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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le chef de file de Podemos a acheté avec sa compagne, porte-parole de la formation politique, une demeure avec piscine d’une valeur de 615 000 euros à 40 km de Madrid.
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Pablo Iglesias pris au piège de sa villa de luxe près de Madrid

Le chef de file de Podemos a acheté avec sa compagne, porte-parole de la formation politique, une demeure avec piscine d’une valeur de 615 000 euros à 40 km de Madrid.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, 39 ans, et sa compagne, la porte-parole de cette formation de gauche radicale, Irene Montero, 30 ans, font-ils à présent partie de la « caste » politique qu’ils dénonçaient il y a deux ans et demi quand ils sont entrés au Parlement espagnol ? La question agite l’Espagne depuis que le couple, qui attend des jumeaux pour le mois d’octobre, a décidé d’acheter une luxueuse demeure à 40 km de Madrid.
Leur nouvelle maison de 260 m2, située sur un terrain de 2 300 m2 avec piscine et chalet d’invités, à Galapagar, au bord du parc national de la Sierra de Guadarrama, leur a coûté la bagatelle de 615 000 euros. Pour se l’offrir, ils n’ont pas hésité à s’endetter sur trente ans et paieront des mensualités d’un peu plus de 1 600 euros pour rembourser le crédit de 540 000 euros qu’ils ont contracté.
Comme le veut la charte de Podemos, chacun d’entre eux ne perçoit, en tant que député, que trois fois le salaire minimal, soit 2 200 euros, sur quatorze mois. Un montant qui avoisinera les 3 000 euros mensuels quand naîtront leurs jumeaux. Pablo Iglesias perçoit en outre des rétributions comme présentateur d’un programme politique sur la chaîne iranienne HispanTV.
« Nous savons que beaucoup de familles espagnoles, mêmes avec deux salaires, ne peuvent pas se permettre un crédit comme celui-ci et c’est pour cela que nous défendons des salaires dignes pour tous », a-t-il tenté de se justifier sur son compte Facebook alors que fusaient les premières critiques, allant jusqu’à souligner que ses parents, un inspecteur du travail et une avocate, tous deux à la retraite, « ont eu un bon salaire, surtout son père, et leur laisseront un héritage qui [les] aidera ».
Une polémique qui fait les délices d’opposants
Irene Montero, anciennement membre des Jeunesses communistes issue d’une famille modeste, diplômée en psychologie, qui n’avait eu qu’une brève expérience d’employée dans une entreprise d’électroménager entre 2010 et 2011, avant d’entrer en politique, a, quant à elle, sollicité un prêt auprès de ses parents. Tout en insistant sur le fait qu’ils ont acheté « une maison pour vivre et pas pour spéculer ».
Cette polémique a fait les délices des socialistes, des conservateurs et des principaux médias qui n’ont pas tardé à rappeler les « leçons de morale » que professait « l’inquisiteur » et « l’hypocrite » Pablo Iglesias, lorsqu’il était un modeste professeur universitaire intérimaire touchant 900 euros par mois.
« Confierais-tu la politique économique du pays à quelqu’un qui dépense 600 000 euros dans un penthouse de luxe ? », interpellait M. Iglesias, en 2012, sur Twitter, en référence à l’achat de l’ex-ministre de l’économie, Luis de Guindos, artisan de l’austérité et des réformes. « Ça me semble dangereux, ces politiques qui s’isolent, vivent dans des banlieues riches, dans des maisons, qui ne savent pas ce que c’est que de prendre les transports publics », assurait-il aussi à la présentatrice d’un célèbre programme de télévision en 2015, revendiquant son choix de vivre, alors, dans son quartier populaire de Vallecas, dans la banlieue de Madrid.
Le porte-parole du gouvernement Íñigo Méndez de Vigo s’est félicité « de voir comment ses politiques économiques permettent à de nouveaux couples de former un foyer ».
Mais la critique la plus cinglante est venue des rangs mêmes de Podemos. « Je ne pense pas et ne veux pas cesser de vivre ni d’élever mes enfants dans un appartement de travailleur dans un quartier de Cadix », a déclaré dans un communiqué le maire de cette ville andalouse, José Maria Gonzalez, alias « Kichi », membre du courant anticapitaliste. « L’idée est de ne pas ressembler à la caste. (…) Le code éthique de Podemos n’est pas une formalité, mais l’engagement de vivre comme les gens normaux pour pouvoir les représenter dans les institutions. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le protocole étant bien rodé, l’événement ressemblera beaucoup aux précédents mariages princiers britanniques, à quelques exceptions près. Explications en images.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.
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Agroalimentaire : la fin de l’entreprise Doux

La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h12
    |

            Laurence Girard








                        



   


Sans surprise, le tribunal de commerce de Rennes a tranché en faveur de l’offre de reprise du volailler Doux menée par le français LDC et soutenue par la région Bretagne. La décision est tombée vendredi 18 mai. Elle entérine la dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, et donc la fin de l’entreprise Doux. Dans l’affaire, l’abattoir de Chantonnay, en Vendée, est sacrifié mais des offres d’emploi chez LDC sont soumises aux 152 salariés.
Signe de la fin d’une histoire, le siège de Doux à Chateaulin (Finistère) fermera définitivement ses portes. Mais la moitié de ses salariés se verront proposer de poursuivre leur activité chez les différents repreneurs. En effet, dans leur offre coordonnée, le français LDC, le saoudien Al-Munajem, et l’actuel actionnaire majoritaire, la coopérative Terrena, s’engagent à préserver 920 des 1 187 emplois restant chez Doux.

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                Liquidation judiciaire pour les poulets Doux



Le cœur de l’activité du volailler breton est repris par le saoudien Al-Munajem. Déjà actionnaire de l’entreprise, et principal client en tant que distributeur de volaille dans la péninsule arabique, il s’empare de l’activité poulets export qu’il rebaptise France Poultry. Il devrait embaucher 347 des 450 salariés de l’abattoir de Chateaulin en réduisant les volumes à 2 millions de poulets par semaine, contre 5 millions à la grande époque des aides européennes à l’exportation qui ont longtemps financé l’activité de Doux. Au passage, Al-Munajem reprend la marque Doux pour la péninsule Arabique.
La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution
LDC, connu pour ses marques Loué, Le Gaulois et Maître Coq, décroche pour sa part la marque Doux dans le reste du monde pour les produits élaborés export comme les saucisses de volailles, fabriqués dans l’usine de Quimper qui passe sous son pavillon avec ses 166 salariés. Denis Lambert, le patron de LDC, s’est également engagé à construire un nouvel abattoir à Chateaulin, dans les deux ans, pour le marché de l’industrie et de la restauration. Un marché, aujourd’hui cannibalisé par les importations et qu’il souhaite reconquérir. Il emploierait 250 personnes pour une capacité de 400 000 poulets par semaine. Un investissement qu’il chiffre à 55 millions d’euros. La région Bretagne apporterait un financement de 12 millions d’euros sur ce montant.

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                Le propriétaire des poulets Loué favori pour la reprise de Doux



La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution. En particulier pour les 300 éleveurs du Finistère qui seront regroupés au sein d’une structure Yer Breizh, réunissant LDC, Terrena et Al-Munajem. Une enveloppe de 3 millions d’euros est prévue pour que les élevages s’adaptent aux nouvelles attentes.
Cette offre coordonnée a été préférée à celle de l’Ukrainien MHP qui ne reprenait dans l’immédiat que 285 salariés. L’arrivée de cet acteur sur le marché français a peut-être poussé LDC à sortir du bois. « Le grand export de poulet ne nous intéressait pas. Mais il représente 30 % des volumes d’élevage en France. Nous avons un vrai besoin d’éleveurs dans le futur. Quant à MHP, il est déjà présent en Ukraine, en Pologne, aux Pays-Bas. Un jour il sera en France », affirme M. Lambert.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Meghan Markle a confirmé, jeudi, que son père n’assisterait pas à la cérémonie, prévue pour samedi 19 mai, au château de Windsor.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Mariage du prince Harry et de Meghan Markle, une union royale qui a failli dérailler

Meghan Markle a confirmé, jeudi, que son père n’assisterait pas à la cérémonie, prévue pour samedi 19 mai, au château de Windsor.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h28
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Le mariage du prince Henry de Galles, alias « Harry », 33 ans, sixième dans l’ordre de succession de la monarchie, avec Meghan Markle, 36 ans, roturière, actrice, divorcée et américaine, samedi 19 mai au château de Windsor, devait symboliser la nouvelle ouverture d’esprit de la famille royale britannique. Mais admettre chez les « Royals » un beau-père déclaré financièrement en faillite et absent le jour des noces, une demi-sœur qui traite la mariée d’« arriviste » et des neveux qui cultivent le cannabis dans l’Oregon est sans doute un peu too much. Les frasques de la famille recomposée Markle ont failli faire dérailler un événement programmé au millimètre et dont le gouvernement de Theresa May a bien besoin pour faire oublier la déprime liée à l’impasse du « Brexit ».
Le remarquable talent britannique pour mettre en scène de grandioses cérémonies et pour couvrir les fausses notes des mots les plus suaves, a une nouvelle fois opéré. Vendredi 18 mai au matin, à vingt-quatre heures du mariage royal, suivi dans le monde entier, le palais de Kensington a annoncé que le prince Charles, héritier direct de la reine Elizabeth II et futur beau-père de Meghan Markle, la conduirait à l’autel, en l’absence de son père. « Mlle Meghan Markle a demandé à Son Altesse royale le prince Charles de la conduire à l’autel » de la chapelle Saint-George au château de Windsor, a indiqué un communiqué. « Le prince de Galles est ravi de pouvoir accueillir Mlle Markle de cette façon dans la famille royale. »
Habile autant qu’élégant, ce geste est aussi destiné à faire taire les méchantes langues, qui accusent Kensington Palace d’avoir abandonné Thomas Markle, le père de Meghan, à la rapacité des paparazzis. Un thème particulièrement sensible pour le marié, dont la mère Diana est morte en 1997 à Paris alors que sa voiture était prise en chasse par des photographes. De fait, face au chaos qui a prévalu ces derniers temps au sein de la famille Markle, les Windsor, longtemps secoués par les drames conjugaux et les rivalités, font figure de famille modèle. « Samedi sera un jour magnifique et heureux, a hardiment prédit une source royale. Le palais a toujours cherché à fournir son aide à [Thomas Markle]. Mlle Markle est à l’évidence soucieuse de sa santé. » Pour compléter le tableau, les petits George et Charlotte, enfants de William et Kate, figureront parmi les garçons et filles d’honneur.

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                Meghan Markle, américaine, catholique et divorcée, fait son entrée chez les Windsor



Seule la mère de Meghan Markle sera présente
Après des journées de confusion, Meghan Markle a confirmé jeudi 1er mai, que son père, âgé de 73 ans, n’assisterait « malheureusement » pas à la cérémonie. « J’ai toujours été très attachée à mon père et j’espère qu’on lui laissera l’espace dont il a besoin pour se concentrer sur sa santé », a fait savoir la future « princesse » (son titre exact n’est pas tranché). La mère de Meghan Markle, Doria Ragland, 61 ans, travailleuse sociale et professeure de yoga, sera le seul membre de sa famille à être présente parmi les six cents personnes invitées à la chapelle Saint-George du château de Windsor, où l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, donnera la bénédiction nuptiale, à partir de midi.
Les présentations ont été faites : mercredi, peu après son arrivée à Heathrow, Mme Ragland a pris le thé avec le prince Charles et son épouse Camilla – « un très joyeux après-midi », a révélé le palais. Le lendemain, elle a fait la connaissance de Kate, William et de leurs enfants. Vendredi, elle devait rencontrer la reine, grand-mère du marié, toujours à l’heure du thé. La qualité d’« African American » de Mme Markle est amplement mise en exergue par les commentateurs britanniques, comme symbole de la modernisation des « Royals ». « Une descendante d’esclaves noirs entre dans la famille de la chef du Commonwealth », s’est enthousiasmée la BBC. D’autres n’hésitent pas à dresser un parallèle entre l’entrée de Meghan Markle chez les Windsor et l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis.

   


Mais le conte de fées a bien failli basculer dans le drame, ou la comédie, selon le degré d’importance que l’on accorde à l’événement. Lundi, Thomas Markle, ex-éclairagiste à Hollywood, à la retraite, avait déclaré au site people américain TMZ qu’il avait décidé de ne pas assister à la cérémonie « pour ne pas embarrasser la famille royale ou sa fille ». La veille, le tabloïd britannique Mail on Sunday avait révélé que les récents clichés le montrant se préparant pour le mariage, et présentés comme pris sur le vif, étaient en réalité le fruit d’une mise en scène et avaient été vendus 100 000 dollars (84 000 euros) dans le monde entier. Des paparazzis ont loué la maison qui jouxte celle où vit M. Markle, à Rosarito au Mexique, près de la frontière américaine. Sept ou huit voitures le suivent chaque fois qu’il en sort, et le harcèlent. Après avoir semblé changer d’avis, le papa a fait savoir qu’il ne pourrait définitivement pas être présent. Mercredi, il aurait subi une opération du cœur. Mais ces supposés atermoiements, connus uniquement sur TMZ et jamais confirmés à Londres, ont enveloppé le mariage d’une impression générale de malaise et aussi de tristesse pour la future mariée.
Réveiller l’attention des Britanniques
Ces imprévus de dernière minute ont transformé un événement largement protocolaire et réglé comme du papier à musique, en happening permanent. Ce qui n’est pas forcément mauvais pour réveiller l’attention des Britanniques. Selon un sondage YouGov réalisé pour l’association antimonarchiste Republic, 66 % d’entre eux n’ont rien à faire du mariage de Meghan Markle et le prince Harry. Tandis que l’événement sert de prétexte à des réjouissances entre amis ou au sein de familles, nombre de sujets du royaume, interrogés dans les médias, font savoir qu’ils ne seront pas devant leur poste de télévision samedi. A Windsor cependant, où d’importantes mesures de sécurité sont déployées, des dizaines de milliers de spectateurs munis de drapeaux britanniques et de photographies à l’effigie du couple sont attendus pour assister au défilé du carrosse royal dans les rues.
Ceux que les fastes de Windsor ne passionnent pas peuvent se délecter, en revanche, du mauvais feuilleton alimenté par la jalousie des membres de la famille Markle qui, non invités à la cérémonie, règlent leurs comptes ou tentent de profiter de l’aubaine. Les « stars » de ce regrettable soap opera sont Samantha et Thomas Junior, les demi-sœur et frère de Meghan Markle. Samantha Grant, 53 ans, qui a repris récemment le nom de Markle, oscille entre férocité et gentillesse à l’égard de la future mariée, qu’elle n’a pas vue depuis dix ans. Peu après l’annonce de la romance « Meghan-Harry », elle a traité sa demi-sœur d’« arriviste » dans le Sun en se demandant si elle était digne d’entrer dans la famille royale. Elle a ensuite annoncé la publication d’un livre sur Meghan Markle gentiment intitulé Le Journal de la sœur de la princesse aux dents longues.
Reproches familiaux… et revirements
Lorsque, en décembre, Harry a expliqué à la BBC que la famille royale était « la famille que, je suppose, Meghan n’a jamais eue », Samantha a explosé : « En réalité, Meghan a une grande famille qui a toujours été là pour elle. » Elle lui a reproché de porter « une robe de couturier à 56 000 livres sterling », somme qui aurait été mieux dépensée, selon elle, pour aider leur père, en faillite. Atteinte de sclérose en plaques et clouée dans un fauteuil roulant, elle regardera le mariage depuis les Etats-Unis après avoir mis de l’eau dans son vin. « Je suis incroyablement heureuse pour toi », a-t-elle fait savoir en assurant que l’esprit de son livre avait été « mal interprété ». Jeudi, Samantha Markle aurait eu un accident de voiture en Floride en tentant d’échapper à des paparazzis.
Thomas Junior, 51 ans, installateur de fenêtres dans l’Oregon, a, lui aussi, étalé sa rancœur avant de se raviser. Dans une lettre publiée par le magazine In Touch, il avait conseillé au prince Harry d’annuler son mariage avec sa demi-sœur, une femme « cynique, insensible et prétentieuse » qui n’est « de toute évidence pas la bonne personne ». Non invité à la cérémonie, il vient cependant de se faire photographier à Windsor pour le Daily Mirror aux côtés de répliques en carton des futurs mariés, en affirmant que Meghan Markle serait « une parfaite princesse moderne ». Pour couronner le tout, Tracey Dooley, l’ex-épouse de Thomas Junior, a fait, elle aussi, le voyage de Windsor – sans invitation – avec ses deux fils, Thomas et Tyler. Ce dernier cultive le cannabis dans l’Oregon – Etat où la plante est autorisée. Ils commentent le mariage pour des chaînes de télévision américaine.
Les événements liés à la famille royale ont ceci de particulier pour un journaliste qu’il est impossible de vérifier de façon indépendante les sentiments, les humeurs ou les opinions prêtés aux Windsor. Ces derniers ne donnent pratiquement jamais d’interviews et leur communication est verrouillée par une armée de communicants experts en langue de bois royale. Mais un fait semble avéré : Tyler Dooley, 25 ans, a profité du mariage royal de sa tante pour développer une souche hybride de cannabis qu’il a poétiquement baptisée « Markle Sparkle » (« éclat de Markle »). Une formule inédite pour des noces éblouissantes.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Face aux flux de migrants venant d’Italie, la France a accentué les contrôles des clandestins, systématiquement reconduits à la frontière. Cette attitude, renforcée après les attentats de 2015, crée des tensions entre les deux pays.
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Entre l’Italie et la France, la frontière de tous les dangers

Face aux flux de migrants venant d’Italie, la France a accentué les contrôles des clandestins, systématiquement reconduits à la frontière. Cette attitude, renforcée après les attentats de 2015, crée des tensions entre les deux pays.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h04
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h05
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Ce sont des frontières qu’on imagine paisibles depuis toujours. Pourtant la ligne de partage entre la France et l’Italie a été âprement disputée pendant des siècles. En Europe occidentale, c’est l’une des dernières à avoir été dessinées : elle n’a pris sa forme actuelle qu’en 1947, par le rattachement à la France des communes de Tende et La Brigue (Alpes-Maritimes), ainsi que la partie sud de la vallée de la Roya.
A partir de la fin des années 1940, des ­côtes ligures aux massifs alpins, les divers axes traversant la frontière ont été empruntés par des milliers de migrants économiques venant des régions les plus défavorisées d’Italie du Nord, qui traversaient les Alpes pour apporter en France leur force de travail. Aucune organisation en réseaux, juste une série de parcours ­individuels ; en période de plein-emploi, les forces de l’ordre n’avaient aucune raison de lutter contre cette migration. Puis le miracle économique italien a amené le flux à se tarir, et ces frontières ont cessé d’exister matériellement à la fin du XXe siècle, à la suite des accords consacrant la libre circulation des personnes – l’Italie est entrée dans l’espace Schengen en 1997, deux ans après la France.
Profond ressentiment
L’arrivée massive des migrants sur les ­côtes sud de l’Italie, au début des années 2010, a changé la donne. A partir de 2013-2014, la France, de la même manière que l’Autriche, a accentué les contrôles des clandestins, systématiquement reconduits à la frontière. Une attitude renforcée après les attentats de 2015, qui a provoqué, peu à peu, un profond ressentiment des Italiens pour la France, accusée de ne pas vouloir prendre sa part du fardeau de l’accueil des migrants, alors qu’elle a joué un rôle décisif dans la guerre de Libye – un des facteurs de déclenchement des arrivées massives sur les côtes italiennes.
Localement, ces tensions se manifestent par un surcroît d’activités militantes, de part et d’autre de la frontière, et par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Lors du référendum pour l’autodétermination du 1er octobre, des défenseurs français de la cause indépendantiste auraient fourni les 10 000 urnes du scrutin. « Opéracio Urnes » décrit les dessous de cette opération secrète.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                
                                    

En Catalogne, les urnes venaient du Nord


                      Lors du référendum pour l’autodétermination du 1er octobre, des défenseurs français de la cause indépendantiste auraient fourni les 10 000 urnes du scrutin. « Opéracio Urnes » décrit les dessous de cette opération secrète.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h53
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


En prenant ses fonctions, le 14 mai, le nationaliste espagnol Quim Torra a promis d’être « fidèle au mandat du 1er octobre ». Façon, pour le nouveau président de la Catalogne, de se réclamer de la légitimité du référendum – illégal – qui a, selon lui, ouvert la voie à la construction d’un « Etat indépendant sous forme de république ». Un référendum qui doit – directement et indirectement – beaucoup aux Français, comme l’a révélé le livre Operacio Urnes (Columna, décembre 2017, non traduit), qui caracole actuellement en tête des ventes en Catalogne. On y apprend que c’est la France qui a servi de base arrière aux indépendantistes catalans aux mois d’août et septembre 2017.
Chez les sympathisants de la « Catalogne Nord », comme on appelle ici le sud de l’Occitanie, le silence reste de mise quand on les interroge sur les dessous de l’opération clandestine qui a permis de transporter les 10 000 urnes en plastique chinoises marquées du logo de la Généralité de Catalogne dans les 2 243 bureaux de vote, le 1er octobre 2017. « Etant donné le programme du nouveau président, nous pourrions être amenés à collaborer de nouveau avec le Sud », explique, sous couvert d’anonymat, un défenseur français de la cause indépendantiste catalane, à Perpignan.
Des proches de l’ANC et d’Omnium Cultural
Pas question, donc, de dévoiler qui sont les « quatre ou cinq » Français impliqués dans le dispositif, « des anciens, proches de l’ANC et d’Omnium Cultural », les deux puissantes associations indépendantistes catalanes. « Personne ne parlera. Ceux qui ont organisé ça ont fait la promesse de ne rien dire… », ajoute-t-il. « Le 2 octobre 2017, après la publication d’un article avec des détails de l’opération, le cerveau de l’opération s’est mis en contact avec nous car il craignait que quelqu’un n’ait trop parlé. Puis il a accepté de nous donner des informations », explique Laia Vicens, coauteure, avec Xavi Tedó – tous deux journalistes du quotidien catalan Ara –, de cet essai qui décrit, avec ce qu’il faut d’épique et d’émotion, les dessous de l’opération.

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Ce « cerveau », un chef d’entreprise catalan qui se fait appeler « Lluis », assure aux journalistes qu’il a payé de sa poche les 10 000 urnes en plastique pour 100 000 euros à la fin du mois de juin. Commandées en Chine par le biais d’un Perpignanais qui a été contacté par « un ami du Sud », elles sont livrées sur le port de Marseille vingt-cinq jours plus tard. Selon les journalistes, les douaniers français – sortes de caricatures des « gendarmes de Saint-Tropez », intrigués, se seraient bien interrogés sur l’usage de ces boîtes en plastique. Mais ils se seraient satisfaits de l’explication donnée par le Perpignanais : elles devaient servir à faire la plus grande pyramide de boîtes en plastique au monde. Chargées à bord de trois camions, les urnes sont alors livrées dans un entrepôt situé près de la commune d’Elne, dans les Pyrénées-Orientales, un village lié à l’histoire de la Retirada (l’exode de milliers de républicains espagnols durant la guerre civile, de 1936 à 1939).
« Le plus impressionnant, c’est sans doute la capacité à maintenir la discrétion jusqu’au bout, alors que de 2 000 à 3 000 personnes ont dû collaborer au dispositif. » Laia Vicens, coauteure d’« Operacio Urnes »
C’est dans cette région que se trouve aussi l’imprimerie qui a réalisé les bulletins de vote officiels, quand la police espagnole a saisi ceux de Catalogne. De là, les urnes partent petit à petit, durant tout le mois d’août, pour remplir huit autres entrepôts répartis dans le nord de l’Espagne, après avoir pris un peu de retard du fait des attentats de Barcelone, qui ont été suivis d’un renforcement du contrôle policier à la frontière. Quelques jours avant le vote, elles sont envoyées dans la quarantaine de cantons catalans. La veille du référendum, elles sont conduites au compte-gouttes chez des particuliers, qui les achemineront en voiture, le matin même du vote, dans chacun des collèges électoraux.

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La structure pyramidale et clandestine évite que le secret ne s’évente. Chaque participant ne connaît alors de l’opération que sa propre tâche. « Le plus impressionnant, c’est sans doute la capacité à maintenir la discrétion jusqu’au bout, alors que de 2 000 à 3 000 personnes ont dû collaborer au dispositif, estime Laia Vicens. Ce sont des gens qui voulaient voter sans prendre le risque de faire échouer le dispositif. » Les Français, eux, sont prêts à redonner un coup de main. « Ils ont pu s’appuyer sur la base arrière française, affirme un sympathisant. Quim Torra va poursuivre sur le chemin de l’indépendance. Il peut très bien avoir besoin de nous… »



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le prince Harry épousera samedi 19 mai Meghan Markle au château de Windsor. Philippe Bernard, le correspondant au Royaume-Uni du « Monde », répond à vos questions sur le mariage.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.
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Europe 2008-2018 : une décennie perdue

« Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, dix ans après le début de la crise financière, qui a laissé de profondes séquelles.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h47
   





                        


Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
L’Europe panse ses plaies 1/5
Europe, le fragile retour de la croissanceLe Portugal croit de nouveau en l’avenirChômage de longue durée : les territoires se mobilisentEn Europe, une démocratie vivante, mais perfectible
Les pays du Sud entrevoient le bout du tunnel 2/5
Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du SudEn Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de criseEn Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille PappasLe fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie
Un continent qui vieillit 3/5
L’Europe face au défi du vieillissementLe vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euroLe mirage du système suédois de retraiteL’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains
Les promesses vacillantes de l’euro 4/5
Les promesses vacillantes de l’euroXavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenneLa Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le ministre bulgare des finances affirme que son pays remplit les critères économiques exigés pour intégrer l’Union monétaire.
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Vladislav Goranov : « Il serait injuste de repousser notre candidature à l’euro »

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le ministre bulgare des finances affirme que son pays remplit les critères économiques exigés pour intégrer l’Union monétaire.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h34
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

A la tête de la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’en juillet, la Bulgarie désire intégrer la monnaie unique et l’espace Schengen. Si elle affiche des finances publiques au carré et une croissance dynamique, Sofia reste gangrenée par la corruption et affiche le niveau de vie le plus bas des 28 pays membres. Ces arguments ne justifient pas que sa candidature à l’euro soit rejetée, affirme Vladislav Goranov, le ministre bulgare des finances.
Comment l’économie bulgare a-t-elle évolué depuis son entrée dans l’Union européenne (UE), en 2007 ?
En une décennie, notre économie est devenue plus intégrée et compétitive. En témoigne la part de nos exportations à destination de l’UE, qui a considérablement augmenté : elles pèsent aujourd’hui de 51 % du produit intérieur brut [PIB], contre 34 % en moyenne pour les autres pays membres. L’Europe représente notre principale source de demande extérieure. La productivité du travail s’est améliorée, permettant d’accélérer la convergence des revenus vers le niveau de l’ouest.
La crise de 2008 vous a frappé presque aussitôt…
Oui, elle a coïncidé avec notre entrée dans l’UE, et d’une certaine façon, cela nous a aidés. Les importants flux d’investissements directs étrangers dont nous bénéficions se sont brutalement taris, chutant de 15 % à 2 % du PIB par an. Mais la croissance d’avant-crise, supérieure à 6 % par an, reposait en partie sur des déséquilibres : notre compte courant était déficitaire, la dette des entreprises privées non financières était considérable. Ces déséquilibres sont désormais résorbés, notamment grâce à notre politique budgétaire particulièrement stricte – une ligne de conduite à laquelle l’ensemble de la classe politique est attaché. Aujourd’hui, nous avons renoué avec une croissance dynamique, supérieure à celle de la moyenne européenne.
Votre objectif est-il toujours d’intégrer l’euro ?
Oui,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). La corruption demeure un obstacle à l’adhésion à l’euro pour le pays le plus pauvre de l’Union européenne.
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La Bulgarie rêve d’entrer dans l’union monétaire

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). La corruption demeure un obstacle à l’adhésion à l’euro pour le pays le plus pauvre de l’Union européenne.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h36
    |

            Marie Charrel (Sofia, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’endroit a presque des airs de campus américain. Derrière le terrain de tennis, près de l’auditorium de mille places, un incubateur pour start-up et une dizaine de laboratoires flambant neufs sont sortis de terre il y a moins de trois ans. A quelques kilomètres de la capitale bulgare, le Sofia Tech Park se rêve en lieu de rencontre entre universités et entreprises.
« Nous avions besoin d’un endroit comme celui-ci pour rattraper le retard pris après la chute du communisme, détaille Peter Statev, président du cluster dévolu aux nouvelles technologies. Lorsque j’ai commencé mes études, dans les années 1970, on ne pouvait pas sortir du pays. Aujourd’hui, nos jeunes créent des start-up et voyagent. L’Union européenne [UE] a changé nos vies. » C’est d’ailleurs elle qui a financé l’essentiel des 40 millions d’euros consacrés à la construction de ce parc technologique.
Voilà le visage de la Bulgarie moderne, à la tête de la présidence tournante de l’UE jusqu’en juillet : ouverte, connectée, s’affirmant comme la capitale high-tech des Balkans. Celle dont la main-d’œuvre qualifiée et bon marché séduit des groupes comme HP ou Coca-Cola, venus y ouvrir des centres de services. Celle que le premier ministre, Boïko Borissov, ex-garde du corps, met en avant lorsqu’il martèle que son pays est mûr pour rejoindre la monnaie unique.

« De bons chiffres, mais les problèmes structurels demeurent »
Son gouvernement, coalition entre les conservateurs et trois petits partis d’extrême droite, prévoit de se porter candidat au Mécanisme de change européen (MCE II), la salle d’attente de l’euro, d’ici peu. « Ça et l’entrée dans l’espace Schengen seront l’ultime étape de notre intégration au sein de l’économie européenne, assure au Monde Vladislav Goranov, le ministre des finances. Nous remplissons tous les critères de convergence économique. »
Il est vrai que, sur le papier, la Bulgarie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.
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La Pologne, pays réfractaire à l’adoption de la monnaie européenne

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Les bénéfices de la devise européenne, vantés par les économistes polonais, pèsent peu face aux réticences de la population.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h41
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


En Pologne, la monnaie unique inspire la frilosité, voire l’animosité, aussi bien dans la population que dans la classe politique. Selon une étude d’opinion parue en janvier, 60 % des sondés seraient contre l’adoption de l’euro, contre 21 % d’avis favorables. Et la proportion de sceptiques n’a cessé de croître, ces huit dernières années. « Les gens ont peur de l’augmentation des prix et d’une baisse de leur niveau de vie, souligne l’économiste Witold Orlowski. Et, même si c’est une impression largement biaisée, ils sont assaillis d’informations allant dans ce sens venu d’Europe de l’Ouest. »
Cet état de fait crée une barrière politique aujourd’hui insurmontable. Le zloty polonais ayant un statut constitutionnel, l’introduction de l’euro nécessiterait une réforme de la Constitution, pour laquelle une majorité des deux tiers du Parlement est requise. Un compromis au-delà des clivages partisans impensable, dans un contexte de guerre à couteaux tirés entre les ultraconservateurs eurosceptiques du Parti droit et justice (PiS) au pouvoir et l’opposition libérale, sur la question des atteintes à l’Etat de droit. Compte tenu de l’humeur populaire, ni la majorité ni l’opposition n’ont intérêt à mettre la question de l’adoption de l’euro à l’ordre du jour.
« Soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie »
Pourtant, une large majorité d’économistes polonais ne cesse de souligner les bénéfices à long terme, aussi bien économiques que politiques, de l’adoption de la monnaie européenne. Pour ses partisans, le choix de l’euro est avant tout une décision civilisationnelle et géopolitique, dans un contexte où le noyau dur de l’Union européenne (UE) pourrait se renforcer au détriment de la périphérie.

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« La zone euro, pas une zone monétaire optimale »
Le 1er janvier, une vingtaine d’économistes de renom signaient un appel au premier ministre, Mateusz Morawiecki : « Le seul avenir [pour l’UE] sera une zone euro élargie. La Pologne devrait prendre part à ce processus, si elle veut avoir une influence réelle sur l’avenir du continent. Mais aussi, si elle veut s’ancrer durablement en Europe de l’Ouest. Avec notre situation géographique, nous n’avons pas le choix : soit nous serons dans la zone euro, soit dans la zone d’influence de la Russie. »

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Mais M. Morawiecki, économiste de formation et qui a dirigé pendant huit ans une des plus grandes banques du pays, a coupé court au débat : « Je ne considère pas la zone euro comme une zone monétaire optimale. Nous ne prenons actuellement pas cela en considération », a-t-il commenté. Selon lui, la Pologne aurait besoin, en prérequis, « de longues années supplémentaires de forte croissance » pour atteindre « 80 % à 90 % du niveau de vie des pays les plus riches de la zone euro » ainsi qu’une « convergence accrue des structures économiques. »

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Le temps où l’actuel président du Conseil européen, Donald Tusk, alors premier ministre, promettait une adoption de l’euro à l’horizon 2020, paraît bien loin. Depuis, le séisme de la crise grecque est passé par là, et le gouvernement de centre droit de la Plate-forme civique (2007-2015) a été le premier à appliquer la stratégie du « pied dans la porte » de la zone euro, repoussant sans cesse la date d’entrée, et ce, en dépit d’une pression notable de Berlin, premier partenaire économique de Varsovie. « Nous devons nous dépêcher de nous préparer, même si nous n’avons pas l’intention de nous dépêcher pour rentrer », résumait, en 2013, le ministre des finances, Jacek Rostowski.
« Taux d’intérêt très élevés »
A l’époque, un autre argument mis en avant était le fait que la dévaluation du zloty avait permis au pays de traverser la crise financière plus en douceur. Cette dévaluation entre 10 % et 15 % avait stimulé les exportations et permis de maintenir les indicateurs au vert. En 2009, la Pologne était le seul pays de l’UE a ne pas connaître de récession. Le secteur bancaire, largement dans les mains de capitaux étrangers, a, lui aussi, évité les turbulences.

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Mais, selon Witold Orlowski, cet argument est dépassé. « Le zloty maintient l’illusion qu’en cas de crise, la monnaie sera dévaluée et les salaires vont baisser, une flexibilité censée doper la compétitivité. Mais ce modèle n’incite pas à investir dans les vraies sources de compétitivité, comme la recherche et développement. La Pologne, qui en aurait particulièrement besoin, doit faire avec des taux d’intérêt très élevés. » La sortie du modèle de développement fondé sur la main-d’œuvre à bas coût, auquel l’euro pourrait contribuer, est paradoxalement un objectif affiché du gouvernement.

Europe 2008-2018 : une décennie perdue
Dix ans après le début de la crise financière, l’économie européenne se porte mieux. Mais les plans de rigueur ont laissé de profondes séquelles. « Le Monde » publie une série en cinq volets sur les défis de l’Europe, si elle veut relancer la convergence entre Etats membres et redonner de l’espoir aux citoyens.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économique estime que la monnaie unique à permis de réduire les taux d’intérêt.
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Xavier Timbeau : « En France, l’euro a permis de réduire la charge de la dette publique »

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (4/5). Le directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économique estime que la monnaie unique à permis de réduire les taux d’intérêt.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h38
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Pour Xavier Timbeau, directeur principal à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), l’euro a aussi amplifié la crise de 2012.
L’union monétaire a été créée pour mettre fin à l’instabilité des changes. La France y était-elle particulièrement exposée ?
Oui. Le franc a longtemps eu la réputation d’être une monnaie faible, traînant derrière lui une longue histoire de dévaluations. Dans les années 1980, celles-ci avaient généré une énorme inflation. Le franc subissait en outre une double pression : plus faible que le deutschemark, il était aussi soumis aux dévaluations des monnaies du Sud. Résultat : au début des années 1990, au moment de la réunification allemande, Paris a choisi de conserver une parité avec le mark. Mais, comme beaucoup d’Etats ont dévalué leur monnaie, cela a entraîné une perte de compétitivité de l’économie française. L’instabilité des taux de change a pesé sur la capacité des industriels à investir.

Ce que les uns ont gagné en stabilité avec l’euro, les ménages l’ont-ils perdu en pouvoir d’achat ?
Le débat sur le sujet a été très intense au début des années 2000. L’Insee a fini par trancher : il n’y a pas eu de bond en avant des prix au moment du passage à l’euro. A son introduction, la monnaie unique était plutôt dévaluée par rapport au dollar, ce qui a provoqué un peu d’inflation importée, et il y a eu également un effet d’arrondi. Les consommateurs ont fortement ressenti la hausse de certains produits comme le café au comptoir. Mais ils ont oublié la baisse des prix d’un certain nombre de biens manufacturés et d’équipement.
Comment expliquez-vous l’écart entre les statistiques et la perception générale ?
L’euro était censé poser les conditions d’une stabilité macroéconomique et permettre aux Européens de s’insérer sans trop de dommage dans la mondialisation. Seulement, il n’a pas empêché l’irruption des inégalités. A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Ce programme va être soumis à l’approbation des militants des deux partis dans le cadre d’une consultation accélérée prévue sur trois jours.
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En Italie, le M5S et la Ligue dévoilent leur contrat de gouvernement

Ce programme va être soumis à l’approbation des militants des deux partis dans le cadre d’une consultation accélérée prévue sur trois jours.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 14h13
   





                        



   


La version définitive du « contrat de gouvernement » conclu en Italie entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue a été publiée vendredi 18 mai. Ce texte tente une synthèse entre la rhétorique du M5S sur l’environnement, les nouvelles technologies, ou encore la moralisation de la vie publique, et le tour de vis sécuritaire anti-immigrés et anti-islam de la Ligue.
Ce programme de 58 pages, qui comporte 30 points, disponible sur les sites des médias italiens, est soumis à l’approbation des militants des deux partis dans le cadre d’une consultation accélérée, prévue sur trois jours.
Sur Facebook, le chef de file du M5S, Luigi Di Maio a écrit :
« Aujourd’hui est finalement défini dans toutes ses composantes le « contrat pour le gouvernement de changement », je suis vraiment heureux. Ces 70 jours ont été vraiment intenses, de nombreuses choses sont arrivées mais, à la fin, nous avons réussi à réaliser ce que nous avions annoncé pendant la campagne électorale. »

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                En Italie, le M5S et la Ligue affirment avoir bouclé leur « contrat » de gouvernement



Un texte soumis au vote des militants
Depuis vendredi matin et jusqu’à 20 heures, les militants du M5S sont appelés à se prononcer sur Internet.
La Ligue a, pour sa part, annoncé sa volonté de soumettre aussi le texte – qu’elle n’a, pour l’instant, pas publié de son côté – au vote de ses militants samedi et dimanche sur des stands installés à travers l’Italie.
A l’issue de cette consultation, un gouvernement pourrait alors être en place dans le courant de la semaine prochaine, onze semaines après les élections législatives du 4 mars qui n’ont produit aucune majorité évidente. Les deux formations doivent encore à s’entendre sur le nom du futur président du Conseil – chacun des deux dirigeants a exclu que l’autre accède au palais Chigi – et à obtenir l’aval du président de la République, Sergio Mattarella.
Pas de sortie de l’euro
Le « contrat de gouvernement » appelle à une révision des règles de gouvernance européenne et pose le décor d’une confrontation avec les partenaires européens de l’Italie, mais ne demande pas à exclure du calcul de la dette les rachats d’obligations opérées par la Banque centrale européenne (BCE).
Le programme tourne résolument le dos à l’austérité et parie sur une politique de croissance pour réduire la colossale dette publique italienne. « L’action du gouvernement visera un programme de réduction de la dette publique non pas par des recettes fondées sur les impôts et l’austérité, des politiques qui n’ont pas atteint leur objectif, mais plutôt via l’augmentation du PIB à travers la relance de la demande interne », explique le texte.
Il entend « revoir, avec les partenaires européens, le cadre de la gouvernance économique », y compris la monnaie unique, pour « revenir à la situation des origines dans laquelle les Etats européens étaient mus par une intention sincère de paix, de fraternité, de coopération et de solidarité ».
Réforme des institutions et lutte contre la corruption
Le texte prévoit une réduction drastique du nombre de parlementaires avec 400 députés (contre 630 aujourd’hui) et 200 sénateurs (contre 318), tous élus au suffrage universel direct mais avec interdiction de changer de groupe politique pendant la législature.
Les partis prévoient une « législation anticorruption sévère et incisive » pour « récupérer des ressources soustraites à l’Etat et relancer la compétitivité du pays », avec des peines augmentées, des coupables bannis à vie de la fonction publique, ou l’introduction d’« agents provocateurs » pour tester l’honnêteté des fonctionnaires.
Pas de ministre ayant été condamné pour corruption, faisant l’objet d’une enquête pour des faits graves, ou franc-maçon.
Réforme fiscale, revenu de citoyenneté
Les deux promesses-phares des partis sont bien là, même si aucun calendrier n’est précisé : une réforme fiscale « courageuse et révolutionnaire » avec les impôts des particuliers comme des entreprises rabaissés à deux barèmes de 15 % et 20 % pour la Ligue, et l’instauration d’un « revenu de citoyenneté » de 780 euros mensuels pour le M5S.
Abaissement de l’âge de la retraite
Dans le pays le plus vieux du monde après le Japon, les deux partis prévoient de rabaisser l’âge de la retraite, qui devait passer à 67 ans en 2019. Désormais, il sera possible de cesser le travail quand la somme de l’âge et des années de cotisation atteint 100.
Des mesures sont prévues pour relancer la natalité, comme des crèches gratuites pour les Italiens ou une TVA à 0 % pour les produits de la petite enfance.
Réexamen de la ligne Lyon-Turin, relancer Alitalia
Les deux partis demandent aussi un réexamen complet du projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin. Ils entendent également relancer la compagnie nationale aérienne Alitalia.
Le « partenaire » russe
Les deux formations réaffirment l’ancrage de l’Italie dans l’alliance atlantique « avec les Etats-Unis comme partenaire privilégié » mais prévoient « une ouverture vers la Russie, qui ne doit pas être perçue comme une menace mais comme un partenaire économique et commercial ». Pour cela, elles estiment opportun le retrait des sanctions imposées à la Russie, qu’il faut réhabiliter comme interlocuteur stratégique.
Au total, l’ensemble des mesures proposées pourraient coûter au moins 100 milliards d’euros, selon plusieurs experts, sans que l’on sache vraiment comment leur financement pourra être assuré.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Des « documents compromettants » ont été détruits par les autorités ecclésiastiques, révèle François, qui reconnaît une faillite collective de l’Eglise chilienne.
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Pédophilie : tous les évêques chiliens remettent leur démission au pape

Des « documents compromettants » ont été détruits par les autorités ecclésiastiques, révèle François, qui reconnaît une faillite collective de l’Eglise chilienne.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h42
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Tous les évêques chiliens ont remis, vendredi 18 mai, leur démission au pape. Mardi 15 mai, convoqués à Rome, ils s’étaient vu remettre par le pontife argentin un texte de dix pages dans lequel celui-ci avait écrit noir sur blanc : depuis des années, l’Eglise catholique chilienne abrite « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels ».
« Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous », indique une déclaration lue devant la presse par deux porte-paroles de la Conférence épiscopale chilienne. Le pape doit à présent décider de sanctions nominatives après cette démission collective sans précédent depuis deux siècles.
Le texte glaçant, dont le contenu a été révélé jeudi par la télévision chilienne T13, s’appuie sur des faits rassemblés dans un rapport (non publié) de 2 300 pages rédigé par les deux enquêteurs que le pape a dépêchés auprès des victimes d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir commis au sein de l’Eglise chilienne.
Le document dénonce ainsi « l’existence de gravissimes négligences dans la protection des enfants vulnérables de la part d’évêques et de supérieurs religieux ». On peut aussi lire dans ce document que des religieux expulsés de leur ordre pour des « comportements immoraux » ont été accueillis dans d’autres diocèses avec des charges comportant « un contact quotidien et direct avec des mineurs ». 
Des plaintes ont par ailleurs été hâtivement jugées « invraisemblables » alors qu’elles étaient « de graves indices d’un délit effectif ». D’autres ont même été classées sans la moindre enquête. Des pressions ont été exercées sur des enquêteurs et des « documents compromettants » ont été détruits.
Par ailleurs, révèle le document, des évêques ou des supérieurs d’ordre religieux auraient confié la direction de séminaires ou de noviciats à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active », en violation des règles ecclésiastiques.
Pendant trois jours, de mardi à jeudi, le pape a rencontré à huis clos ces 34 évêques pour quatre séances de prise de conscience de la réalité des faits.
« Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous, indique une déclaration lue devant la presse. Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises ».
« Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’elles ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale, ajoutent-ils. Nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, pour qu’elles puissent se cicatriser ».

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Cas d’abus dans des écoles catholiques
A ce stade, on ignore si le pape va accepter ces démissions, ou certaines d’entre elles. Il apparaît en tout cas aujourd’hui clairement que le problème dépasse de loin le seul cas, pourtant déjà gravissime, de Fernando Karadima, ce charismatique prêtre de Santiago qui a formé de nombreux prêtres et plusieurs évêques et a été condamné par l’Eglise elle-même pour des agressions sexuelles commises pendant des années, par lui et autour de lui.
Ces dernières années, plusieurs cas d’abus dans des écoles catholiques sont apparus au grand jour. Dans ce texte, le pape qualifie de « nombreux » ces abus. Il décrit en réalité une véritable faillite collective de cette Eglise. « Nous sommes tous impliqués, moi le premier », affirme François.
Pendant plusieurs années, le pape a en effet refusé d’entendre certaines anciennes victimes de Fernando Karadima, qui accusaient notamment l’évêque Juan Barros, l’un de ses proches, d’avoir couvert les agissements de l’ecclésiastique. François avait même accusé de « calomnie » ceux qui lui demandaient de revenir sur la nomination de Mgr Barros dans le diocèse d’Osorno. Il a ensuite affirmé n’avoir pas été informé exactement par les victimes, alors même qu’une lettre de l’une d’entre elles lui a été remise dès 2015.

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Dans le texte transmis à l’épiscopat chilien, le pontife rappelle que par le passé, l’Eglise chilienne a eu le « courage » de s’engager et de prendre des risques pour défendre ses ouailles. Il oppose cette attitude à celle de l’Eglise d’aujourd’hui, qui a entre-temps été « transformée en son centre » : « La douloureuse et honteuse constatation des abus sexuels sur mineurs, des abus de pouvoir et de conscience de la part de ministres de l’Eglise ainsi que la manière dont ces situations ont été abordées met en évidence ce changement de centre ecclésial. »
« Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade »
Il décrit une Eglise passée du service des autres à une institution gangrenée par des individus et des groupes qui ont prétendu « s’ériger comme unique interprète de la volonté de Dieu ». Cette « psychologie d’élite », affirme le pape François, a fini par constituer des « cercles fermés qui débouchent sur des spiritualités narcissiques et autoritaires » pour lesquelles « l’important, c’est de se sentir spécial, différent des autres ». « Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade », résume François, qui parle aussi de « perversion » ecclésiale.
« Promouvoir une culture anti-abus »
Pour sortir de cette dérive collective, il préconise d’ouvrir l’institution et de travailler avec « différentes instances de la société civile pour promouvoir une culture anti-abus ». Il insiste sur le fait qu’à ses yeux, de simples changements de personnes (c’est-à-dire d’évêques) ne suffiront pas à résoudre des problèmes aussi profondément ancrés et structurels. « Cela, il faut le faire, écrit le pape, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. Il serait irresponsable de notre part de ne pas creuser pour trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent. »
Se contenter de changer des hommes, explique-t-il, donnerait l’illusion d’avoir réglé les problèmes alors que ceux-ci perdureraient. Pour que « plus jamais ils ne viennent à se répéter », conclut François, il faut considérer le problème comme « celui de tous et pas seulement comme celui de certains ».
Autrement dit, les évêques chiliens auraient une responsabilité collective dans ces dérives et aucun ne saurait s’en exonérer. Reste maintenant au pape à dévoiler les réformes « de court, de moyen et de long terme » promises aux victimes de ces nombreuses dérives.

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                La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie



Jeudi, deux représentants de l’épiscopat chilien ont lu une déclaration et refusé de répondre aux questions. « Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises », ont néanmoins déclaré les évêques.
« Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale », ont-ils ajouté.
La veille, l’un d’eux, le cardinal Javier Errazuriz, membre d’une puissante commission de neuf cardinaux (C9) chargée de conseiller le pape sur les réformes de la Curie, avait encore accusé les victimes de « calomnies », dans un entretien à la chaîne de télévision T13.



                            


                        

                        


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En Italie, le spectaculaire recul de l’idée européenne

Les voix proeuropéennes sont en plein désarroi, tandis que les formations eurosceptiques, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles, sont en passe de former une coalition pour gouverner.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 12h08
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



   


Pourtant, il n’y a pas si longtemps, être pro-européen allait de soi. D’Altiero Spinelli à Alcide De Gasperi, les pères fondateurs de l’Italie moderne avaient aussi été ceux de l’Europe politique, et remettre en cause le choix européen condamnait tout responsable ­politique à la marginalité. Fragilisé depuis plusieurs années, ce consensus a volé en éclats à la suite des élections du 4 mars. Les deux grands vainqueurs du scrutin, le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, en passe de former un gouvernement, ont construit une grande part de leur succès sur l’euroscepticisme, tandis que le Parti démocrate (PD), seule grande formation politique à avoir fait campagne en mettant en avant l’engagement européen, connaissait une déroute historique, avec 18 % des voix.
« Ce résultat est le fruit de la haine et d’un discours qui cherche sur tous les sujets des boucs émissaires », déplore avec amertume Sandro Gozi, secrétaire d’Etat aux affaires européennes d’un gouvernement Gentiloni qui vit ses dernières heures. Pour ce proche de l’ex-président du Conseil Matteo Renzi, « Salvini, qui fait du Le Pen, et Di Maio, qui agit par pur opportunisme, sont les deux faces d’un même problème, les enfants de la crise et de l’antipolitique ».
« Retards en matière d’Europe sociale »
Constatant la montée en puissance, ces dernières années, des discours antisystème, Sandro Gozi n’exonère pas l’Europe de ses responsabilités dans ce spectaculaire recul de l’idée européenne, au sein même d’un des pays ayant le plus contribué à la création de l’Union : « A l’étranger, précise-t-il, nos partenaires ont sous-estimé l’effet dévastateur de leur attitude ­durant la crise migratoire, ainsi que les conséquences d’une approche trop restrictive des questions économiques et les retards en matière d’Europe sociale. »

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                Pourquoi les Européens tremblent face au prochain gouvernement italien



« Le M5S n’est pas fiable », estime le secrétaire d’Etat pour justifier son opposition à un dialogue avec son chef de file Luigi Di Maio, un temps envisagé. Sandro Gozi préfère parier sur une recomposition politique, à moyen terme, dans laquelle une partie de la droite italienne romprait son alliance avec la Ligue, au discours trop extrémiste, pour se rapprocher du PD. « Le calendrier nous avantage, assure-t-il. Les élections européennes sont l’an prochain, il nous faut construire une véritable alternative, en liaison avec La ­République en marche et les Espagnols de Ciudadanos », poursuit-il. Sans trop ­espérer, à court terme, un retournement de l’opinion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Face au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, l’Europe a du mal à défendre ses entreprises, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».
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Total, Société générale, PSA : La grande peur du gendarme américain

Face au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, l’Europe a du mal à défendre ses entreprises, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h50
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            
Chronique. Il y a quelque chose d’insupportable pour une entreprise à devoir passer sous les fourches Caudines des Etats-Unis, surtout à l’ère de Donald Trump. Et pour les gouvernements à quémander aux Américains des exemptions pour les sociétés qui ont conclu des contrats avec l’Iran. Le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, l’a dit sans ambages, jeudi 17 mai, dans un entretien au Figaro : « Les sanctions économiques extraterritoriales ne sont pas acceptables. Les Etats-Unis n’ont pas à être le gendarme économique de la planète. » 

Mais ils le sont et sans doute pour longtemps. Emmanuel Macron a en effet exclu toute « guerre stratégico-commerciale ». Une contre-attaque coordonnée des Européens bute sur les réticences de l’Allemagne, dont la prospérité dépend des exportations. La décision de réactiver le règlement européen de 1996, offrant un bouclier juridique aux sociétés, sera d’une « efficacité limitée », reconnaît la Commission européenne, et l’octroi de crédits par la Banque européenne d’investissement ne serait pas à la hauteur. Quant à une structure ad hoc de financement des entreprises, elle n’est pas pour demain.
Les groupes européens – cible préférée de l’administration américaine – doivent donc se préparer à des jours difficiles. Seule major occidentale à avoir signé un contrat gazier depuis la levée des sanctions contre l’Iran, Total est condamné à attendre des jours meilleurs. Tout comme Airbus, Renault, PSA, Sanofi, Accor et de nombreuses PME. Un immense gâchis alors que les échanges franco-iraniens avaient triplé en deux ans.
Politique du « big stick »
Ce privilège d’extraterritorialité ne date pas de l’ère Trump, mais de la fin des années 1970, dans le cadre de la lutte anticorruption. BNP Paribas est bien « payée » pour le savoir, qui a versé 6,5 milliards d’euros à la justice américaine, en 2014, pour avoir utilisé le billet vert dans des transactions avec le Soudan,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Un texte, rédigé par deux départements importants de la Curie romaine et approuvé par le pape François, blâme la culture « profondément amorale » de la finance.
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Le Vatican étrille les marchés financiers

Un texte, rédigé par deux départements importants de la Curie romaine et approuvé par le pape François, blâme la culture « profondément amorale » de la finance.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h40
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le titre est en latin, mais beaucoup de termes – high-frequency trading, subprime, credit default swap, shadow banking system, offshore… – sont en anglais. Le Vatican a rendu public, jeudi 17 mai, un document sans concessions sur le fonctionnement de l’économie.
Rédigé par deux départements importants de la Curie romaine et approuvé par le pape François, Oeconomicae et pecuniariae quaestiones – Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel passe les marchés au crible de l’enseignement de l’Eglise catholique. Ils sortent étrillés de ces dix-huit pages signées par les responsables de la Congrégation pour la doctrine de la foi et du Dicastère pour le service du développement intégral.
Le pape François n’a pas formellement paraphé ce texte mais, à l’évidence, il a veillé de près à son élaboration. Ce document s’inscrit parfaitement dans la continuité de ses écrits et propos antérieurs, notamment de son encyclique sur l’écologie, Laudato si’ (Loué sois-tu), et de son discours de Santa Cruz de la Sierra (Bolivie), en juillet 2015, sur « l’économie idolâtre », qui « tue » et « exclut ». On y retrouve d’ailleurs une certaine inventivité de vocabulaire qui caractérise son propre style.

Les marchés y sont globalement décrits comme des machines à enrichir un petit nombre au détriment de tous les autres, à grand renfort de pratiques « immorales », « prédatrices », « inacceptables d’un point de vue éthique », dont certains acteurs s’apparentent à des « associations de malfaiteurs » animés par un « égoïsme aveugle » et pratiquant un « cannibalisme économique ». Tout cela sous le regard apathique ou impuissant des Etats.
« L’industrie financière, en raison de son omniprésence et de sa capacité inévitable à influencer et, dans une certaine mesure, à dominer l’économie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le futur chef du gouvernement, qui ne sera ni Matteo Salvini ni Luigi Di Maio, n’a pas encore été choisi.
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En Italie, le M5S et la Ligue affirment avoir bouclé leur « contrat » de gouvernement

Le futur chef du gouvernement, qui ne sera ni Matteo Salvini ni Luigi Di Maio, n’a pas encore été choisi.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 05h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 10h02
   





                        


L’échéance est fixée à la semaine prochaine. Les populistes italiens ont assuré, jeudi 17 mai au soir, qu’ils soumettraient lundi au président de la République Sergio Mattarella le programme du premier gouvernement antisystème en Italie, un « contrat » auquel ils mettaient, disent-ils, la dernière main.
« Je suis fier du temps, des jours et des nuits passées, non pas à parler de ministres mais de l’avenir de l’Italie. Lundi, nous irons chez M. Mattarella et nous lui soumettrons notre travail », a déclaré le chef de file de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini, en déplacement dans le Val d’Aoste où se dérouleront dimanche des élections régionales.
« Je suis très confiant, nous avons créé la base du gouvernement et le nom du premier ministre ne sera pas un problème », a pour sa part assuré Luigi Di Maio, son homologue du Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), depuis Monza où il rencontrait des entrepreneurs. Il était attendu lui aussi vendredi dans le Val d’Aoste, région autonome à statut spécial.

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                Pourquoi les Européens tremblent face au prochain gouvernement italien



Des ébauches du contrat ont fuité
Deux mois et demi après les législatives du 4 mars, qui n’ont pas débouché sur une majorité claire, les deux hommes se sont réunis une énième fois jeudi à Rome pour tenter de s’accorder sur les ultimes arbitrages de leur programme commun et sur le profil et le nom du futur chef du gouvernement. Ce dernier point est encore en suspens.
« Ce ne sera ni moi, ni M. Di Maio. J’aurais été heureux et cela aurait été un honneur mais nous sommes en train de chercher une synthèse », a tranché Matteo Salvini, même si, jeudi, les « 5 Etoiles » n’avaient pas totalement abandonné l’idée de voir leur leader prendre les rênes du futur exécutif.
Leur « contrat pour le gouvernement du changement » comporte 22 points et plusieurs ébauches du document ont fuité ces derniers jours dans la presse. Mais les responsables des deux formations assurent que ces versions sont « dépassées ».
Inquiétudes
La plus ancienne, qui date de lundi matin et évoque une sortie de l’euro, a déclenché une vague d’inquiétude qui n’est pas retombée. Après avoir plongé de 2,3 % mercredi, la Bourse de Milan a clôturé en baisse de 0,29 % jeudi.

        Lire :
         

          La presse publie une version du « contrat » entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles



Par ailleurs, l’éventualité d’un « Italexit » n’apparaît plus noir sur blanc dans les dernières versions du programme publiées jeudi par les médias italiens. Exit aussi la demande d’effacer quelque 250 milliards d’euros de dette publique italienne détenus par la Banque centrale européenne.
Toujours à l’ordre du jour en revanche : une « flat tax » ; un impôt sur le revenu ramené à 15 et 20 % ; un revenu de citoyenneté, promesse du M5S qui a contribué à son succès dans le sud du pays ; et une réforme des retraites assouplissant les conditions actuelles. Alors que l’âge du départ à la retraite doit passer à 67 ans en 2019, le programme commun devrait introduire un « barème 100 », à savoir la possibilité de prendre sa retraite lorsque la somme de l’âge et des années de cotisation atteint 100.
L’ensemble de ces mesures pourrait coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros, sans que l’on sache encore avec précision comment leur financement pourra être assuré. MM. Di Maio et Salvini ont promis que le programme commun serait soumis au vote des militants des deux formations, sur internet pour le M5S – dès vendredi selon certains médias – et sur des stands à travers le pays pendant le week-end pour la Ligue.

        Comprendre :
         

          La Ligue, aux origines d’une formation populiste en passe de cogouverner le pays






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Ex-directeur adjoint de la Banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla a été condamné à trente-deux mois de prison par un tribunal de Manhattan. Ankara a dénoncé un « simulacre de procès ».
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Un banquier turc condamné aux Etats-Unis pour avoir violé l’embargo américain contre l’Iran

Ex-directeur adjoint de la Banque publique turque Halkbank, Mehmet Hakan Atilla a été condamné à trente-deux mois de prison par un tribunal de Manhattan. Ankara a dénoncé un « simulacre de procès ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 19h53
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            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        


Incarcéré depuis quatorze mois aux Etats-Unis, accusé d’avoir contourné l’embargo américain contre l’Iran, le banquier turc Mehmet Hakan Atilla a été condamné, mercredi 16 mai, à trente-deux mois de prison par un tribunal de Manhattan où il comparaissait. Le verdict est plutôt clément au regard des vingt années de réclusion réclamées par l’accusation.
Mehmet Hakan Atilla est seul sur le banc des accusés dans cette affaire. Les autres mis en examen, dont l’ancien ministre de l’économie Zafer Caglayan, sont en Turquie, à l’abri des poursuites. Ex-directeur adjoint de la Banque publique turque Halkbank, Atilla n’a fait que suivre les consignes de sa hiérarchie, ont plaidé ses avocats. Il n’était « qu’un rouage » dans le schéma d’évasion des sanctions mis en place par la Turquie pour le compte de la République islamique, a reconnu le juge fédéral Richard Berman en prononçant la condamnation.
Le ministère des affaires étrangères turc a dénoncé mercredi « un simulacre de procès », clamant « l’innocence » du banquier. Avant l’énoncé du verdict, le président Recep Tayyip Erdogan avait prévenu : « Si Atilla devait être déclaré criminel, cela reviendrait presque à déclarer que la République turque est criminelle. »
La justice américaine a achevé son enquête à l’automne 2017. Neuf Turcs sont alors mis en examen, dont des anciens membres du gouvernement et trois cadres de Halkbank, la principale banque publique de Turquie. Tous sont accusés de contournement des sanctions et de blanchiment d’argent en faveur de l’Iran et de sociétés iraniennes. L’affaire « sent mauvais », déclare alors M. Erdogan.

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Trafic d’or, fausses opérations humanitaires, pots-de-vin
Le dossier d’accusation retrace l’essor rapide des transactions commerciales de la Turquie avec l’Iran entre 2010 et 2015, en dépit des sanctions. Avec les encouragements du gouvernement, un schéma interlope – trafic d’or, fausses opérations humanitaires, pots-de-vin aux membres du gouvernement – a permis à l’Iran de percevoir des milliards de dollars en devises en échange de ses hydrocarbures.
Ankara achetait du gaz et du pétrole à l’Iran contre des cargaisons d’or, livrées le plus souvent par avion, comme cet Airbus 330 immobilisé un temps par la douane à Istanbul avec 1,5 tonne d’or à son bord. Les lingots étaient ensuite convertis, en dollars surtout, lors de transactions bancaires où ces sommes apparaissaient comme étant le produit d’opérations humanitaires.
Plus que le banquier Attila, l’homme d’affaires turco-iranien Reza Zarrab s’est révélé comme étant l’homme-clef de ce dispositif. Arrêté en 2016 à Miami, l’ex- « golden boy » coopère désormais pleinement avec le département américain de la justice. Placé sous la protection du FBI, il jouit du statut de témoin assisté.
En décembre 2017, il est venu raconter à la barre les rôles de premier plan joués par le ministre Zafer Caglayan et par le directeur général de Halkbank, Suleyman Aslan, dans la mise en place du trafic. Il a confirmé avoir reçu l’aval de Recep Tayyip Erdogan, à l’époque premier ministre.
Un « complot », selon les autorités turques
L’affaire envenime un peu plus les relations déjà assez tendues entre Ankara et Washington. Et si les autorités turques y voient un « complot », c’est parce que l’enquête de la justice américaine a jeté une lumière crue sur une affaire embarrassante qu’elles avaient réussi jusqu’ici à étouffer.
Elle remonte à décembre 2013, lorsqu’un scandale de corruption éclate qui va faire vaciller le gouvernement turc. Il est question de dizaines de millions de dollars offerts à des ministres par Reza Zarrab pour faciliter le trafic d’or avec l’Iran. Les médias suivent de près les rebondissements de l’enquête, diligentée par deux procureurs.
Mais les investigations vont s’arrêter très vite. Les deux procureurs, décrits par Ankara comme des « adeptes » du prédicateur Fethullah Gülen, doivent fuir le pays. Aujourd’hui, ce dernier, qui vit en exil aux Etats unis, est considéré par les autorités turques comme l’instigateur du coup d’Etat raté de juillet 2016.
Les Etats-Unis n’ayant pas répondu favorablement à la demande turque d’extradition, Ankara voit dans le procès de Manhattan une « conjuration entre la CIA, le FBI et Gülen », comme l’a dit jeudi Bekir Bozdag, le porte-parole du gouvernement turc.
Le procès ne s’arrête pas là. Comme les transferts bancaires ont été facilités par Halkbank et par d’autres banques turques, des pénalités financières sont attendues. Elles seront fixées par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), agence du Trésor américain. Estimées à plusieurs milliards de dollars, elles risquent de fragiliser le secteur bancaire turc.
Alors que la monnaie locale ne cesse de se déprécier face au dollar et à l’euro, les banques doivent faire face aux restructurations de dettes réclamées par les entreprises du secteur privé, lourdement endettées (65 % du PIB).
Selon une source anonyme du secteur de la finance, « Halkbank est entrée en négociations avec l’OFAC depuis quelques mois déjà ». Une chose est sûre : la révélation des montants concernés n’interviendra pas de sitôt, certainement pas avant les élections législatives et présidentielle anticipées au 24 juin par le président Erdogan.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
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Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        

