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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-1"> ¤ L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.
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Des chercheurs dévoilent deux nouvelles pages du journal d’Anne Frank

L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h23
   





                        



   


Des chercheurs ont dévoilé mardi 15 mai que deux pages du journal intime d’Anne Frank, recouvertes de papier kraft, contenaient des « blagues salaces » et des réflexions sur le sexe.
« Je vais utiliser cette page pour écrire des blagues salaces », notait-elle le 28 septembre 1942, rapporte la Maison Anne-Frank. L’adolescente juive, alors âgée de 13 ans, a rédigé quatre blagues licencieuses et trente-trois lignes évoquant l’éducation sexuelle.
« Anne Frank écrit sur la sexualité de manière désarmante. Comme toute adolescente, elle s’interroge sur ce sujet », a expliqué Ronald Leopold, directeur de la Maison Anne-Frank. Du papier kraft avait été utilisé pour recouvrir les deux pages du journal, mais la technologie de traitement de l’image a permis d’en déchiffrer leur contenu.

The @annefrankhouse , with @HuygensING and @NIODAmsterdam, today presented the hidden text on two pages covered up… https://t.co/tj5cbnTmaL— annefrankhouse (@Anne Frank House)


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Dans une phrase, elle évoque par exemple la prostitution :
« Tous les hommes, s’ils sont normaux, vont avec des femmes, des femmes comme ça les accostent dans la rue, et ensuite, ils partent ensemble. À Paris, ils ont des grandes maisons pour ça. Papa y est allé. »
Dans ces pages, l’adolescente fait également « une plaisanterie à propos d’un cocu qui retrouve un homme nu caché dans le placard de sa femme », rapporte Courrier international.
Comme le souligne le Guardian, elle aborde aussi la question de la menstruation, décrivant l’arrivée des règles chez une jeune femme comme « un signe qu’elle est mûre pour avoir des relations avec un homme, même si cela ne se fait pas, évidemment, avant le mariage ».
La jeune fille longtemps relayée en second plan
Pour Ronald Leopold, ces découvertes nous « rapprochent encore plus de la jeune fille et écrivaine Anne Frank ». Quelques mois après avoir recouvert la première inscription, « elle a souligné l’importance d’avoir une éducation sexuelle complète et de qualité, et ne pas comprendre pourquoi les adultes étaient si discrets sur le sujet ».
Pour la Maison Anne-Frank, la diffusion de ces textes se justifie par le fait que « pendant des décennies Anne est devenue un symbole mondial de l’Holocauste, et Anne “la jeune fille” a été relayée au second plan. Ces textes replacent au premier plan la curieuse et, à maints égards, précoce adolescente ».
On ignore pourquoi cette dernière avait recouvert les pages avec du papier kraft, mais à plusieurs reprises dans son récit, elle évoque la crainte que d’autres puissent lire ses écrits. Le 3 octobre 1942, elle écrit ainsi : « Papa grogne à nouveau et menace de me prendre mon journal. Horreur des horreurs, à partir de maintenant, je vais le cacher. »
Selon la fondation, Anne Frank avait « glané des informations sur le sujet de la sexualité auprès de ses parents, surtout de son père, de son amie Jacqueline et aussi dans des livres ». L’adolescente et sa famille se cachèrent à Amsterdam au cours de la seconde guerre mondiale. En 1942, la famille Frank s’était réfugiée dans une annexe secrète d’un bâtiment appartenant à la société du père afin d’échapper aux nazis.

        Lire aussi :
         

                Le casse-tête Anne Frank



L’adolescente y avait rédigé son journal, devenu l’un des récits emblématiques de l’Occupation, jusqu’à l’arrestation et la déportation de la famille, en 1944. Anne Frank est morte en 1945, à l’âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, quelques mois avant la fin de la guerre. Publié deux ans plus tard, son journal s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-2"> ¤ La grande écrivaine (1908-1986) entre dans « La Pléiade » avec ses livres autobiographiques. La romancière Camille Laurens y voit l’auteure du « Deuxième Sexe » fidèle à la littérature – et à Sartre.
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Simone de Beauvoir, féministe paradoxale

La grande écrivaine (1908-1986) entre dans « La Pléiade » avec ses livres autobiographiques. La romancière Camille Laurens y voit l’auteure du « Deuxième Sexe » fidèle à la littérature – et à Sartre.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h05
    |

                            Camille Laurens (écrivaine)








                        



                                


                            
Mémoires I et II, de Simone de Beauvoir, édité sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Eliane Lecarne-Tabone, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1584 p. et 1696 p. sous coffret, 125 € jusqu’au 31 décembre. 

« Dissiper les mystifications, dire la vérité, c’est l’un des buts que j’ai le plus obstinément poursuivis à travers mes livres. » Sans doute cette phrase, extraite de Tout compte fait, s’applique-t-elle bien au cycle mémoriel que Simone de Beauvoir a mené durant vingt-cinq ans, ressaisissant, entre 1956 et 1981, à la fois presque toute sa vie – elle était née en 1908, morte en 1986 – et une période historique riche en événements majeurs. Dans ce genre si particulier des Mémoires, qui imbrique l’intime et l’Histoire, et par lequel elle entre dans « La Pléiade », Beauvoir envisage sa vie comme « une expérience exemplaire où se refléterait le monde entier ». Elle revient à plusieurs reprises sur son exigence de transparence et d’authenticité.
Portraits tendres ou acérés
Pour autant, à quelle vérité sa mémoire, au fil des ans, s’est-elle d’abord attachée ? Qu’est-ce qui mérite d’être raconté ? Les événements, qu’elle en soit observatrice ou actrice, la maladie, la mort même sont décrits avec la minutie d’un greffier et un positivisme factuel sans faille, parfois pénible, notamment dans La Cérémonie des adieux, chronique des dernières années de Sartre. Les autres, plus ou moins proches, font l’objet de portraits tendres ou acérés. Son projet de se « jeter toute crue dans un livre », en revanche, rencontre des obstacles et le récit de soi, auto-analyse extraordinairement lucide mais jamais totalement libre, reste entravé par de multiples réserves, omissions, discrétions, recompositions.
« Toute crue », certainement pas dans tous les sens du terme. Si nous ne pouvions lire ailleurs sa correspondance avec son amant américain Nelson...




                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-3"> ¤ Les éditions Taschen publient « Murals of Tibet », un ouvrage spectaculaire, dont près de mille exemplaires sont signés par le dalaï-lama.
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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-4"> ¤ Philippe Labro avait longuement rencontré l’écrivain américain en 2006, à l’occasion de la publication en France de « Moi, Charlotte Simmons » (éd. Robert Laffont). Voici le récit qu’en a tiré l’écrivain-journaliste français, publié dans « Le Monde des livres » le 24 mars 2006.
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Tom Wolfe, vu par Philippe Labro

Philippe Labro avait longuement rencontré l’écrivain américain en 2006, à l’occasion de la publication en France de « Moi, Charlotte Simmons » (éd. Robert Laffont). Voici le récit qu’en a tiré l’écrivain-journaliste français, publié dans « Le Monde des livres » le 24 mars 2006.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 19h01
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h56
    |

Philippe Labro







                        



                                


                            

Son père était « agronomist » et dirigeait une revue bimensuelle consacrée à la terre, aux plantes et aux arbres. Le magazine s’appelait Southern Planter, publié à Richmond, en Virginie, dans ce Sud d’où il vient et dont il a conservé la caresse dans la voix, la courtoisie dans le geste, et l’ineffable distance souriante de ceux qui ont reçu, de leur histoire et de leurs ancêtres, la certitude que rien n’est certain.

Thomas Kennerly Wolfe a tout vu, tout entendu, tout répertorié, mais, lorsqu’il se souvient de cette époque, l’œil bleu acier devient indulgent, sans pourtant rien perdre de son éclat – cette acuité avec laquelle, tel Fabre et les insectes, il dissèque depuis cinquante ans les mœurs de ces myriades de microcosmes qui composent l’énigme de la société américaine. Le septuagénaire best-seller, dont chaque roman éclabousse l’establishment new-yorkais bien-pensant, retrouve, à l’évocation des jours enfuis, le ton chantant du pays natal. Il revoit son père, penché sur les feuilles de papier quadrillé jaune, scribouillant des phrases du genre : « Comment utiliser le miel le plus suave pour la conservation des germes de blé ». Deux semaines plus tard, les gribouillis paternels devenaient « de belles lettres en typo noir et blanc, quelque chose qui brillait, étonnant et clair. La magie du papier et de l’imprimé ! Alors j’ai proclamé à haute voix : “Plus tard, je serai écrivain.” » Il avait 5 ans.
Engagé comme simple reporter
Il y a quelques années, dans sa maison de week-end à Southampton, Tom m’a montré une photo. On le voit, la lippe sceptique, la dégaine insolente, portant chapeau mou et imperméable. « Je voulais ressembler aux reporters du cinéma des années fin 1930 et 1940, j’avais cette vision romanesque de types perchés sur la terrasse du gratte-ciel de leur journal, dominant le monde avant de descendre pour en fouiller les entrailles, comme Walter Winchell, le phénoménal chroniqueur des faits...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-5"> ¤ L’auteur notamment du « Bûcher des vanités » adapté au cinéma par Brian de Palma, il s’est éteint lundi à New York, à l’âge de 88 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
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Tom Wolfe, journaliste, écrivain à succès et dandy provocateur, est mort

L’auteur notamment du « Bûcher des vanités » adapté au cinéma par Brian de Palma, il s’est éteint lundi à New York, à l’âge de 88 ans.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h26
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h54
    |

            Josyane Savigneau








                        



                                


                            

Tom Wolfe, l’auteur du Bûcher des vanités, est mort lundi 14 mai à l’âge de 88 ans, à New York. Il a souvent été celui qu’on adorait détester. Pour ses propos comme pour son apparence, soigneusement étudiée. Il portait toujours un de ses trente-deux costumes de flanelle blanche, coupés sur mesure, une de ses soixante-quinze chemises de diverses couleurs. Il avait dessiné lui-même ses chaussures, faites à Londres : le matériau blanc des guêtres marié au cuir noir. Tout était calculé, jusqu’aux boutons de manchette.
Derrière tout cela, il y avait, à l’origine, un petit gamin du Sud, né le 2 mars 1930 à Richmond, en Virginie. Son père, agronome, dirigeait une revue bimensuelle consacrée à la terre, aux arbres et aux plantes. Dès qu’il a su lire, à 5 ans, le jeune Tom a proclamé qu’il serait écrivain.
Après des études à Yale et un petit boulot d’assistant camionneur, il est entré comme reporter au Springfield Union, dans le Massachusetts. Mais c’est à New York, dans les années 1960, quand il a commencé à travailler pour plusieurs quotidiens et magazines, dont Esquire, qu’il s’est fait remarquer. Il a subverti les règles traditionnelles du journalisme, et on a fait de lui l’inventeur d’un « nouveau journalisme » – mais on peut aussi appliquer ce qualificatif à des textes de Norman Mailer, de Truman Capote et de Hunter S. Thompson.
Lire aussi : Le siècle de Tom Wolfe
Nécessité de construire le reportage scène après scène
Il disait ne pas vraiment avoir défini les codes de ce nouveau journalisme, mais aimait à rappeler quelques principes. En particulier, la nécessité de construire le reportage scène après scène, « comme pour un roman », d’introduire des dialogues, de faire bien apparaître l’appartenance sociale des protagonistes. Mais le plus nouveau était l’obligation d’écrire à la première personne, « pour que tout soit vu par les yeux des protagonistes et non ceux du journaliste ».
S’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-6"> ¤ Le dessinateur, qui s’est éteint lundi à l’âge de 82 ans, fut un auteur prolifique qui multiplia les projets et les albums tout au long de sa carrière.
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Mort de William Vance, coauteur de « XIII », grand fauve de la BD franco-belge

Le dessinateur, qui s’est éteint lundi à l’âge de 82 ans, fut un auteur prolifique qui multiplia les projets et les albums tout au long de sa carrière.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h32
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

La rigueur et la fougue, la précision et la nervosité. Le dessin de William Vance ne ressemblait à aucun autre dans le domaine de la bande dessinée réaliste. Ce style si particulier a largement participé au succès de XIII, série culte de la BD européenne réalisée avec le scénariste Jean Van Hamme. William Vance, qui s’est éteint lundi 14 mai à l’âge de 82 ans, fut aussi un auteur prolifique qui multiplia les projets et les albums au cours de sa carrière, longue de quarante-cinq ans. On estime à 3 000 le nombre de planches qu’il réalisa pendant son activité. Il était, enfin, l’un des derniers grands fauves de la bande dessinée franco-belge, dont l’âge d’or se situa entre les années 1960 et 1980.
Né le 8 septembre 1935 dans la commune bruxelloise d’Anderlecht, William Van Cutsem, de son vrai nom, a commencé à travailler dans la publicité, notamment pour l’industrie pharmaceutique, avant de rejoindre le journal Tintin à l’âge de 27 ans. L’ancien élève de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles y réalisera des illustrations et des histoires courtes (scénarisées entre autres par André-Paul Duchâteau, le créateur de Ric Hochet), avant d’entreprendre sa première série, Howard Flynn, les aventures d’un lieutenant de la marine royale britannique au XIXe siècle, sur des textes d’Yves Duval. Il retrouvera ensuite André-Paul Duchâteau, et d’autres scénaristes, pour les besoins d’un western, Ringo, du nom d’un conducteur de diligences de la Wells-Fargo.
Dessin « cinématographique »
Vance est alors devenu un dessinateur confirmé, que l’on s’arrache en raison du dynamisme de son trait et de l’audace de ses cadrages. Avec Greg (le père d’Achille Talon), il crée Bruno Brazil en 1967, un agent secret inspiré de James Bond. La même année, il succède à Gérald Forton sur la série Bob Morane, l’aventurier ténébreux du romancier belge Henri Vernes : Vance dessinera les histoires les plus réussies, graphiquement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-7"> ¤ Agé de 82 ans, le dessinateur belge avait créé en 1984, avec le scénariste Jean Van Hamme, l’un des personnages les plus emblématiques de la BD contemporaine.
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William Vance, coauteur de la bande dessinée « XIII », est mort

Agé de 82 ans, le dessinateur belge avait créé en 1984, avec le scénariste Jean Van Hamme, l’un des personnages les plus emblématiques de la BD contemporaine.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h47
   





                        



   


Le dessinateur belge William Vance, coauteur de la bande dessinée XIII, est mort, lundi 14 mai dans la soirée, a annoncé Yves Schlirf, directeur éditorial des éditions Dargaud pour le Benelux. « Mon ami dessinateur William Vance est mort ce soir. (…) Tu vas me manquer fort mon vieux lion », a-t-il écrit sur Twitter. L’annonce de sa mort a été confirmée mardi matin au Monde par la maison d’édition Dargaud.

Mon ami dessinateur William Vance est mort ce soir ...
Tu vas me manquer fort mon vieux Lion...
Love ,
— YvesSchlirf (@Schlirf Yves)


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William Van Cutsem, Vance de son nom d’auteur, avait 82 ans. Né dans la région de Bruxelles le 8 septembre 1935, l’« un des derniers maîtres de la BD belge », selon le journal L’Echo, avait d’abord collaboré à partir de 1962 au Journal de Tintin. Il avait ensuite illustré dix-huit tomes de la série « Bob Morane », entre 1969 et 1979, sur des scénarios d’Henri Vernes.
Dès ses débuts, William Vance s’impose par un trait fin, précis, qu’il met au service d’un univers très réaliste. Selon le journal belge Le Soir, ses modèles sont des géants de la bande dessinée américaine, comme Burne Hogarth, le créateur de Tarzan, ou Hal Foster, le magicien du Prince Vaillant.
« XIII », la consécration
Mais William Vance est surtout connu pour avoir créé, avec le scénariste Jean Van Hamme, le personnage de la bande dessinée XIII. Dans cette série à succès, dont le premier tome a été publié en 1984, un inconnu est découvert inconscient sur une plage. Amnésique, tatoué d’un mystérieux chiffre « XIII » à la clavicule, Jason Fly découvre, au fil des épisodes et de multiples rebondissements, qu’il est au centre d’un vaste complot visant à instaurer une dictature fasciste aux Etats-Unis.
Adaptée à la télévision en 2008, la saga rencontre un succès international, et les albums se vendent à plus de 14 millions d’exemplaires. Vance en a illustré dix-huit des dix-neuf premiers tomes, entre 1984 et 2007, avant de raccrocher ses crayons en 2010, à cause de la maladie de Parkinson.
La série a ensuite continué à partir de 2011, avec cinq nouveaux albums scénarisés par Yves Sente et dessinés par Youri Jigounov. Selon Dargaud, les albums de XIII ont été publiés dans plus de 20 pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤ Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Mort de Christian Goudineau, historien et archéologue

Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 01h23
    |

Laurent Olivier (Historien et archéologue)







                        



                                


                            
L’historien de l’Antiquité et archéologue de la Gaule Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans. Né le 5 avril 1939, il avait commencé sa carrière de chercheur en 1968, année où il était à la fois sorti de l’Ecole française de Rome et entré à l’université de Provence (Aix-en-Provence), au sein de laquelle il enseignera l’archéologie des antiquités nationales jusqu’en 1984. « Vous êtes fou, Goudineau ; c’est du suicide ! », lui avait lancé son maître, le latiniste Jacques Heurgon, pour tenter de le dissuader de s’engager sur le chemin, étroit et délaissé, de l’archéologie gauloise.
Bien peu étaient conscients de la révolution qui s’annonçait dans la recherche archéologique française et personne n’imaginait encore l’ampleur qu’elle allait prendre. En l’espace d’une génération, on allait passer d’une pratique d’amateurs isolés et dénués de moyens, pour la plupart autodidactes, à une activité professionnelle, bénéficiant de financements importants, ouverte sur la recherche internationale et en particulier européenne.
Christian Goudineau l’avait-il pressenti ? En tout cas, c’est lui qui a accompagné, et en grande partie conduit, cette mutation de l’archéologie française, entre les années 1980 et 2000. Il est resté, fondamentalement, un enseignant-chercheur, combinant l’enseignement universitaire et l’encadrement de la recherche de terrain. Dès l’année suivant son entrée à l’université, il prend la tête de la direction des antiquités historiques de la Côte d’Azur, où il organise les fouilles.
Spécialiste de la Gaule
Puis, à partir de 1978, il entre au Conseil supérieur de la recherche archéologique, où il va jouer un grand rôle. A ce moment, il n’existe encore ni cadre réglementaire ni corps de chercheurs professionnels pour faire face à l’explosion des découvertes que provoque, partout sur le territoire national, l’expansion des travaux d’aménagement. Christian Goudineau contribuera à mettre en place une organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤ L’écrivain américain ne connaît de vrai succès littéraire qu’en France. Peut-être parce que ses romans dénoncent les faillites de son pays. Avec une violence redoublée dans « Pour service rendu ».
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Iain Levison : « Trump ne m’intéresse pas »

L’écrivain américain ne connaît de vrai succès littéraire qu’en France. Peut-être parce que ses romans dénoncent les faillites de son pays. Avec une violence redoublée dans « Pour service rendu ».



Le Monde
 |    13.05.2018 à 09h00
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Ce n’est pas un défi. Juste un brin de scepticisme au fond du regard. Quelque chose qui semble dire : « Vas-y. Portraiture-moi si tu peux ! Mais ne compte pas sur mon aide pour prendre la pose… » Résultat : il est bien difficile de faire une photo nette de Iain Levison. Ce grand gaillard bouge tout le temps. Ne possède ni maison, ni voiture, ni point d’ancrage fixe. Se déplace au gré de ses intuitions. Une vie d’errances et d’aventures qu’il résume d’une façon un peu lasse : « Je n’habite nulle part. » A entendre au propre comme au figuré.
Aujourd’hui, il est à Paris – vêtu d’une chemise à carreaux qui semble avoir bourlingué, elle aussi –, attablé à une brasserie du Quartier latin près de chez son éditrice, Liana Levi. Demain, il sera en Chine, dans le Zhejiang, au sud de Shanghaï, où il enseigne l’anglais. Après-demain ? Pourquoi pas en Allemagne, où il se rend souvent. « Pendant six ans, j’ai fait du “cat-sitting” près de Bielefeld, en Westphalie. C’est là que je m’approvisionne en marijuana… »
Perpétuel out­sider
Son histoire commence en Ecosse, à Aberdeen, en 1963. Mère infirmière, père médecin. Elle britannique, lui américain. Elle pauvre, lui riche. « Ils ne voulaient pas d’enfants. Ils étaient heureux avant que je naisse », note-t-il comme s’il parlait d’un autre. Bientôt, le couple se déchire et le docteur Levison retraverse l’Atlantique. Le petit Iain souffre-t-il de cet abandon ? Au contraire. « Je me rappelle avoir pensé : “Youpi ! Terminé, les disputes !” Mais je n’avais pas toutes les données en main. L’arrière-plan financier me manquait… »
L’arrière-plan, ce sont les vaches maigres. La dèche écossaise. Bouclant ses fins de mois grâce à l’aide sociale, la mère s’installe dans un quartier miteux. Des années passent. Jusqu’à ce que, coup de théâtre, les parents se rabibochent. « On est partis rejoindre mon père à Merion, près de Philadelphie. A 8 ans, je me suis retrouvé soudain dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-10"> ¤ « La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.
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Leumonde.fr, par Antoine Marchalot (épisode 101)

« La Matinale du Monde » publie tous les dimanches le strip « Leumonde.fr », d’Antoine Marchalot.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h22
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 10h52
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-11"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », l’académicien Erik Orsenna évoque les rencontres qui l’ont forgé et sa passion pour les histoires.
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Erik Orsenna : « Ma terreur, c’est de devenir fou »

Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », l’académicien Erik Orsenna évoque les rencontres qui l’ont forgé et sa passion pour les histoires.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h20
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 16h40
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

JE NE SERAIS PAS ARRIVÉ LÀ SI…
Ecrivain et académicien, Erik Orsenna, 71 ans, vient de publier Dernières nouvelles du monde, un recueil de ses « petits précis de mondialisation ». Il a par ailleurs remis en février à la ministre de la culture un rapport sur l’extension des horaires des bibliothèques, et sera, du 19 au 21 mai, l’un des invités du festival Etonnants voyageurs, à Saint-Malo.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si autant de gens ne m’avaient pas enfanté. Je suis un enfant du projet pour mes parents, qui n’ont pas arrêté de me bercer avec des histoires, et je suis un enfant de l’amitié et de la confiance. Rien n’aurait été possible sans la rencontre de trois éditeurs : Jean Cayrol, Claude Durand et Jean-Marc Roberts. Je me souviendrai toute ma vie de ce jour où, marchant avec Jean Cayrol, nous rencontrons Jean-Marc Roberts. « Regarde-le bien, ce sera ton frère », me dit Cayrol. Et ce fut le cas.
Quelles sont ces histoires que vous ­racontaient vos parents ?
Quand j’étais petit, ma mère, monarchiste, me racontait des histoires de France. C’était Saint Louis sous son chêne, Louis XI et Jean de la Balue, Marie-Antoinette… Son père, qu’elle admirait, est mort l’année où je suis né. J’étais celui qui devait faire aussi bien que lui. Elle me disait : « Tu seras écrivain et tu serviras la France. » Quant à mon père, qui a été officier de marine de réserve, il m’aidait à m’endormir en me racontant des histoires de pirates, de remorqueurs, de sous-marins. Il passait tous ses étés sur l’île de Bréhat – c’est ce qui comptait pour lui et ce qui continue à compter pour moi. Les bras de la vie, c’est comme une histoire. Il faut s’y blottir. Les histoires vous font avancer, comprendre, elles donnent du courage et réconfortent. C’est comme naviguer : dire « il était une fois », c’est hisser la voile.
Vous êtes vraiment le fruit de cette ­enfance bercée par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-12"> ¤ L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.
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La vie aquatique selon Jonathan Balcombe

L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Céline Henne (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
A quoi pensent les poissons ? La vie secrète de nos cousins sous-marins (What A Fish Knows. The Inner Lives of Our Underwater Cousins), de Jonathan Balcombe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Schiellein, La Plage, 352 p., 19,95 €.

Il n’est pas rare de voir un végétarien commander du poisson au restaurant, lorsqu’il n’a pas d’autre choix. Comme si, sur l’échelle du vivant, le poisson était un être plus proche de la carotte que du cochon. D’un autre côté, pouvons-nous éprouver la même empathie pour ces créatures si éloignées de nous sur l’arbre de l’évolution ? Cela supposerait de pouvoir imaginer ce qu’ils sentent, ressentent, pensent. C’est bien là tout le problème : dans leurs yeux globuleux, au milieu de leurs faces dépourvues d’expression, difficile de voir autre chose que du vide.

Renversant tous les préjugés, le ­livre de l’éthologue Jonathan Balcombe offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît. On ­apprend que ces animaux aquatiques ont une expérience sensorielle très développée : ils sont victimes des ­mêmes illusions d’optique que nous, ou sont capables de faire la différence entre du blues et de la musique clas­sique. Surtout, la manière dont ils voient le monde est unique. Ils jouissent de sens inconnus des créatures terrestres, tels que percevoir les modifications du champ électrique autour d’eux, grâce à des « cellules géoma­gnétiques ». Plus encore, les poissons sont des êtres doués de sensibilité et d’émotions. Capables de ressentir le plaisir et la douleur, ils sont également sujets à la colère, à la terreur et au stress, et sont soulagés par les ­anxiolytiques.

Toutes ces études scientifiques sont rapportées dans le livre, où trans­paraît l’affection de Jonathan Balcombe pour ces créatures fascinantes. Le dernier chapitre porte sur ce que l’homme inflige aux poissons,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-13"> ¤ L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.
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Peter Wohlleben, c’est trop bête

L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
La Vie secrète des animaux. Amour, deuil, compassion : un monde secret s’ouvre à nous (Das Seelenleben der Tiere. Liebe, Trauer, Mitgefühl – erstaunliche Einblicke in eine verborgene Welt), de Peter Wohlleben, traduit de l’allemand par Lise Deschamps, Les Arènes, 278 p., 20,90 €.

Les animaux sont-ils des créatures intéressantes, belles souvent, ­aimables parfois, et courageuses, et d’une sensibilité étonnante ? Oui. Et ensuite ?

Ensuite, rien. L’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller mondial La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), développe son concept. Il a désormais des révélations à nous faire sur le poussin de son enfance – « tellement mignon ! » –, sur la nature profonde de l’écureuil – « notre lutin roux » –, sur le vieillissement – « les animaux finissent eux aussi, avec l’âge, par avoir des ennuis de santé » –, sur la violence – ils « ne sont pas meilleurs que nous et peuvent se montrer d’une grande agressivité » –, sur cent autres sujets de béatitude molle, à propos desquels il réussit le tour de force de nous en enseigner moins que ce que nous en savons, quelle que soit notre familiarité avec les bêtes.
La vie des animaux, en réalité, n’est secrète que pour Peter Wohlleben. Il met, il est vrai, une belle constance à refuser tout savoir constitué. Son ­livre, qui plonge rapidement le lecteur dans la torpeur (du moins rit-on régulièrement, mais ce n’était pas au programme), ne serait d’ailleurs qu’un épiphénomène s’il ne témoignait, par son succès, d’un goût envahissant pour l’évidence grossière, pour la satisfaction moite de ressentir dans son coin, toujours préférable, dans cet univers mental, à la circu­lation des savoirs. « Me reposer uniquement sur des études ne me plaît guère, écrit-il : je préfère éprouver par moi-même la manière de penser de tel ou tel animal. »
Pourquoi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-14"> ¤ Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».
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Norin Chai : « Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux »

Vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, à Paris, Norin Chai a reçu des bêtes les leçons d’humanité qui sont au cœur de « Sagesse animale ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 08h29
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Sagesse animale. Comment les animaux peuvent nous rendre plus humains, de Norin Chai, avec Roland Portiche, Stock, 272 p., 19,50 €.
Norin Chai, né en 1969, est vétérinaire spécialiste de la faune sauvage. Son nouveau livre, Sagesse animale, mêle un état des lieux précis, fondé sur l’observation et l’expérience, à une réflexion sur « l’unité du vivant ».

« Sagesse animale », qui est d’abord la synthèse de ce que vous avez appris en vingt-cinq ans d’exercice du métier de vétérinaire spécialisé dans la faune sauvage, témoigne aussi de l’accélération spectaculaire de la recherche scientifique…
Nous sommes en effet en train de vivre une profonde mutation. Mais je ne crois pas que ce soient les recherches scientifiques qui l’induisent : c’est d’abord un changement dans la conscience que nous avons de nous-mêmes, de notre place dans le monde, de notre interaction avec les autres êtres vivants. C’est un progrès d’ordre plus spirituel, peut-être, que scientifique. Nous avons appris à voir ce que nous avons sous les yeux – l’intelligence des animaux, leurs émotions, leur personnalité… –, que nous refusions de voir. Ce n’étaient des choses ni démontrables ni répétables, de sorte qu’elles n’entraient pas dans les cases du savoir rationnel. Mais il est vrai que la science a changé. Elle accepte beaucoup plus qu’avant les connaissances empiriques. Elle nous aide désormais à percevoir autrement les émotions des animaux, à comprendre qu’elles nous renvoient les nôtres.
Vous évoquez l’un des axes de la recherche actuelle sur le comportement des animaux, la « théorie de l’esprit », qui étudie cette circulation. De quoi s’agit-il ?
Imaginons que vous adoriez les crêpes, et que je le sache. Je vous invite dans une crêperie, en pensant que vous allez être content. J’ai conscience de votre sentiment, et vous le savez. C’est exactement ce que la théorie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-15"> ¤ Emotions, sentiments, conscience… ne sont plus les propres de l’homme. Plusieurs parutions récentes proposent un bilan des nouvelles connaissances scientifiques.
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Frères animaux qui avec nous vivez

Emotions, sentiments, conscience… ne sont plus les propres de l’homme. Plusieurs parutions récentes proposent un bilan des nouvelles connaissances scientifiques.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 08h30
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Moby Dick avait peut-être quelque chose à dire au capitaine Achab. Comment savoir ? Les cachalots étaient muets au temps de Melville. Mais voilà que, après des millénaires de fréquentation silencieuse, nous avons appris à écouter les animaux, à les regarder, à les connaître pour ce qu’ils sont – ni les « machines » que l’âge classique, dans la lignée de Descartes, voyait en eux, ni des êtres propres à incarner nos symboles et nos mythes, à défaut d’exister par eux-mêmes.
Il est difficile de comprendre tout à fait pourquoi l’on a tant tardé. Les progrès scientifiques sont souvent permis, aujourd’hui, par des développements techniques, qui pèsent peu en l’occurrence : tout était là, visible à l’œil nu. Il y a, simplement, des questions qu’on ne se posait pas, et qui ont surgi. Ce n’est, par exemple, qu’en 1967 qu’on s’est intéressé au langage des vervets, petits singes d’Afrique de l’Est et australe, et qu’on a découvert qu’ils savent désigner, dans leurs appels, le léopard, l’aigle, le serpent, le babouin, tout autre mammifère prédateur, un humain inconnu, un singe dominant, un singe subordonné… ; ils sont même capables de formuler « observe autre singe » ou « vois bande rivale ». De même n’a-t-on pas saisi, pendant des siècles, que les éléphants emploient plus d’une centaine de gestes rituels pour communiquer, sans parler de leur chant, qui couvre dix octaves et leur permet, remarque-t-on quand on veut bien les observer, de tenir de longues conversations.
Un savoir qui se renouvelle à une vitesse sidérante
Ces informations, et une masse considérable d’autres, sont recueillies dans un livre décisif, Qu’est-ce qui fait sourire les animaux ?, de l’essayiste américain Carl Safina, titulaire de la chaire Nature and Humanity à l’université Stony Brook de Long Island (Etat de New York). Parue aux Etats-Unis en 2015, cette vaste synthèse des expériences et observations accumulées dans les dernières décennies, en particulier sur les éléphants,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-16"> ¤ « La Matinale du Monde » publie chaque samedi un strip de la dessinatrice Nancy Péna.
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« Le chat Madame, grand reporter », par Nancy Péna (épisode 46)

« La Matinale du Monde » publie chaque samedi un strip de la dessinatrice Nancy Péna.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h18
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤ Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.
<filname="PROF-0,2-3260,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Le théoricien de la littérature Gérard Genette est mort

Critique, créateur de la revue « Poétique » et auteur de « Figures », Gérard Genette est mort à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 11h47
    |

Patrick Kéchichian







                        



                                


                            

Grand théoricien de la littérature, praticien de la poétique, spécialiste de la théorie générale des formes littéraires – notamment narratives –, Gérard Genette est mort, vendredi matin 11 mai, a appris Le Monde de source proche de la famille. Il laisse une œuvre considérable, aux développements souvent inattendus. En effet, rien n’est moins académique ou balisé que cette réflexion qui, sans jamais se départir d’une grande rigueur, notamment terminologique, s’autorise bien des détours et l’exploration ludique de la littérature et de ses marges. Et pas seulement de la littérature, mais aussi des autres arts.
Cette liberté de ton et de thèmes offre – surtout dans la dernière étape de son œuvre – une ouverture en direction de lecteurs, amateurs éclairés certes, mais pas forcément spécialistes. Les formes rigides, ou rigidifiées, de la théorie littéraire dans la deuxième partie du XXe siècle, Genette, sans les rejeter, les vivifiait avec un art et une inspiration qui étaient ceux d’un écrivain à part entière. Au même titre que Roland Barthes, Jean-Pierre Richard ou Jean Starobinski – chacun selon des voies propres –, il manifestait la part créative sans laquelle les études littéraires et la critique perdent leur âme et leur vigueur.
Né à Paris en 1930, Gérard Genette était le fils d’un ouvrier qualifié en textile. « Mon père officiait, à la lisière du Sentier, rue Jussienne… » Il passa son enfance et son adolescence à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Condisciple de Jacques Derrida à l’Ecole normale supérieure à partir de 1951, agrégé de lettres, il enseigne d’abord (comme Derrida) en classe préparatoire au lycée Montesquieu du Mans, avant de devenir, en 1963, l’assistant de Marie-Jeanne Durry, professeure de littérature française, à la Sorbonne. Quatre ans plus tard, soutenu par Roland Barthes, il est nommé maître de conférences à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, puis directeur d’études jusqu’à sa retraite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-18"> ¤ Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.
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Un garçon de bureau idéal

Dessin par dessin, Gaston met en lumière les vertus de la paresse dans le monde du travail.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 10h41
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 12h49
    |

            Pierre Jullien








                        



                                


                            

Les horaires, il ne connaît pas :
– « C’est à cette heure-ci que vous arrivez, hmm ? !!
– L’ascenseur était en retard. »
Le travail ? Après la sieste :
– « Gaston, qu’avez-vous ? A l’aide ! J’appelle un médecin… Souffrez-vous ?
– En voilà des histoires parce que je m’endors !… »
Le surmenage ? Pas de risques :
– « Gaston ! Je l’ai enfermé hier soir dans les bureaux. Pauvre garçon ! Quelle nuit mortelle !! Ma parole ! Ce phénomène ne s’est pas rendu compte !
– Zzzzzzz… C’est vrai ce que tu me dis ? Toute la nuit ? Note vite ça aux heures supplémentaires ! »
Le non-conformisme de Gaston Lagaffe dynamite l’entreprise, explose ses codes et incarne le salarié qui ne stresse jamais. Malgré son absence de productivité, ses talents pour la procrastination, ses capacités de destruction, sa bienveillance maladroite, ses inventions – qui relèvent d’une R&D de terrain - censées améliorer les conditions de travail de chacun, mais qui menacent l’intégrité physique de ses chefs et collègues caricaturés à l’extrême, Lagaffe n’est pas licencié, allant s’attirer même la bienveillance de ces derniers quand leur patience n’est pas poussée à bout.
Les coulisses de l’entreprise
Les « exploits admirables de notre héros sans emploi », selon Fantasio dans le volume 1, illustrent les coulisses de l’entreprise, les rapports hiérarchiques qui l’animent, fouillent dans les détails le quotidien du monde du travail et suggèrent que la paresse est un signe d’intelligence, l’élevant au rang de vertu !
Franquin décrit ainsi une vie de bureau dans une drôle d’entreprise où tout est permis, où le travail est désacralisé… dans une bande dessinée intemporelle qui en fait le succès depuis plus de soixante ans. Ce dont témoignent des « hors-séries » récents en pagaille (Télé 7 jours, Méga Spirou, Philosophie magazine, etc.), un film (sorti le 4 avril), une exposition à la Cité des sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-19"> ¤ Tous les vendredis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn », signée Eric Salch.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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« Pop Corn », par Salch (épisode 33)

Tous les vendredis, « La Matinale du Monde » publie en exclusivité un strip de la série « Pop corn », signée Eric Salch.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 07h05
   





                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3260,1-0,0-20"> ¤ L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.
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Edouard Louis : « Empêcher le lecteur de détourner le regard »

L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.



Le Monde
 |    10.05.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 06h44
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            

Sous le tee-shirt siglé Harvard (il rentre de plusieurs mois aux Etats-Unis), le corps d’Edouard Louis est celui, sec et musclé, d’un homme de 25 ans appartenant désormais à la catégorie aisée de la population, attentive à ce qu’elle mange.
Nos corps parlent de nos conditions d’existence ; dans les classes populaires, ils peuvent aussi raconter l’effet de décisions politiques. C’est ce que Qui a tué mon père (Seuil, 96 p., 12 €) s’attache à montrer, à travers l’histoire du géniteur de l’auteur, détruit par le travail – né en 1967, il a eu le dos broyé lors d’un accident à 35 ans – et par les conséquences de réformes telles que celle transformant feu le RMI (revenu minimum d’insertion) en RSA (revenu de solidarité active), pour encourager le retour à l’emploi – il lui a fallu accepter un travail de balayeur en dépit de ses souffrances.
Qui a tué mon père, comme son titre sans point d’interrogation l’indique, n’est pas une enquête, mais un réquisitoire. Les scènes qui le composent entrecroisent souvenirs d’Edouard Louis à propos de cet homme si mal connu, et évocation de choix politiques opérés sous les gouvernements de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande, qui ont eu des conséquences directes sur sa vie, et au fil desquels l’auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule (Seuil, 2014) compose une nouvelle « histoire de la violence », pour reprendre le titre de son deuxième ouvrage (Seuil, 2016).
D’où vient ce livre ?
Après la publication d’En finir avec Eddy Bellegueule et d’Histoire de la violence (Seuil, 2014 et 2016), j’ai commencé à revoir mon père. On ne s’était pas vus depuis des années, non pas à cause d’un événement en particulier mais à cause de la distance sociale, de la distance de classe, qui s’était instaurée entre nous. J’étais étudiant en sociologie et en philosophie à Paris, il n’avait jamais pu étudier, le système scolaire l’avait chassé à 14 ans,...




                        

                        

