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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Alors que Martin Hirsch vient de proposer d’augmenter le nombre de caméras dans les hôpitaux, l’efficacité de ce dispositif continue de poser questions.
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La vidéosurveillance est-elle efficace ?

Alors que Martin Hirsch vient de proposer d’augmenter le nombre de caméras dans les hôpitaux, l’efficacité de ce dispositif continue de poser questions.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h24
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Plus de caméras dans les hôpitaux d’Ile-de-France : le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a proposé d’étendre de 40 % le dispositif de vidéosurveillance. « Plus de 1 500 [caméras] au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin », décrit-il dans une interview au Parisien, mardi 15 mai. Ce plan estimé à 30 millions d’euros arrive en réponse aux soignants excédés par les violences verbales et physiques qu’ils subissent sur leur lieu de travail.
Bonne ou mauvaise idée ? Difficile à dire car, en France, la vidéosurveillance n’est pas très… surveillée. Elle est pourtant coûteuse et empiète sur la vie privée des individus. Dès 2011, la Cour des comptes s’agaçait de l’absence d’évaluation de son efficacité. « Les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas globalement l’efficacité de la vidéosurveillance de la voie publique », s’inquiétait-elle même dans son rapport.
En 2009, le ministère de l’intérieur avait certes publié un audit censé démontrer l’efficacité de la vidéosurveillance sur le taux de délinquance et l’élucidation des infractions. Ce document notamment relayé par Le Figaro est jugé non pertinent par de nombreux chercheurs en raison d’erreurs méthodologiques.
A l’inverse, des études anglo-saxonnes plus solides, ainsi qu’une récente enquête menée en France par le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherches au CNRS, tendent à démontrer la faible efficacité de la vidéosurveillance.
A-t-elle un effet dissuasif sur les délinquants ?
Cela dépend des cas
Bien malin celui qui saurait compter les infractions qui n’ont pas été commises du fait de ce dispositif. Il est malgré tout possible d’évaluer l’effet dissuasif probable de la vidéosurveillance. Laurent Mucchielli a mené une enquête de terrain dans trois villes françaises qu’il raconte dans son livre Vous êtes filmés ! (Armand Colin, mars 2018). Pour les anonymiser, il les appelle Beau-Rivage (7 500 habitants), Saint-Paul-la-Rivière (20 000) et Mega City (860 000) (que l’on devine être Marseille). « Il n’y a pas d’impact dissuasif global, explique le chercheur, notamment parce que la vidéosurveillance s’est banalisée. » En 1999, seules soixante communes disposaient de caméras filmant l’espace public, elles étaient plus de deux mille en 2009, selon le site du Cairn. Aujourd’hui, 80 % des villes moyennes sont équipées. « Dans mon département, les Bouches-du-Rhône, entre 85 et 90 % des communes sont équipées, à des degrés divers », rappelle le chercheur.
A l’inverse, le rapport de 2009 — à la méthodologie controversée — du ministère de l’intérieur estimait que « la délinquance a baissé en moyenne plus fortement dans les communes équipées de vidéoprotection que dans celles qui ne disposent pas de vidéoprotection urbaine ». Pour arriver à cette conclusion, le ministère comparait le taux d’évolution de la délinquance dans les villes vidéosurveillées par rapport au taux national, dans trois catégories : « délinquance de proximité », « atteintes aux biens », « atteintes volontaires aux personnes ». Il ne se focalisait donc pas sur les infractions commises sur la voie publique dans les villes surveillées et non surveillées, or c’est bien ce lieu qui est surveillé par les caméras. Par exemple, la catégorie atteintes volontaires aux personnes inclut les violences conjugales ou intrafamiliales, pour lesquelles la vidéosurveillance ne peut avoir joué un rôle.
Le rapport ne soustrayait pas non plus les autres facteurs de baisse de la délinquance, comme l’augmentation du nombre de policiers dans les rues de telle ou telle ville. Les auteurs du rapport le reconnaissent eux-mêmes en préambule : « L’impact exclusif de la vidéoprotection est difficile à isoler. »
L’effet dissuasif varie selon les infractions. Les infractions impulsives, comme les altercations suite à une dispute, ou celles liées à l’alcool, sont « moins susceptibles d’être réduites que les infractions préméditées, telles que les vols de véhicules », explique en 2005 l’étude Assessing the Impact of CCTV, portant sur la ville de Londres. Pour M. Mucchielli, les infractions commises dans les hôpitaux par des patients à l’encontre du personnel entrent bien souvent dans cette catégorie.
Protège-t-elle du terrorisme ?
Non
Aucune étude ne permet de l’affirmer. Nice, la ville la plus vidéosurveillée de France, a ainsi subi une attaque au camion bélier le 14 juillet 2016. Un an et demi plus tôt, son maire, Christian Estrosi, avait pourtant déclaré, à propos des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher : « Si Paris avait été équipée du même réseau [de caméras] que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés. »
A Paris, le vaste réseau de caméras ne semble pas faire peur aux terroristes. La RATP est dotée du plus important réseau de vidéosurveillance d’Ile-de-France, avec près de 40 000 caméras dans les bus, le RER et le métro. Par exemple, l’instigateur présumé des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud, a pris le métro moins d’une heure après le début des attaques. Il a été filmé par les caméras de la RATP à la station Croix-de-Chavaux, sur la ligne 9, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) alors qu’il franchissait illégalement un portique, sans ticket.

   


Parmi les arguments avancés par les personnes pour l’utilisation de caméras : la vidéosurveillance serait plus efficace couplée à de la reconnaissance faciale, afin d’empêcher un individu fiché de commettre un attentat. Pour rappel, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a autorisé la reconnaissance faciale avant d’embarquer dans l’Eurostar, Gare du Nord, à Paris. Le dispositif fonctionne depuis 2017 et prend la forme de sas spécifiques au contrôle des passeports (la photographie du passeport est automatiquement comparée au visage du passager). Même décision pour les aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, le dispositif devant entrer en fonction en juillet 2018.
Pour autant, la CNIL n’est pas favorable à la généralisation de la reconnaissance faciale dans tous les lieux publics. « Si cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements, il importe de comprendre que son caractère intrusif est croissant puisque la liberté d’aller et venir anonymement pourrait être remise en cause », prévient-elle sur son site.
La vidéosurveillance peut en tout cas accélérer le travail des enquêteurs après qu’un attentat ait été commis. Après le massacre de Nice, l’itinéraire du criminel avant le drame a ainsi été retracé grâce aux caméras.
Réduit-elle la délinquance sans la déplacer ?
Non
La vidéosurveillance a tendance à déplacer la délinquance dans les zones limitrophes non équipées de caméras. « Toutes les études anglo-saxonnes le démontrent », assure l’expert Laurent Mucchielli. Birmingham, deuxième ville la plus peuplée d’Angleterre, constitue un cas emblématique. Une étude anglo-saxonne de 1995 montre que le nombre de vols à l’arraché et cambriolages y a triplé dans la partie de l’agglomération non couverte par les caméras, après la mise en place de la vidéosurveillance. Le taux de déplacement est variable selon les villes et le type d’infraction étudiés.

   


Les caméras créent aussi des déplacements non pas géographiques mais « fonctionnels » (le même délinquant commet un délit de nature différente). A Birmingham, sur la période étudiée, « là où une couverture vidéo existe, les auteurs de vols à l’arraché ou de cambriolages ont reporté leurs activités sur les vols dans les véhicules », pointent Eric Heilmann, maître de conférences à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg, et Marie-Noëlle Mornet, doctorante à l’université Robert-Schuman de Strasbourg, dans leur rapport intitulé « L’impact de la vidéosurveillance sur les désordres urbains, le cas de la Grande-Bretagne ».
D’après le rapport controversé du ministère de l’intérieur de 2009, le « déplacement de la délinquance des zones sous vidéoprotection vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré ». Pour arriver à ces conclusions, le ministère se base essentiellement sur des témoignages des forces de l’ordre : « 48 % des circonscriptions de sécurité publique estiment qu’il est nul, 52 % estiment qu’il existe, mais ne sont pas en mesure de l’évaluer », chiffre l’étude.
Aide-t-elle à élucider les infractions ?
Oui… mais dans très peu de cas
Dans son enquête, Laurent Mucchielli démontre que les caméras n’aident à élucider que 1 % à 3 % des infractions commises sur la voie publique. « A Marseille, sur un an, il y a eu 60 000 enquêtes pour infractions sur la voie publique, explique le chercheur. Pour ces enquêtes, il y a eu seulement 1 850 réquisitions d’images au centre de vidéosurveillance de la ville. Au final, les images n’ont été décisives que dans cent trois affaires. »
Le rapport controversé du ministère de 2009 reconnaît même que l’impact des caméras sur le taux d’élucidation dans les villes équipées « reste encore modéré ». Il s’appuie sur les chiffres suivants : sur les 63 brigades de gendarmerie étudiées, 770 faits ont été élucidés grâce à la vidéosurveillance en 2008, soit seulement une moyenne d’un fait par mois et par brigade.


Pour aller plus loin sur la vidéosurveillance

« Vous êtes filmés ! », par Laurent Mucchielli, Armand Colin, 2018.
« Vidéosurveillance et vidéoprotection, petit rappel en ces temps de violence terroriste »,, par Olivier de Maison Rouge, Village Justice, 2016.


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Après l’adoption par l’Assemblée nationale du texte élaboré par Marlène Schiappa, Gaëlle Dupont, journaliste au « Monde », a répondu a vos questions.
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Loi contre les violences sexuelles : « Le gouvernement a contribué à se mettre lui-même en difficulté »

Après l’adoption par l’Assemblée nationale du texte élaboré par Marlène Schiappa, Gaëlle Dupont, journaliste au « Monde », a répondu a vos questions.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h39
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Présomption de culpabilité, controverse liée à l’article 2, délit d’atteinte sexuelle... Après le vote en première lecture du projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles par les députés, Gaëlle Dupont, journaliste au Monde, a répondu à vos questions à propos du texte.

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                L’Assemblée nationale adopte le projet de loi contre les violences sexuelles



JOJO : Pourquoi certains députés se sont obstinés à vouloir introduire une forme de présomption de culpabilité dans le cas d’un viol sur mineur de moins de 15 ans alors que le Conseil d’Etat a pourtant souligné le caractère inconstitutionnel d’une telle disposition ?
C’est un sujet qui provoque beaucoup de réactions émotionnelles, y compris chez les députés. Face à cette émotion, les arguments juridiques peuvent apparaître froids, techniques, pas à la hauteur de l’enjeu des violences sexuelles commises sur les mineurs, qui sont les premières victimes de viol, même s’il s’agit de rappeler des principes fondamentaux de l’Etat de droit. Certains ont dit qu’il fallait tenter le risque de l’inconstitutionnalité, voire modifier la Constitution. De plus, Marlène Schiappa a eu du mal à répondre à plusieurs reprises aux arguments, car elle n’est pas juriste, et ne faisait que répéter un argumentaire écrit pour elle.
Coffeeclub : Pourquoi ne pas simplement qualifier de « viol » les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans ? Pourquoi ce « délit d’atteinte sexuelle » ? La jurisprudence ne peut donc pas évoluer avec les affaires des deux filles de 11 ans ?
Le risque souligné par de nombreux juristes, mais aussi des spécialistes de la sexualité des adolescents, est que le « délit d’atteinte sexuelle » aurait pu entraîner des condamnations pour viol de jeunes majeurs de 18 ans ayant des relations consenties avec des adolescent(e) s de 14 ans et quelques mois. On aurait pu imaginer par exemple, des parents en désaccord avec la relation de leur fille portant plainte contre le jeune majeur. Ces situations ne sont pas fréquentes mais existent.
Jo : J’ai du mal à comprendre comment un viol sur majeur peut être considéré comme un crime et passible des assises, tandis qu’un viol sur mineur serait un délit jugé en correctionnelle. Pouvez-vous nous éclairer ?
Il y a un malentendu sur ce point. Le projet de loi ne transforme pas le viol sur mineur en délit. Il reste un crime et commettre un viol sur mineur de moins de 15 ans est une circonstance aggravante qui augmente la peine encourue à vingt ans de prison. Ce que redoutent plusieurs associations, c’est que l’augmentation de la peine pour atteinte sexuelle à dix ans en cas de pénétration ne conduise la justice à renvoyer davantage de viols sur mineurs en correctionnelle, car l’exercice d’une contrainte ou de la surprise, les éléments constitutifs du crime, peuvent être difficiles à prouver.
Avec une peine aggravée pour atteinte sexuelle, les juges pourraient estimer que les faits seront plus faciles à établir et la condamnation importante, donc renvoyer en correctionnelle. La correctionnalisation du viol existe déjà. Elle permet de gagner du temps car les cours d’assises sont très encombrées, mais elle minore les peines pour les agresseurs. Elle est condamnée par les associations féministes. Si leurs craintes étaient fondées ce serait une aggravation du phénomène. Le gouvernement conteste et dit que le texte va au contraire permettre, grâce à une meilleure définition de la contrainte sur mineurs, de condamner mieux les viols sur mineurs en tant que crimes.
VALLE : Une fille de moins de 15 ans ne pourra pas avoir de petit copain de plus de 18 ans ? De moins de 18 cependant oui. Et quand il aura passé ses 18 ans, faudra-t-il qu’ils rompent leur liaison ?
Oui, tout à fait. C’est le problème souligné par de nombreux juristes pour rejeter la présomption de non-consentement à 15 ans. Il reste que le délit d’atteinte sexuelle proscrit les relations sexuelles entre moins de 15 ans et majeurs. Elles ne sont pas considérées comme des viols mais la peine a tout de même été portée à sept ans, et à dix en cas de pénétration. L’interdit, qui existe déjà même s’il n’est pas toujours connu, est donc renforcé. Après, il faut qu’une plainte soit déposée, et qu’un tribunal condamne même si les protagonistes affirment qu’ils étaient tous deux consentants…
Loulou : Je n’arrive pas à comprendre la polémique autour de l’article 2. Pouvez vous être synthétique ?
Sur l’article 2, le gouvernement a contribué à se mettre lui-même en difficulté. Après des affaires judiciaires choquantes où des fillettes de 11 ans ont été considérées comme ayant consenti à des rapports sexuels, Marlène Schiappa a très vite annoncé que le gouvernement allait introduire une présomption de non-consentement, sans tenir compte des difficultés juridiques que cette mesure posait. Du coup, l’attente était très forte. Et à l’arrivée, il n’y a pas de présomption de non-consentement mais une précision de la notion de contrainte en cas de viol sur mineur. C’est une amélioration, mais par rapport à ce qui était annoncé il y a une grosse déception.

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                Comprendre la polémique autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes



Morgane X : Quelle est la justification de la présomption de non-consentement (qui aurait pu être une présomption simple et non irréfragable) ?
La présomption irréfragable présentait un risque clair d’inconstitutionnalité car elle remet clairement en cause la présomption d’innocence à laquelle tous les justiciables ont droit. Pour la présomption simple (qui peut être contredite), c’est moins évident, mais les arguments contre sont que la présomption de culpabilité n’existe que pour des infractions mineures, passibles de contraventions et pas en matière criminelle où les sanctions sont beaucoup plus lourdes. Et qu’elle ne supprimerait pas le débat sur le consentement du mineur.
Denis : Avant cette loi, que se passait-il si la surprise, la contrainte, etc., n’était pas prouvée ? Cette loi ne permet-elle pas une solution de repli pour les victimes ?
Si, c’est l’objectif. Si le viol ne peut être démontré, la question subsidiaire sur le délit d’atteinte sexuelle sera obligatoirement posée par les juges, c’est-à-dire qu’une peine pour atteinte sexuelle pourra être prononcée.
John : Est-ce que le projet de loi contient une composante numérique au-delà de l’article 3 ? Parce que le cyberharcèlement de groupe c’est une chose, mais entre les « gamergate », groupes incels ou coachs en séduction, ce n’est vraiment pas compliqué de trouver des propos qu’il serait illégal de tenir en public.
C’est vrai, mais le projet de loi ne traite que du cyberharcèlement de groupe. Les propos auxquels vous faites allusion sont déjà punis par la loi. L’enjeu est plutôt de la faire appliquer dans tous les espaces, y compris sur Internet.
Bob Arctor : La ministre a argumenté sur le fait que la précision légale apportée à la contrainte morale pouvant caractériser le viol aurait pour effet de permettre au juge de considérer comme viol toute relation entre mineur et majeur, même consentie et sans violence. Cet argument est-il crédible ? Le juge sera-t-il tenu par cette interprétation du texte par le gouvernement ?
Les juges (et les jurés) ont toujours une liberté d’appréciation. Comme l’ont montré les affaires de Pontoise et deMelun, car les éléments pour caractériser la contrainte en raison de la différence d’âge existaient déjà dans le code pénal, mais ils ont rejeté la qualification de viol malgré le jeune âge des fillettes (11 ans). La nouvelle rédaction est plus précise et devrait donc les orienter davantage, mais ils garderont un pouvoir d’appréciation au cas par cas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie, il explique avoir « pris la décision de [s’affirmer] tel [qu’il est], un homme trans », à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Le comédien Océan annonce son changement de genre

Anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie, il explique avoir « pris la décision de [s’affirmer] tel [qu’il est], un homme trans », à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h30
   





                        



   


« Je vous demande de m’appeler Océan. » 
Jeudi 17 mai, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le comédien et humoriste anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie s’est confié au média en ligne Komitid. Dans une courte vidéo, le réalisateur du film Embrasse-moi ! annonce son changement de genre.

« Je vous demande de m'appeler Océan. » 

— komitid_fr (@Komitid)


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L’acteur, très engagé en faveur des droits pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et trans), s’est fait connaître il y a dix ans avec son spectacle La Lesbienne invisible. Aujourd’hui, il explique :
« Ces années de lesbienne publique m’ont beaucoup aidé à m’affirmer, à m’accepter et finalement à me diriger vers moi. (…) Il y a deux ans, après avoir compris que le masculin en moi avait toujours été contrôlé, écrasé, contenu, parce que j’avais peur de le laisser surgir, j’ai décidé que ça suffisait. J’ai compris que ce que je vivais c’était tout simplement de la transphobie intériorisée. (…) J’ai compris que j’étais épuisée d’être une femme, parce que ce n’était pas en adéquation avec qui je me sentais intérieurement. J’ai donc pris la décision de changer de genre, de m’affirmer tel que je suis, un homme trans. »

    Quand tu aimes tellement ton nouveau sweat que tu mets ta capuche à la maison. #lamourlevrai Une publication partagée par  Océan (@ocean_officiel) le 10 Avril 2018 à 3 :04 PDT 

Il poursuit en affirmant le caractère politique de ce coming-out médiatique : « Parce que je ne différencie plus la personne que je suis intimement de mon personnage public, parce que mon geste est aussi intime que politique, je n’ai plus besoin de pseudo. Je me suis enfin rassemblé. Mon nouveau prénom à la ville comme mon nom d’artiste est à présent Océan. »
Le choix de ce nouveau prénom est loin d’être anodin, ajoute le comédien, qui précise avec humour qu’il « [n’allait] pas choisir Jean-Claude ou Matteo ». « Je me suis donc allégé de ce ‘e’ final d’Océane qui féminisait et qui était un fardeau pour moi. (…) Je suis toujours la même personne, je ne romps pas avec mon passé mais j’avance. »
Début mars, l’athlète Sandra Forgues avait de la même manière révélé sa transition auprès du journal L’Equipe, devenant ainsi la première championne olympique française ouvertement transgenre.

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                La diversité LGBT en quatre portraits






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.
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édition abonné


L’armée française veut réduire sa dépendance aux avions gros-porteurs étrangers

Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h16
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les nouveaux avions de transport militaire de l’armée française vont permettre, d’ici à 2030, de réduire en partie sa grande dépendance à l’affrètement de moyens privés étrangers, a affirmé jeudi 17 mai un général de l’armée de l’air.
« L’affrètement couvre aujourd’hui les deux tiers de nos besoins pour nos projections extérieures ; à l’orée de 2030, nous allons inverser cette proportion pour être autonome aux deux tiers », a indiqué le général Laurent Marbœuf, commandant la brigade aérienne d’appui et de projection. Celle-ci compte 45 avions de transport tactique et d’assaut. « Nous n’avons jamais eu un parc aussi faible, et nos avions sont très vieux », a-t-il précisé, en évoquant notamment les Transall quinquagénaires (il en reste quinze). A l’issue de la loi de programmation militaire 2019-2025, l’armée de l’air aura toujours 45 transporteurs à disposition, mais « tous de nouvelle génération », assure encore ce responsable militaire. Notamment les A400M et les C130 en cours d’acquisition.
D’ici à 2030, date à laquelle la modernisation de ces flottes doit être complète, les capacités de fret de l’armée de l’air auront augmenté de 77 % si les moyens promis suivent. « Le contrat qui nous est fixé est de pouvoir transporter 6 000 tonnes de matériels et 2 300 personnes en une semaine à cet horizon », précise le général Marbœuf. L’armée de l’air entend aussi réduire le recours aux affréteurs privés pour les vols internes aux opérations elles-mêmes – par exemple entre différents endroits du Sahel pour Barkhane – en gérant mieux la flotte d’A400M au moment des périodes de relève.
Incontournables Antonov
Les sérieux problèmes de disponibilité des premiers A400M livrés (15 aujourd’hui, 35 en 2030) expliquent un recours élevé aux affrètements, explique encore l’armée de l’air, assurant que cette période touche à sa fin : « Notre objectif est bien de gagner en autonomie, pour être dans le tempo de ce que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Gaëlle Dupont, journaliste au « Monde », répond à vos questions sur le texte, qui vient d’être approuvé en première lecture à l’Assemblée nationale.
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Cambridge Analytica : « Pour regagner le contrôle des données, les citoyens doivent remettre en cause le système dans son ensemble »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur en relations internationales Ivan Manokha, estime que le « capital de plate-forme » reposant sur le pillage des données personnelles des usagers reste promis à un grand avenir.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
    |

Ivan Manokha (Docteur en relations internationales et enseignant-chercheur à l’Université d’Oxford, spécialiste de la surveillance et de la protect...







                        



                                


                            
Tribune. Le 2 mai, quarante-six jours après l’éclatement du scandale Cambridge Analytica, cette société de conseil politique londonienne ainsi que sa maison mère Strategic Communication Laboratories (SCL) ont annoncé leur fermeture. L’annonce est intervenue à la suite d’une campagne massive des médias, de la société civile et de la sphère politique internationale, s’appuyant sur les révélations des articles de l’Observer et du New York Times sur le vol des données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook par cette société.

Faut-il célébrer un tel aboutissement de la mobilisation contre Cambridge Analytica, ou devrions-nous nous inquiéter que le scandale puisse prendre fin aussi facilement ? La résolution de cette affaire aura eu des conséquences majeures. Elle a contribué à renforcer la distinction entre les moyens dissimulés de collecte de données, et ceux considérés comme légitimes. Toutefois, seule la collecte de données à l’insu de leur propriétaire a été condamnée. L’acquisition quotidienne de quantités gigantesques de données personnelles et leur monétisation pratiquées par des plates-formes numériques ont en revanche été validées.
Car l’affaire Cambridge Analytica conduit de manière plus fondamentale à se poser deux questions : quelles sont les conditions qui rendent possible la collecte de données « légitimes » et quelles en sont les conséquences sociétales ?
Collecte permanente
Nous vivons dans un monde marqué par deux nouveautés importantes. La première est le développement d’une nouvelle marchandise, les « données utilisateur », qui peut s’ajouter à la liste des trois « marchandises fictives » de Karl Polanyi (terre, travail et argent), c’est-à-dire les objets qui ne sont pas initialement produits pour la vente, mais qui deviennent marchandises vendables dans le cadre du capitalisme.
Le capital de plate-forme ne devient capital que lorsqu’il est combiné aux données de l’utilisateur,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Face à un marché de la pierre très dynamique, les mandataires sont de plus en plus nombreux et captent entre 10 % et 15 % des transactions.
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Toujours plus de candidats à la profession d’agent immobilier

Face à un marché de la pierre très dynamique, les mandataires sont de plus en plus nombreux et captent entre 10 % et 15 % des transactions.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h48
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Sans boutique, ni vitrine, travaillant à domicile, les mandataires immobiliers, cette catégorie d’agents, née dans les années 2000, ne cesse de prendre du poids. Ils sont désormais 20 726 répartis dans plus de 106 réseaux, selon le site Meilleursreseaux.com qui les recense, dont près de 5 000 ont débuté au cours des douze derniers mois.
Ils captent entre 10 % et 15 % d’un marché très actif : les transactions ont progressé de 30 % depuis 2014 et la hausse des prix est parfois spectaculaire, comme à Paris, Lyon ou Bordeaux, leur assurant des commissions de plus en plus confortables. « Ils gagnent très bien leur vie, en moyenne 30 000 euros par an, après six à huit mois de mise en route », explique Roland Tripard, président d’IAD, leader de la profession de mandataire.
De tels réseaux prospèrent en exploitant une faille de la législation : en théorie, chaque transactionnaire devrait détenir une carte professionnelle délivrée par les chambres de commerce, vérifiant ses compétences et assurances. En réalité, seule la tête de réseau en possède une, qu’elle délègue à des milliers de petites mains.

Univers règlementaire touffu
François-Henri Pinault lui-même s’est intéressé à cette activité et a acquis, par l’intermédiaire de sa holding Artemis, trois réseaux : en 2011, Capifrance et OptimHome puis, en 2015, Refleximmo, respectivement numéros trois, quatre et dix-neuf du secteur en nombre de mandataires. Mais, selon nos informations, le milliardaire cherche aujourd’hui à vendre son pôle immobilier que complète un courtier en crédit, la Centrale de financement. François-Henri Pinault, qui souhaite sans doute profiter du haut de cycle du marché immobilier, opère cet arbitrage après le départ de Patricia Barbizet, directrice de la holding qui avait inspiré ces achats.
Les amateurs devraient être nombreux dans le contexte dynamique actuel. Nexity et Foncia regardent d’ailleurs le dossier. « En deux ans nous aurons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Le ministre de la transition écologique et solidaire veut tirer les leçons de sa présence au gouvernement au cours de l’été.
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Une fois de plus, Nicolas Hulot expose ses états d’âme

Le ministre de la transition écologique et solidaire veut tirer les leçons de sa présence au gouvernement au cours de l’été.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h47
    |

            Cédric Pietralunga, 
Manon Rescan et 
Simon Roger








                        



                                


                            

L’heure du bilan approche à grands pas pour Nicolas Hulot. Le ministre de la transition écologique et solidaire entend faire le point, cet été, sur sa capacité d’action au sein du gouvernement. « J’aurai suffisamment d’éléments pour pouvoir regarder si effectivement je participe à cette transformation sociétale », s’est justifié le militant écologiste mercredi 16 mai sur BFM-TV, à la veille de l’anniversaire de sa nomination par Edouard Philippe.
Fin octobre 2017 déjà, interrogé par Le Monde, il se donnait « un an » pour juger de son utilité. « Cet été, on aura avec le président et le premier ministre (…) un moment de vérité (…). Si je sens qu’on n’avance pas, que les conditions ne sont pas remplies, voire éventuellement qu’on régresse, à ce moment-là, j’en tirerai les leçons », a réaffirmé mercredi le ministre d’Etat, n’écartant pas l’hypothèse d’un départ.

Coup de bluff ou aveu d’impuissance ? Le numéro trois du gouvernement ne cache pas ses difficultés à peser dans les arbitrages. Malmené à l’automne 2017 sur les dossiers du glyphosate (un herbicide classé cancérigène) et des Etats généraux de l’alimentation, l’impétrant avait confié ses états d’âme à Emmanuel Macron lors d’un long dîner en tête-à-tête. Le 16 mai, il a eu droit à une nouvelle séance de câlinothérapie, auprès d’Edouard Philippe cette fois, qui l’a reçu en marge d’une réunion sur le cadrage budgétaire.
Esseulé au conseil des ministres, il a été très affecté par les rumeurs de violence sexuelle relayées en février par feu le magazine Ebdo. Depuis, sa présence est rare et sa parole, parcimonieuse. Il n’a pas participé aux déplacements du chef de l’Etat en Inde ou aux Etats-Unis, alors que les questions environnementales et climatiques figuraient en bonne place dans l’agenda de ces visites officielles.
« Remettre un coup de pression »
Nicolas Hulot « n’a pas à rougir de son bilan au ministère »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ En 2017, le parquet a procédé à 813 gardes à vue. La situation ne fait qu’empirer.
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Face aux mineurs marocains isolés, toxicomanes et violents, Paris en appelle à l’Etat

En 2017, le parquet a procédé à 813 gardes à vue. La situation ne fait qu’empirer.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 11h25
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Cela fait plus d’un an que Jeanne craint de croiser leur chemin. Plus d’un an qu’elle fait un détour pour rentrer chez elle, prenant soin de contourner la rue de Jessaint, où ils se rassemblent jusque tard le soir. « Ils sont de plus en plus nombreux, dit la jeune femme de 29 ans, qui a grandi là, dans le quartier de la Goutte-d’Or, dans le 18e arrondissement de Paris. Ce ne sont que des enfants, mais j’ai peur d’eux, ils sont totalement imprévisibles et très violents. »
Les premiers mineurs marocains non accompagnés sont apparus dans les rues de Barbès il y a dix-huit mois. Beaucoup sont très jeunes, entre 10 ans et 13 ans. En un an, près de trois cents sont passés par la capitale, où ils restent en moyenne entre une semaine et trois mois, refusant – parfois avec violence – toute aide ou prise en charge des services de protection de l’enfance. « Nous avons tout essayé, mais aucune des solutions de placement ne fonctionne, explique-t-on à la Mairie de Paris, qui tire le signal d’alarme et en appelle à l’aide de l’Etat. Ils fuguent des centres d’hébergement et des hôpitaux, violentent les autres enfants… »

Paris n’est qu’une étape dans leur parcours migratoire. Ils errent en Europe, d’un pays à l’autre, avec une préférence pour l’Espagne (quatre mille prises en charge fin 2017) et la Suède (huit cents prises en charge), deux pays dont ils jugent les politiques d’accueil plus favorables. Actuellement, ils seraient une soixantaine dans la capitale française. « Ils sont dans un état second permanent : les premiers sniffaient de la colle, les nouveaux fument des joints, du crack et probablement autre chose, raconte Jeanne. Ils volent des portables, arrachent des bijoux, bousculent les passants et se battent entre eux à coups de tessons de bouteille. » Des mineurs isolés aussi jeunes, polytoxicomanes et « victimes-délinquants » : un phénomène...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ La garde-à-vue de cet homme âgé de 20 ans et qui s’est présenté au commissariat de Brest ne pourra pas excéder 48 heures.
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Brest : le conducteur de la voiture ayant permis l’évasion d’un détenu « fiché S » placé en garde à vue

La garde-à-vue de cet homme âgé de 20 ans et qui s’est présenté au commissariat de Brest ne pourra pas excéder 48 heures.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 12h38
   





                        


Le conducteur de la voiture dans laquelle le détenu fiché S de la maison d’arrêt de Brest s’est évadé mercredi s’est rendu de lui-même à la police et a été placé en garde à vue, a annoncé le procureur de la République de Brest, Jean-Philippe Récappé, jeudi 17 mai.
M. Récappé confirmait des informations parues dans la presse locale. Le Télégramme écrivait, mercredi que « visiblement dépassé par l’événement, il a décidé de se présenter lui-même au commissariat. Il a été placé en garde à vue à Brest et sera interrogé par les enquêteurs durant la soirée ». La garde-à-vue de cet homme âgé de 20 ans ne pourra pas excéder 48 heures, a précisé M. Récappé.
Le détenu de la maison d’arrêt de Brest « fait l’objet d’une fiche S parce qu’il a une tendance à la radicalisation et qu’il est suivi pour ça », avait précisé mercredi M. Récappé, ajoutant qu’il n’avait cependant jamais été condamné pour des faits de terrorisme ni d’apologie du terrorisme.

        Lire aussi :
         

                Un détenu suivi pour radicalisation s’évade de la prison de Brest






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Le programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile loge des migrants dans d’anciens hôtels parfois éloignés des transports en commun. Dans ce village savoyard, sans le soutien de certains habitants, la situation serait difficile.
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Accueil des migrants : loin de tout, Chignin fait contre mauvaise fortune bon cœur

Le programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile loge des migrants dans d’anciens hôtels parfois éloignés des transports en commun. Dans ce village savoyard, sans le soutien de certains habitants, la situation serait difficile.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 08h17
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 11h30
    |

                            Adrien Naselli (envoyé spécial à Chignin, en Savoie)








                        


Des vignes à perte de vue, quelques hameaux, et une départementale très empruntée. Pour se rendre à l’ancien hôtel Formule 1 de Chignin (Savoie), qui héberge 96 demandeurs d’asile depuis l’été 2017, il n’y a pas d’autre choix que de prendre la voiture. Aucune ligne de bus ne dessert la commune. La gare de Montmélian, la ville voisine, est à 5 kilomètres. La grande ville la plus proche, Chambéry, à plus du double.
C’est pourtant là qu’Adoma, le constructeur de logements sociaux qui a remporté un appel d’offres du ministère de l’intérieur en 2016, a établi l’un de ses 62 centres Prahda (Programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile). Plusieurs populations de demandeurs d’asile y cohabitent. Ainsi, à Chignin, les 96 personnes hébergées viennent de 17 pays, relèvent de statuts différents, et ne peuvent souvent pas communiquer entre elles.

   


Pis : le projet de centre se heurte d’emblée à une défiance généralisée. Le maire de Chignin (sans étiquette) depuis 1989, Michel Ravier, accuse l’Etat d’avoir tout organisé sans concertation. L’Etat lui-même, en la personne du préfet de l’époque, tarde à lancer les travaux voulus par Paris. Le nouveau président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, souffle sur les braises avec une pétition contre « la répartition des migrants de Calais dans nos régions ». Des villageois commencent même à constituer un « collectif anti-migrants » et diverses rumeurs se propagent.
Dans ces conditions, l’intégration des demandeurs d’asile ressemble à une mission impossible. Et pourtant.
Supporter l’attente
Arrivés d’Angola « en catastrophe » en août 2017, Cristiano et sa femme ont posé leurs maigres bagages le 27 mars à Chignin, après avoir vécu dans un squat à Lyon et avoir été orientés par l’Office français d’immigration et d’intégration (OFII). Diplômé d’une licence en informatique, Cristiano meurt d’ennui dans le village : « On est totalement déconnecté, ma femme et moi. Et puis il faut marcher longtemps pour aller faire les courses, sur cette route qui est très dangereuse pour les piétons. » L’OFII verse à Cristiano et à sa femme une allocation de 252 euros par mois. A Lyon, le couple trouvait facilement une connexion wifi pour échanger avec sa famille en Angola. Ici, pas d’accès à Internet et des locaux à la limite de la vétusté : deux à trois cabines de douche et toilettes par étage, et deux cuisines.
Laure, l’une des trois intervenantes sociales, a accueilli sa première famille la veille de notre rencontre : « En leur expliquant que le premier magasin est à trente minutes de marche, je n’étais pas très à l’aise. Même si je sais qu’ils accepteront tout sans broncher. »

   


Abdourahmane, un jeune Guinéen, se sait expulsable vers l’Espagne à tout moment. Auparavant, il était hébergé dans le CAO (centre d’accueil et d’orientation) d’Annecy. « Là-bas, des associations nous prenaient comme bénévoles. Ça nous occupait, soupire-t-il. On a l’impression qu’ils nous ont mis là pour nous chasser de la ville. »
Dans un village aussi isolé, attendre la réponse de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) est parfois intenable. Pour George et Jeanne, 34 et 26 ans, originaires de Serbie, c’est une torture : « C’est très beau ici, George adorerait pouvoir travailler dans une ferme comme avant, traduit sa compagne pour nous. Mais sans les papiers, c’est impossible. La beauté ne suffit pas. »
Nécessaire solidarité
L’Etat ne prévoit pas de cours de français pour les migrants. Heureusement, une vingtaine de bénévoles se sont organisés. « Sans leur aide, ce serait beaucoup plus compliqué, admet Victoria, l’une des intervenantes sociales. Leur investissement est énorme pour les cours. Or la barrière de la langue est un frein majeur à l’insertion. » Les bénévoles doivent en théorie faire partie d’une association et signer un contrat pour entrer dans le Formule 1.
Mais dans la réalité, tout un réseau d’entraide informelle s’est mis en place. Dons alimentaires, réparation de vieux vélos, tournoi de foot avec le club de Chignin… « Sans eux, ce serait vraiment un calvaire, renchérit Abdourahmane. On n’aurait vraiment rien à faire. »

   


A la campagne, un lien social semble s’instaurer plus clairement que dans l’anonymat des grandes villes. Ce jour-là, Monique Bauer, 64 ans, débarque un panier sous le bras et salue un par un les migrants assis dans l’herbe. C’est elle qui chapeaute l’organisation des bénévoles, qu’elle a inscrits au Secours catholique pour pouvoir intervenir en toute légalité. Monique estime qu’aider les migrants relève de son « engagement chrétien. » Le curé lui a d’ailleurs donné accès à la sacristie de la petite église pour donner des cours de français.
De son côté, Gilles Berlioz, le patron d’un des quatorze vignobles du coin, a embauché deux réfugiés qui ont obtenu leurs papiers au centre après l’été. Boubakar et Alssadik, originaires du Soudan, ont travaillé pendant les dernières vendanges. Le vigneron estime que l’Etat devrait assouplir ses lois pour que les migrants qui veulent travailler puissent le faire en attendant leurs papiers : « Quand Boubakar et Alssadik ont commencé, il fallait les voir à l’ouvrage ! En parlant français avec nous, ils s’intègrent. Et pour moi aussi ce serait pratique, car j’ai toujours besoin de main-d’œuvre. » Gilles Berlioz choisit ses mots avec soin pour expliquer à quel point venir en aide aux migrants lui procure du bien-être : « Quand je viens ici faire les permanences, je ressors avec une énergie et un plaisir intenses. »

   


Grâce aux bénévoles, une rencontre a même été organisée à l’école sur demande de l’institutrice. Jouarda, une Albanaise qui parle quatre langues, et Assan, un Guinéen, ont passé une heure dans chacune des deux classes, à échanger avec les enfants. Après avoir entendu le récit de sa fille, un Chignerain a appelé le lendemain pour savoir comment donner des vêtements. Une succession de petits gestes qui font dire à Monique Bauer : « Tant qu’ils sont là, nous les considérons comme des habitants du village. »
Même le maire a fini par changer d’avis. « Aujourd’hui, ça ne se passe pas trop mal. Les migrants côtoient la population, rencontrent les ados, discutent, et les choses se sont aplanies. » Michel Ravier nous retrouve d’ailleurs à l’ancien Formule 1 où il croise Cristiano. « Quel est votre parcours, sans être indiscret ? », lui lance-t-il. S’ensuit un long échange auquel tous deux donnent la même conclusion : « En ayant installé un centre ici, l’Etat n’a pas fait les choses bien. » Puis ils se séparent. En promettant de se revoir.

   


« Le Monde » organise à Lyon, jeudi 17 mai, un événement sur les « villes intelligentes » et la réduction des inégalités, qui abordera notamment la question de l’intégration des migrants dans les villes. Inscription et programme ici (gratuit).

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                Les « villes intelligentes » réduiront-elles les inégalités ? Une conférence du « Monde » à Lyon le 17 mai






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Plus d’un acheteur sur deux dispose d’un budget inférieur à 200 000 euros. Et seulement un sur dix d’une enveloppe dépassant 350 000 euros.
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Les jeunes veulent devenir propriétaires

Plus d’un acheteur sur deux dispose d’un budget inférieur à 200 000 euros. Et seulement un sur dix d’une enveloppe dépassant 350 000 euros.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h00
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Devenir propriétaire de sa résidence principale est une priorité pour les jeunes générations, montre une enquête publiée mercredi 16 mai par OptimHome un réseau immobilier présent en France, au Portugal et en Allemagne. Dans ce sondage réalisé par l’Ifop auprès d’un échantillon de 1 504 personnes représentatif de la population française âgée de 25 à 65 ans, 30 % des millennials (18- 34 ans) expriment leur désir de devenir propriétaires dans les 24 prochains mois, contre 22 % des xennials (35-41 ans) et 13 % de la génération X (42-52 ans).

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                Les « millennials » et l’argent : nouveaux codes, anciens réflexes



Seulement 10 % des millennials, 6 % des xennials et 9 % de la génération X souhaitent réaliser un investissement locatif. L’acquisition d’une maison secondaire est encore plus rarement envisagée : 2 % des millennials, 4 % des Xennials et de la Génération X.
Achat à crédit
La majorité (57 %) des Français qui ont acheté un logement au cours des trois dernières années ont alloué à leur projet un budget inférieur à 200 000 euros. A noter : seulement 10 % disposaient d’un budget supérieur à 350 000 euros. Pour investir dans l’immobilier les Français ont très largement recours au crédit : 82 % des personnes ayant acheté au cours des trois dernières années ont contracté un emprunt immobilier. Dans 63 % des cas, sa durée était supérieure à 16 ans. Elle était inférieure à 15 ans dans 37 % des cas.

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                Effervescence immobilière à Nantes



Autre constat : 54 % des acquéreurs avaient l’intention de faire du logement acheté leur résidence principale, 26 % de le louer à l’année, 8 % d’en faire leur résidence secondaire et 5 % de le louer en meublé de façon régulière, notamment sur Airbnb.
Enfin, Bordeaux est considérée comme la ville la plus attractive pour investir dans l’immobilier, devant Paris, Nantes, Lyon et Toulouse. A noter, les millennials se distinguent en plaçant Paris en tête, à égalité avec Bordeaux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Mineurs isolés, drogués et violents, ils ont surgi il y a plus d’un an dans la capitale. On les pensait enfants des rues marocains, mais, en réalité, ils ont souvent une famille.
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De Tanger à Paris, dans les pas des enfants perdus du Maroc

Mineurs isolés, drogués et violents, ils ont surgi il y a plus d’un an dans la capitale. On les pensait enfants des rues marocains, mais, en réalité, ils ont souvent une famille.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 05h09
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h01
    |

            Louise Couvelaire (Tanger, Maroc, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Paris n’avait jamais vu ça. Des hordes d’enfants qui débarquent dans les rues du 18e arrondissement, seuls, drogués, violents, le corps couvert de plaies et de brûlures, ne parlant pas un mot de français, semant la peur dans un quartier qui en a pourtant vu d’autres. Les premiers ont surgi il y a un an et demi, ils étaient une vingtaine ; ils sont repartis, quelques-uns sont revenus, de nouveaux sont arrivés, plus nombreux, ils sont une soixantaine aujourd’hui. Les plus jeunes ont 10 ans, les plus âgés prétendent avoir 17 ans (ils ont probablement plus).
Prise au dépourvu, la Mairie de Paris a tout tenté pour les approcher : éducateurs, associations spécialisées dans la protection de l’enfance, solutions d’hébergement, lieux d’accueil ad hoc… En vain. Ils fuguent et retournent errer dans la Goutte-d’Or, où ils commettent des actes de délinquance pour le compte de petits réseaux locaux qui les rétribuent en cachets de Rivotril (un antiépileptique détourné de son usage). Ils sont arrivés shootés à la colle ; dans les rues de Paris, ils deviennent polytoxicomanes. Personne n’en savait plus sur leurs profils et les raisons de leur venue. Tout juste avait-on appris qu’il s’agissait de jeunes Marocains, pour la plupart mineurs, qui avaient transité par l’Espagne.

Un rapport de l’association Trajectoires, qui étudie le parcours des migrants et des réfugiés en Europe, apporte enfin des éléments de réponse. Commanditée par la Mairie de Paris il y a six mois, cette étude, à laquelle Le Monde a eu accès, retrace le parcours de ces enfants qui vont et viennent d’une ville française à l’autre (Paris, Montpellier, Rennes, Brest, Bayonne…), d’un pays européen à l’autre (Suède, Danemark, Espagne, Allemagne, Belgique, France…), sans jamais se fixer. « Ils se font jeter de pays en pays, ils traînent en Europe sans stratégie migratoire pensée, observe le sociologue Olivier Peyroux, coauteur du rapport. Ce sont les migrants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Les députés ont voté, en première lecture, le texte élaboré par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa dans le sillage de l’affaire Weinstein.
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L’Assemblée nationale adopte le projet de loi contre les violences sexuelles

Les députés ont voté, en première lecture, le texte élaboré par la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa dans le sillage de l’affaire Weinstein.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 01h42
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h27
   





                        



   


Après trois jours de débats passionnés, les députés ont approuvé en première lecture, dans la nuit de mercredi 16 à jeudi 17 mai, le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles.
Porté par Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, le texte, qui doit maintenant être débattu au Sénat, a été approuvé par 115 voix contre 29 et 25 abstentions.
la majorité La République en marche (LRM)-Modem a voté pour, tout comme le groupe Union des démocrates indépendants (UDI)-Agir/Indépendants ;les Républicains (LR) se sont abstenus ;à gauche, insoumis, communistes et socialistes ont voté contre ou se sont abstenus.
« Une chasse à l’homme »
Mercredi, les députés ont achevé l’examen du texte en approuvant la création d’une contravention d’« outrage sexiste » pour les faits de harcèlement dans l’espace public, passibles d’une amende immédiate de 90 euros minimum et éventuellement d’un stage de civisme. Cette nouvelle infraction vise à sanctionner en flagrant délit des comportements et des propos sexistes comme des gestes déplacés, des commentaires sur le physique, des sifflements, des regards insistants ou obscènes, le fait de suivre volontairement à distance une personne, etc.
« C’est une nouveauté mondiale, qui fera partie des tâches des policiers du quotidien. En Belgique, cela ne marche pas parce qu’il faut aller déposer plainte », a plaidé Mme Schiappa rappelant que « huit femmes sur dix ont peur de sortir toute seule le soir dans la rue ».
L’insoumise Danièle Obono (Paris) y a vu une « déqualification du délit de harcèlement sexuel », une affirmation contestée par Mme Schiappa, pour qui « le harcèlement sexuel suppose une répétition des faits ». Sébastien Huygue (LR, Nord) a dénoncé un « coup de communication, un dispositif d’affichage ». A l’extrême droite, Emmanuelle Ménard (Hérault) a regretté « une chasse à l’homme » qui interdit « une certaine gauloiserie qui n’a rien de comparable à un harcèlement ». Pour le Modem Erwann Balanant (Finistère Quimperlé-Concarneau), « évidemment il n’y aura pas un policier derrière chaque femme comme il n’y a pas un policier derrière chaque panneau stop. Mais cela permet de définir un interdit et de faire de la pédagogie autour ».
Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, l’allongement à trente ans après la majorité de la victime, contre vingt ans actuellement, des délais de prescription pour les crimes sexuels commis envers des mineurs est également dans le texte.

        Tout comprendre :
         

          ce que contient le projet de loi



Le contesté article 2
A l’exception de LRM, tous les groupes, même ceux qui ont voté pour, ont toutefois déploré, mardi, l’abandon par Marlène Schiappa de son intention d’instaurer une « présomption de non-consentement », qui impliquait que toute pénétration dans le cas d’une personne mineure de moins de 15 ans serait considérée comme un viol.
Une telle présomption, à laquelle le gouvernement a renoncé par crainte d’une censure constitutionnelle, était attendue par des associations de défense des droits des femmes et des enfants après deux affaires récentes où des fillettes de 11 ans avaient été considérées par la justice comme consentantes.
En refusant cette présomption, « vous avez perdu notre vote », a lancé le député Stéphane Viry (LR, Vosges) à la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes. « Revenez avec une nouvelle version », a renchéri la socialiste Marietta Karamanli (Sarthe). Isabelle Florennes (Modem, Hauts-de-Seine) a fait part d’un « sentiment de déception » sur ce point. « Nous sommes extrêmement déçus par le recul par rapport à votre communication », a lancé l’UDI Sophie Auconie (Indre-et-Loire) à la ministre. « Peut-être que nous n’allons pas assez loin, mais c’est une avancée, et notre ambition est de faire un texte solide juridiquement », a défendu le chef de file LRM Dimitri Houbron (Nord).

        Lire aussi :
         

                Projet de loi contre les violences sexuelles : les associations dénoncent des reculs



A la place de cette présomption, le texte prévoit d’introduire dans la définition du viol une protection particulière pour les mineurs de moins de 15 ans : les notions de contrainte et de surprise, constitutives d’un viol, pourront « être caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes ».
Cet article double aussi, à dix ans d’emprisonnement, la peine pour le délit d’atteinte sexuelle « avec pénétration », pour les cas où le viol, crime passible de vingt ans de réclusion, ne pourrait être constitué, en l’absence de caractérisation d’une violence, contrainte, menace ou surprise.

        Sur la polémique
         

          autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le dispositif composé de 1 250 policiers et gendarmes, sans précédent pour une rencontre de football en province, a réussi à éviter tout grave dérapage, par effet de dissuasion.
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Ligue Europa : 22 personnes interpellées en marge de la finale OM-Atlético

Le dispositif composé de 1 250 policiers et gendarmes, sans précédent pour une rencontre de football en province, a réussi à éviter tout grave dérapage, par effet de dissuasion.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 01h08
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 01h50
    |

                            Richard Schittly (Lyon, correspondant)








                        


Lyon a remporté le match de la sécurité. Tant redouté par les autorités, l’affrontement entre supporters ultras ne s’est pas produit dans la capitale des Gaules, mercredi 16 mai, à l’occasion de la finale de la Ligue Europa de football. En tout, vingt-deux personnes ont été interpellées et placées en garde à vue au cours de la soirée, selon un bilan de la préfecture de région.
Quatre personnes sont poursuivies pour violences aggravées, impliquées dans des bagarres dans les tribunes ;Trois autres ont été arrêtées après des bagarres survenues place des Terreaux, dans le centre de Lyon, rapidement maîtrisées par les forces de l’ordre ;Les autres relèvent de délits relativement mineurs, comme des dégradations, et même une vente à la sauvette.Huit supporters marseillais, interpellés à l’entrée du stade, en fin d’après-midi, étaient en possession de fumigènes.
Le dispositif composé de 1 250 policiers et gendarmes, sans précédent pour une rencontre de football en province, a donc réussi à éviter tout grave dérapage, par effet de dissuasion. Les autorités craignaient un coup d’éclat contre le club rival de Marseille, venu disputer à Lyon sa finale européenne, autant que d’éventuelles répliques de supporters marseillais. La soirée n’a pas été gâchée.

        Lire notre compte rendu du martch :
         

          L’Atlético Madrid et Griezmann achèvent les rêves de l’OM en finale de Ligue Europa



Exit les velléités de confrontation, notamment de la part des groupuscules identitaires, infiltrés parmi les supporters de l’Olympique lyonnais. Un épisode éclair a illustré ce risque, en fin d’après-midi. La brigade anticriminalité de Lyon a stoppé un groupe de vingt-cinq individus, soupçonnés d’appartenir à la mouvance identitaire. Les policiers les ont repérés au départ de leur fief, dans le quartier du Vieux Lyon. Ils ont pu les suivre, et les contrôler, dans le secteur de la gare de Perrache. Avec leurs protège-dents, un drapeau espagnol pour se fondre dans la foule, les militants présumés étaient visiblement partis pour en découdre. Un individu a été interpellé et placé en garde à vue, pour possession d’un poing américain. Les autres ont été laissés libres, sans infraction retenue. Mais la tactique d’intervention de la BAC, prévue pour intercepter le moindre regroupement à risque, a parfaitement fonctionné.

        Lire notre enquête :
         

          A Lyon, la confluence des extrêmes droites






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Deux manifestations ont eu lieu mercredi dans la capitale pour dénoncer les heurts meurtriers de lundi, au cours desquels soixante Palestiniens ont été tués.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/05/2018
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Affluence modeste aux rassemblements parisiens pour Gaza

Deux manifestations ont eu lieu mercredi dans la capitale pour dénoncer les heurts meurtriers de lundi, au cours desquels soixante Palestiniens ont été tués.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 22h59
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 07h05
    |

                            Charlotte Peytour et 
Cécile Chambraud








                        



   


Tout en parlant, Dominique sort de sa poche un autocollant « PCF » et le colle d’un geste expert sur son pantalon. Ce n’est « hélas » pas le premier rassemblement de soutien aux Palestiniens auquel participe cette femme d’âge mûr en ce mercredi 16 mai, place de la République, à Paris. « Gaza, c’est un camp de concentration sur cinquante kilomètres », se scandalise-t-elle.
A ses côtés, Muguette « condamne un crime de guerre » pour évoquer la répression de la manifestation des Gazaouis à la frontière avec Israël, qui s’est soldée, lundi, par soixante morts, tués par des tirs de soldats de l’armée israélienne.

        Lire notre édito :
         

          Journée sanglante à Gaza : des Palestiniens abandonnés et déshumanisés



Les deux femmes ne comprennent pas pourquoi la mobilisation reste cependant modeste, à la République, où quelques centaines de personnes, pour la plupart des militants chevronnés, ont répondu à l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens ; il rassemble une trentaine de mouvements, dont l’Association France Palestine solidarité, le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ou Europe Ecologie Les Verts (EELV).
« Halte au massacre !»
« En même temps, Macron a été mou, mou, mou sur la condamnation » des agissements de l’armée israélienne, s’emporte Dominique. Plusieurs personnes présentes soulignent le peu de communication qui a été faite pour mobiliser. Ils critiquent notamment le fait que, faute d’accord entre les organisateurs, deux rassemblements séparés aient été organisés à Paris, le second se tenant au Trocadéro.
Tranchant dans cette concentration de militants aguerris, trois élèves de seconde du lycée Eugène-Henaff de Bagnolet, informées par un condisciple, ont improvisé le déplacement jusqu’à la place de la République. « On a tenu à venir, on soutient vraiment les Palestiniens, en tant que Maghrébins », fait valoir la jeune Nawel, dont c’est la première participation à un rassemblement de ce genre.
Les orateurs, parmi lesquels le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel, s’indignent de la réaction des autorités françaises, jugée trop faible. La petite foule scande à plusieurs reprises : « Halte au massacre du peuple palestinien ! », avant de se séparer sagement.

        Lire aussi :
         

                Après Gaza, les réactions politiques se multiplient en France




   


« Nous sommes antisionistes, pas antisémites »
Au même moment commençait le second rassemblement, où un millier de personnes s’étaient retrouvées. Place du Trocadéro, sur le parvis des libertés et des droits de l’homme qui surplombe la tour Eiffel, les cris « La Palestine vivra » et « Israël, assassin » retentissent.
Ce rendez-vous avait été organisé par la coordination des associations palestiniennes, comprenant notamment l’Union générale des étudiants de Palestine (GUPS), et le BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) France, ce dernier prônant le boycott d’Israël et de ses produits marchands.
« Nous demandons formellement à M. Macron de condamner les crimes de guerre [du premier ministre israélien] Benyamin Nétanyahou », explique Walid Atallah, un des organisateurs, qui ajoute ne pas reconnaître l’Etat d’Israël. L’inauguration par le président français et par le chef du gouvernement de l’Etat hébreu de l’exposition « Saison croisée France Israël » prévue pour le 5 juin au Grand Palais attise sa colère.
Une colère toutefois réfrénée par les participants, qui ne souhaitent pas de débordements. Un « mort à Israël » se fait bien entendre, mais il est vite contenu par les autres manifestants, qui ne veulent « pas d’amalgame ».
« Nous sommes antisionistes, pas antisémites », explique Alicia Bouzaiane, Parisienne d’origine tunisienne, venue seule. Elle a entendu parler du rassemblement via les réseaux sociaux et s’y est rendue après son travail, munie d’une petite pancarte condamnant l’« occupation israélienne ». « J’aurais pu naître en Palestine, déclare-t-elle les larmes aux yeux. Nous devrions tous nous sentir touchés par ce qu’il s’est passé. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le ministère de l’intérieur exprime des doutes sur la légalité de l’externalisation des radars embarqués dans des voitures, mise en place en 2015.
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Sécurité routière : polémique sur les radars embarqués

Le ministère de l’intérieur exprime des doutes sur la légalité de l’externalisation des radars embarqués dans des voitures, mise en place en 2015.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 19h53
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 21h33
    |

            Rafaële Rivais








                        


Les radars embarqués à bord de voitures banalisées qui roulent dans le flot de la circulation sont une arme déterminante pour la sécurité routière. Néanmoins, le gouvernement peut-il confier la conduite de ces voitures à des opérateurs privés ? La question se pose à la suite de la publication, par le Canard enchaîné du mercredi 16 mai, d’une note du ministère de l’intérieur qui exprime des doutes quant à la légalité de cette externalisation.
A la différence des radars fixes ou des radars mobiles, les radars embarqués sont invisibles. Chacun peut donc craindre d’en avoir un derrière lui, ce qui l’incite à lever le pied. L’annonce de leur déploiement, au début de l’année 2013, a fortement contribué à la diminution de la mortalité.
Mais l’utilisation des radars embarqués mobilisait alors un conducteur ainsi qu’un passager chargé de régler l’appareil sur les différentes vitesses autorisées. Faute de personnel disponible parmi les membres des forces de l’ordre, les voitures-radars n’ont été utilisées en 2014 qu’une heure et treize minutes, en moyenne, par jour.
Lors du comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015, le premier ministre, Manuel Valls, a donc annoncé qu’il confierait leur gestion à des « opérateurs agréés ». Le 24 février 2017, la Sécurité routière a fait savoir qu’elle lançait en Normandie une expérimentation. Un an plus tard, le 20 avril, elle a annoncé que la société Mobiom, filiale du groupe Challancin, avait obtenu le marché de la conduite des voitures-radars en Normandie. Cette société n’emploie qu’une seule personne par véhicule, le conducteur, du fait les voitures ont été modifiées pour empêcher tout réglage manuel du radar.

        Lire aussi :
         

                Radars embarqués : soupçons de favoritisme dans l’attribution de marchés publics



« Prêt illicite de main-d’œuvre »
Dès 2015, les associations d’automobilistes ont protesté contre l’annonce de l’externalisation, synonyme, pour elles, de « recherche de rendement » et de multiplication des procès-verbaux (PV). La Sécurité routière a répondu que les prestataires seraient rémunérés en fonction du nombre d’heures passées à conduire, et non du nombre de flashs produits. Les associations ont alors contesté le fait que des opérateurs privés puissent exercer des missions de souveraineté. La Sécurité routière a répondu que le chauffeur se contenterait de tenir le volant et de suivre un itinéraire défini.
Néanmoins, l’association 40 millions d’automobilistes a déposé un recours au Conseil d’Etat le 30 mars. Le Canard enchaîné apporte de l’eau à son moulin en publiant une note interne de la direction des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’intérieur, rédigée le 30 mars 2017, soit un mois après le lancement de l’expérimentation : elle indique que cette dernière n’aurait été possible que « si elle avait été prévue par la loi », ce qui n’a pas été le cas.
En outre, contrairement à ce qu’indique la Sécurité routière, le simple fait de conduire un véhicule-radar pourrait être considéré « comme une activité matérielle de police ». Le contrat passé avec l’opérateur privé, qui utilise « les véhicules et le matériel mis à disposition par l’Etat », pourrait se voir « requalifié en “prêt illicite de main-d’œuvre” », prohibé par l’article L8241-1 du code du travail. 
Par ailleurs, l’association Anticor a, le 18 janvier, demandé au parquet national financier (PNF) de diligenter une enquête sur les conditions d’attribution du marché des radars, à l’entreprise Fareco. 40 millions d’automobilistes et la Fédération française des motards en colère demandent la suspension immédiate des voitures-radars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Connu pour les amendes record infligées aux entreprises, l’ex-président de l’Autorité de la concurrence a été nommé mercredi en conseil des ministres.
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Bruno Lasserre, un libéral inflexible face aux puissants, prend la tête du Conseil d’Etat

Connu pour les amendes record infligées aux entreprises, l’ex-président de l’Autorité de la concurrence a été nommé mercredi en conseil des ministres.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 18h31
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 12h23
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le Conseil d’Etat va connaître un changement de style dans la continuité. Mercredi 16 mai, le conseil des ministres a nommé Bruno Lasserre à la tête de cette institution centrale de la République. Il succédera le 29 mai à Jean-Marc Sauvé, qui la dirigeait depuis douze ans. Le choix du président de la République fait consensus, tant le parcours de M. Lasserre semblait tracé. Mais il marque la prudence du chef de l’Etat à l’égard de cette institution qu’il connaît mal. Il y nomme, pour une durée relativement courte, un homme qu’il connaît bien.
M. Lasserre, revenu au Conseil d’Etat en septembre 2016 en tant que président de la section de l’intérieur, la plus prestigieuse avec celle du contentieux, devra quitter ses nouvelles fonctions le 3 janvier 2022, à la veille de son soixante-neuvième anniversaire. Ce qui laissera à Emmanuel Macron le privilège de nommer au cours d’un même mandat deux vice-présidents de cette institution à la fois conseillère du gouvernement dans l’élaboration des projets de loi et de décrets, et cour suprême administrative.

Capacité à résister aux pressions
Grand serviteur de l’Etat, comme son prédécesseur, M. Lasserre s’est surtout fait connaître pour avoir présidé pendant douze années (2004-2016) le gendarme de la concurrence, (Conseil de la concurrence, transformé en 2009 en Autorité de la concurrence). Libéral convaincu, il s’est attaché à montrer que le marché régulé et la concurrence sont des moyens vertueux de protéger les citoyens consommateurs… à condition de sanctionner fermement les prédateurs et les tricheurs.
En infligeant en 2005 aux trois opérateurs de téléphonie mobile (Orange, SFR et Bouygues Telecom) une amende de 534 millions d’euros pour « entente illicite », il frappe les esprits. Jamais les entreprises françaises n’avaient été sanctionnées dans de telles proportions. Ce coup de tonnerre dans le monde des entreprises était loin d’être un coup d’éclat pour le gendarme de la concurrence....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Congé parental : « Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité »

Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 08h24
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



   


Une meilleure indemnisation du congé parental, la possibilité de le fractionner et de le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant et, surtout, l’obligation pour les pères de prendre un congé de dix jours à la naissance : voilà ce que propose la directive européenne « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Pour le moment, treize pays s’y opposent, parmi lesquels la France, qui a pris la tête de la fronde.
A l’occasion de la quatrième conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO), qui se tenait mardi 14 et mercredi 15 mai à Stockholm (Suède), Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), à Vilnius (Lituanie), défend le principe de cette directive. Pour elle, tout le monde gagnerait à l’appliquer : les femmes, les enfants, les pères mais aussi les Etats eux-mêmes.
Pourquoi est-il important d’avoir une législation prévoyant un congé spécifique pour le père, qu’il ne peut partager avec la mère ?
Virginija Langbakk : Parce que cela force les gens à faire des choix. Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité. Les hommes gagnent en général plus que les femmes, donc ils perdront plus d’argent en restant à la maison. L’équilibrage est rapidement fait au sein de la famille. Et ce sont toujours les femmes qui finissent par se retrouver à la maison avec les enfants. Tandis que si on réserve un congé qui ne peut être pris que par l’homme, la famille doit réfléchir : est-ce qu’elle est prête à renoncer à un congé indemnisé ? C’est plus difficile, je pense, de faire un choix négatif.
Ce congé doit donc être suffisamment indemnisé.
Absolument. C’est essentiel d’avoir une indemnisation suffisamment élevée, pour empêcher les hommes de dire qu’ils gagnent mieux lorsqu’ils travaillent. Il faut un contrepoids. On le voit bien dans les pays où la loi permet aux hommes de prendre un congé parental, mais ne prévoit pas d’indemnité ou des indemnités trop basses : ils ne prennent pas ces congés.
Pourquoi est-ce important de fixer des règles européennes ?
C’est important parce que nous avons des buts communs pour l’Union européenne, un budget, des cibles. On a adopté un socle européen des droits sociaux. Cela en fait partie. Nous avons besoin de bases communes qui obligent les pays membres à agir. Même si c’est un minimum et que certains font déjà plus.
Mais ça coince encore dans de nombreux pays européens.
Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certains pays, l’idée domine que l’homme doit subvenir aux besoins de la famille et que la place de la femme est à la maison. On voit d’ailleurs une progression de ces idées très conservatrices en Europe, ce qui est inquiétant. Pour d’autres, il est biologiquement important pour le bébé que sa mère reste avec lui, les premiers temps. Ce genre d’arguments est souvent utilisé dans des pays qui n’ont pas de structures d’accueil pour la petite enfance. Les mères n’ont d’autre choix que de rester à la maison avec l’enfant.
Certains pays comme la France pensent que cela va coûter trop cher.
Oui, allonger la durée d’un congé paternité ou augmenter le niveau des indemnités entraîne des coûts. Mais les gouvernements qui s’y opposent pour des raisons financières oublient de prendre en compte les gains pour leurs pays sur le long terme. Ils devraient réfléchir à ce que perd la société quand les femmes restent à la maison… Plus elles sont absentes du marché du travail, plus il est difficile pour elles de maintenir leurs qualifications et leurs compétences. Quand les hommes assument leurs responsabilités à la maison, l’activité des femmes croît et contribue à la croissance de l’économie. Alors évidemment, cela prend du temps d’en voir les effets. Mais les coûts seront couverts par les bénéfices.
Quel est l’intérêt pour les hommes ?
Passer du temps avec son enfant, au tout début de sa vie, est très important. Cela forme les relations entre le père et son enfant pour la suite. Aujourd’hui, deux pères européens sur trois passent en moyenne moins d’une heure par jour avec leurs enfants. Ce qui veut dire qu’ils ont tout juste le temps de s’intéresser à leurs besoins physiologiques, mais pas à leur développement moral. Mais ce n’est pas tout : toutes les études montrent que passer du temps avec son enfant réduit le stress, relaxe, améliore la santé. Ce sont des bénéfices dont les Etats devraient se soucier.

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Responsable de l’UNEF voilée : Marlène Schiappa dit voir « une forme de promotion de l’islam politique »

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à la polémique après qu’une étudiante est apparue avec un voile islamique dans un reportage de M6.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h35
    |

            Abel Mestre








                        


La polémique prend une tournure politique. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a réagi au fait que la présidente de la section locale de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France, syndicat classé à gauche) à l’université Paris-IV était apparue coiffée d’un voile islamique.
Après avoir rappelé que « le voile n’est pas interdit à l’université » car « les femmes adultes ont le droit de porter le voile si c’est leur choix », Mme Schiappa a affirmé « comprendre qu’il y ait une forme d’interpellation car l’UNEF est censé être un syndicat étudiant progressiste, féministe alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion ». Et de conclure : « J’y vois une forme de promotion de l’islam politique. »
Si elle n’est pas chargée de l’enseignement supérieur, Marlène Schiappa s’exprime régulièrement sur les questions de laïcité. Elle a ainsi coécrit avec Jérémie Peltier, directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès, un livre intitulé Laïcité, point ! (Editions de l’Aube, 80 pages, 9,90 euros).
Débats houleux
La photo de Maryam Pougetoux est apparue ce week-end sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’un reportage sur M6 où elle s’exprimait à propos du mouvement étudiant contre la réforme de l’accès à l’université. Très vite, certains militants promouvant une laïcité stricte, comme Laurent Bouvet, cofondateur du Printemps républicain, s’en sont emparés. Des débats houleux ont fleuri entre les défenseurs de la jeune militante et ses contempteurs.
De nombreux anciens militants de l’UNEF, comme le socialiste Julien Dray, ont exprimé leur incompréhension. « Qu’une adhérente du syndicat décide de porter le voile (…), je peux l’admettre, (…) mais qu’elle devienne porte-parole, cela n’est pas possible », a notamment écrit sur Facebook le conseiller régional socialiste d’Ile-de-France.
L’UNEF a très vite pris la défense de Mme Pougetoux. Sa présidente, Lilâ Le Bas, a ainsi déclaré sur Twitter : « Tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droits des étudiant•e•s et qui subit des insultes racistes et islamophobes ! A vomir ! »

Ce soir tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’@UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droit… https://t.co/RunsVMscCn— Lila_Lebas (@Lilâ Le Bas)


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Une mue sur la question de la laïcité
Le syndicat d’étudiants a opéré, depuis quelques années, une véritable mue sur la question de la laïcité. Ainsi, en 2013, l’UNEF se positionnait contre le voile à l’université. Dans un communiqué concernant le rapport du Haut Conseil à l’intégration, l’organisation s’inquiétait alors « que la principale proposition qui ressort dans le débat public concerne le port du voile à l’université » et affirmait qu’elle « [militait] contre cette pratique qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes ». Ce communiqué a, depuis, été effacé du site de l’UNEF.
Plus récemment, une salle de prière a même été ouverte en 2015, lors d’un Collectif national (CN, parlement du syndicat) à la demande de quelques militants musulmans, comme une enquête du Monde le révélait en octobre 2017. Un épisode qui ne se répétera pas.
Cette conception de la laïcité, plus proche du modèle anglo-saxon, ne crée pas de débat en interne. « Nous sommes clairs sur ce que l’on dit, comment on l’applique et comment on la défend dans les universités », affirmait, en septembre 2017, Lilâ Le Bas. Le clivage se situe avec les ex-dirigeants du syndicat qui voient leur ancienne maison leur échapper et prendre un virage qu’ils estiment regrettable. Il faut dire que l’UNEF a, depuis plusieurs années, coupé le cordon qui la reliait aux partis politiques et à leurs différents courants. Le corollaire de cette indépendance est qu’il n’y a plus la structuration par des « parrains », qui donnaient la ligne à suivre et pouvaient corriger quelques errements ou positions trop radicales.

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