<FILE-date="2018/05/16/19">

<article-nb="2018/05/16/19-1">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ De nombreuses personnalités associatives et politiques considérant que le viol de mineur est un crime déplorent que le texte le transforme en simple délit.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Comprendre la polémique autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes

De nombreuses personnalités associatives et politiques considérant que le viol de mineur est un crime déplorent que le texte le transforme en simple délit.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h30
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


L’Assemblée nationale a adopté, dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 mai, l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes. Mais les critiques continuent de s’élever contre cet article défendu par la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Les « anti-article 2 » estiment qu’il transforme le viol de mineur en simple délit, et c’est pourquoi plus de deux cent cinquante personnalités ont lancé une pétition, lundi, demandant sa suppression. Parmi elles, l’ancien candidat à la présidentielle Benoît Hamon, qui a dénoncé un viol « rétrogradé de crime à simple délit ».

Comment un viol sur mineur peut il être rétrogradé de crime à simple délit puni de 10 ans d'emprisonnement par le g… https://t.co/cR2quQRTXO— benoithamon (@Benoît Hamon)


require(["twitter/widgets"]);

L’article 2 est moins protecteur que sa version antérieure, modifiée après avis du Conseil d’Etat en mars. Mais dire qu’il transforme le viol en délit est faux. Trois questions pour mieux comprendre cette polémique.
Que dit l’article 2 du projet de loi ?
L’article 2 du projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, consultable ici, prévoit plusieurs changements.
Création d’une circonstance aggravante au délit d’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans lorsqu’il y a pénétration
Actuellement, « le fait, par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de 15 ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. » (article 227-25).
Autrement dit, quand les conditions définitoires du viol ne sont pas remplies, la victime mineure de moins de 15 ans peut attaquer en justice son agresseur pour « atteinte sexuelle ». Dans le code pénal, le viol est défini ainsi :
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. » (article 222-23)
Ce délit ne remplace pas le crime de viol mais permet de condamner plus fermement une atteinte sexuelle avec pénétration lorsque la définition complète du viol n’est pas remplie
Le projet de loi prévoit d’augmenter la peine maximale pour le délit d’atteinte sexuelle de cinq à dix ans d’emprisonnement et de 75 000 à 150 000 euros d’amende lorsque les faits sont commis avec pénétration sexuelle. Ce délit ne remplace donc pas le crime de viol mais permet de condamner plus fermement une atteinte sexuelle avec pénétration lorsque la définition complète du viol n’est pas remplie (ou que le viol est impossible à prouver). La pénétration deviendrait une 6e circonstance aggravante au délit de l’article 227-25.
Le projet de loi ajoute que, lorsqu’un majeur est accusé du viol d’un mineur de moins de 15 ans, mais qu’au cours des débats, l’existence de la violence, contrainte, menace ou surprise (nécessaires pour caractériser le viol) est contestée, le juge doit « poser la question subsidiaire de la qualification d’atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur » pour envisager une requalification possible des faits.
Précision de la « contrainte morale » et de la « surprise » en cas de viol d’un mineur
Les notions de « contrainte morale » et de « surprise » servent actuellement à démontrer l’absence de consentement et à caractériser un viol chez les adultes et les mineurs. « Il y a surprise lorsque la victime ne réalise pas ce qui est en train de se passer : endormie, droguée ou alcoolisée ; ou surprise de l’enfant qui ne s’attend pas ou ne comprend pas les actes subis », illustre l’avocate Carine Durrieu Diebolt sur Village justice. La contrainte morale peut résulter de la différence d’âge existant entre une victime mineure et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait qu’exerce celui-ci sur cette victime, prévoit actuellement le code pénal (article 222-22-1).
L’article 2 va plus loin que la loi actuelle en précisant, après amendement, que pour les mineurs de moins de 15 ans, la contrainte morale et la surprise « sont caractérisées par l’abus de vulnérabilité de la victime ne disposant pas de la maturité ou du discernement nécessaire pour consentir à ces actes ». D’après Marlène Schiappa, mercredi matin au micro de Franceinfo, cette formulation revient à fixer un seuil de 15 ans en dessous duquel la contrainte et la surprise (et donc l’absence de consentement, et donc le viol) sont présumées. A condition toutefois que l’infraction ait été commise avec pénétration, qui reste l’un des critères du viol. « Ce n’est absolument pas une présomption, il s’agit simplement d’une précision de ce que peut être la contrainte morale », explique à l’inverse Audrey Darsonville, professeure de droit à l’université de Lille et membre du collectif Les Surligneurs.
Quels problèmes pose l’article 2 ?
Pour les opposants à cet article 2, une atteinte sexuelle sur mineur avec pénétration est un viol. Le nouveau texte prévoit deux cas pour un mineur de 15 ans qui subit une pénétration sexuelle :
- soit il peut prouver qu’il y a violence, contrainte morale ou physique, menace ou surprise, et dans ce cas, c’est un viol ;
- soit il ne peut pas le prouver et dans ce cas, il s’agit du délit d’atteinte sexuelle avec la circonstance aggravante créée par le projet de loi.
Or, pour les « anti-article 2 », il n’existe pas de pénétration de mineur de 15 ans sans contrainte morale. Les critères habituels du viol n’ont donc aucune raison d’être. « On ne peut pas aborder les viols sur mineurs comme les viols sur adultes, explique la psychiatre Muriel Salmona, ne serait-ce que parce que les enfants n’ont pas encore de sexualité. »
Risque de « correctionnalisation »
Les anti-article 2 alertent sur le risque de « correctionnalisation » des viols de mineurs. Une victime qui pourrait attaquer son agresseur en justice, parce qu’elle peut prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise, pourrait en effet préférer l’attaquer sur le terrain correctionnel, via le nouveau délit d’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans avec pénétration mais sans violence, contrainte, surprise ou menace. Le choix de la victime pourrait être motivé par les délais de justice plus courts en correctionnelle que devant les cours d’assises. Les magistrats et avocats eux-mêmes pourraient inciter les victimes à se situer sur le terrain correctionnel, la réforme ayant notamment pour fonction de désengorger les cours d’assises.
Le choix de la victime pourrait être motivé par les délais de justice plus courts en correctionnelle
« La symbolique, la reconnaissance du traumatisme, change complètement », dénonce Muriel Salmona, notamment spécialiste de la mémoire traumatique. Devant la cour d’assises, l’instruction comme l’audience sont plus longues. Les faits sont minutieusement épluchés et les témoins et experts appelés sont nombreux, parfois sur plusieurs jours. Devant le tribunal correctionnel, les audiences sont plus courtes et impliquent moins de témoins et d’experts, faute de temps. « La réparation du traumatisme du viol passe par la mise en sens, les détails. Et même si ces procédures peuvent être très difficiles pour les victimes, la très grande majorité d’entre elles ne regrettent pas leur choix d’aller en justice », rappelle la docteure Salmona.
Culpabilisation des victimes
Toujours selon ses opposants, l’article 2 entérine des situations traumatisantes pour les victimes. Ainsi, un mineur de 15 ayant subi une pénétration à laquelle il n’a pas consenti mais auquel les juges refusent la qualification de « viol » faute de pouvoir prouver la violence, la contrainte, la menace ou la surprise pourra encore compter sur la nouvelle définition du délit d’atteinte sexuelle. Autrement dit, si la victime ne peut prouver l’existence d’un de ces quatre éléments, elle ne peut prouver son absence de consentement. « Cela revient à dire à la victime qu’elle a, d’une certaine manière, “participé” à ce qui lui est arrivé, critique Muriel Salmona, or les dénis de réalité [par la justice] sont extrêmement traumatisants pour les victimes de viol. »
L’article 2 est-il moins protecteur aujourd’hui que dans sa version initiale ?
Oui, car l’article initial, modifié à la suite d’un avis négatif du Conseil d’Etat en mars, prévoyait que le viol serait constitué dès lors qu’un mineur de moins de 15 ans subirait une pénétration sexuelle et que l’auteur « connaissait ou ne pouvait ignorer l’âge de la victime ». Le Conseil d’Etat s’est opposé à ce seuil de consentement, en dessous duquel le viol aurait été présumé sans qu’il soit nécessaire de prouver la violence, la contrainte, la surprise ou la menace.
D’après le Conseil d’Etat, ce seuil de présomption d’absence de consentement (qui existe dans d’autres pays comme le Royaume-Uni ou la Belgique) était contraire à notre Constitution. « Certes, le projet de loi n’établit pas directement, comme cela avait été évoqué dans des déclarations publiques, une présomption de culpabilité », écrit-il. Mais l’article pose plusieurs « difficultés constitutionnelles (…) particulièrement sérieuses ». En particulier, l’article « ne caractérise pas suffisamment l’élément intentionnel du crime ». En effet, le fait que l’auteur « ne pouvait ignorer » l’âge de la victime ne répond pas à l’exigence constitutionnelle relative à l’élément intentionnel en matière criminelle.
Dans son avis, il prend l’exemple d’un mineur de 17 ans et demi et d’une adolescente de 14 ans qui entretiendraient une relation librement consentie de manière habituelle et légale. « La disposition envisagée conduit à ce que le premier soit, dès ses 18 ans et alors que rien ne vient modifier son comportement, passible d’un crime de viol pouvant le renvoyer devant la cour d’assises : cette qualification sera d’autant plus automatique qu’il sera facilement démontré, s’agissant d’une relation suivie, qu’il “connaissait l’âge de la victime ou ne pouvait l’ignorer”. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-2">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les Marseillais de Florian Thauvin affrontent l’Atletico Madrid et sa star Antoine Griezmann mercredi à Lyon en finale de la Ligue Europa.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ 
<article-nb="2018/05/16/19-3">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le journaliste de 52 ans, connu principalement sur le petit écran, devient directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Surprenante », « hallucinante », « démotivante »… à Radio France, la nomination de Guy Lagache suscite des remous

Le journaliste de 52 ans, connu principalement sur le petit écran, devient directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 18h45
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        


Le nom de Guy Lagache circulait depuis quelques jours dans les couloirs de Radio France, mais certains n’y croyaient pas. D’autres pensaient que ses rendez-vous à l’étage de la présidence annonçaient certes une nomination, mais pas au poste de directeur délégué aux antennes et à la stratégie éditoriale, où il a été nommé, mercredi 16 mai.
« On l’a appris en pleine conférence de rédaction de 15 heures. On est tous consternés… A la limite, c’est à se demander s’ils ne vont pas nommer Patrick Sébastien », s’énerve à chaud un journaliste de France Inter. « C’est un choix qui paraît surprenant », lâche un autre salarié de la Maison ronde. « C’est hallucinant », répète un autre, incrédule. La surprise ressentie en interne rappelle un peu celle exprimée à France Télévisions lors de la nomination de Michel Field, un visage d’antenne, à la direction de l’information, pour diriger des milliers de journalistes.
« Pour décider de l’avenir de la radio, on met quelqu’un qui n’y connaît rien, s’inquiète le journaliste de France Inter. Le message, c’est “tout ce qui compte, c’est de répliquer le modèle France Info, qui s’appuie autant sur la télévision que sur la radio. »
Méfiance vis-à-vis de France Télévisions
Après des débuts dans la boîte de production Capa et à France 3, Guy Lagache a effectué toute sa carrière au sein de chaînes de télévision privées : d’abord à M6, qu’il a rejoint en 1995 et où il a notamment lancé le magazine d’investigation « Secrets d’actualité » avant de présenter, à partir de 2003, le magazine économique « Capital ». En 2011, il avait rejoint la chaîne D8 (devenue C8), en tant que directeur des programmes puis directeur de l’information et des magazines. L’an dernier, il avait quitté la chaîne pour lancer sa propre société de production.
Dans l’antre de la radio publique, cette nomination en rappelle une autre : Catherine Nayl, venu de TF1 et devenue directrice de l’information de France Inter. « Au début, ça ne nous a pas fait sauter de joie même si au final, ça se passe plutôt bien. Mais avec Guy Lagache, la greffe me parait encore plus difficile », analyse un journaliste, qui estime cette nomination « démotivante ».
A Radio France, alors que le président Emmanuel Macron a promis une réforme profonde de l’audiovisuel public, cette arrivée renforce les craintes de voir les spécificités du média radio gommées au profit d’une « banalisation », via les médias vidéo et texte, sur le numérique. La nomination réveille aussi la méfiance vis-à-vis de France Télévisions, ce grand frère avec lequel le gouvernement souhaite développer les « synergies ». Le modèle est ici France Info, l’offre d’information en continu commune créée par les deux entités de l’audiovisuel public et diversement appréciée en interne côté radio.
Prise de fonctions le 25 juin
Pour la nouvelle présidente de Radio France, Sibyle Veil, la nomination de Guy Lagache correspond à la stratégie assumée de « média global » : selon cette expression déjà mise en avant par son prédécesseur Mathieu Gallet, « la programmation de chaque chaîne » doit être « pensée sur l’ensemble de l’espace de distribution », a déclaré Mme Veil dans un communiqué. Les contenus de Radio France sont ainsi appelés à être déclinés tous les supports et formats : antenne hertzienne, numérique, son, vidéo, podcasts natifs, conférences…

        Lire aussi :
         

                Sibyle Veil, le choix de la continuité à Radio France



Pour la direction, M. Lagache est un profil extérieur, venu du monde de l’image, et donc complémentaire des experts maison de la radio, notamment des directeurs d’antenne. Il aurait pour fonction d’apporter un regard neuf pour susciter des nouveaux formats, adaptés aux nouveaux moyens de diffusion et d’écoute, comme les assistants vocaux ou les voitures connectées, cités dans le projet de Mme Veil.
« Les réflexions en cours avec les autres acteurs de l’audiovisuel public sont l’occasion d’affirmer le rôle de Radio France de fer de lance dans le développement des offres de service public que sont l’information, la culture, la proximité et le lien social ainsi que la conquête des jeunes publics », a écrit Sibyle Veil dans un exposé stratégie fait au conseil d’administration du 3 mai.
Guy Lagache succédera le 25 juin à Laurent Guimier, parti pour Europe 1, mais sa fonction n’est pas exactement la même et la nouvelle direction qui l’entourera pourrait être remaniée. Ces derniers jours était attendue en interne la création d’un poste transversal de directeur de l’information, pour lequel ont été cités les noms de Matthieu Aron, ancien de France Info passé par L’Obs, mais aussi de Catherine Nayl. Un responsable de la « transformation » pourrait aussi être nommé.

        Lire aussi :
         

                Europe 1 : Lagardère officialise l’arrivée de Laurent Guimier



Pour Sibyle Veil, nommée le 12 avril en remplacement de Mathieu Gallet, révoqué après sa condamnation pour favoritisme, cette nomination est un premier test important. La stabilité de l’équipe de M. Gallet a été un des points forts de son mandat et en comparaison, un des points faibles de celui de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-4">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Congé parental : « Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité »

Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres, plaide pour l’instauration légale d’un congé paternité rémunéré, ce à quoi la France s’oppose.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h24
    |

                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Stockholm)








                        



   


Une meilleure indemnisation du congé parental, la possibilité de le fractionner et de le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant et, surtout, l’obligation pour les pères de prendre un congé de dix jours à la naissance : voilà ce que propose la directive européenne « équilibre entre vie professionnelle et vie privée » à l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne. Pour le moment, treize pays s’y opposent, parmi lesquels la France, qui a pris la tête de la fronde.
A l’occasion de la quatrième conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO), qui se tenait mardi 14 et mercredi 15 mai à Stockholm (Suède), Virginija Langbakk, directrice de l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), à Vilnius (Lituanie), défend le principe de cette directive. Pour elle, tout le monde gagnerait à l’appliquer : les femmes, les enfants, les pères mais aussi les Etats eux-mêmes.
Pourquoi est-il important d’avoir une législation prévoyant un congé spécifique pour le père, qu’il ne peut partager avec la mère ?
Virginija Langbakk : Parce que cela force les gens à faire des choix. Sans législation, les pères n’ont pas besoin d’assumer leur responsabilité. Les hommes gagnent en général plus que les femmes, donc ils perdront plus d’argent en restant à la maison. L’équilibrage est rapidement fait au sein de la famille. Et ce sont toujours les femmes qui finissent par se retrouver à la maison avec les enfants. Tandis que si on réserve un congé qui ne peut être pris que par l’homme, la famille doit réfléchir : est-ce qu’elle est prête à renoncer à un congé indemnisé ? C’est plus difficile, je pense, de faire un choix négatif.
Ce congé doit donc être suffisamment indemnisé.
Absolument. C’est essentiel d’avoir une indemnisation suffisamment élevée, pour empêcher les hommes de dire qu’ils gagnent mieux lorsqu’ils travaillent. Il faut un contrepoids. On le voit bien dans les pays où la loi permet aux hommes de prendre un congé parental, mais ne prévoit pas d’indemnité ou des indemnités trop basses : ils ne prennent pas ces congés.
Pourquoi est-ce important de fixer des règles européennes ?
C’est important parce que nous avons des buts communs pour l’Union européenne, un budget, des cibles. On a adopté un socle européen des droits sociaux. Cela en fait partie. Nous avons besoin de bases communes qui obligent les pays membres à agir. Même si c’est un minimum et que certains font déjà plus.
Mais ça coince encore dans de nombreux pays européens.
Oui, et pour plusieurs raisons. Dans certains pays, l’idée domine que l’homme doit subvenir aux besoins de la famille et que la place de la femme est à la maison. On voit d’ailleurs une progression de ces idées très conservatrices en Europe, ce qui est inquiétant. Pour d’autres, il est biologiquement important pour le bébé que sa mère reste avec lui, les premiers temps. Ce genre d’arguments est souvent utilisé dans des pays qui n’ont pas de structures d’accueil pour la petite enfance. Les mères n’ont d’autre choix que de rester à la maison avec l’enfant.
Certains pays comme la France pensent que cela va coûter trop cher.
Oui, allonger la durée d’un congé paternité ou augmenter le niveau des indemnités entraîne des coûts. Mais les gouvernements qui s’y opposent pour des raisons financières oublient de prendre en compte les gains pour leurs pays sur le long terme. Ils devraient réfléchir à ce que perd la société quand les femmes restent à la maison… Plus elles sont absentes du marché du travail, plus il est difficile pour elles de maintenir leurs qualifications et leurs compétences. Quand les hommes assument leurs responsabilités à la maison, l’activité des femmes croît et contribue à la croissance de l’économie. Alors évidemment, cela prend du temps d’en voir les effets. Mais les coûts seront couverts par les bénéfices.
Quel est l’intérêt pour les hommes ?
Passer du temps avec son enfant, au tout début de sa vie, est très important. Cela forme les relations entre le père et son enfant pour la suite. Aujourd’hui, deux pères européens sur trois passent en moyenne moins d’une heure par jour avec leurs enfants. Ce qui veut dire qu’ils ont tout juste le temps de s’intéresser à leurs besoins physiologiques, mais pas à leur développement moral. Mais ce n’est pas tout : toutes les études montrent que passer du temps avec son enfant réduit le stress, relaxe, améliore la santé. Ce sont des bénéfices dont les Etats devraient se soucier.

        Lire aussi :
         

                Congé parental : la lettre ouverte des syndicats à Emmanuel Macron






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-5">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Bien implantés, les groupuscules radicaux revoient leur stratégie, en se lançant dans l’aide sociale pour les « Français de souche » et en se rapprochant du Front national.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


A Lyon, la confluence des extrêmes droites

Bien implantés, les groupuscules radicaux revoient leur stratégie, en se lançant dans l’aide sociale pour les « Français de souche » et en se rapprochant du Front national.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h28
    |

            Lucie Soullier (Lyon, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Le rendez-vous n’a rien de discret. En plein cœur du vieux Lyon, une terrasse en plein soleil, en pleine journée. Rencontre avec Steven Bissuel, ancien cadre du groupuscule d’extrême droite violent et autodissous Groupe Union Défense (GUD), nouveau patron du « Bastion social » et perpétuel apôtre des « Français d’abord ». Tatouage « Europa Patria Nostra » et discours sur la « remigration » affirmé, l’autoproclamé « nationaliste-révolutionnaire » se pose en « défenseur des identités ». « Européenne en Europe et africaine en Afrique. » L’islam ? « Si c’est sur leur continent, grand bien leur fasse. » 
Nul besoin de se faire discret dans « son » 5e arrondissement lyonnais. « Je suis presque un gamin du quartier », sourit celui qui n’a pas le droit d’y poser un pied entre 22 heures et 6 heures, contrôle judiciaire oblige. Le militant d’extrême droite vient d’être mis en examen pour « violences aggravées en réunion », conséquence d’une rixe au soir d’un concert estampillé « no fascism », le 11 avril.
C’est dans ce même Ouest lyonnais que Steven Bissuel a ouvert un magasin de vêtements, aux logos populaires sur les costumes de ville de sa mouvance radicale. Dans ce quartier toujours, il a installé son Bastion social, après avoir occupé et été expulsé d’un bâtiment public du centre-ville. Sa nouvelle faction a fait parler d’elle en se lançant dans l’aide sociale réservée aux « Français de souche ».
Depuis, elle a essaimé à Aix, Chambéry, Marseille, Strasbourg… « Bientôt Clermont-Ferrand », sourit le jeune leader de 24 ans qui cite Maurras et Barrès, lit Céline et Orwell et prône désormais « l’action politique et sociale » davantage que la castagne. Du moins dans le texte. Le lendemain, il intimidera un journaliste qui aura eu l’insolence...




                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-6">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ En ce huitième jour, le 71e Festival de Cannes accueille en compétition l’Italien Matteo Garrone (« Dogman ») et le Coréen Lee Chang-Dong (« Burning »).
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La gazette de la Croisette : des chiens, un chat, Whitney Houston et John Travolta

En ce huitième jour, le 71e Festival de Cannes accueille en compétition l’Italien Matteo Garrone (« Dogman ») et le Coréen Lee Chang-Dong (« Burning »).



Le Monde
 |    16.05.2018 à 13h04
   





                        



   


DU CÔTÉ DE LA COMPÉTITION :
Ce mercredi 16 mai, huitième jour de la bataille pour la Palme d’or, est placé sous le signe des animaux domestiques. Dans le film coréen de Lee Chang-Dong, Burning, c’est un chat que confie la jeune Haemi, l’un des personnages, à son ancien voisin Jongsu, pendant un voyage en Afrique, avant que l’intrigue ne bascule dans un thriller inquiétant. Dans l’autre long-métrage en compétition aujourd’hui, Dogman, de Matteo Garrone (Italie), il est question de chiens, ceux dont s’occupe l’un des protagonistes, Marcello, toiletteur de son état.

Pour ce qui est des participations à la sélection officielle cannoise, il s’agit plutôt de deux habitués de la Croisette. Lee Chang-Dong a déjà présenté deux films en compétition, Secret Sunshine en 2007 et Poetry en 2010, qui lui a valu le prix du scénario. Matteo Garrone, quant à lui, a déjà trois participations à son actif, avec Gomorra en 2008, Reality en 2012 et Tale of Tales (Il Racconto dei racconti, Le Conte des contes) en 2015, et a remporté deux Grands Prix (pour Gomorra et Reality).

Retour sur deux belles rencontres avec des acteurs : l’Américain John David Washington, fils de Denzel et de Spike Lee, à l’affiche dans BlacKkKlansman, pour notre critique Thomas Sotinel, et l’Italien Adriano Tardiolo, le jeune Lazzaro du film d’Alice Rohrwacher, pour notre journaliste Aureliano Tonet.
DU CÔTÉ DES AUTRES SÉLECTIONS :
A la Quinzaine des réalisateurs, notre critique Mathieu Macheret a apprécié le nouveau film du réalisateur français Philippe Faucon, Amin, qui est « venu illuminer la dernière ligne droite de cette 50e Quinzaine » avec une histoire de personnages en déshérence affective qui vont se rapprocher et s’aimer, incarnés par Emmanuelle Devos, Moustapha Mbengue et Marème N’Diaye.

Dans la programmation de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), Clarisse Fabre a aimé le film du jeune réalisateur français Clément Schneider, Un violent désir de bonheur, une parabole sur les révolutions d’hier et d’aujourd’hui.

ON ATTEND AUJOURD’HUI :
La musique sera à l’honneur avec trois événements de ce mercredi 16 mai. A 16 h 45, se tiendra le troisième des quatre rendez-vous avec des acteurs et réalisateurs, qui accueillera l’acteur et producteur américain John Travolta pour une discussion avec le public. A 21 h 30, dans le cadre de la programmation du Cinéma de la plage, sera projetée la comédie musicale de Randal Kleiser, Grease (1978), avec le même John Travolta et Olivia Newton-John, en présence de l’acteur. Enfin, à 0 h 15, sera présenté hors compétition en séance de minuit le documentaire de Kevin Macdonald, Whitney, consacré à la chanteuse Whitney Houston, morte en février 2012 à l’âge de 48 ans.


        Lire la gazette de la Croisette (15 mai) :
         

          La guerre sociale de Brizé et la « Guerre des étoiles » d’Howard






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-7">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter une raffinerie à La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’Etat donne son feu vert à la bioraffinerie de Total

Le préfet des Bouches-du-Rhône a signé l’autorisation d’exploiter une raffinerie à La Mède, qui va traiter 300 000 tonnes d’huile de palme.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h25
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant) et 
Martine Valo








                        



                                


                            

Réunions publiques, communiqués inquiets : voilà des mois que la raffinerie de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, agite des ONG de défense de l’environnement et des responsables syndicaux. Le préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a signé, mercredi 16 mai, l’autorisation donnée à Total d’exploiter « la première bioraffinerie française de taille mondiale », l’une des plus importantes d’Europe selon le groupe pétrolier. La production de biodiesel doit démarrer cet été, dernière étape de la reconversion de l’ancienne raffinerie, ouverte en 1935 à Châteauneuf-les-Martigues, au bord de l’étang de Berre.
Fin 2016, Total y a cessé toute opération de raffinage de pétrole brut, alléguant une perte annuelle de 100 millions d’euros. Selon un plan de conversion (2015-2022) qui verra les effectifs passer de 430 à 250 salariés, le site a été progressivement transformé pour accueillir un dépôt pétrolier d’une capacité d’1,3 million de m³, une ferme solaire de 8 MW qui a débuté sa production en janvier, et un grand centre de formation aux métiers du raffinage. Reste à démarrer, en juin, la fabrication d’AdBlue, un additif qui réduit les émissions d’oxyde d’azote des poids lourds.
Mais l’activité phare de La Mède, au prix d’un investissement de 275 millions d’euros, est l’installation d’une unité de raffinage d’huiles et de graisses animales, capable de traiter 650 000 tonnes par an, en vue de produire 500 000 tonnes de diesel de type HVO (hydrotraitement des huiles végétales), un biocarburant censé réduire l’émission des gaz à effet de serre.
« Incohérence totale »
Problème, aux yeux des défenseurs de l’environnement : ce choix industriel nécessite un apport massif d’huiles végétales brutes – jusqu’à 450 000 tonnes, dont au moins 300 000 tonnes d’huile de palme. Or, la bataille des agrocarburants se joue en réalité bien loin des stations-service et des tarmacs des aéroports d’Europe : elle a lieu dans...




                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-8">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Dans un entretien au « Monde », l’ancien député écologiste plaide pour une candidature commune entre les deux formations au scrutin de mai 2019.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Noël Mamère prêt à conduire une liste Génération.s-EELV aux européennes

Dans un entretien au « Monde », l’ancien député écologiste plaide pour une candidature commune entre les deux formations au scrutin de mai 2019.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h54
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 18h14
    |

                            Astrid de Villaines








                        



   


L’ancien député écologiste plaide pour une candidature commune entre Générations.s et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes qui se dérouleront en mai 2019.
Vous n’êtes plus ni député ni maire depuis juin 2017. Avez-vous tourné le dos à la politique ?
Non, j’écris des documentaires et je travaille aux liens entre Génération.s et Europe Ecologie-Les Verts. Dans la perspective des européennes, il faut travailler à ce rapprochement ! Je n’imagine pas une seconde qu’il puisse y avoir deux listes. Il faut créer les conditions d’une liste commune aux européennes qui soit le préalable à une nouvelle entité politique.
Pourriez-vous conduire la liste de cette nouvelle entité politique ?
J’ai été sollicité par des amis écologistes qui m’ont dit « ce serait bien que tu sois tête de liste ». C’est un peu compliqué pour moi de dire oui alors que j’ai commencé mon retrait de toute fonction élective en politique. On dit qu’il faut du renouvellement, il faut donc se l’appliquer à soi-même. Après, on peut toujours réfléchir, et si je peux rendre service, je le ferai.

        Lire aussi :
         

                Elections européennes : Noël Mamère, un candidat de consensus ?



Pourquoi vouloir retourner en politique alors que vous l’aviez quittée ?
La politique est une drogue dure. En 2017, je me suis arraché la double perfusion de député et de maire. Mais je n’étais pas « en descente », je m’étais préparé ! Il est urgent que les gauches se réveillent. J’ai envie de me mêler de ce qui me regarde, c’est-à-dire la politique, cela peut passer par des fonctions électives, mais pas seulement… Et je ne suis pas demandeur. Mais je garde ce goût pour le combat politique. On ne baisse pas les bras devant une telle crise écologique aux conséquences sociales et environnementales sans précédent.
Vous avez été député pendant vingt ans, vous n’incarnez pas vraiment le renouvellement…
C’est ce qui me désole et qui flatte mon amour-propre en même temps : ils cherchent des gens, mais à chaque fois ça finit sur moi.
Avez-vous discuté de l’hypothèse de votre candidature avec Benoît Hamon ?
Non. Je dois le voir la semaine prochaine, mais je ne lui en parlerai pas. Cela doit venir de lui. Il semblerait que ce soit une hypothèse qu’il envisage. En tout cas, s’ils ont besoin de moi, j’irai. Mais, je le répète, à la condition que nous ne présentions qu’une seule liste. Et cela peut également être en position non éligible.
Pour le moment, la direction d’EELV ne parle pas d’alliance avec Génération.s…
Il y a une tendance à vouloir partir seuls. Ils s’imaginent qu’ils vont refonder tout seuls l’écologie politique, mais il n’y a pas d’autre solution que de s’allier. On ne va pas tirer le rideau de l’écologie politique maintenant !
Il y a beaucoup d’eurodéputés sortants chez Génération.s et EELV qui espèrent être réélus, ce que compliquerait une liste de « renouvellement ». Qu’en pensez-vous ?
Il faudra leur dire non. J’ai conduit cinq listes aux municipales, heureusement que je n’ai pas reconduit tous ceux qui étaient là depuis 1989. C’est comme ça qu’on gagne ! La logique politique ne s’impose pas toujours aux responsables politiques, le problème des ego est vieux comme la politique.
Quels sont vos rapports avec Jean-Luc Mélenchon ?
Ils sont peu fréquents. Ils étaient bons jusqu’à l’épisode du Média [Noël Mamère a quitté le pure player de la gauche radicale en février, après l’éviction de sa rédactrice en chef]. La France insoumise aurait bien aimé que je les rejoigne à la présidentielle, mais je n’avais aucune raison de le faire : mon candidat était Benoît Hamon. Jean-Luc Mélenchon m’envoyait des SMS pour me dire : « Regarde les sondages, rejoins-nous ! ». Mais trop de sujets nous séparent : l’Europe, la question de la souveraineté, du travail, notamment l’enjeu du revenu universel, le rapport aux régimes dirigistes, l’analyse de la situation syrienne et la proximité avec la Russie…
Pourquoi l’unité de la gauche est-elle au point mort ?
Le comportement de Jean-Luc Mélenchon contribue à assécher la gauche, car il n’accepte aucune discussion. Il se considère comme l’incarnation du peuple. Il domine aujourd’hui, mais il domine sur un tas de ruines. Il est le roi du cimetière. Il y a une tombe bien fleurie, c’est celle de La France insoumise, mais le reste est à l’abandon. Je ne me résous pas à un Lider Maximo qui règne sur ce qu’il reste de la gauche. Cela empêche toute reconstruction pour une véritable alternative au techno-capitalisme incarné par Emmanuel Macron.
Comment jugez-vous la première année d’Emmanuel Macron à l’Elysée ?
Emmanuel Macron prend de sérieux risques en affaiblissant de manière systématique les corps intermédiaires et en menant une politique libérale qui s’adresse principalement aux plus nantis. Avec la SNCF, il veut avoir « sa » réforme comme Thatcher ou Reagan, mais ce n’est pas aussi simple, cette entreprise appartient au patrimoine français.
Malgré le mouvement social, le gouvernement ne semble pas prêt à reculer…
Il y a des médicaments à « effet retard ». Le 26 mai, il n’y aura pas forcément une « marée humaine », mais cela ne signera pas pour autant une victoire d’Emmanuel Macron. La politique se fait sur le long terme. « Et, monté sur le faîte, il aspire à descendre », écrivait Corneille dans Cinna. Mais je ne le souhaite pas pour la France, car un échec de Macron constituerait un risque grave avec la montée des populismes et de l’extrême droite.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-9">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ La chambre de l’instruction de Dijon a annulé, mercredi, les trois mises en examen en raison d’un vice de procédure. Explications.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Affaire Grégory : les motifs de l’annulation des mises en examen de Murielle Bolle et des époux Jacob

La chambre de l’instruction de Dijon a annulé, mercredi, les trois mises en examen en raison d’un vice de procédure. Explications.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h48
    |

            Soren Seelow








                        



   


C’est un dossier maudit. De coups de théâtre en rebondissements, l’enquête sur le meurtre du petit Grégory Villemin, en 1984, confirme jour après jour le naufrage judiciaire qu’elle est depuis son origine.
Par un arrêt du 16 mai, dont Le Monde a pris connaissance, la chambre de l’instruction de Dijon a annulé les trois mises en examen prononcées depuis la réouverture du dossier : celles de Murielle Bolle, qui avait 15 ans à l’époque des faits, et des époux Jacqueline et Marcel Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory Villemin. Leurs contrôles judiciaires ont été levés, et toutes les pièces relatives à leurs mises en examen, en juin 2017, ont été annulées.
C’est sur un point de droit que les défenseurs de Murielle Bolle et des époux Jacob ont obtenu gain de cause, la chambre de l’instruction renonçant à se prononcer sur le fond. Cette décision n’en constitue pas moins un coup porté à l’accusation.
Régularité des mises en examen contestée
Le 1er décembre 2017, les avocats de Murielle Bolle, Christophe Ballorin et Jean-Paul Teissonnière, avaient saisi la chambre de l’instruction d’une requête en nullité de plusieurs actes de la procédure, dont la mise en examen de leur cliente pour « enlèvement suivi de mort » le 29 juin 2017. Leur requête était motivée sur le fond comme sur la forme.
Les avocats contestaient notamment la régularité des mises en examen prononcées par la juge Claire Barbier. Alors présidente de la chambre de l’instruction, la magistrate avait été désignée en septembre 2011 pour instruire la réouverture de l’information judiciaire qui s’était close par un non-lieu en 2001.
Faisant valoir ses droits à la retraite, elle avait été remplacée en 2017 à la tête de la chambre de l’instruction par Dominique Brault et n’avait plus pour seule mission que d’instruire l’affaire Grégory.
Pouvoirs outrepassés
Or, ont fait valoir les avocats de Murielle Bolle, si la magistrate avait reçu pouvoir pour ordonner des expertises et des compléments d’investigation, elle n’était pas habilitée à procéder seule à des mises en examen, une mission qui aurait dû revenir à la chambre de l’instruction collégialement. La magistrate a donc à leurs yeux outrepassé ses pouvoirs pour s’arroger ceux d’un juge d’instruction.
La chambre de l’instruction leur a donné raison : dans son arrêt, elle rappelle que la chambre de l’instruction « doit être en mesure d’apprécier les charges ou indices graves ou concordants » avant qu’un magistrat délégué puisse « envisager la mise en examen ». Or Murielle Bolle a été mise en examen par Mme Barbier « sans que la chambre de l’instruction ait été préalablement saisie », « en violation des articles 201, 204 et 205 du code de procédure pénale ».
La chambre de l’instruction a par ailleurs cancellé (partiellement annulé) tous les actes de procédure portant mention de la mise en examen de Murielle Bolle, et annulé la confrontation avec son cousin le 28 juillet 2017, ainsi qu’une expertise psychologique.
Les époux Jacob, qui avaient également déposé une requête en nullité le 8 janvier, ont bénéficié de ce même raisonnement et ont vu leurs mises en examen annulées, ainsi que leurs interrogatoires et expertises psychologiques.

        Lire aussi :
         

                Affaire Grégory : ce que se sont dit Murielle Bolle et son cousin pendant la confrontation



« Une grande victoire »
« C’est une grande victoire de la défense de Murielle Bolle, qui va pouvoir reprendre une vie normale », a réagi Me Ballorin, qui veut y voir la preuve que sa cliente est « innocente ». Une interprétation contestée par le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, qui avait requis le rejet de cette requête en nullité. Dans un communiqué, il souligne que cette annulation « porte sur des points de procédures et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier », et précise qu’il avisera « sur les éventuelles suites procédurales » à y donner.
Les avocats des parents du petit Grégory, Thierry Moser, François Saint-Pierre et Marie-Christine Chastant-Morand, soulignent eux aussi que « le bien-fondé de ces mises en examen n’a en rien été remis en cause par cet arrêt de la cour d’appel de Dijon ». Ils demandent donc par communiqué « que la procédure reprenne maintenant son cours sur de bonnes bases » et que « la chambre de l’instruction convoque à nouveau Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier à nouveau leur mise en examen, en bonne et due forme ».
Si la juge Barbier sort fragilisée de cet épisode, rien n’empêche en effet la chambre de l’instruction de remettre en examen Murielle Bolle et les époux Jacob. De nombreuses pièces ayant été annulées, une telle décision impliquerait cependant de reprendre une partie de l’instruction au mois de juin 2017, date des mises en examen annulées, renforçant l’impression d’éternel recommencement qui hante ce dossier depuis maintenant trente-trois ans.

        Lire aussi :
         

                Les obsédés de l’affaire Grégory







                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-10">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ A trois semaines de son congrès confédéral, du 4 au 8 juin à Rennes, la première organisation syndicale du secteur privé précise qu’elle comptait 623 802 adhérents en 2017, et non 860 243 comme annoncés jusqu’alors.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ 
<article-nb="2018/05/16/19-11">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les principaux candidats au poste de gouverneur de Géorgie, aux Etats-Unis, ont diffusé leurs clips respectifs de campagne. Plusieurs d’entre eux affichent leur engagement contre les migrants et pour le port d’armes, dans des mises en scène garanties « politiquement incorrectes »
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/05/16/19-12">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Un quatorzième pied, portant une chaussure, a été trouvé au début de mai sur les côtes de la mer des Salish. Ces macabres découvertes donnent lieu à de nombreuses spéculations.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Au Canada, le mystère des « pieds humains flottants » trouve réponses

Un quatorzième pied, portant une chaussure, a été trouvé au début de mai sur les côtes de la mer des Salish. Ces macabres découvertes donnent lieu à de nombreuses spéculations.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 17h58
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Un pied droit masculin dans une chaussure de sport, trouvé en août 2007 sur l’île Jedediah ; puis un autre pied droit masculin dans une basket, échoué à la même époque sur l’île de Gabriola ; puis un pied dans une chaussure, en février 2008 sur l’île de Valdez ; et encore un pied, cette fois féminin, découvert quelques mois plus tard dans la rivière Fraser… Depuis plus d’une décennie, des randonneurs, des campeurs ou des travailleurs forestiers font de macabres découvertes sur les côtes de la mer des Salish, qui borde la Colombie-Britannique au Canada et l’Etat de Washington, au nord-ouest des Etats-Unis.
Au total, quatorze pieds ont été découverts sur les côtes canadiennes. Le dernier a été trouvé le 6 mai, sur l’île de Gabriola. Il portait une chaussure de marche, alors que les treize précédents étaient dans une chaussure de sport. Cinq pieds ont aussi échoué sur les côtes américaines.

   


Des chaussures en matières flottantes
Ces découvertes donnent lieu, depuis des années, à de nombreuses spéculations. Parmi les théories évoquées, celles de pieds appartenant à des victimes du tsunami de 2004, de trafiquants d’êtres humains, d’un tueur de la mafia, d’un fétichiste des pieds plutôt dérangé ou d’un tueur en série, résume le New York Times. Des thèses qui assombrissent l’image de carte postale de la Colombie-Britannique, connue pour ses montagnes belles à couper le souffle, ses pistes de ski et ses fruits de mer.



En réalité, pour les enquêteurs canadiens et les médecins légistes, ce macabre inventaire à la Prévert ne dissimule plus rien de mystérieux. Si la découverte de deux pieds en août 2007 avait alarmé les autorités, elles se veulent aujourd’hui rassurantes : il n’y a ni un « étrange tueur en série » pratiquant des amputations, ni de « drôles de petits aliens » qui déposent ces pieds le long des côtes, a ainsi expliqué, en 2016, la légiste Barb McLintock aux médias canadiens.
« Ces pieds appartiennent aux corps de suicidés ou d’accidentés », confirme au Monde Andy Watson, le porte-parole des services de médecine légale de Colombie-Britannique. L’explication serait donc simple : post-mortem, les pieds ont été naturellement séparés du reste du corps et les chaussures de sport ou techniques, imputrescibles car faites en matières synthétiques ou dotées d’un coussin d’amortissement rempli d’air, ont permis d’assurer leur flottaison, les courants faisant le reste.
Neuf pieds identifiés sur quatorze
La découverte de ces pieds n’a commencé « que lorsque nous avons eu des chaussures de course qui flottaient si bien, a précisé Barb McLintock. Avant, ils restaient là-bas au fond de l’océan ».
Neuf des quatorze pieds retrouvés au Canada ont d’ailleurs été identifiés, deux appartenant à la même personne. Un pied découvert le 4 novembre 2011 à proximité de Port Moody a par exemple été identifié comme appartenant à Stefan Zahorujko, un pêcheur disparu depuis 1985, rapporte le Washington Post.
En février, les services de médecine légale de Colombie-Britannique ont annoncé avoir identifié le pied découvert en décembre 2017 comme appartenant à Stanley K. Okumoto, qui vivait à East Bremerton, dans l’Etat de Washington. M. Okumoto était âgé de 79 ans lorsque sa disparition avait été signalée, le 19 septembre. Deux mois plus tard, sa voiture puis son corps – dont le pied s’était détaché – avaient été retrouvés dans le comté de Clallam, à environ 190 kilomètres de chez lui.
Les circonstances de la mort de cet homme restent, elles, totalement inexpliquées.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-13">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Des chercheurs dévoilent deux nouvelles pages du journal d’Anne Frank

L’adolescente avait recouvert de papier kraft des réflexions sur la sexualité, mais la technologie de traitement de l’image a permis de déchiffrer le contenu de ces pages.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 17h23
   





                        



   


Des chercheurs ont dévoilé mardi 15 mai que deux pages du journal intime d’Anne Frank, recouvertes de papier kraft, contenaient des « blagues salaces » et des réflexions sur le sexe.
« Je vais utiliser cette page pour écrire des blagues salaces », notait-elle le 28 septembre 1942, rapporte la Maison Anne-Frank. L’adolescente juive, alors âgée de 13 ans, a rédigé quatre blagues licencieuses et trente-trois lignes évoquant l’éducation sexuelle.
« Anne Frank écrit sur la sexualité de manière désarmante. Comme toute adolescente, elle s’interroge sur ce sujet », a expliqué Ronald Leopold, directeur de la Maison Anne-Frank. Du papier kraft avait été utilisé pour recouvrir les deux pages du journal, mais la technologie de traitement de l’image a permis d’en déchiffrer leur contenu.

The @annefrankhouse , with @HuygensING and @NIODAmsterdam, today presented the hidden text on two pages covered up… https://t.co/tj5cbnTmaL— annefrankhouse (@Anne Frank House)


require(["twitter/widgets"]);

Dans une phrase, elle évoque par exemple la prostitution :
« Tous les hommes, s’ils sont normaux, vont avec des femmes, des femmes comme ça les accostent dans la rue, et ensuite, ils partent ensemble. À Paris, ils ont des grandes maisons pour ça. Papa y est allé. »
Dans ces pages, l’adolescente fait également « une plaisanterie à propos d’un cocu qui retrouve un homme nu caché dans le placard de sa femme », rapporte Courrier international.
Comme le souligne le Guardian, elle aborde aussi la question de la menstruation, décrivant l’arrivée des règles chez une jeune femme comme « un signe qu’elle est mûre pour avoir des relations avec un homme, même si cela ne se fait pas, évidemment, avant le mariage ».
La jeune fille longtemps relayée en second plan
Pour Ronald Leopold, ces découvertes nous « rapprochent encore plus de la jeune fille et écrivaine Anne Frank ». Quelques mois après avoir recouvert la première inscription, « elle a souligné l’importance d’avoir une éducation sexuelle complète et de qualité, et ne pas comprendre pourquoi les adultes étaient si discrets sur le sujet ».
Pour la Maison Anne-Frank, la diffusion de ces textes se justifie par le fait que « pendant des décennies Anne est devenue un symbole mondial de l’Holocauste, et Anne “la jeune fille” a été relayée au second plan. Ces textes replacent au premier plan la curieuse et, à maints égards, précoce adolescente ».
On ignore pourquoi cette dernière avait recouvert les pages avec du papier kraft, mais à plusieurs reprises dans son récit, elle évoque la crainte que d’autres puissent lire ses écrits. Le 3 octobre 1942, elle écrit ainsi : « Papa grogne à nouveau et menace de me prendre mon journal. Horreur des horreurs, à partir de maintenant, je vais le cacher. »
Selon la fondation, Anne Frank avait « glané des informations sur le sujet de la sexualité auprès de ses parents, surtout de son père, de son amie Jacqueline et aussi dans des livres ». L’adolescente et sa famille se cachèrent à Amsterdam au cours de la seconde guerre mondiale. En 1942, la famille Frank s’était réfugiée dans une annexe secrète d’un bâtiment appartenant à la société du père afin d’échapper aux nazis.

        Lire aussi :
         

                Le casse-tête Anne Frank



L’adolescente y avait rédigé son journal, devenu l’un des récits emblématiques de l’Occupation, jusqu’à l’arrestation et la déportation de la famille, en 1944. Anne Frank est morte en 1945, à l’âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen, quelques mois avant la fin de la guerre. Publié deux ans plus tard, son journal s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-14">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Selon le Comité consultatif national d’éthique, il existe en France une « dénégation collective » du vieillissement qui se traduit par une « maltraitance latente et non assumée ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment la France maltraite ses vieux

Selon le Comité consultatif national d’éthique, il existe en France une « dénégation collective » du vieillissement qui se traduit par une « maltraitance latente et non assumée ».



Le Monde
 |    16.05.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h51
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? Dans un avis publié mercredi 16 mai, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dresse un constat extrêmement sévère de la façon dont celles-ci sont considérées et prises en charge, en particulier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Selon l’organisme consultatif, il existe dans notre pays une « dénégation collective » du vieillissement, qui se traduit par une « maltraitance » sous une forme « latente » et « non assumée » vis-à-vis d’une partie de la population âgée.

A l’origine de la réflexion du CCNE, amorcée en octobre 2016, avant les mouvements de grève dans les maisons de retraite, une question : « Quel sens à la concentration des personnes âgées entre elles, dans des établissements dits d’hébergement ? », le pays comptant à ce moment-là plus de 577 000 personnes hébergées dans ce type de structure. A l’arrivée, une réponse « résolument politique » et cinglante : cette concentration constitue une « institutionnalisation forcée » et même une « ghettoïsation ».
Cette mise à l’écart, cette « exclusion de fait de la société », même si elle vise aussi « de façon louable » à sécuriser et accompagner ces personnes vulnérables, pose « de véritables problèmes éthiques, notamment en termes de respect dû aux personnes », juge le CCNE. Les résidents doivent ainsi « payer cher » (tarif médian de 1 949 euros par mois) pour être dans un lieu qu’ils n’ont la plupart du temps pas choisi, qui les isole, et dans lequel « les professionnels font du mieux qu’ils peuvent avec des moyens qu’ils n’ont parfois pas ». Conséquence : « Dans un contexte de pénurie de personnels et de rationalisation des soins, le sentiment de solitude ressenti par...




                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-15">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les vingt-deux membres de l’organisation doivent décider, mercredi, de l’attitude à adopter après l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Gaza : la Ligue arabe se réunit en urgence

Les vingt-deux membres de l’organisation doivent décider, mercredi, de l’attitude à adopter après l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 12h07
   





                        



   


Montrés du doigt pour la tiédeur de leur réponse diplomatique face à la mort, lundi 14 mai, de 60 Palestiniens sous les balles israéliennes, les pays arabes se réunissent en urgence mercredi 16 mai, par le biais des délégués permanents de la Ligue arabe, pour discuter des suites à donner à l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.
Cette initiative américaine, que les vingt-deux membres de l’organisation panarabe jugent « illégale », a été qualifiée lundi de « violation claire du droit international » par le secrétaire général de la ligue, Ahmed Aboul Gheit.

        Lire aussi :
         

                Répression à Gaza : protestations de pure forme dans le monde arabe



A l’annonce du transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem par Donald Trump en décembre 2017, les ministres de la Ligue arabe avaient appelé les Etats-Unis à faire marche arrière, et qualifié la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël d’un « assaut clair » contre la nation arabe.

        Lire aussi :
         

                Sur le statut de Jérusalem, la Ligue arabe se contente d’une condamnation verbale



Nouvelle réunion jeudi
Jeudi 17 mai, une autre réunion « extraordinaire » se tiendra au siège de la Ligue arabe, situé au Caire, cette fois-ci au niveau des ministres arabes des affaires étrangères. Organisée à la demande de l’Arabie saoudite, cette seconde rencontre sera également destinée à « faire face à l’agression israélienne contre le peuple palestinien et réagir à la décision illégale prise par les Etats-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem », a déclaré Hossam Zaki, secrétaire général adjoint.
Ahmed Aboul Gheit a condamné mardi les « massacres » d’Israël envers les Palestiniens de Gaza, que l’Etat hébreu avait justifiés par la nécessité de défendre ses frontières. « Israël est une entité oppressive et meurtrière et ses politiciens et militaires doivent être traduits devant la Cour pénale internationale [CPI] », a pour sa part affirmé Amjad Shamout, le président de la commission permanente des droits de l’homme de la Ligue arabe, qui a appelé la CPI à lancer une enquête.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-16">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Une mission d’enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a pu établir que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique » en février lors d’une attaque contre la ville syrienne de Saraqeb.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

L’OIAC confirme l’utilisation de chlore comme arme chimique en Syrie

Une mission d’enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a pu établir que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique » en février lors d’une attaque contre la ville syrienne de Saraqeb.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h29
   





                        



   


L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé mercredi 16 mai que du chlore avait été « vraisemblablement utilisé comme arme chimique » le 4 février lors d’une attaque contre la ville syrienne de Saraqeb.
Une mission d’enquête de l’OIAC a pu établir que « du chlore a été libéré de cylindres par impact mécanique dans le quartier d’Al-Talil, à Saraqeb », affirme un communiqué de l’institution. Des saisies d’échantillons dans la région ont également « montré une présence inhabituelle de chlore dans l’environnement local », a précisé l’organisation sise à La Haye.
Onze personnes avaient été hospitalisées après cette attaque pour difficultés respiratoires, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Une information confirmée par l’OIAC : « Un certain nombre de patients avaient été soignés pour des symptômes correspondant à une exposition au chlore. »

        Lire aussi :
         

                Syrie : nouvelles accusations d’usage d’armes chimiques



Attaque chimique le 7 avril
En revanche, l’OIAC n’a pas dit qui avait pu utiliser ce chlore, en conformité avec le mandat qui lui a été délivré. A la suite de cette attaque chimique, et de celle du 5 février à Douma dans la Ghouta orientale, deux localités contrôlées alors par les rebelles, la commission internationale d’enquête sur la Syrie, mandatée par les Nations nies, avait ouvert une enquête.
L’OIAC attend actuellement les résultats d’une autre enquête lancée après l’attaque du 7 avril à Douma qui avait fait au moins 40 morts. L’équipe de l’OIAC a notamment exhumé des corps et rassemblé une centaine d’échantillons environnementaux, qui sont actuellement analysés dans différents laboratoires.

        Lire aussi :
         

                Attaque chimique à Douma : le « faisceau de preuves » qui accusent le régime syrien






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-17">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤         

Décryptage

En RDC, le parc naturel des Virunga à l’épreuve de la violence

La réserve, dont la fréquentation ne cessait d’augmenter, a fermé provisoirement ses portes après l’enlèvement de deux touristes et le décès d’une garde.

Laurence Caramel
    



LE MONDE
              datetime="2018-05-16T16:33:02+02:00"

        Le 16.05.2018 à 16h33






    
A l’entrée du parc national des Virunga, dans l’est de la RDC, en 2010.
Crédits : Finbarr O'Reilly / REUTERS


Après l’enlèvement de deux jeunes touristes britanniques et le décès d’une de ses gardes, le parc national des Virunga, en République démocratique du Congo (RDC), s’est résolu, mardi 15 mai, à fermer provisoirement ses portes. « La suspension des activités touristiques jusqu’au 4 juin est prise comme mesure de précaution alors qu’une enquête sur les circonstances de l’incident sécuritaire est en cours », justifient les autorités de la plus ancienne réserve naturelle d’Afrique dans un communiqué.

        Lire aussi :
         

                En RDC, les gardes du parc naturel des Virunga face aux groupes armés



Bethan Davies et Robert Jesty avaient été enlevés avec leur chauffeur, vendredi, alors qu’ils revenaient d’une excursion pour voir des gorilles des montagnes. La jeune Rachel Masika Baraka, une des 26 femmes sur les 700 gardes qui assurent la sécurité dans le parc, a été tuée en tentant de les protéger. Les otages ont été libérés dimanche dans des circonstances qui n’ont pas été précisées.
Escortes armées
L’est de la RDC est l’un des seuls endroits au monde, avec le Rwanda et l’Ouganda voisins, où il est encore possible d’observer des gorilles des montagnes, des primates classés en danger critique d’extinction. Dans l’une des zones les plus instables du pays, le courage des rangers du parc – dont 176 sont morts depuis vingt ans – et de son directeur belge, Emmanuel de Mérode – lui-même victime d’une attaque en 2014 –, avait permis de créer une enclave où les touristes venaient de plus en plus nombreux. En particulier depuis cette année, après que le Rwanda a décidé de facturer les permis de visite à 1 500 dollars, alors qu’ils ne s’élèvent qu’à 400 dollars en RDC.

        Lire aussi :
         

                La stratégie qui sauve les gorilles des montagnes en Afrique



Quitte à se plier à des règles de sécurité très strictes. Aucun déplacement ne se fait sans escorte armée. Chaque jour, des convois protégés par des rangers sont organisés depuis Goma pour acheminer quelques dizaines de touristes vers les principaux sites de visite des gorilles et vers le volcan Nyiragongo, qui, avec son cratère de lave en fusion, est l’autre grande attraction du parc. Le retour doit avoir lieu avant 15 heures, toujours sous escorte.
Expatriés travaillant pour des institutions internationales, membres d’ONG ou simples voyageurs, rarement africains, les touristes qui viennent aux Virunga le font souvent parce que s’écrit ici l’une des plus passionnantes aventures de conservation du continent. L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et l’Alliance Virunga, qui réunit des donateurs internationaux dont les principaux sont l’Union européenne et la fondation Howard Buffett, ont entrepris depuis dix ans d’inverser le cours funeste de ce parc en bâtissant un ambitieux projet de développement au profit des populations riveraines.
Pillage et racket
Trois centrales hydroélectriques ont été construites autour du parc et 20 000 emplois ont été créés depuis trois ans, selon un bilan publié début mai. L’arrivée de l’électricité dans les villages doit réduire la demande en « makala », le charbon de bois utilisé pour faire la cuisine qui est produit à partir des arbres illégalement abattus dans le parc.
Ce commerce, qui rapporterait plus de 34 millions de dollars par an (27,5 millions d’euros), est aux mains des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui occupent la partie centrale du parc depuis plus de vingt ans. Plusieurs autres groupes armés issus de rébellions locales ou régionales se financent sur le pillage des ressources naturelles, le racket des pêcheurs vivant sur les rives du lac Edouard ou les kidnappings, dont la fréquence est en forte augmentation depuis quelques mois.

        Lire aussi :
         

                En RDC, les enfants volés de Goma



Jamais cependant cette industrie de l’enlèvement n’avait touché des touristes et si près de Goma, dans une zone considérée comme ultra-sécurisée où sont postées plusieurs unités de l’armée congolaise. Le coup est donc rude. Il est trop tôt pour dire si l’activité du parc en sera durablement affectée. En attendant, il est certain que tous ceux qui convoitent ce territoire et ses richesses ne peuvent que se réjouir de cette nouvelle épreuve. A commencer par ceux qui rêvent de le voir déclassé de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour exploiter son pétrole.


<article-nb="2018/05/16/19-18">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à la polémique après qu’une étudiante est apparue avec un voile islamique dans un reportage de M6.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Responsable de l’UNEF voilée : Marlène Schiappa dit voir « une forme de promotion de l’islam politique »

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes a réagi à la polémique après qu’une étudiante est apparue avec un voile islamique dans un reportage de M6.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 16h35
    |

            Abel Mestre








                        


La polémique prend une tournure politique. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a réagi au fait que la présidente de la section locale de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France, syndicat classé à gauche) à l’université Paris-IV était apparue coiffée d’un voile islamique.
Après avoir rappelé que « le voile n’est pas interdit à l’université » car « les femmes adultes ont le droit de porter le voile si c’est leur choix », Mme Schiappa a affirmé « comprendre qu’il y ait une forme d’interpellation car l’UNEF est censé être un syndicat étudiant progressiste, féministe alors que le voile, c’est la preuve de l’emprise de la religion ». Et de conclure : « J’y vois une forme de promotion de l’islam politique. »
Si elle n’est pas chargée de l’enseignement supérieur, Marlène Schiappa s’exprime régulièrement sur les questions de laïcité. Elle a ainsi coécrit avec Jérémie Peltier, directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès, un livre intitulé Laïcité, point ! (Editions de l’Aube, 80 pages, 9,90 euros).
Débats houleux
La photo de Maryam Pougetoux est apparue ce week-end sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’un reportage sur M6 où elle s’exprimait à propos du mouvement étudiant contre la réforme de l’accès à l’université. Très vite, certains militants promouvant une laïcité stricte, comme Laurent Bouvet, cofondateur du Printemps républicain, s’en sont emparés. Des débats houleux ont fleuri entre les défenseurs de la jeune militante et ses contempteurs.
De nombreux anciens militants de l’UNEF, comme le socialiste Julien Dray, ont exprimé leur incompréhension. « Qu’une adhérente du syndicat décide de porter le voile (…), je peux l’admettre, (…) mais qu’elle devienne porte-parole, cela n’est pas possible », a notamment écrit sur Facebook le conseiller régional socialiste d’Ile-de-France.
L’UNEF a très vite pris la défense de Mme Pougetoux. Sa présidente, Lilâ Le Bas, a ainsi déclaré sur Twitter : « Tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droits des étudiant•e•s et qui subit des insultes racistes et islamophobes ! A vomir ! »

Ce soir tout mon soutien à Maryam militante syndicaliste de l’@UNEF qui milite au quotidien pour défendre les droit… https://t.co/RunsVMscCn— Lila_Lebas (@Lilâ Le Bas)


require(["twitter/widgets"]);

Une mue sur la question de la laïcité
Le syndicat d’étudiants a opéré, depuis quelques années, une véritable mue sur la question de la laïcité. Ainsi, en 2013, l’UNEF se positionnait contre le voile à l’université. Dans un communiqué concernant le rapport du Haut Conseil à l’intégration, l’organisation s’inquiétait alors « que la principale proposition qui ressort dans le débat public concerne le port du voile à l’université » et affirmait qu’elle « [militait] contre cette pratique qui enferme les femmes dans une situation de soumission par rapport aux hommes ». Ce communiqué a, depuis, été effacé du site de l’UNEF.
Plus récemment, une salle de prière a même été ouverte en 2015, lors d’un Collectif national (CN, parlement du syndicat) à la demande de quelques militants musulmans, comme une enquête du Monde le révélait en octobre 2017. Un épisode qui ne se répétera pas.
Cette conception de la laïcité, plus proche du modèle anglo-saxon, ne crée pas de débat en interne. « Nous sommes clairs sur ce que l’on dit, comment on l’applique et comment on la défend dans les universités », affirmait, en septembre 2017, Lilâ Le Bas. Le clivage se situe avec les ex-dirigeants du syndicat qui voient leur ancienne maison leur échapper et prendre un virage qu’ils estiment regrettable. Il faut dire que l’UNEF a, depuis plusieurs années, coupé le cordon qui la reliait aux partis politiques et à leurs différents courants. Le corollaire de cette indépendance est qu’il n’y a plus la structuration par des « parrains », qui donnaient la ligne à suivre et pouvaient corriger quelques errements ou positions trop radicales.

        Lire aussi :
         

                Le lent délitement de la maison UNEF






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-19">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La centrale a annoncé mercredi son intention de rejoindre la « marée populaire pour l’égalité, la justice sociale et la solidarité ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ 
<article-nb="2018/05/16/19-20">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Artisan de la recomposition politique, le premier ministre n’a pas coupé les liens avec son ancienne famille.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Edouard Philippe, le vrai faux ami de la droite

Artisan de la recomposition politique, le premier ministre n’a pas coupé les liens avec son ancienne famille.



Le Monde
 |    16.05.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 15h51
    |

            Cédric Pietralunga et 
Olivier Faye








                        



                                


                            

Edouard Philippe vient d’arriver à l’hôtel de Matignon, ce 15 mai 2017, jour de la passation des pouvoirs avec son prédécesseur, Bernard Cazeneuve. Après avoir assuré sur le perron qu’il reste « un homme de droite » malgré son ralliement à l’ancien ministre de François Hollande, le juppéiste passe quelques appels. Dont l’un à Nicolas Sarkozy, l’adversaire de trente ans de son mentor Alain Juppé ; celui avec qui l’ancien maire du Havre a longtemps entretenu, de son propre aveu, des « relations difficiles ».
Les deux hommes se connaissent à peine, mais, à droite, c’est presque devenu un passage obligé de traiter avec égard le jeune retraité de la politique, qui reste influent dans son camp et populaire dans le cœur des sympathisants. « Ce n’était pas Edouard Philippe qui appelait Nicolas Sarkozy, c’était le nouveau premier ministre qui appelait l’ancien président, justifie a posteriori un proche du locataire de Matignon. Entre ceux qui ont géré l’Etat, il y a une forme de solidarité. » 
Depuis un an, la relation entre MM. Philippe et Sarkozy s’est nourrie de nouveaux échanges téléphoniques et serait empreinte, selon les mots du chef du gouvernement, d’un « respect mutuel ». Elle est en tout cas le symbole d’un premier ministre soucieux de soigner sa droite.

« Style humoristico-faux nonchalant »
Chez Les Républicains (LR), pourtant, l’ancien cofondateur et directeur général de l’UMP – entre 2002 et 2004 – laisse le souvenir amer de celui qui a changé de camp à la veille des élections législatives, aggravant – selon certains – la déroute du parti. Ce ressentiment se lit dans la dureté des commentaires. « Edouard Philippe n’est pas premier ministre, il est directeur de cabinet. Il est parfois le collaborateur des collaborateurs d’Emmanuel Macron », grince le patron des députés LR, Christian Jacob.
« Il n’imprime absolument pas. Il a déjà un double prénom, il faudrait qu’il...




                        

                        


<article-nb="2018/05/16/19-21">
<filnamedate="20180516"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180516"><AAMMJJHH="2018051619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Pyongyang pourrait « reconsidérer » le rendez-vous historique si Washington « exige unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 15/05/2018
Découvrir l’application


                        

La Corée du Nord menace d’annuler le sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump

Pyongyang pourrait « reconsidérer » le rendez-vous historique si Washington « exige unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire ».



Le Monde
 |    15.05.2018 à 22h51
 • Mis à jour le
16.05.2018 à 14h14
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                        



   


Mécontente de ce qu’elle considère comme des négociations à sens unique, la Corée du Nord a reporté des discussions de haut niveau avec le Sud et menace de ne plus participer au sommet sur sa dénucléarisation, programmé le 12 juin à Singapour entre le dirigeant Kim Jong-un et le président américain Donald Trump. Pyongyang dénonce les exercices militaires annuels débutés dans le sud de la péninsule entre les forces américaines et sud-coréennes, le 11 mai, et invite Washington à « réfléchir à deux fois » à son « racket militaire provocateur ».
Si l’administration américaine « nous mettait au pied du mur et exigeait unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire, nous n’aurions plus d’intérêt pour des discussions et nous devrions reconsidérer le fait d’accepter le sommet à venir », a déclaré mercredi 16 mai le ministre adjoint des affaires étrangères, Kim Kye-gwan, cité par l’agence officielle KCNA.
Le ministre nord-coréen s’en est pris en particulier au conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, qui a évoqué le « modèle libyen » pour la dénucléarisation de la Corée du Nord. Il s’agit d’une « tentative hautement sinistre de faire subir à la Corée du Nord le sort de la Libye et de l’Irak ». « Je ne peux retenir ma colère face à cette politique américaine », a souligné Kim Kye-gwan. Pyongyang « doute que les Etats-Unis veuillent vraiment améliorer les relations avec la Corée du Nord au moyen du dialogue et de la négociation », a-t-il ajouté.
Deux semaines de manœuvres
Les manœuvres « Max Thunder » doivent durer deux semaines et mobiliser d’importants moyens aériens, notamment des appareils furtifs F-22.
La Corée du Nord a « déclaré maintes fois que les Etats-Unis devaient mettre un terme à leur politique hostile envers la Corée du Nord et à leurs menaces nucléaires comme conditions préalables », a ajouté Kim Kye-gwan.

        Lire :
         

          Corée du Nord : jusqu’où ira la bonne volonté du régime ?



KCNA a qualifié les exercices de « défi clair à la déclaration de Panmunjom » et de « provocation militaire délibérée contre l’atmosphère favorable qui prévaut dans la péninsule coréenne ». L’agence fait référence à la déclaration signée lors du sommet intercoréen du 27 avril au « village de la trêve » de Panmunjom, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, par Kim Jong-un et le président sud-coréen, Moon Jae-in. Ce texte mentionne la dénucléarisation de la péninsule et un engagement pour la paix.
« Le but des manœuvres est d’améliorer les capacités de l’alliance américano-sud-coréenne », a réagi le Pentagone, qui en souligne la « nature défensive  ».
Mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders a déclaré que la présidence américaine toujours « bon espoir » que le sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un aura lieu. « Nous agissons dans ce sens, mais en même temps nous étions conscients du fait qu’il pouvait s’agir de négociations difficiles », a ajouté Mme Sanders qui s’exprimait sur la chaîne Fox News.
Report des discussions « regrettable »
Diffusée juste avant une rencontre intercoréenne à Panmunjom, l’annonce a surpris Séoul. Le ministère de l’unification a jugé « regrettable » le report des discussions et a rappelé l’engagement ferme de la Corée du Sud « à mettre en œuvre fidèlement la déclaration de Panmunjom ».
Selon une source citée par l’agence sud-coréenne Yonhap, aucun B-52, appareil considéré par Pyongyang comme un élément majeur du parapluie nucléaire américain dont bénéficie le Sud, et comme une menace directe sur sa sécurité, ne devrait participer aux manœuvres. Le ministre sud-coréen de la défense, Song Young-moo, devait rencontrer dans l’urgence le général Vincent Brooks, commandant des forces américaines en Corée. « Nous continuons les préparatifs du sommet », avait auparavant réagi la porte-parole du département d’Etat américain, Heather Nauert, lors d’un point de presse régulier.

        Lire la tribune :
         

          Sommet intercoréen, la paix n’est pas encore « à portée de main »



Depuis la baisse des tensions, début 2018, le régime nord-coréen avait tempéré ses positions sur les manœuvres américano-sud-coréennes. En mars, Kim Jong-un aurait même fait savoir à une délégation sud-coréenne en visite à Pyongyang qu’il comprenait qu’elles devaient continuer.
« Des bâtons dans les roues »
Pour autant, et même si, comme l’écrit sur Twitter John Delury, de l’université sud-coréenne Yonsei, il est « typique » de voir la République populaire démocratique de Corée (RPDC) « mettre des bâtons dans les roues d’un processus diplomatique en jouant de quelque chose qui semble minime », Pyongyang pourrait vouloir exprimer une certaine frustration vis-à-vis de Washington et Séoul.

Yes it’s “typical NK” behavior to throw wrench in diplomatic process over what seems like a “little thing”. Have to… https://t.co/QvLyniMjQI— JohnDelury (@John Delury)


require(["twitter/widgets"]);

La RPDC a montré des signes de bonne volonté en annonçant le démantèlement de son site d’essais nucléaires de Punggye-ri, entre le 23 et le 25 mai en présence de journalistes étrangers. Le 15 mai à Genève, son ambassadeur à l’ONU, Han Tae-song, a annoncé qu’elle se joindrait aux efforts d’interdiction des essais nucléaires. Le 9 mai, elle a libéré trois Américains qui étaient détenus par Pyongyang depuis des mois.
Dans un article du 10 mai, le Rodong Sinmun, le quotidien du parti unique, avait toutefois accusé les Etats-Unis de « minimiser l’importance historique » du sommet intercoréen à Panmunjom et de la déclaration qui l’avait conclu, « en affirmant qu’ils sont “le résultat d’une pression maximale” et que “des sanctions soutenues et des pressions devaient être maintenues” ». Pyongyang y verrait la négation des efforts qu’il a consentis et attendrait des gestes en retour.



                            


                        

                        

