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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Connu pour les amendes records infligées aux entreprises, l’ex-président de l’Autorité de la concurrence a été nommé mercredi 16 mai en conseil des ministres.
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Bruno Lasserre, un homme fort à la tête du Conseil d’Etat

Connu pour les amendes records infligées aux entreprises, l’ex-président de l’Autorité de la concurrence a été nommé mercredi 16 mai en conseil des ministres.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 18h31
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Le Conseil d’Etat va connaître un changement de style dans la continuité. Mercredi 16 mai, le conseil des ministres a nommé Bruno Lasserre à la tête de cette institution centrale de la République. Il succédera le 29 mai à Jean-Marc Sauvé, qui la dirigeait depuis douze ans. Le choix du président de la République fait consensus tant le parcours de M. Lasserre semblait tracé. Mais il marque la prudence du chef de l’Etat à l’égard de cette institution qu’il connaît mal. Il y nomme, pour une durée relativement courte, un homme qu’il connaît bien.
M. Lasserre, revenu au Conseil d’Etat en septembre 2016 en tant que président de la section de l’intérieur, la plus prestigieuse avec celle du contentieux, devra quitter ses nouvelles fonctions le 3 janvier 2022, à la veille de son soixante-neuvième anniversaire. Ce qui laissera à Emmanuel Macron le privilège de nommer au cours d’un même mandat deux vice-présidents de cette institution à la fois conseillère du gouvernement dans l’élaboration des projets de loi et de décrets, et cour suprême administrative.

Capacité à résister aux pressions
Grand serviteur de l’Etat, comme son prédécesseur, M. Lasserre s’est surtout fait connaître pour avoir présidé pendant douze années (2004-2016) le gendarme de la concurrence, (Conseil de la concurrence transformé en 2009 en Autorité de la concurrence). Libéral convaincu, il s’est attaché à montrer que le marché régulé et la concurrence sont des moyens vertueux de protéger les citoyens consommateurs… à la condition de sanctionner fermement les prédateurs et les tricheurs.
En infligeant en 2005 aux trois opérateurs de téléphonie mobile (Orange, SFR et Bouygues Telecom) une amende de 534 millions d’euros pour « entente illicite », il frappe les esprits. Jamais les entreprises françaises n’avaient été sanctionnées dans de telles proportions. Ce coup de tonnerre dans le monde des entreprises était loin d’être un coup d’éclat pour le gendarme de la concurrence....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.
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Congé parental : « Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité »

Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h24
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



   


Une meilleure indemnisation du congé parental, la possibilité de le fractionner et de le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant et, surtout, l’obligation pour les pères de prendre un congé de dix jours à la naissance : voilà ce que propose la directive européenne « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Pour le moment, treize pays s’y opposent, parmi lesquels la France, qui a pris la tête de la fronde.
A l’occasion de la quatrième conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO), qui se tenait mardi 14 et mercredi 15 mai à Stockholm (Suède), Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), à Vilnius (Lituanie), défend le principe de cette directive. Pour elle, tout le monde gagnerait à l’appliquer : les femmes, les enfants, les pères mais aussi les Etats eux-mêmes.
Pourquoi est-il important d’avoir une législation prévoyant un congé spécifique pour le père, qu’il ne peut partager avec la mère ?
Virginija Langbakk : Parce que cela force les gens à faire des choix. Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité. Les hommes gagnent en général plus que les femmes, donc ils perdront plus d’argent en restant à la maison. L’équilibrage est rapidement fait au sein de la famille. Et ce sont toujours les femmes qui finissent par se retrouver à la maison avec les enfants. Tandis que si on réserve un congé qui ne peut être pris que par l’homme, la famille doit réfléchir : est-ce qu’elle est prête à renoncer à un congé indemnisé ? C’est plus difficile, je pense, de faire un choix négatif.
Ce congé doit donc être suffisamment indemnisé.
Absolument. C’est essentiel d’avoir une indemnisation suffisamment élevée, pour empêcher les hommes de dire qu’ils gagnent mieux lorsqu’ils travaillent. Il faut un contrepoids. On le voit bien dans les pays où la loi permet aux hommes de prendre un congé parental, mais ne prévoit pas d’indemnité ou des indemnités trop basses : ils ne prennent pas ces congés.
Pourquoi est-ce important de fixer des règles européennes ?
C’est important parce que nous avons des buts communs pour l’Union européenne, un budget, des cibles. On a adopté un socle européen des droits sociaux. Cela en fait partie. Nous avons besoin de bases communes qui obligent les pays membres à agir. Même si c’est un minimum et que certains font déjà plus.
Mais ça coince encore dans de nombreux pays européens.
Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certains pays, l’idée domine que l’homme doit subvenir aux besoins de la famille et que la place de la femme est à la maison. On voit d’ailleurs une progression de ces idées très conservatrices en Europe, ce qui est inquiétant. Pour d’autres, il est biologiquement important pour le bébé que sa mère reste avec lui, les premiers temps. Ce genre d’arguments est souvent utilisé dans des pays qui n’ont pas de structures d’accueil pour la petite enfance. Les mères n’ont d’autre choix que de rester à la maison avec l’enfant.
Certains pays comme la France pensent que cela va coûter trop cher.
Oui, allonger la durée d’un congé paternité ou augmenter le niveau des indemnités entraîne des coûts. Mais les gouvernements qui s’y opposent pour des raisons financières oublient de prendre en compte les gains pour leurs pays sur le long terme. Ils devraient réfléchir à ce que perd la société quand les femmes restent à la maison… Plus elles sont absentes du marché du travail, plus il est difficile pour elles de maintenir leurs qualifications et leurs compétences. Quand les hommes assument leurs responsabilités à la maison, l’activité des femmes croît et contribue à la croissance de l’économie. Alors évidemment, cela prend du temps d’en voir les effets. Mais les coûts seront couverts par les bénéfices.
Quel est l’intérêt pour les hommes ?
Passer du temps avec son enfant, au tout début de sa vie, est très important. Cela forme les relations entre le père et son enfant pour la suite. Aujourd’hui, deux pères européens sur trois passent en moyenne moins d’une heure par jour avec leurs enfants. Ce qui veut dire qu’ils ont tout juste le temps de s’intéresser à leurs besoins physiologiques, mais pas à leur développement moral. Mais ce n’est pas tout : toutes les études montrent que passer du temps avec son enfant réduit le stress, relaxe, améliore la santé. Ce sont des bénéfices dont les Etats devraient se soucier.

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                Congé parental : la lettre ouverte des syndicats à Emmanuel Macron






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à la polémique après qu’une étudiante est apparue avec un voile islamique dans un reportage de M6.
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Responsable de l’UNEF voilée : Marlène Schiappa dit voir « une forme de promotion de l’islam politique »

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à la polémique après qu’une étudiante est apparue avec un voile islamique dans un reportage de M6.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h35
    |

            Abel Mestre








                        


La polémique prend une tournure politique. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a réagi au fait que la présidente de la section locale de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France, syndicat classé à gauche) à l’université Paris-IV était apparue coiffée d’un voile islamique.
Après avoir rappelé que « le voile n’est pas interdit à l’université » car « les femmes adultes ont le droit de porter le voile si c’est leur choix », Mme Schiappa a affirmé « comprendre qu’il y ait une forme d’interpellation car l’UNEF est censé être un syndicat étudiant progressiste, féministe alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion ». Et de conclure : « J’y vois une forme de promotion de l’islam politique. »
Si elle n’est pas chargée de l’enseignement supérieur, Marlène Schiappa s’exprime régulièrement sur les questions de laïcité. Elle a ainsi coécrit avec Jérémie Peltier, directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès, un livre intitulé Laïcité, point ! (Editions de l’Aube, 80 pages, 9,90 euros).
Débats houleux
La photo de Maryam Pougetoux est apparue ce week-end sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’un reportage sur M6 où elle s’exprimait à propos du mouvement étudiant contre la réforme de l’accès à l’université. Très vite, certains militants promouvant une laïcité stricte, comme Laurent Bouvet, cofondateur du Printemps républicain, s’en sont emparés. Des débats houleux ont fleuri entre les défenseurs de la jeune militante et ses contempteurs.
De nombreux anciens militants de l’UNEF, comme le socialiste Julien Dray, ont exprimé leur incompréhension. « Qu’une adhérente du syndicat décide de porter le voile (…), je peux l’admettre, (…) mais qu’elle devienne porte-parole, cela n’est pas possible », a notamment écrit sur Facebook le conseiller régional socialiste d’Ile-de-France.
L’UNEF a très vite pris la défense de Mme Pougetoux. Sa présidente, Lilâ Le Bas, a ainsi déclaré sur Twitter : « Tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droits des étudiant•e•s et qui subit des insultes racistes et islamophobes ! A vomir ! »

Ce soir tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’@UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droit… https://t.co/RunsVMscCn— Lila_Lebas (@Lilâ Le Bas)


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Une mue sur la question de la laïcité
Le syndicat d’étudiants a opéré, depuis quelques années, une véritable mue sur la question de la laïcité. Ainsi, en 2013, l’UNEF se positionnait contre le voile à l’université. Dans un communiqué concernant le rapport du Haut Conseil à l’intégration, l’organisation s’inquiétait alors « que la principale proposition qui ressort dans le débat public concerne le port du voile à l’université » et affirmait qu’elle « [militait] contre cette pratique qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes ». Ce communiqué a, depuis, été effacé du site de l’UNEF.
Plus récemment, une salle de prière a même été ouverte en 2015, lors d’un Collectif national (CN, parlement du syndicat) à la demande de quelques militants musulmans, comme une enquête du Monde le révélait en octobre 2017. Un épisode qui ne se répétera pas.
Cette conception de la laïcité, plus proche du modèle anglo-saxon, ne crée pas de débat en interne. « Nous sommes clairs sur ce que l’on dit, comment on l’applique et comment on la défend dans les universités », affirmait, en septembre 2017, Lilâ Le Bas. Le clivage se situe avec les ex-dirigeants du syndicat qui voient leur ancienne maison leur échapper et prendre un virage qu’ils estiment regrettable. Il faut dire que l’UNEF a, depuis plusieurs années, coupé le cordon qui la reliait aux partis politiques et à leurs différents courants. Le corollaire de cette indépendance est qu’il n’y a plus la structuration par des « parrains », qui donnaient la ligne à suivre et pouvaient corriger quelques errements ou positions trop radicales.

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                Le lent délitement de la maison UNEF






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ De nombreuses personnalités associatives et politiques considérant que le viol de mineur est un crime déplorent que le texte le transforme en simple délit.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Comprendre la polémique autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes

De nombreuses personnalités associatives et politiques considérant que le viol de mineur est un crime déplorent que le texte le transforme en simple délit.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h30
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


L’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 mai, l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes. Mais les critiques continuent de s’élever contre cet article défendu par la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Les « anti-article 2 » estiment qu’il transforme le viol de mineur en simple délit, et c’est pourquoi plus de deux cent cinquante personnalités ont lancé une pétition, lundi, demandant sa suppression. Parmi elles, l’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon, qui a dénoncé un viol « rétrogradé de crime à simple délit ».

Comment un viol sur mineur peut il être rétrogradé de crime à simple délit puni de 10 ans d'emprisonnement par le g… https://t.co/cR2quQRTXO— benoithamon (@Benoît Hamon)


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L’article 2 est moins protecteur que sa version antérieure, modifiée après avis du Conseil d’Etat en mars. Mais dire qu’il transforme le viol en délit est faux. Trois questions pour mieux comprendre cette polémique.
Que dit l’article 2 du projet de loi ?
L’article 2 du projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, consultable ici, prévoit plusieurs changements.
Création d’une circonstance aggravante au délit d’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans lorsqu’il y a pénétration
Actuellement, « le fait, par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de 15 ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. » (article 227-25).
Autrement dit, quand les conditions définitoires du viol ne sont pas remplies, la victime mineure de moins de 15 ans peut attaquer en justice son agresseur pour « atteinte sexuelle ». Dans le code pénal, le viol est défini ainsi :
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. » (article 222-23)
Ce délit ne remplace pas le crime de viol mais permet de condamner plus fermement une atteinte sexuelle avec pénétration lorsque la définition complète du viol n’est pas remplie
Le projet de loi prévoit d’augmenter la peine maximale pour le délit d’atteinte sexuelle de cinq à dix ans d’emprisonnement et de 75 000 à 150 000 euros d’amende lorsque les faits sont commis avec pénétration sexuelle. Ce délit ne remplace donc pas le crime de viol mais permet de condamner plus fermement une atteinte sexuelle avec pénétration lorsque la définition complète du viol n’est pas remplie (ou que le viol est impossible à prouver). La pénétration deviendrait une 6e circonstance aggravante au délit de l’article 227-25.
Le projet de loi ajoute que, lorsqu’un majeur est accusé du viol d’un mineur de moins de 15 ans, mais qu’au cours des débats, l’existence de la violence, contrainte, menace ou surprise (nécessaires pour caractériser le viol) est contestée, le juge doit « poser la question subsidiaire de la qualification d’atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur » pour envisager une requalification possible des faits.
Précision de la « contrainte morale » et de la « surprise » en cas de viol d’un mineur
Les notions de « contrainte morale » et de « surprise » servent actuellement à démontrer l’absence de consentement et à caractériser un viol chez les adultes et les mineurs. « Il y a surprise lorsque la victime ne réalise pas ce qui est en train de se passer : endormie, droguée ou alcoolisée ; ou surprise de l’enfant qui ne s’attend pas ou ne comprend pas les actes subis », illustre l’avocate Carine Durrieu Diebolt sur Village justice. La contrainte morale peut résulter de la différence d’âge existant entre une victime mineure et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait qu’exerce celui-ci sur cette victime, prévoit actuellement le code pénal (article 222-22-1).
L’article 2 va plus loin que la loi actuelle en précisant, après amendement, que pour les mineurs de moins de 15 ans, la contrainte morale et la surprise « sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire pour consentir à ces actes ». D’après Marlène Schiappa, mercredi matin au micro de Franceinfo, cette formulation revient à fixer un seuil de 15 ans en dessous duquel la contrainte et la surprise (et donc l’absence de consentement, et donc le viol) sont présumées. A condition toutefois que l’infraction ait été commise avec pénétration, qui reste l’un des critères du viol. « Ce n’est absolument pas une présomption, il s’agit simplement d’une précision de ce que peut être la contrainte morale », explique à l’inverse Audrey Darsonville, professeure de droit à l’université de Lille et membre du collectif Les Surligneurs.
Quels problèmes pose l’article 2 ?
Pour les opposants à cet article 2, une atteinte sexuelle sur mineur avec pénétration est un viol. Le nouveau texte prévoit deux cas pour un mineur de 15 ans qui subit une pénétration sexuelle :
- soit il peut prouver qu’il y a violence, contrainte morale ou physique, menace ou surprise, et dans ce cas, c’est un viol ;
- soit il ne peut pas le prouver et dans ce cas, il s’agit du délit d’atteinte sexuelle avec la circonstance aggravante créée par le projet de loi.
Or, pour les « anti-article 2 », il n’existe pas de pénétration de mineur de 15 ans sans contrainte morale. Les critères habituels du viol n’ont donc aucune raison d’être. « On ne peut pas aborder les viols sur mineurs comme les viols sur adultes, explique la psychiatre Muriel Salmona, ne serait-ce que parce que les enfants n’ont pas encore de sexualité. »
Risque de « correctionnalisation »
Les anti-article 2 alertent sur le risque de « correctionnalisation » des viols de mineurs. Une victime qui pourrait attaquer son agresseur en justice, parce qu’elle peut prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise, pourrait en effet préférer l’attaquer sur le terrain correctionnel, via le nouveau délit d’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans avec pénétration mais sans violence, contrainte, surprise ou menace. Le choix de la victime pourrait être motivé par les délais de justice plus courts en correctionnelle que devant les cours d’assises. Les magistrats et avocats eux-mêmes pourraient inciter les victimes à se situer sur le terrain correctionnel, la réforme ayant notamment pour fonction de désengorger les cours d’assises.
Le choix de la victime pourrait être motivé par les délais de justice plus courts en correctionnelle
« La symbolique, la reconnaissance du traumatisme, change complètement », dénonce Muriel Salmona, notamment spécialiste de la mémoire traumatique. Devant la cour d’assises, l’instruction comme l’audience sont plus longues. Les faits sont minutieusement épluchés et les témoins et experts appelés sont nombreux, parfois sur plusieurs jours. Devant le tribunal correctionnel, les audiences sont plus courtes et impliquent moins de témoins et d’experts, faute de temps. « La réparation du traumatisme du viol passe par la mise en sens, les détails. Et même si ces procédures peuvent être très difficiles pour les victimes, la très grande majorité d’entre elles ne regrettent pas leur choix d’aller en justice », rappelle la docteure Salmona.
Culpabilisation des victimes
Toujours selon ses opposants, l’article 2 entérine des situations traumatisantes pour les victimes. Ainsi, un mineur de 15 ayant subi une pénétration à laquelle il n’a pas consenti mais auquel les juges refusent la qualification de « viol » faute de pouvoir prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise pourra encore compter sur la nouvelle définition du délit d’atteinte sexuelle. Autrement dit, si la victime ne peut prouver l’existence d’un de ces quatre éléments, elle ne peut prouver son absence de consentement. « Cela revient à dire à la victime qu’elle a, d’une certaine manière, “participé” à ce qui lui est arrivé, critique Muriel Salmona, or les dénis de réalité [par la justice] sont extrêmement traumatisants pour les victimes de viol. »
L’article 2 est-il moins protecteur aujourd’hui que dans sa version initiale ?
Oui, car l’article initial, modifié à la suite d’un avis négatif du Conseil d’Etat en mars, prévoyait que le viol serait constitué dès lors qu’un mineur de moins de 15 ans subirait une pénétration sexuelle et que l’auteur « connaissait ou ne pouvait ignorer l’âge de la victime ». Le Conseil d’Etat s’est opposé à ce seuil de consentement, en dessous duquel le viol aurait été présumé sans qu’il soit nécessaire de prouver la violence, la contrainte, la surprise ou la menace.
D’après le Conseil d’Etat, ce seuil de présomption d’absence de consentement (qui existe dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Belgique) était contraire à notre Constitution. « Certes, le projet de loi n’établit pas directement, comme cela avait été évoqué dans des déclarations publiques, une présomption de culpabilité », écrit-il. Mais l’article pose plusieurs « difficultés constitutionnelles (…) particulièrement sérieuses ». En particulier, l’article « ne caractérise pas suffisamment l’élément intentionnel du crime ». En effet, le fait que l’auteur « ne pouvait ignorer » l’âge de la victime ne répond pas à l’exigence constitutionnelle relative à l’élément intentionnel en matière criminelle.
Dans son avis, il prend l’exemple d’un mineur de 17 ans et demi et d’une adolescente de 14 ans qui entretiendraient une relation librement consentie de manière habituelle et légale. « La disposition envisagée conduit à ce que le premier soit, dès ses 18 ans et alors que rien ne vient modifier son comportement, passible d’un crime de viol pouvant le renvoyer devant la cour d’assises : cette qualification sera d’autant plus automatique qu’il sera facilement démontré, s’agissant d’une relation suivie, qu’il “connaissait l’âge de la victime ou ne pouvait l’ignorer”. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le jeune homme de 21 ans a échappé mercredi matin à son escorte lors de son transfert pour un rendez-vous médical. Il était suivi au titre de la radicalisation, selon la direction de l’administration pénitentiaire.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Un détenu suivi pour radicalisation s’évade de la prison de Brest

Le jeune homme de 21 ans a échappé mercredi matin à son escorte lors de son transfert pour un rendez-vous médical. Il était suivi au titre de la radicalisation, selon la direction de l’administration pénitentiaire.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h44
   





                        



   


Un détenu multirécidiviste de 21 ans s’est évadé de la maison d’arrêt de Brest mercredi 16 mai au matin, échappant à son escorte lors de son transfert pour un rendez-vous médical à l’hôpital. L’homme s’est « mis à courir » dès sa sortie du véhicule à l’arrivée à l’hôpital. Un agent est parvenu « à le plaquer une première fois au sol mais le détenu s’est relevé et a rejoint un véhicule de type Peugeot 306 où au moins deux hommes l’attendaient », selon le Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière. « Tout est mis en œuvre pour le retrouver rapidement », assure-t-on de source judiciaire.
Originaire de Landerneau, près de Brest, le jeune homme a déjà 23 faits délictueux (vols, recels, dégradations, outrages, conduite sans permis, etc.) inscrits à son casier judiciaire, et était en détention provisoire à la maison d’arrêt de Brest pour des faits de vol.
La direction de l’administration pénitentiaire a fait savoir qu’il était « un détenu de droit commun suivi au titre de la radicalisation » et est donc « potentiellement radicalisé ». Il était signalé en raison de sa conversion à l’islam, la pratique rigoriste de sa foi et un changement physique, selon une source proche de l’enquête. Mais il ne tenait pas de discours rigoriste, ni avant ni pendant sa détention.
Selon cette même source, il est l’objet d’une fiche « S » (pour sûreté de l’Etat) et « dangereux ». Il n’a cependant jamais été condamné pour des faits de terrorisme ou d’apologie du terrorisme, a ajouté le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé.

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Il avait déjà été condamné en 2014 pour s’être échappé de l’endroit où il était en « placement extérieur ». A première vue, son évasion a plus à voir avec son profil de délinquant qu’avec sa radicalisation, souligne-t-on de même source.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Selon le Comité consultatif national d’éthique, il existe en France une « dénégation collective » du vieillissement qui se traduit par une « maltraitance latente et non assumée ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Comment la France maltraite ses vieux

Selon le Comité consultatif national d’éthique, il existe en France une « dénégation collective » du vieillissement qui se traduit par une « maltraitance latente et non assumée ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h51
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? Dans un avis publié mercredi 16 mai, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dresse un constat extrêmement sévère de la façon dont celles-ci sont considérées et prises en charge, en particulier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Selon l’organisme consultatif, il existe dans notre pays une « dénégation collective » du vieillissement, qui se traduit par une « maltraitance » sous une forme « latente » et « non assumée » vis-à-vis d’une partie de la population âgée.

A l’origine de la réflexion du CCNE, amorcée en octobre 2016, avant les mouvements de grève dans les maisons de retraite, une question : « Quel sens à la concentration des personnes âgées entre elles, dans des établissements dits d’hébergement ? », le pays comptant à ce moment-là plus de 577 000 personnes hébergées dans ce type de structure. A l’arrivée, une réponse « résolument politique » et cinglante : cette concentration constitue une « institutionnalisation forcée » et même une « ghettoïsation ».
Cette mise à l’écart, cette « exclusion de fait de la société », même si elle vise aussi « de façon louable » à sécuriser et accompagner ces personnes vulnérables, pose « de véritables problèmes éthiques, notamment en termes de respect dû aux personnes », juge le CCNE. Les résidents doivent ainsi « payer cher » (tarif médian de 1 949 euros par mois) pour être dans un lieu qu’ils n’ont la plupart du temps pas choisi, qui les isole, et dans lequel « les professionnels font du mieux qu’ils peuvent avec des moyens qu’ils n’ont parfois pas ». Conséquence : « Dans un contexte de pénurie de personnels et de rationalisation des soins, le sentiment de solitude ressenti par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Régis Aubry, membre du Comité consultatif national d’éthique, est le corapporteur de l’avis publié mercredi sur la façon dont la société française traite ses « vieux ».
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« Certaines personnes âgées souffrent d’un sentiment d’indignité »

Régis Aubry, membre du Comité consultatif national d’éthique, est le corapporteur de l’avis publié mercredi sur la façon dont la société française traite ses « vieux ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h30
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
Régis Aubry, chef du service des soins palliatifs du CHU de Besançon et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), est le corapporteur de l’avis publié mercredi 16 mai.
Pourquoi le CCNE s’est-il saisi de la question des Ehpad et du vieillissement ?
C’est un sujet majeur sur lequel nous n’avions pas mené de réflexion depuis 1998, pas même au moment du vote de la loi sur le vieillissement en 2015. Il nous est apparu important qu’une politique de santé ait un soubassement éthique, c’est-à-dire qu’elle respecte les personnes âgées à qui elle bénéficie. Or, il y a aujourd’hui une politique inadéquate et irrespectueuse qui conduit à concentrer les personnes les plus vulnérables dans les Ehpad, des lieux où elles n’ont bien souvent pas souhaité être.

Faut-il voir dans cet avis un lien avec les grèves qui ont lieu dans ces établissements depuis janvier afin d’obtenir davantage de moyens ?
Nous nous sommes saisis de ce sujet en octobre 2016, bien avant le début de ce mouvement. Nous avons ensuite attendu la fin des états généraux de la bioéthique pour publier l’avis afin de ne pas brouiller le message, car c’est une prise de position forte de notre part.
Vous dressez effectivement un constat très sévère. Vous parlez notamment de « ghettoïsation » et de « forme latente de maltraitance »…
Certaines personnes âgées dans notre pays souffrent d’un sentiment d’indignité. Elles ont le sentiment d’être en trop, de ne servir à rien. C’est quelque chose qui devrait nous heurter. Il existe également une forme de ségrégation dans l’accès aux soins des personnes âgées : les examens médicaux sont plus sommaires, on n’écoute pas les réponses aux questions… Tout cela finit par isoler et exclure.
Vous posez également la question du sens de certaines vies permises par les progrès de la médecine ?
La question des Ehpad interroge effectivement de façon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ « Paris a été frappé une nouvelle fois », a déploré l’édile socialiste lors d’une cérémonie dans le quartier de l’Opéra Garnier, dans la capitale.
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Hommage d’Anne Hidalgo à Ronan Gosnet, tué dans l’attentat au couteau de Paris

« Paris a été frappé une nouvelle fois », a déploré l’édile socialiste lors d’une cérémonie dans le quartier de l’Opéra Garnier, dans la capitale.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h55
   





                        



   


La maire de Paris, Anne Hidalgo, a rendu hommage mercredi 16 mai à Ronan Gosnet, tué lors de l’attentat au couteau survenu dans le centre de la capitale samedi soir. « Paris a été frappé une nouvelle fois », a déploré l’édile socialiste lors d’une cérémonie dans le quartier de l’Opéra Garnier (9e arrondissement).

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                Attaque au couteau à Paris : un assaillant jeune, suivi par les services de renseignement



« Un jeune homme est mort, un Parisien, Ronan Gosnet, qui aimait cette ville, qui y travaillait », a déclaré Mme Hidalgo, accompagnée du maire écologiste du 2e arrondissement Jacques Boutault, de la maire Les Républicains (LR) du 5e Florence Berthout, de la présidente LR du conseil régional d’Ile-de-France Valérie Pécresse et du député La République en marche de Paris Sylvain Maillard.

Cérémonie d’hommage à Ronan Gosnet, jeune Parisien assassiné lors de l’attentat du 12 mai 2018, rue #Monsigny. Une… https://t.co/YvuppxV8DO— Anne_Hidalgo (@Anne Hidalgo)


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Débat sur les fichés S
Les élus se sont ensuite rendus sur le lieu de l’attaque, qui a également fait quatre blessés et dont l’auteur Khamzat Azimov a été tué par la police, pour déposer une gerbe et observer une minute de silence. Mme Hidalgo a également rappelé que l’attaque avait eu lieu « dans un quartier touristique, un quartier animé de la capitale ». « C’est sans doute cela aussi qui était visé, notre façon de vivre, notre façon d’aimer la vie », a-t-elle déploré.

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                Qui est Khamzat Azimov, l’auteur de l’attentat qui a fait un mort samedi à Paris ?



De son côté, Valérie Pécresse a jugé sur Twitter que « les personnes fichées S soupçonnées de radicalisation doivent être poursuivies pour intelligence avec l’ennemi ». La commission des lois du Sénat a d’ailleurs décidé mercredi de créer un groupe de travail sur l’amélioration de l’efficacité des fiches S après l’attentat à Paris. Cet outil du fichier des personnes recherchées fournit notamment des consignes de surveillance aux forces de l’ordre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Alors que le nombre d’actes à caractère homophobe a augmenté en 2017, force est de constater le manque d’initiatives des politiques pour lutter contre ce phénomène.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Alerte à l’homophobie

Editorial. Alors que le nombre d’actes à caractère homophobe a augmenté en 2017, force est de constater le manque d’initiatives des politiques pour lutter contre ce phénomène.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 18h51
   





                        


Editorial du « Monde ». Depuis une trentaine d’années, l’homosexualité est passée de l’ostracisme – au mieux une maladie, au pire un « fléau social » ou un crime –, à la reconnaissance. Cette longue marche vers l’égalité a été jalonnée par la dépénalisation de l’homosexualité en 1982, l’instauration du pacs en 1999 puis celle du mariage entre personnes du même sexe en 2013. Depuis 2004, enfin, la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité mentionne l’homophobie parmi les motifs de discrimination et pénalise les propos haineux, diffamatoires ou injurieux proférés en raison de l’orientation sexuelle.
L’homophobie, ses archaïsmes et sa violence n’ont pas disparu pour autant. Les chiffres en témoignent. En 2017, l’association SOS-Homophobie a encore enregistré 1 650 témoignages faisant état d’actes ou d’agressions physiques à l’encontre d’homosexuels ou de transsexuels. De son côté, le ministère de l’intérieur a recensé un peu plus d’un millier de crimes et de délits à caractère homophobe. Dans le pays de la liberté et de l’égalité, il n’est toujours pas possible de vivre son homosexualité librement et sans crainte.

        Lire aussi :
         

                « Finissez-le, c’est un pédé » : plus d’un millier d’actes homophobes enregistrés en 2017



Le constat est paradoxal. En effet, la France fête, le 17 mai (Journée internationale de lutte contre l’homophobie), le cinquième anniversaire de la loi sur le mariage entre personnes du même sexe. Malgré les polémiques virulentes soulevées à l’époque, le mariage pour tous est entré tranquillement dans les mœurs et a contribué à banaliser l’homosexualité. Militants et observateurs espèrent donc, chaque année, une baisse des plaintes pour actes homophobes.
Il n’en est rien. Certes, la libération de la parole peut expliquer en partie l’augmentation constatée ces dernières années par SOS-Homophobie. Dans les médias et sur les réseaux sociaux, les agressions homophobes, de moins en moins tolérées, sont de plus en plus visibles et dénoncées. Les visages tuméfiés de victimes s’affichent. Les récits détaillés d’agressions ou d’injures sont relayés. Pourtant, par méconnaissance ou manque de temps, le caractère homophobe de certains actes, qui est une circonstance aggravante de nombreuses infractions, n’est pas toujours pris en compte. C’est évidemment préjudiciable pour les victimes, mais aussi pour la connaissance et la maîtrise du phénomène.
Embarras du gouvernement
Le constat doit alerter les pouvoirs publics. Certes, la lutte contre l’homophobie fait des progrès. Les circonstances aggravantes et délais de prescription pour les actes à caractère homophobe ou commis en raison de l’identité de genre sont désormais alignés sur ceux des actes racistes ou antisémites. Depuis 2016, la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (Dilcrah) a vu ses compétences étendues à la haine anti-LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels). La Dilcrah soutient 212 projets de lutte contre l’homophobie au niveau local.
Mais force est de constater que le sujet continue, peu ou prou, à embarrasser. En février, Joël Deumier, président de SOS-Homophobie, a dû dénoncer le « silence coupable » du gouvernement avant que le premier ministre ne condamne une série d’agressions homophobes. Ce combat n’a pas non plus fait l’objet de campagnes de communication à destination du grand public. Quant aux responsables des mondes politique, économique ou même culturel et médiatique qui revendiquent leur homosexualité, ils restent peu nombreux en France. Signe, hélas !, que la crainte des discriminations homophobes et les vieux tabous persistent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Mois de « la piété et du partage », pilier de l’islam, le ramadan commencera jeudi en France.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤     

APPEL À TÉMOIGNAGES
Vous vous apprêtez à célébrer votre premier mois de ramadan, racontez-nous

Discussion lancée le 16 mai 2018

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Le ramadan commencera cette année, jeudi 17 mai, en France. Vous, ou un membre de votre famille, vous apprêtez à célébrer votre premier mois de jeûne, racontez-nous pourquoi vous avez décidé de l’observer. Comment vous y êtes-vous préparé ? Qu’en attendez-vous ? Avez-vous des appréhensions ? Cela a-t-il provoqué la discussion dans votre entourage ou dans votre milieu professionnel ?
Votre témoignage pourra être utilisé dans le cadre d’un article à paraître dans Le Monde. N’oubliez pas de saisir une adresse électronique que vous consultez souvent ou un numéro de téléphone, au cas où nous souhaiterions vous contacter pour quelques précisions. Vos coordonnées resteront strictement confidentielles et vos témoignages, anonymes, si vous le demandez.                            





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La chambre de l’instruction de Dijon a annulé, mercredi, les trois mises en examen en raison d’un vice de procédure. Explications.
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Affaire Grégory : les motifs de l’annulation des mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob

La chambre de l’instruction de Dijon a annulé, mercredi, les trois mises en examen en raison d’un vice de procédure. Explications.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h48
    |

            Soren Seelow








                        



   


C’est un dossier maudit. De coups de théâtre en rebondissements, l’enquête sur le meurtre du petit Grégory Villemin, en 1984, confirme jour après jour le naufrage judiciaire qu’elle est depuis son origine.
Par un arrêt du 16 mai, dont Le Monde a pris connaissance, la chambre de l’instruction de Dijon a annulé les trois mises en examen prononcées depuis la réouverture du dossier : celles de Murielle Bolle, qui avait 15 ans à l’époque des faits, et des époux Jacqueline et Marcel Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory Villemin. Leurs contrôles judiciaires ont été levés, et toutes les pièces relatives à leurs mises en examen, en juin 2017, ont été annulées.
C’est sur un point de droit que les défenseurs de Murielle Bolle et des époux Jacob ont obtenu gain de cause, la chambre de l’instruction renonçant à se prononcer sur le fond. Cette décision n’en constitue pas moins un coup porté à l’accusation.
Régularité des mises en examen contestée
Le 1er décembre 2017, les avocats de Murielle Bolle, Christophe Ballorin et Jean-Paul Teissonnière, avaient saisi la chambre de l’instruction d’une requête en nullité de plusieurs actes de la procédure, dont la mise en examen de leur cliente pour « enlèvement suivi de mort » le 29 juin 2017. Leur requête était motivée sur le fond comme sur la forme.
Les avocats contestaient notamment la régularité des mises en examen prononcées par la juge Claire Barbier. Alors présidente de la chambre de l’instruction, la magistrate avait été désignée en septembre 2011 pour instruire la réouverture de l’information judiciaire qui s’était close par un non-lieu en 2001.
Faisant valoir ses droits à la retraite, elle avait été remplacée en 2017 à la tête de la chambre de l’instruction par Dominique Brault et n’avait plus pour seule mission que d’instruire l’affaire Grégory.
Pouvoirs outrepassés
Or, ont fait valoir les avocats de Murielle Bolle, si la magistrate avait reçu pouvoir pour ordonner des expertises et des compléments d’investigation, elle n’était pas habilitée à procéder seule à des mises en examen, une mission qui aurait dû revenir à la chambre de l’instruction collégialement. La magistrate a donc à leurs yeux outrepassé ses pouvoirs pour s’arroger ceux d’un juge d’instruction.
La chambre de l’instruction leur a donné raison : dans son arrêt, elle rappelle que la chambre de l’instruction « doit être en mesure d’apprécier les charges ou indices graves ou concordants » avant qu’un magistrat délégué puisse « envisager la mise en examen ». Or Murielle Bolle a été mise en examen par Mme Barbier « sans que la chambre de l’instruction ait été préalablement saisie », « en violation des articles 201, 204 et 205 du code de procédure pénale ».
La chambre de l’instruction a par ailleurs cancellé (partiellement annulé) tous les actes de procédure portant mention de la mise en examen de Murielle Bolle, et annulé la confrontation avec son cousin le 28 juillet 2017, ainsi qu’une expertise psychologique.
Les époux Jacob, qui avaient également déposé une requête en nullité le 8 janvier, ont bénéficié de ce même raisonnement et ont vu leurs mises en examen annulées, ainsi que leurs interrogatoires et expertises psychologiques.

        Lire aussi :
         

                Affaire Grégory : ce que se sont dit Murielle Bolle et son cousin pendant la confrontation



« Une grande victoire »
« C’est une grande victoire de la défense de Murielle Bolle, qui va pouvoir reprendre une vie normale », a réagi Me Ballorin, qui veut y voir la preuve que sa cliente est « innocente ». Une interprétation contestée par le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, qui avait requis le rejet de cette requête en nullité. Dans un communiqué, il souligne que cette annulation « porte sur des points de procédures et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier », et précise qu’il avisera « sur les éventuelles suites procédurales » à y donner.
Les avocats des parents du petit Grégory, Thierry Moser, François Saint-Pierre et Marie-Christine Chastant-Morand, soulignent eux aussi que « le bien-fondé de ces mises en examen n’a en rien été remis en cause par cet arrêt de la cour d’appel de Dijon ». Ils demandent donc par communiqué « que la procédure reprenne maintenant son cours sur de bonnes bases » et que « la chambre de l’instruction convoque à nouveau Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier à nouveau leur mise en examen, en bonne et due forme ».
Si la juge Barbier sort fragilisée de cet épisode, rien n’empêche en effet la chambre de l’instruction de remettre en examen Murielle Bolle et les époux Jacob. De nombreuses pièces ayant été annulées, une telle décision impliquerait cependant de reprendre une partie de l’instruction au mois de juin 2017, date des mises en examen annulées, renforçant l’impression d’éternel recommencement qui hante ce dossier depuis maintenant trente-trois ans.

        Lire aussi :
         

                Les obsédés de l’affaire Grégory







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.
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Alzheimer : une maladie  en trompe-l’œil ?

Pour les auteurs de cet ouvrage, le refus d’accepter le déclin cognitif empêche de sortir de la médicalisation sans limite du vieillissement.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Le livre. Les quarante dernières années ont vu l’émergence de la maladie d’Alzheimer comme problème de santé publique dont tout un chacun ou presque a ­entendu parler. Olivier Saint-Jean, chef du service de gériatrie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, et Eric Favereau, grand reporter santé à Libération, se livrent à une démolition. Leur thèse : la maladie d’Alzheimer est une construction sociale imposant une vision de la vieillesse comme une maladie. Le refus d’accepter le déclin cognitif comme partie intégrante de notre normalité empêche de répondre au vieillissement par l’accompagnement adéquat.
Au début des années 1980, un double constat a été fait : le nombre de sujets âgés s’accroît et la médecine est incapable d’améliorer les fonctions intellectuelles qui se détériorent. « Comme il faut donc rapporter tous les symptômes à une maladie, y compris les troubles ­cognitifs, on va exhumer une maladie dépeinte au début du XXe siècle et presque totalement tombée dans l’oubli », racontent les auteurs.
Absence d’efficacité des médicaments
Face à ce qu’ils appellent le « serial killer des vieux »,« il devient impensable de ne pas disposer de médicaments. A n’importe quel prix ». Des médicaments qui échappent à toutes les règles car, « avant même leur mise sur le marché, leur absence d’efficacité est évidente ». Si encore ils étaient anodins. L’ouvrage cite, en 2018, le président de la commission qui avait eu à trancher sur l’efficacité des médicaments anti-Alzheimer, le professeur Loïc Guillevin : « Ces médicaments ont plus tué qu’ils n’ont guéri. »
Or, il y a ce que Olivier Saint-Jean et Eric ­Favereau appellent « la grande surprise, la bonne nouvelle qui va à contre-courant de toutes les prévisions » et « change la donne » : le nombre de cas supposés de la maladie d’Alzheimer diminue. Ils s’appuient sur plusieurs grandes études parues ces deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.
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« En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux »

Dans une tribune au « Monde », des proctologues soulignent l’impact de cette maladie considérée à tort comme honteuse et plaident pour la vaccination des jeunes garçons contre le papillomavirus.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 07h00
   





                        


                                                        
Tribune. Le cancer anal est sous-médiatisé. Les raisons en sont évidentes. Il est considéré – à tort bien sûr – comme doublement honteux, de par sa localisation et parce qu’il est lié à des éléments de vie intime que le ­conservatisme rejette. Alors qu’il était rare et ne concernait que les femmes âgées, son incidence augmente fortement, et il intéresse maintenant les hommes jeunes.
Le tabac, l’immunodépression sont des facteurs de risque établis et l’infection par le papillomavirus est une cause directe neuf fois sur dix. En moins de trente ans, l’incidence du cancer anal a été multipliée par au moins trois dans la plupart des pays occidentaux. Les hommes séropositifs pour le VIH voient leur risque multiplié par dix, voire trente, selon les estimations.
Le pronostic de ce cancer est considéré comme bon, puisque sept à huit patients sur dix n’en meurent pas. C’est déjà cela, mais ce n’est pas suffisant, puisque cette survie s’accompagne de ce que les économistes appellent des coûts intangibles : la douleur et le ­malheur. En effet, pour les patients qui répondent au traitement initial (70 %-80 %) par radiothérapie souvent doublée d’une chimiothérapie, les rayons génèrent des effets locaux irréversibles de brûlures et de rigidité qui altèrent définitivement la vie sexuelle quand elle est encore possible.
Pour les 20 % à 30 % de patients restants chez qui la tumeur persiste ou ­récidive, il faut proposer une chirurgie très mutilante : l’amputation abdomino-périnéale. Comme son nom le dit un peu, cette intervention procède à l’ablation du rectum jusqu’au canal anal et emporte l’appareil sphinctérien et la peau périanale. Le large manque de tissu nécessite souvent un lambeau musculo-cutané. Enfin, une stomie, soit un abouchement du côlon à la peau de l’abdomen, improprement ­appelé « anus artificiel », est nécessaire à vie. Ces données sont à la fois individuellement dramatiques et épidémiologiquement significatives. Les ­patients...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Cette branche controversée de l’islam a pris un essor important en France depuis une quinzaine d’années. Un de ses adeptes raconte son parcours.
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Prêcheur, autoentrepreneur, père de famille : itinéraire d’un salafiste français

Cette branche controversée de l’islam a pris un essor important en France depuis une quinzaine d’années. Un de ses adeptes raconte son parcours.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 11h21
    |

            Elise Vincent








                        



                                


                            

Il s’appelle Atef, c’est un colosse barbu aux yeux rieurs. A 35 ans, il croit en Allah comme au « Ciel et à la Terre ». C’était en hiver, à la terrasse d’une boulangerie de Cannes, face à la plage. Il a débarqué à moto, en blouson de cuir noir. Il aurait pu, méfiant, comme d’autres avant lui, proposer un rendez-vous en lieu clos, en présence d’un tiers de confiance. Mais il a opté pour le regard curieux des retraités matinaux venus promener leur chien sous les palmiers. Il s’est assis à l’une des dernières tables en plastique disponibles. Puis il a parlé fort et longtemps pour expliquer que oui, il n’aimait pas « l’islam modéré » parce que c’est un « islam politique, hypocrite », et que oui, son islam à lui, c’est la « salafiyya » (le salafisme), parce que ça l’avait guéri du « takfir », la haine.
Malgré la franchise affichée lors de ce rendez-vous, il a fallu de longs mois pour arriver jusqu’à Atef Oueslati, imam depuis plus de dix ans dans les milieux « salafis », comme ils se désignent. Près d’un an d’approche très difficile dans ces sphères rétives à toute sollicitation médiatique. A force de rencontres informelles avec les fidèles assidus de différentes mosquées franciliennes, hommes et femmes, un contact a toutefois fini par s’établir et plusieurs entretiens ont pu être menés. Atef Oueslati est le seul à avoir accepté de s’exprimer à visage découvert, livrant ainsi un témoignage rarissime sur son engagement et sur la proximité sensible de ce courant controversé de l’islam avec les milieux djihadistes.
Atef Oueslati incarne, en France, une catégorie de fidèles que personne n’a vu vraiment grandir : imam salafiste le vendredi, autoentrepreneur dans la restauration la semaine, père rangé de quatre enfants le week-end. En quinze ans, le nombre de ces adeptes de la « salafiyya » s’est multiplié sur le territoire national. En 2004, ils étaient à peine 5 000, en 2010 ils sont passés à plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les associations, les riverains et la Mairie de Paris demandent en vain une évacuation des campements à la Place Beauvau.
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A Paris, l’immobilisme du ministère de l’intérieur face à la dégradation de la situation des migrants

Les associations, les riverains et la Mairie de Paris demandent en vain une évacuation des campements à la Place Beauvau.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 11h03
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Regarder les rats passer… sur les bords du canal Saint-Martin (10e), leur petit manège fascine Ahmed, mardi matin 15 mai. Le jeune Afghan n’en a pas peur. Il veille juste à bien fermer sa tente et ne pas y garder de nourriture. Sa vraie crainte serait plutôt le canal. Le 8 mai, un homme est mort noyé, à deux pas. « Il est tombé et il a coulé », explique le garçon, qui trouve « stupide » de « mourir comme ça après avoir échappé à tous les dangers de la route ». Deux jours avant déjà, un autre homme s’était noyé dans le canal Saint-Denis, porte d’Aubervilliers. Un Africain qui dormait dans le camp du Millénaire, dans le 19e arrondissement.
« 1 600 personnes sur 400 m2… Avec une telle concentration, chaque mètre de quai compte et peut donner lieu à bagarre », déplore Pierre Henry, le directeur de France Terre d’asile. Au total, Paris compte donc désormais quelque 2 400 migrants éparpillés en plusieurs points de son quart nord-est, dans une « absence totale d’humanité », a dénoncé lundi 14 mai le vicaire général du diocèse de Paris, Mgr Benoist de Sinety.
Les associations, les riverains et la Mairie de Paris n’ont de cesse d’alerter le ministère de l’intérieur sur cette situation et de demander une mise à l’abri. Rien ne se passe, hormis un échange de lettres entre Anne Hidalgo, la Place Beauvau et désormais Matignon. La maire de Paris, qui avait écrit en mars à Gérard Collomb, a reçu une réponse en mai lui rappelant qu’elle n’avait qu’à lancer des « procédures judiciaires » pour que l’Etat évacue. Se refusant à « demander l’expulsion », et rappelant que c’est « d’une prise en charge dont ces gens avaient besoin », et non d’un éparpillement, Anne Hidalgo a écrit vendredi au premier ministre, cette fois, pour l’alerter sur l’« impasse ».
La situation se dégrade un peu plus chaque jour dans ces no man’s land. Au point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Ce plan, visant à lutter contre les violences aux urgences, représente un investissement de 30 millions d’euros. Il prévoit l’expérimentation de caméras intelligentes.
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« Incivilité » à l’hôpital : le patron de l’AP-HP prévoit 40 % de caméras supplémentaires

Ce plan, visant à lutter contre les violences aux urgences, représente un investissement de 30 millions d’euros. Il prévoit l’expérimentation de caméras intelligentes.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 04h26
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 07h16
   





                        



   


Martin Hirsch veut « passer à la vitesse supérieure » concernant la vidéosurveillance dans les hôpitaux. « Il y a aura 40 % de caméras supplémentaires, soit plus de 1 500 au total, installées d’ici à trois ans, là où les équipes estiment en avoir besoin », a annoncé le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dans une interview publiée, mardi 15 mai, dans Le Parisien. Un investissement estimé à 30 millions d’euros, « l’équivalent d’un petit bâtiment ».
« Depuis quelques années, il est à la mode de se focaliser sur la religion dans les hôpitaux alors que l’incivilité y est un problème bien plus important », estime Martin Hirsch dans le quotidien. Destiné à lutter contre les violences aux urgences, ce plan prévoit notamment des caméras en réanimation à l’hôpital Beaujon à Clichy, où « les soignants ont été profondément marqués par l’intrusion d’un groupe de plusieurs dizaines de personnes ».
« Necker, Henri-Mondor, l’Hôpital européen Georges-Pompidou… la plupart des établissements sont concernés. Dans un hôpital comme la Pitié-Salpêtrière, plus grand que le Vatican, ce sont 80 caméras de plus. »
Vidéosurveillance « intelligente »
Les images seront visionnées dans des postes de sécurité. En plus de cela, la vidéosurveillance « intelligente », déjà utilisée dans les aéroports, sera expérimentée. En cas de fait anormal, allant de la bagarre à la chute au sol, la caméra enverra une alerte à l’agent de sécurité, qui pourra intervenir si besoin.
Ce plan est la réponse du patron des hôpitaux de Paris aux soignants excédés par les violences, qui l’avaient interpellé sur le sujet lors d’une visite, en janvier. 

        Lire aussi :
         

                Les urgences hospitalières confrontées à une surchauffe inhabituelle sur l’ensemble du territoire






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ L’article introduit dans la définition du viol une protection particulière pour les mineurs de moins de 15 ans.
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Loi sur les violences sexistes et sexuelles : l’Assemblée vote le controversé article 2

L’article introduit dans la définition du viol une protection particulière pour les mineurs de moins de 15 ans.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 01h59
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 08h33
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


De l’art de créer la déception. La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a été contrainte de batailler ferme, mardi 15 mai, pour défendre le projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles, et en particulier son article 2, qui a pour objectif de renforcer la répression des infractions sexuelles sur les mineurs.
Un article attaqué de toute part – du groupe Les Républicains (LR) à La France insoumise (LFI) en passant par le MoDem, membre de la majorité – à l’exception de La République en marche (LRM), où aucune voix dissonante ne s’est exprimée. Mais ses rangs étaient plutôt dégarnis mardi, au point que plusieurs amendements de l’opposition ont été rejetés à seulement quelques voix près. L’article a, finalement, été voté après une heure du matin, avec les seules voix du groupe LRM, par 81 voix contre 68 et après plus de cinq heures de débats ponctués d’invectives, de claquements de pupitres, et de suspensions de séance.
Au lendemain des affaires de Pontoise et de Melun, dans lesquelles des fillettes de 11 ans ont été considérées comme ayant consenti à des rapports sexuels avec des hommes adultes, Marlène Schiappa avait voulu répondre très vite au choc causé dans l’opinion, en promettant l’inscription dans la loi d’un seuil au-dessous duquel un enfant ne pourrait jamais être considéré comme consentant. Très vite aussi, en novembre 2017, l’âge de 15 ans avait été retenu par Emmanuel Macron. Mais l’idée d’une « présomption de non-consentement » a été abandonnée. « Que s’est-il passé ?, a lancé la députée (LFI, Seine-Saint-Denis) Clémentine Autain. Cet article ne correspond en rien à ce qui était annoncé. »
« Nous voulons être efficaces »
Face aux critiques, la secrétaire d’Etat a lu et relu le texte amendé par la commission des lois : « Lorsque les faits sont commis sur la personne d’un mineur de moins de 15 ans, la contrainte morale et la surprise sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas du discernement nécessaire pour consentir à ces actes. » « Qu’y a-t-il de scandaleux là-dedans ?, a-t-elle interrogé. Je vous demande de voter cet article parce qu’il améliore la protection des mineurs. Nous voulons être efficaces non pas dans la théorie, mais dans le réel. » Les députés lui ont, à plusieurs reprises, reproché de s’en tenir à ces explications, la députée (Nouvelle Gauche, Tarn-et-Garonne) Valérie Rabault réclamant même la venue de la ministre de la justice, Nicole Belloubet, dans l’hémicycle pour obtenir de plus amples détails.

        Sur le projet de loi :
         

          les associations dénoncent des reculs



De très nombreux amendements parmi les soixante-dix déposés sur l’article avaient pour objectif d’établir une présomption simple de non-consentement, pour beaucoup sous l’âge de 13 ans. « Il faut inverser la charge de la preuve », a plaidé Bérengère Poletti (LR, Ardennes). L’impératif supérieur de protection des enfants a été invoqué à de nombreuses reprises. « Ne sommes-nous pas dans le cas des enfants de moins de 13 ans dans des cas exceptionnels ? », a riposté Clémentine Autain.
En réponse, le gouvernement et les députés du groupe LRM se sont placés sur le terrain du respect du droit, la présomption d’innocence interdisant, selon eux, l’introduction d’une telle présomption de culpabilité en matière criminelle. « Le texte permettra aux juges de tenir compte de la particulière vulnérabilité des mineurs, tout en étant constitutionnellement viable », a plaidé la rapporteure Alexandra Louis (LRM, Bouches-du-Rhône). 
Comme plusieurs autres députés, Delphine Batho (non-inscrits, Deux-Sèvres) a, en outre, dénoncé la « grave régression » que représenterait le texte, en facilitant le renvoi en correctionnelle de viols sur mineurs. Au fondement de cette inquiétude, l’augmentation des peines encourues pour atteinte sexuelle, un délit qui sanctionne toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, même sans violence, menace, contrainte ou surprise, à sept ans (contre cinq aujourd’hui), et à dix ans en cas de pénétration. La députée Naïma Moutchou (LRM, Val-d’Oise) a dénoncé à ce sujet une opération de « désinformation ». « L’atteinte sexuelle existe d’ores et déjà dans notre droit, a également répondu Laetitia Avia (LRM, Paris). Nous renforçons cet interdit. »

Le projet de loi
Si l’article 2 du projet de loi contre les violences sexuelleset sexistes, qui renforce la répression contre les actes sexuels entre adultes et mineurs de moins de 15 ans focalise les discussions, le texte comporte d’autres dispositions.
L’article premier augmente le délai de prescription de vingt à trente ans après la majorité pour les crimes sexuels sur des mineurs. Certaines associations demandaient l’imprescriptibilité.
L’article 3 vise à mieux réprimer le harcèlement par plusieurs personnes, en particulier les « raids numériques ».
L’article 4 instaure la contravention d’outrage sexiste, assortie d’une amende de 90 euros, afin de lutter contre le harcèlement de rue.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La date a été décidée mardi par le Conseil français du culte musulman, à l’issue d’une cérémonie de fixation du début de ce mois sacré pour l’islam.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Le ramadan 2018 débutera le jeudi 17 mai en France

La date a été décidée mardi par le Conseil français du culte musulman, à l’issue d’une cérémonie de fixation du début de ce mois sacré pour l’islam.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 12h25
   





                        



Le Conseil français du culte musulman (CFCM), à l’issue d’une cérémonie de fixation du début du mois de jeûne, de partage et de prière, a annoncé mardi 15 mai au soir que le ramadan commencerait jeudi 17 mai en France.
Le président de l’instance représentative de l’islam auprès des pouvoirs publics, Ahmet Ogras, a fait cette annonce à la grande mosquée de Paris, en présence des représentants des principales fédérations qui structurent la deuxième religion en France.
Ces dernières années, les grandes fédérations ont recherché l’unité entre elles et avec les principaux pays musulmans, de la péninsule Arabique au Maghreb, sur la question des dates du ramadan, qui a parfois viré au casse-tête. Elles veulent ainsi éviter la division parmi les fidèles du Prophète, qui aurait prescrit dans un hadith (commentaire oral) :
« Ne jeûnez que lorsque vous verrez le croissant lunaire et ne rompez le jeûne que lorsque vous le verrez aussi. »
Ledit croissant n’étant pas visible mardi, le ramadan débutera jeudi, a décidé le CFCM, qui a fait sienne l’observation lunaire privilégiée par une majorité de fidèles.
Mais les partisans du calcul astronomique à l’avance tablaient depuis longtemps sur un début du ramadan le 16 mai : certains fidèles commenceront donc à jeûner dès mercredi, notamment parmi les musulmans d’origine turque ou gravitant dans la sphère d’influence de la confrérie des Frères musulmans.
Un des piliers de l’islam
Durant le ramadan, un des piliers de l’islam, les croyants sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, de l’aube — dès que l’on peut « distinguer un fil blanc d’un fil noir », dit le Coran — jusqu’au coucher du soleil. Selon des études, 70 % à 80 % des cinq millions de fidèles en France observent le ramadan.
Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux...).
Dans une quête d’ascèse et de purification, le fidèle peut méditer le Coran, participer à des veillées de prière et se montrer généreux avec les plus démunis.
La dimension sociale, conviviale, voire festive, est très importante après l’iftar, repas quotidien de rupture du jeûne. Le ramadan s’achève par l’Aïd el-Fitr, la « fête de la rupture du jeûne », qui devrait avoir lieu vers le 15 juin cette année.
Mardi soir, Ahmet Ogras a également demandé au mufti de la grande mosquée de Paris, présent lors de cette courte « nuit du doute », d’élever une prière « pour toutes les victimes du terrorisme mais surtout une prière pour les martyrs d’hier », lundi, dans la bande de Gaza. Près de 60 Palestiniens y ont été tués et 2 400 blessés par des tirs de soldats israéliens.
Le président du CFCM a aussi appelé les imams des quelque 2 500 mosquées et salles de prière en France à réciter la « prière de l’absent » vendredi, en mémoire de ces victimes.



                            


                        

                        


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Mort de Naomi Musenga, le calvaire des trois opératrices accusées à tort

L’une des trois femmes désignées à la vindicte populaire sur Twitter et menacées de mort a dû déménager en urgence dans une autre région.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 21h46
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 08h29
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            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Trois photographies et un appel à la mort. Dans un message posté jeudi 10 mai, un utilisateur du réseau social Twitter divulgue les coordonnées de Céline F., une personne présentée comme étant l’opératrice du SAMU ayant répondu avec dédain à Naomi Musenga, quelques heures avant qu’elle ne meure. Nom, prénom, adresse, téléphone : aucune information personnelle n’est épargnée. Trois clichés accompagnent le tweet : l’un d’entre eux est une photo de famille souriante montrant la jeune femme entourée de son mari et de ses deux enfants en bas âge. Aucun de leurs visages n’est flouté. « N’hésitez pas à la contacter pour lui souhaiter de mourir très vite », conclut le message.
Ce message livre à la vindicte des réseaux sociaux une jeune femme qui n’est pas l’opératrice s’étant moquée de Naomi Musenga. Il constitue, dans tous les cas, une incitation à la haine, condamnée par la loi. En arrêt maladie le jour du drame, Céline F. n’était pas même présente dans les locaux du SAMU.
Sur le réseau, les insultes s’enchaînent et se comptent par milliers. Le compte Twitter ayant diffusé la fausse information est resté actif jusqu’à dimanche soir — soit quatre jours après la publication du message. Une éternité qui laisse aux noms et aux photos le temps d’être partagées par centaines, et vues par millions. A l’agitation virtuelle des réseaux sociaux succèdent des menaces bien réelles pour la victime et qui vont au-delà du choc émotionnel, déjà violent. D’après une source de la gendarmerie locale suivant de près le dossier, Céline F. n’a pas pu rentrer chez elle le soir de la publication du tweet car « deux individus menaçants étaient postés à la porte de son domicile ».
« Depuis cette histoire, je vis dans le flou »
Depuis, elle a dû déménager en urgence dans une autre région ; menacés, ses deux enfants ont été contraints à la déscolarisation. « Ils n’iront pas à l’école avant septembre », soupire leur mère. La jeune femme, traumatisée par le cataclysme, a décidé de ne plus jamais exercer la profession qui fut la sienne pendant cinq ans. « On fait du quarante appels de l’heure, et quand on arrive à faire deux pauses pipi dans la journée, on est contents. On ne peut plus travailler dans ces conditions. Il y a eu un drame et c’est dommage qu’on doive en arriver là pour être entendus. » Que fera-t-elle, alors, quand son congé pour accident professionnel prendra fin et que le flot des insultes se sera tari ? « Je ne sais pas. Depuis cette histoire, je vis dans le flou. »
Peu après avoir dévoilé l’identité de Céline F., ce même utilisateur de Twitter a diffusé l’identité d’une autre opératrice du SAMU, Sylvie L. Au téléphone, la voix de cette femme — qui n’est pas non plus celle qui a reçu l’appel de Naomi Musenga — est pleine de larmes, s’arrête, se brise.
« Je dors deux heures par nuit, je me réveille en pleurs, je suis au bout du rouleau. J’ai 57 ans, mon mari ne veut pas que je sorte seule — il a peur, lui aussi. Je ne sais pas comment je tiendrai le coup. On ne peut pas sortir indemne de ces calomnies. »
Pourtant, à la différence de Céline F., Sylvie L. n’a pas cessé de travailler : « Continuer ce boulot, c’est la seule chose qui me permette de tenir et de ne pas m’effondrer. »
« On me souhaite de mourir carbonisée dans ma voiture »
Les photos qui accompagnent le tweet dénonçant Sylvie L. sont celles d’une troisième opératrice du SAMU, Emilie L. Elle non plus n’était pas là le jour du drame. Elle non plus n’a rien à voir avec ce qui est arrivé à Naomi Musenga. Mais des milliers de messages, sur Internet, l’accablent. « On me souhaite de mourir carbonisée dans ma voiture, d’être séquestrée et battue à mort, de crever comme un animal », égrène-t-elle. « On me traite de fasciste, on me dit que la haine se lit sur mon visage. » Depuis la publication de ses photos, Emilie L. ne dort plus et vit dans la peur. « J’ai dû prendre des médicaments, je n’avais plus le choix, souffle-t-elle, je suis terrifiée. Je n’ose même plus faire les courses. »
Dimanche 13 mai, alors qu’elle était au restaurant avec son compagnon et sa petite fille de 5 ans, des clients ont sorti leur téléphone portable et l’ont montrée du doigt. Prisonnière en sa propre maison, elle ne sort plus. Le déferlement a eu raison de son amour du métier. « Je n’ai plus envie d’exercer ce boulot, que j’aime tant. J’ai toujours bataillé pour être une fille droite, juste, indépendante, serviable. Tout ça pour être écrasée comme une merde. Tout ça pour une faute que je n’ai pas commise. »
Emilie L., Sylvie L. et Céline F. ont porté plainte auprès de la gendarmerie ; l’auteur des tweets reste pour l’heure non identifié.

        Lire aussi la tribune du médecin urgentiste Christophe Prudhomme :
         

          « Il faut prendre des mesures pour éviter que le drame du SAMU de Strasbourg ne se reproduise »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Le secrétaire général de la CFDT a répondu aux questions du « Monde » sur la poursuite de la grève de cheminots contre la réforme de la SNCF.
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