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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné, jeudi, l’entreprise à verser 126 000 euros à l’une de ses employées de Colisposte.
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La Poste condamnée pour ne pas avoir protégé une salariée du harcèlement sexuel et moral de son chef

Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné, jeudi, l’entreprise à verser 126 000 euros à l’une de ses employées de Colisposte.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h50
    |

            Francine Aizicovici








                        



   


La Poste a été condamnée, jeudi 17 mai, par le conseil de prud’hommes de Paris, à verser plus de 126 000 euros à une de ses salariées pour ne pas l’avoir protégée du harcèlement moral et sexuel par son supérieur hiérarchique durant près de quatorze années. Dans cette somme sont inclus des dommages et intérêts pour harcèlement sexuel (30 000 euros) ainsi que pour harcèlement moral (25 000 euros), pour manquement de l’employeur à son obligation de préserver la sécurité du personnel (10 000 euros), et pour licenciement nul (35 000 euros). La jeune femme, qui travaillait sur le site de Coliposte de Val-de-Reuil (Eure) avait en outre demandé la résiliation judiciaire de son contrat de travail, qui lui a été accordée, « aux torts de l’employeur ». On ne connaît pas pour le moment les motivations de ce jugement, celui-ci ne sera disponible que dans quelques jours.
En arrêt maladie depuis 2015 pour « dépression réactionnelle par stress au travail », Emmanuelle E., 36 ans, qui a tenté deux fois de se suicider, savoure cette « grosse victoire. La justice me reconnaît enfin en tant que victime. Au travail, on m’avait rabaissée, enlevé ma dignité, le tribunal me l’a rendue ». Dès son embauche, à 19 ans, en 2001, dans ce qui est son premier emploi, cet homme, raconte-t-elle, lui a fait subir des gestes déplacés, des agressions sexuelles et deux tentatives de viol. Tétanisée, sans soutien de ses collègues, craignant de perdre son emploi, elle ne révélera sa situation qu’en mars 2015 au syndicat SUD-PTT qui alerte la direction.

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                Harcèlement : La Poste reconnaît le statut de victime à une employée



« La Poste traite le sujet du harcèlement sexuel avec la plus grande attention, souligne l’entreprise. La question de l’égalité professionnelle et, en particulier, celle de la prévention des violences faites aux femmes constitue une priorité pour La Poste. Lorsqu’une personne se plaint, ou qu’elle a connaissance de faits, La Poste ouvre une enquête interne. C’est ce qui a été fait pour [cette salariée] dès que La Poste a été informée de sa situation (…). A l’issue de ce protocole, la personne mise en cause a été immédiatement suspendue et une procédure disciplinaire a été engagée. » Procédure qui n’a pas abouti, l’intéressé ayant été autorisé à prendre sa retraite en novembre 2017, avant la tenue du conseil de discipline.
« Des affaires de cette sorte sont vite étouffées »
La Poste, qui avait, lors de l’audience le 9 mars 2018, opéré une volte-face de dernière minute dans son argumentation, en reconnaissant finalement les faits tout en estimant qu’ils étaient prescrits, indique qu’elle « ne commente pas une décision de justice ». « L’entreprise a reconnu que ma cliente a vécu un calvaire pendant des années, estime Maude Beckers, l’avocate d’Emmanuelle E.. J’ose espérer qu’elle ne va pas lui faire vivre à nouveau un calvaire en faisant appel. Elle doit tirer les conclusions de ce jugement et la protéger. » Ce jugement « va enfin permettre à Emmanuelle de se reconstruire, estime le syndicat SUD-PTT. Pour cela, il est nécessaire que La Poste ne fasse pas appel (…) .M. Desjacques, le nouveau DRH, chantre du management bienveillant, est maintenant devant ses responsabilités. S’il veut conserver de la crédibilité, il doit siffler la fin de ce dossier et se conformer au présent jugement. » 

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                Sondage : une femme sur trois victime d’une forme de harcèlement sexuel pendant sa carrière



Demandé par Emmanuelle E., l’affichage de cette décision est ordonné par le conseil de prud’hommes « dans les entités de La Poste ». « Des affaires de cette sorte sont vite étouffées, déplore-t-elle. Peut-être que ce jugement aidera d’autres victimes » à parler.
Autre bonne nouvelle pour la jeune femme : ce jeudi 18 mai, la police la convoque au sujet de sa plainte au pénal pour harcèlement sexuel contre son agresseur, déposée en 2016, pour la période échappant à la prescription. « J’espère que La Poste me rejoindra sur cette plainte, souligne Emmanuelle E.. Elle a une chance de se racheter, qu’elle la saisisse. »
Son avenir à elle ? « Je dois d’abord faire le deuil de cette entreprise. » Ensuite, elle voudrait se reconvertir « dans le droit ou les ressources humaines pour lutter contre le harcèlement sexuel ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
    |

Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Avant la dixième séquence de grève de deux jours, la SNCF prévoit pour le 17 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq.
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Grève SNCF : le trafic TER encore très perturbé vendredi

Avant la dixième séquence de grève de deux jours, la SNCF prévoit pour le 17 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h09
   





                        


La SNCF prévoit vendredi 18 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq, a annoncé jeudi la direction de l’entreprise ferroviaire.
Les conditions de trafic sont « parmi les meilleures constatées depuis le début de la grève », lancée début avril par les syndicats de cheminots, a commenté le directeur général adjoint de la SNCF, Mathias Vicherat.
TGV, en moyenne un train sur deux :
un train sur deux sur l’axe atlantique ;quatre trains sur cinq sur l’axe est ;deux trains sur cinq sur l’axe nord ;trois trains sur cinq sur l’axe sud-est.
Transilien, en moyenne un train sur deux :
RER A : un train sur deux ;RER B : un train sur deux sur la portion nord et deux trains sur trois sur la portion sud ;RER C : un train sur trois ;RER D : deux trains sur cinq ;RER E : deux trains sur cinq.
International, en moyenne deux trains sur trois :
un trafic quasi normal des Eurostar et des Thalys ;un train sur deux entre la France et la Suisse et entre la France et l’Espagne ;un train sur trois entre la France et l’Italie.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.
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Les villes compteront 2,5 milliards d’habitants en plus en 2050

New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h58
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Dans dix ans, New Delhi ravira à Tokyo le titre de ville la plus peuplée du monde, que la métropole nippone conserve depuis le milieu des années 1950. La cité indienne comptera alors quelque 39 millions d’habitants – 10 millions de plus qu’aujourd’hui ! –, tandis que la capitale du Japon plafonnera à 37 millions. Ce changement de hiérarchie n’est qu’un des nombreux bouleversements promis par l’urbanisation rapide d’une partie de la planète, selon une étude des Nations unies rendue publique mercredi 16 mai.
Le nombre de citadins est déjà passé de 751 millions en 1950 à 4,2 milliards en 2018. Le mouvement est loin d’être terminé. Alors que le pourcentage de population urbaine est aujourd’hui de 55 %, il atteindra 68 % en 2050, selon cette actualisation des projections démographiques de l’ONU. Au mitan du siècle, les villes compteront 2,5 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Un accroissement qui prendra place à près de 90 % en Afrique et en Asie. Plus précisément, trois pays seulement concentrent plus du tiers de cette explosion urbaine : l’Inde, la Chine et le Nigeria. La première devra être capable d’absorber 416 millions de citadins supplémentaires, la deuxième 255 millions, le géant africain 189 millions.

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                A Kuala Lumpur, les acteurs de la ville au chevet de l’urbanisation de la planète



Multiplication des bidonvilles
Si l’Europe, les deux Amériques et l’Océanie sont déjà très majoritairement urbanisées, le taux de population vivant en ville n’est encore que de 50 % en Asie et de 43 % en Afrique. Sur ces deux continents, l’accroissement de la population et l’exode rural se conjuguent pour faire grossir les villes à un rythme que les autorités peinent à suivre. A la clé, une multiplication galopante des bidonvilles, avec de graves risques sanitaires, sociaux et environnementaux. La difficulté est d’autant plus vive que l’essentiel de cette urbanisation se fait dans des villes moyennes, peu armées pour l’anticiper. Ainsi, près de la moitié de la population urbaine sur la planète vit dans des villes de moins de 500 000 habitants.

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                Les habitants des bidonvilles en première ligne face à l’urbanisation du monde



De façon plus spectaculaire, 33 mégapoles dépassent d’ores et déjà les 10 millions d’habitants, et il devrait y en avoir 43 d’ici à 2030, dont 15 dépasseront les 20 millions d’habitants. A cette échéance, Dacca (Bangladesh) atteindra 31 millions d’habitants, Le Caire (Egypte) en comptera 29 millions, Bombay (Inde) et Kinshasa (République démocratique du Congo) auront 27 millions de résidents chacune, Lagos (Nigeria) 24 millions, Karachi (Pakistan) 23 millions… La métropole de Paris, encore à la 26e place du classement des 30 plus grandes villes du monde en 2015 avec ses 11 millions d’habitants, en aura disparu en 2025.
Parallèlement, la population des campagnes, qui a connu une croissance modérée depuis 1950 jusqu’à atteindre 3,4 milliards de ruraux, devra atteindre un pic d’ici quelques années, avant de décliner à 3,1 milliards d’habitants en 2050.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Communecter recense les lieux de consommation alternatifs. Il a reçu le Prix « Le Monde » - Smart Cities dans la catégorie de la participation citoyenne
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Un réseau social par et pour les territoires

Communecter recense les lieux de consommation alternatifs. Il a reçu le Prix « Le Monde » - Smart Cities dans la catégorie de la participation citoyenne



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h01
    |

            Claire Legros








                        



   



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                Les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Une conférence du « Monde » à Lyon le 17 mai



Recenser en un clic les tiers-lieux de la région des Hauts-de-France ou les magasins de produits en vrac labellisés par l’association Zero waste (« zéro déchet ») en Ile-de-France, c’est désormais possible avec Communecter. La plate-forme, d’abord déployée à La Réunion, en Bretagne, à Toulouse, sur la métropole de Lille, mais aussi à Madagascar, en Allemagne et en Belgique, a été créée en 2016 par quatre développeurs et graphistes originaires de La Réunion. Réunis au sein de l’association Open Atlas, ils veulent « transformer la façon de vivre et de travailler sur un territoire ».
L’outil, conçu en logiciel libre, fonctionne comme un Wikipédia des compétences locales. Sa gestion est collaborative, les données publiques ouvertes. Les données personnelles ne sont pas monétisées. Où qu’ils se trouvent, les acteurs locaux – associations, entreprises, collectivités ou particuliers – peuvent s’y inscrire en indiquant leurs domaines d’activité. Une cartographie et un agenda permettent de visualiser les propositions. « A terme, nous voulons créer un “commun” de compétences sur l’ensemble des territoires pour impulser des collaborations », indique Jérôme Gontier, l’un des bénévoles à l’origine du projet. Plus qu’un simple annuaire, le projet vise à devenir un réseau social pour développer l’action collective. De nouveaux modules encore en chantier proposeront des outils de participation citoyenne, des assemblées générales en ligne, et une « place de marché » virtuelle pour partager besoins et ressources.
Appel au financement participatif
Dans le domaine de la citoyenneté locale, où de nombreuses solutions ont vu le jour ces dernières années, Communecter veut tenir une place à part, être à la fois outil de « civic tech » à l’usage des collectivités (avec un abonnement) et plate-forme mise à disposition (gratuitement) des associations, entreprises et particuliers. « On parle beaucoup de territoires intelligents aujourd’hui, mais l’impulsion vient en général des institutions. Pour nous, ce sont les gens qui y vivent qui vont apporter des solutions », remarque Jérôme Gontier.
L’association, qui avait lancé un appel au financement participatif, a recueilli presque la moitié des 500 000 euros nécessaires au développement des différents modules.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.
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Festival international de journalisme : faites votre choix

Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h48
   





                        


Il va falloir choisir ! Comme tout festival qui se respecte, le Festival international de journalisme, organisé par le groupe Le Monde les 13, 14 et 15 juillet à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), contraindra ses participants à quelques choix déchirants. Un exemple, pioché au hasard dans le programme du festival : aller rencontrer Florence Aubenas (Le Monde) ou Jean-Michel Aphatie (Franceinfo), ou bien encore assister à la représentation de la pièce 50, jouée par Siriki Traoré et Mohamed Koné, deux migrants qui feront l’aller-retour depuis le Festival d’Avignon ?

Le programme complet des 3 jours est en ligne ! Tout beau , tout chaud 👍 https://t.co/l7mwwhNNjg— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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S’intéresser aux nouveaux médias avec Hugo Clément (Konbini), au rapport qu’entretient l’historien Benjamin Stora avec l’actualité, à l’avenir du vin face au réchauffement climatique, au regard de journalistes européens sur la France de Macron ou bien participer à des ateliers consacrés à la radio ou aux fake news ? Et ce ne sera pas plus simple le soir, quand il faudra choisir entre une projection en plein air d’En guerre, le film de Stéphane Brizé présenté à Cannes, un DJ-set sur la place de l’église ou une discussion en bord de Garonne et au clair de lune avec Pierre Haski, le président de Reporters sans frontières, et ses invités.
Forum à ciel ouvert
Tous les jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures va se transformer en forum à ciel ouvert où l’on parlera journalisme et actualité, où les festivaliers pourront passer un quart d’heure en tête-à-tête avec Luc Bronner (directeur de la rédaction du Monde), Sophie Fontanel (L’Obs), Pierre Murat (Télérama) ou David Pujadas (LCI), où l’on refera le monde autour d’une bouteille de côtes-du-marmandais ou devant une assiette de tomates bio du pays, avant d’aller se rafraîchir en piquant une tête dans la Garonne, exceptionnellement ouverte à la baignade.

Une page pleine dans @sudouest aujourd’hui sur la prochaine édition de @FestJournalisme à Couthures-sur-Garonne (47… https://t.co/bmcZK1lm7H— JcWasner (@JC Wasner)


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Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016. Le tout sous le haut patronage de Benoît Poelvoorde, parrain du festival et artiste iconoclaste, qui viendra épicer ces trois journées de ses interventions inopinées.
Depuis le mois de janvier, un comité éditorial de dix-huit journalistes de Courrier International, du Huffington Post, du Monde, de L’Obs, de Télérama, mais aussi de médias extérieurs au groupe Le Monde, s’est attelé à concocter un programme dense et attractif autour de sept thématiques. Quatre d’entre elles font écho à l’actualité : « vivre avec les robots » ; « les chemins de l’exil » ; « après #MeToo, où sont les hommes ? » ; « vins du futur, futur du vin ». Les trois autres parlent du métier d’informer : « journalisme et politique, fatale attraction ? » ; « éducation à l’information, tout est à (re) faire » ; « journalistes, des historiens de l’immédiat ».

On en parlera bientôt à Couthures #FestJournalisme "Education à l’information : tout est à (re)faire" @rsenejoux… https://t.co/Fv9YIqdVQd— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Chacune de ces thématiques se déclinera sur trois demi-journées et sous des formes diverses : témoignages, récits, témoignages, projections, quiz… On verra les festivaliers se lancer dans l’exercice de l’entretien politique sous les yeux d’intervieweurs professionnels ou débattre ensemble de la position des médias par rapport aux migrants. Parmi les invités de ces thématiques, de nombreux journalistes, bien sûr, mais aussi des experts comme l’anthropologue Mélanie Gourarier, le biologiste Gilles-Eric Séralini ou le psychiatre Serge Tisseron et des représentants de la société civile (Cédric Herrou) et du monde politique (Aurore Bergé et Alexis Corbière).

Venez discuter robots et #IA  avec @SergeTisseron @rozieres @CathVince au #festijournalisme à Couthures… https://t.co/VAWhZGVJ5u— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Soyons clairs : il ne s’agit pas de se lancer dans un exercice de trois jours d’autojustification corporatiste, mais bien d’appuyer sur la touche « pause », en ce début d’été, pour se poser ensemble les bonnes questions – y compris celles qui fâchent – sur l’exercice du métier de journaliste et les dérives de l’information, dans une période où les questionnements et les remises en cause ne manquent pas. D’où la présence à Couthures de personnalités dont les journalistes du groupe Le Monde ne partagent pas forcément les points de vue et analyses.
Relation directe entre festivaliers et intervenants
A côté de ces thématiques, de nombreuses propositions seront faites aux festivaliers. Comme le principe de festival est de favoriser la relation directe, tous les intervenants du jour et les festivaliers seront invités à venir échanger à l’heure de l’apéro en bord de Garonne. Un speed dating quotidien permettra de passer un quart d’heure en tête-à-tête avec le journaliste de son choix. La librairie éphémère du village proposera des séances de dédicaces avec les auteurs présents.
Au kiosque international, animé par le quotidien suisse Le Temps et par Courrier international, on évoquera le regard porté par la presse internationale sur la France et les journalistes français. Côté performances, le collectif d’artistes bordelais De Méche investira le village. On pourra découvrir également le travail du photographe turc Cagdas Erdogan, dont la présence est espérée malgré son procès à venir le 1er juin.

La France et les journalistes français dans le miroir (parfois déformant) de la presse étrangère ? Une coproduction… https://t.co/x9SLCyeq5x— LTwerly (@Richard Werly)


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Des documentaires seront diffusés toute la journée dans l’église de Couthures, où Reporters sans frontières, association partenaire du festival, organisera une projection-débat autour du film Pentagon Papers. On parlera football avec le philosophe Jean-Claude Michéa, invité de l’Apéro du quotidien Sud-Ouest. Autres partenaires, avec les collectivités locales dont l’engagement au côté du groupe Le Monde a permis de pérenniser ce festival : France 3 Nouvelle Aquitaine, la revue Far-Ouest et l’association Colibris, qui proposera un atelier participatif sur « le web citoyen au service de la démocratie ».
Des ateliers pour tous les âges attendront les festivaliers : les enfants de la P’tite Rédac rédigeront le P’tit Monde, le quotidien du festival, alors que les adolescents, accompagnés par un journaliste de l’équipe Snapchat du Monde, réaliseront chaque jour une édition spéciale à la mode de leur application favorite. A tous, l’association Entre les lignes, qui favorise les interventions de journalistes en milieu scolaire, proposera des ateliers consacrés aux fausses informations et à la caricature, pendant que les jeunes journalistes de Radio Parleur initieront les festivaliers à leur média de prédilection.
Le soir, concerts, performances et DJ-sets prendront le relais. Ce n’est pas parce que l’on parle de choses sérieuses dans la journée qu’on n’a pas le droit de faire la fête !

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Programme détaillé, informations pratiques et billetterie sur le site du festival : www.festivalinternationaldejournalisme.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’Institut méditerranéen de la ville et des territoires constituera, à la rentrée 2022, un pôle d’enseignement supérieur et de recherche, trio inédit d’écoles d’urbanisme, de paysagisme et d’architecture.
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A Marseille, un campus pluridisciplinaire va réinventer la ville méditerranéenne

L’Institut méditerranéen de la ville et des territoires constituera, à la rentrée 2022, un pôle d’enseignement supérieur et de recherche, trio inédit d’écoles d’urbanisme, de paysagisme et d’architecture.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h29
    |

            Feriel Alouti








                        



   


En 2022, dans le quartier populaire de la porte d’Aix, situé au cœur de Marseille, le regard des badauds s’arrêtera forcément sur cette immense façade blanche et ces grands arbres plantés à l’abri du mistral. A l’intérieur, chaque jour, 1 300 étudiants et 350 enseignants et chercheurs se croiseront, animés par un seul objectif : inventer la ville de demain.

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Pour y parvenir, l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille (ENSA-M), l’Institut d’urbanisme et d’aménagement régional (IUAR) de l’université Aix-Marseille – aujourd’hui implanté à Aix-en-Provence – et l’antenne marseillaise de l’Ecole nationale supérieure du paysage de Versailles (ENSP) se réuniront, avec leurs laboratoires de recherche respectifs, sous le même toit, celui du futur Institut méditerranéen de la ville et des territoires (IMVT). Une initiative inédite pour ces disciplines qui relèvent chacune d’une tutelle ministérielle différente.
« La culture des architectes, des urbanistes et des paysagistes n’est pas antagoniste mais complémentaire. Les étudiants ont beaucoup à apprendre les uns des autres », estime Jean-Marc Zuretti, directeur de l’ENSA-M depuis 2015. « Il est important que cette proximité et cette confrontation aient lieu car la fabrique de l’espace n’appartient pas intégralement à l’une ou l’autre discipline. Dans la réalité professionnelle de la fabrique de la ville, les acteurs dialoguent sans cesse », rappelle Vincent Piveteau, directeur de l’ENSP.
Si, ailleurs en France, certaines écoles, comme à Lille et Bordeaux, mêlent pendant quelques semaines l’enseignement de l’architecture et celui du paysagisme, c’est la première fois que l’urbanisme s’invite dans l’équation. « Bien que ça puisse paraître surprenant, il faut apprendre à se connaître. Il y a, sur nos disciplines, des idées préconçues et des appréhensions, mais à partir du moment où l’on se retrouve pour échanger, il y a quelque chose qui tient de la méconnaissance et de la crainte qui disparaît », veut croire Emmanuel Matteudi, directeur de l’IUAR.
Pour renforcer les liens, les trois directeurs entendent mettre sur pied des pédagogies interdisciplinaires et collaborer sur des projets de recherche, tout en conservant l’autonomie des disciplines. « Ce n’est pas demain que l’on va former un “architecte-paysagiste-urbaniste” », prévient Vincent Pineteau qui souhaite préserver l’identité des métiers. Chaque directeur va toutefois « essayer d’harmoniser » les calendriers pédagogiques. « Je ne dis pas qu’on va y arriver, mais on va essayer », sourit Jean-Marc Zuretti, qui désire proposer, en collaboration avec ses homologues, des « phases courtes » constituées d’ateliers, en gardant à l’esprit le modèle de l’Alliance Artem, qui rassemble, dans une ancienne caserne militaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle), une école de commerce, une école d’ingénieurs et une école d’art et de design, au sein de l’université de Lorraine et avec le soutien des collectivités publiques régionales.

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Multiplier les collaborations
A Marseille, si, jusqu’à présent, l’éloignement géographique entre les formations décourage bien souvent toute ambition collective, avec ce nouvel institut les possibilités de collaboration vont se multiplier. « On peut, par exemple, imaginer des échanges d’enseignants », relève Vincent Piveteau. « Pourquoi pas des passerelles entre les formations ? », propose Emmanuel Matteudi. « En master, on peut imaginer que certains cours soient ouverts aux autres formations », suggère Jean-Marc Zuretti.
Autant d’idées qui doivent désormais être débattues. Les directeurs des trois formations ont, ainsi, commencé à lancer des groupes de travail pour réfléchir au contenu pédagogique, à la manière de se répartir les locaux et à la gouvernance de l’IMVT.
Pour un coût total de 49,7 millions d’euros, dont 52 % sont financés par l’Etat et 40 % par les collectivités locales – 12,1 % pour la Ville, le conseil régional et la métropole et 4 % pour le département des Bouches-du-Rhône –, le futur campus de la porte d’Aix comprendra trois espaces. Un consacré à la recherche et à l’expérimentation numérique, un autre à la formation. Quant au dernier, il réunira la bibliothèque, deux amphithéâtres ainsi qu’un espace forum de 500 m² qui permettra d’accueillir des conférences et des expositions. L’école d’architecture sera, par ailleurs, la seule à présenter un cycle d’études conduisant à un diplôme de licence. Les trois établissements feront se côtoyer leurs étudiants de second cycle (master d’urbanisme, diplôme d’Etat de paysagiste et diplôme d’Etat d’architecte).
L’ingénierie oubliée
L’IMVT a également pour vocation de renforcer la visibilité de chacun des trois établissements pour se positionner ensemble comme un pôle de référence et d’expertise sur la ville et les territoires à l’échelle méditerranéenne. De quoi favoriser l’insertion professionnelle des diplômés, et pourquoi pas « la création de collectifs hybrides », imagine le directeur de l’ENSP.
« Ce dispositif inédit, original, peut booster la visibilité des trois écoles et du coup faire que nos étudiants donnent, à juste titre, l’impression d’être bien formés », prédit pour sa part son collègue de l’IUAR – tout en précisant que de 80 à 100 % des diplômés de l’Institut d’urbanisme qu’il dirige trouvent un emploi dans la première année qui suit la fin de leur formation.
Seul regret, émis par le Syndicat des architectes des Bouches-du-Rhône, le fait que l’école d’ingénierie ne soit pas associée au projet. « On ne sait plus créer, inventer, innover sans les ingénieurs, rappelle Nicolas Salmon-Legagneur, son vice-président. C’est la réalité dans laquelle on évolue et nous regrettons que le domaine universitaire soit un peu lent à créer cette jonction. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La déchetterie flottante River Tri, à quai sur la Saône chaque samedi, a obtenu le Prix « Le Monde » - Smart Cities de l’innovation urbaine.
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A Lyon, une péniche très sélective

La déchetterie flottante River Tri, à quai sur la Saône chaque samedi, a obtenu le Prix « Le Monde » - Smart Cities de l’innovation urbaine.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h00
    |

            Jessica Gourdon (Envoyée spéciale à Lyon)








                        



   



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En ce samedi matin ensoleillé, Louis Sirot a rempli la remorque de son vélo électrique avec « cinq cartons de vieux trucs ». En l’occurrence deux néons, un lecteur de DVD, des insecticides, un décodeur, une lampe cassée… Direction le quai Fulchiron, au bord de la Saône, en plein cœur de Lyon. C’est ici que s’amarre, tous les samedis, la péniche River Tri, une déchetterie flottante unique en Europe. Les employés en combinaison orange fluo aident le cycliste lyonnais à décharger ses cartons et à répartir leur contenu dans les grands bacs qui font face au quai : métal, textiles, meubles, batteries, produits chimiques, écrans, encombrants… En fin de journée, la péniche se dirigera vers le port avec ses conteneurs, qui seront ensuite dirigés vers les filières de recyclage.
Quel est le potentiel de River Tri ? Depuis décembre 2016 et jusqu’à la fin 2018, cette structure expérimentale est financée par plusieurs institutions (la région et la métropole de Lyon, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie…), qui ont rassemblé 2,4 millions d’euros pour concevoir et faire tourner ce projet. L’enjeu : désengorger les deux déchetteries de la ville, limiter le trafic des camions de collecte dans le centre, encourager les habitants à trier à proximité de chez eux, limiter les trajets en voiture jusqu’aux déchetteries périphériques, mieux utiliser le potentiel des fleuves en ville… « Et au vu du prix du foncier à Lyon, l’idée de mettre une déchetterie sur l’eau, c’est une vraie solution », affirme François Pyrek, l’un des directeurs de Suez Rhône-Alpes, exploitant de River Tri.
Les habitants restent sur le quai et jettent leurs déchets directement dans la barge
Si l’idée semble simple, la réalisation a été plus compliquée qu’on ne l’imagine. Il a d’abord fallu trouver un bout de quai accessible et non utilisé, qui ne sont plus si nombreux à Lyon. Le consortium qui exploite River Tri – Suez, la Compagnie fluviale de transport, Voies navigables de France (VNF) et la Compagnie nationale du Rhône – a ensuite racheté à Lafarge une barge de 65 mètres qui transportait auparavant du sable, et l’a transformée en déchetterie. Pour cela, il a fallu concevoir un système breveté de bennes dotées de bras robotisés, qui permettent aux habitants de jeter directement, depuis le quai, leurs différents déchets dans le bateau.
La métropole, qui finance en partie le projet, décidera-t-elle de pérenniser cette installation ? En vitesse de croisière, River Tri tournerait avec « 500 000 euros par an », estime François Pyrek. Une somme conséquente au vu des cent usagers qui s’y rendent, en moyenne, chaque samedi. Pour mieux rentabiliser cette installation, d’autres jours d’ouverture hebdomadaire sont à l’étude, avec pourquoi pas une utilisation par des professionnels. A l’avenir, Suez aimerait développer ce type de service ailleurs – plusieurs métropoles s’intéressent déjà au projet – ou le décliner sous différentes formes, par exemple pour collecter les déchets des paquebots de plaisance.
Pas de déchets putrescibles à bord
« Le potentiel des fleuves pour le transport de déchets est énorme », estime Cécile Cohas, de VNF. Certaines agglomérations misent déjà dessus. En région parisienne, des mâchefers sont transportés sur des barges à la sortie des usines d’incinération, afin de réduire le trafic routier. « Le gros atout du transport fluvial des déchets, c’est que les barges peuvent transporter des quantités très importantes, commente Marie Douet, chercheuse au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Et c’est un mode de transport peu polluant. » Mais pas complètement écologique. Le « pousseur » de River Tri fonctionne avec un moteur à essence. Pour la deuxième phase, les concepteurs planchent sur un moteur alimenté par une batterie à hydrogène, pour atteindre l’objectif d’une « déchetterie zéro émission ».
Reste que ce type d’installation comporte diverses contraintes. Gaël Cellier, en sueur après être descendu de chez lui avec un sac de gravats fixé sur un diable, doit faire demi-tour : River Tri ne les prend pas, trop lourds. A peine fâché, cet habitant du vieux Lyon trouve quand même l’idée de la déchetterie fluviale « géniale », et promet de revenir avec des cartons. Louis Sirot regrette, quant à lui, que River Tri ne récupère pas ses déchets verts, mais rien de putrescible n’est admis sur la péniche.
Principal inconvénient de la barge : elle ne peut être amarrée que si le temps et le niveau du fleuve le permettent
Le principal inconvénient de cette déchetterie fluviale en plein air reste que son fonctionnement dépend des conditions météorologiques, et en particulier des crues. En 2017, elle a dû fermer deux samedis dans l’année seulement, « mais en 2018, on n’a pas pu amarrer la péniche pendant plus de deux mois », reconnaît François Pyrek. Certains habitants, qui avaient fait le déplacement et découvert l’absence de la péniche sur le quai Fulchiron, avaient laissé leurs déchets sur place, livrés au vent… L’information des habitants en temps réel, par une page Web ou les réseaux sociaux, reste à créer.
Si l’expérience River Tri est encore perfectible, il est certain qu’elle suscite l’enthousiasme de ceux qui s’y rendent. On y vient seul, en couple ou en famille, en voiture ou à pied. Souvent, on profite de ce joli décor au bord de l’eau pour discuter avec d’autres habitants ou avec les employés de River Tri. « Les gens nous posent beaucoup de questions, on leur apprend deux ou trois trucs sur le recyclage », raconte Johan, un étudiant en psychologie qui travaille comme intérimaire à River Tri. Sur ce bout de quai, une nouvelle vie s’est créée. Et ce matin-là, ils ont été nombreux à demander : « Pourquoi vous ne vendez pas des cafés ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Rythme effréné, revenus jugés insuffisants, marges de manœuvre limitées… Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député et sur la composition, très élitiste, de l’Hémicycle.
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Député, ce dur métier d’élite

Rythme effréné, revenus jugés insuffisants, marges de manœuvre limitées… Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député et sur la composition, très élitiste, de l’Hémicycle.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h43
    |

                            Etienne Ollion (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Il est des phrases prononcées à demi-mot qui ne passent pas inaperçues. Depuis les élections législatives du printemps 2017, plusieurs députés ont exprimé leur mécontentement. Les revenus, jugés insuffisants par certains, furent d’abord mis en cause : « Difficile de joindre les deux bouts », a glissé un élu ; financièrement, « ça ne peut pas durer », a ajouté un autre. Jusqu’à cette déclaration rapportée par le journal L’Opinion : « Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes. J’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager », se serait plainte une parlementaire La République en marche (LRM).
Accueil frais
L’argent n’est pas leur seul grief. Le rythme de vie, imposé par une activité qui oblige à passer de longues journées à Paris et condamne souvent les week-ends à n’être qu’une succession de réunions, de permanences et d’inaugurations, est aussi régulièrement déploré. Après six mois de mandat, plusieurs élus se sont publiquement émus de ce rythme effréné, comme de leurs absences à répétition du domicile familial. Certains s’inquiètent même pour leur vie conjugale, allant jusqu’à prédire un taux de divorce sans précédent.
Et depuis presque un an, c’est la condition même du député qui est régulièrement évoquée de façon négative. Activité sous pression constante qui ne laisse que peu de temps pour s’investir pleinement, travail répétitif, quotidien où les rôles sont largement prescrits et les marges de manœuvre limitées : certains élus ont du mal à se faire à leur nouvelle vie.
C’est peu de dire que ces doléances, quand elles ont été rendues publiques, ont reçu un accueil frais. Il faut dire que le montant de l’indemnité parlementaire a peu de chance de susciter de la pitié pour les élus, même pour ceux qui, en quittant leur ancienne profession, auraient vu leur pouvoir d’achat diminuer. D’un montant de 5 700 euros net par mois pour les députés sans responsabilité particulière,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.
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Le mirage du système suédois de retraite

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Birgitta ne se plaint pas. Cette ancienne cantinière d’une usine d’Helsingborg, dans le sud de la Suède, a « la santé ». Ses enfants habitent à côté. Entre les promenades dans le quartier et les activités du club de retraités, elle trouve à s’occuper, même si elle doit veiller à ses dépenses. La fringante octogénaire touche 12 000 couronnes (environ 1 160 euros) de retraite et l’équivalent de 200 euros d’allocation logement par mois. Une fois les charges et le loyer de son deux-pièces payés, il lui reste 485 euros pour se nourrir et s’habiller.
Femme, sans diplôme, vivant seule, embauchée à mi-temps et partie en préretraite à 61 ans en raison d’une blessure au cou, elle aurait pu servir de tête d’affiche à la campagne lancée en février par Pensionsmyndigheten, l’Office suédois des pensions, pour sensibiliser les membres du Riskgruppen (le « groupe à risque ») – ces salariés dont les pensions atteindront à peine le seuil de pauvreté, le jour où ils arrêteront de travailler.
Au total, plus de 300 000 retraités suédois sont déjà dans cette situation (ils perçoivent moins de 1 165 euros par mois), soit 16,8 % des plus de 65 ans et 24,35 % des plus de 75 ans. Ils sont les grands perdants d’un système de retraite adopté en 1994 et qui sert aujourd’hui d’inspiration à la France, avec son régime universel, ses comptes notionnels (comptes individuels de cotisations) et des pensions indexées sur l’espérance de vie.
Il devait permettre de résoudre le financement des retraites, alors devenu intenable pour les finances publiques du royaume en raison du vieillissement de la population. Aucun âge légal de départ en retraite n’est fixé.
« L’idée a échoué »
La pension des retraités équivaut en moyenne à 53 % de leur salaire de fin de carrière, contre 60 % en 2000
A l’époque, explique Ole Settergren, analyste auprès de Pensionsmyndigheten, « le législateur pensait que si les pensions étaient indexées sur l’espérance de vie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Cette innovation remporte le Prix étudiant « Le Monde » - Smart Cities, remis en partenariat avec l’Ecole urbaine de Lyon.
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La capsule qui rend le vélo facile

Cette innovation remporte le Prix étudiant « Le Monde » - Smart Cities, remis en partenariat avec l’Ecole urbaine de Lyon.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
    |

                            Adrien Naselli








                        



   



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La pluie, les chauffards, la fatigue après la journée de boulot… Autant d’obstacles qui détournent de nombreux citadins du vélo. L’invention qui a germé dans la tête de Sébastien Roques, 26 ans, diplômé en 2015 de l’université de technologie de Compiègne (Oise), devrait renvoyer ces problèmes au garage : il a conçu une capsule sur laquelle les cyclistes viendront « clipser » leur propre vélo. Cette coque, qui porte le nom d’Evo, comme évolution, a remporté le Prix étudiant Le Monde - Smart Cities.
Grâce à elle, fini les gouttes sur le visage, réduits les risques d’accident avec les deux roues supplémentaires, oubliées les montées infernales grâce à l’appareillage électrique de l’engin. « Un bon vélo électrique coûte 2 000 euros, un scooter électrique encore plus cher… Avec Evo, tout le monde aura accès à la mobilité durable », défend Sébastien Roques. Sur le modèle du Vélib’en libre-service, le prototype d’Evo verra le jour à la rentrée et sera testé sur un campus privé fin 2019.
Le prix étudiant « Le Monde » Smart Cities est décerné en partenariat avec l’Ecole Urbaine de Lyon. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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L’Europe face au défi du vieillissement

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h26
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Les Finlandais appellent cela « äitiyspakkaus », et ils sont très fiers de cette tradition. Chez eux, chaque future mère reçoit de l’Etat, avant la naissance, une boîte en carton contenant tout le nécessaire pour le nourrisson. Une fois vide, elle se transforme en couffin. Symbole de la politique familiale généreuse du pays nordique, cette « baby box » fut créée en 1938 pour encourager la natalité. Mais aujourd’hui, elle ne suffit plus : en 2016, pour la première fois depuis cent quarante-huit ans, le nombre de morts (53 629) a dépassé celui des naissances (52 645) en Finlande. « Un choc, raconte Timo Hirvonen, économiste chez FIM Bank, à Helsinki. Cela nous a brutalement rappelé que nous vieillissons. Et que le déclin démographique va nous poser un défi majeur. »
Ce n’est pourtant rien à côté de celui qui attend l’Italie. Il y a quelques mois, le maire d’Ollolai, pittoresque village de Sardaigne, a mis en vente 200 maisons pour 1 euro chacune, dans l’espoir de repeupler son bourg : en cinquante ans, la population a chu­té de 2 250 à 1 300 habitants. Une ­dizaine de villages italiens ont déjà tenté l’expérience, avec plus ou moins de succès. Et d’autres devraient suivre : en 2017, la population de la péninsule, où les décès surpassent également les naissances, a fondu de 100 000 personnes. L’équivalent de la ville de Pise rayée de la carte.
Ces dix dernières années, l’Union européenne (UE) s’est concentrée sur l’urgence : réparer les dégâts de la crise de 2008, nettoyer son secteur bancaire, relancer l’économie. Elle en a presque oublié l’autre mutation à l’œuvre, susceptible de transformer son économie en profondeur. « Com­me l’ensemble des pays industrialisés, l’Europe vieillit rapidement du fait de l’allongement de l’espérance de vie et de la chute de la natalité », dit Laurent Chalard, géographe de la population à Paris-Sorbonne. Ces prochaines années, la plupart des pays membres vont voir leur population...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.
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Le vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euro

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h38
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est l’une des grandes énigmes de la reprise. En dépit du redémarrage de l’activité et de l’emploi, la dynamique des salaires dans les économies développées, et particulièrement dans la zone euro, reste faible au regard de ce qu’elle était il y a quelques décennies. Le phénomène n’est pas surprenant dans des pays tels que la France et l’Italie, où le taux de chômage demeure relativement élevé. Il l’est beaucoup plus en Allemagne, où le quasi-plein-emploi devrait alimenter une hausse plus franche des rémunérations et de l’inflation, son corollaire.

Pour les économistes, ce faible dynamisme est en partie lié à l’expansion des formes de sous-emploi et de précarité, comme les temps partiels subis ou les « minijobs » allemands. Cela tient aussi au développement des services, où les salariés sont moins syndiqués que dans l’industrie et, partant, en moins bonne position pour négocier des augmentations.
Une autre piste est évoquée : le vieillissement démographique. Sur les 7,5 millions d’emplois créés dans la zone euro depuis 2013, plus de 6 millions sont occupés par des travailleurs de plus de 50 ans. « Le taux de participation des travailleurs âgés de 55 à 64 ans à la population active a augmenté de 33 % à 55 % en moyenne dans l’OCDE depuis vingt ans », rappellent Benoît Mojon, économiste à la Banque de France, et Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une note publiée en mars sur le blog de la Banque de France.
« Aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Royaume-Uni, le vieillissement de la main-d’œuvre, lié à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite, à la hausse de l’espérance de vie et à la baisse de la natalité, est un frein à la dynamique salariale », souligne Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, qui travaille régulièrement le sujet. En effet, les plus de 55 ans expérimentés ont déjà un salaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.
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Cambridge Analytica : « Pour regagner le contrôle des données, les citoyens doivent remettre en cause le système dans son ensemble »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
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Ivan Manokha (Docteur en relations internationales et enseignant-chercheur à l’Université d’Oxford, spécialiste de la surveillance et de la protect...







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 mai, quarante-six jours après l’éclatement du scandale Cambridge Analytica, cette société de conseil politique londonienne ainsi que sa maison mère Strategic Communication Laboratories (SCL) ont annoncé leur fermeture. L’annonce est intervenue à la suite d’une campagne massive des médias, de la société civile et de la sphère politique internationale, s’appuyant sur les révélations des articles de l’Observer et du New York Times sur le vol des données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook par cette société.

Faut-il célébrer un tel aboutissement de la mobilisation contre Cambridge Analytica, ou devrions-nous nous inquiéter que le scandale puisse prendre fin aussi facilement ? La résolution de cette affaire aura eu des conséquences majeures. Elle a contribué à renforcer la distinction entre les moyens dissimulés de collecte de données, et ceux considérés comme légitimes. Toutefois, seule la collecte de données à l’insu de leur propriétaire a été condamnée. L’acquisition quotidienne de quantités gigantesques de données personnelles et leur monétisation pratiquées par des plates-formes numériques ont en revanche été validées.
Car l’affaire Cambridge Analytica conduit de manière plus fondamentale à se poser deux questions : quelles sont les conditions qui rendent possible la collecte de données « légitimes » et quelles en sont les conséquences sociétales ?
Collecte permanente
Nous vivons dans un monde marqué par deux nouveautés importantes. La première est le développement d’une nouvelle marchandise, les « données utilisateur », qui peut s’ajouter à la liste des trois « marchandises fictives » de Karl Polanyi (terre, travail et argent), c’est-à-dire les objets qui ne sont pas initialement produits pour la vente, mais qui deviennent marchandises vendables dans le cadre du capitalisme.
Le capital de plate-forme ne devient capital que lorsqu’il est combiné aux données de l’utilisateur,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.
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« La stratégie de la CFDT » en question

Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
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                            Philippe Askenazy (Economiste, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Tendances France. Quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, la CFDT est devenue officiellement le premier syndicat de France, à la faveur du dernier cycle des élections professionnelles. L’élection d’Emmanuel Macron était également de bon augure pour le syndicat, dont beaucoup de proches avaient soutenu le candidat, voire directement participé à ses équipes de campagne. Mais un an après, le scénario enchanté n’est pas au rendez-vous.
Pour les gouvernements, la CFDT était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT
Jusqu’ici, même s’il n’y a pas ­encore de mesure globale d’audience hormis les élections prud’homales, la hiérarchie syndicale semblait évidente : la CFDT était le deuxième syndicat hexagonal, devant FO, mais derrière la CGT. La stratégie nationale de la CFDT était alors bien huilée. Pour les gouvernements, elle était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT. Il fallait donc obtenir l’accord de la CFDT, qui était ainsi en position d’obtenir des concessions.
Plus la grogne était puissante, plus la concession était importante. La plus spectaculaire a été, lors de la réforme Fillon des retraites, les départs anticipés pour carrière longue : des dizaines de milliers de travailleurs ayant débuté tôt leur vie professionnelle, encore mineurs pour la plupart, ont pu obtenir une retraite pleine. Le succès du dispositif a dépassé très largement les estimations des administrations. Ce jeu s’est répété de gouvernement en gouvernement. La dernière concession importante a concerné à nouveau les retraites, avec la création du compte pénibilité à partir de janvier 2015. Alors que la CGT échouait à rejeter les réformes, la CFDT obtenait de nouveaux droits pour les travailleurs.
Prochaine étape : la SNCF
La CFDT était également très active au niveau des entreprises, cherchant à la fois à élargir son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.
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L’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            
Vlad Chalapco et Andra-Laura Oancea se sont rencontrés il y a deux ans au consulat de Roumanie à Stuttgart. Les deux jeunes Roumains, âgés de 25 ans, ont croisé leurs regards en dépouillant les bulletins de vote aux élections. Et ils ne sont plus quittés. Enfin, façon de parler. Pas question pour les tourtereaux de compromettre leurs carrières respectives. Après des études de mécatronique à l’université de Stuttgart, Vlad Chalapco poursuit actuellement ses études à Londres. Andra-Laura Oancea, elle, est restée à Stuttgart, où elle est cadre chez un sous-traitant automobile.
Dans l’Allemagne du quasi plein-emploi, les opportunités ne manquent pas pour les jeunes Roumains qualifiés. Difficile de résister aux sirènes de l’industrie allemande quand le salaire minimum roumain est d’environ 400 euros par mois. A 25 ans, Vlad Chalapco est en négociation pour un poste à l’Office européen des brevets, à Munich. Il est aussi en contact avec le groupe automobile et d’armement Rheinmetall. Ce dernier évalue actuellement un investissement en Roumanie et pourrait avoir besoin d’un directeur d’usine. « En Roumanie, l’enseignement en mathématiques, en physique et en chimie dans le secondaire est souvent très bon. A mon arrivée à l’université de Stuttgart je me sentais plutôt à l’aise, alors que certains de mes collègues allemands voyaient certains concepts abordés pour la première fois », se souvient Vlad.
Vlad Chalapco a eu la chance de fréquenter une école bilingue allemande en Roumanie. Son père, Vasile Chalapco, entrepreneur installé à Brasov, dans les Carpates, a tenu à ce que son fils poursuive ses études outre-Rhin. Mais aujourd’hui, l’hémorragie des jeunes Roumains commence à l’inquiéter. « J’ai beaucoup de difficulté à recruter des personnes qualifiées. Beaucoup de jeunes sont partis vers l’Ouest. Les gens qui restent ont vieilli. On manque d’ouvriers, mais aussi de personnel qualifié, des gens capables de développer les ventes et de bâtir un plan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.
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« Le risque majeur qui pèse sur le cinéma français est qu’il perde le contrôle de son propre avenir »

L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h34
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, cofondateur de l’ObSoCo (L’Observatoire société et consommation))







                        



                                


                            
Tribune. L’étude réalisée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) pour Unifrance sur la manière dont la filière française du cinéma perçoit son avenir à dix ans révèle bien un microcosme convaincu de traverser un épisode de mutation. Mais si le rôle du numérique est clairement identifié, les personnes interrogées peinent toutefois à se prêter au jeu des anticipations, et les visions de ce que pourrait être la filière du cinéma en 2027 paraissent marquées d’un conservatisme teinté d’optimisme.
Cet optimisme est visible à deux niveaux, qui constituent des nœuds de l’économie de la filière. Tout d’abord, le marché, que 61 % des répondants anticipent en croissance à l’échelle mondiale. Les débouchés promis par les pays émergents nourrissent cet élan d’optimisme, mais les prévisions sont à peine moins favorables concernant le marché français.

Or, si le cinéma français a plutôt bien traversé les crises antérieures, ce n’est pas le cas de tous les cinémas nationaux. Cette exception française tient pour beaucoup à un cadre institutionnel original dont découle une régulation efficace et protectrice. Mais aujourd’hui, la question centrale est celle de la capacité de ce système à s’adapter à une nouvelle donne sans compromettre les grands équilibres qui président au bon fonctionnement de la filière.
Myopie
Or, la révolution numérique en cours menace le système de financement. A commencer par la télévision, dont les répondants anticipent clairement le recul de la capacité contributive. Les professionnels sont beaucoup plus optimistes quant à l’avenir de la salle. Mais ne sont-ils pas victimes d’une myopie entretenue par une croyance profondément ancrée : rien ne remplacera jamais l’émotion qui naît de la vision d’un film en salle. Et pourtant, comment ne pas voir que le succès des nouveaux supports s’appuie non pas sur « le film de cinéma » mais sur d’autres formats, en particulier les séries, qui explorent d’autres modes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa réclament leur indépendance, quitte à s’affaiblir, note la journaliste du « Monde », Véronique Chocron dans sa chronique.
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« L’affaire du Crédit mutuel Arkéa révèle une faille dans la gouvernance des banques mutualistes »

Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa réclament leur indépendance, quitte à s’affaiblir, note la journaliste du « Monde », Véronique Chocron dans sa chronique.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h18
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                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & profits ». Les Parisiens qui circulaient jeudi 17 mai dans l’est de la capitale ont sans doute croisé la route d’une manifestation peu banale : le défilé de plus de 5 000 salariés du Crédit mutuel Arkéa, tout de rouge vêtus (la couleur du logo de la banque), marchant de Bastille à Bercy pour réclamer… leur indépendance.
Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa, jalouses de leur autonomie, veulent en effet rompre avec le reste du groupe Crédit mutuel. Elles entendaient le clamer haut et fort sous les fenêtres du ministère des finances pour faire pression sur le gouvernement. L’objectif ? Obtenir une disposition législative organisant la scission dans les meilleures conditions. Une cinquantaine d’élus locaux de l’ouest de la France et quelques patrons devaient se mêler au cortège.

C’est le dernier épisode de la guerre picrocholine qui mine le Crédit mutuel depuis plus de trois ans. Incessante, elle a déjà donné lieu à une multitude de procédures judiciaires, à une sanction interne, à un renversement d’alliance (le Crédit mutuel Massif central, affilié à Arkéa, veut désormais rejoindre le camp unioniste) ou à des rappels au règlement. Les superviseurs bancaires français et européen s’inquiètent aujourd’hui qu’Arkéa puisse se désaffilier de manière unilatérale du Crédit mutuel, sans avoir bouclé son projet de sortie.
Inertie des pouvoirs publics
Chacun a ses raisons. Le président d’Arkéa, Jean-Pierre Denis, veut développer une banque différente, tournée vers le financement de l’économie numérique, sans avoir à demander quitus à la structure de tête du groupe mutualiste. Dénonçant une aventure personnelle, la Confédération nationale du Crédit mutuel insiste sur le fait que l’union fait la force et qu’Arkéa dispose déjà de toute latitude pour se développer.
Que cette affaire soit jugée exaltante ou déplorable, elle soulève des questions. Elle révèle d’abord une faille dans la gouvernance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ « La Guide de voyage Paris » permet de découvrir la capitale sous l’angle des femmes qui y ont vécu… Et qui y sont si peu visibles.
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Un guide de voyage pour promouvoir le « matrimoine » parisien

« La Guide de voyage Paris » permet de découvrir la capitale sous l’angle des femmes qui y ont vécu… Et qui y sont si peu visibles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 13h52
    |

                            Adrien Naselli








                        



        Lire aussi :
         

                Les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Une conférence du « Monde » à Lyon le 17 mai




   


Un mardi matin, dans le métro bondé, une touriste recroquevillée sur son strapontin écorne un vieux guide de Paris aux pages jaunies par le temps. Il y est question de monuments, d’histoire, de grands hommes… Cette vision nous accompagne sur le chemin de notre rendez-vous avec Charlotte Soulary, auteure de La Guide de voyage Paris et lauréate du Prix de l’action culturelle dans le cadre des prix de l’innovation urbaine décernés par Le Monde. Son guide, publié grâce à un appel à financement réussi (9 000 euros récoltés sur 5 000 visés), nous propose de redécouvrir Paris à la lumière du « matrimoine », terme qui désigne « la mémoire des créatrices du passé et de la transmission de leurs œuvres » pour reprendre les mots de la conseillère de Paris Joëlle Morel. En 2015, une version alternative aux vénérables journées européennes du patrimoine était lancée par l’association HF Ile-de-France : les journées du matrimoine. Pourtant, malgré le vote en Conseil de Paris, en novembre 2017, d’un vœu de rebaptiser ces journées en « matrimoine et patrimoine », l’expression ne sera pas reprise pour la 35e édition, les 15 et 16 septembre 2018.
Femmes allégories
« Rendez-vous sur la terrasse Emilienne-Moreau-Evrard », écrivait Charlotte Soulary dans un texto. Un peu honteux de ne pas la connaître, ni de savoir où elle se trouve, on cherche sur Google Maps : rien. Aucune trace de cet endroit. Après quelques moments d’errance, nous finissons par retrouver Charlotte Soulary dans un coin de la place de la République, au pied d’un lampadaire orné d’une plaque au nom de la résistante, l’une des six femmes qui figurent parmi… les mille trente-huit Compagnons de la Libération. « C’est l’exemple parfait de l’invisibilisation des femmes dans l’espace public, dit Charlotte Soulary, pas mécontente de son effet. La mairie de Paris a beau faire des efforts pour donner le nom de femmes à des places et à des rues, le fait est qu’il n’y a plus assez d’espace pour les accueillir. On se retrouve donc avec des tiers-lieux comme celui-ci. » La terrasse Moreau-Evrard fut inaugurée lors de la rénovation de la place de la République, en 2013. Certaines applications ont mal orthographié le nom de famille d’Emilienne Moreau-Evrard. « Je ne sais pas à qui faire remonter l’information », dit Charlotte Soulary, désabusée.

   


Au beau milieu de la place trône la statue de dix mètres de haut d’une femme : la célèbre Marianne. « C’est une allégorie, pas une vraie femme, tranche Charlotte Soulary. La plupart des statues de femme qu’on croise à Paris ne représentent pas des personnages réels. Le pire dans tout ça, c’est qu’elles ont été installées durant la IIIe République, à une époque où les femmes n’avaient pas le droit de vote. » Ce sont donc ces messieurs qui décidaient s’ils voulaient voir une Marianne belliqueuse et sauvage — le sein nu du tableau de Delacroix — ou une Marianne austère et bourgeoise, comme celle de la place de la République parisienne. A ses pieds, trois allégories de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité surveillent les environs. « C’est ironique de voir que la Fraternité est représentée sous les traits d’une mère », fait remarquer Charlotte Soulary. Deux bambins se cachent en effet dans ses jupons. L’exemple est encore plus criant sur la façade de l’hôtel de ville de Paris, où ne sont représentés que des hommes ayant existé, les seules figures féminines étant des allégories des sciences et des arts.
Charlotte Soulary poursuit sa démonstration en prenant la direction du quartier de Belleville, où nous croisons une statue de grisette. « Encore une fois, il s’agit d’une figure et non pas d’une personne réelle. La grisette est une vendeuse de rue, une femme du Paris ouvrier qui exerce des petits métiers. Elle est l’exemple même du discours porté par des hommes sur des femmes : de Balzac aux journalistes, ils se sont amusés à rassembler sous ce terme des femmes pauvres de 16 à 30 ans, qui entretenaient plusieurs relations amoureuses, et qu’on dédaignait un peu. » A Paris, moins d’une statue représentant un personnage réel sur dix est consacrée à une femme.

   


Aux grandes femmes, la patrie reconnaissante ?
Direction le musée Edith-Piaf, sis dans l’étroite rue Crespin-du-Gast, « qui n’est pas mis en avant dans la plupart des guides. » Les guides opéreraient, selon Charlotte Soulary, une hiérarchie des informations qui exclut les femmes, même les plus célèbres, telle l’interprète de La Vie en rose, et « même lorsqu’ils parlent de lieux ultratouristiques comme le jardin du Luxembourg : qui sait qu’il a été construit à l’initiative de Marie de Médicis ? Ou que la station Barbès-Rochechouart porte le nom d’une femme ? » Marguerite de Rochechouart de Montpipeau est une religieuse érudite française, nous apprend La Guide de voyage Paris, « 43e abbesse de l’abbaye de Montmartre, qu’elle dirige de 1713 à sa mort, en 1727 ». Deux autres stations de métro seulement portent le nom d’une femme : Louise-Michel, sur la ligne 3, et Pierre-et-Marie-Curie, sur la ligne 7. La ligne 3b du tram, reliant la porte de Vincennes à la porte de la Chapelle, inaugurée en 2012, a tenté de combler le manque en ne baptisant ses stations que de noms de femmes, comme Rosa Parks ou Delphine Seyrig.
Au milieu de ses explications, Charlotte Soulary s’arrête brutalement. Le nez en l’air et les sourcils froncés, elle déchiffre une plaque inconnue portant le nom d’une femme et qui dit : « Allée Zabel-Essayan, 1878-1943, femme de lettres arménienne, militante des droits humains. » Après une recherche fiévreuse sur son smartphone, elle nous explique, rassurée, que la plaque n’a été inaugurée que quelques semaines plus tôt, lors de la journée internationale des droits des femmes. Mais sa place — une partie du terre-plein central du boulevard de Ménilmontant — la condamne d’avance à une existence plus qu’anecdotique dans la vie des Parisiens.

   


Charlotte Soulary termine la promenade au célèbre cimetière du Père-Lachaise — renommé Mère-Lachaise par une guide parisienne, dont on trouve les coordonnées dans La Guide… — afin de visiter d’autres sépultures que celles de Jim Morrison, de Marcel Proust ou d’Oscar Wilde. Elle nous entraîne sur la tombe d’Hubertine Auclert, totalement éclipsée par celle d’Honoré de Balzac, qu’une foule de touristes ausculte dans la quiétude de ce matin printanier. Personne ne prête attention à la célèbre journaliste et suffragette, qui fait face à l’écrivain, l’une des premières femmes à s’être battues pour obtenir le droit de vote.

   


Plus loin dans les méandres du cimetière, Charlotte Soulary nous arrête devant le tombeau de Gertrude Stein, l’écrivaine et collectionneuse qui contribua à faire connaître Picasso ou Matisse avec l’aide de sa compagne, Alice B. Tolkas. Mais alors que les amoureux rejoignent traditionnellement leurs défunts époux ou épouses au cimetière, le nom d’Alice Tolkas, morte en 1967, vingt et un ans après sa bien-aimée, n’apparaît que… derrière la pierre tombale. Une manière de la faire disparaître de l’histoire, « les deux femmes connaissant la double peine d’être femmes et lesbiennes ».
On croise enfin le chemin de l’actrice Sarah Bernhardt, dont le Théâtre de la Ville portait le nom avant l’occupation allemande. « J’espère que la mairie de Paris aura la bonne idée de lui rendre son nom originel ! », fulmine Charlotte Soulary. Dans le même registre, Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, a annoncé en avril que la station de métro Europe se verrait enrichie du nom de Simone Veil, morte le 30 juin 2017. Ce sera désormais la station Europe-Simone-Veil. Pour Charlotte Soulary, cette mesure n’est pas suffisante. « Il faut carrément renommer la place de l’Europe ! Ou celle de la Nation ! Que l’une d’elles devienne la place Simone-Veil ! finit-elle par lâcher. On ne s’en sortira pas avec des demi-mesures. Les gens s’habitueront ! »
Changer les repères
L’aventure de La Guide de voyage a commencé en février 2017 par un site collaboratif sur lequel des blogueuses racontent les initiatives et les histoires des femmes dans leurs villes respectives. L’idée est de fournir des outils aux personnes qui veulent voyager de manière différente, « de la même façon qu’il existe des blogs pour orienter les personnes LGBT qui le souhaitent lorsqu’elles voyagent, explique Charlotte Soulary. Quand je vivais aux Etats-Unis, je me suis posé la question de la société que me présentaient les guides de voyage, saturés de noms masculins. Ils sont tout simplement le reflet de la culture mainstream et de l’histoire patriarcale. » Après dix ans de militantisme, dont plusieurs à Osez le féminisme ! et quelques signes de fatigue, elle avait réussi à convaincre ses camarades et des voyageuses de « contribuer à changer les repères, plutôt que d’être sans cesse dans la dénonciation. C’est une façon positive de militer ».
Encouragée par le succès de La Guide, que certaines librairies parisiennes exposent près des caisses pour la faire connaître, Charlotte Soulary entrevoit désormais une tâche infinie : « On pourrait écrire une guide pour chaque grande ville du monde… »
La Guide de voyage Paris, une nouvelle carte du monde. En librairie. 15 euros.



                            


                        

                        


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Ubitricity, la prise pour voiture en bas de chez vous

Le système de charge de véhicules électriques de la start-up allemande a reçu le Prix de la mobilité « Le Monde » - Smart Cities.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h00
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Les inventions prometteuses procèdent souvent d’une idée simple. Celle d’Ubitricity, une start-up allemande, propose une solution séduisante à un problème crucial : la rareté des bornes de recharge pour voiture électrique qui limite l’attractivité de ce mode de transport d’avenir. Plutôt que d’installer des prises spécifiques, l’innovation consiste à les installer dans n’importe quel mât d’éclairage public. La municipalité londonienne de Hounslow s’est récemment laissé séduire par cette technologie qui redonne une nouvelle vie aux lampadaires. Elle permet aux résidents ne disposant pas de parking privé (43 % des Britanniques) de recharger leur batterie dans la rue.
A l’occasion de la conversion au LED des dispositifs d’éclairage, des prises électriques pour voiture ont été installées. L’économie réalisée grâce aux nouvelles ampoules permet de dégager la puissance nécessaire à cet usage. « Le système évite d’éventrer les trottoirs, il permet une économie conséquente par rapport à des prises spéciales et il est esthétiquement satisfaisant », explique Kieran Taylor, élu chargé des transports à la municipalité de Hounslow, interrogé par le blog Fully charged. La solution est aussi adoptée dans quelques rues des quartiers londoniens de Barnes, Twickenham, Kensington et Westminster.
A première vue, le dispositif, simple, paraît en mesure de résoudre la difficile équation actuelle entre parking et recharge des batteries.
Comme son nom le suggère, Ubitricity vise à faire rimer électricité avec ubiquité. La société, fondée en 2008 à Berlin, fournit à ses clients un câble qui leur permet de se brancher où bon leur semble. La particularité de ce « smart cable » est qu’il comporte un système de transmission de données permettant la facturation à distance. Sans manipulation particulière, l’automobiliste se voit imputer par le fournisseur d’électricité de son choix la stricte consommation de son véhicule. A Hounslow, la municipalité attribue à chaque abonné au système trois prises possibles aux alentours de son domicile. Le système allie donc la mise en commun des prises et l’individualisation de la facturation, qui s’effectue sur le modèle des téléphones portables.
Des réalisations encore modestes
A première vue, le dispositif, simple, paraît en mesure de résoudre la difficile équation actuelle entre parking et recharge des batteries. La crainte de ne pas pouvoir aisément « refaire le plein » d’électricité est identifiée, avec le prix des voitures électriques et leur autonomie, comme l’un des obstacles au développement du marché. La puissance et le prix d’une technologie ne suffisent pas à assurer sa popularité, note un article de la Harvard Business Review : son écosystème participe aussi à sa popularité. Les auteurs mettent l’accent sur le fait que « les infrastructures pour les recharges et la performance des batteries sont insuffisantes pour que le grand public adopte [la voiture électrique] ». Ubitricity pourrait donc accélérer la transition, d’autant que le système permet de choisir un fournisseur d’électricité verte.

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Aidée par les pouvoirs publics allemands, la start-up, qui emploie 44 personnes, a déjà attiré l’intérêt d’EDF – l’un de ses actionnaires –, de la compagnie allemande d’électricité verte Grundgrün et du fabricant de composants électroniques américain Tyco Electronics. Ses réalisations sur la voie publique sont encore modestes : quelques dizaines de prises à ­Londres et, en Allemagne, à Berlin et dans les régions de Brême et du lac de Constance.
Astucieuse, la solution proposée par Ubitricity ne constitue pourtant pas une panacée. Les mâts d’éclairage doivent être implantés suffisamment près des trottoirs pour éviter les branchements hasardeux. Les chargeurs rapides ne peuvent pas y être installés et la puissance fournie risque d’être insuffisante aux heures de pointe en cas de succès. Mais avec un marché européen de la voiture électrique en cours de décollage (+ 43,9 % entre 2016 et 2017), où la France se classe deuxième pour les ventes (30 921 véhicules), et une perspective généralisée d’interdiction des véhicules diesel et à essence, les prises d’Ubitricity pourraient rapprocher le moment où rouler « électrique » relèvera de l’évidence.



                            


                        

                        

