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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Fable stylisée, le film de Deniz Gamze Ergüven conte le combat de guerrières amazones que leur famille a décidé d’enfermer dans une cage pour brider leur sexualité (sur Arte à 20 h 55).
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TV – « Mustang » : cinq Grâces indomptables face au patriarcat

Notre choix du soir. Fable stylisée, le film de Deniz Gamze Ergüven conte le combat de guerrières amazones que leur famille a décidé d’enfermer dans une cage pour brider leur sexualité (sur Arte à 20 h 55).



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h45
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Arte à 20 h 55

La question du statut des femmes dans les sociétés traditionalistes donne lieu depuis quelques décennies à un vigoureux combat cinématographique, embrassé notamment, mais pas seulement, par des réalisatrices. Considérés du point de vue d’un spectateur laïque, ces films reconduisent un débat réputé clos.
Le fait qu’il ne le soit pas – y compris en France, où il prend de l’ampleur – n’entame pas la sensation d’une répétition ad libitum du même thème, avec les mêmes figures et selon les mêmes modalités. Il faut donc faire preuve d’un certain talent pour se démarquer.
C’est le cas de Deniz Gamze Ergüven dans Mustang, son premier long-métrage. L’apport de la jeune cinéaste à la question est d’emblée signifié par le titre du film, dont on ne voit pas à quoi d’autre il pourrait renvoyer : Mustang aura la beauté, la fierté et l’impulsivité de l’animal qui porte ce nom.
Cinq jeunes filles, cinq sœurs liées comme les doigts de la main, se chargent ici de recevoir cette onction, qui tient lieu de scandale dans l’environnement qui est le leur. Trop belles. Trop libres. Trop sensuelles. Trop fières. A charge pour la famille, relais d’une société coercitive, de les dompter. L’action commence en fin d’année scolaire, dans un village côtier et isolé, loin de la capitale.
A peine sorti de l’école, un groupe de garçons et de filles en uniforme se rue vers le rivage ensoleillé, où tous s’ébrouent tout habillés dans la mer qui leur tend les bras, les filles montées sur les épaules des garçons.
Tancées, menacées, surveillées
Cela leur coûtera cher. A leur retour dans la maison familiale, la rumeur d’une conduite immorale, l’entrejambe des filles ayant touché la tête des garçons, s’est déjà répandue. Elevées par une grand-mère aimante mais aliénée à l’ordre patriarcal et par un oncle vociférant, les cinq Grâces sont illico bouclées, tancées, menacées, surveillées. Bonnes à marier, elles ne reverront pas l’école. De l’aînée à la cadette, une à une, elles font l’objet d’une alliance avec une famille voisine. Mais les filles ne se laissent pas si facilement faire. A l’obscurité, elles opposent leur lumière ; à l’immobilisme, leur prestesse ; à la grisaille, leur chatoiement ; à la rigueur, leur alanguissement. Le film est l’histoire charnelle, et aussi, bien sûr, morale, de cette lutte. Mais plus elles ruent dans les brancards, plus les barreaux, les restrictions et les robes « couleur de merde » envahissent la maison.

   


De sorte qu’au-delà de l’intrigue – qui tient un peu du conte et souffre parfois de sa dimension allégorique – l’enjeu du film est surtout esthétique. Si les filles sont si belles – et elles le sont à un degré rendu supérieur par la cinéaste qui les filme –, c’est bien parce que leur enfermement doit être perçu comme une offense à la beauté. Si elles sont si gracieuses, c’est bien parce que leur assujettissement doit humilier cette qualité si rare et si précieuse. Le choix de ces armes est a fortiori celui du cinéma, et c’est en quelque sorte de bonne guerre que la réalisatrice ne se prive pas de les employer.
Mustang, de Deniz Gamze Ergüven. Avec Günes Sensoy, Doga Zeynep Doguslu (Fr.-Turq.-All., 97 min). Le film sera suivi, à 22 h 30, du documentaire d’Amine Mestari, « Il était une fois… Mustang » (Fr., 2018, 50 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ A voir aussi ce soir. Damien Chazelle met en scène la relation violente entre un homme qui veut devenir un grand batteur de jazz et son exigeant professeur (sur France 4 à 22 h 40).
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TV – « Whiplash » : duel de mâles au sein d’un orchestre

A voir aussi ce soir. Damien Chazelle met en scène la relation violente entre un homme qui veut devenir un grand batteur de jazz et son exigeant professeur (sur France 4 à 22 h 40).



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h30
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Film sur France 4 à 22 h 40

Sur le mur de la chambre d’Andrew Neyman (Miles Teller), le jeune héros de ce récit de (dé)formation, un poster proclame : « Si tu ne travailles pas, tu finiras dans un groupe de rock. » Ce n’est pas une plaisanterie, c’est un avertissement destiné à fortifier Andrew dans son ascèse musicale. A première vue, Whiplash met en scène des musiciens, de la musique, mais le film de Damien Chazelle tourne autour d’une obsession maladive de l’excellence.
Andrew est prêt à tout sacrifier pour devenir un grand batteur de jazz, et la divinité à qui il fait cette offrande s’incarne en un professeur qui ferait passer le sergent Hartman de Full Metal Jacket pour un gentil organisateur.
Dans le conservatoire new-yorkais que fréquente Andrew, il existe un saint des saints, l’orchestre que dirige Terence Fletcher (J. K. Simmons). Programmée au Carnegie Hall, cette formation offre un sas entre l’apprentissage et la carrière professionnelle. Terence Fletcher la dirige comme un bataillon disciplinaire.
Ambiances scorsésiennes
Dans ce microcosme totalitaire, Andrew trouve facilement sa place. Il est aussi exigeant et dépourvu de scrupules que son mentor. Damien Chazelle met en scène leur affrontement avec une violence virtuose qui fait le prix du film. Avec des éléments a priori abscons – un tempo à sept temps, l’accord d’une caisse claire – et en en faisant des enjeux de vie ou de mort pour les protagonistes, le réalisateur place le spectateur dans la position du cancre admiratif, qui regarde bouche bée l’affrontement d’êtres supérieurs se disputant la position de mâle alpha d’une meute qui se trouve être un orchestre de jazz. L’interprétation ultravirile de Miles Teller et de J. K. Simmons finit par imposer cette lecture univoque.

   


Le scénario répète la même anecdote : un soir, le batteur Jo Jones lança une cymbale à la tête du jeune Charlie Parker, manquant de le décapiter. Humilié, celui-ci se mit à travailler si dur qu’il inventa le jazz moderne. Pas d’autre ressort créatif dans cet univers que la peur et la violence. Pas plus de plaisir que de transcendance.
Avec ses ambiances scorsésiennes (rues enfumées, montage frénétique), Whiplash respire pourtant le plaisir de créer, un plaisir que Damien Chazelle refuse à ses personnages.
Whiplash, de Damien Chazelle, avec Miles Teller, J. K. Simmons (EU, 2014, 107 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.
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Des chercheurs dévoilent deux nouvelles pages du journal d’Anne Frank

L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h23
   





                        



   


Des chercheurs ont dévoilé mardi 15 mai que deux pages du journal intime d’Anne Frank, recouvertes de papier kraft, contenaient des « blagues salaces » et des réflexions sur le sexe.
« Je vais utiliser cette page pour écrire des blagues salaces », notait-elle le 28 septembre 1942, rapporte la Maison Anne-Frank. L’adolescente juive, alors âgée de 13 ans, a rédigé quatre blagues licencieuses et trente-trois lignes évoquant l’éducation sexuelle.
« Anne Frank écrit sur la sexualité de manière désarmante. Comme toute adolescente, elle s’interroge sur ce sujet », a expliqué Ronald Leopold, directeur de la Maison Anne-Frank. Du papier kraft avait été utilisé pour recouvrir les deux pages du journal, mais la technologie de traitement de l’image a permis d’en déchiffrer leur contenu.

The @annefrankhouse , with @HuygensING and @NIODAmsterdam, today presented the hidden text on two pages covered up… https://t.co/tj5cbnTmaL— annefrankhouse (@Anne Frank House)


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Dans une phrase, elle évoque par exemple la prostitution :
« Tous les hommes, s’ils sont normaux, vont avec des femmes, des femmes comme ça les accostent dans la rue, et ensuite, ils partent ensemble. À Paris, ils ont des grandes maisons pour ça. Papa y est allé. »
Dans ces pages, l’adolescente fait également « une plaisanterie à propos d’un cocu qui retrouve un homme nu caché dans le placard de sa femme », rapporte Courrier international.
Comme le souligne le Guardian, elle aborde aussi la question de la menstruation, décrivant l’arrivée des règles chez une jeune femme comme « un signe qu’elle est mûre pour avoir des relations avec un homme, même si cela ne se fait pas, évidemment, avant le mariage ».
La jeune fille longtemps relayée en second plan
Pour Ronald Leopold, ces découvertes nous « rapprochent encore plus de la jeune fille et écrivaine Anne Frank ». Quelques mois après avoir recouvert la première inscription, « elle a souligné l’importance d’avoir une éducation sexuelle complète et de qualité, et ne pas comprendre pourquoi les adultes étaient si discrets sur le sujet ».
Pour la Maison Anne-Frank, la diffusion de ces textes se justifie par le fait que « pendant des décennies Anne est devenue un symbole mondial de l’Holocauste, et Anne “la jeune fille” a été relayée au second plan. Ces textes replacent au premier plan la curieuse et, à maints égards, précoce adolescente ».
On ignore pourquoi cette dernière avait recouvert les pages avec du papier kraft, mais à plusieurs reprises dans son récit, elle évoque la crainte que d’autres puissent lire ses écrits. Le 3 octobre 1942, elle écrit ainsi : « Papa grogne à nouveau et menace de me prendre mon journal. Horreur des horreurs, à partir de maintenant, je vais le cacher. »
Selon la fondation, Anne Frank avait « glané des informations sur le sujet de la sexualité auprès de ses parents, surtout de son père, de son amie Jacqueline et aussi dans des livres ». L’adolescente et sa famille se cachèrent à Amsterdam au cours de la seconde guerre mondiale. En 1942, la famille Frank s’était réfugiée dans une annexe secrète d’un bâtiment appartenant à la société du père afin d’échapper aux nazis.

        Lire aussi :
         

                Le casse-tête Anne Frank



L’adolescente y avait rédigé son journal, devenu l’un des récits emblématiques de l’Occupation, jusqu’à l’arrestation et la déportation de la famille, en 1944. Anne Frank est morte en 1945, à l’âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, quelques mois avant la fin de la guerre. Publié deux ans plus tard, son journal s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La grande écrivaine (1908-1986) entre dans « La Pléiade » avec ses livres autobiographiques. La romancière Camille Laurens y voit l’auteure du « Deuxième Sexe » fidèle à la littérature – et à Sartre.
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Simone de Beauvoir, féministe paradoxale

La grande écrivaine (1908-1986) entre dans « La Pléiade » avec ses livres autobiographiques. La romancière Camille Laurens y voit l’auteure du « Deuxième Sexe » fidèle à la littérature – et à Sartre.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h05
    |

                            Camille Laurens (écrivaine)








                        



                                


                            
Mémoires I et II, de Simone de Beauvoir, édité sous la direction de Jean-Louis Jeannelle et Eliane Lecarne-Tabone, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1584 p. et 1696 p. sous coffret, 125 € jusqu’au 31 décembre. 

« Dissiper les mystifications, dire la vérité, c’est l’un des buts que j’ai le plus obstinément poursuivis à travers mes livres. » Sans doute cette phrase, extraite de Tout compte fait, s’applique-t-elle bien au cycle mémoriel que Simone de Beauvoir a mené durant vingt-cinq ans, ressaisissant, entre 1956 et 1981, à la fois presque toute sa vie – elle était née en 1908, morte en 1986 – et une période historique riche en événements majeurs. Dans ce genre si particulier des Mémoires, qui imbrique l’intime et l’Histoire, et par lequel elle entre dans « La Pléiade », Beauvoir envisage sa vie comme « une expérience exemplaire où se refléterait le monde entier ». Elle revient à plusieurs reprises sur son exigence de transparence et d’authenticité.
Portraits tendres ou acérés
Pour autant, à quelle vérité sa mémoire, au fil des ans, s’est-elle d’abord attachée ? Qu’est-ce qui mérite d’être raconté ? Les événements, qu’elle en soit observatrice ou actrice, la maladie, la mort même sont décrits avec la minutie d’un greffier et un positivisme factuel sans faille, parfois pénible, notamment dans La Cérémonie des adieux, chronique des dernières années de Sartre. Les autres, plus ou moins proches, font l’objet de portraits tendres ou acérés. Son projet de se « jeter toute crue dans un livre », en revanche, rencontre des obstacles et le récit de soi, auto-analyse extraordinairement lucide mais jamais totalement libre, reste entravé par de multiples réserves, omissions, discrétions, recompositions.
« Toute crue », certainement pas dans tous les sens du terme. Si nous ne pouvions lire ailleurs sa correspondance avec son amant américain Nelson...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Entre conte et film de super-héros, l’Islandais Benedikt Erlingsson signe un long-métrage à l’humour décalé, projeté à la Semaine de la critique.
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Cannes 2018 : « Woman at War », un « Peau d’âne » de l’écologie

Entre conte et film de super-héros, l’Islandais Benedikt Erlingsson signe un long-métrage à l’humour décalé, projeté à la Semaine de la critique.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h27
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


Semaine de la critique
Woman at War (Kona fer i strid) n’est pas seulement un film de super-héros converti à l’environnement. En l’occurrence, une super-héroïne qui n’a plus 20 ans, incarnée par une comédienne impressionnante dont le nom, islandais, l’est tout autant : Halldora Geirhardsdottir. Le deuxième long-métrage de l’Islandais Benedikt Erlingsson, sélectionné à la Semaine de la critique, est un conte politique qui ne se prend pas au sérieux. « Il n’y a pas de sexe, et pas de sang », avait prévenu pince-sans-rire le réalisateur, auteur de Des chevaux et des hommes (2013).
C’est l’humour décalé de ce film, servi sur un plateau de l’Islande par l’actrice au regard limpide comme un torrent, qui en fait tout le sel – on ne dira pas d’aluminium. Halla, la cinquantaine, se bat contre un géant de l’aluminium justement, qui dénature le sublime paysage de lande et pollue sa terre. A l’aide d’un simple câble télescopique, Halla sectionne les installations et, bien évidemment, bloque tout le circuit de production de l’usine. Elle joue à cache-cache avec les drones qui aussitôt se mettent à chercher l’intruse.
Mystérieuse « femme des bois »
La télévision et les gazettes parlent de la mystérieuse « femme des bois », comme le reporter Fandor, alias Jean Marais, chroniquait les exploits de Fantômas, au début des années 1960. Puis, l’air de rien, Halla retrouve ses élèves pour la chorale. Officiellement, elle est professeure de chant. Elle attend aussi de savoir si elle va pouvoir adopter une petite fille en Ukraine, et ce n’est pas qu’un détail dans le scénario.

   


Dans le décor singulier de ce film, il ne faut pas oublier le groupe de musiciens de free jazz. Témoins et complices muets d’Halla l’activiste, ils se mettent subitement à jouer et deviennent la partition musicale du film. Comme ces artistes qui donnent des concerts et soutiennent la « cause ». Sur sa route, plutôt solitaire, Halla trouve un « frère » en la personne d’un paysan écolo. Mais elle cache ses activités clandestines à sa sœur jumelle, professeure de yoga, jusqu’au jour où… Les « seconds rôles » accompagnent le scénario et ses rebondissements jusqu’à la dernière image qui nous ramène au sujet central, l’écologie.
Halla, c’est Peau d’âne au XXIe siècle. Le temps d’une fugue, pour se fondre dans le paysage, Halla devient « Peau de mouton », récupérant la peau de l’animal mort abandonné sur la lande. L’héroïne n’a pas la baguette magique de Catherine Deneuve dans le film de Jacques Demy (1970), et son ennemi n’est pas son père (Jean Marais), mais une multinationale. Les temps ont changé, les récits d’émancipation aussi.

Film islandais, français et ukrainien de Benedikt Erlingsson. Avec Halldora Geirhardsdottir, David Thor Jonsson, Magnus Trygvason (1 h 41). Sortie en salle le 4 juillet. Sur le Web : www.jour2fete.com/distribution/woman-at-war-3 et www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/konaferi-stri



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Les éditions Taschen publient « Murals of Tibet », un ouvrage spectaculaire, dont près de mille exemplaires sont signés par le dalaï-lama.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Lance Armstrong et de Cate Blanchett, Marc Beaugé scrute celui de l’actrice, membre du jury du Festival de Cannes.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ En ce huitième jour, le 71e Festival de Cannes accueille en compétition l’Italien Matteo Garrone (« Dogman ») et le Coréen Lee Chang-Dong (« Burning »).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La gazette de la Croisette : des chiens, un chat, Whitney Houston et John Travolta

En ce huitième jour, le 71e Festival de Cannes accueille en compétition l’Italien Matteo Garrone (« Dogman ») et le Coréen Lee Chang-Dong (« Burning »).



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h04
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Ce mercredi 16 mai, huitième jour de la bataille pour la Palme d’or, est placé sous le signe des animaux domestiques. Dans le film coréen de Lee Chang-Dong, Burning, c’est un chat que confie la jeune Haemi, l’un des personnages, à son ancien voisin Jongsu, pendant un voyage en Afrique, avant que l’intrigue ne bascule dans un thriller inquiétant. Dans l’autre long-métrage en compétition aujourd’hui, Dogman, de Matteo Garrone (Italie), il est question de chiens, ceux dont s’occupe l’un des protagonistes, Marcello, toiletteur de son état.

Pour ce qui est des participations à la sélection officielle cannoise, il s’agit plutôt de deux habitués de la Croisette. Lee Chang-Dong a déjà présenté deux films en compétition, Secret Sunshine en 2007 et Poetry en 2010, qui lui a valu le prix du scénario. Matteo Garrone, quant à lui, a déjà trois participations à son actif, avec Gomorra en 2008, Reality en 2012 et Tale of Tales (Il Racconto dei racconti, Le Conte des contes) en 2015, et a remporté deux Grands Prix (pour Gomorra et Reality).

Retour sur deux belles rencontres avec des acteurs : l’Américain John David Washington, fils de Denzel et de Spike Lee, à l’affiche dans BlacKkKlansman, pour notre critique Thomas Sotinel, et l’Italien Adriano Tardiolo, le jeune Lazzaro du film d’Alice Rohrwacher, pour notre journaliste Aureliano Tonet.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Quinzaine des réalisateurs, notre critique Mathieu Macheret a apprécié le nouveau film du réalisateur français Philippe Faucon, Amin, qui est « venu illuminer la dernière ligne droite de cette 50e Quinzaine » avec une histoire de personnages en déshérence affective qui vont se rapprocher et s’aimer, incarnés par Emmanuelle Devos, Moustapha Mbengue et Marème N’Diaye.

Dans la programmation de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), Clarisse Fabre a aimé le film du jeune réalisateur français Clément Schneider, Un violent désir de bonheur, une parabole sur les révolutions d’hier et d’aujourd’hui.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
La musique sera à l’honneur avec trois événements de ce mercredi 16 mai. A 16 h 45, se tiendra le troisième des quatre rendez-vous avec des acteurs et réalisateurs, qui accueillera l’acteur et producteur américain John Travolta pour une discussion avec le public. A 21 h 30, dans le cadre de la programmation du Cinéma de la plage, sera projetée la comédie musicale de Randal Kleiser, Grease (1978), avec le même John Travolta et Olivia Newton-John, en présence de l’acteur. Enfin, à 0 h 15, sera présenté hors compétition en séance de minuit le documentaire de Kevin Macdonald, Whitney, consacré à la chanteuse Whitney Houston, morte en février 2012 à l’âge de 48 ans.


        Lire la gazette de la Croisette (15 mai) :
         

          La guerre sociale de Brizé et la « Guerre des étoiles » d’Howard






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ A la Quinzaine, le cinéaste Philippe Faucon s’attache à des personnages en déshérence affective qui vont se rapprocher et s’aimer.
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Cannes 2018 : « Amin », un regard à hauteur d’humanité

A la Quinzaine, le cinéaste Philippe Faucon s’attache à des personnages en déshérence affective qui vont se rapprocher et s’aimer.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h00
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Quinzaine des réalisateurs
C’est le titre le plus court d’une carrière qui n’en manque pourtant pas : Amin, quatre lettres qui ornent avec sobriété, comme un cartel au bas d’un tableau, le dernier long-métrage de Philippe Faucon, venu illuminer la dernière ligne droite de cette 50e Quinzaine des réalisateurs. Des titres qui se résument souvent à un prénom, nu et isolé, nous rappelant que l’art du cinéaste est avant tout celui du portrait – des portraits qui ouvrent une fenêtre de représentation aux « invisibles » de la société française, qu’il s’agisse des jeunes marginaux (Sabine, 1992) ou de figures issues de l’immigration (Samia, 2000 ; Fatima, 2015). Mais ces titres nous disent autre chose, plus essentiel : qu’un film, avant de « raconter » une histoire ou de « traiter » un sujet, peut s’attacher à la personne et chercher à en restituer la présence particulière.
Amin (Moustapha Mbengue), ouvrier journalier sur les chantiers de construction, vit en France, à Saint-Denis, dans un foyer de travailleurs immigrés. Il vient du Sénégal et s’apprête à y retourner pour un bref séjour, afin d’y acheminer le fruit d’une collecte qui doit financer l’école du village. Sur place, il retrouve sa femme Aïcha (Marème N’Diaye) et ses trois enfants, qui disent tous souffrir de son absence. De retour à Paris, Amin est employé pour des travaux d’aménagement dans la maison de banlieue d’une infirmière, Gabrielle (Emmanuelle Devos). Celle-ci, divorcée, partage la garde d’une petite fille avec un ex-mari acariâtre et querelleur. Amin et Gabrielle, en déshérence affective, vont se rapprocher, s’aimer. Ce ne sera ni une relation amoureuse planifiée, ni une simple histoire de sexe : un accueil mutuel total.
Ce ne sera ni une relation amoureuse planifiée, ni une simple histoire de sexe : un accueil mutuel total
Ce n’est pas le récit d’une union par-delà les conditions sociales qui intéresse le film, mais un motif plus vaste : celui de la séparation qui définit, assez généralement, la condition de l’individu dans le monde contemporain. Amin et Gabrielle ont en commun qu’ils sont des êtres « séparés », à cause du déracinement lié aux flux migratoires pour l’un, de l’isolement lié à la parcellisation de la vie moderne pour l’autre. Cette séparation n’est pas seulement affective, elle est aussi et surtout physique. Elle concerne les corps, la distance qui s’établit entre eux, le manque de chaleur qu’ils finissent par éprouver. Aïcha se languit physiquement d’Amin et le lui exprime pour le convaincre de rester auprès d’elle. De même, le rapprochement entre Amin et Gabrielle se traduit par la nudité et le contact des corps, par l’étreinte.

   


Philippe Faucon trouve dans ce motif des corps séparés une occasion d’exercer son talent particulier, qui consiste à modeler des présences singulières. Refusant l’artifice et les conventions de jeu, le cinéaste a déniché des acteurs amateurs proches de leurs rôles (ici Moustapha Mbengue, qui a connu le même parcours que son personnage ; comme Soria Zeroual, l’interprète de Fatima, qui revient pour une apparition clin d’œil), et de les mélanger avec des professionnels débutants ou peu identifiés, afin de créer des incarnations uniques. La particularité d’Amin repose, cette fois, sur le recours à une comédienne chevronnée, Emmanuelle Devos, qui prête sa merveilleuse originalité à l’approche réaliste de Faucon.
Un érotisme franc et pudique
Approche qui réunit toujours les mêmes facultés saisissantes : un regard à hauteur d’humanité, prêtant attention aux visages, à la musicalité des voix, à la vérité des accents, aux faits et gestes quotidiens, mais aussi une temporalité imperturbable, sertissant l’apparition de chaque personnage. Toutes choses qui n’avaient pourtant jamais atteint, jusqu’alors, un tel degré de sensualité : la douche d’Aïcha, les scènes de lit, l’union des corps blanc et noir, l’entrevue d’un ouvrier avec une prostituée marquent autant de touches d’un érotisme à la fois franc et pudique, qui célèbre la beauté frémissante de ses personnages.
La grande force du film réside dans son ouverture à tous les parcours, à toutes les trajectoires, aux seconds rôles qui jouxtent celui du protagoniste. Les déboires d’un ouvrier algérien, les abus répétés des employeurs, les affres d’un divorce, le voisinage du village sénégalais enrichissent par touches pointillistes la sphère d’existence d’Amin. L’art du portrait selon Faucon ne consiste pas tant à hausser un personnage par-dessus les autres qu’à le replacer dans le faisceau complexe des dimensions qui composent son quotidien. Car, ici, l’être n’est rien s’il n’est aussi rempli des autres.

Film français de Philippe Faucon. Avec Moustapha Mbengue, Emmanuelle Devos, Marème N’Diaye (1 h 31). Sortie en salle le 3 octobre. Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/amin.html et www.quinzaine-realisateurs.com/film/amin



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le nouveau directeur de la radio, en difficulté, devrait davantage s’appuyer sur la vidéo et le numérique.
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Europe 1 : Lagardère officialise l’arrivée de Laurent Guimier

Le nouveau directeur de la radio, en difficulté, devrait davantage s’appuyer sur la vidéo et le numérique.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 10h52
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Après une longue et pénible attente pour les équipes d’Europe 1 et de Radio France, le feuilleton du transfert de Laurent Guimier touche à sa fin. L’ancien directeur délégué aux antennes de l’entreprise publique va prendre la tête de la station du groupe Lagardère. Sa nomination, évoquée dans Le Parisien, devait être annoncée dans un communiqué, mercredi 16 mai.
La station a connu 6,8 % d’audience cumulée pour la période janvier-mars, contre 7,7 % un an auparavant
M. Guimier remplace Frédéric Schlesinger, arrivé il y a moins d’un an pour redresser Europe 1. Après des tensions avec l’actuel dirigeant, notamment sur les budgets, le groupe Lagardère joue désormais l’apaisement, estimant que M. Schlesinger a fait un bon travail, sans toutefois rencontrer de succès auprès du public de la station. « Le juge de paix, ce sont les audiences », insiste-t-on en interne. La radio a connu 6,8 % d’audience cumulée pour la période janvier-mars, contre 7,7 % un an auparavant.
Patrick Cohen va donc être remercié, bien que sa matinale soit jugée « de qualité ». Lui aussi avait été débauché de Radio France par Arnaud Lagardère il y a moins d’un an. Pour le remplacer, « plusieurs pistes sont ouvertes », selon le groupe. Parmi elles figure Nikos Aliagas, animateur notamment d’une émission sur Europe 1. 

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Par ailleurs, selon un document interne qui a fuité sur le blog de l’animateur Jean-Marc Morandini, Europe 1 a commandité une étude d’image sur les « incarnations » suivantes : Maxime Switek, animateur sur Europe 1 et chroniqueur sur France 5, mais aussi Sonia Mabrouk, qui a une émission sur Europe 1 et sur CNews, ainsi que Laurent Bazin, qui assure la tranche du soir sur la station.
Patrick Cohen, actuel titulaire, et, plus inattendu, Elise Lucet, figure de proue des magazines « Cash Investigation » et « Envoyé spécial » sur le service public, ont également été testés . Mais, d’après l’étude, aucun des noms ne fait l’unanimité auprès des auditeurs de la station, qui s’est souvent définie comme une radio des cadres entretenant une vision « optimiste » de l’avenir.

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Studios vidéo performants dans les nouveaux locaux
Comment relancer Europe 1 ? La question est ouverte et délicate. Une solution serait que la radio s’appuie davantage sur la vidéo et le numérique. C’est l’une des raisons de la venue de M. Guimier, explique-t-on au sein du groupe. Lagardère a d’ailleurs construit des studios vidéo performants dans les nouveaux locaux que la radio doit intégrer en juillet, après avoir déménagé de son siège parisien historique, rue François-Ier, près des Champs-Elysées.
Le modèle est ici le « média global », expression utilisée par Laurent Guimier et Mathieu Gallet, l’ex-président de Radio France, pour désigner France Info, qui a été relancée en 2015 comme radio d’actualité chaude avant d’être intégrée dans une offre d’information multimédia coproduite avec France Télévisions.

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En revanche, M. Guimier ne sera pas nommé directeur du « pôle news » formé par les trois derniers médias détenus par le groupe Lagardère – Europe 1, Le Journal du dimanche et Paris Match – comme cela avait un temps été annoncé dans la presse. Il aura les mêmes fonctions que Frédéric Schlesinger et en référera directement à Arnaud Lagardère, qui a tenu à prendre la présidence de la radio il y a un an, en désaisissant Denis Olivennes, le patron de la branche médias Lagardère Active.
Le gérant et actionnaire du groupe était mécontent des audiences et du leadership d’Europe 1 depuis mi-2016, mais avait préféré se laisser du temps, car la présidentielle, période jugée favorable, approchait. Cette saison, il a préféré réagir sans attendre. Au risque de paraître impatient ou inconstant, car il venait de recruter lui-même M. Schlesinger. Cette nouvelle relance de la radio fondée par son père Jean-Luc est aussi un défi pour Arnaud Lagardère.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ A 33 ans, l’acteur afro-américain se révèle dans « BlacKkKlansman », en compétition pour la Palme d’or.
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Cannes 2018 : John David Washington, fils de Denzel… et de Spike

A 33 ans, l’acteur afro-américain se révèle dans « BlacKkKlansman », en compétition pour la Palme d’or.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h41
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Pendant le tournage de BlacKkKlansman, « oncle Spike est devenu papa Spike ». A 33 ans, John David Washington n’exerce que depuis peu le métier d’acteur, mais l’auteur de Do the Right Thing, qui a dirigé son père, ­Denzel Washington, dans ­Malcolm X, n’était pas un inconnu pour lui. Aujourd’hui, il lui porte une dévotion filiale.

A 6 ans, le petit John David a fait une apparition en écolier de ­Harlem dans la biographie du dirigeant noir assassiné en 1965. « Ensuite, j’ai vu Spike Lee de temps à autre. Le lien s’est noué sur le plateau, il est devenu comme un autre père pour moi. C’est une légende, et il a cru en moi. Quand une­ ­légende croit en vous, ça rend ­capable de faire son métier avec une fluidité, une confiance que je n’avais jamais eue. »
Malgré ses débuts tardifs, la vocation d’acteur de John David Washington est ancienne : « Je devais avoir 4 ans quand j’ai vu mon père jouer Richard III au festival Shakespeare In The Park, à New York. » Pendant son enfance, son adolescence, il a avalé des films, sur cassette, sur DVD, à commencer par ceux dans lesquels apparaissait Denzel Washington : « Glory [d’Edward Zwick sur une unité afro-américaine de l’armée fédérée pendant la guerre de Sécession, sorti en 1989], par exemple. Je l’ai regardé si souvent que je savais les dialogues par cœur et que la bande de la VHS a fini par casser », se souvient-il.
John David Washington, acteur : « Le cinéma me permettait d’échapper à la brutalité et la cruauté du monde du sport »
Ensuite son parcours est passé par les terrains de football américain. Ses prouesses de « running back » au lycée lui ont valu d’intégrer l’équipe de l’université de Morehouse à Atlanta. De 2006 à 2012, il a joué en professionnel. « Même et surtout à cette époque, je n’ai jamais arrêté d’être un cinéphile. J’avais beaucoup de temps libre et le cinéma me permettait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ D’un montant de 2,3 milliards d’euros, elle équivaut à plus d’une année d’activité du secteur.
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La « très confortable » trésorerie des sociétés d’auteurs

D’un montant de 2,3 milliards d’euros, elle équivaut à plus d’une année d’activité du secteur.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h33
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« C’est un secteur qui ne connaît pas la crise », affirme Alain Pichon, président de la commission de contrôle des organismes de gestion des droits d’auteur. Publié mercredi 16 mai, le rapport annuel 2018 sur ces 25 sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur met en lumière « une hausse de 7,7 % des droits en 2016, à 1,75 milliard d’euros ». A elle seule, la Sacem (auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a perçu 580 millions d’euros.
Chaque année, la commission analyse les flux financiers de ces organismes de gestion et en passe certains au crible sur un sujet précis. Là, l’exercice a porté sur l’évolution des charges de gestion entre 2011 et 2016. La commission – la seule à contrôler ce secteur pour le compte du gouvernement et du Parlement – n’a pas relevé d’abus manifestes, mais a adressé aux sociétés d’auteurs une trentaine de recommandations destinées à renforcer la transparence de l’information aux ayants droit.

Alain Pichon, également président honoraire de la Cour des comptes, reproche par exemple à ces organismes de « ne pas dépenser l’intégralité des crédits liés à l’action artistique et culturelle ». Sur près de 150 millions d’euros, seulement 122 millions ont été distribués, alors même que les aides d’Etat au spectacle vivant stagnent et que les subsides des collectivités locales fondent. M. Pichon regrette aussi « que ce soient toujours les mêmes », installés dans « les mêmes régions », qui en bénéficient.
Autre point saillant : l’existence d’une « très confortable » trésorerie qui, selon le président, représente au total 2,3 milliards d’euros. Un gros matelas qui équivaut à plus d’une année d’activité du secteur et même jusqu’à trois ans pour la Procirep (producteurs de cinéma et de télévision). La commission considère qu’au-delà d’une trésorerie équivalente à un an de perception « les sociétés conservent dans leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Les Rencontres cho­régraphiques internationales programment, jusqu’au 16 juin, des chorégraphes issus de 17 pays.
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Danse : la Seine-Saint-Denis au carrefour des tendances

Les Rencontres cho­régraphiques internationales programment, jusqu’au 16 juin, des chorégraphes issus de 17 pays.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 11h20
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La liste est impressionnante. Elle scande les noms de chorégraphes inconnus comme la Grecque Tzeni Argyriou, l’Allemand Christophe Winkler, la Tchèque Tereza Hradilkova ou la Taïwanaise Yu-Ju Lin en faisant tournoyer la planète. La piste d’atterrissage de ces émissaires débarqués du monde entier ? Les Rencontres cho­régraphiques internationales de Seine-Saint-Denis qui hisse le département du 93 en haut de l’affiche. Du 16 mai au 16 juin, rien moins que trente chorégraphes issus de dix-sept pays différents sont programmés dans treize théâtres de tous les gabarits, de l’imposante MC93 de Bobigny au modeste et charmant Colombier de Bagnolet.

Tremplin de nouveaux artistes, ce rendez-vous, tenu à l’œil par les diffuseurs, est aussi un carrefour des tendances qui secouent depuis quelque temps déjà la création chorégraphique. « C’est une manifestation cosmopolite dont les différentes communautés, issues de sociétés et de cultures très différentes, soulèvent des questions semblables, commente Anita Mathieu, directrice des Rencontres. Les thèmes de la mémoire, de la tradition par exemple rejaillissent dans les spectacles dont chacun me semble proposer un récit très personnel du monde aujourd’hui. Avec la présence de plus en plus forte de corps qui dansent et chantent. »
La question de l’héritage à travers l’histoire de la danse
Ce besoin d’un corps complet qui bouge, parle et vocalise, galvanise régulièrement les danseurs. Loin du poisson dans le bocal, l’interprète veut l’ouvrir et prolonger jusqu’au bout des sons les émotions du mouvement. La quête d’une plénitude physique irradie The Sea Within, de la Belge Lisbeth Gruwez, qui emporte onze danseuses au cœur d’une modulation vocale méditative. C’est dans un bain d’ondes organiques que les chorégraphes May Zarhy, Israélienne, et Michal Oppenheim, allemande, immergent cinq femmes pour The Voices. Plus repéré, le répertoire des cinq interprètes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Projeté à l’ACID, le film du jeune réalisateur Clément Schneider est une parabole sur les insurrections.
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Cannes 2018 : « Un violent désir de bonheur », révolutions d’hier et d’aujourd’hui

Projeté à l’ACID, le film du jeune réalisateur Clément Schneider est une parabole sur les insurrections.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h24
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


ACID
L’action d’Un violent désir de bonheur se situe en 1792, à moins qu’il ne s’agisse d’aujourd’hui… Présenté à Cannes dans la section ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), le film de Clément Schneider s’ouvre sur un délicieux anachronisme : à peine le moine Gabriel est-il prévenu de l’arrivée imminente des troupes révolutionnaires que le générique interrompt l’action, sur une musique des Last Poets, groupe new-yorkais créé en 1968 dont les textes poétiques racontaient les luttes noir-américaines. « When the revolution comes ! »… Le film à costumes cède la place à une fiction, ou plutôt une parabole : comment un être s’éveille-t-il intimement, et politiquement ?
Gabriel est interprété par ­Quentin Dolmaire, découvert dans Trois souvenirs de ma jeunesse (2014), d’Arnaud Desplechin. En face, il y a Marianne, jeune femme noire mutique et allégorie de la République, qui va finir par prendre la parole pour ne dire que des choses essentielles. Elle est incarnée avec force par Grace Seri, que l’on a vue dans Le bleu blanc rouge de mes cheveux (2016), court métrage de Josza Anjembe.
Héritage « libérateur » de Pasolini
Le réalisateur qui démarre une thèse sur le cinéma et l’utopie, et assume l’héritage « libérateur » de Pasolini : « C’est un fantôme bienveillant. Il y a dans ces films une ­liberté totale, une telle sensualité… Je me suis dit, on peut faire ça au cinéma ! Pasolini m’a aidé à me libérer et à assumer une certaine artificialité », dit-il. Eric Rohmer lui a permis d’accueillir de la théâtralité au cinéma.
Un désir violent… est littéraire. Des extraits de La Philosophie dans le boudoir (1795) de Sade jaillissent en voix off. Des textes contemporains du Comité invisible, sur les perspectives d’insurrections, parus aux éditions La Fabrique ont « infusé » pendant la fabrication du film.
Décor de pierres et d’oliviers
Aucune image de guillotine ni de rixes. « La Révolution est une rumeur lointaine. On fait un détour par la fable et on peut ainsi approcher des questionnements brûlants », explique le cinéaste qui a grandi à Rambouillet, avant de venir à Paris pour faire du ­cinéma. Pour le reste, Clément Schneider fabrique ses films au sein d’une petite entreprise, Les Films d’argile, cofondée avec la productrice Alice Bégon et la scénariste Chloé Chevalier.

   


L‘équipe a trouvé le lieu du huis clos, un couvent niché dans l’arrière-pays niçois, non loin de la frontière italienne. Le tournage s’est fait dans ce décor de pierres anciennes et d’oliviers. Au contact des révolutionnaires, le moine ­Gabriel commence sa mue, physique et intellectuelle. « Quentin Dolmaire est métamorphique, il peut faire adolescent ou jeune adulte. On a joué avec cet entre-deux. »
Clément Schneider, réalisateur : « L’élan révolutionnaire s’incarne dans l’individu, ça vient de l’intimité »
Il y a quelque chose de générationnel dans ce film. Le collectif, ça ne se décrète pas, estime Clément Schneider. « L’élan révolutionnaire s’incarne dans l’individu, ça vient de l’intimité. C’est pour cela que le film s’attache à Gabriel et à Marianne, dit-il. Je me demande si ce n’est pas ce chemin que notre génération découvre aujourd’hui. L’initiative locale démarre de soi, et par capillarité du commun peut se créer. Chaque individu est une ZAD. »
Le film finit sur une chanson d’amour de Marianne Faithfull. « C’est un trajet, on termine sur deux êtres. » Anecdote : pour le monologue de fin de Marianne, Clément Schneider avait écrit un texte avec les mots « révolution » et « en marche ». « Entre-temps, Emmanuel Macron a été élu. Il avait tellement préempté ces mots que je ne pouvais plus les utiliser. » Un nouveau monologue a été conçu. Un long travelling suit ­Marianne de profil, parlant à son amant. Comme si la jeunesse de 1792 arrivait aux portes du XXIe siècle.

Film français de Clément Schneider. Avec Quentin Dolmaire et Grace Seri (1 h 15). Sortie en salle prochainement. Sur le Web : www.shellac-altern.org/films/499 et www.lacid.org/fr/films-et-cineastes/films/un-violent-desir-de-bonheur



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Rôle-titre du troisième long-métrage d’Alice Rohrwacher, en compétition, le jeune Adriano Tardiolo reçoit avec quiétude les louanges dont il est l’objet.
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Cannes 2018 : heureux qui, comme Lazzaro, a vu un bel orage

Rôle-titre du troisième long-métrage d’Alice Rohrwacher, en compétition, le jeune Adriano Tardiolo reçoit avec quiétude les louanges dont il est l’objet.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 10h11
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Un dimanche par mois « au moins », Adriano Tardiolo va à la messe avec son petit frère et ses parents. Tous sont ouvriers agricoles à Allerona, leur bourg de toujours, niché dans le nombril de l’Italie, en Ombrie. Tous, sauf lui : Adriano étudie l’économie à Viterbe, dans l’espoir de devenir comptable. Et, depuis qu’Alice Rohrwacher lui a confié le rôle-titre de son troisième long-métrage, Heureux comme Lazzaro, il s’imagine même acteur, qui sait. Alors, en ce 13 mai béni, les Tardiolo font une infidélité au curé du coin : les voici à Cannes, où le film leur est montré pour la première fois – en compétition, s’il vous plaît.

Sitôt la séance finie, les éloges pleuvent sur son visage d’ange, comme les gouttes sur le tapis rouge. Dix minutes de standing ovation orchestrées par la présidente du jury, Cate Blanchett, en larmes. Dîner à la table de son héros, Roberto Benigni, admiratif. Fête dans une villa, où l’orage louangeur fait rage. Les Français d’Ad Vitam, qui coproduit et distribue le film, lui trouvent « des airs dreyeriens ». « Adriano se déplace comme le héros de La Ricotta (1963), de Pasolini », surenchérit le producteur, Carlo Cresto-Dina. De jeunes Romaines l’assaillent de demandes : âge – « 19 ans » –, goûts – « le cinéma fait main de Carlo Verdone ou Nanni Moretti » –, instrument – « le saxhorn ténor » –, situation – « célibataire ».

Quiétude agreste
A ce déluge, il répond avec la quiétude agreste de son personnage. Et la littéralité d’un des saints qui l’a inspiré, Ginepro. Dire qu’Adriano n’a accepté le rôle qu’après un mois de répétitions… « A Orvieto, tous ses camarades de lycée voulaient jouer dans le film, à part lui, révèle la cinéaste ombrienne, qui veille, depuis Les Merveilles (2013), à ce que ses tournages s’ancrent dans les parages. Dès que ma directrice de casting me l’a présenté,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Lointain descendant de Philip Marlowe, le héros de David Robert Mitchell nous emmène dans un labyrinthe au parfum de chewing-gum.
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Cannes 2018 : « Under the Silver Lake », quand les hipsters prennent la succession des privés

Lointain descendant de Philip Marlowe, le héros de David Robert Mitchell nous emmène dans un labyrinthe au parfum de chewing-gum.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 11h09
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


Sélection officielle – en compétition
Philip Marlowe n’y retrouverait pas ses petits, ni son chemin. Le détective privé créé par Raymond Chandler, interprété à l’écran par Elliott Gould et Humphrey Bogart, naviguait comme personne dans les labyrinthes de Los Angeles. Mais il n’aurait jamais pu filer et enquêter sur le garçon qui sillonne la ville dans Under the Silver Lake : trop d’incohérences dans son itinéraire, impossible de recueillir un récit qui ait du sens à partir des éléments que Sam (Andrew Garfield) collecte.
Pourtant, si l’on s’en tient à la géographie cinématographique de Los Angeles, on est en terrain familier. L’observatoire, comme dans La Fureur de vivre, un réservoir, comme dans Chinatown, une villa palatiale comme dans Le Grand Sommeil. Ces repères sont des leurres. Pour son troisième long-métrage, David Robert Mitchell se veut iconoclaste. La quête de Sam sera vaine, les icônes, les classiques, jusqu’aux souvenirs, seront vidés de leur sens, éviscérés. En guise d’anesthésique, le cinéaste recourt à sa naturelle facilité d’expression et à un humour désinvolte qui charme un moment.
Collage de pastiches
Mais le film dure deux heures et quart. C’est beaucoup pour une collection de citations, un collage de pastiches. D’autant que la circulation des personnages est limitée, du réservoir de Silver Lake à Griffith Park, quelques kilomètres carrés qui furent chicanos et sont aujourd’hui à un stade avancé de gentrification. C’est là que vivote Sam, venu à la poursuite d’on ne sait quel rêve (et on ne le saura jamais), sans travail, sans argent, en voie d’expulsion de son appartement. Il passe ses journées à observer ses voisines à la jumelle, surtout la quinquagénaire qui aime se promener torse nu (coucou, Fenêtre sur cour, d’Alfred Hitchcock, adieu le mythe du voyeur sauveteur), jusqu’à ce qu’il remarque une nouvelle venue. Sarah (Riley Keough) accueille ses attentions avec bienveillance, voire plus, avant de disparaître dans des circonstances inexplicables.
Alors que les enquêtes de Philip Marlowe et de ses héritiers (Jake Gittes dans Chinatown, Doc Sportello dans Inherent Vice) étaient ponctuées de coups assénés sur le chef des détectives, les recherches de Sam sont scandées de prises plus ou moins volontaires de stupéfiants. Andrew Garfield sait admirablement adopter l’expression et la gestuelle d’un type défoncé. Il arrive même à faire passer quelques sentiments à travers la brume psychotrope qui nimbe son personnage. Son attachement à la belle disparue, son angoisse d’avoir raté sa vie.
Humour sardonique
Le scénario le fait aller et venir entre ses amis obsédés par tout ce que la culture populaire leur promet (sexe, drogue, rock’n’roll) sans jamais le leur offrir, versions inquiétantes des geeks de Big Bang Theory, les hipsters angelinos (plus beaux, plus riches aussi, sans doute, que leurs homologues de Brooklyn) et l’élite, le 1 %. Ce sont ces derniers – Sam finit par s’en convaincre – qui détiennent la clé des codes mystérieux que dissimulent les figures universellement partagées de la culture populaire. Chaque chanson renferme une carte au trésor, chaque film recèle la recette de la transmutation des métaux. Sous la ville se cachent des mystères auxquels seul l’argent donne accès.
La bizarrerie des situations auxquelles conduit cette vision du monde doit beaucoup au Mulholland Drive, de David Lynch. Vingt ans bientôt après la présentation du film dans le même festival, l’inquiétude métaphysique de l’auteur de Lost Highway a laissé la place à l’humour sautillant et sardonique de David Robert Mitchell, un peu comme Ricky Nelson et Pat Boone s’assirent jadis sur le trône laissé vacant par Elvis Presley. Under the Silver Lake, c’est du Lynch bubble gum.
David Robert Mitchell recrée lumières et teintes des films hollywoodiens en couleurs de l’après-guerre
Le parfum n’est pas désagréable. Avec son chef opérateur Mike Gioulakis, David Robert Mitchell s’amuse à recréer les lumières et les teintes des films hollywoodiens en couleurs de l’après-guerre. La partition symphonique de Rich Vreeland rend hommage, elle aussi, à cet âge d’or, tout en se mariant à une impressionnante playlist qui remonte jusqu’à la plus haute antiquité du rock, REM et Nirvana, en l’occurrence. Le héros n’a pas encore 30 ans.
Pour filer la métaphore du chewing-gum, ce parfum synthétique et sophistiqué est loin d’être désagréable. Mais après l’avoir mastiqué pendant 135 minutes, il a perdu presque toute sa saveur.

Film américain de David Robert Mitchell. Avec Andrew Garfield, Riley Keough, Topher Grace (2 h 15). Sortie en salle le 8 août. Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/under-the-silver-lake et a24films.com/films/under-the-silver-lake



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Tourné par une femme et présenté à Cannes en 2017, « Marlina, la tueuse en quatre actes » connaît une affluence record dans un pays fan de romances et de récits d’action. Un succès dû à sa dénonciation de la condition féminine.
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« Marlina, la tueuse », un film féministe dans l’Indonésie machiste


                      Tourné par une femme et présenté à Cannes en 2017, « Marlina, la tueuse en quatre actes » connaît une affluence record dans un pays fan de romances et de récits d’action. Un succès dû à sa dénonciation de la condition féminine.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 09h33
   





   


L’homme ne prend pas la peine de frapper à la porte de cette maison isolée. Il s’invite chez Marlina, une jeune veuve, lui réclame des feuilles de bétel à mâcher, de la soupe de poulet et annonce que six amis à lui sont en chemin pour dérober son bétail, ses vivres, et coucher avec elle s’ils ont le temps. « Ce soir, tu seras la femme la plus chanceuse du monde », lui dit-il, en grattant sa mandoline. « Ce soir, je serai la femme la plus misérable », rétorque-t-elle. « Ah, vous, les femmes ! Toujours à jouer les victimes. » Quand les hommes arrivent, Marlina, agressée par le chef de bande, finit par le décapiter avec son sabre et à en tuer d’autres dans un effet d’hémoglobine tarantinesque.
Une jeune réalisatrice
L’année dernière, au Festival de Cannes, le film indonésien Marlina si Pembunuh dalam Empat Babak (Marlina, la tueuse en quatre actes) était applaudi à la Quinzaine des réalisateurs. Quelques mois plus tard, en novembre 2017, il sortait dans 80 salles du pays. Depuis, il cumule plus de 150 000 spectateurs et nourrit les conversations. Un record pour un film d’auteur, genre mineur dans une industrie où règnent les films d’action et de fantômes ainsi que les comédies sentimentales. Autre rareté dans le cinéma indonésien : Marlina est réalisé par une femme, Mouly Surya, 37 ans, déjà remarquée au Festival de Sundance en 2013 pour son précédent long-métrage What They Don’t Talk About When They Talk About Love, autour de jeunes citadins handicapés.
« Dans cette île à majorité animiste marapu, les habitants se baladent avec des sabres à la ceinture et la place de la femme est à la cuisine. » La réalisatrice Mouly Surya
Marlina (pas encore sorti en France) séduit un certain public, parce qu’il s’intéresse à une région négligée du pays. Le film a été tourné loin de Java, où vit la moitié de la population, sur la petite île de Sumba. Avec son panorama étonnant de plaines arides jaunies par le soleil, ce décor a inspiré la touche mi-western, mi-samouraï. L’intrigue est imprégnée de la culture locale, portée sur la superstition, à l’instar des apparitions du violeur décapité qui vient titiller la conscience de Marlina. « Dans cette île à majorité animiste marapu, les habitants se baladent avec des sabres à la ceinture et la place de la femme est à la cuisine », a raconté Mouly Surya dans les médias.
L’écho que le film trouve encore, plusieurs mois après sa sortie, tient à sa dénonciation de la condition féminine. « Marlina offre une réponse à la question : “Pourquoi les femmes sont-elles toujours en colère ?” A cause du patriarcat. Et le film le décrit bien en termes de violence contre les femmes, notamment sexuelle, de difficultés pour les survivantes à obtenir justice », rapporte Hera Diani, cofondatrice du webmagazine féministe Magdalene.

Sur la route du poste de police où elle veut se rendre, Marlina croise une amie enceinte, molestée par son mari qui croit que le bébé est en siège car elle lui a été infidèle. Puis, au commissariat, dans une séquence sardonique, la réalisatrice met en scène l’inanité des fonctionnaires qui préviennent que l’outil médical pour attester des viols n’arrivera que dans un mois… Ce dernier sujet est particulièrement présent dans un pays où, selon un sondage de 2016, 90 % des victimes ne déposent pas plainte de peur d’être stigmatisées. Pour le blogueur et cinéphile Boby Andika, le film fait l’effet d’une « claque » : « Nous autres citadins, nous nous imaginons que les droits des femmes ont atteint un bon niveau, parce qu’elles peuvent travailler, aller à l’université… Mais, dans le contexte rural où évolue Marlina, le chemin vers l’émancipation est encore long et la lutte est loin d’être terminée. » 

        Lire aussi :
         

                En Indonésie, un sexisme d’Etat



Eléonore Sok-Halkovich



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le réalisateur birman Midi Z trace une brillante esquisse de la vie religieuse de son pays.
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« 14 Pommes » : l’initiation du bonze insomniaque

Le réalisateur birman Midi Z trace une brillante esquisse de la vie religieuse de son pays.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 07h59
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Parce qu’un guérisseur l’a prescrit, le jeune Shin-hong, dynamique entrepreneur birman qui souffre d’insomnie chronique, achète quatorze pommes sur un marché de sa ville et entame un voyage ardu pour aller les croquer, une par jour, dans le monastère où il doit faire retraite afin de dormir enfin. Dans sa voiture japonaise qui brinquebale sur des pistes de tôle ondulée, Shin-hong a embarqué son meilleur ami, le réalisateur Midi Z.
Le jeune (36 ans) cinéaste navigue désormais entre ses diverses patries, la Birmanie où il est né, Taïwan où il a été longtemps exilé, la fiction qui l’a fait remarquer dans les festivals et les documentaires. En accompagnant Shin-hong, Midi Z s’aventure sur le terrain de la religion, miné en Birmanie. Pourtant son film, sans jamais renoncer à poser un regard critique, est empreint d’une beauté sereine, mu par un rythme ample, qui font que 14 Pommes à la fois le portrait instantané d’un pays instable et une bucolique birmane.
Avant d’arriver au monastère, il faut acheter les pommes. Cette première séquence, tournée dans un marché urbain illustre à merveille le talent de Midi Z. On y apprend la mondialisation du marché des fruits (les pommes les plus prestigieuses viennent de Californie, celles de seconde qualité de Thaïlande, les autres de Chine), et l’art du marchandage. On y entrevoit aussi des gens, vendeuse, badaud, qui, par la grâce du regard bienveillant et alerte du réalisateur, deviennent des personnages de cinéma.
Par la grâce de leurs gestes
Arrivés au village, les deux citadins, l’insomniaque et le réalisateur, prennent leurs marques. Il s’agit de cerner discrètement (Midi Z s’interdit le recours au commentaire) les inégalités sociales (absence ou présence d’un générateur, puisque le réseau électrique ne s’étend pas jusque-là, taille et aspect du cheptel) et les rituels. Tous tournent autour du monastère auquel les paysans remettent régulièrement des offrandes, riz et biscuits industriels, vêtements, ustensiles et – bien sûr – espèces.
Cette dîme volontaire représente une part non négligeable des maigres revenus des paysans, tout comme le long trajet des femmes qui portent l’eau de la source au monastère entame sérieusement leur emploi du temps. On le comprend en les suivant le temps d’un long plan séquence qui commence par le remplissage des seaux et se termine par les ablutions des bonzes. On est aussi saisi par la grâce de leurs gestes, par la légèreté que ces femmes opposent à la plus lourde des contraintes.
Midi Z montre la religion et ses servants comme une colle qui tient encore les morceaux d’une société animée d’une force centrifuge irrésistible
Dans l’enceinte, sommairement délimitée du temple (on est loin des dorures des sanctuaires des grandes villes), les villageois viennent demander l’intercession des religieux, prier ou discuter. C’est ainsi qu’on voit se dessiner une société en pleine mutation. Des jeunes filles viennent demander une bénédiction avant de partir travailler en Chine, où les attendent – elles le savent et l’expliquent aux moines – des conditions de travail proches de l’esclavage. Un moine demande à Shin-hong de l’initier aux rudiments du commerce. On voit aussi des conflits de voisinage s’apaiser par l’intervention d’un religieux, fût-il Shin-hong qui a accédé temporairement à d’importantes responsabilités.
Midi Z montre la religion et ses servants comme une colle qui est en train de se dissoudre mais qui tient encore les morceaux d’une société animée d’une force centrifuge irrésistible. Quand tout craque, la colle se fait liquide corrosif, comme l’a montré Barbet Schroeder dans Le Vénérable W., exploration de la face sombre, raciste, voire génocidaire, du bouddhisme birman. 14 Pommes en est le compagnon indispensable.

Documentaire birman et taïwanais de Midi Z (1 h 24). Sur le Web : carlottavod.com/14-pommes

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 mai)
Senses 5, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef-d’œuvre)14 Pommes, documentaire birman de Midi Z (à ne pas manquer)En guerre, film français de Stéphane Brizé (à ne pas manquer), en compétition à CannesDes spectres hantent l’Europe, documentaire français et grec de Maria Kourkouta et Nikki Giannari (à voir)Manhattan Stories, film américain de Dustin Guy Defa (pourquoi pas)No dormiras, film espagnol et urugayen de Gustavo Hernandez (pourquoi pas)
Nous n’avons pas vu :
Corpo elétrico, film brésilien de Marcelo CaetanoDeadpool 2, film américain de David LeitchEt mon cœur transparent, film français de David et Raphaël Vital-DurandTad et le secret du roi Midas, film d’animation espagnol d’Enrique Gato et David Alonso





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Deux femmes grecques, Maria Kourkouta et Niki Giannari, signent ce documentaire tourné dans un camp de migrants sur la « route des Balkans ».
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« Des spectres hantent l’Europe » : les fantômes d’Idomeni

Deux femmes grecques, Maria Kourkouta et Niki Giannari, signent ce documentaire tourné dans un camp de migrants sur la « route des Balkans ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h42
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 07h58
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Des tragédies qui défigurent l’humanité il n’y a lieu de tirer profit qu’à la mesure des hommes ou des œuvres qui les confrontent, avec la part de courage, de dignité, voire de beauté qu’implique ce mouvement.La question des réfugiés frappant à la porte de l’Europe a ainsi déjà produit, parmi les premiers, un Cédric Herrou, agriculteur et Juste de son état, et parmi les secondes L’Héroïque Lande, la frontière brûle, de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, magnifique documentaire sur la liquidation de la jungle de Calais récemment sorti en salle.
Des spectres hantent l’Europe est à inscrire dans ce sillage. Le film est coréalisé par deux femmes grecques de génération différente, la plus jeune, Maria Kourkouta, venant de l’image, la plus âgée, Niki Giannari, de l’écrit. Parties pour tourner un documentaire sur la guerre civile grecque des années 1940, elles détournent leur chemin pour s’arrêter, en mars 2016, dans le camp d’Idomeni, village grec à la frontière macédonienne, où sèchent sur pied quinze mille réfugiés, bloqués par la décision de la Commission européenne de fermer la « route des Balkans ».
Le spectateur est saisi par l’entêtante confusion dans laquelle ces êtres déjà brisés sont abandonnés
Le film est tout d’abord désarmant. On craint le geste artiste. Aucun dialogue, aucun commentaire, aucune intrigue, aucun enjeu manifeste. Des plans au centre de gravité très bas, qui coupent les personnages filmés de près. Des hommes de dos ou de profil, immobiles, ou traversant le champ. Des cirés kaki à n’en plus finir. Des pieds dans une boue perpétuelle, sous une pluie insistante. Des files d’attente permanentes devant des guichets inexistants. Un horizon laiteux, indifférent, clos. Et puis lentement, cela se décante. Dans l’esprit du spectateur d’abord, qui perçoit la nature participative de ces plans, qui est à son tour saisi par l’ineptie cruelle de l’attente, par l’indifférence suprême de l’environnement, par l’entêtante confusion dans laquelle ces êtres déjà brisés sont abandonnés.
Le film lui-même change insensiblement de registre, montrant les engueulades homériques qui opposent les migrants à bout de nerfs, tentés de stopper les trains de marchandises qui traversent le camp, et le représentant de l’Etat grec, compatriote relégué hors champ, qui ne cesse de les morigéner et de les rappeler à leur devoir de reconnaissance. On sent alors que le film tout entier naît de ce constat révoltant : sur notre continent aujourd’hui, on laisse circuler les trains de marchandises mais plus les hommes, les femmes, les enfants qui ont désespérément besoin de notre aide.
Poème vibrant d’intelligence
Vient enfin l’épilogue, qui fait se lever le vent de la vie sur ce film, en un effet qui n’est pas sans évoquer la fin sublime et joyeuse comme une renaissance, du Goût de la cerise (1997) d’Abbas Kiarostami. Changement impromptu de ton, de cadre, de format, de couleurs. Filmés à la main et à la Bolex seize millimètres en noir et blanc, les réfugiés nous montrent enfin, frontalement, leurs visages, qui se révèlent, divine surprise, pareils aux nôtres. Faibles, ivres de fatigue, et pourtant forts, brûlants d’espoir et de détermination, les yeux profondément et fraternellement plongés dans les nôtres.
Les accompagne sur la bande-son le texte vibrant d’intelligence et de sensibilité d’un poème écrit par Niki Giannari, lu par l’actrice Lena Platonos, dont on ne saurait mieux faire que de citer ces mots : « Les morts que nous avons oubliés, les engagements que nous avons pris et les promesses, les idées que nous avons aimées, les révolutions que nous avons faites, les sacrements que nous avons niés, tout cela est revenu avec eux. Où que tu regardes dans les rues ou les avenues de l’Occident, ils cheminent : cette procession sacrée nous regarde et nous traverse. Maintenant silence. Que tout s’arrête. »
Ramenant avec lui le souvenir du philosophe juif allemand Walter Benjamin, suicidé par désespoir à Portbou (Espagne) en 1940, ce texte, et plus largement ce film, a ainsi le mérite de mettre en perspective ce qui se rejoue du passé dans notre présent, ce que nos hantises doivent à nos fantômes. On trouvera ce texte publié dans son intégralité dans Passer, quoi qu’il en coûte (Ed. de Minuit, 2017), beau livre à deux voix cosigné par Niki Giannari et l’historien de l’art Georges Didi-Huberman.

Documentaire francais et grec de Maria Kourkouta et Niki Giannari (1 h 39). Sur le Web : www.survivance.net/document/30/58/Des-spectres-hantent-l-Europe

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 16 mai)
Senses 5, film japonais de Ryusuke Hamaguchi (chef-d’œuvre)14 Pommes, documentaire birman de Midi Z (à ne pas manquer)En guerre, film français de Stéphane Brizé (à ne pas manquer), en compétition à CannesDes spectres hantent l’Europe, documentaire français et grec de Maria Kourkouta et Nikki Giannari (à voir)Manhattan Stories, film américain de Dustin Guy Defa (pourquoi pas)No dormiras, film espagnol et urugayen de Gustavo Hernandez (pourquoi pas)
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le film de Dustin Guy Defa lorgne du côté de Robert Altman et de Woody Allen, sans parvenir à renouveler ces références.
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« Manhattan Stories » : portrait choral d’une ville

Le film de Dustin Guy Defa lorgne du côté de Robert Altman et de Woody Allen, sans parvenir à renouveler ces références.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h40
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Une journée à Manhattan dans la vie de plusieurs personnages : Benny, un collectionneur de vinyles, qui s’apprête à mettre la main sur une rareté de Charlie Parker ; Ray, son coloc, en pleine dépression depuis sa rupture amoureuse ; Claire, jeune chroniqueuse judiciaire qui mène sa première enquête auprès de Phil, journaliste d’investigation pour un tabloïd. On croise aussi un horloger, une adolescente misanthrope qui se pose des questions sur sa sexualité.
Si leurs trajectoires ne se croisent pas forcément, tous sont pris dans l’électricité de la Grande Pomme que Dustin Guy Defa, cinéaste américain, orchestre dans ce film choral. On pense à Robert Altman et évidemment à Woody Allen, pour le portrait d’une ville esquissé à partir d’une multiplicité de personnages et notamment à Meurtre mystérieux à Manhattan (1993) pour cette histoire de meurtre irrésolu qui hante plusieurs personnages.
Ecriture trop volontariste
Si Manhattan Stories a du charme, c’est qu’on est toujours ravi de retrouver la texture de New-York : ses rues, ses appartements, ses personnages névrosés et ses micro-récits où l’on croise les silhouettes de deux cinéastes new-yorkais, les frères Ben et Joshua Safdie. Mais l’exercice de style est aussi plaisant que limité, la faute à une écriture trop volontariste qui ne parvient pas à donner consistance aux nombreux personnages que l’on croise. Finalement peu convaincant, Manhattan Stories aura pour principal mérite de nous donner envie de nous replonger dans les références qu’il singe sans parvenir à les renouveler.

Film américain de Dustin Guy Defa. Avec Abbi Jacobson, Michael Cera, Tavi Gevinson (1 h 25). Sur le Web : www.ufo-distribution.com/movie/manhattan-stories



                            


                        

                        

