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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Depuis avril 2017, le service Vidéo du « Monde » a fait le choix de se concentrer sur une chose : l’explication.
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Quelle stratégie vidéo au « Monde » ?

Depuis avril 2017, le service Vidéo du « Monde » a fait le choix de se concentrer sur une chose : l’explication.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h29
    |

            David Castello-Lopes et 
Olivier Clairouin








                        


Vidéos en direct par drone, cartographies, animations, reportages à 360°, émissions culinaires, cinématographiques, scientifiques, musicales… depuis sa création, en 2011, le service Vidéo du Monde a expérimenté de nombreux formats.
Six ans plus tard, en avril 2017, nous nous sommes, cependant, donné une ligne éditoriale plus cohérente, celle de l’explication, et un objectif, celui d’unifier visuellement notre production. Sur le modèle de Vox, aux Etats-Unis, nous cherchons donc, désormais, à répondre aux questions que se posent nos lecteurs, mais aussi à celles qu’ils ne se posent pas encore, balayant à la fois des sujets ancrés dans l’actualité, des éléments du quotidien et des thèmes proches de la philosophie. Pour nous, il s’agit autant d’expliquer ceci :

Que ceci :

Ou ceci :

Faire principalement des vidéos d’explication
Pourquoi avons-nous fait ce choix ? D’abord parce que, de tous les formats que nous avions expérimentés, les vidéos pédagogiques étaient de loin celles qui avaient reçu le meilleur accueil : cartographies animées, analyses filmiques, vidéos scientifiques, explications en personnages animés…, tous ces éléments étaient à la fois ceux pour lesquels nous recevions le plus de retours positifs, mais aussi ceux qui réalisaient les meilleures audiences. Comme « Comprendre la domination de l’Etat islamique en 7 minutes », « Le réchauffement climatique expliqué en 4 minutes » ou « Comment la NSA vous espionne, expliqué en patates ».
Ce succès de nos vidéos pédagogiques est d’ailleurs assez logique. D’une part, la vidéo explicative est un genre à part entière, bien ancré dans la culture Web (et dont les télévisions elles-mêmes ont fini par s’inspirer). D’autre part, elles s’inscrivent dans la ligne éditoriale du Monde, celle de l’analyse et de la mise en perspective. Et dans un contexte où la grande majorité des sites d’information produit aujourd’hui de la vidéo, il était naturel de mettre l’accent sur ce qui nous définit le mieux.
Etre plus homogène et identifiable
Nous avons, par ailleurs, remarqué que nos contenus avaient tendance à manquer de cohérence dans leur forme. L’un des grands chantiers de notre réorganisation a donc été de rendre nos vidéos à la fois plus jolies et plus harmonieuses graphiquement.
Et nous sommes donc passés de ceci :

   


à ceci :

   


De ceci :

   


à ceci :

   


Et enfin de ceci :

   


à ceci :

   


Comment avons-nous fait ?
Pour que ce projet voie le jour, nous avons dû changer un certain nombre de choses dans l’organisation du service. Nous avons également diversifié les profils au sein de l’équipe, de façon à gagner en qualité technique. Enfin, nous avons organisé de nouvelles manières de travailler à quatre mains, voire à six, sur chacun de nos contenus, là encore dans un souci d’améliorer le rendu final.
Procéder ainsi nous a permis de nous affranchir progressivement des genres journalistiques hérités du papier (« reportage », « infographie animée », « plateau »…) et d’établir un ensemble de bonnes recettes réutilisables par les vidéastes du Monde, qu’il s’agisse de méthodes de recherche journalistique, de techniques d’écriture ou d’astuces de montage.
Et maintenant ?
Nous avons produit ces deux dernières années bon nombre de vidéos à destination des réseaux sociaux ainsi que de très nombreux Facebook Live. Nous avons cependant choisi en 2018 de diminuer drastiquement la quantité de ces contenus postés sur les comptes Facebook et Twitter du Monde pour les rediriger principalement vers une autre plate-forme : YouTube.
Les raisons en sont multiples :
les utilisateurs de YouTube sont plus exigeants en matière de vidéos, puisqu’ils se rendent sur la plate-forme dans l’intention d’en regarder. Ils sont donc dans une position plus active que ceux qui aperçoivent brièvement un contenu dans leur fil Facebook ou Twitter ;cette exigence du public de YouTube se retrouve dans nos statistiques : le temps moyen de visionnage de nos vidéos sur YouTube se maintient au-dessus de trois minutes, là où il se limite à une poignée de secondes sur Facebook ;YouTube est la plate-forme reine quand il s’agit de vidéos d’explication, de nombreux youtubeurs français et étrangers y ayant créé les codes fondateurs de ce que nous faisons aujourd’hui ;enfin, YouTube est un réseau social à part entière. Il nous offre la possibilité d’interagir avec notre audience dans les commentaires ou dans des vidéos en direct (pour lesquelles nous avons dorénavant le savoir-faire), de répondre à leurs interrogations et de recueillir leurs suggestions.
Ces directions prises, nous cherchons à faire mieux encore. En nous écartant peut-être de l’obsession des vidéos dites « en face cam », où un journaliste s’adresse à la caméra directement, et dont certains youtubeurs manifestent aujourd’hui leur lassitude. En diversifiant aussi notre production pour y inclure des « tribunes vidéo », où une personne témoigne sur un sujet, sans commentaire du journaliste. En lançant enfin des séries thématiques anglées, comme celle que nous préparons à l’occasion de la Coupe du monde sur ce que le big data a apporté au football.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Le journaliste de 52 ans, connu principalement sur le petit écran, devient directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale.
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« Surprenante », « hallucinante », « démotivante »… à Radio France, la nomination de Guy Lagache suscite des remous

Le journaliste de 52 ans, connu principalement sur le petit écran, devient directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 18h45
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        


Le nom de Guy Lagache circulait depuis quelques jours dans les couloirs de Radio France, mais certains n’y croyaient pas. D’autres pensaient que ses rendez-vous à l’étage de la présidence annonçaient certes une nomination, mais pas au poste de directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale, où il a été nommé, mercredi 16 mai.
« On l’a appris en pleine conférence de rédaction de 15 heures. On est tous consternés… A la limite, c’est à se demander s’ils ne vont pas nommer Patrick Sébastien », s’énerve à chaud un journaliste de France Inter. « C’est un choix qui paraît surprenant », lâche un autre salarié de la Maison ronde. « C’est hallucinant », répète un autre, incrédule. La surprise ressentie en interne rappelle un peu celle exprimée à France Télévisions lors de la nomination de Michel Field, un visage d’antenne, à la direction de l’information, pour diriger des milliers de journalistes.
« Pour décider de l’avenir de la radio, on met quelqu’un qui n’y connaît rien, s’inquiète le journaliste de France Inter. Le message, c’est “tout ce qui compte, c’est de répliquer le modèle France Info, qui s’appuie autant sur la télévision que sur la radio. »
Méfiance vis-à-vis de France Télévisions
Après des débuts dans la boîte de production Capa et à France 3, Guy Lagache a effectué toute sa carrière au sein de chaînes de télévision privées : d’abord à M6, qu’il a rejoint en 1995 et où il a notamment lancé le magazine d’investigation « Secrets d’actualité » avant de présenter, à partir de 2003, le magazine économique « Capital ». En 2011, il avait rejoint la chaîne D8 (devenue C8), en tant que directeur des programmes puis directeur de l’information et des magazines. L’an dernier, il avait quitté la chaîne pour lancer sa propre société de production.
Dans l’antre de la radio publique, cette nomination en rappelle une autre : Catherine Nayl, venu de TF1 et devenue directrice de l’information de France Inter. « Au début, ça ne nous a pas fait sauter de joie même si au final, ça se passe plutôt bien. Mais avec Guy Lagache, la greffe me parait encore plus difficile », analyse un journaliste, qui estime cette nomination « démotivante ».
A Radio France, alors que le président Emmanuel Macron a promis une réforme profonde de l’audiovisuel public, cette arrivée renforce les craintes de voir les spécificités du média radio gommées au profit d’une « banalisation », via les médias vidéo et texte, sur le numérique. La nomination réveille aussi la méfiance vis-à-vis de France Télévisions, ce grand frère avec lequel le gouvernement souhaite développer les « synergies ». Le modèle est ici France Info, l’offre d’information en continu commune créée par les deux entités de l’audiovisuel public et diversement appréciée en interne côté radio.
Prise de fonctions le 25 juin
Pour la nouvelle présidente de Radio France, Sibyle Veil, la nomination de Guy Lagache correspond à la stratégie assumée de « média global » : selon cette expression déjà mise en avant par son prédécesseur Mathieu Gallet, « la programmation de chaque chaîne » doit être « pensée sur l’ensemble de l’espace de distribution », a déclaré Mme Veil dans un communiqué. Les contenus de Radio France sont ainsi appelés à être déclinés tous les supports et formats : antenne hertzienne, numérique, son, vidéo, podcasts natifs, conférences…

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                Sibyle Veil, le choix de la continuité à Radio France



Pour la direction, M. Lagache est un profil extérieur, venu du monde de l’image, et donc complémentaire des experts maison de la radio, notamment des directeurs d’antenne. Il aurait pour fonction d’apporter un regard neuf pour susciter des nouveaux formats, adaptés aux nouveaux moyens de diffusion et d’écoute, comme les assistants vocaux ou les voitures connectées, cités dans le projet de Mme Veil.
« Les réflexions en cours avec les autres acteurs de l’audiovisuel public sont l’occasion d’affirmer le rôle de Radio France de fer de lance dans le développement des offres de service public que sont l’information, la culture, la proximité et le lien social ainsi que la conquête des jeunes publics », a écrit Sibyle Veil dans un exposé stratégie fait au conseil d’administration du 3 mai.
Guy Lagache succédera le 25 juin à Laurent Guimier, parti pour Europe 1, mais sa fonction n’est pas exactement la même et la nouvelle direction qui l’entourera pourrait être remaniée. Ces derniers jours était attendue en interne la création d’un poste transversal de directeur de l’information, pour lequel ont été cités les noms de Matthieu Aron, ancien de France Info passé par L’Obs, mais aussi de Catherine Nayl. Un responsable de la « transformation » pourrait aussi être nommé.

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                Europe 1 : Lagardère officialise l’arrivée de Laurent Guimier



Pour Sibyle Veil, nommée le 12 avril en remplacement de Mathieu Gallet, révoqué après sa condamnation pour favoritisme, cette nomination est un premier test important. La stabilité de l’équipe de M. Gallet a été un des points forts de son mandat et en comparaison, un des points faibles de celui de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Le nouveau directeur de la radio, en difficulté, devrait davantage s’appuyer sur la vidéo et le numérique.
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Europe 1 : Lagardère officialise l’arrivée de Laurent Guimier

Le nouveau directeur de la radio, en difficulté, devrait davantage s’appuyer sur la vidéo et le numérique.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 10h52
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Après une longue et pénible attente pour les équipes d’Europe 1 et de Radio France, le feuilleton du transfert de Laurent Guimier touche à sa fin. L’ancien directeur délégué aux antennes de l’entreprise publique va prendre la tête de la station du groupe Lagardère. Sa nomination, évoquée dans Le Parisien, devait être annoncée dans un communiqué, mercredi 16 mai.
La station a connu 6,8 % d’audience cumulée pour la période janvier-mars, contre 7,7 % un an auparavant
M. Guimier remplace Frédéric Schlesinger, arrivé il y a moins d’un an pour redresser Europe 1. Après des tensions avec l’actuel dirigeant, notamment sur les budgets, le groupe Lagardère joue désormais l’apaisement, estimant que M. Schlesinger a fait un bon travail, sans toutefois rencontrer de succès auprès du public de la station. « Le juge de paix, ce sont les audiences », insiste-t-on en interne. La radio a connu 6,8 % d’audience cumulée pour la période janvier-mars, contre 7,7 % un an auparavant.
Patrick Cohen va donc être remercié, bien que sa matinale soit jugée « de qualité ». Lui aussi avait été débauché de Radio France par Arnaud Lagardère il y a moins d’un an. Pour le remplacer, « plusieurs pistes sont ouvertes », selon le groupe. Parmi elles figure Nikos Aliagas, animateur notamment d’une émission sur Europe 1. 

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                Radio France annonce le départ de son numéro deux, Laurent Guimier



Par ailleurs, selon un document interne qui a fuité sur le blog de l’animateur Jean-Marc Morandini, Europe 1 a commandité une étude d’image sur les « incarnations » suivantes : Maxime Switek, animateur sur Europe 1 et chroniqueur sur France 5, mais aussi Sonia Mabrouk, qui a une émission sur Europe 1 et sur CNews, ainsi que Laurent Bazin, qui assure la tranche du soir sur la station.
Patrick Cohen, actuel titulaire, et, plus inattendu, Elise Lucet, figure de proue des magazines « Cash Investigation » et « Envoyé spécial » sur le service public, ont également été testés . Mais, d’après l’étude, aucun des noms ne fait l’unanimité auprès des auditeurs de la station, qui s’est souvent définie comme une radio des cadres entretenant une vision « optimiste » de l’avenir.

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                Audiences radio : Europe 1 n’aperçoit pas le bout du tunnel



Studios vidéo performants dans les nouveaux locaux
Comment relancer Europe 1 ? La question est ouverte et délicate. Une solution serait que la radio s’appuie davantage sur la vidéo et le numérique. C’est l’une des raisons de la venue de M. Guimier, explique-t-on au sein du groupe. Lagardère a d’ailleurs construit des studios vidéo performants dans les nouveaux locaux que la radio doit intégrer en juillet, après avoir déménagé de son siège parisien historique, rue François-Ier, près des Champs-Elysées.
Le modèle est ici le « média global », expression utilisée par Laurent Guimier et Mathieu Gallet, l’ex-président de Radio France, pour désigner France Info, qui a été relancée en 2015 comme radio d’actualité chaude avant d’être intégrée dans une offre d’information multimédia coproduite avec France Télévisions.

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En revanche, M. Guimier ne sera pas nommé directeur du « pôle news » formé par les trois derniers médias détenus par le groupe Lagardère – Europe 1, Le Journal du dimanche et Paris Match – comme cela avait un temps été annoncé dans la presse. Il aura les mêmes fonctions que Frédéric Schlesinger et en référera directement à Arnaud Lagardère, qui a tenu à prendre la présidence de la radio il y a un an, en désaisissant Denis Olivennes, le patron de la branche médias Lagardère Active.
Le gérant et actionnaire du groupe était mécontent des audiences et du leadership d’Europe 1 depuis mi-2016, mais avait préféré se laisser du temps, car la présidentielle, période jugée favorable, approchait. Cette saison, il a préféré réagir sans attendre. Au risque de paraître impatient ou inconstant, car il venait de recruter lui-même M. Schlesinger. Cette nouvelle relance de la radio fondée par son père Jean-Luc est aussi un défi pour Arnaud Lagardère.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ D’un montant de 2,3 milliards d’euros, elle équivaut à plus d’une année d’activité du secteur.
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La « très confortable » trésorerie des sociétés d’auteurs

D’un montant de 2,3 milliards d’euros, elle équivaut à plus d’une année d’activité du secteur.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h33
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

« C’est un secteur qui ne connaît pas la crise », affirme Alain Pichon, président de la commission de contrôle des organismes de gestion des droits d’auteur. Publié mercredi 16 mai, le rapport annuel 2018 sur ces 25 sociétés de perception et de répartition des droits d’auteur met en lumière « une hausse de 7,7 % des droits en 2016, à 1,75 milliard d’euros ». A elle seule, la Sacem (auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a perçu 580 millions d’euros.
Chaque année, la commission analyse les flux financiers de ces organismes de gestion et en passe certains au crible sur un sujet précis. Là, l’exercice a porté sur l’évolution des charges de gestion entre 2011 et 2016. La commission – la seule à contrôler ce secteur pour le compte du gouvernement et du Parlement – n’a pas relevé d’abus manifestes, mais a adressé aux sociétés d’auteurs une trentaine de recommandations destinées à renforcer la transparence de l’information aux ayants droit.

Alain Pichon, également président honoraire de la Cour des comptes, reproche par exemple à ces organismes de « ne pas dépenser l’intégralité des crédits liés à l’action artistique et culturelle ». Sur près de 150 millions d’euros, seulement 122 millions ont été distribués, alors même que les aides d’Etat au spectacle vivant stagnent et que les subsides des collectivités locales fondent. M. Pichon regrette aussi « que ce soient toujours les mêmes », installés dans « les mêmes régions », qui en bénéficient.
Autre point saillant : l’existence d’une « très confortable » trésorerie qui, selon le président, représente au total 2,3 milliards d’euros. Un gros matelas qui équivaut à plus d’une année d’activité du secteur et même jusqu’à trois ans pour la Procirep (producteurs de cinéma et de télévision). La commission considère qu’au-delà d’une trésorerie équivalente à un an de perception « les sociétés conservent dans leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ L’organisation de défense de la liberté de la presse indique que deux journalistes ont été tués et une vingtaine d’autres blessés par l’armée israélienne depuis le 30 mars.
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Gaza : RSF saisit la Cour pénale internationale contre les « crimes de guerre » israéliens

L’organisation de défense de la liberté de la presse indique que deux journalistes ont été tués et une vingtaine d’autres blessés par l’armée israélienne depuis le 30 mars.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h21
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h29
   





                        



   


Reporters sans frontières (RSF) annonce avoir saisi la Cour pénale internationale (CPI) « concernant la perpétration de crimes de guerre commis par l’armée israélienne contre des journalistes palestiniens » depuis le 30 mars et le début de la « grande marche du retour ».
L’organisation explique avoir saisi la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, sur le fondement de l’article 15 du statut de Rome, qui stipule que la procureure peut ouvrir une enquête si des faits qui lui sont transmis relèvent de la compétence de la cour. Dans la requête transmise à Mme Bensouda, Reporters sans frontières mentionne des tirs directs de snipers israéliens sur des journalistes palestiniens. Pour Christophe Deloire, secrétaire général de RSF :
« Les autorités israéliennes ne pouvaient ignorer la présence, parmi les civils manifestant, de journalistes. Elles ont manqué à leur élémentaire devoir de précaution et de distinction en visant à balles réelles ces personnes protégées. Ces violations délibérées et répétées du droit humanitaire international sont constitutifs de crimes de guerre. En saisissant la Cour pénale internationale, RSF appelle les autorités israéliennes au strict respect du droit international » 
Selon l’ONG, deux journalistes palestiniens – Yasser Murtaja, 30 ans, photographe pour l’agence Ain Media, et Ahmed Abou Hussein, 27 ans, journaliste pour Radio Shaab et Bisann News – ont été tués par balle par l’armée israélienne depuis le 30 mars, alors qu’ils étaient « clairement identifiés par un gilet ou un casque barré du mot “press” », et une vingtaine d’autres ont été blessés, dont sept journalistes lundi 14 mai : deux journalistes à l’est de la ville de Gaza, deux autres près de la ville de Khan Younès et un dernier à l’est de Rafah.

   


La CPI « prendra toute mesure appropriée »
La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a affirmé quelques heures plus tard, mardi, qu’elle suivait de près les violences à Gaza et promis de « prendre toute mesure appropriée ». « Mon équipe suit attentivement les développements sur place et examine tout crime présumé qui pourrait être du ressort » de la CPI, a-t-elle declaré, affirmant que « la violence doit cesser ».
Au total lundi, près de 60 Palestiniens ont été tués et 2 700 blessés par des tirs de l’armée israélienne à la frontière avec la bande de Gaza, au jour du 70e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël et de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

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                « L’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem a décuplé la frustration des Palestiniens »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ De « Micro News » à « Canard PC » dont il était le directeur, en passant par « Joystick », « Lord Casque Noir » a accompagné quatre décennies de presse jeux vidéo.
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Mort de Jérôme Darnaudet, vétéran de la presse jeux vidéo

De « Micro News » à « Canard PC » dont il était le directeur, en passant par « Joystick », « Lord Casque Noir » a accompagné quatre décennies de presse jeux vidéo.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 19h55
    |

            Corentin Lamy








                        



   


Jérôme Darnaudet est mort, lundi 7 mai, à l’âge de 49 ans, après « un très long combat contre la maladie », a annoncé, lundi 14 mai, son collègue Ivan Gaudé sur le site de Canard PC, magazine qu’ils ont cofondé en 2003.
Celui qui était le directeur de la rédaction du magazine « a été inhumé dans l’intimité familiale à Bédéchan, dans le département du Gers », précise M. Gaudé.
Bimensuel de tests et d’actualité du jeu vidéo, publication atypique au ton humoristique voire satirique, Canard PC est l’un des plus anciens magazines spécialisés encore en activité. M. Darnaudet en fut le premier rédacteur en chef et le « CEO des thunes ».
Samuel Demeulemeester, rédacteur en chef de Canard PC Hardware, a rendu hommage à « un ami hors norme » et au « dernier utilisateur de Windows Phone au monde ».
« La folle histoire »
Vétéran de la presse spécialisée, Jérôme Darnaudet y était connu sous le pseudonyme de Lord Casque Noir, en référence au film La Folle Histoire de l’espace de Mel Brooks.
Il y avait fait ses débuts à la fin des années 1980 dans Micro News, avant d’entrer à Joystick en 1992, à l’époque magazine de jeux vidéo sur ordinateur leadeur du marché. Il en devient le rédacteur en chef en 2002. En 2003, le groupe Hachette Disney Presse se sépare de son pôle jeux vidéo et Joystick est racheté par le groupe britannique Future Publishing.
Soucieux de préserver le ton impertinent du magazine, M. Darnaudet quitte alors Joystick et cofonde Presse Non-Stop, société éditrice de Canard PC, de Canard PC Hardware ou encore d’Humanoïde. Encore aujourd’hui, Presse Non-Stop est majoritairement détenue par ses journalistes fondateurs.
Dans son premier éditorial, Canard PC définissait ainsi sa ligne éditoriale.
« Indépendance, sérieux, clarté, refus total de la vulgarité : ça, c’est du journalisme, bordel. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le journaliste, qui anime la matinale de la station de radio depuis septembre 2017, officiera le soir sur BFM-TV dès la saison prochaine.
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Bruce Toussaint partira de Franceinfo à la fin de la saison

Le journaliste, qui anime la matinale de la station de radio depuis septembre 2017, officiera le soir sur BFM-TV dès la saison prochaine.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 17h31
   





                        



   


Bruce Toussaint partira des ondes de Franceinfo à la fin de la saison, à la fin du mois de juin, a annoncé Vincent Giret, le directeur de la radio, lundi 14 mai. Le journaliste était arrivé en septembre 2017 à la tête de la matinale de Franceinfo, de 7 heures à 9 heures, pour remplacer Fabienne Sintes, elle-même arrivée dans cette tranche un an plus tôt, après avoir animé le 6 heures-9 heures pendant deux ans.
La croissance de l’audience de Franceinfo, déjà forte en 2016-2017, s’est poursuivie en 2017-2018 avec un gain de 200 000 auditeurs, soit une progression de 10 %.
Le journaliste animera dès la saison prochaine la tranche 22 heures-minuit sur BFM-TV et prendra la tête de l’émission d’actualité « Grand Angle », du lundi au jeudi, actuellement présentée par Jean-Baptiste Boursier.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ L’annulation du tournage du jeu d’aventure diffusé sur TF1 avait été annoncée vendredi par le producteur de l’émission, Adventure Line Productions, en raison d’un « événement extérieur au jeu survenu entre deux concurrents ».
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« Koh-Lanta » : garde à vue levée pour le candidat soupçonné d’agression sexuelle

L’annulation du tournage du jeu d’aventure diffusé sur TF1 avait été annoncée vendredi par le producteur de l’émission, Adventure Line Productions, en raison d’un « événement extérieur au jeu survenu entre deux concurrents ».



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 18h00
   





                        



   


La garde à vue de l’homme soupçonné d’avoir agressé sexuellement une candidate de « Koh-Lanta » a été levée dans l’après-midi, lundi 14 mai, après quelques heures passées dans les les locaux de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis. L’homme, qui nie les faits, a été laissé libre et « l’enquête se poursuit », a ajouté le parquet de Bobigny, qui a ouvert une enquête à la suite de la plainte déposée dimanche par la candidate. Il avait été arrêté dans la matinée, alors qu’il descendait de l’avion à l’aéroport de Roissy - Charles-de-Gaulle.
Vendredi, le producteur de l’émission diffusée sur TF1, Adventure Line Productions (ALP) avait annoncé dans un communiqué l’annulation du tournage de l’émission dans le Pacifique en raison d’un « événement extérieur au jeu survenu entre deux concurrents ».
« Dans la nuit du 4e au 5e jour de tournage, une concurrente a fait état de faits susceptibles de relever d’une agression sexuelle », avait par la suite précisé Alexia Laroche-Joubert, la présidente d’Adventure Line Productions, ajoutant que « ces faits sont formellement contestés par le concurrent concerné ». Face à cette situation, ALP avait choisi de n’être « ni juge ni procureur », et de « respecter la parole de l’une comme la présomption d’innocence de l’autre ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Avec plus de cinq millions de téléspectateurs, la finale du concours a largement devancé celle de « The Voice » sur TF1.
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Meilleure audience pour l’Eurovision depuis 2009

Avec plus de cinq millions de téléspectateurs, la finale du concours a largement devancé celle de « The Voice » sur TF1.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 13h16
   





                        


La finale du concours de l’Eurovision, diffusée samedi 12 mai sur France 2 en direct depuis Lisbonne, a enregistré sa meilleure audience depuis 2009, avec plus de cinq millions de téléspectateurs, et a largement devancé la finale de The Voice de TF1, tombée à un plus bas niveau, d’après des chiffres de Médiamétrie.
Selon les données de Médiamétrie, la 63e édition du concours, remportée par la chanteuse israélienne Netta, a été suivie par 5,2 millions de téléspectateurs, donnant à France 2 une part d’audience de 28,5 %.
C’est le meilleur résultat depuis 2009, quand l’Eurovision avait réuni 5,7 millions de téléspectateurs. Depuis, l’émission n’était jamais remontée au-dessus de cinq millions de téléspectateurs et s’était même effondrée sous la barre des trois millions en 2013 et 2014.
Parallèlement, la finale du télécrochet de TF1, The Voice, diffusée également samedi soir, a été regardée par 4,5 millions de téléspectateurs, soit une part d’audience de 21,2 % pour TF1. A l’inverse, c’est un plus bas historique pour la finale de ce show lancé en 2012, et qui avait attiré un peu moins de cinq millions de téléspectateurs lors des deux précédentes finales.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.
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« Etre abonné à Netflix, c’est faire partie d’une communauté »

Fini les horaires imposés de la télévision, l’arrivée de la plate-forme américaine a révolutionné les usages des consommateurs.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h09
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 15h27
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

C’est un aveu qui ressemble à ceux recueillis sur le divan : Netflix a tué la télévision de papa, si l’on en croit les près de 300 témoignages recueillis à la suite d’un appel lancé sur Lemonde.fr. Christophe Capeyron était un fidèle de Canal+ de plus de vingt ans : une chaîne de télévision payante dont ses parents étaient clients depuis sa création le 4 novembre 1984. A l’époque, c’était le phénomène du paysage audiovisuel français dont Netflix, avec ses séries vedettes comme Narcos, Dark ou La Casa de Papel, est le pendant, trente ans plus tard.
« Binge-watching », « binge-racing », « Netflix-cheating »
Quand M. Capeyron, cadre commercial, habitant à Epinal, a choisi la plate-forme américaine, il a programmé la fin du lien « familial » avec Canal+ : en septembre, lorsque son abonnement viendra à échéance. « On ne regarde plus Canal, seul le replay survit dans la maison. » Le passage des générations… C’est ce que pense aussi Thomas Ladouce, professeur des écoles de 35 ans. Une nouvelle époque s’engage : avant, c’était « des programmes qui ne m’intéressaient pas pour la plupart (télé-réalité, etc.), le tout entrecoupé de pubs de plus en plus nombreuses » ; « des programmes TV qui ne démarrent pas à l’heure et donc un film qui se termine vers 23 heures ». C’est désormais l’ère du binge-watching, qui consiste à finir de regarder une série dans la semaine suivant le début du visionnage, du binge-racing – finir en vingt-quatre heures tous une saison dès sa sortie –, du Netflix-cheating – regarder des épisodes seul alors qu’on avait commencé en couple…

« Quand je veux, ce que je veux, où je veux »
Fini donc les horaires imposés de la télévision linéaire, désormais il est possible d’être le maître des écrans, chez soi ou à l’extérieur, avec toutes sortes d’écrans. Au total, Netflix est compatible avec 1 700 types...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.
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En France, une riposte crédible à Netflix peine à s’organiser

Malgré la menace, les groupes audiovisuels français ont des difficultés à s’entendre.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h37
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h49
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Faire émerger un Netflix français ou européen… Tout le monde en rêve, mais personne n’assume, aujourd’hui, cet objectif. La montée en puissance du géant américain intimide : ces derniers mois, il recrute, en France, environ 100 000 abonnés par mois, et espérait en atteindre 3,5 millions fin mars, selon Libération.
Arrivé en France en 2015, le groupe Netflix y a d’abord été vu comme un concurrent pour la plate-forme de vidéo à la demande par abonnement Canalplay, puis comme une menace pour le service premium de sa maison mère, Canal+, qui compte 4,95 millions d’abonnés. « Aujourd’hui, tout le monde prend conscience que Netflix concurrence l’ensemble des chaînes de télévision, explique un cadre du secteur. Le sujet n’est pas de prendre la place de Netflix, mais de l’empêcher de prendre la nôtre ! »

Malgré ce sentiment d’urgence, voire de panique, élaborer une riposte crédible reste difficile. France Télévisions en fait l’expérience, bien que sa présidente, Delphine Ernotte, ait annoncé, dès 2015, vouloir créer une plate-forme de vidéo à la demande par abonnement. L’entreprise publique a d’abord constaté qu’il était impossible de construire un service avec ses homologues européens, car aucune chaîne ne possède les droits de diffuser sur tout le continent les séries et films qu’elle finance. Et, à l’échelle française, acheter un catalogue d’œuvres attrayant est jugé trop cher et difficile à rentabiliser par France Télévisions.
Les discussions avec TF1 et M6 « avancent bien »
L’équipe de Mme Ernotte a obtenu des grands producteurs qu’ils mettent quand même à disposition leurs programmes, de façon non exclusive, en échange d’une part – environ 20 % – des revenus des abonnements. Mais, après avoir accumulé les retards, France Télévisions a fini par mettre le projet « en pause » : la direction et Matignon ont estimé qu’il était difficile, pour l’entreprise publique, de porter un tel service...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.
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Sortie en salles ou diffusion sur petit écran ? Le dilemme des réalisateurs à Cannes

La plate-forme américaine de vidéo à la demande Netflix veut investir près de 7 milliards d’euros dans l’audiovisuel et le cinéma en 2018.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 10h48
    |

            Nicole Vulser (Cannes, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Netflix, le grand absent, mis au ban du 71e Festival de Cannes ? Pas tant que cela. Certes, la plus grande plate-forme mondiale de vidéo par abonnement s’est exclue d’elle-même en refusant de sortir ses films en salles dans l’Hexagone avant de les mettre à la disposition des internautes, comme le prévoit le nouveau règlement de la compétition.
C’est la raison pour laquelle plusieurs longs-métrages qu’elle a financés n’ont pu figurer dans la sélection, comme The Other Side of the Wind – celui laissé inachevé par Orson Welles et terminé par Peter Bogdanovich, avec le producteur Frank Marshall – ou encore Roma, du Mexicain Alfonso Cuaron, Hold the Dark, de l’Américain Jeremy Saulnier, et Norway, du Britannique Paul Greengrass.

Pourtant, si aucun des grands patrons de Netflix n’a fait le déplacement à Cannes, les affaires, elles, se poursuivent. Ainsi, l’entreprise y a envoyé une importante délégation de vingt-six acheteurs et professionnels du marketing venus des Etats-Unis et d’Europe dans le cadre du Marché du film. A titre de comparaison, Amazon n’en a missionné que dix-sept.
Netflix a la ferme intention de poursuivre ses emplettes (3 000 longs-métrages sont en vente au Marché) afin d’enrichir l’offre proposée à ses 125 millions d’abonnés dans le monde. Tous les vendeurs internationaux redoublent d’efforts pour séduire la plate-forme, devenue l’un des principaux acheteurs planétaires de droits de films en vidéo. Ses premières offres concernaient surtout le marché américain.
Martin Scorsese, cas emblématique
En revanche, les négociations en cours depuis plusieurs mois pour l’acquisition, par Netflix, d’EuropaCorp, le studio de Luc Besson, semblent avoir achoppé définitivement sur la Croisette, faute d’accord sur la valorisation du catalogue. Le fait que l’entreprise française repose strictement sur les épaules du réalisateur aurait également pesé dans la balance. Netflix...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Mi-GAFA, mi-studio hollywoodien, le nouveau monstre de l’audiovisuel connaît un succès fulgurant. Il compte désormais 125 millions d’abonnés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
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Netflix dynamite la télé et le septième art

Mi-GAFA, mi-studio hollywoodien, le nouveau monstre de l’audiovisuel connaît un succès fulgurant. Il compte désormais 125 millions d’abonnés.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h08
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Netflix a-t-il déjà gagné la guerre ? La question se pose dans les couloirs des chaînes de télévision, dans les grands studios ou les entreprises technologiques, dans les coulisses du Festival de Cannes ou dans les cabinets ministériels. Ses séries s’invitent de plus en plus dans les conversations. « Un de mes collègues est allé à une fête avec ses parents, plutôt âgés. Sa mère y discutait des programmes de Netflix avec ses copines. Ça l’a soufflé », raconte un producteur français, mi-amusé, mi-effaré.
La formule à la demande de Netflix est en phase avec les attentes des téléspectateurs : c’est une sorte de buffet audiovisuel à volonté, où l’on peut goûter les dernières grandes productions maison, comme la série de science-fiction Stranger Things, rattraper des vieux classiques tels que Friends, se laisser aller à quelques films de séries B ou s’orienter vers d’étonnants mangas japonais ou un documentaire de six heures sur une secte établie dans l’Oregon jusqu’en 1985 (Wild Wild Country). Consommable sur place, avec son téléviseur, ou à emporter, sur ordinateur, tablette ou smartphone, le menu comporte peu de grands films récents et laisse parfois le même goût d’indécision ressenti face aux murs de DVD d’un vidéoclub… mais, pour 10 euros par mois, il offre un rapport qualité-prix assez addictif.
Au premier trimestre 2018, Netflix a dépassé toutes les prévisions en conquérant 7,4 millions de nouveaux abonnés. Son chiffre d’affaires a fait un bond de 43 % par rapport à 2017, lorsqu’il avait engrangé 11,6 milliards de dollars (9,8 milliards d’euros) pour un résultat de 886 millions… Le service dépensera cette année 8 milliards de dollars dans les contenus, et il compte désormais 125 millions d’abonnés, dont 3,5 millions en France.
Premier studio international
Le modèle de Netflix fascine et fait débat. C’est un ovni, à mi-chemin entre les grandes plates-formes numériques (GAFA) et les géants du divertissement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Le propriétaire australien du quotidien anglophone s’est vu contraint de céder le journal à un homme d’affaires malaisien.
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Au Cambodge, la vente du « Phnom Penh Post » sonne le glas de la presse indépendante

Le propriétaire australien du quotidien anglophone s’est vu contraint de céder le journal à un homme d’affaires malaisien.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
11.05.2018 à 14h21
    |

            Harold Thibault








                        



   


La vente du quotidien anglophone The Phnom Penh Post représente la dernière pelletée de terre sur la presse indépendante au Royaume du Cambodge, où le premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trois décennies, a verrouillé la vie politique à l’approche des législatives de juillet.
Le titre était jusqu’ici détenu par un magnat australien des mines, Bill Clough, mais ce dernier s’est vu soudain présenter une facture d’arriérés fiscaux de 3,9 millions de dollars (3,3 millions d’euros) par le gouvernement cambodgien, le contraignant de fait à vendre le journal. Une notification controversée des impôts avait déjà forcé l’autre journal anglophone, le Cambodia Daily, à mettre la clé sous la porte en septembre 2017. A la même période, l’un des chefs de l’opposition, Kem Sokha, avait été arrêté sur une accusation de « complot » avec l’étranger et plusieurs radios avaient été suspendues des ondes. Hun Sen, réélu de justesse en 2013 après que ses critiques eurent dénoncé d’importantes fraudes, entend manifestement ne rien laisser au hasard.

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                Au Cambodge, l’opposition interdite



Dans ce contexte, le profil de l’acquéreur du Phnom Penh Post n’est pas anodin. Sivakumar S. Ganapathy, un homme d’affaires malaisien, dirige une agence de relations publiques, Asia PR, dont le site Internet cite parmi ses clients et missions passés, outre IBM ou KFC, « le Cambodge et l’installation de Hun Sen au gouvernement ».
Le rédacteur en chef licencié
La rédaction n’a pas tardé à faire l’expérience des limites de sa tolérance. Une injonction du nouveau propriétaire est arrivée dès la publication en ligne d’un article, dimanche 6 mai au soir, sur la vente, qui mentionnait les liens opaques de l’acquéreur malaisien avec des politiciens de son pays d’origine. Le rédacteur en chef, Kay Kimsong, a été licencié pour avoir refusé de retirer l’article et ses adjoints et l’essentiel des journalistes étrangers du quotidien ont depuis démissionné. « Après la fermeture du Cambodia Daily, toute la rédaction du Post s’est demandé si elle était la prochaine cible ou si conserver un journal indépendant permettait de sauver les apparences », explique Erin Handley, une des treize journalistes démissionnaires.
Dans un communiqué, M. Ganapathy s’est notamment offusqué qu’ait été omise l’initiale « S » entre son prénom et son nom mais aussi que l’article ne mentionne pas le fait qu’Asia PR n’a travaillé pour le gouvernement cambodgien qu’avant sa propre arrivée dans le groupe. Il écrit dans le journal que le vendeur l’avait assuré que les journalistes de la maison étaient « de gros calibre ». « Maintenant j’ai des doutes », dit celui qui avait promis de respecter l’indépendance de la rédaction. Pour Mme Handley, si des journalistes cambodgiens sont restés, c’est qu’ils constatent que, s’ils abandonnaient maintenant, il ne resterait plus aucun média indépendant dans le pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Dernière victime de la crise des médias canadiens, le quotidien francophone québécois va devenir un organisme sans but lucratif.
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Le canadien Power Corp. cède « La Presse »

Dernière victime de la crise des médias canadiens, le quotidien francophone québécois va devenir un organisme sans but lucratif.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 12h08
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        


Le couperet est tombé le 8 mai : « on a vu André Desmarais entrer dans la salle du Palais des Congrès », où les salariés de La Presse avaient été convoqués la veille, et annoncer que Power Corporation abandonnait la propriété du quotidien québécois francophone plus que centenaire, passé au tout numérique le 1er janvier dernier. La seule présence du grand patron du groupe était « en soi un événement », observe dans une chronique publiée le lendemain le journaliste de La Presse Yves Boisvert, la preuve que « l’heure était grave ».
Le groupe cède La Presse, achetée en 1967, à un organisme sans but lucratif (OSBL), qui sera formé sous peu. L’ex-fleuron médiatique de Paul Desmarais « père » était devenu un pion mineur dans l’empire repris par ses fils qui ne voulaient plus en éponger les pertes, après avoir investi 40 millions de dollars canadiens (26,25 millions d’euros) en 2013 dans le développement de La Presse +, édition sur tablette qui n’a pas tenu ses promesses. Les seuls chiffres connus font état de près de 250 millions de dollars canadiens (164 millions d’euros) engloutis dans l’aventure de 2013 à 2015.
Perçue comme un précurseur lors du lancement de cette édition numérique gratuite, La Presse n’a pas réussi son pari, malgré un « succès incontesté » auprès du public, selon son président, Pierre-Elliott Levasseur (avec près de deux millions de lecteurs uniques par semaine sur tablette, plates-formes Web et mobiles). « Chaque jour, ajoute-il, La Presse + est consultée sur 260 000 tablettes en moyenne », tout en évoquant un plafonnement du lectorat.
Chute des revenus publicitaires
Le modèle pâtit, comme pour les autres médias canadiens, de la chute libre des revenus publicitaires, qui ont fondu de 75 % depuis 2005. Désormais, les géants de l’Internet Google et Facebook « accaparent près de 80 % » du total des revenus publicitaires numériques au Canada, note M. Levasseur. Ces derniers sont évalués à 6,3 milliards d’euros.
L’édition sur tablette, renforcée après l’arrêt, en 2016, de l’édition papier en semaine, puis de celle du week-end début 2018, était censée permettre à La Presse de drainer assez de revenus publicitaires pour assurer la rentabilité du journal, ce qui ne s’est pas produit.

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La chute de ces recettes sonne le glas du « modèle d’affaires » des médias traditionnels, affirme M. Levasseur. Même le Toronto Star, le plus gros titre national, est à bout de souffle. « Nous luttons pour notre survie », déclarait son président John Honderich en début d’année. Le quotidien torontois avait acquis la technologie développée par La Presse pour son édition sur tablette, avant de renoncer à l’utiliser devant l’ampleur des investissements nécessaires pour un profit hypothétique.
La Fédération nationale des communications, syndicat canadien, a calculé que depuis 2009, plus de 330 quotidiens et hebdomadaires locaux ont disparu au Canada ou sont en passe de fermer.
Un modèle de financement « novateur »
Pour survivre, La Presse fait un nouveau pari : rester dans l’édition numérique, « voler de ses propres ailes » et faire « un grand pas en avant », selon l’expression de M. Levasseur. La cession à un organisme sans but lucratif ouvrira la porte, espère-t-il, à un financement « novateur », sous forme de dons, subventions et incitations fiscales, en plus des revenus publicitaires. M. Levasseur a dit vouloir « s’inspirer » de l’exemple du Guardian britannique.
La Presse compte aussi sur un coup de pouce des gouvernements du Québec et du Canada. Ottawa et Québec sont prêts à soutenir une presse en crise mais les fonds ne seront sûrement pas suffisants pour répondre aux attentes. La province a promis récemment un programme universel de soutien aux quotidiens québécois. Du côté fédéral, les choses bougent lentement. En février, des représentants syndicaux de la presse nationale ont tiré la sonnette d’alarme et demandé un soutien des pouvoirs publics. Ils proposaient un crédit d’impôt de 30 % sur la masse salariale des entreprises de presse, équivalant à 176 millions d’euros par an.
Le gouvernement canadien rechigne en fait, selon M. Levasseur, à venir en aide aux journaux qui sont « la propriété de familles riches ou de grandes entreprises ». Mercredi, la ministre du patrimoine canadien, Mélanie Joly, s’est toutefois montrée disposée à étudier les façons de « permettre les dons philanthropiques aux médias ».
Un nouveau plan stratégique
S’il se sépare de La Presse, M. Desmarais a tout de même promis que Power Corporation assumerait ses responsabilités en matière de retraites pour les anciens salariés et les quelque 600 actuellement en poste. Le groupe offrira aussi un don défiscalisé de 32,5 millions d’euros au journal pour faciliter la transition vers la nouvelle structure de propriété.

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La mise en œuvre d’un nouveau plan stratégique, gardé en partie secret, est au menu. Une application mobile « à la hauteur de l’application tablette » est dans l’air. On évoque aussi une approche publicitaire différente, misant sur une meilleure connaissance des lecteurs et des partenariats avec d’autres acteurs des communications, comme des chaînes de télé et de radio. Objectif : avoir une masse critique plus intéressante pour les annonceurs du futur.



                            


                        

                        


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Radio France annonce le départ de son numéro deux, Laurent Guimier

Le directeur délégué aux antennes et aux contenus de la radio publique pourrait rejoindre Europe 1.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 09h05
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



   


Est-ce le retour au bercail qui se profile pour le désormais ex-numéro deux de Radio France, Laurent Guimier, qui avait commencé sa carrière à Europe 1 il y a vingt-quatre ans ? Si, depuis quelques semaines, ce n’est qu’une rumeur, son départ de la radio publique, annoncé vendredi 11 mai, lui donne de la crédibilité.

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C’est la nouvelle présidente de Radio France, Sibyle Veil, désignée il y a un mois par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui l’a officialisé dans un message adressé aux salariés de la radio publique. A 47 ans, Laurent Guimier, directeur délégué aux antennes et aux contenus depuis mai 2017, « a décidé d’entreprendre un nouveau projet professionnel », a-t-elle expliqué. « Il quitte l’entreprise à compter d’aujourd’hui », a-t-elle ajouté, sans donner plus de détails. Joint par Le Monde, M. Guimier n’a pas souhaité s’exprimer. Dans un Tweet, il s’est dit « fier de la mission accomplie et convaincu que des regards neufs sauront confirmer l’élan du service public ».

après 4 ans @franceinfo puis à la Direction des antennes, je quitte @RadioFrance, fier de la mission accomplie et c… https://t.co/NdqYmlZVjs— laurentguimier (@Laurent Guimier)


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Mme Veil doit décider dans les jours à venir qui remplacera M. Guimier. Elle a fait savoir qu’elle informerait les salariés la semaine prochaine « de la succession qui sera mise en place pour soutenir les équipes des chaînes de Radio France ». Selon nos informations, un ancien de la maison, Matthieu Aron, actuellement grand reporter et conseiller éditorial à L’Obs, quitterait l’hebdomadaire détenu par les actionnaires du Monde pour rejoindre la direction des antennes, où il s’occuperait de l’information.
Beaucoup soulignent en interne que le poste de directeur des contenus avait moins d’impact opérationnel depuis que les stations avaient été repositionnées, avec des directeurs d’antenne bien installés. Pour la nouvelle présidente, ce recrutement sera tout de même un premier test, alors qu’elle devra être épaulée pour les nombreux chantiers de l’audiovisuel public que l’exécutif souhaite intégrer dans sa future réforme.
« Vision stratégique »
La rumeur de l’arrivée de Laurent Guimier à Europe 1 pour reprendre les rênes de la radio du groupe Lagardère n’a cessé d’enfler, sur fond de tensions entre l’actuel vice-PDG, Frédéric Schlesinger, et l’actionnaire, la relance espérée n’ayant pas eu lieu. Interrogé à ce sujet lors de l’assemblée générale du groupe, le 3 mai, Arnaud Lagardère a demandé « d’attendre quelques jours, voire une petite semaine ou deux, pour avoir une réponse ». M. Guimier faisait même partie des personnes qui avaient été approchées dès décembre 2016 pour diriger la radio, mais les discussions n’avaient pas abouti, conduisant finalement à l’arrivée de M. Schlesinger.

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Les circonstances d’une nouvelle restructuration du navire amiral du groupe Lagardère restent toutefois à éclaircir : l’actionnaire souhaitera-t-il réinvestir, alors que la station, au plus bas – 6,8 % d’audience cumulée pour la période janvier-mars –, a perdu 19 millions d’euros en 2017 ? La radio doit-elle davantage se déployer dans la vidéo, à l’image du « média global » Franceinfo lancé par France Télévisions et Radio France et copiloté par M. Guimier ? Ce dernier voudrait-il réaliser des synergies avec les deux derniers médias du groupe Lagardère, Le Journal du dimanche et Paris Match ?
Parfois décrit comme un ambitieux qui n’hésite pas à passer de groupe en groupe, Laurent Guimier jouit toutefois d’une réputation plutôt positive à Europe 1. « Il connaît l’historique de notre radio, mais maîtrise aussi le numérique, ce qui est nouveau », analyse un journaliste, qui salue sa « vision stratégique ».
Laurent Guimier, qui avait lancé Le Lab, un média social d’info politique fermé en décembre 2017, aura probablement des projets sur le Web, mais « son urgence sera de faire une grille au plus vite pour la rentrée, car le nerf de la guerre reste les audiences radio, qui conditionnent la publicité, principale ressource économique », rappelle cet employé. Le futur directeur devra mener ce chantier en parallèle du déménagement d’Europe 1, qui quitte ses locaux historiques en juillet.

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M. Guimier est habitué à reprendre en main des situations compliquées : il a ainsi contribué à redresser Franceinfo, en difficulté, en la recentrant sur l’information chaude. Lors de la campagne pour la présidence de Radio France, à la suite du limogeage fin janvier de Mathieu Gallet, il faisait partie des directeurs qui ont soutenu la candidature de Mme Veil. Il avait même été présenté comme la caution éditoriale d’un « ticket » avec celle-ci, plus gestionnaire. Cette dernière n’a jamais démenti, ni évoqué un éventuel départ de M. Guimier, sans pour autant évoquer son nom dans sa campagne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ La société Adventure Line, qui produit l’émission diffusée sur TF1, s’était jusqu’alors refusée à tout commentaire sur la nature de l’événement l’ayant conduit à suspendre le tournage.
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Article sélectionné dans La Matinale du 10/05/2018
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« Koh-Lanta » : l’annulation du tournage liée à une accusation d’agression sexuelle

La société Adventure Line, qui produit l’émission diffusée sur TF1, s’était jusqu’alors refusée à tout commentaire sur la nature de l’événement l’ayant conduit à suspendre le tournage.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 02h18
    |

            Mustapha Kessous








                        


Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 mai, Adventure Line Productions (ALP), la société qui réalise l’émission « Koh-Lanta », a annoncé, dans un communiqué lapidaire, avoir annulé le tournage du jeu d’aventures phare de TF1.
Après avoir invoqué dans la matinée un « événement extérieur au jeu survenu entre deux candidats », tout en refusant d’en donner la nature, ALP a, finalement, précisé dans un communiqué publié dans l’après-midi que l’annulation avait été décidée après qu’une concurrente a accusé un autre participant d’avoir commis une « agression sexuelle ».
« Dans la nuit du 4e au 5e jour de tournage, une concurrente a fait état de faits susceptibles de relever d’une agression sexuelle », déclare dans ce communiqué Alexia Laroche-Joubert, la présidente d’ALP, ajoutant que « ces faits sont formellement contestés par le concurrent concerné ». Face à cette situation, ALP a choisi de n’être « ni juge, ni procureur », et de « respecter la parole de l’une comme la présemption d’innocence de l’autre ». Ainsi, la décision d’annuler le tournage repose sur le fait que l’émission est « un jeu d’aventure familial » et qu’elle a été prise « pour le bien des participants » et des « équipes ».
Aucune précision sur la nature de cet « événement extérieur » n’avait été jusqu’alors dévoilée. La chaîne ALP se contentant de dire qu’il était « impossible de poursuivre cette nouvelle édition dans des conditions suffisamment sereines ».TF1 avait, quant à elle, fait savoir dans la matinée dans un communiqué de presse qu’elle prenait « acte de cette décision qu’elle estime prudente, responsable et conforme aux valeurs de “Koh-Lanta” ».
Plusieurs tournages déjà annulés ces dernières années
Ce n’est pas la première fois qu’Adventure Line est contrainte d’annuler un tournage. Cela a été le cas en mars 2013, après la mort par crise cardiaque du candidat Gérald Babin, 25 ans, lors du tournage de la 16e édition du jeu sur l’île de Koh Rong, au Cambodge. Dans cette affaire, l’instruction judiciaire ouverte à trouvé un accord financier avec les proches du candidat. Dix jours après ce décès, le docteur Thierry Costa, le médecin du programme, se suicidait. Il n’avait pas supporté les critiques anonymes pointant des négligences dans la rapidité et la qualité de l’intervention des secours prodigués à Gérald Babin.

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Trois ans plus, en mars 2015, ALP interrompait le tournage de « Dropped », un nouveau jeu, après le crash de deux hélicoptères entrés en collision qui fit dix morts dont les athlètes Camille Muffat, Florence Arthaud et Alexis Vastine. En avril, la société de production a été condamnée par le Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) des Hauts-de-Seine « pour faute grave » à indemniser une famille des victimes.
Adventure Line Productions (ALP), est une société de production française, créée en 1972, spécialiste des jeux d’aventures comme « Fort Boyard », « La Chasse aux trésors » ou « La Course autour du monde ». Ces dernières années, ALP a réalisé plusieurs adaptations de formats étrangers de grandes émissions aux frontières du jeu, du divertissement et de la téléréalité.

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Depuis mars, TF1 diffuse « Koh-Lanta : le combat des héros », une version spéciale du jeu d’aventures présenté par Denis Brogniart, qui met en scène d’anciens participants. Cette émission permet à la première chaîne d’être en tête des audiences le vendredi soir et d’attirer près de cinq millions de téléspectateurs (plus de 23 % de part d’audience). Lancé en 2001, « Koh-Lanta » est un enjeu vital pour la première chaîne. Selon nos informations, cette émission d’aventures a un taux de rentabilité proche d’une série américaine : quelque 650 000 euros par prime et chaque émission peuvent lui rapporter trois fois plus en publicités. Face à ce succès, TF1 avait décidé, en 2016, de diffuser deux éditions par saison de « Koh-Lanta ».

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.
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« Vraiment » suspend sa parution au bout de huit numéros

Les ventes de l’hebdomadaire lancé le 21 mars étaient seulement de 5 000 exemplaires.



Le Monde
 |    09.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
10.05.2018 à 00h24
    |

            François Bougon








                        



   


Les temps sont durs pour les nouveaux hebdomadaires généralistes. Après l’échec cuisant d’Ebdo, moins de trois mois après son lancement, c’est au tour de Vraiment de jeter l’éponge après seulement sept semaines d’existence en kiosque.
Les trois fondateurs – Jules Lavie, le directeur de la rédaction, Julien Mendez et Julie Morel, deux anciens conseillers au ministère de l’économie à l’époque d’Emmanuel Macron, puis de Michel Sapin – ont décidé de suspendre la parution. Le huitième numéro, qui sortait mercredi 9 mai, sera le dernier, en tout cas sous la forme hebdomadaire.

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Le journal s’était lancé le 21 mars avec une rédaction de seize journalistes. Mais il n’a pas pu trouver sa place dans le paysage tourmenté des « news magazines », bousculé par la chute des ressources publicitaires et la crise du principal distributeur de presse, Presstalis. La diffusion payée du premier numéro, au prix de vente de 4,50 euros, était de 18 000 exemplaires avant de tomber ensuite autour de 5 000, alors que le nombre d’abonnés s’élevait à un millier. Le point d’équilibre se trouvait à 40 000…
« Initialement, on se donnait dix-huit mois pour l’atteindre, mais on était tellement loin de nos objectifs qu’il n’était pas réaliste d’attendre plus longtemps », déclare Julien Mendez. « On préfère arrêter les frais avant que la facture ne soit trop lourde », renchérit Jules Lavie.
« On n’a pas trouvé notre lectorat »
Un tour de table, auquel avait participé Bernard Mourad, l’ex-responsable du pôle médias du groupe SFR, prévoyait de lever 2 millions d’euros. Une moitié avait déjà été récoltée. Mais les fonds n’étaient pas suffisants, en particulier pour mener des campagnes publicitaires et élargir le public de l’hebdomadaire.
Jules Lavie, pour sa part, tente de comprendre les raisons de l’échec : « On a fait un bon journal, mais on n’a pas trouvé notre lectorat. On n’a peut-être pas réussi à partir sur une ligne très précise. Il était d’ailleurs difficile de résumer le journal en une phrase. » Malgré des enquêtes intéressantes et une maquette agréable, Vraiment n’a en effet pas su convaincre qu’il pouvait constituer le média complémentaire qu’il souhaitait être à côté des grands médias de la presse écrite.
L’équipe – « motivée et soudée », selon M. Mendez – veut désormais se donner le temps de la réflexion, jusqu’à l’été, pour voir comment l’aventure peut se poursuivre : « J’ai fait le tour des actionnaires et on réfléchit », précise le cofondateur. Pour l’heure, Vraiment ne suit donc pas le chemin de l’autre hebdomadaire malheureux, Ebdo, placé en liquidation début avril par le tribunal de commerce de Paris avec poursuite de l’activité de l’éditeur des revues XXI et 6Mois, Rollin Publications (63 salariés).
Les candidats à la reprise de Rollin Publications et de ses deux revues avaient jusqu’au mercredi 2 mai pour déposer leurs offres. Cinq se sont manifestés : le groupe Le Monde, la société d’édition Editis, l’éditeur Le Seuil associé à La Revue dessinée, le groupe Hildegarde (qui détient les magazines Le Film français, Première, Studio, Causette…), et Thierry Mandon (qui était le directeur général d’Ebdo) associé à plusieurs autres investisseurs. Vraiment espère, quant à lui, repartir sur un rythme moins ambitieux.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.
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La stratégie de « haine des médias » de Jean-Luc Mélenchon inquiète Reporters sans frontières

Dans son rapport annuel, l’ONG Reporters sans frontières s’alarme du dénigrement systématique des journalistes par le député de La France insoumise.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 12h52
 • Mis à jour le
09.05.2018 à 09h45
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Dans son classement annuel pour la liberté de la presse, publié le 25 avril, Reporters sans frontières s’alarme du « dénigrement systématique de la profession par certains leaders politiques ». Pour illustrer son propos, l’organisation non gouvernementale a notamment mis en avant les fréquentes sorties de Jean-Luc Mélenchon envers les journalistes.

   


Quelques heures après la publication du classement de RSF, le politologue et membre de La France insoumise (LFI) Thomas Guénolé a contesté cette affirmation, assurant que Jean-Luc Mélenchon n’avait pas directement appelé à la haine envers les journalistes. « La phrase réelle, en résumé, c’est : “Etre ulcéré par les médias c’est légitime, mais il faut les combattre de façon réfléchie et politiquement.” C’est un appel au combat politique calme », a-t-il dit, rappelant que l’adversaire de LFI est « le système médiatique » et non « les journalistes dans leur ensemble ». « Nous sommes de leur côté », a conclu M. Guénolé. Qu’en est-il exactement ?
« La haine des médias est juste et saine »
La citation mentionnée par RSF est issue d’une note de Jean-Luc Mélenchon publiée sur son blog le 26 février 2018. Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée y écrivait que « si la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine, elle ne doit pas nous empêcher de réfléchir et de penser notre rapport à eux comme une question qui doit se traiter rationnellement dans les termes d’un combat ». Il qualifiait ensuite la presse de « première ennemie de la liberté d’expression » en avançant que le « parti médiatique […] inoculait de la drogue dans les cerveaux » — avant de conclure que « le pouvoir médiatique est d’essence complotiste ».
Longue série de sorties hostiles
Cette déclaration s’inscrit dans une longue série de sorties hostiles à des journalistes. En 2010, déjà, le responsable politique qualifiait un étudiant en journalisme venu l’interviewer entre les deux tours des élections régionales de « petite cervelle » au service d’un « métier pourri », d’une « sale corporation voyeuriste et vendeuse de papier ». En mars 2014, c’est au tour d’un journaliste de « La Nouvelle Edition », une émission de Canal+, qui tentait de l’interroger de se faire traiter « d’abruti » et de « vermine ».
Lors de la dernière campagne présidentielle, le 18 mars 2017, M. Mélenchon insultait de « sale con » et d’« hyène » un journaliste de « C à vous » qui l’interrogeait sur sa stratégie vis-à-vis de Benoît Hamon. Ou qualifiait « d’ennemie » la chaîne France 2, qui lui proposait de participer au journal de 20 heures, dans une scène enregistrée pour le documentaire L’Insoumis.
Plus récemment, Jean-Luc Mélenchon n’a pas apprécié les conditions dans lesquelles il a été interrogé lors de « L’Emission politique » de France 2. Il aurait alors insulté la journaliste Nathalie Saint-Cricq hors antenne, lui lançant « va te faire foutre », selon Quotidien. Peu après, il réclamait dans une longue note postée sur son blog un « tribunal professionnel » des médias contre « les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs ».
Vocabulaire belliqueux
Loin d’être le fruit du hasard ou d’une aversion personnelle envers la corporation journalistique, la position antimédias de M. Mélenchon résulte d’une stratégie politique. « On considère que les médias ne sont pas le reflet de la réalité et qu’ils sont la deuxième peau du système », disait déjà en 2013 au Monde François Delapierre, défunt bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Dans sa note de blog datée du 26 février 2018, Jean-Luc Mélenchon s’en prenait à la « caste médiatique » avec force termes belliqueux. Ainsi, le candidat déçu à l’élection présidentielle déclarait-il avoir « beaucoup appris sur l’art de la guerre », sur comment « parer les coups » et ne pas s’être laissé submerger par la haine, « victoire de l’ennemi ».

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S’inscrire en opposition aux médias, donc, tout en les utilisant pour diffuser ses idées. « Les outrances du système médiatique visent à me rendre clivant. J’utilise sa force négative pour coaliser en notre faveur », déclarait en septembre 2017 Jean-Luc Mélenchon au magazine Marianne. Les chiffres de temps de parole du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), compilés par le site Politologue, confirment la stratégie d’utilisation : entre le 1er février et le 21 avril 2017, le candidat de LFI a bénéficié de sept jours et dix-neuf heures de temps d’antenne sur les télévisions et radios. A titre de comparaison, Emmanuel Macron et Marine Le Pen avaient bénéficié de dix jours de temps de parole, quand Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, François Asselineau, Jean Lassalle et Jacques Cheminade n’ont pas dépassé les deux jours de temps de parole.
« Cette haine ne vient pas de nulle part »
Historienne belge, Marie Peltier a publié un livre de référence sur la posture antisystème et antimédias adoptée par La France insoumise (L’Ere du complotisme, la maladie d’une société fracturée, 2016). Pour la chercheuse, les fréquentes insultes de Jean-Luc Mélenchon aux journalistes sont un choix politique. « Cette haine ne vient pas de nulle part, analyse-t-elle. Elle vient de l’imaginaire antisystème sur lequel est construite toute la stratégie de La France insoumise. C’est un vieil imaginaire, qui a toujours une double cible : les représentants politiques et les médias. »
Paroxysme du média « bashing »
Selon l’historienne, le média bashing, ou dénigrement des médias, est en vogue depuis une quinzaine d’années, mais il a atteint, au cours de ces derniers mois, une forme paroxystique. « On peut faire le parallèle avec Trump, qui a beaucoup utilisé la corde antimédias primaire en insultant les journalistes, et qui a été élu là-dessus. Le discours antisystème, antimédias et antiélites de M. Mélenchon est opportuniste : il explique une grande partie de son score aux dernières élections. »
Pour s’éloigner du prêche des « curés médiatiques » que dénonce fréquemment M. Mélenchon, rien ne vaut les ouailles de sa propre paroisse. Le Média, webtélé de gauche, voulait répondre aux attentes de ceux qui « sont profondément déçus par le paysage médiatique français ». Bien que s’étant toujours défendue d’être proche de LFI, elle est dirigée par des personnalités proches du parti de Jean-Luc Mélenchon — à l’instar de Sophia Chikirou, qui fut sa directrice de campagne, devenue cofondatrice du Média.
Las, moins de deux mois après son lancement, Le Média était confronté à de vives critiques concernant son traitement de l’actualité en Syrie et à la diffusion d’un faux témoignage sur des violences policières à Tolbiac. La webtélé a également été frappée par le désengagement d’une dizaine de ses soutiens historiques, à l’instar de Noël Mamère. « Le Média ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le fond ni sur la forme », déclaraient onze personnalités en mars 2018.
Contactée par Le Monde, La France insoumise n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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                Le Média : les coulisses d’une crise



Correction, le 9 mai à 9 h 30 : les propos de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de Nathalie Saint-Cricq n’ont pas été tenus à l’antenne. Il s’agit d’une altercation qui aurait eu lieu après l’émission et a été rapportée par Quotidien.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 07/05/2018
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Ados disparues ou célibataire craquant ? Nos choix de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose une liste de séries à (re)découvrir sur petit écran.



Le Monde
 |    08.05.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 11h48
    |

                            Martine Delahaye








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Vous faites partie des chanceux qui font le pont ? Voici trois nouveautés pour occuper les temps morts de cette longue semaine de farniente.
« Doxa » : satire sur les sondages

   


Ceux qui, comme nous, ont adoré découvrir le comédien Sébastien Chassagne dans Irresponsable (à revoir sur OCS) n’hésiteront pas à le suivre dans une nouvelle série, Doxa, sur la plate-forme du service public Studio 4. L’on s’y attache aux mini-drames et cocasseries qui ponctuent la vie de célibataire d’Arthur Joubert, la trentaine, chargé d’études à l’institut de sondages Iflop. Un institut si sérieux que, selon le client présent à l’agence, Arthur devra assumer le titre (et le bagout, s’il le peut) de chargé de l’alimentation et de la santé, de spécialiste de l’opinion et des médias, ou d’expert des réseaux sociaux.
Arthur est en tout cas un garçon très soigneux, à voir la façon dont il tapote son canapé d’une éponge légèrement humide lorsque son pote Blaise débarque inopinément, sac au dos depuis la Thaïlande, pour squatter quelque temps chez lui. Afin de se refaire un peu, Blaise va commencer par dealer sur Internet un mélange de poudres de son cru, certifié légal en Thaïlande, tandis qu’Arthur lui racontera, le soir, les magouilles et duperies qui peuvent se cacher derrière les statistiques : « On ne fait pas des sondages pour connaître l’opinion des gens, lui démontre-t-il. On fait des sondages pour que les gens sachent quoi penser. »
Signée Alexandre Pierrin, à la fois auteur de cette série et son co-réalisateur avec Olivier Marquézy, Doxa emporte l’adhésion dès son premier épisode en abattant deux cartes trop rares en France : l’une estampillée « comique burlesque », l’autre « intelligence du propos ».
Doxa, série Web. Avec Sébastien Chassagne, Aude Gogny-Goubert, Romain Vissol (France, 2018, 6 x 13 min). Sur Studio 4 à partir du jeudi 10 mai.
« Red Creek » : frissons canadiens

Elle s’appelle Marlène Bernard et elle aussi, dans douze jours, aura disparu. C’est elle qui nous l’annonce, en nous accompagnant en voix off tout au long de la série.
Française, Marlène Bernard a débarqué au Canada il y a deux ans, pensant laisser de l’autre côté de l’Atlantique sa (jeune) carrière de flic et ses cauchemars. « Tu dois te demander ce que je suis venue foutre ici… », reconnaît-elle en nous invitant à la suivre dans un village du nord canadien. Pour en finir avec l’ennui des petits boulots à Montréal, Marlène vient de décider, sur un coup de tête, en découvrant l’annonce de la disparition d’une ado, de se rendre à Red Creek. Son intention : proposer à la famille en détresse de retrouver leur fille disparue, en marge de la police. Un travail de détective privé qui va l’emmener, semble-t-il, jusqu’aux marges de l’exorcisme.
Sans se distinguer notoirement par l’originalité de son propos (tout au moins dans ses premiers épisodes, les seuls que nous ayons vus), Red Creek bénéficie d’un récit rythmé, d’un personnage principal intrigant et d’une bonne interprétation.
Red Creek, série créée par Aurélien Molas. Avec Lou de Laâge, Tobie Pelletier, Kent McQuaid (Canada et France, 2018, 10 x 10 min). Sur la plate-forme payante Studio +.
« Safe » : du pur Harlan Coben

Création du romancier à succès Harlan Coben (Une chance de trop, The Five), Safe est le fruit d’une coproduction entre le groupe Canal+ et Netflix, le premier diffusant la série en France (sur C8, chaîne gratuite de la TNT) et le groupe de vidéo à la demande, à l’international.
On ne peut pas dire qu’Harlan Coben ait changé de centre d’intérêt et de braquet pour cette série, le pitch, une fois encore, tournant autour de la disparition d’une ado. Au vu des deux premiers épisodes, cependant, Safe a les allures d’une histoire solide, non pour ce que l’on va découvrir sur la jeune disparue, mais pour les personnages de la communauté, privilégiée et fermée, qui vont y prendre une part de plus en plus importante.
Ce drame se concentre au départ sur Tom Delaney (Michael C. Hall, inoubliable Dexter), ancien militaire, chirurgien pédiatrique, veuf et père de deux adolescentes. Toujours en deuil après la mort de sa femme, il mène une vie aisée et protégée des heurts et des soucis jusqu’à ce que sa fille aînée disparaisse et qu’il entreprenne de la rechercher lui-même. L’occasion, pour le spectateur, de découvrir les personnages de son entourage, et quelques sombres secrets sous l’apparence lisse du savoir-vivre et du bien-être. Maître du polar, Harlan Coben lance le spectateur sur plusieurs pistes tout en brossant le portrait de quelques fortes personnalités qui donnent son sel à cette série.
Safe, série créée par Danny Brocklehurst et Harlan Coben. Avec Michael C. Hall, Audrey Fleurot, Amanda Abbington, Emmet J. Scanlan (EU, 2018, 8 x 52 min). Sur C8, mardi 15 mai à 21 heures.



                            


                        

                        

