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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».
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« Il faudra bien un jour reconstruire le système monétaire international dont le dollar américain est le pivot »

Pour ne pas subir les conséquences des sanctions américaines contre l’Iran, l’Europe doit créer un mécanisme de paiement interbancaire en euros, estime le banquier Dominique de Rambures dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 18h32
    |

Dominique de Rambures (Président honoraire de l’Association bancaire pour l’euro)







                        



                                


                            
Tribune. Après la dénonciation de l’accord sur le nucléaire, les Etats-Unis vont rétablir les sanctions contre l’Iran. Excipant du privilège d’extraterritorialité de la loi américaine, les Etats-Unis peuvent poursuivre une entreprise étrangère qui commerce avec l’Iran ou qui y possède des investissements, avec de possibles représailles visant ses activités sur le marché américain. Mieux encore, toute entreprise qui facture en dollars peut être poursuivie.

Quand Airbus vend des A320 à la compagnie Iran Air, les contrats sont facturés en dollars, monnaie utilisée dans l’industrie aéronautique. Les paiements sont effectués par virement entre les comptes des deux partenaires ouverts dans des banques américaines ou étrangères installées aux Etats-Unis. Forts de cette position, les Etats-Unis se réservent le droit de poursuivre n’importe quelle entreprise dès lors qu’elle utilise le dollar comme monnaie de transaction.
Les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne
Il y a peu d’alternatives : l’euro n’a pas encore un marché assez large, le renminbi chinois n’est pas encore convertible. Mais pour ne pas tomber sous la juridiction américaine, les banques européennes pourraient créer une chambre de compensation (clearing) qui prendrait en charge l’ensemble des opérations de règlements interbancaires à l’échelle de l’Union européenne. Il existe déjà des clearing dollars locaux (Londres, Hongkong) mais seule l’Union européenne a la taille critique, comme ce fut le cas avec l’Union européenne des paiements (1950-1958), qui avait pour but d’économiser les dollars en compensant les règlements intereuropéens.
Reste le problème de la liquidité des transactions. Au terme des opérations de clearing, les banques doivent se procurer les fonds sur le marché monétaire – en l’occurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Malgré la commémoration des 70 ans de la Nakba mardi, et la frontière de Gaza sous haute tension, la mobilisation des Palestiniens est restée faible en Cisjordanie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président Alpha Condé a promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder à un « grand remaniement ministériel ».
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Compte rendu

En Guinée, le gouvernement de Mamady Youla démissionne

Le président Alpha Condé a promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder à un « grand remaniement ministériel ».


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 17.05.2018 à 17h44

     •
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          datetime="2018-05-17T17:47:32+02:00"

        Mis à jour le 17.05.2018 à 17h47






    
Le premier ministre Mamady Youla au moment de sa prise de fonction le 29 décembre 2015, à Conakry.
Crédits : CELLOU BINANI / AFP


Le premier ministre guinéen Mamady Youla a présenté jeudi 17 mai la démission de son gouvernement, deux mois après la promesse du président Alpha Condé de procéder à un « grand remaniement ministériel » et après une série de grèves et de manifestations, dont certaines meurtrières. « Le premier ministre Mamady Youla a présenté sa démission et celle de tout le gouvernement », a déclaré devant la presse le ministre d’Etat et porte-parole de la présidence, Kiridi Bangoura.
Cette démission a été acceptée et le gouvernement sortant sera chargé « d’assumer la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement ». Le 8 mars, après des semaines de manifestations organisées par les syndicats d’enseignants pour réclamer des augmentations de salaires et par l’opposition pour contester le résultat des élections locales du 4 février, le chef de l’Etat avait été hué par des centaines de femmes pendant une cérémonie organisée à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

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Alpha Condé, opposant historique arrivé au pouvoir en 2010, avait promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder ensuite à un « grand remaniement ministériel » afin de « mettre des ministres qui sont à l’écoute de la population et qui s’occupent de leurs programmes ».
Boycott du « dialogue interguinéen »
Le conflit dans l’enseignement a pris fin quelques jours plus tard, après un accord sur les salaires, mais l’opposition conteste toujours la victoire aux élections locales du 4 février du parti au pouvoir, le RPG, face à l’UFDG de l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.
Début avril, l’opposition avait suspendu ses manifestations de rue afin d’entamer un dialogue avec le pouvoir. Dénonçant le manque de volonté politique de la mouvance présidentielle, elle a organisé une nouvelle journée « ville morte » à Conakry lundi.

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                En Guinée, un opposant condamné à 18 mois de prison pour « outrage » au président Condé



Après l’intervention mardi des ambassadeurs notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont proposé une médiation selon M. Diallo, l’opposition a annoncé mercredi une nouvelle « suspension » de ses manifestations, tout en confirmant son boycott du « dialogue interguinéen » sur le contentieux électoral.
Les deux mois de manifestations de l’après-scrutin, entachées de violences, avaient fait au moins douze morts. Selon l’opposition et les comptages de la presse et des ONG de défense des droits de l’homme, 94 opposants ont été tués en Guinée, en majorité par balle, au cours de manifestations politiques depuis avril 2011.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.
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Photo : la montée en gamme de la foire londonienne

Photo London, à visiter jusqu’au 20 mai, s’ouvre à de nouveaux exposants mais n’évite pas le trash et le sensationnalisme.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h13
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            
Y aurait-il une théorie des goûts comme des climats ? A sillonner la foire Photo London, qui se tient jusqu’au 20 mai à Somerset House, il faut croire que oui, le goût anglais existe bel et bien. Il se porte sur les animaux, avec une préférence pour les éléphants et les bêtes médiatiques. Passons sur les premiers, nostalgie des Indes sans doute. Mais pourquoi tant de célébrités ? Sur les cimaises : des vedettes fauchées au sommet de la gloire (Maryline, Amy Winehouse), les stars de la Pop britannique (Beatles, Rolling Stones), les top model à la beauté éternelle (Kate Moss). La reine Elizabeth fait également apparition, inoxydable, dans un cliché des années 1960 la représentant entourée de ses chiens. Signe de sa popularité à la veille du mariage princier entre Harry et Meghan : l’icône royale été achetée dès les premières minutes du vernissage. Une autre image, shocking mais so british, montrait la même souveraine siégeant… sur des toilettes. On ignore si ce sosie grossièrement mis en scène par la photographe Alison Jackson a trouvé preneur.
Ce n’est pas le moindre mérite de Photo London que d’offrir une plateforme à des artistes qui seraient sans doute censurés chez eux
Résumer Photo London à cette veine sensationnaliste et trash serait toutefois injuste. En quatre ans, la foire lancée par Fariba Farshad et Michael Benson dans un marché de la photo encore balbutiant en Grande-Bretagne, a pris de l’ampleur. La manifestation a gagné en qualité cette année avec l’arrivée de nouveaux exposants comme Sprovieri, qui propose un face-à-face inédit entre Nan Goldin et de Boris Mikhailov. Les deux récipiendaires du Prix Hasselblad n’abordent pas le corps avec la même focale : mélancolique chez la première, sarcastique chez le second. La nudité féminine est partout, des courbes de Bill Brandt aux fragments de corps de Daido Moriyama. Il y a bien sûr nu et nu. Fantastique. Rarement photo a aussi bien porté son nom que ce magnifique tirage de 1921 d’Edward Weston accroché...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Cette annonce est une réponse à Donald Trump, qui souhaite rétablir les sanctions contre l’Iran et interdire les entreprises européennes à investir à Téhéran.
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Nucléaire iranien : l’UE tente de bloquer les sanctions américaines contre les entreprises européennes

Cette annonce est une réponse à Donald Trump, qui souhaite rétablir les sanctions contre l’Iran et interdire les entreprises européennes à investir à Téhéran.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h11
   





                        



   


Les entreprises européennes pourront-elles investir en Iran malgré les menaces des Etats-Unis ? C’est ce que souhaite la Commission européenne, qui va lancer vendredi 18 mai un processus lui permettant de bloquer les effets extraterritoraux des sanctions américaines pour les entreprises européennes voulant investir en Iran, après que Donald Trump a annoncé son souhait de rétablir les sanctions contre Téhéran. Cette décision du président américain fait suite au retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien.

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                Les Européens décidés à tenir tête à Trump sur l’accord nucléaire iranien



« Nous devons maintenant agir », a déclaré M. Juncker jeudi, lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet européen à Sofia. « C’est la raison pour laquelle nous lançons le processus de la loi de blocage, le “blocking status” de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoraux des sanctions américaines. Ce sera fait demain [vendredi à 10 h 30] », a-t-il annoncé.
« Des tests de souveraineté pour l’Europe »
Cet outil est un règlement européen créé à l’origine pour contourner l’embargo imposé par les Etats-Unis sur Cuba. Cette loi dite « de blocage » permet aux entreprises et tribunaux européens de ne pas se soumettre à des réglementations sur des sanctions prises par des pays tiers et énonce qu’aucun jugement décidé par des tribunaux étrangers sur la base de ces réglementations ne saurait s’appliquer dans l’UE.

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                Nucléaire : le chef de la diplomatie iranienne à Bruxelles pour tenter de sauver l’accord



Cette décision a été saluée jeudi par le président de la République, Emmanuel Macron. « Ces sujets sont des tests de souveraineté pour l’Europe » et les décisions prises ont été « claires et fortes », s’est-il félicité. « Nous n’allons pas enclencher une guerre stratégico-commerciale avec les Etats-Unis sur le cas de l’Iran », a-t-il poursuivi.
« On ne va pas sanctionner ou contre-sanctionner des entreprises américaines pour répondre sur ce sujet-là, ça n’aurait pas de sens (…), parce que l’objectif final est quand même d’avoir cet accord large. » 




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ « Nous n’allons pas sanctionner des entreprises américaines dans le cadre du différend sur l’Iran », a voulu insister le président de la République, le 17 mai, à Sofia, en Bulgarie.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.
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Les villes compteront 2,5 milliards d’habitants en plus en 2050

New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h58
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Dans dix ans, New Delhi ravira à Tokyo le titre de ville la plus peuplée du monde, que la métropole nippone conserve depuis le milieu des années 1950. La cité indienne comptera alors quelque 39 millions d’habitants – 10 millions de plus qu’aujourd’hui ! –, tandis que la capitale du Japon plafonnera à 37 millions. Ce changement de hiérarchie n’est qu’un des nombreux bouleversements promis par l’urbanisation rapide d’une partie de la planète, selon une étude des Nations unies rendue publique mercredi 16 mai.
Le nombre de citadins est déjà passé de 751 millions en 1950 à 4,2 milliards en 2018. Le mouvement est loin d’être terminé. Alors que le pourcentage de population urbaine est aujourd’hui de 55 %, il atteindra 68 % en 2050, selon cette actualisation des projections démographiques de l’ONU. Au mitan du siècle, les villes compteront 2,5 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Un accroissement qui prendra place à près de 90 % en Afrique et en Asie. Plus précisément, trois pays seulement concentrent plus du tiers de cette explosion urbaine : l’Inde, la Chine et le Nigeria. La première devra être capable d’absorber 416 millions de citadins supplémentaires, la deuxième 255 millions, le géant africain 189 millions.

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                A Kuala Lumpur, les acteurs de la ville au chevet de l’urbanisation de la planète



Multiplication des bidonvilles
Si l’Europe, les deux Amériques et l’Océanie sont déjà très majoritairement urbanisées, le taux de population vivant en ville n’est encore que de 50 % en Asie et de 43 % en Afrique. Sur ces deux continents, l’accroissement de la population et l’exode rural se conjuguent pour faire grossir les villes à un rythme que les autorités peinent à suivre. A la clé, une multiplication galopante des bidonvilles, avec de graves risques sanitaires, sociaux et environnementaux. La difficulté est d’autant plus vive que l’essentiel de cette urbanisation se fait dans des villes moyennes, peu armées pour l’anticiper. Ainsi, près de la moitié de la population urbaine sur la planète vit dans des villes de moins de 500 000 habitants.

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                Les habitants des bidonvilles en première ligne face à l’urbanisation du monde



De façon plus spectaculaire, 33 mégapoles dépassent d’ores et déjà les 10 millions d’habitants, et il devrait y en avoir 43 d’ici à 2030, dont 15 dépasseront les 20 millions d’habitants. A cette échéance, Dacca (Bangladesh) atteindra 31 millions d’habitants, Le Caire (Egypte) en comptera 29 millions, Bombay (Inde) et Kinshasa (République démocratique du Congo) auront 27 millions de résidents chacune, Lagos (Nigeria) 24 millions, Karachi (Pakistan) 23 millions… La métropole de Paris, encore à la 26e place du classement des 30 plus grandes villes du monde en 2015 avec ses 11 millions d’habitants, en aura disparu en 2025.
Parallèlement, la population des campagnes, qui a connu une croissance modérée depuis 1950 jusqu’à atteindre 3,4 milliards de ruraux, devra atteindre un pic d’ici quelques années, avant de décliner à 3,1 milliards d’habitants en 2050.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La perspective d’une coalition des « anti-système » laisse craindre, à Bruxelles, que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union.
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Pourquoi les Européens tremblent face au prochain gouvernement italien

La perspective d’une coalition des « anti-système » laisse craindre, à Bruxelles, que Rome enfreigne les règles budgétaires de l’Union.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Même si la situation politique en Italie restait très volatile, jeudi 17 mai, alors que les deux partis « anti-système » arrivés en tête aux élections, la Ligue et le Mouvement cinq étoiles (M5S), tentaient de finaliser leur accord de gouvernement, leurs voisins européens commencent à paniquer.
Jeudi à Sofia, lors d’un sommet consacré à l’origine aux Balkans, les Vingt-huit ont croisé – sans doute pour la dernière fois – le premier ministre sortant, Paolo Gentiloni, très apprécié à Bruxelles pour son pragmatisme et son professionnalisme. Ce dernier a cherché à les rassurer, mais aussi à mettre en garde le futur gouvernement transalpin. « Si le pays sort des rails, les dégâts ne seront pas tellement pour les technocrates de Bruxelles mais bien davantage pour les citoyens de l’Union », a insisté le dirigeant social-démocrate.
Officiellement, les dirigeants européens se veulent prudents. Interrogé sur les projets de la probable coalition, Emmanuel Macron a d’abord avancé, jeudi à Sofia, qu’il « faut accepter ce que les peuples décident ». Soulignant des forces « disparates, hétérogènes et paradoxales », en référence aux positions à priori divergentes du M5S et de la Ligue, il a ajouté que la France « fera au mieux pour travailler avec [ses] partenaires et amis », faisant aussi remarquer que « le président [italien] Mattarrella avait dit que le gouvernement italien devrait travailler avec l’Europe ».

En réalité, la coalition des anti-système italiens paraît d’autant plus incongrue, vue de Bruxelles, de Paris ou de Berlin, qu’elle s’affiche aux côtés de forces clairement eurosceptiques. Les 14 eurodéputés du M5S sont ralliés à la formation d’extrême droite Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD), présidée par le héraut du Brexit britannique Nigel Farage, tout en ayant des prises de position jugées plutôt progressistes (sauf sur la migration). Quand aux cinq...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.
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L’armée française veut réduire sa dépendance aux avions gros-porteurs étrangers

Selon l’armée de l’air, l’acquisition des A400M devrait couvrir la majorité des besoins.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h16
    |

            Nathalie Guibert








                        



                                


                            

Les nouveaux avions de transport militaire de l’armée française vont permettre, d’ici à 2030, de réduire en partie sa grande dépendance à l’affrètement de moyens privés étrangers, a affirmé jeudi 17 mai un général de l’armée de l’air.
« L’affrètement couvre aujourd’hui les deux tiers de nos besoins pour nos projections extérieures ; à l’orée de 2030, nous allons inverser cette proportion pour être autonome aux deux tiers », a indiqué le général Laurent Marbœuf, commandant la brigade aérienne d’appui et de projection. Celle-ci compte 45 avions de transport tactique et d’assaut. « Nous n’avons jamais eu un parc aussi faible, et nos avions sont très vieux », a-t-il précisé, en évoquant notamment les Transall quinquagénaires (il en reste quinze). A l’issue de la loi de programmation militaire 2019-2025, l’armée de l’air aura toujours 45 transporteurs à disposition, mais « tous de nouvelle génération », assure encore ce responsable militaire. Notamment les A400M et les C130 en cours d’acquisition.
D’ici à 2030, date à laquelle la modernisation de ces flottes doit être complète, les capacités de fret de l’armée de l’air auront augmenté de 77 % si les moyens promis suivent. « Le contrat qui nous est fixé est de pouvoir transporter 6 000 tonnes de matériels et 2 300 personnes en une semaine à cet horizon », précise le général Marbœuf. L’armée de l’air entend aussi réduire le recours aux affréteurs privés pour les vols internes aux opérations elles-mêmes – par exemple entre différents endroits du Sahel pour Barkhane – en gérant mieux la flotte d’A400M au moment des périodes de relève.
Incontournables Antonov
Les sérieux problèmes de disponibilité des premiers A400M livrés (15 aujourd’hui, 35 en 2030) expliquent un recours élevé aux affrètements, explique encore l’armée de l’air, assurant que cette période touche à sa fin : « Notre objectif est bien de gagner en autonomie, pour être dans le tempo de ce que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.
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Italie : la Ligue, aux origines d’une formation populiste en passe de cogouverner le pays

Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h45
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Les négociations se poursuivent en Italie entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, pour former un gouvernement de coalition plus de deux mois après les élections législatives. Les deux partis avaient respectivement obtenu 32 % et 17 % des suffrages. Il s’agirait de la première participation du M5S à un gouvernement, tandis que la Ligue du Nord a plusieurs fois participé à des coalitions quand Silvio Berlusconi était président du Conseil italien.

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          Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?



Comment est née la Ligue ?
La Ligue a été fondée en 1989 par Umberto Bossi en fusionnant la Ligue lombarde et dix mouvements régionalistes et autonomistes du nord de l’Italie. Parmi eux : la Liga veneta de Franco Rocchetta, l’Union valdôtaine de Bruno Salvadori, la Ligue du Piémont de Gipo Farassino, l’Uniun ligure de Bruno Ravera, l’Alleanza Toscana de Tommaso Fragassi, la Lega emiliano-romagnola. Elle devient un parti politique en 1991 et s’appelle à l’époque la Ligue du Nord pour l’indépendance de la Padanie. Elle a été dirigée par Umberto Bossi jusqu’en avril 2012.
Que revendique la Ligue à sa création ?
A ses débuts, la Ligue du Nord réclame l’indépendance de la Padanie. Cette région imaginaire correspond à la plaine du Pô. Elle regroupe le Piémont, la Lombardie, le Frioul-Vénétie julienne, le Val d’Aoste, la Vénétie et l’Emilie-Romagne.
Dans cette zone virtuelle vivrait le peuple padan. « Malgré l’ant-méridionalisme présent de longue date dans l’Italie septentrionale, l’opposition Nord-Sud n’avait jusqu’ici jamais été exprimée en termes d’autochtonie, de colonialisme, d’oppression ethnique », décrypte la chercheuse Marta Machiavelli dans son article La Ligue du Nord et l’invention du Padan. La Ligue du Nord transforme les préjugés préexistants, par exemple sur la supposée fainéantise des Italiens du Sud, en un clivage ethnique. « Les Padans sont comparés aux Sioux, peuple autochtone envahi par des étrangers qui lui ont volé ses terres et ont détruit son mode de vie », poursuit Marta Machiavelli. En pratique, les « Padans » n’ont ni langue commune, ni spécificité religieuse, ni unité politique passée.
Un parti fédéraliste ou indépendantiste ?
Les deux revendications – le fédéralisme et l’autonomie –, quoique contradictoires, ont longtemps cohabité. Objectif : rendre possibles des alliances avec d’autres partis politiques. Dès 1996, la Ligue met l’accent sur les thématiques fédéralistes, pour les législatives. Ce qui n’empêche pas son fondateur, Umberto Bossi, de continuer à défendre sa ligne indépendantiste. Exemple : au printemps 2001, il prête serment pour son entrée au gouvernement. « Au sortir du Quirinal [résidence du président de la République], il déclare à la presse que ce serment ne le lie en aucune façon, puisqu’il est fait par un Padan, donc une personne ne reconnaissant pas l’existence de l’Etat italien », rappelle la chercheuse Clotilde Champeyrache dans son article « La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne », paru dans la revue en ligne L’Espace politique. En 2010, dans une interview au journal espagnol El Pais, Umberto Bossi répète que « la Padanie est une nation » qui doit avoir son « autonomie ». 
A l’automne 2017, un pas de plus est fait vers le fédéralisme, ligne portée par Matteo Salvini, patron du parti depuis 2013. Ce dernier change de nom, passant de « la Ligue du Nord » à « la Ligue ». Objectif : devenir un parti national dans la perspective des législatives de 2018.
Quelle est l’étiquette politique de la Ligue ?
Pour la chercheuse Marta Machiavelli, la Ligue est « un parti caméléon politiquement inclassable ». Mais la plupart des commentateurs classent cependant le parti à l’extrême droite.
La Ligue se caractérise particulièrement par sa xénophobie. Par exemple, le maire de Coccaglio (en Lombardie), Franco Claretti a lancé à l’automne 2009 l’opération « Noël blanc », afin de recenser les étrangers de sa commune et dénoncer les clandestins à la préfecture. En février 2018, l’auteur de l’attaque armée contre six Africains dans les rues de Macerata est un ancien candidat de la Ligue du Nord aux municipales. Après les faits, le leader du parti, Matteo Salvini, a simplement déclaré que « quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de peau ». L’homme politique n’a pas explicitement condamné l’auteur de l’attaque et a même rejeté la faute sur « l’invasion » migratoire que subirait l’Italie.
La Ligue est aujourd’hui souverainiste et eurosceptique, bien qu’au départ il s’agissait d’une ligue « hostile à “Rome la voleuse”, détestant les gens du sud de l’Italie, tout en étant pro-européenne », rappelait récemment le chercheur Marc Lazar dans un entretien au Monde. Le parti a progressivement critiqué l’Europe, se rapprochant du positionnement du Front national français. La Ligue souhaite quitter la zone euro, « devise allemande », selon Matteo Salvini, et à terme l’Union européenne, sans davantage préciser sa démarche.
La Ligue est aussi populiste et anti-impôts. Elle est par exemple favorable à un impôt sur le revenu à taux unique de 15 %, dit aussi « flat tax ». Aujourd’hui, l’impôt sur le revenu italien est progressif à six tranches, allant d’un taux de 23 % à 43 %.
Quelles responsabilités politiques nationales a occupé la Ligue depuis sa création ?
Le discours radical de la Ligue n’a pas empêché ses membres d’accéder aux plus hautes fonctions. Par exemple, son fondateur, Umberto Bossi, a été ministre chargé des réformes institutionnelles durant trois ans, de 2001 à 2004, dans le gouvernement de Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit). De 2008 à 2011, il a été ministre des réformes pour le fédéralisme. Roberto Lombardi, successeur de Bossi à la tête de la Ligue, a quant à lui été ministre du travail de 2001 à 2006, puis ministre de l’intérieur de 2008 à 2011. Dans le gouvernement Berlusconi IV (2008-2011), quatre ministres et huit secrétaires d’Etat appartenaient à la Ligue.


Pour aller plus loin sur la Ligue du Nord

La Ligue du Nord et l’invention du « Padan », par Marta Machiavelli, revue Critique internationale (2001).

La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne, par Clotilde Champeyrache, revue L’Espace politique (2011)


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L’Union européenne propose aux pays des Balkans de coopérer, faute d’adhérer

Les Vingt-Huit étaient réunis en sommet, jeudi à Sofia, avec les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et du Kosovo.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h10
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Sofia, envoyé spécial)








                        



   


L’Iran, Gaza, le commerce, la relation avec Washington et… les Balkans occidentaux. Au grand dam des six pays concernés, le thème censé être le principal du sommet qui se tenait jeudi 17 mai, à Sofia, a évidemment été éclipsé par de brûlantes questions d’actualité. C’était pourtant un moment très attendu – depuis quinze ans – par ces pays qui patientent à la porte de l’Union et s’efforcent de croire que tous leurs partenaires européens sont sur la même ligne que le président du Conseil, Donald Tusk. Lequel les assure que leur « choix géostratégique » doit rester celui de l’Europe communautaire.

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Arrivant jeudi matin au Palais de la culture de la capitale bulgare, une majorité de chefs d’Etat et de gouvernement s’est évidemment efforcée de rassurer les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo.
On leur promet des mesures de soutien, un plan de « connectivité » destiné à faciliter les échanges entre eux ainsi qu’entre eux et l’Union, un intérêt accru pour les défis migratoire et sécuritaire auxquels ils sont, eux aussi, confrontés, etc.
On leur trace également une « perspective européenne », sans laquelle, prophétisait récemment Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, de Bruxelles, « nous allons revivre tous les malheurs que nous avons connus pendant les années 1990 ». A savoir des guerres qui avaient aussi souligné la faiblesse de l’Union, laquelle allait, pour tenter de se rattraper et de redorer son image, procéder ensuite à une vague d’élargissements mal préparés.
« Il faut plus de stabilité et de sécurité »
Cette fois, il n’est cependant plus question d’adhésion au bloc européen dans les communiqués. « Ce n’est pas un sujet pour Sofia », avait insisté l’entourage de M. Tusk. Oubliée, la promesse formulée… en 2003, à Thessalonique, en Grèce.
Officiellement, parce que le sujet est pour le moins prochain : c’est en juin que les Etats membres devront dire s’ils se rangent, ou non, à l’avis de la Commission, qui suggérait, à la mi-avril, d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Albanie et l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). Le Monténégro s’est vu, lui, octroyer le statut officiel de candidat en 2010, la Serbie en 2012.

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Pourront-ils être intégrés en 2025, comme le leur promet M. Juncker ? Ce n’est pas certain. Parce que beaucoup de dirigeants ont tiré les leçons des dernières vagues d’élargissement, estimant qu’elles ont plombé le projet européen. Parce qu’ils mesurent l’hostilité de leur opinion, surtout à un an d’un scrutin européen qui pourrait voir, dans de nombreux pays, la montée des courants populistes, eurosceptiques ou europhobes. Parce qu’ils estiment qu’avant d’intégrer de nouveaux membres, l’UE doit se réformer en profondeur.
« Chacun aura sa chance d’être admis s’il respecte les conditions nécessaires », nuançait jeudi matin la présidente lettone, Dalia Grybauskaité. « Le canal du dialogue doit rester ouvert, mais il faut plus de stabilité et de sécurité », souligne le premier ministre belge, Charles Michel.
Le président Macron est le plus explicite : certes, « l’ancrage » des Balkans occidentaux à l’Europe est nécessaire, dit-il, mais au cours des quinze dernières années, le fonctionnement de celle-ci a été « affaibli ». Ce ne serait donc pas lui « rendre service », pas plus qu’aux pays concernés, que d’évoquer une entrée prochaine de nouveaux membres. « Ni laxisme, ni hypocrisie », préconise le président.
Tensions et différends
Les dirigeants des pays des Balkans avaient tenté, au cours des dernières semaines, de multiplier les contacts diplomatiques et médiatiques pour défendre leur cause. Conscients, toutefois, que la liste des problèmes à régler entre eux, ainsi qu’entre eux et des pays membres de l’Union, complique singulièrement leur tâche.
Au premier rang des questions en suspens, les tensions entre la Serbie et son ancienne province du Kosovo. L’Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie n’ont jamais reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, en 2008. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement de Madrid, avait d’ailleurs décidé de rompre l’unité de façade en renonçant à l’idée être présent à ce sommet de Sofia.
La Grèce est, elle, toujours engagée dans un différend avec la Macédoine, à laquelle elle refuse l’utilisation d’une dénomination semblable à celle de sa province du nord. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait rencontrer son homologue macédonien, Zoran Zaev, jeudi en marge de la réunion. Les deux pays poursuivent des négociations censées déboucher sur un compromis qui permettrait un déblocage du processus d’adhésion, en juin.

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« S’ils n’y arrivent pas, cela pourrait nous aider », commente anonymement un dirigeant. Sous-entendu : la persistance d’un désaccord renverrait à plus tard une réponse à la suggestion de la Commission sur le lancement du processus d’intégration et éviterait aussi de trancher la question de l’Albanie.
Rôle accru de la Russie, de la Chine et de la Turquie
Les hésitations de beaucoup sont, en revanche, tempérées par un constat : trop de prudence des Vingt-Huit à l’égard de ces voisins proches pourrait aussi bénéficier à la Russie, la Chine ou la Turquie, qui entendent toutes jouer un rôle accru dans la région et contester, notamment, la prépondérance économique de l’Union. Celle-ci truste 73 % des relations commerciales des six pays concernés.
Les conclusions du Sommet n’évoquent, en tout cas, pas la question de l’influence russe, sauf pour souligner la nécessité d’une coopération avec l’Union « contre la désinformation et d’autres activités hybrides ».
Les dirigeants européens se rassurent quant à la possibilité de retarder encore les échéances en constant la faiblesse de la présence économique russe dans la région. Ou le fait que les partis prorusses n’ont pas réussi à conquérir le pouvoir au Monténégro – un pays membre de l’OTAN depuis 2017 –, tandis qu’ils l’ont perdu récemment en Macédoine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.
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Le mirage du système suédois de retraite

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). Le modèle qui inspire tant Emmanuel Macron pour sa future réforme se révèle inégalitaire, pénalisant à la fois les femmes et les travailleurs aux carrières morcelées.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h37
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Birgitta ne se plaint pas. Cette ancienne cantinière d’une usine d’Helsingborg, dans le sud de la Suède, a « la santé ». Ses enfants habitent à côté. Entre les promenades dans le quartier et les activités du club de retraités, elle trouve à s’occuper, même si elle doit veiller à ses dépenses. La fringante octogénaire touche 12 000 couronnes (environ 1 160 euros) de retraite et l’équivalent de 200 euros d’allocation logement par mois. Une fois les charges et le loyer de son deux-pièces payés, il lui reste 485 euros pour se nourrir et s’habiller.
Femme, sans diplôme, vivant seule, embauchée à mi-temps et partie en préretraite à 61 ans en raison d’une blessure au cou, elle aurait pu servir de tête d’affiche à la campagne lancée en février par Pensionsmyndigheten, l’Office suédois des pensions, pour sensibiliser les membres du Riskgruppen (le « groupe à risque ») – ces salariés dont les pensions atteindront à peine le seuil de pauvreté, le jour où ils arrêteront de travailler.
Au total, plus de 300 000 retraités suédois sont déjà dans cette situation (ils perçoivent moins de 1 165 euros par mois), soit 16,8 % des plus de 65 ans et 24,35 % des plus de 75 ans. Ils sont les grands perdants d’un système de retraite adopté en 1994 et qui sert aujourd’hui d’inspiration à la France, avec son régime universel, ses comptes notionnels (comptes individuels de cotisations) et des pensions indexées sur l’espérance de vie.
Il devait permettre de résoudre le financement des retraites, alors devenu intenable pour les finances publiques du royaume en raison du vieillissement de la population. Aucun âge légal de départ en retraite n’est fixé.
« L’idée a échoué »
La pension des retraités équivaut en moyenne à 53 % de leur salaire de fin de carrière, contre 60 % en 2000
A l’époque, explique Ole Settergren, analyste auprès de Pensionsmyndigheten, « le législateur pensait que si les pensions étaient indexées sur l’espérance de vie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.
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L’Europe face au défi du vieillissement

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La chute de la population active va mettre le financement de nos dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h26
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

Les Finlandais appellent cela « äitiyspakkaus », et ils sont très fiers de cette tradition. Chez eux, chaque future mère reçoit de l’Etat, avant la naissance, une boîte en carton contenant tout le nécessaire pour le nourrisson. Une fois vide, elle se transforme en couffin. Symbole de la politique familiale généreuse du pays nordique, cette « baby box » fut créée en 1938 pour encourager la natalité. Mais aujourd’hui, elle ne suffit plus : en 2016, pour la première fois depuis cent quarante-huit ans, le nombre de morts (53 629) a dépassé celui des naissances (52 645) en Finlande. « Un choc, raconte Timo Hirvonen, économiste chez FIM Bank, à Helsinki. Cela nous a brutalement rappelé que nous vieillissons. Et que le déclin démographique va nous poser un défi majeur. »
Ce n’est pourtant rien à côté de celui qui attend l’Italie. Il y a quelques mois, le maire d’Ollolai, pittoresque village de Sardaigne, a mis en vente 200 maisons pour 1 euro chacune, dans l’espoir de repeupler son bourg : en cinquante ans, la population a chu­té de 2 250 à 1 300 habitants. Une ­dizaine de villages italiens ont déjà tenté l’expérience, avec plus ou moins de succès. Et d’autres devraient suivre : en 2017, la population de la péninsule, où les décès surpassent également les naissances, a fondu de 100 000 personnes. L’équivalent de la ville de Pise rayée de la carte.
Ces dix dernières années, l’Union européenne (UE) s’est concentrée sur l’urgence : réparer les dégâts de la crise de 2008, nettoyer son secteur bancaire, relancer l’économie. Elle en a presque oublié l’autre mutation à l’œuvre, susceptible de transformer son économie en profondeur. « Com­me l’ensemble des pays industrialisés, l’Europe vieillit rapidement du fait de l’allongement de l’espérance de vie et de la chute de la natalité », dit Laurent Chalard, géographe de la population à Paris-Sorbonne. Ces prochaines années, la plupart des pays membres vont voir leur population...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.
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Le vieillissement freine la dynamique salariale dans la zone euro

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). La forte hausse de l’offre de travail des plus de 55 ans sur le Vieux Continent pèse sur l’inflation et les rémunérations.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h38
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est l’une des grandes énigmes de la reprise. En dépit du redémarrage de l’activité et de l’emploi, la dynamique des salaires dans les économies développées, et particulièrement dans la zone euro, reste faible au regard de ce qu’elle était il y a quelques décennies. Le phénomène n’est pas surprenant dans des pays tels que la France et l’Italie, où le taux de chômage demeure relativement élevé. Il l’est beaucoup plus en Allemagne, où le quasi-plein-emploi devrait alimenter une hausse plus franche des rémunérations et de l’inflation, son corollaire.

Pour les économistes, ce faible dynamisme est en partie lié à l’expansion des formes de sous-emploi et de précarité, comme les temps partiels subis ou les « minijobs » allemands. Cela tient aussi au développement des services, où les salariés sont moins syndiqués que dans l’industrie et, partant, en moins bonne position pour négocier des augmentations.
Une autre piste est évoquée : le vieillissement démographique. Sur les 7,5 millions d’emplois créés dans la zone euro depuis 2013, plus de 6 millions sont occupés par des travailleurs de plus de 50 ans. « Le taux de participation des travailleurs âgés de 55 à 64 ans à la population active a augmenté de 33 % à 55 % en moyenne dans l’OCDE depuis vingt ans », rappellent Benoît Mojon, économiste à la Banque de France, et Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), dans une note publiée en mars sur le blog de la Banque de France.
« Aux Etats-Unis, dans la zone euro et au Royaume-Uni, le vieillissement de la main-d’œuvre, lié à l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite, à la hausse de l’espérance de vie et à la baisse de la natalité, est un frein à la dynamique salariale », souligne Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, qui travaille régulièrement le sujet. En effet, les plus de 55 ans expérimentés ont déjà un salaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.
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L’Allemagne, eldorado des jeunes Roumains

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (3/5). En dix ans, le nombre d’immigrés roumains a été multiplié par plus de sept, attirés par le plein-emploi.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 14h30
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            
Vlad Chalapco et Andra-Laura Oancea se sont rencontrés il y a deux ans au consulat de Roumanie à Stuttgart. Les deux jeunes Roumains, âgés de 25 ans, ont croisé leurs regards en dépouillant les bulletins de vote aux élections. Et ils ne sont plus quittés. Enfin, façon de parler. Pas question pour les tourtereaux de compromettre leurs carrières respectives. Après des études de mécatronique à l’université de Stuttgart, Vlad Chalapco poursuit actuellement ses études à Londres. Andra-Laura Oancea, elle, est restée à Stuttgart, où elle est cadre chez un sous-traitant automobile.
Dans l’Allemagne du quasi plein-emploi, les opportunités ne manquent pas pour les jeunes Roumains qualifiés. Difficile de résister aux sirènes de l’industrie allemande quand le salaire minimum roumain est d’environ 400 euros par mois. A 25 ans, Vlad Chalapco est en négociation pour un poste à l’Office européen des brevets, à Munich. Il est aussi en contact avec le groupe automobile et d’armement Rheinmetall. Ce dernier évalue actuellement un investissement en Roumanie et pourrait avoir besoin d’un directeur d’usine. « En Roumanie, l’enseignement en mathématiques, en physique et en chimie dans le secondaire est souvent très bon. A mon arrivée à l’université de Stuttgart je me sentais plutôt à l’aise, alors que certains de mes collègues allemands voyaient certains concepts abordés pour la première fois », se souvient Vlad.
Vlad Chalapco a eu la chance de fréquenter une école bilingue allemande en Roumanie. Son père, Vasile Chalapco, entrepreneur installé à Brasov, dans les Carpates, a tenu à ce que son fils poursuive ses études outre-Rhin. Mais aujourd’hui, l’hémorragie des jeunes Roumains commence à l’inquiéter. « J’ai beaucoup de difficulté à recruter des personnes qualifiées. Beaucoup de jeunes sont partis vers l’Ouest. Les gens qui restent ont vieilli. On manque d’ouvriers, mais aussi de personnel qualifié, des gens capables de développer les ventes et de bâtir un plan...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.
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« Mettre à l’heure du jour l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine »

Mandat et moyens doivent être donnés à cette agence des Nations unies pour promouvoir la réinstallation de réfugiés, estime, dans une tribune au « Monde », Alexandre Casella, ancien représentant pour le Moyen Orient de l’ONU.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h14
    |

Alexandre Casella (Ancien représentant régional pour le Moyen-Orient du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés)







                        



                                


                            
Tribune. Les récentes démonstrations à Gaza, en remettant l’accent sur le problème des réfugiés Palestiniens donnent lieu à une autre interrogation : soixante-dix ans après sa création l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), n’est-elle pas devenue une partie du problème ? Suite à la création d’Israël et de la guerre qui s’en suivit quelque 720 000 Palestiniens qui habitaient à l’intérieur des frontières du nouvel Etat se refugièrent dans les pays arabes environnants. Pour faire face à la crise humanitaire consécutive à cet exode, l’ONU, pour ne pas dire les pays occidentaux, créèrent l’UNRWA dont la tache était de gérer les camps abritant les réfugiés.
Selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire
A sa naissance, la création de l’UNRWA arrangeait tout le monde. Pour Israël c’était la certitude que quelqu’un pourvoirait aux besoins de réfugiés palestiniens et que leur retour, dont l’Etat juif ne voulait pas, n’était pas une priorité. Quant aux Etats arabes qui avaient adopté à l’égard d’Israël la politique des trois non – pas de paix, pas de reconnaissance, pas de négociation – ils avaient décidé de ne pas intégrer les réfugiés palestiniens mais de les maintenir dans des camps afin de s’en servir comme moyen de pression contre le nouvel état. Que les pays occidentaux, par l’intermédiaire de l’UNRWA financent les camps était un moyen de pérenniser le problème sans devoir en assumer les frais.
On estime aujourd’hui que des 720 000 réfugiés palestiniens, qui avaient fui Israël en 1948, quelque 40 000 sont encore en vie. Or, l’UNRWA en comptabilise 7, 2 millions. La réalité derrière ce chiffre tient au fait que selon l’UNRWA le statut de réfugié palestinien s’hérite de génération en génération selon la ligne patrilinéaire. Le résultat, c’est que le nombre de réfugiés palestiniens ne fait que croître, selon un processus qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Un transfuge russe a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, rapportent plusieurs médias allemands.
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Les services secrets allemands auraient mis la main sur du Novitchok dans les années 1990

Un transfuge russe a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, rapportent plusieurs médias allemands.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h26
   





                        



   


Le Bundesnachrichtendienst (BND), le service fédéral de renseignement allemand, s’est procuré dans les années 1990 un échantillon de l’agent neurotoxique Novitchok, récemment utilisé pour empoisonner un ex-espion russe et sa fille en Grande-Bretagne.
Un transfuge russe, dont l’identité n’a pas été révélée, a proposé au renseignement allemand de lui fournir un échantillon en échange d’une protection pour lui et sa famille, relatent les journaux Süddeutsche Zeitung, Die Zeit ainsi que les chaînes WDR et NDR, qui citent des sources ayant « participé à la décision » de se procurer le poison.
Information partagée
Une fois obtenu, l’échantillon a été analysé dans un laboratoire suédois, l’Allemagne ne voulant pas être accusée de travailler sur des armes chimiques. Le BND et le ministère de la défense ont ensuite récupéré la formule chimique du Novitchok. Berlin a également informé les services de renseignement américain et britannique de l’existence de cet échantillon, selon les médias précités.
De petites quantités de l’agent neurotoxique ont ensuite été produites dans certains pays de l’OTAN à des fins de test, notamment pour déterminer si les équipements de protection étaient capables d’y résister et pour lui trouver des antidotes.

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                Affaire Skripal : le poison employé était bien du Novitchok



L’existence du Novitchok n’a pas été rendue publique afin de ne pas nuire à la relation avec le président russe de l’époque, Boris Eltsine, dit encore l’enquête des journalistes allemands. Le gouvernement allemand et le BND se sont refusés à tout commentaire.
Le Novitchok a servi à empoisonner en mars l’ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille. Tous deux y ont survécu, mais l’affaire a déclenché une tempête diplomatique, Londres accusant Moscou de l’empoisonnement, ce que la Russie dément formellement, affirmant même n’avoir jamais eu de programme Novitchok.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Pour la première fois, notre chroniqueur aborde un sujet qu’il a toujours soigneusement évité, car « socialement risqué ».
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Chronique

« En nous taisant sur l’homophobie au Sénégal, nous entérinons l’idée que toutes les vies ne se valent pas »

Pour la première fois, notre chroniqueur aborde un sujet qu’il a toujours soigneusement évité, car « socialement risqué ».

Par                                            Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
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        Le 17.05.2018 à 12h02

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        Mis à jour le 17.05.2018 à 17h20






    
Manifestation contre l’homosexualité, à Dakar, le 22 janvier 2015.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Chronique. Lauréat du Prix littérature-monde qui lui sera remis dimanche 20 mai au festival Etonnants Voyageurs, à Saint-Malo, l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, 28 ans, vient de publier son troisième roman, De purs hommes, aux éditions Philippe Rey et Jimsaan. Un livre particulièrement courageux puisqu’il traite de l’homosexualité au Sénégal et interpelle sur l’homophobie qui gangrène notre société.
De fait, au « pays de la teranga » (l’hospitalité, en wolof), il n’y a pas d’un côté des conservateurs homophobes et de l’autre des progressistes qui défendent la libre orientation sexuelle de tout homme. Même chez les intellectuels, artistes et militants de la démocratie existe une homophobie assumée. Certains n’hésitent pas à prôner le meurtre des gays, le prétexte pouvant être la religion ou une illusoire pureté nationale à conserver face aux assauts culturels de l’Occident qui voudrait « nous imposer ses règles ».

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Ici, on peut détourner les deniers publics, violer une femme et garder toute sa place dans l’espace public. Mais il suffit qu’un politique, journaliste ou intellectuel soit accusé d’homosexualité pour que soit signé son arrêt de mort sociale. Dire de quelqu’un qu’il est homosexuel est pire qu’une insulte, c’est un appel au meurtre social. Feu le journaliste Tamsir Jupiter Ndiaye, dont l’homosexualité avait été révélée, n’avait jamais pu se relever du lynchage médiatique dont il fut victime. Sa mort sociale avait précédé de peu sa disparition physique.
Une chape de plomb
Mohamed Mbougar Sarr, en s’attaquant avec audace à un sujet difficile, met en exergue nos lâchetés. Car même l’intelligentsia qui a une vision progressiste sur la question refuse de l’aborder publiquement par crainte de représailles. Il y a une chape de plomb sur le sujet qui pousse les associations de défense des droits humains à le traiter timidement. On relègue même l’homosexualité au rang de maladie, car souvent elle est traitée sous l’angle de la lutte contre le sida…
Il nous faut être lucides et accepter d’ouvrir ce débat qui, comme d’autres, sera au cœur de nouvelles préoccupations dans l’espace public. Un pays démocratique, signataire des grands textes internationaux relatifs aux droits humains, siège de grandes organisations internationales et qui dispose d’une forte diaspora ne peut être imperméable aux débats qui agitent le monde. La démocratie et la stabilité que nous exhibons fièrement nous engagent et exigent de nous une lutte pour la dignité humaine.

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Sur le traitement de la question LGBTQ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queers), il est urgent d’agir pour que des individus ne soient plus traqués, tabassés voire mis en prison, en raison de leur orientation sexuelle. Il est lâche de se cacher derrière l’islam pour refuser un travail sur nos mentalités. Nous sommes un pays laïque, certes peuplé de 99 % de croyants, qui a aboli la peine de mort, pratique qui existe pourtant dans la charia. Nous pouvons faire le même travail concernant notre position vis-à-vis de l’homosexualité.
Tolérance et respect
Je ne demande pas l’abrogation de la loi pénalisant ce que le Code pénal qualifie d’« acte contre-nature ». Car dans un contexte où les esprits assimilent l’homosexualité à une souillure et où le moindre soupçon (à tort ou à raison) d’une orientation sexuelle gay peut conduire à la mort, le recours à la loi serait inefficace. Ce serait même dangereux, car la loi se heurterait à des résistances sociales et confessionnelles qui pourraient provoquer une série de violences dans le pays.

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Un travail en profondeur sur les consciences est nécessaire, surtout auprès de la jeune génération, pour inculquer la tolérance et le respect de la dignité humaine. Un gay ou une lesbienne n’est ni malade ni atteint mystiquement. Il ou elle n’est qu’un homme ou une femme qu’on pourrait aimer ou haïr, mais non au regard de son orientation sexuelle. Il ou elle pourrait être notre frère, notre sœur, notre voisin, notre ami avec qui on aime parler de football ou de tout autre chose. Lyncherait-on son frère ou son ami pour son orientation sexuelle ?
En continuant de nous taire par prudence, lâcheté ou, pire, indifférence, nous entérinons l’idée que toutes les vies ne se valent pas. Le livre de Mohamed Mbougar Sarr me donne l’occasion de m’exprimer sur un sujet que j’ai toujours publiquement évité, car socialement risqué pour moi et ma famille. Mais si l’auteur, du haut de ses 28 ans, a eu le courage de le porter, nous autres n’avons plus le choix, quel qu’en soit le prix à payer.
De purs hommes, de Mohamed Mbougar Sarr, co-édition Philippe Rey et Jimsaan, 192 pages, 16 euros.
Hamidou Anne est un consultant en communication institutionnelle sénégalais qui vit à Dakar. Il est également co-auteur de l’ouvrage collectif Politisez-vous !.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Quelque 4,8 millions d’électeurs étaient appelés à s’exprimer sur une révision constitutionnelle devant permettre au président d’exercer ses fonctions jusqu’en 2034.
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Compte rendu

Au Burundi, un référendum encadré de près par le régime de Nkurunziza

Quelque 4,8 millions d’électeurs étaient appelés à s’exprimer sur une révision constitutionnelle devant permettre au président d’exercer ses fonctions jusqu’en 2034.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 17.05.2018 à 11h54

     •
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        Mis à jour le 17.05.2018 à 17h57






    
A Bujumbura, des Burundais commencent à voter jeudi 17 mai sur une vaste révision constitutionnelle destinée à renforcer le pouvoir du président Nkurunziza.
Crédits : STR / AFP


Les Burundais ont voté, jeudi 17 mai, lors d’un référendum sur une vaste révision constitutionnelle destinée à renforcer le pouvoir du président, Pierre Nkurunziza, et à lui permettre d’éventuellement rester en fonctions jusqu’en 2034.
Quelque 4,8 millions d’électeurs étaient appelés à s’exprimer sur cette réforme qui consacre définitivement la dérive autocratique du pouvoir observée ces trois dernières années. Ils ont afflué très tôt dans les 11 076 bureaux de vote, fortement incités en ce sens par les autorités, qui encadraient de près le référendum. Un fort déploiement sécuritaire avait été prévu et aucun incident n’a été recensé.
Le comptage des bulletins a commencé dès la fermeture des bureaux à 16 heures (14 heures GMT). La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a indiqué qu’elle publierait les résultats après avoir reçu tous les procès-verbaux, sans dire combien de temps cela pourrait prendre.
Voix discordantes étouffées
De longues files ont été observées en différents endroits. Dans la province de Ngozi (nord), d’où est originaire M. Nkurunziza, plusieurs centaines de personnes sont arrivées avant l’aube au centre de vote d’une école primaire, a constaté un photographe de l’AFP. « Je suis venu à l’aube parce que j’étais impatient de voter pour le oui pour consolider l’indépendance et la souveraineté de notre pays », a déclaré à l’AFP un cultivateur d’une trentaine d’années, se présentant sous le nom de Miburo.
Vêtu d’un survêtement bleu et coiffé d’un chapeau de cow-boy orange, le président Nkurunziza a voté dès 6 h 45 sur sa colline natale de Buye, en compagnie de son épouse. Il a salué « l’engouement » de la population, venue participer « en masse » à ce référendum. Son responsable de la communication, Willy Nyamitwe, a lui aussi vanté, sur Twitter, l’entrain des Burundais, « impatients d’aller voter ».

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Cet enthousiasme n’est cependant pas forcément spontané. Selon un cadre du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, les membres de ce parti ont reçu pour consigner de se présenter très tôt aux bureaux de vote. Si elle est adoptée, la Constitution autorisera M. Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, à briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020. L’issue du vote ne fait guère de doute tant les voix discordantes ont été étouffées.
La campagne référendaire a été marquée par des enlèvements, meurtres et arrestations arbitraires, selon des organisations de défense des droits de l’homme, qui dénoncent également l’absence de réel débat démocratique. « Le processus n’a réuni aucun des critères permettant de garantir sa crédibilité. Il a été ponctué d’injonctions, de menaces, d’intimidations et de répressions », a déploré Tchérina Jerolon, responsable adjointe du bureau Afrique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).
Une répression brutale
Le projet de révision a été condamné par la communauté internationale, dont l’Union européenne, premier donateur de ce pays, l’un des plus pauvres au monde, les Etats-Unis et l’Union africaine. Mais ces critiques n’ont pas suffi à infléchir la position du régime burundais. Le Cnared, la principale plate-forme de l’opposition en exil, a appelé au boycottage. A ses yeux, le texte, qui introduit des modifications d’ampleur, bouleverse l’architecture institutionnelle du pays, en signant « l’arrêt de mort » de l’accord de paix d’Arusha.

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Signé en 2000, il avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300 000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi. Il spécifie qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de dix ans. Les partis d’opposition intérieurs et la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (« espoir des Burundais »), menée par Agathon Rwasa, ont appelé à voter non, craignant des représailles s’ils se prononçaient en faveur de l’abstention, plus que tout redoutée par les autorités.
« Je viens de voter non, bien sûr, car ce référendum de malheur vient enterrer le peu de démocratie qui restait dans ce pays », a expliqué à l’AFP un cadre du ministère de l’Intérieur, sous couvert d’anonymat.
Dérive absolutiste et mystico-religieuse
Marie Nibitanga, un pseudonyme donné par une femme de 60 ans jointe par téléphone à Bujumbura, dit aussi avoir voté non « pour montrer qu’une grande partie de la population résiste, même si je sais qu’ils vont nous voler notre vote ».
Ce nouveau texte vise surtout à entériner la mainmise totale sur les institutions du CNDD-FDD et à concentrer encore plus le pouvoir exécutif dans les mains du président Nkurunziza. Depuis sa candidature à un troisième mandat en avril 2015, contestée par l’opposition, la société civile et une partie de son camp, il a mené une répression brutale, qui a fait au moins 1 200 morts et plus de 400 000 réfugiés.

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La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur ces exactions. Et l’opposition n’a de cesse de dénoncer la dérive absolutiste et mystico-religieuse d’un dirigeant qui dit avoir été choisi par la volonté divine.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ En 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois sacré.
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Compte rendu

En Tunisie, des associations réaffirment le droit de ne pas jeûner pendant le ramadan

En 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois sacré.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 17.05.2018 à 11h54






    
Au marché central de Tunis, lors du premier jour du ramadan, en juin 2014.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


En Tunisie, un collectif d’associations de défense des droits humains a appelé dans une lettre ouverte les autorités à protéger « la liberté de conscience et de religion » en autorisant à manger ou fumer en public durant le ramadan, qui débute jeudi 17 mai. Chaque année, en vertu de textes flous sur l’outrage aux bonnes mœurs et de circulaires remontant à plusieurs dizaines d’années, des Tunisiens sont arrêtés pour avoir mangé ou fumé durant le jeûne.
Interrogé l’an dernier par une députée sur une circulaire de 1981 ordonnant la fermeture des cafés durant le ramadan, le ministère de l’intérieur avait répondu par un courrier ambigu, selon une copie datée de novembre ayant circulé ces derniers jours dans les médias tunisiens. Le ministère y justifiait la fermeture des cafés par le risque de choquer les jeûneurs et de provoquer des attentats, tout en assurant qu’il n’y avait pas de poursuite contre les cafés ouvrant dans la discrétion ni contre ceux qui mangent en public.

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Déplorant le « déni » du ministère de l’intérieur sur les arrestations de non-jeûneurs, les organisations appellent les autorités à « faire cesser toutes les atteintes aux libertés individuelles ». Les signataires, dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme, l’Association tunisienne des femmes démocrates et diverses associations de défense des minorités, ont déploré, « à l’approche de ramadan, […] l’augmentation des menaces contre la liberté de conscience, de religion, d’opinion et d’expression ».
Hashtag #fater
Dans cette lettre ouverte adressée au président Béji Caïd Essebsi, au Parlement, au chef du gouvernement, Youssef Chahed, ainsi qu’au pouvoir judiciaire, les organisations soulignent qu’elles sont prêtes à saisir la justice pour « faire respecter » ces libertés garanties par la Constitution de 2014. Diverses autres associations ont également appelé au respect de la liberté de conscience.
Aucune loi n’interdit de manger ou boire en public en Tunisie durant le ramadan, mais, face aux contrôles récurrents, cafés et restaurants ferment ou dissimulent leur vitrine durant la journée. Sous le hashtag #fater, des non-jeûneurs échangent sur les réseaux sociaux des informations sur les lieux qui restent ouverts.

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Le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion, Ahmed Shaheed, a loué le mois dernier la « vision progressiste » de la Tunisie, tout en notant la persistance de « restrictions », citant notamment l’arrestation de non-jeûneurs durant le ramadan. En juin 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein ramadan.

