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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Douze pays européens s’opposent au Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui ne cesse d’abaisser ses exigences environnementales.
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Le secteur de l’aviation se divise sur la façon de réduire ses gaz à effet de serre

Douze pays européens s’opposent au Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale, qui ne cesse d’abaisser ses exigences environnementales.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h42
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h44
    |

                            Alexis Riopel








                        



                                


                            

L’aviation civile internationale fait bande à part : elle n’est pas incluse dans l’accord de Paris sur le climat. Le secteur s’est cependant engagé à établir pour 2021 son propre plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), qui représentent 3 % des émissions mondiales.
Les négociations sont ouvertes entre les 192 pays membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), qui dépend de l’ONU, mais les débats sont tendus : un groupe de pays européens menace de retirer son appui au texte si les règles de mise en œuvre du Programme de compensation et de réduction de carbone pour l’aviation internationale proposé par l’OACI sont de nouveau assouplies.
Leur avertissement fait suite à l’adoption, en novembre 2017, de mesures très peu contraignantes sur la nature des biocarburants retenus. Ces derniers vont être introduits afin de rendre l’aviation moins émettrice de GES et leurs effets seront comptabilisés.
Fin février, la France, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Autriche et la Finlande ont écrit à l’OACI pour faire état de leurs réserves vis-à-vis d’un nouvel affaiblissement du futur accord. Le Monde a eu accès à ces documents. La lettre du ministère français des transports indique que « si des Etats devaient remettre en cause certains aspects du compromis obtenu, notamment en ce qui concerne les unités d’émission et la durabilité des carburants alternatifs, l’accord donné par la France à cette version du texte s’en trouverait compromis ».
Pression du Brésil sur les agrocarburants
L’Allemagne, la Pologne, la Roumanie, le Portugal, la Slovénie et Malte auraient eux aussi émis des avis semblables auprès de l’OACI, selon l’ONG Transport et environnement. Tous ces Etats tentent d’empêcher un allégement des règles qui s’accentue chaque année, indique Andrew Murphy, chargé de l’aviation pour l’ONG basée à Bruxelles.
L’OACI encourage ses membres à utiliser du biocarburant pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter une raffinerie à La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme.
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L’Etat donne son feu vert à la bioraffinerie de Total

Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter une raffinerie à La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h25
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant) et 
Martine Valo








                        



                                


                            

Réunions publiques, communiqués inquiets : voilà des mois que la raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, agite des ONG de défense de l’environnement et des responsables syndicaux. Le préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a signé, mercredi 16 mai, l’autorisation donnée à Total d’exploiter « la première bioraffinerie française de taille mondiale », l’une des plus importantes d’Europe selon le groupe pétrolier. La production de biodiesel doit démarrer cet été, dernière étape de la reconversion de l’ancienne raffinerie, ouverte en 1935 à Châteauneuf-les-Martigues, au bord de l’étang de Berre.
Fin 2016, Total y a cessé toute opération de raffinage de pétrole brut, alléguant une perte annuelle de 100 millions d’euros. Selon un plan de conversion (2015-2022) qui verra les effectifs passer de 430 à 250 salariés, le site a été progressivement transformé pour accueillir un dépôt pétrolier d’une capacité d’1,3 million de m³, une ferme solaire de 8 MW qui a débuté sa production en janvier, et un grand centre de formation aux métiers du raffinage. Reste à démarrer, en juin, la fabrication d’AdBlue, un additif qui réduit les émissions d’oxyde d’azote des poids lourds.
Mais l’activité phare de La Mède, au prix d’un investissement de 275 millions d’euros, est l’installation d’une unité de raffinage d’huiles et de graisses animales, capable de traiter 650 000 tonnes par an, en vue de produire 500 000 tonnes de diesel de type HVO (hydrotraitement des huiles végétales), un biocarburant censé réduire l’émission des gaz à effet de serre.
« Incohérence totale »
Problème, aux yeux des défenseurs de l’environnement : ce choix industriel nécessite un apport massif d’huiles végétales brutes – jusqu’à 450 000 tonnes, dont au moins 300 000 tonnes d’huile de palme. Or, la bataille des agrocarburants se joue en réalité bien loin des stations-service et des tarmacs des aéroports d’Europe : elle a lieu dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.
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Décryptage

En RDC, le parc naturel des Virunga à l’épreuve de la violence

La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-16T16:33:02+02:00"

        Le 16.05.2018 à 16h33






    
A l’entrée du parc national des Virunga, dans l’est de la RDC, en 2010.
Crédits : Finbarr O'Reilly / REUTERS


Après l’enlèvement de deux jeunes touristes britanniques et le décès d’une de ses gardes, le parc national des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC), s’est résolu, mardi 15 mai, à fermer provisoirement ses portes. « La suspension des activités touristiques jusqu’au 4 juin est prise comme mesure de précaution alors qu’une enquête sur les circonstances de l’incident sécuritaire est en cours », justifient les autorités de la plus ancienne réserve naturelle d’Afrique dans un communiqué.

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Bethan Davies et Robert Jesty avaient été enlevés avec leur chauffeur, vendredi, alors qu’ils revenaient d’une excursion pour voir des gorilles des montagnes. La jeune Rachel Masika Baraka, une des 26 femmes sur les 700 gardes qui assurent la sécurité dans le parc, a été tuée en tentant de les protéger. Les otages ont été libérés dimanche dans des circonstances qui n’ont pas été précisées.
Escortes armées
L’est de la RDC est l’un des seuls endroits au monde, avec le Rwanda et l’Ouganda voisins, où il est encore possible d’observer des gorilles des montagnes, des primates classés en danger critique d’extinction. Dans l’une des zones les plus instables du pays, le courage des rangers du parc – dont 176 sont morts depuis vingt ans – et de son directeur belge, Emmanuel de Mérode – lui-même victime d’une attaque en 2014 –, avait permis de créer une enclave où les touristes venaient de plus en plus nombreux. En particulier depuis cette année, après que le Rwanda a décidé de facturer les permis de visite à 1 500 dollars, alors qu’ils ne s’élèvent qu’à 400 dollars en RDC.

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Quitte à se plier à des règles de sécurité très strictes. Aucun déplacement ne se fait sans escorte armée. Chaque jour, des convois protégés par des rangers sont organisés depuis Goma pour acheminer quelques dizaines de touristes vers les principaux sites de visite des gorilles et vers le volcan Nyiragongo, qui, avec son cratère de lave en fusion, est l’autre grande attraction du parc. Le retour doit avoir lieu avant 15 heures, toujours sous escorte.
Expatriés travaillant pour des institutions internationales, membres d’ONG ou simples voyageurs, rarement africains, les touristes qui viennent aux Virunga le font souvent parce que s’écrit ici l’une des plus passionnantes aventures de conservation du continent. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l’Alliance Virunga, qui réunit des donateurs internationaux dont les principaux sont l’Union européenne et la fondation Howard Buffett, ont entrepris depuis dix ans d’inverser le cours funeste de ce parc en bâtissant un ambitieux projet de développement au profit des populations riveraines.
Pillage et racket
Trois centrales hydroélectriques ont été construites autour du parc et 20 000 emplois ont été créés depuis trois ans, selon un bilan publié début mai. L’arrivée de l’électricité dans les villages doit réduire la demande en « makala », le charbon de bois utilisé pour faire la cuisine qui est produit à partir des arbres illégalement abattus dans le parc.
Ce commerce, qui rapporterait plus de 34 millions de dollars par an (27,5 millions d’euros), est aux mains des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui occupent la partie centrale du parc depuis plus de vingt ans. Plusieurs autres groupes armés issus de rébellions locales ou régionales se financent sur le pillage des ressources naturelles, le racket des pêcheurs vivant sur les rives du lac Edouard ou les kidnappings, dont la fréquence est en forte augmentation depuis quelques mois.

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Jamais cependant cette industrie de l’enlèvement n’avait touché des touristes et si près de Goma, dans une zone considérée comme ultra-sécurisée où sont postées plusieurs unités de l’armée congolaise. Le coup est donc rude. Il est trop tôt pour dire si l’activité du parc en sera durablement affectée. En attendant, il est certain que tous ceux qui convoitent ce territoire et ses richesses ne peuvent que se réjouir de cette nouvelle épreuve. A commencer par ceux qui rêvent de le voir déclassé de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour exploiter son pétrole.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Paris demande, avec Bruxelles et Madrid, l’annulation d’un règlement de 2016 assouplissant la norme Euro 6 sur les voitures. L’audience a lieu le 17 mai à Luxembourg.
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Hidalgo attaque le « permis de polluer » de la Commission devant la justice européenne

Paris demande, avec Bruxelles et Madrid, l’annulation d’un règlement de 2016 assouplissant la norme Euro 6 sur les voitures. L’audience a lieu le 17 mai à Luxembourg.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h07
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


C’est une audience inédite que se prépare à accueillir le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg. Jeudi 17 mai, à partir de 9 h 30, trois grandes capitales (Paris, Bruxelles et Madrid) tenteront d’obtenir l’annulation d’un règlement de la Commission européenne. Elles auront chacune quinze minutes, et pas une de plus, pour convaincre les juges de la recevabilité de leur requête, que conteste la Commission.
Paris, Bruxelles et Madrid s’attaquent au règlement n° 2016/646 du 20 avril 2016 modifiant la fameuse norme Euro 6 sur les émissions de gaz polluants des voitures. « Ce texte est un permis de polluer accordé aux constructeurs automobiles, un scandale d’un point de vue de santé publique », déclare au Monde Anne Hidalgo. La maire de Paris sera présente jeudi à Luxembourg. Et c’est l’avocat de la ville, Jérémie Assous, dont le dernier fait d’arme est la relaxe de Julien Coupat et de ses camarades lors du procès de l’affaire Tarnac, qui ouvrira les plaidoiries.
Dans ce combat contre la Commission, Paris mène la fronde. Il y a deux ans, c’est Anne Hidalgo qui avait initié une pétition – signée par plus de 130 000 citoyens européens – et engagé un recours devant le Tribunal de l’Union européenne, suivie par ses homologues de Bruxelles et Madrid.
Scandale du « dieselgate »
C’est le scandale du « dieselgate » qui a conduit le législateur européen à modifier la norme Euro 6, en vigueur depuis 2014. En octobre 2015, le patron de Volkswagen reconnaît avoir truqué les moteurs de 11 millions de véhicules diesel pour minorer les émissions d’oxydes d’azote (Nox) lors des tests d’homologation. Pour éviter que la fraude ne se reproduise, la Commission décide de modifier ladite norme Euro 6 en introduisant des tests en conditions de conduite réelle (RDE) en plus de ceux réalisés en laboratoires et mis à mal par le « dieselgate ».
Or, « afin de permettre aux constructeurs de s’adapter progressivement aux règles RDE », précise le règlement de 2016, une marge d’erreur appelée « facteur de conformité » est ajoutée. Censée réduire l’écart entre la limite réglementaire (80 mg/km) mesurée en laboratoire et les valeurs obtenues en RDE, c’est cette marge d’erreur qui constitue « un permis de polluer », selon les mots d’Anne Hidalgo.
Fixé à 2,1 pour les nouveaux véhicules jusqu’en septembre 2019 puis à 1,5 à partir de janvier 2021, ce facteur de conformité autorise donc dans les faits les constructeurs à produire des véhicules dont les niveaux d’émissions de Nox (168 mg/km, puis 120 mg) sont bien supérieurs (110 % puis 50 %) à la limite de 80 mg/km retenu par le Parlement européen au titre de la norme Euro 6. En juin 2007, les eurodéputés avaient en effet décidé de durcir les critères d’homologation en abaissant le seuil de 180 mg/km (Euro 5) à 80 mg/km à l’horizon 2014.
Pour les requérants, avec le règlement de 2016, la Commission a donc créé une nouvelle norme moins contraignante. « Ce texte exprime un assouplissement des exigences des autorités publiques à l’égard des constructeurs comme si finalement le “dieselgate” n’était pas la suite du comportement frauduleux des industriels mais la conséquence de règles trop ambitieuses justifiant leur contournement par nécessité économique », estime Jérémie Assous. Pour l’avocat de la Ville de Paris, cet « assouplissement » entre en « contradiction » avec le droit européen de l’environnement articulé autour des principes de précaution et de non-régression des normes.
Victoire du lobby automobile
Anne Hidalgo dénonce le « double discours » de la Commission. « D’un côté, elle demande aux Etats de respecter la directive de 2008 sur la pollution de l’air et menace la France de la renvoyer devant la Cour de justice de l’Union européenne, développe la maire de Paris. De l’autre, elle donne gain cause au lobby automobile après le dieselgate en adaptant ses normes aux constructeurs quand la justice américaine les condamnent à de très lourdes amendes. »
Selon Me Assous, les requérants posent « une question politique ». « Dans le choix de la Commission clairement favorable aux constructeurs, ils dénoncent une trahison de l’accord de Paris pourtant signé par les Etats européens », juge l’avocat qui voit dans l’audience du 17 mai « un tournant en matière de droit à l’environnement mais également en matière de droit européen et de démocratie ». 
La Commission estime de son côté que Paris – à l’instar de Bruxelles et Madrid – n’étant pas une entité étatique, n’est pas recevable dans sa requête. La norme Euro 6 s’impose en effet directement aux Etats. Mais la faculté d’interdire ou de restreindre la circulation des véhicules non conformes aux normes européennes revient in fine aux collectivités territoriales. Ainsi, c’est sur la base des normes Euro que Paris a mis en place une zone à circulation restreinte dont l’objectif est d’éradiquer progressivement les véhicules les plus polluants.
Circonstance aggravante selon Paris, l’assouplissement de la norme Euro 6 a favorisé l’entrée sur le parc automobile parisien de véhicules polluants qui auraient été interdits en l’absence du règlement d’avril 2016 et contraint donc la ville à prendre des mesures coûteuses en matière de santé publique ou de gestion des pics de pollution. C’est pourquoi Me Assous demandera 1 euro symbolique au titre du préjudice subit par la capitale.
Quelle qu’en soit l’issue (le jugement sera mis en délibéré), l’audience du 17 mai est déjà « une immense victoire », considère Anne Hidalgo : « être invité à plaider par les juges est la marque d’un rééquilibrage du rapport de force entre les citoyens et les lobbys ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ L’intervention des forces de l’ordre doit reprendre jeudi 17 mai pour évacuer une douzaine de sites.
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Veille d’expulsion à Notre-Dame-des-Landes

L’intervention des forces de l’ordre doit reprendre jeudi 17 mai pour évacuer une douzaine de sites.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h03
    |

            Rémi Barroux (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial)








                        



   


Devant leur maison en bois, sous un chaud soleil, Etienne et Véro prennent le café. Devant eux, un grand champ d’orge et, juste à côté, leurs plantations, en partie abritées dans deux serres : tomates, poivrons, blettes, oignons, rhubarbe, menthe… Un peu plus loin, dans un enclos, quatre belles poules pondeuses, blanches et rousses.
A l’ouest dans la « zone à défendre », les deux trentenaires contemplent ce qu’ils ont bâti et semé depuis une quinzaine de mois. Ici, c’est la Hulotte, lieu-dit de cette zone occupée par les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
Ce mardi 15 mai, nombre de ces zadistes craignent à nouveau d’être expulsés par les gendarmes mobiles. La reprise des opérations serait prévue jeudi. Après une première phase qui a duré quatre jours, du 9 au 12 avril, et permis de détruire une trentaine de sites sur quelque 90 que comptait le bocage, générant de violents affrontements, le gouvernement veut finir le travail. C’est-à-dire, selon le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, venu présider, lundi, le comité de pilotage sur l’avenir des terres de la ZAD (Copil), que « ceux qui n’ont rien à faire sur le site devront le quitter ; le processus de retour à l’Etat de droit se poursuivra ». Une douzaine de sites seraient visés par l’intervention, pensée pour être rapide, et censée s’achever avant le week-end de trois jours de la Pentecôte.
Quinze dossiers agricoles validés
Lundi, le comité de pilotage, sous l’autorité de la préfète des Pays de la Loire Nicole Klein, a retenu quinze dossiers (maraîchage, élevage d’ovins et de bovins, brasserie, cultures de plantes médicinales, aromatiques, apiculture…), représentant 170 hectares, pour une signature prochaine de convention d’occupation précaire.
Malgré la validation de leur dossier, Etienne et Véro ne sont pas très sereins. « On s’est même demandé s’il ne fallait pas démonter les serres », indique Véro, au léger accent québécois. « Nous avons proposé du maraîchage, ainsi qu’une activité avec des chevaux de trait qui serviront aussi au débardage du “groupe bois” – nous avons beaucoup de projets en lien avec d’autres sites de la ZAD », explique Etienne.
L’expérience de Sarah, 29 ans, n’est pas pour les rassurer. Ingénieure agronome, elle a vu tout ce qu’elle avait bâti avec ses compagnons, à la ferme des 100 Noms, détruit le premier jour de l’opération précédente. Sarah y élevait une vingtaine de brebis, trois ânesses, avait construit une grange de 400 m², semé un potager collectif… « Nous allions recevoir une cinquantaine de brebis supplémentaires et nous avons dû déménager en urgence, dans la nuit, nos bêtes très stressées », raconte-t-elle.
Les « anciens » des 100 Noms ont déposé deux projets : « Moutons à 5 pattes », un projet de 80 brebis pour faire de l’agneau et de la laine, ainsi que « Mouton noir », pour produire des galettes avec culture de sarrasin. « On a monté ces dossiers en catastrophe, on avait perdu tous nos documents, plus de parcelles ni de sites pour ces activités, heureusement qu’on a pu s’installer dans une ferme du Limimbout, témoigne la jeune femme. Ils ont été d’abord retoqués : pas assez viables économiquement, pas assez de surfaces agricoles… On a retravaillé en urgence et ils ont été acceptés. »
« C’est n’importe quoi »
Quels seront les sites visés jeudi ? Le nom de l’Ambazada circule. C’est un lieu de réunion, de documentation et de formation. Benji, un graphiste de 31 ans reconverti dans la rénovation d’habitat, défend ce projet : « C’est un lieu et une association dont les statuts ont été déposés à la préfecture. Comme avec la Baraka où j’habite, ce sont des projets connectés les uns aux autres, avec la bibliothèque du Taslu par exemple, et qui font vivre la zone. »
Voisin de la Hulotte, Marcel Thébault, éleveur et l’un des quatre opposants historiques, est en colère : « C’est n’importe quoi, les ultimatums du gouvernement sont si proches que les “barricadiers” arrivés sur la zone sont restés. Les autorités ne nous laissent pas travailler tranquillement, c’est à se demander si elles ne veulent pas faire partir tout le monde. »
Au cœur de la ZAD, un autre paysan, fer de lance de la lutte de Notre-Dame-des-Landes, craint le retour des violences. « Je devais faire l’ensilage jeudi, mais on m’a dit, à la préfecture, de le faire plutôt mercredi ou samedi », raconte Sylvain Fresneau. Une confirmation de la nouvelle opération d’expulsions prévue jeudi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Cette instance doit analyser la procédure d’autorisation des produits phytosanitaires.
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Au Parlement européen, les impasses de la commission pesticides

Cette instance doit analyser la procédure d’autorisation des produits phytosanitaires.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h20
    |

                            Stéphane Horel








                        



                                


                            

Ni Monsanto ni Bayer, et aucun représentant de la Glyphosate Task Force, le consortium d’entreprises commercialisant la molécule active du Roundup. Le programme des auditions de la commission spéciale du Parlement européen sur la procédure d’autorisation des pesticides se remarque surtout par ses grands absents. Aucun d’entre eux, cependant, n’avait été invité : l’industrie figurait bien au menu des auditions mardi 15 mai, mais elle était représentée par son organisation de lobbying, la European Crop Protection Association (ECPA). Si l’absence de Monsanto est un point d’achoppement symbolique, il n’est pas le seul.
Créée le 6 février pour répondre aux « préoccupations » exprimées sur l’évaluation du glyphosate, la commission « PEST », composée de trente eurodéputés, doit notamment analyser « l’indépendance de la procédure vis-à-vis des entreprises et la transparence du processus de décisions ». Classé cancérigène probable pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) des Nations unies, mais blanchi par les agences européennes, l’herbicide a été réautorisé par les Etats membres pour cinq ans en novembre 2017.
« Le Parlement ne devrait pas s’autoproclamer justicier »
Or les travaux de la commission PEST, que préside le Français Eric Andrieu (Alliance progressiste des socialistes et démocrates), semblent déjà dans l’impasse en raison de désaccords majeurs entre les coordinateurs des groupes politiques. Avec la droite appuyée par les centristes de l’Alliance des démocrates et des libéraux (ALDE) d’un côté, la gauche et les Verts de l’autre.
La coordinatrice pour le Parti populaire européen (PPE, droite, majoritaire) n’en fait pas mystère : son groupe avait contesté le principe même de la création d’une commission spéciale. « Nous voulions éviter de faire un procès à Monsanto », explique Angélique Delahaye, qui estime que « le Parlement ne devrait pas s’autoproclamer justicier »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ La quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle » en 1938, prend les commandes de Porsche SE.
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Rajeunissement dans la famille actionnaire de Volkswagen

La quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle » en 1938, prend les commandes de Porsche SE.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h27
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Dans le capitalisme allemand, il ne faut jamais négliger les histoires de famille. Derrière les plus grandes entreprises, même cotées en Bourse, se cachent souvent des sociétés ou fondations familiales qui influencent les grandes décisions stratégiques. Il en est ainsi chez Volkswagen. Dans la première entreprise allemande (230,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), rien d’important ne se décide sans l’aval de la Porsche SE, la holding familiale, qui détient 52 % des droits de vote du groupe Volkswagen.
Mardi 15 mai, au cours de son assemblée générale, à Stuttgart, Porsche SE a entériné un renouvellement de son conseil de surveillance, qui marque une rupture dans l’histoire de Volkswagen. Au terme d’un élargissement du directoire à dix membres, une nouvelle génération de la famille Porsche-Piëch a amorcé sa prise de pouvoir. Les nouveaux arrivants, Stefan Piëch, Peter Daniell Porsche et Josef Ahorner, représentent la quatrième génération des descendants de Ferdinand Porsche, inventeur de la « Coccinelle », la toute première « voiture du peuple », en 1938.
Depuis des années, ils évoluaient dans l’ombre de leurs illustres oncles, Wolfgang Porsche et Ferdinand Piëch, respectivement âgés de 75 ans et 81 ans, dont la haine réciproque a empoisonné les relations entre les deux branches de la famille pendant des décennies. Aujourd’hui, Ferdinand Piëch, ancien PDG et président du conseil de surveillance de VW jusqu’en 2015, ne détient plus aucune fonction dans la holding. L’arrivée de la nouvelle génération, annoncée dès le mois de mars, pourrait enfin apaiser les relations familiales. Mardi, à Stuttgart, les nouveaux membres du conseil de surveillance de la holding ont multiplié les gestes d’unité.
Centralisation du pouvoir
Ce renouveau pourra-t-il influencer le changement de culture que Volkswagen annonce de ses vœux depuis le déclenchement du « dieselgate » ? Pour l’instant, peu d’éléments le suggèrent. Car, en dépit des transformations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ L’association Halte à l’obsolescence programmée rapporte que 130 millions de paires sont vendues chaque année en France, en faisant une industrie fort polluante.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.
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Le Canada veut produire de l’aluminium « vert », sans émission de carbone

Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h42
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



   


Dans le secteur de l’aluminium, l’élimination des émissions de gaz à effet de serre n’est pas pour demain, mais elle pourrait faire bientôt un grand pas en avant avec un mode de production non polluant, qui devrait être opérationnel à partir de 2024. Le 10 mai, les groupes Alcoa et Rio Tinto ont annoncé vouloir fonder une entreprise conjointe, Elysis, pour exploiter un procédé qui n’émet pas du tout de dioxyde de carbone contrairement à la technique de fusion traditionnelle. Apple ainsi que les gouvernements canadien et québécois leur apportent leur concours.
L’usine sera la première du genre dans le monde. Le projet doit se développer à Jonquière, dans le nord du Québec, centre névralgique de la production canadienne d’aluminium. L’investissement s’élève à 558 millions de dollars canadiens (365 millions d’euros). Ottawa et Québec mettent chacun 39 millions d’euros sur la table, Apple 8,5 millions, Alcoa et Rio Tinto 278 millions.
La nouvelle technologie, brevetée par Alcoa en 2009 après des années de recherche, entre dans sa phase industrielle. L’objectif est de la vendre sous licence dès 2024 pour de nouvelles installations ou pour modifier des usines existantes. Elle transformerait radicalement la phase de réduction de l’alumine en aluminium, à partir d’anodes inertes utilisant un matériau conducteur évolué qui libérerait de l’oxygène pur.
Des gains de productivité
Le procédé actuel soumet l’alumine à un puissant courant électrique pour provoquer une réaction d’oxydoréduction en faisant appel à des matières carbonées qui, en brûlant, libèrent des gaz à effet de serre. Avec le système d’Elysis, une céramique remplacerait le carbone de l’électrode du four, qui émettait du CO2 en se combinant à l’oxygène.
L’industrie pourrait ainsi obtenir de l’aluminium plus propre et plus rentable. Vincent Chris, nouveau PDG d’Elysis, parle de 15 % de gain de productivité et d’une baisse de 15 % des coûts de production.
Pour le premier ministre canadien, Justin Trudeau, « il s’agit de la plus importante innovation dans l’industrie de l’aluminium depuis plus d’un siècle et d’une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique ». Elle pourrait, selon lui, contribuer à réduire de 6,5 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre au Canada. On comprend son enthousiasme à l’heure où la lutte contre le réchauffement piétine dans ce pays.
« Si elle se concrétise, cette annonce pourrait apporter une véritable révolution pour l’industrie de l’aluminium, assure Patrick Bonin, responsable de la campagne climat énergie chez Greenpeace Canada. Reste à connaître tous les impacts environnementaux qui découleraient de l’utilisation de cette nouvelle technologie. »
1 % des émissions de gaz à effet de serre
A lui seul, le Québec produit 2,8 millions de tonnes d’aluminium primaire par an avec l’actuel procédé de fabrication par électrolyse, note Claude Villeneuve, spécialiste en sciences de l’environnement à l’Université du Québec, à Chicoutimi. Et pour en obtenir une tonne, la combustion émet 1,5 tonne de CO2. Cela ne devrait plus être plus le cas.
Apple – qui a provoqué le rapprochement entre Alcoa et Rio Tinto – veut se montrer écoresponsable, mais ses ordinateurs portables, iPad et iPhone demandent beaucoup d’aluminium. « Nous sommes fiers de participer à ce nouveau projet ambitieux », a déclaré son PDG, Tim Cook, assurant qu’il attend la suite « avec impatience ».
Pour le secteur de l’aluminium, qui génère directement 1 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l’industrie mondiale (responsable elle-même de 21 % des émissions à l’échelle planétaire), ses performances en termes de bilan carbone devraient stimuler les ventes d’Elysis.
Une centaine de chercheurs, techniciens et ingénieurs vont s’installer prochainement à Jonquière pour travailler à la phase industrielle de la technologie d’abord développée dans les laboratoires d’Alcoa à Pittsburgh (Pennsylvanie). Il est prévu une année de tests avant d’aller plus loin.
« Le potentiel est là, estime Claude Villeneuve. Et si de gros acteurs comme Alcoa, Rio Tinto et Apple investissent autant, c’est qu’ils ont bon espoir d’arriver à parvenir à produire de l’aluminium sans émissions de CO2, peut-être entre 2023 ou 2028. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Les événements climatiques extrêmes sont la principale cause des migrations forcées à l’intérieur d’un pays.
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Catastrophes et conflits ont fait plus de 30 millions de déplacés dans le monde en 2017

Les événements climatiques extrêmes sont la principale cause des migrations forcées à l’intérieur d’un pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h06
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 10h00
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Les images, souvent tragiques, des migrants affluant vers l’Europe font parfois oublier une autre réalité : celle des « déplacés internes », c’est-à-dire des personnes contraintes de fuir leur village ou leur ville tout en restant à l’intérieur des frontières de leur pays. Leurs cohortes ne cessent pourtant de s’allonger. Elles sont 30,6 millions dans le monde à avoir vécu cette épreuve en 2017, selon le dernier rapport, publié mercredi 16 mai, de l’Internal Displacement Monitoring Center (IDMC).
Cet organisme, créé en 1998, s’efforce d’effectuer le suivi le plus exhaustif possible de ces mouvements, avec des données portant cette année sur 143 pays et territoires. Il veut ainsi alerter sur le sort d’individus qui, à la différence des réfugiés cherchant asile dans un autre pays, ne bénéficient pour l’instant d’aucun statut juridique assurant – au moins en théorie – leur protection.
Sont comptabilisés à la fois les déplacements internes liés à des conflits (guerres, violences pour motifs politiques, ethniques ou religieux, criminalité…) et ceux provoqués par des catastrophes naturelles ou climatiques, les deux causes combinant parfois leurs effets.

   


« Sur l’ensemble de l’année écoulée, le nombre de nouveaux déplacés en raison de conflits a atteint 11,8 millions, soit presque deux fois plus qu’en 2016, indique Alexandra Bilak, directrice de l’IDMC. C’est le chiffre le plus élevé depuis dix ans et il est dû pour plus de moitié à la situation dans trois pays, Syrie, Irak et République démocratique du Congo, qui vivent des crises humanitaires majeures. » Et encore certains Etats, comme le Yémen, n’apparaissent-ils pas dans le recensement, faute d’informations précises.
« Impacts cumulatifs »
Ces déracinés s’ajoutent à ceux des années antérieures, même s’il existe aussi des flux de retours, au demeurant souvent précaires et suivis de nouveaux départs. Au total, Alexandra Bilak évalue à « au moins 40 millions » le nombre actuel de déplacés pour cause de conflits ou de violences.
Dans le même temps, un nombre encore plus important de personnes – 18,8 millions, notamment en Chine et aux Philippines – ont été forcées de quitter leurs terres par des catastrophes de toute nature. Il s’agit, en très grande majorité, d’événements climatiques extrêmes, principalement inondations (8,6 millions), tempêtes et ouragans (7,5 millions), alors que le tribut payé aux séismes et aux éruptions volcaniques est resté l’an passé relativement modéré (un peu moins de 800 000).
Pour la première fois, l’IDMC a quantifié les déplacements consécutifs à des sécheresses, soit 1,3 million dans les seuls quatre pays pour lesquels il dispose de données fiables : Ethiopie, Somalie, Burundi et Madagascar. Des chiffres très partiels donc, mais qui montrent que le dérèglement climatique est devenu un facteur de déstabilisation de plus en plus prégnant.
« D’autant plus, souligne la directrice, que les désastres s’enchaînent, avec des impacts cumulatifs sur des populations déjà éprouvées. » C’est ainsi qu’après avoir subi l’an passé une sécheresse dévastatrice, la corne de l’Afrique fait désormais face à des pluies diluviennes.

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                La Banque mondiale s’inquiète du sort des déplacés climatiques



Derrières ces statistiques générales se cachent autant de drames humains, sur lesquels la communauté internationale a peu de prise directe, dans la mesure où la gestion des migrations intérieures relève de la « souveraineté » de chaque Etat. A défaut de convention accordant un statut particulier aux déplacés internes, les Nations unies ont toutefois édicté, en 1998, des « principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays », destinés à leur garantir des droits et une protection, tant durant leur exil que lors de leur réinstallation dans leur foyer d’origine.
« Vingt ans après l’adoption de ces principes, les progrès restent très insuffisants, commente Alexandra Bilak. Au-delà de l’amélioration de la réponse qui peut être apportée à ces crises par des programmes d’aide humanitaire, les gouvernements eux-mêmes doivent se saisir de cette question. La communauté internationale doit aider, par un dialogue constructif, à trouver des solutions adaptées à chaque pays. »
Il en va, ajoute l’IDMC, des objectifs communs qui sont au cœur de l’Organisation des Nations unies : maintien de la paix et de la sécurité, respect des droits de l’homme, développement durable…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ La République démocratique du Congo a donné son feu vert à son déploiement, pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
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Ebola : un vaccin expérimental sera utilisé en RDC

La République démocratique du Congo a donné son feu vert à son déploiement, pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 08h11
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


Un vaccin expérimental contre Ebola pourrait être déployé dès mardi 22 mai en République démocratique du Congo (RDC). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reçu le feu vert des autorités pour expédier les premières doses dans les prochains jours. L’épidémie s’est déclarée il y a cinq semaines dans le nord-ouest du pays et une quarantaine de cas suspects ou confirmés ont été comptabilisés depuis.
L’épicentre se situe à Bikoro, sur les rives du lac Tumba, dans une région très reculée. Un pont aérien devra être mis en place acheminer les médicaments et les équipes jusque-là. L’un des grands défis logistiques est la chaîne du froid : le vaccin doit être conservé à – 80 °C et transporté dans des congélateurs adaptés.

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Mis au point par le laboratoire pharmaceutique Merck en 2016, il s’est révélé efficace lors d’essais sur les humains, mais n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Connu sous le nom de code V920, il avait été testé en Guinée en 2015, à la fin de l’épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest.
Les résultats publiés dans The Lancet début 2017 semblent très prometteurs : sur les quelque 6 000 personnes vaccinées (dont près de 200 enfants) aucune n’a contracté la maladie dans les semaines suivant la vaccination. Les participants avaient été sélectionnés sur la base de leur proximité avec un patient infecté – les « contacts » et les « contacts de contacts » dans le jargon. Seule inconnue, la durée de la protection conférée par le vaccin.
Des vaccins fabriqués par Merck
L’efficacité de cette « vaccination en couronne » est ce qui justifie l’utilisation du V920 dans un contexte d’urgence. « L’objectif est de casser les chaînes de transmission », explique le professeur Denis Malvy, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Bordeaux. « Toute la difficulté est de tracer les personnes avec lesquelles les malades ont été en contact ».
Trois foyers de contamination ont été repérés et près de 400 personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en observation. Elles seront vaccinées en priorité, de même que le personnel soignant. Le vaccin est administré en dose unique. « Fidéliser des gens terrorisés et peu éduqués est compliqué », explique le médecin qui sera sur place à la fin de la semaine. La campagne de vaccination en RDC sera conduite dans un cadre comparable à celui d’un essai clinique mais ne s’inscrit pas dans un protocole de recherche.
Le V920, qui s’appuie sur les travaux d’un laboratoire de recherche public canadien a d’abord été développé par la biotech américaine NewLink Genetics. Merck a conclu avec elle un accord de licence fin 2014, et commencé les vaccinations dès mars 2015 en Guinée. Les données collectées lors de cet essai clinique, le plus important conduit dans un contexte épidémique, seront étudiées à la loupe par les agences de santé en Europe et aux Etats-Unis où Merck compte enregistrer son vaccin. Le laboratoire comptait déposer son dossier fin 2017, mais a pris du retard.
L’OMS dispose aujourd’hui de 4 000 vaccins, mais au moins 300 000 autres doses sont disponibles. Ces vaccins ont été fabriqués par Merck à la suite d’un accord passé avec Gavi, une organisation internationale dont l’objectif est de favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins. En janvier 2016, elle s’était engagée à verser 5 millions de dollars au laboratoire américain en contrepartie de la création d’un stock d’urgence. « Il est inquiétant de constater que le monde n’est toujours pas prêt à faire face aux nouvelles menaces sanitaires qui pourraient se présenter à l’avenir ; il faut absolument changer de mentalité et investir dès aujourd’hui dans la recherche et le développement pour assurer notre protection dans les années à venir, » avait à ce moment déclaré le docteur Seth Berkley, le directeur de Gavi.

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Eviter la formation d’un « important foyer urbain »
Dans l’immédiat, le risque serait de voir la maladie se propager dans Mbandaka, qui compte un million d’habitants. « Si une ville de cette taille est gagnée par la maladie d’Ebola, il y aura un important foyer urbain, ce qui sera un vrai défi », a déclaré Peter Salama, qui pilote les opérations d’urgence à l’OMS. « Lorsque Ebola gagne des zones urbaines, notamment des bidonvilles, il est extrêmement difficile de venir à bout de la maladie », a-t-il ajouté. Les liaisons fluviales représentent aussi un risque : par le fleuve Congo, Bikoro est relié à la capitale Kinshasa (11,5 millions d’habitants) ainsi qu’à Brazzaville la capitale de la République du Congo (1,9 million d’habitants). Barges et pirogues circulent quotidiennement sur cette zone frontalière.
« Dans les zones de faible densité, le virus se diffuse peu, ce qui explique que les précédentes épidémies en RDC se soient éteintes rapidement », indique Sylvain Baize, spécialiste des fièvres hémorragiques à l’Institut Pasteur. « Chaque malade contamine en moyenne une à deux personnes : on est loin des taux de propagation de la grippe ou de la rougeole », ajoute le chercheur. L’évolution de l’épidémie reste cependant difficile à prédire : au Liberia et en Sierra Leone, elle avait pris fin d’un coup en 2015 sans que les scientifiques s’expliquent pourquoi. La mise à disposition en urgence d’un vaccin représente un tournant par rapport à 2014, où l’OMS avait beaucoup tardé à intervenir. « Là, on se donne les moyens d’anticiper le risque », estime le professeur Malvy.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ La forte demande de refroidissement dans les parties les plus chaudes de la planète va faire augmenter la consommation d’électricité et risque d’accentuer le changement climatique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Comment les climatiseurs réchauffent la planète

La forte demande de refroidissement dans les parties les plus chaudes de la planète va faire augmenter la consommation d’électricité et risque d’accentuer le changement climatique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h31
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les climatiseurs ne refroidissent pas la planète, ils la réchauffent. L’équation peut sembler simpliste, mais elle permet de comprendre l’un des points aveugles du débat sur l’énergie et le climat.

Alors que des centaines de millions de personnes vivent dans des zones aux températures élevées, les besoins en électricité pour répondre à cette demande de refroidissement sont de plus en plus importants. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendue publique mardi 15 mai, ces besoins pourraient représenter l’équivalent de la production électrique des Etats-Unis et de l’Allemagne d’ici à 2050.

Dans un rapport intitulé « Le Futur du refroidissement », l’AIE met en garde contre les conséquences d’une telle trajectoire : la hausse exponentielle de la consommation d’électricité liée aux besoins en air conditionné pourrait conduire à plus de production électrique à partir de charbon ou de gaz et rendre plus difficile – voire impossible – d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat. Selon cet accord, adopté en décembre 2015, la quasi-totalité des pays du monde se sont engagés à maintenir le réchauffement « bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels ».
De 1,6 à 5 milliards d’appareils
A l’heure actuelle, 1,6 milliard de climatiseurs sont utilisés dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis et en Chine. Ils nécessitent plus de 2 000 térawattheures d’électricité par an, soit, à titre de comparaison, quatre fois la consommation annuelle d’électricité en France. Depuis 1990, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à cette consommation ont plus que triplé et représentent autant que les émissions du Japon, soit 1 130 millions de tonnes de CO2.

La hausse de la demande de refroidissement est portée par la croissance économique de régions parmi les plus chaudes de la planète. Trois pays – l’Inde, la Chine et l’Indonésie – représentent à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est la cible d’industriels depuis qu’il a classé cancérogènes probables le glyphosate et la viande rouge.
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Succession à risque à l’agence anticancer de l’OMS

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est la cible d’industriels depuis qu’il a classé cancérogènes probables le glyphosate et la viande rouge.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h05
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

C’est une succession à haut risque pour la santé publique. Le conseil de direction du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) devait élire, jeudi 17 mai, le successeur de son actuel directeur, le pharmacologue et épidémiologiste britannique Christopher Wild. Ce dernier dirige le CIRC depuis près d’une décennie. Sa succession, qui prendra effet début 2019, intervient dans un climat de tension inédit.
Depuis qu’elle a classifié la viande rouge et le glyphosate – le célèbre herbicide inventé par Monsanto – comme « cancérogènes probables », en 2015, l’agence onusienne basée à Lyon est la cible de vives critiques de la part des milieux industriels. Au point que des personnalités scientifiques proches de l’agence craignent une perte d’indépendance à la faveur du changement de direction.
Au cours des dernières semaines, le conseil de direction de l’agence, qui réunit les représentants des 25 Etats participant à son fonctionnement, a présélectionné cinq candidats parmi la quinzaine qui s’étaient déclarés. La liste n’est pas publique. Selon nos informations, il s’agit de Joakim Dillner (Institut Karolinska, Suède), de Shuji Ogino (Harvard School of Public Health, Etats-Unis), de l’Allemand Joachim Schüz, déjà membre du CIRC, d’Elisabete Weiderpass (Institut Karolinska, Suède), et de David Whiteman (institut QIMR Berghofer à Brisbane, Australie).
« C’est un poste très important, résume Philip Landrigan, professeur au Mount Sinai Medical Center, à New York, et l’une des grandes figures de l’épidémiologie environnementale. Mais quel que soit le profil scientifique du candidat, l’important est qu’il comprenne la dimension humaine de son travail : une mauvaise décision de l’agence, et ce sont des vies humaines qui peuvent être perdues. »
Créé à l’initiative de Charles de Gaulle, en 1965, et placé sous la tutelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le CIRC est chargé d’animer la recherche sur le cancer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait générer quatre fois plus d’emplois dans le monde qu’elle n’en détruirait.
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Article sélectionné dans La Matinale du 14/05/2018
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Lutter contre le changement climatique créerait 18 millions d’emplois

La réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait générer quatre fois plus d’emplois dans le monde qu’elle n’en détruirait.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h49
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Créer 18 millions d’emplois dans le monde, voilà ce que permettrait la lutte pour réduire les émissions de CO2 – afin de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C, tel que le préconise l’accord de Paris conclu le 12 décembre 2015.
Dans le rapport « Emploi et questions sociales dans le monde 2018 : une économie verte et créatrice d’emploi », rendu public lundi 14 mai au soir, l’Organisation internationale du travail (OIT) a réalisé une estimation des pertes et des créations d’emplois induites par cette évolution de l’économie, qu’elle juge inéluctable. Elle considère que celle-ci pourrait se solder par 24 millions de nouveaux postes tandis que 6 millions disparaîtraient; le solde induit par la généralisation de la transition verte serait donc de 18 millions d’ici à 2030.
L’unique agence tripartite des Nations unies – regroupant les représentants des gouvernements, des employeurs et des salariés de 187 Etats membres – avait déjà, dans le passé, travaillé sur la question des emplois verts et du travail décent. En 2013, lors de la Conférence internationale du travail, qui se tient chaque mois de juillet à Genève, elle avait produit un rapport indiquant « des gains nets en matière d’emplois supplémentaires, entre 2010 et 2030, de 0,5 % à 2 % ».
Catherine Saget, économiste à l’OIT et principale auteure du rapport publié lundi, prévient qu’« il ne s’agit pas ici de comptabiliser les emplois verts à venir, mais d’étudier les gains et pertes dans tous les secteurs touchés par la mutation de l’économie ». Ainsi l’OIT estime que « l’action visant à limiter le réchauffement climatique à 2 °C va se traduire par suffisamment de créations d’emplois pour compenser largement les six millions de suppressions d’emploi faites ailleurs ».
Bénéfice en Amérique, Asie et Europe, perte en Afrique
Le bénéfice net se concentre dans les Amériques, en Asie et dans la zone Pacifique, ainsi qu’en Europe, s’élevant respectivement à trois millions, à quatorze millions et à douze millions d’emplois. A contrario, le Moyen-Orient et l’Afrique en perdraient respectivement environ 300 000 et 350 000 (soit – 0,48 % et – 0,04 % du total dans chacune des deux régions du monde), « en raison de leur dépendance à l’égard, respectivement, des énergies fossiles et des mines », précise l’OIT.
Sur les 163 secteurs économiques étudiés, seuls quatorze vont subir des suppressions supérieures à dix mille postes à l’échelle mondiale. L’extraction pétrolière et le raffinage afficheraient des pertes supérieures à un million d’emplois. Dans le secteur de l’électricité, la création de 2,5 millions de postes pour les énergies renouvelables compenserait largement la destruction de 400 000 emplois dans la production basée sur les combustibles fossiles.
L’économie circulaire, avec les activités de recyclage, de tri, la réparation, la location et la réutilisation d’objets générerait six millions d’emplois. Dans ces domaines, l’OIT insiste aussi sur la nécessité d’assurer la qualité du travail, bien souvent précaire, dangereux et dénué de protection sociale dans des secteurs informels.

   


Renforcer les formations et les protections sociales
Plus difficile à quantifier, la montée en puissance de l’agriculture bio et de l’agriculture de conservation (qui permet de maintenir et d’augmenter le potentiel agronomique des sols en limitant les intrants, par exemple, et en organisant les rotations culturales) devrait aussi permettre d’embaucher davantage de monde. En Europe, l’emploi agricole a augmenté de 1,1 % avec les conversions en bio. « Le passage à des systèmes agricoles plus durables créerait des emplois dans des fermes bio de taille moyenne ou grande et permettrait aux petits exploitants de diversifier leurs sources de revenu, surtout si les fermiers disposent des compétences adéquates », écrivent les auteurs du rapport.
Pour limiter les impacts négatifs et les réductions de personnel à court terme induits par les mesures climatiques, il faut impérativement, insiste l’OIT, développer des « politiques appropriées », s’agissant notamment des revenus des travailleurs, d’une assurance sociale renforcée et des formations nécessaires pour accompagner la mutation de l’économie.
De nombreux exemples d’aides possibles sont présentés dans ce rapport, comme la mise en place, au Kenya, d’un système qui organise des transferts de cash, de l’ordre de 50 dollars (42 euros) tous les deux mois, versés à 25 % des familles en cas de sécheresse. Ou le programme Bolsa verde, créé au Brésil en 2011, qui encourage la préservation de l’environnement, en augmentant le niveau de revenu de familles en situation d’extrême pauvreté. Celles-ci doivent réaliser des activités comme l’utilisation durable des ressources naturelles ou l’entretien de l’extension forestière.
Solde positif dans la construction et les services
« Les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire ont encore besoin d’aide pour développer la collecte des données, pour adopter et financer des stratégies en faveur d’une juste transition vers une économie durable sur le plan environnemental et une société qui inclut chacune et chacun, dans toutes les couches de la société », souligne Catherine Saget.
Les pays aux économies développées ne sont pas oubliés. En France, l’organisation internationale estime qu’environ 2,1 millions de postes (représentant 8 % de l’emploi total) « dépendent directement de la gestion efficace et de la durabilité d’un environnement sain ». Dans le domaine de l’énergie, les pertes pourraient atteindre quelque 42 000 emplois, compensées par la création de 155 000 autres. Les secteurs qui connaîtraient un solde positif sont la construction (86 500), le secteur manufacturier (33 400) et les services (32 000).
Au niveau mondial, l’agence des Nations unies étudie aussi les impacts négatifs du changement climatique sur l’économie. Dans le domaine de l’agriculture, le réchauffement se traduit par des épuisements et des pertes économiques sèches. Les auteurs du rapport estiment que « le stress thermique va provoquer une perte mondiale de 2 % des heures travaillées d’ici à 2030 pour cause de maladie ». Un argument supplémentaire pour l’OIT qui pousse les Etats à développer des modèles économiques conformes à l’ambition climatique affichée en 2015 et aux normes qu’elle prône pour un travail décent.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.
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Mines d’or et pollution : pourquoi le projet « Montagne d’or » en Guyane est contesté

Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h29
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Alors qu’un débat public est ouvert jusqu’au 7 juillet pour « Montagne d’or », un projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane, les critiques se multiplient contre ce projet porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold. Des voix s’élèvent au sein de la population, mais aussi chez les associations écologiques, dont le WWF, et certains responsables politiques.
Le député européen Yannick Jadot a, par exemple, dénoncé « une catastrophe », le 11 mai sur France Info. De son côté, Emmanuel Macron y est favorable. En 2015, alors ministre de l’économie, il plaidait déjà pour une augmentation de l’activité aurifère en Guyane.
La construction est prévue de 2019 à 2021, sous réserve d’autorisations, pour une production d’environ 6,7 tonnes par an, de 2022 à 2034. Explication en trois points.

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1. Risque élevé de déversement de cyanure dans la nature
Pour exploiter une mine d’or, il faut, en l’état des avancées technologiques, utiliser du cyanure. Ce composant chimique est tellement toxique que les députés européens ont demandé, sans succès, à la Commission européenne, via deux résolutions votées en mai 2010 et avril 2017, d’interdire le cyanure dans l’industrie minière des Etats membres. Les risques pour l’environnement se situent essentiellement au stade du transport, du stockage et du recyclage du cyanure.
Le cyanure permet notamment de rendre soluble l’or par « lixiviation » – ou dissolution chimique permettant d’extraire d’un minerai les métaux et minéraux de valeur. Après lixiviation, l’eau et les boues contaminées au cyanure sont stockées dans des bassins de rétention. En cas de débordement, à cause de fortes pluies par exemple, ou de rupture de digue, le cyanure est alors déversé dans la nature. « La présence de larges quantités de boue liquide, chargées en produits dangereux derrière des digues peut avoir des effets désastreux pour l’environnement en cas de fuite ou de rupture de ces digues », rappelle le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans un rapport de 2013.
L’accident le plus emblématique reste la rupture du barrage de la mine d’or de Baia Mare en Roumanie, en 2000. Il s’agit de la plus grande catastrophe écologique en Europe de l’Est depuis Tchernobyl. L’eau polluée, qui a tué des milliers de poissons, s’est déversée dans les rivières locales avant de gagner le Danube, pourtant à plusieurs centaines de kilomètres de distance. « Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde », recense l’ONG allemande Sauvons la forêt.
Le projet guyanais a la particularité de se situer à proximité de deux réserves biologiques intégrales, rappelle le WWF.

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2. Déforestation
Les projets de mine d’or sont source de déforestation. En 2015, des chercheurs de l’université de Porto Rico ont alerté sur le lien entre l’accélération de la déforestation des forêts humides d’Amérique du Sud et l’extraction aurifère. « La déforestation était significativement plus élevée au cours de la période 2007-2013, et cela était associé à l’augmentation de la demande mondiale d’or après la crise financière internationale », écrivent-ils.
Mais ce lien de causalité inclut l’orpaillage, ou recherche artisanale de l’or à petite échelle, souvent pratiqué dans l’illégalité. Une étude portant sur une zone de 600 000 kilomètres carrés, de l’Etat brésilien d’Amapá au Guyana en passant par la Guyane française et le Surinam, démontre que les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation liée à l’orpaillage. « Lorsque le cours de l’or était en deçà de 400 dollars l’once, voici une quinzaine d’années, environ 2 000 hectares de forêts étaient annuellement déforestés par l’orpaillage. Quand il a flambé, pour atteindre 1 600 dollars l’once en 2011-2012, cette déforestation a atteint près de 9 000 hectares par an », pointent les chercheurs du Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad), du CNRS et de l’université de Guyane.

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Les défenseurs du projet guyanais prédisent que la future mine facilitera la lutte contre l’orpaillage illégal, sans toutefois convaincre les opposants. Ces derniers estiment que ces deux éléments n’ont aucun rapport entre eux.
Dans le cas guyanais, le projet de 800 hectares implique de déboiser 374 hectares de forêt primaire ainsi que 200 hectares supplémentaires pour construire la ligne haute tension qui alimentera la mine en électricité. La superficie de la forêt primaire à déboiser représente l’équivalent de 820 terrains de football.
3. Dépenses d’eau et d’énergie
Comme toutes les industries minières, les mines d’or utilisent beaucoup d’eau. Dans le monde, une grande partie des mines d’or sont situées dans des zones de « stress hydrique » (en situation de pénurie d’eau). Par exemple, l’Australie compte parmi les principaux pays producteurs d’or alors qu’elle souffre déjà d’un stress hydrique important. Au Pérou, le projet de mine d’or et de cuivre de l’américain Newmont a été suspendu en 2012 après que la population a protesté, compte tenu du risque de pollution de l’eau, mais aussi de manque d’eau pour les habitants.
Pour le projet guyanais, « en moyenne, 140 000 litres d’eau par heure sont nécessaires », calcule l’association Sauvons la forêt.
Les besoins électriques de la mine s’élèveront, quant à eux, à 20 MW, soit 8,5 % de la consommation électrique totale de la Guyane, calcule le site Novethic. Par ailleurs, 142 millions de litres de fuel seront nécessaires sur les douze années de vie du projet.


Pour aller plus loin :

Projet de mine d'or en Guyane, dossier du maître d’ouvrage.
« Plateau des Guyanes : les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation », dans la revue Etude du Cirad, 2017 (2017).
«  10 ans d’opération Harpie contre l’orpaillage illégal », dans la revue  ministère des Armées, 2018 (2017).


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Le monde entier se ligue contre les mauvaises graisses

L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h33
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


C’est la première initiative mondiale. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le PDG de Resolve to Save Lives, Tom Frieden, ont lancé, lundi 14 mai, une stratégie pour l’élimination des acides gras trans (AGT) d’origine industrielle de l’alimentation d’ici à 2023. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plus d’une décennie et qui pourrait « sauver plus de 10 millions de vies », selon l’OMS. La consommation d’AGT artificiels, présents dans les margarines, la pâtisserie industrielle et les aliments cuits ou frits dans de l’huile de cuisson, serait « responsable de plus de 500 000 décès prématurés par maladie cardio-vasculaire chaque année dans le monde », selon l’institution internationale.
Les six actions stratégiques proposées par l’OMS sont regroupées sous l’acronyme anglo-saxon « Replace ». Elles s’articulent ainsi : dresser l’inventaire des sources d’AGT d’origine industrielle, promouvoir des graisses plus saines, prendre des mesures législatives pour éliminer les AGT d’origine industrielle, évaluer les évolutions des consommations, sensibiliser aux effets néfastes des AGT et appliquer des politiques et réglementations.
Les acides gras insaturés se présentent sous deux formes selon que leurs atomes d’hydrogène sont situés du même côté (« cis ») ou de part et d’autre (« trans ») de la molécule. Certains AGT sont d’origine naturelle et sont présents dans la viande de ruminants, le lait et les produits laitiers. D’autres, produits industriellement, notamment par hydrogénation des huiles végétales, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire comme stabilisateurs et comme conservateurs. De nombreux produits, tels que les viennoiseries, les pizzas industrielles, les quiches, des barres chocolatées, des plats cuisinés, vont accroître l’apport alimentaire en AGT.
Le bon et le mauvais cholestérol
Or, comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site Internet, « les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Ces effets passent par une augmentation du “mauvais” cholestérol (LDL) et une baisse du “bon” cholestérol (HDL) ». A l’inverse, précise l’Agence, « aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».
De ce fait, l’agence française avait fixé en 2005 à 2 % de l’apport énergétique total le seuil maximal d’apport en AGT – l’OMS abaissant encore ce seuil à 1 % par la suite. En 1998-1999 la première enquête de consommation alimentaire INCA (individuelle et nationale sur les consommations alimentaires) montrait qu’en France, les garçons âgés de 12 à 14 ans constituaient la tranche d’âge la plus consommatrice d’AGT, avec près de 8 g/jour. Les enquêtes ultérieures étaient plus rassurantes avec des apports moyens situés en dessous du seuil de 2 % de l’apport énergétique total.
La situation ailleurs est plus préoccupante. Les habitants des régions les plus pauvres sont beaucoup plus exposés. Directeur du département nutrition à l’OMS, le Dr Francesco Branca évoque en particulier l’Europe de l’Est, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, et beaucoup des Etats africains, avec des aliments vendus dans la rue pouvant atteindre jusqu’à 22 fois plus que l’apport quotidien recommandé.
Lire aussi : Vos frites, avec ou sans acides gras trans ?
Une substance toxique dont on peut se passer
Le Danemark a été le pays pionnier en matière de mise en œuvre d’une stratégie offensive contre les AGT d’origine industrielle. En 2003, les autorités ont mis en place un taux maximal légal d’AGT d’origine industrielle dans les huiles et matières grasses fixé à 2 %. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire avait diminué : le taux moyen est passé de 440 à 426 morts pour 100 000 habitants.
Cette initiative a été suivie par d’autres et, notamment, il y a une décennie par la ville de New York. De 2002 à 2009, le Dr Tom Frieden était commissaire à la santé de la métropole américaine. Il a été l’architecte de l’élimination des graisses d’origine industrielle dans la municipalité, en commençant par les restaurants, avant de poursuivre ce combat contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’échelle fédérale, à la tête des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de 2009 à 2017. Aujourd’hui, il explique : « Les AGT sont des substances toxiques ajoutées aux aliments et elles tuent des gens. On peut s’en passer sans que cela modifie le goût, le coût ou la disponibilité des aliments. Donc, il faut les éliminer. De grandes chaînes de restauration l’ont fait sans problème. »
Tom Frieden souligne qu’après l’avoir réussi avec des maladies infectieuses, comme la variole, ou y être quasi parvenu pour la poliomyélite, « ce serait la première fois qu’on pourrait atteindre à l’échelle mondiale l’élimination d’un facteur de risque d’une maladie non transmissible et sauver des vies ».
Aller plus loin que l’étiquetage
En 2006, les Etats-Unis ont imposé aux industriels d’indiquer sur les produits la présence d’AGT. Entre 2003 et 2012, la consommation des acides gras trans a diminué de près de 80 %, chutant de plus de 4 grammes par jour à environ 1 gramme. Dans la foulée de l’évaluation, à la fin de 2013, par la Food and Drug Administration (FDA) concluant à la nocivité des AGT, les Etats-Unis ont décidé, le 16 juin 2015, leur interdiction, les industriels se voyant accorder un délai de trois ans pour les remplacer par des substances présentant moins de risques.

        Lire aussi :
         

          Les Etats-Unis veulent bannir les « mauvaises graisses » des produits alimentaires d’ici à trois ans



D’autres pays européens ont emboîté le pas et imposé eux aussi une teneur maximale en AGT. Dans l’ordre chronologique : la Suisse, l’Autriche, l’Islande, la Hongrie, la Norvège et la Lettonie. Toutes ces expériences ont démontré que la substitution est parfaitement possible.
Le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre 2016 visant à aller plus loin que la simple information des consommateurs par l’étiquetage et demandant à la Commission européenne d’« instaurer le plus tôt possible une limite européenne légale relative à la teneur en AGT dans tous les aliments ». Cette proposition devait être faite « au plus tard dans deux ans » (octobre 2018) et accompagnée d’une étude d’impact.
Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 pays – pour la plupart à revenu élevé – ont adopté des mesures contre les AGT dont une vingtaine ont instauré leur interdiction ou imposé un taux maximal. L’Argentine les a quasiment éliminés, la Thaïlande devrait à son tour les bannir en juin.
Comme le résume Tom Frieden, « quand on remplace les AGT, les aliments ont bon goût et seul votre cœur sentira la différence ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.
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L’avenir des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à nouveau en discussion

Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 10h27
    |

            Rémi Barroux








                        



   


L’avenir de la ZAD, la zone à défendre, de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), se construit lentement, mais sur une voie encore semée d’embûches, et même parfois de barricades. Lundi 14 mai, une quinzaine de dossiers de projet agricole des zadistes devait être étudiée par le comité de pilotage (Copil) sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD, en présence du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.
Au lendemain de cette réunion, alors que de futures conventions d’occupation précaire pourraient être signées dans les prochains jours, à l’instar de ce qui s’est fait, le 24 avril, avec quatre agriculteurs, opposants historiques au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de nouvelles expulsions de sites illégaux devraient être diligentées. La date retenue serait, selon certaines sources, vendredi 18 mai, en tout cas au lendemain du match de football qui opposera, mercredi, l’Olympique de Marseille à l’Atlético Madrid, en finale de l’Europa League, confrontation qui mobilisera de nombreuses forces de l’ordre.
Ces nouvelles expulsions concerneraient quatorze ou quinze squats sur la soixantaine restants et ne devraient pas toucher les lieux pour lesquels des dossiers d’activité agricole ou artisanale ont été déposés à la préfecture. Cela n’empêchera pas de nouveaux affrontements entre zadistes et gendarmes mobiles, qui pourraient être d’autant plus durs que les occupants, au nombre de plusieurs centaines avec les soutiens venus les renforcer, estiment avoir joué globalement le jeu en déclarant des projets nominaux… et collectifs.
Les quelque cinq cents gendarmes mobiles toujours présents sur la ZAD recevront des renforts pour mener à bien ces opérations toujours délicates. Le 9 avril, ils étaient 2 500 pour détruire une trentaine de sites, déclenchant une véritable bataille rangée dans le bocage.
« Ce qui doit être évacué sera évacué »
Quatre jours après le début de cette première évacuation, le 12 avril, la préfète de région des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait annoncé la fin des opérations. Le même jour, interviewé sur TF1, Emmanuel Macron déclarait que « tout ce qui était à évacuer a été évacué ». Des mots accueillis favorablement sur le terrain, car signifiant une phase d’apaisement et de négociation. Mais, le 15 avril, sur BFM-TV, RMC et Mediapart, le chef de l’Etat, en annonçant un nouveau délai pour les zadistes désireux de remettre des dossiers de régularisation, annonçait qu’« à l’issue de ce délai tout ce qui doit être évacué sera évacué ». Le premier ministre, Edouard Philippe, a fixé la date au 14 mai.

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Autant dire que l’avenir de la ZAD reste confus. Après avoir été étudiés, le 9 mai, par un comité professionnel de la chambre d’agriculture, la quinzaine de projets présentés au Copil sont sans nul doute les plus aptes à être accueillis favorablement par les membres de ce comité qui réunit, sous l’autorité de Nicole Klein, des élus locaux, des membres des organisations agricoles, de la chambre d’agriculture, du conseil départemental, d’associations, ainsi que de la direction départementale des territoires et de la mer, celle-là même qui, depuis de nombreux jours, œuvre à rendre plus acceptables les dossiers des zadistes.
Parmi ceux-ci, qui mentionnent le nom du porteur de projet, sa date de naissance, son adresse, les parcelles concernées par l’activité, sa profession, ses diplômes agricoles, son expérience professionnelle, son affiliation à la Mutualité sociale agricole (MSA), ainsi que ses parrainages et partenaires, on trouve aussi bien l’« élevage de vaches laitières en agriculture biologique et l’élevage de veaux et bœufs pour la vente directe ou le circuit long », celui de « 80 brebis allaitantes » avec production de viande d’agneau et de laine, du maraîchage, de l’apiculture, de la production céréalière (orge, blé, sarrasin, avoine, épeautre…), des vergers ou encore un « élevage d’escargots de petits gris et gros gris ».
Dossiers à retravailler
De l’avis même de la préfète, ces dossiers « ne posent pas de problème ». D’autres, en revanche, devront encore être retravaillés. Enfin, les dossiers artisanaux, qui ne sont pas agricoles, vont devoir attendre. Ainsi la bibliothèque, la crèche, l’auberge ou encore les projets de menuiserie, de forge n’ont pas vocation à être étudiés par le Copil. « Il s’agit pour nous de pérenniser et d’implanter de nouvelles activités sur cette zone, et par là même de déclarer des activités en préfecture, centres professionnels d’entreprises et services de protection sociale », écrivaient, fin mars, l’Association pour un avenir commun dans le bocage à la MSA de Loire-Atlantique.
Se posera alors la question du bâti. Et le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, se montre plutôt réservé sur la pérennisation de nombreuses constructions. « Je ne voulais pas d’aéroport, ce n’est pas pour accepter n’importe quoi sur cette zone qui est à 98 % humide et non constructible », dit-il.
Dans le Copil, nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil la régularisation des opposants illégaux de la ZAD. A commencer par le président de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Jacques Lemaître, qui, sur Franceinfo, le 18 avril, avait déclaré que, pour être agriculteur, « il y a un certain nombre de contrôles vétérinaires à respecter sur les animaux pour éviter les maladies, les contaminations… Sur ce point, il faut bien que l’Etat surveille ». Alors que les zadistes sont hostiles, par exemple, au puçage des animaux.
Régler les « conflits d’usage »
Parmi les organisations agricoles présentes au Copil, la FNSEA 44, la Coordination rurale, comme la chambre d’agriculture, sont peu enclines à faciliter l’installation des néoruraux, quand la Confédération paysanne se montre ouverte. Les associations qui ont lutté durant de nombreuses années, comme l’Adeca ou Copain 44, poussent, elles, à respecter la dimension collective de ces projets.
Il restera aussi à régler les « conflits d’usage », soit les projets qui sont annoncés sur des terres que réclament aujourd’hui des fermiers ayant fait le choix de céder leurs terres à l’Etat pour la réalisation de l’aéroport. « Cela ne représente que 50 à 90 hectares maximum sur les 270 dont l’avenir est encore à trancher, cela devrait pouvoir se régler », optimise Nicole Klein, qui redoute toujours la reprise des violences sur la ZAD.

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Face à la guerre commerciale sino-américaine : le dilemme des fermiers de l’Iowa

Les producteurs de soja sont déchirés entre leur loyauté envers le chef d’Etat américain, Donald Trump, et leur amitié avec le président chinois, Xi Jinping.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h44
    |

            Arnaud Leparmentier (Ankeny, Iowa, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’était il y a six ans, une éternité. Ils étaient tous présents devant la superbe moissonneuse, ce 16 février 2012 : le président chinois désigné, Xi Jinping, le gouverneur républicain de l’Iowa, Terry Branstad, et la famille Kimberley, qui faisait les honneurs de sa ferme de 1 600 hectares. Xi Jinping retournait chez ses amis de l’Iowa, lui qui, jeune fonctionnaire d’une province agricole, avait visité cet Etat du Midwest dans les années 1980, et s’était lié avec son éternel gouverneur.
L’heure était à la collaboration, l’Amérique allait fournir le soja dont la Chine a besoin pour engraisser ses porcs et nourrir sa population. Tout allait encore très bien à l’automne 2017, lorsque la ferme des Kimberley a été reproduite à l’identique dans la province rurale de Hebei, au nord-est de Pékin, pour servir de musée-laboratoire à la Chine.

Et puis Donald Trump est arrivé, qui a séparé les amis d’hier. Terry Branstad, nommé entre-temps ambassadeur à Pékin, a dû soutenir les sanctions commerciales contre la Chine décidées en mars. Le gouvernement du président Xi Jinping a annoncé, en rétorsion, l’imposition de droits de douane sur le soja américain, à hauteur de 25 %. Et les fermiers du Midwest, à commencer par ceux de l’Iowa, sont déchirés, entre leur loyauté à Donald Trump, leur amitié réelle avec les Chinois et leur modèle économique, qui menace de s’effondrer : le tiers de la production américaine, soit 14 milliards de dollars (11,7 milliards d’euros), est exporté vers la Chine.
Sous le choc, les agriculteurs de l’Iowa jouent la fibre humaniste. « J’avais espéré que l’agriculture ne serait pas prise en otage », déplore le fermier Grant Kimberley, ancien hôte de M. Xi. « Quand l’agriculture est utilisée comme arme, ce ne sont pas les gouvernements qui souffrent, mais les populations. »

« On verra comment cela finira »
En réalité, la Chine, qui s’en prend aux Etats ayant fait l’élection de Trump, n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
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Transition énergétique : En France, un débat dans l’ombre du nucléaire

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h15
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« Les Français sont-ils capables de parler d’autre chose que du nucléaire ? », plaisantait récemment un industriel, fasciné par la capacité du débat français à se focaliser sur le sujet. Depuis le début de l’année, la France est entrée dans les débats sur sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique
A savoir : la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux énergies fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %… à une date indéterminée.
Et c’est ce dernier point qui est au centre de toutes les attentions. Surtout depuis que Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique – contre 75 % aujourd’hui. « Il sera difficile de tenir ce calendrier, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », explique alors le ministre de la transition écologique et solidaire.

Le raisonnement est le suivant : la priorité doit être donnée à la lutte contre le changement climatique et à la diminution des gaz à effets de serre. Réduire trop vite la part de nucléaire, qui n’émet pas de CO2, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir fermer les centrales à charbon, voire d’ouvrir d’autres centrales thermiques à gaz.
Mix électrique
Selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.
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Nucléaire : le dialogue de sourds entre Allemands et Français

Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h00
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                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La visite n’a duré que quelques heures, mais c’était une première pour un ministre français : en venant rassurer les élus locaux sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, à la mi-avril, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a franchi le Rhin pour rencontrer élus et chefs d’entreprise en pays germanique. L’objectif : réfléchir ensemble au futur du territoire après la fermeture, en fin d’année, des réacteurs nucléaires, réclamée de longue date par des Allemands hostiles à l’énergie nucléaire. Avec un espoir : qu’une fois la page Fessenheim (Haut-Rhin) tournée, le dialogue de sourds entre Français et Allemands sur la transition énergétique reparte sur de meilleures bases.
une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie
Il y a en effet urgence. La France s’est lancée depuis plusieurs semaines dans la rédaction de sa feuille de route énergétique, baptisée « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), et l’exemple allemand de sortie du nucléaire pourrait lui être fort utile. Pour l’instant, il fait encore largement figure d’épouvantail de ce côté-ci du Rhin. Malgré les centaines de milliards d’euros investis, raille Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie-climat pour Carbone 4, « l’Allemagne n’a pas diminué de manière notable la facture de ses importations d’énergie, ni diminué ses émissions de CO2, a fragilisé son réseau électrique et il n’est pas certain que cela ait permis de créer des champions industriels pérennes ». Bref, un échec total.
A l’inverse, une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie. « En France, on a tendance à considérer que les Allemands sont stupides d’avoir fait ce choix et, en Allemagne, on a tendance à penser que les Français sont stupides de ne pas l’avoir fait », plaisante Felix Matthes, directeur de recherche...




                        

                        

