<FILE-date="2018/05/18/19">

<article-nb="2018/05/18/19-1">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Nicolas Hulot « sonne le tocsin » de la biodiversité en danger

Le ministre présentera en juillet un plan d’action contre l’érosion du vivant, après une consultation du public.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h20
    |

            Pierre Le Hir








                        


Porter le combat contre l’érosion de la diversité du vivant au même niveau que la lutte contre le dérèglement climatique. C’est l’objectif de la « mobilisation de la France en faveur de la préservation de la biodiversité » à laquelle a appelé Nicolas Hulot, vendredi 18 mai à Marseille.
L’homme est devenu « une arme de destruction massive » contre la nature, a-t-il plaidé : « Je veux aujourd’hui sonner le tocsin et lancer ce cri de mobilisation générale. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. On ne doit pas prendre ça comme une tâche insupportable : ce qu’on donne à la nature, elle vous le rend mille fois. » Et d’ajouter que pour l’humanité, « l’heure de vérité » est arrivée.
Après une matinée sur le terrain, consacrée à une visite en bateau du parc national des Calanques, suivie d’une rencontre avec les responsables du conservatoire du littoral, le ministre de la transition écologique et solidaire a annoncé que le point d’orgue de cette mobilisation serait la tenue à Marseille, en juin 2020, du septième congrès mondial de la nature, organisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Deuxième piller de sa politique
M. Hulot n’a en revanche qu’esquissé les contours, sans en préciser le contenu, du « plan biodiversité » annoncé depuis plusieurs mois et attendu avec impatience par les associations environnementales. Celui-ci devrait être finalisé en juillet, après un comité interministériel prévu le 28 juin. Il sera précédé d’une consultation du public, menée du 18 mai au 7 juin via un site internet, autour de cinq thèmes : « Qualité de vie et santé, produire et consommer, nature et territoires, engager la société, action internationale. »
Le plan biodiversité lui-même, indique simplement le ministère, sera articulé autour de cinq axes :
« Protéger la biodiversité pour améliorer notre cadre de vie et nous adapter au changement climatique ; faire de la biodiversité le moteur du changement de nos sociétés de production et de consommation pour réduire notre empreinte écologique en France et dans le monde ; protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes ; créer un cadre européen et international ambitieux pour la protection de la biodiversité ; rendre la connaissance et l’action pour la biodiversité accessible à tous. »
Si ces têtes de chapitre ont le mérite de couvrir largement les enjeux de la préservation de la biodiversité, elles ne permettent guère, à ce stade, d’évaluer l’ambition du futur plan. M. Hulot assure pourtant vouloir en faire « le deuxième pilier de sa politique », avec le « plan climat » annoncé en juillet 2017, qui vise à atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle.

        Lire aussi :
         

                Climat : le plan de Hulot vers la neutralité carbone



Les alertes se multiplient
Semaine après semaine, les scientifiques lancent l’alerte : chute de près de 80 % des populations d’insectes en Europe au cours des trois dernières décennies, déclin vertigineux des oiseaux dans les campagnes françaises… Jeudi encore, une nouvelle étude a montré comment le réchauffement climatique mettait en péril la faune et la flore sauvages. En novembre 2017, dans Le Monde, 15 000 scientifiques avaient lancé un appel à sauver la planète, prévenant qu’« il sera bientôt trop tard ».

        Lire aussi :
         

                Pour la biodiversité, un demi-degré de réchauffement change tout



La France est concernée au premier chef. Elle recèle, grâce à ses territoires ultramarins, une biodiversité exceptionnelle. Selon le bilan 2017 de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), elle abrite en particulier 16 733 espèces endémiques - que l’on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde - dont 80 % dans les outre-mer.
Mais elle est aussi l’un des pays qui héberge le plus grand nombre d’espèces animales et végétales en danger au niveau mondial. Le tableau brossé par l’ONB est particulièrement préoccupant : régression de 23 % des populations d’oiseaux communs (les plus sensibles aux dégradations des écosystèmes) entre 1989 et 2015 ; effondrement de 46 % des populations de chauve-souris entre 2006 et 2014 ; menaces sur la survie de 31 % des espèces suivies dans les « listes rouges » de l’UICN et du Muséum national d’histoire naturelle.
Les écosystèmes sont eux-mêmes sous pression : 52 % seulement des milieux humides et 43 % des eaux de surface sont en « bon état de conservation », tandis qu’à peine 22 % des milieux naturels d’intérêt européen sont dans un état satisfaisant. En revanche, 64 % des récifs coralliens sont en état stable ou en amélioration. Les raisons en sont bien identifiées, souligne l’ONB : « Destruction, dégradation ou banalisation des milieux naturels, espèces exotiques envahissantes, pollutions, pression démographique, changement climatique ».
Beaucoup d’incertitudes
Reste à savoir, au-delà du « top départ de la mobilisation » - pour reprendre son expression - donné à Marseille par Nicolas Hulot, quel sera la teneur concrète du plan qui sera arrêté cet été. Quelles seront les mesures permettant d’aller plus loin que la loi d’août 2016 pour « la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », portée par l’ex-ministre de l’écologie, Ségolène Royal, et sa secrétaire d’Etat à la biodiversité, Barbara Pompili ? Quels moyens y seront-ils affectés ? Quels relais politiques M. Hulot trouvera-t-il au sein d’un exécutif plus soucieux d’économie que d’écologie ?
L’engagement personnel en faveur de la biodiversité de l’ancien animateur d’« Ushuaia » et du créateur de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) ne fait aucun doute. Il a, sur ce sujet, gardé une sensibilité exacerbée. En mars, à l’Assemblée nationale, il avait recueilli une standing ovation des députés en exhortant à un « sursaut d’indignation » face à l’extinction du vivant. « Moi ça ne me provoque pas de la peine, pas de la colère, [mais] de la honte », avait-il lancé d’une voix blanche, ajoutant : « Oui je vais vous présenter un plan biodiversité dans les semaines qui viennent (…), mais très sincèrement, tout le monde s’en fiche, à part quelques-uns. »

Pour autant, depuis son entrée au gouvernement, voilà tout juste un an, le ministre de la transition écologique n’a guère agi dans ce domaine. Il s’est surtout illustré en autorisant, un mois après sa prise de fonction, l’abattage de deux loups supplémentaires, puis en arrêtant, en février 2018, un « plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage », visant à assurer une population de 500 canidés à la fin du quinquennat, contre 360 aujourd’hui. Un texte qui ne satisfait pas plus les éleveurs que les écologistes. Il a aussi annoncé, fin mars, la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées, à l’automne, rouvrant là encore un dossier explosif.

        Lire aussi :
         

                Plan loup : le gouvernement vise une population de 500 canidés d’ici à 2023



Grands rendez-vous
Pour porter haut la bannière du vivant, M. Hulot mise sur la caisse de résonance de plusieurs rendez-vous internationaux qui seront accueillis en France. Le congrès mondial de la nature en 2020, donc, pour lequel la cité phocéenne était la seule ville candidate. Mais aussi, fin avril-début mai 2019, la septième session plénière de la Plate-Forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. S’y ajoutera, en 2019 aussi, la présidence française du G 7, que le ministre veut mettre à profit pour pousser le thème de la préservation du vivant.

        Lire aussi :
         

                Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité



Ces « grand-messes » pourraient être à la biodiversité ce que la COP21 de 2015, à Paris, a été au climat : l’occasion de mobiliser l’opinion publique et les gouvernements sur une cause aujourd’hui négligée, en même temps que d’afficher aux yeux du monde le volontarisme de la France. Ils permettront, veut croire le ministre, « un changement d’échelle ».
Encore devront-ils être suivis - et si possible précédés - de mesures concrètes pour enrayer la disparition en cours de la vie sauvage. On l’a vu sur le climat : le verbe haut de la France et de son président, Emmanuel Macron, ne s’est pour l’instant guère traduit par des effets tangibles. France Nature Environnement a déjà averti : « Le futur plan national en faveur de la biodiversité doit constituer le point de départ d’un nouvel engagement fort de l’ensemble de la société, et en premier lieu de l’Etat ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-2">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’ancien maire de Sevran a démissionné à la fin du mois de mars pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieues. Il a répondu à vos questions sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Stéphane Gatignon : « On attend de Macron des actes » pour la Seine-Saint-Denis

L’ancien maire de Sevran a démissionné à la fin du mois de mars pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieues. Il a répondu à vos questions sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h08
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h16
   





                        


Stéphane Gatignon, ancien maire de Sevran, a commenté pour les lecteurs du Monde.fr les conclusions d’un rapport parlementaire qui doit être remis à l’Assemblée nationale le 31 mai. Il a appelé le président Emmanuel Macron à réagir.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron n’entend pas « réinventer de grands dispositifs » pour les banlieues



Kate : Partagez-vous le constat fait dans leur rapport par François Cornut-Gentille (LR) et Rodrigue Kokouendo (LRM), qui parlent de « République en échec » ?
Stéphane Gatignon : Oui, dans le sens où le rapport porte sur les responsabilités régaliennes de l’Etat. On voit bien tout simplement que l’Etat met moins dans la Seine-Saint-Denis sur ses responsabilités de justice, de police, d’école… Au niveau de la justice, par exemple, il suffit de voir le tribunal de Bobigny et d’y passer une journée pour comprendre que ce tribunal est à la fois surchargé, totalement inadapté pour recevoir du public, avec des audiences parfois compliquées.

        Lire aussi :
         

                En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté »



Pour ma part, cela fait dix-sept ans que je fais ce constat. Ce qui change, avec ce rapport, c’est qu’il est officiel puisqu’il sort de l’Assemblée nationale. On ne pourra plus dire « ces élus ou telle personne abusent en disant que l’Etat est moins en Seine-Saint-Denis qu’ailleurs ». Maintenant, l’Etat, le président de la République, doivent prendre des mesures pour que la Seine-Saint-Denis soit traitée avec équité.
Rosy : Des décisions semblaient prévues mardi 22 mai et aujourd’hui on lit que non, finalement, il ne se passera rien mardi. Pourquoi ? Macron a-t-il réellement envie de se coltiner le dossier banlieues ?
J’espère que le chef de l’Etat parlera le 22 et annoncera 1) des mesures, 2) une méthode et 3) une organisation et des hommes et des femmes pour mettre en œuvre une nouvelle politique en banlieue. Aujourd’hui, on attend de Macron un discours clair et des actes. S’il ne veut pas se coltiner la banlieue, c’est la banlieue qui va se coltiner à lui. Il faut des réponses aux questions posées depuis des mois, voire des années. Le rapport sur la Seine-Saint-Denis démontre l’urgence de ces réponses.

        Lire aussi :
         

                A Aubervilliers, « la lenteur de la justice aggrave la situation de justiciables déjà en grande difficulté »



Certaines mesures du plan Borloo peuvent sembler gadget à certains, mais je les invite à lire l’ensemble du plan. Je regrette d’ailleurs que certains se soient sentis écartés des propositions par, je pense, une incompréhension du rôle de chacun. Et je pense que les tergiversations actuelles de l’Elysée amplifient ces incompréhensions. Aujourd’hui, c’est au président de parler et d’avoir un discours fort. C’est le seul moyen de redonner confiance à tout le monde et que chacun, où qu’il soit, participe collectivement à ce chantier qui est tout à la fois la vision et la construction d’une autre banlieue pour la France
Jack : Que pensez-vous des propositions de Jean-Louis Borloo sur les banlieues ?
Ses propositions forment une caisse à outils pour les territoires de banlieues, mais aussi les villes en grande difficulté en région et dans les DOM. Il propose des choses très concrètes. Un exemple : sur la petite enfance, la proposition de créer 30 000 places d’accueil dans nos territoires est fondamentale. Cela doit permettre à de nombreuses mères de famille, aujourd’hui astreintes à résidence dans le quartier ou la cité, de pouvoir avoir un mode de garde pour leurs enfants et ainsi pouvoir trouver ou retrouver un emploi, avec une autonomie sociale et financière. Quand on parle du rapport hommes-femmes dans les quartiers, cette question est essentielle. C’est financé par les excédents de la Caisse des allocations familiales, et non par le budget de l’Etat.

        Lire aussi :
         

                Ecole en Seine-Saint-Denis : « Il faut varier les méthodes d’apprentissage »



Berry : A votre avis, quelles sont les raisons de ce manque d’investissement de l’Etat ?
Historiquement, la Seine-Saint-Denis a accueilli des ouvriers car les usines étaient là. Elles sont parties, et les populations fragiles qui y vivent actuellement forment un réservoir de main-d’œuvre important dans l’économie légale et dans l’autre économie. On sait aujourd’hui qu’une partie des chantiers de BTP ont une grosse part de travailleurs au noir. Ces travailleurs habitent dans nos territoires. Cette économie parallèle permet aux gens les plus fragiles de vivre et à notre économie de tourner. C’est une partie de la réponse. D’autre part, je pense profondément qu’il y a une incompréhension totale de la part des gouvernants sur ce que sont la banlieue, ses habitants, ses dynamiques.
Adrien : Ce problème se résume-t-il à un problème de moyens ?
Ce n’est pas seulement un problème financier, mais une volonté politique. Les nombreux projets qui existent pour « faire péter le ghetto » ne bénéficient pas aujourd’hui d’un soutien suffisant de l’Etat. Pour Sevran, dans un nouveau quartier, nous discutons avec les services de l’Etat depuis trois ans pour pouvoir accueillir deux résidences étudiantes. L’investisseur est là, le gestionnaire est là, la région est d’accord : l’Etat ne met pas d’argent, mais refuse le Graal, qui est un tampon sur un papier. Comment changer les choses chez nous si on ne restructure pas nos villes en permettant à chacun d’y habiter ?
Thibault : Est-il envisageable et souhaitable, selon vous, de renforcer le pouvoir des communes sur les projets de construction ?
Nous n’en sortirons pas en France si nous ne mixons pas les différents types d’habitat, pas seulement logements HLM et copropriétés, mais aussi logements pour personnes âgées ou étudiants. Il faut qu’il n’y ait pas qu’un seul type de population dans les territoires. Tout cela est possible si tout le monde joue le jeu : les élus locaux, l’Etat, les bailleurs sociaux, les investisseurs privés. C’est du gagnant-gagnant.
Sleepy Hollow : Comment attirer du personnel dans ce département ?
Il faut changer les règles de la fonction publique pour la justice, l’école, la police. Aujourd’hui, ce sont les fonctionnaires qui ont le moins de points qui se retrouvent dans la Seine-Saint-Denis. C’est difficile de passer de Guéret, dans la Creuse, aux Beaudottes, à Sevran, quand on est un jeune policier. Il faut changer cela, donner des primes pour qu’un agent « qui a de la bouteille » exerce dans nos territoires. Au même nombre de fonctionnaires par habitant, nos territoires coûtent environ 20 % de moins à l’Etat, parce que ces fonctionnaires sont jeunes.
Sam : Pensez-vous que votre démission a fait bouger les choses ?
Au-delà du côté personnel, je pense que ma démission a fait prendre conscience de la situation en banlieue et, au-delà, de la difficulté d’être maire aujourd’hui en France, que ce soit en zone urbaine ou rurale.

        Lire aussi :
         

                Le maire de Sevran démissionne pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue



Héloïse : Avec l’évolution du Grand Paris, l’installation d’entreprises, la construction de nouveaux logements, n’y aura-t-il pas une arrivée de médecins, d’avocats, etc. ?
La Seine-Saint-Denis se transforme profondément aujourd’hui, et l’arrivée du métro, et notamment celui du Grand Paris, est essentielle dans ces transformations puisqu’elle mobilise beaucoup d’investissements publics et surtout privés. Ce rapport parlementaire montre bien la situation paradoxale dans laquelle on est : ce département est fragile et en même temps l’avenir est là, notamment par la jeunesse de sa population. C’est pourquoi l’enjeu n’est pas seulement financier, mais d’abord politique. Les élus locaux et l’Etat doivent travailler main dans la main pour transformer nos territoires.
Durandag : Les problèmes sont-ils à chercher en amont ou en aval ?
Je pense que rien n’est irrécupérable. Tout d’abord il faut accepter que nous sommes dans un monde cosmopolite, jeune, libéral, avec des solidarités. La banlieue, c’est d’abord ça. Ensuite, il faut retisser du lien, renforcer les corps intermédiaires, souvent désabusés, mais qui font que cela ne craque pas. Je pense évidemment à ces milliers de gens investis dans le monde sportif, culturel, de l’entreprise. Ces gens engagés qui font par exemple que chaque semaine plus de cinq cents matchs de football sont organisés dans la Seine-Saint-Denis, c’est grâce à eux que la vie continue. Il faut que le président s’adresse d’abord à eux, et pas à ceux qui vivent depuis des années des subsides de la politique de la ville ou existent grâce à la situation en banlieue.

Sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis, retrouvez tous nos articles :
Ecole : « Il faut varier les méthodes d’apprentissage »Police : « Des collègues laissent ouverts de 150 à 200 dossiers » Logement : Les bonnes affaires des marchands de sommeil Justice : « La lenteur aggrave la situation de justiciables déjà en grande difficulté » Portrait de la Seine-Saint-Denis, vue depuis la nationale 2





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-3">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Meghan Markle a confirmé, jeudi, que son père n’assisterait pas à la cérémonie, prévue pour samedi 19 mai, au château de Windsor.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Mariage du prince Harry et de Meghan Markle, une union royale qui a failli dérailler

Meghan Markle a confirmé, jeudi, que son père n’assisterait pas à la cérémonie, prévue pour samedi 19 mai, au château de Windsor.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h26
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h28
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Le mariage du prince Henry de Galles, alias « Harry », 33 ans, sixième dans l’ordre de succession de la monarchie, avec Meghan Markle, 36 ans, roturière, actrice, divorcée et américaine, samedi 19 mai au château de Windsor, devait symboliser la nouvelle ouverture d’esprit de la famille royale britannique. Mais admettre chez les « Royals » un beau-père déclaré financièrement en faillite et absent le jour des noces, une demi-sœur qui traite la mariée d’« arriviste » et des neveux qui cultivent le cannabis dans l’Oregon est sans doute un peu too much. Les frasques de la famille recomposée Markle ont failli faire dérailler un événement programmé au millimètre et dont le gouvernement de Theresa May a bien besoin pour faire oublier la déprime liée à l’impasse du « Brexit ».
Le remarquable talent britannique pour mettre en scène de grandioses cérémonies et pour couvrir les fausses notes des mots les plus suaves, a une nouvelle fois opéré. Vendredi 18 mai au matin, à vingt-quatre heures du mariage royal, suivi dans le monde entier, le palais de Kensington a annoncé que le prince Charles, héritier direct de la reine Elizabeth II et futur beau-père de Meghan Markle, la conduirait à l’autel, en l’absence de son père. « Mlle Meghan Markle a demandé à Son Altesse royale le prince Charles de la conduire à l’autel » de la chapelle Saint-George au château de Windsor, a indiqué un communiqué. « Le prince de Galles est ravi de pouvoir accueillir Mlle Markle de cette façon dans la famille royale. »
Habile autant qu’élégant, ce geste est aussi destiné à faire taire les méchantes langues, qui accusent Kensington Palace d’avoir abandonné Thomas Markle, le père de Meghan, à la rapacité des paparazzis. Un thème particulièrement sensible pour le marié, dont la mère Diana est morte en 1997 à Paris alors que sa voiture était prise en chasse par des photographes. De fait, face au chaos qui a prévalu ces derniers temps au sein de la famille Markle, les Windsor, longtemps secoués par les drames conjugaux et les rivalités, font figure de famille modèle. « Samedi sera un jour magnifique et heureux, a hardiment prédit une source royale. Le palais a toujours cherché à fournir son aide à [Thomas Markle]. Mlle Markle est à l’évidence soucieuse de sa santé. » Pour compléter le tableau, les petits George et Charlotte, enfants de William et Kate, figureront parmi les garçons et filles d’honneur.

        Lire aussi :
         

                Meghan Markle, américaine, catholique et divorcée, fait son entrée chez les Windsor



Seule la mère de Meghan Markle sera présente
Après des journées de confusion, Meghan Markle a confirmé jeudi 1er mai, que son père, âgé de 73 ans, n’assisterait « malheureusement » pas à la cérémonie. « J’ai toujours été très attachée à mon père et j’espère qu’on lui laissera l’espace dont il a besoin pour se concentrer sur sa santé », a fait savoir la future « princesse » (son titre exact n’est pas tranché). La mère de Meghan Markle, Doria Ragland, 61 ans, travailleuse sociale et professeure de yoga, sera le seul membre de sa famille à être présente parmi les six cents personnes invitées à la chapelle Saint-George du château de Windsor, où l’archevêque de Canterbury, Justin Welby, donnera la bénédiction nuptiale, à partir de midi.
Les présentations ont été faites : mercredi, peu après son arrivée à Heathrow, Mme Ragland a pris le thé avec le prince Charles et son épouse Camilla – « un très joyeux après-midi », a révélé le palais. Le lendemain, elle a fait la connaissance de Kate, William et de leurs enfants. Vendredi, elle devait rencontrer la reine, grand-mère du marié, toujours à l’heure du thé. La qualité d’« African American » de Mme Markle est amplement mise en exergue par les commentateurs britanniques, comme symbole de la modernisation des « Royals ». « Une descendante d’esclaves noirs entre dans la famille de la chef du Commonwealth », s’est enthousiasmée la BBC. D’autres n’hésitent pas à dresser un parallèle entre l’entrée de Meghan Markle chez les Windsor et l’élection de Barack Obama aux Etats-Unis.

   


Mais le conte de fées a bien failli basculer dans le drame, ou la comédie, selon le degré d’importance que l’on accorde à l’événement. Lundi, Thomas Markle, ex-éclairagiste à Hollywood, à la retraite, avait déclaré au site people américain TMZ qu’il avait décidé de ne pas assister à la cérémonie « pour ne pas embarrasser la famille royale ou sa fille ». La veille, le tabloïd britannique Mail on Sunday avait révélé que les récents clichés le montrant se préparant pour le mariage, et présentés comme pris sur le vif, étaient en réalité le fruit d’une mise en scène et avaient été vendus 100 000 dollars (84 000 euros) dans le monde entier. Des paparazzis ont loué la maison qui jouxte celle où vit M. Markle, à Rosarito au Mexique, près de la frontière américaine. Sept ou huit voitures le suivent chaque fois qu’il en sort, et le harcèlent. Après avoir semblé changer d’avis, le papa a fait savoir qu’il ne pourrait définitivement pas être présent. Mercredi, il aurait subi une opération du cœur. Mais ces supposés atermoiements, connus uniquement sur TMZ et jamais confirmés à Londres, ont enveloppé le mariage d’une impression générale de malaise et aussi de tristesse pour la future mariée.
Réveiller l’attention des Britanniques
Ces imprévus de dernière minute ont transformé un événement largement protocolaire et réglé comme du papier à musique, en happening permanent. Ce qui n’est pas forcément mauvais pour réveiller l’attention des Britanniques. Selon un sondage YouGov réalisé pour l’association antimonarchiste Republic, 66 % d’entre eux n’ont rien à faire du mariage de Meghan Markle et le prince Harry. Tandis que l’événement sert de prétexte à des réjouissances entre amis ou au sein de familles, nombre de sujets du royaume, interrogés dans les médias, font savoir qu’ils ne seront pas devant leur poste de télévision samedi. A Windsor cependant, où d’importantes mesures de sécurité sont déployées, des dizaines de milliers de spectateurs munis de drapeaux britanniques et de photographies à l’effigie du couple sont attendus pour assister au défilé du carrosse royal dans les rues.
Ceux que les fastes de Windsor ne passionnent pas peuvent se délecter, en revanche, du mauvais feuilleton alimenté par la jalousie des membres de la famille Markle qui, non invités à la cérémonie, règlent leurs comptes ou tentent de profiter de l’aubaine. Les « stars » de ce regrettable soap opera sont Samantha et Thomas Junior, les demi-sœur et frère de Meghan Markle. Samantha Grant, 53 ans, qui a repris récemment le nom de Markle, oscille entre férocité et gentillesse à l’égard de la future mariée, qu’elle n’a pas vue depuis dix ans. Peu après l’annonce de la romance « Meghan-Harry », elle a traité sa demi-sœur d’« arriviste » dans le Sun en se demandant si elle était digne d’entrer dans la famille royale. Elle a ensuite annoncé la publication d’un livre sur Meghan Markle gentiment intitulé Le Journal de la sœur de la princesse aux dents longues.
Reproches familiaux… et revirements
Lorsque, en décembre, Harry a expliqué à la BBC que la famille royale était « la famille que, je suppose, Meghan n’a jamais eue », Samantha a explosé : « En réalité, Meghan a une grande famille qui a toujours été là pour elle. » Elle lui a reproché de porter « une robe de couturier à 56 000 livres sterling », somme qui aurait été mieux dépensée, selon elle, pour aider leur père, en faillite. Atteinte de sclérose en plaques et clouée dans un fauteuil roulant, elle regardera le mariage depuis les Etats-Unis après avoir mis de l’eau dans son vin. « Je suis incroyablement heureuse pour toi », a-t-elle fait savoir en assurant que l’esprit de son livre avait été « mal interprété ». Jeudi, Samantha Markle aurait eu un accident de voiture en Floride en tentant d’échapper à des paparazzis.
Thomas Junior, 51 ans, installateur de fenêtres dans l’Oregon, a, lui aussi, étalé sa rancœur avant de se raviser. Dans une lettre publiée par le magazine In Touch, il avait conseillé au prince Harry d’annuler son mariage avec sa demi-sœur, une femme « cynique, insensible et prétentieuse » qui n’est « de toute évidence pas la bonne personne ». Non invité à la cérémonie, il vient cependant de se faire photographier à Windsor pour le Daily Mirror aux côtés de répliques en carton des futurs mariés, en affirmant que Meghan Markle serait « une parfaite princesse moderne ». Pour couronner le tout, Tracey Dooley, l’ex-épouse de Thomas Junior, a fait, elle aussi, le voyage de Windsor – sans invitation – avec ses deux fils, Thomas et Tyler. Ce dernier cultive le cannabis dans l’Oregon – Etat où la plante est autorisée. Ils commentent le mariage pour des chaînes de télévision américaine.
Les événements liés à la famille royale ont ceci de particulier pour un journaliste qu’il est impossible de vérifier de façon indépendante les sentiments, les humeurs ou les opinions prêtés aux Windsor. Ces derniers ne donnent pratiquement jamais d’interviews et leur communication est verrouillée par une armée de communicants experts en langue de bois royale. Mais un fait semble avéré : Tyler Dooley, 25 ans, a profité du mariage royal de sa tante pour développer une souche hybride de cannabis qu’il a poétiquement baptisée « Markle Sparkle » (« éclat de Markle »). Une formule inédite pour des noces éblouissantes.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-4">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le centre d’appel du service d’aide médicale urgente traite à l’hôpital d’Amiens plus de 125 000 cas par an, un chiffre en constante augmentation.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Au SAMU d’Amiens, « on ne sait jamais ce qu’il y a derrière un appel »

Le centre d’appel du service d’aide médicale urgente traite à l’hôpital d’Amiens plus de 125 000 cas par an, un chiffre en constante augmentation.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h43
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h28
    |

                            Eléa Pommiers








                        



                                


                            

A l’autre bout de la ligne, un coude cassé dans une chute. Puis un sexagénaire victime d’un infarctus. Un voyageur malade dans un train. Et un homme, récemment opéré, souffrant du genou. Dans la salle de l’hôpital d’Amiens, trois notes de musique résonnent, les écrans d’ordinateur clignotent et une phrase est répétée, comme un inlassable écho : « Le SAMU, bonjour. »
Pour le voyageur malade, des conseils téléphoniques suffiront. Le jeune homme opéré du genou, dont la voix tremble de douleur, nécessite l’envoi d’une équipe du SAMU. Ce ne sera finalement qu’une crampe.
Trois notes, l’écran qui clignote. Au téléphone, c’est cette fois un homme qui hurle des insultes, mais à qui il faut malgré tout poser les questions de rigueur sans ciller. Un autre, violent, pour qui il faut appeler la gendarmerie. Dans les combinés, la détresse sociale se mêle à la détresse médicale. C’est également une personne âgée, inconsciente à son domicile, dont les secours constateront finalement la mort en arrivant. L’appel avait été traité en moins de deux minutes. Un bref silence dans la salle, puis à nouveau trois notes et l’écran qui clignote.

« On passe du rien au tout, mais on ne s’arrête jamais », résume la professeure Christine Ammirati, à la tête du service d’urgences d’Amiens, qui héberge le SAMU 80 (Somme). Elle a connu le service à ses débuts, il y a trente ans, quand il ne comptait « qu’un téléphone sur une paillasse » et quand « deux appels par nuit, c’était déjà beaucoup ».
Depuis, la population a vieilli, amenant au SAMU des patients aux pathologies multiples et aux antécédents complexes. Les permanences des médecins généralistes se sont raréfiées et appeler le « 15 » est devenu pour beaucoup un réflexe, à toute heure et pour tout type de problème de santé. Le SAMU 80 traite désormais plus de 125 000 dossiers par an, soit en moyenne 335 par jour.
« Peur tous les jours »
Dans la journée, un...




                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-5">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Plus de 45 millions de joueurs se sont déjà lancés dans le jeu vidéo phénomène de l’année. Des internautes racontent au « Monde » leur expérience.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« “Fortnite”, c’est comme jouer avec des pistolets à eau, toute la famille peut s’amuser »

Plus de 45 millions de joueurs se sont déjà lancés dans le jeu vidéo phénomène de l’année. Des internautes racontent au « Monde » leur expérience.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h34
    |

            William Audureau








                        



   


« Mon fils de 9 ans me parle de ce jeu trop bien auquel joue le grand frère de son copain. Un jeu de tir ? Hors de question », jurait Atrayu, une maman de 37 ans. Quelques vidéos sur YouTube plus tard, elle est rassurée : Fortnite met en scène des armes, c’est vrai, mais au look cartoon. Le nouveau jeu vidéo à la mode ne comporte ni sang ni cruauté, mais de l’humour et un côté bac à sable – on peut bâtir murs et escaliers en pleine partie pour mieux s’enfuir ou se protéger. « C’est comme jouer au p’tit malin avec des pistolets à eau, toute la famille peut s’amuser sans risquer de faire des cauchemars », reconnaît-elle.

        Lire aussi :
         

                « Fortnite », le jeu vidéo qui pulvérise tous les records d’audience



Voilà que Atrayu se laisse prendre à son tour et se mue en « maman gameuse », comme elle s’appelle. Côté pile, interdiction de jouer les jours d’école. Côté face, elle vise désormais les victoires en bataille royale, ce mode compétitif où 100 joueurs s’affrontent. « Ma meilleure partie, c’est ma première victoire avec deux éliminations réussies en équipe ! La prochaine étape, c’est le top 1 en solo, mais la route est encore longue quand on ne sait pas construire ! », prévient-elle.

« Je fais un peu partie de mes étudiants »
La grande réussite de Fortnite, le jeu au plus de 45 millions de joueurs, c’est d’ores et déjà d’avoir réussi à faire cohabiter débutants absolus de la manette et vétérans de la mire. De 10 à 52 ans, collégiens comme professeure, ils ont été plus d’une centaine à répondre à l’appel à témoignages lancé par Le Monde au début du mois de mai pour comprendre les motivations de ses accros.

        Lire aussi :
         

                Le jeu vidéo « Fortnite » annoncé sur Android pour cet été



Beaucoup sont attirés par son aspect compétitif et son format original : « Le style de jeu “battle royale” est excellent : 100 joueurs sur une île, tout le monde commence sans rien, le dernier debout gagne, raconte Ernest Oppetit, chef de projet de 27 ans à Londres. Il faut avoir un plan d’action, d’être discret, et il y a une vraie intensité quand on sait qu’on est parmi les derniers restants… »
Ce style de jeu, Fortnite ne l’a pas inventé. Il l’a chipé à Player Unknown’s Battlegrounds, jeu phénomène de 2017. Alexandre Bergonzo, 38 ans, habitué des jeux de tir, a essayé ce dernier sans être convaincu. « J’ai été très vite déçu par sa piètre réalisation et surtout pour son parti pris de jeu destiné au camping [le fait de se cacher et d’attendre] en solo », déplore-t-il. En revanche, il a apprécié le look plus « cartoonesque » et surtout l’action plus bondissante de Fortnite.

        Lire aussi :
         

                L’ascension fulgurante du jeu de tir « PlayerUnknown’s Battlegrounds »



Une recette qui fédère
L’intensité ludique des parties fait l’unanimité. « Jamais un jeu vidéo ne m’avait autant procuré d’émotions – stress, joie, colère –, car en fait contrairement à d’autres jeux classiques, l’erreur est interdite, la sanction immédiate et il n’y a pas d’appel possible. Il faut être fin, prudent, stratège. Il y a un livre à lire pour être bon à “Fortnite”, c’est “L’Art de la guerre” [de Sun Tzu] », plaisante Arnaud Legendre, qui évoque carrément le Graal que constitue une victoire en battle royale. 
« C’est un jeu qui est unique à chaque partie. (…) De plus, l’adrénaline qui se produit quand on fait top 1 est inimaginable. C’est ça qui nous donne le goût de rejouer et rejouer, ce petit côté de hasard et de stratégie, car oui, il y a de la stratégie », souligne Emile, étudiant québécois de 17 ans. Il a commencé comme bien d’autres parce que le jeu est gratuit, avant de se laisser prendre au jeu de ses parties haletantes.
Pierre-Olivier, 49 ans, l’a découvert grâce ou à cause de ses deux fils, respectivement âgés de douze et quatorze ans et a été séduit lui aussi par tout ce que Fortnite permet. « A force, j’ai découvert l’immensité des possibilités. Le jeu laisse de la place pour seize tonnes de créativité dans les tactiques, pèse-t-il. Chaque partie, c’est une aventure différente. Côté tempo, je peux me la jouer Alien : si j’atterris sur une colline perdue, ce sera tout en lenteurs tendues, attentes, avec brusques et rares montées d’adrénaline… Si j’atterris dans une ville fréquentée, c’est parti pour l’action frénétique façon Cameron. » 
Engouement médiatique
D’autres préfèrent l’approche Lego. Comme le dit Pierre-Loup, lycéen à Lille, une fois que l’on prend les commandes, c’est « place à l’imagination pour construire des tours, des défenses et se mouvoir à notre façon ». « “Minecraft” + “Hunger Games” : ça ne pouvait pas être mauvais », souligne Fernando Bejaran, 25 ans, ingénieur à Toulouse, qui cite deux jeux dans lesquels il est question de construction et de lutte pour la survie entre humains.
Et puis, il y a l’engouement médiatique, le fait que des stars de YouTube et Twitch s’y soient tous mis. Albet, collégien de quinze ans à Alfortville (Val-de-Marne), se remémore une partie en ligne où il s’est retrouvé par hasard dans la même équipe que Gotaga, l’une des stars françaises du jeu. Ils ont fini top 1 ensemble, la consécration.
Un engouement médiatique qui ne fait pas que des heureux, alors que certains y jouent déjà depuis l’automne 2017. Dorian, 18 ans, évoque désormais « un sentiment de lassitude et de dégoût ».
Il crée des liens insoupçonnés
L’intérêt du jeu tient aussi à la possibilité de jouer à quatre en équipe, en se parlant au micro. Fortnite, pour eux, c’est une aventure sociale conviviale. « Cela crée des expériences ensemble, et pendant les longues traversées de l’île, on a le temps de se donner des nouvelles », explique Ernest Oppetit. Dorian, 18 ans, se souvient de « fous rire et soirées inoubliables ».
Pour Maxime Delabrousse, 25 ans, qui réside à Buenos Aires, le titre fait même office de réseau social. « J’aime bien jouer à “Fortnite” non pas seulement pour son originalité, mais aussi pour jouer avec mes amis restés en France et discuter via Discord ou le service de discussion du jeu. Idem, je pratique mon espagnol en jouant sur le serveur sud-américain, et je flatte mon ego puisque le niveau y est moins fort ! »

        Lire aussi :
         

                Celia Hodent, la psychologue française derrière le succès du jeu vidéo « Fortnite »



Le jeu a même permis de créer des liens insoupçonnés. Marianne Souchon, professeure à Loudun, dans la Vienne, l’a découvert par l’entremise de son fils collégien. « Puis, je l’ai longuement entendu jouer en bande avec ses amis de la vraie vie, appris leur “jargon”, compris les stratégies à mettre en œuvre… Je l’ai parfois aidé quand, dans le feu de l’action, il perdait de la lucidité. Et j’ai eu envie d’essayer. » A 52 ans, elle empoigne pour la première fois la manette, apprend à ouvrir des coffres, construire des escaliers, viser les adversaires, se met à enchaîner les parties, jusque tard la nuit.
Jusqu’à surprendre ses propres étudiants un matin en pleine conversation, et à les épater à leur donner des conseils, eux qui ne s’attendaient sûrement pas à ce qu’une adulte joue au même jeu vidéo qu’eux. « Je fais désormais – un peu – partie de leur bande et cela facilite mon travail », se réjouit-elle.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-6">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Des « documents compromettants » ont été détruits par les autorités ecclésiastiques, révèle François, qui reconnaît une faillite collective de l’Eglise chilienne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Pédophilie : tous les évêques chiliens remettent leur démission au pape

Des « documents compromettants » ont été détruits par les autorités ecclésiastiques, révèle François, qui reconnaît une faillite collective de l’Eglise chilienne.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 16h42
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Tous les évêques chiliens ont remis, vendredi 18 mai, leur démission au pape. Mardi 15 mai, convoqués à Rome, ils s’étaient vu remettre par le pontife argentin un texte de dix pages dans lequel celui-ci avait écrit noir sur blanc : depuis des années, l’Eglise catholique chilienne abrite « de nombreuses situations d’abus de pouvoir, d’autorité et d’abus sexuels ».
« Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous », indique une déclaration lue devant la presse par deux porte-paroles de la Conférence épiscopale chilienne. Le pape doit à présent décider de sanctions nominatives après cette démission collective sans précédent depuis deux siècles.
Le texte glaçant, dont le contenu a été révélé jeudi par la télévision chilienne T13, s’appuie sur des faits rassemblés dans un rapport (non publié) de 2 300 pages rédigé par les deux enquêteurs que le pape a dépêchés auprès des victimes d’agressions sexuelles et d’abus de pouvoir commis au sein de l’Eglise chilienne.
Le document dénonce ainsi « l’existence de gravissimes négligences dans la protection des enfants vulnérables de la part d’évêques et de supérieurs religieux ». On peut aussi lire dans ce document que des religieux expulsés de leur ordre pour des « comportements immoraux » ont été accueillis dans d’autres diocèses avec des charges comportant « un contact quotidien et direct avec des mineurs ». 
Des plaintes ont par ailleurs été hâtivement jugées « invraisemblables » alors qu’elles étaient « de graves indices d’un délit effectif ». D’autres ont même été classées sans la moindre enquête. Des pressions ont été exercées sur des enquêteurs et des « documents compromettants » ont été détruits.
Par ailleurs, révèle le document, des évêques ou des supérieurs d’ordre religieux auraient confié la direction de séminaires ou de noviciats à « des prêtres soupçonnés d’homosexualité active », en violation des règles ecclésiastiques.
Pendant trois jours, de mardi à jeudi, le pape a rencontré à huis clos ces 34 évêques pour quatre séances de prise de conscience de la réalité des faits.
« Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous, indique une déclaration lue devant la presse. Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises ».
« Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’elles ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale, ajoutent-ils. Nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, pour qu’elles puissent se cicatriser ».

        Lire aussi :
         

                Pédophilie : le pape reconnaît des dérives au sein de l’épiscopat chilien



Cas d’abus dans des écoles catholiques
A ce stade, on ignore si le pape va accepter ces démissions, ou certaines d’entre elles. Il apparaît en tout cas aujourd’hui clairement que le problème dépasse de loin le seul cas, pourtant déjà gravissime, de Fernando Karadima, ce charismatique prêtre de Santiago qui a formé de nombreux prêtres et plusieurs évêques et a été condamné par l’Eglise elle-même pour des agressions sexuelles commises pendant des années, par lui et autour de lui.
Ces dernières années, plusieurs cas d’abus dans des écoles catholiques sont apparus au grand jour. Dans ce texte, le pape qualifie de « nombreux » ces abus. Il décrit en réalité une véritable faillite collective de cette Eglise. « Nous sommes tous impliqués, moi le premier », affirme François.
Pendant plusieurs années, le pape a en effet refusé d’entendre certaines anciennes victimes de Fernando Karadima, qui accusaient notamment l’évêque Juan Barros, l’un de ses proches, d’avoir couvert les agissements de l’ecclésiastique. François avait même accusé de « calomnie » ceux qui lui demandaient de revenir sur la nomination de Mgr Barros dans le diocèse d’Osorno. Il a ensuite affirmé n’avoir pas été informé exactement par les victimes, alors même qu’une lettre de l’une d’entre elles lui a été remise dès 2015.

        Lire aussi :
         

                La visite du pape au Chili entachée par les affaires de pédophilie



Dans le texte transmis à l’épiscopat chilien, le pontife rappelle que par le passé, l’Eglise chilienne a eu le « courage » de s’engager et de prendre des risques pour défendre ses ouailles. Il oppose cette attitude à celle de l’Eglise d’aujourd’hui, qui a entre-temps été « transformée en son centre » : « La douloureuse et honteuse constatation des abus sexuels sur mineurs, des abus de pouvoir et de conscience de la part de ministres de l’Eglise ainsi que la manière dont ces situations ont été abordées met en évidence ce changement de centre ecclésial. »
« Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade »
Il décrit une Eglise passée du service des autres à une institution gangrenée par des individus et des groupes qui ont prétendu « s’ériger comme unique interprète de la volonté de Dieu ». Cette « psychologie d’élite », affirme le pape François, a fini par constituer des « cercles fermés qui débouchent sur des spiritualités narcissiques et autoritaires » pour lesquelles « l’important, c’est de se sentir spécial, différent des autres ». « Quelque chose, dans le corps ecclésial, est malade », résume François, qui parle aussi de « perversion » ecclésiale.
« Promouvoir une culture anti-abus »
Pour sortir de cette dérive collective, il préconise d’ouvrir l’institution et de travailler avec « différentes instances de la société civile pour promouvoir une culture anti-abus ». Il insiste sur le fait qu’à ses yeux, de simples changements de personnes (c’est-à-dire d’évêques) ne suffiront pas à résoudre des problèmes aussi profondément ancrés et structurels. « Cela, il faut le faire, écrit le pape, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aller plus loin. Il serait irresponsable de notre part de ne pas creuser pour trouver les racines et les structures qui ont permis que ces événements se produisent et se perpétuent. »
Se contenter de changer des hommes, explique-t-il, donnerait l’illusion d’avoir réglé les problèmes alors que ceux-ci perdureraient. Pour que « plus jamais ils ne viennent à se répéter », conclut François, il faut considérer le problème comme « celui de tous et pas seulement comme celui de certains ».
Autrement dit, les évêques chiliens auraient une responsabilité collective dans ces dérives et aucun ne saurait s’en exonérer. Reste maintenant au pape à dévoiler les réformes « de court, de moyen et de long terme » promises aux victimes de ces nombreuses dérives.

        Lire aussi :
         

                La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie



Jeudi, deux représentants de l’épiscopat chilien ont lu une déclaration et refusé de répondre aux questions. « Nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises », ont néanmoins déclaré les évêques.
« Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale », ont-ils ajouté.
La veille, l’un d’eux, le cardinal Javier Errazuriz, membre d’une puissante commission de neuf cardinaux (C9) chargée de conseiller le pape sur les réformes de la Curie, avait encore accusé les victimes de « calomnies », dans un entretien à la chaîne de télévision T13.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-7">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les pistes explosives de Bercy pour réduire les aides sociales

Dans une note interne, que « Le Monde » s’est procurée, la direction du budget préconise de revoir le niveau de plusieurs prestations.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h53
    |

            Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Si le gouvernement ne sait pas comment s’y prendre pour réduire les dépenses publiques, il dispose d’une administration, prestigieuse mais crainte – voire honnie, parfois –, qui saura toujours lui souffler des idées : la direction du budget. Celle-ci a récemment formulé de « premières pistes d’économies » portant sur des dispositifs d’aide aux ménages, en général, et aux personnes démunies. Synthétisées dans un document qui s’intitule « Transformer les prestations sociales », que Le Monde s’est procuré, ces propositions seraient susceptibles – pour plusieurs d’entre elles – de provoquer un tollé si elles étaient mises en œuvre. Il ne s’agit que de « travaux techniques », qui ne se situent pas du tout au « niveau politique », fait-on valoir dans l’entourage du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Mais l’inventivité des hauts fonctionnaires de Bercy pour alléger le montant de la facture peut cependant nourrir quelques inquiétudes.
La direction du budget part du constat que les prestations sociales constituent « un poids croissant », représentant 26 % des dépenses publiques en 2016 (soit près de cinq points supplémentaires en une quinzaine d’années). « Plusieurs approches [sont] possibles pour maîtriser la dynamique », écrit-elle : ne plus indexer (totalement ou partiellement) la progression des aides à l’évolution des prix, « revoir les règles d’éligibilité », mieux prendre en compte le patrimoine des personnes dans le calcul de l’allocation, encourager le retour à l’emploi – par exemple en conditionnant l’octroi de certains minima sociaux « à des démarches actives de recherche » d’un poste, etc.

Le document ne précise pas le montant d’économies induites par les diverses options esquissées, sauf dans un cas : le gel en 2019 des prestations, dites « légalement indexées » (allocations familiales, retraites…), « pourrait...




                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-8">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Un homme a ouvert le feu vendredi matin dans un lycée de Santa Fe. Selon les autorités locales, la situation est « sous contrôle » et le tireur a été arrêté.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Au Texas, une fusillade fait au moins huit morts dans un lycée

Un homme a ouvert le feu vendredi matin dans un lycée de Santa Fe. Selon les autorités locales, la situation est « sous contrôle » et le tireur a été arrêté.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h41
   





                        



   


Au moins huit personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’une fusillade vendredi 18 mai dans un lycée de Santa Fe, au Texas, a annoncé le shérif du comté de Harris, Ed Gonzalez.
Un homme a ouvert le feu vers 7 h 45 (14 h 45, heure de Paris), au moment où les étudiants allaient commencer leurs cours. Deux élèves, dont le tireur, ont été arrêtées, selon la police. La plupart des victimes sont des lycéens, selon M. Gonzalez. Un policier a également été blessé.
La situation est « sous contrôle », avait plutôt fait savoir le district scolaire de Santa Fe sur sa page Facebook. Selon le compte Twitter officiel du shérif du comté de Harris, « la fusillade n’est plus en cours et les blessés sont en train d’être soignés ».

We are assisting @SantaFeISD with a multiple-casualty incident at Santa Fe High School. This is no longer an active… https://t.co/XViFqsLpBS— HCSOTexas (@HCSOTexas)


require(["twitter/widgets"]);

Dénonçant « une attaque horrible », le président des Etats-Unis, Donald Trump, a exprimé vendredi sa profonde tristesse. « Cela dure depuis trop longtemps dans notre pays », a-t-il affirmé, assurant que son administration était déterminée à faire « tout ce qui est en son pouvoir » pour protéger les étudiants et s’assurer que « ceux qui représentent une menace pour eux-mêmes et pour les autres » ne puissent détenir d’armes.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, les fusillades dans les écoles « en augmentation constante »



Le 14 février, un tireur avait tué 17 élèves et personnels d’encadrement dans un lycée de Parkland, en Floride. La tuerie a déclenché un vaste débat national sur le contrôle des armes à feu.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-9">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Retour sur les principales déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen sur France 2 jeudi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

SNCF, chômage, « fichés S » : le vrai du faux de « L’Emission politique » avec cinq chefs de parti

Retour sur les principales déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez, Christophe Castaner, Olivier Faure et Marine Le Pen sur France 2 jeudi.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h49
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h51
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


Les dirigeants de cinq des principales formations politiques françaises étaient invités de « L’Emission politique » de France 2, jeudi 17 mai. Une soirée aux faux airs de débat électoral, puisque les cinq participants n’ont pas discuté les uns avec les autres, mais qu’ils se sont succédé sur le plateau sans pouvoir se répondre directement.
Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, cette émission était l’occasion de discuter les décisions prises depuis le début du quinquennat et pour les responsables de l’opposition de faire valoir leurs propositions. Retour sur trois séquences marquantes de cette émission qui méritent des précisions.
Privatisation de la SNCF : qui dit vrai entre Jean-Luc Mélenchon, Olivier Faure et Christophe Castaner ?
Ce qu’a dit Jean-Luc Mélenchon

   


Premier responsable politique à s’exprimer, Jean-Luc Mélenchon a critiqué la réforme ferroviaire, rappelant qu’Emmanuel Macron n’évoquait pas le sujet dans son programme (ce qui est exact) : « C’était marqué où [dans le programme], l’histoire du statut des cheminots ? » Avant de laisser entendre que le gouvernement a prévu de « privatiser la SNCF ».
La journaliste Léa Salamé lui a alors rétorqué qu’il « ne s’agi[ssai]t pas de privatiser la SNCF », ce que le député de La France insoumise (LFI) a contesté. « L’incessibilité de la SNCF, ce sera inscrit dans la loi. (…) C’est ce qu’a annoncé la ministre », a rappelé la journaliste, ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a répondu que le gouvernement aurait d’abord ouvert la voie à la privatisation de la SNCF, avant de reculer :
« Ah, mais alors dites-moi pourquoi quand nous l’avons proposé à l’Assemblée nationale, cela a été refusé par La République en marche ? Nous avons fait la proposition d’un amendement qui disait “incessibilité”. [Léa Salamé l’interrompt en précisant que l’idée a depuis été reprise par le gouvernement.] Alors, qu’est-ce qui s’est passé entre les deux ? (…) Il y a eu mobilisation sociale (…). Donc, la lutte a déjà payé. Mais l’incessibilité ne sera pas une garantie totale. »
Ce qu’a dit Olivier Faure

   


Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) a laissé entendre que la version initiale de la réforme ferroviaire prévoyait la privatisation de la SNCF : « Maintenant, [le gouvernement] nous dit qu’il ne veut plus privatiser. Mais, en première lecture, à l’Assemblée nationale, nous avons défendu le fait que, malheureusement, il rendait la SNCF privatisable. Il change d’avis, tant mieux… »
Ce qu’a dit Christophe Castaner

   


Interrogé sur la réforme ferroviaire et la grève à la SNCF, le dirigeant de La République en marche (LRM) a déclaré : « J’ai entendu Jean-Luc Mélenchon nous expliquer que tout ça allait aboutir à une privatisation, qu’elle était écrite. La réponse est non, personne n’y pense et personne ne le souhaite. Et on va s’y engager. »
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Le gouvernement n’a jamais prévu de privatiser la SNCF
Trois invités sur cinq qui se critiquent à distance, le sujet mérite précisions. Contrairement à ce que MM. Mélenchon et Faure ont affirmé, il n’a jamais été question de privatiser la SNCF dans le cadre de la réforme ferroviaire. Christophe Castaner a raison sur ce point.
Alors qu’elle est aujourd’hui un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), le gouvernement a dès le départ prévu d’en faire une société anonyme (SA) à capitaux publics, avec des titres qui seraient incessibles. « Personne ne parle de privatisation, ni aujourd’hui ni demain », déclarait la ministre des transports Elisabeth Borne dès le 27 février sur BFM-TV, soit un mois avant le début de la grève.
2. Un débat sur la rédaction du texte, censée apporter des garanties
Derrière la dénonciation caricaturale d’un projet de privatisation rampante de la SNCF se posent en revanche des questions légitimes sur la rédaction de la loi. Initialement, le gouvernement prévoyait de renvoyer la modification du statut de la SNCF à des ordonnances. L’article 1 de la réforme ferroviaire telle qu’elle a été examinée au conseil des ministres le 14 mars prévoyait ainsi de l’habiliter à prendre des décisions en ce sens, sans donner plus de précisions.
A la fin de mars, le gouvernement renonce aux ordonnances. Le 6 avril, un amendement gouvernemental au projet de loi retouche l’article 1 et détaille le nouveau statut envisagé pour la SNCF. L’exposé des motifs mentionne que « les titres seront incessibles », mais pas le texte, qui précise simplement : « Le capital de la société nationale SNCF est intégralement détenu par l’Etat. »
La France insoumise a déposé un amendement pour ajouter les mots « et incessible » à la fin de cette phrase. Pendant les débats, le député Eric Coquerel (LFI) a estimé que cette formulation garantissait que les engagements du gouvernement « ne portaient pas seulement sur l’instant », mais aussi sur l’avenir. La ministre des transports lui a répondu que figer dans la loi un capital « intégralement détenu par l’Etat » était, à son sens, « plus précis et plus fort » que des « titres détenus à 100 % par l’Etat », ou « incessibles », ce « qui pourrait laisser place à une augmentation de capital », selon elle. L’amendement a été rejeté par les députés, comme l’a mentionné M. Mélenchon.
3. Difficile de parler de revirement du gouvernement 
Ce débat sur le contenu de la loi s’est poursuivi depuis. Auditionnée au Sénat le 16 mai, Elisabeth Borne a rappelé sa position sur la formulation de la loi : « Le texte qui vous est présenté prévoit que la SNCF reste une société 100 % publique. La loi empêche de fait toute possibilité de cession de titres puisque c’est l’intégralité des capitaux qui devra être détenue par l’Etat (de fait, même en cas d’augmentation du capital). »
Elle s’est néanmoins dite « favorable à l’inscription du caractère incessible du capital dans la loi », « consciente de la portée symbolique de la proposition et que la répétition a des vertus pédagogiques ». Une concession qui n’infléchit en réalité pas vraiment le fond de la réforme, mais tente de désamorcer les critiques, sur fond d’inquiétudes liées à la sécurisation du capital des filiales de la SNCF.
4. Difficile de rendre la SNCF « imprivatisable »
Reste qu’au fond, comme l’a résumé Jean-Luc Mélenchon, il est impossible dans tous les cas d’apporter une « garantie totale » que la SNCF ne sera jamais privatisée. Il est vrai que la ministre en poste ne peut pas s’engager pour les gouvernements à venir, et par nature il est difficile de vérifier la véracité de ces procès en intention.
Les propositions toujours bancales de Laurent Wauquiez sur le terrorisme

   


Ce qu’il a dit
Le président du parti Les Républicains (LR) a rappelé deux de ses propositions en matière de lutte contre le terrorisme :
« Je propose que les étrangers les plus dangereux, les plus radicalisés, qui sont sur notre sol, à peu près 3 000 personnes, soient immédiatement expulsés. »« Je demande qu’on puisse avoir des mesures d’internement administratif pour les “fichés S” les plus radicalisés, les plus dangereux, permettant d’agir avant le passage à l’acte. »
POURQUOI C’EST (TOUJOURS) INAPPLICABLE
1. Il est possible d’expulser des personnes étrangères jugées dangereuses, au cas par cas
La loi permet en réalité déjà d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». A condition que cette menace soit jugée, au cas par cas, actuelle et suffisante pour légitimer la décision d’expulsion. Il n’est pas nécessaire, dans ce cadre, que la personne visée ait été préalablement condamnée par la justice française.
Contrairement à ce qu’affirme M. Wauquiez, il est donc tout à fait possible d’expulser les personnes étrangères qui représentent un risque pour la sécurité de l’Etat, à condition de disposer d’éléments suffisamment probants. Prononcer des mesures d’expulsion systématiques pour un fichier de 3 000 personnes, sans appréciation individuelle de leur situation, est en revanche problématique.
2. Un terroriste prêt à passer à l’acte peut être poursuivi, là aussi au cas par cas
Concernant l’internement des « fichés S », une proposition qu’il formule de longue date, le chef de file de la droite feint, là aussi, d’ignorer plusieurs choses. D’abord, on ne peut pas détenir quelqu’un avant qu’il ait commis une infraction. Il s’agit d’un principe fondamental du droit.
Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas poursuivre un terroriste en puissance pour autant. Il existe aujourd’hui déjà un arsenal juridique pour lutter contre ceux qui projettent de commettre des actes terroristes. Le fait de planifier un attentat est réprimé par l’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et l’entreprise individuelle de terrorisme. Le simple fait de faire l’apologie du terrorisme l’est également. Dans les deux cas, il n’y a pas besoin de passage à l’acte pour engager des poursuites, justifier une détention préventive et aboutir à une condamnation pénale avec une peine de prison ferme.
Si M. Wauquiez appelle à viser les individus « les plus dangereux », prêts à commettre des actes terroristes, il peut être rassuré : la loi permet en réalité déjà de les poursuivre au pénal, sans qu’il y ait besoin de créer une détention administrative, à condition de disposer de charges suffisantes à leur encontre.
Ce qui n’est pas possible aujourd’hui, et poserait problème juridiquement, comme le Conseil d’Etat le rappelait dans un avis rendu le 23 décembre 2015, ce serait d’enfermer des personnes arbitrairement, sur la base de simples présomptions, voire de manière industrielle, sur la base de fichiers comme celui des « fichés S ». D’autant plus que ce dernier est un outil de surveillance large, qui permet de surveiller un public beaucoup plus grand que les seuls terroristes potentiels.
L’intox de Marine Le Pen sur la réunification de familles

   


Ce qu’elle a dit 
Interrogé sur la politique migratoire du gouvernement, la chef de file du Front national (FN), Marine Le Pen, a affirmé que la loi asile et immigration récemment votée par les députés « va créer une nouvelle filière qui va autoriser les mineurs migrants à faire venir l’ensemble de leur famille. (…) C’est une politique que je trouve criminelle. »
POURQUOI C’EST FAUX
Mme Le Pen fait ici référence à la disposition du « projet de loi pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », mais en déforme complètement le contenu. Il existe aujourd’hui plusieurs mécanismes qui encadrent l’immigration familiale. Parmi eux, on trouve la procédure de « réunification familiale ». Cette dernière permet aux mineurs isolés qui ont obtenu le statut de « réfugié » ou la « protection subsidiaire » (un statut proche) de demander à être rejoints par leurs parents. Les majeurs, quant à eux, peuvent demander à être rejoints par leur conjoint ou leurs enfants mineurs. Quatre mille trois cent dix-neuf personnes ont été concernées par cette procédure en 2016.
A ces cas de figure, le projet de loi ajoute une autre possibilité pour les mineurs isolés, qui peuvent demander à faire venir leurs frères et sœurs. Cette disposition ne devrait concerner qu’un nombre limité de cas : en 2017, 525 personnes dans ce cas de figure avaient obtenu l’asile, selon Eurostat.
Quand Mme Le Pen affirme que « les mineurs migrants » font pouvoir « faire venir l’ensemble de leur famille », elle laisse entendre à tort qu’il s’agira d’une disposition qui sera massivement utilisée. Surtout, elle occulte le fond du sujet : les frères et sœurs qui pourront bénéficier de la réunification familiale sont logiquement dans la même situation qui a valu protection de la France aux mineurs isolés. Remettre en cause ces réunions de famille n’est donc pas tant une limitation de l’immigration qu’une remise en cause du droit d’asile.
Et aussi
Jean-Luc Mélenchon sur l’ISF : « Monsieur Macron a donné personnellement à cent personnes, chacune, 1,5 million de dégrèvements d’impôts. » C’est plutôt vrai, bien qu’approximatif. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, affirmait à l’Assemblée nationale en octobre 2017 que les cent premiers contributeurs à l’ISF (pas forcément les plus gros patrimoines) payaient en moyenne 1,26 million d’ISF en 2017. Un montant dont ils vont être pour la majeure partie exonérés en 2018 à cause de la réforme décidée par le gouvernement.Jean-Luc Mélenchon sur les énergies renouvelables : « Savez-vous que nous n’avons pas une seule éolienne en mer [en France] ? » C’est vrai, comme le relevait notamment Le Monde en mars 2018.Laurent Wauquiez sur le pouvoir d’achat des retraités : le dirigeant de LR a cité l’exemple d’un couple de retraités qui touchent, à deux, 2 100 euros de retraite et perdrait, à l’année, « 400 euros » à cause de la hausse de la CSG. C’est plutôt vrai : cet exemple est cohérent, bien que soigneusement choisi. Les 40 % de retraités les moins aisés ne sont pas concernés par la hausse du taux normal de CSG (ils la paient à taux réduit), et M. Wauquiez évoque ici un cas de figure qui se situe juste au-dessus de ce seuil.Laurent Wauquiez sur son élection : « J’ai juste été élu par 8 millions de personnes. » C’est très exagéré : M. Wauquiez est président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette dernière réunit certes près de 8 millions d’habitants, mais elle ne compte que 5,3 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales, dont 1,2 million de personnes qui ont voté pour le candidat des Républicains aux élections régionales de 2015.Marine Le Pen et les chiffres du marché de l’emploi : « Le chômage augmente. Catégories A, B, C, plus 73 000 chômeurs. » C’est approximatif. Mme Le Pen a raison sur un point, le nombre de demandeurs d’emploi dans les catégories A, B et C a augmenté ces derniers mois (+ 61 000 en France métropolitaine, de mai 2017 à mars 2018, soit une hausse d’environ 1 %), selon les chiffres de Pôle emploi. Il faut tout de même préciser que ce chiffre mélange deux choses : d’un côté, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité est bien en baisse sur l’année écoulée ; de l’autre, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories B et C, qui ne sont pas des « chômeurs » mais des personnes en activité réduite. Mme Le Pen pointe une réelle ombre au tableau, qui ne contredit cependant pas la réelle baisse du taux de chômage observée ces derniers mois.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-10">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Députée européenne pendant vingt ans et ministre déléguée à l’industrie au sein du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac (2002-2004), elle était âgée de 76 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

L’ex-présidente du Parlement européen et ex-ministre Nicole Fontaine est morte

Députée européenne pendant vingt ans et ministre déléguée à l’industrie au sein du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac (2002-2004), elle était âgée de 76 ans.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 18h35
   





                        



   


L’ancienne présidente centriste du Parlement européen et ex-ministre de Jacques Chirac, Nicole Fontaine, est décédée jeudi à l’âge de 76 ans, a annoncé à l’Agence France-Presse son ancien collègue du gouvernement Raffarin, Dominique Bussereau.
Cette ancienne avocate et responsable de l’enseignement catholique, eurodéputée de 1984 à 2002, avait présidé le Parlement européen de 1999 à 2002 avant d’intégrer le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin comme ministre déléguée à l’Industrie (2002-2004).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-11">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le chef de file de Podemos a acheté avec sa compagne, porte-parole de la formation politique, une demeure avec piscine d’une valeur de 615 000 euros à 40 km de Madrid.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Pablo Iglesias pris au piège de sa villa de luxe près de Madrid

Le chef de file de Podemos a acheté avec sa compagne, porte-parole de la formation politique, une demeure avec piscine d’une valeur de 615 000 euros à 40 km de Madrid.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 18h01
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 18h30
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le secrétaire général de Podemos, Pablo Iglesias, 39 ans, et sa compagne, la porte-parole de cette formation de gauche radicale, Irene Montero, 30 ans, font-ils à présent partie de la « caste » politique qu’ils dénonçaient il y a deux ans et demi quand ils sont entrés au Parlement espagnol ? La question agite l’Espagne depuis que le couple, qui attend des jumeaux pour le mois d’octobre, a décidé d’acheter une luxueuse demeure à 40 km de Madrid.
Leur nouvelle maison de 260 m2, située sur un terrain de 2 300 m2 avec piscine et chalet d’invités, à Galapagar, au bord du parc national de la Sierra de Guadarrama, leur a coûté la bagatelle de 615 000 euros. Pour se l’offrir, ils n’ont pas hésité à s’endetter sur trente ans et paieront des mensualités d’un peu plus de 1 600 euros pour rembourser le crédit de 540 000 euros qu’ils ont contracté.
Comme le veut la charte de Podemos, chacun d’entre eux ne perçoit, en tant que député, que trois fois le salaire minimal, soit 2 200 euros, sur quatorze mois. Un montant qui avoisinera les 3 000 euros mensuels quand naîtront leurs jumeaux. Pablo Iglesias perçoit en outre des rétributions comme présentateur d’un programme politique sur la chaîne iranienne HispanTV.
« Nous savons que beaucoup de familles espagnoles, mêmes avec deux salaires, ne peuvent pas se permettre un crédit comme celui-ci et c’est pour cela que nous défendons des salaires dignes pour tous », a-t-il tenté de se justifier sur son compte Facebook alors que fusaient les premières critiques, allant jusqu’à souligner que ses parents, un inspecteur du travail et une avocate, tous deux à la retraite, « ont eu un bon salaire, surtout son père, et leur laisseront un héritage qui [les] aidera ».
Une polémique qui fait les délices d’opposants
Irene Montero, anciennement membre des Jeunesses communistes issue d’une famille modeste, diplômée en psychologie, qui n’avait eu qu’une brève expérience d’employée dans une entreprise d’électroménager entre 2010 et 2011, avant d’entrer en politique, a, quant à elle, sollicité un prêt auprès de ses parents. Tout en insistant sur le fait qu’ils ont acheté « une maison pour vivre et pas pour spéculer ».
Cette polémique a fait les délices des socialistes, des conservateurs et des principaux médias qui n’ont pas tardé à rappeler les « leçons de morale » que professait « l’inquisiteur » et « l’hypocrite » Pablo Iglesias, lorsqu’il était un modeste professeur universitaire intérimaire touchant 900 euros par mois.
« Confierais-tu la politique économique du pays à quelqu’un qui dépense 600 000 euros dans un penthouse de luxe ? », interpellait M. Iglesias, en 2012, sur Twitter, en référence à l’achat de l’ex-ministre de l’économie, Luis de Guindos, artisan de l’austérité et des réformes. « Ça me semble dangereux, ces politiques qui s’isolent, vivent dans des banlieues riches, dans des maisons, qui ne savent pas ce que c’est que de prendre les transports publics », assurait-il aussi à la présentatrice d’un célèbre programme de télévision en 2015, revendiquant son choix de vivre, alors, dans son quartier populaire de Vallecas, dans la banlieue de Madrid.
Le porte-parole du gouvernement Íñigo Méndez de Vigo s’est félicité « de voir comment ses politiques économiques permettent à de nouveaux couples de former un foyer ».
Mais la critique la plus cinglante est venue des rangs mêmes de Podemos. « Je ne pense pas et ne veux pas cesser de vivre ni d’élever mes enfants dans un appartement de travailleur dans un quartier de Cadix », a déclaré dans un communiqué le maire de cette ville andalouse, José Maria Gonzalez, alias « Kichi », membre du courant anticapitaliste. « L’idée est de ne pas ressembler à la caste. (…) Le code éthique de Podemos n’est pas une formalité, mais l’engagement de vivre comme les gens normaux pour pouvoir les représenter dans les institutions. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-12">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le secrétaire d’Etat au numérique s’est exprimé publiquement jeudi, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Mounir Mahjoubi évoque son homosexualité sur Twitter pour « lutter contre l’homophobie »

Le secrétaire d’Etat au numérique s’est exprimé publiquement jeudi, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h34
   





                        



   


A l’occasion de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, vendredi 18 mai, le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, a dénoncé « un mal qui ronge la société ». Il a publié un message sur Twitter dans lequel il dit que « l’homophobie (...) hante les esprits des homosexuels, et nous oblige parfois, souvent, à nous adapter et mentir pour éviter la haine, pour vivre ». 

L’homophobie est un mal qui ronge la Société, envahit les collèges et les lycées, contamine les familles et les ami… https://t.co/mMy8UtX5j4— mounir (@Mounir Mahjoubi)


require(["twitter/widgets"]);

Par l’emploi du « nous », il confie avoir lui-même souffert de l’homophobie. Interrogé par Franceinfo, Mounir Mahjoubi répond « ne pas vouloir en faire un sujet », « mais si cela peut aider à lutter contre l’homophobie, je le fais ». « Nous sommes en 2018, je vis ma vie, même publique, de manière tranquille. Mais si, ce jour-là, je pouvais passer le message en le renforçant par mon expérience personnelle, je pense qu’il fallait le faire. » En 2015, M. Mahjoubi avait déjà publié sur Instagram une photo de son compagnon, avec lequel il est pacsé depuis 2015.
Son coming out a notamment été salué par l’association SOS Homophobie, parlant d’un « acte fort et important ».  

Le coming out du secrétaire d’Etat @mounir est un acte fort et important. Il contribue à la visibilité des personne… https://t.co/Z1LD7imfZq— SOShomophobie (@SOS homophobie)


require(["twitter/widgets"]);




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-13">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ En deux jours, le meneur de jeu marseillais n’a joué qu’une demi-heure de la finale de Ligue Europa perdue par son équipe et n’a pas été retenu chez les Bleus pour disputer la Coupe du monde en Russie.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Football : la double peine de Dimitri Payet

En deux jours, le meneur de jeu marseillais n’a joué qu’une demi-heure de la finale de Ligue Europa perdue par son équipe et n’a pas été retenu chez les Bleus pour disputer la Coupe du monde en Russie.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 14h27
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 15h01
    |

            Luc Vinogradoff








                        



   


A la 31e minute de la finale de la Ligue Europa entre l’Olympique de Marseille et l’Atlético Madrid, le capitaine olympien Dimitri Payet s’est allongé sur la pelouse, les mains sur le visage. Une blessure aux ischio-jambiers qu’il traînait depuis une semaine, et en dépit de laquelle il avait été titularisé, aura eu raison de son match.
Lorsqu’il se relève pour se diriger vers le banc, Payet éclate en sanglots. Il est réconforté par ses coéquipiers, et même certains adversaires, qui ont dû pressentir, comme lui, que ce n’était pas seulement son match qui était terminé, mais sa saison, et potentiellement la Coupe du monde en Russie, qui commence le 15 juin.
Le sélectionneur français, Didier Deschamps, a confirmé la sombre hypothèse en dévoilant la liste des 23 joueurs sélectionnés, le 17 mai. « Sans blessure, c’était un candidat sérieux à un poste dans les 23. (…) Il y a un délai de récupération pour ce type de blessure de trois semaines avant d’être apte à jouer. Mais comme c’est musculaire, il y a un risque important de nouvelle récidive », a-t-il justifié, refusant de partir en Russie avec des « incertitudes ou des points d’interrogation ».
Deschamps a tiré un trait sur le Réunionnais puisque ce dernier n’est même pas dans la liste des réservistes. Et Payet, à 31 ans, est obligé de faire de même avec la Coupe du monde, un zénith footballistique qu’il ne connaîtra jamais.

        Lire aussi :
         

                OM-Atlético : le résumé de la finale de Ligue Europa en vidéos



Deuxième partie de saison incandescente
Ce n’est pas seulement le catalyseur créatif de l’OM qui a été perdu sur la pelouse de Lyon. Les Marseillais ne s’en sont d’ailleurs jamais remis, coulant progressivement en son absence. L’équipe de France a également perdu un joueur qui aurait pu apporter sa qualité technique ou sa précision sur coups de pied arrêtés en sortie de banc. Le meneur de jeu avait été un élément moteur des Bleus pendant l’Euro 2016, et notamment lors de la phase de groupes.

Depuis quelques mois, le Marseillais pratiquait un football incandescent : 10 buts et 20 passes décisives en 45 matchs après avoir été blessé ou hors de forme pendant toute la première moitié de saison. Il brillait particulièrement en Ligue Europa, et comme il n’y a rien de mieux pour polir son profil international que de marquer les esprits dans les Coupes européennes (Ben Yedder en sait quelque chose), le nom de Dimitri Payet est naturellement revenu dans la conversation des Bleus, où il n’était plus apparu depuis octobre 2017. L’entraîneur de l’OM Rudi Garcia a-t-il pris le risque d’aggraver la blessure de son meneur de jeu en le titularisant pour la finale de la Ligue Europa ?
« Je pense que c’est le genre de risque à prendre »

   


Dans les jours qui ont précédé le match, l’état-major marseillais était resté vague sur l’état de santé de son capitaine, qui n’avait plus joué depuis le 6 mai contre Nice. A la veille du match, le 15 mai, Payet lui-même ne respirait pas la confiance en déclarant : « Je pense pouvoir être apte. » Dans les faits, il ne s’était plus entraîné depuis le 12 mai.
La décision de le lancer dès le début de la rencontre est parfaitement assumée par l’entraîneur de l’OM, Rudi Garcia, qui s’est justifié en expliquant que, « sur ce genre de match, c’est le genre de risque à prendre ». 
« On espérait qu’il [serait] apte, on a d’ailleurs effectué un test avant le match ce matin. Ce soir, sa blessure ne s’est pas aggravée. Il avait une appréhension pour jouer de manière libérée et pour pouvoir frapper fort dans le ballon. Il était tout simplement trop juste pour être à 100 %. »
Pour étayer son argument, Garcia rappelle que « même diminué, il a fait une passe décisive, ou qui aurait pu être décisive, pour Valère Germain ». L’Equipe rapporte que « la gestion de sa lésion aux ischio-jambiers pourrait laisser des traces entre lui et son club, mais aussi entre Deschamps et Rudi Garcia, dont les intérêts divergeaient dans cette affaire ». Le sélectionneur national devait être au courant de la réalité de la blessure puisque le médecin de l’OM, Franck Le Gall, est également celui de l’équipe de France.
Le principal concerné ne n’est pas exprimé depuis sa finale malheureuse. On l’imagine quand même mal s’être retrouvé sur le terrain contre son gré. On ne refuse pas une finale de Ligue Europa pour se préserver pour une hypothétique sélection. C’est ce qu’on peut comprendre en lisant une interview publiée avant le match sur le site de l’UEFA dans laquelle il dit :
« Ce n’est pas un match normal. On joue au football pour pouvoir jouer de tels matchs. »
Quelques mois après avoir forcé sa sortie de West Ham et son retour à l’OM comme pierre angulaire de « l’OM Champions Project », Dimitri Payet racontait dans So Foot qu’il voyait la Coupe du monde 2018 comme « la dernière étape de [s]on aventure avec les Bleus ». « Je sais qu’avec tous ces petits jeunes pétris de talent, au vu de mon âge, ça sera un objectif difficilement atteignable de prétendre à l’Euro deux ans plus tard. » C’est peut-être surtout à cela que devait penser le capitaine marseillais pendant les cinquante-neuf dernières minutes de la finale de Ligue Europa qu’il a passé sur le banc.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-14">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Agroalimentaire : la fin de l’entreprise Doux

La dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, a été bouclée vendredi à Rennes. LDC, Al-Munajem et Terrena s’engagent à reprendre 920 des 1 187 salariés.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 17h12
    |

            Laurence Girard








                        



   


Sans surprise, le tribunal de commerce de Rennes a tranché en faveur de l’offre de reprise du volailler Doux menée par le français LDC et soutenue par la région Bretagne. La décision est tombée vendredi 18 mai. Elle entérine la dernière vente à la découpe du volailler breton, placé en liquidation judiciaire, et donc la fin de l’entreprise Doux. Dans l’affaire, l’abattoir de Chantonnay, en Vendée, est sacrifié mais des offres d’emploi chez LDC sont soumises aux 152 salariés.
Signe de la fin d’une histoire, le siège de Doux à Chateaulin (Finistère) fermera définitivement ses portes. Mais la moitié de ses salariés se verront proposer de poursuivre leur activité chez les différents repreneurs. En effet, dans leur offre coordonnée, le français LDC, le saoudien Al-Munajem, et l’actuel actionnaire majoritaire, la coopérative Terrena, s’engagent à préserver 920 des 1 187 emplois restant chez Doux.

        Lire aussi :
         

                Liquidation judiciaire pour les poulets Doux



Le cœur de l’activité du volailler breton est repris par le saoudien Al-Munajem. Déjà actionnaire de l’entreprise, et principal client en tant que distributeur de volaille dans la péninsule arabique, il s’empare de l’activité poulets export qu’il rebaptise France Poultry. Il devrait embaucher 347 des 450 salariés de l’abattoir de Chateaulin en réduisant les volumes à 2 millions de poulets par semaine, contre 5 millions à la grande époque des aides européennes à l’exportation qui ont longtemps financé l’activité de Doux. Au passage, Al-Munajem reprend la marque Doux pour la péninsule Arabique.
La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution
LDC, connu pour ses marques Loué, Le Gaulois et Maître Coq, décroche pour sa part la marque Doux dans le reste du monde pour les produits élaborés export comme les saucisses de volailles, fabriqués dans l’usine de Quimper qui passe sous son pavillon avec ses 166 salariés. Denis Lambert, le patron de LDC, s’est également engagé à construire un nouvel abattoir à Chateaulin, dans les deux ans, pour le marché de l’industrie et de la restauration. Un marché, aujourd’hui cannibalisé par les importations et qu’il souhaite reconquérir. Il emploierait 250 personnes pour une capacité de 400 000 poulets par semaine. Un investissement qu’il chiffre à 55 millions d’euros. La région Bretagne apporterait un financement de 12 millions d’euros sur ce montant.

        Lire aussi :
         

                Le propriétaire des poulets Loué favori pour la reprise de Doux



La région Bretagne a beaucoup œuvré pour trouver une solution. En particulier pour les 300 éleveurs du Finistère qui seront regroupés au sein d’une structure Yer Breizh, réunissant LDC, Terrena et Al-Munajem. Une enveloppe de 3 millions d’euros est prévue pour que les élevages s’adaptent aux nouvelles attentes.
Cette offre coordonnée a été préférée à celle de l’Ukrainien MHP qui ne reprenait dans l’immédiat que 285 salariés. L’arrivée de cet acteur sur le marché français a peut-être poussé LDC à sortir du bois. « Le grand export de poulet ne nous intéressait pas. Mais il représente 30 % des volumes d’élevage en France. Nous avons un vrai besoin d’éleveurs dans le futur. Quant à MHP, il est déjà présent en Ukraine, en Pologne, aux Pays-Bas. Un jour il sera en France », affirme M. Lambert.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-15">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Parrainé par des rocardiens pendant sa campagne en 2017, le président de la République s’est éloigné des principes de ce courant de pensée.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Emmanuel Macron et la deuxième gauche, le malentendu

Parrainé par des rocardiens pendant sa campagne en 2017, le président de la République s’est éloigné des principes de ce courant de pensée.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 10h42
    |

            Cédric Pietralunga et 
Virginie Malingre








                        



                                


                            

Emmanuel Macron aurait-il été président de la République s’il n’avait pas eu quelque chose de rocardien ? C’est en tout cas ce qui avait séduit son mécène et témoin de mariage, Henry Hermand, décédé à l’âge de 92 ans six mois avant l’élection présidentielle de 2017, qui rêvait de voir son jeune poulain faire enfin triompher les idées de la deuxième gauche pour laquelle il s’était battu toute sa vie. Au gouvernement aujourd’hui, ils sont plusieurs à avoir été, à un moment ou à un autre, adeptes de l’ancien premier ministre de François Mitterrand. Ainsi du chef du gouvernement, Edouard Philippe, pendant ses études, du ministre chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, ou encore du secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler.
Mais un an après son entrée à l’Elysée, que reste-t-il de l’engouement que le candidat d’En marche ! avait suscité chez de nombreux rocardiens ? Quelle appréciation portent-ils sur les débuts d’Emmanuel Macron chef de l’Etat ? La fondation Jean-Jaurès ne pose pas la question en ces termes mais le colloque qu’elle a organisé à Paris, jeudi 17 et vendredi 18 mai, consacré à « Michel Rocard premier ministre » et à son exercice du pouvoir entre 1988 et 1991, permet d’éclairer cette réflexion. De même que la publication récente de deux livres sur le sujet : Le Rocardisme, devoir d’inventaire (Seuil, 300 p., 22 euros) d’Alain Bergounioux et Jean-François Merle, ainsi qu’un ouvrage collectif à paraître, Michel Rocard par (Flammarion, 304 p., 19,90 euros).
Durant la campagne, les anciens compagnons de route du théoricien de « l’autre gauche » avaient été nombreux à couver du regard l’ex-ministre de l’économie de François Hollande. Lors de ses meetings, on pouvait croiser Jean-Paul Huchon, ancien président de la région Ile-de-France et ex-directeur de cabinet de Michel Rocard à Matignon, le maire de Strasbourg Roland Ries, longtemps cheville ouvrière du Parti socialiste unifié (PSU), Bernard Spitz,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-16">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Deux hommes, repérés sur la messagerie Telegram, s’apprêtaient à commettre un attentat à l’explosif ou à la ricine, selon le ministre. L’un d’eux a été mis en examen et placé en détention provisoire le 15 mai.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Attentat déjoué en France : un des hommes mis en examen, l’autre « mis hors de cause »

Deux hommes, repérés sur la messagerie Telegram, s’apprêtaient à commettre un attentat à l’explosif ou à la ricine, selon le ministre. L’un d’eux a été mis en examen et placé en détention provisoire le 15 mai.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 09h21
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 12h58
   





                        



   


Moins d’une semaine après l’attentat djihadiste au couteau à Paris qui a fait un mort et cinq blessés, samedi 12 mai, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a annoncé, vendredi 18 mai sur BFM-TV, que les autorités françaises ont déjoué récemment un projet d’attentat et que deux frères ont été arrêtés et placés en garde à vue.
« Il y avait deux jeunes gens d’origine égyptienne qui s’apprêtaient à commettre un attentat, avec soit de l’explosif soit à la ricine, [un] poison (…) très fort », a déclaré le ministre. « Nous suivons un certain nombre de personnes sur des réseaux. Il se trouve qu’eux étaient sur Telegram [application de messagerie chiffrée]. Nous avons pu les déceler, déceler ce projet d’attentat et les arrêter », a détaillé Gérard Collomb.
Des tutoriels pour construire des poisons
A la suite d’une visite domiciliaire réalisée chez l’un de ces deux hommes (en situation régulière), demeurant dans le 18e arrondissement de Paris, le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire, le 11 mai, du chef d’association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Placé en garde à vue, le mis en cause a été mis en examen du chef d’association de malfaiteurs terroriste criminelle et placé en détention provisoire le 15 mai, a déclaré au Monde une source judiciaire. 
Un autre homme, qui n’est pas son frère, a également été interpellé, puis finalement « mis hors de cause ». « Ils avaient des tutoriels qui indiquaient comment construire des poisons à base de ricine », a précisé M. Collomb.

        Lire aussi :
         

                Attentat au couteau : Abdul Hakim A., un ami de l’assaillant, mis en examen et écroué






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-17">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

La gazette de la Croisette : l’Anatolie de Nuri Bilge Ceylan, une mère kirghize et Gary Oldman

Dernier jour de projection des films en compétition, avant la clôture samedi soir du Festival de Cannes.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 13h27
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Le 71e Festival de Cannes atteint, en ce vendredi 18 mai, son dixième et dernier jour de compétition pour les films en lice pour la Palme d’or, avant la révélation du palmarès lors de la cérémonie de clôture samedi soir. Les deux derniers réalisateurs à présenter leurs longs-métrages sont le Turc Nuri Bilge Ceylan avec Le Poirier sauvage (Ahlat Agaci, The Wild Pear Tree) et le Kazakh Sergey Dvortsevoy avec Ayka (My Little One).
Nuri Bilge Ceylan est un habitué de la Croisette avec six participations à la compétition depuis 1995 (où il a présenté son court-métrage Koza) et de nombreuses récompenses : une Palme d’or pour Winter Sleep (en 2014) ; deux Grands Prix (pour Lointain [Uzak] en 2003 et Il était une fois en Anatolie [Bir zamanlar anadolu’da] en 2011) ; un prix de la mise en scène pour Les Trois Singes (Üç maymun) en 2008. Il a également été membre du jury des longs-métrages en 2009 et de celui de la Cinéfondation et des courts-métrages en 2004.
Il revient cette année avec un film d’une durée de 3 h 08 sur le périple d’un passionné de littérature, Sinan, qui a toujours voulu être écrivain et qui, de retour dans son village natal d’Anatolie, met toute son énergie pour trouver l’argent nécessaire pour être publié.

   


Face à lui, Sergey Dvortsevoy n’a qu’une seule participation à la compétition cannoise à son actif avec Tulpan en 2008 dans la section Un certain regard, mais elle a été couronnée du prix Fondation Groupama Gan pour le cinéma. Après s’être intéressé dans Tulpan à la vie des bergers nomades dans la steppe kazakhe, il se penche, à travers le personnage d’Ayka, sur le destin des mères kirghizes qui viennent abandonner leurs enfants en Russie.
Pour voir un extrait du film Ayka, cliquer ici.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Quinzaine des réalisateurs, dont la sélection 2018 est analysée par notre critique Mathieu Macheret, Aureliano Tonet a rencontré l’acteur du film de Philippe Faucon, Amin, Moustapha Mbengue, au parcours étonnant de son Sénégal natal à Rome, où il vit désormais. Une rencontre plus dense que celle avec Vanessa Paradis, l’actrice du film de Yann Gonzalez, Un couteau dans le cœur, organisée en pleine nuit après la projection du film en compétition.

Dans la section Un certain regard, Véronique Cauhapé a plutôt apprécié le quatrième long-métrage du cinéaste allemand Ulrich Köhler, In My Room, qui plonge son héros (interprété par Hans Löw) dans un monde post-apocalyptique, et le transforme progressivement de loser en Robinson.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
A 16 heures, le dernier des quatre rendez-vous avec des acteurs et des réalisateurs organisés par le 71e Festival de Cannes, donnera la parole à l’acteur et réalisateur britannique Gary Oldman. L’occasion de revenir sur sa carrière commencée en 1983 avec son premier grand rôle dans Meantime, de Mike Leigh.
A 16 h 30, sera dévoilé le palmarès de la section Un certain regard suivi par la projection du film primé.

        Lire la gazette de la Croisette (17 mai) :
         

          Un duel franco-libanais, le combat de Cédric Herrou et un premier palmarès






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-18">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La CFDT, l’UNSA et la CGT ont été déboutés de leur demande en référé concernant le non-paiement de certains jours de repos des grévistes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

SNCF : les syndicats déboutés en référé sur le décompte des jours de grève

La CFDT, l’UNSA et la CGT ont été déboutés de leur demande en référé concernant le non-paiement de certains jours de repos des grévistes.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 12h56
   





                        


Les syndicats CFDT, UNSA et CGT de la SNCF ont été « déboutés de leur demande en référé » concernant le non-paiement de certains jours de repos des grévistes, ont déclaré, vendredi 18 mai, plusieurs avocats.
« Les syndicats ont été déboutés de leur demande en référé », ont déclaré à l’AFP Joël Grangé et Aurélie Cormier-Le Goff, avocats de la direction de la SNCF. La décision est défavorable aux syndicats, a confirmé Daniel Saadat, avocat de la CFDT.
Les organisations CFDT, UNSA et CGT, qui ont lancé début avril une grève « en pointillé » jusqu’à fin juin contre la réforme ferroviaire, demandaient qu’il soit fait interdiction à la direction de la SNCF de considérer leurs différents préavis de deux jours de grève comme un mouvement de grève unique.
La direction de l’entreprise publique estime en effet que ces différents préavis d’arrêt de travail constituent un seul et unique mouvement, ce qui lui permet, selon elle, de ne pas payer un certain nombre de jours de repos aux grévistes.

        Lire aussi :
         

                SNCF : après chaque séquence de grève, un long et complexe retour à la normale



Les conseils des deux parties n’avaient pas connaissance vendredi matin du contenu de cette décision. « Une audience au fond aura lieu le 31 mai à Bobigny », a précisé Me Grangé.

Le taux de grévistes à 15,74 % vendredi
Le taux de grévistes à la SNCF s’établissait vendredi 18 mai en milieu de matinée à 15,74 % parmi l’ensemble des cheminots devant travailler, selon les chiffres communiqués par la direction. Ce taux était, à la même heure, de 27,58 % le 14 mai - journée baptisée « sans cheminot et sans train » par les syndicats - et de 14,46 % le 9 mai.
Vendredi, la mobilisation parmi les personnels devant se déclarer grévistes à l’avance s’élève à 51,5 % chez les conducteurs (contre 53 % le 9 mai), 44,5 % chez les contrôleurs (contre 45,5 %) et 18,8 % pour les aiguilleurs (contre 20,9 %). Pour les autres, le taux de grévistes est de 17 % à la maintenance du réseau, 20,8 % au matériel, 10,8 % chez les agents commerciaux et 5,5 % pour le personnel administratif.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-19">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La perspective d’une coalition des « antisystème » laisse craindre que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pourquoi les Européens tremblent face au prochain gouvernement italien

La perspective d’une coalition des « antisystème » laisse craindre que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union européenne.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 11h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

L’Europe se dirige-t-elle tout droit vers une ­confrontation lourde de conséquences entre Rome et Bruxelles ? Les voisins européens de l’Italie commencent à paniquer, tandis que la situation politique du pays commençait à peine à se clarifier, vendredi 18 mai. Les deux partis « antisystème » arrivés en tête aux récentes législatives, la Ligue et le Mouvement cinq étoiles (M5S), ont annoncé la veille qu’ils soumettraient lundi 21 mai leur programme au président Sergio Mattarella. Ils espèrent alors être en mesure de révéler l’identité du prochain président du Conseil – ni Matteo Salvini, ni Luigi Di Maio, leur chef de file, ne devraient occuper le poste. Une première version de leur programme a été rendue publique par le M5S vendredi matin, afin d’organiser dans la journée une consultation en ligne de ses militants.
Jeudi, à Sofia, lors d’un sommet européen informel consacré à l’origine aux Balkans, les dirigeants européens ont croisé – sans doute pour la dernière fois – le premier ministre sortant, Paolo Gentiloni, apprécié à Bruxelles pour son pragmatisme. Il a cherché à les rassurer, mais aussi à mettre en garde le futur gouvernement contre toute dérive eurosceptique. « Si le pays sort des rails, les dégâts ne seront pas pour les technocrates de Bruxelles mais bien davantage pour les citoyens italiens », a insisté le dirigeant social-démocrate.
Interrogé sur les projets de la probable future coalition, la première totalement « antisystème » à la tête d’un pays fondateur de l’Union, Emmanuel Macron a d’abord avancé qu’il « faut accepter ce que les peuples décident ». Soulignant des forces « disparates, hétérogènes et paradoxales », en référence aux positions a priori divergentes du M5S et de la Ligue, le chef de l’Etat a ajouté que la France « fera au mieux pour travailler avec [ses] partenaires et amis », faisant aussi remarquer que « le présidentMattarella avait dit que le gouvernement italien...




                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-20">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Mise en cause par des concurrents d’EDF, la réglementation des tarifs de l’électricité a, finalement, été validée par la haute juridiction administrative ce 18 mai, afin de garantir aux consommateurs un prix stable pour ce bien de première nécessité.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Le Conseil d’Etat valide le principe de tarifs réglementés pour l’électricité

Mise en cause par des concurrents d’EDF, la réglementation des tarifs de l’électricité a, finalement, été validée par la haute juridiction administrative ce 18 mai, afin de garantir aux consommateurs un prix stable pour ce bien de première nécessité.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 15h58
   





                        



   


Alors qu’en juillet 2017, le Conseil d’Etat invalidait la réglementation des tarifs du gaz, jugée contraire au droit européen, celui-ci vient de faire l’inverse pour l’électricité, en validant la légalité d’une réglementation des tarifs de l’électricité.
Ce sont le groupe Engie (ex-GDF Suez) et l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie (Anode), qui regroupe des opérateurs alternatifs, qui demandaient l’annulation d’une décision du 27 juillet 2017 par laquelle le gouvernement avait fixé le niveau des tarifs réglementés de vente (TRV) d’électricité. Une demande de nature à remettre en cause le principe même de la régulation des tarifs.
Une régulation nécessaire pour empêcher la « volatilité des prix »
Lors de l’audience, le rapporteur public, dont les avis sont généralement suivis, avait préconisé l’annulation de la décision du gouvernement, au motif que ce dispositif serait contraire au droit européen.
Le Conseil d’Etat en a jugé autrement, du fait notamment de la spécificité de l’électricité, énergie « non substituable » : il a estimé que l’entrave que représente cette réglementation des prix de vente est justifiée, et que sa suppression « risquerait d’entraîner une volatilité des prix qui ne pourrait être encadrée de manière appropriée par des mesures temporaires », selon un communiqué du Conseil d’Etat.
Celui-ci ajoute que cette réglementation ne peut être considérée comme discriminatoire, dès lors que les opérateurs alternatifs ont la possibilité s’ils le souhaitent de proposer des tarifs alignés sur les tarifs réglementés.
La décision attaquée a, en revanche, été annulée sur un point : le Conseil d’Etat a jugé que l’absence de distinction entre les professionnels qui ont une faible consommation et les particuliers va « au-delà de ce qui est nécessaire pour atteindre l’objectif d’intérêt économique général poursuivi ».
Les tarifs réglementés de l’électricité cohabitent depuis dix ans avec des offres de marché à prix libre, proposées par EDF et des fournisseurs alternatifs. Plus de 27 millions de consommateurs bénéficient des tarifs réglementés de l’électricité.
Pour un client moyen, le prix du marché est inférieur de 9 à 10 % à celui du tarif réglementé dans l’électricité et de 8 à 10 % dans le gaz pour l’offre la moins chère à Paris, selon la commission de régulation de l’énergie.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/18/19-21">
<filnamedate="20180518"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180518"><AAMMJJHH="2018051819">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

« Don Quichotte » de Terry Gilliam autorisé à sortir en salles en France samedi

Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film.



Le Monde
 |    18.05.2018 à 16h43
 • Mis à jour le
18.05.2018 à 17h14
   





                        


L’Homme qui tua Don Quichotte, de l’ex-Monty Python Terry Gilliam, au cœur d’un imbroglio juridique, sortira bien dans les salles françaises samedi 19 mai, selon une décision de la justice française rendue vendredi.
Le tribunal de grande instance de Paris, saisi en urgence, a débouté de sa demande le producteur portugais Paulo Branco, qui réclamait la suspension de distribution du film et, par conséquent, l’interdiction de sa sortie en salles, au motif qu’il estime avoir les droits sur ce long-métrage avec sa société Alfama Films.
« C’est une grande victoire, nous sommes très heureux et très soulagés », a réagi Me Christophe Ayela, avocat de la société Star Invest Film, qui distribue le film en France.
L’Homme qui tua Don Quichotte, qui sera également projeté samedi soir en clôture du Festival de Cannes en présence de Terry Gilliam, pourra donc également être enfin vu par les cinéphiles dans deux cent vingt-cinq salles de l’Hexagone. Traînant une réputation de film maudit, Don Quichotte a mis plus de vingt ans pour aboutir.
Pour Terry Gilliam, 77 ans, victime d’un petit accident vasculaire il y a deux semaines mais remis sur pied et déjà présent à Cannes, c’est une deuxième victoire judiciaire. Le 10 mai, le Centre national du cinéma avait déjà décidé d’attribuer un visa d’exploitation en salles à ce film. Cette décision faisait suite à celle du tribunal de grande instance de Paris la veille d’autoriser le Festival de Cannes à diffuser au public le film de Terry Gilliam en clôture de sa 71e édition.

        Lire aussi :
         

                Pour « Don Quichotte », le projet fou de Terry Gilliam, la malédiction continue



Un contentieux qui a plus d’un an
Le producteur Paulo Branco a acheté les droits d’auteur-réalisateur du film en avril 2016. Mais, à la suite de différents désaccords artistiques et financiers avec M. Branco, Terry Gilliam s’était tourné vers d’autres producteurs, dont Kinology.
C’est avec ces producteurs que le cinéaste a finalement réalisé son film entre mars et juin 2017, pour 16,3 millions d’euros, mettant fin, croyait-il, à vingt ans de malédiction d’un film tourné dans des conditions dantesques il y a vingt ans et resté inachevé jusqu’en 2017.
Si elle vient d’essuyer deux revers, la société Alfama Films a remporté trois premières victoires judiciaires, dont une très importante sur le fond, en mai 2017, quand un juge lui a donné raison en première instance sur les droits de ce long-métrage. Un jugement en appel est attendu le 15 juin.



                            


                        

                        

