit de Jean-Pierre Clamadieu.
Le respecté directeur général du chimiste Solvay, issu du corps des Mines, sera intronisé officiellement, vendredi 18 mai, lors de l’assemblée générale du groupe. La séquence sera de pure forme : la décision de le nommer a été prise en haut lieu, en février, par Emmanuel Macron lui-même.
Engie (ex-GDF Suez), qui compte 150 000 salariés dans le monde – dont plus de 70 000 en France – et réalise un chiffre d’affaires de 65 milliards d’euros, est encore en partie contrôlé par l’Etat, qui détient 24 % du capital et conserve un poids important au conseil d’administration.
Dans ce groupe en pleine transformation, cette passation de pouvoir n’a rien de classique : l’arrivée de Jean-Pierre Clamadieu se fait dans un paysage abîmé par la sourde guerre que se sont livrée Gérard Mestrallet, actuel président, et Isabelle Kocher, la directrice générale.
« La relation très difficile entre Kocher et Mestrallet a pourri la vie du groupe »
La bataille entre les deux anciens alliés a surpris par sa virulence et sa brutalité. Choisie par M. Mestrallet pour lui succéder, Mme Kocher devient directrice générale en 2016, et avait toutes les raisons d’espérer que l’année 2018 soit celle de sa consécration au poste de PDG.

Mais les désaccords entre les deux dirigeants ont rapidement grandi. Au point de rendre l’atmosphère irrespirable pour certains collaborateurs de la tour Engie à la Défense.
« La conjugaison femme et pouvoir est parfois compliquée »
Les soutiens de l’un et de l’autre se renvoient encore aujourd’hui les responsabilités. « La relation très difficile entre Kocher et Mestrallet a pourri la vie du groupe, note un bon connaisseur du dossier. Il était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ La deuxième opération d’expulsion a commencé jeudi, un peu plus d’un mois après la première.
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Reprise des évacuations à Notre-Dame-des-Landes

La deuxième opération d’expulsion a commencé jeudi, un peu plus d’un mois après la première.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 06h58
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 20h37
   





                        



La deuxième opération d’expulsion a repris, vendredi 18 mai, dans l’ouest de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique). Plusieurs dizaines de camions de gendarmerie ont pris position avant 6 heures dans le secteur de la Freusière, près de Saint-Jean-du-Tertre, à l’extrémité ouest de la ZAD, tandis qu’un hélicoptère survolait la zone.
Cette deuxième opération d’expulsion a commencé jeudi, un peu plus d’un mois après le lancement d’une première opération d’évacuations sur le site prévu pour un nouvel aéroport, auquel le gouvernement a annoncé renoncer en janvier. Les gendarmes mobiles s’étaient concentrés jeudi sur cinq sites à évacuer. L’objectif officiel est d’évacuer une dizaine de sites.
Vendredi, les opérations en cours visent les sites de « La Freusière », « La Maison des chats », « Le Phoenix », « Ker Terre », « Les Cabanes anglaises » et « Ça geint de la tarte », a précisé la gendarmerie, ajoutant que « des squats doivent être déconstruits, d’autres murés car il y a un engagement à ne pas les détruire ».
Fin des opérations vendredi soir
L’opération « sera terminée d’ici ce soir », a déclaré vendredi matin le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb. « Pour nous le problème est simple, c’est de savoir si partout en France est respecté l’état de droit. Vous n’entendez plus parler de Bure [site d’un projet d’enfouissement de déchets nucléaires dans la Meuse] et vous n’entendrez plus parler de Notre-Dame-des-Landes », a-t-il assuré sur BFM-TV.
Suivez le journaliste du Monde sur place, Rémi Barroux :

Tweets by remibx 

En avril, les affrontements avaient été violents, avec plusieurs dizaines de blessés, tant chez les occupants de la zone que dans les rangs des forces de l’ordre. Jeudi en fin de journée, aucun blessé sérieux n’avait été enregistré. Les autorités n’ont par ailleurs signalé aucune interpellation.

        Sur les opérations de jeudi :
         

          Nouvelle vague d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes



Un bilan devrait être tiré, vendredi en fin de journée, et probablement en fin d’opération, par la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, et le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale. « Dès que tout est déconstruit, on repart, a déclaré ce dernier à la mi-journée jeudi. Et s’il y a reconstruction, on reviendra le lendemain. »
Un appel à manifester a été lancé pour samedi, dans le centre-ville de Nantes, ainsi qu’à rejoindre la ZAD dimanche, comme cela avait été le cas à l’issue des premières opérations de destruction, au début du mois d’avril.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Depuis mardi, l’alerte rouge a été déclenchée autour du volcan Kilauea, après une intensification de l’activité sismologique et une éruption de fumée volcanique.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’additif E171 est utilisé dans l’industrie agroalimentaire et cosmétique pour blanchir et intensifier la brillance des bonbons, crèmes, dentifrices ou médicaments.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/05/2018
Découvrir l’application


                        

Le dioxyde de titane, nanoparticule présente dans l’alimentation, bientôt interdit en France ?

L’additif E171 est utilisé dans l’industrie agroalimentaire et cosmétique pour blanchir et intensifier la brillance des bonbons, crèmes, dentifrices ou médicaments.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 03h52
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 12h05
   





                        


Le gouvernement prévoit de suspendre « avant la fin de l’année » l’utilisation des nanoparticules de dioxyde de titane comme additif alimentaire en France, rapporte un article du Parisien paru vendredi 18 mai. La secrétaire d’Etat au développement durable, Brune Poirson, a précisé au quotidien que la Commission européenne a été saisie « afin de demander des mesures (…) dès lors que le dioxyde de titane est susceptible de constituer un risque sérieux pour la santé humaine ». 

        Lire aussi :
         

                Les aliments « ultratransformés » favoriseraient le cancer



L’additif E171 – ou dioxyde de titane –, composé en partie de nanoparticules, est utilisé dans l’industrie agroalimentaire et cosmétique pour blanchir et intensifier la brillance des confiseries, des plats préparés ou encore des dentifrices.
Avant même cette annonce, les confiseurs français avaient décidé collectivement d’arrêter d’utiliser cette poudre blanche « chacun à son rythme », rapporte Le Parisien.
Une étude sur les rats
Plusieurs associations avaient déjà alerté sur le dioxyde de titane, dont 60 Millions de consommateurs ou Agir pour l’environnement, qui s’inquiétaient de la prolifération des nanoparticules dans les produits communs.

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Publiée en janvier 2017, une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) concluait que l’exposition chronique au E171 favorisait la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. L’Agence nationale de santé avait alors été saisie en janvier par les ministères de l’économie, de la santé et de l’agriculture pour déterminer si le produit « présente un éventuel danger pour les consommateurs ». Aucune conclusion n’est toutefois établie pour l’homme sur ce potentiel effet « promoteur » de la cancérogenèse du E171.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Les 19 escadrons de gendarmerie mobile devraient revenir sur la ZAD, vendredi matin, pour expulser encore trois ou quatre squats.
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Nouvelle vague d’expulsions à Notre-Dame-des-Landes

Les 19 escadrons de gendarmerie mobile devraient revenir sur la ZAD, vendredi matin, pour expulser encore trois ou quatre squats.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 19h59
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 22h56
    |

            Rémi Barroux (Notre-Dame-des-Landes, envoyé spécial) et 
Julia Pascual (Notre-Dame-des-Landes, envoyée spéciale)








                        



A 16 heures, jeudi 17 mai, le premier jour d’une nouvelle phase d’expulsions de la ZAD (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) s’achevait. Quatre nouveaux sites ont été détruits, après la trentaine d’expulsions et de destructions conduites du 9 au 12 avril. Sur la route départementale 81 qui traverse le bocage, les camions à plateaux repartent chargés des débris calcinés de véhicules incendiés dans la matinée sur de rares barricades.
Les quelque 1 500 à 1 700 gendarmes mobiles, soit 19 escadrons, engagés dans l’opération qui a débuté dès 6 heures, devraient quitter les lieux en début de soirée pour revenir vendredi matin pour expulser encore trois ou quatre squats. Alors que, au début d’avril, les autorités s’étaient concentrées sur l’est et le sud de la ZAD, qui s’étend sur 1 650 hectares de prairies, de champs, de bois, parcourus par des dizaines de petites routes, de chemins et de sentiers, l’offensive a été portée plutôt sur à l’ouest de la RD 81 qui relie Vigneux-de-Bretagne à Notre-Dame-des-Landes, deux des communes touchées par l’ancien projet de nouvel aéroport nantais.
Pui Plu et la Datchacha voisine, La Vosgerie, le Moulin de Rohanne-Chifoumi-le Buisson… et aussi la Chateigne. En moins de trente secondes et cinq mouvements de pelleteuse, ce symbole historique de la lutte contre l’aéroport s’est retrouvé à terre, planches de bois, tôles et fenêtres écrasées. Ce site avait été construit lors d’une grande manifestation, dite de « réoccupation de la ZAD », réunissant 40 000 personnes à la fin de novembre 2012, après une tentative par le gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault d’évacuer la zone afin de démarrer le chantier de l’aéroport. La Chateigne était donc une référence forte, même si, confient de nombreux zadistes, le lieu ne servait plus guère.

   


Ni blessé ni interpellation
En avril, les affrontements avaient été violents, avec plusieurs dizaines de blessés, tant chez les occupants de la zone que dans les rangs des forces de l’ordre. Mais jeudi 17 mai en fin de journée, aucun blessé sérieux n’avait été enregistré ; de même, les autorités n’ont signalé aucune interpellation. Un bilan devrait être tiré, vendredi en fin de journée, et probablement en fin d’opération, par la préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, et le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale. « Dès que tout est déconstruit, on repart, expliquait ce dernier à la mi-journée. Et s’il y a reconstruction, on reviendra le lendemain. »

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Dans la matinée, les engins du Formisc (formation militaire de la sécurité civile) ont déblayé le chemin de Suez, un axe stratégique qui relie l’est à l’ouest de la ZAD, de ses barricades qui l’obstruaient, et l’ont remblayé afin de faciliter l’accès à la zone aux entreprises de déménagement et de reconstruction qui sont intervenues dans l’après-midi.
Des heurts sporadiques ont eu lieu une grande partie de la journée, opposant les gendarmes et quelque deux à trois cents occupants, renforcés par des soutiens hébergés depuis plusieurs jours sur le site : grenades lacrymogènes en grand nombre contre jets de pierres, de mottes de terre et quelques engins incendiaires. Mais le nombre de personnes présentes et prêtes à s’affronter aux forces de l’ordre semblait moindre qu’il y a un mois.
Le changement d’ambiance sur le terrain est aussi sans doute dû à la précision et au nombre limité des sites visés, qui n’abritaient pas de projets agricoles ou socioculturels, recensés dans les dossiers déposés quelques jours plus tôt à la préfecture. « On nous avait dit que tous ces projets [au nombre de 41, dont 29 agricoles], déjà retenus ou à retravailler, selon le comité de pilotage, ne seraient pas concernés par ces expulsions, dont acte, expliquait Benoît, l’un des membres chargé de la communication de la ZAD. Mais c’est juste impossible de voir nos voisins, ceux avec qui on lutte depuis longtemps, se faire détruire leurs cabanes. »

   


« Intimidation quotidienne »
Lors d’un point presse tenu en milieu de journée à La Rolandière, lieu historique de la lutte, qui abrite la bibliothèque du Taslu, les représentants des occupants ont exprimé « l’indignation » pour l’une, « la colère » pour une autre devant la nouvelle offensive. « C’est une opération hyperviolente et il n’y a aucune garantie qu’ils partent, ils vont rester pour nous empêcher de vivre ici, c’est une pression, une intimidation quotidienne », réagissait l’une des porte-parole au prénom générique de Camille. Le représentant des naturalistes en lutte, Jean-Marie, insistait, lui, sur « des destructions en pleine période de nidification des oiseaux et de reproduction pour la plupart des espèces sauvages du site, s’accompagnant de nuages de gaz lacrymogène ; ils appellent cela de la déconstruction mais c’est du ravage ».

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Un appel à manifester a été lancé pour samedi, dans le centre-ville de Nantes, ainsi qu’à rejoindre la ZAD dimanche, comme cela avait été le cas à l’issue des premières opérations de destruction, au début d’avril.

   



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Nicolas Hulot doit présenter, vendredi à Marseille, des pistes pour tenter de préserver le monde du vivant et susciter un « sursaut d’indignation ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/05/2018
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Pour la biodiversité, un demi-degré de réchauffement change tout

Nicolas Hulot doit présenter, vendredi à Marseille, des pistes pour tenter de préserver le monde du vivant et susciter un « sursaut d’indignation ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h36
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h28
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Hausse du niveau des mers, submersion des côtes, canicules et sécheresses plus sévères, précipitations plus intenses… Les menaces que fait peser le changement climatique sur les sociétés humaines sont connues. Mais il met également en danger l’ensemble du vivant. Or, pour la faune comme pour la flore, chaque degré de réchauffement – et même chaque demi-degré – est crucial.
Un sujet dont s’empare Nicolas Hulot, le ministre de la transition écologique, qui présente, vendredi 18 mai à Marseille, des pistes pour tenter de préserver le monde du vivant et mobiliser autour d’une biodiversité en danger qui mérite un « sursaut d’indignation ».
M. Hulot va donner le coup d’envoi d’une « grande consultation » sur le sujet, avec un site internet dédié. « C’est vraiment un sujet que je veux faire monter au même niveau que l’enjeu climatique », a-t-il commenté vendredi matin : « On va lancer toute une initiative sur la biodiversité, et surtout lancer tout un calendrier diplomatique international qui va jalonner les trois prochaines années ».
Son annonce interviendra au lendemain de la publication dans la revue Science d’une étude de chercheurs britanniques et australiens. Rachel Warren (de l’université d’East Anglia au Royaume-Uni) et ses collègues ont pris comme point de départ les aires de répartition (ou présence) actuelles de plus de 115 000 espèces animales et végétales terrestres, dont 31 000 insectes, 8 000 oiseaux, 1 700 mammifères, 1 800 reptiles, 1 000 amphibiens et 73 000 plantes. Soit le plus vaste échantillon mondial pris en compte dans ce type d’inventaire, dont les insectes étaient jusqu’à présent exclus.
Ils ont ensuite fait tourner des modèles pour calculer le changement d’aire naturelle de chaque espèce, en fonction de différents scénarios climatiques. Une hausse plus ou moins importante des températures conduit en effet à réduire plus ou moins fortement la zone géographique où une plante ou un animal donné bénéficie de conditions adaptées à son cycle biologique et favorables à son développement.
Le sort des insectes
Les résultats sont saisissants. Dans l’hypothèse d’une poursuite des émissions mondiales de gaz à effet de serre à leur rythme actuel, amenant à un bond de 4,5 °C à la fin du siècle par rapport aux niveaux préindustriels, vers 1850, les règnes animal et végétal verraient leur territoire naturel fondre comme peau de chagrin. Il régresserait de plus de moitié pour les deux tiers des insectes et des plantes, et pour plus de 40 % des mammifères.
Avec les baisses d’émissions auxquelles se sont engagés les Etats avant l’accord de Paris issu de la COP21 de 2015, qui mettraient la planète sur une trajectoire de réchauffement d’un peu plus de 3 °C, les dommages seraient moindres mais resteraient massifs : 49 % des insectes, 44 % des plantes et 26 % des animaux vertébrés (mammifères, oiseaux, reptiles…) perdraient plus de la moitié de leur aire de vie.

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Qu’en serait-il, cette fois, si les termes de l’accord de Paris, qui vise à limiter la montée de la colonne de mercure à 2 °C, et si possible 1,5 °C, étaient respectés ? Avec + 2 °C, la proportion d’espèces privées de plus de 50 % de leur territoire tombe à 18 % pour les insectes, 16 % pour les plantes et 8 % pour les vertébrés. Avec seulement + 1,5 °C, elle chute à 6 % pour les insectes, 8 % pour les plantes et 4 % pour les vertébrés.
Un simple demi-degré en moins fait donc une très grande différence pour le monde du vivant. Il divise le risque par deux pour les plantes et les animaux vertébrés, et par trois pour les insectes. « Ces derniers sont plus exposés qu’aucun autre groupe animal à une perte d’aire de répartition, et ils ont le plus grand bénéfice à tirer d’un réchauffement contenu à 1,5 °C plutôt que 2 °C », écrivent les auteurs.

   


Ceux-ci insistent sur le sort des insectes car, souligne Rachel Warren, « ils sont vitaux pour les écosystèmes et pour les humains : ils pollinisent les cultures et les fleurs, ils nourrissent les organismes de niveau supérieur, ils maintiennent les milieux naturels en équilibre en mangeant les feuilles des plantes, ils aident à recycler les nutriments dans le sol ». 

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L’avenir est sombre pour la biodiversité
Sans doute nombre d’espèces, notamment parmi les mammifères, les oiseaux et les papillons, ont-elles la capacité de migrer pour retrouver les conditions de vie auxquelles elles sont acclimatées. Les chercheurs ont intégré à leurs modèles cette faculté de dispersion. Grâce à cette mobilité, un petit nombre d’espèces pourrait même tirer bénéfice d’un climat plus chaud, en colonisant de nouveaux domaines.
Mais, notent les auteurs, la plupart des invertébrés, des reptiles, des amphibiens et des plantes ne sont pas en mesure de se délocaliser aussi vite que le thermomètre grimpe. Si bien que la contraction de leur espace vital les met en danger de disparition. « Limiter le réchauffement à 1,5 °C réduit le risque d’extinction » de ces populations, souligne l’étude.
Reste que faute d’une baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre – à commencer par celles de la Chine et des Etats-Unis –, l’objectif de 1,5 °C semble aujourd’hui irréaliste. L’avenir est donc sombre pour la biodiversité. D’autant que celle-ci est aussi mise à mal par la destruction des habitats naturels du fait de la déforestation, de l’agriculture intensive ou de l’urbanisation, par la chasse, le braconnage ou les trafics illicites, ainsi que par la pollution généralisée des écosystèmes.
Une autre étude, publiée elle aussi dans la revue Science, sonne l’alarme à cet égard. Elle fait apparaître qu’à l’échelle du globe, un tiers des aires protégées, pourtant censées constituer des havres pour la faune et la flore sauvages, sont en réalité fortement affectées par les activités humaines.
Certes, note l’équipe internationale (Australie, Canada, Etats-Unis) qui a mené ce travail, depuis le sommet de la Terre de Rio, en 1992, la superficie des zones consacrées à la préservation de la nature a presque doublé. Elle atteint désormais près de 19 millions de kilomètres carrés (les aires de moins de 5 km2 ne sont pas comptabilisées), soit presque 15 % de la surface terrestre. Mais 32,8 % de ces enclaves sont soumises à une « pression humaine intense », qu’il s’agisse de constructions, d’agriculture, de pâturage, d’occupation humaine, de routes, de chemins de fer, de voies navigables ou d’éclairage nocturne.

   


Rehausser les exigences de protection
Sur le planisphère, les aires naturelles les plus « anthropisées » sont situées en Europe de l’Ouest, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne. Mais tous les biotopes sont peu ou prou affectés, des mangroves aux forêts tempérées en passant par la toundra, la savane et les forêts tropicales humides. Seuls 10 % de ces espaces sont totalement exempts d’empreinte humaine, pour l’essentiel dans des régions reculées de hautes latitudes, en Russie ou au Canada.

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Les scientifiques n’en déduisent évidemment pas que les Etats doivent renoncer au principe même de consacrer des terres à la sauvegarde de la biodiversité, au motif qu’elle serait mal assurée. Ils les engagent au contraire à rehausser les exigences de protection et à « restaurer les aires protégées, tout en respectant les besoins des populations locales ».
« Un réseau d’aires protégées bien gérées est essentiel pour sauver les espèces, commente le premier auteur de l’article, Kendall Jones (université de Queensland en Australie). Si nous laissons ce réseau se dégrader, il n’y a aucun doute que les pertes de biodiversité seront exacerbées. » D’autant que jusque dans ces ultimes refuges, les animaux et les plantes n’échapperont pas au péril climatique.




                            


                        

                        

