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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».
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Italie : un « contrat » de coalition « à l’encontre de la Constitution italienne »

Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.05.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 14h53
    |

Raffaele Simone (Linguiste et universitaire italien)







                        



                                


                            

Tribune. Le « contrat pour le gouvernement du changement », promis par Matteo Salvini et Luigi Di Maio, leaders respectivement de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, semble enfin sur pied. A noter qu’ils parlent de « contrat » et non d’« accord », croyant ainsi évoquer le « Koalitionsvertrag » (« le traité de coalition ») que les forces de la majorité en Allemagne ont coutume de signer depuis des années.
En fait, c’est le même terme que Berlusconi a employé il y a quinze ans pour désigner les promesses qu’il faisait aux Italiens lors d’une émission télévisée (presque toutes non tenues).
Jargon politique
Alors que la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles se veulent deux groupes antisystème et anti-politique, il est surprenant de constater que le document regorge d’expressions bureaucratiques maladroites et de jargon politique. Mais il y a des problèmes plus graves. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, le nom du chef du gouvernement n’est toujours pas connu. Deux mois de négociations ne leur ont pas suffi à en trouver un. Chacun des deux signataires du contrat aimerait être premier ministre, certes, mais cela susciterait des jalousies et un ressentiment infini ; ils ont donc annoncé que leur choix se porterait sur une personne « incontestable », tant en Italie qu’à l’étranger.
Naturellement, les points que je viens d’évoquer peuvent être invalidés à tout moment car les diverses mesures qui ont été prises jusqu’ici, présentées comme définitives par les deux leaders, ne cessent de changer et même de fondre comme neige au soleil. Toujours est-il que nous avons assisté ces derniers mois à un spectacle politique non seulement insolite, mais aussi inquiétant. Sa nouveauté tient aussi bien aux méthodes employées qu’au contenu des mesures proposées.

Tout d’abord, ce contrat sanctionne un mariage politique quasiment contre nature. Les seuls points communs entre les deux partis sont leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.
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Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau

A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d’une personne paralysée des quatre membres afin qu’elle commande une armure mécanique par la pensée.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 06h25
    |

                            Alexis Riopel








                        



                                


                            

Prisonniers de leur tête, les tétraplégiques ont perdu toute prise sur le monde physique. Ils peuvent bien sûr le percevoir, mais sont condamnés à l’immobilité, hormis pour les quelques muscles de leur visage et de leur cou qui réagissent encore.
Pourtant, quand ils s’imaginent marcher, lever un bras ou plier les doigts, comme avant la rupture de leur moelle épinière, les mêmes signaux électriques enflamment leur cortex moteur. « Leur cerveau parle, mais personne n’écoute », remarque le neurochirurgien Alim-Louis Benabid.
Avec le projet BCI (pour Brain Computer Interface), l’équipe du professeur Benabid prend avantage de cette activité cérébrale qui n’arrive pas à quitter l’esprit des tétraplégiques. Les chercheurs ont développé un dispositif la traduisant en commandes pour un exosquelette, une sorte d’enveloppe mécanique dans laquelle la personne handicapée est embarquée. Ainsi, ses bras et ses jambes sortent de la torpeur, son système vasculaire s’active, et elle retrouve enfin un peu de liberté de mouvement. Le système est testé depuis un an avec un tétraplégique et l’équipe soumettra bientôt ses résultats à une revue scientifique.
Un dispositif « bras-jambes » inédit
Le professeur Benabid mène ce projet chez Clinatec, un centre de recherche biomédicale rattaché au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), au CHU de Grenoble-Alpes, à l’Inserm et à l’université Grenoble-Alpes. Là-bas, au cœur du polygone scientifique du chef-lieu de l’Isère, on s’efforce de développer des technologies médicales qui aident les patients par d’autres voies que la médication.
Sur le marché, on trouve déjà des exosquelettes pour les paraplégiques contrôlés par l’inclinaison du buste ou grâce à une manette. D’ailleurs, la distribution du premier appareil du genre en France (ReWalk) vient tout juste de débuter. Toutefois, le projet d’un exosquelette « bras et jambes » dirigé par la pensée est d’une tout autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.
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Hervé Maisonneuve, chasseur de fraudes scientifiques

Médecin de formation, Hervé Maisonneuve est devenu l’un des rares spécialistes français de l’intégrité scientifique. Inlassable promoteur des bonnes pratiques, il dénonce des cas de tricherie dans la recherche, pour faire réagir les institutions.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 10h08
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            

« Avez-vous des informations ? » « Quel est votre avis ? »… Très régulièrement, le docteur Hervé ­Maisonneuve interpelle les lecteurs de son blog sur des cas de plagiats, embellissements de données et autres fraudes. En dix ans d’existence, ce site sobrement intitulé « Rédaction médicale et scientifique » est devenu une source incontournable pour qui s’intéresse au milieu de la recherche et des publications, et à leurs bonnes ou moins reluisantes pratiques.
Il faut dire que ce médecin atypique, bien informé par ses réseaux tissés depuis des décennies dans le milieu de l’édition scientifique internationale, et doté d’un regard d’aigle, n’hésite pas à lâcher de petites bombes. A bousculer les institutions sur des dossiers qu’elles préféreraient garder sous le boisseau.
Dans un de ses derniers billets, daté du 7 mai, Hervé Maisonneuve s’émeut ainsi du cas d’un enseignant-chercheur de l’université Lyon-I, épinglé pour tricherie sur son CV (mensonges concernant plusieurs publications et brevets) et sanctionné par un simple blâme. « Omerta, protection de collègues, l’université semble très complaisante, car je considère que ce sont des fautes graves », accuse le médecin blogueur. Un exemple parmi bien d’autres de son inlassable combat pour lever les tabous sur les mauvaises pratiques et promouvoir l’intégrité de la recherche.
Ses premières publications sur ces sujets datent de 1996. Il vient alors d’être élu président de l’Association européenne des rédacteurs scientifiques (EASE), poste qu’il occupera pendant trois ans. Dans une lettre au British Medical Journal, le docteur Maisonneuve regrette que les cas d’inconduite scientifique en France ne soient pas rapportés dans des revues biomédicales. Cette même année 1996, dans la Revue de médecine interne, il appelle à la prévention par la mise en place de bonnes pratiques cliniques et de laboratoire. « Les audits et les inspections sont nécessaires pour prévenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Résonances. Dans « Le Lambeau », Philippe Lançon, survivant de l’attaque du 7 janvier 2015, montre assez lucidité et de fantaisie pour restituer une histoire tragique comme une expérience, une chose bonne à penser.
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« Charlie », les yeux ouverts

Résonances. Dans « Le Lambeau », Philippe Lançon, survivant de l’attaque du 7 janvier 2015, montre assez lucidité et de fantaisie pour restituer une histoire tragique comme une expérience, une chose bonne à penser.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 12h30
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            
Ce qui fait de nous des contemporains ? Une ­expérience et des représentations communes, quelques principes et, parfois, presque à ­chaque génération depuis deux siècles, l’Histoire avec sa grande hache, comme dit Georges Perec. Pour nous qui n’avons connu ni la seconde guerre mondiale, ni les conflits de décolonisation, ni mai 1968, il y eut l’automne 1989, la chute du mur de Berlin qui, dans son imprévisibilité foudroyante, son incarnation iconique instantanée – Rostropovitch et son violoncelle –, ses ­effets de longue portée, cochait toutes les cases de ­l’événement. Plus tard, au XXIe siècle, il y eut le 11 septembre 2001 et sa déclinaison très française : les attentats parisiens de 2015, dont le premier coup fut frappé le 7 janvier dans la centrale, alors en désuétude, d’un ­humour à la fois daté (les années 1970) et incarnant une tradition nationale (le rire violent et politique) : la rédaction de Charlie Hebdo.
« Une gueule de métaphore »
Que s’est-il passé ? Les événements les plus importants se laissent difficilement cerner par leurs causes. Ils ­surgissent tout armés et produisent, dans ce cas, sidé­ration, effroi, fascination révulsée et silence ou, au ­contraire, bavardage compulsif ; puis on continue à vivre, puisqu’il le faut bien. Philippe Lançon, compagnon de route fidèle mais exotique de Charlie Hebdo, y était ce jour-là. Trois ans plus tard et cinq cents pages plus loin, il publie un de ces témoignages qui forcent les portes de la littérature. Témoignage, car son auteur fut, au sens propre, traversé par l’événement, sa mâchoire arrachée par la balle d’une kalachnikov.
C’est un récit d’outre-tombe, s’adressant aux vivants mais parlant au nom des morts. Le Lambeau (Gallimard, 512 pages, 21 euros) est raconté depuis une chambre de l’hôpital de la Salpêtrière, puis d’une, hautement ­symbolique, de l’hôpital des Invalides. D’une factualité précise, maniaque, hérissée contre toute surenchère ­métaphysique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Quatre journaux européens – « The Guardian », « El Pais », « Der Spiegel » et « Le Monde » – ont décidé de suivre, chacun dans son pays, un groupe ou une famille de réfugiés pendant un an.
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Comment est né le projet « The New Arrivals/Les nouveaux arrivants »

Quatre journaux européens – « The Guardian », « El Pais », « Der Spiegel » et « Le Monde » – ont décidé de suivre, chacun dans son pays, un groupe ou une famille de réfugiés pendant un an.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 14h00
    |

            Serge Michel








                        



   


C’était une journée de l’été 2016. Des représentants de quatre journaux européens, dont Le Monde, s’étaient réunis à Madrid, au siège du quotidien El Pais. Il était question de la crise migratoire, qui battait son plein. Le même jour, Maryline Baumard, notre envoyée spéciale sur l’Aquarius, ce bateau qui secourait les migrants au large de la Libye, comptait les morts découverts au fond d’un canot parmi 209 rescapés : 22 cadavres. Depuis le début de l’année, 3 000 migrants avaient péri en mer. L’émotion était grande, mais on sentait aussi les signes d’un raidissement. L’Allemagne allait connaître son premier attentat-suicide terroriste, perpétré par un réfugié syrien. Selon Thorsten Dörting, du Spiegel, la chancelière Merkel tenait bon, mais pourrait bientôt songer à refermer la porte ouverte aux migrants un an plus tôt.
La Grande-Bretagne venait de voter le Brexit, au terme d’une campagne où la peur des ­migrants avait joué un rôle prépondérant. Mark Rice-Oxley, le représentant du Guardian, était assailli de questions. Quelques mois plus tôt, l’historien Dominic Sandbrook avait publié dans le Daily Mail une tribune qui avait pour titre « Nous avons repoussé Hitler. Pourquoi nos faibles dirigeants ne peuvent-ils arrêter quelques milliers de migrants épuisés ? »
La France, quant à elle, retenait son souffle. Une semaine plus tôt, l’attentat de Nice avait glacé d’horreur le pays, et bien au-delà. Le drame pouvait favoriser Marine Le Pen, qui se voyait déjà engranger 30 % des voix au premier tour de la présidentielle du printemps suivant. Le gouvernement de François Hollande, lui, multipliait les effets d’annonce sur la « jungle » de Calais, sans grand effet.
Rien de spectaculaire
A Madrid, avec nos confrères étrangers, nous cherchions une autre manière de parler des migrants. Ne pas se fixer sur leurs mouvements d’est en ouest, du sud au nord. Percer le rideau de fumée des déclarations, des polémiques, de l’actualité éphémère. Raconter ce qui ne fait jamais les grands titres. En Allemagne et ailleurs, l’enjeu était désormais celui de l’intégration. Que se passe-t-il lorsqu’un réfugié pose sa valise ? Lorsque ses enfants in­tègrent l’école ? L’Europe qui a tant migré vers le Nouveau Monde, l’Europe qui vieillit sera-t-elle capable de se faire terre d’accueil ? Ceux qui la rejoignent sauront-ils l’enrichir ?
L’idée s’est imposée : chaque journal allait suivre, dès le printemps 2017, une famille nouvellement arrivée dans son pays. Le projet « The new arrivals/Les nouveaux arrivants », coordonné par le European Journalism ­Centre, allait durer plus d’un an.
Evidemment, rien ne s’est passé comme prévu. Quand un média raconte au jour le jour l’intégration d’un réfugié, il modifie sans le vouloir son destin. Certaines familles ont refusé de participer au projet. D’autres l’ont quitté en cours de route. Le Monde a connu plusieurs de ces déconvenues avant de trouver, à l’été 2017, le groupe des Soudan ­Célestins Music, à Vichy, et de l’accompagner pendant douze mois.
Dès lors, nous avons pris le temps d’appréhender la personnalité et l’histoire de chacun, suivi répétitions et concerts à Paris ou dans la région, raconté la recherche d’un appartement, d’une formation ou d’un emploi. Durant ces quelques mois, nous avons vu des réfugiés commencer à regarder autour d’eux, à s’installer dans une nouvelle vie, à apprendre le français. Rien de spectaculaire, mais c’est pourtant une véritable aventure humaine faite d’espoir et de volonté qui se déroule au ralenti des reportages et des portraits. Rien de spectaculaire, car l’intégration se construit pas à pas : c’est ce que nous a appris cet accompagnement au long cours, loin du bruit et de la fureur de la « crise migratoire ».
Le projet « The New Arrivals » (« les nouveaux arrivants »), auquel « Le Monde » participe avec « The Guardian », « El Pais » et « Der Spiegel », est financé par l’European Journalism Centre avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
Vous pouvez lire aussi :
Comment est né le projet « The New Arrivals »Du Soudan à Vichy, la quête d’intégration semée d’embûches d’Ahmed, Hassan, Ali, Anwar et AlsadigComment les réfugiés à Vichy se font une place, pas à pas, dans la société françaiseAccueil des réfugiés : les habitants de Vichy, entre indifférence et solidaritéA Vichy, la très grande solitude affective des réfugiésLes Soudanais s’exilent, leur président s’accroche au pouvoirAhmed, la stabilité après quatre ans loin du SoudanHassan, sept ans d’exil jusqu’aux Jardins de CocagneEn Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, l’admirable résilience de familles de réfugiés





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ En image. Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, l’Etat iranien met en scène la colère du peuple. Ce drapeau américain qui brûle est un grand classique.
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Retour de flamme à Téhéran

En image. Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, l’Etat iranien met en scène la colère du peuple. Ce drapeau américain qui brûle est un grand classique.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h55
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Elle sent l’essence, cette image. C’est une bouffée d’alcool à brûler saisie en plein centre de Téhéran, vendredi 11 mai. Des Iraniens font flamber le drapeau des Etats-Unis, « grand ­Satan » de la propagande officielle. Ils font cercle à distance. La boule de feu vient de prendre, elle n’a pas eu le temps de roussir le mauvais tissu synthétique. Dans un instant, certains en piétineront les cendres.
Nous sommes dans une manifestation officielle : la République islamique met en scène la colère du peuple, trois jours après que le président américain, Donald Trump, a déchiré l’accord international sur le programme nucléaire iranien, le 8 mai, et annoncé le retour de sanctions de pleine force contre le pays.
Le jeune homme qui paraît sourire en agitant ce drapeau appartient aux bassidji, un vaste corps paramilitaire, d’action sociale et d’encadrement des masses. Ses vêtements couleur sable et son keffieh lui donnent une allure de combattant en « terrain arabe » : c’est une mode chez ces jeunes gens, qui rêvent de rejoindre leurs camarades en Irak, où ils ont participé à la lutte contre l’organisation Etat islamique, et en Syrie, où ils ont soutenu avec succès le régime allié de Bachar Al-Assad. Des soldats américains sont également présents dans ces deux pays. Bientôt, l’Iran pourrait leur chercher des noises.
L’auteur de cette photographie est affilié à l’agence Tasnim, proche des gardiens de la révolution, la principale force armée du pays – les grandes agences internationales diffusent certains de ses clichés, en l’occurrence la britannique Reuters. Cela explique l’absence totale de recul de ce photographe anonyme sur cette scène et sur ce geste, l’un des clichés les plus usés de la vie politique iranienne. Stars and Stripes + essence à briquet = la révolution de 1979 et la crise des otages de l’ambassade des Etats-Unis qui, en 444 jours, a façonné l’antiaméricanisme de la république islamique.
Marque de ferveur
Au lendemain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Larregue réagit à une chronique de Laurent Alexandre parue dans « L’Express », s’inquiétant de ce qu’il considère comme une tentative d’éclipser les sciences sociales de la recherche sur l’éducation.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/05/2018
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Réussite scolaire : « Rien ne permet d’affirmer que le QI est lié pour 50 % au patrimoine génétique »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Larregue réagit à une chronique de Laurent Alexandre parue dans « L’Express », s’inquiétant de ce qu’il considère comme une tentative d’éclipser les sciences sociales de la recherche sur l’éducation.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h51
    |

Julien Larregue (Postdoctorant à la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences de l’université du Québec, à Montréal)







                        



                                


                            
Tribune. L’intelligence et la réussite scolaire sont-elles déterminées génétiquement ? Des recherches menées en génétique comportementale semblent abonder en ce sens, avec une héritabilité qui avoisinerait les 50 %.
A la suite de ces résultats, Laurent Alexandre, président de l’entreprise DNAVision et chroniqueur au Monde [supplément « Science et médecine »], a cru pertinent d’affirmer dans un hebdomadaire que « ce n’est pas parce qu’il y a des livres dans les bibliothèques des bourgeois que leurs enfants sont de bons lecteurs, c’est parce qu’ils ont reçu un bon patrimoine génétique », et que Bourdieu avait donc eu tort de nier l’importance de la génétique (ce qu’il n’a au demeurant jamais fait).
Postulat contestable
A une époque où l’on met en avant l’épigénétique et la plasticité cérébrale, prétendre quantifier de façon aussi simpliste la part qui revient à la génétique et celle qui revient au social est critiquable, comme cela a été à juste titre relevé par un collectif de chercheurs dans une tribune récente. Mais même en partant du postulat contestable que l’intelligence est effectivement déterminée à 50 % par la génétique, la carte blanche que certains voudraient donner aux neuroscientifiques et généticiens au détriment des chercheurs en sciences sociales ne se justifie pas d’un point de vue strictement scientifique.
Tout d’abord, si l’on suit les résultats des recherches menées en génétique comportementale, environ 50 % de la variance statistique observée dans le quotient intellectuel demeurerait environnementale. Si bien que l’on comprend mal cette tentative d’éclipser le social, qui se trouve ici symbolisée par le prétendu crépuscule de l’idole bourdieusienne.
Il est par ailleurs particulièrement naïf de réduire le système scolaire à une chambre d’enregistrement d’une qualité biologique quantifiable, le quotient intellectuel. Depuis l’école primaire jusqu’à l’université, la réussite scolaire repose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard estime que c’est à l’Etat d’agir pour le bien commun et d’édicter les règles qui contraignent l’entreprise à le respecter.
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Loi Pacte : « L’entreprise n’a pas à se substituer à l’Etat dans ses responsabilités sociales et environnementales »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard estime que c’est à l’Etat d’agir pour le bien commun et d’édicter les règles qui contraignent l’entreprise à le respecter.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 06h26
    |

Jean-Luc Gaffard (Professeur émérite à l’OFCE Sciences Po et à Skema Business School)







                        



                                


                            

[La loi Pacte, bientôt présentée en conseil des ministres, prévoit d’inscrire « les enjeux sociaux et environnementaux » dans le statut des sociétés]
Tribune. La revendication d’une responsabilité sociale et environnementale (RSE) de l’entreprise revient en force dans le débat public, avec la prochaine traduction juridique, via la loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), du rapport de Nicole Notat et de Jean-Dominique Senard (« L’Entreprise, objet d’intérêt collectif »). Il s’agit rien moins que de reconnaître une nouvelle fonction à l’entreprise : celle-ci n’aurait plus à se contenter de rechercher un profit maximum, mais devrait endosser des responsabilités jusque-là dévolues à la puissance publique.
Le contexte s’y prête. La mondialisation s’accompagne d’un recul des capacités d’intervention des gouvernements ; la concurrence s’exerce de plus en plus entre les normes et les systèmes juridiques, généralement au bénéfice du moins-disant fiscal ou social ; la fragmentation de la production s’accompagne d’un affaiblissement du droit du travail incarné dans des contrats qui ressemblent de plus en plus au contrat de louage caractéristique du monde d’avant l’industrie.

Un fameux article de Milton Friedman
Cette revendication est une réponse à la fois à l’inversion de la hiérarchie des normes, qui fait de l’entreprise le lieu privilégié de la négociation, et à la présumée lenteur des réactions du politique dans les domaines incriminés.
Ce débat est tout sauf nouveau. La revendication dont il est porteur existait déjà dans les années 1960 et faisait d’ailleurs réagir l’un des chefs de file des économistes libéraux, Milton Friedman, dans un fameux article de 1970 publié dans le New York Times et intitulé « The Social Responsibility of Business Is to Increase Its Profits » (« La responsabilité sociale d’une entreprise est d’augmenter ses profits »).
Fidèle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Les entreprises s’inquiètent des contraintes que ferait peser la loi Pacte. Jérôme Barthélemy, professeur de management, y voit une occasion de clarifier leur stratégie.
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Loi Pacte : « Formuler une raison d’être pour l’entreprise ne suffira pas à l’atteindre »

Les entreprises s’inquiètent des contraintes que ferait peser la loi Pacte. Jérôme Barthélemy, professeur de management, y voit une occasion de clarifier leur stratégie.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 14h30
    |

Jérôme Barthélemy (Professeur à l’Essec)







                        



                                


                            

[La loi Pacte, bientôt présentée en conseil des ministres, prévoit d’inscrire « les enjeux sociaux et environnementaux » dans le statut des sociétés]
Tribune. Depuis la parution du rapport « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », on parle beaucoup de « raison d’être ». En effet ses auteurs, Nicole Notat et Jean-Dominique Senard, recommandent de « confier aux conseils d’administration et de surveillance la formulation d’une raison d’être visant à guider la stratégie de l’entreprise en considération de ses enjeux sociaux et environnementaux ».
La raison d’être est ce qui définit une entreprise de manière fondamentale : pourquoi existe-t-elle ? Qu’est-ce qu’elle apporte à ses clients ? Qu’est-ce qui la distingue de ses concurrents ? Pour savoir si une entreprise a une raison d’être, il suffit généralement de poser deux questions à son dirigeant : si votre entreprise disparaissait, qui la regretterait vraiment (à part vous…) ? Combien de temps faudrait-il pour qu’un concurrent comble le vide qu’elle laisserait ? Lorsque les réponses sont « personne » et « très peu de temps », une entreprise n’a pas de raison d’être.
La proposition de Nicole Notat et de Jean-Dominique Senard suscite l’inquiétude des défenseurs de la création de valeur pour les actionnaires. C’est un peu surprenant, car on sait depuis longtemps que les entreprises qui ont une raison d’être sont plus rentables que celles qui se focalisent sur la création de valeur pour les actionnaires (voir par exemple « The Relationship Between Mission Statements and Firm Performance : An Exploratory Study », Christopher Bart et Mark Baetz, Journal of Management Studies, vol. 35, numéro 6, 1998).
C’est une illustration classique du principe d’obliquité, selon lequel le meilleur moyen d’atteindre ses objectifs est de ne pas directement les viser. Ce principe est très général. Il explique que les entreprises les plus rentables ne sont pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pascal Grémiaux, dirigeant d’une PME, estime dans une tribune au « Monde » qu’imposer aux entreprises la définition d’une mission d’intérêt général les rend toutes suspectes de poursuivre des intérêts égoïstes.
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Loi Pacte : « Les entrepreneurs aimeraient pouvoir se passer d’oukases administratifs et politiques »

Pascal Grémiaux, dirigeant d’une PME, estime dans une tribune au « Monde » qu’imposer aux entreprises la définition d’une mission d’intérêt général les rend toutes suspectes de poursuivre des intérêts égoïstes.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 14h30
    |

Pascal Grémiaux (Président-fondateur de la PME française Eurécia)







                        



                                


                            

[La loi Pacte, bientôt présentée en conseil des ministres, prévoit d’inscrire « les enjeux sociaux et environnementaux » dans le statut des sociétés]
Tribune. Voilà donc une nouvelle loi qui va concerner les entreprises : la loi Pacte, Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises. Avec son volet le plus décoiffant : la proposition d’évolution de la définition même de l’entreprise dans le code civil, afin de bien souligner que le but de l’entreprise n’est pas seulement économique et social. Il est aussi sociétal : au service des salariés – en veillant à un meilleur partage de la création de valeur –, des consommateurs, des citoyens et plus largement des habitants de la Terre – en veillant à une meilleure protection de l’environnement.
Cette vaste initiative aura en tout cas fait couler beaucoup d’encre : appelés à apporter leur écot, plus de 11 000 contributeurs ont envoyé leurs propositions.
L’idée n’est pas ici de rajouter une énième contribution, bien au contraire. Elle serait plutôt de dire que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Vouloir pousser les entrepreneurs à l’engagement sociétal et au partage avec leurs salariés, c’est oublier qu’ils le font déjà pour une grande majorité et que cette dynamique est même inscrite dans leurs gènes.
Prises de risques
Non, les créateurs d’entreprise ne sont pas guidés par la seule envie de gagner plus d’argent. Et les premières années de galère qu’ils traversent pour monter et développer leur projet ne sont pas vraiment des périodes où ils s’enrichissent. Mais, pour le savoir, il ne faut pas regarder que les grands groupes et les entreprises de taille respectable, qui représentent certes les deux tiers de la création de richesse et 50 % des emplois de notre pays, mais seulement 0,1 % des entreprises françaises. Il faut aller discuter avec les 99,9 % restants qui prennent des risques tous les jours et qui, espérons-le, représenteront les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Deux responsables mutualistes, Thierry Beaudet et Pascal Demurger, dans une tribune au « Monde », appellent les acteurs de l’économie sociale à ne pas rejeter a priori le statut d’ entreprise à mission » proposé par la loi Pacte.
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Loi Pacte : « Entreprises à mission et mutuelles sont deux instruments au service d’une même ambition »

Deux responsables mutualistes, Thierry Beaudet et Pascal Demurger, dans une tribune au « Monde », appellent les acteurs de l’économie sociale à ne pas rejeter a priori le statut d’ entreprise à mission » proposé par la loi Pacte.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 14h30
    |

Thierry Beaudet (Président de la Mutualité française) et Pascal Demurger (Président de l’Association des assureurs mutualistes)







                        



                                


                            

[La loi Pacte, bientôt présentée en conseil des ministres, prévoit d’inscrire « les enjeux sociaux et environnementaux » dans le statut des sociétés]
Tribune. En proposant dans leur rapport de valoriser les entreprises qui s’engagent au-delà du seul intérêt de leurs associés sous une même bannière, celle de l’entreprise à mission, Nicole Notat et Jean-Dominique Sénard ne s’attendaient sans doute pas à un débordement d’enthousiasme du Medef, porte-parole d’une vision plus classique de l’entreprise. Peut-être avaient-ils espéré en revanche le soutien de ceux-là mêmes qui les avaient inspirés, à savoir les acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS).
Et pourtant, les mutualistes – et plus largement le secteur de l’entrepreneuriat social et solidaire – se sont parfois montrés hésitants sur l’attitude à adopter face à cette proposition. Certains observent le mouvement avec une indifférence polie, sans se sentir concernés par des dispositions qu’ils considèrent réservées essentiellement au secteur commercial et lucratif. D’autres sont plus critiques, craignant une forme de concurrence pour le bien commun, qui contribuerait à brouiller les cartes pour le consommateur sans changer pour autant les fondements de l’entreprise classique.
Représentants du mutualisme en France, nous croyons que la tentation du repli sur soi ne serait pas à la hauteur des enjeux qui sont devant nous. Nous devons embrasser cette évolution, bâtir des ponts plutôt que des murs entre le secteur capitaliste et l’ESS, afin d’encourager toute entreprise qui œuvre en faveur du bien commun.
Loin d’être une forme de concurrence ou de remise en cause, nous voyons ce mouvement comme la victoire d’idées et de principes que nous défendons depuis toujours. C’est l’histoire même du mutualisme que de soutenir l’éclosion de modèles qui en partagent les convictions.
Renouveler nos approches
Tant mieux si le monde mutualiste est une source d’inspiration...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ En raison de ses positions sur l’égalité entre hommes et femmes dans l’héritage, la théologienne marocaine a dû démissionner du centre d’études féminines qu’elle dirigeait depuis 2011.
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Asma Lamrabet, féministe en islam

En raison de ses positions sur l’égalité entre hommes et femmes dans l’héritage, la théologienne marocaine a dû démissionner du centre d’études féminines qu’elle dirigeait depuis 2011.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 12h28
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            

Asma Lamrabet l’avoue : elle a été un peu dépassée. Face aux innombrables sollicitations médiatiques, aux débats houleux dans la presse et aux accusations fielleuses de certains, cette femme discrète et élégante a préféré s’adresser à son public par un communiqué. Dans un texte en dix points, la médecin et théologienne marocaine, internationalement reconnue pour son travail de réinterprétation du Coran, confirmait avoir été contrainte à la démission en raison de ses propos sur l’égalité entre femmes et hommes dans l’héritage, rappelait son attachement aux valeurs du royaume et de l’islam, et assurait qu’elle poursuivrait son œuvre.
Pressions
C’était le 26 mars, et la tempête était arrivée sans crier gare. Quelques mois avant ce communiqué, la directrice du Centre des études féminines en islam au sein de la Rabita ­mohammadia des oulémas, association créée en 2006 par le roi afin de diffuser les valeurs et les préceptes de l’islam « dans le respect des principes du juste milieu et de la modération », participe à un débat sur l’héritage, à l’occasion de la sortie d’un ouvrage collectif sur le sujet. Comme toujours, elle défend le principe de l’égalité. Les propos de la théologienne provoquent un tollé dans l’aile radicale de la Rabita. Les pressions sont assez fortes pour la contraindre à la démission, qu’elle annonce le 19 mars.
« Ce qui m’est arrivé sonne comme une régression. C’est un signal que l’on donne à la société : le patriarcat religieux a de beaux jours devant lui »
Deux semaines plus tard, l’incompréhension de la principale concernée reste palpable. « Il n’y avait rien de nouveau dans mes propos, je le dis depuis des années. Je n’ai pas compris le pourquoi d’une telle réaction », explique-t-elle, sans cacher une certaine inquiétude : « Ce qui m’est arrivé sonne comme une régression. C’est un signal que l’on donne à la société : le patriarcat religieux a de beaux jours devant lui. »
Cette démission met...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Mohammed Oussedik et Dominique Spinali, syndicalistes CGT, expriment le souhait dans une tribune au « Monde », que le fabriquant de bouteilles Verallia utilise le nouveau statut « d’entreprise à mission » proposé par la loi Pacte, pour « garantir son identité profonde et son indépendance ».
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« Verallia doit être parmi les premières à inscrire une mission élargie dans son objet social »

Mohammed Oussedik et Dominique Spinali, syndicalistes CGT, expriment le souhait dans une tribune au « Monde », que le fabriquant de bouteilles Verallia utilise le nouveau statut « d’entreprise à mission » proposé par la loi Pacte, pour « garantir son identité profonde et son indépendance ».



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h46
    |

Mohammed Oussedik (Secrétaire de la fédération CGT verre et céramique) et Dominique Spinali (Secrétaire CGT du Comité économique européen de Verallia)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis plus de trente ans, la transformation du capitalisme s’est opérée via la mondialisation et la financiarisation de l’économie au prix d’une profonde déstabilisation des entreprises, des salariés et des territoires, sur fond de menace écologique croissante.
Dès lors, la question de la responsabilité sociétale des entreprises se pose, avec une maximisation des profits qui ignore les dégâts sociaux et écologiques engendrés pour la collectivité.
Deux siècles d’évolution du capitalisme français
Le code civil prévoit que l’entreprise puisse « partager le bénéfice » (art. 1832) dans « l’intérêt commun des associés » (art. 1833). Au regard de la profonde crise sociale, morale et écologique que traverse le capitalisme actuel, cette définition juridique apparaît trop étroite et dépassée.
La création d’un statut juridique d’entreprise à « objet social étendu », avancée lors des consultations lancées par le gouvernement autour de la future loi « Pacte » (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), permettrait d’incorporer l’intérêt général au sein d’entreprises à missions sociétales.

Le groupe Verallia illustre deux siècles d’évolution du capitalisme français, de sa première verrerie créée à Vauxrot (Aisne) en 1826 à son développement industriel du XXe siècle au sein du groupe Saint-Gobain. Il doit aujourd’hui affronter de nouveaux défis pour s’inscrire durablement dans le XXIe siècle.
Symbole du dernier avatar de cette évolution, Verallia a été cédé en 2015 au fond d’investissement américain Apollo. Mais grâce au soutien de la Banque publique d’investissement (Bpifrance) et à l’action de la CGT, le siège social et les centres de décision ont pu rester en France, permettant la création d’un champion national, numéro trois mondial du verre d’emballage alimentaire, fort de 10 000 salariés. Les organisations syndicales françaises et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.
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Loi Pacte : « Trois risques pour l’entreprise »

Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h44
    |

Christian Nouel (Président de la Fondation Croissance responsable) et Jean-Baptiste Danet (Président de CroissancePlus)







                        



                                


                            

Tribune. Dans quelques semaines sera déposé au Parlement le projet de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui devrait proposer une modification de l’article 1833 du code civil, commandant à l’entreprise d’être responsable vis-à-vis de la société.
Pour les entrepreneurs, ce débat est délicat : s’ils s’opposent directement à ce changement en expliquant que l’entreprise n’a pas une vocation d’intérêt général, on les accusera de protéger leurs seuls intérêts financiers. S’ils argumentent que leurs entreprises ont déjà une contribution sociale, au sens large, et que ce changement est inutile, on leur reprochera de porter une vision conservatrice de leurs intérêts…
Les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises, très concernés par l’impact sociétal de leurs activités, ne peuvent donc que soutenir cette réforme.
La responsabilité sociale vectrice de croissance
D’une part, ils ont parfaitement conscience de devoir répondre aux attentes de nombreuses parties prenantes : les consommateurs – 73 % des « millenials » acceptent de payer plus cher un produit ou un service « responsable » ; les collaborateurs – qui souhaitent concilier qualité de vie et travail et donner du sens à leur engagement au sein de leur entreprise ; les investisseurs – soucieux de pérennité, dont les investissements dits responsables représentaient en 2016 plus de 25 % des actifs sous gestion.
D’autre part, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises sont convaincus que la responsabilité sociale est vectrice de croissance et créatrice de valeur durable de long terme. Plus responsable, leurs entreprises accèdent à de nouveaux modèles économiques et à de nouveaux marchés, liés à la poursuite des dix-sept « objectifs de développement durable » des Nations unies.

Ils peuvent mieux prévenir les risques et constituent un puissant moteur d’innovation. Ils permettent de valoriser les marques, de...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’économiste Pascal Salin estime dans une tribune au « Monde » que l’entreprise est un nœud de contrats où chaque acteur poursuit ses propres objectifs ; on ne peut donc la contraindre à choisir un objectif « social » ou « sociétal ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Loi Pacte : « une réforme inutile et dangereuse »

L’économiste Pascal Salin estime dans une tribune au « Monde » que l’entreprise est un nœud de contrats où chaque acteur poursuit ses propres objectifs ; on ne peut donc la contraindre à choisir un objectif « social » ou « sociétal ».



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h43
    |

                            Pascal Salin (Professeur émerite d’économie et ancien président de la Société du Mont-Pélerin)








                        



                                


                            

Tribune. Le projet Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) est actuellement préparé par Bruno Le Maire, ministre de l’économie, et il fera probablement l’objet d’un vote du Parlement dans un avenir proche.
Ce projet comprend, d’après les informations que l’on peut avoir pour le moment, un très grand nombre de dispositions, dont certaines peuvent être considérées comme souhaitables. Mais nous voudrions insister sur ce qui nous semble le plus important, en particulier la définition des objectifs d’une entreprise, qui semble inspirée dans ce projet par ce qu’on appelle la théorie de la responsabilité sociale des entreprises (également appelée « responsabilité sociétale des entreprises », RSE).
Il est en effet question de modifier l’article 1833 du code civil, selon lequel « toute société doit avoir un objet licite et être constituée dans l’intérêt commun des associés ». Il est prévu d’ajouter dans cet article l’énoncé suivant : « La société est gérée dans son intérêt social, en considérant les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». L’énoncé actuel peut s’interpréter comme signifiant que l’objectif d’une entreprise consiste à faire des profits, et c’est le fait de donner cet objectif unique à l’entreprise qui est contesté par ceux qui souhaitent lui donner une finalité « sociale ».
Pour évaluer ces différentes approches de l’entreprise, il convient évidemment de préciser ce qu’est la nature d’une entreprise. Or une entreprise est une entité abstraite qui doit se définir comme un ensemble de contrats, entre les propriétaires de l’entreprise et les salariés, les fournisseurs, les prêteurs, les clients, etc. Un contrat, en tant que tel, ne pense pas, n’agit pas et ne peut donc pas avoir d’objectif. Ce sont les individus – éventuels signataires de contrats – qui seuls pensent, agissent et ont des objectifs.
Un partage parfaitement clair des rôles
C’est...




                        

                        


<article-nb="2018/05/21/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (5/5). Pour Vincent Vicard, spécialiste du commerce international au Cepii, « le marché unique a durablement gonflé le PIB des pays européens de 4,4 % en moyenne ».
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Europe : « Le marché unique a fait bondir les échanges entre les pays membres »

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (5/5). Pour Vincent Vicard, spécialiste du commerce international au Cepii, « le marché unique a durablement gonflé le PIB des pays européens de 4,4 % en moyenne ».



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 09h26
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Brexit, essor du protectionnisme, pression populiste… Que se passerait-il ces prochaines années si le marché unique européen se délitait ? Les échanges entre les pays membres et leur niveau de richesse s’amoindriraient, estime Vincent Vicard, spécialiste du commerce international au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) et coauteur d’une étude parue en avril sur le sujet, « Les coûts de la non-Europe revisités ».
Qu’a changé l’instauration du marché unique, en 1987, pour les pays de l’Union européenne ?
Elle a fait bondir de façon spectaculaire les échanges entre les Etats européens. En moyenne, on estime qu’ils ont progressé de 109 % pour les biens et de 58 % pour les services depuis 1987. Cette hausse est trois fois plus importante que celle apportée par les accords commerciaux classiques. Et ce, car l’intégration européenne, de loin la plus poussée au monde, comporte de nombreux éléments non tarifaires, tels que la reconnaissance mutuelle des normes ou les quatre libertés de circulation (biens, services, personnes, capitaux), qui se renforcent les unes les autres.
Le marché unique a durablement gonflé le produit intérieur brut (PIB) des pays européens de 4,4 % en moyenne. Cela ne prend pas en compte les bénéfices non économiques, par exemple liés aux politiques communes. En cas de délitement de ce marché, ces gains seraient effacés. Aucun pays n’en sortirait gagnant.
Certaines capitales ont-elles profité plus que d’autres de cette intégration commerciale ?
Oui. Les bénéfices économiques liés à la hausse des échanges ont été plus importants pour les petites économies les plus ouvertes, notamment en Europe de l’Est, comme la Hongrie, la Slovaquie, la Slovénie ou encore la République tchèque. Ces pays ont vu leur PIB croître de 10 % sous le seul effet du marché unique.
Les grands Etats tels que la France en ont aussi profité, mais dans une proportion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ La fiction de l’autorégulation selon laquelle la libre circulation des liquidités permettait de parer à toute faillite bancaire sans intervention discrétionnaire du gouvernement dominera la théorie économique jusqu’à « l’accident » de 1929, et même jusqu’en 2018, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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« Too big to fail », une histoire séculaire

La fiction de l’autorégulation selon laquelle la libre circulation des liquidités permettait de parer à toute faillite bancaire sans intervention discrétionnaire du gouvernement dominera la théorie économique jusqu’à « l’accident » de 1929, et même jusqu’en 2018, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h02
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. L’affaire s’est réglée en une semaine, du 6 au 11 novembre. La banque était la deuxième plus importante de la plus grande place financière de la planète, sa faillite aurait provoqué la panique et plongé l’économie mondiale dans une terrible crise. Alerté, le ministre des finances a appelé à l’aide la banque centrale, et le sauvetage a été rapidement mis au point.
Tandis que la partie « saine » des actifs était laissée à la gestion des propriétaires de la banque, ses actifs « pourris » étaient regroupés dans une bad bank à laquelle la banque centrale prête 7,5 millions, qu’elle récupère en partie par un échange de prêts auprès de ses homologues française et russe, à hauteur de respectivement 3 millions et 1 million.
Les banques de la place sont appelées à la rescousse : elles garantissent la couverture des pertes à venir jusqu’à hauteur de 17 millions. Il faudra quatre années pour liquider un par un les actifs pourris, dont l’essentiel sera vendu, bon gré mal gré, aux partners de la banque fautive, contraints de céder leurs propriétés pour rembourser les pertes.
New York 2008 ? Non, Londres 1890
New York 2008 ? Non, Londres 1890. La banque s’appelait la Barings, et les sommes sont en livres sterling. Barings, numéro deux des banques d’affaires de la City après Rothschild, prête aux industriels, aux hommes d’affaires, aux Etats, aux autres banquiers. Trop grosse pour faire faillite. Mais depuis 1880, Barings prête aussi à des investisseurs attirés par l’eldorado qu’était à l’époque… l’Argentine. Ports et chemins de fer pour exporter le blé et la viande, promotion immobilière dans les villes où affluent les immigrants européens, dette souveraine de dictateurs militaires successifs…
Mais une mauvaise récolte, un coup d’Etat, l’insolvabilité des migrants misérables… tout s’effondre à l’automne 1890 : les pertes potentielles s’élèvent à 100 millions. Comme il n’y a pas encore de câble télégraphique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le marché français du veau est dominé par deux entreprises… néerlandaises. Et dans cette production, le veau sous la mère représente 5 % et le bio, seulement 0,5 %, analyse Laurence Girard, chroniqueuse économique au « Monde ».
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Matières premières : le veau français a un goût hollandais

Le marché français du veau est dominé par deux entreprises… néerlandaises. Et dans cette production, le veau sous la mère représente 5 % et le bio, seulement 0,5 %, analyse Laurence Girard, chroniqueuse économique au « Monde ».



Le Monde
 |    19.05.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 09h23
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Matières premières. Le veau de la Pentecôte n’a jamais existé. Qu’importe. Les promoteurs de cette viande blanche ont lancé cette initiative commerciale il y a vingt ans. Ou comment faire parler de ce mets dont les Français se révèlent les plus friands au monde. Au moment même de l’année où sa consommation décroît. Car qui dit blanquette pense température frisquette. Ou osso-buco, plat à servir très chaud.
Qu’importe. L’occasion est donnée de découvrir le marché du veau. Et là, surprise. Cette filière très organisée est dominée par deux acteurs… hollandais. Bien sûr, direz-vous, les veaux sont nés, élevés et abattus en France. De quoi revendiquer l’étiquette cocardière. Mais les éleveurs travaillent à façon, en intégration, selon le langage consacré, sous contrat avec des entreprises.
Désengagement des groupes français
Les deux principales, se disputant le bout de veau gras, avec chacune près de 20 % du marché, sont Denkavit et Van Drie. Le duo batave a profité du désengagement des groupes français, Lactalis et Savencia (ex-Bongrain), tous deux désireux de se concentrer sur le lait.

Rien d’étonnant à voir des « hollandais volant » à l’assaut du marché français du veau. Ils sont les plus gros producteurs de cette denrée au monde. Van Drie pèse 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Pourtant, les amateurs de gouda ne prisent guère cette viande. « Le Hollandais consomme en moyenne 100 g de veau par an, contre plus de 3 kg pour un Français », affirme Alexandre Merle, président de la section veaux de l’association interprofessionnelle Interbev.
Résultat : 92 % de la viande de veaux élevés aux Pays-Bas est exportée, pour un montant de 2 milliards d’euros. D’abord vers l’Italie, fief du vitello tonnato, deuxième pays consommateur, puis l’Allemagne et Israël. Enfin, vers la France, essentiellement pour la restauration collective. La toute récente ouverture des portes du marché chinois fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes, la démission de trente et un évêques chiliens, à la suite d’un rapport sur des abus sexuels couverts par l’Eglise catholique, ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.
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Pédophilie : la culpabilité de l’Eglise

Editorial. S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes, la démission de trente et un évêques chiliens, à la suite d’un rapport sur des abus sexuels couverts par l’Eglise catholique, ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Cinq ans après son élection, le 13 mars 2013, le pape François tente de sortir de la crise la plus violente qu’il ait eu à affronter autour des scandales de pédophilie qui ont secoué le clergé chilien depuis des années.
Vendredi 18 mai, dans un geste sans précédent depuis deux siècles, trente et un évêques chiliens, convoqués par le pontife argentin à Rome à la suite d’un rapport accablant de 2 300 pages mettant en lumière « de nombreuses situations d’autorité et d’abus sexuels » couverts par l’Eglise catholique, ont remis leur démission. Cette affaire ternit l’image d’un pape qui a toujours mis l’accent sur la défense des faibles et des démunis face aux puissants, mais qui a été jusque-là moins vigilant que son prédécesseur, Benoît XVI, sur les scandales de pédophilie.

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Lors de sa visite au Chili, en janvier, François avait affiché son soutien à l’évêque d’Osorno, Juan Barros, accusé d’avoir protégé un prêtre, Fernando Karadima, dont l’Eglise avait reconnu qu’il avait agressé sexuellement de nombreux mineurs. Le prélat récusait ces accusations. Et le pape avait affirmé qu’« il n’y [avait] pas une seule preuve contre lui », n’hésitant pas à imputer ces « calomnies » à des « gauchistes ». Peu après, le cardinal américain Sean Patrick O’Malley, un des principaux ministres du pontife, lui avait infligé un camouflet en disant comprendre « la grande douleur » provoquée par ses propos « pour les survivants d’agressions sexuelles par des membres du clergé ou par d’autres agresseurs ».
Prenant finalement conscience de sa faute, François a diligenté une enquête au Chili, écouté les victimes et reconnu son aveuglement. Opérant un virage à 180 degrés, il a en quelque sorte plaidé coupable, avouant sa « douleur » et sa « honte » devant le « mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l’Eglise ». « Nous sommes tous impliqués, moi le premier », a-t-il affirmé, en admettant « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception ».

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Mais il a aussi mis en cause son propre système ecclésial, qui a fait la preuve de son incapacité à instaurer des mécanismes de contrôle pour éviter de telles déviances. Alors qu’il a souvent dénoncé la propension des clercs à s’attribuer une autorité supérieure à celle des autres croyants, il avait agi, dans l’affaire chilienne, comme un chef d’administration d’abord soucieux de défendre ses agents. Aujourd’hui, il reconnaît que « quelque chose dans le corps ecclésial est malade » et parle même de « perversion » ecclésiale.
Le pape bat sa coulpe, mais il dit lui-même qu’il ne suffira pas de changer les hommes et qu’il faudra « trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent ». Il préconise de travailler avec la société civile pour « promouvoir une culture anti-abus ». Une première commission de protection des mineurs, instituée par François, avait formulé des pistes pour mettre en œuvre la « tolérance zéro » réclamée par le pape. Aucune n’a jusqu’alors été retenue.
S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes – comme la création d’un tribunal chargé de juger les évêques défaillants, la levée du secret pontifical dans les procédures canoniques en cas d’agressions sexuelles, l’abolition du délai de prescription –, la démission des évêques chiliens ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau, qui laissera intactes la honte de l’Eglise et la douleur de ses victimes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.
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A Luçay-le-Libre, trop d’éolien tue l’éolien

Entouré d’aérogénérateurs dans les villages alentour, un village de l’Indre se démène pour avoir son propre parc depuis douze ans. En vain, relate Frédéric Potet dans sa chronique.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h13
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. De sa ferme située au milieu du village de Luçay-le-Libre, Luc Pion a une vue imprenable sur quinze années d’activité éolienne dans le nord-est du département de l’Indre. Un tour sur soi-même à 360 degrés permet, ici, d’embrasser du regard une cinquantaine d’éoliennes, réparties sur sept sites et autant de communes. Les plus proches sont situées à 3 000 mètres, les plus éloignées à une quinzaine de kilomètres. Le spectacle de ces rotors en action sur leurs pylônes géants ne déplaît pas à l’agriculteur récemment retraité. Au contraire. Depuis qu’il a été élu maire de Luçay-le-Libre, en 2005, Luc Pion se démène sans compter pour que sa commune de 110 habitants possède elle aussi son parc d’aérogénérateurs. En vain.
La raison mise en avant, en mars, par la préfecture de l’Indre pour retoquer son dernier projet d’implantation devrait prospérer dans les années qui viennent : les huit éoliennes prévues – six sur Luçay-le-Libre, deux sur le village limitrophe de Giroux – provoqueraient un « risque de saturation visuelle » dans le paysage. Calculé en fonction de plusieurs indices, notamment le ratio entre le nombre d’appareils et l’angle d’horizon, ce « risque » serait devenu particulièrement élevé dans cette partie du Berry appelée la Champagne berrichonne. L’étude d’impact a dénombré un total de 87 éoliennes dans un rayon de 20 kilomètres, sans compter 45 éoliennes « autorisées » mais encore non mises en service, ainsi que 29 autres dont le dossier est en cours d’instruction.
Tenir le bon bout
Le « drame » de Luçay-le-Libre est d’avoir été l’une des toutes premières communes des environs à se lancer dans la course à l’éolien, et d’avoir vu la plupart de ses voisines concrétiser leurs projets. La première enquête publique diligentée sur ce bourg voué à la culture céréalière remonte à 2006 : bien qu’ayant reçu les faveurs du préfet de l’époque, le dossier avait été invalidé en justice après le recours d’une association...




                        

                        

