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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’ancien maire de Sevran a démissionné à la fin du mois de mars pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieues. Il a répondu à vos questions sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis.
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Stéphane Gatignon : « On attend de Macron des actes » pour la Seine-Saint-Denis

L’ancien maire de Sevran a démissionné à la fin du mois de mars pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieues. Il a répondu à vos questions sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h16
   





                        


Stéphane Gatignon, ancien maire de Sevran, a commenté pour les lecteurs du Monde.fr les conclusions d’un rapport parlementaire qui doit être remis à l’Assemblée nationale le 31 mai. Il a appelé le président Emmanuel Macron à réagir.

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Kate : Partagez-vous le constat fait dans leur rapport par François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LRM), qui parlent de « République en échec » ?
Stéphane Gatignon : Oui, dans le sens où le rapport porte sur les responsabilités régaliennes de l’Etat. On voit bien tout simplement que l’Etat met moins dans la Seine-Saint-Denis sur ses responsabilités de justice, de police, d’école… Au niveau de la justice, par exemple, il suffit de voir le tribunal de Bobigny et d’y passer une journée pour comprendre que ce tribunal est à la fois surchargé, totalement inadapté pour recevoir du public, avec des audiences parfois compliquées.

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Pour ma part, cela fait dix-sept ans que je fais ce constat. Ce qui change, avec ce rapport, c’est qu’il est officiel puisqu’il sort de l’Assemblée nationale. On ne pourra plus dire « ces élus ou telle personne abusent en disant que l’Etat est moins en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs ». Maintenant, l’Etat, le président de la République, doivent prendre des mesures pour que la Seine-Saint-Denis soit traitée avec équité.
Rosy : Des décisions semblaient prévues mardi 22 mai et aujourd’hui on lit que non, finalement, il ne se passera rien mardi. Pourquoi ? Macron a-t-il réellement envie de se coltiner le dossier banlieues ?
J’espère que le chef de l’Etat parlera le 22 et annoncera 1) des mesures, 2) une méthode et 3) une organisation et des hommes et des femmes pour mettre en œuvre une nouvelle politique en banlieue. Aujourd’hui, on attend de Macron un discours clair et des actes. S’il ne veut pas se coltiner la banlieue, c’est la banlieue qui va se coltiner à lui. Il faut des réponses aux questions posées depuis des mois, voire des années. Le rapport sur la Seine-Saint-Denis démontre l’urgence de ces réponses.

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Certaines mesures du plan Borloo peuvent sembler gadget à certains, mais je les invite à lire l’ensemble du plan. Je regrette d’ailleurs que certains se soient sentis écartés des propositions par, je pense, une incompréhension du rôle de chacun. Et je pense que les tergiversations actuelles de l’Elysée amplifient ces incompréhensions. Aujourd’hui, c’est au président de parler et d’avoir un discours fort. C’est le seul moyen de redonner confiance à tout le monde et que chacun, où qu’il soit, participe collectivement à ce chantier qui est tout à la fois la vision et la construction d’une autre banlieue pour la France
Jack : Que pensez-vous des propositions de Jean-Louis Borloo sur les banlieues ?
Ses propositions forment une caisse à outils pour les territoires de banlieues, mais aussi les villes en grande difficulté en région et dans les DOM. Il propose des choses très concrètes. Un exemple : sur la petite enfance, la proposition de créer 30 000 places d’accueil dans nos territoires est fondamentale. Cela doit permettre à de nombreuses mères de famille, aujourd’hui astreintes à résidence dans le quartier ou la cité, de pouvoir avoir un mode de garde pour leurs enfants et ainsi pouvoir trouver ou retrouver un emploi, avec une autonomie sociale et financière. Quand on parle du rapport hommes-femmes dans les quartiers, cette question est essentielle. C’est financé par les excédents de la Caisse des allocations familiales, et non par le budget de l’Etat.

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Berry : A votre avis, quelles sont les raisons de ce manque d’investissement de l’Etat ?
Historiquement, la Seine-Saint-Denis a accueilli des ouvriers car les usines étaient là. Elles sont parties, et les populations fragiles qui y vivent actuellement forment un réservoir de main-d’œuvre important dans l’économie légale et dans l’autre économie. On sait aujourd’hui qu’une partie des chantiers de BTP ont une grosse part de travailleurs au noir. Ces travailleurs habitent dans nos territoires. Cette économie parallèle permet aux gens les plus fragiles de vivre et à notre économie de tourner. C’est une partie de la réponse. D’autre part, je pense profondément qu’il y a une incompréhension totale de la part des gouvernants sur ce que sont la banlieue, ses habitants, ses dynamiques.
Adrien : Ce problème se résume-t-il à un problème de moyens ?
Ce n’est pas seulement un problème financier, mais une volonté politique. Les nombreux projets qui existent pour « faire péter le ghetto » ne bénéficient pas aujourd’hui d’un soutien suffisant de l’Etat. Pour Sevran, dans un nouveau quartier, nous discutons avec les services de l’Etat depuis trois ans pour pouvoir accueillir deux résidences étudiantes. L’investisseur est là, le gestionnaire est là, la région est d’accord : l’Etat ne met pas d’argent, mais refuse le Graal, qui est un tampon sur un papier. Comment changer les choses chez nous si on ne restructure pas nos villes en permettant à chacun d’y habiter ?
Thibault : Est-il envisageable et souhaitable, selon vous, de renforcer le pouvoir des communes sur les projets de construction ?
Nous n’en sortirons pas en France si nous ne mixons pas les différents types d’habitat, pas seulement logements HLM et copropriétés, mais aussi logements pour personnes âgées ou étudiants. Il faut qu’il n’y ait pas qu’un seul type de population dans les territoires. Tout cela est possible si tout le monde joue le jeu : les élus locaux, l’Etat, les bailleurs sociaux, les investisseurs privés. C’est du gagnant-gagnant.
Sleepy Hollow : Comment attirer du personnel dans ce département ?
Il faut changer les règles de la fonction publique pour la justice, l’école, la police. Aujourd’hui, ce sont les fonctionnaires qui ont le moins de points qui se retrouvent dans la Seine-Saint-Denis. C’est difficile de passer de Guéret, dans la Creuse, aux Beaudottes, à Sevran, quand on est un jeune policier. Il faut changer cela, donner des primes pour qu’un agent « qui a de la bouteille » exerce dans nos territoires. Au même nombre de fonctionnaires par habitant, nos territoires coûtent environ 20 % de moins à l’Etat, parce que ces fonctionnaires sont jeunes.
Sam : Pensez-vous que votre démission a fait bouger les choses ?
Au-delà du côté personnel, je pense que ma démission a fait prendre conscience de la situation en banlieue et, au-delà, de la difficulté d’être maire aujourd’hui en France, que ce soit en zone urbaine ou rurale.

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Héloïse : Avec l’évolution du Grand Paris, l’installation d’entreprises, la construction de nouveaux logements, n’y aura-t-il pas une arrivée de médecins, d’avocats, etc. ?
La Seine-Saint-Denis se transforme profondément aujourd’hui, et l’arrivée du métro, et notamment celui du Grand Paris, est essentielle dans ces transformations puisqu’elle mobilise beaucoup d’investissements publics et surtout privés. Ce rapport parlementaire montre bien la situation paradoxale dans laquelle on est : ce département est fragile et en même temps l’avenir est là, notamment par la jeunesse de sa population. C’est pourquoi l’enjeu n’est pas seulement financier, mais d’abord politique. Les élus locaux et l’Etat doivent travailler main dans la main pour transformer nos territoires.
Durandag : Les problèmes sont-ils à chercher en amont ou en aval ?
Je pense que rien n’est irrécupérable. Tout d’abord il faut accepter que nous sommes dans un monde cosmopolite, jeune, libéral, avec des solidarités. La banlieue, c’est d’abord ça. Ensuite, il faut retisser du lien, renforcer les corps intermédiaires, souvent désabusés, mais qui font que cela ne craque pas. Je pense évidemment à ces milliers de gens investis dans le monde sportif, culturel, de l’entreprise. Ces gens engagés qui font par exemple que chaque semaine plus de cinq cents matchs de football sont organisés dans la Seine-Saint-Denis, c’est grâce à eux que la vie continue. Il faut que le président s’adresse d’abord à eux, et pas à ceux qui vivent depuis des années des subsides de la politique de la ville ou existent grâce à la situation en banlieue.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Ce programme, lancé par trois anciens membres de cabinet ministériel, initiera au leadership trente-cinq jeunes, de 22 à 34 ans, sélectionnés sur dossier.
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« Premiers de cordée », une formation pour les « leadeurs de demain » en dehors du système

Ce programme, lancé par trois anciens membres de cabinet ministériel, initiera au leadership trente-cinq jeunes, de 22 à 34 ans, sélectionnés sur dossier.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h22
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h50
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Les coulisses du pouvoir, ils connaissent. Les techniques d’influence et la communication de crise, aussi. De cette expérience, ils veulent « faire profiter les jeunes qui ne sont pas dans le système », parce qu’ils ne sont pas introduits dans les réseaux qui comptent ni engagés dans les études qui précisément y mènent.
Forts de leur expérience de membres du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche de François Hollande, puis de leur engagement dans l’équipe de campagne du candidat socialiste à l’élection présidentielle, Benoît Hamon, Agathe Cagé, Elsa Guippe et Grégoire Ruhland (par ailleurs, maire adjoint de Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle) ambitionnent de « donner les clés aux leadeurs de demain ».
En parallèle de leurs activités de conseil en stratégie Compass Label qu’ils viennent de cofonder, ils veulent orienter leur action vers cette élite qui s’ignore et ont lancé, dans ce but, le 15 mai, leur programme de leadership et networking, intitulé « Premiers de cordée ».
Soft skills
« Il existe très peu d’écoles permettant de comprendre les codes et les coulisses du fonctionnement de l’administration ou des entreprises, souligne Agathe Cagé. L’ENA et les autres grandes écoles n’accueillent qu’une minorité d’élèves. Ceux qui n’ont pas suivi ces cursus et qui veulent jouer un rôle important dans leur vie professionnelle mettront des années avant d’acquérir les bases, notamment sur le “savoir-être’” et les “soft skills”. »
Présentée par ses initiateurs comme unique en son genre, cette initiative s’inspire du réseau WIL Europe, qui promeut les échanges entre jeunes en début de carrière et cadres dirigeants à l’échelle européenne, mais uniquement destiné aux femmes.
« On ne naît pas premier de cordée, on le devient », reprend Agathe Cagé, qui confirme qu’il s’agit d’« un clin d’œil aux discours actuels tenus par le chef de l’Etat. Si vous avez discuté avec un haut fonctionnaire ou avec un chef d’une grande entreprise avant de passer un oral de concours ou un entretien de recrutement, vous êtes forcément bien meilleur quand on vous interroge sur un cas pratique. » 
Trente-cinq candidats entre 22 et 34 ans seront sélectionnés sur lettre de motivation et CV. Les frais d’inscription s’élèveront à 1 500 euros. Les partenaires de Compass Label prendront en charge les frais de dix des futurs élèves, sous conditions de ressources. « Etre boursier, débuter dans la vie active ou avoir une charge de famille ne doit empêcher aucun jeune de nous rejoindre », assure Agathe Cagé, qui escompte de 400 à 500 candidatures pour cette première édition.
Construire son image
Au menu, pour les futurs sélectionnés : entre septembre 2018 et mai 2019, cinq demi-journées de workshop, animées par « des personnalités du business, du sport, des médias, de la culture, de la haute fonction publique et de l’université » pour « apprendre à se dépasser et conduire un groupe à donner le meilleur », « saisir les opportunités en début de carrière », « construire son image », « comprendre les coulisses du pouvoir » et « savoir entraîner ses équipes et devenir manager ».
Les dossiers de candidature seront étudiés d’ici au 2 juillet par un jury, coprésidé par Chenva Tieu, chef d’entreprise, candidat UMP aux législatives de 2012 à Paris, et fondateur des Entretiens de l’excellence, association qui conseille les élèves dans leur parcours d’orientation, et par Marianne de Brunhoff, directrice de projet chargée de la lutte contre le décrochage scolaire au ministère de l’éducation nationale.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.
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Plan Borloo : il faut « faire le choix de l’universalité »

Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h14
    |

Aurélien Taché (Député LRM du Val-d'Oise)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a un an, Emmanuel Macron remportait l’élection présidentielle, sur la base d’une promesse : celle de rebattre totalement les cartes et d’ouvrir le jeu à ceux qui jusqu’ici, n’étaient jamais autour de la table. L’immobilisme qui prévaut depuis des années a conduit à des rentes de situation dans tous les domaines – politiques, économiques, culturels – et à ankyloser un pays tout entier. Il était donc devenu urgent, vital même, de faire respirer la France.
Mais le renouvellement sans précédent de la vie politique permis par cette victoire, qui devra d’ailleurs se poursuivre lors des prochaines élections, doit désormais trouver un prolongement dans tous les segments de la société. Car si la promesse d’émancipation n’est pas tenue, alors la confiance sera rompue. Pour y arriver, notre boussole des quatre prochaines années doit être celle de l’universalité.
Des plafonds de verres infinis
Il n’existe en effet qu’une seule minorité dans notre pays : celle qui est privée d’accès. D’accès au logement, à la formation, à une éducation et des soins de qualité… D’accès à des responsabilités, à la capacité de mener à bien ses projets. D’accès à ses rêves et à la possibilité de se réaliser. Pour notre génération, peut-on seulement encore parler de minorité ?
Pour elle en effet, les plafonds de verres sont infinis : de genre, d’âge, d’origine culturelle ou sociale et dans certains quartiers ou villages, ils arrivent parfois à tous se recouper et à faire que ceux qui y vivent se sentent en France comme étrangers, prisonniers devant des ascenseurs ou des trains bloqués, au sens propre comme figuré.

Pourtant que l’on s’appelle Karim ou Mickaël, Fatou ou Isabelle, qu’on vive à Cergy (Val-d’Oise) ou à Guéret (Creuse), aucun territoire, aucune frontière matérielle ou immatérielle ne devrait être indépassable. C’est pour ces raisons qu’il était urgent d’y créer des classes de CP de douze d’élèves et d’y inciter les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Retour sur les principales déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen sur France 2 jeudi.
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SNCF, chômage, « fichés S » : le vrai du faux de « L’Emission politique » avec cinq chefs de parti

Retour sur les principales déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen sur France 2 jeudi.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h51
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Les dirigeants de cinq des principales formations politiques françaises étaient invités de « L’Emission politique » de France 2, jeudi 17 mai. Une soirée aux faux airs de débat électoral, puisque les cinq participants n’ont pas discuté les uns avec les autres, mais qu’ils se sont succédé sur le plateau sans pouvoir se répondre directement.
Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, cette émission était l’occasion de discuter les décisions prises depuis le début du quinquennat et pour les responsables de l’opposition de faire valoir leurs propositions. Retour sur trois séquences marquantes de cette émission qui méritent des précisions.
Privatisation de la SNCF : qui dit vrai entre Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et Christophe Castaner ?
Ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon

   


Premier responsable politique à s’exprimer, Jean-Luc Mélenchon a critiqué la réforme ferroviaire, rappelant qu’Emmanuel Macron n’évoquait pas le sujet dans son programme (ce qui est exact) : « C’était marqué où [dans le programme], l’histoire du statut des cheminots ? » Avant de laisser entendre que le gouvernement a prévu de « privatiser la SNCF ».
La journaliste Léa Salamé lui a alors rétorqué qu’il « ne s’agi[ssai]t pas de privatiser la SNCF », ce que le député de La France insoumise (LFI) a contesté. « L’incessibilité de la SNCF, ce sera inscrit dans la loi. (…) C’est ce qu’a annoncé la ministre », a rappelé la journaliste, ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a répondu que le gouvernement aurait d’abord ouvert la voie à la privatisation de la SNCF, avant de reculer :
« Ah, mais alors dites-moi pourquoi quand nous l’avons proposé à l’Assemblée nationale, cela a été refusé par La République en marche ? Nous avons fait la proposition d’un amendement qui disait “incessibilité”. [Léa Salamé l’interrompt en précisant que l’idée a depuis été reprise par le gouvernement.] Alors, qu’est-ce qui s’est passé entre les deux ? (…) Il y a eu mobilisation sociale (…). Donc, la lutte a déjà payé. Mais l’incessibilité ne sera pas une garantie totale. »
Ce qu’a dit Olivier Faure

   


Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a laissé entendre que la version initiale de la réforme ferroviaire prévoyait la privatisation de la SNCF : « Maintenant, [le gouvernement] nous dit qu’il ne veut plus privatiser. Mais, en première lecture, à l’Assemblée nationale, nous avons défendu le fait que, malheureusement, il rendait la SNCF privatisable. Il change d’avis, tant mieux… »
Ce qu’a dit Christophe Castaner

   


Interrogé sur la réforme ferroviaire et la grève à la SNCF, le dirigeant de La République en marche (LRM) a déclaré : « J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon nous expliquer que tout ça allait aboutir à une privatisation, qu’elle était écrite. La réponse est non, personne n’y pense et personne ne le souhaite. Et on va s’y engager. »
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Le gouvernement n’a jamais prévu de privatiser la SNCF
Trois invités sur cinq qui se critiquent à distance, le sujet mérite précisions. Contrairement à ce que MM. Mélenchon et Faure ont affirmé, il n’a jamais été question de privatiser la SNCF dans le cadre de la réforme ferroviaire. Christophe Castaner a raison sur ce point.
Alors qu’elle est aujourd’hui un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), le gouvernement a dès le départ prévu d’en faire une société anonyme (SA) à capitaux publics, avec des titres qui seraient incessibles. « Personne ne parle de privatisation, ni aujourd’hui ni demain », déclarait la ministre des transports Elisabeth Borne dès le 27 février sur BFM-TV, soit un mois avant le début de la grève.
2. Un débat sur la rédaction du texte, censée apporter des garanties
Derrière la dénonciation caricaturale d’un projet de privatisation rampante de la SNCF se posent en revanche des questions légitimes sur la rédaction de la loi. Initialement, le gouvernement prévoyait de renvoyer la modification du statut de la SNCF à des ordonnances. L’article 1 de la réforme ferroviaire telle qu’elle a été examinée au conseil des ministres le 14 mars prévoyait ainsi de l’habiliter à prendre des décisions en ce sens, sans donner plus de précisions.
A la fin de mars, le gouvernement renonce aux ordonnances. Le 6 avril, un amendement gouvernemental au projet de loi retouche l’article 1 et détaille le nouveau statut envisagé pour la SNCF. L’exposé des motifs mentionne que « les titres seront incessibles », mais pas le texte, qui précise simplement : « Le capital de la société nationale SNCF est intégralement détenu par l’Etat. »
La France insoumise a déposé un amendement pour ajouter les mots « et incessible » à la fin de cette phrase. Pendant les débats, le député Eric Coquerel (LFI) a estimé que cette formulation garantissait que les engagements du gouvernement « ne portaient pas seulement sur l’instant », mais aussi sur l’avenir. La ministre des transports lui a répondu que figer dans la loi un capital « intégralement détenu par l’Etat » était, à son sens, « plus précis et plus fort » que des « titres détenus à 100 % par l’Etat », ou « incessibles », ce « qui pourrait laisser place à une augmentation de capital », selon elle. L’amendement a été rejeté par les députés, comme l’a mentionné M. Mélenchon.
3. Difficile de parler de revirement du gouvernement 
Ce débat sur le contenu de la loi s’est poursuivi depuis. Auditionnée au Sénat le 16 mai, Elisabeth Borne a rappelé sa position sur la formulation de la loi : « Le texte qui vous est présenté prévoit que la SNCF reste une société 100 % publique. La loi empêche de fait toute possibilité de cession de titres puisque c’est l’intégralité des capitaux qui devra être détenue par l’Etat (de fait, même en cas d’augmentation du capital). »
Elle s’est néanmoins dite « favorable à l’inscription du caractère incessible du capital dans la loi », « consciente de la portée symbolique de la proposition et que la répétition a des vertus pédagogiques ». Une concession qui n’infléchit en réalité pas vraiment le fond de la réforme, mais tente de désamorcer les critiques, sur fond d’inquiétudes liées à la sécurisation du capital des filiales de la SNCF.
4. Difficile de rendre la SNCF « imprivatisable »
Reste qu’au fond, comme l’a résumé Jean-Luc Mélenchon, il est impossible dans tous les cas d’apporter une « garantie totale » que la SNCF ne sera jamais privatisée. Il est vrai que la ministre en poste ne peut pas s’engager pour les gouvernements à venir, et par nature il est difficile de vérifier la véracité de ces procès en intention.
Les propositions toujours bancales de Laurent Wauquiez sur le terrorisme

   


Ce qu’il a dit
Le président du parti Les Républicains (LR) a rappelé deux de ses propositions en matière de lutte contre le terrorisme :
« Je propose que les étrangers les plus dangereux, les plus radicalisés, qui sont sur notre sol, à peu près 3 000 personnes, soient immédiatement expulsés. »« Je demande qu’on puisse avoir des mesures d’internement administratif pour les “fichés S” les plus radicalisés, les plus dangereux, permettant d’agir avant le passage à l’acte. »
POURQUOI C’EST (TOUJOURS) INAPPLICABLE
1. Il est possible d’expulser des personnes étrangères jugées dangereuses, au cas par cas
La loi permet en réalité déjà d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». A condition que cette menace soit jugée, au cas par cas, actuelle et suffisante pour légitimer la décision d’expulsion. Il n’est pas nécessaire, dans ce cadre, que la personne visée ait été préalablement condamnée par la justice française.
Contrairement à ce qu’affirme M. Wauquiez, il est donc tout à fait possible d’expulser les personnes étrangères qui représentent un risque pour la sécurité de l’Etat, à condition de disposer d’éléments suffisamment probants. Prononcer des mesures d’expulsion systématiques pour un fichier de 3 000 personnes, sans appréciation individuelle de leur situation, est en revanche problématique.
2. Un terroriste prêt à passer à l’acte peut être poursuivi, là aussi au cas par cas
Concernant l’internement des « fichés S », une proposition qu’il formule de longue date, le chef de file de la droite feint, là aussi, d’ignorer plusieurs choses. D’abord, on ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction. Il s’agit d’un principe fondamental du droit.
Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas poursuivre un terroriste en puissance pour autant. Il existe aujourd’hui déjà un arsenal juridique pour lutter contre ceux qui projettent de commettre des actes terroristes. Le fait de planifier un attentat est réprimé par l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et l’entreprise individuelle de terrorisme. Le simple fait de faire l’apologie du terrorisme l’est également. Dans les deux cas, il n’y a pas besoin de passage à l’acte pour engager des poursuites, justifier une détention préventive et aboutir à une condamnation pénale avec une peine de prison ferme.
Si M. Wauquiez appelle à viser les individus « les plus dangereux », prêts à commettre des actes terroristes, il peut être rassuré : la loi permet en réalité déjà de les poursuivre au pénal, sans qu’il y ait besoin de créer une détention administrative, à condition de disposer de charges suffisantes à leur encontre.
Ce qui n’est pas possible aujourd’hui, et poserait problème juridiquement, comme le Conseil d’Etat le rappelait dans un avis rendu le 23 décembre 2015, ce serait d’enfermer des personnes arbitrairement, sur la base de simples présomptions, voire de manière industrielle, sur la base de fichiers comme celui des « fichés S ». D’autant plus que ce dernier est un outil de surveillance large, qui permet de surveiller un public beaucoup plus grand que les seuls terroristes potentiels.
L’intox de Marine Le Pen sur la réunification de familles

   


Ce qu’elle a dit 
Interrogé sur la politique migratoire du gouvernement, la chef de file du Front national (FN), Marine Le Pen, a affirmé que la loi asile et immigration récemment votée par les députés « va créer une nouvelle filière qui va autoriser les mineurs migrants à faire venir l’ensemble de leur famille. (…) C’est une politique que je trouve criminelle. »
POURQUOI C’EST FAUX
Mme Le Pen fait ici référence à la disposition du « projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », mais en déforme complètement le contenu. Il existe aujourd’hui plusieurs mécanismes qui encadrent l’immigration familiale. Parmi eux, on trouve la procédure de « réunification familiale ». Cette dernière permet aux mineurs isolés qui ont obtenu le statut de « réfugié » ou la « protection subsidiaire » (un statut proche) de demander à être rejoints par leurs parents. Les majeurs, quant à eux, peuvent demander à être rejoints par leur conjoint ou leurs enfants mineurs. Quatre mille trois cent dix-neuf personnes ont été concernées par cette procédure en 2016.
A ces cas de figure, le projet de loi ajoute une autre possibilité pour les mineurs isolés, qui peuvent demander à faire venir leurs frères et sœurs. Cette disposition ne devrait concerner qu’un nombre limité de cas : en 2017, 525 personnes dans ce cas de figure avaient obtenu l’asile, selon Eurostat.
Quand Mme Le Pen affirme que « les mineurs migrants » font pouvoir « faire venir l’ensemble de leur famille », elle laisse entendre à tort qu’il s’agira d’une disposition qui sera massivement utilisée. Surtout, elle occulte le fond du sujet : les frères et sœurs qui pourront bénéficier de la réunification familiale sont logiquement dans la même situation qui a valu protection de la France aux mineurs isolés. Remettre en cause ces réunions de famille n’est donc pas tant une limitation de l’immigration qu’une remise en cause du droit d’asile.
Et aussi
Jean-Luc Mélenchon sur l’ISF : « Monsieur Macron a donné personnellement à cent personnes, chacune, 1,5 million de dégrèvements d’impôts. » C’est plutôt vrai, bien qu’approximatif. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, affirmait à l’Assemblée nationale en octobre 2017 que les cent premiers contributeurs à l’ISF (pas forcément les plus gros patrimoines) payaient en moyenne 1,26 million d’ISF en 2017. Un montant dont ils vont être pour la majeure partie exonérés en 2018 à cause de la réforme décidée par le gouvernement.Jean-Luc Mélenchon sur les énergies renouvelables : « Savez-vous que nous n’avons pas une seule éolienne en mer [en France] ? » C’est vrai, comme le relevait notamment Le Monde en mars 2018.Laurent Wauquiez sur le pouvoir d’achat des retraités : le dirigeant de LR a cité l’exemple d’un couple de retraités qui touchent, à deux, 2 100 euros de retraite et perdrait, à l’année, « 400 euros » à cause de la hausse de la CSG. C’est plutôt vrai : cet exemple est cohérent, bien que soigneusement choisi. Les 40 % de retraités les moins aisés ne sont pas concernés par la hausse du taux normal de CSG (ils la paient à taux réduit), et M. Wauquiez évoque ici un cas de figure qui se situe juste au-dessus de ce seuil.Laurent Wauquiez sur son élection : « J’ai juste été élu par 8 millions de personnes. » C’est très exagéré : M. Wauquiez est président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière réunit certes près de 8 millions d’habitants, mais elle ne compte que 5,3 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, dont 1,2 million de personnes qui ont voté pour le candidat des Républicains aux élections régionales de 2015.Marine Le Pen et les chiffres du marché de l’emploi : « Le chômage augmente. Catégories A, B, C, plus 73 000 chômeurs. » C’est approximatif. Mme Le Pen a raison sur un point, le nombre de demandeurs d’emploi dans les catégories A, B et C a augmenté ces derniers mois (+ 61 000 en France métropolitaine, de mai 2017 à mars 2018, soit une hausse d’environ 1 %), selon les chiffres de Pôle emploi. Il faut tout de même préciser que ce chiffre mélange deux choses : d’un côté, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité est bien en baisse sur l’année écoulée ; de l’autre, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories B et C, qui ne sont pas des « chômeurs » mais des personnes en activité réduite. Mme Le Pen pointe une réelle ombre au tableau, qui ne contredit cependant pas la réelle baisse du taux de chômage observée ces derniers mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.
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Europe 2008-2018 : une décennie perdue

« Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h47
   





                        


Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
L’Europe panse ses plaies 1/5
Europe, le fragile retour de la croissanceLe Portugal croit de nouveau en l’avenirChômage de longue durée : les territoires se mobilisentEn Europe, une démocratie vivante, mais perfectible
Les pays du Sud entrevoient le bout du tunnel 2/5
Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du SudEn Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de criseEn Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille PappasLe fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie
Un continent qui vieillit 3/5
L’Europe face au défi du vieillissementLe vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euroLe mirage du système suédois de retraiteL’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains
Les promesses vacillantes de l’euro 4/5
Les promesses vacillantes de l’euroXavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenneLa Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Le rôle des députés et sénateurs sera en débat dans le projet de révision constitutionnelle voulue par l’exécutif.
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édition abonné


Rapport sur la Seine-Saint-Denis : les pouvoirs du Parlement en question

Le rôle des députés et sénateurs sera en débat dans le projet de révision constitutionnelle voulue par l’exécutif.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h32
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            
En dénonçant, dans un rapport, l’inefficacité des politiques publiques en Seine-Saint-Denis, les députés François Cornut-Gentille (Les Républicains) et Rodrigue Kokouendo (La République en marche) font d’une pierre deux coups. Ils tirent d’abord la sonnette d’alarme sur la situation du département francilien. Mais ils s’inscrivent aussi dans un débat qui s’installe à l’approche de la révision constitutionnelle sur le rôle du Parlement face à l’exécutif.
« Demain, le principal pouvoir du Parlement ne sera plus dans l’édiction de normes inapplicables, dont nous avons pris la malheureuse habitude, mais dans le questionnement de l’Etat », écrivent les auteurs qui veulent, avec ce rapport qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 31 mai, faire la démonstration de ce que peuvent produire les députés en la matière.

« Le rôle du Parlement c’est d’interroger », théorise encore François Cornut-Gentille, député depuis 1993 et missionné par la droite pour faire des propositions sur la réforme des institutions. En ligne de mire : le fait qu’en France, contrairement notamment à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, les députés et les sénateurs ont moins l’habitude de bousculer le gouvernement sur la pertinence et l’efficacité de son action. Ce devrait être la fonction des questions au gouvernement, qui se tiennent deux fois par semaine, mais l’exercice s’en est largement détourné. C’est également l’objectif des commissions d’enquête mais leurs conclusions ne sont pas toujours reprises par l’exécutif.
En réalité, les députés disposent de nombreux outils, mais les utilisent peu et leurs actions de contrôle sont peu visibles. « Il faut un rapport qui sent le souffre sur la Seine-Saint-Denis pour que l’on parle d’évaluation », s’agace ainsi la députée (LRM) Valérie Petit, investie sur ces questions.
« Clauses de revoyure »
Depuis l’arrivée des députés LRM à l’Assemblée nationale, cette facette du rôle des parlementaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Le président présentera le 22 mai des mesures pour améliorer la vie dans les quartiers dits difficiles. Si Jean-Louis Borloo a proposé 19 programmes pour « faire revenir la République » dans les quartiers, l’Elysée veut mobiliser autour de « projets locaux ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron n’entend pas « réinventer de grands dispositifs » pour les banlieues

Le président présentera le 22 mai des mesures pour améliorer la vie dans les quartiers dits difficiles. Si Jean-Louis Borloo a proposé 19 programmes pour « faire revenir la République » dans les quartiers, l’Elysée veut mobiliser autour de « projets locaux ».



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h32
   





                        



   


Il n’y aura pas de grand « plan » Macron pour les banlieues. Le président de la République annoncera bien mardi, devant plusieurs centaines de personnes, dont des élus, des entrepreneurs, des acteurs de terrain et des habitants, des mesures pour améliorer la vie dans les quartiers dits difficiles. Mais il ne s’agira « pas d’un plan, l’idée c’est davantage de sonner la mobilisation et de partir de la base, des projets et des habitants », a expliqué la présidence, vendredi 18 mai.
Six mois après son discours sur la politique de la ville de Tourcoing en novembre, Emmanuel Macron « va rappeler sa vision et insister sur le fait que toute la politique du gouvernement concourt à l’amélioration de la vie dans les banlieues », a ajouté l’Elysée.
« L’enjeu n’est pas de réinventer de grands dispositifs », qui « viennent d’en haut », mais d’« être efficace » en favorisant « la mobilisation » autour de « l’émergence de projets locaux », ajoute la présidence, le tout sans annoncer de moyens financiers supplémentaires. « Il y a beaucoup d’argent qui a été mis, il y en aura probablement un peu plus sur un certain nombre de dispositifs mais l’enjeu n’est pas tant budgétaire que de mobilisation et de faire en sorte que ça fonctionne. »
Pas d’annonces liées au rapport Borloo
M. Macron est attendu sur ce sujet. Surtout après la remise, il y a un mois, du rapport Borloo. Ce rapport, rendu à l’exécutif à la fin d’avril par l’ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo proposait 19 programmes pour « faire revenir la République » dans les quartiers face au « repli identitaire et communautaire », allant de la « relance immédiate de la rénovation urbaine » à la réorganisation de l’école en passant par la création d’une « académie des leaders » inspirée de l’ENA.

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                Ce qu’il faut retenir du rapport Borloo sur les quartiers prioritaires



A cette occasion, le premier ministre, Edouard Philippe, avait fait savoir que les conclusions du rapport, couplées aux résultats des concertations menées à l’initiative du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard « permettraient de nourrir le plan de mobilisation en faveur des quartiers qui sera[it] annoncé par le Président de la République dans le courant du mois de mai ». 
« Le gouvernement n’a pas attendu le rapport Borloo pour agir. De nombreuses actions qu’il propose sont en train d’être mises en œuvre », se défend l’Elysée.
Et de rappeler la mise en place depuis la rentrée 2017 du dédoublement des classes de CP, le développement des emplois francs, l’introduction de la police de sécurité du quotidien, ainsi que le doublement des fonds consacrés à la rénovation urbaine de 5 à 10 milliards d’euros.
Les maires ont apporté jeudi leur soutien aux principales orientations du rapport Borloo et appelé le président de la République à le prendre « en compte », selon François Baroin (LR), le président de l’Association des maires de France (AMF).

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                Banlieues : Borloo suscite l’enthousiasme des maires et l’embarras du gouvernement






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.
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La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenne

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h41
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


En Pologne, la monnaie unique inspire la frilosité, voire l’animosité, aussi bien dans la population que dans la classe politique. Selon une étude d’opinion parue en janvier, 60 % des sondés seraient contre l’adoption de l’euro, contre 21 % d’avis favorables. Et la proportion de sceptiques n’a cessé de croître, ces huit dernières années. « Les gens ont peur de l’augmentation des prix et d’une baisse de leur niveau de vie, souligne l’économiste Witold Orlowski. Et, même si c’est une impression largement biaisée, ils sont assaillis d’informations allant dans ce sens venu d’Europe de l’Ouest. »
Cet état de fait crée une barrière politique aujourd’hui insurmontable. Le zloty polonais ayant un statut constitutionnel, l’introduction de l’euro nécessiterait une réforme de la Constitution, pour laquelle une majorité des deux tiers du Parlement est requise. Un compromis au-delà des clivages partisans impensable, dans un contexte de guerre à couteaux tirés entre les ultraconservateurs eurosceptiques du Parti droit et justice (PiS) au pouvoir et l’opposition libérale, sur la question des atteintes à l’Etat de droit. Compte tenu de l’humeur populaire, ni la majorité ni l’opposition n’ont intérêt à mettre la question de l’adoption de l’euro à l’ordre du jour.
« Soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie »
Pourtant, une large majorité d’économistes polonais ne cesse de souligner les bénéfices à long terme, aussi bien économiques que politiques, de l’adoption de la monnaie européenne. Pour ses partisans, le choix de l’euro est avant tout une décision civilisationnelle et géopolitique, dans un contexte où le noyau dur de l’Union européenne (UE) pourrait se renforcer au détriment de la périphérie.

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                Les promesses vacillantes de l’euro



« La zone euro, pas une zone monétaire optimale »
Le 1er janvier, une vingtaine d’économistes de renom signaient un appel au premier ministre, Mateusz Morawiecki : « Le seul avenir [pour l’UE] sera une zone euro élargie. La Pologne devrait prendre part à ce processus, si elle veut avoir une influence réelle sur l’avenir du continent. Mais aussi, si elle veut s’ancrer durablement en Europe de l’Ouest. Avec notre situation géographique, nous n’avons pas le choix : soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie. »

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Mais M. Morawiecki, économiste de formation et qui a dirigé pendant huit ans une des plus grandes banques du pays, a coupé court au débat : « Je ne considère pas la zone euro comme une zone monétaire optimale. Nous ne prenons actuellement pas cela en considération », a-t-il commenté. Selon lui, la Pologne aurait besoin, en prérequis, « de longues années supplémentaires de forte croissance » pour atteindre « 80 % à 90 % du niveau de vie des pays les plus riches de la zone euro » ainsi qu’une « convergence accrue des structures économiques. »

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Le temps où l’actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, alors premier ministre, promettait une adoption de l’euro à l’horizon 2020, paraît bien loin. Depuis, le séisme de la crise grecque est passé par là, et le gouvernement de centre droit de la Plate-forme civique (2007-2015) a été le premier à appliquer la stratégie du « pied dans la porte » de la zone euro, repoussant sans cesse la date d’entrée, et ce, en dépit d’une pression notable de Berlin, premier partenaire économique de Varsovie. « Nous devons nous dépêcher de nous préparer, même si nous n’avons pas l’intention de nous dépêcher pour rentrer », résumait, en 2013, le ministre des finances, Jacek Rostowski.
« Taux d’intérêt très élevés »
A l’époque, un autre argument mis en avant était le fait que la dévaluation du zloty avait permis au pays de traverser la crise financière plus en douceur. Cette dévaluation entre 10 % et 15 % avait stimulé les exportations et permis de maintenir les indicateurs au vert. En 2009, la Pologne était le seul pays de l’UE a ne pas connaître de récession. Le secteur bancaire, largement dans les mains de capitaux étrangers, a, lui aussi, évité les turbulences.

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                Xavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »



Mais, selon Witold Orlowski, cet argument est dépassé. « Le zloty maintient l’illusion qu’en cas de crise, la monnaie sera dévaluée et les salaires vont baisser, une flexibilité censée doper la compétitivité. Mais ce modèle n’incite pas à investir dans les vraies sources de compétitivité, comme la recherche et développement. La Pologne, qui en aurait particulièrement besoin, doit faire avec des taux d’intérêt très élevés. » La sortie du modèle de développement fondé sur la main-d’œuvre à bas coût, auquel l’euro pourrait contribuer, est paradoxalement un objectif affiché du gouvernement.

Europe 2008-2018 : une décennie perdue
Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). L’Italie eurosceptique réveille les craintes d’une fragmentation de l’union monétaire.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les promesses vacillantes de l’euro

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). L’Italie eurosceptique réveille les craintes d’une fragmentation de l’union monétaire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est le scénario noir. Un risque aux conséquences au-delà de l’imaginable que beaucoup à Paris, Bruxelles, Berlin pensaient écarté pour de bon. Voire enterré, puisque la croissance est de retour. Mais ces derniers jours, la perspective d’une coalition gouvernementale entre les populistes du Mouvement 5 étoiles et les souverainistes de la Ligue en Italie a brutalement rappelé les europhiles à la réalité : la zone euro n’est pas immortelle. Rien ne garantit qu’elle survivra à la prochaine crise financière. Et avant cela, peut-être, à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique dans la troisième économie de la région. Car même si les deux formations italiennes affirment vouloir conserver l’euro, elles pourraient bloquer les réformes indispensables à sa pérennité. « Avec l’Italie, une terrible épreuve de vérité se prépare pour l’union monétaire », redoute Daniel Cohen, économiste à l’Ecole normale supérieure.
La monnaie unique est une institution fragile. Et jeune. Les Etats membres l’ont introduite en 1999 pour les transactions financières, puis en 2002 pour les pièces et billets. Avec un objectif : renforcer encore les liens entre leurs économies, mettre fin aux incertitudes liées aux fluctuations des changes et contribuer à la prospérité commune. Seulement voilà : sur les dix-neuf années d’existence de l’euro, dix ont été marquées par la crise. Cela rend tout bilan délicat. Les plus sévères soulignent que dans les pays les plus faibles, il a contribué à la désindustrialisation. Les eurosceptiques lui font porter le chapeau pour tous les maux du moment, du chômage aux inégalités en passant par les délocalisations. « L’euro sert parfois de bouc émissaire facile », regrette Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE). « Il a pu aggraver certaines difficultés, mais beaucoup relèvent d’abord de problèmes nationaux », ajoute Jeromin Zettelmeyer, économiste en chef du ministère de l’économie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.
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Mai 68 vu par les Jésuites

La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h34
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Pour son numéro de printemps, Etudes a toiletté sa formule. Afin de « gagner en clarté », la revue de « culture contemporaine » fondée en 1856 par des pères de la Compagnie de Jésus a modifié sa maquette. Comme chaque mois, la revue s’attarde sur des thématiques qui font écho à l’actualité : la place des religions dans le monde désormais sécularisé des relations internationales, la réforme des lois de bioéthique à l’heure de la ­ « transition individualiste », mais aussi l’incontournable anniversaire des 50 ans de Mai 68.
Pour fêter ce cinquantenaire, la revue jésuite s’est adressée à Dominique Julia, historien de l’Ancien Régime et de la Révolution. Dans le numéro de mai-juin 1968, ce jeune agrégé d’histoire, qui était alors assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, avait rédigé un article sur le mouvement étudiant. Cinquante ans plus tard, l’historien revient sur la place des chrétiens dans la révolte du joli mois de Mai. « Mai 68 n’a fait qu’accélérer leur immersion dans le siècle, fût-ce au prix d’un éloignement complet de l’institution. »
« Exil intérieur »
Les militants chrétiens qui ont participé à mai 1968, résume Dominique Julia, étaient « inaudibles en paroisse ». Un « exil intérieur » analysé, dès 1974, par Michel de Certeau, l’un des principaux animateurs de la revue Etudes, dans Le Christianisme éclaté (Seuil) : il soulignait alors, avec Jean-Marie ­Domenach, « le discrédit de l’institution ecclésiale, magistérielle ou sacramentaire, théologique ou liturgique », rappelle Dominique Julia. « Les engagements des militants chrétiens des années 1960-1970 se sont déplacés vers une action plus “sécularisée” », analyse l’historien.
Dans ce même numéro, l’ethno­psychiatre Tobie Nathan raconte sa jeunesse de lycéen situationniste, puis de militant maoïste. Etudiant en sociologie en 1968, il s’est retrouvé dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.
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« Reconnaissons aux zadistes un droit à l’expérimentation »

L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h54
    |

Bernard Paranque (Professeur d’économie, titulaire de la chaire ­ « Finance autrement » à Kedge ­Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Les affrontements sur le site de Notre-Dame-des-Landes ont occulté un débat important, car si on peut dénoncer ces violences, il n’en reste pas moins que rien n’est dit, ou presque, sur le projet social tenté par les zadistes.
Certes, on peut s’interroger sur leur modèle économique et sur sa cohérence, mais il est plus étrange de ne poser ces interrogations que dans le cadre du marché et de la propriété privée, comme si l’un et l’autre étaient l’alpha et l’oméga de toute circulation économique. On peut à l’inverse partir de leur projet social, dans lequel l’économique n’est qu’une composante soumise à d’autres principes d’action et de coordination que le seul marché et la seule propriété privée.
Des propriétés et des pratiques diverses
Contrairement aux apparences, ces deux concepts ne sont ni simples, ni des réalités évidentes dans leurs contenus. Le marché capitaliste n’est qu’une forme de circulation des biens et services parmi d’autres, mais qui fonctionne de manière spécifique avec une double inégalité, dans le contrôle des moyens de production et dans le processus de décisions qui régit la répartition des richesses. Ces deux points sont une sérieuse limite à la liberté individuelle au vu des inégalités sociales qu’ils engendrent.

Comme l’a montré l’anthropologue Alain Testart, cet échange marchand capitaliste n’est qu’un cas particulier, bien qu’il soit dominant, parmi d’autres formes de circulation, dont le don, la réciprocité et l’échange non marchand, qui fonctionnent selon d’autres principes. Ainsi, quand on parle de marché comme une évidence, encore faut-il rappeler que dans les faits, il s’agit déjà d’un choix qui ne vise qu’à justifier un certain ordre social, ce qui est la définition d’un discours idéologique si l’on suit Ricœur, en proposant une certaine forme de circulation fondée sur la propriété privée des moyens de production.
Mais là encore, il n’y a pas une propriété mais des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.
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Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales

Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Si le gouvernement ne sait pas comment s’y prendre pour réduire les dépenses publiques, il dispose d’une administration, prestigieuse mais crainte – voire honnie, parfois –, qui saura toujours lui souffler des idées : la direction du budget. Celle-ci a récemment formulé de « premières pistes d’économies » portant sur des dispositifs d’aide aux ménages, en général, et aux personnes démunies. Synthétisées dans un document qui s’intitule « Transformer les prestations sociales », que Le Monde s’est procuré, ces propositions seraient susceptibles – pour plusieurs d’entre elles – de provoquer un tollé si elles étaient mises en œuvre. Il ne s’agit que de « travaux techniques », qui ne se situent pas du tout au « niveau politique », fait-on valoir dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Mais l’inventivité des hauts fonctionnaires de Bercy pour alléger le montant de la facture peut cependant nourrir quelques inquiétudes.
La direction du budget part du constat que les prestations sociales constituent « un poids croissant », représentant 26 % des dépenses publiques en 2016 (soit près de cinq points supplémentaires en une quinzaine d’années). « Plusieurs approches [sont] possibles pour maîtriser la dynamique », écrit-elle : ne plus indexer (totalement ou partiellement) la progression des aides à l’évolution des prix, « revoir les règles d’éligibilité », mieux prendre en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l’allocation, encourager le retour à l’emploi – par exemple en conditionnant l’octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d’un poste, etc.

Le document ne précise pas le montant d’économies induites par les diverses options esquissées, sauf dans un cas : le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…), « pourrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ La présidente de la région Ile-de-France a lancé, jeudi, la branche « jeunes » de son mouvement, défendant l’idée d’un « autre projet de société ».
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Pécresse et ses jeunes à l’assaut de la « droite rétrograde »

La présidente de la région Ile-de-France a lancé, jeudi, la branche « jeunes » de son mouvement, défendant l’idée d’un « autre projet de société ».



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 12h21
    |

            Olivier Faye








                        


Valérie Pécresse a été « frappée », « choquée », « bouleversée » par un chiffre : en 2017, seulement « 6 % des moins de 35 ans » ont voté pour François Fillon lors de l’élection présidentielle. Et comme, par définition, ces derniers sont appelés à l’avenir à voter un peu plus longtemps que leurs aînés, « le sujet majeur pour la droite, c’est la reconquête de la jeunesse et des jeunes actifs », estime la présidente de la région Ile-de-France.
C’est pour cela qu’elle a lancé, jeudi 17 mai, la branche « jeunes » de son mouvement, Libres ! Mais aussi – et surtout – pour continuer à bâtir ce qui ressemble de plus en plus à un contre-parti au sein des Républicains, avec un organigramme, une doctrine, bientôt des référents départementaux…
Quel meilleur porte-parole, pour lancer ces Jeunes de Libres !, que le madré sénateur Roger Karoutchi, âgé de 66 ans ? Au sous-sol du Biz, un bar du 2e arrondissement de Paris où se tenaient jeudi soir les agapes, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy a appelé les jeunes à ne pas désespérer d’une droite de plus en plus phagocytée par Emmanuel Macron. « L’aventure n’est pas finie », a-t-il promis, plaidant pour que Mme Pécresse devienne « l’incarnation de la modernité sociale et sociétale » : « Elle est la France de demain si on veut un pays qui se redresse et qui vous rassemble tous. » La prochaine présidentielle n’interviendra qu’en 2022, mais cette envolée a soulevé les applaudissements des 200 personnes présentes.
« Ne pas ressembler à une droite d’avant-Macron »
L’ancienne conseillère de Jacques Chirac – qu’elle a cité en modèle, comme Nicolas Sarkozy – a donc décidé de préempter le thème du renouveau et de la modernité à droite face au président de LR, Laurent Wauquiez. « Si nous voulons incarner une droite post-Macron, elle ne doit pas ressembler à une droite d’avant-Macron, a-t-elle insisté. Il va falloir travailler et avoir des idées neuves. (…) Ce qui ennuie le gouvernement, ce n’est pas qu’on hurle à la mort, pas qu’on fasse du populisme, c’est qu’on dessine un autre projet de société. »
Dans la même veine, Maël de Calan, premier vice-président de Libres !, avait auparavant lancé une autre charge implicite contre le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Il y a deux chemins : une droite de slogans, qui a de belles valeurs mais qui se contente de les énoncer. Valérie, elle, se demande comment les mettre en œuvre, c’est toujours plus compliqué », a estimé l’ancien adversaire de M. Wauquiez dans la course à la présidence de LR.
Juppéistes, sarkozystes, lemairistes… Libres ! se rêve en pôle de rassemblement au sein de la droite. C’est un ancien filloniste, Cédric Rivet-Sow, qui dirige la structuration des Jeunes de Libres ! « Sur le terrain, les gens se disent qu’on a une droite rétrograde », tance-t-il. Pour l’heure, en tout cas, l’anti-wauquiézisme constitue déjà un bon ciment.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.
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« La présidence Macron met au défi les institutions et la société civile »

Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les mouvements sociaux qui accompagnent les réformes économiques d’Emmanuel Macron illustrent les antagonismes profonds qui fracturent notre société. Il y a, bien sûr, les enjeux touchant directement aux réformes : la nécessaire modernisation de notre économie d’un côté, et la légitime défense des acquis sociaux de l’autre. Mais il y a surtout une conception du pouvoir qui divise, entre les tenants d’un présidentialisme vertical et souverain et ceux qui militent pour une démocratie participative et populaire.
Ce conflit idéologique traverse l’histoire de notre pays, se traduisant par des insurrections chroniques et une défiance certaine d’une partie de la population à l’égard de nos institutions et de leurs représentants. En France, le pouvoir est rarement populaire, quelles que soient les époques. Entre ceux qui reprochent aux chefs de ne pas « cheffer » assez et ceux qui se désolent de devoir considérer leurs supérieurs comme des maîtres, le compromis semble difficile.
Ce désaccord sur l’organisation du pouvoir nous porte préjudice à l’heure de réformer notre économie. Faute de consensus populaire, les gouvernements successifs paraissent condamnés à l’isolement et privilégient des solutions politiques en forme de demi-mesures. Mêmes les réformes annoncées par Emmanuel Macron obéissent à cette logique, laissant en réalité bien des problèmes sans réponse.
A l’échelle des présidences passées, l’action du chef de l’Etat semble audacieuse et réformatrice. Mais examinée dans le détail, elle révèle une certaine impuissance à changer la donne. La réforme du marché du travail de l’été 2017 n’a pas la dimension structurelle attendue. Celle du statut des cheminots de la SNCF ne modifie pas sensiblement l’organisation des chemins de fer de notre pays.
Une logique de compromis
La forfaitisation délictuelle du cannabis annoncée aura des effets pratiquement imperceptibles… La présidence, tout verticale qu’elle soit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ En première ligne dans l’accueil des jeunes étrangers, les départements ont accepté les propositions du gouvernement.
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Vers un accord sur le financement de l’accueil des mineurs non accompagnés

En première ligne dans l’accueil des jeunes étrangers, les départements ont accepté les propositions du gouvernement.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h24
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Une porte de sortie semble s’entrouvrir dans les négociations engagées depuis l’automne 2017 entre les départements et le gouvernement sur le financement de la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA) et des allocations individuelles de solidarité (AIS). Au moins sur le premier point. Dans un communiqué publié jeudi 17 mai, l’Assemblée des départements de France (ADF) annonce avoir accepté les dernières propositions du gouvernement sur ce dossier.
Le sujet est lourd. Les départements sont en première ligne dans l’accueil des mineurs étrangers arrivés seuls sur le territoire, dont le nombre est évalué aux alentours de 25 000. C’est à eux que revient de procéder à leur évaluation pour s’assurer de leur minorité effective avant leur prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Un récent rapport estimait à 50 000 le nombre d’évaluations réalisées en 2017 et à 14 908 celui des mineurs étrangers confiés à l’ASE. Selon Dominique Bussereau, le président de l’ADF, le coût de la prise en charge et de l’évaluation pour les départements s’est élevé, en 2017, à 1,25 milliard d’euros.
L’Etat va d’abord assumer ses responsabilités en matière de régulation pour éviter que certains départements ne soient confrontés à des efforts disproportionnés. Un fichier national des jeunes évalués va être mis en place et les procédures d’évaluation vont être harmonisées. Ceci afin de mettre un terme à des disparités de traitement telles que le taux de reconnaissance de la minorité qui varie de 9 % à 100 % selon les départements, engendrant un phénomène de nomadisme des jeunes entrants.
« Le compte n’y est toujours pas »
L’effort va également porter sur l’accompagnement financier des collectivités. L’Etat propose une aide de 500 euros par jeune à évaluer. Il financera également son hébergement à hauteur de 90 euros par jour pendant quatorze jours, puis 20 euros du quinzième au vingt-troisième jour. Auparavant, l’Etat versait au département un forfait de 250 euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤                     
                                                   
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Plan Borloo : « Donnons-nous les moyens d’inverser la tendance »

Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h41
    |

Francis Chouat (Maire d’Evry et président de l’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart)







                        



                                


                            

Tribune. Pour la première fois depuis longtemps, c’est le président de la République lui-même qui annoncera, le 22 mai, ce qu’il retient du rapport Borloo sur les banlieues. C’est le plus beau signe et, j’espère, le plus fort, que la République peut adresser aux six millions de personnes qui vivent dans ces bouts de France où la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité recule quand l’exclusion, la violence, l’insécurité, le communautarisme ne cessent de les gangrener malgré trente années de mobilisation, d’abnégation et de milliards investis.
J’entends le scepticisme ambiant : énième plan, recyclage de mesures inefficaces, manque de moyens, dernière station avant le chaos, etc. Mais je ne le partage pas. Je veux dire pourquoi j’ai la conviction que, cette fois, avec le rapport Borloo, nous pouvons retrouver espoir et basculer vers le meilleur. Je suis maire d’Evry, ancienne ville nouvelle où l’avenir devait être radieux il y a cinquante ans.

Depuis vingt ans, notre territoire est considéré comme prioritaire avec une politique de la ville, qui induit une nécessaire cohésion urbaine et une indispensable solidarité vis-à-vis des quartiers défavorisés pour restaurer l’égalité républicaine et améliorer le quotidien des habitants. Je suis président d’une agglomération de 350 000 habitants en grande banlieue sud de Paris dont 25 % vivent dans dix-neuf quartiers prioritaires. Je sais donc de quoi je parle. Et je suis très sensible au sentiment d’épuisement, voire de renoncement qui gagne trop d’élus, de citoyens et de bénévoles associatifs.
Apartheid social et territorial
Lorsque, dès 2014, j’ai parlé avec Manuel Valls d’apartheid social et territorial, les adeptes de l’eau tiède ont crié à l’exagération et à l’outrance. Plus personne ne conteste aujourd’hui que la crise des banlieues est tout sauf classique. Les mécanismes de la ségrégation sont cumulatifs au point que la vitesse de cristallisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Parrainé par des rocardiens pendant sa campagne en 2017, le président de la République s’est éloigné des principes de ce courant de pensée.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                   
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Emmanuel Macron et la deuxième gauche, le malentendu

Parrainé par des rocardiens pendant sa campagne en 2017, le président de la République s’est éloigné des principes de ce courant de pensée.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h42
    |

            Cédric Pietralunga et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            

Emmanuel Macron aurait-il été président de la République s’il n’avait pas eu quelque chose de rocardien ? C’est en tout cas ce qui avait séduit son mécène et témoin de mariage, Henry Hermand, décédé à l’âge de 92 ans six mois avant l’élection présidentielle de 2017, qui rêvait de voir son jeune poulain faire enfin triompher les idées de la deuxième gauche pour laquelle il s’était battu toute sa vie. Au gouvernement aujourd’hui, ils sont plusieurs à avoir été, à un moment ou à un autre, adeptes de l’ancien premier ministre de François Mitterrand. Ainsi du chef du gouvernement, Edouard Philippe, pendant ses études, du ministre chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, ou encore du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler.
Mais un an après son entrée à l’Elysée, que reste-t-il de l’engouement que le candidat d’En marche ! avait suscité chez de nombreux rocardiens ? Quelle appréciation portent-ils sur les débuts d’Emmanuel Macron chef de l’Etat ? La fondation Jean-Jaurès ne pose pas la question en ces termes mais le colloque qu’elle a organisé à Paris, jeudi 17 et vendredi 18 mai, consacré à « Michel Rocard premier ministre » et à son exercice du pouvoir entre 1988 et 1991, permet d’éclairer cette réflexion. De même que la publication récente de deux livres sur le sujet : Le Rocardisme, devoir d’inventaire (Seuil, 300 p., 22 euros) d’Alain Bergounioux et Jean-François Merle, ainsi qu’un ouvrage collectif à paraître, Michel Rocard par (Flammarion, 304 p., 19,90 euros).
Durant la campagne, les anciens compagnons de route du théoricien de « l’autre gauche » avaient été nombreux à couver du regard l’ex-ministre de l’économie de François Hollande. Lors de ses meetings, on pouvait croiser Jean-Paul Huchon, ancien président de la région Ile-de-France et ex-directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon, le maire de Strasbourg Roland Ries, longtemps cheville ouvrière du Parti socialiste unifié (PSU), Bernard Spitz,...




                        

                        


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édition abonné


La très sage opération « SAV » du gouvernement

Les ministres étaient déployés jeudi sur tout le territoire pour vendre les réformes de la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron devant des publics acquis.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h50
    |

            Sylvia Zappi (Toulouse, envoyée spéciale), 
Virginie Malingre, 
Cédric Pietralunga et 
Audrey Tonnelier (Pessan (Gers), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Pour son premier anniversaire, le gouvernement s’est offert une vaste opération de communication. Pendant que le premier ministre, Edouard Philippe, était invité du « 19/20 » de France 3, jeudi 17 mai, la plupart des ministres se trouvaient sur le terrain pour assurer le service après-vente de l’exécutif. La quasi-totalité d’entre eux avait organisé des réunions publiques partout en France, selon un format imposé – quelques minutes d’introduction puis un jeu de questions réponses avec la salle.
Dans l’ensemble, des villes moyennes ou petites avaient été sélectionnées, souvent dans des régions rurales, afin de toucher un public cajolé par l’opposition, qui accuse Emmanuel Macron d’être le « président des villes ». A Alençon, on pouvait voir Jean-Michel Blanquer (éducation), à Vichy (Allier) Gérald Darmanin (budget), à Rungis (Val-de-Marne) Gérard Collomb (intérieur)… Même ceux qui étaient retenus à Paris, comme Julien Denormandie (cohésion des territoires) et Agnès Buzyn (santé), ont participé à ces « rencontres du gouvernement », en répondant aux questions des Français en direct sur Facebook depuis l’Assemblée nationale.
Seuls le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement Christophe Castaner, qui participait à « L’Emission politique » sur France 2 avec les autres chefs de partis, et le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, souffrant, ont été excusés. Françoise Nyssen, attendue à Strasbourg, a reporté sa venue au lendemain, officiellement retenue à l’Assemblée nationale. Pour l’anecdote, l’exécutif avait demandé à Laura Flessel, la très populaire ministre des sports, de tenir sa réunion à Saint-Michel-sur-Orge (Essonne) avec Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’Etat à Bercy et parmi les moins connus des membres du gouvernement.
« On n’a pas fait de media training »
« Au bout d’un an, je pense qu’il est très sain d’aller au contact, d’aller expliquer, d’aller aussi dessiner les perspectives de la suite »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Les cessions d’actifs d’ADP et de la FDJ ne figurent pas dans le texte de la loi Pacte transmis, mercredi, au Conseil d’Etat.
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Le gouvernement retarde son programme de privatisations

Les cessions d’actifs d’ADP et de la FDJ ne figurent pas dans le texte de la loi Pacte transmis, mercredi, au Conseil d’Etat.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h34
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h43
    |

            Audrey Tonnelier








                        


L’agenda politique du gouvernement continue de perturber le destin de la loi Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Le projet de loi, porté par le ministre de l’économie Bruno Le Maire, a été transmis mercredi 16 mai pour avis au Conseil d’Etat. Mais, pour l’heure, sans le volet privatisations qu’il était censé comporter, a-t-on appris jeudi, confirmant une information des Echos.

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                FDJ et ADP : des privatisations à risques



Pacte, qui se veut un texte de « transformation de l’économie », vise à la fois à aider les PME-ETI (établissement de taille intermédiaire) tricolores à grandir (suppression des obligations sociales et fiscales attachées au seuil de 20 salariés, facilitation de la transmission d’entreprises…) et à associer les salariés aux résultats (élargissement de l’intéressement et de la participation). Mais la loi devait également donner le coup d’envoi des privatisations du quinquennat : ADP (ex-Aéroports de Paris), dont l’Etat détient 50,6 % du capital, la Française des jeux (FDJ), dont il souhaite ouvrir le capital, et Engie, afin de descendre sous les 33,3 % de droits de vote. Des cessions d’actifs censées abonder un fonds pour l’innovation de rupture.
« Depuis le début, nous avions décidé de dissocier [l’envoi du texte Pacte et celui des privatisations], assure-t-on aujourd’hui dans l’entourage de Bruno Le Maire. Il reste un certain nombre de consultations à mener, mieux vaut aller au bout. Cette partie viendra en temps utile. Cela ne préjuge pas d’une décision, dans un sens ou dans l’autre », indique-t-on.
Obstacles politiques
A l’Elysée, on continuait en début de semaine d’assumer les privatisations, estimant sain de faire tourner le portefeuille de participations de l’Etat, plutôt que d’immobiliser du capital quand les actifs considérés ne sont pas stratégiques. « La détention majoritaire (…) n’est pas indispensable au respect de tous les intérêts de l’Etat et de la collectivité » ; expliquait un proche d’Emmanuel Macron, tout en soulignant que « la question n’est pas que celle d’une privatisation [d’ADP et de la FDJ] mais aussi d’un renforcement des outils de régulation. Les deux peuvent être portés dans le même texte, mais la régulation doit précéder la privatisation. »
De fait, les privatisations nécessitent des modifications législatives. Dans le cas d’ADP, il s’agirait de créer une concession de longue durée afin de conserver le contrôle des terrains fonciers. Pour la FDJ, une nouvelle autorité de régulation du secteur des jeux est envisagée.
Toutefois, au-delà de ces clarifications techniques, Pacte pâtit aussi d’obstacles politiques. « Mettre les privatisations dans le texte dès maintenant, c’était risquer que cela fuite. Or le ministre n’a pour le moment pas le temps de porter ce sujet, l’agenda est trop chargé », glisse un bon connaisseur du dossier.
Texte hétéroclite
Surtout, alors que le climat social demeure tendu, l’exécutif ne veut pas prendre le risque d’être inaudible, voire d’allumer un nouvel incendie. « Si la grève à la SNCF dégénère, on ne mettra pas la privatisation d’ADP et de la FDJ dans le texte, on ne va pas mettre de l’huile sur le feu », murmurait-on déjà, début avril, dans les couloirs de Bercy.
En attendant, Bruno Le Maire continue de distiller les mesures de son texte hétéroclite. En réunion publique à Pessan (Gers), jeudi 17 mai au soir pour les un an du gouvernement, le locataire de Bercy a annoncé que désormais, les entreprises créancières de l’Etat – réputé mauvais payeur – recevront des acomptes de 20 %, et non plus de 5 % du montant de leur commande.
« Il est toujours possible de compléter le texte. Ce qui compte, ce n’est pas l’envoi au Conseil d’Etat, c’est la présentation en Conseil des ministres. Rien n’est encore arrêté », relativisait-on jeudi soir à Bercy. Problème : le projet de loi, initialement prévu pour passer en Conseil des ministres mi-avril, est depuis repoussé de semaine en semaine. L’entourage de Bruno Le Maire évoque désormais « la seconde quinzaine de juin ». Il se dit confiant sur un début d’examen à l’Assemblée en commission en juillet, avant un débat à la rentrée dans l’Hémicycle. « La ligne rouge, c’est que le texte soit adopté fin 2018, pour pouvoir avoir les dispositions sur l’intéressement, la participation, et la suppression des seuils dès 2019 », avertit-on.

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                L’Etat donne le coup d’envoi aux privatisations






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Le photographe Bruno Fert a parcouru la Nationale 2, depuis Paris jusqu’au Blanc-Mesnil, pour réaliser un portrait photographique d’un département où les services publics sont en sous-effectif constant.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ 