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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Cet ancien d’Epic Games, star du jeu vidéo des années 2000, a été le premier à révéler l’actuel jeu phénomène. Sept ans plus tard, il met la clé sous la porte à cause de son succès.
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Jeu vidéo : Cliff Bleszinski, l’arroseur-arrosé de « Fortnite »

Cet ancien d’Epic Games, star du jeu vidéo des années 2000, a été le premier à révéler l’actuel jeu phénomène. Sept ans plus tard, il met la clé sous la porte à cause de son succès.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 15h15
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h03
    |

            William Audureau








                        



   


C’est l’histoire d’une star du jeu vidéo mise au chômage par le jeu qu’elle a elle-même mis sur les rails. Lundi 14 mai, Cliff Bleszinski, vétéran respecté de l’industrie de la manette, a annoncé la fermeture de l’entreprise qu’il avait fondée en Caroline du Nord en 2014, Boss Key Productions. Dans un communiqué, il tente de dresser un bilan positif de cette aventure :
« Il y a quatre ans, j’ai entrepris de fonder un studio de classe mondiale et d’embaucher quelques-uns des plus grands talents de l’industrie. Ils ont travaillé sans relâche pour offrir des produits de qualité et, même si nous avons eu des bons et des mauvais moments, nous nous sommes amusés à le faire. »
Cliff Bleszinski annonce par ailleurs son souhait de faire une pause dans sa carrière.
Une sommité présente aux débuts de « Fortnite »
Pour nombre de joueurs, son nom n’évoquera rien. Dans l’industrie, Cliff Bleszinski est pourtant une sommité, à qui l’on doit notamment deux des plus grands succès des années 2000, la série de jeux de tir compétitifs survoltés Unreal Tournament, et les jeux d’action hollywoodiens subtilement mélancoliques, les Gears of War.
Cela fait toutefois des années que « Cliffy B. », comme il est surnommé, n’a plus goûté à nouveau au succès. Il a pourtant participé au jeu phénomène de l’année 2018, Fortnite, d’Epic Games, qui figure dans ses crédits. En 2011, alors qu’il travaillait comme directeur de conception chez Epic, c’est lui qui dévoile au grand public l’existence de ce jeu de tir atypique, dans un discours fondateur sur le plateau des Video Game Awards, un show américain annuel mêlant récompenses et annonces de nouveaux projets :
« Cette année marque le vingtième anniversaire d’Epic Games en tant que développeur, et même si nous avons pris beaucoup de plaisir avec “Gears of War” et “Infinity Blade”, nous avons décidé cette fois de changer un peu, de faire quelque chose de différent, de fun. Imaginez un jeu où vous pouvez explorer, piéger, construire, et au bout du compte, survivre. Mesdames et messieurs, je suis fier de vous présenter la bande-annonce de “Fortnite”. »

« Créativement frustré »
Durant quelques mois, c’est lui qui sert de porte-parole à cet ambitieux projet, qui a l’objectif de concilier l’ADN d’Epic Games, entreprise de jeu vidéo de Caroline du Nord tournée vers les jeux de tir, avec l’envie de réaliser un jeu de survie coloré, inspiré par le phénomène du moment, Minecraft, et l’esthétique cartoon de S.O.S. Fantômes.

   


Mais alors que Fortnite s’engage dans un développement marathon — il lui faudra six ans pour voir le jour —, Cliffy B., qui a assisté à sa naissance de loin, décide de quitter l’entreprise après y avoir travaillé une vingtaine d’années. Dans une note à ses collègues rendue publique par Epic Games, celui qui a rejoint le secteur à l’âge de 16 ans évoque le besoin de souffler.
En coulisses, pourtant, les raisons semblent tout autres. En 2016, l’intéressé donne une version très différente dans un podcast pour le site spécialisé IGN. « A l’époque, il y avait une mentalité “Gears a été un coup de pot”, vous voyez, et je pouvais présenter n’importe quelle idée à l’entreprise, et j’avais systématiquement quelqu’un dans mon bureau qui me disait “je ne suis pas preneur”. » Devenu « créativement frustré », il profite de l’entrée au capital du géant du Web chinois, Tencent, en juin 2012, pour décamper.
L’appel des matchs au pistolet à eau
Durant deux ans, la star des jeux de tir testostéronés se mue en intérimaire de luxe. Si l’on en croit le site Mobygames, il devient testeur, producteur associé, ou encore simple conseiller pour nombre de jeux plus ou moins mineurs, comme The Cave, Rad Rodgers : World One, Direction, ou encore #IDARB.
Son retrait de l’industrie n’est que partiel, et de courte durée. En 2014, Cliff Bleszinski se lance dans l’aventure de la création d’entreprise avec le néerlandais Arjan Brussee, son acolyte depuis vingt ans. Le concepteur d’Unreal Tournament souhaite revenir à sa zone de confort, celle du jeu de tir en 3D centré sur les affrontements à plusieurs. Dans une interview au Monde en 2016, il partage sa philosophie très ludique du genre :
« C’est comme quand vous jouez à chat, que vous faites des courses-poursuites, ou que vous faites des matchs au pistolet à eau. Sauf que quand vous touchez quelqu’un, son corps disparaît et revient aussitôt. »
Désillusions
Seulement, le retour ne se passe pas aussi simplement que prévu. Au Salon de l’E3, en dépit de la notoriété de son concepteur, LawBreakers ne suscite pas le même intérêt que ses précédentes productions. Son principe de matchs à mort par équipe accuse même, du jour au lendemain, le poids des années : en 2017, il est balayé par l’ouragan PlayerUnknown’s Battlegrounds (PUBG), le jeu de tir en « battle royale » — chacun pour soi à cent joueurs en ligne — qui conquiert 15 millions de curieux en quelques mois.

   


De guerre lasse, son studio se rabat à son tour sur ce genre extrêmement populaire avec Radical Heights. Mais en dépit d’une esthétique colorée et de possibilités de mouvements très permissives — Forbes y voit « une bonne alternative à Fortnite », Polygon un titre qui « fait des choses que PUBG et Fortnite ne font pas » — l’ultime projet de Boss Key Productions peine à trouver son public.
Conçu en cinq mois seulement, le jeu est tout simplement à l’état de chantier, trop pour le joueur lambda, alors que la concurrence ne souffre pas des mêmes problèmes. Sa réputation en pâtit. Certains le résument à « un flop LawBreakers 2.0 ». Cliffy B. analyse avec fatalisme :
« “LawBreakers” était un super jeu qui malheureusement n’a pas réussi à trouver un public suffisant, et avec l’énergie du désespoir nous avons tenté notre chance sur le marché du battle royale avec “Radical Heights”, qui a été bien reçu, mais est arrivé trop tard. »
Des reproches absurdes
Le tsunami Fortnite est en effet déjà lancé grâce à son propre mode battle royale. Pire, certains reprochent à Cliff Bleszinski d’avoir voulu s’inspirer du jeu d’Epic Games. Lui, l’un des cerveaux les plus créatifs du genre du jeu de tir ! Le 4 février, dans un tweet où l’on devine l’agacement, il rappelle qu’il a personnellement été impliqué dans le développement de Fortnite. « Lol, vous savez tous que j’ai bossé dessus. Bisous. » 

   


A mesure que le temps passe, il cache de moins en moins son amertume. Le 14 avril, il prend à parti son ancien employeur sur Twitter. « Hé, Epic Games, vous pourriez arrêter d’essayer de débaucher mes équipes s’il vous plaît ? », écrit-il, assorti d’une image animée avec la mention « pas cool ».

Hey @epicgames, could you please stop trying to hire away my team? We just launched @Radical_Heights on #UE4 and ar… https://t.co/14YXJw1c7W— therealcliffyb (@Cliff Bleszinski)


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Le message passe mal. William McCarroll, ancien programmeur de LawBreakers passé chez Epic Games, recadre Cliffy B. :
« Avec tout mon respect, présumer qu’Epic est celui qui a commencé à contacter l’autre est un peu présomptueux. Nous avons tous nos propres raisons de choisir de quitter Boss Key Productions, et faire comme si nous étions des meubles qu’on vole est un peu blessant. Nous hommes des êtres humains avant tout. »
Le lundi 18 mai, Cliff Bleszinski dépose finalement les armes. Le faiseur de « matchs au pistolet à eau » se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé. Et ce, ironiquement, par Fortnite, le bazooka en plastique qu’il a été le premier à présenter.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Le sous-équipement du Mezzogiorno est dramatique pour l’économie.
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Europe : le fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Le sous-équipement du Mezzogiorno est dramatique pour l’économie.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
C’est une histoire vieille comme l’Italie, qui semble ne jamais devoir trouver de solution. Celle d’un pays vieux d’à peine un siècle et demi, à l’unité encore inachevée, et qui se trouve coupé en deux morceaux – au moins –, entre un Nord dynamique, connecté aux grandes circulations européennes, et un Sud irrémédiablement arriéré, dont la léthargie, malgré des torrents d’argent public déversés, condamnerait le pays à ne pas tirer tous les fruits de la croissance retrouvée.
Quel serait le meilleur indicateur de ce phénomène ? Le PIB par habitant ? De fait, entre les 41 000 euros par habitant du Haut-Adige (nettement plus que la moyenne d’un pays comme l’Allemagne) et les 16 600 euros par personne en Calabre (comparables à un pays comme la Roumanie), le fossé est abyssal. Et plus inquiétant encore, ces dernières années, à la faveur des politiques de baisse des déficits menées par le gouvernement italien, qui ont réduit les transferts entre le Nord et le Sud, cet écart statistique s’est encore accru.
Mais, au fond, le plus parlant serait peut-être de résumer l’affaire, comme dans les cahiers d’écoliers, à un problème de trains. Soit un voyageur partant de la gare de Naples en direction de l’autre grande métropole du sud italien, Bari (Pouilles), distante d’un peu plus de 250 kilomètres. Il mettra quatre bonnes heures pour rejoindre son but. Qu’une autre personne parte une heure plus tard, depuis la même gare, vers une autre ville de taille comparable, par exemple Bologne, située à près de 600 kilomètres, en direction du Nord. Les deux hommes arrivant à destination au même moment. Qu’en conclure ? Que manifestement, en Italie, même entre métropoles, certains trains vont nettement plus vite que d’autres.
Le taux de chômage dépasse les 25 %
Cette observation ne relèverait que de l’anecdote si Bari était un cas isolé. Mais, en réalité, c’est tout l’inverse. Au sud de Naples, hormis sur un petit tronçon allant jusqu’à Salerne, il n’existe plus de ligne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Après trois programmes d’assistance financière assortis de drastiques mesures d’austérité depuis 2010, la vie quotidienne des Grecs a été bouleversée.
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En Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille Pappas

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Après trois programmes d’assistance financière assortis de drastiques mesures d’austérité depuis 2010, la vie quotidienne des Grecs a été bouleversée.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h37
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

Toujours bien apprêté, en chemise et pantalon de costume, Kostas continue, à 73 ans, de s’affairer dans sa papeterie du centre d’Athènes, véritable institution dans ce quartier populaire où de nombreux magasins ont fermé avec la crise. Kostas aurait pu prendre sa retraite il y a quelques années déjà, mais « la crise est passée par là, et j’ai décidé de ne pas fermer ma boutique pour aider mes enfants », souligne-t-il.
Depuis huit ans, son chiffre d’affaires s’est effondré de 50 %, et « près de la moitié de [ses] revenus part en impôts ». « Rien que la TVA est passée de 8 % à 24 % en quelques années. Les taxes ont complètement asphyxié les commerçants, qui ont été souvent obligés de mettre la clef sous la porte », note le septuagénaire amer.
Conséquence directe pour Kostas et sa famille : « Dans tous les domaines, nous faisons des économies pour pouvoir payer nos impôts. Nous consommons moins de viande et de poisson, nous n’achetons plus de nouveaux vêtements, nous circulons moins en voiture, nous ne partons plus en vacances… » Selon l’OCDE, en 2017, un salarié grec a dépensé en impôts et en cotisations sociales environ 40 % de son revenu, c’est presque autant que dans les pays scandinaves. 
« Une régression sociale sans précédent »
Pour Kostas, même aller au village familial, près de Delphes, à seulement deux heures d’Athènes en voiture, est devenu compliqué. « Avant, je m’y rendais deux semaines au mois d’août avec toute la famille. Désormais, je ne ferme plus que deux ou trois jours par an le magasin pour y faire un aller-retour… », soupire-t-il. Mais il y a pire pour celui qui a commencé à travailler dès l’adolescence : « Il m’arrive de devoir emprunter de l’argent à des proches pour boucler les fins de mois. Je ne l’avais jamais fait de ma vie… J’ai l’impression d’une régression sociale sans précédent ! »
Sa femme, Olga, 70 ans, n’a pas non plus été épargnée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Rey prévient que la disparition des syndicats, ces organisations structurantes, pourrait aboutir à la montée des deux extrémismes politiques, mais aussi du communautarisme.
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Pourquoi y-a-t-il si peu de syndiqués ?

Dans cette chronique, le juriste Jean-Emmanuel Rey prévient que la disparition des syndicats, ces organisations structurantes, pourrait aboutir à la montée des deux extrémismes politiques, mais aussi du communautarisme.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Nombre de responsables politiques se gaussent du faible nombre de syndiqués dans le secteur privé : environ 8 %. Mais combien d’adhérents compte leur propre parti ? A elle seule, la CFDT en a autant que l’ensemble des partis politiques français… Quant au seul Syndicat de la métallurgie allemand (IG Metall), il en réunit autant que nos cinq confédérations (2,3 millions).
Il est vrai que dans la plupart des pays, c’est l’adhésion au syndicat signataire d’un accord qui permet de bénéficier de ses avantages. La cotisation constitue donc un acte militant, mais aussi un investissement rationnel : protection en cas de licenciement, majoration d’allocations-chômage, caution bancaire, financement de formations préparatoires à l’embauche. Un syndicalisme de services expliquant les taux d’adhésion en Europe du Nord (74 % en Finlande, 70 % en Suède), qui rendent illusoire toute importation d’un « modèle social » forcément particulier, car chaque nation a sa propre culture sociale.
Le droit du travail français est aussi responsable de cette désaffection. Au nom de l’égalité, tous les salariés doivent bénéficier des avantages obtenus par le syndicat signataire. Alors payer une cotisation, perdre son salaire en participant à une grève ou prendre des risques de carrière pour obtenir une augmentation collective de 2 % dont vont automatiquement bénéficier les non-syndiqués, n’est guère attractif pour un salarié peu motivé politiquement.
« Les syndicats sont mortels »
S’y ajoutent les restructurations ayant fortement touché les forteresses syndicales (mines, métallurgie), et l’arrivée des jeunes générations qui, en dehors du noyau militant habituel, « n’adhèrent » plus (au sens de coller) aux choix de vie définitifs : elles s’associent à une cause concrète, à effet immédiat. Et d’abord la leur : la prise de contact syndical est souvent liée à un problème personnel. D’où la faible présence des jeunes dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Cet ouvrage collectif, réalisé sous la direction du professeur au Collège de France Alain Supiot, examine cette nouvelle dynamique juridique de la solidarité dans la distribution des responsabilités au sein des chaînes de production.
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Reconnecter pouvoir et responsabilité

Cet ouvrage collectif, réalisé sous la direction du professeur au Collège de France Alain Supiot, examine cette nouvelle dynamique juridique de la solidarité dans la distribution des responsabilités au sein des chaînes de production.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h30
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. ll y a cinq ans, l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, provoquait la mort de 1 138 ouvriers. Ce drame, provoqué par le non-respect des normes de sécurité, a attiré l’attention sur l’impact social des nouvelles formes d’organisation du travail et des « réseaux d’allégeance ». Ces réseaux permettent à ceux qui les tissent de « se défausser de leurs responsabilités sur ceux qui se trouvent ainsi placés dans leur dépendance économique », rappelle le professeur au Collège de France, Alain Supiot. L’ouvrage collectif qui vient d’être réalisé sous sa direction, Face à l’irresponsabilité : la dynamique de la solidarité, propose de s’intéresser aux instruments juridiques qui visent à juguler ces risques et à reconnecter pouvoir et responsabilité.
Dans le cadre de la loi du 27 mars 2017 relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre, une résolution du Parlement européen appelle à l’adoption de mécanismes de responsabilité solidaire dans les chaînes de sous-traitance : une dynamique juridique de la solidarité dans la distribution des responsabilités au sein des chaînes de production est donc bien à l’œuvre.
Mise en cause du FMI
Mais « cette résurgence d’une certaine solidarité en droit de la responsabilité ne se limite pas aux sociétés commerciales et pourrait aussi concerner les organisations financières internationales et les Etats », estime le titulaire de la chaire Etat social et mondialisation : analyse juridique des solidarités. En témoigne la mise en cause récente du Fonds monétaire international (FMI) dans l’épidémie d’Ebola, qui a révélé les conséquences mortifères du démantèlement des infrastructures sanitaires promu par le FMI dans le cadre des plans d’ajustement structurel.
e siècle, la reconnaissance de la responsabilité objective a dû surmonter bien des résistances avant d’ouvrir l’ère de l’Etat social
Autre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Entre 2009 et 2016, le pays a dû faire face à une véritable «  fuite des cerveaux  ». Aujourd’hui encore, il peine à relancer sa R&D.
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Europe : En Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de crise

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Entre 2009 et 2016, le pays a dû faire face à une véritable «  fuite des cerveaux  ». Aujourd’hui encore, il peine à relancer sa R&D.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h39
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            
Les associations de scientifiques ont fait les comptes. Entre 15 000 et 20 000 chercheurs espagnols travailleraient à l’étranger, soit plus de 10 % de ceux qui officient en Espagne. Cette « fuite de cerveaux » a fait couler beaucoup d’encre durant la crise. Au total, la recherche et développement (R&D) a perdu 16 000 emplois. A lui tout seul, le CSIC, l’équivalent espagnol du CNRS, a vu disparaître 1 800 postes. Or, malgré la reprise, non seulement celle-ci ne s’est pas inversée, mais le tableau que brossent les professionnels de la recherche et de l’innovation reste pessimiste.
« Les jeunes scientifiques qui sont partis ne reviendront pas car il n’y a pas de structures pour les accueillir, tranche le président de la Fédération des jeunes chercheurs, Pablo Gimenez, 28 ans, chercheur en biomédecine à l’université Complutense de Madrid, titulaire d’un contrat de quatre ans. La reprise est insignifiante. Non seulement nous manquons de personnel, mais aussi d’argent pour les programmes de recherche et l’équipement. Comment peut-on rivaliser avec les autres pays ainsi ? »
En 2016, l’Espagne n’a consacré que 1,19 % de son PIB à la R&D. Un pourcentage très loin de la moyenne européenne (2,03 %) et inférieur à 2015 (1,22 %) car, malgré l’augmentation des dépenses en R&D, celle-ci a été inférieure à la croissance de l’économie espagnole.
L’investissement en science et innovation a chuté de 9,1 %
« Contrairement à d’autres pays, le gouvernement n’a pas essayé de limiter les effets de la crise sur la science, assure Juan José Gomez, président de la fondation pour l’innovation Cotec. Et à présent la reprise est trop lente et limitée. » Alors que l’investissement en science et innovation a augmenté de 27,4 % entre 2009 et 2016 en Europe, en Espagne, il a chuté de 9,1 %.
Le sujet est d’autant plus sensible que d’énormes efforts avaient été faits, avant la crise, pour rattraper un retard historique. Entre 2000 et 2009,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Les « PIGS » ont renoué avec la croissance. Le Portugal et l’Espagne s’en tirent le mieux. L’Italie, en raison du gouvernement qui se dessine, et la Grèce inquiètent.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du Sud

« 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Les « PIGS » ont renoué avec la croissance. Le Portugal et l’Espagne s’en tirent le mieux. L’Italie, en raison du gouvernement qui se dessine, et la Grèce inquiètent.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h40
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim), 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

En ce mois de mai, tandis que les soirées s’allongent, des hordes de jeunes Espagnols prennent d’assaut les bistrots branchés des rues madrilènes. Le trafic automobile, qui avait brutalement chuté pendant la récession, congestionne de nouveau les artères du centre. Partout dans la capitale, le vent de la reprise est perceptible. Aux tables, entre amis et voisins, on se raconte les mêmes histoires. Celle d’une architecte qui, après cinq ans de chômage, a trouvé un emploi administratif dans un cabinet, pas trop mal payé. Celle d’un trentenaire qui, après des dizaines de contrats courts, se réjouit de conserver le même poste de manutentionnaire depuis deux ans, malgré un salaire de 1 000 euros mensuels. Celle d’un patron de PME dans la construction qui, après avoir vendu sa maison de campagne et ses voitures pour nourrir sa famille, voit de nouveau les commandes affluer grâce à la reprise du secteur. Dix ans après le début de la crise, les Espagnols, comme les Portugais et les Italiens, expriment leur soulagement d’avoir échappé au pire. Mais aussi, le sentiment amer d’un déclassement.
En 2008, au moment où la crise traversait l’Atlantique pour frapper l’Europe, l’un de ses acronymes dont raffolent les investisseurs fit son apparition dans la presse anglo-saxonne : PIGS, soit porcs en anglais. Quatre lettres désignant le Portugal, l’Italie (ou parfois l’Irlande), la Grèce et l’Espagne (Spain en anglais). Façon de jeter dans le même sac des pays jugés trop dépensiers par le Nord de l’Europe. Un terme si humiliant que certaines banques le bannirent des notes envoyées à leurs clients au début de la crise des dettes, en 2010. Aujourd’hui, la plupart l’ont remplacé par la formule « pays périphériques de la zone euro », plus politiquement correcte. Mais qui instaure toujours une ligne de démarcation au sein même de l’union monétaire. Comment en est-on arrivé-là ?
En 1999, au moment de l’introduction de l’euro, les dirigeants européens partageaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Kemal Dervis estime que la mondialisation ne suffira pas à elle seule à définir un grand parti politique et que dans les années à venir Emmanuel Macron devra s’aligner plus étroitement sur le centre droit ou sur le centre gauche.
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« Pour être acceptée, la mondialisation doit être accompagnée d’une politique sociale modernisée »

Dans cette chronique, l’économiste Kemal Dervis estime que la mondialisation ne suffira pas à elle seule à définir un grand parti politique et que dans les années à venir Emmanuel Macron devra s’aligner plus étroitement sur le centre droit ou sur le centre gauche.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h00
    |

Kemal Dervis (Chercheur à la Brookings Institution, ancien ministre turc de l’économie et ancien vice-président de la Banque mondiale)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. S’adressant au Congrès amé­ricain le 25 avril, lors de sa visite officielle aux Etats-Unis, Emmanuel Macron a défendu un point de vue résolument internationaliste, appelant au renforcement des institutions internationales, au renouvellement de l’engagement en faveur d’échanges commerciaux basés sur des règles et à une adhésion sans réserve à la mondialisation.
A une époque où les motifs d’inquiétude ne manquent pas, qu’il s’agisse de la remise en cause du libéralisme, de l’avenir de la social-démocratie, de la montée en puissance des nationalismes ou du rejet de la mondialisation, cette position est remarquable. Le président français propose une « nouvelle politique » pour l’Occident, qui ne serait plus uniquement définie par la concurrence entre les grands partis du centre droit et du centre gauche.
Dès le début de son entrée en politique, Macron a décrit son mouvement, baptisé En marche !, comme n’étant ni de gauche ni de droite, mais en évitant aussi toute référence au « centrisme ». Aujourd’hui, il le qualifie comme étant à la fois de gauche et de droite. Si ce clivage gauche-droite devient de plus en plus flou, la question se pose de savoir ce qui le remplacera.
Polarisation électorale
Etant donné que la mondialisation est au centre des débats politiques dans la plupart des pays, ce pourrait être l’opposition entre les partis cosmopolites et les partis chauvins. Dans cette optique, Macron serait à la tête du mouvement pro-mondialisation (et pro-européen), tandis que les partis de l’opposition, de droite ou de gauche, seraient hostiles à une politique d’ouverture économique.
Pour être populaire, un positionnement promondialisation nécessite un nouveau contrat social, soutenu par des actions et des moyens financiers publics
En réalité, les partis politiques de centre droit et de centre gauche existants – en France et dans les autres pays occidentaux – comprennent des factions tournées vers l’international...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ La croissance mondiale soutenue, l’accès aisé aux financements et  des Bourses prospères concourent au retour des grandes transactions.
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Une frénésie de rachats d’entreprises dans le monde

La croissance mondiale soutenue, l’accès aisé aux financements et  des Bourses prospères concourent au retour des grandes transactions.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h53
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Une OPA à 9 milliards d’euros de l’énergéticien chinois China Three Gorges sur le portugais Energias de Portugal (EDP), l’acquisition pour 18 milliards d’euros d’actifs européens de l’américain Liberty Media par le britannique Vodafone, le oui à 51 milliards d’euros de la biotech irlandaise Shire à son prétendant japonais Takeda. La frénésie de rachats d’entreprises à travers le monde s’intensifie. Entre le 1er janvier et le 10 mai, les fusions et acquisitions ont totalisé 1 850 milliards de dollars (1 560 milliards d’euros), en hausse de 67 % par rapport à la même période de 2017, selon Thomson Reuters.

La croissance soutenue de l’économie mondiale, un accès toujours aisé et bon marché aux financements, des Bourses prospères : « La situation macro-économique reste très favorable. En outre, la politique fiscale avantageuse aux Etats-Unis injecte du carburant supplémentaire dans le système. Cela profite aux entreprises américaines mais aussi aux multinationales européennes qui ont des filiales aux Etats-Unis », souligne Xavier Bindel, responsable fusions-acquisitions de JPMorgan en France.
Si les baisses d’impôts du président Donald Trump de décembre 2017 avaient laissé craindre une vague de rachats d’entreprises européennes par des Américains regorgeant de dollars, rien de tel ne s’est produit, à ce stade. Les groupes américains privilégient plutôt les rachats d’actions ou la consolidation domestique, à l’image de la reprise du gestionnaire de prescriptions médicales Express Scripts par l’assureur Cigna pour 67 milliards de dollars.
Grandes manœuvres chez les énergéticiens
« On observe une nette accélération de la consolidation. Les cibles sont finalement peu nombreuses et les groupes veulent rester maîtres de leur destin avant que le marché ne se retourne éventuellement », analyse Nicolas Desombre, coresponsable de la banque d’investissement de Citigroup en France. Les laboratoires pharmaceutiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les prix européens de l’innovation urbaine « Le Monde » Smart Cities ont récompensé sept projets parmi plus de deux cents candidatures issues d’individus, de collectivités, de start-up, d’associations. Voici les lauréats.
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Palmarès 2018 des prix européens « Le Monde » Smart Cities

Les prix européens de l’innovation urbaine « Le Monde » Smart Cities ont récompensé sept projets parmi plus de deux cents candidatures issues d’individus, de collectivités, de start-up, d’associations. Voici les lauréats.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h40
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 13h41
   





                        



   


Les prix européens de l’innovation urbaine « Le Monde » Smart Cities ont récompensé sept projets parmi plus de deux cents candidatures, qui proposaient des solutions innovantes pour les villes.
Les candidatures, issues d’individus, de collectivités, de start-up, d’associations, ont été examinées par un jury international (universitaires, urbanistes, architectes, experts du secteur privé et des entreprises publiques, responsables d’associations et d’organisations internationales et ONG, élus, journalistes du « Monde »).
Ces prix ont été remis à Lyon le jeudi 17 mai 2018, lors d’un événement organisé à l’hôtel de ville de Lyon.
Voici les résultats de l’édition 2018 :
Grand Prix : Transfermuga, une plate-forme qui dépasse les frontières. A dimension à la fois européenne et écologique, ce dispositif propose une information globale sur l’offre de transports en commun entre France et Espagne, pour diminuer l’emprise de la voiture individuelle.
Prix Mobilité : Ubricity, une solution pour charger son véhicule électrique et payer la recharge, à partir de prises installées sur les réverbères publics à LED.
1er accessit : Mybus
2e accessit : Book & Plug
Prix Habitat : Les Jardins perchés, projet mêlant habitat social et exploitation agricole professionnelle en plein cœur de Tours, qui vise à renouer un contact entre l’urbain et la culture maraîchère tout en créant du lien social.
Prix Innovation urbaine : River Tri, une déchetterie flottante, unique en Europe, dont la péniche s’amarre à quai, en plein cœur de Lyon, pour permettre aux riverains d’y déposer tous leurs déchets recyclables.
1er accessit : ReadyMade
2e accessit : Kermap
Prix Energie : Ween, solution d’intelligence artificielle qui permet d’anticiper en temps réel l’arrivée des occupants d’un lieu pour adapter le comportement de celui-ci à leurs attentes. Et ce, en garantissant la protection des données personnelles.
1er accessit : Massiléo
2e accessit : Aerialpower ltd
Prix Action culturelle : La Guide du voyage, un guide « matrimonial » qui permet de découvrir une ville sous l’angle des femmes qui l’ont construite et/ou y ont vécu.
Un accessit : CultureTri 
Prix Participation citoyenne : Communecter, plate-forme qui recense des lieux de consommations alternatifs et proposera bientôt des outils de participation citoyenne, dont une « place de marché » virtuelle pour partager besoins et ressources.
Deux accessits ex aequo : Mon voisin des docks (MVD) et La Ville de La Rochelle
Prix Etudiant : Evo Pods, une capsule en libre-service à « clipser » sur son vélo, pour circuler avec un passager, des paquets…
1er accessit : Oui vote
2e accessit : Innov’Art
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Pour améliorer sa rentabilité, l’équipementier automobile va notamment mettre en place un système de notation automatisé qui évaluera le management des 300 usines du groupe.
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Croissance et serrage de boulons au menu de Faurecia

Pour améliorer sa rentabilité, l’équipementier automobile va notamment mettre en place un système de notation automatisé qui évaluera le management des 300 usines du groupe.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h22
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Opération séduction boursière pour Faurecia. Le directeur général du premier équipementier automobile français, Patrick Koller, recevait près de 150 analystes financiers et investisseurs, mardi 15 mai à Paris. Le but : les convaincre que l’action Faurecia, qui connaît un début d’année 2018 en demi-teinte, reste un excellent placement.
« Il s’agit de démontrer la qualité de notre business model » expliquait M. Koller en préambule de la journée. L’entreprise, filiale à 46 % de PSA, promet une croissance forte et rapide du chiffre d’affaires de plus de 1 milliard d’euros par an. Les ventes passeraient ainsi de 17 milliards d’euros en 2017 à 20 milliards en 2020, avec 30 milliards comme horizon en 2030, soit un quasi-doublement en huit ans.
« Notre portefeuille de commandes de 62 milliards d’euros nous autorise cet optimisme, précise M. Koller, tout comme les marchés sur lesquels nous sommes très bien positionnés : le haut de gamme, les constructeurs chinois et ce que nous appelons les “new value spaces” : le cockpit de la voiture de demain et la mobilité durable et décarbonée. »

        Lire aussi :
         

                Patrick Koller, le Franco-Allemand qui métamorphose Faurecia



Générer davantage de liquidités
Mais, le thème majeur du jour n’était pas tant la promesse des technologies en devenir que les outils pour améliorer la rentabilité actuelle et la porter dans deux ans à 8 % de marge opérationnelle (contre 6,9 aujourd’hui). De la croissance, oui. Mais surtout rentable.
Place donc aux tours de vis et aux serrages de boulons qui prennent la forme de plusieurs programmes stratégiques en cours de lancement. Premier objectif : générer davantage de liquidités, avec l’initiative « convert to cash ». Désormais, se faire payer dans des délais raisonnables, voire au lancement d’un programme devient une priorité. Résultat recherché : un doublement du flux de trésorerie qui doit passer de 435 millions d’euros aujourd’hui à 800 millions, soit 4 % des ventes, dans deux ans.

        Lire aussi :
         

                Faurecia se cherche des relais de croissance hors de l’automobile



Ensuite, il va falloir faire des économies de recherche et développement, essentiellement par la baisse du coût horaire moyen du personnel de recherche qui doit passer de 64 euros en 2017 à 50 euros en 2020. Pour y parvenir, il y a d’abord les solutions « traditionnelles » : la délocalisation des emplois des régions à salaires élevés vers les pays à bas coût, comme l’Inde où Faurecia prévoit d’embaucher 1 200 ingénieurs. Mais l’équipementier envisage aussi un recours à l’intelligence artificielle appliquée au design ainsi qu’à la technologie de la « blockchain » destinée à réduire de 40 % la durée de développement de certains programmes.
« Nous devons améliorer notre flexibilité »
Enfin, M. Koller est bien décidé à mettre la pression sur ses 300 usines à travers le monde. Un système de notation automatisé comportant une série de critères (satisfaction client, performance opérationnelle et financière...) va évaluer le management des usines. Les meilleurs sites seront récompensés, les moins bons privés d’investissement de développement, voire expulsés du réseau industriel de Faurecia si la situation perdure.
« 5 % de nos usines, soit quinze sites, qui sous-performent cela coûte 150 millions d’euros. Nous ne pouvons pas nous le permettre, prévient M. Koller. Ceux qui sont à la traîne et ne se secouent pas pour améliorer leurs résultats n’ont pas vocation à rester dans notre organisation. » 
Le régime est sévère mais justifié selon M. Koller par la nécessité de doter Faurecia de « capacités de résilience ». « Il y aura, un jour ou l’autre, un retournement de cycle, affirme le patron de Faurecia. Ce ne sera peut-être pas un atterrissage brutal. Mais nous devons améliorer notre flexibilité et notre agilité pour y faire face. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le plus célèbre des milliardaires chinois, 89 ans, prend sa retraite. Le profond changement imposé au pays par le président Xi Jinping a pesé sur la décision de ce dragon des affaires, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Avec la retraite de Li Ka Shing, une page du capitalisme asiatique se tourne »

Le plus célèbre des milliardaires chinois, 89 ans, prend sa retraite. Le profond changement imposé au pays par le président Xi Jinping a pesé sur la décision de ce dragon des affaires, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h05
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Que se cache-t-il derrière l’ambition d’un homme ? L’argent, le pouvoir, les honneurs, le désir d’immortalité, le simple plaisir de la course en avant ? Probablement un peu de tout cela est présent dans la tête de Li Ka Shing, le plus célèbre des milliardaires chinois, qui vient tout juste de prendre sa retraite, à 89 ans. Un personnage de roman, si typique du capitalisme de l’après-guerre en Asie.
A 12 ans, en 1940, il fuit la Chine envahie par les Japonais et trouve refuge avec son père à Hongkong. Il vend des montres dans la rue avant d’entrer comme apprenti dans une entreprise de commerce de plastiques. A 19 ans, il en devient le directeur, puis la quitte et lance sa propre usine de fleurs artificielles.
Un empire, un vrai
Dix ans plus tard, son affaire est prospère. Mais la Révolution culturelle fait rage en Chine. Mao envoie les intellectuels aux travaux forcés. L’enclave britannique prend peur et les prix de l’immobilier s’effondrent. Le jeune Li flaire la bonne affaire et rafle les mètres carrés à prix cassés. Ainsi commence sa vraie fortune.
Mais au lieu d’en rester là, et de devenir, comme nombre de ses collègues, un magnat de l’immobilier, il va tirer parti de cette rente pour se construire un empire, un vrai. Avec l’acquisition de la plus importante société holding de l’île, Hutchison Whampoa, il met la main sur des ports, des chaînes de magasins, des industries. Surnommé « Superman » pour son sens des affaires, il achète à tour de bras. Son groupe est à la tête de 52 ports dans le monde, de trois opérateurs de télécoms et de plusieurs compagnies d’électricité.

Souvent comparé à Warren Buffett, le milliardaire américain de 87 ans, pour son sens aigu de l’investissement, il partage avec lui le goût des formules chocs, des paris audacieux sur le long terme et, aussi, d’une certaine prudence. Deux vieux dragons sur le départ, qui ont profité de l’explosion de la Bourse sur la très longue durée, et ont su éviter...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le PIB a baissé de 0,2% au premier trimestre. La consommation des ménages et les investissements des entreprises ont ralenti. La politique protectionniste du président américain Donald Trump pèse sur les exportations.
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Au Japon, l’économie accuse un recul pour la première fois depuis 2015

Le PIB a baissé de 0,2% au premier trimestre. La consommation des ménages et les investissements des entreprises ont ralenti. La politique protectionniste du président américain Donald Trump pèse sur les exportations.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h02
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h10
   





                        



   


Mauvaise passe pour l’économie japonaise en ce début d’année. Sur la période janvier à mars, le produit intérieur brut (PIB) du Japon a reculé de 0,2 % par rapport au trimestre précédent, après près de deux ans de hausse ininterrompue, selon des données préliminaires publiées mercredi 16 mai par le gouvernement.

        Lire aussi :
         

                Au Japon, le premier ministre fragilisé



Cette baisse est notamment due à la faible consommation des ménages, au repli surprise des investissements des entreprises, mais également aux effets éventuels de la politique protectionniste du président américain, Donald Trump, sur les exportations.
« Volatilité des marchés »
Le ministre de l’économie, Toshimitsu Motegi, a fait savoir que le gouvernement ne voyait aucun changement pour sa prévision de redressement modéré de l’économie, prédisant une reprise de la croissance, soutenue essentiellement par la consommation privée et les dépenses d’investissement. « Mais nous ne devons pas oublier l’impact de l’incertitude économique à l’étranger et de la volatilité des marchés », a-t-il ajouté.

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                La population du Japon poursuit son inquiétant déclin



Les données publiées mercredi marquent la fin de la plus longue période de croissance depuis celle qui avait duré douze trimestres entre avril-juin 1986 et janvier-mars 1989 et au cours de laquelle s’était formée une bulle économique qui a éclaté au début des années 1990.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ En 2016, 1,2 million de ménages se sont déclarés victimes d’au moins un retrait frauduleux sur leur compte bancaire.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Banque : les escroqueries se multiplient

En 2016, 1,2 million de ménages se sont déclarés victimes d’au moins un retrait frauduleux sur leur compte bancaire.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h25
    |

            Jérôme Porier








                        



   


En 2016, 1,2 million de ménages se sont déclarés victimes d’au moins un retrait frauduleux sur leur compte bancaire, selon l’enquête « Cadre de vie et sécurité » (CVS) de l’Insee menée en 2017 et publiée en mai par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). Ce chiffre vient confirmer la tendance à la hausse observée ces dernières années. Le nombre de ménages victimes a plus que doublé en l’espace de six ans.
En 2016, 64 % des ménages victimes ont déclaré un préjudice d’un montant inférieur ou égal à 300 euros. Les escroqueries supérieures à 1 000 euros ne représentent que 13 % des cas.

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                Les banques cherchent à séduire la génération Y



En outre, un peu plus de 834 000 ménages victimes de retraits frauduleux ont déclaré s’être aperçu de la fraude en consultant leur relevé bancaire, soit 69 % des victimes. Seulement 22 % des ménages ont été alertés par leur établissement bancaire.
Près des deux tiers (64 %) des ménages victimes disent ignorer totalement comment l’auteur a procédé pour obtenir leurs coordonnées bancaires.
Dans 68 % des cas, les sommes dérobées sont utilisées majoritairement pour effectuer des achats. Et pour plus d’un ménage sur deux (58 %), l’achat a été effectué en ligne, tandis que 10 % ont eu lieu dans un commerce traditionnel.

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Enfin, on constate que la part des achats effectués à partir d’un site étranger augmente, passant de 16 % en 2014 à 24 % en 2016. Les escroqueries consécutives à un retrait effectué à partir d’un distributeur piraté sont, en revanche, de moins en moins nombreuses. Elles représentaient à peine 7 % des escroqueries déclarées en 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La transition énergétique se réalise avant tout à l’échelle locale. De plus en plus de projets sont montés en coopération avec de simples citoyens. Quels sont les ressorts de cette mobilisation ? Venez en débattre avec les invités du « Monde » jeudi 31 mai à l’hôtel de ville de Bordeaux, de 8 h 30 à 10 h 30.
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Transition énergétique : quels leviers pour les citoyens ? Une conférence du « Monde » à Bordeaux le 31 mai

La transition énergétique se réalise avant tout à l’échelle locale. De plus en plus de projets sont montés en coopération avec de simples citoyens. Quels sont les ressorts de cette mobilisation ? Venez en débattre avec les invités du « Monde » jeudi 31 mai à l’hôtel de ville de Bordeaux, de 8 h 30 à 10 h 30.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h52
   





                        



   


Comment favoriser l’implication des citoyens dans la transition énergétique ? Quels sont les leviers d’action à disposition des habitants, des élus, des acteurs territoriaux pour produire et consommer davantage d’énergie renouvelable ? Quels sont les freins ou les blocages ?
Ces questions seront au centre d’une conférence organisée par Le Monde à l’hôtel de ville de Bordeaux, jeudi 31 mai, de 8 h 30 à 10 h 30.
Inscriptions en ligne ici (gratuit)
8 h 30 — Introduction. « Dans quelle mesure l’implication des citoyens est-elle nécessaire à l’accélération de la transition énergétique ? »
Avec Anne Bringault, coordinatrice des ONG sur la transition énergétique au CLER-Réseau pour la transition énergétique.
8 h 40 — « Comment la transition énergétique peut-elle devenir une question citoyenne ? Quel rôle peuvent jouer les élus ? »
Avec Michel Charuau, adjoint au maire de l’Ile-d’Yeu, chargé de la transition écologique ; Julie Laernoes, adjointe à la mairie de Nantes et vice-présidente chargée du développement durable ; Anne Walryck, qui occupe les mêmes fonctions à Bordeaux.
9 h 10 — « Impliquer les citoyens dans un projet permet-il de surmonter les blocages ? Un exemple en pratique : le projet éolien participatif des Ailes de Taillard. »
Avec Guillaume Sabot, maire de Graix, élu de la Communauté de communes des Monts du Pilat (Loire)
9 h 25 — « Les facteurs de La Poste peuvent-ils aider les citoyens à s’intéresser et à se mobiliser autour de ces questions ? »
9 h 35 — « Quels sont les leviers d’action à disposition des citoyens ? »
Avec Fanélie Carrey-Conte, directrice de la coopération à Enercoop ; Martin Leys, délégué régional Nouvelle Aquitaine à EDF ; Magali Martin, coordinatrice du réseau Cirena en Aquitaine.
10 h 05 — « Comment organiser l’autoconsommation collective ? Les promesses des blockchains et des solar coins. »
Avec Julien Tchernia, président d’Ekwateur.
10 h 20 — Conclusion. « Comment changer d’échelle ? Passer des initiatives locales à une vraie dynamique nationale. »
Avec Lucile Schmid, de La Fabrique écologique.
Cet événement est organisé et conçu par « Le Monde », en partenariat avec La Poste. 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les deux formations engagées dans des discussions pour former un gouvernement réclament un geste de la Banque centrale européenne sur la dette du pays.
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Dette italienne : les revendications incohérentes de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles

Les deux formations engagées dans des discussions pour former un gouvernement réclament un geste de la Banque centrale européenne sur la dette du pays.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 13h19
    |

            Marie Charrel








                        



   


La Banque centrale européenne (BCE) peut-elle, d’un coup de plume, effacer 250 milliards d’euros de la dette publique italienne qu’elle détient ? L’idée peut, à première vue, paraître séduisante et simple. Elle est prônée par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini (droite souverainiste) dans la version provisoire du contrat de gouvernement dévoilée mardi 15 mai par le Huffington Post Italia, et démentie presque aussitôt par la Ligue.
Inacceptable politiquement pour les autres Etats membres, elle n’est de fait pas réaliste, car elle serait illégale au regard des traités européens comme de l’indépendance de la BCE, gravée dans son statut, et garantissant sa crédibilité. Celle-ci est le pilier permettant à l’euro d’exister : sans cela, les investisseurs fuiraient la monnaie unique, qui serait condamnée.

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Pour rappel, la BCE détient aujourd’hui l’équivalent de 368 milliards d’euros d’obligations souveraines italiennes (rachetées essentiellement dans le cadre de son programme de soutien à la croissance, le « quantitative easing », ou QE), soit l’équivalent de 16 % du total de la dette publique italienne. Le reste est détenu pour l’essentiel par les banques italiennes et des investisseurs étrangers.
Des projets qui alimentent déjà la tension des marchés
Mercredi 16 mai, le porte-parole de la Ligue chargé des questions économiques est intervenu pour assurer que le projet de son parti n’est pas de demander à la BCE d’effacer 250 milliards d’euros de dette italienne, mais d’obtenir que la dette rachetée dans le cadre du QE ne soit pas prise en compte dans le calcul du respect des règles du Pacte de stabilité. A savoir, celles imposant la limite de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour le déficit public, et de 60 % du PIB pour la dette publique.
Là aussi, cette proposition ne fait guère de sens. Et pas seulement parce que la Commission européenne (c’est elle qui vérifie que le pacte de stabilité est appliqué) ne la jugerait pas conforme aux traités. La dette publique de l’Italie dépasse aujourd’hui les 130 % du PIB : même en excluant les obligations détenues par la BCE, elle dépasserait toujours 100 % du PIB, loin de la barre des 60 %. En outre, une telle manipulation n’aurait, en vérité, qu’un intérêt limité. Les marchés ne seraient pas dupes.

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Surtout cela risquerait de faire flamber les taux auxquels emprunte l’Italie, lesquels sont aujourd’hui contenus à un faible niveau grâce à l’effet du QE de la BCE. D’ailleurs de nouvelles tensions apparaissent. En effet, les projets des deux formations alimentent déjà la tension des marchés. Les taux à dix ans italiens étaient, mercredi au matin, à 1,95 %, contre 1,87 % la veille. Si les investisseurs étrangers venaient à douter de la capacité du futur gouvernement italien à honorer sa dette, ou à maîtriser ses finances publiques, ils pourraient chercher à se débarrasser des obligations italiennes qu’ils détiennent – ce qui ferait grimper les taux d’emprunts du pays, voire, lancerait la spéculation contre la péninsule, comme en 2012, au plus fort de la crise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Jean-Charles Simon, et son soutien, Vincent Charpin estiment que « le processus de l’élection à la présidence du Medef (…) ne permet pas l’expression normale de [leur] candidature ».
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Election du président du Medef : un candidat se retire au profit de Geoffroy Roux de Bézieux

Jean-Charles Simon, et son soutien, Vincent Charpin estiment que « le processus de l’élection à la présidence du Medef (…) ne permet pas l’expression normale de [leur] candidature ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h18
   





                        



   


La liste des candidats à l’élection du président du Medef se resserre. Jean-Charles Simon et son soutien, Vincent Charpin, ont annoncé, mercredi 16 mai, le retrait de leur candidature commune pour rapporter leur soutien à Geoffroy Roux de Bézieux.

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« Malgré tous nos efforts et le grand intérêt rencontré par notre projet, nous constatons que le processus de l’élection à la présidence du Medef, fermé sur un très faible collège d’organisations elles-mêmes contraintes, ne permet pas l’expression normale de notre candidature », déclarent-ils dans un communiqué.
MM. Simon et Charpin, respectivement ancien directeur général de l’organisation patronale et président du Medef Pays de la Loire, estiment par ailleurs que « les conditions d’une campagne équitable ne sont pas pleinement réunies ». Ils apportent leur soutien à M. Roux de Bézieux, qui leur apparaît « sans hésitation » comme « le mieux à même de défendre les intérêts et les libertés des entreprises qui [leur] sont chers ».

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Election le 3 juillet
Présenté comme l’un des favoris pour succéder à Pierre Gattaz, M. Roux de Bézieux, 55 ans, est à la tête du groupe Notus Technologies et vice-président de l’organisation patronale chargé du pôle économie. Il brigue pour la deuxième fois la présidence du mouvement.
Après ce retrait, il restera six candidats pour cette élection qui se déroulera le 3 juillet :
Dominique Carlac’h, seule femme dans la course, ancienne spécialiste du 400 m et à la tête depuis vingt-cinq ans d’une société de conseil ;Olivier Klotz, président du Medef Alsace ;Patrick Martin, le président du Medef Auvergne - Rhône-Alpes ;Frédéric Motte, ancien vice-président du mouvement ;M. Roux de Bézieux ;Alexandre Saubot, ancien vice-président du Medef, chargé du pôle social et patron du groupe industriel familial Haulotte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Selon l’économiste, qui critique la présidence Macron, la société numérique impose une réflexion en profondeur sur la concurrence, le lien social et le rapport entre l’homme et la machine.
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Daniel Cohen : « Trop de concurrence crée de la déliaison sociale »

Selon l’économiste, qui critique la présidence Macron, la société numérique impose une réflexion en profondeur sur la concurrence, le lien social et le rapport entre l’homme et la machine.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h29
    |

            Philippe Escande et 
Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Daniel Cohen dirige le département d’économie de l’Ecole normale supérieure et le Centre pour la recherche économique et ses applications (Cepremap). Il est également membre du conseil de surveillance du « Monde ». Mardi 15 mai, il était l’invité du Club de l’économie du « Monde ».
Vous dites que la présidence Macron est en train de gâcher sa chance. Pourquoi ?
Parce que, comme ses prédécesseurs Chirac et Sarkozy, il a très vite dépensé ses cartouches fiscales et budgétaires. Quand on fait la liste de toutes les promesses de suppression de taxes et d’impôts, on monte à 35 ou 40 milliards d’euros. Il est donc déjà sur le fil du rasoir, ce qui l’empêche de réaffecter des ressources là où ce serait nécessaire, comme la formation ou l’université.
Bien sûr, on peut réduire les dépenses de l’Etat, mais nous ne sommes pas sur la même échelle de temps. On ne peut pas supprimer d’un coup des professeurs de lycée alors que c’est tout de suite que l’on a besoin d’enseignants dans les BTS et les universités. Sur la SNCF, par exemple, il n’a pas la capacité fiscale de reprendre toute la dette. Même chose pour l’élargissement du droit aux indemnités chômage pour les démissionnaires et indépendants. Il a suffi de trois secondes pour dire que c’était insoutenable fiscalement. Ce qui explique qu’il gouverne vite, en force, sans rentrer trop dans la profondeur des choses, car il n’en a pas les moyens.
Doit-on injecter plus de concurrence dans le système ?
Je ne le crois pas. Depuis cinquante ans, avec la numérisation du monde, nous assistons à une mise en concurrence générale de tous les acteurs. Nous sommes sortis de ces grandes entreprises pyramidales dans lesquelles tous les segments de la société étaient intégrés pour aller vers un monde où la sous-traitance devient la règle, c’est-à-dire la mise en concurrence des fournisseurs par rapport aux donneurs d’ordre. Chacun est, en cascade, soumis à une concurrence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ La filiale de Casino lance, jeudi, sa boutique en ligne spécialisée dans le voyage en s’appuyant sur MisterFly, la plate-forme de réservation de vols et d’hébergement à bas coût.
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Cdiscount embarque à son tour dans le secteur du voyage

La filiale de Casino lance, jeudi, sa boutique en ligne spécialisée dans le voyage en s’appuyant sur MisterFly, la plate-forme de réservation de vols et d’hébergement à bas coût.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h45
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


Deuxième acteur du commerce en ligne en France derrière le géant américain Amazon, Cdiscount continue de diversifier son offre de services. Après l’énergie, la téléphonie mobile et le streaming vidéo et musical en ligne, l’e-commerçant du groupe Casino lance, jeudi 17 mai, sa boutique en ligne Cdiscount Voyages. Celle-ci s’appuiera sur la plate-forme de réservation de vols et d’hébergement à bas coût, MisterFly, créée en 2015 par deux anciens fondateurs de Go Voyages.
Sous la pression des consommateurs, le marché du voyage s’est fortement digitalisé ces dernières années, avec 20,1 milliards d’euros de volume d’affaires réalisé sur Internet en 2016, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). L’e-commerce captait alors 44 % du marché du tourisme, soit le taux de pénétration le plus important, devant les produits culturels (43 % du marché) et l’habillement (16 %).

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Les dépenses touristiques arrivent même en troisième position (47 % des répondants) des intentions des acheteurs en ligne en 2018, selon l’enquête FEVAD/CSA de février, après l’habillement (60 %, + 3 points), et les produits culturels (52 %, + 4 points).
« Nous serons les moins chers du marché »
Comme d’autres voyagistes, Cdiscount proposera de manière permanente des vols secs et des hébergements, tous issus du moteur de recherche de MisterFly. Mais le géant du commerce en ligne espère se différencier par des ventes flash de séjours combinés (avion + hôtel), que les internautes pourront acheter pendant quelques jours. « 70 offres de séjours packagés, renouvelées chaque semaine sur 40 destinations. Le but est de surprendre les clients », détaille Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount.
Et de les séduire par le prix aussi. « Nous serons les moins chers du marché. Entre 10 % et 20 % moins cher », assure M. Grenier. Pour cela, Cdiscount compte sur sa puissance de négociation auprès des hôteliers grâce à ses 8,4 millions de clients et ses 20 millions de visiteurs uniques chaque mois. Mais aussi par une sélection d’hébergements « sur le segment des 3 ou 4 étoiles alors que tous nos concurrents sont sur du 5 étoiles », poursuit-il.
En matière de séjours touristiques comme dans le secteur des assurances, les tarifs des offres sont toutefois difficilement comparables entre elles (dates, prestations…). Mais MisterFly précise qu’il s’assurera d’être le moins cher en temps réel « avec des outils internes qui nous permettent de comparer avec les autres acteurs comme booking.com, indique Nicolas Brumelot, président et cofondateur de MisterFly. Si nous ne sommes pas les moins chers, nous renégocierons avec l’hôtelier ou l’offre sera retirée ».
Changement de génération
Ces dernières années, avec l’émergence de l’économie numérique, le marché du voyage a attiré de nombreux acteurs. Essentiellement concentrée entre les mains des voyagistes, sa distribution s’est progressivement étendue aux grandes surfaces (Leclerc, Carrefour, Auchan…), puis au commerce en ligne à la fin des années 1990, avec des acteurs comme Lastminute.com ou Promovacances.com. Lidl s’est lancé en septembre 2017 dans le secteur, avec une plate-forme de réservation de voyages sur Internet. Six mois plus tard, un premier bilan faisait état de plus de 15 000 voyageurs français ayant utilisé Lidl Voyages, dont 80 % sont déjà des clients de l’enseigne de grande distribution. 70 % des ventes étaient faites par le biais du site Internet, et 30 % à partir d’un centre d’appel.

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Les acteurs du Net spécialisés dans la vente événementielle, comme Vente-privee ou Showroomprive, ont également investi le créneau avec des offres promotionnelles à durée limitée. Après avoir lancé son offre de voyage en 2010, Vente-privee.com est devenu actionnaire minoritaire en 2015 de MisterFly qui lui fournit ses offres exclusives.
« Le changement de génération fait basculer le marché du voyage vers l’Internet. Les jeunes sont davantage sur les outils mobiles que sur l’ordinateur, et sont habitués aux ventes flash, ce qui est moins le cas des clients plus âgés », constate M. Grenier. Dans le Top 15 Médiamétrie//NetRatings des sites du « e-commerce » les plus fréquentés en France au 3e trimestre 2017, deux sites sont spécialisés dans le tourisme : Voyages-Sncf.com en 3e position, avec 12 266 000 visiteurs uniques moyens par mois, et Booking.com, en sixième position (11 403 000).
La distribution historique continue de souffrir. Onze agences de voyages ont été placées en redressement ou liquidation judiciaire au cours du 1er trimestre 2018, selon le palmarès Altares sur les défaillances d’entreprises.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Créativité, capacité d’adaptation, prédisposition à transmettre des savoirs, à gérer le stress… Les qualités sociales et émotionnelles sont considérées à terme comme des atouts indispensables de l’homme face à la machine.
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Intelligence émotionnelle versus intelligence artificielle

Créativité, capacité d’adaptation, prédisposition à transmettre des savoirs, à gérer le stress… Les qualités sociales et émotionnelles sont considérées à terme comme des atouts indispensables de l’homme face à la machine.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h15
    |

                            François Desnoyers








                        



                                


                            

« Valorise le rugby », c’est ce que les anciens de son école ont conseillé à Benoît, étudiant à l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP), d’ajouter à son CV. A côté de sa formation, de ses savoir-faire et de ses premières expériences professionnelles, ces alumni (anciens élèves) l’invitaient à ne pas négliger son engagement dans l’association sportive de l’école lors de ses futurs entretiens d’embauche. « J’ai été capitaine de l’équipe et c’est vrai que j’ai beaucoup appris dans ma relation avec les autres : savoir gérer un collectif, faire preuve d’écoute, être capable de s’adapter… », convient-il.
Le petit conseil des anciens de l’ESCP n’a rien d’anodin. Les compétences dites « douces », ou soft skills, des candidats (par opposition aux savoir-faire ou hard skills), « c’est quelque chose qu’on regarde de plus en plus », affirme le chargé de recrutement du service fusion-acquisition d’une grande banque. Fondateur du cabinet de recrutement Altaïde, Jacques Froissant abonde : « Dans le digital, lorsqu’on s’intéresse à un candidat, on va très rapidement se demander si on a affaire à quelqu’un de passionné par ce qu’il fait et de curieux, capable de s’adapter. » 
Surfer sur le changement
L’attention portée aux qualités sociales et émotionnelles des candidats a, en effet, pris une ampleur inédite avec les mutations économiques et technologiques. Une étude publiée en 2016 par le World Economic Forum soulignait qu’« en moyenne, d’ici à 2020, plus d’un tiers des compétences principales requises dans la plupart des professions n’[étaient] pas encore considérées comme essentielles au travail aujourd’hui ». Face à l’évolution rapide des métiers, c’est avant tout la capacité à s’adapter et à apprendre tout au long de sa carrière qui pourra faire la différence. La montée en puissance annoncée de l’intelligence artificielle ne peut qu’accentuer les besoins en « soft skills » considérées,...




                        

                        

