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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.
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Italie : la Ligue, aux origines d’une formation populiste en passe de cogouverner le pays

Après avoir participé à des gouvernements Berlusconi, le parti populiste pourrait former une coalition avec le Mouvement 5 étoiles.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h45
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Les négociations se poursuivent en Italie entre le Mouvement 5 étoiles (M5S) et la Ligue, pour former un gouvernement de coalition plus de deux mois après les élections législatives. Les deux partis avaient respectivement obtenu 32 % et 17 % des suffrages. Il s’agirait de la première participation du M5S à un gouvernement, tandis que la Ligue du Nord a plusieurs fois participé à des coalitions quand Silvio Berlusconi était président du Conseil italien.

        Lire le zoom :
         

          Italie : qu’est-ce que le Mouvement 5 étoiles ?



Comment est née la Ligue ?
La Ligue a été fondée en 1989 par Umberto Bossi en fusionnant la Ligue lombarde et dix mouvements régionalistes et autonomistes du nord de l’Italie. Parmi eux : la Liga veneta de Franco Rocchetta, l’Union valdôtaine de Bruno Salvadori, la Ligue du Piémont de Gipo Farassino, l’Uniun ligure de Bruno Ravera, l’Alleanza Toscana de Tommaso Fragassi, la Lega emiliano-romagnola. Elle devient un parti politique en 1991 et s’appelle à l’époque la Ligue du Nord pour l’indépendance de la Padanie. Elle a été dirigée par Umberto Bossi jusqu’en avril 2012.
Que revendique la Ligue à sa création ?
A ses débuts, la Ligue du Nord réclame l’indépendance de la Padanie. Cette région imaginaire correspond à la plaine du Pô. Elle regroupe le Piémont, la Lombardie, le Frioul-Vénétie julienne, le Val d’Aoste, la Vénétie et l’Emilie-Romagne.
Dans cette zone virtuelle vivrait le peuple padan. « Malgré l’ant-méridionalisme présent de longue date dans l’Italie septentrionale, l’opposition Nord-Sud n’avait jusqu’ici jamais été exprimée en termes d’autochtonie, de colonialisme, d’oppression ethnique », décrypte la chercheuse Marta Machiavelli dans son article La Ligue du Nord et l’invention du Padan. La Ligue du Nord transforme les préjugés préexistants, par exemple sur la supposée fainéantise des Italiens du Sud, en un clivage ethnique. « Les Padans sont comparés aux Sioux, peuple autochtone envahi par des étrangers qui lui ont volé ses terres et ont détruit son mode de vie », poursuit Marta Machiavelli. En pratique, les « Padans » n’ont ni langue commune, ni spécificité religieuse, ni unité politique passée.
Un parti fédéraliste ou indépendantiste ?
Les deux revendications – le fédéralisme et l’autonomie –, quoique contradictoires, ont longtemps cohabité. Objectif : rendre possibles des alliances avec d’autres partis politiques. Dès 1996, la Ligue met l’accent sur les thématiques fédéralistes, pour les législatives. Ce qui n’empêche pas son fondateur, Umberto Bossi, de continuer à défendre sa ligne indépendantiste. Exemple : au printemps 2001, il prête serment pour son entrée au gouvernement. « Au sortir du Quirinal [résidence du président de la République], il déclare à la presse que ce serment ne le lie en aucune façon, puisqu’il est fait par un Padan, donc une personne ne reconnaissant pas l’existence de l’Etat italien », rappelle la chercheuse Clotilde Champeyrache dans son article « La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne », paru dans la revue en ligne L’Espace politique. En 2010, dans une interview au journal espagnol El Pais, Umberto Bossi répète que « la Padanie est une nation » qui doit avoir son « autonomie ». 
A l’automne 2017, un pas de plus est fait vers le fédéralisme, ligne portée par Matteo Salvini, patron du parti depuis 2013. Ce dernier change de nom, passant de « la Ligue du Nord » à « la Ligue ». Objectif : devenir un parti national dans la perspective des législatives de 2018.
Quelle est l’étiquette politique de la Ligue ?
Pour la chercheuse Marta Machiavelli, la Ligue est « un parti caméléon politiquement inclassable ». Mais la plupart des commentateurs classent cependant le parti à l’extrême droite.
La Ligue se caractérise particulièrement par sa xénophobie. Par exemple, le maire de Coccaglio (en Lombardie), Franco Claretti a lancé à l’automne 2009 l’opération « Noël blanc », afin de recenser les étrangers de sa commune et dénoncer les clandestins à la préfecture. En février 2018, l’auteur de l’attaque armée contre six Africains dans les rues de Macerata est un ancien candidat de la Ligue du Nord aux municipales. Après les faits, le leader du parti, Matteo Salvini, a simplement déclaré que « quelqu’un qui tire est un délinquant, abstraction faite de la couleur de peau ». L’homme politique n’a pas explicitement condamné l’auteur de l’attaque et a même rejeté la faute sur « l’invasion » migratoire que subirait l’Italie.
La Ligue est aujourd’hui souverainiste et eurosceptique, bien qu’au départ il s’agissait d’une ligue « hostile à “Rome la voleuse”, détestant les gens du sud de l’Italie, tout en étant pro-européenne », rappelait récemment le chercheur Marc Lazar dans un entretien au Monde. Le parti a progressivement critiqué l’Europe, se rapprochant du positionnement du Front national français. La Ligue souhaite quitter la zone euro, « devise allemande », selon Matteo Salvini, et à terme l’Union européenne, sans davantage préciser sa démarche.
La Ligue est aussi populiste et anti-impôts. Elle est par exemple favorable à un impôt sur le revenu à taux unique de 15 %, dit aussi « flat tax ». Aujourd’hui, l’impôt sur le revenu italien est progressif à six tranches, allant d’un taux de 23 % à 43 %.
Quelles responsabilités politiques nationales a occupé la Ligue depuis sa création ?
Le discours radical de la Ligue n’a pas empêché ses membres d’accéder aux plus hautes fonctions. Par exemple, son fondateur, Umberto Bossi, a été ministre chargé des réformes institutionnelles durant trois ans, de 2001 à 2004, dans le gouvernement de Silvio Berlusconi (Forza Italia, centre droit). De 2008 à 2011, il a été ministre des réformes pour le fédéralisme. Roberto Lombardi, successeur de Bossi à la tête de la Ligue, a quant à lui été ministre du travail de 2001 à 2006, puis ministre de l’intérieur de 2008 à 2011. Dans le gouvernement Berlusconi IV (2008-2011), quatre ministres et huit secrétaires d’Etat appartenaient à la Ligue.


Pour aller plus loin sur la Ligue du Nord

La Ligue du Nord et l’invention du « Padan », par Marta Machiavelli, revue Critique internationale (2001).

La Ligue du Nord : le retour ambigu de l’identité territoriale sur la scène politique italienne, par Clotilde Champeyrache, revue L’Espace politique (2011)


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> Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs




                            


                        

                        


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Dernière de la saison contestée pour « L’Emission politique », sur France 2

L’émission donne, jeudi soir, la parole aux dirigeants des cinq principales formations politiques pour tirer le bilan d’un an de présidence d’Emmanuel Macron.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h11
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h21
   





                        



   


L’affiche paraissait alléchante : les représentants des « cinq principales formations politiques », selon les mots de France Télévisions, sur le plateau de « L’Emission politique », sur France 2, pour discuter du bilan de la présidence d’Emmanuel Macron, après un an au pouvoir. Le choix des invités aussi : Christophe Castaner (La République en marche, LRM) ; Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ; Olivier Faure (Parti socialiste) ; Laurent Wauquiez (Les Républicains) ; Marine Le Pen (Front national).
Mais il n’y aura pas de débat entre ces cinq-là. Chacun des invités interviendra, seul, à travers un entretien de quinze minutes. Si la chaîne avait initialement prévu une passe d’armes entre les principaux chefs de parti, plusieurs invités ont contesté l’exercice. C’est le cas notamment de Christophe Castaner, seul représentant de la majorité sur le plateau, qui avait d’abord décliné l’invitation au profit de la porte-parole de LRM, Laetitia Avia. C’est une « vision totalement autocratique du pouvoir », a grincé l’entourage de Laurent Wauquiez, regrettant l’absence de débat.
« On ne peut pas forcer les gens à débattre », a justifié Léa Salamé, désormais seule présentatrice de l’émission, au micro d’Europe 1, lundi 14 mai. Elle a toutefois promis que les entretiens seraient « rythmés et enlevés ». Par ailleurs, les cinq interviewés ont été invités à apporter chacun un objet qui aura symbolisé, selon eux, l’année d’Emmanuel Macron au pouvoir.
Le choix des invités jugé déséquilibré
A défaut d’être sur le plateau, le débat s’est porté cette semaine sur le choix des invités de l’émission, jugé déséquilibré par plusieurs formations politiques. Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération-s, a regretté son absence du panel d’invités, mardi dans une lettre à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte.
« Votre programmation jette un doute extrêmement regrettable sur la neutralité du service public, et alimentera les soupçons que nos concitoyens nourrissent envers leurs médias publics », lui dit-il, notant également l’absence de « représentant de l’écologie politique ».
Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, a lui aussi contesté « cette mise à l’écart des antennes » et a accusé « le gouvernement d’imposer ses interlocuteurs » et de « dicter même la forme des émissions politiques ». 
« Dégoûté » d’avoir été « écarté de “L’Emission politique” », Nicolas Dupont-Aignan va même jusqu’à parler d’« injustice ». Le parti Debout la France a dénoncé dans un communiqué l’absence de son président au nom du « pluralisme politique », ainsi que du « nouveau rôle politique » qu’occupe le député de l’Essonne depuis la dernière élection présidentielle.

Ce jeudi, la rédaction de @France2tv a choisi de faire le bilan de la première année d’E. #Macron dans l’… https://t.co/bXntQVDUGJ— DLF_Officiel (@Debout la France)


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Quant à Florian Philippot, président du mouvement Les Patriotes, il regrette sur Twitter que France 2 n’ait « invité que des partisans du maintien dans l’Union européenne et des anti-Frexit à un an des élections européennes ».

J’ai adressé hier une lettre à Madame Ernotte, présidente de France Télévisions, pour regretter que ce soir… https://t.co/F1tL2ERgaT— f_philippot (@Florian Philippot)


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Le groupe d’audiovisuel public France Télévisions s’est défendu en arguant dans un communiqué que « “L’Emission politique” a[vait] fait le choix d’inviter les dirigeants des cinq principales formations politiques : LRM, LR, le FN, la France insoumise et le PS ».
« Benoît Hamon, que l’émission a bien suivi lors de la campagne présidentielle, n’est plus au Parti socialiste », note encore France Télévisions, disant qu’« il sera bien entendu invité lors d’un prochain numéro ». La même invitation a été transmise à Nicolas Dupont-Aignan.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Après l’adoption par l’Assemblée nationale du texte élaboré par Marlène Schiappa, Gaëlle Dupont, journaliste au « Monde », a répondu a vos questions.
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Loi contre les violences sexuelles : « Le gouvernement a contribué à se mettre lui-même en difficulté »

Après l’adoption par l’Assemblée nationale du texte élaboré par Marlène Schiappa, Gaëlle Dupont, journaliste au « Monde », a répondu a vos questions.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h36
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h39
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Présomption de culpabilité, controverse liée à l’article 2, délit d’atteinte sexuelle... Après le vote en première lecture du projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles par les députés, Gaëlle Dupont, journaliste au Monde, a répondu à vos questions à propos du texte.

        Lire aussi :
         

                L’Assemblée nationale adopte le projet de loi contre les violences sexuelles



JOJO : Pourquoi certains députés se sont obstinés à vouloir introduire une forme de présomption de culpabilité dans le cas d’un viol sur mineur de moins de 15 ans alors que le Conseil d’Etat a pourtant souligné le caractère inconstitutionnel d’une telle disposition ?
C’est un sujet qui provoque beaucoup de réactions émotionnelles, y compris chez les députés. Face à cette émotion, les arguments juridiques peuvent apparaître froids, techniques, pas à la hauteur de l’enjeu des violences sexuelles commises sur les mineurs, qui sont les premières victimes de viol, même s’il s’agit de rappeler des principes fondamentaux de l’Etat de droit. Certains ont dit qu’il fallait tenter le risque de l’inconstitutionnalité, voire modifier la Constitution. De plus, Marlène Schiappa a eu du mal à répondre à plusieurs reprises aux arguments, car elle n’est pas juriste, et ne faisait que répéter un argumentaire écrit pour elle.
Coffeeclub : Pourquoi ne pas simplement qualifier de « viol » les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans ? Pourquoi ce « délit d’atteinte sexuelle » ? La jurisprudence ne peut donc pas évoluer avec les affaires des deux filles de 11 ans ?
Le risque souligné par de nombreux juristes, mais aussi des spécialistes de la sexualité des adolescents, est que le « délit d’atteinte sexuelle » aurait pu entraîner des condamnations pour viol de jeunes majeurs de 18 ans ayant des relations consenties avec des adolescent(e) s de 14 ans et quelques mois. On aurait pu imaginer par exemple, des parents en désaccord avec la relation de leur fille portant plainte contre le jeune majeur. Ces situations ne sont pas fréquentes mais existent.
Jo : J’ai du mal à comprendre comment un viol sur majeur peut être considéré comme un crime et passible des assises, tandis qu’un viol sur mineur serait un délit jugé en correctionnelle. Pouvez-vous nous éclairer ?
Il y a un malentendu sur ce point. Le projet de loi ne transforme pas le viol sur mineur en délit. Il reste un crime et commettre un viol sur mineur de moins de 15 ans est une circonstance aggravante qui augmente la peine encourue à vingt ans de prison. Ce que redoutent plusieurs associations, c’est que l’augmentation de la peine pour atteinte sexuelle à dix ans en cas de pénétration ne conduise la justice à renvoyer davantage de viols sur mineurs en correctionnelle, car l’exercice d’une contrainte ou de la surprise, les éléments constitutifs du crime, peuvent être difficiles à prouver.
Avec une peine aggravée pour atteinte sexuelle, les juges pourraient estimer que les faits seront plus faciles à établir et la condamnation importante, donc renvoyer en correctionnelle. La correctionnalisation du viol existe déjà. Elle permet de gagner du temps car les cours d’assises sont très encombrées, mais elle minore les peines pour les agresseurs. Elle est condamnée par les associations féministes. Si leurs craintes étaient fondées ce serait une aggravation du phénomène. Le gouvernement conteste et dit que le texte va au contraire permettre, grâce à une meilleure définition de la contrainte sur mineurs, de condamner mieux les viols sur mineurs en tant que crimes.
VALLE : Une fille de moins de 15 ans ne pourra pas avoir de petit copain de plus de 18 ans ? De moins de 18 cependant oui. Et quand il aura passé ses 18 ans, faudra-t-il qu’ils rompent leur liaison ?
Oui, tout à fait. C’est le problème souligné par de nombreux juristes pour rejeter la présomption de non-consentement à 15 ans. Il reste que le délit d’atteinte sexuelle proscrit les relations sexuelles entre moins de 15 ans et majeurs. Elles ne sont pas considérées comme des viols mais la peine a tout de même été portée à sept ans, et à dix en cas de pénétration. L’interdit, qui existe déjà même s’il n’est pas toujours connu, est donc renforcé. Après, il faut qu’une plainte soit déposée, et qu’un tribunal condamne même si les protagonistes affirment qu’ils étaient tous deux consentants…
Loulou : Je n’arrive pas à comprendre la polémique autour de l’article 2. Pouvez vous être synthétique ?
Sur l’article 2, le gouvernement a contribué à se mettre lui-même en difficulté. Après des affaires judiciaires choquantes où des fillettes de 11 ans ont été considérées comme ayant consenti à des rapports sexuels, Marlène Schiappa a très vite annoncé que le gouvernement allait introduire une présomption de non-consentement, sans tenir compte des difficultés juridiques que cette mesure posait. Du coup, l’attente était très forte. Et à l’arrivée, il n’y a pas de présomption de non-consentement mais une précision de la notion de contrainte en cas de viol sur mineur. C’est une amélioration, mais par rapport à ce qui était annoncé il y a une grosse déception.

        Lire aussi :
         

                Comprendre la polémique autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes



Morgane X : Quelle est la justification de la présomption de non-consentement (qui aurait pu être une présomption simple et non irréfragable) ?
La présomption irréfragable présentait un risque clair d’inconstitutionnalité car elle remet clairement en cause la présomption d’innocence à laquelle tous les justiciables ont droit. Pour la présomption simple (qui peut être contredite), c’est moins évident, mais les arguments contre sont que la présomption de culpabilité n’existe que pour des infractions mineures, passibles de contraventions et pas en matière criminelle où les sanctions sont beaucoup plus lourdes. Et qu’elle ne supprimerait pas le débat sur le consentement du mineur.
Denis : Avant cette loi, que se passait-il si la surprise, la contrainte, etc., n’était pas prouvée ? Cette loi ne permet-elle pas une solution de repli pour les victimes ?
Si, c’est l’objectif. Si le viol ne peut être démontré, la question subsidiaire sur le délit d’atteinte sexuelle sera obligatoirement posée par les juges, c’est-à-dire qu’une peine pour atteinte sexuelle pourra être prononcée.
John : Est-ce que le projet de loi contient une composante numérique au-delà de l’article 3 ? Parce que le cyberharcèlement de groupe c’est une chose, mais entre les « gamergate », groupes incels ou coachs en séduction, ce n’est vraiment pas compliqué de trouver des propos qu’il serait illégal de tenir en public.
C’est vrai, mais le projet de loi ne traite que du cyberharcèlement de groupe. Les propos auxquels vous faites allusion sont déjà punis par la loi. L’enjeu est plutôt de la faire appliquer dans tous les espaces, y compris sur Internet.
Bob Arctor : La ministre a argumenté sur le fait que la précision légale apportée à la contrainte morale pouvant caractériser le viol aurait pour effet de permettre au juge de considérer comme viol toute relation entre mineur et majeur, même consentie et sans violence. Cet argument est-il crédible ? Le juge sera-t-il tenu par cette interprétation du texte par le gouvernement ?
Les juges (et les jurés) ont toujours une liberté d’appréciation. Comme l’ont montré les affaires de Pontoise et deMelun, car les éléments pour caractériser la contrainte en raison de la différence d’âge existaient déjà dans le code pénal, mais ils ont rejeté la qualification de viol malgré le jeune âge des fillettes (11 ans). La nouvelle rédaction est plus précise et devrait donc les orienter davantage, mais ils garderont un pouvoir d’appréciation au cas par cas.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Alors que Martin Hirsch vient de proposer d’augmenter le nombre de caméras dans les hôpitaux, l’efficacité de ce dispositif continue de poser questions.
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La vidéosurveillance est-elle efficace ?

Alors que Martin Hirsch vient de proposer d’augmenter le nombre de caméras dans les hôpitaux, l’efficacité de ce dispositif continue de poser questions.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h08
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h24
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Plus de caméras dans les hôpitaux d’Ile-de-France : le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a proposé d’étendre de 40 % le dispositif de vidéosurveillance. « Plus de 1 500 [caméras] au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin », décrit-il dans une interview au Parisien, mardi 15 mai. Ce plan estimé à 30 millions d’euros arrive en réponse aux soignants excédés par les violences verbales et physiques qu’ils subissent sur leur lieu de travail.
Bonne ou mauvaise idée ? Difficile à dire car, en France, la vidéosurveillance n’est pas très… surveillée. Elle est pourtant coûteuse et empiète sur la vie privée des individus. Dès 2011, la Cour des comptes s’agaçait de l’absence d’évaluation de son efficacité. « Les différentes études conduites à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en Australie, ne démontrent pas globalement l’efficacité de la vidéosurveillance de la voie publique », s’inquiétait-elle même dans son rapport.
En 2009, le ministère de l’intérieur avait certes publié un audit censé démontrer l’efficacité de la vidéosurveillance sur le taux de délinquance et l’élucidation des infractions. Ce document notamment relayé par Le Figaro est jugé non pertinent par de nombreux chercheurs en raison d’erreurs méthodologiques.
A l’inverse, des études anglo-saxonnes plus solides, ainsi qu’une récente enquête menée en France par le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherches au CNRS, tendent à démontrer la faible efficacité de la vidéosurveillance.
A-t-elle un effet dissuasif sur les délinquants ?
Cela dépend des cas
Bien malin celui qui saurait compter les infractions qui n’ont pas été commises du fait de ce dispositif. Il est malgré tout possible d’évaluer l’effet dissuasif probable de la vidéosurveillance. Laurent Mucchielli a mené une enquête de terrain dans trois villes françaises qu’il raconte dans son livre Vous êtes filmés ! (Armand Colin, mars 2018). Pour les anonymiser, il les appelle Beau-Rivage (7 500 habitants), Saint-Paul-la-Rivière (20 000) et Mega City (860 000) (que l’on devine être Marseille). « Il n’y a pas d’impact dissuasif global, explique le chercheur, notamment parce que la vidéosurveillance s’est banalisée. » En 1999, seules soixante communes disposaient de caméras filmant l’espace public, elles étaient plus de deux mille en 2009, selon le site du Cairn. Aujourd’hui, 80 % des villes moyennes sont équipées. « Dans mon département, les Bouches-du-Rhône, entre 85 et 90 % des communes sont équipées, à des degrés divers », rappelle le chercheur.
A l’inverse, le rapport de 2009 — à la méthodologie controversée — du ministère de l’intérieur estimait que « la délinquance a baissé en moyenne plus fortement dans les communes équipées de vidéoprotection que dans celles qui ne disposent pas de vidéoprotection urbaine ». Pour arriver à cette conclusion, le ministère comparait le taux d’évolution de la délinquance dans les villes vidéosurveillées par rapport au taux national, dans trois catégories : « délinquance de proximité », « atteintes aux biens », « atteintes volontaires aux personnes ». Il ne se focalisait donc pas sur les infractions commises sur la voie publique dans les villes surveillées et non surveillées, or c’est bien ce lieu qui est surveillé par les caméras. Par exemple, la catégorie atteintes volontaires aux personnes inclut les violences conjugales ou intrafamiliales, pour lesquelles la vidéosurveillance ne peut avoir joué un rôle.
Le rapport ne soustrayait pas non plus les autres facteurs de baisse de la délinquance, comme l’augmentation du nombre de policiers dans les rues de telle ou telle ville. Les auteurs du rapport le reconnaissent eux-mêmes en préambule : « L’impact exclusif de la vidéoprotection est difficile à isoler. »
L’effet dissuasif varie selon les infractions. Les infractions impulsives, comme les altercations suite à une dispute, ou celles liées à l’alcool, sont « moins susceptibles d’être réduites que les infractions préméditées, telles que les vols de véhicules », explique en 2005 l’étude Assessing the Impact of CCTV, portant sur la ville de Londres. Pour M. Mucchielli, les infractions commises dans les hôpitaux par des patients à l’encontre du personnel entrent bien souvent dans cette catégorie.
Protège-t-elle du terrorisme ?
Non
Aucune étude ne permet de l’affirmer. Nice, la ville la plus vidéosurveillée de France, a ainsi subi une attaque au camion bélier le 14 juillet 2016. Un an et demi plus tôt, son maire, Christian Estrosi, avait pourtant déclaré, à propos des tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher : « Si Paris avait été équipée du même réseau [de caméras] que le nôtre, les frères Kouachi n’auraient pas passé trois carrefours sans être neutralisés et interpellés. »
A Paris, le vaste réseau de caméras ne semble pas faire peur aux terroristes. La RATP est dotée du plus important réseau de vidéosurveillance d’Ile-de-France, avec près de 40 000 caméras dans les bus, le RER et le métro. Par exemple, l’instigateur présumé des attentats du 13 novembre 2015, Abdelhamid Abaaoud, a pris le métro moins d’une heure après le début des attaques. Il a été filmé par les caméras de la RATP à la station Croix-de-Chavaux, sur la ligne 9, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) alors qu’il franchissait illégalement un portique, sans ticket.

   


Parmi les arguments avancés par les personnes pour l’utilisation de caméras : la vidéosurveillance serait plus efficace couplée à de la reconnaissance faciale, afin d’empêcher un individu fiché de commettre un attentat. Pour rappel, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a autorisé la reconnaissance faciale avant d’embarquer dans l’Eurostar, Gare du Nord, à Paris. Le dispositif fonctionne depuis 2017 et prend la forme de sas spécifiques au contrôle des passeports (la photographie du passeport est automatiquement comparée au visage du passager). Même décision pour les aéroports Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, le dispositif devant entrer en fonction en juillet 2018.
Pour autant, la CNIL n’est pas favorable à la généralisation de la reconnaissance faciale dans tous les lieux publics. « Si cette technologie n’en est qu’à ses balbutiements, il importe de comprendre que son caractère intrusif est croissant puisque la liberté d’aller et venir anonymement pourrait être remise en cause », prévient-elle sur son site.
La vidéosurveillance peut en tout cas accélérer le travail des enquêteurs après qu’un attentat ait été commis. Après le massacre de Nice, l’itinéraire du criminel avant le drame a ainsi été retracé grâce aux caméras.
Réduit-elle la délinquance sans la déplacer ?
Non
La vidéosurveillance a tendance à déplacer la délinquance dans les zones limitrophes non équipées de caméras. « Toutes les études anglo-saxonnes le démontrent », assure l’expert Laurent Mucchielli. Birmingham, deuxième ville la plus peuplée d’Angleterre, constitue un cas emblématique. Une étude anglo-saxonne de 1995 montre que le nombre de vols à l’arraché et cambriolages y a triplé dans la partie de l’agglomération non couverte par les caméras, après la mise en place de la vidéosurveillance. Le taux de déplacement est variable selon les villes et le type d’infraction étudiés.

   


Les caméras créent aussi des déplacements non pas géographiques mais « fonctionnels » (le même délinquant commet un délit de nature différente). A Birmingham, sur la période étudiée, « là où une couverture vidéo existe, les auteurs de vols à l’arraché ou de cambriolages ont reporté leurs activités sur les vols dans les véhicules », pointent Eric Heilmann, maître de conférences à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg, et Marie-Noëlle Mornet, doctorante à l’université Robert-Schuman de Strasbourg, dans leur rapport intitulé « L’impact de la vidéosurveillance sur les désordres urbains, le cas de la Grande-Bretagne ».
D’après le rapport controversé du ministère de l’intérieur de 2009, le « déplacement de la délinquance des zones sous vidéoprotection vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré ». Pour arriver à ces conclusions, le ministère se base essentiellement sur des témoignages des forces de l’ordre : « 48 % des circonscriptions de sécurité publique estiment qu’il est nul, 52 % estiment qu’il existe, mais ne sont pas en mesure de l’évaluer », chiffre l’étude.
Aide-t-elle à élucider les infractions ?
Oui… mais dans très peu de cas
Dans son enquête, Laurent Mucchielli démontre que les caméras n’aident à élucider que 1 % à 3 % des infractions commises sur la voie publique. « A Marseille, sur un an, il y a eu 60 000 enquêtes pour infractions sur la voie publique, explique le chercheur. Pour ces enquêtes, il y a eu seulement 1 850 réquisitions d’images au centre de vidéosurveillance de la ville. Au final, les images n’ont été décisives que dans cent trois affaires. »
Le rapport controversé du ministère de 2009 reconnaît même que l’impact des caméras sur le taux d’élucidation dans les villes équipées « reste encore modéré ». Il s’appuie sur les chiffres suivants : sur les 63 brigades de gendarmerie étudiées, 770 faits ont été élucidés grâce à la vidéosurveillance en 2008, soit seulement une moyenne d’un fait par mois et par brigade.


Pour aller plus loin sur la vidéosurveillance

« Vous êtes filmés ! », par Laurent Mucchielli, Armand Colin, 2018.
« Vidéosurveillance et vidéoprotection, petit rappel en ces temps de violence terroriste »,, par Olivier de Maison Rouge, Village Justice, 2016.


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Article sélectionné dans La Matinale du 16/05/2018
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De Tanger à Paris, dans les pas des enfants perdus du Maroc

Mineurs isolés, drogués et violents, ils ont surgi il y a plus d’un an dans la capitale. On les pensait enfants des rues marocains, mais, en réalité, ils ont souvent une famille.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 05h09
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h01
    |

            Louise Couvelaire (Tanger, Maroc, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Paris n’avait jamais vu ça. Des hordes d’enfants qui débarquent dans les rues du 18e arrondissement, seuls, drogués, violents, le corps couvert de plaies et de brûlures, ne parlant pas un mot de français, semant la peur dans un quartier qui en a pourtant vu d’autres. Les premiers ont surgi il y a un an et demi, ils étaient une vingtaine ; ils sont repartis, quelques-uns sont revenus, de nouveaux sont arrivés, plus nombreux, ils sont une soixantaine aujourd’hui. Les plus jeunes ont 10 ans, les plus âgés prétendent avoir 17 ans (ils ont probablement plus).
Prise au dépourvu, la Mairie de Paris a tout tenté pour les approcher : éducateurs, associations spécialisées dans la protection de l’enfance, solutions d’hébergement, lieux d’accueil ad hoc… En vain. Ils fuguent et retournent errer dans la Goutte-d’Or, où ils commettent des actes de délinquance pour le compte de petits réseaux locaux qui les rétribuent en cachets de Rivotril (un antiépileptique détourné de son usage). Ils sont arrivés shootés à la colle ; dans les rues de Paris, ils deviennent polytoxicomanes. Personne n’en savait plus sur leurs profils et les raisons de leur venue. Tout juste avait-on appris qu’il s’agissait de jeunes Marocains, pour la plupart mineurs, qui avaient transité par l’Espagne.

Un rapport de l’association Trajectoires, qui étudie le parcours des migrants et des réfugiés en Europe, apporte enfin des éléments de réponse. Commanditée par la Mairie de Paris il y a six mois, cette étude, à laquelle Le Monde a eu accès, retrace le parcours de ces enfants qui vont et viennent d’une ville française à l’autre (Paris, Montpellier, Rennes, Brest, Bayonne…), d’un pays européen à l’autre (Suède, Danemark, Espagne, Allemagne, Belgique, France…), sans jamais se fixer. « Ils se font jeter de pays en pays, ils traînent en Europe sans stratégie migratoire pensée, observe le sociologue Olivier Peyroux, coauteur du rapport. Ce sont les migrants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Avant la dixième séquence de grève de deux jours, la SNCF prévoit pour le 17 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq.
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Grève SNCF : le trafic TER encore très perturbé vendredi

Avant la dixième séquence de grève de deux jours, la SNCF prévoit pour le 17 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h09
   





                        


La SNCF prévoit vendredi 18 mai « un peu plus d’un TGV sur deux » en circulation, ainsi que deux TER ou Intercités sur cinq, a annoncé jeudi la direction de l’entreprise ferroviaire.
Les conditions de trafic sont « parmi les meilleures constatées depuis le début de la grève », lancée début avril par les syndicats de cheminots, a commenté le directeur général adjoint de la SNCF, Mathias Vicherat.
TGV, en moyenne un train sur deux :
un train sur deux sur l’axe atlantique ;quatre trains sur cinq sur l’axe est ;deux trains sur cinq sur l’axe nord ;trois trains sur cinq sur l’axe sud-est.
Transilien, en moyenne un train sur deux :
RER A : un train sur deux ;RER B : un train sur deux sur la portion nord et deux trains sur trois sur la portion sud ;RER C : un train sur trois ;RER D : deux trains sur cinq ;RER E : deux trains sur cinq.
International, en moyenne deux trains sur trois :
un trafic quasi normal des Eurostar et des Thalys ;un train sur deux entre la France et la Suisse et entre la France et l’Espagne ;un train sur trois entre la France et l’Italie.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
la synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?en données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle panorama : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaireles cinq pistes pour une sortie de criseles détails du calendrier des perturbationsle moteur de recherche pour savoir si votre ligne s’est dégradée au fil du temps





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A Ramallah, les divisions entre Fatah et Hamas expliquent la faible mobilisation par rapport à celle de Gaza.
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La colère rentrée des Palestiniens de Cisjordanie

A Ramallah, les divisions entre Fatah et Hamas expliquent la faible mobilisation par rapport à celle de Gaza.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h38
    |

                            Allan Kaval (Ramallah (Cisjordanie), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ils ont eu bien des raisons de se mettre en colère et de se mobiliser depuis le début de la semaine. Pourtant, les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est sont demeurés silencieux, dans leur écrasante majorité. Malgré le transfert, lundi, de l’ambassade des Etats-Unis dans la ville sainte. Malgré les 60 Gazaouis tombés le même jour sous les balles israéliennes alors qu’ils protestaient près de la clôture qui les sépare du territoire israélien. Malgré, enfin, la commémoration, mardi 15 mai, des 70 ans de la Nakba, l’exil de centaines de milliers de Palestiniens lors de la fondation de l’Etat d’Israël, en 1948.
Les principaux partis palestiniens de Cisjordanie n’ont pas lancé de mobilisation de masse. Aucun mouvement populaire spontané ne les a remplacés au-delà d’expressions de colère éparses. Le 15 mai, une date qui symbolise traditionnellement la mémoire d’une défaite et la promesse d’une revanche, les rues de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, sont restées calmes.

Les commerces ont gardé les portes closes, respectant la grève générale décrétée par les autorités. Mais, à Ramallah, l’atmosphère était celle d’un jour de congé, pas d’une journée de colère. A la sortie est de la ville, devant la colonie de Beit El, lieu de confrontation habituel, ils n’étaient que quelques centaines, des hommes jeunes et pauvres pour la plupart, à se relayer à partir de la mi-journée pour un rassemblement limité, répondant aux codes ordinaires du genre : silhouettes juvéniles aux visages masqués par des keffiehs tirant à la fronde en direction de soldats israéliens, bardés de protections sombres, tirant des balles en caoutchouc ou des capsules de gaz lacrymogène…
« Depuis la mort d’Arafat, nous n’avons pas de chef capable de nous réunir autour de lui pour lutter », regrette un homme de 37 ans employé dans l’administration de l’autorité palestinienne
« Nous vivons une nouvelle Nakba ! Ce déménagement de l’ambassade américaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Paris était dans le viseur de la Commission depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air.
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Pollution de l’air : Bruxelles poursuit la France en justice

Paris était dans le viseur de la Commission depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h31
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La menace planait depuis plusieurs mois. La Commission européenne l’a mise a exécution, jeudi 17 mai, en annonçant sa décision de renvoyer la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour non-respect des normes de qualité de l’air. Parmi les neuf Etats faisant l’objet d’une procédure d’infraction, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, la Hongrie et la Roumanie subissent le même sort. L’Espagne, la Slovaquie et la République tchèque échappent à la punition, mais elles restent sous surveillance, dit-on à Bruxelles.
Des sources proches de la Commission confient au Monde que si « la France a fait des efforts, la situation reste très préoccupante dans douze zones soumises à des niveaux de dioxyde d’azote (NO2) très élevés ». Il s’agit principalement des grandes agglomérations. Bruxelles relève ainsi que les concentrations annuelles déclarées en 2016 ont atteint 96 µg/m3 à Paris, soit plus du double que la valeur limite européenne, fixée à 40 µg/m3.
Gaz très toxique, le NO2 a été rendu célèbre par le scandale du « dieselgate ». Quant aux enquêtes qui ont été ouvertes sur les constructeurs fraudeurs (Volkswagen et FIAT notamment), la Commission demande officiellement à l’Allemagne et à l’Italie d’accélérer et les met en demeure de prendre des sanctions.
Urgence sanitaire
Après des années d’avertissements et d’ultimatums sans lendemain, Bruxelles a décidé de taper du poing sur la table. Pour une raison principale : l’urgence sanitaire. Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié au début du mois, rappelle que la pollution de l’air tue environ 500 000 personnes en Europe chaque année, dont 48 000 en France.

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                Hidalgo attaque le « permis de polluer » de la Commission devant la justice européenne



La Commission reproche aux Etats cancres des dépassements répétés des valeurs limites de (NO2) pour la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni et de particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres) pour l’Italie, la Hongrie et la Roumanie.
Cette décision n’est pas une surprise pour le gouvernement. La France est dans le viseur de Bruxelles depuis près de dix ans pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air. La première mise en demeure remonte à 2009. D’autres ont suivi en 2010, 2011, 2013, 2015 et 2017.
A chaque fois, le législateur européen martelait les mêmes griefs : « La France n’a pas pris les mesures qui auraient dû être mises en place depuis 2005 [pour les PM10, et 2010 pour les NO2] pour protéger la santé des citoyens, et il lui est demandé d’engager des actions rapides et efficaces pour mettre un terme aussi vite que possible à cette situation de non-conformité. » Et à chaque fois, il brandissait la même menace : « Si la France n’agit pas dans les deux mois, la Commission peut décider de porter l’affaire devant la Cour de justice de l’UE. »

   


« Les mesurettes ne suffiront pas »
Le 30 janvier, le commissaire à l’environnement européen, Karmenu Vella, avait convoqué le ministre de la transition écologique français, Nicolas Hulot, et ses collègues européens à un sommet de la « dernière chance » à Bruxelles. « Nous sommes à la fin d’une longue période — trop longue diront certains — d’offre d’aide, de conseils et d’avertissements », avait tonné M. Vella avant de leur accorder un ultime délai (mi-février) pour présenter des plans d’actions susceptibles de réduire la pollution de l’air dans les meilleurs délais.

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                Enfin une norme pour limiter le CO2 des camions



Enjoint également par le Conseil d’Etat de transmettre un tel plan à la Commission avant le 31 mars, M. Hulot avait présenté le 13 avril les « feuilles de route » des quatorze zones concernées par des dépassements des normes : Ile-de-France, Marseille, Nice, Toulon, Lyon, Grenoble, Saint-Etienne, Valence, vallée de l’Arve, Strasbourg, Reims, Montpellier, Toulouse et la Martinique.
Sans mesures radicales, et se contentant souvent d’empiler des dispositifs déjà existants, ces feuilles de route ont été jugées insuffisantes par la Commission européenne. Au ministère de la transition écologique, on rappelle que la situation actuelle est « l’héritage de dizaines d’années où nous avons privilégié la voiture, le transport routier, au détriment des solutions écologiques », et on veut croire que la future loi sur les mobilités permettra de rectifier le tir et de « sortir au plus vite de ce contentieux ». 
Les mesures « antipollution » du projet de loi devraient être présentées en juin. « Il prévoit notamment des financements pour accompagner le déploiement de zones à faibles émissions dans les territoires les plus pollués », précise le ministère. Aujourd’hui, seules Paris et dans une moindre mesure Grenoble ont mis en place un tel dispositif sur la base des fameuses vignettes Crit’Air.
« Les mesurettes ne suffiront pas pour relever le défi sanitaire lié à la pollution de l’air. Il est très urgent de refondre structurellement la politique de transports, dans tous ses aspects : infrastructures, financements et investissements, fiscalité, gouvernance et aide au changement de comportement, estime le Réseau action climat (RAC) qui demande « l’interdiction de circuler aux véhicules diesel et essence dans toutes les agglomérations polluées d’ici 2025. » La maire de Paris, Anne Hidalgo vise une sortie du diesel d’ici à 2024, l’année des Jeux olympiques.
Seuls deux pays ont été condamnés
Dans l’entourage de Nicolas Hulot, on fait aussi remarquer que « l’argent serait plus utile pour lutter contre la pollution que pour payer des amendes ». Car la décision de Bruxelles de saisir la CJUE expose la France à une autre menace, financière. Les textes prévoient une sanction d’au moins 11 millions d’euros et des astreintes journalières d’au moins 240 000 euros jusqu’à ce que les normes de qualité de l’air soient respectées. Mais entre la saisine et la condamnation, la procédure peut encore durer plusieurs années. Prochaine étape, la CJUE prononce un arrêt en manquement. La Commission est alors chargée d’exécuter l’arrêt. Si la France est toujours dans l’incapacité de respecter la directive de 2008, la Commission saisira de nouveau la CJUE. Les juges pourront alors prononcer une condamnation financière.
Jusqu’à présent, seuls deux pays ont été condamnés par la CJUE pour avoir exposé leurs citoyens à un air trop pollué : la Pologne, en février, et la Bulgarie, en avril 2017. Mais pour l’heure, ils ont échappé à une amende, ce qui pourrait aussi être le cas de la France. En 2013, elle avait été condamnée par la CJUE dans un autre dossier de pollution, celui des excès de nitrates dans ses eaux, en violation d’une réglementation de 1991. Depuis, l’état de ses rivières s’est légèrement amélioré et la menace d’une amende s’est dissipée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ En 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois sacré.
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Compte rendu

En Tunisie, des associations réaffirment le droit de ne pas jeûner pendant le ramadan

En 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein mois sacré.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-05-17T11:54:45+02:00"

        Le 17.05.2018 à 11h54






    
Au marché central de Tunis, lors du premier jour du ramadan, en juin 2014.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


En Tunisie, un collectif d’associations de défense des droits humains a appelé dans une lettre ouverte les autorités à protéger « la liberté de conscience et de religion » en autorisant à manger ou fumer en public durant le ramadan, qui débute jeudi 17 mai. Chaque année, en vertu de textes flous sur l’outrage aux bonnes mœurs et de circulaires remontant à plusieurs dizaines d’années, des Tunisiens sont arrêtés pour avoir mangé ou fumé durant le jeûne.
Interrogé l’an dernier par une députée sur une circulaire de 1981 ordonnant la fermeture des cafés durant le ramadan, le ministère de l’intérieur avait répondu par un courrier ambigu, selon une copie datée de novembre ayant circulé ces derniers jours dans les médias tunisiens. Le ministère y justifiait la fermeture des cafés par le risque de choquer les jeûneurs et de provoquer des attentats, tout en assurant qu’il n’y avait pas de poursuite contre les cafés ouvrant dans la discrétion ni contre ceux qui mangent en public.

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                Ces Tunisiens qui aimeraient dé-jeûner en paix



Déplorant le « déni » du ministère de l’intérieur sur les arrestations de non-jeûneurs, les organisations appellent les autorités à « faire cesser toutes les atteintes aux libertés individuelles ». Les signataires, dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme, l’Association tunisienne des femmes démocrates et diverses associations de défense des minorités, ont déploré, « à l’approche de ramadan, […] l’augmentation des menaces contre la liberté de conscience, de religion, d’opinion et d’expression ».
Hashtag #fater
Dans cette lettre ouverte adressée au président Béji Caïd Essebsi, au Parlement, au chef du gouvernement, Youssef Chahed, ainsi qu’au pouvoir judiciaire, les organisations soulignent qu’elles sont prêtes à saisir la justice pour « faire respecter » ces libertés garanties par la Constitution de 2014. Diverses autres associations ont également appelé au respect de la liberté de conscience.
Aucune loi n’interdit de manger ou boire en public en Tunisie durant le ramadan, mais, face aux contrôles récurrents, cafés et restaurants ferment ou dissimulent leur vitrine durant la journée. Sous le hashtag #fater, des non-jeûneurs échangent sur les réseaux sociaux des informations sur les lieux qui restent ouverts.

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Le rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion, Ahmed Shaheed, a loué le mois dernier la « vision progressiste » de la Tunisie, tout en notant la persistance de « restrictions », citant notamment l’arrestation de non-jeûneurs durant le ramadan. En juin 2017, cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public en plein ramadan.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les Vingt-Huit étaient réunis en sommet, jeudi à Sofia, avec les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et du Kosovo.
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L’Union européenne propose aux pays des Balkans de coopérer, faute d’adhérer

Les Vingt-Huit étaient réunis en sommet, jeudi à Sofia, avec les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du Monténégro, de la Macédoine et du Kosovo.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h10
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Sofia, envoyé spécial)








                        



   


L’Iran, Gaza, le commerce, la relation avec Washington et… les Balkans occidentaux. Au grand dam des six pays concernés, le thème censé être le principal du sommet qui se tenait jeudi 17 mai, à Sofia, a évidemment été éclipsé par de brûlantes questions d’actualité. C’était pourtant un moment très attendu – depuis quinze ans – par ces pays qui patientent à la porte de l’Union et s’efforcent de croire que tous leurs partenaires européens sont sur la même ligne que le président du Conseil, Donald Tusk. Lequel les assure que leur « choix géostratégique » doit rester celui de l’Europe communautaire.

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Arrivant jeudi matin au Palais de la culture de la capitale bulgare, une majorité de chefs d’Etat et de gouvernement s’est évidemment efforcée de rassurer les dirigeants de l’Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine et le Kosovo.
On leur promet des mesures de soutien, un plan de « connectivité » destiné à faciliter les échanges entre eux ainsi qu’entre eux et l’Union, un intérêt accru pour les défis migratoire et sécuritaire auxquels ils sont, eux aussi, confrontés, etc.
On leur trace également une « perspective européenne », sans laquelle, prophétisait récemment Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, de Bruxelles, « nous allons revivre tous les malheurs que nous avons connus pendant les années 1990 ». A savoir des guerres qui avaient aussi souligné la faiblesse de l’Union, laquelle allait, pour tenter de se rattraper et de redorer son image, procéder ensuite à une vague d’élargissements mal préparés.
« Il faut plus de stabilité et de sécurité »
Cette fois, il n’est cependant plus question d’adhésion au bloc européen dans les communiqués. « Ce n’est pas un sujet pour Sofia », avait insisté l’entourage de M. Tusk. Oubliée, la promesse formulée… en 2003, à Thessalonique, en Grèce.
Officiellement, parce que le sujet est pour le moins prochain : c’est en juin que les Etats membres devront dire s’ils se rangent, ou non, à l’avis de la Commission, qui suggérait, à la mi-avril, d’ouvrir des négociations d’adhésion avec l’Albanie et l’Ancienne république yougoslave de Macédoine (ARYM). Le Monténégro s’est vu, lui, octroyer le statut officiel de candidat en 2010, la Serbie en 2012.

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Pourront-ils être intégrés en 2025, comme le leur promet M. Juncker ? Ce n’est pas certain. Parce que beaucoup de dirigeants ont tiré les leçons des dernières vagues d’élargissement, estimant qu’elles ont plombé le projet européen. Parce qu’ils mesurent l’hostilité de leur opinion, surtout à un an d’un scrutin européen qui pourrait voir, dans de nombreux pays, la montée des courants populistes, eurosceptiques ou europhobes. Parce qu’ils estiment qu’avant d’intégrer de nouveaux membres, l’UE doit se réformer en profondeur.
« Chacun aura sa chance d’être admis s’il respecte les conditions nécessaires », nuançait jeudi matin la présidente lettone, Dalia Grybauskaité. « Le canal du dialogue doit rester ouvert, mais il faut plus de stabilité et de sécurité », souligne le premier ministre belge, Charles Michel.
Le président Macron est le plus explicite : certes, « l’ancrage » des Balkans occidentaux à l’Europe est nécessaire, dit-il, mais au cours des quinze dernières années, le fonctionnement de celle-ci a été « affaibli ». Ce ne serait donc pas lui « rendre service », pas plus qu’aux pays concernés, que d’évoquer une entrée prochaine de nouveaux membres. « Ni laxisme, ni hypocrisie », préconise le président.
Tensions et différends
Les dirigeants des pays des Balkans avaient tenté, au cours des dernières semaines, de multiplier les contacts diplomatiques et médiatiques pour défendre leur cause. Conscients, toutefois, que la liste des problèmes à régler entre eux, ainsi qu’entre eux et des pays membres de l’Union, complique singulièrement leur tâche.
Au premier rang des questions en suspens, les tensions entre la Serbie et son ancienne province du Kosovo. L’Espagne, la Grèce, Chypre, la Slovaquie et la Roumanie n’ont jamais reconnu la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, en 2008. Mariano Rajoy, le chef du gouvernement de Madrid, avait d’ailleurs décidé de rompre l’unité de façade en renonçant à l’idée être présent à ce sommet de Sofia.
La Grèce est, elle, toujours engagée dans un différend avec la Macédoine, à laquelle elle refuse l’utilisation d’une dénomination semblable à celle de sa province du nord. Le premier ministre grec, Alexis Tsipras, devait rencontrer son homologue macédonien, Zoran Zaev, jeudi en marge de la réunion. Les deux pays poursuivent des négociations censées déboucher sur un compromis qui permettrait un déblocage du processus d’adhésion, en juin.

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« S’ils n’y arrivent pas, cela pourrait nous aider », commente anonymement un dirigeant. Sous-entendu : la persistance d’un désaccord renverrait à plus tard une réponse à la suggestion de la Commission sur le lancement du processus d’intégration et éviterait aussi de trancher la question de l’Albanie.
Rôle accru de la Russie, de la Chine et de la Turquie
Les hésitations de beaucoup sont, en revanche, tempérées par un constat : trop de prudence des Vingt-Huit à l’égard de ces voisins proches pourrait aussi bénéficier à la Russie, la Chine ou la Turquie, qui entendent toutes jouer un rôle accru dans la région et contester, notamment, la prépondérance économique de l’Union. Celle-ci truste 73 % des relations commerciales des six pays concernés.
Les conclusions du Sommet n’évoquent, en tout cas, pas la question de l’influence russe, sauf pour souligner la nécessité d’une coopération avec l’Union « contre la désinformation et d’autres activités hybrides ».
Les dirigeants européens se rassurent quant à la possibilité de retarder encore les échéances en constant la faiblesse de la présence économique russe dans la région. Ou le fait que les partis prorusses n’ont pas réussi à conquérir le pouvoir au Monténégro – un pays membre de l’OTAN depuis 2017 –, tandis qu’ils l’ont perdu récemment en Macédoine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’accord avec Téhéran « n’est pas parfait », mais les Européens veulent y rester, a assuré Angela Merkel, jeudi lors d’un sommet à Sofia.
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Les Européens décidés à tenir tête à Trump sur l’accord nucléaire iranien

L’accord avec Téhéran « n’est pas parfait », mais les Européens veulent y rester, a assuré Angela Merkel, jeudi lors d’un sommet à Sofia.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 09h36
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 17h22
    |

            Jean-Pierre Stroobants (envoyé spécial à Sofia) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le sommet de Sofia, mercredi 16 et jeudi 17 mai, initialement consacré à la relation avec le sud des Balkans, devait être l’occasion pour les Européens de marquer leur fermeté face à un président Trump qui, en répudiant l’accord sur le nucléaire iranien, en menaçant d’imposer leurs exportations d’acier ou d’aluminium ou en étant sorti de l’accord de Paris, ne tient compte ni de leur avis ni même de leurs intérêts économiques et géopolitiques.
Au moins face aux caméras, les Européens ont réussi à afficher leur détermination. Les propos liminaires, caustiques et fort peu diplomatiques, du président du Conseil, le Polonais Donald Tusk, donnaient le ton : « Lorsqu’on regarde les dernières décisions du président [américain], on pourrait même se dire qu’avec de tels amis, pas besoin d’ennemis. Mais honnêtement, l’Europe devrait être reconnaissante envers le président Trump car, grâce à lui, toutes nos illusions ont disparu. »
Les Vingt-Huit s’en sont tenus aux grands principes : « On ne cède pas face à Trump. » Mais jusqu’où ira leur détermination quand il s’agira de prendre des décisions concrètes et brutales contre les Etats-Unis ?
Iran : comment protéger les entreprises européennes
Sur l’Iran, les pays de l’UE conviennent que l’accord sur le nucléaire « n’est pas parfait » mais qu’il faut le préserver, a déclaré, jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel. « Chacun dans l’UE partage le point de vue que l’accord n’est pas parfait, mais que nous devrions rester dans cet accord et poursuivre des négociations avec l’Iran sur d’autres sujets, comme les missiles balistiques », a-t-elle dit devant la presse.
« Nous allons oeuvrer pour maintenir le cadre de l’accord de 2015 quelles que soient les décisions américaines », a déclaré de son côté le président français Emmanuel Macron.
Mercredi soir, la discussion avait été d’ordre « stratégique », selon une source du Conseil. L’urgence, réitérée à Sofia, est de prolonger l’existence de l’accord de 2015. Les dirigeants de l’Union multiplient les initiatives et entendent prouver la capacité d’autonomie diplomatique de l’UE. Ils ont proposé une nouvelle réunion, à Vienne, la semaine prochaine.
Un projet aussitôt encouragé par le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, confirmant que Moscou entend jouer un rôle clé dans ce dossier. La rencontre devrait rassembler tous les signataires de l’accord, hormis les Etats-Unis.
L’Union défendra l’accord tant que Téhéran s’engagera à en respecter toutes les clauses. Elle entend bien évoquer parallèlement — mais pas en même temps — la question du programme iranien de missiles balistiques, comme le rôle de la République islamique d’Iran en Syrie, au Yémen et au Liban.

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Total en quête d’une dérogation
Enfin, elle veut protéger ses compagnies actives en Iran d’un projet de sanctions américaines. Les chefs d’Etat ont entendu Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, évoquer l’éventualité d’appliquer la loi « de blocage », un règlement instauré par les Européens en 1996 pour les protéger de possibles sanctions extraterritoriales américaines.
La France, partisane de la plus grande fermeté à l’égard de Washington, défend aussi la révision de ce règlement européen. Mais cet outil juridique tient davantage de l’argument de négociation vis-à-vis de Washington que du vrai bouclier contre des sanctions américaines.
Total, engagé dans un projet à 1 milliard d’euros en Iran, a confirmé, mercredi, vouloir se retirer du marché en l’absence d’une dérogation des Etats-Unis le préservant du retour des sanctions américaines.
Interrogé à ce sujet, jeudi, Emmanuel Macron n’a pas voulu « commenter telle ou telle décision », mais a déclaré que « les entreprises, en particulier les entreprises internationales qui ont des expositions dans de nombreux pays, font des choix qui leur sont propres en fonction des intérêts qui sont les leurs ».
« Ce qui est important, c’est que les entreprises de taille moyenne intermédiaire qui sont peut-être moins exposées à des marchés américains ou autres puissent faire ce choix librement », a-t-il ajouté.
« Les moyens sont là, nous les utiliserons. Mais il ne faut pas se voiler la face, ils sont limités », a reconnu M. Juncker. Pour vraiment préserver les intérêts économiques européens en Iran, la France pousse à la création de canaux de financement alternatifs aux banques, évitant aux entreprises des transactions en dollars. Une manière très ambitieuse, trop peut-être : elle n’a pas été au cœur des discussions mercredi à Sofia.
Taxes américaines : pas question de « discuter avec un pistolet sur la tempe »
Concernant les taxes commerciales, les Vingt-Huit se sont rangés derrière la Commission, insistant sur le fait qu’il n’était pas question de « discuter avec un pistolet sur la tempe ». Pas question de céder à Trump, obsédé par les barrières tarifaires sur les exportations de voitures américaines en Europe : s’il veut un geste des Européens, il doit d’abord abandonner ses menaces sur leur acier et leur aluminium.
Dans ce cas, eux seraient prêts à parler d’une éventuelle réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), voire de discuter du niveau des taxes sur les voitures, mais dans le cadre d’un accord commercial, et en échange d’un accès aux marchés publics américains.

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Liste de produits améticains à taxer
La Commission a préventivement préparé une impressionnante liste de produits américains à taxer en manière de représailles si les taxes devaient s’appliquer au 1er juin. Elle devait d’ailleurs la notifier formellement à l’OMC vendredi 18 mai.
Mais ces derniers jours, certains doutaient qu’elle en viendrait à appliquer ces mesures dans leur intégralité le jour J. Surtout si le président Trump se contente de décréter unilatéralement des quotas d’exportation. « Il faudra qu’Allemands et Français tiennent la distance », souligne un diplomate.

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Si tous les Européens partagent désormais, sans toutefois le dire aussi brutalement, le constat de M. Tusk, certains, comme les Français, restent partisans de la plus grande dureté, au motif que le président Trump n’entendrait que la force. Tandis que l’Allemagne, première économie exportatrice de l’Union, est davantage tentée par les compromis.
« Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons ces jours-ci, les relations transatlantiques sont et resteront d’une importance capitale », a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel, mercredi en arrivant à Sofia.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le président Alpha Condé a promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder à un « grand remaniement ministériel ».
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Compte rendu

En Guinée, le gouvernement de Mamady Youla démissionne

Le président Alpha Condé a promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder à un « grand remaniement ministériel ».


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 17.05.2018 à 17h44

     •
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        Mis à jour le 17.05.2018 à 17h47






    
Le premier ministre Mamady Youla au moment de sa prise de fonction le 29 décembre 2015, à Conakry.
Crédits : CELLOU BINANI / AFP


Le premier ministre guinéen Mamady Youla a présenté jeudi 17 mai la démission de son gouvernement, deux mois après la promesse du président Alpha Condé de procéder à un « grand remaniement ministériel » et après une série de grèves et de manifestations, dont certaines meurtrières. « Le premier ministre Mamady Youla a présenté sa démission et celle de tout le gouvernement », a déclaré devant la presse le ministre d’Etat et porte-parole de la présidence, Kiridi Bangoura.
Cette démission a été acceptée et le gouvernement sortant sera chargé « d’assumer la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement ». Le 8 mars, après des semaines de manifestations organisées par les syndicats d’enseignants pour réclamer des augmentations de salaires et par l’opposition pour contester le résultat des élections locales du 4 février, le chef de l’Etat avait été hué par des centaines de femmes pendant une cérémonie organisée à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

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Alpha Condé, opposant historique arrivé au pouvoir en 2010, avait promis de se mettre à l’écoute « de la majorité silencieuse » et de procéder ensuite à un « grand remaniement ministériel » afin de « mettre des ministres qui sont à l’écoute de la population et qui s’occupent de leurs programmes ».
Boycott du « dialogue interguinéen »
Le conflit dans l’enseignement a pris fin quelques jours plus tard, après un accord sur les salaires, mais l’opposition conteste toujours la victoire aux élections locales du 4 février du parti au pouvoir, le RPG, face à l’UFDG de l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.
Début avril, l’opposition avait suspendu ses manifestations de rue afin d’entamer un dialogue avec le pouvoir. Dénonçant le manque de volonté politique de la mouvance présidentielle, elle a organisé une nouvelle journée « ville morte » à Conakry lundi.

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Après l’intervention mardi des ambassadeurs notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne, qui ont proposé une médiation selon M. Diallo, l’opposition a annoncé mercredi une nouvelle « suspension » de ses manifestations, tout en confirmant son boycott du « dialogue interguinéen » sur le contentieux électoral.
Les deux mois de manifestations de l’après-scrutin, entachées de violences, avaient fait au moins douze morts. Selon l’opposition et les comptages de la presse et des ONG de défense des droits de l’homme, 94 opposants ont été tués en Guinée, en majorité par balle, au cours de manifestations politiques depuis avril 2011.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.
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Festival international de journalisme : faites votre choix

Rencontres, témoignages, débats, projections, gastronomie, baignade et concerts : il y en aura pour tous les goûts, à la troisième édition du Festival international de journalisme, organisé du 13 au 15 juillet dans le village de Couthures-sur-Garonne.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 15h48
   





                        


Il va falloir choisir ! Comme tout festival qui se respecte, le Festival international de journalisme, organisé par le groupe Le Monde les 13, 14 et 15 juillet à Couthures-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), contraindra ses participants à quelques choix déchirants. Un exemple, pioché au hasard dans le programme du festival : aller rencontrer Florence Aubenas (Le Monde) ou Jean-Michel Aphatie (Franceinfo), ou bien encore assister à la représentation de la pièce 50, jouée par Siriki Traoré et Mohamed Koné, deux migrants qui feront l’aller-retour depuis le Festival d’Avignon ?

Le programme complet des 3 jours est en ligne ! Tout beau , tout chaud 👍 https://t.co/l7mwwhNNjg— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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S’intéresser aux nouveaux médias avec Hugo Clément (Konbini), au rapport qu’entretient l’historien Benjamin Stora avec l’actualité, à l’avenir du vin face au réchauffement climatique, au regard de journalistes européens sur la France de Macron ou bien participer à des ateliers consacrés à la radio ou aux fake news ? Et ce ne sera pas plus simple le soir, quand il faudra choisir entre une projection en plein air d’En guerre, le film de Stéphane Brizé présenté à Cannes, un DJ-set sur la place de l’église ou une discussion en bord de Garonne et au clair de lune avec Pierre Haski, le président de Reporters sans frontières, et ses invités.
Forum à ciel ouvert
Tous les jours à partir de 10 heures du matin et jusque tard dans la nuit, le village de Couthures va se transformer en forum à ciel ouvert où l’on parlera journalisme et actualité, où les festivaliers pourront passer un quart d’heure en tête-à-tête avec Luc Bronner (directeur de la rédaction du Monde), Sophie Fontanel (L’Obs), Pierre Murat (Télérama) ou David Pujadas (LCI), où l’on refera le monde autour d’une bouteille de côtes-du-marmandais ou devant une assiette de tomates bio du pays, avant d’aller se rafraîchir en piquant une tête dans la Garonne, exceptionnellement ouverte à la baignade.

Une page pleine dans @sudouest aujourd’hui sur la prochaine édition de @FestJournalisme à Couthures-sur-Garonne (47… https://t.co/bmcZK1lm7H— JcWasner (@JC Wasner)


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Lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, journalistes, étudiants, chercheurs, vacanciers, familles et passionnés d’actualité se côtoieront pendant ces trois jours dans une ambiance bon enfant et conviviale qui est la marque de ce festival depuis sa création en 2016. Le tout sous le haut patronage de Benoît Poelvoorde, parrain du festival et artiste iconoclaste, qui viendra épicer ces trois journées de ses interventions inopinées.
Depuis le mois de janvier, un comité éditorial de dix-huit journalistes de Courrier International, du Huffington Post, du Monde, de L’Obs, de Télérama, mais aussi de médias extérieurs au groupe Le Monde, s’est attelé à concocter un programme dense et attractif autour de sept thématiques. Quatre d’entre elles font écho à l’actualité : « vivre avec les robots » ; « les chemins de l’exil » ; « après #MeToo, où sont les hommes ? » ; « vins du futur, futur du vin ». Les trois autres parlent du métier d’informer : « journalisme et politique, fatale attraction ? » ; « éducation à l’information, tout est à (re) faire » ; « journalistes, des historiens de l’immédiat ».

On en parlera bientôt à Couthures #FestJournalisme "Education à l’information : tout est à (re)faire" @rsenejoux… https://t.co/Fv9YIqdVQd— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Chacune de ces thématiques se déclinera sur trois demi-journées et sous des formes diverses : témoignages, récits, témoignages, projections, quiz… On verra les festivaliers se lancer dans l’exercice de l’entretien politique sous les yeux d’intervieweurs professionnels ou débattre ensemble de la position des médias par rapport aux migrants. Parmi les invités de ces thématiques, de nombreux journalistes, bien sûr, mais aussi des experts comme l’anthropologue Mélanie Gourarier, le biologiste Gilles-Eric Séralini ou le psychiatre Serge Tisseron et des représentants de la société civile (Cédric Herrou) et du monde politique (Aurore Bergé et Alexis Corbière).

Venez discuter robots et #IA  avec @SergeTisseron @rozieres @CathVince au #festijournalisme à Couthures… https://t.co/VAWhZGVJ5u— FestJournalisme (@Festival international de Journalisme)


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Soyons clairs : il ne s’agit pas de se lancer dans un exercice de trois jours d’autojustification corporatiste, mais bien d’appuyer sur la touche « pause », en ce début d’été, pour se poser ensemble les bonnes questions – y compris celles qui fâchent – sur l’exercice du métier de journaliste et les dérives de l’information, dans une période où les questionnements et les remises en cause ne manquent pas. D’où la présence à Couthures de personnalités dont les journalistes du groupe Le Monde ne partagent pas forcément les points de vue et analyses.
Relation directe entre festivaliers et intervenants
A côté de ces thématiques, de nombreuses propositions seront faites aux festivaliers. Comme le principe de festival est de favoriser la relation directe, tous les intervenants du jour et les festivaliers seront invités à venir échanger à l’heure de l’apéro en bord de Garonne. Un speed dating quotidien permettra de passer un quart d’heure en tête-à-tête avec le journaliste de son choix. La librairie éphémère du village proposera des séances de dédicaces avec les auteurs présents.
Au kiosque international, animé par le quotidien suisse Le Temps et par Courrier international, on évoquera le regard porté par la presse internationale sur la France et les journalistes français. Côté performances, le collectif d’artistes bordelais De Méche investira le village. On pourra découvrir également le travail du photographe turc Cagdas Erdogan, dont la présence est espérée malgré son procès à venir le 1er juin.

La France et les journalistes français dans le miroir (parfois déformant) de la presse étrangère ? Une coproduction… https://t.co/x9SLCyeq5x— LTwerly (@Richard Werly)


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Des documentaires seront diffusés toute la journée dans l’église de Couthures, où Reporters sans frontières, association partenaire du festival, organisera une projection-débat autour du film Pentagon Papers. On parlera football avec le philosophe Jean-Claude Michéa, invité de l’Apéro du quotidien Sud-Ouest. Autres partenaires, avec les collectivités locales dont l’engagement au côté du groupe Le Monde a permis de pérenniser ce festival : France 3 Nouvelle Aquitaine, la revue Far-Ouest et l’association Colibris, qui proposera un atelier participatif sur « le web citoyen au service de la démocratie ».
Des ateliers pour tous les âges attendront les festivaliers : les enfants de la P’tite Rédac rédigeront le P’tit Monde, le quotidien du festival, alors que les adolescents, accompagnés par un journaliste de l’équipe Snapchat du Monde, réaliseront chaque jour une édition spéciale à la mode de leur application favorite. A tous, l’association Entre les lignes, qui favorise les interventions de journalistes en milieu scolaire, proposera des ateliers consacrés aux fausses informations et à la caricature, pendant que les jeunes journalistes de Radio Parleur initieront les festivaliers à leur média de prédilection.
Le soir, concerts, performances et DJ-sets prendront le relais. Ce n’est pas parce que l’on parle de choses sérieuses dans la journée qu’on n’a pas le droit de faire la fête !

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Programme détaillé, informations pratiques et billetterie sur le site du festival : www.festivalinternationaldejournalisme.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie, il explique avoir « pris la décision de [s’affirmer] tel [qu’il est], un homme trans », à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.
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Le comédien Océan annonce son changement de genre

Anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie, il explique avoir « pris la décision de [s’affirmer] tel [qu’il est], un homme trans », à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h30
   





                        



   


« Je vous demande de m’appeler Océan. » 
Jeudi 17 mai, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le comédien et humoriste anciennement connu sous le nom d’Océanerosemarie s’est confié au média en ligne Komitid. Dans une courte vidéo, le réalisateur du film Embrasse-moi ! annonce son changement de genre.

« Je vous demande de m'appeler Océan. » 

— komitid_fr (@Komitid)


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L’acteur, très engagé en faveur des droits pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et trans), s’est fait connaître il y a dix ans avec son spectacle La Lesbienne invisible. Aujourd’hui, il explique :
« Ces années de lesbienne publique m’ont beaucoup aidé à m’affirmer, à m’accepter et finalement à me diriger vers moi. (…) Il y a deux ans, après avoir compris que le masculin en moi avait toujours été contrôlé, écrasé, contenu, parce que j’avais peur de le laisser surgir, j’ai décidé que ça suffisait. J’ai compris que ce que je vivais c’était tout simplement de la transphobie intériorisée. (…) J’ai compris que j’étais épuisée d’être une femme, parce que ce n’était pas en adéquation avec qui je me sentais intérieurement. J’ai donc pris la décision de changer de genre, de m’affirmer tel que je suis, un homme trans. »

    Quand tu aimes tellement ton nouveau sweat que tu mets ta capuche à la maison. #lamourlevrai Une publication partagée par  Océan (@ocean_officiel) le 10 Avril 2018 à 3 :04 PDT 

Il poursuit en affirmant le caractère politique de ce coming-out médiatique : « Parce que je ne différencie plus la personne que je suis intimement de mon personnage public, parce que mon geste est aussi intime que politique, je n’ai plus besoin de pseudo. Je me suis enfin rassemblé. Mon nouveau prénom à la ville comme mon nom d’artiste est à présent Océan. »
Le choix de ce nouveau prénom est loin d’être anodin, ajoute le comédien, qui précise avec humour qu’il « [n’allait] pas choisir Jean-Claude ou Matteo ». « Je me suis donc allégé de ce ‘e’ final d’Océane qui féminisait et qui était un fardeau pour moi. (…) Je suis toujours la même personne, je ne romps pas avec mon passé mais j’avance. »
Début mars, l’athlète Sandra Forgues avait de la même manière révélé sa transition auprès du journal L’Equipe, devenant ainsi la première championne olympique française ouvertement transgenre.

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                La diversité LGBT en quatre portraits






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».
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Notre-Dame-des-Landes : « Nous, cinéastes, appelons à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat »

Dans une tribune au « Monde », des réalisateurs, comédiens et professionnels du cinéma, dont Adèle Haenel, Philippe Garrel ou Aki Kaurismäki, invitent à défendre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes comme « un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires ».



Le Monde
 |    17.05.2018 à 17h07
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, qui travaillons dans le cinéma, avons entendu l’appel en soutien à la ZAD dans le film Vent d’Ouest, d’abord attribué à Jean-Luc Godard puis salué comme une habile parodie. Cela nous rappelle son manifeste de 1970 intitulé Que Faire ?, dont sont tirées ces phrases très connues : « 1. Il faut faire des films politiques. 2. Il faut faire politiquement des films. »

Ces deux propositions dialectiques constituent les fondations d’un texte magnifique, qui brouille les frontières entre politique et cinéma tout en affirmant la nécessité de préciser nos positions. Car celles-ci se prennent mais ne s’additionnent pas. On ne peut pas être du côté de la police et des manifestants et manifestantes. Faire 1, c’est croire qu’il y a des vrais et des faux films. Faire 2, c’est savoir que la vérité est dans la lutte.
Alors, si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre des aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes.
Continuité dans les forces de révolte
Nous sommes au mois de mai 2018. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.
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Cannes 2018 : « Monsieur », une attirance à huis clos

Rohena Gera dénonce les inégalités sociales qui pèsent en Inde, à travers une histoire d’amour interdite entre une domestique et son patron.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h24
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


Semaine de la critique
Au plus loin de ses souvenirs, Rohena Gera garde l’image de la nourrice qui s’occupait d’elle lorsqu’elle était enfant. Une nounou qui « faisait partie de la famille et qui, en même temps, en était exclue », souligne la réalisatrice, née en Inde, où elle a grandi et vécu longtemps. Ce conflit, dont elle avoue qu’il l’a agitée toute sa vie, a inspiré son premier long-métrage, Monsieur (Sir), sélectionné à Cannes dans la Semaine de la critique.

        Lire les portraits croisés de réalisatrices, dont Rohena Gera :
         

          Elles font leurs premières armes à Cannes



A Bombay, Ratna (Tillotama Shome) est employée chez Ashwin (Vivek Gomber), fils d’une riche famille de la ville. Il ne manque de rien et traîne pourtant une forme de mélancolie qui le rend doux. Elle a quitté sa province pour échapper à l’assujettissement familial et au poids de son veuvage, une situation jugée encore taboue dans de nombreuses villes indiennes. Bien qu’instruit et respectueux, Ashwin n’échappe pas aux règles d’une tradition qui sépare les domestiques de leur patron. Ratna le sert à table et retourne prendre son repas, assise par terre, dans la cuisine. Ils échangent peu dans cet appartement où va se dérouler un huis clos dont la réalisatrice va tirer parti pour mettre en scène la séparation, cadrant l’un et l’autre de ses personnages dans des portes ou à travers des fenêtres et glissant la caméra entre deux pièces que sépare une cloison.

Une grande délicatesse
Mais dans cet espace de promiscuité où les corps ne peuvent pas toujours éviter de se frôler, naissent, à travers les silences, des sentiments contre lesquels Ratna comme Arshwin ne peuvent pas lutter. Parvenant à échanger timidement quelques phrases, puis à se parler plus ouvertement, elle va trouver en lui une source d’encouragement à ses désirs de mener une vie nouvelle ; il va recevoir d’elle une écoute qui rompt sa solitude et va l’obliger à se demander quel homme il est au sein de cette société dans laquelle il vit.
Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime
Rohena Gera filme avec une grande délicatesse ces deux êtres suspendus à un amour interdit, dont les émotions affleurent sans être prononcées. Militante, la réalisatrice ne fait pas pour autant de son héroïne une victime, préférant la montrer en train de se battre pour s’élever dans la société, en train de danser, de sortir de l’appartement pour se rendre dans sa famille à la campagne, tandis que Ashwin lui y est contraint, empêché, prisonnier de son cocon. Bombay et le monde extérieur ne lui apparaissant guère autrement, dans le film, que de la terrasse de chez lui.

   


Monsieur porte l’empreinte de la douceur et de la détermination qui émanent de sa réalisatrice. Et cette histoire d’amour qu’elle inscrit fermement dans une réalité sociale et politique dont elle espère faire bouger les lignes, dit à la fois son besoin de dénoncer le statut réservé aux femmes indiennes tout autant qu’aux laissés-pour-compte, et son envie d’espérer.

Film indien de Rohena Gera. Avec Tillotama Shome, Vivek Gomber, Geetanjali Kulkarni (1 h 39). Sur le Web : diaphana.fr/film/monsieur et www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/sir



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.
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Les villes compteront 2,5 milliards d’habitants en plus en 2050

New Delhi deviendra dans dix ans la ville la plus peuplée devant Tokyo, tandis que 43 mégapoles dépasseront les 10 millions d’habitants en 2030, selon les Nations unies.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h58
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Dans dix ans, New Delhi ravira à Tokyo le titre de ville la plus peuplée du monde, que la métropole nippone conserve depuis le milieu des années 1950. La cité indienne comptera alors quelque 39 millions d’habitants – 10 millions de plus qu’aujourd’hui ! –, tandis que la capitale du Japon plafonnera à 37 millions. Ce changement de hiérarchie n’est qu’un des nombreux bouleversements promis par l’urbanisation rapide d’une partie de la planète, selon une étude des Nations unies rendue publique mercredi 16 mai.
Le nombre de citadins est déjà passé de 751 millions en 1950 à 4,2 milliards en 2018. Le mouvement est loin d’être terminé. Alors que le pourcentage de population urbaine est aujourd’hui de 55 %, il atteindra 68 % en 2050, selon cette actualisation des projections démographiques de l’ONU. Au mitan du siècle, les villes compteront 2,5 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Un accroissement qui prendra place à près de 90 % en Afrique et en Asie. Plus précisément, trois pays seulement concentrent plus du tiers de cette explosion urbaine : l’Inde, la Chine et le Nigeria. La première devra être capable d’absorber 416 millions de citadins supplémentaires, la deuxième 255 millions, le géant africain 189 millions.

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                A Kuala Lumpur, les acteurs de la ville au chevet de l’urbanisation de la planète



Multiplication des bidonvilles
Si l’Europe, les deux Amériques et l’Océanie sont déjà très majoritairement urbanisées, le taux de population vivant en ville n’est encore que de 50 % en Asie et de 43 % en Afrique. Sur ces deux continents, l’accroissement de la population et l’exode rural se conjuguent pour faire grossir les villes à un rythme que les autorités peinent à suivre. A la clé, une multiplication galopante des bidonvilles, avec de graves risques sanitaires, sociaux et environnementaux. La difficulté est d’autant plus vive que l’essentiel de cette urbanisation se fait dans des villes moyennes, peu armées pour l’anticiper. Ainsi, près de la moitié de la population urbaine sur la planète vit dans des villes de moins de 500 000 habitants.

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                Les habitants des bidonvilles en première ligne face à l’urbanisation du monde



De façon plus spectaculaire, 33 mégapoles dépassent d’ores et déjà les 10 millions d’habitants, et il devrait y en avoir 43 d’ici à 2030, dont 15 dépasseront les 20 millions d’habitants. A cette échéance, Dacca (Bangladesh) atteindra 31 millions d’habitants, Le Caire (Egypte) en comptera 29 millions, Bombay (Inde) et Kinshasa (République démocratique du Congo) auront 27 millions de résidents chacune, Lagos (Nigeria) 24 millions, Karachi (Pakistan) 23 millions… La métropole de Paris, encore à la 26e place du classement des 30 plus grandes villes du monde en 2015 avec ses 11 millions d’habitants, en aura disparu en 2025.
Parallèlement, la population des campagnes, qui a connu une croissance modérée depuis 1950 jusqu’à atteindre 3,4 milliards de ruraux, devra atteindre un pic d’ici quelques années, avant de décliner à 3,1 milliards d’habitants en 2050.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Les Three Lions ont dévoilé mercredi la liste des 23 joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde de football dans un mini-clip de deux minutes, qui a été vu près de 2 millions de fois sur Facebook.
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Mondial 2018 : l’Angleterre casse les codes de l’annonce officielle des sélectionnés

Les Three Lions ont dévoilé mercredi la liste des 23 joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde de football dans un mini-clip de deux minutes, qui a été vu près de 2 millions de fois sur Facebook.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h52
   





                        



   


Les supporteurs de l’équipe de France de football retiennent leur souffle. Tous attendent la grand-messe du 20 heures de TF1 pour voir le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps dévoiler, jeudi 17 mai, la liste des heureux sélectionnés pour la Coupe du monde en Russie (14 juin-15 juillet).

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                Vous l’avez joué comme Deschamps : votre liste des 23 joueurs de l’équipe de France pour la Coupe du monde



Comme tous les deux ans avant un Mondial ou un Euro, le style sera très sobre, très officiel et sans grande effervescence. Mais pour les prochaines compétitions à venir, les pontes de la Fédération française de football pourraient s’inspirer de leurs homologues anglais. De l’autre côté de la Manche, ce sont les supporteurs britanniques qui dévoilent le nom des joueurs sélectionnés par l’entraîneur Gareth Southgate, dans un mini-clip de deux minutes devenu rapidement viral.
Une idée pour l’Euro 2020 ?
La vidéo débute avec deux jeunes supporteurs anglais devant le stade de Wembley à Londres « pour l’annonce officielle de la liste anglaise ». Puis la liste des noms est égrenée dans une mise en scène très rythmée et dynamique, avec des jeunes qui font les clowns en même temps qu’ils annoncent les noms tant attendus. De Danny Rose, annoncé par une jeune fille qui glisse dans la boue, jusqu’à l’attaquant Jamie Vardy, dont le nom est tagué sur un mur, en passant par l’ailier Jesse Lingard, qui surgit sur l’écran comme joueur virtuel dans une partie jouée par deux enfants.

For the nation, by the nation. The #ThreeLions’ official @FIFAWorldCup squad announcement. https://t.co/YecUWPUZfJ— England (@England)


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En vingt-quatre heures, cette vidéo virale a été vue 1,6 million de fois sur la page Facebook de la sélection et partagée plus de 20 000 fois sur Twitter. De quoi donner des idées à Didier Deschamps, ou à son successeur, pour l’Euro 2020.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés pour cette deuxième opération, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 16/05/2018
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Déblayage et nouvelles expulsions dans la « ZAD » de Notre-Dame-des-Landes

Dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés pour cette deuxième opération, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 06h05
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 18h15
    |

            Rémi Barroux et 
Julia Pascual








                        



Peu après 8 heures, jeudi 17 mai, dans la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), au nord de Nantes, les cinq squats ciblés par la nouvelle opération d’expulsion, engagée deux heures plus tôt par les forces de l’ordre, avaient été sécurisés. Une dizaine de squats doivent être expulsés au cours de cette deuxième phase d’évacuation, qui se poursuivra vendredi.
Pour cette opération, dix-neuf escadrons de gendarmerie ont été mobilisés, soit entre 1 500 et 1 700 gendarmes. Avant le début des opérations d’évacuation, environ 180 véhicules de gendarmerie s’étaient positionnés au nord de la ZAD, tandis qu’un hélicoptère la survolait.
Sept personnes en ont été expulsées. Un seul des lieux visés, dit « Le Chat teigne », était encore occupé — un homme était notamment assis sur le toit à l’arrivée des gendarmes. Aucune interpellation n’avait eu lieu à la mi-journée.
Des huissiers ont procédé à l’inventaire des biens ayant une « valeur vénale ». Comme dans le site de Piu Plu, où un huissier a enregistré la présence d’une cuisinière, d’un poêle et de livres.
Dans le courant de la matinée, des engins de la formation militaire de la sécurité civile (Formisc) ont déblayé l’axe du chemin de Suez et l’ont remblayé afin de faciliter l’accès à la zone aux entreprises de déménagement et de reconstruction, qui devaient intervenir jeudi après midi.
« Dès que tout est déconstruit, on repart »
« Dès que tout est déconstruit, on repart », a dit, à la mi-journée, le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale. « Et s’il y a reconstruction, on reviendra le lendemain », a-t-il prévenu.
Lors de la première phase d’expulsions, qui avait duré quatre jours, du 9 au 12 avril, une trentaine de sites sur quelque quatre-vingt-dix que comptait le bocage, avaient été détruits, entraînant de violents affrontements.
Jeudi matin, quelques affrontements ont eu lieu, de façon sporadique, entre gendarmes et zadistes. Le plus souvent des jets de projectiles — mottes de terre et pierres principalement —, auxquels les gendarmes ont répondu par des gaz lacrymogènes et des petits bonds offensifs pour repousser les zadistes réunis à plusieurs dizaines tout au plus.
« Gendarmerie nationale, cessez vos jets de projectiles ! », les ont souvent sommés les militaires. S’entendant systématiquement répondre en retour et en chœur des « ta gueule ! ».
« Globalement, ça fait monter le niveau de tension pour rien, expliquait le général Lizurey. L’idée c’est de toujours baisser le niveau de violence pour que le dispositif reste le plus calme possible. » Par moments, des bombes agricoles et des fusées ont été employées contre les gendarmes.
Processus de régularisation
Parmi les quatre cents personnes présentes dans l’ensemble de la zone, la gendarmerie comptait entre cent et deux cents « radicaux ». Soit beaucoup moins que lors de la première phase d’expulsions, en avril. « La donne a complètement changé », fait valoir le général Lizurey.
Un changement que les gendarmes attribuent au processus de régularisation engagé avec une partie des zadistes ayant déposé des projets.

        Lire aussi :
         

                L’avenir des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à nouveau en discussion



Signe de cette accalmie, jeudi matin, le directeur général de la gendarmerie s’est d’ailleurs rendu à la Rolandière — l’un des lieux historiques du site et l’un des QG des zadistes — peu avant 6 heures et le début de l’opération d’évacuation, pour parler avec une militante antiaéroport d’une soixantaine d’années et lui expliquer le déroulement des opérations d’expulsion.
Mercredi, les habitants de la ZAD avaient lancé un appel à leurs soutiens pour s’opposer aux destructions de lieux de vie dans la « zone à défendre ». 
Une manifestation est prévue samedi dans le centre de Nantes, avec un appel à la « reconstruction » des lieux de vie détruits dès le dimanche matin.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Dans le nord du pays, les conseils de notables, traditionnellement exclusivement composés d’hommes, s’ouvrent peu à peu aux femmes.
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Reportage

Au Cameroun, les femmes se font une place au sein des chefferies musulmanes

Dans le nord du pays, les conseils de notables, traditionnellement exclusivement composés d’hommes, s’ouvrent peu à peu aux femmes.

Par                                            Josiane Kouagheu (Ngaoundéré, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 17.05.2018 à 16h31






    
Intronisation d’une femme au conseil des notables de Banyo, dans le nord du Cameroun, le 25 octobre 2016.
Crédits : Josiane Kouagheu


Ramatou Moussa n’en revient toujours pas : « C’est quelque chose de grandiose. On n’avait jamais vu ça avant. » Plus d’un an après son intronisation, cette dame enveloppée dans une longue robe noire et blanche, la tête couverte d’un voile noir, raconte avec émotion comment elle est « entrée dans l’histoire » en devenant l’une des premières femmes notables du Grand Nord, partie septentrionale du Cameroun regroupant trois régions à majorité musulmane.
« Le jour de notre intronisation, il y avait tellement de monde ! Des autorités et même le haut-commissaire du Canada au Cameroun, se souvient l’étudiante en droit public de 31 ans. Je voyais de l’étonnement, de la fierté et de l’admiration dans le regard des autres femmes et des petites filles. Les hommes n’en revenaient pas. »

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Tout commence en octobre 2016 dans la région de l’Adamaoua. Le lamido de Banyo, Mohaman Gabdo Yaya, nomme à la surprise générale neuf femmes notables. Réputé pour son « esprit moderne », ce chef traditionnel, par ailleurs sénateur du parti au pouvoir, avait « beaucoup réfléchi à la question ». Durant des années, il s’est notamment posé celles-ci : pourquoi avoir si longtemps exclu les femmes ? Pourquoi toujours leur attribuer les « basses besognes » ? Et pourquoi leur refuser, « sans raison », le titre de notable ?
« Elles ne sont pas là pour amuser la galerie »
Au Cameroun, les notables jouent un rôle de premier plan dans les chefferies traditionnelles. Chez les musulmans, le conseil des notables, appelé « faada », prend des décisions en concertation avec le lamido. C’est à eux que revient, le plus souvent, la lourde charge de désigner le successeur du chef à sa mort. Et jusqu’en 2016, la faada avait toujours été constituée exclusivement d’hommes. Lorsqu’il a intronisé les premières femmes, le lamido Mohaman Gabdo Yaya a donc averti ses sujets : « Elles ont un rôle à jouer. Elles ne sont pas là à titre honorifique ou pour amuser la galerie. Elles sont notables, au même titre que les hommes. »
« Je suis allé à l’école avec des femmes qui étaient plus brillantes que moi, soutient l’homme, drapé dans une gandoura immaculée. Je recherche l’efficacité. Même pour leurs homologues masculins, je n’ai jamais voulu de notables qui défilent autour de moi à longueur de journée, comme à l’époque de mes ancêtres. Je veux qu’ils s’investissent dans des actions concrètes qui ont un impact sur notre société. »

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Après ce « premier pas historique », d’autres lamidos ont emboîté le pas à Mohaman Gabdo Yaya. Aujourd’hui, dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, elles sont en tout 39 femmes notables, nommées à vie, aux profils divers (étudiantes, femmes au foyer, humanitaires…). Cependant, plusieurs chefferies n’ont pas suivi le mouvement. Ce qui ne décourage pas Françoise Baba, notable et présidente de l’Association des femmes et filles de l’Adamaoua (Affada), qui milite depuis plus de dix ans pour changer les conditions de vie de ses « sœurs et filles ».
Elle a sillonné presque toutes les chefferies du Grand Nord pour convaincre les lamidos d’associer les femmes aux postes à responsabilités de leurs localités. Certains chefs ont été réceptifs à son message, d’autres lui ont fermé leur porte. Une fois, elle a même dû fuir nuitamment un village sous la menace des hommes. « Je les comprends, car durant des siècles ils étaient les seuls notables dans le Grand Nord. C’est une première pour eux de voir des femmes à ce poste. Aujourd’hui, nous essayons de leur faire comprendre qu’on ne peut plus gérer notre société sans nous », dit-elle.
Sous-scolarisation, excision, mariages précoces
Depuis leur intronisation, ces nouvelles notables ont mis un accent particulier sur l’éducation, la santé et la culture. Elles travaillent en étroite collaboration avec des associations locales implantées dans les quartiers et mènent des actions de sensibilisation sur le terrain. Dans une région où les filles sont souvent mariées avant 15 ans et où le taux de scolarisation figure parmi les plus bas du Cameroun, les défis sont énormes : lutter contre la sous-scolarisation des jeunes filles, les mariages précoces, l’excision, les violences basées sur le genre, autonomiser les femmes…

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Pour ces membres des faada, l’éducation est la clé. « Si une jeune fille est éduquée, elle saura défendre ses droits et ceux de ses enfants demain. Elle dénoncera son mari s’il la maltraite et dira non à l’excision et aux mariages précoces. Elle saura que vacciner ses enfants est une bonne chose », estime la notable Oumarou Djika, qui reçoit dans son domicile de Ngaoundéré, capitale de l’Adamaoua.
Leur atout maître : elles ont plus de facilités à entrer dans les foyers tenus par des femmes. Dans les maisons, à l’abri des regards, des épouses leur confient donc leurs problèmes et ceux de leurs enfants. « Elles savent que nous avons l’oreille du lamido et que nous pouvons les défendre contre leurs maris », explique Damarice Djondang, notable et secrétaire du lamido de Ngaoundéré.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa réclament leur indépendance, quitte à s’affaiblir, note la journaliste du « Monde », Véronique Chocron dans sa chronique.
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« L’affaire du Crédit mutuel Arkéa révèle une faille dans la gouvernance des banques mutualistes »

Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa réclament leur indépendance, quitte à s’affaiblir, note la journaliste du « Monde », Véronique Chocron dans sa chronique.



Le Monde
 |    17.05.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
17.05.2018 à 16h18
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & profits ». Les Parisiens qui circulaient jeudi 17 mai dans l’est de la capitale ont sans doute croisé la route d’une manifestation peu banale : le défilé de plus de 5 000 salariés du Crédit mutuel Arkéa, tout de rouge vêtus (la couleur du logo de la banque), marchant de Bastille à Bercy pour réclamer… leur indépendance.
Les fédérations de Bretagne et du Sud-Ouest d’Arkéa, jalouses de leur autonomie, veulent en effet rompre avec le reste du groupe Crédit mutuel. Elles entendaient le clamer haut et fort sous les fenêtres du ministère des finances pour faire pression sur le gouvernement. L’objectif ? Obtenir une disposition législative organisant la scission dans les meilleures conditions. Une cinquantaine d’élus locaux de l’ouest de la France et quelques patrons devaient se mêler au cortège.

C’est le dernier épisode de la guerre picrocholine qui mine le Crédit mutuel depuis plus de trois ans. Incessante, elle a déjà donné lieu à une multitude de procédures judiciaires, à une sanction interne, à un renversement d’alliance (le Crédit mutuel Massif central, affilié à Arkéa, veut désormais rejoindre le camp unioniste) ou à des rappels au règlement. Les superviseurs bancaires français et européen s’inquiètent aujourd’hui qu’Arkéa puisse se désaffilier de manière unilatérale du Crédit mutuel, sans avoir bouclé son projet de sortie.
Inertie des pouvoirs publics
Chacun a ses raisons. Le président d’Arkéa, Jean-Pierre Denis, veut développer une banque différente, tournée vers le financement de l’économie numérique, sans avoir à demander quitus à la structure de tête du groupe mutualiste. Dénonçant une aventure personnelle, la Confédération nationale du Crédit mutuel insiste sur le fait que l’union fait la force et qu’Arkéa dispose déjà de toute latitude pour se développer.
Que cette affaire soit jugée exaltante ou déplorable, elle soulève des questions. Elle révèle d’abord une faille dans la gouvernance...




                        

                        

