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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La Corée du Nord a réclamé samedi le retour au pays de 12 serveuses nord-coréennes qui sont parties en Corée du Sud en 2016, possiblement contre leur gré.
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Pyongyang demande à Séoul le rapatriement de serveuses nord-coréennes

La Corée du Nord a réclamé samedi le retour au pays de 12 serveuses nord-coréennes qui sont parties en Corée du Sud en 2016, possiblement contre leur gré.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h37
   





                        


Après l’annulation par la Corée du Nord de discussions de haut niveau avec le Sud, pour protester contre des exercices militaires entre les Etats-Unis et la Corée du Sud, est-ce un motif de crispation supplémentaire sur la péninsule coréenne ? Pyongyang a demandé samedi soir à Séoul de rapatrier au Nord 12 serveuses nord-coréennes. Celles-ci auraient fait défection en 2016… Peut-être de manière forcée. Pyongyang affirmait alors qu’elles avaient été enlevées et Séoul répétait qu’elles avaient fait défection de plein gré.
Le cas des 12 serveuses pourrait de nouveau compliquer les relations intercoréennes, selon un communiqué publié samedi soir par l’agence officielle nord-coréenne KCNA. « Les autorités sud-coréennes devraient renvoyer sans délai nos citoyennes auprès de leurs familles et montrer ainsi leur volonté d’améliorer les relations Nord-Sud », peut-on lire dans celui-ci.

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D’autant que, dans le programme « Spotlight » de la chaîne de télévision JTBC – l’une des émissions d’enquête les plus en vue de Corée du Sud – le gérant du restaurant nord-coréen de la localité chinoise de Ningbo où travaillaient les serveuses a récemment affirmé que ces dernières avaient en fait été piégées par le renseignement sud-coréen. Il a expliqué avoir été recruté par le service national du renseignement sud-coréen (NIS) en 2014 en Chine. Deux ans après, craignant d’être démasqué, il aurait demandé au service d’espionnage d’organiser sa défection. A la dernière minute, le NIS lui aurait demandé de venir avec ses employées.
« Le gérant Heo nous a menacées », confie l’une des serveuses nord-coréennes
Les serveuses n’avaient, selon lui, appris leur destination que lorsqu’elles s’étaient retrouvées devant l’ambassade de Corée du Sud en Malaisie. « Les 12 serveuses ne savaient pas où elles allaient », assure le gérant du restaurant. « Je leur ai dit qu’on changeait d’endroit », ajoute-t-il.
L’une d’elles, interviewée dans l’émission, raconte également dans cette même enquête qu’elles avaient hésité devant l’ambassade : « Le gérant Heo nous a menacées, a dit qu’il raconterait aux autorités qu’on regardait des séries télévisées sud-coréennes et que nous serions exécutées, ou exilées en province, et que nos familles seraient également touchées. »
Après des années de tensions autour des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, les relations intercoréennes ont connu une remarquable détente ces derniers mois, notamment avec le sommet historique entre le leader nord-coréen Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in, le 27 avril. Ce processus a été marqué par la libération par le Nord de trois prisonniers américains et par une invitation adressée à des médias étrangers pour couvrir la fermeture prochaine du site d’essais nucléaires nord-coréen, avant un sommet prévu à Singapour entre M. Kim et le président américain, Donald Trump.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Comment « Le Monde », « The Guardian », « El Pais » et « Der Spiegel » ont suivi l’intégration de migrants sur leur territoire, dans le cadre du projet « The New Arrivals ».
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En Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, l’admirable résilience de familles de réfugiés

Comment « Le Monde », « The Guardian », « El Pais » et « Der Spiegel » ont suivi l’intégration de migrants sur leur territoire, dans le cadre du projet « The New Arrivals ».



Le Monde
 |    20.05.2018 à 08h07
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 17h55
    |

            Serge Michel








                        



   


Quand le quotidien britannique The Guardian s’est lancé dans le projet « The New Arrivals », ses reporters ont parcouru toute la Grande-Bretagne, de Coventry à Cardiff, de Liverpool à Leicester, de Sheffield à Nottingham, à la rencontre des 38 517 personnes qui avaient demandé l’asile dans le pays en 2016. Mais c’est sur un père et un fils, à Derby, au nord de Londres, que la journaliste Kate Lyons s’est arrêtée, très émue. Un an plus tôt, en raison de l’insécurité régnant dans sa région de Kunduz, en Afghanistan, Said Khan Norzai, 40 ans, cultivateur de melons de son état, quittait son pays avec sa femme et leurs sept enfants.
Alors qu’ils franchissaient clandestinement la frontière montagneuse entre l’Iran et la Turquie, des tirs ont fusé autour d’eux. Le groupe d’une centaine de migrants s’est dispersé. Lorsque Said et son fils Wali sont sortis de leur ­cachette, les autres membres de la ­famille avaient disparu. « Quand mon fils rentre à la maison le soir, il me demande : “Papa, où sont maman, mon frère et mes sœurs ?”, dit Said. Je pensais que les ­Anglais me donneraient un passeport pour aller en Turquie et les chercher. En dehors de cela, que puis-je faire ? Je ne sais pas s’ils sont vivants ou morts. »
L’anglais de Wali, 9 ans, est déjà bon. Il sert d’interprète à son père. Il adore l’école, où il s’est fait huit amis. Il aimerait devenir médecin.
Le matin, après avoir déposé Wali à l’école, Said rentre et reste assis, seul. Il n’a ni radio, ni ordinateur, ni smartphone. Quand il ne supporte plus le silence de l’appartement, il sort et marche dans les rues de Derby, en comptant les minutes jusqu’à ce que se termine la journée et qu’arrive l’heure d’aller chercher son fils. L’anglais de Wali, 9 ans, est déjà bon. Il sert d’interprète à son père. Il adore l’école, où il s’est fait huit amis. Il aimerait devenir médecin. Y parviendra-t-il ? Lorsque paraît le premier épisode de « The New Arrivals », le 1er mars 2017, la reporter du Guardian n’en sait rien. « Leur situation est précaire », écrit-elle. La demande d’asile déposée par Said a été rejetée quelques semaines plus tôt, les autorités ­britanniques considérant l’Afghanistan comme un pays sûr. Parce qu’il ne sait pas lire, le père n’a pas ouvert la lettre et a raté le délai de quatorze jours pour faire appel.

   


Quelques mois plus tard, les Norzai ne répondront plus au téléphone. Le Guardian les retrouvera loin de Derby ­– après un périple que le journal dévoilera dans quelques semaines –, mais se voit pour l’heure obligé de poursuivre le projet avec d’autres migrants. Et notamment Binar, un Irakien marié, père de deux fillettes, titulaire d’un master d’une université britannique et qui s’apprêtait à rentrer. Mais au pays, sa famille lui dit que des menaces ont été émises contre lui. Il dépose une demande d’asile politique, qui sera refusée. Il fait appel, mais, depuis deux ans, alors qu’il n’a pas le droit de travailler, lui et les siens doivent se contenter des 36,95 livres sterling par personne et par semaine octroyées par les autorités britanniques.
Une enquête précise et cruelle
Et c’est toute la question d’une enquête précise et cruelle du Guardian : comment survivre en Grande-Bretagne avec une somme pareille ? Tous les vêtements proviennent de dons, les légumes sont achetés après 19 heures, lorsqu’ils sont soldés, les œufs remplacent la viande et les enfants jouent avec des objets trouvés. Fini les activités extrascolaires, les déplacements, la célébration des anniversaires : cette grande pauvreté organisée marque la vie des couples, déconsidère les parents aux yeux de leurs enfants, fait chuter les résultats à l’école et rompt les liens avec les familles restées au pays. Dans un autre reportage, en vidéo, le Guardian a trouvé pire encore. A Londres, des migrants sans abri font dormir leurs enfants dans les bus de nuit qui sillonnent la capitale.
A l’été 2015, Saïd Al-Ghoury, originaire de Tanger, au Maroc, a contribué à la survie du village de 80 habitants : grâce à lui, à son épouse et à ses deux filles, l’école de Visiedo est restée ouverte.
Mais il y a aussi quelques histoires heureuses. La famille Batak, de Damas, a été accueillie par la population d’un village perdu du Pays de Galles, Narberth, qui s’est cotisée pour les aider. Les enfants jouent au foot avec les petits Gallois. La mère, Safaa, a rejoint un groupe de tricot, qu’elle adore. Le père, Ahmad, a cessé de fumer. Et tous se sont mis, comme les Anglais, à parler du temps qu’il fait. « J’aime ce genre de temps, dit l’un des fils, Huseen, alors que la pluie tombe. J’aime le froid. J’aime la pluie. »
Ce n’est pas une histoire très différente que raconte Laura delle Femmine, une des reporters d’El Pais, le grand quotidien espagnol, à Visiedo, un village minuscule à 45 km au nord de Teruel, dans le centre de l’Espagne. A l’été 2015, Saïd Al-Ghoury, originaire de Tanger, au Maroc, a contribué à la survie du village de 80 habitants : grâce à lui, à son épouse et à ses deux filles, l’école de Visiedo est restée ouverte. La région est la plus clairsemée d’Espagne, avec 9,6 habitants par kilomètre carré, mais elle a vu le nombre d’immigrés augmenter de plus de 2 000 % depuis 1998.
Ce reportage, qui a fait grand bruit en Espagne, était pourtant un pas de côté pour El Pais, qui a choisi de suivre, avec le projet « The New Arrivals », l’équipe de foot amateur l’Ame de l’Afrique, à Jerez de la Frontera, dans le sud de l’Andalousie, dont tous les joueurs sont des migrants. Certains, explique El Pais, comme les deux jeunes Sénégalais Mahu Dione et Abdou Diouf, ont débarqué sur la plage toute proche dans ces navires de fortune qui ont connu tant de naufrages.

   


D’autres, comme les Camerounais Issa Abdou et Yves-Florent Fieusse, ont réussi à sauter la gigantesque barrière érigée autour de l’enclave de ­Melilla, seule frontière terrestre entre l’Europe et l’Afrique. « L’équipe ne me donne pas un job, dit Issa, mais cela me donne de la joie de ­vivre. » Et il en faut pour survivre en nettoyant des voitures avec, sans cesse, la peur au ventre à l’idée d’être expulsé.
Le football ne donne pas de job, et pas de protection non plus. En février, rapporte El Pais, lors d’un match contre une équipe de Cadix, un joueur adverse a frappé un membre de l’Ame de l’Afrique à la mi-temps en lui criant qu’après le match il lui couperait les tresses.
Etonnante Ruua
Pour un touriste, prendre l’avion de ­Madrid à Rabat, au Maroc, coûte 41 euros et prend une heure. Mais les vols low cost de Ryanair ne sont pas pour les Marocains comme Hicham Aidami, estime la journaliste Naiara Galarraga Gortazar, qui a rédigé pour El Pais une série ­d’enquêtes sur les permis de séjour et la bureaucratie espagnole. A 17 ans, Hicham s’est accroché sous le châssis d’un camion pour traverser le détroit de Gibraltar. Ailier droit de l’Ame de l’Afrique, il a dû se cacher durant trois ans avant de faire une première demande de régularisation. Trois autres années plus tard, au printemps 2018, il l’a obtenue et, grâce à son travail dans un fast-food, paie des impôts pour la première fois de sa vie.
C’est aussi l’incroyable courage et la ­résilience des migrants qui ont frappé la journaliste Eva Thöne et la photographe Maria Feck, qui participent au projet « The New Arrivals » pour Der Spiegel. En particulier Ruua, l’aînée et la fierté de la famille syrienne Abu Rached, que suit le magazine allemand depuis plus d’un an.
Ruua apprend la mort de son meilleur ami, un infirmier de Damas : le matin il lui envoyait un SMS, avant midi un soldat lui a tiré dans le cœur alors qu’il tentait de sauver des blessés dans la rue.
Ruua, 23 ans, que la guerre à Damas a empêchée d’étudier la médecine et qui s’est contentée d’un job de technicienne médicale. Ruua qui donnait des coups de main dans un hôpital où les blessés arrivaient empilés par six dans le coffre des voitures. Ruua qui s’est retrouvée sur un bateau à la dérive, en Méditerranée, repêchée par miracle trois jours plus tard par un pétrolier allemand. Ruua, seule femme pour 99 hommes à s’inscrire en auditeur libre à l’université. Ruua qui ­décroche une des rares places du Studienkolleg de Nordhausen, où elle va en deux semestres rattraper le niveau du bac allemand pour entrer à l’université, en médecine. Ruua qui vit désormais seule à 230 km de ses parents, restés à Lunebourg. Ruua qui, le 29 janvier 2014, alors qu’elle était déjà en Allemagne, apprend la mort de son meilleur ami, un infirmier de Damas : le matin il lui envoyait un SMS, avant midi un soldat lui a tiré dans le cœur alors qu’il tentait de sauver des blessés dans la rue, et le soir elle découvrait la photo de son cadavre sur Facebook.
Ce n’est pas seulement la force de ­caractère de certains migrants que donnent à comprendre les reportages du Spiegel, mais aussi le pragmatisme des autorités allemandes. L’université de Potsdam, au sud de Berlin, a ainsi lancé un enseignement pilote, « Refugee Teachers Program », pour transformer, en un an et demi, 26 professeurs syriens en… professeurs allemands. L’équation est simple : d’ici cinq ans, 293 000 nouveaux élèves issus de l’immigration ­seront sur les bancs des écoles du pays. Or les enseignants se raréfient et 35 000 manqueront à l’appel d’ici à 2025, rien que pour le primaire. Il existe un potentiel : 11 000 enseignants ont demandé l’asile en 2016, selon l’Office fédéral des migrations et des réfugiés. A en croire Basel Alsayed, 29 ans, il suffit de les former « et de [les] lancer dans l’eau froide » pour montrer qu’ils savent nager. Lui-même enseignait l’anglais aux petits ­Syriens. Depuis février 2018, il enseigne l’anglais aux petits Allemands.
L’ensemble des reportages de nos partenaires « El Pais », « The Guardian » et « Der Spiegel » sont accessibles sur le site du European journalism Centre, Thenewarrivals.eu

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Contraints de quitter leur pays seuls, les Soudanais de Vichy que « Le Monde » a suivi racontent leur vie de célibataires en France.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

La très grande solitude affective des exilés

Contraints de quitter leur pays seuls, les Soudanais de Vichy que « Le Monde » a suivi racontent leur vie de célibataires en France.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h30
    |

                            Emile Costard








                        


Un soleil de mai filtre à travers le pare-brise. Ebloui, Ahmed profite d’un arrêt au feu pour sortir de sa veste une paire de ­lunettes noires, quand trois ­jeunes filles traversent au passage piéton. Il tourne lentement la tête de gauche à droite, mais un klaxon le sort de sa torpeur. En­ ­redémarrant, Ahmed esquisse un sourire gêné : « Elles étaient très belles… » Puis la gêne laisse place à la mélancolie. « Ça fait plus de trois ans que je n’ai pas vu ma femme. Trois ans, c’est long ! », ajoute-t-il pour justifier son ­absence passagère.
« Grâce à WhatsApp, je suis en contact avec ma femme presque tous les jours », Ahmed
Ahmed est originaire de Nyala, une ville du Darfour qu’il a dû quitter précipitamment une nuit de novembre 2014 : « Quand j’ai été menacé par la sécurité nationale, je me suis caché et j’ai quitté le pays le plus rapidement possible. Je n’ai rien dit à ma femme, pour la protéger. » Ce n’est qu’une fois en Libye qu’il a pu l’appeler, la rassurer, lui expliquer son départ précipité, lui jurer qu’il allait bien et qu’ils se reverraient peut-être un jour. En Europe.
S’il est difficile pour Ahmed de ­parler de son exil, de sa vie d’avant, c’est avec une plus grande pudeur encore qu’il raconte sa vie sentimentale. « Grâce à WhatsApp, je suis en contact avec ma femme presque tous les jours », dit-il en ­faisant défiler sur son smartphone quelques photos de celle qu’il espère revoir au plus vite.

   


Comme Ahmed, 14 603 Soudanais ont pu ces dernières années bénéficier d’un titre de séjour en France, selon la direction des étrangers du ministère de l’intérieur. « Maisaujourd’hui la migration des Soudanais est presque ­exclusivement masculine. Dans les centres d’accueil et d’orientation, 90 % des demandeurs d’asile de nationalité soudanaise sont des hommes âgés de 25 à 30 ans », ­explique Didier Leschi, directeur général de l’Office ­français de l’immigration et de l’intégration.
« Un sujet tabou »
Si ces dernières années la France a mis en place des politiques ­publiques pour la santé des ­migrants, l’apprentissage du ­français ou l’accès à la formation, une dimension essentielle pour le bien-être de ces hommes ne ­relève pas directement de cette prise en charge : la sexualité et la vie affective des exilés. « Ce sujet tabou n’est abordé que sous la forme du fait divers ou de l’effroi, alors même qu’il ne se passe pas une semaine sans que les questions de santé, de logement, de liberté de circulation fassent l’objet d’interventions associatives ou de colloques », regrette Didier Leschi.
Car ces jeunes gens dans la force de l’âge aspirent évidemment à faire des rencontres. Cependant, leur faible sociabilité, notamment en raison d’un manque de mobilité dû à leur difficulté ­d’accès à l’emploi, complique les rencontres avec des femmes et peut nourrir des frustrations.
« Il y a des femmes d’autres pays africains sur les routes de l’exil, comme les Nigérianes, et ce qu’elles traversent est inhumain », Ali
Pour Ahmed, cette immigration quasi exclusivement masculine s’explique en partie par l’extrême violence sur les routes de l’exil. « Il aurait été impossible que je fasse endurer à ma femme ce par quoi je suis passé pour venir en Europe », raconte-t-il. Après avoir marché plus de huit jours dans le désert ­libyen et subi la cruauté des ­passeurs, il a traversé la mer pour se retrouver à la rue, sur les trottoirs européens.
Ali, 30 ans, lui aussi réfugié soudanais installé à Vichy, partage cet avis. « En Libye, les migrants sont traités comme des esclaves. Il y a des femmes d’autres pays africains sur les routes de l’exil, comme les Nigérianes, et ce qu’elles traversent est inhumain, pire que ce que les hommes endurent », explique cet ancien universitaire de Khartoum. Il ajoute que l’absence des femmes soudanaises sur les routes de l’exil s’explique peut-être aussi par les réticences de la ­société soudanaise à laisser voyager une femme seule.
« Sur Internet, sans succès »
Ahmed a aujourd’hui le statut de réfugié et vit dans un studio à Vichy. Il se dit chanceux de s’être marié officiellement avant de partir en exil. Il compte se lancer prochainement dans les démarches de réunification familiale pour que sa femme puisse le rejoindre en voyageant dans de bonnes conditions. « J’aimerais pouvoir bien l’accueillir, avoir une situation, un travail correct. En attendant, je continue de parfaire mes talents de cuisinier, dit-il avec ­humour. En vivant seul, j’ai appris à me débrouiller au quotidien. »
« Je connais plusieurs ­Soudanais qui ont des relations avec des Françaises. Dans quelques ­années, des couples mixtes se ­marieront », Ahmed
Pour ceux qui ne pourront faire valoir la réunification familiale parce qu’aucune femme ne les ­attend au Soudan où parce que leur union n’a pu être officialisée avant leur départ, Ahmed se veut positif. « Je connais plusieurs ­Soudanais qui ont des relations avec des Françaises. Dans quelques ­années, des couples mixtes se ­marieront. » Pour Hassan, qui a dû quitter son pays d’origine, l’Erythrée, afin d’éviter le service militaire, la barrière de la langue complique les interactions avec les Françaises. « Dans des villes comme Vichy, les rencontres avec des femmes sont rares, alors je vais parfois sur Internet, mais sans grand succès », regrette l’Eyrthréo-Soudanais de 37 ans.
Selon Didier Leschi, « il y a là une question à anticiper et à aborder, notamment quand on parle de l’intégration des migrants ». Car, aujourd’hui, la question de la sexualité se pose de manière bien différente de ce qu’elle a été pour les travailleurs immigrés des ­années 1960 et 1970. Ils étaient souvent déjà mariés ou engagés au moment de leur exil et avaient la possibilité de revenir régulièrement voir leurs épouses.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Epaulés par un réseau associatif, les réfugiés soudanais installés dans la cité thermale souffrent pourtant du manque de contacts avec la population
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Accueil des réfugiés : les habitants de Vichy, entre indifférence et solidarité

Epaulés par un réseau associatif, les réfugiés soudanais installés dans la cité thermale souffrent pourtant du manque de contacts avec la population



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h32
    |

Pablo Aiquel







                        



   


Le week-end de la Pentecôte sera le dernier pour l’épicerie Les Cop’ins d’abord, à l’angle de la rue Voltaire et du boulevard Carnot, à Vichy. A deux pas de là, les demandeurs d’asile et ­réfugiés de la résidence Claudius-Petit, un foyer Adoma de près de 90 places, ne le ­savent pas encore, mais c’est grâce à eux que ce dépôt de pain, le dernier du quartier, n’a pas baissé le rideau plus tôt.
« J’ai été heureuse de les avoir comme clients. Sans eux, j’aurais mis la clé sous la porte il y a deux ans », assure Fabienne ­Dubois. « Eux », comme elle dit, sont des ­migrants venant d’Afrique et parfois du Moyen-Orient. Ils sont arrivés par dizaines en 2016 dans la cité thermale, et ont tout de suite représenté 70 % de sa clientèle.
« Ce sont des gens respectueux, je n’ai jamais eu de problèmes avec eux. Au début, on se parlait surtout avec les mains. Je les ai vus s’améliorer en français, assure la responsable de ce petit magasin. Certains sont partis, à Lyon, à Clermont-Ferrand et même à Brive. Ils passent dire bonjour quand ils reviennent. Je suis ­contente qu’ils puissent avancer. » Fabienne Dubois, elle, n’avancera plus avec Les Cop’ins d’abord. Elle a préféré mettre la clé sous la porte quand elle a appris qu’un supermarché allait ouvrir non loin, avant la fin de l’année.
« Ni pour ni contre »
Tous les commerces du centre-ville ont ­bénéficié de cette nouvelle clientèle étrangère : la boucherie halal L’Etal de l’Allier, dans cette même rue Voltaire, les tabacs de la gare et surtout le bureau central de la Poste, à une centaine de mètres de leur résidence. « La plupart ont un livret ou un compte chez nous, affirme une chargée de clientèle. Mais ils viennent aussi pour les abonnements téléphoniques avec beaucoup d’Internet et sans engagement. » Elle estime qu’il ne se passe pas un jour sans qu’elle voie des réfugiés, et se dit impressionnée par la solidarité dont ils font preuve. « Les premiers arrivés accompagnent les suivants », explique-t-elle.
C’est difficile de trouver des Français avec qui parler. J’apprends toute la journée mais, le soir, je me retrouve avec d’autres Soudanais, et j’oublie », Faizal, 23 ans
Certains habitants de Vichy, membres de l’association Réseau Vichy solidaire, offrent des cours de français aux demandeurs d’asile. D’autres, comme Martine Ghazali, leur ont ouvert leur appartement pour un atelier cuisine. Pour faire leurs courses, les plus démunis vont à la Croix-Rouge, au ­Secours catholique ou aux Restos du cœur, tous situés à une dizaine de minutes de marche, dans cette petite ville où tout se fait à pied. D’autres préfèrent pousser un peu plus loin, jusqu’aux boutiques discount Lidl ou Aldi. « Au moins les dates des produits ne sont pas dépassées », dit en souriant Abubakr, d’origine soudanaise.
Est-ce à dire que les demandeurs d’asile ont été les bienvenus à Vichy, malgré la réputation de la ville d’être plutôt âgée et ­conservatrice ? Michel Pourieux, bénévole au Secours catholique. hausse les épaules. « La plupart des gens ne sont ni pour ni contre, il y a surtout de l’indifférence », dit-il.
Une indifférence qui n’a pas échappé aux réfugiés. Faizal, 23 ans, soudanais lui aussi, a suivi les 200 heures de français proposées par l’Office français de l’intégration et de l’immigration (OFII) ainsi qu’une formation de trois mois financée par Pôle emploi afin d’améliorer l’utilisation de la langue en vue d’une insertion professionnelle. Ce qui lui manque le plus ? « L’intégration. C’est difficile de trouver des Français avec qui parler. J’apprends toute la journée mais, le soir, je me retrouve avec d’autres Soudanais, et j’oublie », soupire-t-il.
Comme lui, près d’une vingtaine de réfugiés soudanais ont élu domicile dans les anciens hôtels du vieux Vichy devenus des résidences à meublés, des studios pour les curistes ou les étudiants du Cavilam – une école de français pour les étrangers –, entre la place d’Allier et la rue de la Laure. En attendant de trouver mieux ailleurs. Dans six mois, Faizal espère partir « vers Lyon ou Toulouse, parce que, là, il y a plus de travail », explique-t-il, assis sur le lit de sa chambre au lambris en bois.
Figure d’exception
Anwar, voisin d’un immeuble proche, adore les bords de l’Allier pour jouer au foot dans les parcs ou se balader le long de la rivière. Après sa formation, il a décroché un contrat d’insertion dans une entreprise de recyclage de palettes en bois. « Je vois seulement les Français au travail, après il n’y a pas grand-chose, et je passe de plus en plus de temps sur l’ordinateur. Parfois, je vais manger un kebab dans un restaurant », raconte-t-il, un peu désappointé, après deux années passées à Vichy.
La mairie, à droite depuis toujours, ne fait rien pour faciliter l’intégration des réfugiés, considérant qu’ils relèvent de l’Etat et non de la commune ou de la communauté d’agglomération. Même après l’obtention de leur statut de réfugiés, Anwar, Faizal et leurs semblables n’ont pas été invités aux réceptions annuelles pour les nouveaux habitants de la ville. Avant cela, pendant la longue attente de leur statut, ils n’ont pas eu accès aux ser­vices publics locaux, pas même aux forfaits de bus, qui leur auraient été très utiles pour aller jouer au foot au parc omnisports.
De fait, le destin de Poriya, un Iranien de 22 ans, pas encore réfugié mais inscrit en BTS management au lycée Albert-Londres, fait figure d’exception. Sportif, il a intégré le club de kayak de Bellerive-sur-Allier, en rive gauche de la rivière. Surprise : c’est lui, regard concentré, pagayant avec force, qui figure sur l’affiche de la course en ligne prévue le dimanche 3 juin sur le lac d’Allier. Ramer, belle métaphore des efforts d’intégration des réfugiés à Vichy.

Pablo Aiquel, journaliste et exilé solidaire
Dès le biberon, Pablo Aiquel a été nourri à l’exil. Ce journaliste indépendant de Vichy, un des pivots de l’intégration des réfugiés soudanais dans sa ville, est né au Chili en 1974. En 1977, il déménage pour le Venezuela où son père part travailler comme ingénieur naval, avant de venir en France à tout juste 18 ans. « J’avais une bourse du gouvernement vénézuélien pour faire mes études supérieures après une année d’apprentissage du français », explique-t-il.
Le diplôme de l’école de journalisme de Lille en poche, Pablo Aiquel rentre en 1997 au Venezuela où il travaille six années comme correspondant pour RFI, Libération ou Le Monde diplomatique, en parallèle à son travail pour El Universal puis El Nacional, deux médias vénézuéliens de référence. Mais le coup d’Etat du 11 avril 2002 rebat les cartes et fait prendre un virage à sa vie. « Le terme même de “coup d’Etat” a été rapidement quasiment banni des colonnes. Beaucoup de mes collègues sont partis du journal et moi, je me suis retrouvé au service des sports… », explique t-il.
Il décide alors de venir s’installer durablement en France, émigration facilitée par son mariage avec une Française quelques années auparavant. Mais pour Pablo, le rapport à l’exil remonte bien avant, puisque ce franco-vénézuelo-chilien reconnaît faire partie d’« une famille d’éternels déracinés » dont les ancêtres ont quitté le Liban à l’aube du XXe siècle.



« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
Vous pouvez lire aussi :
Comment est né le projet « The New Arrivals »Du Soudan à Vichy, la quête d’intégration semée d’embûches d’Ahmed, Hassan, Ali, Anwar et AlsadigComment les réfugiés à Vichy se font une place, pas à pas, dans la société françaiseAccueil des réfugiés : les habitants de Vichy, entre indifférence et solidaritéA Vichy, la très grande solitude affective des réfugiésLes Soudanais s’exilent, leur président s’accroche au pouvoirAhmed, la stabilité après quatre ans loin du SoudanHassan, sept ans d’exil jusqu’aux Jardins de CocagneEn Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne, l’admirable résilience de familles de réfugiés





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’Union européenne s’appuie sur Omar Al-Bachir pour contenir les flux migratoires sur son sol, alors qu’il en est une cause majeure.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Les Soudanais s’exilent, leur président s’accroche au pouvoir

L’Union européenne s’appuie sur Omar Al-Bachir pour contenir les flux migratoires sur son sol, alors qu’il en est une cause majeure.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h31
    |

            Joan Tilouine








                        



   


C’est un quinquagénaire soudanais d’apparence banale qui se débrouille comme il le peut en France, où il a obtenu l’asile et où il apprend un métier. Dans sa vie antérieure, au Soudan, il a mené des missions sensibles, comme celle de gérer la présence dans la capitale soudanaise d’Oussama Ben Laden dans les années 1990, ou encore de l’Ougandais Joseph Kony, sanguinaire chef de l’Armée de résistance du Seigneur. Il a été un cadre des services de sécurité du régime ­militaro-islamiste de Khartoum.
Puis, face aux exactions commises par les forces de sécurité dans la province du Darfour, au milieu des années 2000, il a fait défection, témoigné contre le régime auprès de la Cour pénale internationale (CPI) et entrepris un long voyage clandestin qui s’est terminé en France. La peur, l’indigence et les menaces des nervis du régime l’ont poussé à naviguer entre les cercles d’opposants et les agents du pouvoir surveillant étroitement les près de 30 000 Soudanais établis dans l’Hexagone. Car, à Paris, chefs et émissaires de groupes rebelles, journalistes en exil, espions à la solde du régime ou ayant fait ­défection s’évitent, s’épient ou discutent discrètement.
Omar Al-Bachir gère ­désormais son retour sur la scène internationale, malgré le mandat d’arrêt lancé à son encontre par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour
A 7 000 kilomètres de là, le président, Omar Al-Bachir, au pouvoir depuis 1989, ne se soucie plus vraiment de ces dissidents et autres éléments perturbateurs. Il gère ­désormais son retour sur la scène internationale, malgré le mandat d’arrêt lancé à son encontre par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour. De fait, l’Union européenne s’appuie sur le Soudan pour contenir une partie des flux migratoires dans le cadre de sa ­politique d’« externalisation des frontières ». Une occasion pour Omar Al-Bachir de se rendre indispensable, alors même qu’il contribue à l’arrivée de migrants en ­Europe en privant d’avenir une partie de la jeunesse de son pays.
Au Soudan, les conflits armés se poursuivent dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan. Le chef de l’Etat aime à marteler qu’il rendra « un Soudan ­dépourvu de conflits et de mouvements rebelles » en 2020, date de la fin de son dernier mandat, selon la Constitution. La menace la plus inquiétante, pour le régime de Khartoum, ne vient plus des groupes rebelles, pourchassés par les milices gouvernementales, qui continuent de causer d’importants déplacements de populations au Darfour, selon la mission de l’Union africaine déployée sur place, mais bien la crise économique. Le Soudan manque de devises, ne maîtrise plus l’inflation et a dévalué sa monnaie dans l’espoir d’attirer des investisseurs étrangers. Le budget 2018, austère, n’épargne qu’un seul domaine, celui de la défense et de la sécurité, qui absorbe 75 % des ­dépenses de l’Etat.
Une diplomatie d’équilibriste
Le mécontentement populaire s’est traduit par des manifestations contre la hausse des prix en début d’année, qui se sont soldées par cinq morts et plusieurs dizaines d’arrestations. Pour tenter d’apaiser la fronde populaire, Omar Al-Bachir a annoncé, en avril, la libération de tous les prisonniers politiques et une relance de l’interminable dialogue avec l’opposition et les groupes armés, dont une partie maintient son boycott des discussions. Le même mois, pour avoir dénoncé publiquement les salaires impayés de cadres de son administration, le ministre des affaires étrangères, Ibrahim Ghandour, a été remercié. Omar Al-Bachir se prive ainsi de son plus brillant diplomate, ­artisan de la normalisation en cours avec Washington.
Après avoir rompu avec l’Iran, en janvier 2016, le Soudan s’est rangé aux côtés de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen, envoyant plusieurs milliers de soldats sur place. Parallèlement, Khartoum a maintenu ses relations avec ses alliés traditionnels, le Qatar et la Turquie, pourtant honnis par ses parrains du Golfe. Cette même diplomatie d’équilibriste se retrouve vis-à-vis de Washington et Moscou.
Le Soudan a bénéficié de la ­levée partielle des sanctions américaines en octobre 2017, tout en resserrant ses liens avec la Russie. Au grand dam de l’Egypte, Omar Al-Bachir s’est placé au centre des négociations sur le partage des eaux du Nil, en prenant fait et cause pour l’Ethiopie contre l’Egypte. On retrouve la main de Khartoum jusqu’en Libye et en Centrafrique, où le Soudan est actif par le truchement de gouvernements, de groupes armés ou de religieux prosélytes. Une diplomatie du chaos dont l’un des buts est d’entretenir des foyers de crise pour ensuite proposer de gérer les mouvements ­migratoires qu’elle engendre.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le suivi des expériences des Soudanais installés à Vichy a permis d’identifier les vecteurs d’intégration…  et ce qui la freine.
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Comment les réfugiés se font une place, pas à pas, dans la société française

Le suivi des expériences des Soudanais installés à Vichy a permis d’identifier les vecteurs d’intégration…  et ce qui la freine.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h26
    |

            Maryline Baumard








                        


Le chemin parcouru par ­Ahmed, Hassan, Ali et les autres Soudanais de Vichy permet de pointer quels sont les accélérateurs d’intégration et les perturbateurs qui bloquent le subtil processus permettant aux nouveaux venus de se faire une place dans la société française. Le Monde en fait ici une revue subjective.
Obtenir le statut de réfugié
Ce qui ne marche pas C’est trop long tout ça ! Arrivé à l’été 2015 en France, Ahmed n’a obtenu son statut de réfugié qu’en juin 2017. Il est certes le dernier des Soudanais de Vichy à avoir reçu sa réponse puisque le temps moyen d’une demande, recours compris, est plutôt de onze mois. La loi a
sile et immigration de ­Gérard Collomb, en discussion, prévoit de réduire ce temps d’instruction pour une réponse en six mois au maximum. Mais il faudra y ajouter le temps mort, souvent long, antérieur au dépôt même de la demande. La ­volonté est là, restera à mettre les moyens pour y parvenir.
Apprendre la langue
Ce qui ne marche pas Les 200 heures de français accordées par le gouvernement ne permettent pas de maîtriser suffisamment vocabulaire et syntaxe pour pouvoir travailler. D’autant que le réfugié ne bénéficie de ces cours délivrés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) qu’une fois son statut ­obtenu, c’est-à-dire plus d’un an après son arrivée. En plus de ces 200 heures, Ahmed et Ali ont ­bénéficié d’une formation complémentaire en langue et en usage des outils numériques, ­offerte par Pôle emploi. Mais en Allemagne, par exemple, qui propose d’emblée jusqu’à 900 heures de cours de langue, l’autonomie est plus rapidement atteinte par les nouveaux venus.
Ce qui marche Le réseau Vichy ­Solidaire a commencé à donner des cours de français aux demandeurs d’asile dès leur arrivée dans le centre d’accueil et d’orientation de Varennes-sur-Allier. Sitôt les demandeurs d’asile installés dans le centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) de Vichy, en février 2016, ces bénévoles se sont relayés pour assurer chaque mardi et vendredi, matin et après-midi, des cours de langue. Une façon indispensable et efficace de tuer ce long temps de l’attente, mais aussi d’avancer un peu vers une possible intégration.
Occuper le temps
Ce qui marche Retraité propriétaire d’un petit arpent de terre, Jacques Lenoir a mis une partie de ce champ à disposition du collectif des demandeurs d’asile. ­Tomates et fines herbes ont ainsi poussé grâce aux heures de travail de ces hommes, heureux d’avoir une activité sociale pour occuper les mois dans l’attente d’une réponse de l’Etat français. Issam Othman, lui, réfugié soudanais de la première heure, les a aidés à monter une pièce de ­théâtre autour du Petit Prince de Saint-Exupéry ; un autre moyen de ­s’approprier un vrai pan de la culture de leur pays d’accueil.
Par ailleurs, la création du groupe Soudan Célestins Music a été un accélérateur d’intégration pour Ahmed, Hassan, Ali, Anwar et Alsadig. Chanter dans sa langue, replonger dans les traditions de son pays et les partager avec d’autres réfugiés ou avec les ­spectateurs français reste sans doute le meilleur moyen de créer un pont entre les cultures d’origine et d’accueil.
S’intégrer par le travail
Ce qui marche Hassan a signé un contrat d’insertion avec les Jardins de Cocagne. Anwar avec une ­entreprise de bois… Ces formations, prévues pour des personnes éloignées de l’emploi, intègrent aussi des cours de langue et un ­apprentissage des codes sociaux de l’entreprise. Il laisse le temps de s’accoutumer aux pratiques professionnelles françaises.
Ce qui ne marche pas Officiellement, un demandeur d’asile n’est pas autorisé à travailler durant l’année antérieure à l’obtention du statut de réfugié, ce qui freine d’autant son intégration. Le député du Val-d’Oise Aurélien Taché (LRM), auteur d’un rapport sur l’intégration, a obtenu qu’on inscrive, dans la loi asile et immigration, la possibilité de demander l’autorisation de travailler huit mois après avoir déposé sa demande.
Avoir un modèle
Ce qui marche Arrivé en 2001 à ­Vichy comme réfugié politique, le Soudanais Issam Othman a été le « premier Noir de Vichy », comme il se définit lui-même. Avec ses compatriotes nouveaux venus, il a joué le rôle du guide, du traducteur et du soutien. Il a prouvé par l’exemple que l’intégration est possible.
Maîtriser la bureaucratie
Ce qui ne marche pas Ahmed a peiné à obtenir une formation pour conduire des poids lourds en France. « Il fallait trois niveaux de validation avant d’avoir l’accord de Pôle emploi pour le financement, ce qui lui a fait perdre des possibilités de se former bien plus tôt », regrette Pablo Aiquel, un soutien solidaire vichyssois. A Pôle emploi, la gestion de toutes les démarches par le biais d’une interface numérique, sans l’appui d’un conseiller, complique largement la donne pour ce public peu au fait des pratiques françaises et encore fragile sur la maîtrise du français administratif.
Trouver un logement
Ce qui ne marche pas Le passage du CADA au logement non aidé est un des gros points noirs de ­l’intégration en France. Ahmed et Ali se sont ainsi tous deux retrouvés sans logement, dès l’obtention du statut de réfugiés. Le premier a été hébergé par un citoyen solidaire, mais le second a dormi dans la rue. Tous deux ont été priés de quitter leur chambre de demandeur d’asile avant qu’ils ne trouvent une alternative.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Alors que le regard porté sur l’action du locataire de la Maison Blanche s’améliore aux Etats-Unis, l’éclatante santé de l’économie du pays et les démonstrations de loyauté des républicains à son égard apportent de l’eau au moulin présidentiel.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Président Trump, an II : en circuit fermé

Alors que le regard porté sur l’action du locataire de la Maison Blanche s’améliore aux Etats-Unis, l’éclatante santé de l’économie du pays et les démonstrations de loyauté des républicains à son égard apportent de l’eau au moulin présidentiel.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 06h54
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            
Donald Trump a reçu le secrétaire de l’OTAN, jeudi 17 mai, puis le lendemain celui des Nations unies (ONU). Ces deux organisations ont été forgées par son pays mais elles l’ennuient, au mieux, lorsqu’elles ne l’insupportent pas.
Dans le bureau Ovale, Jens Stoltenberg, le premier, a été invité lourdement par l’intéressé à vanter son leadership. Vendredi, le second, Antonio Guterres a posé pour une photo de famille sur laquelle figurait en bonne place John Bolton, le troisième conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump (série en cours), qui ne conçoit l’ONU qu’à la botte des Etats-Unis.
Aucun des deux visiteurs n’a eu droit à une conférence de presse commune. Ils ont dû se contenter de formules dont le laconisme démentait tout ce qu’elles prétendaient véhiculer, l’attachement à des liens historiques ou le rappel des intérêts communs.

Interrogé jeudi à propos de la formule cinglante du président du Conseil européen, Donald Tusk, qui avait estimé la veille qu’avec un allié pareil à Washington, les Européens n’ont pas besoin d’ennemi, le président des Etats-Unis a pesté une nouvelle fois contre une Union européenne (UE) qui aurait pour principale fonction, à l’en croire, d’abuser de la bienveillance son pays. Témoignant également par la même occasion qu’il avait du mal à distinguer le président du Conseil de celui de la Commission, Jean-Claude Juncker.
Santé éclatante de l’économie américaine
Ce même jeudi, Donald Trump a assuré sur son compte Twitter que son administration pouvait revendiquer « les dix-sept mois les plus réussis de l’histoire des Etats-Unis ».
Son passage à l’acte sur des promesses de campagne à risques – du récent rejet de l’accord sur le nucléaire iranien au transfert de l’ambassade américaine en Israël à Jérusalem – prouve que l’« America first », « l’Amérique d’abord » est bien l’« America alone », « l’Amérique seule », mais il n’en a cure.
D’autant moins que depuis...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 19/05/2018
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Du Soudan à Vichy, la quête d’intégration semée d’embûches d’Ahmed, Hassan, Ali, Anwar et Alsadig

Près de trois ans après leur arrivée en France, un groupe de réfugiés soudanais témoignent de leur parcours d’insertion dans la société française.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 09h55
    |

            Maryline Baumard








                        



   


La vie d’Ahmed n’a pas été un long fleuve tranquille. A sa fuite en ­catastrophe du Soudan, par une nuit noire de novembre 2014, le jeune Soudanais de 27 ans a ­ensuite ajouté la traversée du ­désert, le séjour en Libye, le passage de la ­Méditerranée et la longue attente du statut de réfugié en France. Autant d’épreuves pour le rendre désormais sensible à chaque clin d’œil du destin. Aussi, ce matin de mars 2018, quand l’instructeur lui remet les clés d’un ­camion, le réfugié a l’intuition que sa bonne étoile brille à nouveau ; celle qui lui a permis d’arriver vivant en France et qui a scintillé fort un jour de juin 2017 quand il a reçu la ­réponse positive à sa demande d’asile.
Tout à cette intuition, Ahmed ne sent pas le petit vent piquant qui balaie le parking poids lourds de Gerzat (Puy-de-Dôme). En revanche, l’odeur du Skaï de la cabine de l’engin dans lequel il vient de grimper le ramène un instant aux véhicules qu’il conduisait pour les ONG du Darfour. L’odeur agit comme un trait d’union entre sa vie d’avant et celle d’aujourd’hui. Ce stage de formation initiale minimum obligatoire (FIMO, qualification nécessaire pour livrer des marchandises en France) recoud le lien brisé par l’exil entre le métier de chauffeur-mécano de sa première vie et son avenir professionnel. Mais quel acharnement il lui a fallu pour retendre ce fil !
Au début de ses contacts avec Pôle emploi, Ahmed a déjà dû faire le deuil du contact avec sa conseillère, rapidement remplacée par une « interface numérique »
Ahmed, que Le Monde suit depuis une année comme d’autres de ses compatriotes soudanais, dans le cadre du projet européen de reportage « The New Arrivals/Les Nouveaux arrivants », a cru pourtant ne pas y arriver. Mercredi 21 mars, trois jours avant le début de sa formation, son inscription est soudain remise en cause. Les validations par Pôle emploi ont nécessité tant de temps que tous les autres stagiaires lui sont passés devant, même s’il avait été le premier à s’inscrire… Et ce n’est là que la dernière de la très longue série de galères depuis qu’il cherche un travail.

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Au début de ses contacts avec Pôle emploi, Ahmed a déjà dû faire le deuil du contact avec sa conseillère, rapidement remplacée par une « interface numérique ». Puis il lui a fallu créer son espace personnel ; une contrainte rendue complexe par la nécessaire quête d’un ordinateur et de la (vaine) tentative d’installer un accès Internet chez lui. Le tout suivi de l’usage quotidien de cette interface peu adaptée aux nouveaux venus en France, dont la maîtrise du français administratif est encore en devenir. Ahmed a parfois coché la mauvaise case, il en convient, ce qui lui a compliqué la vie et fait perdre de précieuses semaines. Et ce n’est là qu’un extrait du florilège de ce que lui et ses amis, réfugiés aussi, ont qualifié de « bureaucratie infertile », dans une lettre qu’ils ont adressée à la députée LRM de la circonscription, Bénédicte Peyrol, début février.
L’avenir au rendez-vous
Auparavant déjà, Ahmed et ses copains avaient bravé l’épreuve de l’ouverture du compte bancaire et celle des droits à la Caisse d’allocations familiales (CAF) et à la Sécurité sociale ; comme une course d’obstacles qui n’en finit jamais… Après avoir échappé aux geôles libyennes, aux naufrages en Méditerranée ou réussi à convaincre l’Office français des réfugiés et des apatrides (Ofpra) des violences qu’ils ont subies au Darfour, sésame pour obtenir l’asile. « On dirait que la France veut nous “challenger” un peu plus encore pour s’assurer qu’il nous reste assez de ressort pour travailler », plaisante l’un d’eux, conscient qu’à Vichy, les jobs ne courent pas les rues.

   


Alsadig, un ami d’Ahmed, vient d’ailleurs de dire adieu à la ville thermale, berceau de son intégration depuis début 2016. Le week-end prolongé du 1er-Mai, la 206 bleue de Pablo Aiquel, journaliste indépendant et ­citoyen solidaire de Vichy, s’est engagée au petit matin sur l’autoroute en direction de Lyon, chargée des maigres bagages du réfugié. C’est là, à deux heures de voiture, que l’avenir a donné rendez-vous au Soudanais de 27 ans, lui aussi, sous la forme d’une longue formation aux métiers du bâtiment. Après avoir lu sur Lemonde.fr l’histoire ­d’Alsadig, Pierre-Martin Aubelle, le patron des Clés de l’atelier, une entreprise de formation, lui a proposé de venir y étudier l’électricité. Un geste généreux, offert bien avant de savoir si Pôle emploi financerait ou non ces deux trimestres.
En février, Pierre-Martin Aubelle a donc fait visiter ses ateliers à Alsadig et à un autre réfugié (qui lui aussi sera formé), montré les machines, les projets sur lesquels avaient travaillé les promotions précédentes. Ce jour-là, Alsadig n’avait envie ni de parler ni de sourire. Il était conscient du pas qu’il était en train de faire vers son intégration, mais il peinait à gérer l’angoisse de quitter ses amis de Vichy. Sans compter qu’à Lyon et au Darfour, les exigences professionnelles ne sont sans doute pas tout à fait les mêmes. « Je fais le grand saut, cela me fait peur, mais j’ai envie de me lancer et d’apprendre », résumait le jeune homme, un mois plus tard, déjà plus accoutumé à ce grand chambardement.

   


La phase « emploi »
Après près de trois ans en France, Alsadig et Ahmed en sont donc à la phase « emploi ». Quel chemin parcouru depuis leurs premiers pas dans la ville d’eau ! Arrivés comme demandeurs d’asile, ils se sont d’abord faits tout petits, quittant à peine le périmètre de leur centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). Les sorties de cette zone se ­résumaient, les premiers mois, aux promenades le long des rives de l’Allier. Comme si leurs pieds avaient conservé la mémoire mécanique des centaines de kilomètres parcourus entre l’Afrique et l’Europe. Comme si le contact avec la nature les ramenait à un équilibre perdu.
« Je n’avais pas l’esprit assez libre pour visiter ces lieux dont j’avais rêvé dans ma vie d’avant. J’étais là sans y être, car j’ignorais encore si la France voudrait de moi » Ali
Peu à peu, ils ont élargi leur périmètre ­vichyssois, prenant toutefois toujours soin de ne pas empiéter sur la zone des curistes, le Vichy chic et « tradi », un monde inconnu. « A Paris aussi, on se cantonnait aux alentours de La Chapelle [quartier où se trouvait son squat] », rappelle Ali, avec son regard de sociologue. Lui avait quand même poussé jusqu’au château de Versailles, au Louvre et même au pied de la tour Eiffel, mais sans grande conviction. « J’étais demandeur d’asile à l’époque, rappelle-t-il. Je n’avais pas l’esprit assez libre pour visiter ces lieux dont j’avais rêvé dans ma vie d’avant. J’étais là sans y être, car j’ignorais encore si la France voudrait de moi. »
Ali travaillait à Khartoum, la capitale du Soudan, qu’il a quitté, en 2013. Ahmed et Alsadig viennent tous deux du Darfour, comme Anwar, 30 ans, un autre Soudanais de Vichy. Le premier et le dernier sont partis à la fin de 2014, le deuxième un peu plus tôt, en février, mais leurs routes se sont croisées à Paris à l’automne 2015. Avec Hassan, un ­réfugié érythréen, ils ont connu les trottoirs de la capitale avant de trouver refuge au ­lycée Jean-Quarré, un squat de migrants du 19e arrondissement qu’ils appellent « l’école ». « J’y suis resté dix jours, se rappelle Hassan, mais c’est un souvenir fort. Et je me souviens bien du départ. Au petit matin du 23 octobre 2015, la police est arrivée très tôt, nous a priés de monter dans des bus sans nous dire où on ­allait. C’était angoissant. Quatre heures plus tard, on descendait à Varennes-sur-Allier, sans savoir où on était. »
Là, ils emménagent dans ce qui va devenir le plus grand centre d’accueil et d’orientation (CAO) de France. « Quand on y repense, on a l’impression que c’était il y a une éternité », médite Pablo Aiquel qui, le 11 novembre, profite du jour férié pour leur rendre ­visite, voir ce dont ils ont besoin, et jouer au foot avec eux. Il ignore alors qu’il deviendra l’un des pivots de l’intégration de ce groupe transféré à Vichy à partir de février 2016. « A Varennes, on a passé des après-midi à jouer à des jeux de société, se souvient-il. Il y avait les très précieux cours de français que donnaient les bénévoles de Vichy Solidaire : Marie, Bernard et les deux Claudine, entre autres. Et puis, rapidement, comme les journées étaient vraiment longues, Ahmed et Hassan m’ont parlé de leur envie de créer un groupe de musique soudanaise et érythréenne. »
Les Soudan Célestins Music, une des clés de l’intégration
A l’époque, la création du groupe des Soudan Célestins Music semble une gageure. Ces gars n’ont rien, pas même un statut de réfugié. Là-bas, ils animaient des soirées certes, mais n’étaient pas des pros. Pourtant, rétro­s­pectivement, cette initiative sera une réussite, et même une des clés de l’intégration d’Ahmed, Hassan, Ali, Alsadig et Anwar. Elle leur a donné une première place dans la ­société française. Ils mesurent le chemin parcouru entre cette création très informelle un jour d’ennui et leur sélection ce printemps pour être l’une des Voix de l’exil, un disque qui sera mis en vente à Noël par l’association Engage with Refugees…
Le groupe de musiciens réfugiés s’adresse au cœur autant qu’aux oreilles. Leurs chansons font danser les Soudanais dans tous les centres de demandeurs d’asile où ils se produisent et leurs remerciements à la France qui les a accueillis touchent à chaque fois le public. C’est leur invitation sur scène au festival Les Cultures du monde de Gannat (Allier), en juillet 2016, grâce aux contacts de Pablo Aiquel (qui les coache et leur a ouvert son carnet d’adresses), qui signe leur naissance officielle.
C’est d’ailleurs ce festival qui leur fait un don de 400 euros pour acheter leur premier clavier sur Le Bon Coin. Plus tard, le bénévole Jacques Lenoir, faisant fi de ses fins de mois serrées de retraité, leur offre à son tour du ­matériel et leur prête le bout de champ qu’il possède pour répéter, faute de disposer d’une salle. Là, sous l’œil curieux des deux ânes de Jacques, Véliotte et Wiwi, ils reprennent soir après soir les standards soudanais. Hassan s’efforce de mieux enchaîner les morceaux, Ahmed et Ali travaillent leur voix…
Un peu plus « pros » que le 14 juillet 2017 dans les jardins de Vichy, les Soudan Célestins Music multiplient les invitations. Ils chantent souvent au café Les Augustes à Clermont-Ferrand, une institution régionale, mais vont aussi à la Fête de L’Humanité en septembre 2017 ou au festival parisien Culture au quai, une semaine plus tard. Mais ce soir-là, Ahmed a la tête ailleurs. Il ne lâche pas son téléphone car, le 23 septembre, les forces gouvernementales ont réprimé une manifestation en opposition à la visite du président soudanais Omar Al-Béchir à Kalma, l’immense camp de réfugiés où ­vivent son épouse et sa mère. Il est inquiet, des gens sont morts, et il attend des nouvelles. Anwar, qui ne chante pas avec eux ce week-end-là, connaît lui aussi cette inquiétude qui le ramène souvent la nuit en pensée vers le camp où survivent encore les siens, depuis qu’en 2003, son village a été détruit.
Mélodies de l’enfance
Ahmed et Hassan constituent le noyau dur des Soudan Célestins Music. Même si Alsadig, Anwar et Ali aiment jouer les chœurs, ils sont moins « réguliers » que le premier chanteur et le pianiste. « Je me suis dit plusieurs fois que j’aimerais en faire ma carrière », est même allé jusqu’à rêver à haute voix Hassan, à l’été 2017. Avant d’imaginer faire le commerce de produits soudanais et érythréens à Vichy. Y revendre le foul, les épices qui parfument le café africain qu’il aime ; pouvoir ­proposer à la petite communauté africaine locale ce qu’il faut pour cuisiner un zigni, ce riz au bœuf dont la seule évocation fait briller ses yeux. Un peu comme lorsqu’il fredonne les mélodies qui ont bercé son enfance. « Quand je chante, je repense à ma mère, je pleure, et ça me fait du bien », dit-il volontiers. Une manière discrète et élégante de ­raconter en creux, et sans une plainte, la difficulté de sa condition d’exilé. Même après trois ­années en France.
« Evidemment, avoir le statut a changé ma vie, ça m’a permis de me poser enfin, après des années », reconnaît l’Erythréen qui a grandi au Soudan et partage la galère des « copains qui, eux, n’ont pas eu le statut » de réfugié. Mais son titre de séjour n’empêche pas la ­dureté du quotidien. « Les codes, le savoir-être en entreprise, c’est ce qui est le plus difficile à acquérir », renchérit Alexandre Mondet, ­directeur du jardin biologique collectif à ­vocation d’insertion Jardins de Cocagne à ­Vichy et employeur d’Hassan depuis juillet 2017.
« Il faut lui laisser le temps, nuance le patron, conciliant, qui fait travailler des ­publics éloignés de l’emploi. Quand il aura fait un an et demi en contrat d’insertion chez nous, il aura déjà beaucoup appris. » Même si les habitudes d’autonomie prises au fil de ses six années d’errance sur les routes mettent un peu de temps à s’effacer devant les contraintes du salariat. « Si ces ajustements n’étaient pas nécessaires, on n’aurait pas ­inventé les contrats d’insertion », recadre Alexandre Mondet, ferme sur les attendus, mais confiant, même si Hassan a raté un jour de travail à cause de la neige qui tombait ou un après-midi pour faire réparer sa voiture.

   


« Nous venions de nous marier »
Aux Jardins de Cocagne, les mains dans la terre brune, l’Erythréen arrache les mauvaises herbes, éclaircit les carottes et attache les plants de tomate, en plein champ ou sous les serres. Chaque fin de semaine, une fois sa fourche et sa tranche rangées, il se perfectionne en français, cette langue qui lui a longtemps résisté. Bien au-delà des 200 heures de cours qu’octroie l’Etat à ses nouveaux venus. Aujourd’hui, dans le cadre de son emploi d’insertion, il bénéficie d’autres leçons, sur son temps de travail. A ajouter à son « entraînement » grandeur nature, lorsqu’Alexandre Mondet l’envoie tenir le stand de légumes au marché voisin de Bellerive. Un moment qu’il aime autant qu’il le redoute :
« Communiquer avec le client me demande un vrai effort en français, pas vraiment pour comprendre, mais pour bien m’exprimer. »

   


Hassan est né en Erythrée, mais a vécu au Soudan avant d’être poussé à fuir en 2011 et de s’embarquer pour une véritable odyssée. Arrivé en Grèce avant la vague de 2015, il y reste quatre années, malmené par des paysans voyous qui le sous-payent et le mettent en danger. « Je devais appliquer de nuit dans les champs des traitements interdits. Ces poudres et liquides m’ont rendu malade, et parfois je n’étais même pas payé », explique-t-il. C’est ce sort qui le décide à reprendre la route vers l’ouest en se glissant dans le flot des migrants de 2015 en route vers l’Allemagne.
« J’ai été jugé sommairement et condamné à mort. J’étais dans le collimateur du pouvoir, comme beaucoup d’autres étudiants » Ali
Alsadig, Ali, Anwar et Ahmed ont connu, eux, un parcours plus classique et plus ­rapide pour arriver en France après avoir traversé la Méditerranée. Ahmed, lui, est parti en catastrophe quand les services de renseignement lui ont reproché son travail de chauffeur pour une ONG étrangère. « Juste le temps de prévenir par téléphone ma mère et mon épouse ; pas même de les embrasser. Nous venions de nous marier, la fête n’avait pas encore eu lieu », explique-t-il, sans s’attarder sur la douleur de ce départ, toujours pas effacée après trois ans. Ni pour lui ni pour Ali, qui enseignait la sociologie à l’université de Khartoum, comme assistant en préparant son doctorat.
Tout allait bien avant ce jour où il a été arrêté alors qu’il rendait visite à son grand-père, dans un village. « Le lendemain, j’ai été jugé sommairement et condamné à mort. J’étais dans le collimateur du pouvoir comme beaucoup d’autres étudiants. Je n’avais rien fait de particulier, mais j’avais des idées communistes… Alors que je partais vers l’exécution, notre voiture a eu un accident, et j’ai pu m’enfuir », raconte dans un souffle le Soudanais de 30 ans, dont la marche conserve la trace d’une blessure lors de cet épisode.
Bourdieu, Weber ou Victor Hugo
Après la Libye, Ali a lui aussi débarqué à Paris en 2015, reçu le statut de réfugié et terminé ses 200 heures de cours de français de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), avant que la suite s’enraye un peu. Si ses quatre compagnons ont opté pour un travail manuel, lui rêve toujours de reprendre ses études. Un chemin pas si simple, car malgré les efforts des bénévoles de Réseau Vichy ­Solidaire, il n’a intégré aucun programme. Une nouvelle piste semble s’ouvrir avec l’université de Clermont-Ferrand, mais en attendant, Ali passe ses journées entre l’écriture, la lecture de Bourdieu, Weber ou Victor Hugo, et le bénévolat qu’il assure pour le Secours catholique depuis août 2017 à Vichy. Là, en pliant les vêtements du vestiaire, il pose son regard de sociologue sur une France dont il ne soupçonnait pas l’existence. « Je n’aurais jamais cru qu’une partie de la population souffrait ainsi… dans un pays riche comme la France », s’étonne-t-il.
« Je ne serai intégré que lorsque je pourrai vraiment me débrouiller seul sans rien demander, en gagnant un vrai salaire » Alsadig
En fait, près de trois ans après leur arrivée en France, aucun des musiciens des Soudan Célestins Music ne coche les trois cases de l’intégration : travail non aidé, bonne maîtrise de la langue et appartement autonome. « On avance. Le français, ça va mieux, l’appartement, c’est bon pour moi. La formation, c’est en cours… Mais je ne serai intégré que lorsque je pourrai vraiment me débrouiller seul sans rien demander, en gagnant un vrai salaire », résume Alsadig en sortant de la visite de l’appartement lyonnais où il s’installe. Une vraie étape pour lui qui quitte pour la première fois le bâtiment d’Adoma, où il habitait depuis début 2016. « Après Paris et le CAO de Varennes-sur-Allier, on a été installés dans le CADA d’Adoma, à Vichy. Lorsque j’ai eu mon statut de réfugié, j’ai choisi d’y rester en payant la location d’une chambre », rappelle Alsadig, un peu inquiet de lâcher ce lieu où l’on parlait arabe dans les couloirs.

   


Hassan, 37 ans, a été le premier du groupe à déménager. Ahmed, lui, a mis un temps fou à trouver un studio. « Au départ, j’ai visité quelques logements avec le travailleur social qui gérait mon dossier à Adoma. Mais les loyers étaient trop chers ou les lieux insalubres », résume le jeune homme. De fil en aiguille, il s’est retrouvé sans rien. Obligé de quitter le CADA Adoma, puisqu’il avait le statut de réfugié, il a été hébergé par le réseau des bénévoles de Réseau Vichy Solidaire avant de ­finalement trouver une location. Anwar, lui, a même connu la rue, les appels au 115, ­jusqu’à ce qu’un travailleur social le mette en relation avec un propriétaire. Depuis, il a pu intégrer un contrat d’insertion par ­l’intermédiaire de Pôle emploi et travaille sur un chantier à reconditionner des palettes de bois. Pas tout à fait le rêve que nourrit ce licencié en arabe, mais c’est déjà le début de quelque chose…
A Vichy comme ailleurs, l’intégration est un long chemin, pavé d’embûches, de ralentissements et d’accélérations. Certes, Ahmed, Hassan, Ali, Anwar et Alsadig voudraient que tout aille plus vite, mais ils savent déjà aujourd’hui qu’ils sont sur les rails. Celui qui s’autobaptise « le premier Noir de Vichy », ­Issam Othman, arrivé comme réfugié il y a dix-sept ans, leur a servi de modèle, les a guidés, leur a d’emblée permis de voir que c’était possible. Et puis, en créant les Soudan ­Célestins Music, le groupe de réfugiés a pris son avenir en main, se positionnant en ­créateurs et non en assistés. Soudanaise ou érythréenne, la musique les a aidés à reprendre les rênes de leur destin, à rendre à la France un peu de ce qu’elle leur a donné.

« Les nouveaux arrivants », une histoire d’intégration
Loin des polémiques sur la crise migratoire, Le Monde a suivi pendant un an un groupe de réfugiés venant du Soudan et de l’Erythrée, installé à Vichy, dans l’Allier. Ce projet, intitulé « The New Arrivals » (« Les nouveaux arrivants »), est mené en partenariat avec les journaux européens The Guardian, El Pais et Der Spiegel. Il est financé par l’European Journalism Centre, avec le soutien de la Fondation Bill & Melinda Gates.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ En image. Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, l’Etat iranien met en scène la colère du peuple. Ce drapeau américain qui brûle est un grand classique.
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Retour de flamme à Téhéran

En image. Après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire, l’Etat iranien met en scène la colère du peuple. Ce drapeau américain qui brûle est un grand classique.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 12h55
    |

            Louis Imbert








                        



                                


                            

Elle sent l’essence, cette image. C’est une bouffée d’alcool à brûler saisie en plein centre de Téhéran, vendredi 11 mai. Des Iraniens font flamber le drapeau des Etats-Unis, « grand ­Satan » de la propagande officielle. Ils font cercle à distance. La boule de feu vient de prendre, elle n’a pas eu le temps de roussir le mauvais tissu synthétique. Dans un instant, certains en piétineront les cendres.
Nous sommes dans une manifestation officielle : la République islamique met en scène la colère du peuple, trois jours après que le président américain, Donald Trump, a déchiré l’accord international sur le programme nucléaire iranien, le 8 mai, et annoncé le retour de sanctions de pleine force contre le pays.
Le jeune homme qui paraît sourire en agitant ce drapeau appartient aux bassidji, un vaste corps paramilitaire, d’action sociale et d’encadrement des masses. Ses vêtements couleur sable et son keffieh lui donnent une allure de combattant en « terrain arabe » : c’est une mode chez ces jeunes gens, qui rêvent de rejoindre leurs camarades en Irak, où ils ont participé à la lutte contre l’organisation Etat islamique, et en Syrie, où ils ont soutenu avec succès le régime allié de Bachar Al-Assad. Des soldats américains sont également présents dans ces deux pays. Bientôt, l’Iran pourrait leur chercher des noises.
L’auteur de cette photographie est affilié à l’agence Tasnim, proche des gardiens de la révolution, la principale force armée du pays – les grandes agences internationales diffusent certains de ses clichés, en l’occurrence la britannique Reuters. Cela explique l’absence totale de recul de ce photographe anonyme sur cette scène et sur ce geste, l’un des clichés les plus usés de la vie politique iranienne. Stars and Stripes + essence à briquet = la révolution de 1979 et la crise des otages de l’ambassade des Etats-Unis qui, en 444 jours, a façonné l’antiaméricanisme de la république islamique.
Marque de ferveur
Au lendemain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’actuel président vénézuélien, Nicolas Maduro, est donné favori de l’élection présidentielle de dimanche, initialement prévue pour décembre 2017 et reportée à deux reprises.
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Au Venezuela, une présidentielle boycottée par l’opposition

L’actuel président vénézuélien, Nicolas Maduro, est donné favori de l’élection présidentielle de dimanche, initialement prévue pour décembre 2017 et reportée à deux reprises.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 05h00
    |

                            Charlotte Peytour








                        



   


Un peu plus de 20 millions de Vénézuéliens sont appelés à élire, dimanche 20 mai, leur président parmi trois candidats. Une élection dont l’issue ne fait guère de doute, l’opposition à Nicolas Maduro, qui vise la réélection, ayant renoncé à participer au scrutin.
La date du vote, initialement prévue pour décembre 2017, a été reportée à deux reprises et le futur président héritera d’une situation économique très critique – 1,7 million de personnes ont fui le pays depuis deux ans en raison de l’hyperinflation et des pénuries de produits de première nécessité.
Touché par l’effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96 % de ses revenus du pétrole, souffre d’un manque de devises qui l’a plongé dans une crise aiguë. En cinq ans, le PIB a fondu de 45 % selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15 % en 2018 et une inflation de 13 800 %.

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Qui sont les trois candidats ?
Le président socialiste sortant, Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez depuis sa mort en 2013, brigue un second mandat au nom du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV). Malgré son taux d’impopularité record grimpant à 75 %, sa victoire reste l’hypothèse la plus probable. Durant son mandat, l’inflation a drastiquement augmenté et les pénuries alimentaires se sont généralisées. Pour résorber cet effondrement économique, il a promis lors de sa campagne de gagner la « guerre économique » menée selon lui par les Etats-Unis et l’opposition.

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Ancien membre du PSUV, Henri Falcon, du parti Avanzada Progresista (Avancée progressiste), occupe la deuxième place dans les intentions de vote. Même si les sondages demeurent peu fiables en raison du taux d’abstention potentiellement plus important que d’habitude, certains d’entre eux le placent en tête. Il compte sur une forte participation des opposants au président sortant pour l’emporter. Cet avocat, ancien directeur de campagne de l’opposant Henrique Capriles lors des élections de 2013 et gouverneur de l’Etat de Lara de 2008 à 2017, s’est peu à peu éloigné du chavisme prôné par Nicolas Maduro.

   


Dans une tribune publiée dans le New York Times, le candidat justifie sa décision de se présenter malgré le boycott d’une partie importante de l’opposition : selon lui, « les boycotts électoraux ne résolvent rien. Les forces d’opposition qui abandonnent les compétitions électorales ne font que […] permettre aux dirigeants en place de consolider leur pouvoir ».
Peu connu des électeurs, Javier Bertucci, le troisième candidat, provient de la société civile : homme d’affaires et pasteur évangélique, il s’oppose fermement à l’avortement légal et à l’adoption chez les couples homosexuels. Son discours, empreint d’une rhétorique religieuse, a toutefois peu de chances de le porter à la victoire, d’après les sondages.
Pourquoi la principale force d’opposition boycotte-t-elle le scrutin ?
La coalition de la Table de l’unité démocratique (MUD), principale force politique opposée à Nicolas Maduro, a décidé de ne pas participer à l’élection, arguant que le gouvernement ne lui a pas donné de garanties suffisantes quant à l’organisation du scrutin.

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Le Comité national électoral du Venezuela a fixé unilatéralement la date des élections, malgré l’absence d’accord entre le gouvernement de Nicolas Maduro et la coalition. La MUD réclamait entre autres la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la désignation d’un conseil national électoral « équilibré », le vote des Vénézuéliens de l’étranger et un égal accès aux médias.
En outre, la plupart des principaux responsables politiques issus de cette coalition ont été empêchés de se présenter. Henrique Capriles, l’adversaire du président sortant lors des précédentes élections, a été banni en 2017 de tout mandat politique pour une durée de quinze ans, pour cause d’« irrégularités administratives ». Cette mesure a été qualifiée par la MUD de manœuvre politique pour faire taire les voix dissonantes. Leopoldo Lopez, autre figure de l’opposition, condamné à 14 ans de prison puis assigné à résidence en 2017, a été privé de ses droits civiques.
Comment réagit la communauté internationale ?
Les Etats-Unis, l’Union européenne, le Canada, le Japon et certains pays d’Amérique latine ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne reconnaissaient pas l’élection, Washington la jugeant même « ni libre, ni juste ». Dans un communiqué datant du 14 mai, les représentants de dix pays d’Amérique latine, membres du groupe de Lima, accompagnés de l’Espagne et des Etats-Unis, ont demandé une nouvelle fois la suspension des élections du 20 mai, en fustigeant le « régime autoritaire » de Nicolas Maduro.
Le Trésor américain a même annoncé le 7 mai avoir pris des sanctions contre une vingtaine d’entreprises, dont seize installées au Venezuela, et contre trois personnes dont un ancien directeur du service vénézuélien des renseignements financiers.
Emmanuel Macron, à travers un communiqué de l’Elysée à la suite de sa rencontre avec une délégation de l’opposition vénézuélienne le 4 avril, a également « rappelé que les conditions d’organisation de l’élection présidentielle au Venezuela, le 20 mai, ne permettaient pas, en l’état, un scrutin juste, libre et transparent ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Cette annonce du vice-premier ministre chinois clos une semaine de négociations avec le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.
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La Chine et les Etats-Unis renoncent à une « guerre commerciale »

Cette annonce du vice-premier ministre chinois clos une semaine de négociations avec le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 04h49
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 10h04
   





                        


La Chine et les Etats-Unis ont décidé de renoncer à toute guerre commerciale : l’annonce est signée par le vice-premier ministre chinois, Liu He, dont les propos ont été rapportés, dimanche 20 mai, par l’agence officielle Xinhua.
« Les deux parties sont parvenues à un consensus. Elles ne s’engageront pas dans une guerre commerciale et elles n’augmenteront pas les droits de douane respectifs », a fait savoir M. Liu, qui a dirigé cette semaine à Washington la délégation chinoise chargée des négociations avec le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

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Un peu plus tôt, Washington et Pékin avaient, dans un communiqué commun, fait état d’un « consensus » sur le fait de prendre des mesures pour réduire de manière significative le déficit des Etats-Unis sur les échanges de marchandises avec la Chine. En revanche, le texte ne précisait pas si l’échéance de mardi sur une possible entrée en vigueur de nouvelles mesures pour 50 milliards de dollars (42,4 milliards d’euros) de marchandises chinoises, était de facto suspendue.
Liu He appelle à la patience
Selon M. Liu, la Chine et les Etats-Unis renforceront leur coopération commerciale dans les domaines de l’énergie, des produits agricoles, des soins médicaux, des produits de haute technologie et des finances.

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Le vice-premier ministre chinois a qualifié l’accord de « nécessité » tout un ajoutant : « Il faut en même temps tenir compte du fait que briser la glace ne peut se faire en un jour, que résoudre les problèmes structurels sur les relations économiques et commerciales entre les deux pays prendra du temps. »
Si les Etats-Unis et la Chine doivent faire face à de nouvelles difficultés dans le futur, « nous devrons les regarder calmement, maintenir le dialogue et les traiter correctement », a-t-il ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La chorale gospel, la présence d’Oprah Winfrey, le sermon du révérend Michael Bruce Curry : autant de symboles pour revendiquer la culture afro-américaine de Meghan Markle.
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Mariage princier : l’« identité noire » célébrée pour les médias

La chorale gospel, la présence d’Oprah Winfrey, le sermon du révérend Michael Bruce Curry : autant de symboles pour revendiquer la culture afro-américaine de Meghan Markle.



Le Monde
 |    20.05.2018 à 03h39
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 16h28
   





                        


Une cérémonie alliant le faste de la monarchie britannique aux accents de la culture afro-américaine : c’est ainsi que l’on pourrait décrire le mariage du prince Harry et de l’ex-actrice américaine Meghan Markle, qui a eu lieu samedi 19 mai à la chapelle Saint-George du château de Windsor. « Une mini-révolution [à l’initiative de la mariée] », analyse le Daily Mail.
Les origines de Meghan Markle, née d’un père blanc et d’une mère noire, ont marqué cette « cérémonie multiculturelle ». La chroniqueuse du quotidien britannique The Guardian Afua Hirsch parle ainsi d’une célébration de « l’identité noire » (« blackness »). Elle se réjouit de voir que ce mariage a entraîné sur les réseaux sociaux la juxtaposition de deux hashtags, jamais associés jusqu’alors, #mariage royal et #blackexcellence.
Une combinaison qu’elle explique notamment par les invités présents à ce mariage, que ce soient Serena Williams, Idris Elba, Gina Torres ou la célèbre présentatrice américaine Oprah Winfrey. « Les deux femmes [Meghan Markle et Oprah Winfrey] les plus célèbres du monde, ce jour-là, sont d’origine afro-américaine », clame la journaliste.

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Le New York Times va même plus loin, en écrivant qu’avec le clergé, les musiciens, et les invités, c’était la première fois qu’il y avait autant de minorités présentes dans la chapelle Saint-George.
Un sermon d’amour et de tolérance
Un moment fort a retenu l’attention des médias américains et britanniques : le sermon prononcé par le révérend Michael Curry, premier afro-américain à diriger l’Eglise anglicane aux Etats-Unis, vantant le pouvoir de l’amour, citant Martin Luther King, le défenseur des libertés civiques, et faisant référence à l’esclavage.
« Nous devons trouver le pouvoir de l’amour, le pouvoir rédempteur de l’amour. De cette façon, nous pourrons faire du vieux monde un monde nouveau. L’amour est le seul moyen. »

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Un message « révélateur du rôle que Meghan Markle pourrait jouer dans cette famille », analyse Vox, que ce soit « en tant que femme divorcée, américaine et biraciale ».
Outre le message et le ton « magistral » du sermon, le New York Times voit une allégorie dans la seule présence du révérend « dans un service qui comportait un bon nombre de poids lourds ecclésiastiques, en incluant l’archevêque de Canterbury (qui a tweeté son admiration de l’évêque) ».
Le choix de la musique
Le sermon a été suivi de la version de Ben E. King de la chanson Stand By Me reprise par une chorale gospel. « Une chanson d’amour, oui, mais l’une des premières à avoir été utilisées dans le mouvement pour les droits civiques, devenant un symbole des protestation face aux injustices raciales », rappelle la journaliste de The Guardian.
La chorale de gospel, ainsi que le violoncelliste Sheku Kanneh-Mason, 19 ans et premier musicien noir à remporter le Young Musician Award de la BBC en trente-huit ans d’histoire, « expressément demandé par Meghan Markle », et qui a notamment chanté Après un Rêve de Gabriel Fauré, ont concouru à renforcer l’identité afro-américaine de cette cérémonie, insiste le magazine Essence, publication à destination des femmes afro-américaines. Leur rédaction a également été attachée à d’autres symboles, tel que « le piercing au nez » de la mère de Meghan Markle, Doria Ragland, descendante d’esclaves des plantations de coton en Géorgie du Sud.
« Il est clair que la mariée voulait faire ressortir son identité raciale, mettre son patrimoine à l’honneur devant un vaste auditoire, écrit Sarah Lyall dans le New York Times. Dans une institution si blanche, dans un pays où il y avait de sérieux problèmes raciaux, c’était un geste marquant. Et ce fut un moment extrêmement symbolique sur la scène mondiale, incluant la possibilité de changer la vision du monde sur la famille royale, et peut-être même la vision de la Grande-Bretagne sur elle-même. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le crash d’un avion de ligne vendredi à Cuba a fait 110 morts et trois blessés selon un dernier bilan annoncé samedi par le ministre cubain des transports.
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Cuba : 110 personnes sont mortes dans le crash d’un avion de ligne survenu vendredi

Le crash d’un avion de ligne vendredi à Cuba a fait 110 morts et trois blessés selon un dernier bilan annoncé samedi par le ministre cubain des transports.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 22h05
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 08h16
   





                        



   


Le crash d’un avion de ligne, vendredi 18 mai, a fait 110 morts et trois blessés selon un dernier bilan annoncé samedi 19 mai par le ministre cubain des transports, Adel Yzquierdo. Ce dernier a précisé devant la presse que parmi les 110 morts figurent 99 Cubains, six membres d’équipage mexicains, trois touristes étrangers – un Mexicain et un couple argentin – ainsi que deux résidents saharaouis.

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Samedi après-midi, quinze victimes avaient déjà été identifiées selon les autorités, qui ont prévenu qu’il faudrait patienter avant d’identifier tous les corps, en grande partie brûlés lors de l’incendie de l’appareil au sol. « Ce processus prend du temps, nous ne pouvons donner un délai exact mais nous estimons que cela va prendre des jours, probablement des semaines », a déclaré le vice-ministre de la santé, Alfredo Gonzalez.
L’avion s’était écrasé peu après son décollage de l’aéroport Jose-Marti de La Havane. La directrice cubaine du transport aérien, Mercedes Vazquez, avait précisé vendredi aux médias d’Etat que l’appareil était loué par Cubana de Aviacion à la compagnie mexicaine Global Aerolineas Damojh.
Une boîte noire retrouvée
Les circonstances de l’accident ne sont toujours pas connues. Mais au cours de cette conférence de presse, M. Yzquierdo a annoncé qu’un des boîtes noires du Boeing 737-200 qui s’est écrasé avait été retrouvé et se trouve dans « un bon état ». « Nous devons recevoir l’autre dans les prochaines heures », a-t-il ajouté. Après cet accident, le plus grave survenu à Cuba depuis près de trois décennies, le nouveau président cubain Miguel Diaz-Canel a immédiatement annoncé le lancement d’une enquête.
La direction générale de l’aéronautique civile mexicaine a dépêché de son côté une équipe de spécialistes pour aider les autorités cubaines à faire la lumière sur ce drame. Elle a annoncé samedi que Global Air serait soumis à un « nouvel audit opérationnel ». Il s’agira de « vérifier que les conditions actuelles d’utilisation des appareils sont conformes à la réglementation et de recueillir toutes les informations susceptibles d’aider l’enquête sur ce tragique accident », ont expliqué les autorités aéronautiques mexicaines.
Cet accident est le plus grave survenu sur l’île depuis le crash en 1989 à La Havane, d’un charter à destination de Milan, dans lequel 115 passagers -dont 113 touristes italiens- avaient été tués, ainsi que 40 Cubains au sol.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La cérémonie, qui s’est déroulée samedi dans la chapelle Saint-George du château de Windsor, a été marquée par le sermon enflammé du révérend américain Michael Curry.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/05/2018
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Le mariage de Meghan Markle et du prince Harry entre gospel et protocole royal

La cérémonie, qui s’est déroulée samedi dans la chapelle Saint-George du château de Windsor, a été marquée par le sermon enflammé du révérend américain Michael Curry.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 18h28
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 10h25
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="De nombreux Britanniques sont arrivés très tôt le long de la route jusqu’au château de Windsor dans la matinée de samedi 19 mai. C’est d’ici que partira la route du calèche du prince Harry et de Meghan Markle après la cérémonie."
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            data-slide-description="Il est encore tôt en ce matin brumeux, samedi 19 mai, quand de nombreux Britanniques arrivent non loin du château de Windsor."
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            data-slide-description="Non loin du château de Windsor, des fans de la première heure se sont installés dans la matinée, en attendant l’arrivée du couple princier, suivie de la cérémonie."
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            data-slide-description="Des fans « royaux » joyeusement accoutrés ont commencé à se rassembler dans la matinée sur la pelouse le long du chemin qu’emprunteront le prince Harry et Meghan Markle jusqu’au château de Windsor."
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            data-slide-description="Izzy Newman, habitante de Windsor, attend le mariage princier avec impatience."
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            data-slide-description="On peut même croiser des fans royaux de type canin aux abords du château de Windsor, portant le drapeau du Royaume-Uni, l’« Union Jack »."
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            data-slide-description="Le mariage princier est l’occasion de porter la partie originale d’un vestiaire qu’il est plus ardu de revêtir en plus banale circonstance."
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            data-slide-description="Les fans royaux ont arboré pour ce jour spécial leurs plus belles couleurs, y compris sous forme de maquillage."
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            data-slide-description="Chito Salarza-Grant, connu comme « l’homme au chapeau de Londres », est naturellement venu coiffé de sa dernière création. Salarza-Grant est réputé pour arborer des couvre-chefs de sa fabrication lors d’occasions spéciales, telles que le mariage du prince William et de Kate Middleton, en 2011, ou les Jeux olympiques de Londres, en 2012."
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            data-slide-description="Enveloppés dans leur « Union Jack », des sympathisants marchent vers la chapelle Saint-Georges, là où le couple princier va se marier, et qu’on peut apercevoir en arrière-plan, alors que le soleil se lève sur la Grande-Bretagne."
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            data-slide-description="Tony Appleton, un crieur professionnel, pose à High Street dans sa tenue traditionnelle à quelques heures du mariage. Tony Appleton est connu pour avoir annoncé, en criant, la naissance du prince George, premier fils du prince William et de Kate Middleton, en 2013, trompant deux journalistes américains qui avaient pris son annonce pour une officialisation de la naissance."
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            data-slide-description="Le flux de fans à la gare ferroviaire de Windsor & Eton Riverside ne faiblissait pas, samedi matin."
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            data-slide-description="Des fans royaux colorés s’apprêtent à prendre le train à la gare de Waterloo, à Londres, pour se rendre à Windsor."
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            data-slide-description="La foule nombreuse s’est massée à l’extérieur de l’enceinte du château de Windsor."
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            data-slide-description="Idris Elba et Sabrina Dhowre, suivis d’Oprah Winfrey, arrivent à la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="L’avocate Amal Clooney, et son mari, acteur, George."
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            data-slide-description="La créatrice de mode Victoria Beckham et son mari, l’ex-footballeur David Beckham, font partie des invités."
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            data-slide-description="Doria Ragland, la mère de Meghan Markle, arrive au château de Windsor."
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            data-slide-description="L’arrivée de la reine Elizabeth II, habillée d’un joli vert pomme, pour la cérémonie de mariage de son petit-fils Harry."
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            data-slide-description="Le prince Harry marche au côté de son frère et garçon d’honneur, le prince William, alors qu’ils se dirigent vers la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="Meghan Markle lors de son arrivée devant la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="L’entrée de Meghan Markle dans la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="Le prince Harry enlève le voile de la robe de Meghan Markle lors de leur cérémonie de mariage."
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            data-slide-description="De gauche à droite : le prince William, le prince Charles, son épouse Camilla, et l’épouse de William, Kate."
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            data-slide-description="Harry et Meghan, main dans la main, avant d’échanger leurs vœux."
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            data-slide-description="Les deux époux à la sortie de la chapelle Saint-Georges."
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De nombreux Britanniques sont arrivés très tôt le long de la route jusqu’au château de Windsor dans la matinée de samedi 19 mai. C’est d’ici que partira la route du calèche du prince Harry et de Meghan Markle après la cérémonie.

TOLGA AKMEN / AFP
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Marier la tradition à l’audace, les pompes patriotiques à l’ouverture aux autres cultures : ce talent typiquement britannique s’est déployé en grand, samedi 19 mai pendant l’office religieux au cours duquel le prince Harry et l’actrice américaine Meghan Markle se sont juré d’être mari et femme « pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort [les] sépare ». Rompant avec la coutume royale, la mariée n’a pas promis « obéissance » à son époux et celui-ci, peut-être en signe d’égalité, a choisi de porter une alliance, comme elle.

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Depuis leur mariage, scellé à la mi-journée au milieu de 600 invités dans la chapelle Saint-George du château de Windsor, le couple est officiellement désigné par le très aristocratique titre de « duc et duchesse de Sussex ». Pendant l’office religieux, Meghan Markle portait un diadème offert en 1893 par la reine Victoria à la reine Mary et prêté par l’actuelle souveraine. Et son voile diaphane, long de cinq mètres, était parsemé de 53 fleurs symbolisant chacun des pays du Commonwealth, dont la plupart sont des anciennes possessions de l’Empire britannique.
Sermon enflammé du révérend Michael Curry
La cérémonie, conçue pour symboliser la modernisation de la monarchie britannique, a atteint son but. Entre gospel et Schubert, entre prêche enflammé à l’américaine et rite anglican rigoureux, le mariage royal millésime 2018 a clairement signifié aux Britanniques, voire au monde, la volonté de la vénérable institution de vivre dans son siècle. Certes, en l’absence de son père, la mariée a été officiellement accueillie chez les Windsor au bras du prince Charles, le prochain roi. Mais le sermon enflammé sur « le pouvoir de l’amour » prononcé par le révérend Michael Curry, prédicateur afro-américain, a transformé la chapelle médiévale en cathédrale d’Harlem.
Devant un auditoire huppé hésitant entre sidération, adhésion et amusement, le président de l’Eglise épiscopale des Etats-Unis a commencé en citant le leader américain de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King : « Le Dr King avait raison, nous devons découvrir l’amour, le pouvoir rédempteur de l’amour. De cette façon, nous pourrons faire du vieux monde un monde nouveau. L’amour est le seul moyen, a-t-il lancé en agitant les bras devant une reine Elizabeth II visiblement interloquée. Deux jeunes gens sont tombés amoureux et nous voici rassemblés ici. » 

   


Même sous le joug, les esclaves noirs américains ont continué de croire dans le pouvoir de l’amour, a poursuivi le révérend en présence de Doria Ragland, mère de la mariée et descendante d’esclaves des plantations de Géorgie, assise au premier rang. Des chanteurs de gospel ont entonné plus tard This Little Light of Mine, un chant d’inspiration biblique utilisé pendant la lutte américaine pour les droits civiques.
Entrée de la diversité chez les Windsor
Bien sûr, il y a eu du Fauré et du Schubert interprété au violoncelle par le Britannique Sheku Kanneh-Mason et des musiciens de trois orchestres nationaux, et une lecture biblique par la sœur de la princesse Diana, dont l’esprit flottait dans l’air. Mais le message était clair : on célébrait un mariage d’un genre nouveau, officialisant l’entrée de la diversité chez les Windsor.

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Pourtant, Meghan Markle n’est pas seulement une Américaine née d’un couple mixte. La comédienne de la série Suits s’est montrée telle qu’en elle-même : à l’aise dans son nouveau rôle de duchesse, rayonnante, parfois à la limite du rire, tandis que son nouvel époux oscillait à la frontière des larmes de bonheur. Devant un parterre d’invités transatlantiques prestigieux – le musicien Elton John, les acteurs Idris Elba et George Clooney, l’ex-footballeur David Beckham, la joueuse de tennis Serena Williams et la star de la télévision américaine Oprah Winfrey –, la nouvelle ambassadrice de l’élégance britannique a assuré la promotion de la French touch, en l’occurrence les maisons françaises Givenchy – et sa directrice artistique britannique Clare Waight Keller –, qui a créé sa robe blanche immaculée, et Cartier, qui lui a fourni ses boucles d’oreille et son bracelet. Après l’office religieux, quelque 100 000 personnes ont suivi le tour de calèche des nouveaux époux dans les rues de Windsor.
Dans sa vie d’avant, Meghan Markle a déclaré qu’elle n’avait jamais voulu « être une femme qui déjeune, mais une femme qui travaille ». Samedi, à Windsor, elle a commencé brillamment sa nouvelle carrière dans une famille dont elle est censée desserrer le protocole millénaire étouffant. Mais déjà, le chroniqueur royal de la BBC interroge : « Qui changera en premier, Meghan ou la famille royale ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le cabinet constitué samedi par Quim Torra comprend deux anciens ministres emprisonnés et deux autres exilés depuis la tentative de sécession d’avec l’Espagne.
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En Catalogne, le nouveau président nomme des prisonniers et des exilés dans son gouvernement

Le cabinet constitué samedi par Quim Torra comprend deux anciens ministres emprisonnés et deux autres exilés depuis la tentative de sécession d’avec l’Espagne.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 06h42
   





                        



   


L’indépendantiste Quim Torra, investi lundi 14 mai, a publié un décret nommant les membres du nouvel exécutif catalan, mais la formation de ce gouvernement pourrait être bloquée par Madrid.
Le gouvernement espagnol conserve en effet la tutelle sur cette région, imposée le 27 octobre 2017 lors d’une déclaration d’indépendance restée sans suite, et a mis en doute la légalité d’une prise de fonctions de ministres incarcérés en Espagne ou en fuite à l’étranger.
Puigdemont, « le président légitime »
Sur les quatorze « conseillers » du gouvernement régional, deux, Jordi Turull et Josep Rull, sont en détention préventive près de Madrid. Deux autres, Toni Comin et Lluis Puig, vivent en exil en Belgique, où ils avaient fui avec le président Carles Puigdemont après la destitution du gouvernement régional. MM. Turull et Rull ont annoncé qu’ils acceptaient la charge qui leur était confiée dans des messages identiques sur leur compte Twitter.
Quim Torra, élu président lundi par le Parlement régional catalan, a été choisi par son prédécesseur destitué, Carles Puigdemont, qui se considère toujours comme « le président légitime ».

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M. Puigdemont attend en Allemagne que la justice se prononce sur une demande d’extradition de la justice espagnole, qui veut le juger pour « rébellion » avec d’autres dirigeants séparatistes pour leur rôle dans la tentative de sécession.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Boucliers pare-balles, porte-documents blindés, caméras : face aux fusillades de masse, comme celle de Santa Fe, au Texas, le 18 mai, les écoles américaines multiplient les dispositifs sécuritaires.
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Les Etats-Unis sur le chemin de l’école-forteresse

Boucliers pare-balles, porte-documents blindés, caméras : face aux fusillades de masse, comme celle de Santa Fe, au Texas, le 18 mai, les écoles américaines multiplient les dispositifs sécuritaires.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 06h41
    |

            Stéphanie Le Bars (Pocomoke (Maryland), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Qu’elle le veuille ou non, Annette Wallace pense chaque jour au pire : qu’un tireur surarmé fasse irruption dans son lycée de Pocomoke, un établissement de 350 élèves situé dans la campagne apparemment paisible de cet extrême sud du Maryland. L’énergique proviseure imagine la scène : l’affolement, les cris, les portes que l’on verrouille à la hâte, les enseignants qui tentent de faire barrage, comme c’est souvent le cas dans ces tragédies. « Dans ce genre de situations, les professeurs sont les premiers recours. Ils utilisent leur corps comme un bouclier pour sauver leurs élèves », note la jeune femme, entre admiration et effroi.
Aussi, lorsque le directeur de Hardwire, l’usine voisine spécialisée dans le blindage des véhicules militaires, lui a proposé d’installer des boucliers pare-balles dans son établissement, Mme Wallace n’a pas hésité. « Au moins, maintenant, en cas d’urgence, on peut se saisir de cette protection ; on n’est plus seuls face au tireur », poursuit-elle en arpentant les couloirs silencieux du lycée, où, entre les casiers et les salles de classe, elle fait le compte des boucliers rouges récemment accrochés aux murs. En tout, une trentaine de ces plaques, équipées de deux poignées, étonnamment légères, ont été livrées par George Tunis, l’entreprenant ingénieur fondateur de la société installée sur une ancienne friche de Pocomoke.
« Des élèves qui ne se sentent pas en sécurité ne peuvent pas se concentrer sur les apprentissages »
C’est ainsi : après chaque nouvelle fusillade de masse, comme celle qui a fait au moins 10 morts, vendredi 18 mai, à Santa Fe (Texas), le débat qui, durant quelques jours, agite le pays sur les raisons de telles tragédies en cache un autre, plus concret, plus local. Comment protéger au mieux les écoles de ce poison si typiquement américain ? « On vit au quotidien avec cette préoccupation en tête, témoigne Mme Wallace. Or, des enseignants,...




                        

                        


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Le Monde
 |    19.05.2018 à 15h43
 • Mis à jour le
20.05.2018 à 06h43
   





                        



   



   





                            


                        

                        


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Trois grands mariages princiers avant l’union de Meghan Markle et du prince Harry

Le Royaume-Uni fascine depuis longtemps par ses mariages princiers spectaculaires, nourrissant un culte pour la monarchie britannique. Retour sur de grands précédents.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 13h47
   





                        



   


Le prince Harry épouse l’actrice américaine Meghan Markle samedi 19 mai, l’occasion de se rappeler à quoi ressemblaient les trois derniers grands mariages princiers qui ont précédé l’union du jour.
200 millions de personnes écoutent à la radio le mariage d’Elizabeth II et de Philip

Le 20 novembre 1947, il y a plus de soixante-dix ans, des centaines de milliers de personnes envahissent les rues de Londres pour acclamer la future reine Elizabeth II, princesse de 21 ans, qui épouse Philip, 26 ans. Un « éclair de couleur sur la route difficile que nous prenons », commente dans ce Royaume-Uni de l’après-guerre le premier ministre Winston Churchill.
Pour la première fois, un mariage de la monarchie britannique est filmé. Mais c’est grâce à la radio que deux cents millions de personnes branchées sur les ondes de la BBC pourront suivre la cérémonie en direct. Deux mille personnalités, dont six rois et sept reines, sont conviées, mais les plaies de la seconde guerre mondiale sont encore ouvertes : plusieurs membres allemands de la famille de Philip, dont trois de ses sœurs, ne sont pas invités. Le rationnement est, même pour la famille royale, toujours en place, et le gouvernement a alloué à Elizabeth II deux cents coupons supplémentaires pour sa robe en satin, d’après la presse.
La décision d’Elizabeth de prendre un mari d’ascendance grecque, danoise et allemande n’a pas ravi la nation britannique. Philip est naturalisé lors de leurs fiançailles, et reçoit le titre de duc d’Edimbourg peu avant le mariage. Elizabeth devient reine quatre ans plus tard, à la mort de son père, le roi George VI, en février 1952.
750 millions de personnes assistent à l’émotion de Diana et du prince Charles

L’union entre l’héritier du trône, le prince Charles, 32 ans, et Lady Diana Spencer, 20 ans, résout le « problème du célibat prolongé » de Charles, qui satisfait ainsi « la dernière condition pour devenir, aux yeux des Britanniques, un parfait roi d’Angleterre », écrit l’AFP dans une dépêche datée du 29 juillet 1981.
La jeunesse de Diana, sa beauté et sa chaleur humaine, jouent un rôle énorme dans l’enthousiasme mondial pour ce mariage, suivi par sept cent cinquante millions de téléspectateurs dans cinquante pays. Sa robe compte plus de dix mille paillettes et perles de nacre et sa traîne de soie de sept mètres est la plus longue de l’histoire de la monarchie.

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Le prince de Galles a tremblé en murmurant « Je le veux » devant deux mille cinq cents invités ; une Diana rougissante mélange, elle, ses prénoms en lui répondant. De retour au palais de Buckingham, « l’enthousiasme des « fans » pour la princesse de Galles a pratiquement tourné au délire » lorsque le couple s’est présenté au balcon, échangeant un « baiser furtif », rapporte à l’époque l’AFP.
Le conte de fées s’est terminé par un divorce amer, en 1996. L’année suivante, Diana trouvait la mort dans un accident de voiture à Paris. En 2005, Charles a épousé sa compagne de longue date, Lady Camilla Parker Bowles, lors d’une cérémonie plus discrète.
Deux milliards de téléspectateurs pour le mariage de Kate Middleton et du prince William

Le 29 avril 2011, un million de personnes se pressent dans les rues de Londres et deux milliards de téléspectateurs regardent Kate Middleton remonter la nef de Westminster Abbey, une « roturière » de 29 ans sur le point de devenir princesse. Le prince William, 28 ans, deuxième dans l’ordre de succession au trône, est accompagné de son frère et témoin, le prince Harry. « La royauté britannique retrouve son lustre après le “mariage du siècle” », titre alors une dépêche de l’AFP.
Parmi les mille neuf cents invités, on compte le musicien Elton John, le footballeur David Beckham et sa femme, Victoria Beckham, le nageur australien Ian Thorpe, au côté de quarante membres de familles royales étrangères et de centaines de dignitaires.
Le duc et la duchesse de Cambridge échangent deux baisers sur le balcon du palais de Buckingham devant une foule de cinq cent mille personnes. Kate et William font également un tour dans une Aston Martin avec une fausse plaque en hommage aux jeunes mariés.

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Meghan Markle épouse le prince Harry : « Un nouveau départ pour la monarchie »

Pour les milliers de fans de la famille royale venus assister au mariage, l’union entre le prince et une actrice américaine métisse marque une nouvelle étape pour la couronne britannique.



Le Monde
 |    19.05.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
19.05.2018 à 15h46
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        


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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="De nombreux Britanniques sont arrivés très tôt le long de la route jusqu’au château de Windsor dans la matinée de samedi 19 mai. C’est d’ici que partira la route du calèche du prince Harry et de Meghan Markle après la cérémonie."
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            data-slide-description="Il est encore tôt en ce matin brumeux, samedi 19 mai, quand de nombreux Britanniques arrivent non loin du château de Windsor."
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            data-slide-description="Non loin du château de Windsor, des fans de la première heure se sont installés dans la matinée, en attendant l’arrivée du couple princier, suivie de la cérémonie."
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            data-slide-description="Des fans « royaux » joyeusement accoutrés ont commencé à se rassembler dans la matinée sur la pelouse le long du chemin qu’emprunteront le prince Harry et Meghan Markle jusqu’au château de Windsor."
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            data-slide-description="Izzy Newman, habitante de Windsor, attend le mariage princier avec impatience."
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            data-slide-description="On peut même croiser des fans royaux de type canin aux abords du château de Windsor, portant le drapeau du Royaume-Uni, l’« Union Jack »."
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            data-slide-description="Le mariage princier est l’occasion de porter la partie originale d’un vestiaire qu’il est plus ardu de revêtir en plus banale circonstance."
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            data-slide-description="Les fans royaux ont arboré pour ce jour spécial leurs plus belles couleurs, y compris sous forme de maquillage."
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            data-slide-description="Chito Salarza-Grant, connu comme « l’homme au chapeau de Londres », est naturellement venu coiffé de sa dernière création. Salarza-Grant est réputé pour arborer des couvre-chefs de sa fabrication lors d’occasions spéciales, telles que le mariage du prince William et de Kate Middleton, en 2011, ou les Jeux olympiques de Londres, en 2012."
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            data-slide-description="Enveloppés dans leur « Union Jack », des sympathisants marchent vers la chapelle Saint-Georges, là où le couple princier va se marier, et qu’on peut apercevoir en arrière-plan, alors que le soleil se lève sur la Grande-Bretagne."
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            data-slide-description="Tony Appleton, un crieur professionnel, pose à High Street dans sa tenue traditionnelle à quelques heures du mariage. Tony Appleton est connu pour avoir annoncé, en criant, la naissance du prince George, premier fils du prince William et de Kate Middleton, en 2013, trompant deux journalistes américains qui avaient pris son annonce pour une officialisation de la naissance."
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            data-slide-description="Le flux de fans à la gare ferroviaire de Windsor & Eton Riverside ne faiblissait pas, samedi matin."
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            data-slide-description="Des fans royaux colorés s’apprêtent à prendre le train à la gare de Waterloo, à Londres, pour se rendre à Windsor."
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            data-slide-description="La foule nombreuse s’est massée à l’extérieur de l’enceinte du château de Windsor."
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            data-slide-description="Idris Elba et Sabrina Dhowre, suivis d’Oprah Winfrey, arrivent à la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="L’avocate Amal Clooney, et son mari, acteur, George."
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            data-slide-description="La créatrice de mode Victoria Beckham et son mari, l’ex-footballeur David Beckham, font partie des invités."
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            data-slide-description="Doria Ragland, la mère de Meghan Markle, arrive au château de Windsor."
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            data-slide-description="L’arrivée de la reine Elizabeth II, habillée d’un joli vert pomme, pour la cérémonie de mariage de son petit-fils Harry."
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            data-slide-description="Le prince Harry marche au côté de son frère et garçon d’honneur, le prince William, alors qu’ils se dirigent vers la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="Meghan Markle lors de son arrivée devant la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="L’entrée de Meghan Markle dans la chapelle Saint-Georges."
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            data-slide-description="Le prince Harry enlève le voile de la robe de Meghan Markle lors de leur cérémonie de mariage."
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            data-slide-description="De gauche à droite : le prince William, le prince Charles, son épouse Camilla, et l’épouse de William, Kate."
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            data-slide-description="Harry et Meghan, main dans la main, avant d’échanger leurs vœux."
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            data-slide-description="Les deux époux à la sortie de la chapelle Saint-Georges."
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De nombreux Britanniques sont arrivés très tôt le long de la route jusqu’au château de Windsor dans la matinée de samedi 19 mai. C’est d’ici que partira la route du calèche du prince Harry et de Meghan Markle après la cérémonie.

TOLGA AKMEN / AFP
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Tout est si British : la fanfare des horse guards, les bibis turquoise façon soucoupe volante, les Union Jacks flottant autour des murailles de Windsor, et même les sans-abri allongés sur High Street. Tout sauf le temps, resplendissant, quasi méditerranéen, reflet de l’humeur des milliers de personnes massées tout au long du parcours que doivent emprunter, après leur mariage, Meghan Markle et le prince Harry. « Fantastic », « incredible », « gorgeous ». Aucun superlatif ne suffit à la foule qui patiente depuis le petit jour pour décrire l’événement et son excitation. « Ce jour marque un nouveau départ pour la monarchie, s’enthousiasme Jayne Matthew, une secrétaire à la retraite qui a quitté sa maison de l’Essex à 3 h 30 pour être sûre d’être aux premières loges. Ils se mettent au niveau [they come down] des gens. William et Harry ont choisi leur épouse. Cela les rapproche des gens ordinaires. J’aime l’histoire et je n’aimerais pas voir ce pays sans monarchie. Elle nous rassemble et force le respect. » 

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Michael et Jacqueline, un couple de quinquagénaires jouent chacun à attribuer à l’autre la responsabilité de leur présence et des sept heures de voiture qu’ils ont endurées pour venir du Northumberland. « Je voulais regarder le match [la finale de la coupe d’Angleterre] mais elle est royaliste et a absolument voulu venir. J’ai fait ça pour elle », sourit-il. En réalité, tous les deux sont des fans des Royals, comme les Britanniques nomment la famille Windsor. « Ma grand-mère nous faisait nous lever quand on jouait God Save the Queen à la fin des émissions de la BBC. Elle m’a contaminée. J’ai hérité de ça. C’est une partie de moi-même en tant que Britannique, un lien à notre histoire. » « Après tout, vous avez un président qui se prend pour un roi, renchérit son mari. Une reine à plein temps, c’est tout de même plus chic. »
« Une descendante d’esclaves dans la famille royale »
Parmi le public plane l’ombre d’une disparue aimée, Diana. « Les garçons [William et Harry] ont gardé son esprit, entend-on. Ils vont vers les gens, les malades et les faibles. Diana aurait bien accueilli Meghan, elle aurait été heureuse aujourd’hui. » L’idée aussi que Meghan Markle, extravertie, tournée vers les autres, défenseuse des droits des femmes, va prendre la relève. « Meghan n’appartient pas à l’establishment et elle parlera pour les femmes », espère-t-on. Peut-on être « royal » et « normal » ? Rompre avec la stricte neutralité qui a assuré la popularité de la reine Elizabeth depuis soixante-cinq ans ? « Meghan », qui dans sa vie d’« avant » a soutenu Hilary Clinton dans la campagne présidentielle américaine et des ONG humanitaires, se conformera-t-elle aux rigidités du protocole royal ? « Je suis américaine, j’embrasse les gens » [I’m American, I hug »], a-t-elle répondu quand les gardiens de l’étiquette lui ont fait remarquer que cela ne se faisait pas chez les « Royals ».

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Dans le train qui, de la gare de Waterloo, transporte les groupies à Windsor, Denise Crawford, une Jamaïcaine de New York, qui a spécialement traversé l’Atlantique pour l’occasion, donne à la cérémonie un autre sens. « Aujourd’hui une descendante d’esclaves [Meghan Markle est née d’un couple mixte] entre dans la famille royale britannique, qui autrefois bénissait l’esclavage, énonce-t-elle avec émotion. C’est un jour d’espoir pour le mélange des races. » Le nombre de Britanniques d’origine africaine ou antillaise présents dans la foule de Windsor suggère que la greffière venue de Brooklyn n’est pas seule à voir les choses ainsi. Elle se plaît à rappeler l’anecdote rapportée par la mariée du jour dans une interview au magazine Elle. Sommée à l’école de choisir entre les cases « Blanche » et « Noire » sur sa fiche d’identité, Meghan Markle refusa, pour ne pas trahir sa mère, de suivre la consigne d’un professeur de cocher la première, « parce que tu parais blanche ». Et si on le lui redemandait, son père lui conseilla : « Dessine ta propre case. » C’est devenu sa règle de vie. « Je n’aime pas l’histoire de la famille royale, conclut Denise Crawford. Mais aujourd’hui, l’Empire britannique se désintègre. Les dreadlocks [portés par Doria Ragland, la mère de Meghan Markle] font leur entrée à Windsor ! »




                            


                        

                        

