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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Une étude montre que limiter l’élévation des températures à 1,5 °C plutôt que 2 °C est un enjeu vital pour les animaux et les plantes.
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Pour la biodiversité, un demi-degré de réchauffement change tout

Une étude montre que limiter l’élévation des températures à 1,5 °C plutôt que 2 °C est un enjeu vital pour les animaux et les plantes.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h36
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Hausse du niveau des mers, submersion des côtes, canicules et sécheresses plus sévères, précipitations plus intenses… Les menaces que fait peser le changement climatique sur les sociétés humaines sont connues. Mais il met aussi en danger l’ensemble du vivant. Or, pour la faune comme pour la flore, chaque degré de réchauffement – et même chaque demi-degré – est crucial.
C’est ce que montre une étude de chercheurs britanniques et australiens, publiée jeudi 17 mai dans la revue Science. Rachel Warren (Université d’East Anglia au Royaume-Uni) et ses collègues ont pris comme point de départ les aires de répartition (ou présence) actuelles de plus de 115 000 espèces animales et végétales terrestres, dont 31 000 insectes, 8 000 oiseaux, 1 700 mammifères, 1 800 reptiles, 1 000 amphibiens et 73 000 plantes. Soit le plus vaste échantillon mondial pris en compte dans ce type d’inventaire, dont les insectes étaient jusqu’à présent exclus.
Ils ont ensuite fait tourner des modèles pour calculer le changement d’aire naturelle de chaque espèce, en fonction de différents scénarios climatiques. Une hausse plus ou moins importante des températures conduit en effet à réduire plus ou moins fortement la zone géographique où une plante ou un animal donné bénéficie de conditions adaptées à son cycle biologique et favorables à son développement.
Le sort des insectes
Les résultats sont saisissants. Dans l’hypothèse d’une poursuite des émissions mondiales de gaz à effet de serre à leur rythme actuel, amenant à un bond de 4,5 °C à la fin du siècle par rapport aux niveaux pré-industriels, vers 1850, les règnes animal et végétal verraient leur territoire naturel fondre comme peau de chagrin. Il régresserait de plus de moitié pour les deux tiers des insectes et des plantes, et pour plus de 40 % des mammifères.
Avec les baisses d’émissions auxquelles se sont engagés les Etats avant l’accord de Paris issu de la COP21 de 2015, qui mettraient la planète...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Une dizaine de squats, dont les occupants n’ont pas commencé de procédure de régularisation, doivent être détruits par les forces de l’ordre.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire veut tirer les leçons de sa présence au gouvernement au cours de l’été.
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Une fois de plus, Nicolas Hulot expose ses états d’âme

Le ministre de la transition écologique et solidaire veut tirer les leçons de sa présence au gouvernement au cours de l’été.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h47
    |

            Cédric Pietralunga, 
Manon Rescan et 
Simon Roger








                        



                                


                            

L’heure du bilan approche à grands pas pour Nicolas Hulot. Le ministre de la transition écologique et solidaire entend faire le point, cet été, sur sa capacité d’action au sein du gouvernement. « J’aurai suffisamment d’éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale », s’est justifié le militant écologiste mercredi 16 mai sur BFM-TV, à la veille de l’anniversaire de sa nomination par Edouard Philippe.
Fin octobre 2017 déjà, interrogé par Le Monde, il se donnait « un an » pour juger de son utilité. « Cet été, on aura avec le président et le premier ministre (…) un moment de vérité (…). Si je sens qu’on n’avance pas, que les conditions ne sont pas remplies, voire éventuellement qu’on régresse, à ce moment-là, j’en tirerai les leçons », a réaffirmé mercredi le ministre d’Etat, n’écartant pas l’hypothèse d’un départ.

Coup de bluff ou aveu d’impuissance ? Le numéro trois du gouvernement ne cache pas ses difficultés à peser dans les arbitrages. Malmené à l’automne 2017 sur les dossiers du glyphosate (un herbicide classé cancérigène) et des Etats généraux de l’alimentation, l’impétrant avait confié ses états d’âme à Emmanuel Macron lors d’un long dîner en tête-à-tête. Le 16 mai, il a eu droit à une nouvelle séance de câlinothérapie, auprès d’Edouard Philippe cette fois, qui l’a reçu en marge d’une réunion sur le cadrage budgétaire.
Esseulé au conseil des ministres, il a été très affecté par les rumeurs de violence sexuelle relayées en février par feu le magazine Ebdo. Depuis, sa présence est rare et sa parole, parcimonieuse. Il n’a pas participé aux déplacements du chef de l’Etat en Inde ou aux Etats-Unis, alors que les questions environnementales et climatiques figuraient en bonne place dans l’agenda de ces visites officielles.
« Remettre un coup de pression »
Nicolas Hulot « n’a pas à rougir de son bilan au ministère »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Créée aux Etats-Unis, elle vise à inciter à la production d’énergie solaire. Plusieurs acteurs français spécialisés dans les énergies renouvelables commencent à s’y intéresser.
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Le « solarcoin », une cryptomonnaie alternative 100 % solaire

Créée aux Etats-Unis, elle vise à inciter à la production d’énergie solaire. Plusieurs acteurs français spécialisés dans les énergies renouvelables commencent à s’y intéresser.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h20
    |

            Claire Legros








                        



                                


                            

Une monnaie adossée non pas au cours de la Bourse mais à celui de… l’activité solaire. L’idée a été lancée aux Etats-Unis en 2014, sur le modèle du bitcoin, par la fondation SolarCoin, soutenue par les industriels du secteur. Générée par informatique, la cryptomonnaie se veut incitative et récompense les producteurs d’énergie solaire qui en font la demande, sur la base d’un « solarcoin » pour chaque mégawattheure produit.
Partout dans le monde, les particuliers ou les entreprises disposant de panneaux photovoltaïques ont la possibilité d’ouvrir un portefeuille sur la plate-forme en ligne, où le solarcoin, parti de zéro à sa création, vaut aujourd’hui 30 centimes d’euros. Près de 10 000 installations solaires dans le monde bénéficient de solarcoins.

Garantir l’origine durable de l’électricité
A l’autre bout de la chaîne, la cryptomonnaie peut aussi servir d’outil de traçabilité pour garantir au consommateur l’origine durable de l’électricité qu’il consomme. Si elle reste peu développée en France, plusieurs acteurs s’y intéressent, comme le fournisseur français d’énergie renouvelable ekWateur, qui autorise le paiement d’électricité en solarcoins. « Avec cette monnaie, les 200 euros payés en solarcoins sur la facture vont rémunérer les 200 euros d’électricité solaire injectée dans le pot commun. C’est le flux financier qui garantit l’origine solaire de l’électricité », explique Julien Tchernia, l’un des cofondateurs d’ekWateur, dont une dizaine de clients ont choisi ce mode de paiement.
Le dispositif pourrait à terme faciliter l’autoconsommation locale, dans un système où il n’est pas possible aujourd’hui d’acheter en direct à son voisin l’électricité solaire qu’il produit. Les limites restent nombreuses : risque de spéculation, coût énergétique de la « blockchain » (une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle), avec des conséquences sur le climat… « La blockchain qui génère le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Une quarantaine de devises alternatives existent dans l’Hexagone. L’objectif : relocaliser l’économie.
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« Radis », « sol violette », « pêche » : les monnaies locales essaiment en France

Une quarantaine de devises alternatives existent dans l’Hexagone. L’objectif : relocaliser l’économie.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h10
    |

            Claire Legros








                        



                                


                            

Elles affichent, pour certaines, des noms de fruits, de fleurs ou d’insectes. L’« abeille », première monnaie locale complémentaire (MLC) lancée en France, essaime depuis 2010 à Villeneuve-sur-Lot. Le « radis » et le « sol violette » ont pris racine respectivement à Ungersheim (Alsace) et dans la métropole toulousaine (Haute-Garonne). Nées dans le terreau fertile des mouvements de l’économie sociale et solidaire (ESS) et portées par des collectifs citoyens – ou plus rarement par des collectivités –, une quarantaine de monnaies locales dessinent en France une nouvelle carte économique à l’échelle des villes.

La « pêche », lancée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en 2014, s’échange depuis le 12 mai dans les magasins parisiens partenaires. Elle s’est d’abord répandue dans plusieurs villes de la banlieue (Bagnolet, Alfortville…) avant de s’implanter dans la capitale.
Ces monnaies, complémentaires de l’euro, se présentent comme des outils de réappropriation de l’économie territoriale par les habitants. Encadrées par la loi du 31 juillet 2014, elles favorisent les entreprises locales, les circuits courts et le lien social. Le principe est partout le même : les volontaires échangent des euros contre un montant équivalent de billets locaux. Ils ne peuvent les dépenser que dans des magasins partenaires, qui vont à leur tour utiliser la monnaie chez des fournisseurs adhérents. Un dispositif qui incite à privilégier les artisans et producteurs locaux, d’autant qu’une décote de 3 à 5 % est prévue si l’on veut reconvertir ladite monnaie en euros.

Un objectif environnemental
La plupart de ces initiatives intègrent aussi dans leurs statuts un objectif environnemental. C’est le cas de l’« eusko », la plus grosse monnaie locale française, lancée au Pays basque en 2013 et qui compte aujourd’hui trois mille utilisateurs particuliers et sept cents professionnels partenaires. Le moyen de paiement visait au départ à « relocaliser l’économie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La Commission européenne propose de réduire de 30 % les émissions des poids lourds d’ici à 2030.
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Enfin une norme pour limiter le CO2 des camions

La Commission européenne propose de réduire de 30 % les émissions des poids lourds d’ici à 2030.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Contrairement aux voitures, les millions de camions qui sillonnent les routes d’Europe ne sont soumis à aucun contrôle de leurs émissions de dioxyde de carbone. Bruxelles s’apprête à corriger enfin cette anomalie : la Commission européenne doit présenter, jeudi 17 mai, une proposition législative qui vise pour la première fois à surveiller les émissions de CO2 et la consommation de carburant des poids lourds. Elle comble ainsi son retard sur les Etats-Unis, la Chine ou le Japon.
Cette norme devrait s’appliquer à partir de 2019 non seulement aux nouveaux camions mais aussi aux autocars. Son objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre du trafic routier, dont les camions sont responsables pour un quart. Selon les dernières données de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), celles-ci ont augmenté de 20 % entre 1990 et 2015, et la contribution des poids lourds continuera de croître de 10 % entre 2010 et 2030 sans réglementation.

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                Pollution de l’air : Bruxelles poursuit la France en justice



Pour respecter l’accord de Paris, l’Union européenne compte réduire ses émissions de CO2 d’au moins 40 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990. Or, elles sont reparties à la hausse en 2017 (+ 1,8 % par rapport à 2016).
Bruxelles devrait proposer de réduire les émissions de CO2 des poids lourds de l’ordre de 30 % à l’horizon 2030 et de 15 % d’ici à 2025. Un effort deux fois supérieur à ce que préconise l’Association des constructeurs européens d’automobiles (16 % d’ici à 2030 et 7 % en 2025 sur la base des émissions de 2019) mais bien inférieur à ce que demandent par exemple les eurodéputés écologistes : 45 % d’ici à 2030 et 100 % en 2050.
Bruxelles dit avoir développé un logiciel de simulation capable de mesurer les émissions de CO2 et la consommation de carburant des camions. Ce sont les constructeurs eux-mêmes qui devront appliquer cet « outil de calcul de la consommation d’énergie du véhicule » (Vecto) à leurs nouveaux modèles afin qu’ils obtiennent leur certification. Les données seront transmises à la Commission européenne. Centralisées par l’AEE, ces informations pourront être consultées par les autorités publiques, promet Bruxelles, dans un exercice de « transparence ».
Une occasion manquée
Echaudés par le « dieselgate » et la révélation au grand jour de la fraude des constructeurs automobiles sur les émissions d’oxydes d’azote, des eurodéputés s’interrogent sur la fiabilité de ces données. La commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen demande à Bruxelles de ne pas se contenter d’un logiciel de simulation et de mettre au point rapidement un essai de contrôle sur route, en conditions de conduite réelle, confié à un organisme indépendant.
Les ONG avaient déjà déploré l’absence d’un tel protocole lors que la Commission avait annoncé, en novembre 2017, son objectif de réduire de 30 % les émissions de C02 des voitures d’ici à 2030. Un objectif qualifié de « cadeau au lobby automobile » par les mouvements écologistes.
La proposition de la Commission devra maintenant être approuvée par les Etats membres et le Parlement européen. Elle est jugée « très décevante » par Karima Delli, la présidente de la commission transport du Parlement : « La Commission passe à côté d’une occasion en or pour promouvoir la vente de camions à basses émissions, et laisse le champ libre à des Etats généralement peu ambitieux sur la question pour maintenir le statu quo. »
Le rapporteur de la commission environnement du Parlement, Damiano Zoffoli, réclame aussi « l’instauration d’une amende administrative dissuasive » pour éviter la fraude.
Amende record
En juillet 2016, la Commission avait infligé une amende record de 2,93 milliards d’euros au « cartel des camions ». Entre 1997 et 2011, les principaux constructeurs (MAN, Daimler, Volvo-Renault, Iveco, DAF, Scania) s’étaient entendus pour fixer les prix de vente de leurs camions, retarder l’introduction des nouvelles technologies antipollution et en faire supporter le coût par leurs clients. Aujourd’hui, un peu partout en Europe, des transporteurs ou des grandes entreprises comme la Deutsche Bahn, Veolia ou Suez assignent les constructeurs devant les tribunaux pour obtenir des dommages et intérêts.
La proposition législative européenne ne répond pas seulement à une ambition écologique. L’enjeu économique est également considérable. Les dépenses en carburant représentent en moyenne 30 % du budget des transporteurs routiers. Aussi, il y a un mois, 36 grands groupes et transporteurs dont Ikea, Unilever, Carrefour, Nestlé ou Geodis ont écrit à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, pour lui demander de fixer un objectif de réduction de 24 % d’ici à 2025. Ils ont fait leur calcul : une telle baisse permettrait d’économiser 7 700 euros de carburant par camion et par an.

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                Hidalgo attaque le « permis de polluer » de la Commission devant la justice européenne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Ces substances neurotoxiques, largement utilisées, s’attaquent au système nerveux des insectes et sont considérées comme très nocives pour les abeilles.
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La justice européenne confirme les restrictions d’utilisation de trois néonicotinoïdes

Ces substances neurotoxiques, largement utilisées, s’attaquent au système nerveux des insectes et sont considérées comme très nocives pour les abeilles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 11h32
   





                        



   


Le Tribunal de l’Union européenne a confirmé, jeudi 17 mai, les restrictions d’utilisation imposées en 2013 à trois néonicotinoïdes – la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame –, des substances neurotoxiques largement utilisées, qui s’attaquent au système nerveux des insectes et sont considérées comme très nocives pour les abeilles. Ces restrictions étaient contestées par les fabricants Bayer et Syngenta.
Sans même attendre cette décision de la justice européenne, l’UE avait décidé fin avril d’approfondir cette première interdiction portant sur les trois substances à toutes les cultures en plein champ et non plus seulement aux cultures sous serre.

Les effets sur les autres espèces animales
Au-delà de l’effet sur les abeilles, ce sont leurs effets en cascade sur d’autres espèces animales qui ont été mis en évidence.
En octobre 2017, une étude publiée dans la revue scientifique PLoS One suggérait que les populations d’insectes avaient chuté de près de 80 % en moins de trente ans en Europe. En accusation : les « nouvelles méthodes de protection des cultures », qui comprennent les néonicotinoïdes.
En mars, des données publiées par le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle signalaient une disparition d’un tiers des populations d’oiseaux en quinze ans en France. Une disparition qualifiée par les chercheurs de « proche de la catastrophe écologique » et également attribuée aux pratiques agricoles intensives.

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                Néonicotinoïdes : « L’interdiction intervient alors que les dégâts sont immenses et en partie irréversibles »



La Cour de justice a parallèlement annulé les restrictions imposées sur l’utilisation du Fipronil, un insecticide commercialisé par BAS , au motif que la Commission européenne n’a pas mené une évaluation pertinente des conséquences de sa décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Paris était dans le viseur de la Commission depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air.
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Pollution de l’air : Bruxelles poursuit la France en justice

Paris était dans le viseur de la Commission depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h31
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La menace planait depuis plusieurs mois. La Commission européenne l’a mise a exécution, jeudi 17 mai, en annonçant sa décision de renvoyer la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour non-respect des normes de qualité de l’air. Parmi les neuf Etats faisant l’objet d’une procédure d’infraction, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Hongrie et la Roumanie subissent le même sort. L’Espagne, la Slovaquie et la République tchèque échappent à la punition, mais elles restent sous surveillance, dit-on à Bruxelles.
Des sources proches de la Commission confient au Monde que si « la France a fait des efforts, la situation reste très préoccupante dans douze zones soumises à des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) très élevés ». Il s’agit principalement des grandes agglomérations. Bruxelles relève ainsi que les concentrations annuelles déclarées en 2016 ont atteint 96 µg/m3 à Paris, soit plus du double que la valeur limite européenne, fixée à 40 µg/m3.
Gaz très toxique, le NO2 a été rendu célèbre par le scandale du « dieselgate ». Quant aux enquêtes qui ont été ouvertes sur les constructeurs fraudeurs (Volkswagen et FIAT notamment), la Commission demande officiellement à l’Allemagne et à l’Italie d’accélérer et les met en demeure de prendre des sanctions.
Urgence sanitaire
Après des années d’avertissements et d’ultimatums sans lendemain, Bruxelles a décidé de taper du poing sur la table. Pour une raison principale : l’urgence sanitaire. Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié au début du mois, rappelle que la pollution de l’air tue environ 500 000 personnes en Europe chaque année, dont 48 000 en France.

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La Commission reproche aux Etats cancres des dépassements répétés des valeurs limites de (NO2) pour la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni et de particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres) pour l’Italie, la Hongrie et la Roumanie.
Cette décision n’est pas une surprise pour le gouvernement. La France est dans le viseur de Bruxelles depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air. La première mise en demeure remonte à 2009. D’autres ont suivi en 2010, 2011, 2013, 2015 et 2017.
A chaque fois, le législateur européen martelait les mêmes griefs : « La France n’a pas pris les mesures qui auraient dû être mises en place depuis 2005 [pour les PM10, et 2010 pour les NO2] pour protéger la santé des citoyens, et il lui est demandé d’engager des actions rapides et efficaces pour mettre un terme aussi vite que possible à cette situation de non-conformité. » Et à chaque fois, il brandissait la même menace : « Si la France n’agit pas dans les deux mois, la Commission peut décider de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’UE. »

   


« Les mesurettes ne suffiront pas »
Le 30 janvier, le commissaire à l’environnement européen, Karmenu Vella, avait convoqué le ministre de la transition écologique français, Nicolas Hulot, et ses collègues européens à un sommet de la « dernière chance » à Bruxelles. « Nous sommes à la fin d’une longue période — trop longue diront certains — d’offre d’aide, de conseils et d’avertissements », avait tonné M. Vella avant de leur accorder un ultime délai (mi-février) pour présenter des plans d’actions susceptibles de réduire la pollution de l’air dans les meilleurs délais.

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Enjoint également par le Conseil d’Etat de transmettre un tel plan à la Commission avant le 31 mars, M. Hulot avait présenté le 13 avril les « feuilles de route » des quatorze zones concernées par des dépassements des normes : Ile-de-France, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique.
Sans mesures radicales, et se contentant souvent d’empiler des dispositifs déjà existants, ces feuilles de route ont été jugées insuffisantes par la Commission européenne. Au ministère de la transition écologique, on rappelle que la situation actuelle est « l’héritage de dizaines d’années où nous avons privilégié la voiture, le transport routier, au détriment des solutions écologiques », et on veut croire que la future loi sur les mobilités permettra de rectifier le tir et de « sortir au plus vite de ce contentieux ». 
Les mesures « antipollution » du projet de loi devraient être présentées en juin. « Il prévoit notamment des financements pour accompagner le déploiement de zones à faibles émissions dans les territoires les plus pollués », précise le ministère. Aujourd’hui, seules Paris et dans une moindre mesure Grenoble ont mis en place un tel dispositif sur la base des fameuses vignettes Crit’Air.
« Les mesurettes ne suffiront pas pour relever le défi sanitaire lié à la pollution de l’air. Il est très urgent de refondre structurellement la politique de transports, dans tous ses aspects : infrastructures, financements et investissements, fiscalité, gouvernance et aide au changement de comportement, estime le Réseau action climat (RAC) qui demande « l’interdiction de circuler aux véhicules diesel et essence dans toutes les agglomérations polluées d’ici 2025. » La maire de Paris, Anne Hidalgo vise une sortie du diesel d’ici à 2024, l’année des Jeux olympiques.
Seuls deux pays ont été condamnés
Dans l’entourage de Nicolas Hulot, on fait aussi remarquer que « l’argent serait plus utile pour lutter contre la pollution que pour payer des amendes ». Car la décision de Bruxelles de saisir la CJUE expose la France à une autre menace, financière. Les textes prévoient une sanction d’au moins 11 millions d’euros et des astreintes journalières d’au moins 240 000 euros jusqu’à ce que les normes de qualité de l’air soient respectées. Mais entre la saisine et la condamnation, la procédure peut encore durer plusieurs années. Prochaine étape, la CJUE prononce un arrêt en manquement. La Commission est alors chargée d’exécuter l’arrêt. Si la France est toujours dans l’incapacité de respecter la directive de 2008, la Commission saisira de nouveau la CJUE. Les juges pourront alors prononcer une condamnation financière.
Jusqu’à présent, seuls deux pays ont été condamnés par la CJUE pour avoir exposé leurs citoyens à un air trop pollué : la Pologne, en février, et la Bulgarie, en avril 2017. Mais pour l’heure, ils ont échappé à une amende, ce qui pourrait aussi être le cas de la France. En 2013, elle avait été condamnée par la CJUE dans un autre dossier de pollution, celui des excès de nitrates dans ses eaux, en violation d’une réglementation de 1991. Depuis, l’état de ses rivières s’est légèrement amélioré et la menace d’une amende s’est dissipée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés pour cette deuxième opération, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes.
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Déblayage et nouvelles expulsions dans la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes

Dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés pour cette deuxième opération, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h15
    |

            Rémi Barroux et 
Julia Pascual








                        



Peu après 8 heures, jeudi 17 mai, dans la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), au nord de Nantes, les cinq squats ciblés par la nouvelle opération d’expulsion, engagée deux heures plus tôt par les forces de l’ordre, avaient été sécurisés. Une dizaine de squats doivent être expulsés au cours de cette deuxième phase d’évacuation, qui se poursuivra vendredi.
Pour cette opération, dix-neuf escadrons de gendarmerie ont été mobilisés, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes. Avant le début des opérations d’évacuation, environ 180 véhicules de gendarmerie s’étaient positionnés au nord de la ZAD, tandis qu’un hélicoptère la survolait.
Sept personnes en ont été expulsées. Un seul des lieux visés, dit « Le Chat teigne », était encore occupé — un homme était notamment assis sur le toit à l’arrivée des gendarmes. Aucune interpellation n’avait eu lieu à la mi-journée.
Des huissiers ont procédé à l’inventaire des biens ayant une « valeur vénale ». Comme dans le site de Piu Plu, où un huissier a enregistré la présence d’une cuisinière, d’un poêle et de livres.
Dans le courant de la matinée, des engins de la formation militaire de la sécurité civile (Formisc) ont déblayé l’axe du chemin de Suez et l’ont remblayé afin de faciliter l’accès à la zone aux entreprises de déménagement et de reconstruction, qui devaient intervenir jeudi après midi.
« Dès que tout est déconstruit, on repart »
« Dès que tout est déconstruit, on repart », a dit, à la mi-journée, le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale. « Et s’il y a reconstruction, on reviendra le lendemain », a-t-il prévenu.
Lors de la première phase d’expulsions, qui avait duré quatre jours, du 9 au 12 avril, une trentaine de sites sur quelque quatre-vingt-dix que comptait le bocage, avaient été détruits, entraînant de violents affrontements.
Jeudi matin, quelques affrontements ont eu lieu, de façon sporadique, entre gendarmes et zadistes. Le plus souvent des jets de projectiles — mottes de terre et pierres principalement —, auxquels les gendarmes ont répondu par des gaz lacrymogènes et des petits bonds offensifs pour repousser les zadistes réunis à plusieurs dizaines tout au plus.
« Gendarmerie nationale, cessez vos jets de projectiles ! », les ont souvent sommés les militaires. S’entendant systématiquement répondre en retour et en chœur des « ta gueule ! ».
« Globalement, ça fait monter le niveau de tension pour rien, expliquait le général Lizurey. L’idée c’est de toujours baisser le niveau de violence pour que le dispositif reste le plus calme possible. » Par moments, des bombes agricoles et des fusées ont été employées contre les gendarmes.
Processus de régularisation
Parmi les quatre cents personnes présentes dans l’ensemble de la zone, la gendarmerie comptait entre cent et deux cents « radicaux ». Soit beaucoup moins que lors de la première phase d’expulsions, en avril. « La donne a complètement changé », fait valoir le général Lizurey.
Un changement que les gendarmes attribuent au processus de régularisation engagé avec une partie des zadistes ayant déposé des projets.

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Signe de cette accalmie, jeudi matin, le directeur général de la gendarmerie s’est d’ailleurs rendu à la Rolandière — l’un des lieux historiques du site et l’un des QG des zadistes — peu avant 6 heures et le début de l’opération d’évacuation, pour parler avec une militante antiaéroport d’une soixantaine d’années et lui expliquer le déroulement des opérations d’expulsion.
Mercredi, les habitants de la ZAD avaient lancé un appel à leurs soutiens pour s’opposer aux destructions de lieux de vie dans la « zone à défendre ». 
Une manifestation est prévue samedi dans le centre de Nantes, avec un appel à la « reconstruction » des lieux de vie détruits dès le dimanche matin.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer le débat sur la protection du patrimoine culinaire français.
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Guerre du camembert : qui décide des appellations d’origine ?

Une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer le débat sur la protection du patrimoine culinaire français.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h41
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


Le camembert au lait cru AOP (appellation d’origine protégée) pourra désormais être élaboré au lait pasteurisé (à condition que ce soit indiqué clairement sur l’étiquette), mais, en contrepartie, le cahier des charges pour obtenir le label a été renforcé (au moins 30 % de vaches de race normande dans les troupeaux).
La décision de la Commission européenne date de février, mais une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer cette semaine le débat sur la protection du patrimoine culinaire français. Une controverse dans lequel l’Europe est souvent mise en accusation, comme étant la responsable de ce changement.

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Mais peut-on dire que Bruxelles « assassine » le « vrai » camembert fermier, comme s’en désole une partie europhobe des réseaux sociaux ? La Commission européenne a-t-elle d’ailleurs son mot à dire sur le camembert en particulier et sur les AOP en général ? En réalité, cette décision résulte d’un accord entre les producteurs eux-mêmes. Le tour de la question en trois points.
Qu’est-ce qu’une AOP ?
L’AOP, pour « appellation d’origine protégée », est un sigle qui défend le nom du produit dans toute l’Union européenne (UE). « Depuis le 1er mai 2009, l’AOP figure sur tous les produits européens dont la production, la transformation et l’élaboration sont réalisées dans une zone géographique déterminée, selon un savoir-faire reconnu et un cahier des charges particulier », explique le site du ministère de l’agriculture.
A l’origine, raconte l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), c’est pour lutter contre la fraude que s’est construit le concept d’« appellation d’origine » : « Un décret-loi de 1935 relatif à la défense du marché du vin a créé l’“appellation d’origine contrôlée” (AOC), applicable aux vins et aux eaux-de-vie, et l’organisme chargé de leur définition, de leur protection et de leur contrôle. Leur champ a été ouvert à l’ensemble des produits agricoles et alimentaires en 1990. »
L’AOC, label national, est une étape vers l’AOP (label européen) et permet une protection de la dénomination sur le territoire français, en attendant son enregistrement et sa protection au niveau européen.
Qui décide d’une appellation ?
Le chemin pour appliquer une AOP à un camembert, ou à tout autre produit agroalimentaire, est long : des premiers échanges avec les producteurs au tampon final de Bruxelles, l’INAO dénombre une dizaine d’étapes, décrites dans le schéma ci-dessous. La Commission européenne n’intervient qu’à la toute fin.

   


Concrètement, les services de Bruxelles instruisent le dossier d’enregistrement qui leur est transmis par le ministère de l’agriculture pour qu’il puisse bénéficier de la protection juridique européenne. Ils peuvent éventuellement soulever des questions qui seront posées à l’Etat membre. Celles-ci peuvent conduire à une modification du cahier des charges ou à un retrait de la demande – ce dernier cas étant assez rare.
Les choix les plus importants sont faits en amont : les services de l’INAO transmettent au ministère de l’agriculture, après examen du dossier et travaux d’enquête de l’Institut, le cahier des charges et les éléments nécessaires à l’homologation. Autrement dit, ce n’est pas Bruxelles qui a décrété que les producteurs de camembert au lait pasteurisé pouvaient vendre leurs produits avec le label AOP.
Comment se passent les négociations ?
Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter au début de l’affaire : la « guerre du camembert » commence il y a vingt-deux ans, quand naît l’AOP « camembert de Normandie » (avec du lait cru, donc). Mais certains camemberts au lait pasteurisé, eux, utilisent la mention « fabriqué en Normandie », dont la formulation est très proche et sème la confusion – mais qui bénéficie d’une tolérance de la part de Bruxelles.
En 2012, « les laits crus », qui dénonçaient depuis des années la concurrence des « camemberts d’usurpation » (au lait pasteurisé) montent au créneau. Ils assignent en justice les industriels Lactalis (le fameux Président), Bongrain, la coopérative Isigny Sainte-Mère, mais aussi des distributeurs. Ces derniers sont sommés de retirer des emballages la mention « fabriqué en Normandie » sur les camemberts sans l’appellation.
Car, derrière les deux étiquettes coexistaient jusqu’à présent deux types de productions très différents :
d’un côté, les AOP devaient respecter un strict cahier des charges, avec du lait cru provenant de 50 % de vaches normandes sur une aire géographique délimitée (Calvados, Manche, Orne, et une partie de l’Eure) ;de l’autre, le camembert « fabriqué en Normandie », industriel, n’avait aucune contrainte de production à part le fait d’avoir une usine en Normandie : ni sur la race bovine, ni sur leur alimentation (en pâturage ou avec des aliments reconstitués), ni sur la fabrication du fromage (dont la pasteurisation qui permet d’exporter plus facilement).
Le changement est dû à un accord
Après de longues tractations, en Normandie et au siège parisien de l’INAO, les deux parties se sont mises d’accord pour pouvoir partager une appellation commune : les défenseurs du lait cru ont accepté que le camembert AOP puisse être élaboré au lait pasteurisé – ce qui devra être mentionné et interdira la mention « véritable », réservée au lait cru. Les seconds vont intégrer des contraintes inédites pour eux : au moins 30 % de vaches de race normande dans leurs troupeaux, avec l’obligation pour elles de pâturer en Normandie.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Douze pays européens s’opposent au Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui ne cesse d’abaisser ses exigences environnementales.
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Le secteur de l’aviation se divise sur la façon de réduire ses gaz à effet de serre

Douze pays européens s’opposent au Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui ne cesse d’abaisser ses exigences environnementales.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h42
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                            Alexis Riopel








                        



                                


                            

L’aviation civile internationale fait bande à part : elle n’est pas incluse dans l’accord de Paris sur le climat. Le secteur s’est cependant engagé à établir pour 2021 son propre plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), qui représentent 3 % des émissions mondiales.
Les négociations sont ouvertes entre les 192 pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui dépend de l’ONU, mais les débats sont tendus : un groupe de pays européens menace de retirer son appui au texte si les règles de mise en œuvre du Programme de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale proposé par l’OACI sont de nouveau assouplies.
Leur avertissement fait suite à l’adoption, en novembre 2017, de mesures très peu contraignantes sur la nature des biocarburants retenus. Ces derniers vont être introduits afin de rendre l’aviation moins émettrice de GES et leurs effets seront comptabilisés.
Fin février, la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Autriche et la Finlande ont écrit à l’OACI pour faire état de leurs réserves vis-à-vis d’un nouvel affaiblissement du futur accord. Le Monde a eu accès à ces documents. La lettre du ministère français des transports indique que « si des Etats devaient remettre en cause certains aspects du compromis obtenu, notamment en ce qui concerne les unités d’émission et la durabilité des carburants alternatifs, l’accord donné par la France à cette version du texte s’en trouverait compromis ».
Pression du Brésil sur les agrocarburants
L’Allemagne, la Pologne, la Roumanie, le Portugal, la Slovénie et Malte auraient eux aussi émis des avis semblables auprès de l’OACI, selon l’ONG Transport et environnement. Tous ces Etats tentent d’empêcher un allégement des règles qui s’accentue chaque année, indique Andrew Murphy, chargé de l’aviation pour l’ONG basée à Bruxelles.
L’OACI encourage ses membres à utiliser du biocarburant pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter l’unité industrielle de La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme par an.
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La France donne son feu vert à une raffinerie de Total qui va accentuer la déforestation

Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter l’unité industrielle de La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme par an.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h23
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant) et 
Martine Valo








                        



                                


                            

Réunions publiques, communiqués inquiets : voilà des mois que la raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, agite des ONG de défense de l’environnement et des responsables syndicaux. Le préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a signé, mercredi 16 mai, l’autorisation donnée à Total d’exploiter « la première bioraffinerie française de taille mondiale », l’une des plus importantes d’Europe selon le groupe pétrolier. La production de biodiesel doit démarrer cet été, dernière étape de la reconversion de l’ancienne raffinerie, ouverte en 1935 à Châteauneuf-les-Martigues, au bord de l’étang de Berre.
Fin 2016, Total y a cessé toute opération de raffinage de pétrole brut, alléguant une perte annuelle de 100 millions d’euros. Selon un plan de conversion (2015-2022) qui verra les effectifs passer de 430 à 250 salariés, le site a été progressivement transformé pour accueillir un dépôt pétrolier d’une capacité d’1,3 million de m³, une ferme solaire de 8 MW qui a commencé sa production en janvier, et un grand centre de formation aux métiers du raffinage. Reste à démarrer, en juin, la fabrication d’AdBlue, un additif qui réduit les émissions d’oxyde d’azote des poids lourds.
Mais l’activité phare de La Mède, au prix d’un investissement de 275 millions d’euros, est l’installation d’une unité de raffinage d’huiles et de graisses animales, capable de traiter 650 000 tonnes par an, en vue de produire 500 000 tonnes de diesel de type HVO (hydrotraitement des huiles végétales), un biocarburant censé réduire l’émission des gaz à effet de serre.
« Incohérence totale »
Problème, aux yeux des défenseurs de l’environnement : ce choix industriel nécessite un apport massif d’huiles végétales brutes – jusqu’à 450 000 tonnes, dont au moins 300 000 tonnes d’huile de palme par an. Or, la bataille des agrocarburants se joue en réalité bien loin des stations-service et des tarmacs des aéroports d’Europe : elle a lieu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.
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Décryptage

En RDC, le parc naturel des Virunga à l’épreuve de la violence

La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-16T16:33:02+02:00"

        Le 16.05.2018 à 16h33






    
A l’entrée du parc national des Virunga, dans l’est de la RDC, en 2010.
Crédits : Finbarr O'Reilly / REUTERS


Après l’enlèvement de deux jeunes touristes britanniques et le décès d’une de ses gardes, le parc national des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC), s’est résolu, mardi 15 mai, à fermer provisoirement ses portes. « La suspension des activités touristiques jusqu’au 4 juin est prise comme mesure de précaution alors qu’une enquête sur les circonstances de l’incident sécuritaire est en cours », justifient les autorités de la plus ancienne réserve naturelle d’Afrique dans un communiqué.

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Bethan Davies et Robert Jesty avaient été enlevés avec leur chauffeur, vendredi, alors qu’ils revenaient d’une excursion pour voir des gorilles des montagnes. La jeune Rachel Masika Baraka, une des 26 femmes sur les 700 gardes qui assurent la sécurité dans le parc, a été tuée en tentant de les protéger. Les otages ont été libérés dimanche dans des circonstances qui n’ont pas été précisées.
Escortes armées
L’est de la RDC est l’un des seuls endroits au monde, avec le Rwanda et l’Ouganda voisins, où il est encore possible d’observer des gorilles des montagnes, des primates classés en danger critique d’extinction. Dans l’une des zones les plus instables du pays, le courage des rangers du parc – dont 176 sont morts depuis vingt ans – et de son directeur belge, Emmanuel de Mérode – lui-même victime d’une attaque en 2014 –, avait permis de créer une enclave où les touristes venaient de plus en plus nombreux. En particulier depuis cette année, après que le Rwanda a décidé de facturer les permis de visite à 1 500 dollars, alors qu’ils ne s’élèvent qu’à 400 dollars en RDC.

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Quitte à se plier à des règles de sécurité très strictes. Aucun déplacement ne se fait sans escorte armée. Chaque jour, des convois protégés par des rangers sont organisés depuis Goma pour acheminer quelques dizaines de touristes vers les principaux sites de visite des gorilles et vers le volcan Nyiragongo, qui, avec son cratère de lave en fusion, est l’autre grande attraction du parc. Le retour doit avoir lieu avant 15 heures, toujours sous escorte.
Expatriés travaillant pour des institutions internationales, membres d’ONG ou simples voyageurs, rarement africains, les touristes qui viennent aux Virunga le font souvent parce que s’écrit ici l’une des plus passionnantes aventures de conservation du continent. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l’Alliance Virunga, qui réunit des donateurs internationaux dont les principaux sont l’Union européenne et la fondation Howard Buffett, ont entrepris depuis dix ans d’inverser le cours funeste de ce parc en bâtissant un ambitieux projet de développement au profit des populations riveraines.
Pillage et racket
Trois centrales hydroélectriques ont été construites autour du parc et 20 000 emplois ont été créés depuis trois ans, selon un bilan publié début mai. L’arrivée de l’électricité dans les villages doit réduire la demande en « makala », le charbon de bois utilisé pour faire la cuisine qui est produit à partir des arbres illégalement abattus dans le parc.
Ce commerce, qui rapporterait plus de 34 millions de dollars par an (27,5 millions d’euros), est aux mains des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui occupent la partie centrale du parc depuis plus de vingt ans. Plusieurs autres groupes armés issus de rébellions locales ou régionales se financent sur le pillage des ressources naturelles, le racket des pêcheurs vivant sur les rives du lac Edouard ou les kidnappings, dont la fréquence est en forte augmentation depuis quelques mois.

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Jamais cependant cette industrie de l’enlèvement n’avait touché des touristes et si près de Goma, dans une zone considérée comme ultra-sécurisée où sont postées plusieurs unités de l’armée congolaise. Le coup est donc rude. Il est trop tôt pour dire si l’activité du parc en sera durablement affectée. En attendant, il est certain que tous ceux qui convoitent ce territoire et ses richesses ne peuvent que se réjouir de cette nouvelle épreuve. A commencer par ceux qui rêvent de le voir déclassé de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour exploiter son pétrole.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Paris demande, avec Bruxelles et Madrid, l’annulation d’un règlement de 2016 assouplissant la norme Euro 6 sur les voitures. L’audience a lieu le 17 mai à Luxembourg.
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Hidalgo attaque le « permis de polluer » de la Commission devant la justice européenne

Paris demande, avec Bruxelles et Madrid, l’annulation d’un règlement de 2016 assouplissant la norme Euro 6 sur les voitures. L’audience a lieu le 17 mai à Luxembourg.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h07
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


C’est une audience inédite que se prépare à accueillir le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg. Jeudi 17 mai, à partir de 9 h 30, trois grandes capitales (Paris, Bruxelles et Madrid) tenteront d’obtenir l’annulation d’un règlement de la Commission européenne. Elles auront chacune quinze minutes, et pas une de plus, pour convaincre les juges de la recevabilité de leur requête, que conteste la Commission.
Paris, Bruxelles et Madrid s’attaquent au règlement n° 2016/646 du 20 avril 2016 modifiant la fameuse norme Euro 6 sur les émissions de gaz polluants des voitures. « Ce texte est un permis de polluer accordé aux constructeurs automobiles, un scandale d’un point de vue de santé publique », déclare au Monde Anne Hidalgo. La maire de Paris sera présente jeudi à Luxembourg. Et c’est l’avocat de la ville, Jérémie Assous, dont le dernier fait d’arme est la relaxe de Julien Coupat et de ses camarades lors du procès de l’affaire Tarnac, qui ouvrira les plaidoiries.
Dans ce combat contre la Commission, Paris mène la fronde. Il y a deux ans, c’est Anne Hidalgo qui avait initié une pétition – signée par plus de 130 000 citoyens européens – et engagé un recours devant le Tribunal de l’Union européenne, suivie par ses homologues de Bruxelles et Madrid.
Scandale du « dieselgate »
C’est le scandale du « dieselgate » qui a conduit le législateur européen à modifier la norme Euro 6, en vigueur depuis 2014. En octobre 2015, le patron de Volkswagen reconnaît avoir truqué les moteurs de 11 millions de véhicules diesel pour minorer les émissions d’oxydes d’azote (Nox) lors des tests d’homologation. Pour éviter que la fraude ne se reproduise, la Commission décide de modifier ladite norme Euro 6 en introduisant des tests en conditions de conduite réelle (RDE) en plus de ceux réalisés en laboratoires et mis à mal par le « dieselgate ».
Or, « afin de permettre aux constructeurs de s’adapter progressivement aux règles RDE », précise le règlement de 2016, une marge d’erreur appelée « facteur de conformité » est ajoutée. Censée réduire l’écart entre la limite réglementaire (80 mg/km) mesurée en laboratoire et les valeurs obtenues en RDE, c’est cette marge d’erreur qui constitue « un permis de polluer », selon les mots d’Anne Hidalgo.
Fixé à 2,1 pour les nouveaux véhicules jusqu’en septembre 2019 puis à 1,5 à partir de janvier 2021, ce facteur de conformité autorise donc dans les faits les constructeurs à produire des véhicules dont les niveaux d’émissions de Nox (168 mg/km, puis 120 mg) sont bien supérieurs (110 % puis 50 %) à la limite de 80 mg/km retenu par le Parlement européen au titre de la norme Euro 6. En juin 2007, les eurodéputés avaient en effet décidé de durcir les critères d’homologation en abaissant le seuil de 180 mg/km (Euro 5) à 80 mg/km à l’horizon 2014.
Pour les requérants, avec le règlement de 2016, la Commission a donc créé une nouvelle norme moins contraignante. « Ce texte exprime un assouplissement des exigences des autorités publiques à l’égard des constructeurs comme si finalement le “dieselgate” n’était pas la suite du comportement frauduleux des industriels mais la conséquence de règles trop ambitieuses justifiant leur contournement par nécessité économique », estime Jérémie Assous. Pour l’avocat de la Ville de Paris, cet « assouplissement » entre en « contradiction » avec le droit européen de l’environnement articulé autour des principes de précaution et de non-régression des normes.
Victoire du lobby automobile
Anne Hidalgo dénonce le « double discours » de la Commission. « D’un côté, elle demande aux Etats de respecter la directive de 2008 sur la pollution de l’air et menace la France de la renvoyer devant la Cour de justice de l’Union européenne, développe la maire de Paris. De l’autre, elle donne gain cause au lobby automobile après le dieselgate en adaptant ses normes aux constructeurs quand la justice américaine les condamnent à de très lourdes amendes. »
Selon Me Assous, les requérants posent « une question politique ». « Dans le choix de la Commission clairement favorable aux constructeurs, ils dénoncent une trahison de l’accord de Paris pourtant signé par les Etats européens », juge l’avocat qui voit dans l’audience du 17 mai « un tournant en matière de droit à l’environnement mais également en matière de droit européen et de démocratie ». 
La Commission estime de son côté que Paris – à l’instar de Bruxelles et Madrid – n’étant pas une entité étatique, n’est pas recevable dans sa requête. La norme Euro 6 s’impose en effet directement aux Etats. Mais la faculté d’interdire ou de restreindre la circulation des véhicules non conformes aux normes européennes revient in fine aux collectivités territoriales. Ainsi, c’est sur la base des normes Euro que Paris a mis en place une zone à circulation restreinte dont l’objectif est d’éradiquer progressivement les véhicules les plus polluants.
Circonstance aggravante selon Paris, l’assouplissement de la norme Euro 6 a favorisé l’entrée sur le parc automobile parisien de véhicules polluants qui auraient été interdits en l’absence du règlement d’avril 2016 et contraint donc la ville à prendre des mesures coûteuses en matière de santé publique ou de gestion des pics de pollution. C’est pourquoi Me Assous demandera 1 euro symbolique au titre du préjudice subit par la capitale.
Quelle qu’en soit l’issue (le jugement sera mis en délibéré), l’audience du 17 mai est déjà « une immense victoire », considère Anne Hidalgo : « être invité à plaider par les juges est la marque d’un rééquilibrage du rapport de force entre les citoyens et les lobbys ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ L’intervention des forces de l’ordre a repris jeudi pour évacuer une douzaine de sites avant le week-end de trois jours de la Pentecôte.
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A Notre-Dame-des-Landes, de nouvelles évacuations redoutées

L’intervention des forces de l’ordre a repris jeudi pour évacuer une douzaine de sites avant le week-end de trois jours de la Pentecôte.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 06h54
    |

            Rémi Barroux (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial)








                        



   


Devant leur maison en bois, sous un chaud soleil, Etienne et Véro prennent le café. Devant eux, un grand champ d’orge et, juste à côté, leurs plantations, en partie abritées dans deux serres : tomates, poivrons, blettes, oignons, rhubarbe, menthe… Un peu plus loin, dans un enclos, quatre belles poules pondeuses, blanches et rousses.
A l’ouest dans la « zone à défendre » (ZAD), les deux trentenaires contemplent ce qu’ils ont bâti et semé depuis une quinzaine de mois. Ici, c’est la Hulotte, lieu-dit de cette zone occupée par les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Ce mardi, nombre de ces zadistes craignent à nouveau d’être expulsés par les gendarmes mobiles. Les opérations ont repris jeudi 17 mai, après une première phase qui a duré quatre jours, du 9 au 12 avril – et qui a permis de détruire une trentaine de sites sur quelque 90 que comptait le bocage, générant de violents affrontements –, le gouvernement veut finir le travail. C’est-à-dire, selon le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, venu présider, lundi, le comité de pilotage sur l’avenir des terres de la ZAD (Copil), que « ceux qui n’ont rien à faire sur le site devront le quitter ; le processus de retour à l’Etat de droit se poursuivra ». Une douzaine de sites seraient visés par l’intervention, pensée pour être rapide, et censée s’achever avant le week-end de trois jours de la Pentecôte.
Quinze dossiers agricoles validés
Lundi, le comité de pilotage, sous l’autorité de la préfète de la région des Pays de la Loire Nicole Klein, a retenu quinze dossiers (maraîchage, élevage d’ovins et de bovins, brasserie, cultures de plantes médicinales, aromatiques, apiculture…), représentant 170 hectares, pour une signature prochaine de convention d’occupation précaire.
Malgré la validation de leur dossier, Etienne et Véro ne sont pas très sereins. « On s’est même demandé s’il ne fallait pas démonter les serres », indique Véro, au léger accent québécois. « Nous avons proposé du maraîchage, ainsi qu’une activité avec des chevaux de trait qui serviront aussi au débardage du “groupe bois” – nous avons beaucoup de projets en lien avec d’autres sites de la ZAD », explique Etienne.
L’expérience de Sarah, 29 ans, n’est pas pour les rassurer. Ingénieure agronome, elle a vu tout ce qu’elle avait bâti avec ses compagnons, à la ferme des 100 Noms, détruit le premier jour de l’opération précédente. Sarah y élevait une vingtaine de brebis, trois ânesses, avait construit une grange de 400 mètres carrés, semé un potager collectif… « Nous allions recevoir une cinquantaine de brebis supplémentaires et nous avons dû déménager en urgence, dans la nuit, nos bêtes très stressées », raconte-t-elle.
Les « anciens » des 100 Noms ont déposé deux projets : « Moutons à 5 pattes », un projet de 80 brebis pour faire de l’agneau et de la laine, ainsi que « Mouton noir », pour produire des galettes avec culture de sarrasin. « On a monté ces dossiers en catastrophe, on avait perdu tous nos documents, plus de parcelles ni de sites pour ces activités, heureusement qu’on a pu s’installer dans une ferme du Limimbout, témoigne la jeune femme. Ils ont été d’abord retoqués : pas assez viables économiquement, pas assez de surfaces agricoles… On a retravaillé en urgence et ils ont été acceptés. »
« C’est n’importe quoi »
Quels seront les sites visés jeudi ? Le nom de l’Ambazada circule. C’est un lieu de réunion, de documentation et de formation. Benji, un graphiste de 31 ans reconverti dans la rénovation d’habitat, défend ce projet : « C’est un lieu et une association dont les statuts ont été déposés à la préfecture. Comme avec la Baraka où j’habite, ce sont des projets connectés les uns aux autres, avec la bibliothèque du Taslu par exemple, et qui font vivre la zone. »
Voisin de la Hulotte, Marcel Thébault, éleveur et l’un des quatre opposants historiques, est en colère : « C’est n’importe quoi, les ultimatums du gouvernement sont si proches que les “barricadiers” arrivés sur la zone sont restés. Les autorités ne nous laissent pas travailler tranquillement, c’est à se demander si elles ne veulent pas faire partir tout le monde. »
Au cœur de la ZAD, un autre paysan, fer de lance de la lutte de Notre-Dame-des-Landes, craint le retour des violences. « Je devais faire l’ensilage jeudi, mais on m’a dit, à la préfecture, de le faire plutôt mercredi ou samedi », raconte Sylvain Fresneau. Une confirmation de la nouvelle opération d’expulsions prévue jeudi.



                            


                        

                        


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Au Parlement européen, les impasses de la commission pesticides

Cette instance doit analyser la procédure d’autorisation des produits phytosanitaires.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h20
    |

                            Stéphane Horel








                        



                                


                            

Ni Monsanto ni Bayer, et aucun représentant de la Glyphosate Task Force, le consortium d’entreprises commercialisant la molécule active du Roundup. Le programme des auditions de la commission spéciale du Parlement européen sur la procédure d’autorisation des pesticides se remarque surtout par ses grands absents. Aucun d’entre eux, cependant, n’avait été invité : l’industrie figurait bien au menu des auditions mardi 15 mai, mais elle était représentée par son organisation de lobbying, la European Crop Protection Association (ECPA). Si l’absence de Monsanto est un point d’achoppement symbolique, il n’est pas le seul.
Créée le 6 février pour répondre aux « préoccupations » exprimées sur l’évaluation du glyphosate, la commission « PEST », composée de trente eurodéputés, doit notamment analyser « l’indépendance de la procédure vis-à-vis des entreprises et la transparence du processus de décisions ». Classé cancérigène probable pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) des Nations unies, mais blanchi par les agences européennes, l’herbicide a été réautorisé par les Etats membres pour cinq ans en novembre 2017.
« Le Parlement ne devrait pas s’autoproclamer justicier »
Or les travaux de la commission PEST, que préside le Français Eric Andrieu (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), semblent déjà dans l’impasse en raison de désaccords majeurs entre les coordinateurs des groupes politiques. Avec la droite appuyée par les centristes de l’Alliance des démocrates et des libéraux (ALDE) d’un côté, la gauche et les Verts de l’autre.
La coordinatrice pour le Parti populaire européen (PPE, droite, majoritaire) n’en fait pas mystère : son groupe avait contesté le principe même de la création d’une commission spéciale. « Nous voulions éviter de faire un procès à Monsanto », explique Angélique Delahaye, qui estime que « le Parlement ne devrait pas s’autoproclamer justicier »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ La quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle » en 1938, prend les commandes de Porsche SE.
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Rajeunissement dans la famille actionnaire de Volkswagen

La quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle » en 1938, prend les commandes de Porsche SE.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h27
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Dans le capitalisme allemand, il ne faut jamais négliger les histoires de famille. Derrière les plus grandes entreprises, même cotées en Bourse, se cachent souvent des sociétés ou fondations familiales qui influencent les grandes décisions stratégiques. Il en est ainsi chez Volkswagen. Dans la première entreprise allemande (230,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), rien d’important ne se décide sans l’aval de la Porsche SE, la holding familiale, qui détient 52 % des droits de vote du groupe Volkswagen.
Mardi 15 mai, au cours de son assemblée générale, à Stuttgart, Porsche SE a entériné un renouvellement de son conseil de surveillance, qui marque une rupture dans l’histoire de Volkswagen. Au terme d’un élargissement du directoire à dix membres, une nouvelle génération de la famille Porsche-Piëch a amorcé sa prise de pouvoir. Les nouveaux arrivants, Stefan Piëch, Peter Daniell Porsche et Josef Ahorner, représentent la quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle », la toute première « voiture du peuple », en 1938.
Depuis des années, ils évoluaient dans l’ombre de leurs illustres oncles, Wolfgang Porsche et Ferdinand Piëch, respectivement âgés de 75 ans et 81 ans, dont la haine réciproque a empoisonné les relations entre les deux branches de la famille pendant des décennies. Aujourd’hui, Ferdinand Piëch, ancien PDG et président du conseil de surveillance de VW jusqu’en 2015, ne détient plus aucune fonction dans la holding. L’arrivée de la nouvelle génération, annoncée dès le mois de mars, pourrait enfin apaiser les relations familiales. Mardi, à Stuttgart, les nouveaux membres du conseil de surveillance de la holding ont multiplié les gestes d’unité.
Centralisation du pouvoir
Ce renouveau pourra-t-il influencer le changement de culture que Volkswagen annonce de ses vœux depuis le déclenchement du « dieselgate » ? Pour l’instant, peu d’éléments le suggèrent. Car, en dépit des transformations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ L’association Halte à l’obsolescence programmée rapporte que 130 millions de paires sont vendues chaque année en France, en faisant une industrie fort polluante.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.
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Le Canada veut produire de l’aluminium « vert », sans émission de carbone

Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h42
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



   


Dans le secteur de l’aluminium, l’élimination des émissions de gaz à effet de serre n’est pas pour demain, mais elle pourrait faire bientôt un grand pas en avant avec un mode de production non polluant, qui devrait être opérationnel à partir de 2024. Le 10 mai, les groupes Alcoa et Rio Tinto ont annoncé vouloir fonder une entreprise conjointe, Elysis, pour exploiter un procédé qui n’émet pas du tout de dioxyde de carbone contrairement à la technique de fusion traditionnelle. Apple ainsi que les gouvernements canadien et québécois leur apportent leur concours.
L’usine sera la première du genre dans le monde. Le projet doit se développer à Jonquière, dans le nord du Québec, centre névralgique de la production canadienne d’aluminium. L’investissement s’élève à 558 millions de dollars canadiens (365 millions d’euros). Ottawa et Québec mettent chacun 39 millions d’euros sur la table, Apple 8,5 millions, Alcoa et Rio Tinto 278 millions.
La nouvelle technologie, brevetée par Alcoa en 2009 après des années de recherche, entre dans sa phase industrielle. L’objectif est de la vendre sous licence dès 2024 pour de nouvelles installations ou pour modifier des usines existantes. Elle transformerait radicalement la phase de réduction de l’alumine en aluminium, à partir d’anodes inertes utilisant un matériau conducteur évolué qui libérerait de l’oxygène pur.
Des gains de productivité
Le procédé actuel soumet l’alumine à un puissant courant électrique pour provoquer une réaction d’oxydoréduction en faisant appel à des matières carbonées qui, en brûlant, libèrent des gaz à effet de serre. Avec le système d’Elysis, une céramique remplacerait le carbone de l’électrode du four, qui émettait du CO2 en se combinant à l’oxygène.
L’industrie pourrait ainsi obtenir de l’aluminium plus propre et plus rentable. Vincent Chris, nouveau PDG d’Elysis, parle de 15 % de gain de productivité et d’une baisse de 15 % des coûts de production.
Pour le premier ministre canadien, Justin Trudeau, « il s’agit de la plus importante innovation dans l’industrie de l’aluminium depuis plus d’un siècle et d’une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique ». Elle pourrait, selon lui, contribuer à réduire de 6,5 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre au Canada. On comprend son enthousiasme à l’heure où la lutte contre le réchauffement piétine dans ce pays.
« Si elle se concrétise, cette annonce pourrait apporter une véritable révolution pour l’industrie de l’aluminium, assure Patrick Bonin, responsable de la campagne climat énergie chez Greenpeace Canada. Reste à connaître tous les impacts environnementaux qui découleraient de l’utilisation de cette nouvelle technologie. »
1 % des émissions de gaz à effet de serre
A lui seul, le Québec produit 2,8 millions de tonnes d’aluminium primaire par an avec l’actuel procédé de fabrication par électrolyse, note Claude Villeneuve, spécialiste en sciences de l’environnement à l’Université du Québec, à Chicoutimi. Et pour en obtenir une tonne, la combustion émet 1,5 tonne de CO2. Cela ne devrait plus être plus le cas.
Apple – qui a provoqué le rapprochement entre Alcoa et Rio Tinto – veut se montrer écoresponsable, mais ses ordinateurs portables, iPad et iPhone demandent beaucoup d’aluminium. « Nous sommes fiers de participer à ce nouveau projet ambitieux », a déclaré son PDG, Tim Cook, assurant qu’il attend la suite « avec impatience ».
Pour le secteur de l’aluminium, qui génère directement 1 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l’industrie mondiale (responsable elle-même de 21 % des émissions à l’échelle planétaire), ses performances en termes de bilan carbone devraient stimuler les ventes d’Elysis.
Une centaine de chercheurs, techniciens et ingénieurs vont s’installer prochainement à Jonquière pour travailler à la phase industrielle de la technologie d’abord développée dans les laboratoires d’Alcoa à Pittsburgh (Pennsylvanie). Il est prévu une année de tests avant d’aller plus loin.
« Le potentiel est là, estime Claude Villeneuve. Et si de gros acteurs comme Alcoa, Rio Tinto et Apple investissent autant, c’est qu’ils ont bon espoir d’arriver à parvenir à produire de l’aluminium sans émissions de CO2, peut-être entre 2023 ou 2028. »



                            


                        

                        

