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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
    |

Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Rythme effréné, revenus jugés insuffisants, marges de manœuvre limitées… Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député et sur la composition, très élitiste, de l’Hémicycle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Député, ce dur métier d’élite

Rythme effréné, revenus jugés insuffisants, marges de manœuvre limitées… Certains des élus entrés au Parlement en juin 2017 peinent à se faire à leur nouvelle vie. Le sociologue Etienne Ollion explique ce que montrent de tels mouvements d’humeur sur la condition de député et sur la composition, très élitiste, de l’Hémicycle.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h43
    |

                            Etienne Ollion (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            
Il est des phrases prononcées à demi-mot qui ne passent pas inaperçues. Depuis les élections législatives du printemps 2017, plusieurs députés ont exprimé leur mécontentement. Les revenus, jugés insuffisants par certains, furent d’abord mis en cause : « Difficile de joindre les deux bouts », a glissé un élu ; financièrement, « ça ne peut pas durer », a ajouté un autre. Jusqu’à cette déclaration rapportée par le journal L’Opinion : « Je vais moins souvent au restaurant, je mange pas mal de pâtes. J’ai ressorti des vêtements de la cave et je vais devoir déménager », se serait plainte une parlementaire La République en marche (LRM).
Accueil frais
L’argent n’est pas leur seul grief. Le rythme de vie, imposé par une activité qui oblige à passer de longues journées à Paris et condamne souvent les week-ends à n’être qu’une succession de réunions, de permanences et d’inaugurations, est aussi régulièrement déploré. Après six mois de mandat, plusieurs élus se sont publiquement émus de ce rythme effréné, comme de leurs absences à répétition du domicile familial. Certains s’inquiètent même pour leur vie conjugale, allant jusqu’à prédire un taux de divorce sans précédent.
Et depuis presque un an, c’est la condition même du député qui est régulièrement évoquée de façon négative. Activité sous pression constante qui ne laisse que peu de temps pour s’investir pleinement, travail répétitif, quotidien où les rôles sont largement prescrits et les marges de manœuvre limitées : certains élus ont du mal à se faire à leur nouvelle vie.
C’est peu de dire que ces doléances, quand elles ont été rendues publiques, ont reçu un accueil frais. Il faut dire que le montant de l’indemnité parlementaire a peu de chance de susciter de la pitié pour les élus, même pour ceux qui, en quittant leur ancienne profession, auraient vu leur pouvoir d’achat diminuer. D’un montant de 5 700 euros net par mois pour les députés sans responsabilité particulière,...




                        

                        


<article-nb="2018/05/17/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.
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Cambridge Analytica : « Pour regagner le contrôle des données, les citoyens doivent remettre en cause le système dans son ensemble »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
    |

Ivan Manokha (Docteur en relations internationales et enseignant-chercheur à l’Université d’Oxford, spécialiste de la surveillance et de la protect...







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 mai, quarante-six jours après l’éclatement du scandale Cambridge Analytica, cette société de conseil politique londonienne ainsi que sa maison mère Strategic Communication Laboratories (SCL) ont annoncé leur fermeture. L’annonce est intervenue à la suite d’une campagne massive des médias, de la société civile et de la sphère politique internationale, s’appuyant sur les révélations des articles de l’Observer et du New York Times sur le vol des données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook par cette société.

Faut-il célébrer un tel aboutissement de la mobilisation contre Cambridge Analytica, ou devrions-nous nous inquiéter que le scandale puisse prendre fin aussi facilement ? La résolution de cette affaire aura eu des conséquences majeures. Elle a contribué à renforcer la distinction entre les moyens dissimulés de collecte de données, et ceux considérés comme légitimes. Toutefois, seule la collecte de données à l’insu de leur propriétaire a été condamnée. L’acquisition quotidienne de quantités gigantesques de données personnelles et leur monétisation pratiquées par des plates-formes numériques ont en revanche été validées.
Car l’affaire Cambridge Analytica conduit de manière plus fondamentale à se poser deux questions : quelles sont les conditions qui rendent possible la collecte de données « légitimes » et quelles en sont les conséquences sociétales ?
Collecte permanente
Nous vivons dans un monde marqué par deux nouveautés importantes. La première est le développement d’une nouvelle marchandise, les « données utilisateur », qui peut s’ajouter à la liste des trois « marchandises fictives » de Karl Polanyi (terre, travail et argent), c’est-à-dire les objets qui ne sont pas initialement produits pour la vente, mais qui deviennent marchandises vendables dans le cadre du capitalisme.
Le capital de plate-forme ne devient capital que lorsqu’il est combiné aux données de l’utilisateur,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.
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« La stratégie de la CFDT » en question

Dans cette chronique, l’économiste Philipe Askenazy explique pourquoi la confédération dirigée par Laurent Berger, devenue officiellement premier syndicat de France, n’est plus l’interlocuteur privilégié du gouvernement lors des batailles sociales.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
    |

                            Philippe Askenazy (Economiste, directeur de recherche au CNRS et chercheur à l’Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Tendances France. Quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, la CFDT est devenue officiellement le premier syndicat de France, à la faveur du dernier cycle des élections professionnelles. L’élection d’Emmanuel Macron était également de bon augure pour le syndicat, dont beaucoup de proches avaient soutenu le candidat, voire directement participé à ses équipes de campagne. Mais un an après, le scénario enchanté n’est pas au rendez-vous.
Pour les gouvernements, la CFDT était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT
Jusqu’ici, même s’il n’y a pas ­encore de mesure globale d’audience hormis les élections prud’homales, la hiérarchie syndicale semblait évidente : la CFDT était le deuxième syndicat hexagonal, devant FO, mais derrière la CGT. La stratégie nationale de la CFDT était alors bien huilée. Pour les gouvernements, elle était devenue l’acteur incontournable pour éteindre un incendie social le plus souvent attisé par la CGT. Il fallait donc obtenir l’accord de la CFDT, qui était ainsi en position d’obtenir des concessions.
Plus la grogne était puissante, plus la concession était importante. La plus spectaculaire a été, lors de la réforme Fillon des retraites, les départs anticipés pour carrière longue : des dizaines de milliers de travailleurs ayant débuté tôt leur vie professionnelle, encore mineurs pour la plupart, ont pu obtenir une retraite pleine. Le succès du dispositif a dépassé très largement les estimations des administrations. Ce jeu s’est répété de gouvernement en gouvernement. La dernière concession importante a concerné à nouveau les retraites, avec la création du compte pénibilité à partir de janvier 2015. Alors que la CGT échouait à rejeter les réformes, la CFDT obtenait de nouveaux droits pour les travailleurs.
Prochaine étape : la SNCF
La CFDT était également très active au niveau des entreprises, cherchant à la fois à élargir son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.
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« Le risque majeur qui pèse sur le cinéma français est qu’il perde le contrôle de son propre avenir »

L’économiste Philippe Moati engage, dans une tribune au « Monde », les professionnels du 7e art à ouvrir les yeux sur la mutation du modèle économique de production des films.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h34
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot, cofondateur de l’ObSoCo (L’Observatoire société et consommation))







                        



                                


                            
Tribune. L’étude réalisée par l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) pour Unifrance sur la manière dont la filière française du cinéma perçoit son avenir à dix ans révèle bien un microcosme convaincu de traverser un épisode de mutation. Mais si le rôle du numérique est clairement identifié, les personnes interrogées peinent toutefois à se prêter au jeu des anticipations, et les visions de ce que pourrait être la filière du cinéma en 2027 paraissent marquées d’un conservatisme teinté d’optimisme.
Cet optimisme est visible à deux niveaux, qui constituent des nœuds de l’économie de la filière. Tout d’abord, le marché, que 61 % des répondants anticipent en croissance à l’échelle mondiale. Les débouchés promis par les pays émergents nourrissent cet élan d’optimisme, mais les prévisions sont à peine moins favorables concernant le marché français.

Or, si le cinéma français a plutôt bien traversé les crises antérieures, ce n’est pas le cas de tous les cinémas nationaux. Cette exception française tient pour beaucoup à un cadre institutionnel original dont découle une régulation efficace et protectrice. Mais aujourd’hui, la question centrale est celle de la capacité de ce système à s’adapter à une nouvelle donne sans compromettre les grands équilibres qui président au bon fonctionnement de la filière.
Myopie
Or, la révolution numérique en cours menace le système de financement. A commencer par la télévision, dont les répondants anticipent clairement le recul de la capacité contributive. Les professionnels sont beaucoup plus optimistes quant à l’avenir de la salle. Mais ne sont-ils pas victimes d’une myopie entretenue par une croyance profondément ancrée : rien ne remplacera jamais l’émotion qui naît de la vision d’un film en salle. Et pourtant, comment ne pas voir que le succès des nouveaux supports s’appuie non pas sur « le film de cinéma » mais sur d’autres formats, en particulier les séries, qui explorent d’autres modes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.
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« Mettre à l’heure du jour l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine »

Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h14
    |

Alexandre Casella (Ancien représentant régional pour le Moyen-Orient du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés)







                        



                                


                            
Tribune. Les récentes démonstrations à Gaza, en remettant l’accent sur le problème des réfugiés Palestiniens donnent lieu à une autre interrogation : soixante-dix ans après sa création l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), n’est-elle pas devenue une partie du problème ? Suite à la création d’Israël et de la guerre qui s’en suivit quelque 720 000 Palestiniens qui habitaient à l’intérieur des frontières du nouvel Etat se refugièrent dans les pays arabes environnants. Pour faire face à la crise humanitaire consécutive à cet exode, l’ONU, pour ne pas dire les pays occidentaux, créèrent l’UNRWA dont la tache était de gérer les camps abritant les réfugiés.
Selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire
A sa naissance, la création de l’UNRWA arrangeait tout le monde. Pour Israël c’était la certitude que quelqu’un pourvoirait aux besoins de réfugiés palestiniens et que leur retour, dont l’Etat juif ne voulait pas, n’était pas une priorité. Quant aux Etats arabes qui avaient adopté à l’égard d’Israël la politique des trois non – pas de paix, pas de reconnaissance, pas de négociation – ils avaient décidé de ne pas intégrer les réfugiés palestiniens mais de les maintenir dans des camps afin de s’en servir comme moyen de pression contre le nouvel état. Que les pays occidentaux, par l’intermédiaire de l’UNRWA financent les camps était un moyen de pérenniser le problème sans devoir en assumer les frais.
On estime aujourd’hui que des 720 000 réfugiés palestiniens, qui avaient fui Israël en 1948, quelque 40 000 sont encore en vie. Or, l’UNRWA en comptabilise 7, 2 millions. La réalité derrière ce chiffre tient au fait que selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire. Le résultat, c’est que le nombre de réfugiés palestiniens ne fait que croître, selon un processus qui...




                        

                        


<article-nb="2018/05/17/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

En Italie, l’arrivée au pouvoir de la Ligue et du M5S, un défi mortifère pour l’Europe

Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 12h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’était il y a à peine plus d’un an, autant dire un siècle. Le 25 mars 2017, 28 chefs d’Etat et de gouvernement avaient célébré depuis la colline surplombant les forums impériaux à Rome les 60 ans du traité fondateur de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, ces fastes semblent bien loin, et les images arrivant d’Italie envoient au reste du continent un message bien plus inquiétant.
Alors que le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (droite souverainiste) mettent la dernière main à leur « contrat pour un gouvernement de changement », l’Italie, membre fondateur de l’UE, pourrait se retrouver, dans quelques jours, dirigée par un gouvernement eurosceptique, qui menace les fondements mêmes de la construction européenne.

        Lire aussi :
         

                Italie : la presse publie une version du « contrat » entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles



Certes, les deux mois écoulés, depuis les législatives du 4 mars, qui, sans désigner de vainqueur, ont consacré la prééminence des 5 étoiles et de la Ligue, ont réservé tellement de fausses pistes et de coups de théâtre qu’il faut rester prudent. Mais la volonté d’aboutir manifestée par les deux mouvements est évidente, et ils sont désormais trop engagés pour faire demi-tour sans dommages pour leur crédibilité.
Certes, la Ligue du Nord (aujourd’hui la Ligue), née il y a moins de trente ans du rejet de Roma ladra (Rome la voleuse), et le Mouvement 5 étoiles, porté sur les fonts baptismaux en 2009 par un humoriste et un informaticien sur la lancée du succès du « Vaffa Day » (littéralement « jour du “va te faire f…” »), ont d’immenses désaccords et les intérêts de leurs électorats respectifs sont inconciliables sur bien des sujets. Mais ils ont décidé de lier leur destin autour d’un ennemi commun : la Commission de Bruxelles.
« Mieux vaut être des barbares que des larbins »
Sur le plan économique, le projet des deux formations, un mélange de hausse des dépenses et de baisses d’impôts sans cohérence a de quoi inquiéter. De façon prévisible, les mises en garde de Bruxelles ont provoqué la réaction courroucée du dirigeant de la Ligue, sur l’air de la souveraineté nationale. « Mieux vaut être des barbares que des larbins », a-t-il ainsi lancé, mercredi 16 mai, en réaction à un éditorial du Financial Times fustigeant l’arrivée aux portes du pouvoir des « nouveaux barbares ». Reste que l’expression de ces inquiétudes est légitime, tant les décisions du prochain gouvernement pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
Le défi adressé à l’Europe ne porte pas que sur l’économie. Sur la sécurité et les migrations, les vainqueurs du 4 mars ont déjà annoncé un tour de vis qui préfigure une confrontation très dure avec Bruxelles. Par ailleurs, l’annonce d’un rapprochement avec la Russie, assortie du rejet des sanctions prises après l’annexion de la Crimée, fait peser la menace d’une fracture au sein de la solidarité occidentale. Ce serait une victoire éclatante pour Vladimir Poutine.
Plus grave encore, la contestation identitaire portée par ces deux forces est potentiellement dévastatrice. En témoigne l’apparition dans le texte d’accord, diffusé mercredi soir, de la mise en cause de la vaccination obligatoire, qui interroge la notion même de connaissance et de vérité scientifique.
Le défi posé par les 5 étoiles et la Ligue n’est pas seulement dirigé contre une Europe technocratique. L’attaque portée grâce à une rhétorique complotiste multiforme, antiélite et antiscientifique particulièrement efficace, vise bien au-delà. Ce qui est en jeu, ce n’est rien de moins que l’héritage de l’Europe des Lumières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’auteur de « Testament à l’anglaise » (Gallimard, 1995) nous a fait parvenir ce texte, qu’il lira aux Assises internationales du roman.
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« Du comique », une contribution de Jonathan Coe

L’auteur de « Testament à l’anglaise » (Gallimard, 1995) nous a fait parvenir ce texte, qu’il lira aux Assises internationales du roman.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h10
    |

                            Jonathan Coe (Ecrivain)








                        



                                


                            
Jonathan Coe (ici en 2011), né en 1961 à Birmingham, est l’auteur, notamment, de Testament à l’anglaise (Gallimard, 1995), de La Maison du sommeil (Gallimard, prix Médicis étranger 1998), ou de La Vie très privée de Mr Sim ­ (Gallimard, 2011). 

« Permettez-moi de commencer par une histoire drôle.
Un homme est introduit dans le cabinet d’un médecin. Celui-ci le regarde gravement et lui dit : “Monsieur Smith, il va falloir cesser de vous masturber.
– Pourquoi ? demande l’intéressé. C’est mauvais pour la santé ?
– Non, mais les patients qui étaient avec vous dans la salle d’attente se sont plaints.”
J’ai toujours aimé cette histoire, non seulement parce qu’elle m’a fait rire la première fois que je l’ai entendue, mais parce que, à mes yeux, elle illustre on ne peut mieux la théorie freudienne de l’humour. Freud croyait en effet que le rire est provoqué par “une économie de dépense psychique”. Alors que des associations d’idées rationnelles nous portent d’un point (soit le point A) à un autre (soit le point Z) par étapes cumulatives, le mot d’esprit est un raccourci qui nous propulse directement de A à Z.
Ainsi, dans notre exemple, nous sommes transportés subitement de l’image visuelle d’un homme en train de se masturber en privé, pratique socialement acceptable, à celle d’un homme en train de se masturber en public, attitude transgressive. L’énergie mentale économisée grâce à ce raccourci psychique s’expulse dans un éclat de voix guttural que nous nommons le rire.
Lire également la rencontre de 2011 : « Faire drôle est une sacrée paire de manches »
Lorsque j’écris, je tiens à ce que mes nouvelles et mes romans soient aussi économiques et efficaces que possible. Je n’aime pas le mou en littérature, et je veux que chaque mot, chaque phrase aient leur utilité. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’aime bien mettre des histoires drôles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ François Bafoil propose une « psychobiographie » du pionnier de la sociologie (1864-1920), auteur notamment de « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme ».
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Biographie. Un colosse nommé Max Weber

François Bafoil propose une « psychobiographie » du pionnier de la sociologie (1864-1920), auteur notamment de « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 10h08
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Max Weber. Réalisme, rêverie et désir de puissance, de François Bafoil, Hermann, 434 p., 35 €.

La figure du fondateur de la sociologie moderne, Max Weber (1864-1920), n’a rien perdu de son caractère fascinant. Non seulement parce qu’il a légué une œuvre colossale – connue en France relativement tard, et sélectivement, grâce à Raymond Aron et Julien Freund. Mais aussi parce qu’il était lui-même un colosse, à la fois génial et dépressif, à l’égal de l’autre représentant canonique du tournant de la modernité allemande, Nietzsche.
Alors que l’enquête de Weber sur les travailleurs de l’est de l’Elbe lui a assuré, à 35 ans, une belle réputation académique dans sa place forte universitaire d’Heidelberg, il s’effondre psychiquement et sombre dans l’aphasie scripturale cinq années durant, de 1897 à 1902. C’est dire à quel point Weber constitue le sujet idéal d’une « psychobiographie », ce genre qui s’était quelque peu asséché depuis L’Idiot de la famille, de Sartre (Gallimard, 1971-1972), mais auquel la levée du tabou qui pesait sur l’interpénétration de l’œuvre et de la vie a, semble-t-il, redonné un essor.
Longtemps, pratiquer ce « biographisme » jetait des doutes sur la valeur scientifique du résultat. Comme le prouve l’auteur, François Bafoil, sociologue au CNRS/CERI, cette pudeur est désormais derrière nous.
Il n’hésite pas, par exemple, à montrer comment L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme (1904 ; Plon, 1964) a représenté pour Weber une porte de sortie hors de sa longue crise morale et nerveuse : « La lecture de ces pages, écrit-il, donne le sentiment que Weber est parvenu in fine à construire une explication rationnelle de ses propres tensions, portées par le constat initial que quelque chose a disparu – la cause fondamentale, Dieu, l’enfance – et par l’exigence de l’ascétisme en les sublimant à la hauteur d’un enjeu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Avec « La Seconde Vie de Mahomet », Nedim Gürsel parcourt treize siècles de littérature européenne autour du prophète de l’islam.
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La légende occidentale de Mahomet

Avec « La Seconde Vie de Mahomet », Nedim Gürsel parcourt treize siècles de littérature européenne autour du prophète de l’islam.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h30
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            
La Seconde Vie de Mahomet. Le Prophète dans la littérature, de Nedim Gürsel, CNRS Editions, 254 p., 20 €.

Après sa mort en 632, selon la tradition dans les bras de sa jeune épouse Aïcha, commença la vie légendaire de Mahomet, sous la double modalité d’une « légende dorée » en terre d’islam et d’une « légende noire » dans le monde chrétien. « Dépourvue de toute réalité historique, [celle-ci] ne cessera de hanter l’imaginaire de l’Occident », note le romancier et essayiste Nedim Gürsel, qui parcourt cette autre vie, dans la littérature, du prophète de l’islam.
Evoquer la biographie de Mahomet, dès que l’on quitte le terrain de l’hagiographie, est un exercice à haut risque. Nedim Gürsel l’a appris à ses dépens : en 2009, l’écrivain fut inculpé pour blasphème – puis finalement relaxé – en Turquie, son pays d’origine, à cause des quelques pages de son roman Les Filles d’Allah (Seuil, 2009) où il met en scène le prophète. D’où ce contournement, qui se révèle passionnant par ce qu’il montre de rejet mais aussi de fascination pour la figure de Mahomet. « Ce nom est aujourd’hui emblématique de ce que l’on appelle communément et souvent à tort le “choc des civilisations”, et cela est le résultat d’une longue histoire », souligne-t-il.
Dans le monde byzantin, directement confronté à l’avancée de l’islam, Mahomet est dénoncé comme un hérétique et un imposteur, voire comme l’Antéchrist annoncé par l’Apocalypse de Jean. L’Occident médiéval n’est pas en reste. Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, commanditaire de la première traduction du Coran en latin, au XIIe siècle, expliquait qu’il voulait combattre efficacement « l’erreur mahométane, qu’on lui donne le nom honteux d’hérésie ou celui infâme de paganisme ». Et Dante place Mahomet au huitième cercle de son Enfer.
Bienveillants romantiques français
Les Lumières ont une approche plus nuancée,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ François Rouquet et Fabrice Virgili restituent toute la complexité, judiciaire et symbolique, d’un moment clé de l’après-guerre.
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Histoire. L’épuration mise au clair

François Rouquet et Fabrice Virgili restituent toute la complexité, judiciaire et symbolique, d’un moment clé de l’après-guerre.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h30
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Les Françaises, les Français et l’épuration. De 1940 à nos jours, de François Rouquet et Fabrice Virgili, Folio, « Histoire », 840 p., 11,90 €.

Durant les années noires de l’Occupation et du régime de Vichy, pour se détourner un moment de la dureté des temps, beaucoup se projetaient vers le futur. Dans l’espoir de la libération, bien sûr, mais aussi avec la certitude que viendrait alors le châtiment des collaborateurs. C’est ce qu’annonçait Bir-Hakeim, un journal de la Résistance, le 14 juillet 1943, prévenant que « le jour du jugement et de la fessée en place publique » approchait pour les « caméléons » et les « traîtres ». « Jugement », « fessée » : avec un an d’avance s’esquissait l’épuration, dans ses dimensions à la fois judiciaires et symboliques, ces dernières si importantes pour apaiser le pays meurtri. C’est toute la complexité de ce moment, où le soulagement de la sortie de guerre coïncide avec un intense besoin de punition, que restituent François Rouquet et Fabrice Virgili dans une somme enthousiasmante par l’ampleur des matériaux brassés et des perspectives dessinées.
La « revanche patriotique » de l’été 1944
Loin de se cantonner, en effet, à l’établissement des chiffres de condamnations et d’exécutions qui ont tant fait controverse, ils proposent une « histoire populaire de l’épuration », attentive aux émotions des contemporains, ouverte dans l’espace et dans le temps. Dans l’espace d’abord : un chapitre très neuf montre que, bien avant le débarquement de Normandie, l’empire colonial constitue le laboratoire des logiques punitives et réparatrices ensuite déployées en métropole. C’est à Alger, en mars 1944, qu’un procès spectaculaire envoie au poteau d’exécution l’ancien ministre de l’intérieur Pierre Pucheu, message clair adressé au dernier carré des collaborateurs. Mais on voit aussi qu’il faut par endroits tempérer les ardeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Inde sous les yeux de l’Europe », de Sanjay Subrahmanyam.
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Figures libres. Premiers Européens en Inde

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’Inde sous les yeux de l’Europe », de Sanjay Subrahmanyam.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 09h52
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’Inde sous les yeux de l’Europe. Mots, peuples, empires (Europe’s India. Words, People, Empires, 1500-1800), de Sanjay Subrahmanyam, traduit de l’anglais (Inde) par Johanna Blayac, Alma, « Essai histoire », 492 p., 26 €.
L’Antiquité gréco-latine n’a pas ignoré l’Inde, mais l’a surtout rêvée. Alexandre et ses troupes ont atteint les rives de l’Indus, pourtant les historiens qui relatent son périple, notamment Callisthène et Onésicrite, disent bien peu des mœurs locales. Aucontraire, Ctésias de Cnide, médecin grec de l’empereur perse ­Artaxerxès II, décrit tellement de créatures extraordinaires qu’il passe déjà, en son temps, pour un fabulateur.
Ce n’est qu’à la fin du XVe siècle, une fois que les Portugais ouvrent la voie maritime du cap de Bonne-Espérance, que des Européens accostent régulièrement dans les comptoirs indiens, découvrant un monde qui tour à tour les déconcerte et les ravit, les horrifie et les séduit.
Bientôt, débarquent militaires, diplomates et missionnaires. Ils sont italiens, français, allemands, anglais, hollandais. Leurs périples et leurs récits s’échelonnent du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle. Certaines de ces archives sont déjà connues, d’autres restent à découvrir. Le premier mérite du livre de Sanjay Subrahmanyam est d’esquisser une galerie de portraits de ces découvreurs.
Parmi eux se détachent notamment les silhouettes de James Fraser, Ecossais vivant en Inde dans les années 1730-1740, et du colonel français Antoine-Louis-Henri de Polier, arrivé à Calcutta en 1758, qui combine construction de fortifications et collection de manuscrits.
L’historien indien, héraut d’une « histoire connectée » qui multiplie les langues, les références et les points de vue, enseigne aujourd’hui à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) et au Collège de France. En retraçant les vies et opinions de ces pionniers, il éclaire ce que leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », six anciens dirigeants européens, dont François Hollande, appellent le Brésil à autoriser l’ancien président à se présenter libre à la prochaine élection.
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« Lula doit pouvoir se présenter libre au suffrage du peuple brésilien »

Dans une tribune au « Monde », six anciens dirigeants européens, dont François Hollande, appellent le Brésil à autoriser l’ancien président à se présenter libre à la prochaine élection.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 10h04
    |

                            Collectif








                        



        Lire aussi :
         

                Lula : « Pourquoi je veux à nouveau être président du Brésil »



Tribune. L’incarcération précipitée du président Lula, ardent artisan de la réduction des inégalités au Brésil, défenseur des pauvres de son pays, ne peut que susciter notre émotion.
La destitution de Dilma Rousseff, élue démocratiquement par son peuple et dont nul n’a jamais contesté la probité, constituait déjà une grave inquiétude. La lutte légitime et nécessaire contre la corruption ne peut justifier une opération qui remettrait en cause les principes de la démocratie et le droit des peuples à choisir ses gouvernants.
Nous appelons solennellement à ce que le président Lula puisse demain se présenter libre au suffrage du peuple brésilien.
Les signataires:
Massimo D’Alema, ancien président du conseil des ministres de la République italienne Elio Di Rupo, ancien premier ministre de Belgique François Hollande, ancien président de la République Enrico Letta, ancien président du conseil des ministres de la République italienne Romano Prodi, ancien président du conseil des ministres de la République italienne José Luis Rodriguez Zapatero, ancien président du gouvernement d’Espagne



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’historienne revient sur les luttes féministes des années 1970 dans « Mon MLF ». Elle en évoque ici les acquis, et ce qu’il reste à faire.
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Marie-Jo Bonnet : « Avec le MLF, nous avons inventé de nouvelles manières d’être au monde »

L’historienne revient sur les luttes féministes des années 1970 dans « Mon MLF ». Elle en évoque ici les acquis, et ce qu’il reste à faire.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 07h01
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Mon MLF, de Marie-Jo Bonnet, Albin Michel, 414 p., 21,50 €.

Vingt ans après l’acte fondateur qu’a été la parution du Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir (Gallimard, 1949), le féminisme français a vu apparaître des formes nouvelles de militantisme, qui se sont cristallisées, en 1970, dans la création du Mouvement de libération des femmes (MLF). L’historienne Marie-Jo Bonnet, qui avait 21 ans quand elle y est entrée, raconte, dans Mon MLF, la décennie de lutte, d’espoir et d’invention qui a suivi.
Aviez-vous lu « Le Deuxième Sexe » quand vous avez rejoint le MLF, début 1971 ?
Non, je ne l’ai lu qu’après avoir rencontré Beauvoir. Et je ne me suis pas du tout reconnue dans sa manière d’opposer masculin et féminin, actif et passif, surtout après Mai 68, où les femmes avaient été très actives. Elle finissait en disant que les femmes devaient, pour prendre leur place dans la société, s’assimiler aux valeurs masculines. C’était le contraire de ce que nous faisions : rejeter l’intégration à la « société mâle » pour nous tourner vers nous-mêmes. Mais, en même temps, Beauvoir se plaisait avec nous. Nous étions différentes des femmes qu’elle avait connues, et elle aimait ça. Elle a toujours fait en sorte de nous donner la parole, notamment dans Les Temps modernes, en nous laissant libres, même quand elle n’était pas d’accord. Elle a compris que quelque chose d’important se jouait au MLF, qui la concernait.

Quel regard aviez-vous sur ce que sa génération avait accompli ?
Nous ignorions tout. Nous avions vaguement entendu parler du droit de vote. Sauf qu’après Mai 68 nous étions antiparlementaires – « Elections, pièges à cons ». Nous étions ailleurs. Nous voulions transformer la société et nous transformer nous-mêmes. Le MLF était une initiation collective, impliquant un aspect spirituel et la connaissance de soi.
Cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ « Histoire des suffragistes radicales », de Jill Liddington et Jill Norris, rappelle comment les femmes de Grande-Bretagne ont conquis le droit de vote – il y a un siècle, en 1918.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
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Féminisme : quand les ouvrières britanniques lançaient la bataille

« Histoire des suffragistes radicales », de Jill Liddington et Jill Norris, rappelle comment les femmes de Grande-Bretagne ont conquis le droit de vote – il y a un siècle, en 1918.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h45
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                            Pierre Karila-Cohen (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Histoire des suffragistes radicales. Le combat oublié des ouvrières du nord de l’Angleterre (One Hand Tied Behind Us. The Rise of the Women’s Suffrage Movement), de Jill Liddington et Jill Norris, traduit de l’anglais par Laurent Bury, Libertalia, « Ceux d’en bas », 558 p., 17 €.
Elles s’appelaient Esther Roper, Eva Gore-Booth, Sarah Reddish, Sarah Dickinson, Selina Cooper et Ada Nield Chew. Avec elles, derrière elles, des dizaines de milliers de tisseuses et de bobineuses dans ce haut lieu de la production textile que fut le Lancashire, la région de Manchester, au nord-ouest de l’Angleterre, tout au long du XIXe siècle et des premières décennies du XXe siècle. Cumulée à d’autres facteurs d’évolution, leur lutte opiniâtre a abouti à la conquête du suffrage féminin en Grande-Bretagne, d’abord limité aux femmes de plus de 30 ans (1918), puis étendu aux mêmes conditions que pour les hommes – dès 21 ans (1928). Les historiennes britanniques Jill Liddington et Jill Norris ont ressuscité le combat de ces suffragistes dès 1978 dans un ouvrage ­devenu un classique outre-Manche. Ce récit vivant et empathique, Histoire des suffragistes radicales, est ­désormais accessible en français.
Les auteures ont utilisé une importante documentation, parfois dénichée dans de modestes bibliothèques locales et dans des archives familiales. Elles ont également recueilli de précieux témoignages oraux de filles de certaines de ces militantes. Pour le lecteur de 2018, le livre se lit dès lors comme la mise en abyme de deux temps du féminisme : celui des actions pionnières de la fin du XIXe siècle, objet du livre, mais aussi celui de ce « combat oublié » qui se poursuit dans les années 1970, et dont témoigne l’enquête des deux Jill.
Que dire en outre des échos très contemporains du livre, à l’heure où le partage des tâches domestiques reste très inégalitaire ? Le titre original...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’ancien chef de l’Etat brésilien purge depuis le 7 avril une peine de douze ans de prison pour corruption. Dans une tribune au « Monde », il dit ce qui le pousse à se présenter en octobre.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/05/2018
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Lula : « Pourquoi je veux à nouveau être président du Brésil »

L’ancien chef de l’Etat brésilien purge depuis le 7 avril une peine de douze ans de prison pour corruption. Dans une tribune au « Monde », il dit ce qui le pousse à se présenter en octobre.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 10h18
    |

Luiz Inacio Lula da Silva (ancien président du Brésil de 2003 à 2010)







                        



                                


                            

[Ancien chef de l’Etat brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dit « Lula », est emprisonné depuis le 7 avril dans une cellule de la police fédérale de Curitiba, dans le sud du Brésil, où officie le célèbre juge anticorruption Sergio Moro. Lula y purge une peine de douze ans et un mois de prison infligée à la suite d’un procès précipité l’accusant de « corruption passive » et de « blanchiment d’argent ». Selon l’accusation, une entreprise de bâtiment et de travaux publics avait prévu d’offrir un appartement de trois étages à Lula en remerciement de diverses faveurs. L’ancien président fait l’objet de six autres procédures en attente de jugement.]
Tribune. Je suis candidat à la présidence du Brésil, pour les élections d’octobre, car je n’ai commis aucun crime et parce que je sais que je peux faire en sorte que le pays reprenne le chemin de la démocratie et du développement pour notre peuple.
Après tout ce que j’ai accompli comme président de la République [entre 2003 et 2010], j’ai la certitude que je pourrai redonner au gouvernement toute sa crédibilité, sans laquelle il ne peut y avoir de développement économique ni de défense des intérêts nationaux. Je suis candidat pour rendre aux pauvres et aux exclus leur dignité, pour garantir leurs droits et leur donner l’espoir d’une vie meilleure.

Rien dans ma vie ne fut facile, mais j’ai appris à ne pas renoncer. Quand j’ai commencé à faire de la politique, il y a plus de quarante ans, il n’y avait pas d’élections dans le pays, pas de droit pour les organisations syndicales et politiques.
Nous avons affronté la dictature et créé le Parti des travailleurs (PT), croyant à la démocratie. J’ai perdu trois élections présidentielles avant d’être élu en 2002. J’ai prouvé, avec le peuple, que quelqu’un d’origine modeste pouvait être un bon président. J’ai achevé mes deux mandats avec 87 % d’approbation. C’est le niveau de rejet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse les dernières décisions du président américain, qui sèment le trouble au Moyen-Orient.
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« Trump tient ses promesses : sans rien construire à la place, il s’acharne à démolir l’héritage d’Obama »

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse les dernières décisions du président américain, qui sèment le trouble au Moyen-Orient.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 07h10
    |

            Alain Frachon (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Cela s’appelle la politique du pire et, dans l’exercice, Donald Trump s’est surpassé. Comme dans une crise de pré-adolescence, il casse, brise, saborde. Est-ce parce que son prédécesseur était tellement plus intelligent et plus élégant ? Le président américain tient, en tout cas, ses promesses : sans rien construire à la place, il s’acharne à démolir l’héritage de Barack Obama. Sa vision du monde est simple : il y a des gagnants et des perdants. Il en décide tout seul – les alliés de l’Amérique, en Europe ou en Asie, n’ont qu’à suivre.
Même attendue, la démonstration d’unilatéralisme trumpiste de ces derniers jours, qu’il s’agisse de l’Iran ou du conflit israélo-palestinien, a surpris par sa brutalité. Les accords précédemment signés par les Etats-Unis lui importent peu, pas plus que la position traditionnellement défendue par Washington. Il n’a pas le souci de ménager ses alliés : il se moque ouvertement des Européens. Chez lui, la manière compte autant que le résultat. Trump impose. Il humilie. Il a la nostalgie du temps d’un imperium américain incontesté.
S’il avait vraiment voulu renforcer l’accord signé à Vienne, en juillet 2015, sur le contrôle du programme nucléaire iranien, Donald Trump ne l’aurait pas quitté comme il l’a fait – sans proposer le moindre plan B. Le Moyen-Orient est plus sûr avec des installations nucléaires iraniennes régulièrement inspectées, en échange d’une levée des sanctions économiques pesant sur Téhéran. Il est aussi plus prometteur si l’on ménage la possibilité d’une ouverture de l’Iran à l’Ouest, qui finirait par « embourgeoiser » la République islamique sur la scène internationale.
Trump ne respecte que la force
Donald Trump rétablit un carcan de sanctions les plus sévères possibles. Il déclare la guerre économique à l’Iran. C’est toujours la même stratégie, aussi illusoire qu’immorale : spéculer sur la révolte de la population contre le régime.
L’Amérique des républicains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Kemal Dervis estime que la mondialisation ne suffira pas à elle seule à définir un grand parti politique et que dans les années à venir Emmanuel Macron devra s’aligner plus étroitement sur le centre droit ou sur le centre gauche.
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« Pour être acceptée, la mondialisation doit être accompagnée d’une politique sociale modernisée »

Dans cette chronique, l’économiste Kemal Dervis estime que la mondialisation ne suffira pas à elle seule à définir un grand parti politique et que dans les années à venir Emmanuel Macron devra s’aligner plus étroitement sur le centre droit ou sur le centre gauche.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h00
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Kemal Dervis (Chercheur à la Brookings Institution, ancien ministre turc de l’économie et ancien vice-président de la Banque mondiale)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. S’adressant au Congrès amé­ricain le 25 avril, lors de sa visite officielle aux Etats-Unis, Emmanuel Macron a défendu un point de vue résolument internationaliste, appelant au renforcement des institutions internationales, au renouvellement de l’engagement en faveur d’échanges commerciaux basés sur des règles et à une adhésion sans réserve à la mondialisation.
A une époque où les motifs d’inquiétude ne manquent pas, qu’il s’agisse de la remise en cause du libéralisme, de l’avenir de la social-démocratie, de la montée en puissance des nationalismes ou du rejet de la mondialisation, cette position est remarquable. Le président français propose une « nouvelle politique » pour l’Occident, qui ne serait plus uniquement définie par la concurrence entre les grands partis du centre droit et du centre gauche.
Dès le début de son entrée en politique, Macron a décrit son mouvement, baptisé En marche !, comme n’étant ni de gauche ni de droite, mais en évitant aussi toute référence au « centrisme ». Aujourd’hui, il le qualifie comme étant à la fois de gauche et de droite. Si ce clivage gauche-droite devient de plus en plus flou, la question se pose de savoir ce qui le remplacera.
Polarisation électorale
Etant donné que la mondialisation est au centre des débats politiques dans la plupart des pays, ce pourrait être l’opposition entre les partis cosmopolites et les partis chauvins. Dans cette optique, Macron serait à la tête du mouvement pro-mondialisation (et pro-européen), tandis que les partis de l’opposition, de droite ou de gauche, seraient hostiles à une politique d’ouverture économique.
Pour être populaire, un positionnement promondialisation nécessite un nouveau contrat social, soutenu par des actions et des moyens financiers publics
En réalité, les partis politiques de centre droit et de centre gauche existants – en France et dans les autres pays occidentaux – comprennent des factions tournées vers l’international...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Alors que le nombre d’actes à caractère homophobe a augmenté en 2017, force est de constater le manque d’initiatives des politiques pour lutter contre ce phénomène.
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Alerte à l’homophobie

Editorial. Alors que le nombre d’actes à caractère homophobe a augmenté en 2017, force est de constater le manque d’initiatives des politiques pour lutter contre ce phénomène.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 18h51
   





                        


Editorial du « Monde ». Depuis une trentaine d’années, l’homosexualité est passée de l’ostracisme – au mieux une maladie, au pire un « fléau social » ou un crime –, à la reconnaissance. Cette longue marche vers l’égalité a été jalonnée par la dépénalisation de l’homosexualité en 1982, l’instauration du pacs en 1999 puis celle du mariage entre personnes du même sexe en 2013. Depuis 2004, enfin, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité mentionne l’homophobie parmi les motifs de discrimination et pénalise les propos haineux, diffamatoires ou injurieux proférés en raison de l’orientation sexuelle.
L’homophobie, ses archaïsmes et sa violence n’ont pas disparu pour autant. Les chiffres en témoignent. En 2017, l’association SOS-Homophobie a encore enregistré 1 650 témoignages faisant état d’actes ou d’agressions physiques à l’encontre d’homosexuels ou de transsexuels. De son côté, le ministère de l’intérieur a recensé un peu plus d’un millier de crimes et de délits à caractère homophobe. Dans le pays de la liberté et de l’égalité, il n’est toujours pas possible de vivre son homosexualité librement et sans crainte.

        Lire aussi :
         

                « Finissez-le, c’est un pédé » : plus d’un millier d’actes homophobes enregistrés en 2017



Le constat est paradoxal. En effet, la France fête, le 17 mai (Journée internationale de lutte contre l’homophobie), le cinquième anniversaire de la loi sur le mariage entre personnes du même sexe. Malgré les polémiques virulentes soulevées à l’époque, le mariage pour tous est entré tranquillement dans les mœurs et a contribué à banaliser l’homosexualité. Militants et observateurs espèrent donc, chaque année, une baisse des plaintes pour actes homophobes.
Il n’en est rien. Certes, la libération de la parole peut expliquer en partie l’augmentation constatée ces dernières années par SOS-Homophobie. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les agressions homophobes, de moins en moins tolérées, sont de plus en plus visibles et dénoncées. Les visages tuméfiés de victimes s’affichent. Les récits détaillés d’agressions ou d’injures sont relayés. Pourtant, par méconnaissance ou manque de temps, le caractère homophobe de certains actes, qui est une circonstance aggravante de nombreuses infractions, n’est pas toujours pris en compte. C’est évidemment préjudiciable pour les victimes, mais aussi pour la connaissance et la maîtrise du phénomène.
Embarras du gouvernement
Le constat doit alerter les pouvoirs publics. Certes, la lutte contre l’homophobie fait des progrès. Les circonstances aggravantes et délais de prescription pour les actes à caractère homophobe ou commis en raison de l’identité de genre sont désormais alignés sur ceux des actes racistes ou antisémites. Depuis 2016, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcrah) a vu ses compétences étendues à la haine anti-LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels). La Dilcrah soutient 212 projets de lutte contre l’homophobie au niveau local.
Mais force est de constater que le sujet continue, peu ou prou, à embarrasser. En février, Joël Deumier, président de SOS-Homophobie, a dû dénoncer le « silence coupable » du gouvernement avant que le premier ministre ne condamne une série d’agressions homophobes. Ce combat n’a pas non plus fait l’objet de campagnes de communication à destination du grand public. Quant aux responsables des mondes politique, économique ou même culturel et médiatique qui revendiquent leur homosexualité, ils restent peu nombreux en France. Signe, hélas !, que la crainte des discriminations homophobes et les vieux tabous persistent.



                            


                        

                        

