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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.
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« Don Quichotte » de Terry Gilliam autorisé à sortir en salles en France samedi

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h14
   





                        


L’Homme qui tua Don Quichotte, de l’ex-Monty Python Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique, sortira bien dans les salles françaises samedi 19 mai, selon une décision de la justice française rendue vendredi.
Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film et, par conséquent, l’interdiction de sa sortie en salles, au motif qu’il estime avoir les droits sur ce long-métrage avec sa société Alfama Films.
« C’est une grande victoire, nous sommes très heureux et très soulagés », a réagi Me Christophe Ayela, avocat de la société Star Invest Film, qui distribue le film en France.
L’Homme qui tua Don Quichotte, qui sera également projeté samedi soir en clôture du Festival de Cannes en présence de Terry Gilliam, pourra donc également être enfin vu par les cinéphiles dans deux cent vingt-cinq salles de l’Hexagone. Traînant une réputation de film maudit, Don Quichotte a mis plus de vingt ans pour aboutir.
Pour Terry Gilliam, 77 ans, victime d’un petit accident vasculaire il y a deux semaines mais remis sur pied et déjà présent à Cannes, c’est une deuxième victoire judiciaire. Le 10 mai, le Centre national du cinéma avait déjà décidé d’attribuer un visa d’exploitation en salles à ce film. Cette décision faisait suite à celle du tribunal de grande instance de Paris la veille d’autoriser le Festival de Cannes à diffuser au public le film de Terry Gilliam en clôture de sa 71e édition.

        Lire aussi :
         

                Pour « Don Quichotte », le projet fou de Terry Gilliam, la malédiction continue



Un contentieux qui a plus d’un an
Le producteur Paulo Branco a acheté les droits d’auteur-réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, Terry Gilliam s’était tourné vers d’autres producteurs, dont Kinology.
C’est avec ces producteurs que le cinéaste a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017, pour 16,3 millions d’euros, mettant fin, croyait-il, à vingt ans de malédiction d’un film tourné dans des conditions dantesques il y a vingt ans et resté inachevé jusqu’en 2017.
Si elle vient d’essuyer deux revers, la société Alfama Films a remporté trois premières victoires judiciaires, dont une très importante sur le fond, en mai 2017, quand un juge lui a donné raison en première instance sur les droits de ce long-métrage. Un jugement en appel est attendu le 15 juin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Le long-métrage de David Leitch offre un bain de fraîcheur à l’intérieur du paysage ultra-formaté du film de super-héros hollywoodien.
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« Deadpool 2 » : blockbuster drôlement dégénéré

Le long-métrage de David Leitch offre un bain de fraîcheur à l’intérieur du paysage ultra-formaté du film de super-héros hollywoodien.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h48
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Deux ans après le succès public du premier Deadpool, pastiche irrévérencieux des films de superhéros hébergé par l’écurie Marvel, on pouvait s’attendre à ce que Deadpool 2 soit frappé de la malédiction du deuxième volet : la volonté de surfer sur un premier succès invitant inévitablement à se reposer sur ses lauriers sans réussir à relancer l’effet de surprise. Après avoir dynamité à coup de lance-flammes postmoderne tous les codes du film de superhéros, on se demande bien ce que Deadpool 2 pouvait bien dézinguer. Si l’entreprise pouvait paraître nauséeuse à force de ricanements et de clins d’œil c’est pourtant cet excès qui faisait le charme d’un premier volet.

        Lire la critique de « Deadpool » :
         

          Un super-héros à hauteur de braguette



On avait donc laissé Wade Wilson (Ryan Reynolds, également crédité au scénario), antihéros sardonique et invincible, filer le parfait amour avec sa bien-aimée Vanessa (Morena Baccarin). Heureux et amoureux, les deux tourtereaux projettent au début du film de fonder une famille, mais c’est sans compter la mort brutale de Vanessa qui provoque le début des festivités.
On peut tenter de ainsi résumer l’avalanche de péripéties qui suivra : il est question de faire dévier le cours du destin d’un enfant mutant et d’embaucher pour cela une équipe de bras cassés dans laquelle figure une femme dont l’unique superpouvoir consiste... à avoir de la chance. Le tout étant abondamment saupoudré de méchants, de blagues potaches et politiquement incorrectes et des incontournables scènes de pyrotechnie numérique.
Un anti-manuel jouissif du parfait scénariste
Faisant un pas de plus vers la surenchère visuelle et scénaristique, Deadpool 2 assume avec beaucoup de décomplexion son aspect de bric-à-brac sans queue ni tête. Et si Deadpool lui-même, façon personnage de Tex Avery, aime à évoquer les pannes d’inspiration des scénaristes où les substances consommées pendant leur séance d’écriture, c’est qu’on a soi-même le sentiment d’avoir la tête plongée, au choix, dans un bain d’images hallucinogènes ou dans une sorte de décharge où s’accumuleraient toutes les idées les plus folles et inutilisables des script doctors.
Deus ex machina à répétition, mépris pour la moindre idée de vraisemblance dramatique, désamorçage permanent de toute situation un tantinet sérieuse : Deadpool 2 est un anti-manuel jouissif du parfait scénariste. Qu’un objet aussi foutraque et dégénéré puisse exister à l’intérieur du paysage ultra-formaté du blockbuster hollywoodien ne pouvait que le rendre attachant.

Film américain de David Leitch. Avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin (2 heures). Sur le Web : www.deadpool2imax.com et www.facebook.com/DeadpoolFR



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.
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La gazette de la Croisette : l’Anatolie de Nuri Bilge Ceylan, une mère kirghize et Gary Oldman

Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h27
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Le 71e Festival de Cannes atteint, en ce vendredi 18 mai, son dixième et dernier jour de compétition pour les films en lice pour la Palme d’or, avant la révélation du palmarès lors de la cérémonie de clôture samedi soir. Les deux derniers réalisateurs à présenter leurs longs-métrages sont le Turc Nuri Bilge Ceylan avec Le Poirier sauvage (Ahlat Agaci, The Wild Pear Tree) et le Kazakh Sergey Dvortsevoy avec Ayka (My Little One).
Nuri Bilge Ceylan est un habitué de la Croisette avec six participations à la compétition depuis 1995 (où il a présenté son court-métrage Koza) et de nombreuses récompenses : une Palme d’or pour Winter Sleep (en 2014) ; deux Grands Prix (pour Lointain [Uzak] en 2003 et Il était une fois en Anatolie [Bir zamanlar anadolu’da] en 2011) ; un prix de la mise en scène pour Les Trois Singes (Üç maymun) en 2008. Il a également été membre du jury des longs-métrages en 2009 et de celui de la Cinéfondation et des courts-métrages en 2004.
Il revient cette année avec un film d’une durée de 3 h 08 sur le périple d’un passionné de littérature, Sinan, qui a toujours voulu être écrivain et qui, de retour dans son village natal d’Anatolie, met toute son énergie pour trouver l’argent nécessaire pour être publié.

   


Face à lui, Sergey Dvortsevoy n’a qu’une seule participation à la compétition cannoise à son actif avec Tulpan en 2008 dans la section Un certain regard, mais elle a été couronnée du prix Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Après s’être intéressé dans Tulpan à la vie des bergers nomades dans la steppe kazakhe, il se penche, à travers le personnage d’Ayka, sur le destin des mères kirghizes qui viennent abandonner leurs enfants en Russie.
Pour voir un extrait du film Ayka, cliquer ici.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Quinzaine des réalisateurs, dont la sélection 2018 est analysée par notre critique Mathieu Macheret, Aureliano Tonet a rencontré l’acteur du film de Philippe Faucon, Amin, Moustapha Mbengue, au parcours étonnant de son Sénégal natal à Rome, où il vit désormais. Une rencontre plus dense que celle avec Vanessa Paradis, l’actrice du film de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur, organisée en pleine nuit après la projection du film en compétition.

Dans la section Un certain regard, Véronique Cauhapé a plutôt apprécié le quatrième long-métrage du cinéaste allemand Ulrich Köhler, In My Room, qui plonge son héros (interprété par Hans Löw) dans un monde post-apocalyptique, et le transforme progressivement de loser en Robinson.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 16 heures, le dernier des quatre rendez-vous avec des acteurs et des réalisateurs organisés par le 71e Festival de Cannes, donnera la parole à l’acteur et réalisateur britannique Gary Oldman. L’occasion de revenir sur sa carrière commencée en 1983 avec son premier grand rôle dans Meantime, de Mike Leigh.
A 16 h 30, sera dévoilé le palmarès de la section Un certain regard suivi par la projection du film primé.

        Lire la gazette de la Croisette (17 mai) :
         

          Un duel franco-libanais, le combat de Cédric Herrou et un premier palmarès






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Le film « Rien à perdre », qui raconte la vie du fondateur d’une Eglise évangélique, ne remplit pas les salles, mais est en tête du box-office. Des journalistes brésiliens soupçonnent son coproducteur d’avoir lui même acheté de nombreuses places.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Révélé par « Amin », de Philippe Faucon, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien et musicien sénégalais vit à Rome.
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édition abonné


Cannes 2018 : Moustapha Mbengue, acteur écartelé

Révélé par « Amin », de Philippe Faucon, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien et musicien sénégalais vit à Rome.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h57
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Difficile, devant la majesté de son port et de sa mise, d’imaginer que cet homme demanda l’aumône, dans une autre vie. Mardi 15 mai, une belle part de l’équipe d’Amin, de Philippe Faucon, est montée sur l’estrade de la Quinzaine des réalisateurs. Mais la salle n’a d’yeux que pour l’acteur principal, Moustapha Mbengue, et son élégante redingote rayée. Rebelote le lendemain, sur le toit cannois où le cinéaste et ses comédiens donnent leurs interviews : impossible de rater Moustapha, magnifique en boubou azur.

Cette superbe pourrait surprendre les connaisseurs de Philippe Faucon, qui, de Samia (2001) à ­Fatima (2015), se distingue par l’épure avec laquelle il portraiture les pluralités françaises. Mais elle sied comme un gant au Séné­galais, dont le parcours, depuis sa naissance en 1972, est scandé de coups d’éclat. C’est après en avoir visionné certains sur YouTube, où Moustapha dispose de sa propre chaîne, que le cinéaste a fait appel à lui : « En France, je ne trouvais pas d’acteur satisfaisant pour le rôle-titre. Ma directrice de ­casting s’est mise en relation avec des amis anglais, belges et italiens, qui nous ont transmis ses vidéos. Elles m’ont suffisamment interpellé pour que je le rencontre. »

Les images donnent la mesure des engagements du Sénégalais : danseur, chanteur et percussionniste pour diverses formations musicales – Africa Djembe, ­Tamburi di Gorée et Tam Tam Morolà, dont il est le flamboyant homme-orchestre – ; figurant pour l’opéra ou la télévision – les séries Provaci ancora Prof ! ou Chiaroscuro, avec Nino Manfredi – ; et, surtout, visage de la communauté sénégalaise en Italie, parlant au nom des siens dans les médias lors des manifestations qui ont suivi les meurtres racistes du 13 décembre 2011 et du 5 mars, à Florence.
Souvenir de tragédies
Une bonne moitié de notre entretien, réalisé dans un italien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le quatrième long-métrage du cinéaste allemand plonge son héros dans un monde post-apocalyptique, où il apprend à survivre.
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Cannes 2018 : avec « In My Room », Ulrich Köhler transforme un loser en Robinson

Le quatrième long-métrage du cinéaste allemand plonge son héros dans un monde post-apocalyptique, où il apprend à survivre.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h36
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
Il faut reconnaître qu’Armin (Hans Löw), héros à la ­qua­rantaine triste du ­quatrième long-métrage d’Ulrich Köhler, In My Room, présente au premier abord une bonne allure de loser. En témoignent les ­premiers plans du film qui nous proviennent, en plans subjectifs, de la caméra du fameux Armin, en train de tourner pour une chaîne de ­télévision. Des images ni faites ni à faire dont le rythme convulsif et les va-et-vient du sol au ­plafond donnent le tournis. En mode pause quand il devrait ­enregistrer, et inversement, ­Armin ne s’en sort pas.
Un peu plus tard, après une ­sortie nocturne, une jeune fille ramenée chez lui qui semble dans de bonnes dispositions, le plante comme un pauvre hère. La suite n’est guère plus reluisante, qui le conduit chez son père, au chevet de sa grand-mère agonisante.
La première partie du film épouse l’esthétique d’un réalisme qui ne nous épargne rien
La première partie du film épouse l’esthétique d’un réalisme qui ne nous épargne rien. Ni l’aspect crasse de l’appartement ­d’Armin ni le teint grisâtre de l’intéressé, pas plus que les scènes aux toilettes, les râles à fendre le cœur de la grand-mère et, après son passage à trépas, la laborieuse remise en place de son dentier, par son fils et son petit-fils. In My Room installe cette atmosphère en nous faisant croire au pire et craindre l’ennui, la poisse et la désespérance ayant déjà eu raison de nous, à cet endroit du film.
Mais voilà que survient l’impensable, un monde entièrement vidé de ses habitants, qui nous parvient à travers le pare-brise de la voiture d’Armin. Sur l’asphalte gisent des motos et scooters dont les conducteurs se sont volatilisés, comme tous les êtres ­humains alentour. Seuls quelques animaux ont réussi à sauver leur peau. Ce retournement de ­situation fournit à Ulrich Köhler une belle occasion d’ouvrir son film à de plus grands espaces et à plus de lumière, puis, en un clin d’œil, de transformer son antihéros en un Robinson Crusoé de temps modernes révolus.
Un univers sensoriel
Désormais seul et libéré des ­contraintes sociales qui l’autorisent à un nouveau départ, Armin choisit en effet d’investir une ferme à la campagne, sorte d’éden où coule une rivière, vivent poules, chevaux et chèvres. Rescapé de la fin de l’humanité, sorte d’Adam à qui aurait été donnée l’arche de Noë, il renaît en ­premier homme (qui serait le dernier). Il se met à l’ouvrage, son corps hier avachi s’affine et se muscle, il cultive la terre, chasse, lui, autrefois maladroit, se révèle habile bricoleur, goûtant sans regret cette nouvelle vie sédentaire. Mais, quand un jour débarque, venue d’on ne sait où, la jolie nomade Kirsi (Elena Radonicich), l’idée d’un avenir à construire à travers l’arrivée possible d’un ­enfant se met à occuper son esprit. Adam et Eve unis pour la création d’un nouveau monde, pourquoi pas.
Il serait dommage d’en dire plus tant la magie qui opère alors tient à des éléments dont chaque ­spectateur peut espérer tirer des sensations propres. Car, dans ce mouvement de bascule qu’exécute à mi-chemin de sa narration In My Room, se niche quelque chose d’indéfinissable, d’aussi vaste que le champ des possibles auquel succombe Armin en pensée, et sur lequel se termine le film, en toute invraisemblance, mais qu’importe. Parce que l’aventure à laquelle invite le film trace le chemin vers une forme de poésie qui se moque bien du ­rationnel. Et, au bout du compte, Ulrich Köhler nous aura menés d’un monde réel à un univers ­sensoriel, dans un univers où tout pourrait être fini et recommencer.

Film allemand d’Ulrich Köhler. Avec Hans Löw, Elena Radonicich, Michael Wittenborn (1 h 59). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.pandorafilm.com/filmography/in-my-room.html et www.festival-cannes.com/fr/festival/films/in-my-room



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ En compétition, le film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki convainc par sa grande force romanesque.
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Cannes 2018 : « Capharnaüm » ou « Les Misérables », version beyrouthine

En compétition, le film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki convainc par sa grande force romanesque.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
On ne reconnaîtra qu’un visage, celui de la réalisatrice ; les autres, on ne les a jamais vus, à moins de connaître les quartiers pauvres de Beyrouth. Nadine Labaki joue l’avocate qui défend Zain, un garçon d’une douzaine d’années, dans le procès qui l’oppose à ses parents, à qui il reproche de l’avoir mis au monde. A rebours de ce que font nombre de ses pairs cinéastes et acteurs, la réalisatrice ne s’est pas réservé la part du lion, et les séquences de prétoire n’offriront que de brèves accalmies dans le torrent qui emporte Capharnaüm, présenté en compétition le 17 mai. Rien dans ce troisième long-métrage de la Libanaise n’est attendu : sa violence, son style quasi docu­mentaire, sa force romanesque prennent au dépourvu avant d’emporter la conviction.
Déjà dans Et maintenant, on va où ? (2011), Nadine Labaki avait fait travailler des débutants, mêlés à des professionnels. Pour raconter l’histoire de Zain, elle a cherché des gens dont la vie n’est pas éloignée de celle que mènent leurs personnages. Capharnaüm met en scène le désordre qui régit leur vie. Les deux termes sont contradictoires, mais ici le chaos qui amène les parents à vendre leurs enfants, les hommes à acheter les femmes, les moins faibles à faire souffrir les plus faibles est une loi d’airain : un fossé infranchissable sépare ceux qui n’ont rien des autres.
A la dureté du monde, Zain (Zain Al Rafeea) oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté
Du mauvais côté de ce fossé, Zain (Zain Al Rafeea) a suivi un chemin tortueux jusqu’à la prison de laquelle il lance la plainte ­contre ses parents, itinéraire que le film retrace en une série de retours en arrière. Il vit dans un appartement miséreux, dont le loyer est payé par le travail que les enfants de la maison offrent au propriétaire, boutiquier du quartier. Le garçon livre les commandes de ses voisins, essaie de soutirer une pièce aux automobilistes, aide sa mère à trafiquer des médicaments stupéfiants. A la dureté du monde, il oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté. On ne le voit baisser la garde qu’avec sa sœur Sahar, d’un an plus jeune que lui. Lorsqu’il comprend que ses parents veulent la marier au boutiquier, il s’enfuit.
Ne pas mourir de faim
Il rencontre Rahil (Yordanos Shiferaw), immigrée éthiopienne qui a dû quitter son emploi de bonne après être tombée enceinte des œuvres d’un autre employé de maison. Rahil élève Yonas (Boluwatife Treasure Bankole), son bébé, en tentant de le soustraire au regard des autorités qui trouveraient là une raison supplémentaire de l’expulser. J’ai cité le nom du nourrisson (une petite fille d’origine nigériane et kényane). C’est que Nadine Labaki, à force de patience (elle disposait de cinq cents heures de rushs) et d’astuce, en a obtenu assez pour en faire un vrai personnage.

   


Le cœur du film, et ce qu’il a de meilleur, est constitué d’un long moment où les deux enfants, le préadolescent et le bébé qui ne marche pas encore, sont livrés à eux-mêmes dans Beyrouth, tentent de ne pas mourir de faim, de ne pas se laisser envahir par la crasse. Impossible de ne pas songer à l’épisode des Misérables dans lequel Gavroche recueille deux gamins, même sens de la précarité, mêmes soulagements éphémères à chaque fois qu’elle est tenue à distance, même souci de faire de la ville un personnage.
Il y a quelque chose du regard des romanciers du XIXe siècle dans la manière dont Nadine Labaki met en scène le dénuement, et ses effets sur l’humanité de ceux qui en sont victimes. Le même souci d’exactitude, la même volonté de les rendre au genre humain par le biais de la fiction, qui se cristallise ici à travers le procès. La réalisatrice est consciente des périls du procédé. L’une des plus belles séquences oppose la mère de Zain (Kawthar Al Haddad) à l’avocate qui défend l’enfant. « Que savez-vous de la misère ? », lui demande-t-elle en substance. Le regard décontenancé que l’actrice prête à son personnage dit à la fois les limites assumées et l’ambition rêvée de Capharnaüm.

Film libanais de et avec Nadine Labaki. Avec Zain Al Rafeea, Yordanos Shiferaw, Boluwatife Treasure Bankole (2 heures). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.gaumont.fr/fr/film/Capharnaum.html et www.wildbunch.biz/movie/capharnaum



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Trois films ont dominé la 50e édition de cette section parallèle cannoise, non compétitive.
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Cannes 2018 : maigre moisson à la Quinzaine des réalisateurs

Trois films ont dominé la 50e édition de cette section parallèle cannoise, non compétitive.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h16
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


La Quinzaine des réalisateurs, section parallèle et non compétitive du Festival de Cannes, qui fêtait cette année sa 50e édition – la dernière de son délégué général Edouard Waintrop –, ne se conclut pas par un palmarès, mais sur une distribution de prix unitaires par ­certains de ses partenaires.
Sur les vingt longs-métrages présentés, seule une poignée d’œuvres véritablement enthousiasmantes ont dominé la sélection, dont deux productions françaises : le formidable En liberté !, de Pierre Salvadori, avec Adèle Haenel et Pio Marmaï, comédie policière désopilante et réflexive sur les pouvoirs de la fiction, récompensée par le Prix SACD ; ainsi qu’Amin, de Philippe Faucon, sobre et émouvant portrait d’un travailleur immigré. Ajoutons-leur Les Oiseaux de passage, des Colombiens Cristina Gallego et Ciro Guerra, film de gangsters se déroulant en milieu indigène, inabouti mais riche de propositions originales.

   


En dehors de ces trois-là, un inexplicable cortège de films indigents a grevé la sélection. Comme le film de clôture, Troppa Grazia (Italie), de Gianni Zanasi, impro­bable bondieuserie avec Alba Rohrwacher en géomètre visitée par la Vierge Marie, qui fut distingué par le « Label Europa Cinemas ». Ou encore l’atroce Comprame un revolver (Mexique), le sordide Teret (Serbie), l’acrimonieux Petra (Espagne), plombés d’affects ou d’aspirations autoritaires. Côté français, une conception galvaudée du cinéma de genre a contribué à renforcer les conventions, que ce soit dans Joueurs, de Marie Monge, Le monde est à toi, de Romain Gavras, ou Climax, de Gaspar Noé, film à moitié convaincant, distingué par le Cicae Art Cinema Award.

   


Restait donc à se replier sur quelques œuvres fragiles ou en demi-teinte, qui n’en firent pas moins preuve de sensibilité, comme l’indolent Los Silencios, de la Brésilienne Beatriz Seigner, lente dérive sur une île du fleuve Amazone où se retrouvent les fantômes des guérillas voisines, ou Leave No Trace, de l’Américaine Debra Granik, récit simple et limpide sur la fuite d’un père et sa fille en marge de la société, campant dans un parc naturel de l’Oregon. Lorsque ronflent de partout les grandes orgues, il est toujours bon de s’en remettre à ces petites musiques humbles et douces qui soignent le cœur.

   



        Lire le compte-rendu :
         

          Gaspar Noé et Pierre Salvadori primés à la Quinzaine des réalisateurs



Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Yann Gonzalez revient sur la Croisette en compétition avec une œuvre singulière et baroque, où brille une guerrière Vanessa Paradis.
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Cannes 2018 : « Un couteau dans le cœur », éros et thanatos dans le porno gay

Yann Gonzalez revient sur la Croisette en compétition avec une œuvre singulière et baroque, où brille une guerrière Vanessa Paradis.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h54
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Sélection officielle – en compétition
Au Festival de Cannes, certains films sont attendus, d’au­tres désirés. Quelque chose d’impalpable – un nom, une rumeur, une histoire, un parfum de provocation, parfois tout cela à la fois – les fait briller plus intensément sous le ciel étoilé de la compétition cannoise. Les statistiques n’étant pas en leur faveur, leur rareté ajoute à leur rayonnement, sans que cela préjuge pour autant de leur réussite réelle. Un couteau dans le cœur, de Yann Gonzalez, présenté jeudi 17 mai à 22 heures devant un parterre de gala, est à l’évidence dans ce cas, d’où la finesse de son placement tardif qui a fait bouillonner les cervelles et monter les enchères tout au long d’un Festival tirant à sa fin.

        Lire le récit :
         

          Rencontre d’après minuit avec Vanessa Paradis



Produit par Charles Gillibert, transfuge de la société Karmitz volant désormais de ses propres ailes, Un couteau dans le cœur agrège des atomes qui composent sa magie singulière. Yann Gonzalez, l’auteur, pas encore célèbre, mais connu comme le loup blanc dans le cénacle cinéphilique, où, depuis 2006, ses courts-métrages, dont certains sélectionnés à Cannes, affichent une esthétique queer qui détonne dans la création cinématographique française. Dans ce même sillage, claquemuré en studio et ouvert au fantastique, il passe au long-métrage avec Les Rencontres d’après minuit en 2013, histoire d’une soirée libertine incessamment reportée, avec notamment Fabienne Babe, Eric Cantona et Béatrice Dalle.

   


Vanessa Paradis, l’actrice principale du nouveau long-métrage, apporte avec elle la sensualité, le mystère, l’éclectisme d’une carrière populaire dans la chanson, plus erratique au cinéma encore que lors du sulfureux coup de génie de Noce blanche (1989), de Jean-Claude Brisseau. Nicolas Maury, qui partage avec elle l’affiche du film, est quant à lui l’un des plus singuliers parmi les comédiens français, passé maître dans l’art de l’équivoque, second rôle bourré de talent, bourlinguant depuis dix ans dans les arcanes d’un cinéma d’auteur trié sur le volet.
Belphégor homophobe
Ajoutez à ce cocktail déroutant la jolie bombe sur le gâteau qu’est le récit du film. Un incroyable mélange de slasher movie (tueur psychopathe masqué à l’arme blanche), d’humour, de revendication gay, de mélo romantique et de cinéma fantastique. On est à Paris en 1979. Anna (Vanessa Paradis), productrice de cinéma porno gay vite et bien emballé, est en train de se faire quitter par sa monteuse, Loïs (Kate Moran), ce qui la met en charpies. Parallèlement, un tueur au masque de cuir noir, sorte de Belphégor homophobe et hystérique, s’attaque à ses acteurs, qu’il assassine les uns après les autres avec un énorme godemiché noir d’où jaillit en un éclair une lame à cran d’arrêt.

   


Peroxydée, sanglée d’un ciré noir, Anne a fort à faire, œuvrant à ramener Loïs à son amour, à mener l’enquête sur les pas de l’assassin et à tourner un film chaud-chaud qui met en abyme ces ­crimes en série. Cette quête kaléidoscopique et miroitante entraîne le récit dans des confins étranges, depuis la rude backroom d’une boîte homo jusqu’à la somptueuse forêt où chante un oiseau aveugle en passant par les plateaux surréalistes, où les acteurs en panne sont régulièrement remontés par un machiniste dénommé « Bouche d’or ».
Hommage à la culture underground et à la liberté artisanale des années 1970, le film affirme la déconstruction des genres
Mille pistes partent en un mot du film. Narratives (polar, mélo, horreur) aussi bien qu’esthétiques (Kenneth Anger, Georges Franju, Dario Argento). Le récit n’y est qu’un leurre, ouvrant à la recherche de l’impression, de la sensualité, de la réminiscence onirique, de l’élégance graphique, de l’hypnose musicale (magnifique BO signée Anthony Gonzalez et Nicolas Fromageau). On pourrait lui reprocher le manque de profondeur de ses personnages et l’atomisation de sa ligne narrative. Ce serait toutefois subordonner ce qu’il est à ce que l’on voudrait qu’il soit. Hommage à la culture underground et à la liberté artisanale des années 1970, Un couteau dans le cœur affirme la déconstruction des genres, l’impureté de l’art, la proximité baroque du désir et de la mort. Autant de pris sur le pernicieux retour de la morale.

Film français de Yann Gonzalez. Avec Vanessa Paradis, Nicolas Maury, Kate Moran (1 h 40). Sortie en salle le 27 juin. Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/88 et www.festival-cannes.com/fr/films/un-couteau-dans-le-coeur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Quelques minutes après la projection en compétition d’« Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez, l’actrice répondait aux radios.
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Cannes 2018 : rencontre d’après minuit avec Vanessa Paradis

Quelques minutes après la projection en compétition d’« Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez, l’actrice répondait aux radios.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 09h54
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

« On est obligé de faire Vanessa deux par deux ? », se plaint l’un. « A huit, en même temps, ce sera de la boucherie, non ? », rétorque un autre. « Moi, j’opte pour la combinaison à huit, faut qu’on speedouille ! », tranche un tiers. La projection de gala d’Un couteau dans le cœur, ­thriller situé dans le milieu du porno, s’est achevée il y a quelques minutes. Mais l’hypothèse qu’elle se prolonge un peu, à quarante-huit heures de la fin du Festival, traverse les esprits.
En guise de scène érotique, une escouade de huit journalistes radio s’apprête à interviewer le réalisateur, Yann Gonzalez, et son actrice principale, ­Vanessa Paradis.
Yann Gonzalez, réalisateur : « Vanessa a la force expressive des grandes stars du muet, à la Janet Gaynor »
Dans le film, le tueur égorge une victime à l’aide d’un godemiché turgescent : sitôt que des lèvres s’y posent, une lame surgit. Dans la réalité, les journalistes sont ­équipés d’engins plus modestes : de bons vieux micros, d’où des questions menacent, à tout moment, de jaillir. Comme pour accentuer l’effet de rime, les locaux d’Unifrance, qui accueillent tout ce beau monde, répliquent le code couleur d’Un couteau dans le cœur : bleu-blanc-rouge, vive la République !
« Bonsoir, je ne suis pas celle que vous attendez ! » Il est minuit passé, v’là l’auteur des Rencontres d’après-minuit (2013), j’ai nommé Yann Gonzalez. A questions aiguisées – « La mort rôde pas mal dans vos films, non ? Pourquoi le film de genre ? Vous êtes d’Antibes, vous jouez presque à domicile, là ? » –, réponses pointues. Extraits : « La mort rôde pas mal en général, vous ne trouvez pas ? Eros et thanatos, c’est un couple éternel. J’avais envie de faire revivre un cinéma de la forme, les films bis de Lucio Fulcio ou Dario Argento : le genre, c’est l’extase, le délire absolu. Vanessa a la force expressive des grandes stars du muet,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ « Climax » du sulfureux Gaspar Noé a remporté l’Art Cinéma Award, tandis que Pierre Salvadori a reçu le prix de la SACD pour « En liberté ! », jeudi.
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Cannes 2018 : Gaspar Noé et Pierre Salvadori primés à la Quinzaine des réalisateurs

« Climax » du sulfureux Gaspar Noé a remporté l’Art Cinéma Award, tandis que Pierre Salvadori a reçu le prix de la SACD pour « En liberté ! », jeudi.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 01h09
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h19
   





                        



   


Une fête orgiaque à base de sangria qui se transforme en une danse macabre ; l’itinéraire burlesque d’une veuve cherchant à expier les fautes de son mari ripou… Gaspar Noé (Climax) et Pierre Salvadori (En liberté !), réalisateurs de deux longs-métrages aux antipodes, ont été récompensés à la Quinzaine des réalisateurs, jeudi 17 mai au soir.
Pour son 50e anniversaire, la Quinzaine a décerné l’Art Cinéma Award à Climax du subversif réalisateur italo-argentin Gaspar Noé. Celui qui avait choqué la Croisette en 2002 avec Irréversible a de nouveau entraîné le Festival de Cannes au bord du malaise avec « une histoire poisseuse et obsédante ».
Attendu en salles le 19 septembre, ce sixième long-métrage renouvelle l’exercice transgressif et subversif qui définit son œuvre, avec, cette fois, l’histoire vraie d’une fête privée qui dégénère en chaos absolu. En 2015, son film Love avait aussi fait scandale avec des scènes de sexe crues.

        Lire la critique de « Climax » :
         

          Entre énergie pure et jeu de massacre



Aux antipodes donc, le réalisateur Pierre Salvadori a reçu le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) pour En liberté !, avec les acteurs Adèle Haenel et Pio Marmaï. Une comédie sur une inspectrice de police qui découvre, à la mort de son mari policier, qu’il était corrompu et va tenter de réparer les torts qu’il a commis.

        Lire la critique d’« En liberté ! » :
         

          Le burlesque macabre et doux de Pierre Salvadori



Six films français figuraient sur les vingt programmés au cours de cette édition, la dernière du sélectionneur Edouard Waintrop. Il sera remplacé l’an prochain par l’Italien Paolo Moretti, un ancien de la Mostra de Venise.

        Lire le décryptage :
         

          Une Quinzaine des réalisateurs très sud-américaine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Depuis 2001, les acteurs du genre canin sont eux aussi récompensés au Festival. Parmi les heureux lauréats, on compte Uggie, le jack russel de « The Artist », en 2011.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/05/2018
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A Cannes, les chiens ont aussi leur Palme


                      Depuis 2001, les acteurs du genre canin sont eux aussi récompensés au Festival. Parmi les heureux lauréats, on compte Uggie, le jack russel de « The Artist », en 2011.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 07h48
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Et la palme est remise à… un chien. Vendredi 18 mai à 13 heures, sur la plage du Grand Hôtel de Cannes, se déroulera la Palm Dog, qui récompense la prestation du meilleur chien dans un film. Créé en 2001 par le journaliste britannique de cinéma Toby Rose, délicieux cabotin aux lunettes drapées des couleurs de l’Union Jack, ce prix a déjà distingué Mops, le carlin de l’archiduchesse dans Marie-Antoinette, de Sofia Coppola, en 2006, ou encore Einstein, le caniche blanc qui joue Bruno dans The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach, en 2017.
« Quand les chiens ne peuvent pas se rendre à la cérémonie, on prend des doublures », confesse Barbara Dent, ancienne responsable cinéma du British Council en France, qui aide à organiser l’ événement.
Uggie, une star internationale
Mais c’est en 2011 que le prestigieux collier a véritablement pris la lumière. Cette année-là, il fut glissé autour du cou du jack russell Uggie pour son rôle de Jack The Dog dans The Artist, de Michel Hazanavicius.
« On le vit ensuite poser avec sa décoration au bord d’une piscine à Los Angeles, puis il fut invité aux Golden Globes et fit du skateboard sur le plateau du talk-show d’Ellen DeGeneres », se souvient Toby Rose. Consécration ultime : la Palm Dog fut mentionnée par Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, dans son Bottin intime du Festival, Sélection officielle. Journal (Grasset, 2017).
Nous recherchons tout simplement l’“Isabelle Huppert ou le Gérard Depardieu des chiens”. » Toby Rose, créateur de la Palm Dog
C’est en compagnie de son fidèle fox-terrier, feu Mutley, que Toby Rose eut l’idée de créer une palme pour chiens. « Lorsqu’il m’accompagnait aux interviews, je le sentais très à l’aise, aussi bien avec Steven Spielberg que Tilda Swinton, assure-t-il, toujours mordu. Il a même défilé avec Ivanka Trump dans un petit manteau assorti à la robe de la jeune femme. J’ai fini...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.
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Cannes 2018 : « Monsieur », une attirance à huis clos

Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h24
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Semaine de la critique
Au plus loin de ses souvenirs, Rohena Gera garde l’image de la nourrice qui s’occupait d’elle lorsqu’elle était enfant. Une nounou qui « faisait partie de la famille et qui, en même temps, en était exclue », souligne la réalisatrice, née en Inde, où elle a grandi et vécu longtemps. Ce conflit, dont elle avoue qu’il l’a agitée toute sa vie, a inspiré son premier long-métrage, Monsieur (Sir), sélectionné à Cannes dans la Semaine de la critique.

        Lire les portraits croisés de réalisatrices, dont Rohena Gera :
         

          Elles font leurs premières armes à Cannes



A Bombay, Ratna (Tillotama Shome) est employée chez Ashwin (Vivek Gomber), fils d’une riche famille de la ville. Il ne manque de rien et traîne pourtant une forme de mélancolie qui le rend doux. Elle a quitté sa province pour échapper à l’assujettissement familial et au poids de son veuvage, une situation jugée encore taboue dans de nombreuses villes indiennes. Bien qu’instruit et respectueux, Ashwin n’échappe pas aux règles d’une tradition qui sépare les domestiques de leur patron. Ratna le sert à table et retourne prendre son repas, assise par terre, dans la cuisine. Ils échangent peu dans cet appartement où va se dérouler un huis clos dont la réalisatrice va tirer parti pour mettre en scène la séparation, cadrant l’un et l’autre de ses personnages dans des portes ou à travers des fenêtres et glissant la caméra entre deux pièces que sépare une cloison.

Une grande délicatesse
Mais dans cet espace de promiscuité où les corps ne peuvent pas toujours éviter de se frôler, naissent, à travers les silences, des sentiments contre lesquels Ratna comme Arshwin ne peuvent pas lutter. Parvenant à échanger timidement quelques phrases, puis à se parler plus ouvertement, elle va trouver en lui une source d’encouragement à ses désirs de mener une vie nouvelle ; il va recevoir d’elle une écoute qui rompt sa solitude et va l’obliger à se demander quel homme il est au sein de cette société dans laquelle il vit.
Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime
Rohena Gera filme avec une grande délicatesse ces deux êtres suspendus à un amour interdit, dont les émotions affleurent sans être prononcées. Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime, préférant la montrer en train de se battre pour s’élever dans la société, en train de danser, de sortir de l’appartement pour se rendre dans sa famille à la campagne, tandis que Ashwin lui y est contraint, empêché, prisonnier de son cocon. Bombay et le monde extérieur ne lui apparaissant guère autrement, dans le film, que de la terrasse de chez lui.

   


Monsieur porte l’empreinte de la douceur et de la détermination qui émanent de sa réalisatrice. Et cette histoire d’amour qu’elle inscrit fermement dans une réalité sociale et politique dont elle espère faire bouger les lignes, dit à la fois son besoin de dénoncer le statut réservé aux femmes indiennes tout autant qu’aux laissés-pour-compte, et son envie d’espérer.

Film indien de Rohena Gera. Avec Tillotama Shome, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni (1 h 39). Sur le Web : diaphana.fr/film/monsieur et www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/sir



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Noires ou métisses, les comédiennes disent regretter d’être souvent cantonnées à des rôles caricaturaux.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.
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« Le risque majeur qui pèse sur le cinéma français est qu’il perde le contrôle de son propre avenir »

L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h34
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, cofondateur de l’ObSoCo (L’Observatoire société et consommation))







                        



                                


                            
Tribune. L’étude réalisée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) pour Unifrance sur la manière dont la filière française du cinéma perçoit son avenir à dix ans révèle bien un microcosme convaincu de traverser un épisode de mutation. Mais si le rôle du numérique est clairement identifié, les personnes interrogées peinent toutefois à se prêter au jeu des anticipations, et les visions de ce que pourrait être la filière du cinéma en 2027 paraissent marquées d’un conservatisme teinté d’optimisme.
Cet optimisme est visible à deux niveaux, qui constituent des nœuds de l’économie de la filière. Tout d’abord, le marché, que 61 % des répondants anticipent en croissance à l’échelle mondiale. Les débouchés promis par les pays émergents nourrissent cet élan d’optimisme, mais les prévisions sont à peine moins favorables concernant le marché français.

Or, si le cinéma français a plutôt bien traversé les crises antérieures, ce n’est pas le cas de tous les cinémas nationaux. Cette exception française tient pour beaucoup à un cadre institutionnel original dont découle une régulation efficace et protectrice. Mais aujourd’hui, la question centrale est celle de la capacité de ce système à s’adapter à une nouvelle donne sans compromettre les grands équilibres qui président au bon fonctionnement de la filière.
Myopie
Or, la révolution numérique en cours menace le système de financement. A commencer par la télévision, dont les répondants anticipent clairement le recul de la capacité contributive. Les professionnels sont beaucoup plus optimistes quant à l’avenir de la salle. Mais ne sont-ils pas victimes d’une myopie entretenue par une croyance profondément ancrée : rien ne remplacera jamais l’émotion qui naît de la vision d’un film en salle. Et pourtant, comment ne pas voir que le succès des nouveaux supports s’appuie non pas sur « le film de cinéma » mais sur d’autres formats, en particulier les séries, qui explorent d’autres modes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Au 71e Festival de Cannes, la compétition entre dans son ultime ligne droite avec deux des quatre derniers films en lice, signés Nadine Labaki et Yann Gonzalez.
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La gazette de la Croisette : un duel franco-libanais, le combat de Cédric Herrou et un premier palmarès

Au 71e Festival de Cannes, la compétition entre dans son ultime ligne droite avec deux des quatre derniers films en lice, signés Nadine Labaki et Yann Gonzalez.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h10
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Ce jeudi 17 mai, neuvième et avant-dernier jour de la compétition cannoise, est marqué par l’entrée en lice de la dernière des trois réalisatrices sélectionnées cette année pour tenter de décrocher la Palme d’or (avec Eva Husson et Alice Rohrwacher) : la Libanaise Nadine Labaki avec son film Capharnaüm, mettant en scène un petit garçon de 12 ans qui se rebelle contre la vie de misère qu’on tente de lui imposer et intente un procès à ses parents pour l’avoir fait naître dans ce monde. En 2004, elle a participé à la Résidence du Festival de Cannes pour l’écriture de son premier long-métrage Caramel, qu’elle a tourné deux ans plus tard. Ce dernier a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2007 et vendu dans le monde entier. Nadine Labaki est revenue à Cannes en 2011 avec Et maintenant on va où ?, sélectionné dans la section Un certain regard. Il s’agit de sa première participation à la compétition.

   


Face à elle, le réalisateur français Yann Gonzalez présente Un couteau dans le cœur, avec Vanessa Paradis dans le rôle-titre. Cette dernière y incarne une productrice de pornos gays, dans les années 1970-1980 à Paris, confrontée à un tueur masqué qui massacre les acteurs de son film en cours de tournage. Il s’agit également pour Yann Gonzalez d’une première participation à la compétition, il a par ailleurs été membre du jury de la Caméra d’or (qui récompense un premier film projeté à Cannes toutes sélections confondues) en 2015.

DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
En cet avant-dernier jour de la compétition, un premier palmarès a déjà été dévoilé, celui de la Semaine de la critique, l’une des deux principales sections parallèles du Festival de Cannes avec la Quinzaine des réalisateurs. Notre critique Clarisse Fabre détaille ce palmarès qui a primé plusieurs films que la rédaction du Monde a appréciés : Diamantino, Sauvage, Woman at War, etc.

Dans la section Un certain regard, Jacques Mandelbaum a remarqué le polar du cinéaste chinois Bi Gan, Un grand voyage vers la nuit, et Véronique Cauhapé le deuxième long-métrage en tant que réalisatrice de l’actrice italienne Valeria Golino, Euforia.

Enfin, à la Quinzaine des réalisateurs, Mathieu Macheret a repéré Miraï, ma petite sœur, un film d’animation de Mamoru Hosoda, fer de lance d’une nouvelle génération d’animateurs japonais dans la lignée d’Isao Takahata et Hayao Miyazaki.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
La question des réfugiés s’invitera sur la Croisette avec la projection à 19 h 15 en séance spéciale hors compétition de Libre, un documentaire consacré par Michel Toesca à Cédric Herrou, un agriculteur de la vallée de la Roya dans le sud de la France, considéré comme hors la loi et traîné en justice pour avoir accueilli des migrants et les avoir aidés à déposer une demande d’asile.

        Lire le récit de la venue de Michel Toesca à Cannes en mai 2017 :
         

          Vendredi, ou la vie politique sauvage de la Croisette





        Lire la gazette de la Croisette (16 mai) :
         

          Des chiens, un chat, Whitney Houston et John Travolta






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Le film à succès de Luca Guadagnino, qui a pour cadre cette région du nord de l’Italie, a eu pour effet d’y attirer un nombre croissant de visiteurs. Il est même devenu un argument pour les acteurs du tourisme local.
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La Lombardie plebiscitée pour son rôle dans « Call Me by Your Name »


                      Le film à succès de Luca Guadagnino, qui a pour cadre cette région du nord de l’Italie, a eu pour effet d’y attirer un nombre croissant de visiteurs. Il est même devenu un argument pour les acteurs du tourisme local.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h15
    |

                            Marie Godfrain








   


Pour une fois, Ilan Marciano a attendu la fin du générique pour quitter la salle de cinéma. « Deux heures durant, j’ai été subjugué par le cadre et l’atmosphère enchanteurs de Call Me by Your Name. Le film m’a fait l’effet d’une révélation car je cherchais une destination où partir en vacances. J’ai donc lu tout le générique de fin pour découvrir que la Lombardie était partenaire du long-métrage et avait servi de lieu de tournage. » Cet été, ce jeune Français, qui travaille dans l’industrie du luxe, partira donc dans cette région du nord de l’Italie, délaissant la Grèce où il a ses habitudes.
Une image bucolique
L’office du tourisme de Lombardie espère capitaliser sur le succès public de cette romance filmée par Luca Guadagnino (au moins 325 000 entrées en France depuis sa sortie le 28 février). Tourné en plein été, dans un décor bucolique, intemporel, légèrement vintage – l’action du film se situe en 1983 –, à la fois intellectuel et romantique, Call Me by Your Name fait couler des flots de vin et de beaux discours, entre une fête de village et la découverte d’une statue antique au fond du lac de Garde. Un très long clip promotionnel pour cette région d’Italie, moins touristique que d’autres. Explora, l’organisme en charge d’y attirer les visiteurs, a vite compris l’intérêt que représentait le film, d’autant qu’il avait plutôt séduit des spectateurs au profil CSP +. « Il aborde des lieux et des thèmes qui peuvent servir de base à un plan de promotion », explique-t-on chez Explora. Dès la mi-avril, un voyage à destination des journalistes européens était organisé sur les pas de Call Me by Your Name, entre Crema, Crémone et Bergame…
« Après la sortie du film, nous avons noté une augmentation de 5 % des consultations sur cette région par les voyageurs français par rapport à l’année précédente. » Bernie Torres, porte-parole de TripAdvisor
Mais les touristes n’ont pas attendu cette campagne pour se pencher sur cette région à l’image plutôt industrieuse. Airbnb note que, pour le week-end du 21 avril, il y avait 2,5 fois plus de voyageurs dans ses demeures lombardes que le même week-end l’an passé. Même si la plate-forme n’a pas la preuve d’un lien direct, la hausse intrigue. D’autant que ce regain d’intérêt se manifeste aussi sur TripAdvisor. Selon Bernie Torres, porte-parole pour la France du site qui recueille des avis sur les destinations du monde entier, « à la suite de la sortie du film en salle, nous avons noté une augmentation de 5 % des consultations des pages sur cette région par les voyageurs français en mars 2018 par rapport à mars 2017 ».

Si la région n’a pas encore pu analyser les statistiques de réservations pour cet été, elle évoque une série de « signaux faibles ». Par exemple, les différents points d’information du territoire sont régulièrement questionnés sur les lieux de tournage. « Le film a mis l’accent sur cette Italie que l’on a envie que les gens découvrent, celle de villes d’art méconnues », explique-t-on chez Explora. « J’espère retrouver cette atmosphère apaisante, les ruelles de nuit, les balades à vélo, même si pour le moment je suis un peu déçu par les locations que j’ai trouvées, pas vraiment dans le style ocre décrépi montré par le film », nuance Ilan Marciano. À moins d’acquérir la villa du XVIIe siècle, lieu de villégiature de la famille Perlman à l’écran, qui est en vente pour 1,7 million d’euros…

   


La Lombardie peut compter sur un certain nombre de précédents culturels qui ont récemment bénéficié à d’autres sites italiens. En Campanie, Naples a, par exemple, connu un essor de son tourisme ces derniers mois grâce à la saga littéraire d’Elena Ferrante, L’Amie prodigieuse. En Lombardie, la villa Necchi, chef-d’œuvre de l’architecture rationaliste milanaise, a elle aussi été magnifiée par le metteur en scène de Call Me by Your Name, Luca Guadagnino, qui y avait tourné des scènes d’Amore en 2009. « Ce film a représenté une opportunité pour notre villa, qui a ouvert ses portes au public juste après la diffusion du film. Il en a livré une image esthétisante à la Visconti à un public d’esthètes qui, avant de réserver sa visite, s’assure qu’il s’agit bien du lieu de tournage du long-métrage », raconte Giulia Facchini, responsable des expositions à la villa. De quoi détourner, un peu, le flot de touristes de la Toscane ?

        Lire aussi :
         

                « Call Me by Your Name » : entre ombre et secret, l’été amoureux de deux garçons






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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ En compétition, le cinéaste coréen Lee Chang-dong met en scène l’apprentissage douloureux d’un écrivain.
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Cannes 2018 : « Burning », la brûlure de l’imaginaire

En compétition, le cinéaste coréen Lee Chang-dong met en scène l’apprentissage douloureux d’un écrivain.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h21
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
C’est un étrange phénomène qui frappe la compétition cannoise. Les femmes foulent le tapis rouge en masse, le rang du jury qui attribuera la Palme d’or compte une majorité de jurées, dans les salles de conférence, on réfléchit sur les moyens d’atteindre la parité entre genres en matière de subventions. Et, à l’écran, les femmes disparaissent. Il y eut d’abord la jeune actrice iranienne de Trois visages, puis la beauté californienne d’Under the Silver Lake. Voici enfin Haemi (Jun Jong-seo), qui danse à la porte des ­solderies de Séoul pour attirer le chaland et se payer des cours de mime. C’est elle qu’escamote Lee Chang-dong dans Burning, projeté mercredi 16 mai. C’est à sa recherche que se lance Jongsu (Yoo Ah-in), fils d’éleveur de vaches, aspirant écrivain, figure centrale de ce beau récit d’apprentissage qui court pendant deux heures vingt-huit sur la frontière entre la réalité et l’illusion. On y retrouvera l’intensité et la gravité que l’on ­connaît à l’auteur de Poetry. S’y mêlent cette fois une fantaisie, un humour, dont il faut peut-être chercher l’origine du côté d’Haruki Murakami, auteur de la nouvelle dont est inspiré le scénario.
Située au Japon, très courte (bien plus que le scénario de Burning), celle-ci s’appelait Les Granges brûlées et a été publiée en France, en 1998, dans le recueil L’éléphant s’évapore (réédité chez Belfond). Lee Chang-dong a transformé les granges nippones en serres, ces demi-cylindres tendus de plastique jonchant la campagne coréenne. Lors d’une conversation qui sert de pivot au film, Ben (Steven Yeun) apprend à Jongsu qu’il a pour hobby d’incendier une de ces structures tous les deux mois.
« Le monde est pour moi un mystère »
Ben est un garçon à la beauté étrangement impersonnelle qui a ravi Haemi à l’affection de Jongsu, dont il est l’aîné d’une dizaine d’années. La jeune fille a rencontré son nouvel amant lors d’un voyage dans le désert de Kalahari. Lorsque Jongsu est allé l’attendre à l’aéroport, elle a débarqué au bras de Ben. Le beau gosse, qui roule en Porsche et habite à Gangnam (le quartier huppé chanté par Psy), tolère tout à fait la présence de son cadet. Celui-ci, qui vient de finir ses études, partage son temps entre Séoul, où il est livreur, et Paju, où il doit s’occuper de la ferme que son père a laissée à l’abandon après son arrestation.
Quand Haemi disparaît, Jongsu la cherche autant parce qu’il l’aime que parce qu’il veut donner un sens à leurs existences
Lee Chang-dong, qui n’avait pas tourné depuis Poetry, Prix du scénario à Cannes, en 2010, déploie tous ces éléments avec une science du rythme qui donne à ces éléments triviaux une ampleur dont on prend progressivement conscience. Jongsu apparaît d’abord comme un garçon pas très bien dégrossi, mais une série d’échanges, avec Haemi, avec l’avocat qui tente de défendre son père, incarcéré après une altercation avec un policier, le transforme insensiblement en pèlerin lancé dans une quête dont le but reste obscur : « Le monde est pour moi un mystère », avoue-t-il à un groupe d’amis très chics de Ben.

   


A la révélation de la pyromanie de Ben, il répond par une enquête serrée dans la campagne entourant sa ferme, puisque son ami lui a dit que la prochaine serre brûlée le serait aux abords de celle-ci. Et quand Haemi disparaît du jour au lendemain, au moment même où devait flamber la serre, Jongsu la cherche autant parce qu’il l’aime que parce qu’il veut donner un sens à leurs existences.
Imaginaire et idéal
Commencé dans une lumière automnale, le film s’enfonce dans l’hiver. Pour retrouver Haemi, Jongsu ne dispose que des bribes de récit qu’elle a laissé échapper pendant leur brève liaison. La jeune fille l’a d’abord impressionné en mimant l’épluchage et la consommation d’une mandarine. Cette scène charmante est la matrice du film : la mandarine n’existe que parce que Haemi en a décidé ainsi et qu’elle est douée d’assez de talent pour faire admettre cette décision à ceux qui l’entourent. Haemi est une artiste. Jongsu ne l’est pas encore et, en même temps qu’il cherche son amie disparue, il lui faut décider du récit de sa disparition, devenir un auteur de fiction. Une fiction assez proche de la réalité pour ne pas nier celle-ci, assez nourrie d’imaginaire et d’idéal pour donner un sens aux faits.
Pour Lee Chang-dong, homme politique (il a été ministre de la culture de son pays, avant d’être placé sur la liste noire des personnalités culturelles, établie par le régime de la présidente Park, récemment chassée du pouvoir), ces faits ont pour nom chômage des jeunes, division de la Corée (la ferme de Jongsu est située sur le 38e parallèle). Leur brutalité, tout comme celle de la lumière hivernale qui, peu à peu, envahit Burning, jusqu’à sa conclusion brutale et virtuose, ne contredit pas la nécessité de la dimension imaginaire ; elle la conforte.

Film coréen de Lee Chang-dong. Avec Yoo Ah-in, Jun Jong-seo, Steven Yeun (2 h 28). Sortie en salle le 29 août. Sur le Web : diaphana.fr/film/burning



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Dans la section Un certain regard, Valeria Golino suit avec une tendresse infinie deux frères, dont la maladie de l’un les conduit à se rapprocher.
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Cannes 2018 : « Euforia », le bonheur d’être deux

Dans la section Un certain regard, Valeria Golino suit avec une tendresse infinie deux frères, dont la maladie de l’un les conduit à se rapprocher.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h50
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
En 2013, Valeria Golino, ­actrice de plus de soixante-dix rôles, passait réalisatrice avec un premier film, Miele, qui fut présenté à Cannes : l’histoire d’une jeune femme qui aidait, dans le secret, des malades à mourir. En 2018, l’Italienne revient au Festival pour son deuxième long-métrage, Euforia, sélectionné dans Un certain regard, la même catégorie que le précédent. Le récit, cette fois, de deux frères aux personnalités très différentes, que la maladie de l’un va conduire à se rapprocher et à mieux se connaître.
C’est dire si la mort apporte son ciment aux débuts derrière la ­caméra de Valeria Golino. Il ne faut cependant pas s’y méprendre. Le thème, si grave soit-il, ne sert pas de ferment à une quelconque tristesse larmoyante. Il est, au contraire, le prétexte à une accélération de la vie, dans ce qu’elle peut contenir de meilleur. Elle met en scène, dans Miele et Euforia, cette urgence à laquelle oblige la fin proche.

   


Matteo (Riccardo Scamarcio) et Ettore (Valerio Mastandrea) en font l’expérience, qui sont amenés à se retrouver après des années gâchées à s’éloigner l’un de l’autre. Et pour cause. Enfant de la dolce vita, Matteo vit à Rome, où, devenu entrepreneur à succès, il se dépense sans compter dans les fêtes, le sexe, l’alcool et la cocaïne. Ettore, lui, professeur de collège, n’a jamais quitté la petite ville de province où ils sont nés. Le premier est aussi flambeur et hâbleur que le second est modeste et discret. Pourtant, quand Matteo apprend qu’Ettore est atteint d’une tumeur au cerveau, il n’hésite pas à l’héberger, mettant tout en œuvre pour cacher à son frère et à toute la famille la gravité de la situation : Ettore n’a plus que quelques mois à vivre.

Choc des cultures
L’arrivée de ce dernier dans le grand appartement de Matteo – design dernier cri, tableaux et objets d’art, équipement haute technologie – indique qu’il y a choc des cultures, la silhouette pudique et prudente d’Ettore semblant passer comme une ombre dans ce décor aux murs d’une blancheur immaculée. Un cadre luxueux dont le pendant austère nous apparaîtra plus tard, dans les chambres et les salles d’examen de l’hôpital où la haute technologie aura pour usage, non plus la mise en route de jeux vidéo, mais la détection des cancers. Ettore y aura toujours l’air d’une ombre.

Héritiers d’une enfance complice, Matteo et Ettore finissent par s’abandonner aux confidences, partager des rires, partir en escapade
Quand son frère arrive, Matteo demeure fidèle à ce qu’il est, décide de tout, prend en charge les affaires courantes. L’autre rechigne, veut qu’on lui foute la paix. Héritiers d’une enfance complice dont ils gardent le souvenir, les frangins finissent cependant par s’abandonner aux confidences, partager des rires, partir en escapade. Chacun essayant d’entrer dans l’univers de l’autre, avec ­maladresse ou de manière fallacieuse. Ettore en s’achetant une montre hors de prix sur l’argent de Matteo. Matteo en ingérant des médicaments prescrits à Ettore ou en se faisant opérer des… mollets (qu’ils jugent trop fins). Ces tentatives de rapprochement modulent le ton du film, produisent une variété d’inflexions qui, si diverses soient-elles, demeurent dans une légèreté égale, tant dans l’émotion que dans la drôlerie.

   


Ce pas de deux que jouent les deux personnages principaux du film, Valeria Golino le tient sans jamais lâcher ses acteurs, qu’elle escorte au plus près en plans serrés, les séparant par des champs-contrechamps ou les réunissant dans le cadre, sans jamais en juger aucun, ou préférer l’un à l’autre. Ces deux frères – sur lesquels la réalisatrice pose un regard d’une infinie tendresse, relayé par une mise en scène classique – sont inséparables. « Et si tu n’existais pas/Dis-moi pourquoi j’existerais/Pour traîner dans un monde sans toi/Sans espoir et sans regret. » La ­bande-son de la chanson fredonnée par Joe Dassin au tout début du film (et qui reviendra de façon plus cocasse ensuite) ne dit pas autre chose.

Film italien de Valeria Golino. Avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari (2 heures). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.paname-distribution.com et www.festival-cannes.com/fr/festival/films/euforia



                            


                        

                        

