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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ A voir aussi ce soir. Le réalisateur Donald Glover poursuit sa burlesque satire sociale dans la deuxième saison de la série dont il est le créateur (sur OCS Go et MyCanal à la demande).
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TV – « Atlanta » : être ou ne pas être un Noir blanc de peau

A voir aussi ce soir. Le réalisateur Donald Glover poursuit sa burlesque satire sociale dans la deuxième saison de la série dont il est le créateur (sur OCS Go et MyCanal à la demande).



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h30
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur OCS Go et MyCanal à la demande

Quel mois pour Donald McKinley Glover (34 ans), prolifique acteur, scénariste, réalisateur, producteur, humoriste, mais aussi rappeur sous le nom de Childish Gambino ! Mis en ligne le 5 mai, son dernier clip de rap, This Is America, réalisé par Hiro Murai, y fustige de façon stylisée l’insouciance des Etats-Unis face au racisme endémique qui y règne : plus de 110 millions de vues sur YouTube à ce jour.
On trouve par ailleurs Donald Glover en belle place à l’affiche du film Solo. A Star Wars Story, présenté mardi 15 mai au Festival de Cannes, puisqu’il y interprète le meilleur ami de Han Solo, Lando Calrissian. Les sériephiles, pour leur part, viennent de découvrir la deuxième saison d’Atlanta, une série dont il est non seulement le créateur, scénariste et producteur exécutif, mais aussi un des interprètes principaux. Atlanta centre son propos sur le quotidien d’un trio de jeunes hommes noirs : le combinard Alfred (Brian Tyree Henry), qui commence à percer dans le monde du rap sous le nom de « Paper Boi » ; son cousin Earn (Donald Glover), qui tente de devenir son manageur après avoir quitté l’université ; et le lunaire bras droit d’Alfred, Darius (Lakeith Stanfield).
Une saison plus sombre
La série a pour cadre une partie de la ville d’Atlanta où rester en vie s’avère souvent un défi, et où se construire un avenir – ailleurs qu’en prison – relève d’un art très exigeant de la débrouille. Après une première saison s’orientant clairement vers la comédie teintée d’absurde – qui valut à Donald Glover deux Emmy Awards et un Golden Globe en 2017 –, cette deuxième saison, tout en continuant de jouer d’un humour burlesque, se fait plus sombre.
L’épisode 6 de cette saison, qui peut se voir indépendamment des autres, frappe par son étrangeté. On y découvre un Donald Glover qui, retournant l’habitude qu’avaient prise des Blancs de se grimer en Noirs dans le monde du spectacle par le passé, se transforme en effrayant pantin à la peau blanchie, à la manière d’un Michael Jackson. Avec cette question en suspens, au fil de l’épisode : le beau naît-il nécessairement de la souffrance, de tragédies personnelles ?
Atlanta, saison 2. Série créée par Donald Glover. Avec Donald Glover, Brian Tyree Henry, Lakeith Stanfield, Zazie Beetz (EU, 2018, 11 × 30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Depuis 2001, les acteurs du genre canin sont eux aussi récompensés au Festival. Parmi les heureux lauréats, on compte Ugggie, le jack russel de « The Artist », en 2011.
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A Cannes, les chiens ont aussi leur Palme


                      Depuis 2001, les acteurs du genre canin sont eux aussi récompensés au Festival. Parmi les heureux lauréats, on compte Ugggie, le jack russel de « The Artist », en 2011.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h15
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Et la palme est remise à… un chien. Vendredi 18 mai à 13 heures, sur la plage du Grand Hôtel de Cannes, se déroulera la Palm Dog, qui récompense la prestation du meilleur chien dans un film. Créé en 2001 par le journaliste britannique de cinéma Toby Rose, délicieux cabotin aux lunettes drapées des couleurs de l’Union Jack, ce prix a déjà distingué Mops, le carlin de l’archiduchesse dans Marie-Antoinette, de Sofia Coppola, en 2006, ou encore Einstein, le caniche blanc qui joue Bruno dans The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach, en 2017. « Quand les chiens ne peuvent pas se rendre à la cérémonie, on prend des doublures », confesse Barbara Dent, ancienne responsable cinéma du British Council en France, qui aide à organiser l’ événement.
Ugggie, une star internationale
Mais c’est en 2011 que le prestigieux collier a véritablement pris la lumière. Cette année-là, il fut glissé autour du cou du jack russell Uggie pour son rôle de Jack The Dog dans The Artist, de Michel Hazanavicius. « On le vit ensuite poser avec sa décoration au bord d’une piscine à Los Angeles, puis il fut invité aux Golden Globes et fit du skateboard sur le plateau du talk-show d’Ellen DeGeneres », se souvient Toby Rose. Consécration ultime : la Palm Dog fut mentionnée par Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, dans son Bottin intime du Festival, Sélection officielle. Journal (Grasset, 2017).
C’est en compagnie de son fidèle fox-terrier, feu Mutley, que Toby Rose eut l’idée de créer une palme pour chiens. « Lorsqu’il m’accompagnait aux interviews, je le sentais très à l’aise, aussi bien avec Steven Spielberg que Tilda Swinton, assure-t-il, toujours mordu. Il a même défilé avec Ivanka Trump dans un petit manteau assorti à la robe de la jeune femme. J’ai fini par le faire jouer dans un court-métrage et j’ai pris conscience qu’il fallait absolument créer un prix pour tous ces chiens qui crèvent l’écran....




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.
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Photo : la montée en gamme de la foire londonienne

Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h13
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            
Y aurait-il une théorie des goûts comme des climats ? A sillonner la foire Photo London, qui se tient jusqu’au 20 mai à Somerset House, il faut croire que oui, le goût anglais existe bel et bien. Il se porte sur les animaux, avec une préférence pour les éléphants et les bêtes médiatiques. Passons sur les premiers, nostalgie des Indes sans doute. Mais pourquoi tant de célébrités ? Sur les cimaises : des vedettes fauchées au sommet de la gloire (Maryline, Amy Winehouse), les stars de la Pop britannique (Beatles, Rolling Stones), les top model à la beauté éternelle (Kate Moss). La reine Elizabeth fait également apparition, inoxydable, dans un cliché des années 1960 la représentant entourée de ses chiens. Signe de sa popularité à la veille du mariage princier entre Harry et Meghan : l’icône royale été achetée dès les premières minutes du vernissage. Une autre image, shocking mais so british, montrait la même souveraine siégeant… sur des toilettes. On ignore si ce sosie grossièrement mis en scène par la photographe Alison Jackson a trouvé preneur.
Ce n’est pas le moindre mérite de Photo London que d’offrir une plateforme à des artistes qui seraient sans doute censurés chez eux
Résumer Photo London à cette veine sensationnaliste et trash serait toutefois injuste. En quatre ans, la foire lancée par Fariba Farshad et Michael Benson dans un marché de la photo encore balbutiant en Grande-Bretagne, a pris de l’ampleur. La manifestation a gagné en qualité cette année avec l’arrivée de nouveaux exposants comme Sprovieri, qui propose un face-à-face inédit entre Nan Goldin et de Boris Mikhailov. Les deux récipiendaires du Prix Hasselblad n’abordent pas le corps avec la même focale : mélancolique chez la première, sarcastique chez le second. La nudité féminine est partout, des courbes de Bill Brandt aux fragments de corps de Daido Moriyama. Il y a bien sûr nu et nu. Fantastique. Rarement photo a aussi bien porté son nom que ce magnifique tirage de 1921 d’Edward Weston accroché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.
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Cannes 2018 : « Monsieur », une attirance à huis clos

Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h24
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Semaine de la critique
Au plus loin de ses souvenirs, Rohena Gera garde l’image de la nourrice qui s’occupait d’elle lorsqu’elle était enfant. Une nounou qui « faisait partie de la famille et qui, en même temps, en était exclue », souligne la réalisatrice, née en Inde, où elle a grandi et vécu longtemps. Ce conflit, dont elle avoue qu’il l’a agitée toute sa vie, a inspiré son premier long-métrage, Monsieur (Sir), sélectionné à Cannes dans la Semaine de la critique.

        Lire les portraits croisés de réalisatrices, dont Rohena Gera :
         

          Elles font leurs premières armes à Cannes



A Bombay, Ratna (Tillotama Shome) est employée chez Ashwin (Vivek Gomber), fils d’une riche famille de la ville. Il ne manque de rien et traîne pourtant une forme de mélancolie qui le rend doux. Elle a quitté sa province pour échapper à l’assujettissement familial et au poids de son veuvage, une situation jugée encore taboue dans de nombreuses villes indiennes. Bien qu’instruit et respectueux, Ashwin n’échappe pas aux règles d’une tradition qui sépare les domestiques de leur patron. Ratna le sert à table et retourne prendre son repas, assise par terre, dans la cuisine. Ils échangent peu dans cet appartement où va se dérouler un huis clos dont la réalisatrice va tirer parti pour mettre en scène la séparation, cadrant l’un et l’autre de ses personnages dans des portes ou à travers des fenêtres et glissant la caméra entre deux pièces que sépare une cloison.

Une grande délicatesse
Mais dans cet espace de promiscuité où les corps ne peuvent pas toujours éviter de se frôler, naissent, à travers les silences, des sentiments contre lesquels Ratna comme Arshwin ne peuvent pas lutter. Parvenant à échanger timidement quelques phrases, puis à se parler plus ouvertement, elle va trouver en lui une source d’encouragement à ses désirs de mener une vie nouvelle ; il va recevoir d’elle une écoute qui rompt sa solitude et va l’obliger à se demander quel homme il est au sein de cette société dans laquelle il vit.
Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime
Rohena Gera filme avec une grande délicatesse ces deux êtres suspendus à un amour interdit, dont les émotions affleurent sans être prononcées. Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime, préférant la montrer en train de se battre pour s’élever dans la société, en train de danser, de sortir de l’appartement pour se rendre dans sa famille à la campagne, tandis que Ashwin lui y est contraint, empêché, prisonnier de son cocon. Bombay et le monde extérieur ne lui apparaissant guère autrement, dans le film, que de la terrasse de chez lui.

   


Monsieur porte l’empreinte de la douceur et de la détermination qui émanent de sa réalisatrice. Et cette histoire d’amour qu’elle inscrit fermement dans une réalité sociale et politique dont elle espère faire bouger les lignes, dit à la fois son besoin de dénoncer le statut réservé aux femmes indiennes tout autant qu’aux laissés-pour-compte, et son envie d’espérer.

Film indien de Rohena Gera. Avec Tillotama Shome, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni (1 h 39). Sur le Web : diaphana.fr/film/monsieur et www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/sir



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Pour Brel et Gréco, Gérard Jouannest forma, avec l’arrangeur et chef d’orchestre François Rauber, un tandem de l’ombre.
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Gérard Jouannest, pianiste et mélodiste de Jacques Brel et de Juliette Gréco, est mort

Pour Brel et Gréco, Gérard Jouannest forma, avec l’arrangeur et chef d’orchestre François Rauber, un tandem de l’ombre.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h32
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

Impossible d’imaginer les chansons de Jacques Brel sans ce piano, si discrètement présent qu’il constituait une seconde voix, comme un contrepoint fluide et délicat aux humeurs tourmentées du chanteur belge. Accompagnateur du « Grand Jacques », puis de Juliette Gréco à partir de 1968 — complicité scellée par un mariage vingt ans plus tard —, Gérard Jouannest est mort mercredi 16 mai à Ramatuelle (Var) à l’âge de 85 ans.
Si le nom de cet homme humble et d’indéfectible fidélité reste étroitement lié à ces deux monuments, son talent ne se limita pas à l’ornementation. Le musicien fut aussi un mélodiste — qualificatif qu’il préférait, en ce qui le concerne, à celui de compositeur — de premier ordre. Pour Brel comme pour Gréco, Jouannest forma avec l’arrangeur et chef d’orchestre François Rauber (1933-2003) un tandem de l’ombre dont l’onirisme demeure un modèle inégalé dans la chanson française.
Pianiste dans un régiment d’artillerie
Né le 2 mai 1933 à Vanves (Hauts-de-Seine), ce fils d’ouvrier rencontre dès sa plus jeune enfance l’instrument de sa vie grâce à son grand-père, un facteur de piano. Encouragé par les siens, il débute au clavier à l’âge de 8 ans et entre cinq ans plus tard au Conservatoire national supérieur de musique de Paris. Elève doué et travailleur de la classe d’Yvonne Lefébure, il en sortira avec le Premier Prix en 1954. Cette même année, sa progression est freinée par l’appel sous les drapeaux. Pendant trente mois, alors que s’intensifie le conflit algérien, Gérard Jouannest sert à Meknès, au Maroc, pianiste dans un régiment d’artillerie antiaérienne.
Son destin bascule à sa libération, en avril 1957. Un mois après son retour, son père meurt, alors que Gérard Jouannest prépare le concours de professeur au conservatoire de Besançon. Il lui faut subvenir aux besoins familiaux, et le plus sûr moyen pour un pianiste de trouver du travail à cette époque consiste à se tourner vers le music-hall.
Un temps membre d’un orchestre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Festival international de journalisme : faites votre choix

Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h45
   





                        


Il va falloir choisir ! Comme tout festival qui se respecte, le Festival international de journalisme, organisé par le groupe Le Monde les 13, 14 et 15 juillet à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), contraindra ses participants à quelques choix déchirants. Un exemple, pioché au hasard dans le programme du festival : aller rencontrer Florence Aubenas (Le Monde) ou Jean-Michel Aphatie (Franceinfo), ou bien encore assister à la représentation de la pièce 50, jouée par Siriki Traoré et Mohamed Koné, deux migrants qui feront l’aller-retour depuis le Festival d’Avignon ?

Le programme complet des 3 jours est en ligne ! Tout beau , tout chaud 👍 https://t.co/l7mwwhNNjg— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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S’intéresser aux nouveaux médias avec Hugo Clément (Konbini), au rapport qu’entretient l’historien Benjamin Stora avec l’actualité, à l’avenir du vin face au réchauffement climatique, au regard de journalistes européens sur la France de Macron ou bien participer à des ateliers consacrés à la radio ou aux fake news ? Et ce ne sera pas plus simple le soir, quand il faudra choisir entre une projection en plein air d’En guerre, le film de Stéphane Brizé présenté à Cannes, un DJ-set sur la place de l’église ou une discussion en bord de Garonne et au clair de lune avec Pierre Haski, le président de Reporters sans frontières, et ses invités.
Forum à ciel ouvert
Tous les jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures va se transformer en forum à ciel ouvert où l’on parlera journalisme et actualité, où les festivaliers pourront passer un quart d’heure en tête-à-tête avec Luc Bronner (directeur de la rédaction du Monde), Sophie Fontanel (L’Obs), Pierre Murat (Télérama) ou David Pujadas (LCI), où l’on refera le monde autour d’une bouteille de côtes-du-marmandais ou devant une assiette de tomates bio du pays, avant d’aller se rafraîchir en piquant une tête dans la Garonne, exceptionnellement ouverte à la baignade.

Une page pleine dans @sudouest aujourd’hui sur la prochaine édition de @FestJournalisme à Couthures-sur-Garonne (47… https://t.co/bmcZK1lm7H— JcWasner (@JC Wasner)


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Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016. Le tout sous le haut patronage de Benoît Poelvoorde, parrain du festival et amateur discret de politique, de photo et de littérature, qui viendra épicer ces trois journées de ses interventions inopinées.
Depuis le mois de janvier, un comité éditorial de dix-huit journalistes de Courrier International, du Huffington Post, du Monde, de L’Obs, de Télérama, mais aussi de médias extérieurs au groupe Le Monde, s’est attelé à concocter un programme dense et attractif autour de sept thématiques. Quatre d’entre elles font écho à l’actualité : « vivre avec les robots » ; « les chemins de l’exil » ; « après #MeToo, où sont les hommes ? » ; « vins du futur, futur du vin ». Les trois autres parlent du métier d’informer : « journalisme et politique, fatale attraction ? » ; « éducation à l’information, tout est à (re) faire » ; « journalistes, des historiens de l’immédiat ».

On en parlera bientôt à Couthures #FestJournalisme "Education à l’information : tout est à (re)faire" @rsenejoux… https://t.co/Fv9YIqdVQd— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Chacune de ces thématiques se déclinera sur trois demi-journées et sous des formes diverses : témoignages, récits, débats, projections, quiz… On verra les festivaliers se lancer dans l’exercice de l’entretien politique sous les yeux d’intervieweurs professionnels ou débattre ensemble de la position des médias par rapport aux migrants. Parmi les invités de ces thématiques, de nombreux journalistes, bien sûr, mais aussi des experts comme l’anthropologue Mélanie Gourarier, le biologiste Gilles-Eric Séralini ou le psychiatre Serge Tisseron et des représentants de la société civile (Cédric Herrou) et du monde politique (Aurore Bergé et Alexis Corbière).

Venez discuter robots et #IA  avec @SergeTisseron @rozieres @CathVince au #festijournalisme à Couthures… https://t.co/VAWhZGVJ5u— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Soyons clairs : il ne s’agit pas de se lancer dans un exercice de trois jours d’autojustification corporatiste, mais bien d’appuyer sur la touche « pause », en ce début d’été, pour se poser ensemble les bonnes questions – y compris celles qui fâchent – sur l’exercice du métier de journaliste et les dérives de l’information, dans une période où les questionnements et les remises en cause ne manquent pas. D’où la présence à Couthures de personnalités dont les journalistes du groupe Le Monde ne partagent pas forcément les points de vue et analyses.
Relation directe entre festivaliers et intervenants
A côté de ces thématiques, de nombreuses propositions seront faites aux festivaliers. Comme le principe de festival est de favoriser la relation directe, tous les intervenants du jour et les festivaliers seront invités à venir échanger à l’heure de l’apéro en bord de Garonne. Un speed dating quotidien permettra de passer un quart d’heure en tête-à-tête avec le journaliste de son choix. La librairie éphémère du village proposera des séances de dédicaces avec les auteurs présents.
Au kiosque international, animé par le quotidien suisse Le Temps et par Courrier international, on évoquera le regard porté par la presse internationale sur la France et les journalistes français. Côté performances, le collectif d’artistes bordelais De Méche investira le village. On pourra découvrir également le travail du photographe turc Cagdas Erdogan, dont la présence est espérée malgré son procès à venir le 1er juin.

La France et les journalistes français dans le miroir (parfois déformant) de la presse étrangère ? Une coproduction… https://t.co/x9SLCyeq5x— LTwerly (@Richard Werly)


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Des documentaires seront diffusés toute la journée dans l’église de Couthures, où Reporters sans frontières, association partenaire du festival, organisera une projection-débat autour du film Pentagon Papers. On parlera football avec le philosophe Jean-Claude Michéa, invité de l’Apéro du quotidien Sud-Ouest. Autres partenaires, avec les collectivités locales dont l’engagement au côté du groupe Le Monde a permis de pérenniser ce festival : France 3 Nouvelle Aquitaine, la revue Far-Ouest et l’association Colibris, qui proposera un atelier participatif sur « le web citoyen au service de la démocratie ».
Des ateliers pour tous les âges attendront les festivaliers : les enfants de la P’tite Rédac rédigeront le P’tit Monde, le quotidien du festival, alors que les adolescents, accompagnés par un journaliste de l’équipe Snapchat du Monde, réaliseront chaque jour une édition spéciale à la mode de leur application favorite. A tous, l’association Entre les lignes, qui favorise les interventions de journalistes en milieu scolaire, proposera des ateliers consacrés aux fausses informations et à la caricature, pendant que les jeunes journalistes de Radio Parleur initieront les festivaliers à leur média de prédilection.
Le soir, concerts, performances et DJ-sets prendront le relais. Ce n’est pas parce que l’on parle de choses sérieuses dans la journée qu’on n’a pas le droit de faire la fête !

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                Les festivals de journalisme ont le vent en poupe



Programme détaillé, informations pratiques et billetterie sur le site du festival : www.festivalinternationaldejournalisme.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Grâce au travail de restauration entrepris par Ananias Léki Dago, 34 tirages qui racontent l’Abidjan des années 1970 viennent d’entrer au musée du Quai Branly.
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Décryptage

Le photographe ivoirien Paul Kodjo sauvé de l’oubli

Grâce au travail de restauration entrepris par Ananias Léki Dago, 34 tirages qui racontent l’Abidjan des années 1970 viennent d’entrer au musée du Quai Branly.

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux (contributrice Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 17.05.2018 à 15h10






    
Soirée dansante à Abidjan dans les années 1970.
Crédits : Paul Kodjo


C’est un travail de mémoire important que réalise Ananias Léki Dago et que vient de soutenir le musée du Quai Branly, à Paris. Depuis dix ans, le photographe ivoirien a entrepris de sauver de la poussière et de l’oubli l’œuvre de son aîné Paul Kodjo. Né en 1939 dans la forêt du Banco, à Abidjan, d’un père ivoirien et d’une mère ghanéenne, celui qui deviendra dans les années 1960 l’un des premiers photographes de Côte d’Ivoire n’a jamais conservé ni archivé ses clichés. Tout juste avait-il abandonné au fond d’une malle quelque 30 000 négatifs qu’il a remis à Ananias Léki Dago en 2008.

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Depuis la fin de sa carrière, dans les années 1990, et son installation au Ghana – où il a grandi auprès de sa grand-mère maternelle après le décès de sa mère lorsqu’il n’avait que 5 ans –, le temps, les insectes, l’humidité ont fait leur œuvre, détériorant toujours un peu plus le souvenir du « miracle ivoirien » des années 1970. « J’ai pu sauver à peine 10 % de ce qu’il m’a confié », explique Ananias Léki Dago, qui a entrepris un long et fastidieux travail de restauration qui a fini par payer. En effet, le musée du Quai Branly, alerté par Ananias Léki Dago lui-même sur la nécessité de sauver ce patrimoine ivoirien, a fait produire le tirage de 34 photographies qu’il a acquises fin avril.

    
Extrait d’un roman-photo.
Crédits : Paul Kodjo


« Un témoignage historique et social précieux »
Formé à Abidjan et à Paris, l’ancien correspondant en France du quotidien gouvernemental Fraternité Matin a fondé sa propre agence une fois de retour au pays natal, en 1970. Titulaire d’une carte de presse, il suit le président Félix Houphouët-Boigny dans ses déplacements officiels dans un pays qui connaît des années fastes grâce au cacao, mais aussi à l’international. Il assiste aux dîners mondains, aux soirées dansantes qui rythment la nuit abidjanaise.

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A l’instar de Malick Sidibé, qui arpente les fêtes de Bamako, de Philippe Koudjina Ayi à Niamey ou de Jean Depara à Kinshasa, Paul Kodjo immortalise une jeunesse qui profite d’une indépendance conquise il y a peu. « On découvre un pays, des ambiances différentes de celles du Mali photographié par Malick Sidibé, explique Ananias Léki Dago. Il y a plus de liberté dans les tenues des femmes, dans les attitudes des couples, dans la manière de danser et de tenir sa partenaire… Paul Kodjo nous offre là un témoignage historique et social précieux. »

    
Georges Pompidou et Félix Houphouët-Boigny en 1971, en Côte d’Ivoire.
Crédits : Paul Kodjo


Mais la grande originalité de l’approche de Paul Kodjo vient de son regard cinématographique – il a suivi des études au Conservatoire indépendant du cinéma français –, qu’il exerce avec finesse dans une série de clichés qu’il réalise pour les romans-photos de l’hebdomadaire Ivoire Dimanche. C’est ce qui a notamment intéressé Christine Barthe, responsable des collections photographiques au musée du Quai Branly : 
« Ce sont des photographies très construites, très conventionnelles puisqu’elles doivent correspondre à des images de romans-photos. On y reconnaît des attitudes typiques de discussion, de dispute… Mais ce qui est original, c’est cet autre regard sur l’Afrique, que l’on ne retrouve pas dans les photographies de studio, puisque ces images sont souvent réalisées en extérieur, en ville. C’est un témoignage extraordinaire de ce qu’était Abidjan dans les années 1970 ; que l’on doit à Paul Kodjo, bien sûr, mais aussi à Ananias Léki Dago, sans qui ce projet n’aurait jamais pu aboutir. »





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Noires ou métisses, les comédiennes disent regretter d’être souvent cantonnées à des rôles caricaturaux.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.
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édition abonné


« Le risque majeur qui pèse sur le cinéma français est qu’il perde le contrôle de son propre avenir »

L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h34
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, cofondateur de l’ObSoCo (L’Observatoire société et consommation))







                        



                                


                            
Tribune. L’étude réalisée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) pour Unifrance sur la manière dont la filière française du cinéma perçoit son avenir à dix ans révèle bien un microcosme convaincu de traverser un épisode de mutation. Mais si le rôle du numérique est clairement identifié, les personnes interrogées peinent toutefois à se prêter au jeu des anticipations, et les visions de ce que pourrait être la filière du cinéma en 2027 paraissent marquées d’un conservatisme teinté d’optimisme.
Cet optimisme est visible à deux niveaux, qui constituent des nœuds de l’économie de la filière. Tout d’abord, le marché, que 61 % des répondants anticipent en croissance à l’échelle mondiale. Les débouchés promis par les pays émergents nourrissent cet élan d’optimisme, mais les prévisions sont à peine moins favorables concernant le marché français.

Or, si le cinéma français a plutôt bien traversé les crises antérieures, ce n’est pas le cas de tous les cinémas nationaux. Cette exception française tient pour beaucoup à un cadre institutionnel original dont découle une régulation efficace et protectrice. Mais aujourd’hui, la question centrale est celle de la capacité de ce système à s’adapter à une nouvelle donne sans compromettre les grands équilibres qui président au bon fonctionnement de la filière.
Myopie
Or, la révolution numérique en cours menace le système de financement. A commencer par la télévision, dont les répondants anticipent clairement le recul de la capacité contributive. Les professionnels sont beaucoup plus optimistes quant à l’avenir de la salle. Mais ne sont-ils pas victimes d’une myopie entretenue par une croyance profondément ancrée : rien ne remplacera jamais l’émotion qui naît de la vision d’un film en salle. Et pourtant, comment ne pas voir que le succès des nouveaux supports s’appuie non pas sur « le film de cinéma » mais sur d’autres formats, en particulier les séries, qui explorent d’autres modes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Au 71e Festival de Cannes, la compétition entre dans son ultime ligne droite avec deux des quatre derniers films en lice, signés Nadine Labaki et Yann Gonzalez.
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La gazette de la Croisette : un duel franco-libanais, le combat de Cédric Herrou et un premier palmarès

Au 71e Festival de Cannes, la compétition entre dans son ultime ligne droite avec deux des quatre derniers films en lice, signés Nadine Labaki et Yann Gonzalez.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h21
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Ce jeudi 17 mai, neuvième et avant-dernier jour de la compétition cannoise, est marqué par l’entrée en lice de la dernière des trois réalisatrices sélectionnées cette année pour tenter de décrocher la Palme d’or (avec Eva Husson et Alice Rohrwacher) : la Libanaise Nadine Labaki avec son film Capharnaüm, mettant en scène un petit garçon de 12 ans qui se rebelle contre la vie de misère qu’on tente de lui imposer et intente un procès à ses parents pour l’avoir fait naître dans ce monde. En 2004, elle a participé à la Résidence du Festival de Cannes pour l’écriture de son premier long-métrage Caramel, qu’elle a tourné deux ans plus tard. Ce dernier a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2007 et vendu dans le monde entier. Nadine Labaki est revenue à Cannes en 2011 avec Et maintenant on va où ?, sélectionné dans la section Un certain regard. Il s’agit de sa première participation à la compétition.

   


Face à elle, le réalisateur français Yann Gonzalez, présente Un couteau dans le cœur, avec Vanessa Paradis dans le rôle-titre. Cette dernière y incarne une productrice de pornos gays, dans les années 1970-1980 à Paris, confrontée à un tueur masqué qui massacre les acteurs de son film en cours de tournage. Il s’agit également pour Yann Gonzalez d’une première participation à la compétition, il a par ailleurs été membre du jury de la Caméra d’or (qui récompense un premier film projeté à Cannes toutes sélections confondues) en 2015.

DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
En cet avant-dernier jour de la compétition, un premier palmarès a déjà été dévoilé, celui de la Semaine de la critique, l’une des deux principales sections parallèles du Festival de Cannes avec la Quinzaine des réalisateurs. Notre critique Clarisse Fabre détaille ce palmarès qui a primé plusieurs films que la rédaction du Monde a appréciés : Diamantino, Sauvage, Woman at War, etc.

Dans la section Un certain regard, Jacques Mandelbaum a remarqué le polar du cinéaste chinois Bi Gan, Un grand voyage vers la nuit, et Véronique Cauhapé le deuxième long-métrage en tant que réalisatrice de l’actrice italienne Valeria Golino, Euforia.

Enfin, à la Quinzaine des réalisateurs, Mathieu Macheret a repéré Miraï, ma petite sœur, un film d’animation de Mamoru Hosoda, fer de lance d’une nouvelle génération d’animateurs japonais dans la lignée d’Isao Takahata et Hayao Miyazaki.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
La question des réfugiés s’invitera sur la Croisette avec la projection à 19 h 15 en séance spéciale hors compétition de Libre, un documentaire consacré par Michel Toesca à Cédric Herrou, un agriculteur de la vallée de la Roya dans le sud de la France, considéré comme hors la loi et traîné en justice pour avoir accueilli des migrants et les avoir aidés à déposer une demande d’asile.

        Lire le récit de la venue de Michel Toesca à Cannes en mai 2017 :
         

          Vendredi, ou la vie politique sauvage de la Croisette





        Lire la gazette de la Croisette (16 mai) :
         

          Des chiens, un chat, Whitney Houston et John Travolta






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le film à succès de Luca Guadagnino, qui a pour cadre cette région du nord de l’Italie, a eu pour effet d’y attirer un nombre croissant de visiteurs. Il est même devenu un argument pour les acteurs du tourisme local.
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La Lombardie plebiscitée pour son rôle dans « Call Me by Your Name »


                      Le film à succès de Luca Guadagnino, qui a pour cadre cette région du nord de l’Italie, a eu pour effet d’y attirer un nombre croissant de visiteurs. Il est même devenu un argument pour les acteurs du tourisme local.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h15
    |

                            Marie Godfrain








   


Pour une fois, Ilan Marciano a attendu la fin du générique pour quitter la salle de cinéma. « Deux heures durant, j’ai été subjugué par le cadre et l’atmosphère enchanteurs de Call Me by Your Name. Le film m’a fait l’effet d’une révélation car je cherchais une destination où partir en vacances. J’ai donc lu tout le générique de fin pour découvrir que la Lombardie était partenaire du long-métrage et avait servi de lieu de tournage. » Cet été, ce jeune Français, qui travaille dans l’industrie du luxe, partira donc dans cette région du nord de l’Italie, délaissant la Grèce où il a ses habitudes.
Une image bucolique
L’office du tourisme de Lombardie espère capitaliser sur le succès public de cette romance filmée par Luca Guadagnino (au moins 325 000 entrées en France depuis sa sortie le 28 février). Tourné en plein été, dans un décor bucolique, intemporel, légèrement vintage – l’action du film se situe en 1983 –, à la fois intellectuel et romantique, Call Me by Your Name fait couler des flots de vin et de beaux discours, entre une fête de village et la découverte d’une statue antique au fond du lac de Garde. Un très long clip promotionnel pour cette région d’Italie, moins touristique que d’autres. Explora, l’organisme en charge d’y attirer les visiteurs, a vite compris l’intérêt que représentait le film, d’autant qu’il avait plutôt séduit des spectateurs au profil CSP +. « Il aborde des lieux et des thèmes qui peuvent servir de base à un plan de promotion », explique-t-on chez Explora. Dès la mi-avril, un voyage à destination des journalistes européens était organisé sur les pas de Call Me by Your Name, entre Crema, Crémone et Bergame…
« Après la sortie du film, nous avons noté une augmentation de 5 % des consultations sur cette région par les voyageurs français par rapport à l’année précédente. » Bernie Torres, porte-parole de TripAdvisor
Mais les touristes n’ont pas attendu cette campagne pour se pencher sur cette région à l’image plutôt industrieuse. Airbnb note que, pour le week-end du 21 avril, il y avait 2,5 fois plus de voyageurs dans ses demeures lombardes que le même week-end l’an passé. Même si la plate-forme n’a pas la preuve d’un lien direct, la hausse intrigue. D’autant que ce regain d’intérêt se manifeste aussi sur TripAdvisor. Selon Bernie Torres, porte-parole pour la France du site qui recueille des avis sur les destinations du monde entier, « à la suite de la sortie du film en salle, nous avons noté une augmentation de 5 % des consultations des pages sur cette région par les voyageurs français en mars 2018 par rapport à mars 2017 ».

Si la région n’a pas encore pu analyser les statistiques de réservations pour cet été, elle évoque une série de « signaux faibles ». Par exemple, les différents points d’information du territoire sont régulièrement questionnés sur les lieux de tournage. « Le film a mis l’accent sur cette Italie que l’on a envie que les gens découvrent, celle de villes d’art méconnues », explique-t-on chez Explora. « J’espère retrouver cette atmosphère apaisante, les ruelles de nuit, les balades à vélo, même si pour le moment je suis un peu déçu par les locations que j’ai trouvées, pas vraiment dans le style ocre décrépi montré par le film », nuance Ilan Marciano. À moins d’acquérir la villa du XVIIe siècle, lieu de villégiature de la famille Perlman à l’écran, qui est en vente pour 1,7 million d’euros…

   


La Lombardie peut compter sur un certain nombre de précédents culturels qui ont récemment bénéficié à d’autres sites italiens. En Campanie, Naples a, par exemple, connu un essor de son tourisme ces derniers mois grâce à la saga littéraire d’Elena Ferrante, L’Amie prodigieuse. En Lombardie, la villa Necchi, chef-d’œuvre de l’architecture rationaliste milanaise, a elle aussi été magnifiée par le metteur en scène de Call Me by Your Name, Luca Guadagnino, qui y avait tourné des scènes d’Amore en 2009. « Ce film a représenté une opportunité pour notre villa, qui a ouvert ses portes au public juste après la diffusion du film. Il en a livré une image esthétisante à la Visconti à un public d’esthètes qui, avant de réserver sa visite, s’assure qu’il s’agit bien du lieu de tournage du long-métrage », raconte Giulia Facchini, responsable des expositions à la villa. De quoi détourner, un peu, le flot de touristes de la Toscane ?

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                « Call Me by Your Name » : entre ombre et secret, l’été amoureux de deux garçons






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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ « La Guide de voyage Paris » permet de découvrir la capitale sous l’angle des femmes qui y ont vécu… Et qui y sont si peu visibles.
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Un guide de voyage pour promouvoir le « matrimoine » parisien

« La Guide de voyage Paris » permet de découvrir la capitale sous l’angle des femmes qui y ont vécu… Et qui y sont si peu visibles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 13h52
    |

                            Adrien Naselli








                        



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Un mardi matin, dans le métro bondé, une touriste recroquevillée sur son strapontin écorne un vieux guide de Paris aux pages jaunies par le temps. Il y est question de monuments, d’histoire, de grands hommes… Cette vision nous accompagne sur le chemin de notre rendez-vous avec Charlotte Soulary, auteure de La Guide de voyage Paris et lauréate du Prix de l’action culturelle dans le cadre des prix de l’innovation urbaine décernés par Le Monde. Son guide, publié grâce à un appel à financement réussi (9 000 euros récoltés sur 5 000 visés), nous propose de redécouvrir Paris à la lumière du « matrimoine », terme qui désigne « la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres » pour reprendre les mots de la conseillère de Paris Joëlle Morel. En 2015, une version alternative aux vénérables journées européennes du patrimoine était lancée par l’association HF Ile-de-France : les journées du matrimoine. Pourtant, malgré le vote en Conseil de Paris, en novembre 2017, d’un vœu de rebaptiser ces journées en « matrimoine et patrimoine », l’expression ne sera pas reprise pour la 35e édition, les 15 et 16 septembre 2018.
Femmes allégories
« Rendez-vous sur la terrasse Emilienne-Moreau-Evrard », écrivait Charlotte Soulary dans un texto. Un peu honteux de ne pas la connaître, ni de savoir où elle se trouve, on cherche sur Google Maps : rien. Aucune trace de cet endroit. Après quelques moments d’errance, nous finissons par retrouver Charlotte Soulary dans un coin de la place de la République, au pied d’un lampadaire orné d’une plaque au nom de la résistante, l’une des six femmes qui figurent parmi… les mille trente-huit Compagnons de la Libération. « C’est l’exemple parfait de l’invisibilisation des femmes dans l’espace public, dit Charlotte Soulary, pas mécontente de son effet. La mairie de Paris a beau faire des efforts pour donner le nom de femmes à des places et à des rues, le fait est qu’il n’y a plus assez d’espace pour les accueillir. On se retrouve donc avec des tiers-lieux comme celui-ci. » La terrasse Moreau-Evrard fut inaugurée lors de la rénovation de la place de la République, en 2013. Certaines applications ont mal orthographié le nom de famille d’Emilienne Moreau-Evrard. « Je ne sais pas à qui faire remonter l’information », dit Charlotte Soulary, désabusée.

   


Au beau milieu de la place trône la statue de dix mètres de haut d’une femme : la célèbre Marianne. « C’est une allégorie, pas une vraie femme, tranche Charlotte Soulary. La plupart des statues de femme qu’on croise à Paris ne représentent pas des personnages réels. Le pire dans tout ça, c’est qu’elles ont été installées durant la IIIe République, à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote. » Ce sont donc ces messieurs qui décidaient s’ils voulaient voir une Marianne belliqueuse et sauvage — le sein nu du tableau de Delacroix — ou une Marianne austère et bourgeoise, comme celle de la place de la République parisienne. A ses pieds, trois allégories de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité surveillent les environs. « C’est ironique de voir que la Fraternité est représentée sous les traits d’une mère », fait remarquer Charlotte Soulary. Deux bambins se cachent en effet dans ses jupons. L’exemple est encore plus criant sur la façade de l’hôtel de ville de Paris, où ne sont représentés que des hommes ayant existé, les seules figures féminines étant des allégories des sciences et des arts.
Charlotte Soulary poursuit sa démonstration en prenant la direction du quartier de Belleville, où nous croisons une statue de grisette. « Encore une fois, il s’agit d’une figure et non pas d’une personne réelle. La grisette est une vendeuse de rue, une femme du Paris ouvrier qui exerce des petits métiers. Elle est l’exemple même du discours porté par des hommes sur des femmes : de Balzac aux journalistes, ils se sont amusés à rassembler sous ce terme des femmes pauvres de 16 à 30 ans, qui entretenaient plusieurs relations amoureuses, et qu’on dédaignait un peu. » A Paris, moins d’une statue représentant un personnage réel sur dix est consacrée à une femme.

   


Aux grandes femmes, la patrie reconnaissante ?
Direction le musée Edith-Piaf, sis dans l’étroite rue Crespin-du-Gast, « qui n’est pas mis en avant dans la plupart des guides. » Les guides opéreraient, selon Charlotte Soulary, une hiérarchie des informations qui exclut les femmes, même les plus célèbres, telle l’interprète de La Vie en rose, et « même lorsqu’ils parlent de lieux ultratouristiques comme le jardin du Luxembourg : qui sait qu’il a été construit à l’initiative de Marie de Médicis ? Ou que la station Barbès-Rochechouart porte le nom d’une femme ? » Marguerite de Rochechouart de Montpipeau est une religieuse érudite française, nous apprend La Guide de voyage Paris, « 43e abbesse de l’abbaye de Montmartre, qu’elle dirige de 1713 à sa mort, en 1727 ». Deux autres stations de métro seulement portent le nom d’une femme : Louise-Michel, sur la ligne 3, et Pierre-et-Marie-Curie, sur la ligne 7. La ligne 3b du tram, reliant la porte de Vincennes à la porte de la Chapelle, inaugurée en 2012, a tenté de combler le manque en ne baptisant ses stations que de noms de femmes, comme Rosa Parks ou Delphine Seyrig.
Au milieu de ses explications, Charlotte Soulary s’arrête brutalement. Le nez en l’air et les sourcils froncés, elle déchiffre une plaque inconnue portant le nom d’une femme et qui dit : « Allée Zabel-Essayan, 1878-1943, femme de lettres arménienne, militante des droits humains. » Après une recherche fiévreuse sur son smartphone, elle nous explique, rassurée, que la plaque n’a été inaugurée que quelques semaines plus tôt, lors de la journée internationale des droits des femmes. Mais sa place — une partie du terre-plein central du boulevard de Ménilmontant — la condamne d’avance à une existence plus qu’anecdotique dans la vie des Parisiens.

   


Charlotte Soulary termine la promenade au célèbre cimetière du Père-Lachaise — renommé Mère-Lachaise par une guide parisienne, dont on trouve les coordonnées dans La Guide… — afin de visiter d’autres sépultures que celles de Jim Morrison, de Marcel Proust ou d’Oscar Wilde. Elle nous entraîne sur la tombe d’Hubertine Auclert, totalement éclipsée par celle d’Honoré de Balzac, qu’une foule de touristes ausculte dans la quiétude de ce matin printanier. Personne ne prête attention à la célèbre journaliste et suffragette, qui fait face à l’écrivain, l’une des premières femmes à s’être battues pour obtenir le droit de vote.

   


Plus loin dans les méandres du cimetière, Charlotte Soulary nous arrête devant le tombeau de Gertrude Stein, l’écrivaine et collectionneuse qui contribua à faire connaître Picasso ou Matisse avec l’aide de sa compagne, Alice B. Tolkas. Mais alors que les amoureux rejoignent traditionnellement leurs défunts époux ou épouses au cimetière, le nom d’Alice Tolkas, morte en 1967, vingt et un ans après sa bien-aimée, n’apparaît que… derrière la pierre tombale. Une manière de la faire disparaître de l’histoire, « les deux femmes connaissant la double peine d’être femmes et lesbiennes ».
On croise enfin le chemin de l’actrice Sarah Bernhardt, dont le Théâtre de la Ville portait le nom avant l’occupation allemande. « J’espère que la mairie de Paris aura la bonne idée de lui rendre son nom originel ! », fulmine Charlotte Soulary. Dans le même registre, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a annoncé en avril que la station de métro Europe se verrait enrichie du nom de Simone Veil, morte le 30 juin 2017. Ce sera désormais la station Europe-Simone-Veil. Pour Charlotte Soulary, cette mesure n’est pas suffisante. « Il faut carrément renommer la place de l’Europe ! Ou celle de la Nation ! Que l’une d’elles devienne la place Simone-Veil ! finit-elle par lâcher. On ne s’en sortira pas avec des demi-mesures. Les gens s’habitueront ! »
Changer les repères
L’aventure de La Guide de voyage a commencé en février 2017 par un site collaboratif sur lequel des blogueuses racontent les initiatives et les histoires des femmes dans leurs villes respectives. L’idée est de fournir des outils aux personnes qui veulent voyager de manière différente, « de la même façon qu’il existe des blogs pour orienter les personnes LGBT qui le souhaitent lorsqu’elles voyagent, explique Charlotte Soulary. Quand je vivais aux Etats-Unis, je me suis posé la question de la société que me présentaient les guides de voyage, saturés de noms masculins. Ils sont tout simplement le reflet de la culture mainstream et de l’histoire patriarcale. » Après dix ans de militantisme, dont plusieurs à Osez le féminisme ! et quelques signes de fatigue, elle avait réussi à convaincre ses camarades et des voyageuses de « contribuer à changer les repères, plutôt que d’être sans cesse dans la dénonciation. C’est une façon positive de militer ».
Encouragée par le succès de La Guide, que certaines librairies parisiennes exposent près des caisses pour la faire connaître, Charlotte Soulary entrevoit désormais une tâche infinie : « On pourrait écrire une guide pour chaque grande ville du monde… »
La Guide de voyage Paris, une nouvelle carte du monde. En librairie. 15 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Mobilisés contre le texte, ils s’inquiètent notamment de l’état de dégradation du logement en France.
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Loi ELAN : les architectes ruent dans les brancards

Mobilisés contre le texte, ils s’inquiètent notamment de l’état de dégradation du logement en France.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h43
    |

            Isabelle Regnier








                        



                                


                            

Trois mois que les architectes regimbent, signent des pétitions à tour de bras et autres lettres au premier ministre et au président de la République. Farouchement opposés à la loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), dont ils redoutent les conséquences en matière de qualité architecturale et sur le cadre de vie, ils ont rallié à leur cause nombre d’élus, de bailleurs sociaux, de maîtres d’ouvrage, d’associations pour le droit au logement ou la défense des personnes handicapées…

Ils ont été reçus à l’Elysée, entendus le 18 avril par la commission culture du Sénat, mais aucune garantie ne leur a été donnée. Ils organisaient donc, jeudi 17 mai, une journée de mobilisation nationale qui prévoyait tables rondes, visites de logement et prises de parole publiques sur tout le territoire.
Présentée le 4 avril en conseil des ministres pour créer un « choc d’offre » dans la construction de logement, la loi ELAN sera soumise aux parlementaires dans le cadre d’une procédure d’urgence à partir de la fin du mois de mai.
Sous sa forme actuelle, elle libère le secteur du logement social de l’obligation de concours architectural, dispense les maîtres d’ouvrage de certaines obligations de la loi MOP de 1985 qui régit leurs rapports avec les maîtres d’œuvre, rend consultatif – et non plus contraignant – l’avis des architectes des bâtiments de France (ABF)… « C’est “open bar” pour que les bailleurs sociaux fassent comme les promoteurs, résume Christine Leconte, présidente de l’ordre des architectes d’Ile-de-France. Le risque de voir les architectes disparaître du chantier, comme c’est déjà largement le cas dans le secteur privé, est réel. »

La mobilisation dépasse le cadre corporatiste
La loi ELAN intervient dans un contexte de réduction continue de la commande aux architectes. Selon l’étude Archigraphie 3 du conseil national de l’ordre des architectes (CNOA), qui...




                        

                        


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Cannes 2018 : « Burning », la brûlure de l’imaginaire

En compétition, le cinéaste coréen Lee Chang-dong met en scène l’apprentissage douloureux d’un écrivain.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h21
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
C’est un étrange phénomène qui frappe la compétition cannoise. Les femmes foulent le tapis rouge en masse, le rang du jury qui attribuera la Palme d’or compte une majorité de jurées, dans les salles de conférence, on réfléchit sur les moyens d’atteindre la parité entre genres en matière de subventions. Et, à l’écran, les femmes disparaissent. Il y eut d’abord la jeune actrice iranienne de Trois visages, puis la beauté californienne d’Under the Silver Lake. Voici enfin Haemi (Jun Jong-seo), qui danse à la porte des ­solderies de Séoul pour attirer le chaland et se payer des cours de mime. C’est elle qu’escamote Lee Chang-dong dans Burning, projeté mercredi 16 mai. C’est à sa recherche que se lance Jongsu (Yoo Ah-in), fils d’éleveur de vaches, aspirant écrivain, figure centrale de ce beau récit d’apprentissage qui court pendant deux heures vingt-huit sur la frontière entre la réalité et l’illusion. On y retrouvera l’intensité et la gravité que l’on ­connaît à l’auteur de Poetry. S’y mêlent cette fois une fantaisie, un humour, dont il faut peut-être chercher l’origine du côté d’Haruki Murakami, auteur de la nouvelle dont est inspiré le scénario.
Située au Japon, très courte (bien plus que le scénario de Burning), celle-ci s’appelait Les Granges brûlées et a été publiée en France, en 1998, dans le recueil L’éléphant s’évapore (réédité chez Belfond). Lee Chang-dong a transformé les granges nippones en serres, ces demi-cylindres tendus de plastique jonchant la campagne coréenne. Lors d’une conversation qui sert de pivot au film, Ben (Steven Yeun) apprend à Jongsu qu’il a pour hobby d’incendier une de ces structures tous les deux mois.
« Le monde est pour moi un mystère »
Ben est un garçon à la beauté étrangement impersonnelle qui a ravi Haemi à l’affection de Jongsu, dont il est l’aîné d’une dizaine d’années. La jeune fille a rencontré son nouvel amant lors d’un voyage dans le désert de Kalahari. Lorsque Jongsu est allé l’attendre à l’aéroport, elle a débarqué au bras de Ben. Le beau gosse, qui roule en Porsche et habite à Gangnam (le quartier huppé chanté par Psy), tolère tout à fait la présence de son cadet. Celui-ci, qui vient de finir ses études, partage son temps entre Séoul, où il est livreur, et Paju, où il doit s’occuper de la ferme que son père a laissée à l’abandon après son arrestation.
Quand Haemi disparaît, Jongsu la cherche autant parce qu’il l’aime que parce qu’il veut donner un sens à leurs existences
Lee Chang-dong, qui n’avait pas tourné depuis Poetry, Prix du scénario à Cannes, en 2010, déploie tous ces éléments avec une science du rythme qui donne à ces éléments triviaux une ampleur dont on prend progressivement conscience. Jongsu apparaît d’abord comme un garçon pas très bien dégrossi, mais une série d’échanges, avec Haemi, avec l’avocat qui tente de défendre son père, incarcéré après une altercation avec un policier, le transforme insensiblement en pèlerin lancé dans une quête dont le but reste obscur : « Le monde est pour moi un mystère », avoue-t-il à un groupe d’amis très chics de Ben.

   


A la révélation de la pyromanie de Ben, il répond par une enquête serrée dans la campagne entourant sa ferme, puisque son ami lui a dit que la prochaine serre brûlée le serait aux abords de celle-ci. Et quand Haemi disparaît du jour au lendemain, au moment même où devait flamber la serre, Jongsu la cherche autant parce qu’il l’aime que parce qu’il veut donner un sens à leurs existences.
Imaginaire et idéal
Commencé dans une lumière automnale, le film s’enfonce dans l’hiver. Pour retrouver Haemi, Jongsu ne dispose que des bribes de récit qu’elle a laissé échapper pendant leur brève liaison. La jeune fille l’a d’abord impressionné en mimant l’épluchage et la consommation d’une mandarine. Cette scène charmante est la matrice du film : la mandarine n’existe que parce que Haemi en a décidé ainsi et qu’elle est douée d’assez de talent pour faire admettre cette décision à ceux qui l’entourent. Haemi est une artiste. Jongsu ne l’est pas encore et, en même temps qu’il cherche son amie disparue, il lui faut décider du récit de sa disparition, devenir un auteur de fiction. Une fiction assez proche de la réalité pour ne pas nier celle-ci, assez nourrie d’imaginaire et d’idéal pour donner un sens aux faits.
Pour Lee Chang-dong, homme politique (il a été ministre de la culture de son pays, avant d’être placé sur la liste noire des personnalités culturelles, établie par le régime de la présidente Park, récemment chassée du pouvoir), ces faits ont pour nom chômage des jeunes, division de la Corée (la ferme de Jongsu est située sur le 38e parallèle). Leur brutalité, tout comme celle de la lumière hivernale qui, peu à peu, envahit Burning, jusqu’à sa conclusion brutale et virtuose, ne contredit pas la nécessité de la dimension imaginaire ; elle la conforte.

Film coréen de Lee Chang-dong. Avec Yoo Ah-in, Jun Jong-seo, Steven Yeun (2 h 28). Sortie en salle le 29 août. Sur le Web : diaphana.fr/film/burning



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La dessinatrice Fujita met au centre de son histoire des personnages japonais passionnés de pop culture qui souffrent encore parfois d’une mauvaise réputation dans les mangas.
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« Otaku otaku » : le manga qui parle des geeks japonais avec tendresse

La dessinatrice Fujita met au centre de son histoire des personnages japonais passionnés de pop culture qui souffrent encore parfois d’une mauvaise réputation dans les mangas.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h01
    |

            Pauline Croquet








                        



   


A l’instar des anglicismes « nerd », « no-life » ou « geek », l’expression japonaise « otaku » désigne des personnes passionnées (omnubilées diront certains) par des œuvres de fiction et de pop culture et qui passent le plus clair de leur temps chez elles. Souvent représentés dans l’imaginaire comme des asociaux pros de l’informatique et incapables de parler d’autre chose que de jeu vidéo ou de BD, les geeks ont fini par se tailler eux-mêmes une place de choix dans les séries et les films, à tel point que certains nerds des expressions langagières parviennent à saisir la nuance entre les trois labels.
En même temps que ces expressions et leurs représentants gagnaient en popularité, le terme « otaku », lui, conservait quelque connotation négative. En Occident, où certains fans de mangas, animes et autres œuvres venues du Japon se proclament « otaku » pour se distinguer des fans de pop culture anglo-saxonne, d’autres préfèrent bannir l’expression. Parce que les personnages otaku restent en grande majorité dépeints péjorativement dans les mangas où ils sont parfois représentés comme des parasites ou des inadaptés sociaux. Pourtant, « le phénomène otaku ne relève plus aujourd’hui de la marginalité »,  constatait-on déjà il y a dix ans dans les colonnes du Monde.

   


Tandis qu’il est souvent cantonné à un rôle de figurant masculin, la dessinatrice Fujita lui rend au contraire hommage dans son manga, plébiscité par sa communauté en ligne avant d’être publié au Japon en 2015 par l’éditeur Ichijinsha. Cette mauvaise image de l’otaku est d’ailleurs au centre de l’histoire. Narumi est une fan de mangas mettant en scène des histoires d’amour entre hommes, et Hirotaka est passionné de jeux vidéo. Amis d’enfance, ils se retrouvent par hasard, à 26 ans, à travailler dans la même entreprise. Si Hirotaka se fiche de l’avis des autres, Narumi tait sa passion pour ne pas paraître bizarre et ne pas faire fuir ses prétendants. Aux côtés de quelques collègues et confidents, les deux amis vont nouer une relation sentimentale inopinée laissant également les lecteurs s’attacher peu à peu aux personnages.

   


Découpé en saynètes pouvant parfois un peu désorienter le lecteur, ce manga est à la fois une BD sociétale réussie et un concentré de références de pop culture japonaise allant d’Evangelion à Pokémon. A travers une traduction universelle et des notes explicatives, l’éditeur français Kana a également pris soin de ne pas en faire un ouvrage pour initiés. Les dialogues entre femmes et hommes y sont sincères, réalistes et décomplexés, chose encore assez rare dans les mangas sentimentaux. Jeunes actifs, les héros oscillent entre une vie de bureau banale et une vie privée rythmée par les sorties dans les bars et les conventions consacrées à leurs passions. En ne chosifiant aucun des personnages, la mangaka Fujita réussit également à adresser sa série à un public masculin comme féminin.
Otaku otaku, de Fujita, tome 1 sorti le 20 avril, éditions Kana, 128 pages, 5,95 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Dans la section Un certain regard, Valeria Golino suit avec une tendresse infinie deux frères, dont la maladie de l’un les conduit à se rapprocher.
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Cannes 2018 : « Euforia », le bonheur d’être deux

Dans la section Un certain regard, Valeria Golino suit avec une tendresse infinie deux frères, dont la maladie de l’un les conduit à se rapprocher.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h50
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Sélection officielle – Un certain regard
En 2013, Valeria Golino, ­actrice de plus de soixante-dix rôles, passait réalisatrice avec un premier film, Miele, qui fut présenté à Cannes : l’histoire d’une jeune femme qui aidait, dans le secret, des malades à mourir. En 2018, l’Italienne revient au Festival pour son deuxième long-métrage, Euforia, sélectionné dans Un certain regard, la même catégorie que le précédent. Le récit, cette fois, de deux frères aux personnalités très différentes, que la maladie de l’un va conduire à se rapprocher et à mieux se connaître.
C’est dire si la mort apporte son ciment aux débuts derrière la ­caméra de Valeria Golino. Il ne faut cependant pas s’y méprendre. Le thème, si grave soit-il, ne sert pas de ferment à une quelconque tristesse larmoyante. Il est, au contraire, le prétexte à une accélération de la vie, dans ce qu’elle peut contenir de meilleur. Elle met en scène, dans Miele et Euforia, cette urgence à laquelle oblige la fin proche.

   


Matteo (Riccardo Scamarcio) et Ettore (Valerio Mastandrea) en font l’expérience, qui sont amenés à se retrouver après des années gâchées à s’éloigner l’un de l’autre. Et pour cause. Enfant de la dolce vita, Matteo vit à Rome, où, devenu entrepreneur à succès, il se dépense sans compter dans les fêtes, le sexe, l’alcool et la cocaïne. Ettore, lui, professeur de collège, n’a jamais quitté la petite ville de province où ils sont nés. Le premier est aussi flambeur et hâbleur que le second est modeste et discret. Pourtant, quand Matteo apprend qu’Ettore est atteint d’une tumeur au cerveau, il n’hésite pas à l’héberger, mettant tout en œuvre pour cacher à son frère et à toute la famille la gravité de la situation : Ettore n’a plus que quelques mois à vivre.

Choc des cultures
L’arrivée de ce dernier dans le grand appartement de Matteo – design dernier cri, tableaux et objets d’art, équipement haute technologie – indique qu’il y a choc des cultures, la silhouette pudique et prudente d’Ettore semblant passer comme une ombre dans ce décor aux murs d’une blancheur immaculée. Un cadre luxueux dont le pendant austère nous apparaîtra plus tard, dans les chambres et les salles d’examen de l’hôpital où la haute technologie aura pour usage, non plus la mise en route de jeux vidéo, mais la détection des cancers. Ettore y aura toujours l’air d’une ombre.

Héritiers d’une enfance complice, Matteo et Ettore finissent par s’abandonner aux confidences, partager des rires, partir en escapade
Quand son frère arrive, Matteo demeure fidèle à ce qu’il est, décide de tout, prend en charge les affaires courantes. L’autre rechigne, veut qu’on lui foute la paix. Héritiers d’une enfance complice dont ils gardent le souvenir, les frangins finissent cependant par s’abandonner aux confidences, partager des rires, partir en escapade. Chacun essayant d’entrer dans l’univers de l’autre, avec ­maladresse ou de manière fallacieuse. Ettore en s’achetant une montre hors de prix sur l’argent de Matteo. Matteo en ingérant des médicaments prescrits à Ettore ou en se faisant opérer des… mollets (qu’ils jugent trop fins). Ces tentatives de rapprochement modulent le ton du film, produisent une variété d’inflexions qui, si diverses soient-elles, demeurent dans une légèreté égale, tant dans l’émotion que dans la drôlerie.

   


Ce pas de deux que jouent les deux personnages principaux du film, Valeria Golino le tient sans jamais lâcher ses acteurs, qu’elle escorte au plus près en plans serrés, les séparant par des champs-contrechamps ou les réunissant dans le cadre, sans jamais en juger aucun, ou préférer l’un à l’autre. Ces deux frères – sur lesquels la réalisatrice pose un regard d’une infinie tendresse, relayé par une mise en scène classique – sont inséparables. « Et si tu n’existais pas/Dis-moi pourquoi j’existerais/Pour traîner dans un monde sans toi/Sans espoir et sans regret. » La ­bande-son de la chanson fredonnée par Joe Dassin au tout début du film (et qui reviendra de façon plus cocasse ensuite) ne dit pas autre chose.

Film italien de Valeria Golino. Avec Riccardo Scamarcio, Valerio Mastandrea, Isabella Ferrari (2 heures). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.paname-distribution.com et www.festival-cannes.com/fr/festival/films/euforia



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’histoire d’un toiletteur pour chiens trafiquant à ses heures est l’occasion pour Matteo Garrone d’alerter sur les dérives populistes de son pays.
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Cannes 2018 : « Dogman », farce macabre à l’italienne

L’histoire d’un toiletteur pour chiens trafiquant à ses heures est l’occasion pour Matteo Garrone d’alerter sur les dérives populistes de son pays.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 09h29
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


Sélection officielle – en compétition
L’histoire de Marcello, toiletteur pour chiens, qui fait de la pâtée avec son ami Simoncino, abruti musculeux récemment sorti de taule. A ce stade éreintant du marathon cannois, avouons honnêtement la tentation préalable, devant un tel « pitch », de classer sans suite, au rayon petite boutique des horreurs ou mieux « Palme Dog ». Le sens du devoir aidant, on évitera cette grossière erreur. D’abord, tout métier a sa noblesse. Ensuite, le réalisateur se nomme Matteo Garrone, et peut nous sortir à tout moment un ­calibre de sa manche. On se souvient évidemment de Gomorra (2008) avec le maestro Toni Servillo, terrifiante chro­nique mafieuse adaptée du livre de Roberto Saviano, interprétée en dialecte napolitain par quelques gâchettes locales, Prix du jury ici même.

        Lire la rencontre :
         

          Marcello Fonte, une vie d’homme et de chien errant



L’avant et l’après sont certes moins connus en France. L’Etrange Monsieur Peppino (2002), pour le meilleur, et Tale of Tales (2015), pour le pire, témoignent en tout cas du tropisme napolitain de ce Romain de naissance (1968), de son goût consommé de la violence farcesque et de la monstruosité, en un mot de son appétence baroque pour une satire saignante de son si beau pays. Vieille tradition locale. Marcello toilette donc les toutous de cette ville maritime hideuse et blafarde, non identifiée mais qu’on subodore périphérique à Naples, amoncellement architectural apocalyptique, où périclitent des jardins d’enfants dévorés par la rouille. Tourbe, plomb, grisaille, misère : amoureux de l’Italie riante, passez votre chemin.
Une horreur supérieure
Or, un jour, Simoncino, récemment libéré, vient frapper à la porte de Marcello. Pas un cadeau, Simoncino. Carrure de lutteur de foire, survêtement jaune malpropre à trois bandes, gueule du type qui a plus d’une case en moins, cocaïné jusqu’à la moelle, aussi bête que brutal, définitivement insensible tant aux vertus du ­dialogue qu’à celles de l’élévation de l’esprit. Tout le contraire de Marcello, petit homme contrefait, voix de fausset, tête italienne antique, le cœur sur la main, les mots doux, amoureux des bêtes, père d’une ravissante fillette.

   


Quand Simoncino ne frappe pas à la porte de Marcello, il frappe sur tout ce qui bouge, y compris à l’occasion sur Marcello
Si Simoncino frappe à la porte de Marcello, c’est que ce dernier se livre, pour arrondir les fins de mois étiques que lui procure son activité de toiletteur canin, au trafic léger de stupéfiants. Et quand Simoncino ne frappe pas à la porte de Marcello, il frappe sur tout ce qui bouge, y compris à l’occasion sur Marcello, terrorisant la ville et entraînant ce dernier dans une spirale délinquante dont le petit homme, par fidélité, paiera les pots cassés en refusant de donner son ami et en passant un long séjour en prison à sa place. Service mal rétribué par Simoncino, sourd à tout sentiment humain autre que le rapport de force, et pour lequel ni morale, ni amitié, ni respect de la vie humaine ne tiennent.
C’est à ce moment, pour ne pas en dire plus avant sa sortie du 11 juillet, que le film bascule dans une horreur supérieure et que nous prenons quant à nous la tangente en évoquant plutôt une séquence antérieure, la toute première du film, dont il y a lieu de penser qu’elle en éclaire brutalement le propos. Intérieur de la boutique Dogman : en très gros plan, un molosse blanc musculeux, babine retroussée, crocs apparents, le corps vibrant de soubresauts, attaque de toute sa puissance le gringalet Marcello, qui s’agite comme un moucheron autour de lui pour lui faire une toilette. Sans la chaîne qui retient le chien, Marcello lui servirait indubitablement d’apéritif. Ironie de la scène, c’est tout le contraire qui se produit. A force de douceurs, de mots d’amour, et de biscuits, Marcello passe le ventilateur sur la bête qui en frétille de plaisir.
Réplique trash de Mussolini
Ce passage de la pure sauvagerie à l’espace transactionnel de la relation est d’autant plus remarquable que ce qui est vrai du chien ne l’est pas de l’homme qui, pour ainsi dire, lui succède. Croyez bien qu’on déplore le scandale de cette constatation. Mais il suffit de voir Simoncino. Or, voir Simancino, pour trancher le mot et s’excuser platement auprès d’Edoardo Pesce, c’est un peu voir, tant la ressemblance est troublante, une réplique contemporaine, lumpenprolétarisée et trash de Benito Mussolini. L’exaltation de la force, l’ordre unique qui implique la destruction d’autrui, l’abjection voyoucratique et fasciste dans toute sa splendeur. Pire encore, la contagion que l’usage aveugle de cette force finit par exercer chez tous les personnages du film.
Mais de quel pays lointain nous parle donc Matteo Garrone ? Du sien sans doute, où les deux partis vainqueurs des dernières élections législatives italiennes sont le parti populiste M5S et la Ligue d’extrême droite. Plus largement peut-être de notre continent, où l’ombre totalitaire progresse chaque jour, enrégimentant partout les Simoncino. Autant aller voir dès que possible la farce macabre de Garrone pour savoir exactement, si ça continue comme ça, ce qui nous attend.

Film italien de Matteo Garrone. Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria (1 h 42). Sortie en salle le 11 juillet. Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/dogman



                            


                        

                        


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Cannes 2018 : Marcello Fonte, une vie d’homme et de chien errant

La présence sur la Croisette de l’acteur de « Dogman », de Matteo Garrone, tient autant du réalisme le plus brut que de la fable.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 09h29
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Si les vicissitudes de la vie vous font croiser un perroquet, voltigeant autour du Vésuve, parlez-lui de Marcello Fonte. L’oiseau vous contera peut-être, avec un brin de nostalgie, l’histoire de leur amitié. Comment cet acteur efflanqué, pour mater la solitude qui l’assaillait sur le tournage de L’Intrusa (2017), de Leonardo Di Costanzo, accueillit le volatile dans sa chambre d’hôtel, après l’avoir acquis chez un animalier napolitain. Comment il ne le mettait en cage que lorsqu’ils allaient prendre le café, en terrasse. Comment enfin, au bout de deux mois de ce curieux ménage, il rendit l’oiseau à sa liberté.

Point de perroquet dans la chambre du palace cannois qu’occupe, pour quelques nuits, le comédien. Mais deux paparazzi, documentant les temps forts de son séjour pour la presse transalpine. L’animal, en l’occurrence, ce serait plutôt lui – de ceux qui peuplent les faits divers comme les contes de fées. Car la présence sur la Croisette de Marcello, qui porte le Dogman, de Matteo Garrone, sur ses frêles épaules, tient autant du réalisme le plus brut que de la fable – soit les deux mamelles de l’auteur de Gomorra (2008) et de Tale of Tales (2015).
Matteo Garrone, cinéaste : «  Son jeu, frais et minimal, absorbe les mille vies qu’il a vécues »
C’est encore le cinéaste, du reste, qui en parle le mieux : « Comme les grands ­acteurs du muet, Marcello fait passer toute une palette d’émotions d’un simple clignement d’œil, assure Garrone. Son jeu, frais et minimal, absorbe les mille vies qu’il a vécues. » Enfance dans les taudis de Reggio di Calabria, à l’extrême pointe de la Botte. Le père, paysan, cabotine à travers champs : « Papa était un ­acteur-né, jure le fiston. S’il était encore en vie, il serait à ma place sur le tapis rouge. » La mère, aujourd’hui lestée de 80 printemps, porte la culotte : « C’était l’homme de la maison. Je voulais jouer de la musique,...




                        

                        


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Cannes 2018 : « Miraï, ma petite sœur », un précis de l’enfance

A la Quinzaine, le Japonais Mamoru Hosoda évoque, en animation, les émois des premières années.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 08h51
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
La fiction traditionnelle ayant du mal à diriger les très jeunes enfants, c’est au cinéma d’animation que revient souvent la prérogative de saisir la mobilité particulière du bas âge, instinctive et pleine de grâces. L’animation japonaise s’en est fait une spécialité. Après des fleurons du genre comme Mon voisin Totoro (1988), de Hayao Miyazaki, ou Le Tombeau des lucioles (1988), d’Isao Takahata, c’est au tour de Mamoru Hosoda (Summer Wars, Le Garçon et la Bête), fer de lance d’une nouvelle génération d’animateurs, de se prêter à l’exercice avec son dernier long-métrage, au programme de la Quinzaine.
Kun, petit garçon enjoué, assiste à l’arrivée dans son foyer de Miraï (prénom qui signifie « l’avenir »), sa petite sœur, un nourrisson qui accapare désormais toute l’attention de ses parents. Dérangé et jaloux, Kun va devoir apprendre à lui faire une place. Miraï, ma petite sœur retrace ainsi le processus émotionnel qui mène dou­cement le petit garçon du rejet à l’acceptation, qui n’est autre que la création d’un lien affectif envers cette sœur importune.
Tranches de vie
La beauté du film, qui ne sort presque pas du périmètre de la maison, tient à son observation fine des gestes, attitudes et expressions de la petite enfance : descendre un escalier, faire du vélo, réclamer l’attention des adultes, piquer une grosse colère… Autant de tranches de vie qui composent un ­précis du comportement enfantin. Sentant là une forme de restriction, Hosoda a cru bon d’étayer son étude avec des passages fantasmagoriques qui complexifient inutilement la fiction.

   


Miraï n’en demeure pas moins un film émouvant, par le caractère réciproque qu’il confère à l’apprentissage. Car il ne revient pas seulement au bambin farouche d’apprendre à partager, mais aussi aux parents inexpérimentés d’assimiler leurs rôles d’éducateurs, ce qui n’a rien d’évident (notamment pour le personnage, assez rare, du père au foyer). Ici, l’enfance ne désigne pas seulement un âge, mais aussi le tâtonnement universel des premières fois.

Film d’animation japonais de Mamoru Hosoda (1 h 38). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.mirai-lefilm.com/presse et www.quinzaine-realisateurs.com/film/mirai



                            


                        

                        

