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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Dans une interview à « Buzzfeed », Maryam Pougetoux, la présidente de la section locale du syndicat étudiant à Paris-IV, réfute l’idée que son voile est un « symbole politique ».
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Maryam Pougetoux, responsable de l’UNEF, répond aux critiques sur son voile

Dans une interview à « Buzzfeed », Maryam Pougetoux, la présidente de la section locale du syndicat étudiant à Paris-IV, réfute l’idée que son voile est un « symbole politique ».



Le Monde
 |    20.05.2018 à 15h37
    |

                            Le Monde.fr (avec Abel Mestre)








                        


« C’est assez pathétique de la part d’un ministre de l’intérieur d’avoir de tels propos, aussi violents. » Après une semaine de polémique autour de son port de voile islamique, la présidente de la section locale de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France, syndicat classé à gauche) à Paris-IV, Maryam Pougetoux, répond aux attaques dont elle a fait l’objet dans une interview accordée au média en ligne Buzzfeed France. Elle y explique ne pas s’être questionnée sur une éventuelle démission de ses fonctions syndicales : « Ce n’est ni envisagé ni envisageable. Et on ne m’a pas demandé si je voulais renoncer », assure-t-elle.

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Maryam Pougetoux avait été interrogée dans un reportage diffusé sur M6 sur le mouvement étudiant contre la réforme de l’accès à l’université. Très vite, certains militants promouvant une laïcité stricte, comme Laurent Bouvet, cofondateur du Printemps républicain, s’étaient emparés de son image pour dénoncer le fait qu’une responsable syndicale porte le voile. Des débats houleux avaient suivi entre les défenseurs de la jeune militante et ses contempteurs. L’UNEF avait pris la défense de Mme Pougetoux avant que l’affaire prenne une tournure politique.
« Je n’ai pas mis mon voile par volonté politique ou réactionnaire »
La responsable syndicale Maryam Pougetoux se défend aujourd’hui de tout prosélytisme. Elle se dit étonnée par l’ampleur et la violence des réactions. « Je ne m’attendais pas à ce que cela monte aussi haut et que cela devienne presque une affaire d’Etat. Sachant que mon voile n’a aucune fonction politique. C’est ma foi », raconte-t-elle à Buzzfeed se désolant de devoir se « justifier de [s]on choix ».
« Je réfute le fait que l’on puisse dire que mon voile est un symbole politique. Ce n’est absolument pas le cas. On lui donne une signification que moi-même je ne lui donne pas. Je pense qu’il faut démystifier cette question-là. Derrière « islam politique », on met un peu tout et n’importe quoi. Et c’est malheureux, car on me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. A aucun moment je n’ai mis mon voile par volonté politique ou réactionnaire. Absolument pas. »
Après avoir rappelé que « le voile n’est pas interdit à l’université » car « les femmes adultes ont le droit de porter le voile si c’est leur choix », la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, avait affirmé mercredi 16 mai sur Franceinfo « comprend[re] qu’il y ait une forme d’interpellation car l’UNEF est censé être un syndicat étudiant progressiste, féministe, alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion ». « J’y vois une forme de promotion de l’islam politique », avait conclu Marlène Schiappa.

"Ça m'interpelle, non pas parce que c'est une étudiante qui porte le voile (c'est son droit le plus strict) mais ça… https://t.co/t6jOLYxv07— franceinfo (@franceinfo)


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Vendredi, le ministre de l’intérieur Gérard Collomb avait, quant à lui, estimé « choquant » qu’une dirigeante de l’UNEF à Paris porte un voile islamique, assimilant ce choix à du « prosélytisme ». « Je pense effectivement que c’est choquant. Il faut montrer un modèle et on voit bien qu’il y a un combat culturel finalement au sein des jeunes musulmans. On le voit bien qu’il y a un certain nombre de gens qui, au travers de ces signes, sont dans la provocation », avait-il déclaré sur BFM-TV.

Responsable de l'UNEF voilée: "C'est choquant" pour Gérard Collomb https://t.co/0wOACdrNJl— BFMTV (@BFMTV)


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Une laïcité désormais plus proche du modèle anglo-saxon
Le syndicat d’étudiants a opéré, depuis quelques années, une véritable mue sur la question de la laïcité. Ainsi, en 2013, l’UNEF se positionnait contre le voile à l’université. Dans un communiqué concernant le rapport du Haut Conseil à l’intégration, l’organisation s’inquiétait alors « que la principale proposition qui ressort dans le débat public concerne le port du voile à l’université » et affirmait qu’elle « [militait] contre cette pratique qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes ». Ce communiqué a, depuis, été effacé du site de l’UNEF.

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                Le lent délitement de la maison UNEF



Plus récemment, une salle de prière a même été ouverte en 2015, lors d’un collectif national (CN, parlement du syndicat), à la demande de quelques militants musulmans, comme une enquête du Monde le révélait en octobre 2017. Un épisode qui ne se répétera pas.
Cette conception de la laïcité, plus proche du modèle anglo-saxon, ne crée pas de débat en interne. « Nous sommes clairs sur ce que l’on dit, comment on l’applique et comment on la défend dans les universités », affirmait, en septembre 2017, la présidente de l’UNEF, Lilâ Le Bas. Le clivage se situe avec les ex-dirigeants du syndicat, qui voient leur ancienne maison leur échapper et prendre un virage qu’ils estiment regrettable. Il faut dire que l’UNEF a, depuis plusieurs années, coupé le cordon qui la reliait aux partis politiques et à leurs différents courants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Des centaines de milliers de lycéens recevront, à compter du 22 mai, les premières propositions d’affectation dans l’enseignement supérieur. Mais il sera encore difficile de tirer un bilan du fonctionnement de la nouvelle procédure d’admission post-bac, martèle-t-on déjà du côté de l’Etat.
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Parcoursup : la sensible question des candidats en attente

Des centaines de milliers de lycéens recevront, à compter du 22 mai, les premières propositions d’affectation dans l’enseignement supérieur. Mais il sera encore difficile de tirer un bilan du fonctionnement de la nouvelle procédure d’admission post-bac, martèle-t-on déjà du côté de l’Etat.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 10h00
    |

            Séverin Graveleau








                        



                                


                            

Pas une opération de déminage, juste un exercice de « pédagogie » sur la réforme de l’entrée dans l’enseignement supérieur. Alors que plus de 800 000 jeunes vont se connecter sur la nouvelle plate-forme d’admission post-bac, Parcoursup, mardi 22 mai, et découvrir les réponses des formations à leurs vœux d’orientation, le ministère a voulu préparer le terrain auprès des médias.
Le message : il sera difficile de tirer un véritable bilan de la nouvelle procédure dès le 22 mai, cette date n’étant que « le début d’un processus qui va monter en puissance » dans les jours et semaines qui suivront. Sous-entendu : pas de panique ! Les candidats et leurs familles – ainsi que les journalistes – ne doivent pas s’inquiéter si les propositions d’admission ne sont pas satisfaisantes ce jour-là. Mais surtout si de nombreux candidats n’ont pas encore de réponse à cette date-là.
Une petite musique en harmonie avec les « éléments de langage » qui circulent dans certains rectorats. Un diaporama diffusé lors d’une réunion au rectorat de Versailles explique ainsi qu’afin de « faire patienter les candidats » et « rassurer les familles », les professeurs pourront rappeler qu’« il faut un peu de patience, tout n’est pas joué le 22 mai. Beaucoup de choses vont évoluer dans les 10-15 jours qui suivent ».

La question est sensible. Difficile d’oublier à quel point, le 8 juin 2017, les résultats de la première phase de réponses de l’ancienne plate-forme Admission post-bac (APB) avaient fait le buzz. En cause, les quelque 150 000 jeunes qui n’avaient aucune proposition à quelques jours du baccalauréat.

« En attente »
Pour comprendre les précautions du ministère ces derniers jours, il faut revenir sur le fonctionnement de la plate-forme d’admission Parcoursup. La réforme des règles à l’entrée du supérieur repose en effet sur deux piliers : outre le tri inédit opéré à l’entrée des licences universitaires,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Sauf s’agissant de la voie professionnelle, le bac est peu regardé par les recruteurs et ne constitue pas un critère d’embauche.
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Premier job : le bac ne compte (presque) plus

Sauf s’agissant de la voie professionnelle, le bac est peu regardé par les recruteurs et ne constitue pas un critère d’embauche.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h12
    |

                            Françoise Marmouyet








                        



   


Lors des entretiens d’embauche, rares sont les recruteurs qui remontent jusqu’au bac.
« Le bac reste un symbole du passage à l’âge adulte et à ce titre, il ne faut pas le désacraliser. Mais si un bac général ou technologique est un passage obligé pour la poursuite d’études supérieures, il ne constitue absolument pas un critère de sélection pour les recruteurs », résume Laurent Hyzy, fondateur du cabinet de recrutement Alterconsult.
Même constat pour Véronique Karcenty, directrice du recrutement, de la diversité et des parcours chez Orange : « A bac plus deux, trois ou cinq, le bac est bien loin, et c’est l’adéquation de la dernière spécialisation avec le poste qui va nous intéresser », renchérit-elle.

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Le bac attire l’attention quand il est surprenant au regard de la suite du parcours. « Si un candidat a choisi une formation en école de commerce après un bac L mention très bien, on peut discuter de ce choix en entretien d’embauche pour tenter de mieux comprendre sa personnalité. Mais cela ne va pas plus loin ! » insiste Véronique Karcenty.
Bac pro, une valeur sûre
La nature du bac est davantage scrutée pour les 180 000 lycéens qui obtiennent chaque année un bac professionnel. Près des deux tiers tentent d’intégrer le marché du travail dès son obtention : le diplôme revêt pour eux une importante particulière.
Mais parmi les près de 90 spécialités proposées en bac pro, toutes n’assurent pas les mêmes débouchés. Celles du secteur industriel sont toujours très appréciées par les entreprises, offrent une meilleure insertion que celles du tertiaire, d’après les derniers chiffres du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq).
En 2013, trois ans après leur sortie du système scolaire, 70 % des bacheliers pro ayant suivi une spécialité industrielle occupaient un CDI, contre 64 % pour ceux ayant opté pour une spécialité du secteur tertiaire. Avec quelques secteurs qui se détachent.

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« Dans l’hôtellerie-restauration, le bac pro est un diplôme très prisé par les recruteurs, qui forme des professionnels de qualité, immédiatement opérationnels. C’est une valeur sûre », indique pour sa part Stéphane Pille, à la tête d’un cabinet de recrutement dans ce domaine.
Quasi 50 % des CDI sont attribués à des personnes formées en alternance chez Orange.
Une chose est sûre : dans la grande majorité des cas, pour les bacs pro comme pour les bacs généraux, les mentions ou les notes obtenues à l’examen ont peu d’importance aux yeux des recruteurs. Bien plus que les performances scolaires, c’est la capacité à s’intégrer au sein de l’entreprise qui est jugée lors d’un premier emploi.

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L’apprentissage constitue ainsi un atout majeur dans le CV des bacheliers professionnels. « Chez nous, c’est une porte d’entrée dans l’entreprise », explique Véronique Karcenty, qui indique que quasi 50 % des CDI sont attribués à des personnes formées en alternance chez Orange.
Laisser le bac sur son CV ?
Est-il, dès lors, utile de conserver son bac sur son CV ? « Après une ou deux expériences professionnelles, les compétences acquises priment sur le diplôme. Etant partisan du CV en une page, je pense qu’il ne faut signaler que ses deux derniers diplômes significatifs, afin de garder de la place pour les informations essentielles », répond Laurent Hyzy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ L’association Aspe solidaire, créée en 2011, octroie des microcrédits à des entrepreneurs qui souhaitent développer leur activité dans ce territoire reculé.
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Dans le haut Béarn, le coup de pouce solidaire de la vallée d’Aspe

L’association Aspe solidaire, créée en 2011, octroie des microcrédits à des entrepreneurs qui souhaitent développer leur activité dans ce territoire reculé.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 08h37
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 09h39
    |

            Solène Cordier (envoyée spéciale en Vallée d'Aspe)








                        



                                


                            

C’est une contrée verdoyante où résonnent les clochettes attachées au cou des brebis. Quand ils ont découvert la vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques), Patricia et Jérémie en sont immédiatement « tombés amoureux ». Le couple, tout juste trentenaire, a jeté son dévolu sur un des rares terrains en vente dans les environs. Deux hectares de forêt, pour y réaliser leur rêve : cinq cabanes dans les arbres, destinées aux voyageurs de passage.
Installés provisoirement dans leur petit camion rouge, qui leur sert à la fois de chambre et de bureau, les jeunes gens se rendent chaque jeudi dans le tout nouvel espace de coworking du village voisin, Bedous, pour travailler à l’élaboration de leur projet, qu’ils mûrissent depuis près de deux ans. Dans leur dossier de financement, une case attire l’attention : un microcrédit local estampillé « Aspe solidaire », d’un montant de 4 000 euros.
« En arrivant dans la région, on a entendu parler de cette association, donc on a monté un dossier. Si on l’obtient, le prêt nous servira à avoir un fonds de roulement la première année, pour les imprévus », explique Jérémie, posément.
Née en 2011, Aspe solidaire s’est taillé, depuis, une petite renommée, grâce à l’engagement sans faille de ses membres, tous bénévoles. Au départ, ce sont deux élues, Anne Berdoy et Elisabeth Médard, qui imaginent ce dispositif d’économie solidaire pour répondre à la faible diversité des emplois du territoire. Car ici, les gros employeurs sont en effet aux abonnés absents, à l’exception de quelques maisons de retraite ou de foyers pour personnes handicapées, et de l’usine de fabrication de pâte d’aluminium Toyal, dont la délocalisation annoncée — puis abandonnée — provoqua, en 2006, une grève de la faim du député Jean Lassalle. Une offre relativement restreinte qui fait dire aux habitants qu’« ici, quand tu n’es pas fils de paysan et que tu ne veux pas aller à l’usine, tu n’as rien ».
Microcrédits...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Comment « Le Monde », « The Guardian », « El Pais » et « Der Spiegel » ont suivi l’intégration de migrants sur leur territoire, dans le cadre du projet « The New Arrivals ».
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En Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, l’admirable résilience de familles de réfugiés

Comment « Le Monde », « The Guardian », « El Pais » et « Der Spiegel » ont suivi l’intégration de migrants sur leur territoire, dans le cadre du projet « The New Arrivals ».



Le Monde
 |    20.05.2018 à 08h07
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 17h55
    |

            Serge Michel








                        



   


Quand le quotidien britannique The Guardian s’est lancé dans le projet « The New Arrivals », ses reporters ont parcouru toute la Grande-Bretagne, de Coventry à Cardiff, de Liverpool à Leicester, de Sheffield à Nottingham, à la rencontre des 38 517 personnes qui avaient demandé l’asile dans le pays en 2016. Mais c’est sur un père et un fils, à Derby, au nord de Londres, que la journaliste Kate Lyons s’est arrêtée, très émue. Un an plus tôt, en raison de l’insécurité régnant dans sa région de Kunduz, en Afghanistan, Said Khan Norzai, 40 ans, cultivateur de melons de son état, quittait son pays avec sa femme et leurs sept enfants.
Alors qu’ils franchissaient clandestinement la frontière montagneuse entre l’Iran et la Turquie, des tirs ont fusé autour d’eux. Le groupe d’une centaine de migrants s’est dispersé. Lorsque Said et son fils Wali sont sortis de leur ­cachette, les autres membres de la ­famille avaient disparu. « Quand mon fils rentre à la maison le soir, il me demande : “Papa, où sont maman, mon frère et mes sœurs ?”, dit Said. Je pensais que les ­Anglais me donneraient un passeport pour aller en Turquie et les chercher. En dehors de cela, que puis-je faire ? Je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts. »
L’anglais de Wali, 9 ans, est déjà bon. Il sert d’interprète à son père. Il adore l’école, où il s’est fait huit amis. Il aimerait devenir médecin.
Le matin, après avoir déposé Wali à l’école, Said rentre et reste assis, seul. Il n’a ni radio, ni ordinateur, ni smartphone. Quand il ne supporte plus le silence de l’appartement, il sort et marche dans les rues de Derby, en comptant les minutes jusqu’à ce que se termine la journée et qu’arrive l’heure d’aller chercher son fils. L’anglais de Wali, 9 ans, est déjà bon. Il sert d’interprète à son père. Il adore l’école, où il s’est fait huit amis. Il aimerait devenir médecin. Y parviendra-t-il ? Lorsque paraît le premier épisode de « The New Arrivals », le 1er mars 2017, la reporter du Guardian n’en sait rien. « Leur situation est précaire », écrit-elle. La demande d’asile déposée par Said a été rejetée quelques semaines plus tôt, les autorités ­britanniques considérant l’Afghanistan comme un pays sûr. Parce qu’il ne sait pas lire, le père n’a pas ouvert la lettre et a raté le délai de quatorze jours pour faire appel.

   


Quelques mois plus tard, les Norzai ne répondront plus au téléphone. Le Guardian les retrouvera loin de Derby ­– après un périple que le journal dévoilera dans quelques semaines –, mais se voit pour l’heure obligé de poursuivre le projet avec d’autres migrants. Et notamment Binar, un Irakien marié, père de deux fillettes, titulaire d’un master d’une université britannique et qui s’apprêtait à rentrer. Mais au pays, sa famille lui dit que des menaces ont été émises contre lui. Il dépose une demande d’asile politique, qui sera refusée. Il fait appel, mais, depuis deux ans, alors qu’il n’a pas le droit de travailler, lui et les siens doivent se contenter des 36,95 livres sterling par personne et par semaine octroyées par les autorités britanniques.
Une enquête précise et cruelle
Et c’est toute la question d’une enquête précise et cruelle du Guardian : comment survivre en Grande-Bretagne avec une somme pareille ? Tous les vêtements proviennent de dons, les légumes sont achetés après 19 heures, lorsqu’ils sont soldés, les œufs remplacent la viande et les enfants jouent avec des objets trouvés. Fini les activités extrascolaires, les déplacements, la célébration des anniversaires : cette grande pauvreté organisée marque la vie des couples, déconsidère les parents aux yeux de leurs enfants, fait chuter les résultats à l’école et rompt les liens avec les familles restées au pays. Dans un autre reportage, en vidéo, le Guardian a trouvé pire encore. A Londres, des migrants sans abri font dormir leurs enfants dans les bus de nuit qui sillonnent la capitale.
A l’été 2015, Saïd Al-Ghoury, originaire de Tanger, au Maroc, a contribué à la survie du village de 80 habitants : grâce à lui, à son épouse et à ses deux filles, l’école de Visiedo est restée ouverte.
Mais il y a aussi quelques histoires heureuses. La famille Batak, de Damas, a été accueillie par la population d’un village perdu du Pays de Galles, Narberth, qui s’est cotisée pour les aider. Les enfants jouent au foot avec les petits Gallois. La mère, Safaa, a rejoint un groupe de tricot, qu’elle adore. Le père, Ahmad, a cessé de fumer. Et tous se sont mis, comme les Anglais, à parler du temps qu’il fait. « J’aime ce genre de temps, dit l’un des fils, Huseen, alors que la pluie tombe. J’aime le froid. J’aime la pluie. »
Ce n’est pas une histoire très différente que raconte Laura delle Femmine, une des reporters d’El Pais, le grand quotidien espagnol, à Visiedo, un village minuscule à 45 km au nord de Teruel, dans le centre de l’Espagne. A l’été 2015, Saïd Al-Ghoury, originaire de Tanger, au Maroc, a contribué à la survie du village de 80 habitants : grâce à lui, à son épouse et à ses deux filles, l’école de Visiedo est restée ouverte. La région est la plus clairsemée d’Espagne, avec 9,6 habitants par kilomètre carré, mais elle a vu le nombre d’immigrés augmenter de plus de 2 000 % depuis 1998.
Ce reportage, qui a fait grand bruit en Espagne, était pourtant un pas de côté pour El Pais, qui a choisi de suivre, avec le projet « The New Arrivals », l’équipe de foot amateur l’Ame de l’Afrique, à Jerez de la Frontera, dans le sud de l’Andalousie, dont tous les joueurs sont des migrants. Certains, explique El Pais, comme les deux jeunes Sénégalais Mahu Dione et Abdou Diouf, ont débarqué sur la plage toute proche dans ces navires de fortune qui ont connu tant de naufrages.

   


D’autres, comme les Camerounais Issa Abdou et Yves-Florent Fieusse, ont réussi à sauter la gigantesque barrière érigée autour de l’enclave de ­Melilla, seule frontière terrestre entre l’Europe et l’Afrique. « L’équipe ne me donne pas un job, dit Issa, mais cela me donne de la joie de ­vivre. » Et il en faut pour survivre en nettoyant des voitures avec, sans cesse, la peur au ventre à l’idée d’être expulsé.
Le football ne donne pas de job, et pas de protection non plus. En février, rapporte El Pais, lors d’un match contre une équipe de Cadix, un joueur adverse a frappé un membre de l’Ame de l’Afrique à la mi-temps en lui criant qu’après le match il lui couperait les tresses.
Etonnante Ruua
Pour un touriste, prendre l’avion de ­Madrid à Rabat, au Maroc, coûte 41 euros et prend une heure. Mais les vols low cost de Ryanair ne sont pas pour les Marocains comme Hicham Aidami, estime la journaliste Naiara Galarraga Gortazar, qui a rédigé pour El Pais une série ­d’enquêtes sur les permis de séjour et la bureaucratie espagnole. A 17 ans, Hicham s’est accroché sous le châssis d’un camion pour traverser le détroit de Gibraltar. Ailier droit de l’Ame de l’Afrique, il a dû se cacher durant trois ans avant de faire une première demande de régularisation. Trois autres années plus tard, au printemps 2018, il l’a obtenue et, grâce à son travail dans un fast-food, paie des impôts pour la première fois de sa vie.
C’est aussi l’incroyable courage et la ­résilience des migrants qui ont frappé la journaliste Eva Thöne et la photographe Maria Feck, qui participent au projet « The New Arrivals » pour Der Spiegel. En particulier Ruua, l’aînée et la fierté de la famille syrienne Abu Rached, que suit le magazine allemand depuis plus d’un an.
Ruua apprend la mort de son meilleur ami, un infirmier de Damas : le matin il lui envoyait un SMS, avant midi un soldat lui a tiré dans le cœur alors qu’il tentait de sauver des blessés dans la rue.
Ruua, 23 ans, que la guerre à Damas a empêchée d’étudier la médecine et qui s’est contentée d’un job de technicienne médicale. Ruua qui donnait des coups de main dans un hôpital où les blessés arrivaient empilés par six dans le coffre des voitures. Ruua qui s’est retrouvée sur un bateau à la dérive, en Méditerranée, repêchée par miracle trois jours plus tard par un pétrolier allemand. Ruua, seule femme pour 99 hommes à s’inscrire en auditeur libre à l’université. Ruua qui ­décroche une des rares places du Studienkolleg de Nordhausen, où elle va en deux semestres rattraper le niveau du bac allemand pour entrer à l’université, en médecine. Ruua qui vit désormais seule à 230 km de ses parents, restés à Lunebourg. Ruua qui, le 29 janvier 2014, alors qu’elle était déjà en Allemagne, apprend la mort de son meilleur ami, un infirmier de Damas : le matin il lui envoyait un SMS, avant midi un soldat lui a tiré dans le cœur alors qu’il tentait de sauver des blessés dans la rue, et le soir elle découvrait la photo de son cadavre sur Facebook.
Ce n’est pas seulement la force de ­caractère de certains migrants que donnent à comprendre les reportages du Spiegel, mais aussi le pragmatisme des autorités allemandes. L’université de Potsdam, au sud de Berlin, a ainsi lancé un enseignement pilote, « Refugee Teachers Program », pour transformer, en un an et demi, 26 professeurs syriens en… professeurs allemands. L’équation est simple : d’ici cinq ans, 293 000 nouveaux élèves issus de l’immigration ­seront sur les bancs des écoles du pays. Or les enseignants se raréfient et 35 000 manqueront à l’appel d’ici à 2025, rien que pour le primaire. Il existe un potentiel : 11 000 enseignants ont demandé l’asile en 2016, selon l’Office fédéral des migrations et des réfugiés. A en croire Basel Alsayed, 29 ans, il suffit de les former « et de [les] lancer dans l’eau froide » pour montrer qu’ils savent nager. Lui-même enseignait l’anglais aux petits ­Syriens. Depuis février 2018, il enseigne l’anglais aux petits Allemands.
L’ensemble des reportages de nos partenaires « El Pais », « The Guardian » et « Der Spiegel » sont accessibles sur le site du European journalism Centre, Thenewarrivals.eu

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Contraints de quitter leur pays seuls, les Soudanais de Vichy que « Le Monde » a suivi racontent leur vie de célibataires en France.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La très grande solitude affective des exilés

Contraints de quitter leur pays seuls, les Soudanais de Vichy que « Le Monde » a suivi racontent leur vie de célibataires en France.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h30
    |

                            Emile Costard








                        


Un soleil de mai filtre à travers le pare-brise. Ebloui, Ahmed profite d’un arrêt au feu pour sortir de sa veste une paire de ­lunettes noires, quand trois ­jeunes filles traversent au passage piéton. Il tourne lentement la tête de gauche à droite, mais un klaxon le sort de sa torpeur. En­ ­redémarrant, Ahmed esquisse un sourire gêné : « Elles étaient très belles… » Puis la gêne laisse place à la mélancolie. « Ça fait plus de trois ans que je n’ai pas vu ma femme. Trois ans, c’est long ! », ajoute-t-il pour justifier son ­absence passagère.
« Grâce à WhatsApp, je suis en contact avec ma femme presque tous les jours », Ahmed
Ahmed est originaire de Nyala, une ville du Darfour qu’il a dû quitter précipitamment une nuit de novembre 2014 : « Quand j’ai été menacé par la sécurité nationale, je me suis caché et j’ai quitté le pays le plus rapidement possible. Je n’ai rien dit à ma femme, pour la protéger. » Ce n’est qu’une fois en Libye qu’il a pu l’appeler, la rassurer, lui expliquer son départ précipité, lui jurer qu’il allait bien et qu’ils se reverraient peut-être un jour. En Europe.
S’il est difficile pour Ahmed de ­parler de son exil, de sa vie d’avant, c’est avec une plus grande pudeur encore qu’il raconte sa vie sentimentale. « Grâce à WhatsApp, je suis en contact avec ma femme presque tous les jours », dit-il en ­faisant défiler sur son smartphone quelques photos de celle qu’il espère revoir au plus vite.

   


Comme Ahmed, 14 603 Soudanais ont pu ces dernières années bénéficier d’un titre de séjour en France, selon la direction des étrangers du ministère de l’intérieur. « Maisaujourd’hui la migration des Soudanais est presque ­exclusivement masculine. Dans les centres d’accueil et d’orientation, 90 % des demandeurs d’asile de nationalité soudanaise sont des hommes âgés de 25 à 30 ans », ­explique Didier Leschi, directeur général de l’Office ­français de l’immigration et de l’intégration.
« Un sujet tabou »
Si ces dernières années la France a mis en place des politiques ­publiques pour la santé des ­migrants, l’apprentissage du ­français ou l’accès à la formation, une dimension essentielle pour le bien-être de ces hommes ne ­relève pas directement de cette prise en charge : la sexualité et la vie affective des exilés. « Ce sujet tabou n’est abordé que sous la forme du fait divers ou de l’effroi, alors même qu’il ne se passe pas une semaine sans que les questions de santé, de logement, de liberté de circulation fassent l’objet d’interventions associatives ou de colloques », regrette Didier Leschi.
Car ces jeunes gens dans la force de l’âge aspirent évidemment à faire des rencontres. Cependant, leur faible sociabilité, notamment en raison d’un manque de mobilité dû à leur difficulté ­d’accès à l’emploi, complique les rencontres avec des femmes et peut nourrir des frustrations.
« Il y a des femmes d’autres pays africains sur les routes de l’exil, comme les Nigérianes, et ce qu’elles traversent est inhumain », Ali
Pour Ahmed, cette immigration quasi exclusivement masculine s’explique en partie par l’extrême violence sur les routes de l’exil. « Il aurait été impossible que je fasse endurer à ma femme ce par quoi je suis passé pour venir en Europe », raconte-t-il. Après avoir marché plus de huit jours dans le désert ­libyen et subi la cruauté des ­passeurs, il a traversé la mer pour se retrouver à la rue, sur les trottoirs européens.
Ali, 30 ans, lui aussi réfugié soudanais installé à Vichy, partage cet avis. « En Libye, les migrants sont traités comme des esclaves. Il y a des femmes d’autres pays africains sur les routes de l’exil, comme les Nigérianes, et ce qu’elles traversent est inhumain, pire que ce que les hommes endurent », explique cet ancien universitaire de Khartoum. Il ajoute que l’absence des femmes soudanaises sur les routes de l’exil s’explique peut-être aussi par les réticences de la ­société soudanaise à laisser voyager une femme seule.
« Sur Internet, sans succès »
Ahmed a aujourd’hui le statut de réfugié et vit dans un studio à Vichy. Il se dit chanceux de s’être marié officiellement avant de partir en exil. Il compte se lancer prochainement dans les démarches de réunification familiale pour que sa femme puisse le rejoindre en voyageant dans de bonnes conditions. « J’aimerais pouvoir bien l’accueillir, avoir une situation, un travail correct. En attendant, je continue de parfaire mes talents de cuisinier, dit-il avec ­humour. En vivant seul, j’ai appris à me débrouiller au quotidien. »
« Je connais plusieurs ­Soudanais qui ont des relations avec des Françaises. Dans quelques ­années, des couples mixtes se ­marieront », Ahmed
Pour ceux qui ne pourront faire valoir la réunification familiale parce qu’aucune femme ne les ­attend au Soudan où parce que leur union n’a pu être officialisée avant leur départ, Ahmed se veut positif. « Je connais plusieurs ­Soudanais qui ont des relations avec des Françaises. Dans quelques ­années, des couples mixtes se ­marieront. » Pour Hassan, qui a dû quitter son pays d’origine, l’Erythrée, afin d’éviter le service militaire, la barrière de la langue complique les interactions avec les Françaises. « Dans des villes comme Vichy, les rencontres avec des femmes sont rares, alors je vais parfois sur Internet, mais sans grand succès », regrette l’Eyrthréo-Soudanais de 37 ans.
Selon Didier Leschi, « il y a là une question à anticiper et à aborder, notamment quand on parle de l’intégration des migrants ». Car, aujourd’hui, la question de la sexualité se pose de manière bien différente de ce qu’elle a été pour les travailleurs immigrés des ­années 1960 et 1970. Ils étaient souvent déjà mariés ou engagés au moment de leur exil et avaient la possibilité de revenir régulièrement voir leurs épouses.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Accueil des réfugiés : les habitants de Vichy, entre indifférence et solidarité

Epaulés par un réseau associatif, les réfugiés soudanais installés dans la cité thermale souffrent pourtant du manque de contacts avec la population



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h32
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Le week-end de la Pentecôte sera le dernier pour l’épicerie Les Cop’ins d’abord, à l’angle de la rue Voltaire et du boulevard Carnot, à Vichy. A deux pas de là, les demandeurs d’asile et ­réfugiés de la résidence Claudius-Petit, un foyer Adoma de près de 90 places, ne le ­savent pas encore, mais c’est grâce à eux que ce dépôt de pain, le dernier du quartier, n’a pas baissé le rideau plus tôt.
« J’ai été heureuse de les avoir comme clients. Sans eux, j’aurais mis la clé sous la porte il y a deux ans », assure Fabienne ­Dubois. « Eux », comme elle dit, sont des ­migrants venant d’Afrique et parfois du Moyen-Orient. Ils sont arrivés par dizaines en 2016 dans la cité thermale, et ont tout de suite représenté 70 % de sa clientèle.
« Ce sont des gens respectueux, je n’ai jamais eu de problèmes avec eux. Au début, on se parlait surtout avec les mains. Je les ai vus s’améliorer en français, assure la responsable de ce petit magasin. Certains sont partis, à Lyon, à Clermont-Ferrand et même à Brive. Ils passent dire bonjour quand ils reviennent. Je suis ­contente qu’ils puissent avancer. » Fabienne Dubois, elle, n’avancera plus avec Les Cop’ins d’abord. Elle a préféré mettre la clé sous la porte quand elle a appris qu’un supermarché allait ouvrir non loin, avant la fin de l’année.
« Ni pour ni contre »
Tous les commerces du centre-ville ont ­bénéficié de cette nouvelle clientèle étrangère : la boucherie halal L’Etal de l’Allier, dans cette même rue Voltaire, les tabacs de la gare et surtout le bureau central de la Poste, à une centaine de mètres de leur résidence. « La plupart ont un livret ou un compte chez nous, affirme une chargée de clientèle. Mais ils viennent aussi pour les abonnements téléphoniques avec beaucoup d’Internet et sans engagement. » Elle estime qu’il ne se passe pas un jour sans qu’elle voie des réfugiés, et se dit impressionnée par la solidarité dont ils font preuve. « Les premiers arrivés accompagnent les suivants », explique-t-elle.
C’est difficile de trouver des Français avec qui parler. J’apprends toute la journée mais, le soir, je me retrouve avec d’autres Soudanais, et j’oublie », Faizal, 23 ans
Certains habitants de Vichy, membres de l’association Réseau Vichy solidaire, offrent des cours de français aux demandeurs d’asile. D’autres, comme Martine Ghazali, leur ont ouvert leur appartement pour un atelier cuisine. Pour faire leurs courses, les plus démunis vont à la Croix-Rouge, au ­Secours catholique ou aux Restos du cœur, tous situés à une dizaine de minutes de marche, dans cette petite ville où tout se fait à pied. D’autres préfèrent pousser un peu plus loin, jusqu’aux boutiques discount Lidl ou Aldi. « Au moins les dates des produits ne sont pas dépassées », dit en souriant Abubakr, d’origine soudanaise.
Est-ce à dire que les demandeurs d’asile ont été les bienvenus à Vichy, malgré la réputation de la ville d’être plutôt âgée et ­conservatrice ? Michel Pourieux, bénévole au Secours catholique. hausse les épaules. « La plupart des gens ne sont ni pour ni contre, il y a surtout de l’indifférence », dit-il.
Une indifférence qui n’a pas échappé aux réfugiés. Faizal, 23 ans, soudanais lui aussi, a suivi les 200 heures de français proposées par l’Office français de l’intégration et de l’immigration (OFII) ainsi qu’une formation de trois mois financée par Pôle emploi afin d’améliorer l’utilisation de la langue en vue d’une insertion professionnelle. Ce qui lui manque le plus ? « L’intégration. C’est difficile de trouver des Français avec qui parler. J’apprends toute la journée mais, le soir, je me retrouve avec d’autres Soudanais, et j’oublie », soupire-t-il.
Comme lui, près d’une vingtaine de réfugiés soudanais ont élu domicile dans les anciens hôtels du vieux Vichy devenus des résidences à meublés, des studios pour les curistes ou les étudiants du Cavilam – une école de français pour les étrangers –, entre la place d’Allier et la rue de la Laure. En attendant de trouver mieux ailleurs. Dans six mois, Faizal espère partir « vers Lyon ou Toulouse, parce que, là, il y a plus de travail », explique-t-il, assis sur le lit de sa chambre au lambris en bois.
Figure d’exception
Anwar, voisin d’un immeuble proche, adore les bords de l’Allier pour jouer au foot dans les parcs ou se balader le long de la rivière. Après sa formation, il a décroché un contrat d’insertion dans une entreprise de recyclage de palettes en bois. « Je vois seulement les Français au travail, après il n’y a pas grand-chose, et je passe de plus en plus de temps sur l’ordinateur. Parfois, je vais manger un kebab dans un restaurant », raconte-t-il, un peu désappointé, après deux années passées à Vichy.
La mairie, à droite depuis toujours, ne fait rien pour faciliter l’intégration des réfugiés, considérant qu’ils relèvent de l’Etat et non de la commune ou de la communauté d’agglomération. Même après l’obtention de leur statut de réfugiés, Anwar, Faizal et leurs semblables n’ont pas été invités aux réceptions annuelles pour les nouveaux habitants de la ville. Avant cela, pendant la longue attente de leur statut, ils n’ont pas eu accès aux ser­vices publics locaux, pas même aux forfaits de bus, qui leur auraient été très utiles pour aller jouer au foot au parc omnisports.
De fait, le destin de Poriya, un Iranien de 22 ans, pas encore réfugié mais inscrit en BTS management au lycée Albert-Londres, fait figure d’exception. Sportif, il a intégré le club de kayak de Bellerive-sur-Allier, en rive gauche de la rivière. Surprise : c’est lui, regard concentré, pagayant avec force, qui figure sur l’affiche de la course en ligne prévue le dimanche 3 juin sur le lac d’Allier. Ramer, belle métaphore des efforts d’intégration des réfugiés à Vichy.

Pablo Aiquel, journaliste et exilé solidaire
Dès le biberon, Pablo Aiquel a été nourri à l’exil. Ce journaliste indépendant de Vichy, un des pivots de l’intégration des réfugiés soudanais dans sa ville, est né au Chili en 1974. En 1977, il déménage pour le Venezuela où son père part travailler comme ingénieur naval, avant de venir en France à tout juste 18 ans. « J’avais une bourse du gouvernement vénézuélien pour faire mes études supérieures après une année d’apprentissage du français », explique-t-il.
Le diplôme de l’école de journalisme de Lille en poche, Pablo Aiquel rentre en 1997 au Venezuela où il travaille six années comme correspondant pour RFI, Libération ou Le Monde diplomatique, en parallèle à son travail pour El Universal puis El Nacional, deux médias vénézuéliens de référence. Mais le coup d’Etat du 11 avril 2002 rebat les cartes et fait prendre un virage à sa vie. « Le terme même de “coup d’Etat” a été rapidement quasiment banni des colonnes. Beaucoup de mes collègues sont partis du journal et moi, je me suis retrouvé au service des sports… », explique t-il.
Il décide alors de venir s’installer durablement en France, émigration facilitée par son mariage avec une Française quelques années auparavant. Mais pour Pablo, le rapport à l’exil remonte bien avant, puisque ce franco-vénézuelo-chilien reconnaît faire partie d’« une famille d’éternels déracinés » dont les ancêtres ont quitté le Liban à l’aube du XXe siècle.



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Les Soudanais s’exilent, leur président s’accroche au pouvoir

L’Union européenne s’appuie sur Omar Al-Bachir pour contenir les flux migratoires sur son sol, alors qu’il en est une cause majeure.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h31
    |

            Joan Tilouine








                        



   


C’est un quinquagénaire soudanais d’apparence banale qui se débrouille comme il le peut en France, où il a obtenu l’asile et où il apprend un métier. Dans sa vie antérieure, au Soudan, il a mené des missions sensibles, comme celle de gérer la présence dans la capitale soudanaise d’Oussama Ben Laden dans les années 1990, ou encore de l’Ougandais Joseph Kony, sanguinaire chef de l’Armée de résistance du Seigneur. Il a été un cadre des services de sécurité du régime ­militaro-islamiste de Khartoum.
Puis, face aux exactions commises par les forces de sécurité dans la province du Darfour, au milieu des années 2000, il a fait défection, témoigné contre le régime auprès de la Cour pénale internationale (CPI) et entrepris un long voyage clandestin qui s’est terminé en France. La peur, l’indigence et les menaces des nervis du régime l’ont poussé à naviguer entre les cercles d’opposants et les agents du pouvoir surveillant étroitement les près de 30 000 Soudanais établis dans l’Hexagone. Car, à Paris, chefs et émissaires de groupes rebelles, journalistes en exil, espions à la solde du régime ou ayant fait ­défection s’évitent, s’épient ou discutent discrètement.
Omar Al-Bachir gère ­désormais son retour sur la scène internationale, malgré le mandat d’arrêt lancé à son encontre par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour
A 7 000 kilomètres de là, le président, Omar Al-Bachir, au pouvoir depuis 1989, ne se soucie plus vraiment de ces dissidents et autres éléments perturbateurs. Il gère ­désormais son retour sur la scène internationale, malgré le mandat d’arrêt lancé à son encontre par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour. De fait, l’Union européenne s’appuie sur le Soudan pour contenir une partie des flux migratoires dans le cadre de sa ­politique d’« externalisation des frontières ». Une occasion pour Omar Al-Bachir de se rendre indispensable, alors même qu’il contribue à l’arrivée de migrants en ­Europe en privant d’avenir une partie de la jeunesse de son pays.
Au Soudan, les conflits armés se poursuivent dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan. Le chef de l’Etat aime à marteler qu’il rendra « un Soudan ­dépourvu de conflits et de mouvements rebelles » en 2020, date de la fin de son dernier mandat, selon la Constitution. La menace la plus inquiétante, pour le régime de Khartoum, ne vient plus des groupes rebelles, pourchassés par les milices gouvernementales, qui continuent de causer d’importants déplacements de populations au Darfour, selon la mission de l’Union africaine déployée sur place, mais bien la crise économique. Le Soudan manque de devises, ne maîtrise plus l’inflation et a dévalué sa monnaie dans l’espoir d’attirer des investisseurs étrangers. Le budget 2018, austère, n’épargne qu’un seul domaine, celui de la défense et de la sécurité, qui absorbe 75 % des ­dépenses de l’Etat.
Une diplomatie d’équilibriste
Le mécontentement populaire s’est traduit par des manifestations contre la hausse des prix en début d’année, qui se sont soldées par cinq morts et plusieurs dizaines d’arrestations. Pour tenter d’apaiser la fronde populaire, Omar Al-Bachir a annoncé, en avril, la libération de tous les prisonniers politiques et une relance de l’interminable dialogue avec l’opposition et les groupes armés, dont une partie maintient son boycott des discussions. Le même mois, pour avoir dénoncé publiquement les salaires impayés de cadres de son administration, le ministre des affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, a été remercié. Omar Al-Bachir se prive ainsi de son plus brillant diplomate, ­artisan de la normalisation en cours avec Washington.
Après avoir rompu avec l’Iran, en janvier 2016, le Soudan s’est rangé aux côtés de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen, envoyant plusieurs milliers de soldats sur place. Parallèlement, Khartoum a maintenu ses relations avec ses alliés traditionnels, le Qatar et la Turquie, pourtant honnis par ses parrains du Golfe. Cette même diplomatie d’équilibriste se retrouve vis-à-vis de Washington et Moscou.
Le Soudan a bénéficié de la ­levée partielle des sanctions américaines en octobre 2017, tout en resserrant ses liens avec la Russie. Au grand dam de l’Egypte, Omar Al-Bachir s’est placé au centre des négociations sur le partage des eaux du Nil, en prenant fait et cause pour l’Ethiopie contre l’Egypte. On retrouve la main de Khartoum jusqu’en Libye et en Centrafrique, où le Soudan est actif par le truchement de gouvernements, de groupes armés ou de religieux prosélytes. Une diplomatie du chaos dont l’un des buts est d’entretenir des foyers de crise pour ensuite proposer de gérer les mouvements ­migratoires qu’elle engendre.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Larregue réagit à une chronique de Laurent Alexandre parue dans « L’Express », s’inquiétant de ce qu’il considère comme une tentative d’éclipser les sciences sociales de la recherche sur l’éducation.
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Réussite scolaire : « Rien ne permet d’affirmer que le QI est lié pour 50 % au patrimoine génétique »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur Julien Larregue réagit à une chronique de Laurent Alexandre parue dans « L’Express », s’inquiétant de ce qu’il considère comme une tentative d’éclipser les sciences sociales de la recherche sur l’éducation.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h51
    |

Julien Larregue (Postdoctorant à la chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences de l’université du Québec, à Montréal)







                        



                                


                            
Tribune. L’intelligence et la réussite scolaire sont-elles déterminées génétiquement ? Des recherches menées en génétique comportementale semblent abonder en ce sens, avec une héritabilité qui avoisinerait les 50 %.
A la suite de ces résultats, Laurent Alexandre, président de l’entreprise DNAVision et chroniqueur au Monde [supplément « Science et médecine »], a cru pertinent d’affirmer dans un hebdomadaire que « ce n’est pas parce qu’il y a des livres dans les bibliothèques des bourgeois que leurs enfants sont de bons lecteurs, c’est parce qu’ils ont reçu un bon patrimoine génétique », et que Bourdieu avait donc eu tort de nier l’importance de la génétique (ce qu’il n’a au demeurant jamais fait).
Postulat contestable
A une époque où l’on met en avant l’épigénétique et la plasticité cérébrale, prétendre quantifier de façon aussi simpliste la part qui revient à la génétique et celle qui revient au social est critiquable, comme cela a été à juste titre relevé par un collectif de chercheurs dans une tribune récente. Mais même en partant du postulat contestable que l’intelligence est effectivement déterminée à 50 % par la génétique, la carte blanche que certains voudraient donner aux neuroscientifiques et généticiens au détriment des chercheurs en sciences sociales ne se justifie pas d’un point de vue strictement scientifique.
Tout d’abord, si l’on suit les résultats des recherches menées en génétique comportementale, environ 50 % de la variance statistique observée dans le quotient intellectuel demeurerait environnementale. Si bien que l’on comprend mal cette tentative d’éclipser le social, qui se trouve ici symbolisée par le prétendu crépuscule de l’idole bourdieusienne.
Il est par ailleurs particulièrement naïf de réduire le système scolaire à une chambre d’enregistrement d’une qualité biologique quantifiable, le quotient intellectuel. Depuis l’école primaire jusqu’à l’université, la réussite scolaire repose...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Dans « Le Journal du dimanche » du 20 mai, le ministre passe en revue le travail accompli depuis un an et présente quelques mesures nouvelles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/05/2018
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Education nationale : Jean-Michel Blanquer fait le bilan d’un an de réformes

Dans « Le Journal du dimanche » du 20 mai, le ministre passe en revue le travail accompli depuis un an et présente quelques mesures nouvelles.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 05h54
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 10h10
   





                        



   


A l’heure de faire le bilan de sa première année comme ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer lâche au Journal du dimanche : « Un an, c’est court. » Dans l’édition du 20 mai, il retrace les réformes qu’il a entreprises ou prévues pour redresser le système scolaire français. « Je l’ai souvent répété : 20 % des élèves sortent de l’école primaire sans maîtriser les savoirs fondamentaux, défend-t-il. Améliorer ces résultats médiocres et retrouver le goût de l’excellence sont mes obsessions. »
La maternelle, « l’école de l’épanouissement et du langage »
Le ministre va rendre la scolarité obligatoire à partir de 3 ans à partir de la rentrée 2019 : « 25 000 enfants supplémentaires y seront accueillis », estime-t-il. Un autre changement dans la maternelle sera matérialisé par une formation du personnel centrée sur la « théorie de l’attachement » pour un cadre rassurant et « les méthodes les plus efficaces pour immerger les élèves dans le langage ».
Ne pouvant dédoubler les classes en maternelle, par contraintes économiques, M. Blanquer veut « valoriser le travail des Atsem [agent territorial spécialisé de l’école maternelle] ».

        Lire aussi :
         

                Ecole maternelle obligatoire à 3 ans  : « Un enfant qui joue apprend mieux »



Le dédoublement des CP en éducation prioritaire
Cette approche, qu’il juge « à l’avant-garde de la lutte contre les inégalités », va être poursuivie avec 3 100 classes de CP en réseau d’éducation prioritaire (REP) et une partie des CE1 en REP + à la rentrée 2019. Des mesures qui concernent 320 000 enfants chaque année.
La semaine des quatre jours
M. Blanquer annonce que « 70 % des communes à la rentrée 2018 », et 60 % des élèves (les grandes villes conservant les quatre jours et demi), repasseront à la semaine des quatre jours. Mais, pour le ministre, « l’éducation nationale doit se réimpliquer dans le temps périscolaire ». Ainsi, il travaille sur « le plan mercredi » avec les municipalités.

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                Pourquoi les rythmes scolaires font toujours débat



La méthode syllabique prônée
« Les méthodes syllabiques sont les meilleures », répète le ministre à l’hebdomadaire, qui laisse aux enseignants le choix du manuel. Cette méthode implique la dictée quotidienne, deux séances d’écriture de dix à vingt minutes, l’étude de cinq à dix œuvres par an du CP au CE2, au moins quinze minutes de calcul mental par jour… « Je ne vois pas pourquoi un enfant de 2018 n’aurait pas les mêmes capacités qu’un enfant de 1960 ou 1905 », assure-t-il.

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                Apprentissage de la lecture au CP : le b.a.-ba d’une fausse polémique



Des programmes scolaires remusclés de la maternelle au collège
« Nous fixerons cet été des repères de progression annuels en français et en maths [de la maternelle à la troisième], pour éviter de se retrouver à la fin avec des lacunes irrattrapables. »
Le « retricotage » de la réforme du collège
Depuis son entrée en fonction, il a permis aux établissements de rétablir les classes bilangues et les sections européennes, notamment. Ce « retricotage » de la réforme de Najat Vallaud-Belkacem est « un moyen de redonner de l’attractivité aux collèges dans les territoires en difficulté ».
Le ministère a également lancé le dispositif « devoirs faits », appliqué par 70 % des collèges. « A la rentrée 2018, tous [les établissements concernés] devraient offrir au moins deux heures d’étude surveillée par jour aux élèves volontaires. »
Interdiction des téléphones portables à l’école
« La proposition de loi sera examinée le mois prochain », assure M. Blanquer. Quant à la manière de l’appliquer, chaque établissement laissera libre cours à son libre arbitre.

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                L’interdiction du téléphone portable à l’école, une mesure difficilement applicable



Des changements au lycée
Dès l’entrée en seconde, les élèves se livreront à un test de positionnement, qui déterminera s’ils ont besoin d’aide dans certaines matières. Autre changement : cinquante-quatre heures consacrées à l’orientation. « Les changements plus importants, en classe de première, surviendront en 2019. »

        Lire aussi :
         

                Orientation : la mission impossible des psychologues de l’éducation nationale



La réforme du bac pour 2021
Pour éviter les effets pervers de la réforme du bac, comme le bachotage en raison des épreuves finales restreintes, le ministère prévoit de mettre en place des épreuves courtes durant l’année scolaire. « En 2021, les élèves de seconde et de première auront cours jusqu’à la fin juin », a également annoncé M. Blanquer.

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                En l’état, la réforme du lycée déçoit la communauté éducative



Les lycées professionnels, deuxième priorité
« Deuxième priorité après l’école primaire » pour le ministre, la voie professionnelle aura le droit à sa réforme, présentée le 28 mai. « Nous voulons développer, en lien avec les régions, de grands campus consacrés aux thèmes d’avenir », développe-t-il, citant la révolution numérique et la transition écologique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ L’avocat du réalisateur français, Thierry Marembert, « dément catégoriquement ces accusations fantaisistes », dans une déclaration à l’Agence France-presse.
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Le réalisateur Luc Besson visé par une plainte pour viol

L’avocat du réalisateur français, Thierry Marembert, « dément catégoriquement ces accusations fantaisistes », dans une déclaration à l’Agence France-presse.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 19h23
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 00h58
   





                        


Le réalisateur Luc Besson est visé par une plainte pour viol déposée vendredi 18 mai par une actrice, selon une information d’Europe 1 confirmée par l’Agence-France-presse (AFP) samedi. Une enquête a été ouverte et confiée au premier district de police judiciaire.
« Luc Besson dément catégoriquement ces accusations fantaisistes », a réagi auprès de l’AFP son avocat Thierry Marembert. « C’est quelqu’un qu’il connaît, avec qui il n’a jamais eu de comportement déplacé », a-t-il ajouté.
Les faits se seraient produits au Bristol
Selon Europe 1, c’est une comédienne de 27 ans qui accuse M. Besson d’avoir abusé d’elle. Les faits se seraient produits jeudi soir lors d’un rendez-vous au Bristol, un palace parisien situé près des Champs-Elysées.
« La plaignante, qui connaît le producteur depuis plusieurs années, raconte avoir bu une tasse de thé puis s’être sentie mal et perdre connaissance. A son réveil, en fin de soirée, lui seraient revenus en mémoire des attouchements et pénétrations », explique Europe 1. Auditionnée dans la foulée avant de déposer plainte, elle a affirmé entretenir une relation intime avec le réalisateur de 59 ans depuis environ deux ans et s’y être sentie obligée compte tenu de leurs rapports professionnels, selon des sources judiciaires à l’AFP.
En déplacement à l’étranger, le réalisateur du Grand Bleu n’a pas été entendu par les enquêteurs, selon une source proche de l’enquête.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Une voyageuse avait signalé à la police un homme aux « agissements étranges », portant un sac contenant des batteries et des fils électriques.
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Marseille : la gare Saint-Charles évacuée après l’arrestation d’un homme au comportement suspect

Une voyageuse avait signalé à la police un homme aux « agissements étranges », portant un sac contenant des batteries et des fils électriques.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 19h15
   





                        



   


La gare Saint-Charles de Marseille a été évacuée et le trafic ferroviaire interrompu plusieurs heures, samedi 19 mai, après l’arrestation d’un homme par des soldats de l’opération « Sentinelle » en raison d’un comportement « étrange », a fait savoir un porte-parole de la police à l’Agence France-Presse.
Le suspect a été interpellé cinq minutes après son signalement par une voyageuse vers midi, a précisé la police des Bouches-du-Rhône sur Twitter.

#GareSaintCharles Sécurisation secteur terminée.Un individu interpellé par @PoliceNat13 suite  comportement suspect… https://t.co/oxaq8rUHRJ— PoliceNat13 (@Police nationale 13)


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Le procureur de la République Xavier Tarabeux a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) que le suspect transportait « du matériel électrique et électronique pouvant entrer dans la composition d’un engin explosif ».
La section antiterroriste du parquet n’est pas saisie
« Nous n’avons pas encore son identité, mais cet homme dit être tchétchène et parle russe », a précisé le magistrat. « Ce qu’il avait sur lui n’était pas un engin explosif, ce n’était pas dangereux en soi, mais c’est du matériel électrique et électronique pouvant entrer dans la composition d’un engin explosif », a-t-il expliqué.
Le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Olivier de Mazières, a quant à lui indiqué à l’AFP qu’il n’y avait « pas d’élément qui nous permet de penser qu’il y avait un danger immédiat ».
Le maire LR de la ville Jean-Claude Gaudin a évoqué de son côté « un attentat déjoué » et un homme « aux intentions terroristes évidentes », tout en saluant la « remarquable efficacité » des forces de police et de l’armée. La section antiterroriste du parquet n’avait toutefois pas été saisie de cette affaire samedi en fin de journée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Plus de mille cas d’agressions de médecins ont été reportés en 2017 par le Conseil national de l’ordre des médecins.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
Médecin, avez-vous constaté une hausse des incivilités de la part des patients ?

Discussion lancée le 19 mai 2018

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Plus de mille cas d’agressions de médecins ont été reportés en 2017 par le Conseil national de l’ordre des médecins, dont 61 % ont été signalées par des médecins généralistes. Le directeur général de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, a annoncé l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance au sein des établissements de santé pour lutter contre les incivilités.
Vous êtes médecin, avez-vous constaté une hausse des incivilités de la part de vos patients ? Quelles sont-elles concrètement ? Comment l’expliquez-vous ? Avez-vous modifié votre pratique de ce fait ?
Votre témoignage pourra être utilisé dans le cadre d’un article à paraître dans Le Monde. N’oubliez pas de saisir une adresse électronique que vous consultez souvent ou un numéro de téléphone, au cas où nous souhaiterions vous contacter pour quelques précisions. Vos coordonnées resteront strictement confidentielles et vos témoignages, anonymes, si vous le demandez.                            





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ En raison de ses positions sur l’égalité entre hommes et femmes dans l’héritage, la théologienne marocaine a dû démissionner du centre d’études féminines qu’elle dirigeait depuis 2011.
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Asma Lamrabet, féministe en islam

En raison de ses positions sur l’égalité entre hommes et femmes dans l’héritage, la théologienne marocaine a dû démissionner du centre d’études féminines qu’elle dirigeait depuis 2011.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 15h41
    |

            Charlotte Bozonnet








                        



                                


                            
Asma Lamrabet l’avoue : elle a été un peu dépassée. Face aux innombrables sollicitations médiatiques, aux débats houleux dans la presse et aux accusations fielleuses de certains, cette femme discrète et élégante a préféré s’adresser à son public par un communiqué. Dans un texte en dix points, la médecin et théologienne marocaine, internationalement reconnue pour son travail de réinterprétation du Coran, confirmait avoir été contrainte à la démission en raison de ses propos sur l’égalité entre femmes et hommes dans l’héritage, rappelait son attachement aux valeurs du royaume et de l’islam, et assurait qu’elle poursuivrait son œuvre.
Pressions
C’était le 26 mars, et la tempête était arrivée sans crier gare. Quelques mois avant ce communiqué, la directrice du Centre des études féminines en islam au sein de la Rabita ­mohammadia des oulémas, association créée en 2006 par le roi afin de diffuser les valeurs et les préceptes de l’islam « dans le respect des principes du juste milieu et de la modération », participe à un débat sur l’héritage, à l’occasion de la sortie d’un ouvrage collectif sur le sujet. Comme toujours, elle défend le principe de l’égalité. Les propos de la théologienne provoquent un tollé dans l’aile radicale de la Rabita. Les pressions sont assez fortes pour la contraindre à la démission, qu’elle annonce le 19 mars.
« Ce qui m’est arrivé sonne comme une régression. C’est un signal que l’on donne à la société : le patriarcat religieux a de beaux jours devant lui »
Deux semaines plus tard, l’incompréhension de la principale concernée reste palpable. « Il n’y avait rien de nouveau dans mes propos, je le dis depuis des années. Je n’ai pas compris le pourquoi d’une telle réaction », explique-t-elle, sans cacher une certaine inquiétude : « Ce qui m’est arrivé sonne comme une régression. C’est un signal que l’on donne à la société : le patriarcat religieux a de beaux jours devant lui. »
Cette démission met fin à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Roulements de valises nocturnes, conversations bruyantes ou claquements de porte viennent troubler la tranquillité des immeubles, dont certains appartements sont offerts en location touristique de courte durée. Les copropriétés ont toutefois les moyens de s’opposer à ce phénomène, explique la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique.
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Touristes et colocataires effraient les copropriétés

Roulements de valises nocturnes, conversations bruyantes ou claquements de porte viennent troubler la tranquillité des immeubles, dont certains appartements sont offerts en location touristique de courte durée. Les copropriétés ont toutefois les moyens de s’opposer à ce phénomène, explique la journaliste du « Monde » Rafaële Rivais dans sa chronique.



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 |    19.05.2018 à 12h02
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Sosconso. Depuis quelques années, roulements de valises nocturnes, conversations bruyantes ou claquements de porte intempestifs viennent troubler la tranquillité des immeubles, dont certains appartements sont offerts en location touristique de courte durée. Les copropriétés ont toutefois les moyens de s’opposer à ce phénomène, comme le montre l’affaire suivante.
En 2008, M. X, dirigeant d’une société immobilière, divise quatre appartements d’un même immeuble, à Vanves (Hauts-de-Seine), et aménage les lots ainsi obtenus en « hôtels studios meublés », avec prestations de service (blanchisserie et ménage). Des copropriétaires l’assignent, en l’accusant d’avoir porté atteinte à la « destination » de l’immeuble.
Incompatibilité avec le caractère résidentiel
Ils font en effet valoir que l’immeuble est « destiné à l’habitation, avec possibilité d’usage mixte professionnel-habitation [il y a ainsi un kinésithérapeute], à l’exclusion de toute activité commerciale ». Or, estiment-ils, M. X exerce une activité commerciale, consistant en l’exploitation d’une résidence hôtelière ; les occupants des studios ne sont pas des locataires, mais des clients de services, les studios ne constituant pas leur résidence mais un lieu de séjour temporaire.
Les copropriétaires affirment que le turn over de la location hôtelière est incompatible avec le caractère « résidentiel » de l’immeuble. Ils se plaignent de la multiplication des allées et venues, « à toute heure du jour et de la nuit », de l’« absence totale de communauté d’intérêt » des occupants des studios avec les résidents, et de l’« absence de respect des règles communes » (débordements de poubelles, bruits liés à l’installation de broyeurs sanitaires dans les studios).
La cour d’appel de Versailles les entend, le 27 janvier 2014. Elle juge que la rotation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Editorial. S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes, la démission de trente et un évêques chiliens, à la suite d’un rapport sur des abus sexuels couverts par l’Eglise catholique, ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.
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Pédophilie : la culpabilité de l’Eglise

Editorial. S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes, la démission de trente et un évêques chiliens, à la suite d’un rapport sur des abus sexuels couverts par l’Eglise catholique, ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h40
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Cinq ans après son élection, le 13 mars 2013, le pape François tente de sortir de la crise la plus violente qu’il ait eu à affronter autour des scandales de pédophilie qui ont secoué le clergé chilien depuis des années.
Vendredi 18 mai, dans un geste sans précédent depuis deux siècles, trente et un évêques chiliens, convoqués par le pontife argentin à Rome à la suite d’un rapport accablant de 2 300 pages mettant en lumière « de nombreuses situations d’autorité et d’abus sexuels » couverts par l’Eglise catholique, ont remis leur démission. Cette affaire ternit l’image d’un pape qui a toujours mis l’accent sur la défense des faibles et des démunis face aux puissants, mais qui a été jusque-là moins vigilant que son prédécesseur, Benoît XVI, sur les scandales de pédophilie.

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Lors de sa visite au Chili, en janvier, François avait affiché son soutien à l’évêque d’Osorno, Juan Barros, accusé d’avoir protégé un prêtre, Fernando Karadima, dont l’Eglise avait reconnu qu’il avait agressé sexuellement de nombreux mineurs. Le prélat récusait ces accusations. Et le pape avait affirmé qu’« il n’y [avait] pas une seule preuve contre lui », n’hésitant pas à imputer ces « calomnies » à des « gauchistes ». Peu après, le cardinal américain Sean Patrick O’Malley, un des principaux ministres du pontife, lui avait infligé un camouflet en disant comprendre « la grande douleur » provoquée par ses propos « pour les survivants d’agressions sexuelles par des membres du clergé ou par d’autres agresseurs ».
Prenant finalement conscience de sa faute, François a diligenté une enquête au Chili, écouté les victimes et reconnu son aveuglement. Opérant un virage à 180 degrés, il a en quelque sorte plaidé coupable, avouant sa « douleur » et sa « honte » devant le « mal irréparable fait à des enfants par des ministres de l’Eglise ». « Nous sommes tous impliqués, moi le premier », a-t-il affirmé, en admettant « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception ».

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Mais il a aussi mis en cause son propre système ecclésial, qui a fait la preuve de son incapacité à instaurer des mécanismes de contrôle pour éviter de telles déviances. Alors qu’il a souvent dénoncé la propension des clercs à s’attribuer une autorité supérieure à celle des autres croyants, il avait agi, dans l’affaire chilienne, comme un chef d’administration d’abord soucieux de défendre ses agents. Aujourd’hui, il reconnaît que « quelque chose dans le corps ecclésial est malade » et parle même de « perversion » ecclésiale.
Le pape bat sa coulpe, mais il dit lui-même qu’il ne suffira pas de changer les hommes et qu’il faudra « trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent ». Il préconise de travailler avec la société civile pour « promouvoir une culture anti-abus ». Une première commission de protection des mineurs, instituée par François, avait formulé des pistes pour mettre en œuvre la « tolérance zéro » réclamée par le pape. Aucune n’a jusqu’alors été retenue.
S’il n’y a pas rapidement des sanctions et des réformes – comme la création d’un tribunal chargé de juger les évêques défaillants, la levée du secret pontifical dans les procédures canoniques en cas d’agressions sexuelles, l’abolition du délai de prescription –, la démission des évêques chiliens ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau, qui laissera intactes la honte de l’Eglise et la douleur de ses victimes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ 200 millions d’euros pourraient être consacrés à l’intégration des étrangers.
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Intégration : cours de français, éducation civique et emploi au programme

200 millions d’euros pourraient être consacrés à l’intégration des étrangers.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h08
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            
Mardi 5 juin, le gouvernement réunira un comité interministériel à l’intégration (C2I). Valorisé dans le programme de campagne d’Emmanuel Macron, ce sujet attend encore un début de déclinaison politique, un an après son arrivée au pouvoir. Pourtant quelque 130 000 étrangers s’installent durablement chaque année en France et l’opinion publique conclut volontiers à une « panne de l’intégration ».
La grand-messe du 5 juin sera organisée par Matignon. Le C2I doit mettre en musique une partie des 72 propositions contenues dans le rapport remis à Edouard Philippe par le député du Val-d’Oise Aurélien Taché, le 19 février. Trois mois plus tard, le sujet a été travaillé pour lui donner un contenu précis venant de plusieurs ministères.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation, devrait venir avec des « écoles pour les parents », où ces derniers, le soir, se familiariseront avec la France. Agnès Buzyn, à la santé, prévoit un plan d’action pour prendre en charge les troubles post-traumatiques des exilés. Des dispositifs comme le projet HOPE (hébergement, orientation, parcours vers l’emploi), mené par l’AFPA, l’Etat et le Medef, à titre expérimental sur 1 200 réfugiés, devraient connaître un élargissement. Cette formule, financée à 75 % par les entreprises et à 25 % par l’Etat, permet un accès à l’emploi à des réfugiés dans des secteurs en tension. La direction générale des étrangers en France (DGEF), qui estime que cela « coûte cher », pense à d’autres dispositifs, moins onéreux.

« Suivi annuel »
« Tous les réfugiés n’ont pas les mêmes besoins », observe-t-on à la DGEF. Ces formules ont l’avantage de loger les réfugiés, et de les amener vers le travail. Une façon de lier ces deux problématiques essentielles sur lesquelles achoppe l’intégration. Comme l’observe le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, « plus de 15 000 réfugiés sont en attente d’un logement dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Le chef de l’Etat recevra des élus locaux, des entrepreneurs et des responsables d’associations mardi 22 mai.
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Banlieues : Borloo soutenu par les élus locaux

Le chef de l’Etat recevra des élus locaux, des entrepreneurs et des responsables d’associations mardi 22 mai.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 10h01
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Ils se sont tous alignés derrière Jean-Louis Borloo. Quelle que soit leur étiquette politique. Maires de banlieue, élus de communes rurales, présidents d’agglomérations, d’intercommunalités et de métropoles : ils parlent d’une même voix en faveur du plan de bataille pour les quartiers populaires proposé par l’ancien ministre de la ville du gouvernement Raffarin de 2002 à 2004.
Dernier ralliement en date, celui de l’Association des maires de France (AMF), jeudi 17 mai. François Baroin, son président, a même envoyé un courrier à Emmanuel Macron. « Le symbole est très fort, souligne Marc Vuillemot, président de Ville & Banlieue. Cela signifie que tout le monde se rassemble dans un véritable élan de solidarité républicaine. »

Mais les déclarations de l’Elysée ont quelque peu douché leur enthousiasme. En faisant savoir, vendredi 18 mai, que le président de la République annoncerait, mardi 22 mai, « des mesures concrètes (…) sans pour autant annoncer un grand plan pour les banlieues », l’Elysée a ravivé les inquiétudes. Les élus craignent que le chef de l’Etat se contente d’une « reprise a minima de quelques propositions gadgets », résume Gilles Leproust, maire (PCF) d’Allonnes, dans la Sarthe. « Si c’est le cas, nous ne nous en satisferons pas, prévient-il. Nous ne demandons pas la mise en place immédiate des 19 programmes proposés par Borloo. Il faut commencer par quelques mesures significatives et s’inscrire ensuite dans la durée. » 
En novembre, lors de son discours de Tourcoing, Emmanuel Macron avait appelé de ses vœux une « mobilisation nationale pour les quartiers ». Les élus, qui ont travaillé six mois pour contribuer au rapport et se sont unis pour le soutenir, estiment avoir rempli leur part du marché. Du moins pour cette première tranche.
« C’est le seul dossier transpartisan, prêt à l’emploi et qui, contrairement à ce que l’on dit, ne coûte pas cher, souligne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Ce quadragénaire sévissait depuis 2011 dans l’agglomération bordelaise. Il en voulait à la société de ne pas l’avoir écouté et a trouvé ce moyen pour montrer sa hargne.
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Dix-huit mois de prison pour un creveur de pneus en série à Bordeaux

Ce quadragénaire sévissait depuis 2011 dans l’agglomération bordelaise. Il en voulait à la société de ne pas l’avoir écouté et a trouvé ce moyen pour montrer sa hargne.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 09h26
    |

                            Florence Moreau (Bordeaux, correspondance)








                        



                                


                            
Il a mis Bordeaux et son agglomération en émoi pendant des mois. Gilles Sarrailh, 45 ans, surnommé le « serial poinçonneur », a été condamné vendredi 18 mai par le tribunal correctionnel à dix-huit mois de prison dont six avec sursis et mise à l’épreuve pour la dégradation de milliers de pneus. Lors de son interpellation, fin novembre 2017, après un véritable travail de fourmi des policiers de la brigade de sûreté urbaine, il avait revendiqué s’être attaqué à plus de 6 000 véhicules depuis 2011. Près de 1 150 plaintes ont été déposées pour un préjudice de plus de 350 000 euros.
Son mode opératoire était sa signature. Habillé élégamment pour ces expéditions nocturnes, avec cravate et casquette plate, il ne frappait pas au hasard. Muni d’un poinçon, il crevait systématiquement deux pneus, visant jusqu’à une trentaine de véhicules par nuit. Côté trottoir, pour être à l’abri des regards. Un propriétaire a même été sa victime à… six reprises, un autre en était venu à dormir dans sa voiture pour la protéger. Découvertes au petit matin au moment d’utiliser le véhicule, ses exactions défrayaient régulièrement la chronique locale.
Ultra-méthodique
Le « serial poinçonneur », depuis imité par un anonyme qui n’utilise pas le même ustensile et agit côté rue, s’est perfectionné au fil du temps. Ultra-méthodique, il s’était fait une liste de quartiers, délimités sur une carte et coloriés de jaune après son passage. Il avait déjà planifié 140 nuits au cours desquelles il avait prévu de passer à l’action. Il disposait également de fiches où il consignait le résultat de ses repérages, concernant notamment la présence de caméras de vidéoprotection.
A l’audience, où les victimes sont venues en nombre pour mettre un visage sur la cause de leurs tourments, le prévenu se retranche rapidement derrière les maltraitances et abus sexuels qu’il dit avoir subis dans son enfance pour justifier son passage à l’acte. Il en voulait à la société et n’aurait trouvé que ce moyen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le président de la République doit présenter, mardi 22 mai, « quelques nouvelles mesures » en matière de politique de la ville, mais pas plus.
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Banlieues : Macron sous la pression du plan Borloo

Le président de la République doit présenter, mardi 22 mai, « quelques nouvelles mesures » en matière de politique de la ville, mais pas plus.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 06h39
    |

            Cédric Pietralunga








                        



                                


                            
Mais à quoi jouent Jean-Louis Borloo et Emmanuel Macron ? Depuis la remise, le 26 avril, du rapport « Vivre ensemble, vivre en grand », rédigé par l’ancien maire de Valenciennes (Nord) et censé inspirer le chef de l’Etat en matière de politique de la ville, les deux bêtes fauves de la politique se sont lancées dans un jeu du chat et de la souris où il est pour l’instant bien difficile de dire qui est le chasseur et qui est la proie.
Mardi 22 mai, Emmanuel Macron a prévu de recevoir à l’Elysée plusieurs centaines de personnes, élus locaux, entrepreneurs, responsables associatifs, habitants, afin de leur livrer une nouvelle fois sa « vision » en matière de développement des banlieues. Un événement que son entourage inscrit dans le droit fil du discours prononcé à Tourcoing (Nord), le 14 novembre 2017, lors duquel le président avait appelé à « une mobilisation nationale pour les villes et les quartiers ».
Mais alors que le premier ministre Edouard Philippe avait assuré qu’un « plan de mobilisation » pour les banlieues serait révélé à cette occasion, seules « quelques nouvelles mesures » devraient être finalement annoncées mardi, indique l’Elysée. « L’idée est de donner la parole aux acteurs de terrain, de partir de la base, des habitants, plutôt que d’apporter d’en haut des solutions toutes faites, explique l’entourage du chef de l’Etat. Il y a déjà beaucoup d’expériences menées dans les quartiers qui pourraient être dupliquées ailleurs. »
« Co-construire les solutions »
Exit donc les dix-neuf programmes préconisés par Jean-Louis Borloo dans son rapport de 164 pages, remis il y a un mois au chef du gouvernement. Selon différentes sources, quelques dispositifs pourraient être repris mais pas l’ensemble des préconisations de l’ancien ministre de la ville. « Emmanuel Macron va rappeler que c’est toute la politique du gouvernement qui concourt à l’amélioration des conditions de vie dans les quartiers,...




                        

                        

