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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les militaires, qui comptent parmi eux deux anciens généraux, ont été reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.
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Turquie : prison à vie pour 104 anciens militaires putschistes

Les militaires, qui comptent parmi eux deux anciens généraux, ont été reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h44
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 18h49
   





                        


Un tribunal d’Izmir, dans l’ouest de la Turquie, a condamné lundi 21 mai à la prison à vie cent quatre anciens militaires reconnus coupables d’implication dans le putsch avorté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan, rapportent les médias turcs.
Les cent quatre militaires ont été condamnés à des peines de prison à vie « aggravées », c’est-à-dire sans possibilité de remise de peine, soit la plus lourde sanction possible sous la loi turque.
Parmi eux figurent deux ex-généraux et trois ex-amiraux, ont précisé les médias, rappelant que la région d’Izmir abrite de nombreuses installations militaires clés, dont la base aérienne de Cigli, où s’était réuni un groupe de putschistes accusés d’avoir projeté de tuer le président Erdogan dans la nuit du coup d’Etat avorté, le 15 juillet 2016.

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55 000 incarcérations
Les autorités turques ont imputé ce coup au prédicateur turc Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis, et à son réseau, qu’Ankara désigne par l’acronyme FETO. M. Gülen dément toute implication.
Après l’échec du putsch, les autorités turques ont lancé une riposte implacable, traquant les partisans supposés du prédicateur Gülen au sein de l’armée et des institutions de l’Etat.
Outre les partisans supposés du prédicateur, ces purges ont également touché des opposants politiques du président Recep Tayyip Erdogan, des médias critiques et des militants des droits humains.
Les procédures judiciaires engagées après le putsch avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie, où plus de 55 000 personnes ont été incarcérées, dont près de 7 500 militaires.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ EN COURS. Le président Mattarella doit maintenant approuver ou non le nom qui lui est proposé par Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du M5S et de la Ligue.
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Italie : Giuseppe Conte proposé pour diriger le gouvernement

EN COURS. Le président Mattarella doit maintenant approuver ou non le nom qui lui est proposé par Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du M5S et de la Ligue.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h40
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 18h45
   





                        



   


Onze semaines après les élections législatives du 4 mars, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, les chefs de file du Mouvement 5 étoiles (M5S) et de la Ligue, ont proposé au président Sergio Mattarella le nom de Giuseppe Conte pour diriger le gouvernement italien, lundi 21 mai.
« Je suis très content et fier, Giuseppe Conte sera à la tête d’un gouvernement politique constitué par deux forces politiques », a annoncé Luigi Di Maio après avoir été reçu au palais du Quirinal par le président Sergio Mattarella. Le chef de l’Etat a ensuite reçu Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue d’extrême droite, qui a conclu un « contrat de gouvernement » avec le M5S trois jours plus tôt.
« A ceux qui disent qu’il n’a pas été élu, je réponds que Giuseppe Conte faisait partie de mon équipe, 11 millions d’Italiens ont voté pour lui », a écrit M. Di Maio sur le blog de son mouvement.
C’est au président Mattarella qu’il revient maintenant d’approuver ou non le nom qui lui est proposé. La Constitution italienne est claire : c’est le président de la République qui a seul le pouvoir de désigner le prochain chef du gouvernement puis, sur proposition de ce dernier, de nommer ses ministres.
Pour diriger ce premier gouvernement antisystème d’un pays fondateur de l’Union européenne, Luigi Di Maio comme Matteo Salvini étaient candidats. Mais une féroce lutte d’égos et des scores individuels insuffisants aux législatives les ont forcés à choisir une tierce personne.
Juriste peu connu du grand public
Né en 1964 à Volturara Appula, une minuscule commune de 500 habitants des Pouilles, dans le sud du pays, Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à Rome.
Avant les élections législatives du 4 mars, le M5S l’avait présenté comme possible ministre chargé de « débureaucratiser » l’administration publique. Le public avait alors brièvement découvert cet homme assez grand, arborant un élégant costume et une mèche rebelle brune, qui ne s’est ensuite plus montré pendant les tractations gouvernementales.
Son CV publié sur le site internet du M5S court sur 12 pages et mentionne des séjours d’études et de recherches dans les universités les plus prestigieuses du monde entier. Il a enseigné dans des universités en Sardaigne, à Rome, à Florence ou à Malte et il donne actuellement des cours de droit privé à Florence et à la prestigieuse université Luiss de Rome. Il a aussi un cabinet d’avocats à Rome.
Il a été membre du conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la chambre de commerce de Rome, ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

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Un programme commun
La Ligue et le M5S ont dévoilé vendredi un « contrat de gouvernement » qui tourne le dos à l’austérité et aux « diktats » de Bruxelles et promet la plus grande fermeté contre la corruption, toutes les formes de délinquance et l’immigration.
Dimanche, une large majorité de sympathisants de la Ligue (91 %) a apporté son soutien à ce texte. Le M5S, arrivé en tête des élections législatives du 4 mars, avait organisé vendredi une consultation similaire sur Internet, et a également obtenu un très large soutien.
Le document prévoit notamment une réduction des prélèvements fiscaux de plusieurs milliards d’euros, une augmentation des dépenses publiques en faveur des défavorisés et l’abandon d’une réforme impopulaire des retraites.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Des centaines de combattants de l’organisation Etat islamique occupaient depuis 2015 ce qui était un camp de réfugiés palestiniens à 7 kilomètres du centre de la capitale.
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L’armée syrienne reprend Yarmouk et annonce la fin de la bataille de Damas

Des centaines de combattants de l’organisation Etat islamique occupaient depuis 2015 ce qui était un camp de réfugiés palestiniens à 7 kilomètres du centre de la capitale.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 18h22
    |

            Madjid Zerrouky








                        



   


Le régime syrien de Bachar Al-Assad a annoncé, lundi 21 mai, contrôler « totalement » Damas et ses environs pour la première fois depuis 2012 après le départ, le week-end du 19 et du 20 mai, de plusieurs centaines de djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) du réduit qu’ils occupaient dans la capitale syrienne.
« Le commandement général des forces armées annonce aujourd’hui que Damas et ses alentours sont des régions totalement sécurisées et débarrassées du terrorisme », s’est félicité un porte-parole militaire à la télévision, plus d’un mois après la reprise par les forces gouvernementales de la totalité de la Ghouta orientale, une vaste région près de Damas, et l’expulsion de milliers de rebelles et de civils vers le nord du pays.

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A Yarmouk, entre 1 600 et 1 800 combattants de l’EI, leurs familles et des civils ont quitté le camp palestinien et les quartiers environnants de Hajar Al-Asswad et de Tadamoun – qu’ils occupaient depuis 2015 – après un accord conclu entre les militaires syriens et l’EI, vendredi 19 mai, au terme d’un mois de combats.
Le chiffre de « 900 victimes » avancé
Depuis le 19 avril, plus de 250 membres des forces prorégime ont été tués, ainsi que 233 djihadistes et plus de 60 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Des activistes et journalistes proches du gouvernement avancent le chiffre de « 900 victimes » du côté de l’armée et de factions palestiniennes qui combattaient à ses côtés.
Des images prises à la sauvette par des militaires syriens et diffusées sur les réseaux sociaux montrent ainsi une file de cars et de camions quittant ces quartiers du sud de Damas vers une destination officiellement inconnue, mais que des sources proches du régime désignent comme la Badiya Al-Cham, une vaste région désertique de l’est du pays où l’EI reste présent.
Le gouvernement syrien n’a pas confirmé l’existence d’un accord passé avec l’EI pour s’assurer que le convoi ne serait pas visé par des bombardements de la coalition internationale menée par Washington. En août 2017, un convoi similaire de centaines de combattants de l’EI partis du Liban après un accord d’évacuation conclu entre les djihadistes et le Hezbollah libanais avait été pris pour cible. La coalition internationale avait alors accusé Damas de « déplacer le problème » en laissant les djihadistes passer et se redéployer dans l’est du pays.

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Situé à 7 kilomètres du centre de Damas, Yarmouk était initialement un camp de réfugiés créé par l’ONU dans les années 1950 pour accueillir les Palestiniens chassés de leurs terres ou fuyant la guerre israélo-arabe après la création de l’Etat hébreu en 1948. Avant 2011, il abritait environ 160 000 réfugiés palestiniens, ainsi que des Syriens. Fin 2012, quelque 140 000 réfugiés ont fui Yarmouk en une semaine alors que le régime y menait une campagne de bombardements pour tenter de contrer l’avancée des rebelles qui menaçaient la capitale.
L’EI, avec l’aide des combattants du Front Al-Nosra, l’ex-branche d’Al-Qaïda, s’en est emparé en avril 2015 au détriment des autres factions de l’opposition avant d’en expulser un an plus tard son rival djihadiste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Pour la collection de livres « Portraits de villes », l’architecte et designer a eu carte blanche pour raconter la capitale iranienne Téhéran, où elle est née.
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Téhéran vue par India Mahdavi, une balade poétique


                      Pour la collection de livres « Portraits de villes », l’architecte et designer a eu carte blanche pour raconter la capitale iranienne Téhéran, où elle est née.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 18h15
    |

                            Diane Lisarelli







« L’esprit persan a résisté à toutes les blessures », confie l’architecte et designer française d’origine irano-égyptienne.
Comment expliquez-vous que l’Iran soit devenu une destination touristique ?
L’Iran a conservé une forte identité, en partie à cause de son isolement politique. Il y a énormément de choses à voir, et les Iraniens possèdent un sens de l’hospitalité très oriental mais aussi une humanité et une civilité qui sont rares aujourd’hui. Dans la capitale, où les embouteillages font qu’on ne peut prendre qu’un seul rendez-vous par jour, on apprend aussi un autre rapport au temps…
Entre rugosité et douceur, le Téhéran que vous photographiez est une ville de paradoxes.
C’est une ville où l’Orient et la culture post-pop se mêlent, comme dans un jeu. Sur l’avenue Valiasr, j’aime cet escalier dont les fresques florales en céramique tranchent avec les lignes du béton. Téhéran est dans cette juxtaposition de bouquets et de lignes sévères, comme si l’esprit du jardin persan, avec ses fontaines et sa végétation, avait résisté à toutes les blessures, telle l’âme des habitants de Téhéran.

   


Qu’est-ce qui, là-bas, résonne avec votre travail ?
Les nougats à la pistache et l’eau de rose, le bazar de Tajrish et la splendeur du palais du Golestan, mais aussi la grisaille et sa débâcle de constructions. Toutes ces saveurs, ces visions, ces souvenirs m’émeuvent, m’inspirent par leur désordre, leurs contrastes, leurs juxtapositions. Téhéran a écrit sa propre harmonie qui laisse entrevoir des associations peu probables ouvrant l’appétit de l’imaginaire.
Lire aussi : India Mahdavi, le monde en Technicolor
« Téhéran », d’India Mahdavi. Éditions be-pôles, collection « Portraits de villes », 64 p., 20 €. En librairie le 22 mai.



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ A Hawaï, l’entrée en contact de la lave avec l’océan, a entraîné une réaction chimique et la formation d’un nuage toxique.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ En 2005, des dizaines de migrants ouest-africains ont été abattus par une unité secrète de l’ancien dictateur, selon Trial International et Human Rights Watch.
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Enquête

Gambie : la tuerie qui pourrait envoyer Yahya Jammeh devant les juges

En 2005, des dizaines de migrants ouest-africains ont été abattus par une unité secrète de l’ancien dictateur, selon Trial International et Human Rights Watch.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-05-21T17:55:31+02:00"

        Le 21.05.2018 à 17h55






    
Des parents de victimes du régime de Yahya Jammeh, à Banjul, en Gambie, le 17 avril 2018.
Crédits : CLAIRE BARGELES / AFP


C’était une nuit chaude et laiteuse. La pleine lune se reflétait sur les flots, laissant voir les embarcations de pêche au large des côtes gambiennes. Martin Kyere se serrait avec ses camarades dans une pirogue à moteur. Après avoir économisé en vendant des chaussures dans son Ghana natal, il avait décidé de prendre la route de l’Europe, partageant son destin avec 55 migrants ghanéens, nigérians, sénégalais, ivoiriens et togolais.
Après avoir quitté la plage de Saly-Mbour, au Sénégal, les migrants avaient rendez-vous avec un navire de passeurs au large de Banjul, capitale de la Gambie. Après plusieurs tours près du lieu de rendez-vous, ils accostèrent sur une plage où la police les arrêta. « Nous avons longtemps cru qu’ils allaient nous déporter », raconte Martin Kyere. Un sort qui aurait été préférable à celui qu’ils allaient subir.

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Ce 22 juillet 2005, comme chaque année, Yahya Jammeh célèbre le « jour de la révolution », date de son putsch de 1994. Au plus fort de la fête, Ousman Sonko, l’inspecteur général de la police – actuellement détenu en Suisse sous l’inculpation de crimes contre l’humanité –, reçoit un appel signalant que des étrangers viennent d’être appréhendés. L’information est transmise au président, qui regagne son palais tout proche. Le groupe de migrants est alors transféré au quartier général de la marine, à Banjul. En arrivant avec le deuxième convoi, Martin Kyere voit que ses camarades ont été passés à tabac.
« Finissez-en avec eux »
De nombreux gradés des forces de sécurité sont présents, dont le directeur de la National Intelligence Agency, le commandant de la garde nationale et Ousman Sonko, en liaison téléphonique avec le président, selon une enquête commune des ONG Trial International et Human Rights Watch (HRW) qui a permis de relancer l’affaire, mercredi 16 mai. Si autant de responsables sont réunis un soir de fête nationale au sujet de l’arrestation de migrants, c’est qu’une peur paranoïaque a saisi Jammeh. Quelque temps auparavant, ses services de renseignement l’ont prévenu du risque élevé d’une tentative de coup d’Etat menée par des mercenaires étrangers. La confusion s’établit et déjà les « Junglers » prennent place au quartier général.

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Formée en 2003 et composée d’une vingtaine de soldats, cette unité secrète s’est rendue coupable d’actes de tortures, de viols et de meurtres. Leur chef, Tumbul Tamba (aujourd’hui décédé), reçoit ses ordres directement de Jammeh, qui utilise les Junglers comme son bras armé lorsqu’il doit faire disparaître un opposant ou un journaliste. « Le patron a dit “finissez-en avec eux” » : tel était l’ordre d’exécution classique, rapporte un ancien Jungler dans le rapport d’enquête de Trial et HRW.
Le lendemain, huit migrants sont conduits à Brufut, en banlieue de Banjul. Sept Junglers les assassinent à l’arme blanche, notamment. « La tête de l’un d’eux avait été fracassée avec quelque chose de lourd. Un autre avait le visage complètement détruit. Du sang coulait des oreilles, du nez et des yeux d’un troisième », a confié un ancien commissaire de police à l’ONG Trial. Après le meurtre en 2004 du journaliste Deyda Hydara, Jammeh aurait émis une directive interdisant l’utilisation d’armes à feu dans les exécutions, afin de limiter les traces.
Massacre en Casamance
Selon l’enquête, Martin Kyere et 44 compagnons ont été détenus une semaine avant d’être déplacés vers Kanilai, le fief du dictateur. Un groupe est conduit de l’autre côté de la frontière sénégalaise, près d’un village abandonné de Casamance. Bai Lowe, un Jungler, a expliqué, lors d’une interview radio, que son chef a alors donné l’ordre attendu. « Deux gars vont vous emmener au puits, vous exécuter et vous y jeter », a-t-il dit aux migrants. La tête recouverte d’un sac plastique, ils sont abattus par arme à feu, étant cette fois-ci sur territoire sénégalais. Les puits sont recouverts de pierres, les cadavres ne seront jamais retrouvés. « Ils ont tué jusqu’à 40 personnes comme ça », avance le Jungler interviewé.

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Placé à l’arrière d’un pick-up avec six autres migrants, Martin Kyere s’enfonce à son tour dans les forêts de Casamance. « L’un d’entre nous a demandé à un Jungler de desserrer un peu ses liens. Il lui a alors donné un coup de machette à l’épaule, le faisant saigner abondamment. A ce moment, nous le savions, c’en était fini de nous, raconte-t-il au Monde Afrique. J’ai senti que mes liens étaient lâches. J’ai réussi à m’en débarrasser et j’ai sauté de la camionnette pour me réfugier dans les bois. Les balles sifflaient au-dessus de ma tête mais je n’ai pas arrêté de courir. La dernière chose que j’ai entendue, c’est la voix d’un ami ghanéen qui criait “que Dieu nous vienne en aide” ».
Martin Kyere erre plusieurs jours dans la forêt, avant de tomber sur des villageois qui le conduisent au poste de Bounkiling, où il raconte son histoire à la police. Après des soins, il est conduit à Dakar, où il rapporte les événements à l’ambassade du Ghana, donnant les noms de ses concitoyens disparus.
Destruction de preuves
Si les événements ont gagné à l’époque une certaine attention médiatique grâce au témoignage de Martin Kyere, il n’existerait pas aujourd’hui un déroulé précis de ce massacre sans l’enquête commune de Trial et HRW. « Nous avons mené des entretiens avec 30 anciens responsables de la sécurité gambienne, dont onze officiers directement impliqués dans l’incident », explique Reed Brody, conseiller juridique de HRW. Avec l’appui de ces deux organisations, le 16 mai, Martin Kyere et des organisations ghanéennes de défense des droits humains ont appelé leur gouvernement à ouvrir une enquête sur la base de nouveaux éléments de preuve.
Une enquête avait déjà été menée en mars 2006 par le Ghana afin de retrouver ses 44 ressortissants, mais Yahya Jammeh avait freiné les recherches en usant de barrières bureaucratiques. Et en 2008, une mission conjointe de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’ONU s’était déplacée en Gambie. « Plusieurs sources nous ont confirmé que Jammeh avait ordonné la falsification et la destruction de preuves telles que les mains courantes des commissariats et des documents d’archives », explique Bénédict de Moerloose, responsable du département droit pénal et enquêtes de Trial International.

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En 2009, Banjul et Accra ont signé un mémorandum d’accord stipulant que le gouvernement gambien n’était pas impliqué dans les meurtres, bien que ce dernier ait accepté de remettre six dépouilles aux familles et de verser des dédommagements. Le Ghana a reçu 500 000 dollars (environ 350 000 euros en 2009) de la Gambie, remettant 6 800 dollars à chacune des 27 familles de victimes. À l’époque, le ministre ghanéen des affaires étrangères avait exprimé son scepticisme au sujet du rapport, mais l’avait accepté afin de restaurer les relations entre les deux pays et de permettre aux familles de faire leur deuil. Aucune arrestation n’avait eu lieu.
Le précédent Hissène Habré
Il a fallu attendre la défaite électorale de Jammeh, puis son départ en exil en Guinée équatoriale en janvier 2017, pour que l’enquête sur ce massacre refasse surface. « Désormais les gens parlent et nous avons pu avoir accès à des témoins auxquels n’avaient pas eu accès la Cédéao ni l’ONU », avance Bénédict de Moerloose. En octobre, cet avocat a appuyé la création d’une coalition d’associations dont l’objectif est sans équivoque : « Jammeh to Justice ».
Alors que la démocratie gambienne est naissante et ses institutions fragiles, l’ouverture d’une procédure au Ghana pourrait être une solution pour un jugement plus rapide. Ce serait aussi, pour HRW, la confirmation de ses compétences en matière de poursuites des anciens dictateurs. En juillet 2015, le procès de l’ex-président tchadien Hissène Habré avait pu être lancé à Dakar en grande partie grâce à la ténacité de Reed Brody, avocat des victimes, qui avait permis l’établissement d’une juridiction spéciale créée par l’Union africaine et le Sénégal.

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C’est le même Reed Brody qui participe à l’enquête. « Nous l’avons présentée au président du Ghana afin que son pays demande l’extradition de Jammeh, avance-t-il. Nous sommes face à une situation où des citoyens d’au moins cinq pays ont été tués. » L’actuel président ghanéen, Nana Akufo-Addo, devrait être sensible à ce dossier puisqu’il avait participé à l’enquête menée par Accra en 2006. Reed Brody espère pour sa part que la Guinée équatoriale cédera à la pression des pays impliqués et qu’ainsi sera rééditée la victoire que les défenseurs des droits humains avaient connue face à Hissène Habré, condamné en mai 2016 à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Une campagne de vaccination a démarré dans le nord-ouest du pays, où le bilan officiel de l’épidémie est de 26 morts.
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Compte rendu

Ebola : une quarantaine d’agents de santé guinéens envoyés en renfort en RDC

Une campagne de vaccination a démarré dans le nord-ouest du pays, où le bilan officiel de l’épidémie est de 26 morts.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-21T17:27:34+02:00"

        Le 21.05.2018 à 17h27






    
Des enfants se désinfectent les mains, à Mbandaka, dans le nord-ouest de la RDC.
Crédits : Kenny-Katombe Butunka / REUTERS


Une quarantaine de personnels de santé guinéens ont été envoyés en renfort en République démocratique du Congo (RDC) pour aider à enrayer la propagation d’Ebola, a indiqué lundi 21 mai un responsable de l’OMS en Guinée, pays où s’était déclarée fin 2013 la plus violente épidémie de cette fièvre hémorragique de l’histoire.

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« Une quarantaine d’agents guinéens ont déjà été déployés en RDC, avec l’autorisation de Kinshasa et sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé », a indiqué à l’AFP le représentant de l’OMS à Conakry, le professeur Georges Ki-Zerbo.
« Comme un feu de forêt »
Alors qu’une campagne de vaccination a démarré dans le nord-ouest de la RDC, où le bilan de l’épidémie est passé lundi à 26 morts, ces professionnels guinéens sont des « vaccinateurs, des agents chargés du suivi après vaccination, des épidémiologistes pour le suivi des contacts des personnes infectées par le virus Ebola, ainsi que des spécialistes de la communication sur les risques, la mobilisation sociale et la prévention des infections », a détaillé M. Ki-Zerbo.

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« Ces personnels ont une expérience de terrain et sont déjà déployés dans la région de Mbandaka », ville de 1,2 million d’habitants située à 700 km de Kinshasa, a-t-il affirmé.
« L’épidémie en Afrique de l’Ouest nous a appris en particulier l’importance de la mobilisation communautaire pour vaincre toutes les réticences, l’importance d’être vigilants jusqu’au bout. Il faut considérer une épidémie de ce genre comme un feu de forêt et donc il faut contrôler l’ensemble des chaînes de transmission », a expliqué le responsable de l’OMS.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Inlassable combattante pour la démocratie et les droits des femmes, Maya Jribi est décédée samedi 19 mai à l’âge de 58 ans.
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Nécrologie

Mort de Maya Jribi, une icône tunisienne

Inlassable combattante pour la démocratie et les droits des femmes, Maya Jribi est décédée samedi 19 mai à l’âge de 58 ans.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 21.05.2018 à 17h21

     •
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        Mis à jour le 21.05.2018 à 18h44






    
Maya Jribi à l’Assemblée nationale constituante, le 8 décembre 2011, à Tunis.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Elle fut assez seule dans les années 2000, aux côtés d’une scène dissidente assiégée par la police politique, à défier l’ex-régime de Ben Ali. Elle est aujourd’hui célébrée comme une icône nationale, encensée d’hommages les plus officiels. Maya Jribi, inlassable combattante pour la démocratie et les droits des femmes en Tunisie, est décédée samedi 19 mai, près de Tunis, à l’âge de 58 ans.

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Petit bout de femme armée de solides convictions, elle s’était imposée dans les années précédant la révolution de 2011 à la tête du Parti démocrate progressiste (PDP), une formation d’opposition fondée par Nejib Chebbi, militant éprouvé qui fit ses premières armes au confluent du panarabisme et du maoïsme. Maya Jribi fera partie des opposants qui refusèrent jusqu’au bout d’être récupérés par le pouvoir malgré l’adversité. Le 14 janvier 2011, le jour de la chute de Ben Ali, une photo l’immortalise en pasionaria, frêle silhouette juchée sur une forêt de bras et d’épaules de manifestants rassemblés sur l’avenue Bourguiba à Tunis. Elle dessine de ses doigts le V de la victoire, épilogue d’un long combat.
« S’imprégner de la condition ouvrière »
Née le 29 janvier 1960 d’un père fonctionnaire originaire de Tataouine (sud tunisien) et d’une mère algérienne, Maya Jribi a entamé des études de biologie à l’université de Sfax après avoir échoué à entrer en médecine. Sur le campus, elle découvre le militantisme au sein du syndicat Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), puis rejoint la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH).
Nejib Chebbi, qui l’a repérée, l’associe à la fondation en 1983 du Rassemblement socialiste progressiste (RSP), formation qui deviendra le Parti démocrate progressiste (PDP) en 2001. C’était l’époque où la jeune militante de gauche souhaitait « s’imprégner de la condition ouvrière ». Elle cherche à « s’établir » en usine, mais échoue à se faire embaucher.

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Au moment où elle pense pouvoir enfin décrocher un emploi de coursière dans une société de services à Tunis, elle croise sur place, par le plus grand des hasards, Hassib Ben Ammar, le patron de l’hebdomadaire indépendant Er-Raï (L’Opinion), qui l’enrôle comme journaliste. Elle rejoindra ensuite la rédaction d’Al Mawkif, l’organe du RSP. Elle ne fait toutefois pas carrière dans le journalisme. Polyvalente, elle travaillera aussi pour l’Unicef, mais surtout pour l’Institut El Amouri, un bureau d’études où elle s’illustra en développant les études qualitatives.
Dans les années 2000, Maya Jribi vit aux premières loges l’évolution du paysage de l’opposition. Eparse, éclatée, celle-ci est notamment affaiblie par l’héritage de la querelle historique entre islamisme et extrême gauche. Certaines de ses figures s’emploient à surmonter la fracture. Le 18 octobre 2005, Nejib Chebbi lance avec sept autres militants une grève de la faim pour revendiquer les libertés publiques alors que se tient à quelques encablures le Sommet mondial des sciences de l’information où le régime de Ben Ali se met en scène.
Elue à l’Assemblée nationale constituante
Grande première, le Collectif du 18 octobre, qui se structurera autour de cette grève de la faim, rassemble toutes les tendances de l’opposition, gauche et islamisme confondus. Maya Jrebi s’active dans les coulisses du mouvement. « Elle défendait toutes les victimes de la répression, y compris les islamistes », souligne l’universitaire Larbi Chouikha.
Deux ans plus tard, alors qu’elle occupe les fonctions de secrétaire générale du PDP, c’est elle qui entre en grève de la faim aux côtés de Nejib Chebbi. Les deux dirigeants protestent contre la résiliation du bail de l’appartement où le parti avait établi son siège. « Ils ont le visage émacié et les yeux creux. Lui, longue silhouette très maigre. Elle, poids plume (43 kg) et allure d’adolescente » : ainsi l’envoyée spéciale du Monde, Florence Beaugé, les décrivait-elle dans un article consacré à leur grève de la faim (Le Monde daté du 19 octobre 2007).

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Pouvaient-ils imaginer que le régime de Ben Ali était en train de se décomposer, processus qu’accélérera plus tard le soulèvement du bassin miner de Gafsa au printemps 2008 ? Au lendemain de la révolution de 2011, Maya Jribi est élue à l’Assemblée nationale constituante (ANC) sous l’étiquette du « groupe démocratique », une coalition d’ex-opposants.
Lors des fiévreux débats sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, elle s’oppose vertement aux islamistes d’Ennahda. « Elle tenait à inscrire l’identité arabo-musulmane de la Tunisie dans une perspective progressiste, explique le journaliste Rachid Khechana, l’un de ses compagnons de lutte. Pour elle, il n’y avait aucune contradiction. »
Un an plus tard, elle est élue secrétaire générale d’Al Jombhouri (Parti républicain), né de la fusion du PDP et d’autres formations. Mais ce nouveau mouvement peine à s’imposer alors que la vie politique tunisienne se polarise autour de l’affrontement entre partisans et adversaires de l’islam politique. Affaiblie par la maladie, Maya Jribi va progressivement s’effacer de la scène publique.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Grégoire M. avait été arrêté en flagrant délit en mai 2016, avec notamment trois lance-roquettes, six kalachnikovs, un gros stock de munitions et plus de 100 kg de TNT.
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Ukraine : un Français condamné à six ans de prison

Grégoire M. avait été arrêté en flagrant délit en mai 2016, avec notamment trois lance-roquettes, six kalachnikovs, un gros stock de munitions et plus de 100 kg de TNT.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 17h28
   





                        


Arrêté en mai 2016 en Ukraine en possession d’un arsenal de guerre, Grégoire M., un jeune homme de 27 ans originaire de Bar-le-Duc (Meuse) a été condamné, lundi 21 mai, par la justice ukrainienne à six ans d’emprisonnement.
Ce travailleur agricole, qui travaillait comme inséminateur dans une coopérative agricole, était soupçonné d’avoir voulu perpétrer des attentats en France avant et pendant l’Euro de football, en 2016. La cour de la petite ville de Liouboml, en Volynie (ouest), l’a reconnu coupable de « préparation d’un attentat terroriste », « détention illégale » et « tentative de contrebande » d’armes et d’explosifs, a précisé à l’Agence France-Presse la porte-parole du parquet régional Natalia Mourakhevytch.
A la suite d’un piège des services de sécurité ukrainiens (SBU), Grégoire M. avait été arrêté à la frontière ukraino-polonaise en flagrant délit avec notamment trois lance-roquettes, six kalachnikovs, un gros stock de munitions et plus de 100 kg de TNT. Les services ukrainiens le surveillaient depuis fin 2015.

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Piste identitaire
Les autorités françaises avaient, de leur côté, réagi dès le départ avec beaucoup de prudence sur ce dossier, soulignant qu’elles ne disposaient pas d’éléments permettant de confirmer ou infirmer une éventuelle piste terroriste. Le parquet antiterroriste n’avait pas été saisi et l’enquête avait été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy.
Après son interpellation en Ukraine, une perquisition avait été menée à son domicile de Nant-le-Petit, un hameau de 80 habitants entre Saint-Dizier et Ligny-en-Barrois. Des composants d’explosifs et un tee-shirt avec le logo du Renouveau français, un groupuscule d’extrême droite, avaient notamment été trouvés.
La région d’Ukraine où a été interpellé Grégoire M. est connue de longue date pour permettre l’acheminement d’équipements en tout genre, issus des stocks d’Europe de l’Est ou en provenance de Libye.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Historien de l’Union soviétique et ancien conseiller du président républicain Ronald Reagan, Richard Pipes est mort, jeudi 17 mai, à l’âge de 94 ans.
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Mort de Richard Pipes, historien fossoyeur du soviétisme

Historien de l’Union soviétique et ancien conseiller du président républicain Ronald Reagan, Richard Pipes est mort, jeudi 17 mai, à l’âge de 94 ans.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 15h56
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

L’histoire consume lorsqu’on la tisonne. Richard Pipes, mort jeudi 17 mai à Cambridge, dans le Massachusetts, à 94 ans, en est fait l’illustration tout au long d’une carrière empreinte de passion dévolue à l’empire russe et à ses avatars.
Né le 11 juillet 1923 sur une ligne de fracture européenne, dans la partie polonaise de la Silésie, il assiste en spectateur au triomphe d’Adolf Hitler, à Varsovie, en octobre 1939, après l’invasion de son pays. Ses parents, de confession juive, ont la bonne intuition de fuir clandestinement quelques jours plus tard vers l’Italie, étape d’un périple qui les conduit finalement aux Etats-Unis, où ils sont naturalisés en 1943.
Cet arrachement et l’incapacité initiale des Américains à comprendre le caractère du nazisme à laquelle Richard Pipes se heurte dans son Etat d’adoption, l’Ohio, imprègnent sans aucun doute son approche de l’histoire, la matière vers laquelle il se tourne à l’université. Ils ne cesseront d’irriguer les travaux qu’il consacre, à Harvard, à ce qui apparaît rapidement pour lui comme un nouvel empire du mal, l’Union soviétique. Devenu son contempteur virulent, il ajoute l’action à l’analyse, en rejoignant, en 1972, la Coalition for a Democratic Majority, un groupe centriste et anticommuniste fondé en réaction à ce qui est considéré comme la dérive pacifiste du Parti démocrate.
Opposant à la politique de détente
Comme d’autres exilés prestigieux qui forgeront durablement la politique étrangère des Etats-Unis, d’Henry Kissinger à Zbigniew Brzezinski, Richard Pipes saute le pas en prenant, en 1976, la direction de la « Team B », un groupe d’experts mis sur pied par le secrétaire à la défense du président républicain Gerald Ford, Donald Rumsfeld. Ce dernier, un nationaliste, souhaite contrer les analyses, jugées apaisantes, des spécialistes de la CIA à propos de la stratégie militaire de Moscou. Richard Pipes lui donne des arguments pour s’opposer à la politique de détente qui a culminé avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Six militantes féministes ont été incarcérées un mois avant l’entrée en vigueur du décret royal autorisant les Saoudiennes à prendre le volant.
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« Conduis et tais-toi » : le message paradoxal de Riyad aux Saoudiennes

Six militantes féministes ont été incarcérées un mois avant l’entrée en vigueur du décret royal autorisant les Saoudiennes à prendre le volant.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 15h15
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Six militantes saoudiennes, à la pointe de la lutte pour accorder aux femmes le droit de conduire, risquent d’assister au couronnement de leurs efforts depuis une cellule de prison. Ces féministes, accusées de « saper l’unité nationale » et de porter « atteinte à la stabilité du pays », ont été arrêtées, mardi 15 mai, à un peu plus d’un mois de l’entrée en vigueur du décret autorisant les habitantes du royaume à prendre le volant.
Ce paradoxe est emblématique des limites du processus de réformes lancé par le jeune prince héritier Mohammed Ben Salman, le fils du roi Salman. Surnommé « MBS », homme fort de la monarchie, il est présenté comme un modernisateur éclairé par la presse gouvernementale, qui vante ses efforts pour dépoussiérer le pays, sur le plan économique comme social. « C’est la pure arrogance du pouvoir, s’exclame Jamal Kashoggi, un journaliste saoudien en exil aux Etats-Unis. MBS n’avait vraiment pas besoin de faire cela. Il se tire dans le pied de façon magistrale. »

Les six frondeuses, présentées sur les réseaux sociaux comme des « traîtresses » à la solde des « ambassades étrangères », sont représentatives de la longévité du mouvement de revendication des femmes dans le royaume. On trouve parmi elles des pionnières du féminisme saoudien, qui pour certaines ont participé à l’opération de conduite « sauvage » de 1990, la première du genre, organisée dans l’ombre du déploiement de l’armée américaine dans le royaume, en prélude à la première guerre du Golfe.
Il s’agit d’Aïsha Al-Maenna, Madiha Al-Ajroush, Hessa Al-Sheikh et Aziza Al-Youssef, des femmes souvent issues de milieux aisés, diplômées, âgées d’entre 60 et 70 ans. « Ce sont nos marraines, nos idoles, s’indigne sur Twitter Manal Al-Sharif, une dissidente en exil en Australie. Aïsha a survécu en 2017 à une attaque cardiaque. elle a consacré toute sa fortune à l’éducation des femmes. L’accuser de trahison est une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».
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Italie : un « contrat » de coalition « à l’encontre de la Constitution italienne »

Non seulement la Ligue et le Mouvement 5 étoiles font des promesses qu’ils ne pourront tenir, mais le pire est que Silvio Berlusconi se tient en embuscade, estime l’intellectuel italien Raffaele Simone dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    21.05.2018 à 14h01
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 14h53
    |

Raffaele Simone (Linguiste et universitaire italien)







                        



                                


                            

Tribune. Le « contrat pour le gouvernement du changement », promis par Matteo Salvini et Luigi Di Maio, leaders respectivement de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles, semble enfin sur pied. A noter qu’ils parlent de « contrat » et non d’« accord », croyant ainsi évoquer le « Koalitionsvertrag » (« le traité de coalition ») que les forces de la majorité en Allemagne ont coutume de signer depuis des années.
En fait, c’est le même terme que Berlusconi a employé il y a quinze ans pour désigner les promesses qu’il faisait aux Italiens lors d’une émission télévisée (presque toutes non tenues).
Jargon politique
Alors que la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles se veulent deux groupes antisystème et anti-politique, il est surprenant de constater que le document regorge d’expressions bureaucratiques maladroites et de jargon politique. Mais il y a des problèmes plus graves. Par exemple, au moment où j’écris ces lignes, le nom du chef du gouvernement n’est toujours pas connu. Deux mois de négociations ne leur ont pas suffi à en trouver un. Chacun des deux signataires du contrat aimerait être premier ministre, certes, mais cela susciterait des jalousies et un ressentiment infini ; ils ont donc annoncé que leur choix se porterait sur une personne « incontestable », tant en Italie qu’à l’étranger.
Naturellement, les points que je viens d’évoquer peuvent être invalidés à tout moment car les diverses mesures qui ont été prises jusqu’ici, présentées comme définitives par les deux leaders, ne cessent de changer et même de fondre comme neige au soleil. Toujours est-il que nous avons assisté ces derniers mois à un spectacle politique non seulement insolite, mais aussi inquiétant. Sa nouveauté tient aussi bien aux méthodes employées qu’au contenu des mesures proposées.

Tout d’abord, ce contrat sanctionne un mariage politique quasiment contre nature. Les seuls points communs entre les deux partis sont leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’ancienne cheffe de l’Etat, exilée pendant quatre ans après un scandale de corruption, maintient le suspense sur ses ambitions présidentielles.
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Décryptage

Le retour de Joyce Banda agite le Malawi à un an des élections

L’ancienne cheffe de l’Etat, exilée pendant quatre ans après un scandale de corruption, maintient le suspense sur ses ambitions présidentielles.

Par                                            Marion Douet (Lilongwe, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-05-21T13:48:16+02:00"

        Le 21.05.2018 à 13h48






    
L’ancienne présidente malawite Joyce Banda lors d’un meeting du Parti du peuple dans sa ville natale, Zomba, le 29 avril 2018.
Crédits : AMOS GUMULIRA / AFP


Elle fut une figure de l’émancipation des femmes, choyée dans les ambassades occidentales, mais son nom est désormais associé au « Cashgate », un détournement de 30 millions de dollars (environ 25 millions d’euros) de fonds publics au profit de hauts responsables de son pays. Fin avril, au terme de quatre ans d’exil, Joyce Banda est rentrée au Malawi.
Elle avait accédé au pouvoir en 2012 après le décès subit du président Bingu wa Mutharika, dont elle était la vice-présidente. Un intérim de deux ans dont elle vantait récemment le bilan à la chaîne américaine CNBC. Las, révélé en 2013, le scandale du « Cashgate » avait grandement contribué à sa défaite, l’année suivante, face à Peter Mutharika, frère du défunt président. Après le scrutin, alors que s’accéléraient les enquêtes, Joyce Banda s’était envolée pour les Etats-Unis.
Un scrutin « imprévisible »
Le 28 avril, des centaines de partisans vêtus de pagnes orange à son effigie sont venus l’accueillir à la descente de l’avion qui la ramenait d’Afrique du Sud, où elle avait assisté aux funérailles de Winnie Mandela. En revanche, aucun policier ne l’attendait sur le tarmac de l’aéroport de Blantyre, la capitale économique du Malawi, en dépit du mandat d’arrêt lancé contre elle par les autorités locales afin, disent certains observateurs, de garder à distance l’ancienne dirigeante alors que s’engage la bataille pour les élections présidentielle et législatives de mai 2019.

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Pour le moment, Joyce Banda, 68 ans, reste énigmatique sur ses ambitions. « Est-ce que je laisse les jeunes prendre la relève ? Est-ce que je reste ? Cela doit être discuté au sein de mon parti », a-t-elle déclaré à l’AFP, avant d’ouvrir les perspectives : « Cette décision ne m’appartient pas […] C’est au peuple de décider. » À travers ces propos sibyllins, celle qui a fondé et préside toujours le Parti du peuple (PP) entretient sa réputation de démocrate : au Malawi, les partis doivent désigner leur candidat au cours d’une convention, prévue en août pour le PP.
Mais difficile de croire que cette femme politique qui, malgré les soupçons, conserve une certaine aura ne souhaite pas participer à une compétition présidentielle s’annonçant très ouverte. « Ce scrutin sera imprévisible, confirme Ernest Thindwa, professeur de sciences politiques à l’Université du Malawi. Le président Peter Mutharika n’est pas forcément en position d’être réélu. Beaucoup estiment qu’il a échoué. » 
Bilan contesté du président sortant
Ce mécontentement s’est récemment exprimé dans la rue. Un fait rare au Malawi et qui témoigne d’un réel ras-le-bol, même si les citoyens, craignant la violence de la police (près de 20 personnes sont mortes lors des dernières manifestations, en 2011), n’étaient que quelques milliers à oser battre le pavé.
Premier grief des manifestants : la corruption. « Rien n’a été fait depuis l’élection de Peter Mutharika, alors que c’était sa principale promesse de campagne. C’est même pire qu’avant », déplore Billy Mayaya, l’un des militants à l’origine du rassemblement. Dernier scandale en date, révélé début 2018 : le projet du gouvernement de distribuer 4 milliards de kwachas (environ 4,6 millions d’euros) à des députés réfractaires à certaines réformes…

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Pendant ce temps, le Malawi, pays pauvre et enclavé d’Afrique australe, progresse péniblement sur le front du développement. « Nous faisons face à une faillite des services publics, poursuit Billy Mayaya, évoquant notamment l’électricité et l’éducation. Au Malawi, les enfants continuent d’étudier sous des arbres, faute d’écoles. »
Le bilan de Peter Mutharika, 77 ans, est contesté au sein même de sa formation politique, le Parti démocratique progressiste (DPP), qui menace de lui préférer un autre candidat. Certaines attaques viennent même du clan familial. Callista Mutharika, veuve influente de Bingu wa Mutharika, a récemment déclaré que son beau-frère n’était « plus un homme bien », se prononçant en faveur de l’actuel vice-président, Saulos Chilima. Si ce dernier n’a pas encore dévoilé ses intentions, ce diplômé d’économie est, à 45 ans, « un homme jeune, perçu comme un réformateur », note un diplomate.
La grande inconnue des voix du Nord
Une troisième force politique, enfin, compte bien gagner la bataille de 2019 : le Parti du congrès du Malawi (MCP), qui a dirigé le pays pendant les trente années qui ont suivi l’indépendance de 1964, via le très autoritaire Hastings Kamuzu Banda (1966-1994). Sans que son leader, Lazarus Chakwera, soit très populaire, le MCP apparaît désormais comme une alternative.

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« Même si Joyce Banda a de grandes chances d’être investie par son parti, je ne la vois pas gagner. Mais sa candidature aura un impact car elle prendra des voix à Mutharika », estime le professeur Ernest Thindwa, rappelant que le PP et le DPP partagent le même fief électoral dans le sud du pays, tandis que le centre est acquis au MCP.
La grande inconnue sera, comme à chaque élection, de savoir qui remportera les voix du nord du Malawi. Une région qui n’est acquise à aucun des trois grands partis et qui, si elle représente moins de 15 % des électeurs, peut faire basculer le résultat du scrutin.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis un an et demi, la photographe Sandra Mehl suit, pour « Le Monde », le parcours des Soudan Célestins Music.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Venus du Soudan, ils se sont connus à leur arrivée en France… Les trajectoires de cinq membres d’un groupe de musique, réfugiés en quête d’intégration.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’ex-chef de l’Etat avait dénoncé la décision du président Azali de suspendre la Cour constitutionnelle et son projet de référendum de révision de la Constitution.
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Compte rendu

Aux Comores, l’ancien président Sambi assigné à résidence

L’ex-chef de l’Etat avait dénoncé la décision du président Azali de suspendre la Cour constitutionnelle et son projet de référendum de révision de la Constitution.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-21T12:25:10+02:00"

        Le 21.05.2018 à 12h25






    
L’ancien président des Comores Ahmed Abdallah Sambi, aux Nations unies, à New York, en septembre 2010.
Crédits : EMMANUEL DUNAND / AFP


L’ancien président comorien Ahmed Abdallah Sambi, critique de l’actuel chef de l’Etat Azali Assoumani, a été placé samedi soir 19 mai en résidence surveillée afin de « préserver » l’ordre public, selon une décision du ministère de l’intérieur. « Considérant ses agissements constatés ces derniers jours et en vue de préserver l’ordre et la sécurité publics, M. Ahmed Abdallah Sambi est placé en résidence surveillée », indique une note du ministère. « En cas de nécessité impérieuse de déplacement, l’intéressé est tenu d’introduire une demande auprès du département chargé de la sécurité publique », précise cette note.

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Vendredi, MM. Sambi et Azali s’étaient retrouvés dans la grande mosquée de Moroni pour la prière. A la fin de l’office religieux, les partisans de M. Sambi avaient hué le président en exercice. M. Sambi, chef de l’Etat de 2006 à 2011, a dénoncé dimanche son assignation à résidence. « Avec des tels actes, c’est notre démocratie qui est réellement menacée. On n’a plus le droit de se réunir, de s’exprimer, de se déplacer », a-t-il déclaré à l’AFP. L’assignation à résidence vise à « provoquer. C’est comme si on voulait nous mener vers une crise », a-t-il estimé.
Réforme institutionnelle
Interrogé par l’AFP, le ministre de l’intérieur Mohamed Daoudou a reproché à M. Sambi de « se conduire comme un président » en exercice. « Il doit savoir qu’il n’est pas le seul à avoir des militants. (…) Toute action de nature à perturber l’ordre public n’est pas tolérée », a-t-il prévenu.
L’assignation à résidence de M. Sambi intervient peu de temps après son retour au pays après six mois d’absence. A peine rentré aux Comores, il avait dénoncé la décision de M. Azali de suspendre la Cour constitutionnelle et son projet de référendum de révision de la Constitution, prévu le 29 juillet. La suspension de la Cour constitutionnelle est une « faute », a répété M. Sambi dimanche.

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L’actuel chef de l’Etat comorien n’a pas encore donné de détail sur la réforme institutionnelle qu’il envisage, mais il a d’ores et déjà prévu une élection présidentielle anticipée en 2019 si le référendum était approuvé. M. Azali, un ancien putschiste, a été élu à la présidence en 2016. Son mandat expire théoriquement en 2021.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le Paraguay est le deuxième pays d’Amérique latine, après le Guatemala, à transférer sa mission diplomatique à Jérusalem en moins d’une semaine.
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Israël : le Paraguay inaugure son ambassade à Jérusalem

Le Paraguay est le deuxième pays d’Amérique latine, après le Guatemala, à transférer sa mission diplomatique à Jérusalem en moins d’une semaine.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 12h18
   





                        



   


Accompagné du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le président du Paraguay, Horacio Cartes, a inauguré, lundi 21 mai à Jérusalem, la nouvelle ambassade de son pays en Israël. Il emboîtait ainsi le pas aux Etats-Unis dans une démarche de rupture diplomatique très controversée.
Le 14 mai, les Etats-Unis avaient été les premiers à transférer leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, s’attirant la colère des Palestiniens par cette reconnaissance de la ville comme capitale de l’Etat d’Israël.
Trois déménagements en une semaine
Le Paraguay est le deuxième pays d’Amérique latine à transférer sa mission diplomatique à Jérusalem en moins d’une semaine, après le Guatemala, qui avait officialisé ce transfert le 16 mai.

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Des 193 pays composant l’Assemblée générale de l’ONU, 128 ont voté, à la fin de décembre, une résolution condamnant la décision américaine, dont des alliés des Etats-Unis comme la France et le Royaume-Uni. Seuls sept pays se sont alignés sur Washington.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Dans les régions anglophones secouées par une crise séparatiste, les 46 ans de l’unification du pays ont été boudés et des incidents ont été signalés.
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Reportage

Au Cameroun, une fête nationale sur fond de violences

Dans les régions anglophones secouées par une crise séparatiste, les 46 ans de l’unification du pays ont été boudés et des incidents ont été signalés.

Par                                            Josiane Kouagheu (Buea (Cameroun), envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-05-21T11:59:53+02:00"

        Le 21.05.2018 à 11h59

     •
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          datetime="2018-05-21T12:03:03+02:00"

        Mis à jour le 21.05.2018 à 12h03






    
Défilé militaire à Buea, au Cameroun, le 20 mai 2018.
Crédits : Josiane Kouagheu


Dimanche 20 mai, jour de la 46e fête nationale du Cameroun. A Tiko, ville du Sud-Ouest, l’une des deux régions anglophones du pays, les rues sont vides. Boutiques, bars et supérettes sont fermés. Sur le bitume, seules les voitures des forces de l’ordre roulent à vive allure.
Une jeune femme à la fenêtre de sa maison se désole : « A quoi bon participer à cette fête alors que des centaines d’anglophones sont morts et continuent de mourir ? L’ONU dit que 160 000 anglophones ont fui leurs villages. Ils continuent de fuir. Ce serait hypocrite de faire croire que nous sommes unis. Le pays est divisé. »
Tracts des séparatistes
Le 20 mai 1972, le Cameroun anglophone et le Cameroun francophone, qui formaient deux Etats fédérés, sont devenus par référendum la République unie du Cameroun. Mais depuis octobre 2016, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui représentent environ 20 % de la population, sont secouées par une grave crise socio-politique.
Quelques jours avant cette fête dont le thème était « Citoyens camerounais, restons unis dans la diversité et préservons la paix sociale, pour un Cameroun stable, indivisible et prospère », les séparatistes anglophones, qui réclament l’indépendance de leur république autoproclamée, « l’Ambazonie », avaient distribué des tracts demandant à la population de ne pas participer à la fête et d’observer une journée ville morte.

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« Si je reste à la maison, l’armée croira que je suis séparatiste. Si je sors, les ambazoniens croiront que je trahis la cause anglophone », soupire John. Josh, son ami, intervient : « Les ambazoniens luttent pour nous. Ils ne te font pas de mal quand tu respectes ce qu’ils disent. Quand l’armée vient dans nos maisons, elle nous arrête même si nous avons nos cartes nationales d’identité. Pour elles, nous sommes jeunes donc nous sommes des combattants séparatistes. » Comme la plupart des autres personnes rencontrées, Josh se dit « extrêmement malheureux » car « le gouvernement refuse de trouver une solution à la crise ».
Des snipers sur les toits
Avant d’atteindre Buea, capitale régionale du Sud-Ouest, à une quinzaine de kilomètres de Tiko, il faut traverser deux barrages de policiers et gendarmes. Certains viennent de Douala et de Yaoundé. Comme à Tiko, les rues de Buea sont désertes. « On dirait que c’est l’heure des fantômes », blague un jeune homme à la gare routière. La place du défilé est sous haute surveillance. Des snipers sont positionnés sur les toits et des dizaines de policiers et militaires patrouillent au sol.

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La parade dure moins de deux heures. Les badauds qui s’agglutinaient les années précédentes aux abords de la place sont absents. Quelques participants au défilé appellent au « dialogue ». C’est le cas du lycée bilingue de Molyko, à Buea. « Le dialogue, un outil nécessaire pour la paix et l’unité », peut-on lire sur l’une de leurs pancartes. « Sans dialogue, on ne peut rien. Si on l’avait fait depuis le début, on n’en serait pas là aujourd’hui. Je suis triste et écœuré de voir des jeunes anglophones qui ne vont pas à l’école », dit un lycéen dans un français parfait.
Les membres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), un parti d’opposition, défilent les mains sur la tête. Selon Georges Fanang, vice-secrétaire régional, ce geste montre qu’ils « en ont marre de cette crise qui perdure », « assez de voir des Camerounais tués ».
Le défilé boycotté
Au terme de la cérémonie, le gouverneur de la région et le maire de la ville ont vanté la « bonne tenue » du défilé, qui n’a pas été troublé par les menaces. Pourtant, au même moment, plusieurs localités du Sud-Ouest subissaient des attaques des sécessionnistes. Un maire et son adjoint ont été enlevés. Dans le Nord-Ouest, où selon des témoins des habitants ont boycotté le défilé, une source sécuritaire parle d’« au moins huit combattants terroristes tués » dans des affrontements avec l’armée.

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« Le boycott par les populations anglophones de la fête du 20 mai, qui symbolise l’union entre les Camerounais anglophones et francophones, montre combien le pays est désormais divisé, commente Hans de Marie Heungoup, d’International Crisis Group. Ces attaques dans diverses localités en plein 20 mai, et ce malgré d’importants renforts sécuritaires, montrent que le tout-répressif ne parviendra pas à résoudre cette crise sociopolitique à laquelle s’est greffé un mouvement insurrectionnel. »
L’analyste avertit sur les dangers de l’absence de dialogue : « A court terme, le risque est que les militants séparatistes accèdent à des financements et à un armement plus conséquents, ce qui hypothéquerait fortement la tenue de l’élection présidentielle [prévue en octobre] dans les régions anglophones. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Des témoins font état de « bavures » après une attaque contre un militaire dans le nord du pays.
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Compte rendu

Au Mali, une dizaine de civils tués dans un incident impliquant l’armée

Des témoins font état de « bavures » après une attaque contre un militaire dans le nord du pays.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-21T11:34:07+02:00"

        Le 21.05.2018 à 11h34






    
Des soldats de l’armée malienne, des miliciens progouvernementaux et des anciens rebelles participent à une patrouille conjointe à Gao, dans le nord du Mali, le 23 février 2017.
Crédits : STR / AFP


Au moins douze civils maliens ont été tués, samedi 19 mai, dans la localité de Boulékessi (nord), près de la frontière burkinabée, après l’attaque sur un marché d’un militaire malien dans des circonstances qui restaient encore floues dimanche, a-t-on appris de sources militaires.
« Ce sont les troupes maliennes sous commandement du G5 Sahel qui sont au centre de l’affaire », a indiqué à l’AFP une source militaire de cette force conjointe mise sur pied par cinq pays de la région (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad). « Un de ces militaires a été attaqué par un homme armé au marché de la localité de Boulékessi. Par la suite, dans les conditions non encore définies, au moins douze civils sur les lieux ont été tués », a ajouté cette source, précisant que les communications avec la région étaient difficiles.
Nécessité d’une enquête
« Oui, le chiffre d’au moins douze morts est effectivement donné, mais ce sont les enquêtes qui vont déterminer tout ça », a de son côté déclaré une source militaire malienne. « Il est difficile de joindre au téléphone la localité. Il faut une enquête pour savoir comment sont morts les civils et qui a tiré sur le militaire », a ajouté cette source, en se refusant à ce stade d’évoquer une « bavure » de l’armée malienne, régulièrement accusée d’arrestations arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires dans le cadre de sa lutte contre les djihadistes.

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Contacté par l’AFP, un ancien ministre malien et homme politique originaire d’une localité située à une centaine de kilomètres de Boulékessi, a affirmé que des témoins avaient fait état de « bavures » et de « plus de quinze civils tués ». « Mais j’attends des éléments de confirmation. Selon deux témoins, un homme armé a tiré sur un militaire malien, qui était entre la vie et la mort samedi dans la nuit », a-t-il ajouté. Sollicité par l’AFP, le ministre malien de la défense, Tiénan Coulibaly, n’avait pas donné suite dimanche en fin d’après midi.
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés et dispersés par une opération militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La petite fille a été atteinte par balle lors d’une poursuite entre la police et une camionnette transportant des migrants pour leur faire traverser la frontière.
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En Belgique, émotion à la suite de la mort d’une migrante kurde de 2 ans

La petite fille a été atteinte par balle lors d’une poursuite entre la police et une camionnette transportant des migrants pour leur faire traverser la frontière.



Le Monde
 |    21.05.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
21.05.2018 à 13h42
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le premier ministre belge, Charles Michel, a promis, dimanche 20 mai, des enquêtes « totalement indépendantes » après la mort de Mawda, une enfant kurde de 2 ans, atteinte par balle lors d’une course-poursuite entre la police et une camionnette transportant des migrants, dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 mai. « Aujourd’hui, une famille est dévastée par la mort d’un enfant et je réagis en tant que père de famille. Tous les responsables doivent faire preuve de réserve et de retenue », a expliqué le chef du gouvernement sur la chaîne privée RTL-TVI.
La petite Mawda faisait partie d’un groupe d’une trentaine de personnes, dont quatre enfants, véhiculées par des passeurs sur l’autoroute traversant la Wallonie en direction de la frontière française. Repérée à Namur et suivie par la police, la fourgonnette aux vitres opaques a été immobilisée près de Mons. Le conducteur avait tenté d’échapper aux contrôles et avait embouti une autre camionnette. Les policiers, présents en nombre, avaient effectué des tirs de sommation et, apparemment, visé les pneus. Une incertitude subsiste néanmoins quant au fait qu’un passeur aurait utilisé une arme.
Dans un premier temps, le parquet avait indiqué que la petite fille avait été victime d’un traumatisme crânien. Vingt-quatre heures plus tard, il était forcé de se contredire, l’autopsie ayant déterminé que la fillette était morte d’une balle reçue en plein visage, dans la joue, alors que son père la tenait, semble-t-il, dans ses bras. Des examens balistiques devront désormais indiquer si le projectile provenait ou non d’une arme utilisée par les forces de l’ordre. La mère de la petite Mawda (qui sera inhumée dans une parcelle réservée aux indigents) a affirmé que son enfant avait bien été tuée par un policier.
Une polémique politique qui enfle
Au lendemain des faits, des centaines de personnes avaient manifesté depuis la direction générale de l’office des étrangers jusqu’au cabinet du ministre de l’intérieur, Jan Jambon, pour dénoncer la politique menée à l’encontre des migrants par le gouvernement de M. Michel.
Le secrétaire d’Etat à la migration, Theo Francken, et M. Jambon, tous deux membres du parti nationaliste de la Nouvelle Alliance flamande (N-VA), avaient surtout désigné les réseaux de passeurs, de plus en plus actifs en Belgique, comme responsables de ce qui s’était déroulé, M. Jambon estimant, tout en promettant une enquête impartiale, qu’aucune faute ne semblait avoir été commise par les forces de l’ordre.
De leur côté, les policiers soulignent la difficulté d’agir, avec des effectifs jugés insuffisants, contre des réseaux violents et de mieux en mieux organisés, qui squattent diverses aires autoroutières et rackettent hommes, femmes et enfants en leur promettant un voyage vers le Royaume-Uni.
La polémique politique enfle d’autant plus – d’où l’appel au calme lancé par M. Michel – que deux ministres de la N-VA, M. Francken et son collègue des finances, Johan Van Overtveldt, viennent d’annoncer leur intention de demander à la Banque nationale de Belgique une enquête sur le « rapport coût-bénéfice de la présence massive d’étrangers » sur le territoire belge. Un sujet qui figure depuis plus de vingt ans au programme de la formation d’extrême droite flamande Vlaams Belang.



                            


                        

                        

