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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ La plus grosse planète du Ssystème solaire est très facile à voir, au-dessus de l’horizon est, en début de soirée.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Certaines postures peuvent augmenter le risque de fracture vertébrale chez des personnes prédisposées.
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Des chercheurs californiens ont étudié la résistance au paludisme du globule rouge déshydraté, conséquence de la xérocytose, une ­maladie du sang.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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Le flétrissement cellulaire comme antipaludéen ?

Des chercheurs californiens ont étudié la résistance au paludisme du globule rouge déshydraté, conséquence de la xérocytose, une ­maladie du sang.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h00
    |

                            Benjamin Prud'homme (généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            
Carte blanche. Si la sélection naturelle fonctionne aussi bien que nous le dit Darwin, pourquoi les maladies génétiques perdurent-elles ? Pour le plus grand nombre, parce qu’elles sont dues à des mutations ­récessives. C’est-à-dire que les deux copies d’un gène (une venant de la mère et l’autre du père) doivent être mutées pour que la maladie apparaisse. Les individus porteurs d’une unique copie mutée d’un gène sont donc en quelque sorte invisibles à la sélection.
Certaines maladies, cependant, sont dues à des mutations dominantes, une seule copie mutée du gène suffit alors à déclencher la ­maladie. C’est le cas de la xérocytose, une ­maladie du sang dans laquelle les patients ont les globules rouges déshydratés, flétris. Elle est associée à des mutations du gène Piezo1 qui régule l’osmose et le volume des globules rouges. Une seule copie mutée de Piezo1 semble suffire à flétrir les globules. Si la maladie est le plus souvent bénigne, elle peut donner lieu à de graves complications. La ­maladie est rare, ce qui semble donner raison à Darwin : les mutations du gène Piezo1 sont probablement éliminées des populations ­humaines au fil des générations.
Etude internationale
Les populations humaines d’origine africaine donnent pourtant du fil à retordre à Darwin. Une mutation dominante particulière de Piezo1, responsable de la xérocytose, y est présente chez un individu sur trois. Qu’y a-t-il donc en Afrique qui pourrait rendre cette ­mutation plus tolérable au regard de la sélection naturelle ? Serait-ce lié au fait que l’Afrique compte plus de 80 % des cas de paludisme, une maladie causée par le parasite sanguin plasmodium, transmis par les moustiques, et qui infecte les globules rouges ? Pour le savoir, Ardem Patapoutian, du Scripps ­Research Institute en Californie, a coordonné une étude internationale explorant les liens entre Piezo1, les globules rouges, et une forme de résistance au paludisme. Ces travaux ont été publiés dans la revue...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Neuvième volet de la collection « Génies des mathématiques », Evariste Galois, dont l’influence de ses idées n’a jamais faibli.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Evariste Galois, celui qui sautait à pieds joints sur les calculs

Neuvième volet de la collection « Génies des mathématiques », Evariste Galois, dont l’influence de ses idées n’a jamais faibli.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
    |

                            Alain Connes








                        



                                


                            
Collection « Génies des maths ». Le 13 janvier 1831, Evariste Galois, qui vient d’être exclu de l’Ecole ­normale supérieure (ENS) de la rue d’Ulm, à Paris, comme « élève paresseux », inaugure à la librairie du 5, rue de la Sorbonne, avec trente élèves, un cours privé d’algèbre supérieure, visant explicitement à suppléer les carences de l’enseignement public. Il reproche au système d’enseigner aux élèves à reproduire un savoir plutôt que de les former à réfléchir. Son renvoi de l’ENS est signé par le directeur, un certain Guigniault, et par Victor Cousin, qui a donné son nom à la petite rue qui prolonge la rue de la Sorbonne et dans laquelle je ne peux passer sans penser à l’injustice qui maintient la « rue Galois » à l’extérieur du périphérique parisien.
En lisant le remarquable travail d’historien de René Taton (« Evariste Galois et ses biographes », revue Sciences et techniques en perspective, 1993), j’ai pu mesurer le rôle positif d’Augustin Cauchy avant qu’il quitte la France en cette période des Trois Glorieuses de juillet 1830. Déjà, en mai et juin 1829, Cauchy avait parlé deux fois à l’Académie des travaux de Galois, alors âgé de 17 ans. En janvier 1830, il lui avait conseillé de présenter ses travaux au Grand Prix des sciences mathématiques, en l’encourageant à sauver la part de ses découvertes la plus originale par rapport aux travaux du norvégien Niels Abel et à poursuivre ses recherches. Quelques mois plus tard, le manuscrit de Galois est perdu à la mort du secrétaire perpétuel, Joseph Fourier, qui en avait la responsabilité dans le jury, et le Grand Prix est attribué à Niels Abel (à titre posthume) et à Carl Jacobi.
Ainsi commence une suite tragique de rendez-vous manqués entre Galois et les mathématiciens de son époque – hormis bien sûr ce lien si fort avec Abel, relevant presque de la métempsycose. Cet enchaînement est heureusement interrompu par la clairvoyance du mathématicien Joseph Liouville, qui,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Le savoir-faire théorique et technologique français est recherché à l’étranger, à tel point que certaines filières assistent à une fuite des cerveaux.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                

IA, maths, ingénierie… les diplômés français ont la cote à l’international

Le savoir-faire théorique et technologique français est recherché à l’étranger, à tel point que certaines filières assistent à une fuite des cerveaux.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h43
    |

                            Alban de Montigny








                        



   


Emmanuel Macron a affiché son ambition : faire de la France l’un des leaders en intelligence artificielle (IA). En mars, le chef de l’Etat a annoncé vouloir doubler le nombre d’étudiants dans ce domaine. Car, actuellement, les talents français sont surtout captés par les géants de la Silicon Valley (Californie). 
« Les embauches explosent. Les plus brillants sont recrutés durant leur master 2 par Google ou Facebook avant même de décrocher leur diplôme. Je n’ai jamais vu ça », lâche Emmanuel Trélat, directeur de la Fondation sciences mathématiques de Paris.
Les débouchés offerts par l’IA sont variés. « Certains travaillent chez des constructeurs aéronautiques, d’autres dans la robotique, la finance, les assurances… Ce sont aussi bien des spécialistes en technique que des manageurs de haut niveau maîtrisant l’impact de ces technologies », constate Sandra Bringay, secrétaire de l’Association française pour l’IA et professeure en informatique à l’université Paul-Valéry, à Montpellier.

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Pour répondre à cette demande, de nouveaux cursus voient le jour. A la rentrée, Polytechnique proposera, en partenariat avec Google, un graduate degree associant IA et traitement des informations visuelles (visual computing). « Les sociétés considèrent que les étudiants sont bien formés en mathématiques mais elles déplorent leur manque de compétences en informatique pour coder efficacement les algorithmes », explique Erwan Scornet, maître de conférences en machine learning et codirecteur du cursus.
De son côté, l’université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC), à Paris, lancera une formation continue. « Beaucoup d’entreprises ont des lacunes en IA. Elles recrutent des jeunes diplômés, mais il leur faut aussi former des seniors en poste », souligne Ludovic Denoyer, professeur en machine learning, deep learning et responsable du programme.
Malgré l’avance prise notamment par les Américains, l’Hexagone se démarque par l’excellence de ses filières en mathématiques. « Les étudiants bénéficient d’une formation généraliste et approfondie. Ceux qui partent en mobilité s’en sortent bien. En revanche, j’ai l’impression que les étudiants étrangers s’adaptent plus difficilement à notre enseignement », remarque Sylvie Benzoni, directrice de l’Institut Henri-Poincaré, à Paris, dont le prédécesseur Cédric Villani, mathématicien réputé et député du parti La République en marche (LRM), a remis, en mars, un rapport sur l’IA.

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« Sur les 600 étudiants en mathématiques qui ont effectué leur cursus universitaire en France, entre 50 et 100 quittent le territoire immédiatement après avoir obtenu leur diplôme de master 2 à Paris », affirme Emmanuel Trélat. Au niveau du doctorat, un mouvement vers l’étranger s’est amorcé. « L’attractivité de la recherche publique baisse. Les salaires n’étant pas assez élevés, certains préfèrent se tourner vers le privé ou s’expatrier en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Suisse », s’inquiète Elisabeth Gassiat, présidente du département de mathématiques d’Orsay, au sein de l’université Paris-Sud. « En IA, nous assistons à une fuite des cerveaux. Beaucoup de mes collègues ont rejoint des entreprises américaines », ajoute Ludovic Denoyer.
Par ailleurs, le savoir-faire français demeure reconnu dans les métiers de l’ingénierie : aéronautique, génie océanique, automobile… A Centrale Nantes, 25 % des étudiants trouvent leur premier emploi hors de France. Et l’école accueille plus de 30 % d’étudiants internationaux. « Des étudiants chinois préfèrent, aux masters spécialisés, le diplôme d’ingénieur qui est une spécificité française et qui apparaît comme une filière d’excellence », note Emilie Poirson, directrice de la formation ingénieur.

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                Les écoles de la « french tech » s’exportent



Du côté de l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (ISAE-Supaéro), on estime également que la dimension généraliste de la formation fait la différence tout en reconnaissant que cela ne suffit pas. « C’est un peu compliqué d’être remarqué par les recruteurs à l’international car nous n’avons pas la taille critique pour apparaître dans des classements comme celui de Shanghaï, avoue Caroline Bérard, directrice des formations ingénieur. Mais une fois qu’ils ont goûté à nos diplômés, ils reviennent vers nous. »

Un supplément et un salon du « Monde », pour partir à l’étranger
Le Monde publiera, dans son édition datée du 24 mai, un supplément de huit pages consacré aux écoles dans les secteurs de l’excellence française – la fameuse « french touch » –, qui permettent à leurs diplômés de partir étudier ou travailler à l’étranger. Ses articles sont progressivement mis en ligne sur cette page du Monde Campus.
Le Forum Expat 2018, organisé par le groupe Le Monde mardi 5 juin (jusqu’à 21 heures) et mercredi 6 juin à la Cité de la mode et du design, à Paris, réunira de nombreux acteurs de l’expatriation et d’anciens expatriés, pour permettre aux candidats au départ de s’informer pour travailler, entreprendre, vivre au quotidien et gérer son patrimoine à l’étranger. Sont également prévues des conférences thématiques animées par des journalistes de Courrier international et des experts en mobilité. Entrée gratuite, préinscription recommandée.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.
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Alzheimer : une maladie  en trompe-l’œil ?

Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. Les quarante dernières années ont vu l’émergence de la maladie d’Alzheimer comme problème de santé publique dont tout un chacun ou presque a ­entendu parler. Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, et Eric Favereau, grand reporter santé à Libération, se livrent à une démolition. Leur thèse : la maladie d’Alzheimer est une construction sociale imposant une vision de la vieillesse comme une maladie. Le refus d’accepter le déclin cognitif comme partie intégrante de notre normalité empêche de répondre au vieillissement par l’accompagnement adéquat.
Au début des années 1980, un double constat a été fait : le nombre de sujets âgés s’accroît et la médecine est incapable d’améliorer les fonctions intellectuelles qui se détériorent. « Comme il faut donc rapporter tous les symptômes à une maladie, y compris les troubles ­cognitifs, on va exhumer une maladie dépeinte au début du XXe siècle et presque totalement tombée dans l’oubli », racontent les auteurs.
Absence d’efficacité des médicaments
Face à ce qu’ils appellent le « serial killer des vieux »,« il devient impensable de ne pas disposer de médicaments. A n’importe quel prix ». Des médicaments qui échappent à toutes les règles car, « avant même leur mise sur le marché, leur absence d’efficacité est évidente ». Si encore ils étaient anodins. L’ouvrage cite, en 2018, le président de la commission qui avait eu à trancher sur l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer, le professeur Loïc Guillevin : « Ces médicaments ont plus tué qu’ils n’ont guéri. »
Or, il y a ce que Olivier Saint-Jean et Eric ­Favereau appellent « la grande surprise, la bonne nouvelle qui va à contre-courant de toutes les prévisions » et « change la donne » : le nombre de cas supposés de la maladie d’Alzheimer diminue. Ils s’appuient sur plusieurs grandes études parues ces deux...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.
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« En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux »

Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
   





                        


                                                        
Tribune. Le cancer anal est sous-médiatisé. Les raisons en sont évidentes. Il est considéré – à tort bien sûr – comme doublement honteux, de par sa localisation et parce qu’il est lié à des éléments de vie intime que le ­conservatisme rejette. Alors qu’il était rare et ne concernait que les femmes âgées, son incidence augmente fortement, et il intéresse maintenant les hommes jeunes.
Le tabac, l’immunodépression sont des facteurs de risque établis et l’infection par le papillomavirus est une cause directe neuf fois sur dix. En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux. Les hommes séropositifs pour le VIH voient leur risque multiplié par dix, voire trente, selon les estimations.
Le pronostic de ce cancer est considéré comme bon, puisque sept à huit patients sur dix n’en meurent pas. C’est déjà cela, mais ce n’est pas suffisant, puisque cette survie s’accompagne de ce que les économistes appellent des coûts intangibles : la douleur et le ­malheur. En effet, pour les patients qui répondent au traitement initial (70 %-80 %) par radiothérapie souvent doublée d’une chimiothérapie, les rayons génèrent des effets locaux irréversibles de brûlures et de rigidité qui altèrent définitivement la vie sexuelle quand elle est encore possible.
Pour les 20 % à 30 % de patients restants chez qui la tumeur persiste ou ­récidive, il faut proposer une chirurgie très mutilante : l’amputation abdomino-périnéale. Comme son nom le dit un peu, cette intervention procède à l’ablation du rectum jusqu’au canal anal et emporte l’appareil sphinctérien et la peau périanale. Le large manque de tissu nécessite souvent un lambeau musculo-cutané. Enfin, une stomie, soit un abouchement du côlon à la peau de l’abdomen, improprement ­appelé « anus artificiel », est nécessaire à vie. Ces données sont à la fois individuellement dramatiques et épidémiologiquement significatives. Les ­patients...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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« La connaissance de ses origines est indissociable de la réflexion de tout être humain sur son identité personnelle »

Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h00
    |

Vincent Brès (Président de l’association Procréation médicalement anonyme)







                        



                                


                            
Tribune. Les choses bougent, enfin, dans le monde un peu fermé de l’assistance médicale à la reproduction. Basé sur un système vieux de plus de quarante ans, le don de gamètes s’apprête à évoluer, répondant au mouvement de fond des évolutions de la société française.
Pour une raison très simple : les premiers à en être nés sont devenus des adultes responsables, souvent parents eux-mêmes, et prennent maintenant la parole. Ils dénoncent l’injustice d’un système qui confisque, sans jamais les avoir consultés, des informations sur leur hérédité.
La transmission des données non identifiantes sur les donneurs ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don
La présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) a récemment proposé de réformer les pratiques au travers de la possibilité d’offrir des données non identifiantes aux personnes qui le souhaitent.
Si l’intention est à saluer, puisque pour la première fois les professionnels de l’assistance médicale à la procréation (AMP) avec don se tournent vers les personnes qui en sont issues, elle est encore insuffisante. Elle peut même apparaître comme un écran de fumée pour finalement ne rien faire, ne rien changer. La transmission des données non identifiantes sur les donneurs telles qu’une vague profession et quelques traits physiques généraux ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don.
Principe d’appariement
Pour savoir à quoi pourrait ressembler leur donneur, les personnes nées de don n’ont qu’à se tourner… vers leur propre père ! Grâce au principe d’appariement, mis en place par les CECOS en choisissant le donneur le plus proche physiquement du père d’intention, il n’y a que peu de doutes sur l’apparence physique de celui à qui ils doivent d’être nés.
La transmission d’informations non identifiantes est donc un os à ronger proposé aux enfants nés de don qui ne résout rien
Sa profession...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La République démocratique du Congo a donné son feu vert à son déploiement, pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
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Ebola : un vaccin expérimental sera utilisé en RDC

La République démocratique du Congo a donné son feu vert à son déploiement, pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 08h11
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


Un vaccin expérimental contre Ebola pourrait être déployé dès mardi 22 mai en République démocratique du Congo (RDC). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reçu le feu vert des autorités pour expédier les premières doses dans les prochains jours. L’épidémie s’est déclarée il y a cinq semaines dans le nord-ouest du pays et une quarantaine de cas suspects ou confirmés ont été comptabilisés depuis.
L’épicentre se situe à Bikoro, sur les rives du lac Tumba, dans une région très reculée. Un pont aérien devra être mis en place acheminer les médicaments et les équipes jusque-là. L’un des grands défis logistiques est la chaîne du froid : le vaccin doit être conservé à – 80 °C et transporté dans des congélateurs adaptés.

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Mis au point par le laboratoire pharmaceutique Merck en 2016, il s’est révélé efficace lors d’essais sur les humains, mais n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Connu sous le nom de code V920, il avait été testé en Guinée en 2015, à la fin de l’épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.
Les résultats publiés dans The Lancet début 2017 semblent très prometteurs : sur les quelque 6 000 personnes vaccinées (dont près de 200 enfants) aucune n’a contracté la maladie dans les semaines suivant la vaccination. Les participants avaient été sélectionnés sur la base de leur proximité avec un patient infecté – les « contacts » et les « contacts de contacts » dans le jargon. Seule inconnue, la durée de la protection conférée par le vaccin.
Des vaccins fabriqués par Merck
L’efficacité de cette « vaccination en couronne » est ce qui justifie l’utilisation du V920 dans un contexte d’urgence. « L’objectif est de casser les chaînes de transmission », explique le professeur Denis Malvy, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux. « Toute la difficulté est de tracer les personnes avec lesquelles les malades ont été en contact ».
Trois foyers de contamination ont été repérés et près de 400 personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en observation. Elles seront vaccinées en priorité, de même que le personnel soignant. Le vaccin est administré en dose unique. « Fidéliser des gens terrorisés et peu éduqués est compliqué », explique le médecin qui sera sur place à la fin de la semaine. La campagne de vaccination en RDC sera conduite dans un cadre comparable à celui d’un essai clinique mais ne s’inscrit pas dans un protocole de recherche.
Le V920, qui s’appuie sur les travaux d’un laboratoire de recherche public canadien a d’abord été développé par la biotech américaine NewLink Genetics. Merck a conclu avec elle un accord de licence fin 2014, et commencé les vaccinations dès mars 2015 en Guinée. Les données collectées lors de cet essai clinique, le plus important conduit dans un contexte épidémique, seront étudiées à la loupe par les agences de santé en Europe et aux Etats-Unis où Merck compte enregistrer son vaccin. Le laboratoire comptait déposer son dossier fin 2017, mais a pris du retard.
L’OMS dispose aujourd’hui de 4 000 vaccins, mais au moins 300 000 autres doses sont disponibles. Ces vaccins ont été fabriqués par Merck à la suite d’un accord passé avec Gavi, une organisation internationale dont l’objectif est de favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins. En janvier 2016, elle s’était engagée à verser 5 millions de dollars au laboratoire américain en contrepartie de la création d’un stock d’urgence. « Il est inquiétant de constater que le monde n’est toujours pas prêt à faire face aux nouvelles menaces sanitaires qui pourraient se présenter à l’avenir ; il faut absolument changer de mentalité et investir dès aujourd’hui dans la recherche et le développement pour assurer notre protection dans les années à venir, » avait à ce moment déclaré le docteur Seth Berkley, le directeur de Gavi.

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                Nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo



Eviter la formation d’un « important foyer urbain »
Dans l’immédiat, le risque serait de voir la maladie se propager dans Mbandaka, qui compte un million d’habitants. « Si une ville de cette taille est gagnée par la maladie d’Ebola, il y aura un important foyer urbain, ce qui sera un vrai défi », a déclaré Peter Salama, qui pilote les opérations d’urgence à l’OMS. « Lorsque Ebola gagne des zones urbaines, notamment des bidonvilles, il est extrêmement difficile de venir à bout de la maladie », a-t-il ajouté. Les liaisons fluviales représentent aussi un risque : par le fleuve Congo, Bikoro est relié à la capitale Kinshasa (11,5 millions d’habitants) ainsi qu’à Brazzaville la capitale de la République du Congo (1,9 million d’habitants). Barges et pirogues circulent quotidiennement sur cette zone frontalière.
« Dans les zones de faible densité, le virus se diffuse peu, ce qui explique que les précédentes épidémies en RDC se soient éteintes rapidement », indique Sylvain Baize, spécialiste des fièvres hémorragiques à l’Institut Pasteur. « Chaque malade contamine en moyenne une à deux personnes : on est loin des taux de propagation de la grippe ou de la rougeole », ajoute le chercheur. L’évolution de l’épidémie reste cependant difficile à prédire : au Liberia et en Sierra Leone, elle avait pris fin d’un coup en 2015 sans que les scientifiques s’expliquent pourquoi. La mise à disposition en urgence d’un vaccin représente un tournant par rapport à 2014, où l’OMS avait beaucoup tardé à intervenir. « Là, on se donne les moyens d’anticiper le risque », estime le professeur Malvy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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« Pour que la France puisse peser en matière d’intelligence artificielle »

Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h15
    |

Manuel Davy (PDG de Vekia, start-up spécialisée dans la gestion des approvisionnements des entreprises par l’intelligence artificielle)







                        



                                


                            
Tribune. Le monde de l’intelligence artificielle n’a pas attendu l’été pour donner le coup d’envoi de son mercato. En avril, Apple a cassé sa tirelire pour recruter John Giannandrea, ­responsable de la recherche et de l’intelligence artificielle… chez Google. Bien qu’aucune information n’ait fuité sur le montant du « transfert », certaines sources évoquent un salaire à huit chiffres. Une hypothèse envisageable quand on sait qu’Anthony Levandowski, un des pontes de la division voiture autonome de Google, a perçu plus de 120 millions de dollars en à peine neuf ans avant de passer chez Uber. Des sommes mirobolantes – plus proches des salaires de la NBA que de ceux du monde scientifique – justifiées par la rareté des talents.
seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens
Le cabinet canadien Element AI estime à moins de 10 000 le nombre de personnes dans le monde capables de se mesurer aux défis de l’intelligence artificielle. Un contingent dans lequel la France ­figure certainement en bonne place, avec 13 lauréats de la médaille Fields et des personnalités comme Cédric Villani (député LRM et mathématicien), Yann LeCun (directeur de l’intelligence artificielle chez Facebook) ou Patrice Simard (ingénieur chez Microsoft, spécialisé dans le machine teaching). Toutefois, ­attention à ne pas céder au triomphalisme. Si la France a été capable de ­former et de placer des chercheurs de haut niveau dans l’élite de l’intelligence artificielle, rien ne dit qu’il en ira de même durant les prochaines années.
En 2016, l’étude « Trends in International Mathematics and Science Study » (Timss), qui évalue les performances des élèves en mathématiques et en sciences, publiait des conclusions sans appel : seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens. Pis, en termes de compétences en mathématiques, la France est 22e...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.
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« Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales »

Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. La mondialisation en cours dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon affecte plus spécifiquement la France, qui, de longue date, possède un modèle dual, avec les universités et les grandes écoles. Ces dernières, et notamment les écoles d’ingénieurs les plus sélectives, se retrouvent depuis une quinzaine d’années confrontées à diverses questions existentielles : que signifie le terme d’ingénieur généraliste à l’international ? Pour quels profils de carrière ?
Les grandes écoles d’ingénieurs doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche
Ce choc assez soudain et inattendu est une épine dans le pied de ces établissements, voire une blessure narcissique pour un certain nombre de nos décideurs passés par ces écoles. Plusieurs stratégies ont été mises en œuvre pour y répondre. Si l’on prend l’exemple de l’Ecole polytechnique (dont le mandat de président est en cours d’attribution), l’accent a été mis d’abord sur le management et les start-up, puis sur une tentative de regroupement entre grandes écoles, tournant le dos à la coopération avec l’université Paris-Sud.
Nous sommes convaincus que ces deux orientations sont profondément erronées. Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales (HEC, ­Essec, etc.). Elles doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche : que ceux-ci irriguent effectivement l’enseignement, et qu’une réelle démarche scientifique, avec ses questionnements et sa créativité, vienne former des étudiants sélectionnés principalement sur leur capacité à réussir aux concours, à la suite d’un parcours assez standardisé et normatif.
Innovation et reconnaissance internationale
Ce lien avec la démarche scientifique, trop longtemps négligé dans ces grandes écoles, nous paraît fondamental. Bien évidemment, tous les étudiants qui en sont issus n’ont pas...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ La sclérose latérale amyotrophique serait plus fréquente chez les grands sportifs. Une énigme qui pourrait s’expliquer par une particularité des neurones moteurs, très vulnérables au stress énergétique lié à l’effort.
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Le sport intensif, facteur de risque de la maladie de Charcot ?

La sclérose latérale amyotrophique serait plus fréquente chez les grands sportifs. Une énigme qui pourrait s’expliquer par une particularité des neurones moteurs, très vulnérables au stress énergétique lié à l’effort.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Ne nous savonnons pas la planche, la présente chronique ne remet pas en cause les bénéfices multiples de l’activité physique pour la santé. Mais le meilleur des médicaments a, comme tous les autres, de potentiels effets indésirables dont il faut bien discuter. En l’espèce, un sujet taraude les scientifiques depuis des décennies : le sport, et en particulier sa pratique intensive, est-il un facteur de risque de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ? La question est d’autant plus délicate que cette affection dégénérative des motoneurones, aussi appelée maladie de Charcot, est rare – elle touche de cinq à huit personnes pour 100 000 –, mais grave. Elle se traduit par une paralysie progressive du corps avec fonte musculaire, conduisant à une grande dépendance.
L’hypothèse d’un lien entre sport et SLA a d’abord été soulevée en raison de cas chez des champions de plusieurs disciplines sportives. Le premier, et l’un de ceux qui ont le plus marqué les esprits, est celui du joueur de base-ball américain Lou Gehrig, décédé des suites d’une SLA en 1941, à 37 ans. Il a d’ailleurs laissé son nom à cette affection, baptisée maladie de Lou Gehrig en Amérique du Nord. Depuis, d’autres exemples ont été médiatisés, et plusieurs études ont été conduites. En scrutant une cohorte de plus de 7 300 footballeurs professionnels, en activité entre 1970 et 2000 en Italie, des chercheurs de l’université de Pavie ont retrouvé un taux de SLA 6,5 fois plus élevé que dans la population générale. Le risque de SLA augmentait avec la durée de la carrière professionnelle, soulignait l’article (Brain, 2005). Cette étude a cependant été critiquée, et d’autres recherches n’ont pas confirmé cet excès de risque.
Qualité de la méthodologie
L’étude d’un consortium européen, parue le 23 avril dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry apporte de nouveaux éléments au débat. Elle a porté sur 1 557 patients avec SLA, comparés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.
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Mort de Christian Goudineau, historien et archéologue

Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 01h23
    |

Laurent Olivier (Historien et archéologue)







                        



                                


                            
L’historien de l’Antiquité et archéologue de la Gaule Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans. Né le 5 avril 1939, il avait commencé sa carrière de chercheur en 1968, année où il était à la fois sorti de l’Ecole française de Rome et entré à l’université de Provence (Aix-en-Provence), au sein de laquelle il enseignera l’archéologie des antiquités nationales jusqu’en 1984. « Vous êtes fou, Goudineau ; c’est du suicide ! », lui avait lancé son maître, le latiniste Jacques Heurgon, pour tenter de le dissuader de s’engager sur le chemin, étroit et délaissé, de l’archéologie gauloise.
Bien peu étaient conscients de la révolution qui s’annonçait dans la recherche archéologique française et personne n’imaginait encore l’ampleur qu’elle allait prendre. En l’espace d’une génération, on allait passer d’une pratique d’amateurs isolés et dénués de moyens, pour la plupart autodidactes, à une activité professionnelle, bénéficiant de financements importants, ouverte sur la recherche internationale et en particulier européenne.
Christian Goudineau l’avait-il pressenti ? En tout cas, c’est lui qui a accompagné, et en grande partie conduit, cette mutation de l’archéologie française, entre les années 1980 et 2000. Il est resté, fondamentalement, un enseignant-chercheur, combinant l’enseignement universitaire et l’encadrement de la recherche de terrain. Dès l’année suivant son entrée à l’université, il prend la tête de la direction des antiquités historiques de la Côte d’Azur, où il organise les fouilles.
Spécialiste de la Gaule
Puis, à partir de 1978, il entre au Conseil supérieur de la recherche archéologique, où il va jouer un grand rôle. A ce moment, il n’existe encore ni cadre réglementaire ni corps de chercheurs professionnels pour faire face à l’explosion des découvertes que provoque, partout sur le territoire national, l’expansion des travaux d’aménagement. Christian Goudineau contribuera à mettre en place une organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le nouvel instrument en cours d’installation au Very Large Telescope, au Chili étudiera les conditions de formation des systèmes planétaires.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/05/2018
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Au Chili, un nouveau téléscope qui remonte aux origines des planètes

Le nouvel instrument en cours d’installation au Very Large Telescope, au Chili étudiera les conditions de formation des systèmes planétaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h58
    |

                            Camille Lavoix (Désert d’Atacama (Chili), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il s’appelle Matisse. Il est niché sous terre, au cœur des montagnes chiliennes du désert d’Atacama (Chili). L’air y est le plus sec du monde, faisant de chaque nuit une opportunité de voir le ciel austral. Matisse ne dort pas, il est en pleine phase de tests. Il pèse trois tonnes et la grande boîte qui l’abrite est transparente, offrant à la vue de celui qui s’aventure dans les souterrains 20 m3 de prouesses scientifiques. Derrière les parois en verre, miroirs et moteurs s’enchevêtrent sur une table optique. Plus de 10 000 éléments confectionnés, assemblés et alignés au millionième de mètre près, fonctionnent dans l’obscurité.
Au-dessus de Matisse, comme installés sur son toit, quatre mastodontes d’acier et de verre aux allures d’immeubles répondent à des noms évocateurs en mapudungun, la langue du peuple indigène ­mapuche : Antu (Soleil), Kueyen (Lune), Melipal (Croix du Sud) et Yepun (Vénus). Sur cette plate-forme à 2 600 mètres d’altitude, ces quatre gigantesques unit telescopes (UT) de 430 tonnes chacun composent le cœur du VLT, le Very Large Telescope, l’un des principaux instruments gérés par l’Observatoire européen austral (ESO), qui associe quinze pays du Vieux Continent. La lumière des étoiles se concentre dans ces immenses entonnoirs, pour ­finir dans les entrailles de Matisse, sous terre.
Ce nouvel instrument français, abréviation de « Multi AperTure mid-Infrared SpectroScopic ­Experiment », fruit de dix ans de travail entre ­plusieurs instituts européens, va décupler les ­potentialités du VLT. Bruno Lopez, astronome à l’Observatoire de Nice et responsable scientifique de Matisse, espère qu’il permettra de comprendre comment se forment les planètes : « La question de l’origine du système solaire est ancienne : elle ­fascinait Descartes, Kant, Laplace. Nous espérons pouvoir y répondre ».

Pour saisir comment fonctionnera Matisse, il faut suivre Nicolas Schuhler, ingénieur français qui ­arpente...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ L’Extremely Large Telescope, dans le désert d’Atacama au Chili, va devenir, en 2024, le plus grand œil braqué sur le ciel.
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Le plus grand télescope du monde sort de terre

L’Extremely Large Telescope, dans le désert d’Atacama au Chili, va devenir, en 2024, le plus grand œil braqué sur le ciel.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 15h34
    |

                            Camille Lavoix (Désert d’Atacama (Chili), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Dans les montagnes du désert d’Atacama, au Chili, à 23 kilomètres à l’est du mont Paranal, où se situe le VLT, le Very Large Telescope, un autre géant est en train de naître. Sur le mont Armazones, à 3 046 mètres d’altitude, les pelleteuses préparent le terrain de l’ELT, l’Extremely Large Telescope. Lorsqu’il entrera en service, en 2024, ce sera le plus grand œil au monde braqué sur le ciel. Son miroir principal, de 39 mètres de diamètre, s’étendra sur pratiquement la moitié d’un terrain de football. L’ELT est le projet de tous les superlatifs, l’ESO (l’Observatoire européen austral), qui le construit, espère « qu’il ­révolutionnera notre perception de l’Univers, bien plus que ne le fit Galilée il y a quatre cents ans quand il pointa pour la première fois un ­télescope vers le ciel ».

La surface collectrice de lumière de l’ELT sera supérieure à la surface combinée de l’ensemble des télescopes optiques existants et 100 millions de fois plus importante que celle de l’œil humain. Un record : 978 m2. Avec son système à cinq miroirs, l’ELT va s’attaquer à de nombreuses questions, notamment celle de l’origine de l’Univers à travers ses galaxies les plus anciennes et l’étude détaillée d’exoplanètes. Ces dernières sont des planètes qui gravitent autour d’autres étoiles que notre Soleil. L’ELT ciblera les exoplanètes similaires à la Terre, ou tout du moins présentant de potentiels signes de vie au-delà de notre Système solaire.
Des planètes au plus près de leur étoile
Cette recherche d’« extraterrestres » bat déjà son plein au VLT avec le nouvel instrument made in Genève, Espresso. Jorge Lillo-Box travaille à sa mise en service pour octobre 2018 et rêve déjà de poursuivre ses recherches avec l’ELT. Grâce à son miroir géant, l’astronome espagnol et ses collègues verront des planètes au plus près de leur étoile. Comme si un humain, à 10 kilomètres, pouvait distinguer la lumière d’un briquet allumé à côté d’un phare. L’enjeu est de pouvoir...




                        

                        


<article-nb="2018/05/17/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ La pandémie qui, depuis trente ans, décime les amphibiens sur tous les continents, est partie de Corée et s’est répandue à la faveur du commerce mondial.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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Le champignon tueur de grenouilles venait de Corée

La pandémie qui, depuis trente ans, décime les amphibiens sur tous les continents, est partie de Corée et s’est répandue à la faveur du commerce mondial.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h12
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Les investigations scientifiques n’ont rien à envier aux enquêtes policières. L’annonce, jeudi 10 mai, dans la revue Science, de l’origine du terrible champignon qui dévaste les populations d’amphibiens depuis quelques décennies, en apporte une preuve éclatante. Vingt ans après l’identification de Batrachochytrium dendrobatidis, plus communément baptisé « Bd », une équipe internationale a établi que le pathogène était parti de Corée avant de muter et de conquérir le monde au cours du XXe siècle. Forts des informations recueillies, les chercheurs relèvent la responsabilité du commerce mondial et réclament un arrêt des importations de grenouilles, crapauds et autres salamandres en provenance d’Asie.
Jusqu’ici, l’histoire de cette terrible pandémie – qui contribue à faire des amphibiens le groupe animal le plus menacé, selon l’Union internationale de protection de la nature – restait mystérieuse. D’où était-elle partie ? Comment et quand s’était-elle répandue ? Afrique, Amérique du Sud ou du Nord, Japon et Asie du Sud-Est avaient été envisagés. Quant à la date d’apparition de la souche la plus virulente du pathogène, certains généticiens la jugeaient récente (quelques décennies), d’autres très ancienne (jusqu’à 26 000 ans).
Pour mettre tout le monde d’accord, Matthew Fisher, de l’école de santé publique de l’Imperial College de Londres, a rassemblé 56 scientifiques issus de 38 laboratoires et s’est lancé dans une vaste entreprise de collecte d’échantillons à travers le monde. Un travail de bénédictins. « Nous sommes partis deux semaines en Guyane, dans des régions évidemment très difficiles d’accès, raconte Claude Miaud, de l’université de Montpellier. Nous avons capturé 250 amphibiens, recueilli par frottis le mucus que nous avons mis en culture dans 500 boîtes de Petri. Mais tous les animaux ne sont pas infectés et la culture ne marche pas toujours… Nous n’avons finalement pu exploiter que… trois échantillons. »

Au...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ L’engin de l’agence spatiale américaine permettra d’observer des zones inaccessibles depuis le sol. Il devrait être sur place en 2021.
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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.
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Le monde entier se ligue contre les mauvaises graisses

L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h33
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


C’est la première initiative mondiale. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le PDG de Resolve to Save Lives, Tom Frieden, ont lancé, lundi 14 mai, une stratégie pour l’élimination des acides gras trans (AGT) d’origine industrielle de l’alimentation d’ici à 2023. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plus d’une décennie et qui pourrait « sauver plus de 10 millions de vies », selon l’OMS. La consommation d’AGT artificiels, présents dans les margarines, la pâtisserie industrielle et les aliments cuits ou frits dans de l’huile de cuisson, serait « responsable de plus de 500 000 décès prématurés par maladie cardio-vasculaire chaque année dans le monde », selon l’institution internationale.
Les six actions stratégiques proposées par l’OMS sont regroupées sous l’acronyme anglo-saxon « Replace ». Elles s’articulent ainsi : dresser l’inventaire des sources d’AGT d’origine industrielle, promouvoir des graisses plus saines, prendre des mesures législatives pour éliminer les AGT d’origine industrielle, évaluer les évolutions des consommations, sensibiliser aux effets néfastes des AGT et appliquer des politiques et réglementations.
Les acides gras insaturés se présentent sous deux formes selon que leurs atomes d’hydrogène sont situés du même côté (« cis ») ou de part et d’autre (« trans ») de la molécule. Certains AGT sont d’origine naturelle et sont présents dans la viande de ruminants, le lait et les produits laitiers. D’autres, produits industriellement, notamment par hydrogénation des huiles végétales, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire comme stabilisateurs et comme conservateurs. De nombreux produits, tels que les viennoiseries, les pizzas industrielles, les quiches, des barres chocolatées, des plats cuisinés, vont accroître l’apport alimentaire en AGT.
Le bon et le mauvais cholestérol
Or, comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site Internet, « les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Ces effets passent par une augmentation du “mauvais” cholestérol (LDL) et une baisse du “bon” cholestérol (HDL) ». A l’inverse, précise l’Agence, « aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».
De ce fait, l’agence française avait fixé en 2005 à 2 % de l’apport énergétique total le seuil maximal d’apport en AGT – l’OMS abaissant encore ce seuil à 1 % par la suite. En 1998-1999 la première enquête de consommation alimentaire INCA (individuelle et nationale sur les consommations alimentaires) montrait qu’en France, les garçons âgés de 12 à 14 ans constituaient la tranche d’âge la plus consommatrice d’AGT, avec près de 8 g/jour. Les enquêtes ultérieures étaient plus rassurantes avec des apports moyens situés en dessous du seuil de 2 % de l’apport énergétique total.
La situation ailleurs est plus préoccupante. Les habitants des régions les plus pauvres sont beaucoup plus exposés. Directeur du département nutrition à l’OMS, le Dr Francesco Branca évoque en particulier l’Europe de l’Est, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, et beaucoup des Etats africains, avec des aliments vendus dans la rue pouvant atteindre jusqu’à 22 fois plus que l’apport quotidien recommandé.
Lire aussi : Vos frites, avec ou sans acides gras trans ?
Une substance toxique dont on peut se passer
Le Danemark a été le pays pionnier en matière de mise en œuvre d’une stratégie offensive contre les AGT d’origine industrielle. En 2003, les autorités ont mis en place un taux maximal légal d’AGT d’origine industrielle dans les huiles et matières grasses fixé à 2 %. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire avait diminué : le taux moyen est passé de 440 à 426 morts pour 100 000 habitants.
Cette initiative a été suivie par d’autres et, notamment, il y a une décennie par la ville de New York. De 2002 à 2009, le Dr Tom Frieden était commissaire à la santé de la métropole américaine. Il a été l’architecte de l’élimination des graisses d’origine industrielle dans la municipalité, en commençant par les restaurants, avant de poursuivre ce combat contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’échelle fédérale, à la tête des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de 2009 à 2017. Aujourd’hui, il explique : « Les AGT sont des substances toxiques ajoutées aux aliments et elles tuent des gens. On peut s’en passer sans que cela modifie le goût, le coût ou la disponibilité des aliments. Donc, il faut les éliminer. De grandes chaînes de restauration l’ont fait sans problème. »
Tom Frieden souligne qu’après l’avoir réussi avec des maladies infectieuses, comme la variole, ou y être quasi parvenu pour la poliomyélite, « ce serait la première fois qu’on pourrait atteindre à l’échelle mondiale l’élimination d’un facteur de risque d’une maladie non transmissible et sauver des vies ».
Aller plus loin que l’étiquetage
En 2006, les Etats-Unis ont imposé aux industriels d’indiquer sur les produits la présence d’AGT. Entre 2003 et 2012, la consommation des acides gras trans a diminué de près de 80 %, chutant de plus de 4 grammes par jour à environ 1 gramme. Dans la foulée de l’évaluation, à la fin de 2013, par la Food and Drug Administration (FDA) concluant à la nocivité des AGT, les Etats-Unis ont décidé, le 16 juin 2015, leur interdiction, les industriels se voyant accorder un délai de trois ans pour les remplacer par des substances présentant moins de risques.

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          Les Etats-Unis veulent bannir les « mauvaises graisses » des produits alimentaires d’ici à trois ans



D’autres pays européens ont emboîté le pas et imposé eux aussi une teneur maximale en AGT. Dans l’ordre chronologique : la Suisse, l’Autriche, l’Islande, la Hongrie, la Norvège et la Lettonie. Toutes ces expériences ont démontré que la substitution est parfaitement possible.
Le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre 2016 visant à aller plus loin que la simple information des consommateurs par l’étiquetage et demandant à la Commission européenne d’« instaurer le plus tôt possible une limite européenne légale relative à la teneur en AGT dans tous les aliments ». Cette proposition devait être faite « au plus tard dans deux ans » (octobre 2018) et accompagnée d’une étude d’impact.
Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 pays – pour la plupart à revenu élevé – ont adopté des mesures contre les AGT dont une vingtaine ont instauré leur interdiction ou imposé un taux maximal. L’Argentine les a quasiment éliminés, la Thaïlande devrait à son tour les bannir en juin.
Comme le résume Tom Frieden, « quand on remplace les AGT, les aliments ont bon goût et seul votre cœur sentira la différence ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Un amendement au projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes prévoit que cette pathologie soit considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.
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édition abonné


Amnésie traumatique : l’allongement du délai de prescription en débat

Un amendement au projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes prévoit que cette pathologie soit considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h04
    |

                            Sophie Boutboul








                        



                                


                            
Lors de l’examen du projet de loi ­contre les violences sexuelles et sexistes, qui a ­débuté lundi 14 mai en séance publique, à l’Assemblée nationale, Sophie Auconie, ­députée (UDI) d’Indre-et-Loire, présentera un amendement approuvé au Sénat. Ce dernier prévoit que l’amnésie traumatique soit ­considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.
L’amnésie post-traumatique fera quoi qu’il ­arrive son apparition dans la ­législation puisqu’elle est citée dans le projet de loi parmi les arguments ayant motivé l’allongement du délai de prescription de vingt à trente ans pour les crimes sexuels.
Dans une étude prospective de 1995, la sociologue américaine Linda Williams avait recueilli les témoignages de 129 femmes reçues à ­l’hôpital après des plaintes dans leur enfance pour des violences sexuelles. Parmi elles, 38 % ne se souvenaient pas du viol ou des agressions subies dix-sept ans auparavant. « La loi prendra désormais en compte la réalité des difficultés que les mineurs victimes peuvent rencontrer à révéler les faits, quand ils se retrouvent plusieurs ­années dans l’incapacité de s’en souvenir », explique Youssef Badr, porte-parole de la chancellerie.
« Stress post-traumatique »
En France, la psychiatre Muriel ­Salmona travaille depuis des années sur le mécanisme de l’amnésie traumatique. Elle a réalisé, en 2015, l’enquête « Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte », avec le soutien de l’Unicef. Conduite auprès de 1 200 victimes par son ­association, Mémoire traumatique, elle concluait que plus d’un tiers des répondants témoignaient d’une ­période d’amnésie traumatique.
Dans le DSM-5, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association psychiatrique américaine, l’amnésie dissociative est décrite comme un « symptôme de l’exposition à la mort, à des blessures graves ou à des violences sexuelles ». Il y est expliqué que « certaines...




                        

                        

