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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.
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Plan Borloo : il faut « faire le choix de l’universalité »

Dans une tribune au « Monde », le député LRM Aurélien Taché dénonce l’existence de plafonds de verre qui privent une large minorité d’accès à des droits fondamentaux comme le logement, la formation, une éducation et des soins de qualité.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h14
    |

Aurélien Taché (Député LRM du Val-d'Oise)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a un an, Emmanuel Macron remportait l’élection présidentielle, sur la base d’une promesse : celle de rebattre totalement les cartes et d’ouvrir le jeu à ceux qui jusqu’ici, n’étaient jamais autour de la table. L’immobilisme qui prévaut depuis des années a conduit à des rentes de situation dans tous les domaines – politiques, économiques, culturels – et à ankyloser un pays tout entier. Il était donc devenu urgent, vital même, de faire respirer la France.
Mais le renouvellement sans précédent de la vie politique permis par cette victoire, qui devra d’ailleurs se poursuivre lors des prochaines élections, doit désormais trouver un prolongement dans tous les segments de la société. Car si la promesse d’émancipation n’est pas tenue, alors la confiance sera rompue. Pour y arriver, notre boussole des quatre prochaines années doit être celle de l’universalité.
Des plafonds de verres infinis
Il n’existe en effet qu’une seule minorité dans notre pays : celle qui est privée d’accès. D’accès au logement, à la formation, à une éducation et des soins de qualité… D’accès à des responsabilités, à la capacité de mener à bien ses projets. D’accès à ses rêves et à la possibilité de se réaliser. Pour notre génération, peut-on seulement encore parler de minorité ?
Pour elle en effet, les plafonds de verres sont infinis : de genre, d’âge, d’origine culturelle ou sociale et dans certains quartiers ou villages, ils arrivent parfois à tous se recouper et à faire que ceux qui y vivent se sentent en France comme étrangers, prisonniers devant des ascenseurs ou des trains bloqués, au sens propre comme figuré.

Pourtant que l’on s’appelle Karim ou Mickaël, Fatou ou Isabelle, qu’on vive à Cergy (Val-d’Oise) ou à Guéret (Creuse), aucun territoire, aucune frontière matérielle ou immatérielle ne devrait être indépassable. C’est pour ces raisons qu’il était urgent d’y créer des classes de CP de douze d’élèves et d’y inciter les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez explique que les stupidités, les escroqueries ou les erreurs stratégiques sont les contreparties du manque de discernement de dirigeants-fondateurs cumulant les fonctions de président et de directeur général et donc les pouvoirs de direction et de contrôle.
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Les « histoires hallucinantes » de la Silicon Valley

Dans sa chronique, l’économiste Pierre-Yves Gomez explique que les stupidités, les escroqueries ou les erreurs stratégiques sont les contreparties du manque de discernement de dirigeants-fondateurs cumulant les fonctions de président et de directeur général et donc les pouvoirs de direction et de contrôle.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h00
    |

                            Pierre-Yves Gomez (Economiste et professeur de stratégie à l'EM Lyon)








                        



                                


                            

Entreprises. En 1968, la Californie faisait déjà rêver les jeunes en leur ouvrant des perspectives de paradis artificiels, de liberté hippie et de pacifisme fleuri. Cinquante ans plus tard, elle envoûte désormais par son business disruptif, l’aplomb avec lequel de jeunes businessmen affirment de nouveau qu’ils vont changer le monde et les parfums de dollars qui s’en dégagent.
Les fumées commencent pourtant à se dissiper un peu sur les révolutions économiques et sociales qu’on y conçoit. La ridicule affaire Juicero a sonné comme un réveil brutal. Cette start-up fondée en 2013 promettait de démocratiser la consommation mondiale de jus de fruits. Son fondateur, Doug Evans, avait inventé une machine capable d’appliquer trois tonnes de pression sur une poche contenant des fruits frais déjà pelés et découpés pour en extraire le jus.

Il avait levé 120 millions auprès de fonds de capital-risque comme Google Venture ou Kleiner Perkins (qui investit aussi chez Google, Twitter, Amazon). Hélas, deux journalistes de Bloomberg ont montré dans une vidéo que le résultat obtenu par cette merveille technologique vendue 700 dollars pouvait l’être… en pressant simplement la poche de ses mains. Devenue la risée de Palo Alto, Juicero a fermé en septembre 2017.
Résultats quasi inexistants et chiffres truqués
Moins drôle est l’histoire de Theranos. Fondée en 2003 par Elizabeth Holmes, âgée de 19 ans, la start-up se donnait pour mission de métamorphoser l’industrie de l’analyse médicale grâce à une technique géniale permettant de réaliser 200 types d’examens en prélevant seulement quelques gouttes de sang d’un patient.
Theranos a levé 700 millions de dollars auprès d’investisseurs, sa capitalisation a dépassé les 10 milliards en 2014 et sa dirigeante est devenue une des stars milliardaires les plus médiatisées de la Silicon Valley. Jusqu’à ce qu’en mars 2018 l’escroquerie de l’icône des start-up soit éventée : la technologie était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.
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Mai 68 vu par les Jésuites

La revue « Etudes » toilette sa formule et consacre un large dossier au cinquantenaire des événements.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h34
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Pour son numéro de printemps, Etudes a toiletté sa formule. Afin de « gagner en clarté », la revue de « culture contemporaine » fondée en 1856 par des pères de la Compagnie de Jésus a modifié sa maquette. Comme chaque mois, la revue s’attarde sur des thématiques qui font écho à l’actualité : la place des religions dans le monde désormais sécularisé des relations internationales, la réforme des lois de bioéthique à l’heure de la ­ « transition individualiste », mais aussi l’incontournable anniversaire des 50 ans de Mai 68.
Pour fêter ce cinquantenaire, la revue jésuite s’est adressée à Dominique Julia, historien de l’Ancien Régime et de la Révolution. Dans le numéro de mai-juin 1968, ce jeune agrégé d’histoire, qui était alors assistant à la faculté des lettres et sciences humaines de Paris, avait rédigé un article sur le mouvement étudiant. Cinquante ans plus tard, l’historien revient sur la place des chrétiens dans la révolte du joli mois de Mai. « Mai 68 n’a fait qu’accélérer leur immersion dans le siècle, fût-ce au prix d’un éloignement complet de l’institution. »
« Exil intérieur »
Les militants chrétiens qui ont participé à mai 1968, résume Dominique Julia, étaient « inaudibles en paroisse ». Un « exil intérieur » analysé, dès 1974, par Michel de Certeau, l’un des principaux animateurs de la revue Etudes, dans Le Christianisme éclaté (Seuil) : il soulignait alors, avec Jean-Marie ­Domenach, « le discrédit de l’institution ecclésiale, magistérielle ou sacramentaire, théologique ou liturgique », rappelle Dominique Julia. « Les engagements des militants chrétiens des années 1960-1970 se sont déplacés vers une action plus “sécularisée” », analyse l’historien.
Dans ce même numéro, l’ethno­psychiatre Tobie Nathan raconte sa jeunesse de lycéen situationniste, puis de militant maoïste. Etudiant en sociologie en 1968, il s’est retrouvé dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.
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« Reconnaissons aux zadistes un droit à l’expérimentation »

L’économiste Bernard Paranque, dans une tribune au « Monde », voit dans les modes d’organisation sociale proposés à Notre-Dame-des-Landes une expérimentation dépassant les canons de l’économie classique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h54
    |

Bernard Paranque (Professeur d’économie, titulaire de la chaire ­ « Finance autrement » à Kedge ­Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Les affrontements sur le site de Notre-Dame-des-Landes ont occulté un débat important, car si on peut dénoncer ces violences, il n’en reste pas moins que rien n’est dit, ou presque, sur le projet social tenté par les zadistes.
Certes, on peut s’interroger sur leur modèle économique et sur sa cohérence, mais il est plus étrange de ne poser ces interrogations que dans le cadre du marché et de la propriété privée, comme si l’un et l’autre étaient l’alpha et l’oméga de toute circulation économique. On peut à l’inverse partir de leur projet social, dans lequel l’économique n’est qu’une composante soumise à d’autres principes d’action et de coordination que le seul marché et la seule propriété privée.
Des propriétés et des pratiques diverses
Contrairement aux apparences, ces deux concepts ne sont ni simples, ni des réalités évidentes dans leurs contenus. Le marché capitaliste n’est qu’une forme de circulation des biens et services parmi d’autres, mais qui fonctionne de manière spécifique avec une double inégalité, dans le contrôle des moyens de production et dans le processus de décisions qui régit la répartition des richesses. Ces deux points sont une sérieuse limite à la liberté individuelle au vu des inégalités sociales qu’ils engendrent.

Comme l’a montré l’anthropologue Alain Testart, cet échange marchand capitaliste n’est qu’un cas particulier, bien qu’il soit dominant, parmi d’autres formes de circulation, dont le don, la réciprocité et l’échange non marchand, qui fonctionnent selon d’autres principes. Ainsi, quand on parle de marché comme une évidence, encore faut-il rappeler que dans les faits, il s’agit déjà d’un choix qui ne vise qu’à justifier un certain ordre social, ce qui est la définition d’un discours idéologique si l’on suit Ricœur, en proposant une certaine forme de circulation fondée sur la propriété privée des moyens de production.
Mais là encore, il n’y a pas une propriété mais des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Le rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique en Seine-Saint-Denis dresse le bilan d’une « République en échec ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Le « 9-3 », condensé de toutes les fractures sociales

Editorial. Le rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique en Seine-Saint-Denis dresse le bilan d’une « République en échec ».



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h08
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le « 9-3 » – autrement dit la Seine-Saint-Denis, comme personne ne peut l’ignorer tant ces chiffres sont devenus le symbole des banlieues « difficiles » et des ghettos urbains – détient un triste privilège. Aux portes de Paris, ce département, où vit 1,6 million d’habitants, offre un concentré de toutes les fractures qui minent la société française.
Ce constat est désolant, car les quelques lignes qui précèdent sont, à l’identique, celles que nous publiions déjà, en 2011, à propos de ce département francilien. Il a quelque chose de désespérant, tant il s’enracine dans une histoire désormais vieille de trois ou quatre décennies.
Les rapports innombrables, les visites ministérielles incessantes, les indicateurs les plus cruels, les cris d’alarme des élus locaux et leur lassitude croissante, les bouffées de violence récurrentes, l’insécurité endémique qui sape la qualité de vie quotidienne, l’inquiétude lancinante devant les dérives communautaires, ou encore les mises en garde d’un Jean-Pierre Chevènement en 1998 ou d’un Manuel Valls en 2015 contre la menace d’« apartheid social » : rien n’y a fait. Comme si, en dépit des proclamations officielles et des solidarités locales, ce territoire en déshérence était victime d’une fatalité.
Des sous-effectifs de fonctionnaires « injustifiables »
L’enquête menée par deux députés, François Cornut-Gentille, élu Les Républicains de Haute-Marne, et Rodrigue Kokouendo, élu La République en marche de Seine-et-Marne, le confirme. Leur rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique en Seine-Saint-Denis dresse le bilan sévère d’une « République en échec » et d’une action de l’Etat « inégalitaire et inadaptée ».

        Lire aussi :
         

                En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté »



Tous les chiffres, en effet, font du « 9-3 » un territoire hors normes républicaines. Ils sont d’autant plus alarmants qu’ils se cumulent : un taux de chômage de 12,7 %, de 3 points supérieur à la moyenne nationale, de 4 points à la moyenne de l’Ile-de-France ; un revenu médian mensuel d’à peine 1 300 euros, soit 300 euros de moins que la moyenne nationale et 500 de moins que la moyenne de la région ; un taux de pauvreté de 28 % (le double de la France métropolitaine) ; des familles monoparentales pauvres plus nombreuses qu’ailleurs.
A quoi s’ajoute, en dépit de dispositifs d’éducation prioritaire massifs, un taux de décrochage scolaire très supérieur à la moyenne et un taux d’absentéisme des enseignants qui ne permet pas d’assurer pleinement la continuité de l’enseignement. « A mission égale », écrivent les deux députés, les sous-effectifs de fonctionnaires sont « injustifiables ». C’est vrai des policiers comme des enseignants, des magistrats comme des médecins scolaires.
« Les correctifs mis en place se sont étiolés »
Les pouvoirs publics, pourtant, ne sont pas restés inactifs, en Seine-Saint-Denis comme dans les quelque 200 banlieues déshéritées du pays. D’indéniables efforts ont été consacrés, depuis des années, à la rénovation de l’habitat, à l’amélioration des transports en commun (même si elle reste trop lente), à la mise en œuvre de multiples politiques sociales visant à compenser ces handicaps.
Mais, comme le notait récemment Jean-Louis Borloo dans le rapport sur les banlieues remis le 2 mai au premier ministre, « les correctifs mis en place il y a plus de dix ans se sont étiolés et estompés ». Le président de la République se veut le chantre de « l’égalité réelle ». La Seine-Saint-Denis devrait lui fournir le meilleur terrain pour démontrer que l’on peut passer de la parole aux actes.
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        0 km"
            data-slide-description="Paris, Porte de la Villette : la tour La Villette, aujourd’hui vide, située côté Aubervilliers."
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        0,6 km"
            data-slide-description="L’Espace Cinéma, fermé depuis 2010, à Pantin."
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        2,3 km"
            data-slide-description="Stade des PTT de Paris, rue Edouard- Renard, à Pantin."
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        Caroline Bolzinger, 37 ans, directrice artistique"
            data-slide-description="« Pour moi, le principal problème en Seine-Saint-Denis c’est le remplacement des professeurs. Les gens ont peur de se retrouver à Bobigny. Même dans les écoles privées c’est difficile de trouver des remplaçants. »"
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        3,3 km"
            data-slide-description="Maison du peuple Guy Moquet, à La Courneuve."
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        2,9 km"
            data-slide-description="Au métro La Courneuve-8 Mai 1945."
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        3 km"
            data-slide-description="Avenue Paul-Vaillant-Couturier, à La Courneuve."
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        3,4 km"
            data-slide-description="124, avenue Paul-Vaillant-Couturier, La Courneuve."
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        Samy Wiwi, 28 ans, distribue une marque de vêtement d'un rappeur local"
            data-slide-description="« Je suis né dans le 93. Il n’y a pas assez de mise en avant pour les jeunes. Dans la scolarité et le sport, on a beaucoup de talents qui ne se font pas reconnaître. Pas assez de recrutement pour les jeunes sportifs. A l’école on lui dit “fais le même métier que ton père” alors qu’il pourrait faire une bonne école d’avocat. Il y a un manque d’orientation. On ne nous trouve pas d’école. On n’a pas assez de choix. Le rectorat nous envoie dans une école à trois ou quatre heure de chez nous. »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Avenue de la Division-Leclerc, au Bourget."
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        4,6 km"
            data-slide-description="L’ancien cinéma Aviatic, fermé depuis la fin des années 1980, au 26 avenue de la Division-Leclerc au Bourget."
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        6,6 km"
            data-slide-description="Le Musée de l’air et de l’espace, au Bourget."
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        4,7 km"
            data-slide-description="Avenue de la Division-Leclerc, au Bourget."
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        7,2 km"
            data-slide-description="Au Blanc-Mesnil."
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        Karen Fingerhut, 47 ans, décoratrice"
            data-slide-description="« Aux Lilas on à vu disparaitre tous les médecins spécialistes. Trouver un dermato ici c’est impossible. Il faut aller à Paris. De moins en moins de spécialistes sur place. »"
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        7,1 km"
            data-slide-description="La Cité 212, conçue par l’architecte Germain Dorel, dans les années 1930 (avenue du 8-mai-1945, au Blanc-Mesnil). A l’origine, une ligne de tramway reliait directement la cité au quartier parisien de l’Opéra."
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        7,4 km"
            data-slide-description="Au Blanc-Mesnil"
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Paris, Porte de la Villette : la tour La Villette, aujourd’hui vide, située côté Aubervilliers.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« La présidence Macron met au défi les institutions et la société civile »

Les membres du « think tank » Le Jour d’Après expliquent, dans une tribune au « Monde », qu’il n’y aura pas de réforme possible sans assurer un échange réel entre le pouvoir exécutif et la société civile.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h56
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Les mouvements sociaux qui accompagnent les réformes économiques d’Emmanuel Macron illustrent les antagonismes profonds qui fracturent notre société. Il y a, bien sûr, les enjeux touchant directement aux réformes : la nécessaire modernisation de notre économie d’un côté, et la légitime défense des acquis sociaux de l’autre. Mais il y a surtout une conception du pouvoir qui divise, entre les tenants d’un présidentialisme vertical et souverain et ceux qui militent pour une démocratie participative et populaire.
Ce conflit idéologique traverse l’histoire de notre pays, se traduisant par des insurrections chroniques et une défiance certaine d’une partie de la population à l’égard de nos institutions et de leurs représentants. En France, le pouvoir est rarement populaire, quelles que soient les époques. Entre ceux qui reprochent aux chefs de ne pas « cheffer » assez et ceux qui se désolent de devoir considérer leurs supérieurs comme des maîtres, le compromis semble difficile.
Ce désaccord sur l’organisation du pouvoir nous porte préjudice à l’heure de réformer notre économie. Faute de consensus populaire, les gouvernements successifs paraissent condamnés à l’isolement et privilégient des solutions politiques en forme de demi-mesures. Mêmes les réformes annoncées par Emmanuel Macron obéissent à cette logique, laissant en réalité bien des problèmes sans réponse.
A l’échelle des présidences passées, l’action du chef de l’Etat semble audacieuse et réformatrice. Mais examinée dans le détail, elle révèle une certaine impuissance à changer la donne. La réforme du marché du travail de l’été 2017 n’a pas la dimension structurelle attendue. Celle du statut des cheminots de la SNCF ne modifie pas sensiblement l’organisation des chemins de fer de notre pays.
Une logique de compromis
La forfaitisation délictuelle du cannabis annoncée aura des effets pratiquement imperceptibles… La présidence, tout verticale qu’elle soit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Mais comment célébrer un créateur de jardins, comme Pascal Cribier ?, souligne Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.
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« Comment cultiver la mémoire d’un jardinier ? »

Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Mais comment célébrer un créateur de jardins, comme Pascal Cribier ?, souligne Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h19
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef)








                        



                                


                            

Chronique. Le jardinier Pascal Cribier est mort il y a deux ans et demi, et on ne s’en remet pas. Ils sont rares les artistes dont l’œuvre, la personnalité, les mots nous ont changés. Il a dessiné 180 jardins en France et à l’étranger. Lors de notre première rencontre, les premiers mots nous avaient tourneboulé : « Jardiner, c’est abîmer la nature. » Donc un jardin de Cribier ne ressemble pas à un jardin. Pas d’alignement au cordeau ni de collections de plantes. Il organisait le vivant, caressait le terrain, guidait le sauvage, jouait avec le climat et l’écoulement des eaux. Il créait des sentiments et des lumières, mariait les plantes avec une audace inouïe. Il avait du style et se foutait du style, ne se répétait jamais.
Ses jardins sont sans clôtures mentales, lui aussi. Il était à la fois architecte, botaniste, paysagiste, urbaniste. Il dessinait et grimpait aux arbres. Il dégageait une énergie folle. Il n’avait pas d’ordinateur ni de téléphone portable, travaillait avec des équipes légères. On ne l’appelait pas, on le rencontrait. Très beau avec son regard bleu éclatant, il vivait la semaine à Paris, jardinait le week-end, buvait du cola et du Condrieu, mangeait « gastro » et des bonbons chimiques.
On ne revient pas en arrière
Un tel profil soulève une question : comment cultiver la mémoire d’un jardinier ? Pour le peintre, il y a ses tableaux, pour l’architecte ses bâtiments, le romancier ses livres. Un jardinier, c’est compliqué. Il meurt, et ses créations aussi. Les plantes évoluent tout comme le goût. Ainsi les jardins sont le plus souvent des recréations, qui répondent à l’idée qu’on s’en fait, loin de ce qu’ils furent. « Giverny, par exemple, est devenu un jardin empaillé pour répondre au goût des Japonais », dit l’historienne et spécialiste des jardins, Monique Mosser.
Cribier poussait loin la conviction qu’on ne revient pas en arrière. Pour lui, tout jardin évolue ou meurt lentement, et cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.
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Plan Borloo : « Donnons-nous les moyens d’inverser la tendance »

Dans une tribune au « Monde », Francis Chouat, maire d’Evry, demande au président Emmanuel Macron de mettre en œuvre les propositions avancées dans le rapport Borloo. Il propose au président de s’appuyer sur les intercommunalités et des métropoles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h41
    |

Francis Chouat (Maire d’Evry et président de l’agglomération Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart)







                        



                                


                            

Tribune. Pour la première fois depuis longtemps, c’est le président de la République lui-même qui annoncera, le 22 mai, ce qu’il retient du rapport Borloo sur les banlieues. C’est le plus beau signe et, j’espère, le plus fort, que la République peut adresser aux six millions de personnes qui vivent dans ces bouts de France où la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité recule quand l’exclusion, la violence, l’insécurité, le communautarisme ne cessent de les gangrener malgré trente années de mobilisation, d’abnégation et de milliards investis.
J’entends le scepticisme ambiant : énième plan, recyclage de mesures inefficaces, manque de moyens, dernière station avant le chaos, etc. Mais je ne le partage pas. Je veux dire pourquoi j’ai la conviction que, cette fois, avec le rapport Borloo, nous pouvons retrouver espoir et basculer vers le meilleur. Je suis maire d’Evry, ancienne ville nouvelle où l’avenir devait être radieux il y a cinquante ans.

Depuis vingt ans, notre territoire est considéré comme prioritaire avec une politique de la ville, qui induit une nécessaire cohésion urbaine et une indispensable solidarité vis-à-vis des quartiers défavorisés pour restaurer l’égalité républicaine et améliorer le quotidien des habitants. Je suis président d’une agglomération de 350 000 habitants en grande banlieue sud de Paris dont 25 % vivent dans dix-neuf quartiers prioritaires. Je sais donc de quoi je parle. Et je suis très sensible au sentiment d’épuisement, voire de renoncement qui gagne trop d’élus, de citoyens et de bénévoles associatifs.
Apartheid social et territorial
Lorsque, dès 2014, j’ai parlé avec Manuel Valls d’apartheid social et territorial, les adeptes de l’eau tiède ont crié à l’exagération et à l’outrance. Plus personne ne conteste aujourd’hui que la crise des banlieues est tout sauf classique. Les mécanismes de la ségrégation sont cumulatifs au point que la vitesse de cristallisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », cinq présidents de région, dont Valérie Pécresse ou Hervé Morin, et un président de conseil territorial, demandent au chef de l’Etat d’appuyer le plan « Vivre ensemble » de l’ancien ministre de la ville Jean-Louis Borloo, en décentralisant.
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Plan Borloo : « Faisons confiance aux pouvoirs locaux »

Dans une tribune au « Monde », cinq présidents de région, dont Valérie Pécresse ou Hervé Morin, et un président de conseil territorial, demandent au chef de l’Etat d’appuyer le plan « Vivre ensemble » de l’ancien ministre de la ville Jean-Louis Borloo, en décentralisant.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h32
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le rapport Borloo « Vivre ensemble, vivre en grand » a sonné l’alerte : la France des quartiers populaires est au plus mal. De multiples fractures la traversent : elles sont urbaines, économiques, sociales, éducatives, culturelles. Le sentiment d’abandon est profond. Le malaise a saisi, depuis longtemps, les élus locaux confrontés à cette réalité qui ne cesse de se déliter. Il est urgent de faire revenir la République dans nos quartiers, afin que soient redonnées à chacun la possibilité d’y vivre bien et la chance d’y réussir sa vie. Nous appelons donc le président de la République à prendre la mesure de la situation et à passer au plus vite à l’action.
Agir pour nos quartiers, c’est d’abord renverser la table et balayer toutes les méthodes qui ont échoué. Un seul exemple, celui de la formation professionnelle : l’heure n’est plus à décider ex cathedra d’un plan national supplémentaire, mais bien d’aller chercher chaque jeune au pied de son immeuble pour l’amener vers une qualification et un métier. La République est généreuse : elle sait prendre par la main pour faire grandir et avancer.

Or, l’Etat ne sait plus mener ce genre d’actions de terrain. Les collectivités territoriales, elles, savent faire. Si l’on veut agir résolument et efficacement pour les quartiers, la mobilisation de toute la République est nécessaire. L’Etat ne pourra pas livrer seul bataille : il devra s’adjoindre les forces et les compétences des pouvoirs locaux et des corps intermédiaires.
Nos régions sont prêtes à s’engager dans le combat. Elles espèrent être suivies par d’autres. Elles connaissent le terrain. Elles ont de l’expérience. Elles savent impulser des partenariats originaux et des dynamiques nouvelles avec les autres collectivités locales, les opérateurs publics et les entreprises. L’agilité, la capacité d’adaptation et la souplesse ne sont pas, pour elles, des vues de l’esprit : ce sont des réalités quotidiennes de leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Aux Etats-Unis, l’industrie culturelle a longtemps aidé les forces de l’ordre à cultiver leur popularité, explique le chercheur Didier Combeau. Mais la diffusion d’images par tout un chacun a changé la donne.
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Aux Etats-Unis, « les violences policières envers les Noirs ont envahi les écrans »

Aux Etats-Unis, l’industrie culturelle a longtemps aidé les forces de l’ordre à cultiver leur popularité, explique le chercheur Didier Combeau. Mais la diffusion d’images par tout un chacun a changé la donne.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h32
    |

            Anne Chemin








                        



                                


                            
Didier Combeau est chercheur au Centre d’études urbaines dans le monde anglophone à Paris-IV-Sorbonne. Il est l’auteur de Polices américaines (Gallimard, 256 p., 20 €).
L’image du policier (« cop ») est historiquement plus positive aux Etats-Unis qu’en France. N’a-t-elle pas été en partie construite grâce à une collaboration avec les studios américains ?
Non seulement les polices américaines ont collaboré avec les studios, mais il n’est pas excessif d’affirmer qu’elles ont dirigé leurs productions. Bien avant la série NYPD blues, en 1924, le chef de la police de New York fournit le scénario d’un film muet où ses agents ont le beau rôle. Dans les années 1930, lorsque Hollywood se met à produire des films de gangsters comme Scarface [1932, de Howard Hawks], J. Edgar Hoover crée au sein du FBI la Crime Record Division, dont le rôle est de fournir la matière pour des films et pour des émissions de radio dont les héros sont des policiers. James ­Cagney incarne ainsi en 1935 le premier d’une longue série de talentueux agents, les G-Men (pour government men), dans le film du même nom réalisé par William Keighley.
Lorsque les postes de télévision se répandent dans les foyers, le département de la police de Los Angeles, la ville des studios, est à l’origine de la première série policière à succès, Dragnet [1951-1959]. Il ouvre ses dossiers aux scénaristes, et la diffusion de chaque épisode des enquêtes de l’incorruptible inspecteur Friday est soumise à son accord. Les polices ont utilisé la fiction pour projeter une image positive en direction du public, du contribuable, des gouvernants, mais aussi des autres polices. Il faut attendre les années 1960 pour que l’industrie culturelle se mette à produire des œuvres plus critiques, comme le film Dirty Harry [1971, de Don Siegel] ou, plus tard, la série Sur écoute [2002-2008].
Dans votre livre, vous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Et si la traite atlantique n’avait pas existé ? Deux historiens proposent au public de réfléchir à un passé alternatif. Le prochain atelier se tient à Toulouse, samedi 19 mai.
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Imaginer l’histoire pour mieux la partager

Et si la traite atlantique n’avait pas existé ? Deux historiens proposent au public de réfléchir à un passé alternatif. Le prochain atelier se tient à Toulouse, samedi 19 mai.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Il y a deux ans, Quentin Deluermoz et Pierre ­Singaravélou signaient un livre-manifeste intitulé Pour une histoire des possibles (Seuil), dont on pourrait résumer l’idée centrale en une ­hypothèse : et si les historiens avaient de l’imagination ? N’y voyez ni mépris ni scandale, la chose est sérieuse au moins depuis que Lucien Febvre (1878-1956) a déclaré que l’imagination était la plus grande qualité de l’historien.
Fière réponse
Les deux universitaires, quadragénaires et spécialistes d’histoire contemporaine, ont décidé de reprendre cette intuition et d’en ­creuser la portée : comment l’imagination se trouve-t-elle enfouie, et volontairement oubliée, dans les fondations de la démarche historienne ? Comment exhumer une puissance injustement occultée ? Ils ont trouvé une fière réponse dans ce qu’ils ont baptisé les « ateliers d’histoire partagée ».
Encore expérimentaux – les prochains se tiendront à Toulouse, ­samedi 19 mai, pendant le festival L’Histoire à venir, puis à Paris en septembre –, ces ateliers prennent la forme de rencontres publiques autour d’une question empruntée au registre contrefactuel : « Et si la traite atlantique n’avait pas existé ? » ou « Et si le roi avait réussi à fuir en 1791 ? » Deux heures souvent n’y suffisent pas tandis que le public émet des propositions que les deux historiens tentent de cadrer, devenant des experts en « plausibilité ».
Exemple ? En novembre 2011, dans le cadre d’un ­forum organisé par la République des idées à Grenoble, Deluermoz et Singaravélou proposaient de réfléchir à la fuite du roi à Varennes, le cas parfait du ­moment-clé, ou turning point : si Louis XVI n’est pas arrêté, mais qu’il revient à la tête d’une armée et met à bas l’Assemblée constituante, que se passe-t-il ? L’exercice intimide peu le public car il relève du sens commun : si le nez de Cléopâtre avait été plus court, si ­Hitler avait gagné la guerre, nous sommes familiers de ce type de jeu.
Rappeler les dynamiques...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
    |

Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/05/2018
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Député, ce dur métier d’élite

Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h15
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                            Etienne Ollion (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Il est des phrases prononcées à demi-mot qui ne passent pas inaperçues. Depuis les élections législatives du printemps 2017, plusieurs députés ont exprimé leur mécontentement.
Les revenus, jugés insuffisants par certains, furent d’abord mis en cause : « Difficile de joindre les deux bouts », a glissé un élu ; financièrement, « ça ne peut pas durer », a ajouté un autre. Jusqu’à cette déclaration rapportée par le journal L’Opinion : « Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes. J’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager », se serait plainte une parlementaire de La République en marche (LRM).
Accueil frais
L’argent n’est pas leur seul grief. Le rythme de vie, imposé par une activité qui oblige à passer de longues journées à Paris et condamne souvent les week-ends à n’être qu’une succession de réunions, de permanences et d’inaugurations, est aussi régulièrement déploré. Après six mois de mandat, plusieurs élus se sont publiquement émus de ce rythme effréné, comme de leurs absences à répétition du domicile familial. Certains s’inquiètent même pour leur vie conjugale, allant jusqu’à prédire un taux de divorce sans précédent.
Et depuis presque un an, c’est la condition même du député qui est régulièrement évoquée de façon négative. Activité sous pression constante qui ne laisse que peu de temps pour s’investir pleinement, travail répétitif, quotidien où les rôles sont largement prescrits et les marges de manœuvre limitées : certains élus ont du mal à se faire à leur nouvelle vie.
C’est peu de dire que ces doléances, quand elles ont été rendues publiques, ont reçu un accueil frais. Il faut dire que le montant de l’indemnité parlementaire a peu de chance de susciter de la pitié pour les élus, même pour ceux qui, en quittant leur ancienne profession, auraient vu leur pouvoir d’achat diminuer. D’un montant de 5 700 euros net par mois pour les députés sans responsabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.
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Cambridge Analytica : « Pour regagner le contrôle des données, les citoyens doivent remettre en cause le système dans son ensemble »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
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Ivan Manokha (Docteur en relations internationales et enseignant-chercheur à l’Université d’Oxford, spécialiste de la surveillance et de la protect...







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 mai, quarante-six jours après l’éclatement du scandale Cambridge Analytica, cette société de conseil politique londonienne ainsi que sa maison mère Strategic Communication Laboratories (SCL) ont annoncé leur fermeture. L’annonce est intervenue à la suite d’une campagne massive des médias, de la société civile et de la sphère politique internationale, s’appuyant sur les révélations des articles de l’Observer et du New York Times sur le vol des données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook par cette société.

Faut-il célébrer un tel aboutissement de la mobilisation contre Cambridge Analytica, ou devrions-nous nous inquiéter que le scandale puisse prendre fin aussi facilement ? La résolution de cette affaire aura eu des conséquences majeures. Elle a contribué à renforcer la distinction entre les moyens dissimulés de collecte de données, et ceux considérés comme légitimes. Toutefois, seule la collecte de données à l’insu de leur propriétaire a été condamnée. L’acquisition quotidienne de quantités gigantesques de données personnelles et leur monétisation pratiquées par des plates-formes numériques ont en revanche été validées.
Car l’affaire Cambridge Analytica conduit de manière plus fondamentale à se poser deux questions : quelles sont les conditions qui rendent possible la collecte de données « légitimes » et quelles en sont les conséquences sociétales ?
Collecte permanente
Nous vivons dans un monde marqué par deux nouveautés importantes. La première est le développement d’une nouvelle marchandise, les « données utilisateur », qui peut s’ajouter à la liste des trois « marchandises fictives » de Karl Polanyi (terre, travail et argent), c’est-à-dire les objets qui ne sont pas initialement produits pour la vente, mais qui deviennent marchandises vendables dans le cadre du capitalisme.
Le capital de plate-forme ne devient capital que lorsqu’il est combiné aux données de l’utilisateur,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.
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« La stratégie de la CFDT » en question

Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
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                            Philippe Askenazy (Economiste, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Tendances France. Quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, la CFDT est devenue officiellement le premier syndicat de France, à la faveur du dernier cycle des élections professionnelles. L’élection d’Emmanuel Macron était également de bon augure pour le syndicat, dont beaucoup de proches avaient soutenu le candidat, voire directement participé à ses équipes de campagne. Mais un an après, le scénario enchanté n’est pas au rendez-vous.
Pour les gouvernements, la CFDT était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT
Jusqu’ici, même s’il n’y a pas ­encore de mesure globale d’audience hormis les élections prud’homales, la hiérarchie syndicale semblait évidente : la CFDT était le deuxième syndicat hexagonal, devant FO, mais derrière la CGT. La stratégie nationale de la CFDT était alors bien huilée. Pour les gouvernements, elle était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT. Il fallait donc obtenir l’accord de la CFDT, qui était ainsi en position d’obtenir des concessions.
Plus la grogne était puissante, plus la concession était importante. La plus spectaculaire a été, lors de la réforme Fillon des retraites, les départs anticipés pour carrière longue : des dizaines de milliers de travailleurs ayant débuté tôt leur vie professionnelle, encore mineurs pour la plupart, ont pu obtenir une retraite pleine. Le succès du dispositif a dépassé très largement les estimations des administrations. Ce jeu s’est répété de gouvernement en gouvernement. La dernière concession importante a concerné à nouveau les retraites, avec la création du compte pénibilité à partir de janvier 2015. Alors que la CGT échouait à rejeter les réformes, la CFDT obtenait de nouveaux droits pour les travailleurs.
Prochaine étape : la SNCF
La CFDT était également très active au niveau des entreprises, cherchant à la fois à élargir son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.
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« Le risque majeur qui pèse sur le cinéma français est qu’il perde le contrôle de son propre avenir »

L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h34
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, cofondateur de l’ObSoCo (L’Observatoire société et consommation))







                        



                                


                            
Tribune. L’étude réalisée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) pour Unifrance sur la manière dont la filière française du cinéma perçoit son avenir à dix ans révèle bien un microcosme convaincu de traverser un épisode de mutation. Mais si le rôle du numérique est clairement identifié, les personnes interrogées peinent toutefois à se prêter au jeu des anticipations, et les visions de ce que pourrait être la filière du cinéma en 2027 paraissent marquées d’un conservatisme teinté d’optimisme.
Cet optimisme est visible à deux niveaux, qui constituent des nœuds de l’économie de la filière. Tout d’abord, le marché, que 61 % des répondants anticipent en croissance à l’échelle mondiale. Les débouchés promis par les pays émergents nourrissent cet élan d’optimisme, mais les prévisions sont à peine moins favorables concernant le marché français.

Or, si le cinéma français a plutôt bien traversé les crises antérieures, ce n’est pas le cas de tous les cinémas nationaux. Cette exception française tient pour beaucoup à un cadre institutionnel original dont découle une régulation efficace et protectrice. Mais aujourd’hui, la question centrale est celle de la capacité de ce système à s’adapter à une nouvelle donne sans compromettre les grands équilibres qui président au bon fonctionnement de la filière.
Myopie
Or, la révolution numérique en cours menace le système de financement. A commencer par la télévision, dont les répondants anticipent clairement le recul de la capacité contributive. Les professionnels sont beaucoup plus optimistes quant à l’avenir de la salle. Mais ne sont-ils pas victimes d’une myopie entretenue par une croyance profondément ancrée : rien ne remplacera jamais l’émotion qui naît de la vision d’un film en salle. Et pourtant, comment ne pas voir que le succès des nouveaux supports s’appuie non pas sur « le film de cinéma » mais sur d’autres formats, en particulier les séries, qui explorent d’autres modes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.
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« Mettre à l’heure du jour l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine »

Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h14
    |

Alexandre Casella (Ancien représentant régional pour le Moyen-Orient du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés)







                        



                                


                            
Tribune. Les récentes démonstrations à Gaza, en remettant l’accent sur le problème des réfugiés Palestiniens donnent lieu à une autre interrogation : soixante-dix ans après sa création l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), n’est-elle pas devenue une partie du problème ? Suite à la création d’Israël et de la guerre qui s’en suivit quelque 720 000 Palestiniens qui habitaient à l’intérieur des frontières du nouvel Etat se refugièrent dans les pays arabes environnants. Pour faire face à la crise humanitaire consécutive à cet exode, l’ONU, pour ne pas dire les pays occidentaux, créèrent l’UNRWA dont la tache était de gérer les camps abritant les réfugiés.
Selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire
A sa naissance, la création de l’UNRWA arrangeait tout le monde. Pour Israël c’était la certitude que quelqu’un pourvoirait aux besoins de réfugiés palestiniens et que leur retour, dont l’Etat juif ne voulait pas, n’était pas une priorité. Quant aux Etats arabes qui avaient adopté à l’égard d’Israël la politique des trois non – pas de paix, pas de reconnaissance, pas de négociation – ils avaient décidé de ne pas intégrer les réfugiés palestiniens mais de les maintenir dans des camps afin de s’en servir comme moyen de pression contre le nouvel état. Que les pays occidentaux, par l’intermédiaire de l’UNRWA financent les camps était un moyen de pérenniser le problème sans devoir en assumer les frais.
On estime aujourd’hui que des 720 000 réfugiés palestiniens, qui avaient fui Israël en 1948, quelque 40 000 sont encore en vie. Or, l’UNRWA en comptabilise 7, 2 millions. La réalité derrière ce chiffre tient au fait que selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire. Le résultat, c’est que le nombre de réfugiés palestiniens ne fait que croître, selon un processus qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
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En Italie, l’arrivée au pouvoir de la Ligue et du M5S, un défi mortifère pour l’Europe

Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 12h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’était il y a à peine plus d’un an, autant dire un siècle. Le 25 mars 2017, 28 chefs d’Etat et de gouvernement avaient célébré depuis la colline surplombant les forums impériaux à Rome les 60 ans du traité fondateur de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, ces fastes semblent bien loin, et les images arrivant d’Italie envoient au reste du continent un message bien plus inquiétant.
Alors que le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (droite souverainiste) mettent la dernière main à leur « contrat pour un gouvernement de changement », l’Italie, membre fondateur de l’UE, pourrait se retrouver, dans quelques jours, dirigée par un gouvernement eurosceptique, qui menace les fondements mêmes de la construction européenne.

        Lire aussi :
         

                Italie : la presse publie une version du « contrat » entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles



Certes, les deux mois écoulés, depuis les législatives du 4 mars, qui, sans désigner de vainqueur, ont consacré la prééminence des 5 étoiles et de la Ligue, ont réservé tellement de fausses pistes et de coups de théâtre qu’il faut rester prudent. Mais la volonté d’aboutir manifestée par les deux mouvements est évidente, et ils sont désormais trop engagés pour faire demi-tour sans dommages pour leur crédibilité.
Certes, la Ligue du Nord (aujourd’hui la Ligue), née il y a moins de trente ans du rejet de Roma ladra (Rome la voleuse), et le Mouvement 5 étoiles, porté sur les fonts baptismaux en 2009 par un humoriste et un informaticien sur la lancée du succès du « Vaffa Day » (littéralement « jour du “va te faire f…” »), ont d’immenses désaccords et les intérêts de leurs électorats respectifs sont inconciliables sur bien des sujets. Mais ils ont décidé de lier leur destin autour d’un ennemi commun : la Commission de Bruxelles.
« Mieux vaut être des barbares que des larbins »
Sur le plan économique, le projet des deux formations, un mélange de hausse des dépenses et de baisses d’impôts sans cohérence a de quoi inquiéter. De façon prévisible, les mises en garde de Bruxelles ont provoqué la réaction courroucée du dirigeant de la Ligue, sur l’air de la souveraineté nationale. « Mieux vaut être des barbares que des larbins », a-t-il ainsi lancé, mercredi 16 mai, en réaction à un éditorial du Financial Times fustigeant l’arrivée aux portes du pouvoir des « nouveaux barbares ». Reste que l’expression de ces inquiétudes est légitime, tant les décisions du prochain gouvernement pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
Le défi adressé à l’Europe ne porte pas que sur l’économie. Sur la sécurité et les migrations, les vainqueurs du 4 mars ont déjà annoncé un tour de vis qui préfigure une confrontation très dure avec Bruxelles. Par ailleurs, l’annonce d’un rapprochement avec la Russie, assortie du rejet des sanctions prises après l’annexion de la Crimée, fait peser la menace d’une fracture au sein de la solidarité occidentale. Ce serait une victoire éclatante pour Vladimir Poutine.
Plus grave encore, la contestation identitaire portée par ces deux forces est potentiellement dévastatrice. En témoigne l’apparition dans le texte d’accord, diffusé mercredi soir, de la mise en cause de la vaccination obligatoire, qui interroge la notion même de connaissance et de vérité scientifique.
Le défi posé par les 5 étoiles et la Ligue n’est pas seulement dirigé contre une Europe technocratique. L’attaque portée grâce à une rhétorique complotiste multiforme, antiélite et antiscientifique particulièrement efficace, vise bien au-delà. Ce qui est en jeu, ce n’est rien de moins que l’héritage de l’Europe des Lumières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’auteur de « Testament à l’anglaise » (Gallimard, 1995) nous a fait parvenir ce texte, qu’il lira aux Assises internationales du roman.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Du comique », une contribution de Jonathan Coe

L’auteur de « Testament à l’anglaise » (Gallimard, 1995) nous a fait parvenir ce texte, qu’il lira aux Assises internationales du roman.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h10
    |

                            Jonathan Coe (Ecrivain)








                        



                                


                            
Jonathan Coe (ici en 2011), né en 1961 à Birmingham, est l’auteur, notamment, de Testament à l’anglaise (Gallimard, 1995), de La Maison du sommeil (Gallimard, prix Médicis étranger 1998), ou de La Vie très privée de Mr Sim ­ (Gallimard, 2011). 

« Permettez-moi de commencer par une histoire drôle.
Un homme est introduit dans le cabinet d’un médecin. Celui-ci le regarde gravement et lui dit : “Monsieur Smith, il va falloir cesser de vous masturber.
– Pourquoi ? demande l’intéressé. C’est mauvais pour la santé ?
– Non, mais les patients qui étaient avec vous dans la salle d’attente se sont plaints.”
J’ai toujours aimé cette histoire, non seulement parce qu’elle m’a fait rire la première fois que je l’ai entendue, mais parce que, à mes yeux, elle illustre on ne peut mieux la théorie freudienne de l’humour. Freud croyait en effet que le rire est provoqué par “une économie de dépense psychique”. Alors que des associations d’idées rationnelles nous portent d’un point (soit le point A) à un autre (soit le point Z) par étapes cumulatives, le mot d’esprit est un raccourci qui nous propulse directement de A à Z.
Ainsi, dans notre exemple, nous sommes transportés subitement de l’image visuelle d’un homme en train de se masturber en privé, pratique socialement acceptable, à celle d’un homme en train de se masturber en public, attitude transgressive. L’énergie mentale économisée grâce à ce raccourci psychique s’expulse dans un éclat de voix guttural que nous nommons le rire.
Lire également la rencontre de 2011 : « Faire drôle est une sacrée paire de manches »
Lorsque j’écris, je tiens à ce que mes nouvelles et mes romans soient aussi économiques et efficaces que possible. Je n’aime pas le mou en littérature, et je veux que chaque mot, chaque phrase aient leur utilité. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime bien mettre des histoires drôles...




                        

                        

