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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ En avril, les centres de contrôle technique ont observé une hausse de fréquentation de 61 %. En cause, la crainte de la nouvelle mouture de l’examen obligatoire. Explications.
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Sept questions sur le nouveau contrôle technique

En avril, les centres de contrôle technique ont observé une hausse de fréquentation de 61 %. En cause, la crainte de la nouvelle mouture de l’examen obligatoire. Explications.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h22
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


C’est un jeudi matin de mai, épargné par les jours fériés et les ponts. Deux heures avant l’ouverture de l’un des centres de contrôle technique de Meaux, en Seine-et-Marne, ils sont déjà une dizaine d’automobilistes à patienter. Une affluence « hallucinante », selon un employé du centre, qui « ne sait plus où donner de la tête ». Et qui s’est observée dans toute la France depuis le début de l’année, provoquant une hausse de 61 % des rendez-vous dans les centres agréés pour le seul mois d’avril.
La raison de cette ruée aussi soudaine ? L’arrivée d’un nouveau contrôle technique, qui entre en vigueur dimanche 20 mai. Explications de cette nouvelle mouture de l’examen automobile, obligatoire depuis 1992 en France, que doivent passer chaque année 25,4 millions de véhicules légers dans les 6 300 centres de contrôle technique agréés.
Pourquoi le contrôle technique change-t-il ?
C’est la directive européenne 2014/45, publiée le 3 avril 2014, qui est à l’origine de ce changement. En jeu : l’harmonisation au sein de l’Union européenne des contrôles techniques, et l’objectif de diminuer de moitié, par rapport à 2010, le nombre de morts sur les routes à l’horizon 2020. La France est d’ailleurs le dernier pays européen à la transposer dans son droit, le 20 mai 2018 étant la date butoir fixée par le texte.
Qu’est ce qui change dans le contrôle technique ?
Le nombre de points de contrôle augmente, passant de 124 à 132 avec les nouvelles règles. Surtout, c’est le nombre de défauts potentiels – rebaptisés officiellement « défaillances » – qui augmente, passant de 453 aujourd’hui – dont un tiers environ entraîne une contre-visite – à 668 à partir de lundi – 506 obligeant à une contre-visite.
Ces défaillances se déclinent désormais en trois catégories :
162 défaillances mineures, qui n’ont pas de conséquences lourdes sur le véhicule, l’environnement et la sécurité, et n’impliquent donc pas de contre-visite.362 défaillances majeures, qui regroupent les anomalies susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule ou des autres usagers de la route, ou encore d’avoir une « incidence négative » sur l’environnement. Ces défaillances majeures obligent à des réparations dans un délai de deux mois, constatées par une contre-visite.144 défaillances critiques, qui désignent les dysfonctionnements qui constituent un danger direct et immédiat (siège conducteur mal fixé, plaquettes de frein absentes, ancrage des ceintures arrachées, essieu fêlé, etc.). Le véhicule disposera alors d’un contrôle technique valide jusqu’à la fin de la journée seulement, et aura donc ensuite interdiction de circuler jusqu’à avoir procédé aux réparations et à la contre-visite, dans un délai de deux mois.
Si les points de contrôle ne sont pas beaucoup plus nombreux, c’est donc le nombre de sous-éléments qui augmente fortement, et notamment ceux donnant lieu à une contre-visite. Le système antiblocage des roues par exemple, qui faisait l’objet d’un seul point de vérification pouvant entraîner une contre-visite (anomalie importante de fonctionnement), sera désormais l’objet de six observations.
Enfin, la façon de contrôler les véhicules va également être modifiée. Les contrôleurs ne devront plus seulement reporter ce qu’ils observent, mais aussi évaluer l’évolution possible de ce qu’ils constatent, et notamment le danger que cela représente. Ainsi, une « mauvaise fixation du système d’échappement » constituera une défaillance majeure. Mais une « mauvaise fixation du système d’échappement pouvant entraîner une chute » conduira au constat d’une défaillance critique.
C’est aussi pour cette raison que le niveau de technicité requis des contrôleurs va augmenter : alors qu’aujourd’hui un niveau de formation équivalant au CAP ou au BEP est requis, les contrôleurs devront désormais justifier d’un niveau bac professionnel en mécanique automobile.
Qu’est ce qui ne change pas ?
La fréquence ne change pas : le contrôle technique reste obligatoire avant la quatrième année du véhicule, puis tous les deux ans, et moins de six mois avant la vente du véhicule.
Le prix du contrôle technique va-t-il augmenter ?
Depuis 2003, l’Etat a privatisé le contrôle technique des véhicules, c’est-à-dire que sa réalisation a été donnée à des organismes privés. Chaque centre fixe donc ses tarifs, d’où les différences déjà en vigueur entre les professionnels possédant l’agrément.
Cette évolution du contrôle technique va conduire à un allongement du temps de contrôle, surtout au début lorsque le personnel ne sera pas rompu aux nouvelles exigences. En outre, le personnel sera plus qualifié. « Tous ces éléments rendent logique le fait que ça augmente, reste à savoir de combien », confirme Bernard Bourrier, président de la branche contrôle technique au sein Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) et du réseau spécialisé Autovision.
Avant la réforme, un contrôle technique coûtait en moyenne 65 euros. Le prix moyen d’une contre-visite était de 14 euros, mais elle pouvait être offerte si elle était simple et rapide. Si certains professionnels parlent de 15 % à 30 % de hausse, Philippe Debouzy, président des agents et indépendants du CNPA, veut croire à une hausse limitée du fait de « la forte concurrence entre les centres qui empêche une envolée des tarifs ».
Le tarif de la contre-visite, dans la même logique, pourrait atteindre entre 20 euros et 30 euros, selon Dekra, un des principaux réseaux de contrôle technique agréé par l’Etat. Les 20 % environ des centres de contrôle technique qui offrent actuellement la contre-visite à leurs clients continueront-ils à faire ce geste commercial ?
Qu’est ce qui reste encore incertain ?
Outre l’ampleur de la hausse des prix, cette nouvelle législation laisse encore plusieurs zones de flou. Concernant les voitures présentant des défaillances critiques, donc interdites de circuler dès le lendemain du contrôle technique, on ignore encore si une tolérance sera observée pour que les conducteurs puissent amener leur véhicule au garage pour effectuer les réparations. De fait, ils s’exposent à une amende de 135 euros s’ils circulent malgré l’interdiction.
Par ailleurs, on ignore encore si cette multiplication des critères d’observation va donner lieu à une hausse d’ampleur des contre-visites. En 2016, le taux de prescription de contre-visites pour les véhicules particuliers était de 17,6 %. Certains tests menés par des centres, notamment au Mans pour Sécuritest, ont donné lieu à des taux de contre-visites de l’ordre de 40 %. Dekra, pour sa part, évalue ce chiffre à environ 25 %. Pour M. Bourrier, « il sera important de faire le point dans six mois : si on constate que les contre-visites passent à 35 % ou 40 %, il faudra évidemment s’interroger ».
Concernant les défaillances critiques, les professionnels se montrent moins inquiets, parlant des « cas les plus extrêmes ». « Est-ce qu’il est normal de laisser rouler pendant deux mois un véhicule qui a un flexible de freins coupé ou qui va se couper ? », argue le président de la branche contrôle technique au sein du CNPA, qui voit un progrès dans le fait que « ça obligera les gens à réparer immédiatement quand le danger est clairement établi ». Et de préciser que la mesure est déjà en vigueur pour les poids lourds, à la suite de plusieurs accidents graves.
Selon le groupe SGS (enseignes de contrôle technique Sécuritest et Auto Sécurité), qui a réalisé des tests à partir de 250 véhicules présentés au contrôle technique en appliquant de manière anticipée la nouvelle classification, environ 4 % d’entre eux présentaient des défaillances critiques (freins, pneus, etc.).
Pourquoi ce changement est-il critiqué ?
Hausse du carburant, difficultés de délivrance des cartes grises, baisse de la vitesse maximum sur les routes secondaires… le nouveau contrôle technique intervient dans un contexte chargé en termes d’actualités pour les automobilistes. D’où la crispation qu’il provoque. Et les détracteurs du nouveau contrôle technique soulignent que l’état technique du véhicule n’est identifié comme une cause directe que dans moins de 5 % des accidents de voiture, plus de 90 % étant dus à une erreur humaine.
Un constat qui pourrait faire craindre que davantage d’automobilistes soient tentés de rouler sans contrôle technique à jour, sachant qu’un tiers des automobilistes confesse déjà le passer en retard, selon un sondage de BVA. 
« Il y a des tensions avec les clients », reconnaît ainsi M. Debouzy, de CNPA, qui déplore « la quantité de fausses informations qui circulent et l’effet de psychose ». Lui n’hésite pas à comparer la situation actuelle avec celles de crainte de pénuries d’essence, qui provoquent le manque du produit du fait d’une surconsommation. Depuis le début de l’année, les organismes de maintenance et de pièces détachées peinent ainsi à répondre à la forte hausse de la demande, manquant de matière première.
Surtout, Philippe Debouzy, installé dans le Val-de-Marne, craint des incidents avec les clients : ceux qui se sont précipités dans les centres avant le 20 mai, mais n’ont pas pris le temps de faire leur contre-visite avant l’entrée en vigueur du nouveau contrôle technique, seront contraints de repasser l’intégralité du contrôle dans sa nouvelle formule.
Pourquoi ça risque d’être pire en 2019 ?
Ces évolutions de mai 2018 ne sont pas les dernières pour les automobilistes, loin de là. Un bouleversement de taille devrait intervenir dès le 1er janvier 2019, avec la mise en place de nouveaux contrôles antipollution, particulièrement contraignants pour les véhicules diesel. Les seuils seront ainsi fortement baissés, impliquant pour beaucoup de véhicules des travaux coûteux, voire techniquement impossible.
« On sait déjà qu’un tas de voitures, y compris des relativement récentes, ne sont pas conformes à ces nouveaux seuils », affirme M. Debouzy, qui s’inquiète des conséquences pour les automobilistes, notamment les plus pauvres. Pour inciter au renouvellement d’un parc automobile vieillissant et polluant, le gouvernement a bien mis en place une prime à la conversion, qui grimpe jusqu’à 2 500 euros pour l’achat d’un véhicule neuf pour les foyers non imposés, et pourrait être prochainement ouvert aux véhicules d’occasion. Une mesure que le spécialiste juge insuffisante : « Si le contrôle technique devient un couperet social, c’est grave, il faut trouver d’autres solutions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.
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Agroalimentaire : la fin de l’entreprise Doux

La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h12
    |

            Laurence Girard








                        



   


Sans surprise, le tribunal de commerce de Rennes a tranché en faveur de l’offre de reprise du volailler Doux menée par le français LDC et soutenue par la région Bretagne. La décision est tombée vendredi 18 mai. Elle entérine la dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, et donc la fin de l’entreprise Doux. Dans l’affaire, l’abattoir de Chantonnay, en Vendée, est sacrifié mais des offres d’emploi chez LDC sont soumises aux 152 salariés.
Signe de la fin d’une histoire, le siège de Doux à Chateaulin (Finistère) fermera définitivement ses portes. Mais la moitié de ses salariés se verront proposer de poursuivre leur activité chez les différents repreneurs. En effet, dans leur offre coordonnée, le français LDC, le saoudien Al-Munajem, et l’actuel actionnaire majoritaire, la coopérative Terrena, s’engagent à préserver 920 des 1 187 emplois restant chez Doux.

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                Liquidation judiciaire pour les poulets Doux



Le cœur de l’activité du volailler breton est repris par le saoudien Al-Munajem. Déjà actionnaire de l’entreprise, et principal client en tant que distributeur de volaille dans la péninsule arabique, il s’empare de l’activité poulets export qu’il rebaptise France Poultry. Il devrait embaucher 347 des 450 salariés de l’abattoir de Chateaulin en réduisant les volumes à 2 millions de poulets par semaine, contre 5 millions à la grande époque des aides européennes à l’exportation qui ont longtemps financé l’activité de Doux. Au passage, Al-Munajem reprend la marque Doux pour la péninsule Arabique.
La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution
LDC, connu pour ses marques Loué, Le Gaulois et Maître Coq, décroche pour sa part la marque Doux dans le reste du monde pour les produits élaborés export comme les saucisses de volailles, fabriqués dans l’usine de Quimper qui passe sous son pavillon avec ses 166 salariés. Denis Lambert, le patron de LDC, s’est également engagé à construire un nouvel abattoir à Chateaulin, dans les deux ans, pour le marché de l’industrie et de la restauration. Un marché, aujourd’hui cannibalisé par les importations et qu’il souhaite reconquérir. Il emploierait 250 personnes pour une capacité de 400 000 poulets par semaine. Un investissement qu’il chiffre à 55 millions d’euros. La région Bretagne apporterait un financement de 12 millions d’euros sur ce montant.

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                Le propriétaire des poulets Loué favori pour la reprise de Doux



La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution. En particulier pour les 300 éleveurs du Finistère qui seront regroupés au sein d’une structure Yer Breizh, réunissant LDC, Terrena et Al-Munajem. Une enveloppe de 3 millions d’euros est prévue pour que les élevages s’adaptent aux nouvelles attentes.
Cette offre coordonnée a été préférée à celle de l’Ukrainien MHP qui ne reprenait dans l’immédiat que 285 salariés. L’arrivée de cet acteur sur le marché français a peut-être poussé LDC à sortir du bois. « Le grand export de poulet ne nous intéressait pas. Mais il représente 30 % des volumes d’élevage en France. Nous avons un vrai besoin d’éleveurs dans le futur. Quant à MHP, il est déjà présent en Ukraine, en Pologne, aux Pays-Bas. Un jour il sera en France », affirme M. Lambert.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ A l’approche de la présentation du projet de loi d’orientation des mobilités, dix personnalités demandent la reconnaissance d’un droit à la mobilité pour tous.
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Vers un « droit à la mobilité »

A l’approche de la présentation du projet de loi d’orientation des mobilités, dix personnalités demandent la reconnaissance d’un droit à la mobilité pour tous.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h46
   





                        



   


A l’approche de la présentation du projet de loi d’orientation des mobilités, nous appelons de nos vœux la reconnaissance d’un droit à la mobilité pour tous, intégrant formation et accompagnement, afin de permettre à tous de pouvoir se déplacer.
En France, en 2018, plus de sept millions de personnes en âge de travailler, soit 20 % de la population active, rencontrent des difficultés pour se déplacer. Pendant plus de cinquante ans, l’Etat et les collectivités locales ont développé une offre massive de transports en commun, adaptés au plus grand nombre, développé des axes routiers, permettant développement économique, désenclavement des territoires et une plus grande autonomie individuelle.
Cette démarche était nécessaire. Pourtant aujourd’hui une personne en insertion sur deux a déjà refusé un travail ou une formation pour des problématiques de mobilité. Et le budget moyen des Français pour la mobilité, de 5 000 euros par an en moyenne, s’accroît et place une partie de la population, en particulier celle qui est dépendante de la voiture individuelle, en situation de vulnérabilité.
Notre manière de penser les déplacements doit évoluer afin de garantir la capacité à chacun de se déplacer au quotidien : le droit à la mobilité.
Cette notion permet d’engager une réorientation fondamentale de la politique de transport en nous extrayant de l’obsession de l’infrastructure, pour nous concentrer sur les besoins de l’usager. Il s’agit d’accompagner chacun pour lui permettre d’effectuer tous ses déplacements nécessaires, par tout moyen, et de manière intermodale. Ce saut qualitatif devient possible dès lors que l’individu est placé au centre de la législation et des politiques de mobilité.
L’objectif central de cette démarche est de disposer d’une mobilité autonome et durable, à travers un accompagnement personnalisé ou une formation dès le plus jeune âge, à l’école par exemple. Les freins à la mobilité sont multiples : physiques, économiques, matériels, cognitifs ou encore psychologiques et culturels. Accès à un véhicule par le biais d’un prêt ou d’un microcrédit, formation aux transports en commun, à la sécurité routière pour les jeunes ou les seniors… Soyons audacieux afin de généraliser de telles solutions à l’échelle nationale et rendre ainsi la mobilité inclusive !
Un service public de la mobilité inclusive
Ce droit à la mobilité doit surtout être garanti par un maillage pertinent du territoire avec des « plates-formes de mobilité ». L’objectif de ces plates-formes est double. Pour les publics, il est d’évaluer et d’accompagner vers la ou les solutions de mobilité les plus adaptées. Pour les territoires, de coconstruire et de fédérer une offre de services, en s’appuyant sur les transporteurs historiques et en accompagnant le développement de services innovants.
A Helsinki et Göteborg, mais aussi à Saint-Etienne ou Montargis, l’ensemble de l’offre de transport public et collectif (bus, tram, métro) comme privé et individuel (taxis, VTC, vélo ou voiture partagés) se retrouve en une seule offre de transport accessible par le biais d’une application numérique. Ces avancées technologiques doivent être accessibles à tous, et en tout point du territoire. La fracture territoriale doit trouver des réponses dans le numérique, afin que les exclus d’aujourd’hui ne soient plus ceux de demain.
Former, informer, doivent être les missions premières du service public de la mobilité ! Les outils ainsi que les nouvelles solutions de mobilité doivent être conçues avec et pour les personnes les plus exclues afin de les rendre intuitives et accessibles. Une solution conçue pour les personnes les plus fragiles est une solution conçue pour tous.
Une centaine de plates-formes de mobilité sont déjà actives sur le territoire. Certaines, ouvertes à l’initiative de Wimoov, sont principalement à destination des publics en insertion et aux seniors, et accompagnent près de 11 000 personnes avec un taux de maintien ou de retour dans l’emploi ou la formation de 46 %.
Il est nécessaire de doter chacune des zones d’emplois d’une plate-forme de mobilité. Ce service public pourrait être coordonné à l’échelon régional, en partenariat avec l’Etat, afin de concilier égalité dans l’accès aux services publics et réalités des territoires.
Florence GILBERT, directrice générale de Wimoov, membre fondateur du Laboratoire de la mobilité inclusive (LMI) ; Audrey PULVAR, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH) ; Bruno MARZLOFF, sociologue ; Marc FONTANES, expert en mobilité ; Eric LE BRETON, sociologue ; Olivier SCHNEIDER, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) ; Luc BROUSSY, président de France Silver Eco ; Bruno GAZEAU, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) ; Arnaud LEROY, président de l’ADEME ; Alain ROCHON, président de l’APF France Handicap.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.
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Plan Borloo : il faut « faire le choix de l’universalité »

Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h14
    |

Aurélien Taché (Député LRM du Val-d'Oise)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a un an, Emmanuel Macron remportait l’élection présidentielle, sur la base d’une promesse : celle de rebattre totalement les cartes et d’ouvrir le jeu à ceux qui jusqu’ici, n’étaient jamais autour de la table. L’immobilisme qui prévaut depuis des années a conduit à des rentes de situation dans tous les domaines – politiques, économiques, culturels – et à ankyloser un pays tout entier. Il était donc devenu urgent, vital même, de faire respirer la France.
Mais le renouvellement sans précédent de la vie politique permis par cette victoire, qui devra d’ailleurs se poursuivre lors des prochaines élections, doit désormais trouver un prolongement dans tous les segments de la société. Car si la promesse d’émancipation n’est pas tenue, alors la confiance sera rompue. Pour y arriver, notre boussole des quatre prochaines années doit être celle de l’universalité.
Des plafonds de verres infinis
Il n’existe en effet qu’une seule minorité dans notre pays : celle qui est privée d’accès. D’accès au logement, à la formation, à une éducation et des soins de qualité… D’accès à des responsabilités, à la capacité de mener à bien ses projets. D’accès à ses rêves et à la possibilité de se réaliser. Pour notre génération, peut-on seulement encore parler de minorité ?
Pour elle en effet, les plafonds de verres sont infinis : de genre, d’âge, d’origine culturelle ou sociale et dans certains quartiers ou villages, ils arrivent parfois à tous se recouper et à faire que ceux qui y vivent se sentent en France comme étrangers, prisonniers devant des ascenseurs ou des trains bloqués, au sens propre comme figuré.

Pourtant que l’on s’appelle Karim ou Mickaël, Fatou ou Isabelle, qu’on vive à Cergy (Val-d’Oise) ou à Guéret (Creuse), aucun territoire, aucune frontière matérielle ou immatérielle ne devrait être indépassable. C’est pour ces raisons qu’il était urgent d’y créer des classes de CP de douze d’élèves et d’y inciter les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La société MSCI va introduire 234 valeurs chinoises dans son indice des marchés émergents. Elle est sous pression pour faire de même avec l’Arabie saoudite.
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Ces indices qui régissent les Bourses mondiales

La société MSCI va introduire 234 valeurs chinoises dans son indice des marchés émergents. Elle est sous pression pour faire de même avec l’Arabie saoudite.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

MSCI, une entreprise américaine qui réalise des indices boursiers, a dû provoquer de belles célébrations chez quelques compagnies chinoises cotées en Bourse, mardi 15 mai. Elle a révélé la liste des 234 sociétés qui, pour la première fois, vont être introduites dans son indice des marchés émergents.
Cette décision, technique en apparence, est capitale. Après l’introduction d’une deuxième liste d’entreprises chinoises en octobre, les Bourses chinoises vont recevoir, de façon automatique, 2,5 milliards de dollars d’investissements étrangers. Et, très probablement, au moins dix fois plus devrait suivre dans la foulée.

Peu connues du grand public, les sociétés qui fournissent les indices boursiers ont acquis une importance considérable ces dernières années. Leurs décisions sont au cœur de la géopolitique de la finance, en orientant des flux de plusieurs milliards de dollars selon qu’elles incluent ou non un pays ou un secteur dans certains de leurs indices.
Les règles des Bourses chinoises étaient jusqu’à présent jugées trop absconses, avec d’importantes restrictions sur les capitaux étrangers. MSCI utilisait donc uniquement des entreprises présentes à la Bourse de Hongkong. Après quatre ans de consultations, elle a finalement choisi de prendre en compte des sociétés cotées sur la place de Shanghaï. « Nous avons un certain pouvoir [sur les marchés], mais nous n’en abusons pas », se défend Sébastien Lieblich, responsable de la recherche chez MSCI.
« Beaucoup de lobbying »
Après la Chine, l’une des grandes questions est de savoir si l’Arabie saoudite pourrait être introduite dans l’indice des marchés émergents de MSCI. « Nous subissons tout le temps beaucoup de lobbying, de Chine, de Corée, d’ailleurs, poursuit M. Lieblich. Nos décisions, qui sont prises sur des critères techniques, ont des répercussions politiques. »
Les fournisseurs d’indices ne sont pas nouveaux, mais leur poids grandit....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.
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Europe 2008-2018 : une décennie perdue

« Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h47
   





                        


Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
L’Europe panse ses plaies 1/5
Europe, le fragile retour de la croissanceLe Portugal croit de nouveau en l’avenirChômage de longue durée : les territoires se mobilisentEn Europe, une démocratie vivante, mais perfectible
Les pays du Sud entrevoient le bout du tunnel 2/5
Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du SudEn Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de criseEn Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille PappasLe fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie
Un continent qui vieillit 3/5
L’Europe face au défi du vieillissementLe vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euroLe mirage du système suédois de retraiteL’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains
Les promesses vacillantes de l’euro 4/5
Les promesses vacillantes de l’euroXavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenneLa Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le ministre bulgare des finances affirme que son pays remplit les critères économiques exigés pour intégrer l’Union monétaire.
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Vladislav Goranov : « Il serait injuste de repousser notre candidature à l’euro »

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le ministre bulgare des finances affirme que son pays remplit les critères économiques exigés pour intégrer l’Union monétaire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h34
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A la tête de la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’en juillet, la Bulgarie désire intégrer la monnaie unique et l’espace Schengen. Si elle affiche des finances publiques au carré et une croissance dynamique, Sofia reste gangrenée par la corruption et affiche le niveau de vie le plus bas des 28 pays membres. Ces arguments ne justifient pas que sa candidature à l’euro soit rejetée, affirme Vladislav Goranov, le ministre bulgare des finances.
Comment l’économie bulgare a-t-elle évolué depuis son entrée dans l’Union européenne (UE), en 2007 ?
En une décennie, notre économie est devenue plus intégrée et compétitive. En témoigne la part de nos exportations à destination de l’UE, qui a considérablement augmenté : elles pèsent aujourd’hui de 51 % du produit intérieur brut [PIB], contre 34 % en moyenne pour les autres pays membres. L’Europe représente notre principale source de demande extérieure. La productivité du travail s’est améliorée, permettant d’accélérer la convergence des revenus vers le niveau de l’ouest.
La crise de 2008 vous a frappé presque aussitôt…
Oui, elle a coïncidé avec notre entrée dans l’UE, et d’une certaine façon, cela nous a aidés. Les importants flux d’investissements directs étrangers dont nous bénéficions se sont brutalement taris, chutant de 15 % à 2 % du PIB par an. Mais la croissance d’avant-crise, supérieure à 6 % par an, reposait en partie sur des déséquilibres : notre compte courant était déficitaire, la dette des entreprises privées non financières était considérable. Ces déséquilibres sont désormais résorbés, notamment grâce à notre politique budgétaire particulièrement stricte – une ligne de conduite à laquelle l’ensemble de la classe politique est attaché. Aujourd’hui, nous avons renoué avec une croissance dynamique, supérieure à celle de la moyenne européenne.
Votre objectif est-il toujours d’intégrer l’euro ?
Oui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). La corruption demeure un obstacle à l’adhésion à l’euro pour le pays le plus pauvre de l’Union européenne.
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La Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). La corruption demeure un obstacle à l’adhésion à l’euro pour le pays le plus pauvre de l’Union européenne.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h36
    |

            Marie Charrel (Sofia, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’endroit a presque des airs de campus américain. Derrière le terrain de tennis, près de l’auditorium de mille places, un incubateur pour start-up et une dizaine de laboratoires flambant neufs sont sortis de terre il y a moins de trois ans. A quelques kilomètres de la capitale bulgare, le Sofia Tech Park se rêve en lieu de rencontre entre universités et entreprises.
« Nous avions besoin d’un endroit comme celui-ci pour rattraper le retard pris après la chute du communisme, détaille Peter Statev, président du cluster dévolu aux nouvelles technologies. Lorsque j’ai commencé mes études, dans les années 1970, on ne pouvait pas sortir du pays. Aujourd’hui, nos jeunes créent des start-up et voyagent. L’Union européenne [UE] a changé nos vies. » C’est d’ailleurs elle qui a financé l’essentiel des 40 millions d’euros consacrés à la construction de ce parc technologique.
Voilà le visage de la Bulgarie moderne, à la tête de la présidence tournante de l’UE jusqu’en juillet : ouverte, connectée, s’affirmant comme la capitale high-tech des Balkans. Celle dont la main-d’œuvre qualifiée et bon marché séduit des groupes comme HP ou Coca-Cola, venus y ouvrir des centres de services. Celle que le premier ministre, Boïko Borissov, ex-garde du corps, met en avant lorsqu’il martèle que son pays est mûr pour rejoindre la monnaie unique.

« De bons chiffres, mais les problèmes structurels demeurent »
Son gouvernement, coalition entre les conservateurs et trois petits partis d’extrême droite, prévoit de se porter candidat au Mécanisme de change européen (MCE II), la salle d’attente de l’euro, d’ici peu. « Ça et l’entrée dans l’espace Schengen seront l’ultime étape de notre intégration au sein de l’économie européenne, assure au Monde Vladislav Goranov, le ministre des finances. Nous remplissons tous les critères de convergence économique. »
Il est vrai que, sur le papier, la Bulgarie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez explique que les stupidités, les escroqueries ou les erreurs stratégiques sont les contreparties du manque de discernement de dirigeants-fondateurs cumulant les fonctions de président et de directeur général et donc les pouvoirs de direction et de contrôle.
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Les « histoires hallucinantes » de la Silicon Valley

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez explique que les stupidités, les escroqueries ou les erreurs stratégiques sont les contreparties du manque de discernement de dirigeants-fondateurs cumulant les fonctions de président et de directeur général et donc les pouvoirs de direction et de contrôle.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h00
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Economiste et professeur de stratégie à l'EM Lyon)








                        



                                


                            

Entreprises. En 1968, la Californie faisait déjà rêver les jeunes en leur ouvrant des perspectives de paradis artificiels, de liberté hippie et de pacifisme fleuri. Cinquante ans plus tard, elle envoûte désormais par son business disruptif, l’aplomb avec lequel de jeunes businessmen affirment de nouveau qu’ils vont changer le monde et les parfums de dollars qui s’en dégagent.
Les fumées commencent pourtant à se dissiper un peu sur les révolutions économiques et sociales qu’on y conçoit. La ridicule affaire Juicero a sonné comme un réveil brutal. Cette start-up fondée en 2013 promettait de démocratiser la consommation mondiale de jus de fruits. Son fondateur, Doug Evans, avait inventé une machine capable d’appliquer trois tonnes de pression sur une poche contenant des fruits frais déjà pelés et découpés pour en extraire le jus.

Il avait levé 120 millions auprès de fonds de capital-risque comme Google Venture ou Kleiner Perkins (qui investit aussi chez Google, Twitter, Amazon). Hélas, deux journalistes de Bloomberg ont montré dans une vidéo que le résultat obtenu par cette merveille technologique vendue 700 dollars pouvait l’être… en pressant simplement la poche de ses mains. Devenue la risée de Palo Alto, Juicero a fermé en septembre 2017.
Résultats quasi inexistants et chiffres truqués
Moins drôle est l’histoire de Theranos. Fondée en 2003 par Elizabeth Holmes, âgée de 19 ans, la start-up se donnait pour mission de métamorphoser l’industrie de l’analyse médicale grâce à une technique géniale permettant de réaliser 200 types d’examens en prélevant seulement quelques gouttes de sang d’un patient.
Theranos a levé 700 millions de dollars auprès d’investisseurs, sa capitalisation a dépassé les 10 milliards en 2014 et sa dirigeante est devenue une des stars milliardaires les plus médiatisées de la Silicon Valley. Jusqu’à ce qu’en mars 2018 l’escroquerie de l’icône des start-up soit éventée : la technologie était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.
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La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenne

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h41
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


En Pologne, la monnaie unique inspire la frilosité, voire l’animosité, aussi bien dans la population que dans la classe politique. Selon une étude d’opinion parue en janvier, 60 % des sondés seraient contre l’adoption de l’euro, contre 21 % d’avis favorables. Et la proportion de sceptiques n’a cessé de croître, ces huit dernières années. « Les gens ont peur de l’augmentation des prix et d’une baisse de leur niveau de vie, souligne l’économiste Witold Orlowski. Et, même si c’est une impression largement biaisée, ils sont assaillis d’informations allant dans ce sens venu d’Europe de l’Ouest. »
Cet état de fait crée une barrière politique aujourd’hui insurmontable. Le zloty polonais ayant un statut constitutionnel, l’introduction de l’euro nécessiterait une réforme de la Constitution, pour laquelle une majorité des deux tiers du Parlement est requise. Un compromis au-delà des clivages partisans impensable, dans un contexte de guerre à couteaux tirés entre les ultraconservateurs eurosceptiques du Parti droit et justice (PiS) au pouvoir et l’opposition libérale, sur la question des atteintes à l’Etat de droit. Compte tenu de l’humeur populaire, ni la majorité ni l’opposition n’ont intérêt à mettre la question de l’adoption de l’euro à l’ordre du jour.
« Soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie »
Pourtant, une large majorité d’économistes polonais ne cesse de souligner les bénéfices à long terme, aussi bien économiques que politiques, de l’adoption de la monnaie européenne. Pour ses partisans, le choix de l’euro est avant tout une décision civilisationnelle et géopolitique, dans un contexte où le noyau dur de l’Union européenne (UE) pourrait se renforcer au détriment de la périphérie.

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« La zone euro, pas une zone monétaire optimale »
Le 1er janvier, une vingtaine d’économistes de renom signaient un appel au premier ministre, Mateusz Morawiecki : « Le seul avenir [pour l’UE] sera une zone euro élargie. La Pologne devrait prendre part à ce processus, si elle veut avoir une influence réelle sur l’avenir du continent. Mais aussi, si elle veut s’ancrer durablement en Europe de l’Ouest. Avec notre situation géographique, nous n’avons pas le choix : soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie. »

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Mais M. Morawiecki, économiste de formation et qui a dirigé pendant huit ans une des plus grandes banques du pays, a coupé court au débat : « Je ne considère pas la zone euro comme une zone monétaire optimale. Nous ne prenons actuellement pas cela en considération », a-t-il commenté. Selon lui, la Pologne aurait besoin, en prérequis, « de longues années supplémentaires de forte croissance » pour atteindre « 80 % à 90 % du niveau de vie des pays les plus riches de la zone euro » ainsi qu’une « convergence accrue des structures économiques. »

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Le temps où l’actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, alors premier ministre, promettait une adoption de l’euro à l’horizon 2020, paraît bien loin. Depuis, le séisme de la crise grecque est passé par là, et le gouvernement de centre droit de la Plate-forme civique (2007-2015) a été le premier à appliquer la stratégie du « pied dans la porte » de la zone euro, repoussant sans cesse la date d’entrée, et ce, en dépit d’une pression notable de Berlin, premier partenaire économique de Varsovie. « Nous devons nous dépêcher de nous préparer, même si nous n’avons pas l’intention de nous dépêcher pour rentrer », résumait, en 2013, le ministre des finances, Jacek Rostowski.
« Taux d’intérêt très élevés »
A l’époque, un autre argument mis en avant était le fait que la dévaluation du zloty avait permis au pays de traverser la crise financière plus en douceur. Cette dévaluation entre 10 % et 15 % avait stimulé les exportations et permis de maintenir les indicateurs au vert. En 2009, la Pologne était le seul pays de l’UE a ne pas connaître de récession. Le secteur bancaire, largement dans les mains de capitaux étrangers, a, lui aussi, évité les turbulences.

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Mais, selon Witold Orlowski, cet argument est dépassé. « Le zloty maintient l’illusion qu’en cas de crise, la monnaie sera dévaluée et les salaires vont baisser, une flexibilité censée doper la compétitivité. Mais ce modèle n’incite pas à investir dans les vraies sources de compétitivité, comme la recherche et développement. La Pologne, qui en aurait particulièrement besoin, doit faire avec des taux d’intérêt très élevés. » La sortie du modèle de développement fondé sur la main-d’œuvre à bas coût, auquel l’euro pourrait contribuer, est paradoxalement un objectif affiché du gouvernement.

Europe 2008-2018 : une décennie perdue
Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
L’Europe panse ses plaies 1/5
Europe, le fragile retour de la croissance Le Portugal croit de nouveau en l’avenirChômage de longue durée : les territoires se mobilisentEn Europe, une démocratie vivante, mais perfectible
Les pays du Sud entrevoient le bout du tunnel 2/5
Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du SudEn Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de criseEn Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille PappasLe fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie
Un continent qui vieillit 3/5
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Les promesses vacillantes de l’euroXavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenneLa Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). L’Italie eurosceptique réveille les craintes d’une fragmentation de l’union monétaire.
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Les promesses vacillantes de l’euro

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). L’Italie eurosceptique réveille les craintes d’une fragmentation de l’union monétaire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h49
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h39
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est le scénario noir. Un risque aux conséquences au-delà de l’imaginable que beaucoup à Paris, Bruxelles, Berlin pensaient écarté pour de bon. Voire enterré, puisque la croissance est de retour. Mais ces derniers jours, la perspective d’une coalition gouvernementale entre les populistes du Mouvement 5 étoiles et les souverainistes de la Ligue en Italie a brutalement rappelé les europhiles à la réalité : la zone euro n’est pas immortelle. Rien ne garantit qu’elle survivra à la prochaine crise financière. Et avant cela, peut-être, à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique dans la troisième économie de la région. Car même si les deux formations italiennes affirment vouloir conserver l’euro, elles pourraient bloquer les réformes indispensables à sa pérennité. « Avec l’Italie, une terrible épreuve de vérité se prépare pour l’union monétaire », redoute Daniel Cohen, économiste à l’Ecole normale supérieure.
La monnaie unique est une institution fragile. Et jeune. Les Etats membres l’ont introduite en 1999 pour les transactions financières, puis en 2002 pour les pièces et billets. Avec un objectif : renforcer encore les liens entre leurs économies, mettre fin aux incertitudes liées aux fluctuations des changes et contribuer à la prospérité commune. Seulement voilà : sur les dix-neuf années d’existence de l’euro, dix ont été marquées par la crise. Cela rend tout bilan délicat. Les plus sévères soulignent que dans les pays les plus faibles, il a contribué à la désindustrialisation. Les eurosceptiques lui font porter le chapeau pour tous les maux du moment, du chômage aux inégalités en passant par les délocalisations. « L’euro sert parfois de bouc émissaire facile », regrette Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE). « Il a pu aggraver certaines difficultés, mais beaucoup relèvent d’abord de problèmes nationaux », ajoute Jeromin Zettelmeyer, économiste en chef du ministère de l’économie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La réforme de l’accès à l’université ne devrait pas provoquer un infléchissement à la baisse des notes, selon Claude Garcia, professeur de SES et blogueur.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économique estime que la monnaie unique à permis de réduire les taux d’intérêt.
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Xavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économique estime que la monnaie unique à permis de réduire les taux d’intérêt.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h38
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Pour Xavier Timbeau, directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’euro a aussi amplifié la crise de 2012.
L’union monétaire a été créée pour mettre fin à l’instabilité des changes. La France y était-elle particulièrement exposée ?
Oui. Le franc a longtemps eu la réputation d’être une monnaie faible, traînant derrière lui une longue histoire de dévaluations. Dans les années 1980, celles-ci avaient généré une énorme inflation. Le franc subissait en outre une double pression : plus faible que le deutschemark, il était aussi soumis aux dévaluations des monnaies du Sud. Résultat : au début des années 1990, au moment de la réunification allemande, Paris a choisi de conserver une parité avec le mark. Mais, comme beaucoup d’Etats ont dévalué leur monnaie, cela a entraîné une perte de compétitivité de l’économie française. L’instabilité des taux de change a pesé sur la capacité des industriels à investir.

Ce que les uns ont gagné en stabilité avec l’euro, les ménages l’ont-ils perdu en pouvoir d’achat ?
Le débat sur le sujet a été très intense au début des années 2000. L’Insee a fini par trancher : il n’y a pas eu de bond en avant des prix au moment du passage à l’euro. A son introduction, la monnaie unique était plutôt dévaluée par rapport au dollar, ce qui a provoqué un peu d’inflation importée, et il y a eu également un effet d’arrondi. Les consommateurs ont fortement ressenti la hausse de certains produits comme le café au comptoir. Mais ils ont oublié la baisse des prix d’un certain nombre de biens manufacturés et d’équipement.
Comment expliquez-vous l’écart entre les statistiques et la perception générale ?
L’euro était censé poser les conditions d’une stabilité macroéconomique et permettre aux Européens de s’insérer sans trop de dommage dans la mondialisation. Seulement, il n’a pas empêché l’irruption des inégalités. A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa ont présenté, le 9 mai, leur plan d’action pour l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. La mesure-phare : une méthodologie commune dans les entreprises de plus de 50 salariés pour calculer les écarts de salaires injustifiés entre hommes et femmes.
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Egalité professionnelle : les propositions mesurées du gouvernement

Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa ont présenté, le 9 mai, leur plan d’action pour l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. La mesure-phare : une méthodologie commune dans les entreprises de plus de 50 salariés pour calculer les écarts de salaires injustifiés entre hommes et femmes.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h55
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Passer d’une « obligation de moyens » à une « obligation de résultats » pour les entreprises qui ne respecteraient pas l’égalité salariale entre les hommes et les femmes : telle est la position défendue par Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa. Pour ce faire, la ministre du travail et la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes ont présenté, le 9 mai, quinze actions pour en finir avec l’inégalité salariale et lutter contre les violences au travail.
Ces annonces sont passées relativement inaperçues, car elles ont été occultées par la révélation de l’opposition de la France à la disposition de la directive européenne proposant de mieux indemniser le congé parental. Pourtant, « soutenir le projet de directive » fait bien partie, sur le papier, du plan d’actions présenté par Mmes Pénicaud et Schiappa.
Ce plan, dont certaines mesures intégreront la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel par le biais d’amendements, conclut la concertation entre les partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle entre hommes et femmes, lancée par le gouvernement au mois de mars.
Critères objectifs
La mesure-phare de ce plan – qui se concentre presque exclusivement sur les entreprises de plus de 50 salariés – consiste à mettre en place une « méthodologie commune » pour mesurer les écarts de salaires injustifiés entre hommes et femmes. Si, aujourd’hui, la loi impose déjà aux entreprises d’au moins 50 salariés de négocier un accord ou de mettre en place un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle, sous peine d’une pénalité financière de l’ordre de 1 % – au maximum – de leur masse salariale, elle ne fixe pas, en revanche, d’obligations de résultats.

La difficulté de comparer les rémunérations entre les salariés, qui occupent rarement des postes équivalents, est un argument souvent avancé par les entreprises pour justifier l’absence d’objectifs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Au sein de la même entreprise, l’écart de salaire entre un homme et une femme occupant un poste de niveau équivalent en 2018 est de 3 % seulement dans les sociétés clientes du cabinet de conseil Korn Ferry.
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Inégalités salariales : le mauvais calcul ?

Au sein de la même entreprise, l’écart de salaire entre un homme et une femme occupant un poste de niveau équivalent en 2018 est de 3 % seulement dans les sociétés clientes du cabinet de conseil Korn Ferry.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h55
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Alors que le gouvernement vient de dévoiler son plan pour réduire les inégalités de salaires entre hommes et femmes, une étude menée par le cabinet de conseil Korn Ferry dévoilée lundi 14 mai jette un pavé dans la mare.
Selon les résultats de cette enquête, menée sur plus de 110 pays et dans plus de 25 000 entreprises clientes du cabinet Korn Ferry, l’écart de salaire constaté entre un homme et une femme en 2018 occupant un poste de niveau équivalent au sein de la même entreprise en France est « seulement » de 3 %. Toutes entreprises confondues, il grimpe à 3,2 %.

Un chiffre loin des pourcentages communément avancés. En moyenne, le salaire des femmes est inférieur de 18,5 % à celui des hommes en équivalent temps plein en 2015 (données les plus récentes disponibles), selon l’Insee. Une partie de cet écart s’explique par le fait que les femmes occupent plus souvent des postes moins bien qualifiés.
Sur ces 18,5 %, la moitié environ ne se justifierait pas par le niveau de poste, selon le ministère du travail. Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, estime pour sa part l’écart de rémunération horaire entre hommes et femmes à 15,2 %, tous niveaux de postes et qualifications confondus.

Cette bataille de chiffres révèle-t-elle des biais idéologiques ou des méthodes de calcul différentes ? En vérité, mesurer les écarts de salaire entre hommes et femmes, comme le souhaite le gouvernement, se révèle très complexe. Pour une bonne raison : il est rare qu’un homme et une femme occupent un poste équivalent, avec un même niveau d’expérience et de diplôme, au sein d’une entreprise.
Korn Ferry Hay Group a donc développé son propre un outil d’évaluation permettant de « quantifier » le niveau du poste. « En France, nous avons analysé les résultats de 670 entreprises clientes, indique Guillemette Gaullier, directrice de la branche Etudes du cabinet Korn Ferry. Il s’agit d’un panel considéré comme significatif....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Une agence de communication a présenté le jeudi 17 mai une petite expo-parcours sur les grands faits historiques qui ont marqué la place des femmes au travail, au sein de l’espace de coworking Kwerk, à Paris.
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Egalité professionnelle : « le sens de l’histoire »

Une agence de communication a présenté le jeudi 17 mai une petite expo-parcours sur les grands faits historiques qui ont marqué la place des femmes au travail, au sein de l’espace de coworking Kwerk, à Paris.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h33
    |

                            Catherine Quignon








                        



                                


                            

Le saviez-vous ? C’est Stéphanie Shirley, une informaticienne britannique, qui est à l’origine de l’une des premières start-up mondiales. Se faisant surnommer « Steve » pour s’imposer dans un milieu d’affaires majoritairement masculin, elle innove en embauchant 99 % de femmes pour développer son entreprise de programmation, Freelance Programmers, créée en 1962. Le succès est au rendez-vous : revendue trente ans plus tard, sa société sera finalement valorisée 3 milliards de dollars.
Le parcours de cette figure méconnue fait partie des grands événements mis en avant dans « Le sens de l’histoire », une petite expo-parcours présentée le 17 mai au sein de l’espace de coworking Kwerk Haussmann, à Paris (dans le VIIIe arrondissement). Instauration du congé parental partagé en Suède en 1974, introduction du mot « sexisme » dans Le Petit Robert en 1978… Autant d’événements qui ont marqué la place des femmes au travail et dans la société.
« Dispositif événementiel »
Composée d’une petite dizaine de panneaux, cette exposition est en fait un « dispositif événementiel », développé par une agence de communication dédiée aux sujets de la diversité. Tell Me The Truffe, c’est son nom, souhaite commercialiser cette exposition auprès des entreprises qui souhaiteraient sensibiliser leurs salariés aux questions de l’égalité professionnelle hommes-femmes.

Le fait qu’une agence de communication cherche à se développer sur cette thématique, au lendemain du mouvement « #metoo », est assez révélateur. Jusqu’ici, Tell Me The Truffe était surtout sollicitée par les entreprises pour mener des actions de communication sur les thématiques « handicap » ou « diversité » de façon générale. « Très clairement, il y a eu une demande croissante de la part des entreprises dès la loi handicap de 2005 et l’instauration de “quotas” de salariés en situation de handicap », relève David Herz, cofondateur de l’agence.
L’égalité salariale dans...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.
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« Reconnaissons aux zadistes un droit à l’expérimentation »

L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h54
    |

Bernard Paranque (Professeur d’économie, titulaire de la chaire ­ « Finance autrement » à Kedge ­Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Les affrontements sur le site de Notre-Dame-des-Landes ont occulté un débat important, car si on peut dénoncer ces violences, il n’en reste pas moins que rien n’est dit, ou presque, sur le projet social tenté par les zadistes.
Certes, on peut s’interroger sur leur modèle économique et sur sa cohérence, mais il est plus étrange de ne poser ces interrogations que dans le cadre du marché et de la propriété privée, comme si l’un et l’autre étaient l’alpha et l’oméga de toute circulation économique. On peut à l’inverse partir de leur projet social, dans lequel l’économique n’est qu’une composante soumise à d’autres principes d’action et de coordination que le seul marché et la seule propriété privée.
Des propriétés et des pratiques diverses
Contrairement aux apparences, ces deux concepts ne sont ni simples, ni des réalités évidentes dans leurs contenus. Le marché capitaliste n’est qu’une forme de circulation des biens et services parmi d’autres, mais qui fonctionne de manière spécifique avec une double inégalité, dans le contrôle des moyens de production et dans le processus de décisions qui régit la répartition des richesses. Ces deux points sont une sérieuse limite à la liberté individuelle au vu des inégalités sociales qu’ils engendrent.

Comme l’a montré l’anthropologue Alain Testart, cet échange marchand capitaliste n’est qu’un cas particulier, bien qu’il soit dominant, parmi d’autres formes de circulation, dont le don, la réciprocité et l’échange non marchand, qui fonctionnent selon d’autres principes. Ainsi, quand on parle de marché comme une évidence, encore faut-il rappeler que dans les faits, il s’agit déjà d’un choix qui ne vise qu’à justifier un certain ordre social, ce qui est la définition d’un discours idéologique si l’on suit Ricœur, en proposant une certaine forme de circulation fondée sur la propriété privée des moyens de production.
Mais là encore, il n’y a pas une propriété mais des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.
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Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales

Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Si le gouvernement ne sait pas comment s’y prendre pour réduire les dépenses publiques, il dispose d’une administration, prestigieuse mais crainte – voire honnie, parfois –, qui saura toujours lui souffler des idées : la direction du budget. Celle-ci a récemment formulé de « premières pistes d’économies » portant sur des dispositifs d’aide aux ménages, en général, et aux personnes démunies. Synthétisées dans un document qui s’intitule « Transformer les prestations sociales », que Le Monde s’est procuré, ces propositions seraient susceptibles – pour plusieurs d’entre elles – de provoquer un tollé si elles étaient mises en œuvre. Il ne s’agit que de « travaux techniques », qui ne se situent pas du tout au « niveau politique », fait-on valoir dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Mais l’inventivité des hauts fonctionnaires de Bercy pour alléger le montant de la facture peut cependant nourrir quelques inquiétudes.
La direction du budget part du constat que les prestations sociales constituent « un poids croissant », représentant 26 % des dépenses publiques en 2016 (soit près de cinq points supplémentaires en une quinzaine d’années). « Plusieurs approches [sont] possibles pour maîtriser la dynamique », écrit-elle : ne plus indexer (totalement ou partiellement) la progression des aides à l’évolution des prix, « revoir les règles d’éligibilité », mieux prendre en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l’allocation, encourager le retour à l’emploi – par exemple en conditionnant l’octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d’un poste, etc.

Le document ne précise pas le montant d’économies induites par les diverses options esquissées, sauf dans un cas : le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…), « pourrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.
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« La présidence Macron met au défi les institutions et la société civile »

Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les mouvements sociaux qui accompagnent les réformes économiques d’Emmanuel Macron illustrent les antagonismes profonds qui fracturent notre société. Il y a, bien sûr, les enjeux touchant directement aux réformes : la nécessaire modernisation de notre économie d’un côté, et la légitime défense des acquis sociaux de l’autre. Mais il y a surtout une conception du pouvoir qui divise, entre les tenants d’un présidentialisme vertical et souverain et ceux qui militent pour une démocratie participative et populaire.
Ce conflit idéologique traverse l’histoire de notre pays, se traduisant par des insurrections chroniques et une défiance certaine d’une partie de la population à l’égard de nos institutions et de leurs représentants. En France, le pouvoir est rarement populaire, quelles que soient les époques. Entre ceux qui reprochent aux chefs de ne pas « cheffer » assez et ceux qui se désolent de devoir considérer leurs supérieurs comme des maîtres, le compromis semble difficile.
Ce désaccord sur l’organisation du pouvoir nous porte préjudice à l’heure de réformer notre économie. Faute de consensus populaire, les gouvernements successifs paraissent condamnés à l’isolement et privilégient des solutions politiques en forme de demi-mesures. Mêmes les réformes annoncées par Emmanuel Macron obéissent à cette logique, laissant en réalité bien des problèmes sans réponse.
A l’échelle des présidences passées, l’action du chef de l’Etat semble audacieuse et réformatrice. Mais examinée dans le détail, elle révèle une certaine impuissance à changer la donne. La réforme du marché du travail de l’été 2017 n’a pas la dimension structurelle attendue. Celle du statut des cheminots de la SNCF ne modifie pas sensiblement l’organisation des chemins de fer de notre pays.
Une logique de compromis
La forfaitisation délictuelle du cannabis annoncée aura des effets pratiquement imperceptibles… La présidence, tout verticale qu’elle soit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Plan Borloo : « Donnons-nous les moyens d’inverser la tendance »

Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h41
    |

Francis Chouat (Maire d’Evry et président de l’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart)







                        



                                


                            

Tribune. Pour la première fois depuis longtemps, c’est le président de la République lui-même qui annoncera, le 22 mai, ce qu’il retient du rapport Borloo sur les banlieues. C’est le plus beau signe et, j’espère, le plus fort, que la République peut adresser aux six millions de personnes qui vivent dans ces bouts de France où la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité recule quand l’exclusion, la violence, l’insécurité, le communautarisme ne cessent de les gangrener malgré trente années de mobilisation, d’abnégation et de milliards investis.
J’entends le scepticisme ambiant : énième plan, recyclage de mesures inefficaces, manque de moyens, dernière station avant le chaos, etc. Mais je ne le partage pas. Je veux dire pourquoi j’ai la conviction que, cette fois, avec le rapport Borloo, nous pouvons retrouver espoir et basculer vers le meilleur. Je suis maire d’Evry, ancienne ville nouvelle où l’avenir devait être radieux il y a cinquante ans.

Depuis vingt ans, notre territoire est considéré comme prioritaire avec une politique de la ville, qui induit une nécessaire cohésion urbaine et une indispensable solidarité vis-à-vis des quartiers défavorisés pour restaurer l’égalité républicaine et améliorer le quotidien des habitants. Je suis président d’une agglomération de 350 000 habitants en grande banlieue sud de Paris dont 25 % vivent dans dix-neuf quartiers prioritaires. Je sais donc de quoi je parle. Et je suis très sensible au sentiment d’épuisement, voire de renoncement qui gagne trop d’élus, de citoyens et de bénévoles associatifs.
Apartheid social et territorial
Lorsque, dès 2014, j’ai parlé avec Manuel Valls d’apartheid social et territorial, les adeptes de l’eau tiède ont crié à l’exagération et à l’outrance. Plus personne ne conteste aujourd’hui que la crise des banlieues est tout sauf classique. Les mécanismes de la ségrégation sont cumulatifs au point que la vitesse de cristallisation...




                        

                        

