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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Rappeur emblématique des années 1990, Passi remonte sur scène avec le Secteur Ä à l’occasion d’une tournée en France.
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Passi : « Il faut rendre à l’Afrique ses mélodies de noblesse »


Propos recueillis par                                            Coumba Kane et 
                            Emile Costard




LE MONDE
              datetime="2018-05-18T17:46:54+02:00"

        Le 18.05.2018 à 17h46






Durée : 04:40 | 

Après vingt ans d’absence, le collectif de rappeurs Secteur Ä remonte sur scène. Passi, Stomy Bugsy, Doc Gynéco et Pit Baccardi ont marqué toute une génération à la fin des années 1990. Fondé en 1995, le Secteur Ä a vendu au moins 6 millions d’albums et s’est imposé comme un collectif incontournable du rap français. En tournée dans toute la France et à Paris le 22 mai, ils réinterprètent les titres qui les ont rendus célèbres, comme « Les Flammes du mal », « Une affaire de famille » ou « Le Bilan ». Pour Le Monde Afrique, Passi et Pit Baccardi reviennent sur leur carrière, l’évolution du rap et la situation dans les quartiers populaires.


                

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Narrée à plusieurs voix, la saison 2 de la série manque du piquant qui l’avait jusqu’alors rendue si prenante (sur Netflix à la demande).
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TV – « 13 Reasons Why », une quête de vérité sans charme

Notre choix du soir. Narrée à plusieurs voix, la saison 2 de la série manque du piquant qui l’avait jusqu’alors rendue si prenante (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Netflix à la demande

« Je vais vous raconter l’histoire de ma vie, plus particulièrement pourquoi elle s’est terminée. » C’est par cette phrase qu’Hannah Baker, 17 ans, ouvre 13 Reasons Why, une série de ­Netflix devenue, en 2017, immédiatement un phénomène auprès des jeunes. Lorsque nous entendons Hannah, l’adolescente est, en fait, déjà morte : ses mots ­sortent d’un petit magnétophone grâce auquel elle a enregistré, sur treize cassettes destinées à treize personnes de son lycée, les ­raisons qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours – du harcèlement mesquin de l’un au silence coupable d’un autre, des accusations de « pute » d’un groupe malfaisant jusqu’au viol.
Touchante et habilement construite, mais aussi réaliste lorsqu’elle filme Hannah s’ouvrant les veines dans sa baignoire dans le dernier épisode de la saison 1, 13 Reasons Why avait ému bon nombre d’experts, inquiets de l’« exemple » que pourraient y voir des ados perturbés. Netflix avait été prise de court par son succès. Aussi, cette fois-ci, la plateforme a mis en place tout un ­ensemble de mesures de prévention : un guide de discussion ­parents-enfants, un numéro d’appel, un débat sur le suicide, etc. Ce qui n’a pas empêché des professionnels de la santé, en Angleterre, de regretter que cette saison 2 sorte en pleine période des examens, époque où les ados sont particulièrement fragilisés. Nul suicide, pourtant, lors de cette saison-ci. 13 Reasons Why continue de traiter des questions de violences sexuelles et du viol, du harcèlement entre jeunes et, surtout, de la notion de consentement.
Dilemme
L’heure de la réflexion a sonné, d’autant que s’ouvre, cinq mois après le suicide d’Hannah, un procès à l’initiative de ses ­parents, amenant les personnages impliqués dans les cassettes à ­venir ­témoigner à la barre. Obéir à la loi du silence ou rétablir des ­vérités cachées par Hannah, ­révéler des faits impliquant ses ­camarades ou mentir, chacun ­devra choisir.
Moins bien rythmée, agencée et montée maintenant qu’elle n’a plus le roman de Jay Asher pour support, cette deuxième saison, qui n’avait nul besoin de se dérouler sur treize épisodes, a perdu à peu près tout le mordant qui ­faisait son charme.
13 Reasons Why, saison 2, série créée par Brian Yorkey. Avec Dylan Minnette, Katherine Langford, Alisha Boe, Christian Navarro (EU, 2018, 13 × 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A écouter. Un podcast du magazine sportif traite, sur un ton décalé, de l’actualité du ballon rond.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Football Recall », l’esprit « So Foot »

A écouter. Un podcast du magazine sportif traite, sur un ton décalé, de l’actualité du ballon rond.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h00
    |

            Mustapha Kessous








                        



   


Tous les passionnés de ballon rond vous le diront : le football est un sujet éminemment sensible. Combien de couples ou de familles se sont déchirés autour d’une action litigieuse ou d’un match ardemment disputé ? Combien de nations se sont affrontées – pas toujours de la plus honnête des manières – pour obtenir le droit d’organiser le Mondial, la plus regardée des compétitions sportives au monde ? Le foot est une affaire trop sérieuse pour supporter le moindre sarcasme. Comme le relevait, avec justesse, Bill Shankly, entraîneur mythique de Liverpool (1959 à 1974) : « Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est beaucoup plus que ça. » Pourtant, depuis janvier, « Football Recall » démontre que l’on peut traiter de cette discipline en alliant rigueur de l’analyse, légèreté et dérision.
Un humour proche de l’absurde
Diffusé chaque mercredi sur la plate-forme musicale Deezer et le site du magazine So Foot où officient ses deux animateursThomas Bohbot et Matthieu Deprieck, cette émission proposée sous la forme de podcast « prend les matchs avant les autres ». En d’autres termes, anticipe les différents événements footballistiques à venir. De la Ligue 1 à la Ligue 2 en passant par tous les championnats européens sans oublier les grandes compétitions comme la Ligue Europa ou la Ligue des champions, l’émission croque l’actualité avec un ton décalé et un humour proche parfois de l’absurde. Pour s’en convaincre, il suffit de lire l’intitulé des podcasts : « Neymar, kebab avarié et Arabie saoudite », « Slip, Escobar et les dangers de la série A », ou encore, « Real-PSG, comment Paris a tué mon couple et le Barça écossais ».
Accompagnés de deux autres journalistes, les chroniqueurs de « Football Recall », amoureux immodérés du cuir, débattent du jeu comme s’ils se trouvaient accoudés à la buvette du stade Saint-Symphorien, temple du FC Metz. Lorsqu’on les écoute, on les imaginerait volontiers tenant d’une main un sandwich merguez, de l’autre, une petite mousse. Mais que l’on ne s’y trompe pas, « Football Recall » ne relève pas du simple propos de comptoir, bien au contraire…
Petite plage récréative
Les sujets abordés dans les différentes émissions prennent un angle aussi sportif que sociétal. Comme lorsque Thomas Bohbot et Matthieu Deprieck retracent le parcours d’un jeune réfugié soudanais résidant à Montreuil (Seine-Saint-Denis) qui fut footballeur professionnel dans son pays ; ou qu’ils rappellent cette époque, désormais révolue, où un footballeur français signait un « contrat à vie » avec son club ; ou encore, plus près de nous, lorsqu’ils racontent l’histoire de Jonas Hector, cet international allemand, présélectionné pour le Mondial en juin, qui a choisi de prolonger son contrat avec Cologne, alors que l’équipe vient d’être reléguée en deuxième division.
Ce programme d’une demi-heure sait aussi offrir aux auditeurs une petite plage récréative avec un jeu fondé sur des devinettes. Exemple : « Qui est ce joueur, pourtant né en 1972, dont on pourrait se dire qu’il a connu tous les présidents français, de René Coty à Jacques Chirac ? » Réponse : Grégory Coupet. Si les fins connaisseurs du ballon rond feront leur miel de cette émission au ton décalé, qui informe et divertit, en revanche – et c’est sa faiblesse –, les non-initiés risquent de se sentir perdus.
Football Recall, en podcast sur Deezer ou sur le site So Foot, présenté par Thomas Bohbot et Matthieu Deprieck (chaque mercredi, 36 min.).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Don Quichotte » de Terry Gilliam autorisé à sortir en salles en France samedi

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h14
   





                        


L’Homme qui tua Don Quichotte, de l’ex-Monty Python Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique, sortira bien dans les salles françaises samedi 19 mai, selon une décision de la justice française rendue vendredi.
Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film et, par conséquent, l’interdiction de sa sortie en salles, au motif qu’il estime avoir les droits sur ce long-métrage avec sa société Alfama Films.
« C’est une grande victoire, nous sommes très heureux et très soulagés », a réagi Me Christophe Ayela, avocat de la société Star Invest Film, qui distribue le film en France.
L’Homme qui tua Don Quichotte, qui sera également projeté samedi soir en clôture du Festival de Cannes en présence de Terry Gilliam, pourra donc également être enfin vu par les cinéphiles dans deux cent vingt-cinq salles de l’Hexagone. Traînant une réputation de film maudit, Don Quichotte a mis plus de vingt ans pour aboutir.
Pour Terry Gilliam, 77 ans, victime d’un petit accident vasculaire il y a deux semaines mais remis sur pied et déjà présent à Cannes, c’est une deuxième victoire judiciaire. Le 10 mai, le Centre national du cinéma avait déjà décidé d’attribuer un visa d’exploitation en salles à ce film. Cette décision faisait suite à celle du tribunal de grande instance de Paris la veille d’autoriser le Festival de Cannes à diffuser au public le film de Terry Gilliam en clôture de sa 71e édition.

        Lire aussi :
         

                Pour « Don Quichotte », le projet fou de Terry Gilliam, la malédiction continue



Un contentieux qui a plus d’un an
Le producteur Paulo Branco a acheté les droits d’auteur-réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, Terry Gilliam s’était tourné vers d’autres producteurs, dont Kinology.
C’est avec ces producteurs que le cinéaste a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017, pour 16,3 millions d’euros, mettant fin, croyait-il, à vingt ans de malédiction d’un film tourné dans des conditions dantesques il y a vingt ans et resté inachevé jusqu’en 2017.
Si elle vient d’essuyer deux revers, la société Alfama Films a remporté trois premières victoires judiciaires, dont une très importante sur le fond, en mai 2017, quand un juge lui a donné raison en première instance sur les droits de ce long-métrage. Un jugement en appel est attendu le 15 juin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ A écouter cette semaine : un coffret festival consacré au compositeur de « West Side Story » , un saxophoniste finlandais dans le mouvement, de la pop vaporeuse…
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Sélection albums : Leonard Bernstein, Timo Lassy, Beach House…

A écouter cette semaine : un coffret festival consacré au compositeur de « West Side Story » , un saxophoniste finlandais dans le mouvement, de la pop vaporeuse…



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h23
   





                        


Leonard Bernstein The Complete Naxos Recordings Divers solistes et orchestres sous la direction de Marin Alsop

   


Publiée à l’occasion du centenaire de la naissance de Leonard Bernstein (1918-1990), cette compilation s’apparente moins à un hommage (concept trop clean pour coller à la personnalité du charismatique « Lenny ») qu’à un festival (avec ses audaces et ses impasses) consacré au compositeur de maintes partitions autres que le célèbre West Side Story. Par exemple, trois symphonies (la poignante no 1 « Jeremiah », la kaléidoscopique no 2 « The Age of Anxiety », la vertigineuse no 3 « Kaddish ») inspirées par la question de la foi, tout comme la spectaculaire « Mass », son chef-d’œuvre, créée en 1971 dans une perspective de décloisonnement qu’envisage à la même époque l’Allemand Hans Werner Henze dans son cycle Voices. Disciple (au sens quasi mystique du terme) de Bernstein, Marin Alsop restitue parfaitement la finesse et la vitalité d’une musique dans laquelle se déploie toute l’Amérique du XXe siècle, d’Aaron Copland à John Adams. Comme son mentor – dont les extraordinaires interprétations de Mahler et de Sibelius balisent le DVD d’accompagnement –, la chef new-yorkaise possède le don du partage. Pierre Gervasoni
1 coffret de 8 CD + 1 DVD Naxos.
Timo Lassy Moves

   


Depuis une dizaine d’années le saxophoniste finlandais Timo Lassy est à la tête d’un quintette de belle tournure, dont la musique trouve ses sources dans le jazz des années 1950-1960, plutôt hard-bop, avec des virées vers les musiques afro-cubaines, une influence soul jazz. Pour Moves, ce sixième album en leader, Lassy – dont le phrasé, la sonorité, le développement lyrique s’inscrivent dans la lignée de Cannonball Adderley et de John Coltrane – et ses compagnons sont rejoints sur une partie des douze compositions par le Ricky-Tick Big Band Brass, ensemble de trompettistes et trombonistes, dans le rôle d’une section de vents de big band, qui surligne, amplifie les lignes mélodico-rythmiques, plus que d’une fanfare. La qualité des interprètes, l’écriture qui favorise la lisibilité, la pulsation swing de bout en bout et le va-et-vient entre grande formation (Q & A, Lashes, Northern Express…) et quintette dans la première partie de l’album concourent à la réussite de cet album. Sylvain Siclier
1 CD Must Have Jazz-Membran.
Beach House 7

   


Le duo de Baltimore, Victoria Legrand (chant, claviers) et Alex Scally (guitare), creuse avec élégance depuis douze ans le sillon d’une pop vaporeuse et minimaliste – dream pop pour les initiés. Après avoir publié successivement deux albums en 2015, puis une compilation de faces B et raretés en 2017, un cycle artistique a pris naturellement fin. Pour 7, la formation emmenée par la nièce du compositeur Michel Legrand a bousculé ses automatismes en rompant sa longue collaboration avec le producteur Chris Coady au profit du sorcier psyché Peter Kember alias Sonic Boom. L’enregistrement s’est échelonné sur onze mois pour aboutir à ce disque à l’esthétique léchée, tout en clair-obscur, usant moins systématiquement des effets réverbérés sur la voix et des guitares cotonneuses d’Alex Scally. Un renouvellement bienvenu, notamment sur les nappes synthétiques grandioses de Pay No Mind, le romantique Lose Your Smile avec ses délicats arpèges acoustiques ou l’hypnotique Dive. Revigoré, Beach House renoue avec la grâce de Teen Dream (2010) et Bloom (2012), qui avaient marqué les esprits. Franck Colombani
1 CD Bella Union/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le collectif de musiciens originaire de Toulouse sort son nouvel album « Déja-vous ? », enregistré lors de concerts.
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Aquaserge, ce groupe « jamais à la bonne place »

Le collectif de musiciens originaire de Toulouse sort son nouvel album « Déja-vous ? », enregistré lors de concerts.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h17
    |

            Sylvain Siclier (Rochefort (Charente-Maritime), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur la scène du Théâtre de La Coupe d’or, à Rochefort (Charente-Maritime), superbe salle à l’italienne, un imposant ensemble de voix, vents, guitares, claviers et batterie a rejoint, pour deux interprétations, le groupe Aquaserge, le 15 mai. Des collégiens, élèves de classes de musique, quelques adultes, certains qui travaillent à la fonderie de la ville. Avec eux, C’est pas tout mais et Charme d’Orient, qui termine la soirée, ont pris ampleur et reliefs. A l’issue du concert, la bassiste Audrey Ginestet, ravie, verrait bien cet Aquaserge de grande proportion revivre dans le futur.
Formé en 2005 par le claviériste et chanteur Julien Gasc, le guitariste et chanteur Benjamin Glibert et le batteur Julien Barbagallo, Aquaserge est devenu quintette en 2008 avec l’arrivée d’Audrey Ginestet et de la clarinettiste Manon Glibert. Depuis 2015, il prend le plus souvent possible pour les concerts et enregistrements la forme d’un octet avec le trompettiste Sébastien Cirotteau et les saxophonistes Robin Fincker et Olivier Kelchtermans. Au poste de batteur, depuis 2016, Julien Chamla. Cet octet tourne ces jours-ci et figure dans l’album Laisse ça être, publié en 2017 par Almost Musique/Crammed Discs, comme le récent Déja-vous ?, enregistré lors de concerts.

La musique d’Aquaserge ? « A cheval sur plein de styles, ou plus exactement notre style n’existe pas, il est ailleurs », résume Audrey Ginestet, avec l’approbation de Benjamin Glibert et Julien Chamla, tous trois rencontrés dans l’après-midi, à une terrasse de la place Colbert, proche du théâtre. Cet « ailleurs » agrège du rock et du jazz, plutôt dans un style progressif-expérimental, des chansons pop bizarres, des mélodies à l’évidente émotion, des constructions polyrythmiques savantes.
« Ne pas cloisonner les genres »
En inspirations et sources possibles, les harmonies vocales des Beach Boys – passion de Julien Gasc – autant que les vocalises...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le long-métrage de David Leitch offre un bain de fraîcheur à l’intérieur du paysage ultra-formaté du film de super-héros hollywoodien.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

« Deadpool 2 » : blockbuster drôlement dégénéré

Le long-métrage de David Leitch offre un bain de fraîcheur à l’intérieur du paysage ultra-formaté du film de super-héros hollywoodien.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h48
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Deux ans après le succès public du premier Deadpool, pastiche irrévérencieux des films de superhéros hébergé par l’écurie Marvel, on pouvait s’attendre à ce que Deadpool 2 soit frappé de la malédiction du deuxième volet : la volonté de surfer sur un premier succès invitant inévitablement à se reposer sur ses lauriers sans réussir à relancer l’effet de surprise. Après avoir dynamité à coup de lance-flammes postmoderne tous les codes du film de superhéros, on se demande bien ce que Deadpool 2 pouvait bien dézinguer. Si l’entreprise pouvait paraître nauséeuse à force de ricanements et de clins d’œil c’est pourtant cet excès qui faisait le charme d’un premier volet.

        Lire la critique de « Deadpool » :
         

          Un super-héros à hauteur de braguette



On avait donc laissé Wade Wilson (Ryan Reynolds, également crédité au scénario), antihéros sardonique et invincible, filer le parfait amour avec sa bien-aimée Vanessa (Morena Baccarin). Heureux et amoureux, les deux tourtereaux projettent au début du film de fonder une famille, mais c’est sans compter la mort brutale de Vanessa qui provoque le début des festivités.
On peut tenter de ainsi résumer l’avalanche de péripéties qui suivra : il est question de faire dévier le cours du destin d’un enfant mutant et d’embaucher pour cela une équipe de bras cassés dans laquelle figure une femme dont l’unique superpouvoir consiste... à avoir de la chance. Le tout étant abondamment saupoudré de méchants, de blagues potaches et politiquement incorrectes et des incontournables scènes de pyrotechnie numérique.
Un anti-manuel jouissif du parfait scénariste
Faisant un pas de plus vers la surenchère visuelle et scénaristique, Deadpool 2 assume avec beaucoup de décomplexion son aspect de bric-à-brac sans queue ni tête. Et si Deadpool lui-même, façon personnage de Tex Avery, aime à évoquer les pannes d’inspiration des scénaristes où les substances consommées pendant leur séance d’écriture, c’est qu’on a soi-même le sentiment d’avoir la tête plongée, au choix, dans un bain d’images hallucinogènes ou dans une sorte de décharge où s’accumuleraient toutes les idées les plus folles et inutilisables des script doctors.
Deus ex machina à répétition, mépris pour la moindre idée de vraisemblance dramatique, désamorçage permanent de toute situation un tantinet sérieuse : Deadpool 2 est un anti-manuel jouissif du parfait scénariste. Qu’un objet aussi foutraque et dégénéré puisse exister à l’intérieur du paysage ultra-formaté du blockbuster hollywoodien ne pouvait que le rendre attachant.

Film américain de David Leitch. Avec Ryan Reynolds, Josh Brolin, Morena Baccarin (2 heures). Sur le Web : www.deadpool2imax.com et www.facebook.com/DeadpoolFR



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Avec sa voix formée par le chant lyrique, la chanteuse renouvelle la variété de haut vol. Elle est en concert à Belfort, les 18 et 19 mai.
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Le jazz de toutes les couleurs de Marie Mifsud

Avec sa voix formée par le chant lyrique, la chanteuse renouvelle la variété de haut vol. Elle est en concert à Belfort, les 18 et 19 mai.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h13
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Courant avril, la chanteuse tout terrain Marie Mifsud se produisait au Café Jazz Montparnasse. Le Café Jazz Montparnasse, toujours au 13 de la rue du Commandant-René-Mouchotte (Paris-14e) est la version 2 du légendaire Petit-Journal Montparnasse. Peau neuve, remise en valeur des volumes par la clarté des teintes, cuisine très convenable, on n’a évidemment pas modifié le bar de 27,42 m de long.
Ici, pas de droit d’entrée : on peut simplement prendre un verre, l’établissement ferme à 2 heures. Vu les dimensions et le mobilier, la programmation ne peut qu’être variée. Du « jazz » de toutes les couleurs, certes, mais aussi, dérivés, mitoyens, variété de haut vol et transgenres. Exemple, l’excellent saxophoniste Jean-Michel Proust, le 18 mai, et son programme Flying Home, ou Sanseverino, le 19. Vu ?
La ligne A du métro monte à Harlem
Courant avril, sur la scène de ce presque nouveau lieu, plus qu’un club et moins qu’une salle, Marie Mifsud. Celles, ceux qui suivent le festival de Crest, début août, ou les sessions du Sunset/Sunside et autres lieux homologués du jazz, la connaissent. Curieusement, elle est au cœur d’un genre dont elle s’évade aussitôt. Phrasé, mise en place, tempo, rien à redire. Sa voix, ses voix plutôt, ont tout ce qu’il faut. Sa voie ? Le temps le dira.
Sa chanson Mais qu’est-ce que c’est que ça ? (Mais kèskecéksa ?) a tout pour faire un de ces tubes d’un genre pas si facile, le cocasse. Mais elle sait aussi bien prendre Duke Ellington’s Sound of Love (Mingus) ou Señor Blues (Horace Silver), avec pertinence et le même entrain que Take The A Train. Take The A Train ? L’indicatif de l’orchestre d’Ellington composé par son alter ego, ce génie fragile, Billy Strayhorn. Comme souvent, on ne va pas chipoter, l’arrangement tchou-tchou qui prend le titre en faux ami. Ce qui n’est pas sympa pour Strayhorn. Le A Train, ce n’est pas la Pacific 231 revue et corrigée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Mise en scène par José Padilha et produite par la plateforme américaine, la série brésilienne « O Mecanismo » s’inspire du scandale de corruption qui a provoqué la chute du président Lula da Silva. La classe politique la déteste.
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Petrobras, une affaire à suivre sur Netflix


                      Mise en scène par José Padilha et produite par la plateforme américaine, la série brésilienne « O Mecanismo » s’inspire du scandale de corruption qui a provoqué la chute du président Lula da Silva. La classe politique la déteste.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h58
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








   


Depuis sa cellule de la prison de Curitiba, Luiz Inácio Lula da Silva n’a pas regardé un seul épisode mais a promis de traîner Netflix devant les tribunaux. L’ancien chef d’Etat brésilien, figure de la gauche qui purge une peine de douze ans pour corruption, déteste O Mecanismo, une série Netflix diffusée depuis le 23 mars. Mise en scène par José Padilha, Brésilien installé à Hollywood (réalisateur des deux volets de Troupe d’élite, du récent Otages à Entebbe et de la série Narcos), elle s’inspire des péripéties de l’enquête anticorruption Lava Jato (« lavage express »), qui depuis quatre ans dénoue un écheveau crapuleux fomenté par le gratin des affaires et de la politique brésilienne.
En préambule, les auteurs de la série précisent même qu’il s’agit d’« une œuvre de fiction librement inspirée de faits réels où les personnages, situations et autres éléments ont été adaptés pour un effet dramatique ». Lula n’est pas le seul à détester O Mecanismo. Kim Kataguiri, porte-parole junior de la droite dure (il a 22 ans) juge l’ensemble « caricatural » et fustige la thèse « rousseauiste » des auteurs. Il est à parier qu’Aécio Neves, opposant de centre droit au Parti des travailleurs de Lula, lui aussi soupçonné de « corruption passive » et d’« obstruction à la justice », a également peu goûté d’y être dépeint en dandy frivole et comploteur.
Un brin de machiste
Pleine de rebondissements, de suspense, de poursuites en voiture et de bons sentiments, la série, même si elle est mâtinée d’un brin de machisme, se regarde avec un plaisir enfantin lorsqu’on est étranger. Pour un Brésilien, qui assiste depuis des années au naufrage de son propre pays, la série prend un tout autre relief. Il y reconnaît les protagonistes de la tragi-comédie réelle.

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                Brésil : la disgrâce d’un président



Il ricane devant la proposition de la présidente Janete Ruscov (inspirée de Dilma Rousseff) de « stocker le vent » (affirmation de Rousseff dans un discours à l’ONU en septembre 2015), soupire en voyant l’agent de change véreux Roberto Ibrahim (alias Alberto Youssef, homme d’affaires impliqué dans le scandale de Petrobras) confesser à ses avocats : « Si je parle, la République va tomber. » Il s’étrangle ensuite devant les propos de João Higino (Lula) : « Il faut éponger cette hémorragie. » Une phrase réellement prononcée, mais par l’un des ennemis de Lula, en plein avancement de l’enquête au sein de Brasilia, prélude à l’impeachment (destitution) controversé de sa dauphine, Dilma Rousseff, en 2016. « La phrase est trop célèbre, et la changer de bouche brouille la narration pour provoquer un bruit qui, au final, ne veut rien dire », a écrit au début de la diffusion la journaliste et critique Cora Rónai dans le quotidien O Globo, soulignant toutefois que la série mérite d’être vue.
« L’“effet dramatique” que Padilha offre à un pays dans lequel il ne vit plus est la voie royale vers le fascisme. » Antônia Pellegrino, scénariste
O Mecanismo se retrouve au cœur d’une bataille violente, où les « gauchistes », prêts à boycotter Netflix, affrontent les « fascistes » par voie de presse. « L’“effet dramatique” que Padilha offre à un pays dans lequel il ne vit plus est la voie royale vers le fascisme », écrit ainsi le 1er avril la scénariste Antônia Pellegrino dans la Folha de S.Paulo. « Des clichés du vocabulaire d’entraide d’une gauche prise la main dans le sac », lui a répondu quatre jours plus tard, dans le même quotidien, l’écrivain et réalisateur de documentaires Miguel de Almeida.
Mais le vrai propos de Padilha, même s’il n’est pas toujours exprimé avec finesse, est de s’attaquer au nihilisme. « La corruption est un cancer », explique le héros, Marco Ruffo, policier bipolaire. Un cancer dont les métastases auraient contaminé tout le pays. A Brasilia comme en province, chez les cols blancs comme chez l’épicier du coin, la corruption est partout, remarque Ruffo. Une dénonciation du jeitinho, cette façon brésilienne d’arranger le quotidien en glissant un petit billet par-ci, par-là. Une réalité que tout spectateur brésilien connaît, et qu’O Mecanismo lui rappelle sans détours.

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                Comprendre le scandale Petrobras qui secoue le Brésil






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Célie Pauthe met en scène « Bérénice » aux Ateliers Berthier, avec l’actrice Mélodie Richard.
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Théâtre : Racine et Duras sur les rivages de l’amour absolu

Célie Pauthe met en scène « Bérénice » aux Ateliers Berthier, avec l’actrice Mélodie Richard.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h01
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

On en voit trop peu, des spectacles comme ­celui-ci, qui mène vers les rivages raciniens avec une douceur, une profondeur calme et tranquille, loin des grandes orgues déclamatoires, des numéros d’acteurs souvent attachés à l’auteur français. C’est un Racine à la fois intime et vivant que mettent en majesté la metteuse en scène Célie Pauthe et sa magnifique actrice, Mélodie Richard (Le Monde daté 8 mai), avec cette Bérénice en état de grâce, visible aux Ateliers Berthier du Théâtre de l’Odéon jusqu’au 10 juin.
On y entre comme on entrerait dans un paysage palpitant de multiples correspondances imaginaires, historiques, littéraires, géographiques… Le plateau, pourtant, est d’une grande simplicité, mais, à l’image de l’ensemble du spectacle, d’une simplicité on ne peut plus pensée et raffinée. L’histoire de Bérénice et de Titus prend place dans un salon contemporain, ­envahi par un sable blanc comme de la poussière de marbre, et surmonté par un long voilage immaculé – scénographie aérienne ­signée par Guillaume Delaveau.

C’est sur cet écran frémissant au moindre souffle que Célie Pauthe inscrit d’emblée son projet : mettre en scène Bérénice, écrite par Racine en 1670, en regard avec un court-métrage méconnu de Marguerite Duras, Césarée, réalisé en 1979. Célie Pauthe est une grande lectrice de Duras : elle avait signé, en 2015, un très beau spectacle qui associait La Bête dans la jungle et La Maladie de la mort. C’est l’auteure de L’Amant qui l’a menée à Racine, elle qui l’aimait plus que tout.
A l’heure où cette épure tragique – une des plus belles, faut-il le rappeler, du classicisme français – commence, on est à Rome, en 79 de notre ère. Titus rentre de Judée, où il a écrasé la révolte des Juifs et détruit le temple de Jérusalem. Il va être proclamé empereur et doit épouser Bérénice, la reine de Judée, qui l’aime et qu’il aime, et qui l’a suivi à Rome.
Un triple...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. L’humoriste qui scrute le monde et ses travers, et dont rien ne semble arrêter l’ascension, boit le « jus du moment ».
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Un apéro avec Haroun : « Je ne cherche pas la révolte mais la prise de conscience »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. L’humoriste qui scrute le monde et ses travers, et dont rien ne semble arrêter l’ascension, boit le « jus du moment ».



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h51
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h41
    |

            Sandrine Blanchard








                              

                        

Haroun semble comme chez lui au bar de l’Hôtel Providence. L’humoriste choisit le coin salon – son préféré – et, à peine la serveuse arrivée, commande, en habitué, un « jus du moment ». Boisson saine pour garçon serein. Aux brasseries bruyantes des grands boulevards, Haroun préfère la tranquillité de ce lieu feutré, cossu et un brin rétro du 10e arrondissement parisien, niché derrière la porte Saint-Martin. Nous sommes à deux pas du Théâtre Le République, dont le jeune stand-upeur plus que prometteur est devenu, en quelques mois, l’un des piliers grâce au succès de son seul-en-scène. « Je navigue toujours dans ce coin de Paris. J’aime le calme et l’ambiance différente des bars d’hôtel avec ces voyageurs qui passent », dit celui qui a fait un tour du monde de neuf mois après avoir bouclé ses études dans une école de commerce et un mémoire de fin d’études consacré aux relations entre management et improvisation théâtrale.
Shows à thème
Haroun a tout du jeune homme de bonne famille élevé dans « une banlieue sympathique », côté vallée de Chevreuse, par des parents lecteurs de Télérama et qui l’ont toujours poussé à aller « vers le savoir ». Cheveux courts, lunettes sages, jean et polo bleu marine, baskets blanches immaculées, en entretien comme sur scène il ne se départ jamais de son flegme et d’un sourire en coin attachant. Tout est allé très vite pour ce trentenaire passionné d’écriture et amateur de Coluche et de Desproges qui, en 2015, décide de lâcher sa boîte de formation à Toulouse pour tenter sa chance à Paris. Un passage sur Rire & Chansons dans l’« Open du rire » a suscité l’intérêt des producteurs, un extrait filmé sur la scène du Jamel Comedy Club a cumulé en quelques semaines plus de 700 000 vues, et ses vidéos « Haroun casse la télé » – dans lesquelles il s’incruste à la place d’un Jean-Jacques Bourdin ou d’une Karine Le Marchand pour détourner les interviews de responsables politiques...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.
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La gazette de la Croisette : l’Anatolie de Nuri Bilge Ceylan, une mère kirghize et Gary Oldman

Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h27
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Le 71e Festival de Cannes atteint, en ce vendredi 18 mai, son dixième et dernier jour de compétition pour les films en lice pour la Palme d’or, avant la révélation du palmarès lors de la cérémonie de clôture samedi soir. Les deux derniers réalisateurs à présenter leurs longs-métrages sont le Turc Nuri Bilge Ceylan avec Le Poirier sauvage (Ahlat Agaci, The Wild Pear Tree) et le Kazakh Sergey Dvortsevoy avec Ayka (My Little One).
Nuri Bilge Ceylan est un habitué de la Croisette avec six participations à la compétition depuis 1995 (où il a présenté son court-métrage Koza) et de nombreuses récompenses : une Palme d’or pour Winter Sleep (en 2014) ; deux Grands Prix (pour Lointain [Uzak] en 2003 et Il était une fois en Anatolie [Bir zamanlar anadolu’da] en 2011) ; un prix de la mise en scène pour Les Trois Singes (Üç maymun) en 2008. Il a également été membre du jury des longs-métrages en 2009 et de celui de la Cinéfondation et des courts-métrages en 2004.
Il revient cette année avec un film d’une durée de 3 h 08 sur le périple d’un passionné de littérature, Sinan, qui a toujours voulu être écrivain et qui, de retour dans son village natal d’Anatolie, met toute son énergie pour trouver l’argent nécessaire pour être publié.

   


Face à lui, Sergey Dvortsevoy n’a qu’une seule participation à la compétition cannoise à son actif avec Tulpan en 2008 dans la section Un certain regard, mais elle a été couronnée du prix Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Après s’être intéressé dans Tulpan à la vie des bergers nomades dans la steppe kazakhe, il se penche, à travers le personnage d’Ayka, sur le destin des mères kirghizes qui viennent abandonner leurs enfants en Russie.
Pour voir un extrait du film Ayka, cliquer ici.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Quinzaine des réalisateurs, dont la sélection 2018 est analysée par notre critique Mathieu Macheret, Aureliano Tonet a rencontré l’acteur du film de Philippe Faucon, Amin, Moustapha Mbengue, au parcours étonnant de son Sénégal natal à Rome, où il vit désormais. Une rencontre plus dense que celle avec Vanessa Paradis, l’actrice du film de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur, organisée en pleine nuit après la projection du film en compétition.

Dans la section Un certain regard, Véronique Cauhapé a plutôt apprécié le quatrième long-métrage du cinéaste allemand Ulrich Köhler, In My Room, qui plonge son héros (interprété par Hans Löw) dans un monde post-apocalyptique, et le transforme progressivement de loser en Robinson.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 16 heures, le dernier des quatre rendez-vous avec des acteurs et des réalisateurs organisés par le 71e Festival de Cannes, donnera la parole à l’acteur et réalisateur britannique Gary Oldman. L’occasion de revenir sur sa carrière commencée en 1983 avec son premier grand rôle dans Meantime, de Mike Leigh.
A 16 h 30, sera dévoilé le palmarès de la section Un certain regard suivi par la projection du film primé.

        Lire la gazette de la Croisette (17 mai) :
         

          Un duel franco-libanais, le combat de Cédric Herrou et un premier palmarès






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.
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Mai 68 vu par les Jésuites

La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h34
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Pour son numéro de printemps, Etudes a toiletté sa formule. Afin de « gagner en clarté », la revue de « culture contemporaine » fondée en 1856 par des pères de la Compagnie de Jésus a modifié sa maquette. Comme chaque mois, la revue s’attarde sur des thématiques qui font écho à l’actualité : la place des religions dans le monde désormais sécularisé des relations internationales, la réforme des lois de bioéthique à l’heure de la ­ « transition individualiste », mais aussi l’incontournable anniversaire des 50 ans de Mai 68.
Pour fêter ce cinquantenaire, la revue jésuite s’est adressée à Dominique Julia, historien de l’Ancien Régime et de la Révolution. Dans le numéro de mai-juin 1968, ce jeune agrégé d’histoire, qui était alors assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, avait rédigé un article sur le mouvement étudiant. Cinquante ans plus tard, l’historien revient sur la place des chrétiens dans la révolte du joli mois de Mai. « Mai 68 n’a fait qu’accélérer leur immersion dans le siècle, fût-ce au prix d’un éloignement complet de l’institution. »
« Exil intérieur »
Les militants chrétiens qui ont participé à mai 1968, résume Dominique Julia, étaient « inaudibles en paroisse ». Un « exil intérieur » analysé, dès 1974, par Michel de Certeau, l’un des principaux animateurs de la revue Etudes, dans Le Christianisme éclaté (Seuil) : il soulignait alors, avec Jean-Marie ­Domenach, « le discrédit de l’institution ecclésiale, magistérielle ou sacramentaire, théologique ou liturgique », rappelle Dominique Julia. « Les engagements des militants chrétiens des années 1960-1970 se sont déplacés vers une action plus “sécularisée” », analyse l’historien.
Dans ce même numéro, l’ethno­psychiatre Tobie Nathan raconte sa jeunesse de lycéen situationniste, puis de militant maoïste. Etudiant en sociologie en 1968, il s’est retrouvé dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le film « Rien à perdre », qui raconte la vie du fondateur d’une Eglise évangélique, ne remplit pas les salles, mais est en tête du box-office. Des journalistes brésiliens soupçonnent son coproducteur d’avoir lui même acheté de nombreuses places.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Mais comment célébrer un créateur de jardins, comme Pascal Cribier ?, souligne Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.
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« Comment cultiver la mémoire d’un jardinier ? »

Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Mais comment célébrer un créateur de jardins, comme Pascal Cribier ?, souligne Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h19
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef)








                        



                                


                            

Chronique. Le jardinier Pascal Cribier est mort il y a deux ans et demi, et on ne s’en remet pas. Ils sont rares les artistes dont l’œuvre, la personnalité, les mots nous ont changés. Il a dessiné 180 jardins en France et à l’étranger. Lors de notre première rencontre, les premiers mots nous avaient tourneboulé : « Jardiner, c’est abîmer la nature. » Donc un jardin de Cribier ne ressemble pas à un jardin. Pas d’alignement au cordeau ni de collections de plantes. Il organisait le vivant, caressait le terrain, guidait le sauvage, jouait avec le climat et l’écoulement des eaux. Il créait des sentiments et des lumières, mariait les plantes avec une audace inouïe. Il avait du style et se foutait du style, ne se répétait jamais.
Ses jardins sont sans clôtures mentales, lui aussi. Il était à la fois architecte, botaniste, paysagiste, urbaniste. Il dessinait et grimpait aux arbres. Il dégageait une énergie folle. Il n’avait pas d’ordinateur ni de téléphone portable, travaillait avec des équipes légères. On ne l’appelait pas, on le rencontrait. Très beau avec son regard bleu éclatant, il vivait la semaine à Paris, jardinait le week-end, buvait du cola et du Condrieu, mangeait « gastro » et des bonbons chimiques.
On ne revient pas en arrière
Un tel profil soulève une question : comment cultiver la mémoire d’un jardinier ? Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Un jardinier, c’est compliqué. Il meurt, et ses créations aussi. Les plantes évoluent tout comme le goût. Ainsi les jardins sont le plus souvent des recréations, qui répondent à l’idée qu’on s’en fait, loin de ce qu’ils furent. « Giverny, par exemple, est devenu un jardin empaillé pour répondre au goût des Japonais », dit l’historienne et spécialiste des jardins, Monique Mosser.
Cribier poussait loin la conviction qu’on ne revient pas en arrière. Pour lui, tout jardin évolue ou meurt lentement, et cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Révélé par « Amin », de Philippe Faucon, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien et musicien sénégalais vit à Rome.
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Cannes 2018 : Moustapha Mbengue, acteur écartelé

Révélé par « Amin », de Philippe Faucon, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien et musicien sénégalais vit à Rome.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h57
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Difficile, devant la majesté de son port et de sa mise, d’imaginer que cet homme demanda l’aumône, dans une autre vie. Mardi 15 mai, une belle part de l’équipe d’Amin, de Philippe Faucon, est montée sur l’estrade de la Quinzaine des réalisateurs. Mais la salle n’a d’yeux que pour l’acteur principal, Moustapha Mbengue, et son élégante redingote rayée. Rebelote le lendemain, sur le toit cannois où le cinéaste et ses comédiens donnent leurs interviews : impossible de rater Moustapha, magnifique en boubou azur.

Cette superbe pourrait surprendre les connaisseurs de Philippe Faucon, qui, de Samia (2001) à ­Fatima (2015), se distingue par l’épure avec laquelle il portraiture les pluralités françaises. Mais elle sied comme un gant au Séné­galais, dont le parcours, depuis sa naissance en 1972, est scandé de coups d’éclat. C’est après en avoir visionné certains sur YouTube, où Moustapha dispose de sa propre chaîne, que le cinéaste a fait appel à lui : « En France, je ne trouvais pas d’acteur satisfaisant pour le rôle-titre. Ma directrice de ­casting s’est mise en relation avec des amis anglais, belges et italiens, qui nous ont transmis ses vidéos. Elles m’ont suffisamment interpellé pour que je le rencontre. »

Les images donnent la mesure des engagements du Sénégalais : danseur, chanteur et percussionniste pour diverses formations musicales – Africa Djembe, ­Tamburi di Gorée et Tam Tam Morolà, dont il est le flamboyant homme-orchestre – ; figurant pour l’opéra ou la télévision – les séries Provaci ancora Prof ! ou Chiaroscuro, avec Nino Manfredi – ; et, surtout, visage de la communauté sénégalaise en Italie, parlant au nom des siens dans les médias lors des manifestations qui ont suivi les meurtres racistes du 13 décembre 2011 et du 5 mars, à Florence.
Souvenir de tragédies
Une bonne moitié de notre entretien, réalisé dans un italien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’évolution de la filiale la plus rentable du groupe Vivendi était évoquée depuis deux ans. Aucun calendrier n’a cependant été fixé à ce stade.
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Feu vert à l’ouverture du capital d’Universal Music

L’évolution de la filiale la plus rentable du groupe Vivendi était évoquée depuis deux ans. Aucun calendrier n’a cependant été fixé à ce stade.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h50
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Le conseil de surveillance de Vivendi, réuni jeudi 17 mai, a donné son feu vert à « l’évolution possible de la structure actionnariale du capital » d’Universal Music Group (UMG). Le directoire du groupe désormais présidé par Yannick Bolloré va « étudier et réaliser les opérations juridiques » nécessaires à la mise en Bourse ou à l’arrivée de nouveaux actionnaires dans la filiale la plus rentable de Vivendi. Une étude, mais pas encore d’annonce. Le principe, évoqué depuis deux ans, est enfin acquis. Cependant, beaucoup d’interrogations demeurent.
La maison de Drake, Rihanna ou Kanye West représentait l’an dernier 45,6 % du chiffre d’affaires de Vivendi, mais surtout 77 % de ses bénéfices opérationnels
Le président du directoire, Arnaud de Puyfontaine, a reconnu qu’il n’y avait « pas de calendrier défini à ce stade ». Il s’est également déclaré « agnostique » et a dit avoir « l’esprit ouvert » quant à la forme que prendra cette ouverture du capital, sans écarter un seul schéma financier, sauf « une vente complète, qui n’est pas sur le radar ».
La maison de Drake, Rihanna ou Kanye West représentait l’an dernier 45,6 % du chiffre d’affaires de Vivendi, mais surtout 77 % de ses bénéfices opérationnels. Ce qui en fait « la » pépite du groupe. Pourquoi, dans ce cas, en céder une partie ? Les valorisations les plus élevées circulent depuis plusieurs mois dans le secteur de la musique.

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Grâce au streaming (l’écoute en direct sans téléchargement), cette industrie retrouve des couleurs après quinze années de marasme. Les dirigeants de Vivendi entendent en profiter. Et ce, en suivant l’exemple de Spotify, le numéro un mondial de la musique en streaming, qui a réussi son entrée en Bourse à New York le 3 avril, avec une valorisation de 29,5 milliards de dollars (24 milliards d’euros).

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Sujets moins réjouissants
« Nous espérons atteindre la meilleure valorisation possible (…), bien au-dessus de celle de Spotify », a confirmé Hervé Philippe, directeur financier de Vivendi, en rappelant qu’il y a quatre ans, UMG n’était valorisé « que » 7 milliards d’euros. Fin avril, Bruno Hareng, analyste chez Oddo, évaluait le numéro un mondial de la musique, devant Warner et Sony, à 17,8 milliards d’euros. Les autres estimations varient dans une fourchette comprise entre 18 et 30 milliards.
Si les concurrents ont tous cédé leurs parts dans Spotify pour arrondir leur trésorerie, UMG les conservera, pour profiter du potentiel de développement du groupe suédois, a précisé M. Puyfontaine.

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Chez HSBC, on n’exclut pas que la cession partielle d’UMG permette aussi de masquer d’autres sujets beaucoup moins réjouissants pour la direction de Vivendi, comme le bourbier italien autour de Telecom Italia, l’enquête sur des soupçons de corruption visant Vincent Bolloré en Afrique ou encore l’épineuse renégociation des droits de la Ligue 1 de football.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le quatrième long-métrage du cinéaste allemand plonge son héros dans un monde post-apocalyptique, où il apprend à survivre.
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Cannes 2018 : avec « In My Room », Ulrich Köhler transforme un loser en Robinson

Le quatrième long-métrage du cinéaste allemand plonge son héros dans un monde post-apocalyptique, où il apprend à survivre.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h36
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
Il faut reconnaître qu’Armin (Hans Löw), héros à la ­qua­rantaine triste du ­quatrième long-métrage d’Ulrich Köhler, In My Room, présente au premier abord une bonne allure de loser. En témoignent les ­premiers plans du film qui nous proviennent, en plans subjectifs, de la caméra du fameux Armin, en train de tourner pour une chaîne de ­télévision. Des images ni faites ni à faire dont le rythme convulsif et les va-et-vient du sol au ­plafond donnent le tournis. En mode pause quand il devrait ­enregistrer, et inversement, ­Armin ne s’en sort pas.
Un peu plus tard, après une ­sortie nocturne, une jeune fille ramenée chez lui qui semble dans de bonnes dispositions, le plante comme un pauvre hère. La suite n’est guère plus reluisante, qui le conduit chez son père, au chevet de sa grand-mère agonisante.
La première partie du film épouse l’esthétique d’un réalisme qui ne nous épargne rien
La première partie du film épouse l’esthétique d’un réalisme qui ne nous épargne rien. Ni l’aspect crasse de l’appartement ­d’Armin ni le teint grisâtre de l’intéressé, pas plus que les scènes aux toilettes, les râles à fendre le cœur de la grand-mère et, après son passage à trépas, la laborieuse remise en place de son dentier, par son fils et son petit-fils. In My Room installe cette atmosphère en nous faisant croire au pire et craindre l’ennui, la poisse et la désespérance ayant déjà eu raison de nous, à cet endroit du film.
Mais voilà que survient l’impensable, un monde entièrement vidé de ses habitants, qui nous parvient à travers le pare-brise de la voiture d’Armin. Sur l’asphalte gisent des motos et scooters dont les conducteurs se sont volatilisés, comme tous les êtres ­humains alentour. Seuls quelques animaux ont réussi à sauver leur peau. Ce retournement de ­situation fournit à Ulrich Köhler une belle occasion d’ouvrir son film à de plus grands espaces et à plus de lumière, puis, en un clin d’œil, de transformer son antihéros en un Robinson Crusoé de temps modernes révolus.
Un univers sensoriel
Désormais seul et libéré des ­contraintes sociales qui l’autorisent à un nouveau départ, Armin choisit en effet d’investir une ferme à la campagne, sorte d’éden où coule une rivière, vivent poules, chevaux et chèvres. Rescapé de la fin de l’humanité, sorte d’Adam à qui aurait été donnée l’arche de Noë, il renaît en ­premier homme (qui serait le dernier). Il se met à l’ouvrage, son corps hier avachi s’affine et se muscle, il cultive la terre, chasse, lui, autrefois maladroit, se révèle habile bricoleur, goûtant sans regret cette nouvelle vie sédentaire. Mais, quand un jour débarque, venue d’on ne sait où, la jolie nomade Kirsi (Elena Radonicich), l’idée d’un avenir à construire à travers l’arrivée possible d’un ­enfant se met à occuper son esprit. Adam et Eve unis pour la création d’un nouveau monde, pourquoi pas.
Il serait dommage d’en dire plus tant la magie qui opère alors tient à des éléments dont chaque ­spectateur peut espérer tirer des sensations propres. Car, dans ce mouvement de bascule qu’exécute à mi-chemin de sa narration In My Room, se niche quelque chose d’indéfinissable, d’aussi vaste que le champ des possibles auquel succombe Armin en pensée, et sur lequel se termine le film, en toute invraisemblance, mais qu’importe. Parce que l’aventure à laquelle invite le film trace le chemin vers une forme de poésie qui se moque bien du ­rationnel. Et, au bout du compte, Ulrich Köhler nous aura menés d’un monde réel à un univers ­sensoriel, dans un univers où tout pourrait être fini et recommencer.

Film allemand d’Ulrich Köhler. Avec Hans Löw, Elena Radonicich, Michael Wittenborn (1 h 59). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.pandorafilm.com/filmography/in-my-room.html et www.festival-cannes.com/fr/festival/films/in-my-room



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ En compétition, le film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki convainc par sa grande force romanesque.
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Cannes 2018 : « Capharnaüm » ou « Les Misérables », version beyrouthine

En compétition, le film de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki convainc par sa grande force romanesque.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
On ne reconnaîtra qu’un visage, celui de la réalisatrice ; les autres, on ne les a jamais vus, à moins de connaître les quartiers pauvres de Beyrouth. Nadine Labaki joue l’avocate qui défend Zain, un garçon d’une douzaine d’années, dans le procès qui l’oppose à ses parents, à qui il reproche de l’avoir mis au monde. A rebours de ce que font nombre de ses pairs cinéastes et acteurs, la réalisatrice ne s’est pas réservé la part du lion, et les séquences de prétoire n’offriront que de brèves accalmies dans le torrent qui emporte Capharnaüm, présenté en compétition le 17 mai. Rien dans ce troisième long-métrage de la Libanaise n’est attendu : sa violence, son style quasi docu­mentaire, sa force romanesque prennent au dépourvu avant d’emporter la conviction.
Déjà dans Et maintenant, on va où ? (2011), Nadine Labaki avait fait travailler des débutants, mêlés à des professionnels. Pour raconter l’histoire de Zain, elle a cherché des gens dont la vie n’est pas éloignée de celle que mènent leurs personnages. Capharnaüm met en scène le désordre qui régit leur vie. Les deux termes sont contradictoires, mais ici le chaos qui amène les parents à vendre leurs enfants, les hommes à acheter les femmes, les moins faibles à faire souffrir les plus faibles est une loi d’airain : un fossé infranchissable sépare ceux qui n’ont rien des autres.
A la dureté du monde, Zain (Zain Al Rafeea) oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté
Du mauvais côté de ce fossé, Zain (Zain Al Rafeea) a suivi un chemin tortueux jusqu’à la prison de laquelle il lance la plainte ­contre ses parents, itinéraire que le film retrace en une série de retours en arrière. Il vit dans un appartement miséreux, dont le loyer est payé par le travail que les enfants de la maison offrent au propriétaire, boutiquier du quartier. Le garçon livre les commandes de ses voisins, essaie de soutirer une pièce aux automobilistes, aide sa mère à trafiquer des médicaments stupéfiants. A la dureté du monde, il oppose son énergie, sa méfiance, sa violence, sa grossièreté. On ne le voit baisser la garde qu’avec sa sœur Sahar, d’un an plus jeune que lui. Lorsqu’il comprend que ses parents veulent la marier au boutiquier, il s’enfuit.
Ne pas mourir de faim
Il rencontre Rahil (Yordanos Shiferaw), immigrée éthiopienne qui a dû quitter son emploi de bonne après être tombée enceinte des œuvres d’un autre employé de maison. Rahil élève Yonas (Boluwatife Treasure Bankole), son bébé, en tentant de le soustraire au regard des autorités qui trouveraient là une raison supplémentaire de l’expulser. J’ai cité le nom du nourrisson (une petite fille d’origine nigériane et kényane). C’est que Nadine Labaki, à force de patience (elle disposait de cinq cents heures de rushs) et d’astuce, en a obtenu assez pour en faire un vrai personnage.

   


Le cœur du film, et ce qu’il a de meilleur, est constitué d’un long moment où les deux enfants, le préadolescent et le bébé qui ne marche pas encore, sont livrés à eux-mêmes dans Beyrouth, tentent de ne pas mourir de faim, de ne pas se laisser envahir par la crasse. Impossible de ne pas songer à l’épisode des Misérables dans lequel Gavroche recueille deux gamins, même sens de la précarité, mêmes soulagements éphémères à chaque fois qu’elle est tenue à distance, même souci de faire de la ville un personnage.
Il y a quelque chose du regard des romanciers du XIXe siècle dans la manière dont Nadine Labaki met en scène le dénuement, et ses effets sur l’humanité de ceux qui en sont victimes. Le même souci d’exactitude, la même volonté de les rendre au genre humain par le biais de la fiction, qui se cristallise ici à travers le procès. La réalisatrice est consciente des périls du procédé. L’une des plus belles séquences oppose la mère de Zain (Kawthar Al Haddad) à l’avocate qui défend l’enfant. « Que savez-vous de la misère ? », lui demande-t-elle en substance. Le regard décontenancé que l’actrice prête à son personnage dit à la fois les limites assumées et l’ambition rêvée de Capharnaüm.

Film libanais de et avec Nadine Labaki. Avec Zain Al Rafeea, Yordanos Shiferaw, Boluwatife Treasure Bankole (2 heures). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.gaumont.fr/fr/film/Capharnaum.html et www.wildbunch.biz/movie/capharnaum



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Trois films ont dominé la 50e édition de cette section parallèle cannoise, non compétitive.
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Cannes 2018 : maigre moisson à la Quinzaine des réalisateurs

Trois films ont dominé la 50e édition de cette section parallèle cannoise, non compétitive.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h16
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


La Quinzaine des réalisateurs, section parallèle et non compétitive du Festival de Cannes, qui fêtait cette année sa 50e édition – la dernière de son délégué général Edouard Waintrop –, ne se conclut pas par un palmarès, mais sur une distribution de prix unitaires par ­certains de ses partenaires.
Sur les vingt longs-métrages présentés, seule une poignée d’œuvres véritablement enthousiasmantes ont dominé la sélection, dont deux productions françaises : le formidable En liberté !, de Pierre Salvadori, avec Adèle Haenel et Pio Marmaï, comédie policière désopilante et réflexive sur les pouvoirs de la fiction, récompensée par le Prix SACD ; ainsi qu’Amin, de Philippe Faucon, sobre et émouvant portrait d’un travailleur immigré. Ajoutons-leur Les Oiseaux de passage, des Colombiens Cristina Gallego et Ciro Guerra, film de gangsters se déroulant en milieu indigène, inabouti mais riche de propositions originales.

   


En dehors de ces trois-là, un inexplicable cortège de films indigents a grevé la sélection. Comme le film de clôture, Troppa Grazia (Italie), de Gianni Zanasi, impro­bable bondieuserie avec Alba Rohrwacher en géomètre visitée par la Vierge Marie, qui fut distingué par le « Label Europa Cinemas ». Ou encore l’atroce Comprame un revolver (Mexique), le sordide Teret (Serbie), l’acrimonieux Petra (Espagne), plombés d’affects ou d’aspirations autoritaires. Côté français, une conception galvaudée du cinéma de genre a contribué à renforcer les conventions, que ce soit dans Joueurs, de Marie Monge, Le monde est à toi, de Romain Gavras, ou Climax, de Gaspar Noé, film à moitié convaincant, distingué par le Cicae Art Cinema Award.

   


Restait donc à se replier sur quelques œuvres fragiles ou en demi-teinte, qui n’en firent pas moins preuve de sensibilité, comme l’indolent Los Silencios, de la Brésilienne Beatriz Seigner, lente dérive sur une île du fleuve Amazone où se retrouvent les fantômes des guérillas voisines, ou Leave No Trace, de l’Américaine Debra Granik, récit simple et limpide sur la fuite d’un père et sa fille en marge de la société, campant dans un parc naturel de l’Oregon. Lorsque ronflent de partout les grandes orgues, il est toujours bon de s’en remettre à ces petites musiques humbles et douces qui soignent le cœur.

   



        Lire le compte-rendu :
         

          Gaspar Noé et Pierre Salvadori primés à la Quinzaine des réalisateurs



Sur le Web : www.quinzaine-realisateurs.com



                            


                        

                        

