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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.
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Congé parental : « Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité »

Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h24
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



   


Une meilleure indemnisation du congé parental, la possibilité de le fractionner et de le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant et, surtout, l’obligation pour les pères de prendre un congé de dix jours à la naissance : voilà ce que propose la directive européenne « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Pour le moment, treize pays s’y opposent, parmi lesquels la France, qui a pris la tête de la fronde.
A l’occasion de la quatrième conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO), qui se tenait mardi 14 et mercredi 15 mai à Stockholm (Suède), Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), à Vilnius (Lituanie), défend le principe de cette directive. Pour elle, tout le monde gagnerait à l’appliquer : les femmes, les enfants, les pères mais aussi les Etats eux-mêmes.
Pourquoi est-il important d’avoir une législation prévoyant un congé spécifique pour le père, qu’il ne peut partager avec la mère ?
Virginija Langbakk : Parce que cela force les gens à faire des choix. Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité. Les hommes gagnent en général plus que les femmes, donc ils perdront plus d’argent en restant à la maison. L’équilibrage est rapidement fait au sein de la famille. Et ce sont toujours les femmes qui finissent par se retrouver à la maison avec les enfants. Tandis que si on réserve un congé qui ne peut être pris que par l’homme, la famille doit réfléchir : est-ce qu’elle est prête à renoncer à un congé indemnisé ? C’est plus difficile, je pense, de faire un choix négatif.
Ce congé doit donc être suffisamment indemnisé.
Absolument. C’est essentiel d’avoir une indemnisation suffisamment élevée, pour empêcher les hommes de dire qu’ils gagnent mieux lorsqu’ils travaillent. Il faut un contrepoids. On le voit bien dans les pays où la loi permet aux hommes de prendre un congé parental, mais ne prévoit pas d’indemnité ou des indemnités trop basses : ils ne prennent pas ces congés.
Pourquoi est-ce important de fixer des règles européennes ?
C’est important parce que nous avons des buts communs pour l’Union européenne, un budget, des cibles. On a adopté un socle européen des droits sociaux. Cela en fait partie. Nous avons besoin de bases communes qui obligent les pays membres à agir. Même si c’est un minimum et que certains font déjà plus.
Mais ça coince encore dans de nombreux pays européens.
Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certains pays, l’idée domine que l’homme doit subvenir aux besoins de la famille et que la place de la femme est à la maison. On voit d’ailleurs une progression de ces idées très conservatrices en Europe, ce qui est inquiétant. Pour d’autres, il est biologiquement important pour le bébé que sa mère reste avec lui, les premiers temps. Ce genre d’arguments est souvent utilisé dans des pays qui n’ont pas de structures d’accueil pour la petite enfance. Les mères n’ont d’autre choix que de rester à la maison avec l’enfant.
Certains pays comme la France pensent que cela va coûter trop cher.
Oui, allonger la durée d’un congé paternité ou augmenter le niveau des indemnités entraîne des coûts. Mais les gouvernements qui s’y opposent pour des raisons financières oublient de prendre en compte les gains pour leurs pays sur le long terme. Ils devraient réfléchir à ce que perd la société quand les femmes restent à la maison… Plus elles sont absentes du marché du travail, plus il est difficile pour elles de maintenir leurs qualifications et leurs compétences. Quand les hommes assument leurs responsabilités à la maison, l’activité des femmes croît et contribue à la croissance de l’économie. Alors évidemment, cela prend du temps d’en voir les effets. Mais les coûts seront couverts par les bénéfices.
Quel est l’intérêt pour les hommes ?
Passer du temps avec son enfant, au tout début de sa vie, est très important. Cela forme les relations entre le père et son enfant pour la suite. Aujourd’hui, deux pères européens sur trois passent en moyenne moins d’une heure par jour avec leurs enfants. Ce qui veut dire qu’ils ont tout juste le temps de s’intéresser à leurs besoins physiologiques, mais pas à leur développement moral. Mais ce n’est pas tout : toutes les études montrent que passer du temps avec son enfant réduit le stress, relaxe, améliore la santé. Ce sont des bénéfices dont les Etats devraient se soucier.

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                Congé parental : la lettre ouverte des syndicats à Emmanuel Macron






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Le sous-équipement du Mezzogiorno est dramatique pour l’économie.
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Europe : le fossé Nord-Sud, obstacle au redémarrage de l’Italie

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Le sous-équipement du Mezzogiorno est dramatique pour l’économie.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            
C’est une histoire vieille comme l’Italie, qui semble ne jamais devoir trouver de solution. Celle d’un pays vieux d’à peine un siècle et demi, à l’unité encore inachevée, et qui se trouve coupé en deux morceaux – au moins –, entre un Nord dynamique, connecté aux grandes circulations européennes, et un Sud irrémédiablement arriéré, dont la léthargie, malgré des torrents d’argent public déversés, condamnerait le pays à ne pas tirer tous les fruits de la croissance retrouvée.
Quel serait le meilleur indicateur de ce phénomène ? Le PIB par habitant ? De fait, entre les 41 000 euros par habitant du Haut-Adige (nettement plus que la moyenne d’un pays comme l’Allemagne) et les 16 600 euros par personne en Calabre (comparables à un pays comme la Roumanie), le fossé est abyssal. Et plus inquiétant encore, ces dernières années, à la faveur des politiques de baisse des déficits menées par le gouvernement italien, qui ont réduit les transferts entre le Nord et le Sud, cet écart statistique s’est encore accru.
Mais, au fond, le plus parlant serait peut-être de résumer l’affaire, comme dans les cahiers d’écoliers, à un problème de trains. Soit un voyageur partant de la gare de Naples en direction de l’autre grande métropole du sud italien, Bari (Pouilles), distante d’un peu plus de 250 kilomètres. Il mettra quatre bonnes heures pour rejoindre son but. Qu’une autre personne parte une heure plus tard, depuis la même gare, vers une autre ville de taille comparable, par exemple Bologne, située à près de 600 kilomètres, en direction du Nord. Les deux hommes arrivant à destination au même moment. Qu’en conclure ? Que manifestement, en Italie, même entre métropoles, certains trains vont nettement plus vite que d’autres.
Le taux de chômage dépasse les 25 %
Cette observation ne relèverait que de l’anecdote si Bari était un cas isolé. Mais, en réalité, c’est tout l’inverse. Au sud de Naples, hormis sur un petit tronçon allant jusqu’à Salerne, il n’existe plus de ligne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Après trois programmes d’assistance financière assortis de drastiques mesures d’austérité depuis 2010, la vie quotidienne des Grecs a été bouleversée.
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En Grèce, les huit ans d’austérité qui ont radicalement changé la vie de la famille Pappas

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Après trois programmes d’assistance financière assortis de drastiques mesures d’austérité depuis 2010, la vie quotidienne des Grecs a été bouleversée.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h37
    |

                            Intérim








                        



                                


                            

Toujours bien apprêté, en chemise et pantalon de costume, Kostas continue, à 73 ans, de s’affairer dans sa papeterie du centre d’Athènes, véritable institution dans ce quartier populaire où de nombreux magasins ont fermé avec la crise. Kostas aurait pu prendre sa retraite il y a quelques années déjà, mais « la crise est passée par là, et j’ai décidé de ne pas fermer ma boutique pour aider mes enfants », souligne-t-il.
Depuis huit ans, son chiffre d’affaires s’est effondré de 50 %, et « près de la moitié de [ses] revenus part en impôts ». « Rien que la TVA est passée de 8 % à 24 % en quelques années. Les taxes ont complètement asphyxié les commerçants, qui ont été souvent obligés de mettre la clef sous la porte », note le septuagénaire amer.
Conséquence directe pour Kostas et sa famille : « Dans tous les domaines, nous faisons des économies pour pouvoir payer nos impôts. Nous consommons moins de viande et de poisson, nous n’achetons plus de nouveaux vêtements, nous circulons moins en voiture, nous ne partons plus en vacances… » Selon l’OCDE, en 2017, un salarié grec a dépensé en impôts et en cotisations sociales environ 40 % de son revenu, c’est presque autant que dans les pays scandinaves. 
« Une régression sociale sans précédent »
Pour Kostas, même aller au village familial, près de Delphes, à seulement deux heures d’Athènes en voiture, est devenu compliqué. « Avant, je m’y rendais deux semaines au mois d’août avec toute la famille. Désormais, je ne ferme plus que deux ou trois jours par an le magasin pour y faire un aller-retour… », soupire-t-il. Mais il y a pire pour celui qui a commencé à travailler dès l’adolescence : « Il m’arrive de devoir emprunter de l’argent à des proches pour boucler les fins de mois. Je ne l’avais jamais fait de ma vie… J’ai l’impression d’une régression sociale sans précédent ! »
Sa femme, Olga, 70 ans, n’a pas non plus été épargnée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Entre 2009 et 2016, le pays a dû faire face à une véritable «  fuite des cerveaux  ». Aujourd’hui encore, il peine à relancer sa R&D.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Europe : En Espagne, les chercheurs cherchent encore… la sortie de crise

Série « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Entre 2009 et 2016, le pays a dû faire face à une véritable «  fuite des cerveaux  ». Aujourd’hui encore, il peine à relancer sa R&D.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h39
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            
Les associations de scientifiques ont fait les comptes. Entre 15 000 et 20 000 chercheurs espagnols travailleraient à l’étranger, soit plus de 10 % de ceux qui officient en Espagne. Cette « fuite de cerveaux » a fait couler beaucoup d’encre durant la crise. Au total, la recherche et développement (R&D) a perdu 16 000 emplois. A lui tout seul, le CSIC, l’équivalent espagnol du CNRS, a vu disparaître 1 800 postes. Or, malgré la reprise, non seulement celle-ci ne s’est pas inversée, mais le tableau que brossent les professionnels de la recherche et de l’innovation reste pessimiste.
« Les jeunes scientifiques qui sont partis ne reviendront pas car il n’y a pas de structures pour les accueillir, tranche le président de la Fédération des jeunes chercheurs, Pablo Gimenez, 28 ans, chercheur en biomédecine à l’université Complutense de Madrid, titulaire d’un contrat de quatre ans. La reprise est insignifiante. Non seulement nous manquons de personnel, mais aussi d’argent pour les programmes de recherche et l’équipement. Comment peut-on rivaliser avec les autres pays ainsi ? »
En 2016, l’Espagne n’a consacré que 1,19 % de son PIB à la R&D. Un pourcentage très loin de la moyenne européenne (2,03 %) et inférieur à 2015 (1,22 %) car, malgré l’augmentation des dépenses en R&D, celle-ci a été inférieure à la croissance de l’économie espagnole.
L’investissement en science et innovation a chuté de 9,1 %
« Contrairement à d’autres pays, le gouvernement n’a pas essayé de limiter les effets de la crise sur la science, assure Juan José Gomez, président de la fondation pour l’innovation Cotec. Et à présent la reprise est trop lente et limitée. » Alors que l’investissement en science et innovation a augmenté de 27,4 % entre 2009 et 2016 en Europe, en Espagne, il a chuté de 9,1 %.
Le sujet est d’autant plus sensible que d’énormes efforts avaient été faits, avant la crise, pour rattraper un retard historique. Entre 2000 et 2009,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ « 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Les « PIGS » ont renoué avec la croissance. Le Portugal et l’Espagne s’en tirent le mieux. L’Italie, en raison du gouvernement qui se dessine, et la Grèce inquiètent.
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Dix ans après la crise, l’horizon se dégage en Europe pour les pays du Sud

« 2008-2018, une décennie perdue » (2/5). Les « PIGS » ont renoué avec la croissance. Le Portugal et l’Espagne s’en tirent le mieux. L’Italie, en raison du gouvernement qui se dessine, et la Grèce inquiètent.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h40
    |

                            Marina Rafenberg (Athènes, intérim), 
Sandrine Morel (Madrid, correspondance) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

En ce mois de mai, tandis que les soirées s’allongent, des hordes de jeunes Espagnols prennent d’assaut les bistrots branchés des rues madrilènes. Le trafic automobile, qui avait brutalement chuté pendant la récession, congestionne de nouveau les artères du centre. Partout dans la capitale, le vent de la reprise est perceptible. Aux tables, entre amis et voisins, on se raconte les mêmes histoires. Celle d’une architecte qui, après cinq ans de chômage, a trouvé un emploi administratif dans un cabinet, pas trop mal payé. Celle d’un trentenaire qui, après des dizaines de contrats courts, se réjouit de conserver le même poste de manutentionnaire depuis deux ans, malgré un salaire de 1 000 euros mensuels. Celle d’un patron de PME dans la construction qui, après avoir vendu sa maison de campagne et ses voitures pour nourrir sa famille, voit de nouveau les commandes affluer grâce à la reprise du secteur. Dix ans après le début de la crise, les Espagnols, comme les Portugais et les Italiens, expriment leur soulagement d’avoir échappé au pire. Mais aussi, le sentiment amer d’un déclassement.
En 2008, au moment où la crise traversait l’Atlantique pour frapper l’Europe, l’un de ses acronymes dont raffolent les investisseurs fit son apparition dans la presse anglo-saxonne : PIGS, soit porcs en anglais. Quatre lettres désignant le Portugal, l’Italie (ou parfois l’Irlande), la Grèce et l’Espagne (Spain en anglais). Façon de jeter dans le même sac des pays jugés trop dépensiers par le Nord de l’Europe. Un terme si humiliant que certaines banques le bannirent des notes envoyées à leurs clients au début de la crise des dettes, en 2010. Aujourd’hui, la plupart l’ont remplacé par la formule « pays périphériques de la zone euro », plus politiquement correcte. Mais qui instaure toujours une ligne de démarcation au sein même de l’union monétaire. Comment en est-on arrivé-là ?
En 1999, au moment de l’introduction de l’euro, les dirigeants européens partageaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Les deux formations engagées dans des discussions pour former un gouvernement réclament un geste de la Banque centrale européenne sur la dette du pays.
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Dette italienne : les revendications incohérentes de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles

Les deux formations engagées dans des discussions pour former un gouvernement réclament un geste de la Banque centrale européenne sur la dette du pays.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 13h19
    |

            Marie Charrel








                        



   


La Banque centrale européenne (BCE) peut-elle, d’un coup de plume, effacer 250 milliards d’euros de la dette publique italienne qu’elle détient ? L’idée peut, à première vue, paraître séduisante et simple. Elle est prônée par le Mouvement 5 étoiles et la Ligue de Matteo Salvini (droite souverainiste) dans la version provisoire du contrat de gouvernement dévoilée mardi 15 mai par le Huffington Post Italia, et démentie presque aussitôt par la Ligue.
Inacceptable politiquement pour les autres Etats membres, elle n’est de fait pas réaliste, car elle serait illégale au regard des traités européens comme de l’indépendance de la BCE, gravée dans son statut, et garantissant sa crédibilité. Celle-ci est le pilier permettant à l’euro d’exister : sans cela, les investisseurs fuiraient la monnaie unique, qui serait condamnée.

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                Italie : la presse publie une version du « contrat » entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles



Pour rappel, la BCE détient aujourd’hui l’équivalent de 368 milliards d’euros d’obligations souveraines italiennes (rachetées essentiellement dans le cadre de son programme de soutien à la croissance, le « quantitative easing », ou QE), soit l’équivalent de 16 % du total de la dette publique italienne. Le reste est détenu pour l’essentiel par les banques italiennes et des investisseurs étrangers.
Des projets qui alimentent déjà la tension des marchés
Mercredi 16 mai, le porte-parole de la Ligue chargé des questions économiques est intervenu pour assurer que le projet de son parti n’est pas de demander à la BCE d’effacer 250 milliards d’euros de dette italienne, mais d’obtenir que la dette rachetée dans le cadre du QE ne soit pas prise en compte dans le calcul du respect des règles du Pacte de stabilité. A savoir, celles imposant la limite de 3 % du produit intérieur brut (PIB) pour le déficit public, et de 60 % du PIB pour la dette publique.
Là aussi, cette proposition ne fait guère de sens. Et pas seulement parce que la Commission européenne (c’est elle qui vérifie que le pacte de stabilité est appliqué) ne la jugerait pas conforme aux traités. La dette publique de l’Italie dépasse aujourd’hui les 130 % du PIB : même en excluant les obligations détenues par la BCE, elle dépasserait toujours 100 % du PIB, loin de la barre des 60 %. En outre, une telle manipulation n’aurait, en vérité, qu’un intérêt limité. Les marchés ne seraient pas dupes.

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                L’économie italienne voit enfin le bout du tunnel



Surtout cela risquerait de faire flamber les taux auxquels emprunte l’Italie, lesquels sont aujourd’hui contenus à un faible niveau grâce à l’effet du QE de la BCE. D’ailleurs de nouvelles tensions apparaissent. En effet, les projets des deux formations alimentent déjà la tension des marchés. Les taux à dix ans italiens étaient, mercredi au matin, à 1,95 %, contre 1,87 % la veille. Si les investisseurs étrangers venaient à douter de la capacité du futur gouvernement italien à honorer sa dette, ou à maîtriser ses finances publiques, ils pourraient chercher à se débarrasser des obligations italiennes qu’ils détiennent – ce qui ferait grimper les taux d’emprunts du pays, voire, lancerait la spéculation contre la péninsule, comme en 2012, au plus fort de la crise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Invoquant le harcèlement gouvernemental à son encontre, l’ONG de George Soros va déménager à Berlin.
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Pour Bruxelles, le départ de la société de Soros est le symbole du recul des libertés en Hongrie

Invoquant le harcèlement gouvernemental à son encontre, l’ONG de George Soros va déménager à Berlin.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h05
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Déplorant « les méthodes sans précédent dans l’Union européenne » utilisées à son encontre, l’ONG Open Society Foundations (OSF) a annoncé qu’elle allait quitter son berceau hongrois. C’est ce qu’a déclaré son président, Patrick Gaspard, mardi 15 mai, en dénonçant « la politique de répression croissante » orchestrée à l’encontre de ses employés par le gouvernement du souverainiste Viktor Orban.
OSF a été fondée en 1984 par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, notamment pour promouvoir la démocratie et les valeurs libérales sous le régime communiste. Elle compte déménager à Berlin, ville depuis laquelle elle espère pouvoir continuer à soutenir les sociétés civiles d’Europe centrale et orientale.
Même accompagnée d’une telle promesse, la perspective d’un exil allemand ressemble à une page qui se tourne : M. Soros semble prendre acte de son incapacité à protéger sa centaine de salariés face au harcèlement de l’exécutif hongrois. Depuis 2016, le parti Fidesz de Viktor Orban mène une campagne diffamatoire à l’égard de l’octogénaire et de ses activités philanthropiques, qu’il accuse, à travers des théories complotistes aux relents antisémites, d’encourager la migration massive de populations extraeuropéennes vers le Vieux Continent. Le Parlement doit d’ailleurs se pencher en juin sur un nouveau texte de loi permettant, selon Patrick Gaspard, d’empêcher le travail de représentation et de conseil des ONG auprès des demandeurs d’asile et des réfugiés.

Selon Balazs Hidvégi, le directeur de la communication du Fidesz, le départ « de façade » d’OSF s’apparenterait plutôt à une « fuite face à la transparence », destinée à éviter que les citoyens hongrois ne découvrent ses sources de financement.
Symbole du recul des libertés
Bruxelles semble toutefois l’interpréter comme le symbole le plus spectaculaire, ces derniers mois, du recul des libertés observé en Hongrie....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A un mois du Mondial, Mesut Özil et Ilkay Gündogan ont posé avec le chef d’Etat turc.
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Deux footballeurs allemands font scandale en faisant d’Erdogan « leur » président

A un mois du Mondial, Mesut Özil et Ilkay Gündogan ont posé avec le chef d’Etat turc.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h45
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

A six semaines des élections présidentielle et législatives du 24 juin en Turquie, le président turc, Recep Tayipp Erdogan, ne pouvait rêver meilleure publicité. A un mois de la Coupe du monde de football, qui aura lieu en Russie du 14 juin au 15 juillet, l’équipe d’Allemagne se serait en revanche bien passé d’une telle polémique. En cause : une série de photos où l’on voit deux joueurs internationaux allemands d’origine turque, Mesut Özil et Ilkay Gündogan, poser aux côtés de M. Erdogan et lui offrir des maillots de leurs équipes respectives, Arsenal pour le premier, Manchester City pour le second. Sur celui de M. Gündogan figure en outre une dédicace, écrite en turc : « Pour mon président, avec respect ».

Prises dans un hôtel de Londres, dimanche 13 mai, ces photos ont été rapidement diffusées sur les réseaux sociaux par le Parti de la justice et du développement (AKP), le mouvement islamo-conservateur de M. Erdogan. En Allemagne, elles ont provoqué une avalanche de réactions et ont été condamnées par l’ensemble des partis politiques. « Nous souhaitons que nos concitoyens d’origine turque qui vivent ici considèrent la République fédérale comme leur pays. Et voilà que deux personnalités éminentes se reconnaissent dans un autre Etat. Cela n’est pas acceptable », a commenté Eberhard Gienger, chargé des questions sportives au sein de l’Union chrétienne-démocrate d’Angela Merkel. De son côté, le Parti social-démocrate a condamné cet « hommage rendu à un dirigeant politique qui foule aux pieds la liberté de la presse et les droits de l’homme ».
Même des dirigeants politiques qui ne sont d’habitude d’accord sur rien ont, cette fois, réagi à l’unisson. « Le président d’un joueur de l’équipe nationale allemande s’appelle Frank-Walter Steinmeier et non Recep Tayipp Erdogan. Il est très gênant et même honteux de voir des footballeurs qui gagnent des millions se laisser ainsi utiliser pour la campagne électorale d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les parlementaires régionaux ont voté à 93 voix contre 30 une motion qui refuse d’accorder leur « consentement » à un projet de loi organisant la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
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Le Parlement écossais rejette un projet de loi britannique sur le Brexit

Les parlementaires régionaux ont voté à 93 voix contre 30 une motion qui refuse d’accorder leur « consentement » à un projet de loi organisant la sortie du Royaume-Uni de l’UE.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 06h21
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 07h47
   





                        


Le Parlement écossais a rejeté, mardi 15 mai, un projet de loi britannique organisant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), une première qui pourrait déboucher sur une crise constitutionnelle.
Les parlementaires régionaux ont voté à 93 voix contre 30 une motion qui refuse d’accorder leur « consentement » à ce projet de loi de l’exécutif britannique conduit par la conservatrice Theresa May et déjà l’objet de divisions importantes au sein du Parlement de Westminster à Londres.
Le Parti national écossais (SNP, au pouvoir) s’est allié avec le Parti travailliste, les Libéraux-démocrates et les Verts face au Parti conservateur.
« Territoire constitutionnel inexploré »
La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, à la tête du SNP, a estimé que le Royaume-Uni se dirigeait désormais vers un « territoire constitutionnel inexploré ».
Son gouvernement avait appelé le parlement régional d’Edimbourg à marquer son désaccord avec ce projet de loi, qui doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen. Il met fin à la suprématie du droit européen sur le droit national britannique et organise la transposition des réglementations européennes.
Theresa May ne devra pas nécessairement amender son texte à la suite de l’objection de l’Ecosse, une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Mais des experts estiment qu’une confrontation directe entre Londres et Edimbourg pourrait pousser l’Ecosse un peu plus vers l’indépendance.

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                La majorité de Theresa May toujours plus déchirée sur les modalités du Brexit



La pierre d’achoppement réside dans la question de savoir qui, après le Brexit, en mars 2019, héritera des compétences actuellement détenues par Bruxelles, notamment en matière de pêche et d’agriculture.
L’Ecosse souhaite récupérer ces compétences tandis que le gouvernement de Theresa May veut que tous les pouvoirs rapatriés de l’UE soient dévolus à Londres afin d’éviter que les nations constitutives du pays n’adoptent des règles différentes, qui pourraient désorganiser le commerce intérieur britannique.
« Coup de force »
Londres a reproché aux récalcitrants écossais de « chercher la petite bête » et insisté sur le fait qu’il essayait de protéger l’intégrité économique du pays en construisant un cadre commun après le Brexit.
Des responsables écossais ont, eux, accusé Theresa May de tenter le « coup de force ». « Le gouvernement britannique ne peut ignorer la réalité de la dévolution ou essayer de noyer ce que ce parlement dit », a dit Michael Russell, le ministre écossais chargé des négociations sur le Brexit. « Ils ne peuvent prétendre qu’aucune motion n’a été adoptée », a-t-il ajouté. « Ce serait le Royaume-Uni qui briserait la confiance et les règles, pas nous. »
M. Russell a invité le ministre d’Etat britannique David Lidington à se rendre en Ecosse pour des discussions interpartites afin de tenter de surmonter l’impasse.
L’Ecosse s’est prononcée à 55 % contre l’indépendance lors d’un référendum en 2014, mais Nicola Sturgeon estime pouvoir organiser un deuxième scrutin, l’Ecosse ayant voté contre le Brexit à 62 % en 2016. « Je ne suis pas sûre que la question de l’indépendance soit obsolète tant qu’elle n’est pas réalisée », avait estimé Mme Sturgeon lundi, lors d’un débat organisé par Thomson Reuters.



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
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Mariage royal à Windsor : « Ah la belle famille ! »

A quelques jours du mariage du prince Harry et de l’actrice Meghan Markle, les tabloïds britanniques se délectent des dissensions au sein de la famille recomposée de la future princesse.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 05h35
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 10h48
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            LETTRE DE LONDRES
« Je lis Le Monde ou Closer ?  », « Jusqu’où va tomber votre journal ? » A chaque recension des faits et gestes de la famille royale britannique, des lecteurs du Monde s’indignent de ce que leur quotidien de référence s’abaisse à de pareilles futilités. La monarchie d’outre-Manche a la vertu fascinante de réveiller le sentiment républicain des Français et leur condescendance à l’égard de mœurs dignes de l’Ancien Régime. Mais la famille Windsor a une autre faculté : passionner en réalité des lecteurs qui prétendent publiquement s’en moquer comme de leur première chemise. Après tout, personne ne vous a contraint à lire cet article. Sarcasmes d’un côté, « tête de liste » des sujets les plus lus de l’autre. Ainsi oscillent les citoyens dès qu’il s’agit de Buckingham. Quel Français peut jurer ne s’être jamais jeté sur les dernières photos et potins de « The Firm » (le surnom de la famille royale pour les Britanniques) ?

Donc, le prince Harry, 33 ans, fils de Charles et de feu Diana, épousera samedi 19 mai à Windsor Meghan Markle, 36 ans, une actrice américaine divorcée et issue d’un couple mixte. Tout allait bien jusqu’à présent : la promise concentre plusieurs caractéristiques parfaitement adaptées au renouvellement du marketing royal. Bien accueillie à Brixton, quartier antillais de Londres grâce à sa mère noire, apte à susciter l’identification à la famille royale de nouvelles couches de la population, la nouvelle venue est censée personnifier l’ouverture d’esprit des Windsor et, comme actrice, composer à merveille le rôle d’ambassadrice de charme d’un pays fracturé par le Brexit et dont la reine vient de fêter ses 92 printemps.
Débraillé et hirsute
Mais voilà. Meghan est une roturière et elle a un père. Thomas Markle, 73 ans, éclairagiste de studio à la retraite, est visiblement moins bien équipé que sa fille pour supporter l’éclat des projecteurs. Lundi, à cinq jours du mariage, il a déclaré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les négociations entre les deux formations qui ont remporté les législatives le 4 mars piétinent. Le document évoque une sortie de l’euro.
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Italie : la presse publie une version du « contrat » entre la Ligue et le Mouvement 5 étoiles

Les négociations entre les deux formations qui ont remporté les législatives le 4 mars piétinent. Le document évoque une sortie de l’euro.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 04h15
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 07h37
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        


Le dirigeant du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, a beau s’obstiner à parler de « contrat à l’allemande » pour définir l’accord qu’il essaie de construire entre son mouvement antisystème et la Ligue de Matteo Salvini (droite souverainiste), il est peu probable pour autant qu’on soit sensible, de Berlin à Francfort, à cette politesse.
En publiant, dans la soirée du mardi 15 mai, le fac-similé d’un « contrat pour un gouvernement de changement » de 39 pages, daté du 14 mai à 9 h 30, liant les deux formations, alors même que les négociations semblent piétiner, achoppant notamment sur le choix du premier ministre, le Huffpost italien a immédiatement semé le trouble. Quelques minutes après la mise en ligne, alors que les sites des principaux journaux relayaient déjà ce scoop, un communiqué conjoint des deux intéressés, assurant que le document est bien authentique mais qu’il s’agit « d’une vieille version » est envoyé afin de tenter de circonscrire l’incendie.
Dans cette déclaration, la Ligue et les Cinq M5S assurent, notamment, qu’ils ont finalement renoncé à mettre en place un dispositif permettant de sortir de l’euro, contrairement à ce qui figure noir sur blanc dans le texte diffusé par le Huffpost.

        Lire :
         

          En Italie, le Mouvement 5 étoiles et la Ligue prolongent leurs négociations



Désinvolture
Plus tard dans la soirée, Luigi Di Maio assurait que « le texte évolue si vite qu’[il] a renoncé à suivre les changements. » Un démenti qui n’a pas rassuré grand monde, tant il semble témoigner de la désinvolture et de l’impréparation des deux grands vainqueurs des élections du 4 mars.
Dans le détail, outre l’éventuelle sortie de l’euro, qui donc « n’est pas en discussion », figurent d’autres mesures sur lesquelles les deux partis seraient tombés d’accord. En premier lieu l’abandon des sanctions contre la Russie, qui est tout sauf une surprise, étant donné que ces mesures étaient dénoncées avec la même virulence par les deux formations depuis 2014, et la demande d’une « renégociation des traités européens », qui figurait en bonne place dans les programmes des deux formations.
Plus inattendue, en revanche, est l’idée, apparue en page 38 du document, de demander au président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, l’annulation pure et simple de 250 milliards d’euros de dette italienne détenues par l’institution. Une solution qui a le mérite de la simplicité, mais risque d’être jugée fantaisiste, voire franchement lunaire, par les partenaires européens de l’Italie.
« L’Italie ne mérite pas ça »
Tout aussi inquiétante est l’idée, formalisée page 4, de créer un « comité de conciliation » parallèle au gouvernement, chargé de veiller au bon fonctionnement de l’alliance. Un comité sans existence légale, qui serait pourtant saisi dès que l’actualité l’exige, au risque de court-circuiter le gouvernement lui-même, bouleversant ainsi le fonctionnement des institutions.
Réagissant sur Twitter aux révélations du Huffpost, le secrétaire par intérim du parti démocrate, Maurizio Martina, a jugé ce texte « inquiétant », accusant la Ligue et les Cinq M5S de « jouer avec la crédibilité du pays », et concluant « l’Italie ne mérite pas ça ». Plus lapidaire encore, l’encore ministre du développement économique Carlo Calenda a affirmé que ce texte constitue « la plus énorme accumulation d’absurdités économiques jamais écrites de mémoire d’homme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La Belgique dénonce les propos de la représentante israélienne dans le royaume, qui a affirmé mardi que « 50 terroristes ont été tués » dans les manifestations palestiniennes.
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Dérapage verbal de l’ambassadrice d’Israël en Belgique à propos des « terroristes » de la bande de Gaza

La Belgique dénonce les propos de la représentante israélienne dans le royaume, qui a affirmé mardi que « 50 terroristes ont été tués » dans les manifestations palestiniennes.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h38
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 00h49
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)








                        



   


Didier Reynders, le ministre belge des affaires étrangères, a convoqué, mardi 15 mai, l’ambassadrice d’Israël en Belgique à la suite des propos qu’elle a tenus le matin sur la radio publique La Première. Interrogée sur les victimes de la répression israélienne à Gaza, Simona Frankel, a déclaré :
« Je regrette beaucoup, pour chaque humain décédé, même si ce sont des terroristes. Cinquante-cinq terroristes qui viennent près de la barrière pour essayer de passer sur le territoire israélien. »
« On peut entendre beaucoup de choses, mais il y a des limites, a déclaré M. Reynders. Dire que toutes les personnes qui ont été tuées étaient des terroristes, cela dépasse l’entendement », a-t-il ajouté, avant de rappeler que plusieurs enfants ont perdu la vie, lundi 14 mai, dans les heurts avec les forces israéliennes. « Il y a une confusion des genres qui va trop loin », a insisté le chef de la diplomatie belge, sans exonérer le Hamas qui, selon lui, a été « totalement inconscient » en poussant des manifestants vers la frontière.
Un usage disproportionné de la force
Le ministre a, par ailleurs, répété sa dénonciation de l’usage disproportionné de la force par l’armée israélienne, formule que l’ambassadrice avait affirmé ne pas comprendre. « L’idée de la proportionnalité est claire : il n’y a eu aucun blessé du côté d’Israël », a répondu M. Reynders.
Le ministre entendait dès lors faire part à Mme Frankel de sa réprobation et du « nécessaire respect par l’Etat d’Israël de ses engagements internationaux, que ce soit en matière d’emploi de la force publique ou encore de respect du droit de manifestation ».
Le premier ministre, Charles Michel, qui devait rencontrer dans la soirée de mardi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a indiqué qu’il réclamerait l’ouverture d’une enquête internationale sur les événements de Gaza. « Il ne peut pas y avoir d’impunité, il y a des règles en droit international », a commenté le chef du gouvernement, indiquant qu’il était, lui aussi, « choqué » par les propos de l’ambassadrice israélienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.
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Paris améliore son offre pour remplacer les avions de combat de l’armée belge

Le gouvernement français a relancé, mardi, son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour remplacer ses avions de combat par des Rafale.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h27
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le gouvernement français relance son offre de « partenariat élargi » à la Belgique pour le renouvellement de ses avions de combat, soit un marché de 34 appareils, estimé à ce stade à quelque 3,6 milliards d’euros. Une délégation du cabinet de Florence Parly, la ministre française des armées, a précisé, détaillé et amplifié, mardi 15 mai, son offre à la défense belge pour le remplacement de ses actuels F-16 américains.
Deux agences gouvernementales, celle des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui représentent respectivement Lockheed Martin (pour le F-35) et le consortium Eurofighter (pour le Typhoon), ont déposé une offre en février. Le gouvernement français avait, lui, choisi une autre voie, celle d’un projet à multiples facettes s’écartant du cahier des charges et de la grille d’évaluation fixés initialement par le gouvernement belge. Il s’articule autour du Groupement d’intérêt économique (GIE) Rafale – Dassault Aviation avec Thales et Safran avec une offre d’acquisition du Rafale, désormais assortie de divers compléments.
Paris a insisté, mardi, sur « la dimension politique » de son plan. Divers projets d’association sont proposés à Bruxelles. Pour de futures opérations, l’entraînement des pilotes, la mise en commun de diverses capacités, la mutualisation de simulateurs ou pièces de rechange, etc. La défense belge se voit également offrir l’option d’un partage de la capacité aéronavale de la France, et donc la possibilité d’opérer aussi à partir de porte-avions à l’avenir. La Belgique verrait aussi son accès à l’espace aérien français élargi, pour des exercices et des missions d’entraînement.

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                Le Rafale, source de tensions au sein du gouvernement belge



« Aucun chantage à la clé »
Le projet souligne la nécessité d’une prise en compte du développement de l’Europe de la défense, dans le cadre notamment du système de combat aérien du futur, un projet franco-allemand, placé sous le leadership de Paris mais qui pourrait être élargi à la Belgique.
Dans le domaine clé des retombées industrielles, le consortium Eurofighter chiffre son offre à quelque 19 milliards d’euros et 6 000 postes de travail. Lockheed Martin est plus évasif mais insiste sur sa longue expérience en Belgique. La France fait de même et projette différents investissements dans les trois régions du royaume, en rappelant que la coopération industrielle dans le domaine aéronautique entre les deux pays dégage actuellement un chiffre d’affaires annuel de 800 millions d’euros.
« Un montant qui pourrait être augmenté », a-t-il été précisé à la partie belge. Et réduit si le gouvernement de Charles Michel ne choisissait pas le Rafale ? « Il n’y a aucun chantage à la clé, mais dans l’industrie un chiffre d’affaires n’est jamais garanti », souligne un expert.
« Heureuse » d’avoir pu présenter officiellement son projet, la délégation française attend désormais la décision belge. Censée tomber en juillet, celle-ci sera plus que vraisemblablement retardée, compte tenu notamment de divisions au sein de la coalition du libéral francophone Charles Michel et d’une polémique impliquant le ministre de la défense, le nationaliste flamand Steven Vandeput.

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                Rafale : la France change de tactique en Belgique



Certains de ses rivaux affirment qu’il aurait volontairement négligé, pour favoriser le choix rapide du F-35, un rapport indiquant que la durée de vie des appareils actuels de l’armée pouvait être prolongée. Le ministre, appuyé par un audit officiel, nie avoir été informé de l’existence d’une telle étude.
Manifestement hostile à la procédure « parallèle » choisie par Paris et réputé favorable au choix de l’appareil américain, M. Vandeput ne semble plus en mesure, aujourd’hui, de faire pencher seul la balance. D’autant qu’au sein de la coalition et du parti du premier ministre, des voix se font entendre pour que la décision finale ne tombe qu’après un examen en profondeur des différents projets. Et d’une prise en compte de la dimension européenne du choix qui sera opéré, quitte à déplaire à l’administration américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.
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L’opposant russe Alexeï Navalny condamné à trente jours de détention

La justice russe l’a reconnu coupable d’avoir organisé le 5 mai une manifestation non autorisée, deux jours avant l’investiture de Vladimir Poutine.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h09
   





                        



   


Une semaine après le début du quatrième mandat de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, son principal opposant se prépare à retourner en prison. Alexeï Navalny a été condamné mardi 15 mai à trente jours de détention pour avoir organisé une manifestation deux jours avant l’investiture de l’homme fort du Kremlin.
Après environ cinq heures d’audience, le juge Dmitri Gordeïev a reconnu M. Navalny « coupable en vertu de l’article 20.2 » sur l’organisation de manifestations non autorisées. L’opposant doit aussi être jugé mardi pour avoir « désobéi aux forces de l’ordre ». Il pourrait ne pas être incarcéré dès mardi en fonction d’un éventuel appel.
Habitué des tribunaux
Coutumier des procès, Alexeï Navalny, 41 ans, a multiplié ces derniers mois les manifestations pour faire pression sur le Kremlin, après avoir été déclaré inéligible à l’élection présidentielle du 18 mars, remportée sans surprise par Vladimir Poutine.
Ces rassemblements ont attiré notamment de nombreuses jeunes personnes, qui partagent abondamment sur les réseaux sociaux ses enquêtes sur la corruption des élites. Sous le slogan « Pas notre tsar », l’opposant avait appelé le 5 mai ses partisans à sortir dans les rues. Des milliers de personnes avaient alors manifesté dans de nombreuses villes du pays.

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Alexeï Navalny avait lui-même été interpellé à Moscou lors d’une manifestation émaillée de heurts entre ses partisans et des personnes en treillis qui scandaient des slogans pro-Kremlin. La police avait dispersé le rassemblement en employant la force.
En octobre, l’opposant avait déjà été condamné à vingt jours de détention pour appels à des manifestations non autorisées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le président russe a pris le volant d’un camion orange pour traverser l’ouvrage de dix-neuf kilomètres, construit en à peine trois ans. Un pont que l’Union européenne considère comme une violation de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.
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« Le cinéma, qui représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, doit réussir sa mutation numérique »

Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h20
    |

Mariya Gabriel (Commissaire européen à l’économie et à la société numérique) et Françoise Nyssen (Ministre de la culture)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis soixante-douze ans, le Festival de Cannes célèbre la création cinématographique dans sa diversité, et contribue ardemment à en assurer la promotion, en promontoire mondial des œuvres cinématographiques d’exception. Imaginé par Jean Zay face à la montée d’un totalitarisme qui entendait mettre la création sous sa coupe, ancré sur une politique culturelle ouverte et sur un partenariat transatlantique au centre de ce que Jean Zay qualifiait déjà de « monde libre », le festival porte aussi, depuis son origine, un projet politique : consacrer la liberté et l’indépendance de la création artistique.
Partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger
Cette dimension politique résonne plus que jamais, aujourd’hui, à l’heure où notre monde fait face à des bouleversements technologiques, sociétaux et géopolitiques profonds. Ces transformations sont une chance : jamais sans doute les opportunités n’auront été aussi grandes pour les citoyens, les entreprises et les artistes. Mais elles constituent aussi de véritables défis pour nos sociétés, parce qu’elles nourrissent des peurs qui favorisent la montée des extrêmes et du nationalisme.
Le cinéma est naturellement au cœur de ces enjeux. D’abord parce qu’il représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, et qu’il doit réussir sa mutation numérique. Ensuite parce que le cinéma n’est pas un secteur comme un autre : il est présent au cœur de nos vies, il nous fédère, en révélant l’universalité d’histoires singulières, il est un ciment pour nos sociétés, en même temps qu’il nous alerte et nous éclaire. Enfin, parce que le cinéma est la pierre de touche de nos sociétés démocratiques : la liberté d’expression est la mère de toutes les libertés, partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger.
Trois chantiers cruciaux
Fort de ces constats, l’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Des diplomates européens étaient présents, lundi 14 mai, à l’inauguration de l’ambassade américaine dans la Ville sainte.
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L’UE désunie sur la reconnaissance de Jérusalem

Des diplomates européens étaient présents, lundi 14 mai, à l’inauguration de l’ambassade américaine dans la Ville sainte.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h28
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Agir « avec la plus grande retenue » : c’est le même appel qui a été lancé, lundi 14 mai, dans la plupart des capitales européennes après la répression sanglante des manifestations dans la bande de Gaza. Après Emmanuel Macron, qui a réaffirmé « la désapprobation de la France à l’encontre de la décision américaine d’ouvrir une ambassade à Jérusalem » et « condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants », la Grande-Bretagne exprimait son « inquiétude » et faisait savoir qu’elle désapprouvait toujours l’initiative des Etats-Unis. En Irlande, le ministre des affaires étrangères, Simon Coveney, estimait que ce déménagement avait « enflammé une situation déjà très tendue ».
A Bruxelles, la haute représentante de l’UE pour la diplomatie, Federica Mogherini, demandait « à toutes les parties d’agir avec la plus grande retenue afin d’éviter des pertes de vies humaines supplémentaires ». « En ce moment, nous aurions besoin de sagesse et de courage pour retourner à des négociations en vue d’une solution politique, dans l’intérêt mutuel des Israéliens, des Palestiniens et de toute la région », ajoutait Mme Mogherini.

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                Jérusalem fête son ambassade américaine, Gaza pleure ses morts



Celle-ci avait, au début de son mandat européen, fait d’un plan de paix avec une solution à deux Etats son principal objectif. Lundi, elle estimait encore que c’était le seul moyen pour les deux parties de « réaliser leurs aspirations et faire cesser le conflit », et répétait la volonté de l’Union à travailler « avec les deux parties et ses partenaires au sein de la communauté internationale ».
Inquiétudes
Le texte ne mentionnait pas le rôle des Etats-Unis dans la crise actuelle, soulignant seulement que l’UE continuerait, elle, à respecter la résolution de l’ONU sur le statut de Jérusalem et la « localisation des représentations diplomatiques ». Le ministre luxembourgeois des affaires étrangères, Jean Asselborn, était un peu plus explicite en soulignant sur Twitter que Washington – qui a par ailleurs bloqué lundi l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une enquête indépendante sur les événements à Gaza – avait enfreint cette résolution.

L’ouverture de l'ambassade des États-Unis à #Jérusalem est le résultat d’une décision unilatérale qui n’est pas conforme aux résolutions des Nations Unies. L’Union européenne doit s’investir davantage pour la solution à deux États – Jean #Asselborn pic.twitter.com/ZocQTzPrJU— MFA Luxembourg 🇱🇺 (@MFA_Lu) 14 mai 2018


Comme dans bien d’autres domaines, l’Europe n’était toutefois pas unanime, comme l’a illustré la présence, lors de l’inauguration de la nouvelle ambassade américaine à Jérusalem, de diplomates de certains pays membres de l’Union. Trois d’entre eux, la Roumanie, la Hongrie et la République tchèque, s’étaient opposés à la publication d’un communiqué commun condamnant le transfert de l’ambassade américaine.
En avril déjà, alors que l’UE s’efforçait de relancer un éventuel processus de paix et s’inquiétait des conséquences de la décision de l’administration Trump, certaines capitales évoquaient l’hypothèse d’un transfert de leurs propres services diplomatiques vers Jérusalem. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, était venu plaider à Bruxelles, en février, pour une telle décision qui, affirmait-il, rendrait la paix « possible ».
Mme Mogherini parlait plutôt d’un projet qui ne ferait qu’encourager l’extrémisme dans les deux camps. Outre plusieurs pays de l’Est, Chypre, la Grèce et la Lituanie ont semblé contester ce point de vue, mais sans émettre officiellement une opinion divergente.

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                Pourquoi le Guatemala est-il le deuxième pays à transférer son ambassade à Jérusalem ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.
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Poutine a inauguré le plus grand pont d’Europe, reliant la Crimée annexée à la Russie

Moscou a consacré trois milliards de dollars à la mégastructure, qui répond à des besoins tant pratiques que géopolitiques.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 06h35
    |

                            Arthur Carpentier








                        



   


En jean et blouson, Vladimir Poutine a desserré le frein à main du camion orange et commencé à rouler, mardi 15 mai, sur le pont tout neuf qui relie la péninsule de Taman, dans le sud de la Russie, à la péninsule ukrainienne de Kertch, en Crimée, annexée par Moscou en mars 2014. Le président russe a ainsi inauguré l’ouvrage d’art de 19 kilomètres – le plus long d’Europe –, à haute valeur stratégique pour Moscou. Les voitures et autobus devraient y circuler dès le 16 mai, selon le Kremlin, tandis que les trains devront attendre fin 2019.
Le pont est sorti de l’eau en un temps record – à peine plus de trois ans – pour répondre à des besoins tant pratiques que géopolitiques. La presqu’île, bordée par les mers Noire et d’Azov, n’est reliée à l’Ukraine que par quelques étroits bras de terre. « Depuis 2016, un décret du gouvernement ukrainien interdit tout commerce avec la Crimée occupée, rappelle Tetyana Ogarkova, coordinatrice internationale de l’Ukraine Crisis Media Center (UCMC), un groupe d’observateurs ukrainiens. Aucun train ne dessert la péninsule, que l’Ukraine a également cessé d’alimenter en électricité. Seules les voitures peuvent traverser la frontière, artificielle. » 
Défi d’ingénierie
Les postes-frontières – illégitimes au regard du droit international – sont des goulots d’étranglement, qui ralentissent considérablement le passage vers le reste du monde. Autant dire que la péninsule était jusqu’à aujourd’hui une île. Ses deux millions d’habitants subsistent, pour le transport des biens comme des personnes, grâce à des liaisons maritimes et aériennes. Un lien cher et dépendant des conditions climatiques, qui attise l’inflation voire les pénuries.

   


Dix mille ouvriers, selon les médias russes, se sont relayés pour construire le pont, censé être emprunté par 40 000 voitures et une cinquantaine de trains chaque jour. En réalité, ce sont deux ponts distincts, l’un accueillant une autoroute de 2 x 2 voies, gratuite, l’autre deux voies de chemin de fer. Mais lors d’une visite en mars, quelques jours avant sa réélection à la présidence, M. Poutine avait exigé que le pont soit prêt dès mai, « pour que les gens puissent en profiter pendant la saison estivale ». Faire revenir les touristes dans la péninsule est un enjeu de taille pour le Kremlin.
La mégastructure, qui traverse l’île de Touzla, représentait un véritable défi d’ingénierie. L’activité sismique n’est pas négligeable aux abords du détroit de Kertch. Il abrite également, par le fond, des reliques archéologiques et des mines de la seconde guerre mondiale, qu’il a fallu dégager. L’hiver, des blocs de glaces venant de la mer d’Azov constituent également un risque pour les piliers. Par ailleurs, l’édifice doit tout de même permettre aux navires de franchir le détroit, unique voie d’accès à la mer d’Azov.
Nicolas II le voulait déjà
Toutes ces contraintes, loin d’être nouvelles, sont connues depuis des décennies. Car avant Vladimir Poutine, Staline, Hitler et même Nicolas II voulaient ce pont. Durant la seconde guerre mondiale, une première structure en bois fut construite, et rapidement détruite par les glaces. Au début du XXIe siècle, l’idée refit surface, et des partenariats russo-ukrainiens furent envisagés mais n’aboutirent jamais.

   


Ce cahier des charges aurait fait fuir n’importe quel entrepreneur. Selon une pratique habituelle pour les projets jugés stratégiques, Vladimir Poutine en a donc appelé à Arkadi Rotenberg, oligarque et proche ami du président, avec qui il pratique le judo depuis l’enfance. Le milliardaire, cité dans les « Paradise Papers », a nettement joué un rôle important dans la préparation des Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Le magnat, visé par les sanctions européennes et américaines depuis 2014, lors de l’annexion de la Crimée par la Russie, avait tous les attributs pour que le Kremlin lui laisse gérer les trois milliards de dollars alloués à cette démonstration de la puissance russe.
Condamné par les Etats-Unis
Les Etats-Unis, comme l’Ukraine, ont menacé de représailles toute entreprise occidentale qui participerait à l’édification du pont. Début mai, les Pays-Bas ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’implication présumée de sept entreprises néerlandaises dans la construction de l’ouvrage d’art, qui contrevient également aux sanctions européennes.
Sans surprise, les Etats-Unis ont ce mardi « condamné » cet édifice, considéré comme une tentative de Moscou de « consolider l’annexion illégale » de ce territoire « qui fait partie de l’Ukraine ». « La construction du pont par la Russie vient rappeler la volonté persistante de la Russie de bafouer les lois internationales », a dénoncé la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert, dans un communiqué. Toutes les sanctions américaines liées à l’annexion de la Crimée, y compris celles visant des personnes et entités impliquées dans le chantier du pont, « resteront en vigueur tant que la Russie n’aura pas remis le contrôle de la péninsule à l’Ukraine ».
De même, l’Union européenne a dénoncé « une nouvelle violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine par la Russie », estimant que la construction du pont visait à « poursuivre l’intégration forcée de la péninsule annexée illégalement ». La France a souligné que ce pont contribuait « à priver l’Ukraine d’un plein accès et de l’utilisation de ses eaux territoriales internationalement reconnues ».
Londres a, de son côté, fustigé « un nouvel exemple du comportement dangereux de la Russie ». « Nous continuons de travailler avec nos partenaires pour nous opposer à l’annexion, notamment en maintenant un solide train de sanctions », a déclaré le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Alan Duncan.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Opacité des décisions, prérogatives limitées des eurodéputés, Etats arc-boutés sur leur souveraineté... les critiques sont légion.
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En Europe, une démocratie vivante, mais perfectible

Opacité des décisions, prérogatives limitées des eurodéputés, Etats arc-boutés sur leur souveraineté... les critiques sont légion.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les prochaines élections européennes se tiendront dans un an, du 23 au 26 mai 2019. Cependant, à Bruxelles et à Strasbourg, la campagne a déjà commencé, dans les couloirs des institutions de l’Union – Conseil, Commission et Parlement.
En effet, le renouvellement ne concernera pas seulement les postes d’eurodéputés (les élus britanniques quitteront définitivement l’hémicycle, du fait du Brexit), mais aussi ceux des commissaires. A cela s’ajoutera, en novembre 2019, le choix d’un nouveau président du Conseil, qui réunit les différents Etats membres.
En outre, qui prendra la place de Jean-Claude Juncker, président de la Commission depuis novembre 2014 : Michel Barnier, le « M. Brexit » de Bruxelles, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ou la Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence ? Les scénarios vont bon train, même si les diplomates mettent en garde : eu égard à l’actualité européenne, il est beaucoup trop prématuré pour avancer le nom de celui ou celle qui apparaîtra en haut de l’affiche, à l’été 2019.

D’autant que les citoyens de l’Union auront leur mot à dire, car si le principe des Spitzenkandidaten (têtes de liste) est maintenu en 2019 – après avoir été imposé par le Parlement européen en 2014 –, c’est la personne désignée par le parti européen arrivé en tête du scrutin européen qui présidera la future Commission.
C’est ainsi qu’il y a quatre ans, M. Juncker, choisi en amont comme le candidat du Parti populaire européen (PPE, la réunion des droites classiques de l’Union), avait été imposé aux dirigeants européens, qui jusqu’alors décidaient dans le huis clos des conseils bruxellois.
Manque d’incarnation
Cela reflète toute la complexité et les limites de la démocratie européenne. En 2014, les citoyens n’avaient pas voté pour ou contre M. Juncker, mais pour des candidats nationaux à la députation européenne. C’est la chancelière allemande,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Après l’élection de Quim Torra, les partis espagnols divergent sur la levée de la tutelle imposée à la région.
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Un président de combat à la tête de la Catalogne

Après l’élection de Quim Torra, les partis espagnols divergent sur la levée de la tutelle imposée à la région.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h57
    |

            Sandrine Morel (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ce que j’ai entendu ces dernières heures ne me plaît pas, mais je jugerai sur les faits. » Lundi 14 mai, le chef du gouvernement espagnol,Mariano Rajoy, a comme il se doit suivi avec at­tention l’élection par le Parlement catalan de l’indépendantiste Quim Torra à la présidence de la région.
Après cinq mois de blocage, ce novice en politique a obtenu 66 voix pour, 65 contre et les ­quatre abstentions des séparatistes radicaux de la Candidature d’unité populaire (CUP). Mais ce proche de Carles Puigdemont, son prédécesseur démis en octobre 2017 lors de la mise sous tutelle de la région par Madrid après sa déclaration unilatérale d’indépendance, risque de prolonger la confrontation avec l’Etat espagnol.
M. Torra a en effet assuré qu’il sera « fidèle au mandat [du référendum illégal] du 1er octobre : construire un Etat indépendant sous forme de République ». Pour lui, « l’ambition de la législature est l’élaboration d’un projet de Constitution. » Pour avancer vers l’indépendance, il a annoncé la création d’institutions parallèles, sans détailler leur fonctionnement et leur composition, mais en donnant un rôle éminent à son mentor, M. Puigdemont, toujours en attente en Allemagne d’une éventuelle extradition vers l’Espagne : « en exil, l’espace libre d’Europe, avec son conseil de la République », et en Catalogne, une « assemblée des élus » dont le rôle, « très important », n’a pas été précisé. M. Torra a aussi promis de « faire face avec plus de capacité de résistance aux procès des responsables politiques catalans », attendus à l’automne. Enfin, il a annoncé qu’il rétablira « toutes les lois suspendues par le Tribunal constitutionnel ».
« Entente » et « Concorde »
La réponse de Madrid n’a pas tardé. Mariano Rajoy a dit vouloir « miser sur l’entente et la concorde », tout en lançant un avertissement : « Je garantis que la loi, la Constitution...




                        

                        

