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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
    |

Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.
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Photo : la montée en gamme de la foire londonienne

Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h13
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            
Y aurait-il une théorie des goûts comme des climats ? A sillonner la foire Photo London, qui se tient jusqu’au 20 mai à Somerset House, il faut croire que oui, le goût anglais existe bel et bien. Il se porte sur les animaux, avec une préférence pour les éléphants et les bêtes médiatiques. Passons sur les premiers, nostalgie des Indes sans doute. Mais pourquoi tant de célébrités ? Sur les cimaises : des vedettes fauchées au sommet de la gloire (Maryline, Amy Winehouse), les stars de la Pop britannique (Beatles, Rolling Stones), les top model à la beauté éternelle (Kate Moss). La reine Elizabeth fait également apparition, inoxydable, dans un cliché des années 1960 la représentant entourée de ses chiens. Signe de sa popularité à la veille du mariage princier entre Harry et Meghan : l’icône royale été achetée dès les premières minutes du vernissage. Une autre image, shocking mais so british, montrait la même souveraine siégeant… sur des toilettes. On ignore si ce sosie grossièrement mis en scène par la photographe Alison Jackson a trouvé preneur.
Ce n’est pas le moindre mérite de Photo London que d’offrir une plateforme à des artistes qui seraient sans doute censurés chez eux
Résumer Photo London à cette veine sensationnaliste et trash serait toutefois injuste. En quatre ans, la foire lancée par Fariba Farshad et Michael Benson dans un marché de la photo encore balbutiant en Grande-Bretagne, a pris de l’ampleur. La manifestation a gagné en qualité cette année avec l’arrivée de nouveaux exposants comme Sprovieri, qui propose un face-à-face inédit entre Nan Goldin et de Boris Mikhailov. Les deux récipiendaires du Prix Hasselblad n’abordent pas le corps avec la même focale : mélancolique chez la première, sarcastique chez le second. La nudité féminine est partout, des courbes de Bill Brandt aux fragments de corps de Daido Moriyama. Il y a bien sûr nu et nu. Fantastique. Rarement photo a aussi bien porté son nom que ce magnifique tirage de 1921 d’Edward Weston accroché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La perspective d’une coalition des « anti-système » laisse craindre, à Bruxelles, que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union.
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Pourquoi les Européens tremblent face au prochain gouvernement italien

La perspective d’une coalition des « anti-système » laisse craindre, à Bruxelles, que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Même si la situation politique en Italie restait très volatile, jeudi 17 mai, alors que les deux partis « anti-système » arrivés en tête aux élections, la Ligue et le Mouvement cinq étoiles (M5S), tentaient de finaliser leur accord de gouvernement, leurs voisins européens commencent à paniquer.
Jeudi à Sofia, lors d’un sommet consacré à l’origine aux Balkans, les Vingt-huit ont croisé – sans doute pour la dernière fois – le premier ministre sortant, Paolo Gentiloni, très apprécié à Bruxelles pour son pragmatisme et son professionnalisme. Ce dernier a cherché à les rassurer, mais aussi à mettre en garde le futur gouvernement transalpin. « Si le pays sort des rails, les dégâts ne seront pas tellement pour les technocrates de Bruxelles mais bien davantage pour les citoyens de l’Union », a insisté le dirigeant social-démocrate.
Officiellement, les dirigeants européens se veulent prudents. Interrogé sur les projets de la probable coalition, Emmanuel Macron a d’abord avancé, jeudi à Sofia, qu’il « faut accepter ce que les peuples décident ». Soulignant des forces « disparates, hétérogènes et paradoxales », en référence aux positions à priori divergentes du M5S et de la Ligue, il a ajouté que la France « fera au mieux pour travailler avec [ses] partenaires et amis », faisant aussi remarquer que « le président [italien] Mattarrella avait dit que le gouvernement italien devrait travailler avec l’Europe ».

En réalité, la coalition des anti-système italiens paraît d’autant plus incongrue, vue de Bruxelles, de Paris ou de Berlin, qu’elle s’affiche aux côtés de forces clairement eurosceptiques. Les 14 eurodéputés du M5S sont ralliés à la formation d’extrême droite Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD), présidée par le héraut du Brexit britannique Nigel Farage, tout en ayant des prises de position jugées plutôt progressistes (sauf sur la migration). Quand aux cinq...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.
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L’armée française veut réduire sa dépendance aux avions gros-porteurs étrangers

Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h16
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les nouveaux avions de transport militaire de l’armée française vont permettre, d’ici à 2030, de réduire en partie sa grande dépendance à l’affrètement de moyens privés étrangers, a affirmé jeudi 17 mai un général de l’armée de l’air.
« L’affrètement couvre aujourd’hui les deux tiers de nos besoins pour nos projections extérieures ; à l’orée de 2030, nous allons inverser cette proportion pour être autonome aux deux tiers », a indiqué le général Laurent Marbœuf, commandant la brigade aérienne d’appui et de projection. Celle-ci compte 45 avions de transport tactique et d’assaut. « Nous n’avons jamais eu un parc aussi faible, et nos avions sont très vieux », a-t-il précisé, en évoquant notamment les Transall quinquagénaires (il en reste quinze). A l’issue de la loi de programmation militaire 2019-2025, l’armée de l’air aura toujours 45 transporteurs à disposition, mais « tous de nouvelle génération », assure encore ce responsable militaire. Notamment les A400M et les C130 en cours d’acquisition.
D’ici à 2030, date à laquelle la modernisation de ces flottes doit être complète, les capacités de fret de l’armée de l’air auront augmenté de 77 % si les moyens promis suivent. « Le contrat qui nous est fixé est de pouvoir transporter 6 000 tonnes de matériels et 2 300 personnes en une semaine à cet horizon », précise le général Marbœuf. L’armée de l’air entend aussi réduire le recours aux affréteurs privés pour les vols internes aux opérations elles-mêmes – par exemple entre différents endroits du Sahel pour Barkhane – en gérant mieux la flotte d’A400M au moment des périodes de relève.
Incontournables Antonov
Les sérieux problèmes de disponibilité des premiers A400M livrés (15 aujourd’hui, 35 en 2030) expliquent un recours élevé aux affrètements, explique encore l’armée de l’air, assurant que cette période touche à sa fin : « Notre objectif est bien de gagner en autonomie, pour être dans le tempo de ce que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.
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Italie : la Ligue, aux origines d’une formation populiste en passe de cogouverner le pays

Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h45
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Les négociations se poursuivent en Italie entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, pour former un gouvernement de coalition plus de deux mois après les élections législatives. Les deux partis avaient respectivement obtenu 32 % et 17 % des suffrages. Il s’agirait de la première participation du M5S à un gouvernement, tandis que la Ligue du Nord a plusieurs fois participé à des coalitions quand Silvio Berlusconi était président du Conseil italien.

        Lire le zoom :
         

          Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?



Comment est née la Ligue ?
La Ligue a été fondée en 1989 par Umberto Bossi en fusionnant la Ligue lombarde et dix mouvements régionalistes et autonomistes du nord de l’Italie. Parmi eux : la Liga veneta de Franco Rocchetta, l’Union valdôtaine de Bruno Salvadori, la Ligue du Piémont de Gipo Farassino, l’Uniun ligure de Bruno Ravera, l’Alleanza Toscana de Tommaso Fragassi, la Lega emiliano-romagnola. Elle devient un parti politique en 1991 et s’appelle à l’époque la Ligue du Nord pour l’indépendance de la Padanie. Elle a été dirigée par Umberto Bossi jusqu’en avril 2012.
Que revendique la Ligue à sa création ?
A ses débuts, la Ligue du Nord réclame l’indépendance de la Padanie. Cette région imaginaire correspond à la plaine du Pô. Elle regroupe le Piémont, la Lombardie, le Frioul-Vénétie julienne, le Val d’Aoste, la Vénétie et l’Emilie-Romagne.
Dans cette zone virtuelle vivrait le peuple padan. « Malgré l’ant-méridionalisme présent de longue date dans l’Italie septentrionale, l’opposition Nord-Sud n’avait jusqu’ici jamais été exprimée en termes d’autochtonie, de colonialisme, d’oppression ethnique », décrypte la chercheuse Marta Machiavelli dans son article La Ligue du Nord et l’invention du Padan. La Ligue du Nord transforme les préjugés préexistants, par exemple sur la supposée fainéantise des Italiens du Sud, en un clivage ethnique. « Les Padans sont comparés aux Sioux, peuple autochtone envahi par des étrangers qui lui ont volé ses terres et ont détruit son mode de vie », poursuit Marta Machiavelli. En pratique, les « Padans » n’ont ni langue commune, ni spécificité religieuse, ni unité politique passée.
Un parti fédéraliste ou indépendantiste ?
Les deux revendications – le fédéralisme et l’autonomie –, quoique contradictoires, ont longtemps cohabité. Objectif : rendre possibles des alliances avec d’autres partis politiques. Dès 1996, la Ligue met l’accent sur les thématiques fédéralistes, pour les législatives. Ce qui n’empêche pas son fondateur, Umberto Bossi, de continuer à défendre sa ligne indépendantiste. Exemple : au printemps 2001, il prête serment pour son entrée au gouvernement. « Au sortir du Quirinal [résidence du président de la République], il déclare à la presse que ce serment ne le lie en aucune façon, puisqu’il est fait par un Padan, donc une personne ne reconnaissant pas l’existence de l’Etat italien », rappelle la chercheuse Clotilde Champeyrache dans son article « La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne », paru dans la revue en ligne L’Espace politique. En 2010, dans une interview au journal espagnol El Pais, Umberto Bossi répète que « la Padanie est une nation » qui doit avoir son « autonomie ». 
A l’automne 2017, un pas de plus est fait vers le fédéralisme, ligne portée par Matteo Salvini, patron du parti depuis 2013. Ce dernier change de nom, passant de « la Ligue du Nord » à « la Ligue ». Objectif : devenir un parti national dans la perspective des législatives de 2018.
Quelle est l’étiquette politique de la Ligue ?
Pour la chercheuse Marta Machiavelli, la Ligue est « un parti caméléon politiquement inclassable ». Mais la plupart des commentateurs classent cependant le parti à l’extrême droite.
La Ligue se caractérise particulièrement par sa xénophobie. Par exemple, le maire de Coccaglio (en Lombardie), Franco Claretti a lancé à l’automne 2009 l’opération « Noël blanc », afin de recenser les étrangers de sa commune et dénoncer les clandestins à la préfecture. En février 2018, l’auteur de l’attaque armée contre six Africains dans les rues de Macerata est un ancien candidat de la Ligue du Nord aux municipales. Après les faits, le leader du parti, Matteo Salvini, a simplement déclaré que « quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de peau ». L’homme politique n’a pas explicitement condamné l’auteur de l’attaque et a même rejeté la faute sur « l’invasion » migratoire que subirait l’Italie.
La Ligue est aujourd’hui souverainiste et eurosceptique, bien qu’au départ il s’agissait d’une ligue « hostile à “Rome la voleuse”, détestant les gens du sud de l’Italie, tout en étant pro-européenne », rappelait récemment le chercheur Marc Lazar dans un entretien au Monde. Le parti a progressivement critiqué l’Europe, se rapprochant du positionnement du Front national français. La Ligue souhaite quitter la zone euro, « devise allemande », selon Matteo Salvini, et à terme l’Union européenne, sans davantage préciser sa démarche.
La Ligue est aussi populiste et anti-impôts. Elle est par exemple favorable à un impôt sur le revenu à taux unique de 15 %, dit aussi « flat tax ». Aujourd’hui, l’impôt sur le revenu italien est progressif à six tranches, allant d’un taux de 23 % à 43 %.
Quelles responsabilités politiques nationales a occupé la Ligue depuis sa création ?
Le discours radical de la Ligue n’a pas empêché ses membres d’accéder aux plus hautes fonctions. Par exemple, son fondateur, Umberto Bossi, a été ministre chargé des réformes institutionnelles durant trois ans, de 2001 à 2004, dans le gouvernement de Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit). De 2008 à 2011, il a été ministre des réformes pour le fédéralisme. Roberto Lombardi, successeur de Bossi à la tête de la Ligue, a quant à lui été ministre du travail de 2001 à 2006, puis ministre de l’intérieur de 2008 à 2011. Dans le gouvernement Berlusconi IV (2008-2011), quatre ministres et huit secrétaires d’Etat appartenaient à la Ligue.


Pour aller plus loin sur la Ligue du Nord

La Ligue du Nord et l’invention du « Padan », par Marta Machiavelli, revue Critique internationale (2001).

La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne, par Clotilde Champeyrache, revue L’Espace politique (2011)


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les Vingt-Huit étaient réunis en sommet, jeudi à Sofia, avec les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et du Kosovo.
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L’Union européenne propose aux pays des Balkans de coopérer, faute d’adhérer

Les Vingt-Huit étaient réunis en sommet, jeudi à Sofia, avec les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et du Kosovo.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h10
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Sofia, envoyé spécial)








                        



   


L’Iran, Gaza, le commerce, la relation avec Washington et… les Balkans occidentaux. Au grand dam des six pays concernés, le thème censé être le principal du sommet qui se tenait jeudi 17 mai, à Sofia, a évidemment été éclipsé par de brûlantes questions d’actualité. C’était pourtant un moment très attendu – depuis quinze ans – par ces pays qui patientent à la porte de l’Union et s’efforcent de croire que tous leurs partenaires européens sont sur la même ligne que le président du Conseil, Donald Tusk. Lequel les assure que leur « choix géostratégique » doit rester celui de l’Europe communautaire.

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                Les Européens décidés à tenir tête à Trump sur l’accord nucléaire iranien



Arrivant jeudi matin au Palais de la culture de la capitale bulgare, une majorité de chefs d’Etat et de gouvernement s’est évidemment efforcée de rassurer les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo.
On leur promet des mesures de soutien, un plan de « connectivité » destiné à faciliter les échanges entre eux ainsi qu’entre eux et l’Union, un intérêt accru pour les défis migratoire et sécuritaire auxquels ils sont, eux aussi, confrontés, etc.
On leur trace également une « perspective européenne », sans laquelle, prophétisait récemment Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, de Bruxelles, « nous allons revivre tous les malheurs que nous avons connus pendant les années 1990 ». A savoir des guerres qui avaient aussi souligné la faiblesse de l’Union, laquelle allait, pour tenter de se rattraper et de redorer son image, procéder ensuite à une vague d’élargissements mal préparés.
« Il faut plus de stabilité et de sécurité »
Cette fois, il n’est cependant plus question d’adhésion au bloc européen dans les communiqués. « Ce n’est pas un sujet pour Sofia », avait insisté l’entourage de M. Tusk. Oubliée, la promesse formulée… en 2003, à Thessalonique, en Grèce.
Officiellement, parce que le sujet est pour le moins prochain : c’est en juin que les Etats membres devront dire s’ils se rangent, ou non, à l’avis de la Commission, qui suggérait, à la mi-avril, d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Albanie et l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). Le Monténégro s’est vu, lui, octroyer le statut officiel de candidat en 2010, la Serbie en 2012.

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                L’Union européenne propose d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Albanie et la Macédoine



Pourront-ils être intégrés en 2025, comme le leur promet M. Juncker ? Ce n’est pas certain. Parce que beaucoup de dirigeants ont tiré les leçons des dernières vagues d’élargissement, estimant qu’elles ont plombé le projet européen. Parce qu’ils mesurent l’hostilité de leur opinion, surtout à un an d’un scrutin européen qui pourrait voir, dans de nombreux pays, la montée des courants populistes, eurosceptiques ou europhobes. Parce qu’ils estiment qu’avant d’intégrer de nouveaux membres, l’UE doit se réformer en profondeur.
« Chacun aura sa chance d’être admis s’il respecte les conditions nécessaires », nuançait jeudi matin la présidente lettone, Dalia Grybauskaité. « Le canal du dialogue doit rester ouvert, mais il faut plus de stabilité et de sécurité », souligne le premier ministre belge, Charles Michel.
Le président Macron est le plus explicite : certes, « l’ancrage » des Balkans occidentaux à l’Europe est nécessaire, dit-il, mais au cours des quinze dernières années, le fonctionnement de celle-ci a été « affaibli ». Ce ne serait donc pas lui « rendre service », pas plus qu’aux pays concernés, que d’évoquer une entrée prochaine de nouveaux membres. « Ni laxisme, ni hypocrisie », préconise le président.
Tensions et différends
Les dirigeants des pays des Balkans avaient tenté, au cours des dernières semaines, de multiplier les contacts diplomatiques et médiatiques pour défendre leur cause. Conscients, toutefois, que la liste des problèmes à régler entre eux, ainsi qu’entre eux et des pays membres de l’Union, complique singulièrement leur tâche.
Au premier rang des questions en suspens, les tensions entre la Serbie et son ancienne province du Kosovo. L’Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie n’ont jamais reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, en 2008. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement de Madrid, avait d’ailleurs décidé de rompre l’unité de façade en renonçant à l’idée être présent à ce sommet de Sofia.
La Grèce est, elle, toujours engagée dans un différend avec la Macédoine, à laquelle elle refuse l’utilisation d’une dénomination semblable à celle de sa province du nord. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait rencontrer son homologue macédonien, Zoran Zaev, jeudi en marge de la réunion. Les deux pays poursuivent des négociations censées déboucher sur un compromis qui permettrait un déblocage du processus d’adhésion, en juin.

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                Mobilisation massive à Athènes pour que la Macédoine change de nom



« S’ils n’y arrivent pas, cela pourrait nous aider », commente anonymement un dirigeant. Sous-entendu : la persistance d’un désaccord renverrait à plus tard une réponse à la suggestion de la Commission sur le lancement du processus d’intégration et éviterait aussi de trancher la question de l’Albanie.
Rôle accru de la Russie, de la Chine et de la Turquie
Les hésitations de beaucoup sont, en revanche, tempérées par un constat : trop de prudence des Vingt-Huit à l’égard de ces voisins proches pourrait aussi bénéficier à la Russie, la Chine ou la Turquie, qui entendent toutes jouer un rôle accru dans la région et contester, notamment, la prépondérance économique de l’Union. Celle-ci truste 73 % des relations commerciales des six pays concernés.
Les conclusions du Sommet n’évoquent, en tout cas, pas la question de l’influence russe, sauf pour souligner la nécessité d’une coopération avec l’Union « contre la désinformation et d’autres activités hybrides ».
Les dirigeants européens se rassurent quant à la possibilité de retarder encore les échéances en constant la faiblesse de la présence économique russe dans la région. Ou le fait que les partis prorusses n’ont pas réussi à conquérir le pouvoir au Monténégro – un pays membre de l’OTAN depuis 2017 –, tandis qu’ils l’ont perdu récemment en Macédoine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.
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Le mirage du système suédois de retraite

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Birgitta ne se plaint pas. Cette ancienne cantinière d’une usine d’Helsingborg, dans le sud de la Suède, a « la santé ». Ses enfants habitent à côté. Entre les promenades dans le quartier et les activités du club de retraités, elle trouve à s’occuper, même si elle doit veiller à ses dépenses. La fringante octogénaire touche 12 000 couronnes (environ 1 160 euros) de retraite et l’équivalent de 200 euros d’allocation logement par mois. Une fois les charges et le loyer de son deux-pièces payés, il lui reste 485 euros pour se nourrir et s’habiller.
Femme, sans diplôme, vivant seule, embauchée à mi-temps et partie en préretraite à 61 ans en raison d’une blessure au cou, elle aurait pu servir de tête d’affiche à la campagne lancée en février par Pensionsmyndigheten, l’Office suédois des pensions, pour sensibiliser les membres du Riskgruppen (le « groupe à risque ») – ces salariés dont les pensions atteindront à peine le seuil de pauvreté, le jour où ils arrêteront de travailler.
Au total, plus de 300 000 retraités suédois sont déjà dans cette situation (ils perçoivent moins de 1 165 euros par mois), soit 16,8 % des plus de 65 ans et 24,35 % des plus de 75 ans. Ils sont les grands perdants d’un système de retraite adopté en 1994 et qui sert aujourd’hui d’inspiration à la France, avec son régime universel, ses comptes notionnels (comptes individuels de cotisations) et des pensions indexées sur l’espérance de vie.
Il devait permettre de résoudre le financement des retraites, alors devenu intenable pour les finances publiques du royaume en raison du vieillissement de la population. Aucun âge légal de départ en retraite n’est fixé.
« L’idée a échoué »
La pension des retraités équivaut en moyenne à 53 % de leur salaire de fin de carrière, contre 60 % en 2000
A l’époque, explique Ole Settergren, analyste auprès de Pensionsmyndigheten, « le législateur pensait que si les pensions étaient indexées sur l’espérance de vie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.
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L’Europe face au défi du vieillissement

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h26
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Les Finlandais appellent cela « äitiyspakkaus », et ils sont très fiers de cette tradition. Chez eux, chaque future mère reçoit de l’Etat, avant la naissance, une boîte en carton contenant tout le nécessaire pour le nourrisson. Une fois vide, elle se transforme en couffin. Symbole de la politique familiale généreuse du pays nordique, cette « baby box » fut créée en 1938 pour encourager la natalité. Mais aujourd’hui, elle ne suffit plus : en 2016, pour la première fois depuis cent quarante-huit ans, le nombre de morts (53 629) a dépassé celui des naissances (52 645) en Finlande. « Un choc, raconte Timo Hirvonen, économiste chez FIM Bank, à Helsinki. Cela nous a brutalement rappelé que nous vieillissons. Et que le déclin démographique va nous poser un défi majeur. »
Ce n’est pourtant rien à côté de celui qui attend l’Italie. Il y a quelques mois, le maire d’Ollolai, pittoresque village de Sardaigne, a mis en vente 200 maisons pour 1 euro chacune, dans l’espoir de repeupler son bourg : en cinquante ans, la population a chu­té de 2 250 à 1 300 habitants. Une ­dizaine de villages italiens ont déjà tenté l’expérience, avec plus ou moins de succès. Et d’autres devraient suivre : en 2017, la population de la péninsule, où les décès surpassent également les naissances, a fondu de 100 000 personnes. L’équivalent de la ville de Pise rayée de la carte.
Ces dix dernières années, l’Union européenne (UE) s’est concentrée sur l’urgence : réparer les dégâts de la crise de 2008, nettoyer son secteur bancaire, relancer l’économie. Elle en a presque oublié l’autre mutation à l’œuvre, susceptible de transformer son économie en profondeur. « Com­me l’ensemble des pays industrialisés, l’Europe vieillit rapidement du fait de l’allongement de l’espérance de vie et de la chute de la natalité », dit Laurent Chalard, géographe de la population à Paris-Sorbonne. Ces prochaines années, la plupart des pays membres vont voir leur population...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.
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Le vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euro

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h38
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est l’une des grandes énigmes de la reprise. En dépit du redémarrage de l’activité et de l’emploi, la dynamique des salaires dans les économies développées, et particulièrement dans la zone euro, reste faible au regard de ce qu’elle était il y a quelques décennies. Le phénomène n’est pas surprenant dans des pays tels que la France et l’Italie, où le taux de chômage demeure relativement élevé. Il l’est beaucoup plus en Allemagne, où le quasi-plein-emploi devrait alimenter une hausse plus franche des rémunérations et de l’inflation, son corollaire.

Pour les économistes, ce faible dynamisme est en partie lié à l’expansion des formes de sous-emploi et de précarité, comme les temps partiels subis ou les « minijobs » allemands. Cela tient aussi au développement des services, où les salariés sont moins syndiqués que dans l’industrie et, partant, en moins bonne position pour négocier des augmentations.
Une autre piste est évoquée : le vieillissement démographique. Sur les 7,5 millions d’emplois créés dans la zone euro depuis 2013, plus de 6 millions sont occupés par des travailleurs de plus de 50 ans. « Le taux de participation des travailleurs âgés de 55 à 64 ans à la population active a augmenté de 33 % à 55 % en moyenne dans l’OCDE depuis vingt ans », rappellent Benoît Mojon, économiste à la Banque de France, et Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une note publiée en mars sur le blog de la Banque de France.
« Aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Royaume-Uni, le vieillissement de la main-d’œuvre, lié à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite, à la hausse de l’espérance de vie et à la baisse de la natalité, est un frein à la dynamique salariale », souligne Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, qui travaille régulièrement le sujet. En effet, les plus de 55 ans expérimentés ont déjà un salaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.
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L’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            
Vlad Chalapco et Andra-Laura Oancea se sont rencontrés il y a deux ans au consulat de Roumanie à Stuttgart. Les deux jeunes Roumains, âgés de 25 ans, ont croisé leurs regards en dépouillant les bulletins de vote aux élections. Et ils ne sont plus quittés. Enfin, façon de parler. Pas question pour les tourtereaux de compromettre leurs carrières respectives. Après des études de mécatronique à l’université de Stuttgart, Vlad Chalapco poursuit actuellement ses études à Londres. Andra-Laura Oancea, elle, est restée à Stuttgart, où elle est cadre chez un sous-traitant automobile.
Dans l’Allemagne du quasi plein-emploi, les opportunités ne manquent pas pour les jeunes Roumains qualifiés. Difficile de résister aux sirènes de l’industrie allemande quand le salaire minimum roumain est d’environ 400 euros par mois. A 25 ans, Vlad Chalapco est en négociation pour un poste à l’Office européen des brevets, à Munich. Il est aussi en contact avec le groupe automobile et d’armement Rheinmetall. Ce dernier évalue actuellement un investissement en Roumanie et pourrait avoir besoin d’un directeur d’usine. « En Roumanie, l’enseignement en mathématiques, en physique et en chimie dans le secondaire est souvent très bon. A mon arrivée à l’université de Stuttgart je me sentais plutôt à l’aise, alors que certains de mes collègues allemands voyaient certains concepts abordés pour la première fois », se souvient Vlad.
Vlad Chalapco a eu la chance de fréquenter une école bilingue allemande en Roumanie. Son père, Vasile Chalapco, entrepreneur installé à Brasov, dans les Carpates, a tenu à ce que son fils poursuive ses études outre-Rhin. Mais aujourd’hui, l’hémorragie des jeunes Roumains commence à l’inquiéter. « J’ai beaucoup de difficulté à recruter des personnes qualifiées. Beaucoup de jeunes sont partis vers l’Ouest. Les gens qui restent ont vieilli. On manque d’ouvriers, mais aussi de personnel qualifié, des gens capables de développer les ventes et de bâtir un plan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Un transfuge russe a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, rapportent plusieurs médias allemands.
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Les services secrets allemands auraient mis la main sur du Novitchok dans les années 1990

Un transfuge russe a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, rapportent plusieurs médias allemands.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h26
   





                        



   


Le Bundesnachrichtendienst (BND), le service fédéral de renseignement allemand, s’est procuré dans les années 1990 un échantillon de l’agent neurotoxique Novitchok, récemment utilisé pour empoisonner un ex-espion russe et sa fille en Grande-Bretagne.
Un transfuge russe, dont l’identité n’a pas été révélée, a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, relatent les journaux Süddeutsche Zeitung, Die Zeit ainsi que les chaînes WDR et NDR, qui citent des sources ayant « participé à la décision » de se procurer le poison.
Information partagée
Une fois obtenu, l’échantillon a été analysé dans un laboratoire suédois, l’Allemagne ne voulant pas être accusée de travailler sur des armes chimiques. Le BND et le ministère de la défense ont ensuite récupéré la formule chimique du Novitchok. Berlin a également informé les services de renseignement américain et britannique de l’existence de cet échantillon, selon les médias précités.
De petites quantités de l’agent neurotoxique ont ensuite été produites dans certains pays de l’OTAN à des fins de test, notamment pour déterminer si les équipements de protection étaient capables d’y résister et pour lui trouver des antidotes.

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                Affaire Skripal : le poison employé était bien du Novitchok



L’existence du Novitchok n’a pas été rendue publique afin de ne pas nuire à la relation avec le président russe de l’époque, Boris Eltsine, dit encore l’enquête des journalistes allemands. Le gouvernement allemand et le BND se sont refusés à tout commentaire.
Le Novitchok a servi à empoisonner en mars l’ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille. Tous deux y ont survécu, mais l’affaire a déclenché une tempête diplomatique, Londres accusant Moscou de l’empoisonnement, ce que la Russie dément formellement, affirmant même n’avoir jamais eu de programme Novitchok.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Une liaison de l’est de l’Angleterre, dont le bénéfice est insuffisant, repasse sous le contrôle de l’Etat.
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Pionnier de la libéralisation du rail, Londres renationalise une ligne de trains

Une liaison de l’est de l’Angleterre, dont le bénéfice est insuffisant, repasse sous le contrôle de l’Etat.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 11h13
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



   


Le pays pionnier de la privatisation des trains a annoncé mercredi 16 mai la renationalisation d’une de ses lignes ferroviaires. Dans une décision hautement symbolique, Chris Grayling, le ministre britannique des transports, a décidé de retirer à partir du 24 juin la licence détenue par les entreprises Virgin et StageCoach pour la ligne de l’est de l’Angleterre, qui relie Londres à Edimbourg. Ensuite, les trains seront opérés provisoirement par un consortium privé (Arup, SNC-Lavalin et Ernst & Young), mais directement contrôlé par l’Etat. C’est la troisième fois en douze ans que la même ligne est nationalisée.
La décision a immédiatement relancé le débat sur la nationalisation des trains. Si elle arrive au pouvoir, l’opposition travailliste a promis de passer sous le giron de l’Etat tous les opérateurs ferroviaires. Pour John McDonnell, le numéro deux du parti, seul le rapprochement de la gestion des trains et des voies ferrées, dirigée par une entreprise publique, peut permettre d’améliorer le système. La promesse est extrêmement populaire : 75 % des Britanniques y sont favorables. Face à des trains de banlieue bondés, des prix des billets très chers et l’absence de ligne à grande vitesse, l’envie d’un profond changement est très forte.
Pourtant, derrière ce ras-le-bol populaire, la question de la nationalisation est plus compliquée qu’il n’y paraît. Le système ferroviaire britannique est déjà très largement nationalisé. De plus, l’intervention de l’Etat ce mercredi ne coûte pas d’argent aux contribuables : il ne s’agit pas d’un sauvetage, comparable par exemple à celui des banques pendant la crise financière.
Deux graves accidents
La privatisation du système ferroviaire britannique date de 1994. Le réseau ferré ainsi que les opérateurs de trains sont passés au secteur privé, et British Rail, le monopole public, a été démantelé. Le résultat initial a été catastrophique. Exsangue, le réseau n’a pas été suffisamment entretenu, jusqu’à provoquer deux graves accidents en 1999 et 2000, qui ont fait trente-cinq morts. Le gouvernement a alors repassé le réseau sous le contrôle de l’Etat, dans l’entreprise publique Network Rail.
Les opérateurs de trains en revanche sont restés privés. Ils fonctionnent suivant un système de « franchise » : chaque entreprise obtient un monopole régional pour quelques années. Pour certains tronçons peu fréquentés, l’Etat subventionne les entreprises pour faire rouler les trains. Sur d’autres, plus utilisés, elles reversent au contraire une partie de leurs bénéfices.
C’est ainsi qu’en 2015 une coentreprise entre Virgin (10 %) et StageCoach (90 %) a obtenu la franchise de l’East Coast Mainline. En échange, elle promettait à l’Etat de lui reverser 3,3 milliards de livres (3,8 milliards d’euros) d’ici à 2023, date de la fin de la licence. Pour dégager une telle somme, elle comptait sur une forte augmentation du nombre de passagers.
Nationalisation temporaire
Mais ses prévisions se sont avérées beaucoup trop optimistes. Résultat, depuis 2015, l’opérateur a reversé plus de 1 milliard d’euros à l’Etat, mais a essuyé des pertes d’environ 300 millions d’euros.
« Ce n’est pas parce que la ligne ne fonctionne pas », précise M. Grayling, le ministre des transports. La coentreprise dégage effectivement des bénéfices opérationnels, de 130 millions d’euros en 2017. Mais c’est insuffisant pour couvrir les versements promis à l’Etat.
Dans ces conditions, Virgin et StageCoach étaient sur le point d’être à court d’argent. Le gouvernement britannique avait le choix entre accepter de changer les termes de la franchise ou reprendre le contrôle direct. « En choisissant la deuxième option, qui humilie StageCoach et Virgin, le gouvernement a décidé d’envoyer un signal au marché, d’indiquer qu’il n’offrirait pas de récompense en cas d’échec de l’opérateur », estime Michael Holden, ancien directeur de deux franchises ferroviaires.
La nationalisation n’est cependant que temporaire. En 2020, le gouvernement entend attribuer de nouveau une franchise pour l’East Coast Mainline. C’est cependant la troisième fois que l’opérateur de cette ligne échoue. Lors de la première renationalisation, l’entreprise contrôlée par l’Etat a géré la franchise pendant cinq ans. Pour Andy McDonald, un député travailliste, c’est la preuve que le système est à bout. « Essayer de bricoler ne pourra pas résoudre l’échec d’un système privatisé, où le public prend les risques et les entreprises prennent les bénéfices. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ A quatre mois des législatives, le social-démocrate Stefan Löfven restreint les règles d’asile pour contrer la droite et l’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Le premier ministre suédois durcit sa politique d’accueil des réfugiés

A quatre mois des législatives, le social-démocrate Stefan Löfven restreint les règles d’asile pour contrer la droite et l’extrême droite.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h58
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Le premier ministre suédois, Stefan Löfven, assure qu’il s’agit d’un « retour à une politique sociale-démocrate traditionnelle de l’asile ». Ses détracteurs, au contraire, y voient une droitisation de l’idéologie du parti, destinée à séduire les indécis et à regagner la confiance d’électeurs préférant voter en faveur des Démocrates de Suède (extrême droite), à moins de quatre mois d’un scrutin législatif où l’immigration et l’intégration s’annoncent déjà comme les principaux sujets de la campagne électorale.
Le 4 mai, flanqué de sa ministre de l’immigration, Heléne Fritzon, M. Löfven, chef du gouvernement et leader des sociaux-démocrates, a annoncé que les restrictions sur la politique de l’asile, adoptées temporairement en 2016, seraient pérennisées et renforcées par de nouvelles mesures visant à limiter encore un peu plus les arrivées. La ministre de l’immigration a évoqué un quota d’« environ 14 000 » réfugiés par an, soit deux fois moins qu’en 2017.

Les contrôles aux frontières établis fin 2015, alors que le pays venait de recevoir 160 000 demandeurs d’asile, seront maintenus « jusqu’à ce que des règles européennes communes soit mises en places », affirme le premier ministre suédois. Même chose pour les permis de séjour temporaires généralisés au détriment des titres permanents, ou les limitations au regroupement familial.
Attente de huit ans
De surcroît, le leader social-démocrate veut interdire aux communes de verser des aides sociales aux déboutés de l’asile, qui ne pourront plus déposer de demande de permis de travail. Les sans-papiers devront également attendre huit ans, au lieu de quatre, pour redéposer une demande d’asile dans le pays. Stefan Löfven a même laissé entendre que les enfants sans papiers ne pourraient plus être scolarisés – avant finalement que ses services ne démentent.
« Les sociaux-démocrates participent à un jeu politique en Europe où les réfugiés sont traités comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
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En Italie, l’arrivée au pouvoir de la Ligue et du M5S, un défi mortifère pour l’Europe

Editorial. Les décisions du prochain gouvernement de la Péninsule pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 12h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». C’était il y a à peine plus d’un an, autant dire un siècle. Le 25 mars 2017, 28 chefs d’Etat et de gouvernement avaient célébré depuis la colline surplombant les forums impériaux à Rome les 60 ans du traité fondateur de l’Union européenne (UE). Aujourd’hui, ces fastes semblent bien loin, et les images arrivant d’Italie envoient au reste du continent un message bien plus inquiétant.
Alors que le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (droite souverainiste) mettent la dernière main à leur « contrat pour un gouvernement de changement », l’Italie, membre fondateur de l’UE, pourrait se retrouver, dans quelques jours, dirigée par un gouvernement eurosceptique, qui menace les fondements mêmes de la construction européenne.

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Certes, les deux mois écoulés, depuis les législatives du 4 mars, qui, sans désigner de vainqueur, ont consacré la prééminence des 5 étoiles et de la Ligue, ont réservé tellement de fausses pistes et de coups de théâtre qu’il faut rester prudent. Mais la volonté d’aboutir manifestée par les deux mouvements est évidente, et ils sont désormais trop engagés pour faire demi-tour sans dommages pour leur crédibilité.
Certes, la Ligue du Nord (aujourd’hui la Ligue), née il y a moins de trente ans du rejet de Roma ladra (Rome la voleuse), et le Mouvement 5 étoiles, porté sur les fonts baptismaux en 2009 par un humoriste et un informaticien sur la lancée du succès du « Vaffa Day » (littéralement « jour du “va te faire f…” »), ont d’immenses désaccords et les intérêts de leurs électorats respectifs sont inconciliables sur bien des sujets. Mais ils ont décidé de lier leur destin autour d’un ennemi commun : la Commission de Bruxelles.
« Mieux vaut être des barbares que des larbins »
Sur le plan économique, le projet des deux formations, un mélange de hausse des dépenses et de baisses d’impôts sans cohérence a de quoi inquiéter. De façon prévisible, les mises en garde de Bruxelles ont provoqué la réaction courroucée du dirigeant de la Ligue, sur l’air de la souveraineté nationale. « Mieux vaut être des barbares que des larbins », a-t-il ainsi lancé, mercredi 16 mai, en réaction à un éditorial du Financial Times fustigeant l’arrivée aux portes du pouvoir des « nouveaux barbares ». Reste que l’expression de ces inquiétudes est légitime, tant les décisions du prochain gouvernement pourraient avoir des conséquences profondes sur l’avenir du projet européen.
Le défi adressé à l’Europe ne porte pas que sur l’économie. Sur la sécurité et les migrations, les vainqueurs du 4 mars ont déjà annoncé un tour de vis qui préfigure une confrontation très dure avec Bruxelles. Par ailleurs, l’annonce d’un rapprochement avec la Russie, assortie du rejet des sanctions prises après l’annexion de la Crimée, fait peser la menace d’une fracture au sein de la solidarité occidentale. Ce serait une victoire éclatante pour Vladimir Poutine.
Plus grave encore, la contestation identitaire portée par ces deux forces est potentiellement dévastatrice. En témoigne l’apparition dans le texte d’accord, diffusé mercredi soir, de la mise en cause de la vaccination obligatoire, qui interroge la notion même de connaissance et de vérité scientifique.
Le défi posé par les 5 étoiles et la Ligue n’est pas seulement dirigé contre une Europe technocratique. L’attaque portée grâce à une rhétorique complotiste multiforme, antiélite et antiscientifique particulièrement efficace, vise bien au-delà. Ce qui est en jeu, ce n’est rien de moins que l’héritage de l’Europe des Lumières.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’accord avec Téhéran « n’est pas parfait », mais les Européens veulent y rester, a assuré Angela Merkel, jeudi lors d’un sommet à Sofia.
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Les Européens décidés à tenir tête à Trump sur l’accord nucléaire iranien

L’accord avec Téhéran « n’est pas parfait », mais les Européens veulent y rester, a assuré Angela Merkel, jeudi lors d’un sommet à Sofia.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h22
    |

            Jean-Pierre Stroobants (envoyé spécial à Sofia) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le sommet de Sofia, mercredi 16 et jeudi 17 mai, initialement consacré à la relation avec le sud des Balkans, devait être l’occasion pour les Européens de marquer leur fermeté face à un président Trump qui, en répudiant l’accord sur le nucléaire iranien, en menaçant d’imposer leurs exportations d’acier ou d’aluminium ou en étant sorti de l’accord de Paris, ne tient compte ni de leur avis ni même de leurs intérêts économiques et géopolitiques.
Au moins face aux caméras, les Européens ont réussi à afficher leur détermination. Les propos liminaires, caustiques et fort peu diplomatiques, du président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, donnaient le ton : « Lorsqu’on regarde les dernières décisions du président [américain], on pourrait même se dire qu’avec de tels amis, pas besoin d’ennemis. Mais honnêtement, l’Europe devrait être reconnaissante envers le président Trump car, grâce à lui, toutes nos illusions ont disparu. »
Les Vingt-Huit s’en sont tenus aux grands principes : « On ne cède pas face à Trump. » Mais jusqu’où ira leur détermination quand il s’agira de prendre des décisions concrètes et brutales contre les Etats-Unis ?
Iran : comment protéger les entreprises européennes
Sur l’Iran, les pays de l’UE conviennent que l’accord sur le nucléaire « n’est pas parfait » mais qu’il faut le préserver, a déclaré, jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel. « Chacun dans l’UE partage le point de vue que l’accord n’est pas parfait, mais que nous devrions rester dans cet accord et poursuivre des négociations avec l’Iran sur d’autres sujets, comme les missiles balistiques », a-t-elle dit devant la presse.
« Nous allons oeuvrer pour maintenir le cadre de l’accord de 2015 quelles que soient les décisions américaines », a déclaré de son côté le président français Emmanuel Macron.
Mercredi soir, la discussion avait été d’ordre « stratégique », selon une source du Conseil. L’urgence, réitérée à Sofia, est de prolonger l’existence de l’accord de 2015. Les dirigeants de l’Union multiplient les initiatives et entendent prouver la capacité d’autonomie diplomatique de l’UE. Ils ont proposé une nouvelle réunion, à Vienne, la semaine prochaine.
Un projet aussitôt encouragé par le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, confirmant que Moscou entend jouer un rôle clé dans ce dossier. La rencontre devrait rassembler tous les signataires de l’accord, hormis les Etats-Unis.
L’Union défendra l’accord tant que Téhéran s’engagera à en respecter toutes les clauses. Elle entend bien évoquer parallèlement — mais pas en même temps — la question du programme iranien de missiles balistiques, comme le rôle de la République islamique d’Iran en Syrie, au Yémen et au Liban.

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Total en quête d’une dérogation
Enfin, elle veut protéger ses compagnies actives en Iran d’un projet de sanctions américaines. Les chefs d’Etat ont entendu Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, évoquer l’éventualité d’appliquer la loi « de blocage », un règlement instauré par les Européens en 1996 pour les protéger de possibles sanctions extraterritoriales américaines.
La France, partisane de la plus grande fermeté à l’égard de Washington, défend aussi la révision de ce règlement européen. Mais cet outil juridique tient davantage de l’argument de négociation vis-à-vis de Washington que du vrai bouclier contre des sanctions américaines.
Total, engagé dans un projet à 1 milliard d’euros en Iran, a confirmé, mercredi, vouloir se retirer du marché en l’absence d’une dérogation des Etats-Unis le préservant du retour des sanctions américaines.
Interrogé à ce sujet, jeudi, Emmanuel Macron n’a pas voulu « commenter telle ou telle décision », mais a déclaré que « les entreprises, en particulier les entreprises internationales qui ont des expositions dans de nombreux pays, font des choix qui leur sont propres en fonction des intérêts qui sont les leurs ».
« Ce qui est important, c’est que les entreprises de taille moyenne intermédiaire qui sont peut-être moins exposées à des marchés américains ou autres puissent faire ce choix librement », a-t-il ajouté.
« Les moyens sont là, nous les utiliserons. Mais il ne faut pas se voiler la face, ils sont limités », a reconnu M. Juncker. Pour vraiment préserver les intérêts économiques européens en Iran, la France pousse à la création de canaux de financement alternatifs aux banques, évitant aux entreprises des transactions en dollars. Une manière très ambitieuse, trop peut-être : elle n’a pas été au cœur des discussions mercredi à Sofia.
Taxes américaines : pas question de « discuter avec un pistolet sur la tempe »
Concernant les taxes commerciales, les Vingt-Huit se sont rangés derrière la Commission, insistant sur le fait qu’il n’était pas question de « discuter avec un pistolet sur la tempe ». Pas question de céder à Trump, obsédé par les barrières tarifaires sur les exportations de voitures américaines en Europe : s’il veut un geste des Européens, il doit d’abord abandonner ses menaces sur leur acier et leur aluminium.
Dans ce cas, eux seraient prêts à parler d’une éventuelle réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), voire de discuter du niveau des taxes sur les voitures, mais dans le cadre d’un accord commercial, et en échange d’un accès aux marchés publics américains.

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Liste de produits améticains à taxer
La Commission a préventivement préparé une impressionnante liste de produits américains à taxer en manière de représailles si les taxes devaient s’appliquer au 1er juin. Elle devait d’ailleurs la notifier formellement à l’OMC vendredi 18 mai.
Mais ces derniers jours, certains doutaient qu’elle en viendrait à appliquer ces mesures dans leur intégralité le jour J. Surtout si le président Trump se contente de décréter unilatéralement des quotas d’exportation. « Il faudra qu’Allemands et Français tiennent la distance », souligne un diplomate.

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Si tous les Européens partagent désormais, sans toutefois le dire aussi brutalement, le constat de M. Tusk, certains, comme les Français, restent partisans de la plus grande dureté, au motif que le président Trump n’entendrait que la force. Tandis que l’Allemagne, première économie exportatrice de l’Union, est davantage tentée par les compromis.
« Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons ces jours-ci, les relations transatlantiques sont et resteront d’une importance capitale », a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi en arrivant à Sofia.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Pendant deux jours, élus, institutions et ONG ont discuté du rôle des garçons et des hommes dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, exigeant une redéfinition de la masculinité.
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A Stockholm, une conférence contre la « masculinité toxique »

Pendant deux jours, élus, institutions et ONG ont discuté du rôle des garçons et des hommes dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, exigeant une redéfinition de la masculinité.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 02h38
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 07h33
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        


« On ne naît pas homme, on le devient ». C’est avec ces mots, paraphrasant Simone de Beauvoir, que Nathan Hamelberg de l’ONG suédoise « Män för jämställdhet » (Les hommes pour l’égalité) lance la vidéo produite pour la « machofabriken » (l’usine à macho). Le nom de l’atelier, proposé aux écoles suédoises, est trompeur : il ne s’agit pas de créer des mâles, des vrais, mais de lutter contre les normes et stéréotypes de genre. Sur le grand écran, un homme en caleçon apparaît au bout d’un tapis roulant. Il ramasse les briques arrivant vers lui, pour construire quatre murs l’emprisonnant. Sur chacune, un mot : « agressif », « compétitif », « décidé », « fort », « sportif », « transpirant »…
Dans la salle, mercredi 16 mai, des élus, fonctionnaires et activistes, rassemblés à Stockholm dans le cadre de la quatrième Conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO). Au programme : comment impliquer les garçons et les hommes dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, mais aussi la transformation des normes de genre et notamment de la masculinité.

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Les femmes, pas les seules victimes
Le sujet est sensible. Le mouvement #metoo a certes « rompu le silence de l’impunité » et « contesté la notion fondamentale de ce qu’être un homme veut dire », estime Lopa Banerjee, du programme « Un Women ». Mais il complique aussi les choses, remarque Ben Hurst, de l’association britannique « Good lad initiative » :
« Beaucoup de jeunes hommes sont sur la défensive, ils ont l’impression qu’on les juge et ce n’est pas un bon point de départ pour la discussion. »
Pourtant, les femmes ne sont pas les seules victimes de cette masculinité dite « toxique », définie dès la naissance par des normes et des préjugés, voulant qu’un homme « ait toujours le contrôle de la situation, n’ait jamais besoin d’aide, ni d’amis proches, aime plus le sexe que les femmes », résume Gary Barker, président de l’ONG Promundo aux États-Unis et cofondateur de l’organisation « Men engage », rassemblant 700 associations dans 80 pays – aucune en France.
Une étude suédoise a montré que les garçons soutenant ce type d’assertion avaient quatre fois plus de risques d’être violents. Une autre indique que les garçons exposés à la violence en grandissant ont entre 2,5 et trois fois plus de risques d’être violents contre les femmes étant adultes. « C’est la preuve qu’il ne suffit pas de se débarrasser des Harvey Weinstein, il faut faire de la prévention », assure Gary Baker.
Il énumère : 70 % des suicidés dans le monde sont des hommes ; ils représentent aux États-Unis deux tiers des victimes d’overdose opiacée, « pas parce que leurs corps sont moins résistants que ceux des femmes, mais parce qu’ils se shootent seuls, car lorsqu’ils n’atteignent pas un certain idéal de la masculinité, ils s’isolent » ; leur espérance de vie est de six ans plus courte que celle des femmes…
Une cinquantaine de groupes de discussion
Autant de raisons d’agir. D’ailleurs, beaucoup de jeunes ne se reconnaissent pas dans cette masculinité, affirme Ben Hurst : « Ils se sentent aliénés par les normes de genre et les attentes qui pèsent sur les épaules. » En Suède, #metoo a ouvert les vannes. Depuis l’automne 2017, une cinquantaine de groupes de discussion pour hommes se sont créés.
« Le problème est que nous savons très bien nous adresser aux hommes progressifs qui sont prêts à entendre notre message, mais nous avons beaucoup plus de mal à discuter avec ceux qui se sentent menacés par ce que nous disons », note Gary Baker. Aux États-Unis, son ONG a donc choisi de mettre en avant la question de la santé mentale des hommes, plutôt que de discuter de front la nécessité de redéfinir les normes de la masculinité.

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          L’égalité des genres à la suédoise : tous égaux, sauf certaines



De la même façon, dans la commune de Botkyrka, au sud-ouest de Stockholm, la municipalité a mis en place un programme ciblant la violence en milieu scolaire. Dans les faits, il s’agit de lutter contre les stéréotypes. Les enseignants des écoles volontaires suivent des formations tous les mois, puis organisent des cours en classe avec leurs élèves, qui sont encouragés à agir – ne pas rester « spectateur » face aux brimades infligées à un camarade, en raison par exemple de sa différence.
Supprimer les normes
Les élèves de primaire regardent un film : un garçon, affectionnant robes et petits poneys, devient la tête de Turc des enfants de son école, de leurs parents, des enseignants ; son père ne le comprend pas ; ses parents se disputent de plus en plus violemment, jusqu’au jour où le père s’habille en robe lui aussi pour aller le chercher à l’école. Mantha Kasagianni, coordinatrice du projet, reconnaît que certains enseignants sont sceptiques : « Nous parlons longuement avec eux et si certains choisissent de ne pas montrer le film à leur classe, mais quand ils voient la qualité des discussions qu’il déclenche, ils finissent souvent par changer d’avis. »
À l’idée même qu’on veuille « transformer les hommes en femmes », évoquée souvent par les opposants à une discussion sur la masculinité, Gary Baker s’esclaffe : « Je ne crois pas que ce soit jamais arrivé ! » Et d’ajouter : « On veut que les hommes prennent en charge la moitié des tâches ménagères. Ça ne m’empêche pas d’essayer de séduire une femme ou de lui proposer d’avoir une relation sexuelle. Mais ma masculinité n’est pas menacée si c’est elle qui propose, me tient la porte ou paie au restaurant. » 
L’essentiel étant que chacun puisse devenir celui qu’il a envie d’être, ajoute Ben Hurst : « On nous accuse de vouloir faire en sorte que tout le monde soit pareil. Au contaire. Si on supprime les normes, les gens pourront être différents. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer le débat sur la protection du patrimoine culinaire français.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/05/2018
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Guerre du camembert : qui décide des appellations d’origine ?

Une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer le débat sur la protection du patrimoine culinaire français.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h41
    |

            Mathilde Damgé








                        



   


Le camembert au lait cru AOP (appellation d’origine protégée) pourra désormais être élaboré au lait pasteurisé (à condition que ce soit indiqué clairement sur l’étiquette), mais, en contrepartie, le cahier des charges pour obtenir le label a été renforcé (au moins 30 % de vaches de race normande dans les troupeaux).
La décision de la Commission européenne date de février, mais une tribune de personnalités, dont des chefs étoilés, vient relancer cette semaine le débat sur la protection du patrimoine culinaire français. Une controverse dans lequel l’Europe est souvent mise en accusation, comme étant la responsable de ce changement.

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Mais peut-on dire que Bruxelles « assassine » le « vrai » camembert fermier, comme s’en désole une partie europhobe des réseaux sociaux ? La Commission européenne a-t-elle d’ailleurs son mot à dire sur le camembert en particulier et sur les AOP en général ? En réalité, cette décision résulte d’un accord entre les producteurs eux-mêmes. Le tour de la question en trois points.
Qu’est-ce qu’une AOP ?
L’AOP, pour « appellation d’origine protégée », est un sigle qui défend le nom du produit dans toute l’Union européenne (UE). « Depuis le 1er mai 2009, l’AOP figure sur tous les produits européens dont la production, la transformation et l’élaboration sont réalisées dans une zone géographique déterminée, selon un savoir-faire reconnu et un cahier des charges particulier », explique le site du ministère de l’agriculture.
A l’origine, raconte l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), c’est pour lutter contre la fraude que s’est construit le concept d’« appellation d’origine » : « Un décret-loi de 1935 relatif à la défense du marché du vin a créé l’“appellation d’origine contrôlée” (AOC), applicable aux vins et aux eaux-de-vie, et l’organisme chargé de leur définition, de leur protection et de leur contrôle. Leur champ a été ouvert à l’ensemble des produits agricoles et alimentaires en 1990. »
L’AOC, label national, est une étape vers l’AOP (label européen) et permet une protection de la dénomination sur le territoire français, en attendant son enregistrement et sa protection au niveau européen.
Qui décide d’une appellation ?
Le chemin pour appliquer une AOP à un camembert, ou à tout autre produit agroalimentaire, est long : des premiers échanges avec les producteurs au tampon final de Bruxelles, l’INAO dénombre une dizaine d’étapes, décrites dans le schéma ci-dessous. La Commission européenne n’intervient qu’à la toute fin.

   


Concrètement, les services de Bruxelles instruisent le dossier d’enregistrement qui leur est transmis par le ministère de l’agriculture pour qu’il puisse bénéficier de la protection juridique européenne. Ils peuvent éventuellement soulever des questions qui seront posées à l’Etat membre. Celles-ci peuvent conduire à une modification du cahier des charges ou à un retrait de la demande – ce dernier cas étant assez rare.
Les choix les plus importants sont faits en amont : les services de l’INAO transmettent au ministère de l’agriculture, après examen du dossier et travaux d’enquête de l’Institut, le cahier des charges et les éléments nécessaires à l’homologation. Autrement dit, ce n’est pas Bruxelles qui a décrété que les producteurs de camembert au lait pasteurisé pouvaient vendre leurs produits avec le label AOP.
Comment se passent les négociations ?
Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter au début de l’affaire : la « guerre du camembert » commence il y a vingt-deux ans, quand naît l’AOP « camembert de Normandie » (avec du lait cru, donc). Mais certains camemberts au lait pasteurisé, eux, utilisent la mention « fabriqué en Normandie », dont la formulation est très proche et sème la confusion – mais qui bénéficie d’une tolérance de la part de Bruxelles.
En 2012, « les laits crus », qui dénonçaient depuis des années la concurrence des « camemberts d’usurpation » (au lait pasteurisé) montent au créneau. Ils assignent en justice les industriels Lactalis (le fameux Président), Bongrain, la coopérative Isigny Sainte-Mère, mais aussi des distributeurs. Ces derniers sont sommés de retirer des emballages la mention « fabriqué en Normandie » sur les camemberts sans l’appellation.
Car, derrière les deux étiquettes coexistaient jusqu’à présent deux types de productions très différents :
d’un côté, les AOP devaient respecter un strict cahier des charges, avec du lait cru provenant de 50 % de vaches normandes sur une aire géographique délimitée (Calvados, Manche, Orne, et une partie de l’Eure) ;de l’autre, le camembert « fabriqué en Normandie », industriel, n’avait aucune contrainte de production à part le fait d’avoir une usine en Normandie : ni sur la race bovine, ni sur leur alimentation (en pâturage ou avec des aliments reconstitués), ni sur la fabrication du fromage (dont la pasteurisation qui permet d’exporter plus facilement).
Le changement est dû à un accord
Après de longues tractations, en Normandie et au siège parisien de l’INAO, les deux parties se sont mises d’accord pour pouvoir partager une appellation commune : les défenseurs du lait cru ont accepté que le camembert AOP puisse être élaboré au lait pasteurisé – ce qui devra être mentionné et interdira la mention « véritable », réservée au lait cru. Les seconds vont intégrer des contraintes inédites pour eux : au moins 30 % de vaches de race normande dans leurs troupeaux, avec l’obligation pour elles de pâturer en Normandie.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.
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Congé parental : « Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité »

Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 08h24
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



   


Une meilleure indemnisation du congé parental, la possibilité de le fractionner et de le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant et, surtout, l’obligation pour les pères de prendre un congé de dix jours à la naissance : voilà ce que propose la directive européenne « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Pour le moment, treize pays s’y opposent, parmi lesquels la France, qui a pris la tête de la fronde.
A l’occasion de la quatrième conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO), qui se tenait mardi 14 et mercredi 15 mai à Stockholm (Suède), Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), à Vilnius (Lituanie), défend le principe de cette directive. Pour elle, tout le monde gagnerait à l’appliquer : les femmes, les enfants, les pères mais aussi les Etats eux-mêmes.
Pourquoi est-il important d’avoir une législation prévoyant un congé spécifique pour le père, qu’il ne peut partager avec la mère ?
Virginija Langbakk : Parce que cela force les gens à faire des choix. Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité. Les hommes gagnent en général plus que les femmes, donc ils perdront plus d’argent en restant à la maison. L’équilibrage est rapidement fait au sein de la famille. Et ce sont toujours les femmes qui finissent par se retrouver à la maison avec les enfants. Tandis que si on réserve un congé qui ne peut être pris que par l’homme, la famille doit réfléchir : est-ce qu’elle est prête à renoncer à un congé indemnisé ? C’est plus difficile, je pense, de faire un choix négatif.
Ce congé doit donc être suffisamment indemnisé.
Absolument. C’est essentiel d’avoir une indemnisation suffisamment élevée, pour empêcher les hommes de dire qu’ils gagnent mieux lorsqu’ils travaillent. Il faut un contrepoids. On le voit bien dans les pays où la loi permet aux hommes de prendre un congé parental, mais ne prévoit pas d’indemnité ou des indemnités trop basses : ils ne prennent pas ces congés.
Pourquoi est-ce important de fixer des règles européennes ?
C’est important parce que nous avons des buts communs pour l’Union européenne, un budget, des cibles. On a adopté un socle européen des droits sociaux. Cela en fait partie. Nous avons besoin de bases communes qui obligent les pays membres à agir. Même si c’est un minimum et que certains font déjà plus.
Mais ça coince encore dans de nombreux pays européens.
Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certains pays, l’idée domine que l’homme doit subvenir aux besoins de la famille et que la place de la femme est à la maison. On voit d’ailleurs une progression de ces idées très conservatrices en Europe, ce qui est inquiétant. Pour d’autres, il est biologiquement important pour le bébé que sa mère reste avec lui, les premiers temps. Ce genre d’arguments est souvent utilisé dans des pays qui n’ont pas de structures d’accueil pour la petite enfance. Les mères n’ont d’autre choix que de rester à la maison avec l’enfant.
Certains pays comme la France pensent que cela va coûter trop cher.
Oui, allonger la durée d’un congé paternité ou augmenter le niveau des indemnités entraîne des coûts. Mais les gouvernements qui s’y opposent pour des raisons financières oublient de prendre en compte les gains pour leurs pays sur le long terme. Ils devraient réfléchir à ce que perd la société quand les femmes restent à la maison… Plus elles sont absentes du marché du travail, plus il est difficile pour elles de maintenir leurs qualifications et leurs compétences. Quand les hommes assument leurs responsabilités à la maison, l’activité des femmes croît et contribue à la croissance de l’économie. Alors évidemment, cela prend du temps d’en voir les effets. Mais les coûts seront couverts par les bénéfices.
Quel est l’intérêt pour les hommes ?
Passer du temps avec son enfant, au tout début de sa vie, est très important. Cela forme les relations entre le père et son enfant pour la suite. Aujourd’hui, deux pères européens sur trois passent en moyenne moins d’une heure par jour avec leurs enfants. Ce qui veut dire qu’ils ont tout juste le temps de s’intéresser à leurs besoins physiologiques, mais pas à leur développement moral. Mais ce n’est pas tout : toutes les études montrent que passer du temps avec son enfant réduit le stress, relaxe, améliore la santé. Ce sont des bénéfices dont les Etats devraient se soucier.

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Europe : le fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Le sous-équipement du Mezzogiorno est dramatique pour l’économie.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
C’est une histoire vieille comme l’Italie, qui semble ne jamais devoir trouver de solution. Celle d’un pays vieux d’à peine un siècle et demi, à l’unité encore inachevée, et qui se trouve coupé en deux morceaux – au moins –, entre un Nord dynamique, connecté aux grandes circulations européennes, et un Sud irrémédiablement arriéré, dont la léthargie, malgré des torrents d’argent public déversés, condamnerait le pays à ne pas tirer tous les fruits de la croissance retrouvée.
Quel serait le meilleur indicateur de ce phénomène ? Le PIB par habitant ? De fait, entre les 41 000 euros par habitant du Haut-Adige (nettement plus que la moyenne d’un pays comme l’Allemagne) et les 16 600 euros par personne en Calabre (comparables à un pays comme la Roumanie), le fossé est abyssal. Et plus inquiétant encore, ces dernières années, à la faveur des politiques de baisse des déficits menées par le gouvernement italien, qui ont réduit les transferts entre le Nord et le Sud, cet écart statistique s’est encore accru.
Mais, au fond, le plus parlant serait peut-être de résumer l’affaire, comme dans les cahiers d’écoliers, à un problème de trains. Soit un voyageur partant de la gare de Naples en direction de l’autre grande métropole du sud italien, Bari (Pouilles), distante d’un peu plus de 250 kilomètres. Il mettra quatre bonnes heures pour rejoindre son but. Qu’une autre personne parte une heure plus tard, depuis la même gare, vers une autre ville de taille comparable, par exemple Bologne, située à près de 600 kilomètres, en direction du Nord. Les deux hommes arrivant à destination au même moment. Qu’en conclure ? Que manifestement, en Italie, même entre métropoles, certains trains vont nettement plus vite que d’autres.
Le taux de chômage dépasse les 25 %
Cette observation ne relèverait que de l’anecdote si Bari était un cas isolé. Mais, en réalité, c’est tout l’inverse. Au sud de Naples, hormis sur un petit tronçon allant jusqu’à Salerne, il n’existe plus de ligne...




                        

                        


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En Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille Pappas

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Après trois programmes d’assistance financière assortis de drastiques mesures d’austérité depuis 2010, la vie quotidienne des Grecs a été bouleversée.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
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16.05.2018 à 14h37
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Toujours bien apprêté, en chemise et pantalon de costume, Kostas continue, à 73 ans, de s’affairer dans sa papeterie du centre d’Athènes, véritable institution dans ce quartier populaire où de nombreux magasins ont fermé avec la crise. Kostas aurait pu prendre sa retraite il y a quelques années déjà, mais « la crise est passée par là, et j’ai décidé de ne pas fermer ma boutique pour aider mes enfants », souligne-t-il.
Depuis huit ans, son chiffre d’affaires s’est effondré de 50 %, et « près de la moitié de [ses] revenus part en impôts ». « Rien que la TVA est passée de 8 % à 24 % en quelques années. Les taxes ont complètement asphyxié les commerçants, qui ont été souvent obligés de mettre la clef sous la porte », note le septuagénaire amer.
Conséquence directe pour Kostas et sa famille : « Dans tous les domaines, nous faisons des économies pour pouvoir payer nos impôts. Nous consommons moins de viande et de poisson, nous n’achetons plus de nouveaux vêtements, nous circulons moins en voiture, nous ne partons plus en vacances… » Selon l’OCDE, en 2017, un salarié grec a dépensé en impôts et en cotisations sociales environ 40 % de son revenu, c’est presque autant que dans les pays scandinaves. 
« Une régression sociale sans précédent »
Pour Kostas, même aller au village familial, près de Delphes, à seulement deux heures d’Athènes en voiture, est devenu compliqué. « Avant, je m’y rendais deux semaines au mois d’août avec toute la famille. Désormais, je ne ferme plus que deux ou trois jours par an le magasin pour y faire un aller-retour… », soupire-t-il. Mais il y a pire pour celui qui a commencé à travailler dès l’adolescence : « Il m’arrive de devoir emprunter de l’argent à des proches pour boucler les fins de mois. Je ne l’avais jamais fait de ma vie… J’ai l’impression d’une régression sociale sans précédent ! »
Sa femme, Olga, 70 ans, n’a pas non plus été épargnée...




                        

                        

