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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.
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« La connaissance de ses origines est indissociable de la réflexion de tout être humain sur son identité personnelle »

Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h00
    |

Vincent Brès (Président de l’association Procréation médicalement anonyme)







                        



                                


                            
Tribune. Les choses bougent, enfin, dans le monde un peu fermé de l’assistance médicale à la reproduction. Basé sur un système vieux de plus de quarante ans, le don de gamètes s’apprête à évoluer, répondant au mouvement de fond des évolutions de la société française.
Pour une raison très simple : les premiers à en être nés sont devenus des adultes responsables, souvent parents eux-mêmes, et prennent maintenant la parole. Ils dénoncent l’injustice d’un système qui confisque, sans jamais les avoir consultés, des informations sur leur hérédité.
La transmission des données non identifiantes sur les donneurs ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don
La présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) a récemment proposé de réformer les pratiques au travers de la possibilité d’offrir des données non identifiantes aux personnes qui le souhaitent.
Si l’intention est à saluer, puisque pour la première fois les professionnels de l’assistance médicale à la procréation (AMP) avec don se tournent vers les personnes qui en sont issues, elle est encore insuffisante. Elle peut même apparaître comme un écran de fumée pour finalement ne rien faire, ne rien changer. La transmission des données non identifiantes sur les donneurs telles qu’une vague profession et quelques traits physiques généraux ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don.
Principe d’appariement
Pour savoir à quoi pourrait ressembler leur donneur, les personnes nées de don n’ont qu’à se tourner… vers leur propre père ! Grâce au principe d’appariement, mis en place par les CECOS en choisissant le donneur le plus proche physiquement du père d’intention, il n’y a que peu de doutes sur l’apparence physique de celui à qui ils doivent d’être nés.
La transmission d’informations non identifiantes est donc un os à ronger proposé aux enfants nés de don qui ne résout rien
Sa profession...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.
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Ebola : un vaccin expérimental sera utilisé en RDC

La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h43
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


Un vaccin expérimental contre Ebola pourrait être déployé dès lundi 21 mai en République démocratique du Congo (RDC). Alors que le virus s’est déclaré dans le nord-ouest du pays, les autorités ont donné leur feu vert lundi 14 mai à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les premières doses devraient être acheminées dans la semaine mais la logistique s’avère très compliquée. L’épicentre de l’épidémie, la ville de Bikoro, se situe dans une zone très reculée, à deux jours de route de la capitale Kinshasa. Par ailleurs, le vaccin doit être conservé à une température comprise entre – 60°C et – 80°C ce qui suppose l’envoi des équipements spécifiques.

        Lire aussi :
         

                La fièvre de Lassa, maladie proche d’Ebola, se répand au Nigeria



Mis au point par le laboratoire pharmaceutique Merck en 2016, le vaccin s’est révélé efficace lors d’essais sur les humains, mais il n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Connu sous le nom de code V920, il avait été testé en Guinée en 2015, à la fin de l’épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest. Les résultats publiés dans The Lancet début 2017 semblent très prometteurs : sur les quelque 6 000 personnes vaccinées (dont près de 200 enfants) aucune n’a contracté la maladie dans les semaines suivant la vaccination. Les participants avaient été sélectionnés sur la base de leur proximité avec un patient infecté.
Le V920 s’appuie sur les travaux d’un laboratoire de recherche public canadien, et a d’abord été développé par la biotech américaine NewLink Genetics. Merck a conclu avec elle un accord de licence fin 2014, et commencé les vaccinations dès mars 2015 en Guinée. Les données collectées lors de cet essai clinique, le plus important conduit dans un contexte épidémique, seront étudiées à la loupe par les autorités de santé en Europe et aux Etats-Unis où Merck prévoit de déposer une demande d’AMM. Le laboratoire comptait présenter son dossier fin 2017 mais a pris du retard, et aucun calendrier n’a été avancé pour 2018.
Les vaccins ont été fabriqués par Merck
L’OMS dispose aujourd’hui de 4 000 vaccins, mais au moins 300 000 autres doses sont disponibles. Ces vaccins ont été fabriqués par Merck à la suite d’un accord passé avec Gavi, une organisation internationale dont l’objectif est de favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins. En janvier 2016, elle s’était engagée à verser 5 millions de dollars au laboratoire américain en contrepartie de la création d’un stock d’urgence. « Il est inquiétant de constater que le monde n’est toujours pas prêt à faire face aux nouvelles menaces sanitaires qui pourraient se présenter à l’avenir ; il faut absolument changer de mentalité et investir dès aujourd’hui dans la recherche et le développement pour assurer notre protection dans les années à venir, » avait à ce moment déclaré le Dr Seth Berkley, le directeur de Gavi.

        Lire aussi :
         

                Nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo



L’OMS a comptabilisé 39 cas suspects, probables ou confirmés de fièvre Ebola entre le 4 avril et le 13 mai aux alentours de Bikoro. Sur ces cas-là, 19 ont été mortels. Près de 400 personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en observation. Elles devraient être les premières à recevoir le vaccin, ainsi que le personnel soignant, l’objectif étant de limiter au maximum le risque de diffusion.
Mbandaka, la ville la plus proche, se situe à quinze heures de route. « Une épidémie urbaine majeure [à Mbandaka] est un risque immédiat », a souligné Peter Salama, responsable des situations d’urgence à l’OMS. « Une fois qu’Ebola arrive dans les zones urbaines, en particulier dans les bidonvilles urbains pauvres, il est très difficile d’éliminer la maladie », a-t-il ajouté. Les liaisons fluviales représentent aussi un risque : par le fleuve Congo, Bikoro est relié à la capitale Kinshasa (11,5 millions d’habitants) ainsi qu’à Brazzaville la capitale de la République du Congo (1,9 million d’habitants).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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« Pour que la France puisse peser en matière d’intelligence artificielle »

Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h15
    |

Manuel Davy (PDG de Vekia, start-up spécialisée dans la gestion des approvisionnements des entreprises par l’intelligence artificielle)







                        



                                


                            
Tribune. Le monde de l’intelligence artificielle n’a pas attendu l’été pour donner le coup d’envoi de son mercato. En avril, Apple a cassé sa tirelire pour recruter John Giannandrea, ­responsable de la recherche et de l’intelligence artificielle… chez Google. Bien qu’aucune information n’ait fuité sur le montant du « transfert », certaines sources évoquent un salaire à huit chiffres. Une hypothèse envisageable quand on sait qu’Anthony Levandowski, un des pontes de la division voiture autonome de Google, a perçu plus de 120 millions de dollars en à peine neuf ans avant de passer chez Uber. Des sommes mirobolantes – plus proches des salaires de la NBA que de ceux du monde scientifique – justifiées par la rareté des talents.
seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens
Le cabinet canadien Element AI estime à moins de 10 000 le nombre de personnes dans le monde capables de se mesurer aux défis de l’intelligence artificielle. Un contingent dans lequel la France ­figure certainement en bonne place, avec 13 lauréats de la médaille Fields et des personnalités comme Cédric Villani (député LRM et mathématicien), Yann LeCun (directeur de l’intelligence artificielle chez Facebook) ou Patrice Simard (ingénieur chez Microsoft, spécialisé dans le machine teaching). Toutefois, ­attention à ne pas céder au triomphalisme. Si la France a été capable de ­former et de placer des chercheurs de haut niveau dans l’élite de l’intelligence artificielle, rien ne dit qu’il en ira de même durant les prochaines années.
En 2016, l’étude « Trends in International Mathematics and Science Study » (Timss), qui évalue les performances des élèves en mathématiques et en sciences, publiait des conclusions sans appel : seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens. Pis, en termes de compétences en mathématiques, la France est 22e...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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« Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales »

Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. La mondialisation en cours dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon affecte plus spécifiquement la France, qui, de longue date, possède un modèle dual, avec les universités et les grandes écoles. Ces dernières, et notamment les écoles d’ingénieurs les plus sélectives, se retrouvent depuis une quinzaine d’années confrontées à diverses questions existentielles : que signifie le terme d’ingénieur généraliste à l’international ? Pour quels profils de carrière ?
Les grandes écoles d’ingénieurs doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche
Ce choc assez soudain et inattendu est une épine dans le pied de ces établissements, voire une blessure narcissique pour un certain nombre de nos décideurs passés par ces écoles. Plusieurs stratégies ont été mises en œuvre pour y répondre. Si l’on prend l’exemple de l’Ecole polytechnique (dont le mandat de président est en cours d’attribution), l’accent a été mis d’abord sur le management et les start-up, puis sur une tentative de regroupement entre grandes écoles, tournant le dos à la coopération avec l’université Paris-Sud.
Nous sommes convaincus que ces deux orientations sont profondément erronées. Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales (HEC, ­Essec, etc.). Elles doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche : que ceux-ci irriguent effectivement l’enseignement, et qu’une réelle démarche scientifique, avec ses questionnements et sa créativité, vienne former des étudiants sélectionnés principalement sur leur capacité à réussir aux concours, à la suite d’un parcours assez standardisé et normatif.
Innovation et reconnaissance internationale
Ce lien avec la démarche scientifique, trop longtemps négligé dans ces grandes écoles, nous paraît fondamental. Bien évidemment, tous les étudiants qui en sont issus n’ont pas...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La sclérose latérale amyotrophique serait plus fréquente chez les grands sportifs. Une énigme qui pourrait s’expliquer par une particularité des neurones moteurs, très vulnérables au stress énergétique lié à l’effort.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Le sport intensif, facteur de risque de la maladie de Charcot ?

La sclérose latérale amyotrophique serait plus fréquente chez les grands sportifs. Une énigme qui pourrait s’expliquer par une particularité des neurones moteurs, très vulnérables au stress énergétique lié à l’effort.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 13h00
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Ne nous savonnons pas la planche, la présente chronique ne remet pas en cause les bénéfices multiples de l’activité physique pour la santé. Mais le meilleur des médicaments a, comme tous les autres, de potentiels effets indésirables dont il faut bien discuter. En l’espèce, un sujet taraude les scientifiques depuis des décennies : le sport, et en particulier sa pratique intensive, est-il un facteur de risque de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ? La question est d’autant plus délicate que cette affection dégénérative des motoneurones, aussi appelée maladie de Charcot, est rare – elle touche de cinq à huit personnes pour 100 000 –, mais grave. Elle se traduit par une paralysie progressive du corps avec fonte musculaire, conduisant à une grande dépendance.
L’hypothèse d’un lien entre sport et SLA a d’abord été soulevée en raison de cas chez des champions de plusieurs disciplines sportives. Le premier, et l’un de ceux qui ont le plus marqué les esprits, est celui du joueur de base-ball américain Lou Gehrig, décédé des suites d’une SLA en 1941, à 37 ans. Il a d’ailleurs laissé son nom à cette affection, baptisée maladie de Lou Gehrig en Amérique du Nord. Depuis, d’autres exemples ont été médiatisés, et plusieurs études ont été conduites. En scrutant une cohorte de plus de 7 300 footballeurs professionnels, en activité entre 1970 et 2000 en Italie, des chercheurs de l’université de Pavie ont retrouvé un taux de SLA 6,5 fois plus élevé que dans la population générale. Le risque de SLA augmentait avec la durée de la carrière professionnelle, soulignait l’article (Brain, 2005). Cette étude a cependant été critiquée, et d’autres recherches n’ont pas confirmé cet excès de risque.
Qualité de la méthodologie
L’étude d’un consortium européen, parue le 23 avril dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry apporte de nouveaux éléments au débat. Elle a porté sur 1 557 patients avec SLA, comparés...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.
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Mort de Christian Goudineau, historien et archéologue

Grande figure de l’archéologie française, l’ancien titulaire de la chaire des Antiquités nationales au Collège de France Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 01h23
    |

Laurent Olivier (Historien et archéologue)







                        



                                


                            
L’historien de l’Antiquité et archéologue de la Gaule Christian Goudineau est mort le 9 mai, à l’âge de 79 ans. Né le 5 avril 1939, il avait commencé sa carrière de chercheur en 1968, année où il était à la fois sorti de l’Ecole française de Rome et entré à l’université de Provence (Aix-en-Provence), au sein de laquelle il enseignera l’archéologie des antiquités nationales jusqu’en 1984. « Vous êtes fou, Goudineau ; c’est du suicide ! », lui avait lancé son maître, le latiniste Jacques Heurgon, pour tenter de le dissuader de s’engager sur le chemin, étroit et délaissé, de l’archéologie gauloise.
Bien peu étaient conscients de la révolution qui s’annonçait dans la recherche archéologique française et personne n’imaginait encore l’ampleur qu’elle allait prendre. En l’espace d’une génération, on allait passer d’une pratique d’amateurs isolés et dénués de moyens, pour la plupart autodidactes, à une activité professionnelle, bénéficiant de financements importants, ouverte sur la recherche internationale et en particulier européenne.
Christian Goudineau l’avait-il pressenti ? En tout cas, c’est lui qui a accompagné, et en grande partie conduit, cette mutation de l’archéologie française, entre les années 1980 et 2000. Il est resté, fondamentalement, un enseignant-chercheur, combinant l’enseignement universitaire et l’encadrement de la recherche de terrain. Dès l’année suivant son entrée à l’université, il prend la tête de la direction des antiquités historiques de la Côte d’Azur, où il organise les fouilles.
Spécialiste de la Gaule
Puis, à partir de 1978, il entre au Conseil supérieur de la recherche archéologique, où il va jouer un grand rôle. A ce moment, il n’existe encore ni cadre réglementaire ni corps de chercheurs professionnels pour faire face à l’explosion des découvertes que provoque, partout sur le territoire national, l’expansion des travaux d’aménagement. Christian Goudineau contribuera à mettre en place une organisation...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le nouvel instrument en cours d’installation au Very Large Telescope, au Chili étudiera les conditions de formation des systèmes planétaires.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/05/2018
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Au Chili, un nouveau téléscope qui remonte aux origines des planètes

Le nouvel instrument en cours d’installation au Very Large Telescope, au Chili étudiera les conditions de formation des systèmes planétaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h58
    |

                            Camille Lavoix (Désert d’Atacama (Chili), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il s’appelle Matisse. Il est niché sous terre, au cœur des montagnes chiliennes du désert d’Atacama (Chili). L’air y est le plus sec du monde, faisant de chaque nuit une opportunité de voir le ciel austral. Matisse ne dort pas, il est en pleine phase de tests. Il pèse trois tonnes et la grande boîte qui l’abrite est transparente, offrant à la vue de celui qui s’aventure dans les souterrains 20 m3 de prouesses scientifiques. Derrière les parois en verre, miroirs et moteurs s’enchevêtrent sur une table optique. Plus de 10 000 éléments confectionnés, assemblés et alignés au millionième de mètre près, fonctionnent dans l’obscurité.
Au-dessus de Matisse, comme installés sur son toit, quatre mastodontes d’acier et de verre aux allures d’immeubles répondent à des noms évocateurs en mapudungun, la langue du peuple indigène ­mapuche : Antu (Soleil), Kueyen (Lune), Melipal (Croix du Sud) et Yepun (Vénus). Sur cette plate-forme à 2 600 mètres d’altitude, ces quatre gigantesques unit telescopes (UT) de 430 tonnes chacun composent le cœur du VLT, le Very Large Telescope, l’un des principaux instruments gérés par l’Observatoire européen austral (ESO), qui associe quinze pays du Vieux Continent. La lumière des étoiles se concentre dans ces immenses entonnoirs, pour ­finir dans les entrailles de Matisse, sous terre.
Ce nouvel instrument français, abréviation de « Multi AperTure mid-Infrared SpectroScopic ­Experiment », fruit de dix ans de travail entre ­plusieurs instituts européens, va décupler les ­potentialités du VLT. Bruno Lopez, astronome à l’Observatoire de Nice et responsable scientifique de Matisse, espère qu’il permettra de comprendre comment se forment les planètes : « La question de l’origine du système solaire est ancienne : elle ­fascinait Descartes, Kant, Laplace. Nous espérons pouvoir y répondre ».

Pour saisir comment fonctionnera Matisse, il faut suivre Nicolas Schuhler, ingénieur français qui ­arpente...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’Extremely Large Telescope, dans le désert d’Atacama au Chili, va devenir, en 2024, le plus grand œil braqué sur le ciel.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
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Le plus grand télescope du monde sort de terre

L’Extremely Large Telescope, dans le désert d’Atacama au Chili, va devenir, en 2024, le plus grand œil braqué sur le ciel.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 15h34
    |

                            Camille Lavoix (Désert d’Atacama (Chili), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Dans les montagnes du désert d’Atacama, au Chili, à 23 kilomètres à l’est du mont Paranal, où se situe le VLT, le Very Large Telescope, un autre géant est en train de naître. Sur le mont Armazones, à 3 046 mètres d’altitude, les pelleteuses préparent le terrain de l’ELT, l’Extremely Large Telescope. Lorsqu’il entrera en service, en 2024, ce sera le plus grand œil au monde braqué sur le ciel. Son miroir principal, de 39 mètres de diamètre, s’étendra sur pratiquement la moitié d’un terrain de football. L’ELT est le projet de tous les superlatifs, l’ESO (l’Observatoire européen austral), qui le construit, espère « qu’il ­révolutionnera notre perception de l’Univers, bien plus que ne le fit Galilée il y a quatre cents ans quand il pointa pour la première fois un ­télescope vers le ciel ».

La surface collectrice de lumière de l’ELT sera supérieure à la surface combinée de l’ensemble des télescopes optiques existants et 100 millions de fois plus importante que celle de l’œil humain. Un record : 978 m2. Avec son système à cinq miroirs, l’ELT va s’attaquer à de nombreuses questions, notamment celle de l’origine de l’Univers à travers ses galaxies les plus anciennes et l’étude détaillée d’exoplanètes. Ces dernières sont des planètes qui gravitent autour d’autres étoiles que notre Soleil. L’ELT ciblera les exoplanètes similaires à la Terre, ou tout du moins présentant de potentiels signes de vie au-delà de notre Système solaire.
Des planètes au plus près de leur étoile
Cette recherche d’« extraterrestres » bat déjà son plein au VLT avec le nouvel instrument made in Genève, Espresso. Jorge Lillo-Box travaille à sa mise en service pour octobre 2018 et rêve déjà de poursuivre ses recherches avec l’ELT. Grâce à son miroir géant, l’astronome espagnol et ses collègues verront des planètes au plus près de leur étoile. Comme si un humain, à 10 kilomètres, pouvait distinguer la lumière d’un briquet allumé à côté d’un phare. L’enjeu est de pouvoir...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ La pandémie qui, depuis trente ans, décime les amphibiens sur tous les continents, est partie de Corée et s’est répandue à la faveur du commerce mondial.
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Le champignon tueur de grenouilles venait de Corée

La pandémie qui, depuis trente ans, décime les amphibiens sur tous les continents, est partie de Corée et s’est répandue à la faveur du commerce mondial.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h12
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Les investigations scientifiques n’ont rien à envier aux enquêtes policières. L’annonce, jeudi 10 mai, dans la revue Science, de l’origine du terrible champignon qui dévaste les populations d’amphibiens depuis quelques décennies, en apporte une preuve éclatante. Vingt ans après l’identification de Batrachochytrium dendrobatidis, plus communément baptisé « Bd », une équipe internationale a établi que le pathogène était parti de Corée avant de muter et de conquérir le monde au cours du XXe siècle. Forts des informations recueillies, les chercheurs relèvent la responsabilité du commerce mondial et réclament un arrêt des importations de grenouilles, crapauds et autres salamandres en provenance d’Asie.
Jusqu’ici, l’histoire de cette terrible pandémie – qui contribue à faire des amphibiens le groupe animal le plus menacé, selon l’Union internationale de protection de la nature – restait mystérieuse. D’où était-elle partie ? Comment et quand s’était-elle répandue ? Afrique, Amérique du Sud ou du Nord, Japon et Asie du Sud-Est avaient été envisagés. Quant à la date d’apparition de la souche la plus virulente du pathogène, certains généticiens la jugeaient récente (quelques décennies), d’autres très ancienne (jusqu’à 26 000 ans).
Pour mettre tout le monde d’accord, Matthew Fisher, de l’école de santé publique de l’Imperial College de Londres, a rassemblé 56 scientifiques issus de 38 laboratoires et s’est lancé dans une vaste entreprise de collecte d’échantillons à travers le monde. Un travail de bénédictins. « Nous sommes partis deux semaines en Guyane, dans des régions évidemment très difficiles d’accès, raconte Claude Miaud, de l’université de Montpellier. Nous avons capturé 250 amphibiens, recueilli par frottis le mucus que nous avons mis en culture dans 500 boîtes de Petri. Mais tous les animaux ne sont pas infectés et la culture ne marche pas toujours… Nous n’avons finalement pu exploiter que… trois échantillons. »

Au...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ L’engin de l’agence spatiale américaine permettra d’observer des zones inaccessibles depuis le sol. Il devrait être sur place en 2021.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.
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Le monde entier se ligue contre les mauvaises graisses

L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h33
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


C’est la première initiative mondiale. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le PDG de Resolve to Save Lives, Tom Frieden, ont lancé, lundi 14 mai, une stratégie pour l’élimination des acides gras trans (AGT) d’origine industrielle de l’alimentation d’ici à 2023. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plus d’une décennie et qui pourrait « sauver plus de 10 millions de vies », selon l’OMS. La consommation d’AGT artificiels, présents dans les margarines, la pâtisserie industrielle et les aliments cuits ou frits dans de l’huile de cuisson, serait « responsable de plus de 500 000 décès prématurés par maladie cardio-vasculaire chaque année dans le monde », selon l’institution internationale.
Les six actions stratégiques proposées par l’OMS sont regroupées sous l’acronyme anglo-saxon « Replace ». Elles s’articulent ainsi : dresser l’inventaire des sources d’AGT d’origine industrielle, promouvoir des graisses plus saines, prendre des mesures législatives pour éliminer les AGT d’origine industrielle, évaluer les évolutions des consommations, sensibiliser aux effets néfastes des AGT et appliquer des politiques et réglementations.
Les acides gras insaturés se présentent sous deux formes selon que leurs atomes d’hydrogène sont situés du même côté (« cis ») ou de part et d’autre (« trans ») de la molécule. Certains AGT sont d’origine naturelle et sont présents dans la viande de ruminants, le lait et les produits laitiers. D’autres, produits industriellement, notamment par hydrogénation des huiles végétales, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire comme stabilisateurs et comme conservateurs. De nombreux produits, tels que les viennoiseries, les pizzas industrielles, les quiches, des barres chocolatées, des plats cuisinés, vont accroître l’apport alimentaire en AGT.
Le bon et le mauvais cholestérol
Or, comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site Internet, « les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Ces effets passent par une augmentation du “mauvais” cholestérol (LDL) et une baisse du “bon” cholestérol (HDL) ». A l’inverse, précise l’Agence, « aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».
De ce fait, l’agence française avait fixé en 2005 à 2 % de l’apport énergétique total le seuil maximal d’apport en AGT – l’OMS abaissant encore ce seuil à 1 % par la suite. En 1998-1999 la première enquête de consommation alimentaire INCA (individuelle et nationale sur les consommations alimentaires) montrait qu’en France, les garçons âgés de 12 à 14 ans constituaient la tranche d’âge la plus consommatrice d’AGT, avec près de 8 g/jour. Les enquêtes ultérieures étaient plus rassurantes avec des apports moyens situés en dessous du seuil de 2 % de l’apport énergétique total.
La situation ailleurs est plus préoccupante. Les habitants des régions les plus pauvres sont beaucoup plus exposés. Directeur du département nutrition à l’OMS, le Dr Francesco Branca évoque en particulier l’Europe de l’Est, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, et beaucoup des Etats africains, avec des aliments vendus dans la rue pouvant atteindre jusqu’à 22 fois plus que l’apport quotidien recommandé.
Lire aussi : Vos frites, avec ou sans acides gras trans ?
Une substance toxique dont on peut se passer
Le Danemark a été le pays pionnier en matière de mise en œuvre d’une stratégie offensive contre les AGT d’origine industrielle. En 2003, les autorités ont mis en place un taux maximal légal d’AGT d’origine industrielle dans les huiles et matières grasses fixé à 2 %. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire avait diminué : le taux moyen est passé de 440 à 426 morts pour 100 000 habitants.
Cette initiative a été suivie par d’autres et, notamment, il y a une décennie par la ville de New York. De 2002 à 2009, le Dr Tom Frieden était commissaire à la santé de la métropole américaine. Il a été l’architecte de l’élimination des graisses d’origine industrielle dans la municipalité, en commençant par les restaurants, avant de poursuivre ce combat contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’échelle fédérale, à la tête des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de 2009 à 2017. Aujourd’hui, il explique : « Les AGT sont des substances toxiques ajoutées aux aliments et elles tuent des gens. On peut s’en passer sans que cela modifie le goût, le coût ou la disponibilité des aliments. Donc, il faut les éliminer. De grandes chaînes de restauration l’ont fait sans problème. »
Tom Frieden souligne qu’après l’avoir réussi avec des maladies infectieuses, comme la variole, ou y être quasi parvenu pour la poliomyélite, « ce serait la première fois qu’on pourrait atteindre à l’échelle mondiale l’élimination d’un facteur de risque d’une maladie non transmissible et sauver des vies ».
Aller plus loin que l’étiquetage
En 2006, les Etats-Unis ont imposé aux industriels d’indiquer sur les produits la présence d’AGT. Entre 2003 et 2012, la consommation des acides gras trans a diminué de près de 80 %, chutant de plus de 4 grammes par jour à environ 1 gramme. Dans la foulée de l’évaluation, à la fin de 2013, par la Food and Drug Administration (FDA) concluant à la nocivité des AGT, les Etats-Unis ont décidé, le 16 juin 2015, leur interdiction, les industriels se voyant accorder un délai de trois ans pour les remplacer par des substances présentant moins de risques.

        Lire aussi :
         

          Les Etats-Unis veulent bannir les « mauvaises graisses » des produits alimentaires d’ici à trois ans



D’autres pays européens ont emboîté le pas et imposé eux aussi une teneur maximale en AGT. Dans l’ordre chronologique : la Suisse, l’Autriche, l’Islande, la Hongrie, la Norvège et la Lettonie. Toutes ces expériences ont démontré que la substitution est parfaitement possible.
Le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre 2016 visant à aller plus loin que la simple information des consommateurs par l’étiquetage et demandant à la Commission européenne d’« instaurer le plus tôt possible une limite européenne légale relative à la teneur en AGT dans tous les aliments ». Cette proposition devait être faite « au plus tard dans deux ans » (octobre 2018) et accompagnée d’une étude d’impact.
Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 pays – pour la plupart à revenu élevé – ont adopté des mesures contre les AGT dont une vingtaine ont instauré leur interdiction ou imposé un taux maximal. L’Argentine les a quasiment éliminés, la Thaïlande devrait à son tour les bannir en juin.
Comme le résume Tom Frieden, « quand on remplace les AGT, les aliments ont bon goût et seul votre cœur sentira la différence ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ La plus vieille cendre volcanique vient d’être découverte au Gabon, sur un site où ont aussi été trouvés les fossiles des plus anciens organismes multicellulaires.
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Un amendement au projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes prévoit que cette pathologie soit considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.
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Amnésie traumatique : l’allongement du délai de prescription en débat

Un amendement au projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes prévoit que cette pathologie soit considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h04
    |

                            Sophie Boutboul








                        



                                


                            
Lors de l’examen du projet de loi ­contre les violences sexuelles et sexistes, qui a ­débuté lundi 14 mai en séance publique, à l’Assemblée nationale, Sophie Auconie, ­députée (UDI) d’Indre-et-Loire, présentera un amendement approuvé au Sénat. Ce dernier prévoit que l’amnésie traumatique soit ­considérée comme un obstacle à la dénonciation des faits entraînant la suspension de la prescription.
L’amnésie post-traumatique fera quoi qu’il ­arrive son apparition dans la ­législation puisqu’elle est citée dans le projet de loi parmi les arguments ayant motivé l’allongement du délai de prescription de vingt à trente ans pour les crimes sexuels.
Dans une étude prospective de 1995, la sociologue américaine Linda Williams avait recueilli les témoignages de 129 femmes reçues à ­l’hôpital après des plaintes dans leur enfance pour des violences sexuelles. Parmi elles, 38 % ne se souvenaient pas du viol ou des agressions subies dix-sept ans auparavant. « La loi prendra désormais en compte la réalité des difficultés que les mineurs victimes peuvent rencontrer à révéler les faits, quand ils se retrouvent plusieurs ­années dans l’incapacité de s’en souvenir », explique Youssef Badr, porte-parole de la chancellerie.
« Stress post-traumatique »
En France, la psychiatre Muriel ­Salmona travaille depuis des années sur le mécanisme de l’amnésie traumatique. Elle a réalisé, en 2015, l’enquête « Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte », avec le soutien de l’Unicef. Conduite auprès de 1 200 victimes par son ­association, Mémoire traumatique, elle concluait que plus d’un tiers des répondants témoignaient d’une ­période d’amnésie traumatique.
Dans le DSM-5, le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association psychiatrique américaine, l’amnésie dissociative est décrite comme un « symptôme de l’exposition à la mort, à des blessures graves ou à des violences sexuelles ». Il y est expliqué que « certaines...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Le projet de loi examiné à partir de lundi à l’Assemblée nationale prend en compte cette incapacité à se souvenir d’un événement traumatisant. Reportage dans un groupe de parole.
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Violences sexuelles : comment remonter le fil de l’amnésie traumatique

Le projet de loi examiné à partir de lundi à l’Assemblée nationale prend en compte cette incapacité à se souvenir d’un événement traumatisant. Reportage dans un groupe de parole.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 14h50
    |

                            Sophie Boutboul








                        



                                


                            
Dans un silence impeccable ponctué de chants d’oiseaux du jardin attenant, six femmes et un homme échangent autour d’une table, grignotant des tomates cerises et des chips. Il est 13 heures et le soleil entre par touches dans la salle de la Maison d’accueil de l’Assomption de ­Paris, prêtée pour l’occasion. En ce jour de printemps quasi caniculaire se tient le premier groupe de parole consacré aux victimes de violences sexuelles dans l’enfance ayant subi une amnésie liée aux traumatismes, menant à un effacement partiel ou total des faits dans la mémoire.
L’amnésie traumatique ? C’est un « mécanisme dissociatif, une déconnexion du circuit de la ­ mémoire pour survivre, qui se produit chez des ­victimes de viol, mais aussi de guerre », explique la psychiatre Muriel Salmona. La journaliste Mié ­Kohiyama, initiatrice de ce projet de groupe de parole, sans vocation thérapeutique, s’est remémoré à 37 ans les viols dont elle-même a été victime petite : « L’idée est de partir du “Je” pour partager, créer du lien et échanger sur l’amnésie traumatique, ce mécanisme qu’on a toutes traversé. » Les participantes se sont inscrites au groupe sur la page Facebook Moiaussiamnésie consacrée aux victimes ­d’amnésie traumatique consécutive à des violences sexuelles, que Mié a lancée fin 2017. Pour animer le groupe, Mié est accompagnée de Samir Ben ­Salem, juriste de formation ayant étudié la psychologie, seul participant à ne pas être ­victime, « un homme bienveillant avec un regard extérieur », précise Mié.
« Je pleurais, je tremblais, je revivais tout »
Natacha, 37 ans, ingénieure en informatique, se lance : « C’était à une fête d’anniversaire, j’avais 16 ans. C’est une amnésie partielle, car pendant vingt ans, je ne me suis souvenue que du début et de la fin. Je pensais que c’était un viol par un seul homme. En fait, ils étaient trois et ça a duré deux heures, retrace très calmement Natacha, les regards des participants délicatement...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Portrait. Malentendante depuis l’adolescence et devenue presque aveugle, la juriste veut faire émerger un nouveau regard sur les personnes invalides. Un combat politique.
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Anne-Sarah Kertudo, pour le droit au handicap

Portrait. Malentendante depuis l’adolescence et devenue presque aveugle, la juriste veut faire émerger un nouveau regard sur les personnes invalides. Un combat politique.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 10h37
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            

Elle veut changer le dictionnaire. ­Directrice de l’association Droit ­pluriel, créée en 2009, Anne-Sarah Kertudo bataille pour que les définitions actuelles du mot « handicap » soient modifiées dans le Larousse de poche, Le Robert et Le Robert Junior. Signée de la ­productrice de cinéma Fabienne Servan-Schreiber, présidente de Droit pluriel depuis 2015, du Conseil national des barreaux et du Conseil national consultatif des personnes handicapées, une lettre ouverte a été adressée mi-mars aux éditeurs de dictionnaires.
Définition
Elle juge inacceptable que le mot « handicap » soit défini comme un « désavantage quelconque, qui met en état d’infériorité », par le Larousse maxi-poche de 2018. Ou comme une « chose qui diminue les chances de s’épanouir ou de réussir », par Le Robert Junior 2018. Si Isabelle Neltner, des éditions Le Robert, a d’ores et déjà indiqué que cette définition va être retravaillée, en se plaçant « du point de vue de l’empêchement et non de ses conséquences », Larousse n’a pas répondu à leur demande, ni à celle du Monde…
Malentendante depuis l’adolescence – désormais appareillée et à la surdité insoupçonnable – et malvoyante depuis 2014, il s’agit pour Anne-Sarah Kertudo d’un des multiples combats qu’elle mène en faveur d’un autre regard sur le handicap.
Elle a ouvert la première permanence juridique en langue des signes en 2002 à la mairie du 9e arrondissement de Paris. La seule pendant des années. Quelque 300 000 personnes sourdes parlent la langue des signes en France – sur les 6 millions de personnes sourdes et malentendantes. Parmi ces signeurs, 80 % sont analphabètes. « Une population marginalisée, isolée, ­totalement oubliée du système », écrit-elle dans son livre Est-ce qu’on entend la mer à Paris ? (L’Harmattan, 2010), qui raconte son parcours et l’histoire de cette permanence. Au sein de son association, elle se bat pour favoriser ­l’accès au...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Quand il grogne ou qu’il prend ses jambes à son cou, le pachyderme fait vibrer le sol, et ses congénères – et les chercheurs – l’écoutent.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     


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L’éléphant, sismomètre de la savane

Quand il grogne ou qu’il prend ses jambes à son cou, le pachyderme fait vibrer le sol, et ses congénères – et les chercheurs – l’écoutent.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 06h25
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h58
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Il est entendu que lorsqu’on pèse quatre tonnes, le plancher tremble sous nos pas. Quand les éléphants s’enfuient face à un danger, ils font vibrer la savane comme un tambour sur un rayon de plusieurs kilomètres. Et quand ils poussent des vocalisations de très basse fréquence, sortes de gargouillements, elles se propagent dans le sol sur de grandes distances. Loin d’être inutiles, ces ­vibrations seraient perceptibles par leurs ­congénères et aideraient à la communication.
Dans la revue Current Biology du 7 mai, une équipe multidisciplinaire des universités d’Oxford et de Bristol, au Royaume-Uni, a ­annoncé être en mesure d’identifier le comportement des éléphants en écoutant les ­microséismes qu’ils engendrent. La biologiste Beth Mortimer a fait appel à ses collègues sismologues afin de modéliser la propagation des ondes dans le sol. Ils ont montré qu’il est possible de remonter à la source et de reconnaître, à distance, la marche rapide ou les gargouillements d’un pachyderme à partir des vibrations seules.
Communication sismique
Evidemment, la distance de propagation dépend du type de sol. Les ondes voyagent mieux dans le sable tapé que dans la pierre. Les plus grandes distances de transmission mesurées par l’équipe lors de sa campagne au Kenya sont de 6,4 km pour les gargouillements et de 3,6 km pour un éléphant au trot.
« La grande nouveauté, c’est d’étudier à la fois le type de comportement, le type de ­substrat et la présence de bruit ambiant, croit ­Sarah Bortolamiol, chercheuse associée au Muséum national d’histoire naturelle, à ­Paris. Ces aspects avaient été étudiés séparément, mais jamais ensemble. »

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Ces travaux confirment aussi la vraisemblance d’une communication sismique chez les éléphants. Caitlin O’Connell-Rodwell, une spécialiste de l’université Stanford en Californie, écrivait il y a une dizaine d’années que les éléphants réagissent vivement à des signaux d’avertissement sismique lancés par leurs semblables. Les mastodontes se regroupent alors en formations plus denses et s’orientent vers l’origine de l’alerte. Ils reniflent, scrutent les alentours ou posent leurs genoux par terre, nerveusement. En revanche, si l’avertissement sismique provient d’un individu ­inconnu, ils y répondent beaucoup moins fortement. Les éléphants vivent en hardes d’une dizaine d’individus, mais entretiennent des liens avec d’autres groupes.
Perçoivent-ils les vibrations grâce à leurs oreilles, leurs pieds ?
Le mécanisme exact par lequel les éléphants « écoutent » le sol reste à établir. Peut-être perçoivent-ils les vibrations grâce à leurs oreilles, de la même manière qu’ils entendent un son. Les ondes pourraient voyager jusqu’à la tête de l’animal par l’intermédiaire de ses os. Une autre possibilité serait que les vibrations soient directement ressenties par les pieds de l’animal, où se trouvent de nombreux récepteurs sensoriels spécialisés dans la détection des pressions. Le coussin graisseux épais dont est couvert le dessous du pied de l’éléphant est particulièrement efficace pour transmettre les ondes.
Le canal utilisé par les éléphants, autour de 20 Hz, est habituellement exempt de bruit, hormis les secousses sismiques ou le tonnerre. Cependant, Beth Mortimer et ses collègues ont estimé que les activités humaines, notamment le passage des voitures, peuvent diminuer d’un facteur cinq la distance sur laquelle les signaux des éléphants demeurent déchiffrables.
Les découvertes des chercheurs anglais pourraient maintenant servir à protéger les éléphants des braconniers en détectant en temps réel le vacarme sismique que provoque une harde d’éléphants fuyant un agresseur. Un réseau de géophones permettrait de localiser l’événement en triangulant les ­signaux. Pour Sarah Bortolamiol, une implémentation à petite échelle pour surveiller des populations particulièrement isolées ou en danger serait un outil intéressant.



                            


                        

                        


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L’inhumation de Stephen Hawking ouverte aux voyageurs du futur

Une forme d’hommage au scientifique britannique, qui s’est interrogé dans ses nombreuses recherches sur la possibilité de voyager dans le temps.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 14h42
   





                        



   


C’est une inhumation sous forme de dernier hommage à la facétie du scientifique britannique Stephen Hawking, mort le 14 mars, qui se tiendra le 15 juin. Le tirage au sort organisé pour sélectionner les participants à son inhumation est ouvert à des personnes… qui ne sont pas encore nées. Sur le site Internet créé pour l’occasion, les postulants doivent renseigner leur date de naissance, qui peut aller jusqu’au 31 décembre 2038, comme l’a relevé l’auteur du blog Ianvisits.
Un hommage à l’astrophysicien, spécialiste des trous noirs, qui s’est interrogé, dans ses nombreuses recherches, sur la possibilité de voyager dans le temps et sur l’existence d’univers multiples.
« Nous ne pouvons pas exclure la possibilité de voyager dans le temps car, à notre satisfaction, cela n’a pas été réfuté », a expliqué un porte-parole de la fondation Stephen Hawking à la BBC. « Toute chose est possible jusqu’à ce que l’inverse ait été prouvé », a-t-il souligné, résumant la pensée du scientifique, auteur d’un best-seller planétaire, Une brève histoire du temps (J’ai lu), paru en 1988 et vendu à plusieurs millions d’exemplaires.

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Les inscriptions au tirage au sort, qui doit sélectionner 1 000 personnes, ont ouvert mercredi 9 mai, et fermeront le 15 mai. Dans les premières vingt-quatre heures, plus de 12 000 personnes avaient candidaté. « Nous avons eu des candidatures de partout à travers le monde », a précisé le porte-parole.
L’inhumation aura lieu le 15 juin à l’abbaye de Westminster, à Londres. Cet hommage est réservé aux plus grands, comme avant lui un autre géant des sciences, Isaac Newton.
Des voyageurs du futur inexistants
L’astrophysicien Stephen Hawking avait lui-même organisé en 2009 une fête pour les voyageurs du futur : dans une vidéo postée sur YouTube, il avait expliqué n’avoir envoyé les invitations qu’une fois l’événement terminé. « J’ai des preuves expérimentales que le voyage à travers le temps est impossible », en avait-il cependant conclu, non sans humour, constatant que personne n’était venu participer à la soirée, malgré les canapés et les coupes de champagne.

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La mort de Stephen Hawking avait suscité une pluie d’hommages rarement égalée pour un scientifique. Confiné dans un fauteuil roulant en raison de la maladie de Charcot dont il était affecté, cet esprit brillant, professeur à l’université de Cambridge, avait consacré sa vie à l’étude de l’univers jusqu’à devenir une figure scientifique de premier ordre et une personnalité publique au Royaume-Uni.



                            


                        

                        


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Les traînées blanches des avions contribuent au réchauffement climatique

Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h23
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Les traînées de condensation qui s’étirent derrière les avions à réaction accentuent le réchauffement climatique de façon importante – probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils. On le savait depuis quelques années, mais une synthèse très complète sur les contrails (contraction de l’anglais condensation trails), parue cette semaine dans la revue Nature Communications, rappelle le constat. Cette publication fait aussi le point sur quelques solutions envisageables.
A l’heure actuelle, l’aviation est responsable de 4 % du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire du déséquilibre d’origine humaine entre l’énergie entrante et sortante dans l’atmosphère terrestre. Ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs.
« C’est environ moitié-moitié, ou peut-être même un peu plus pour les nuages, indique Bernd Kärcher, auteur de l’étude et physicien au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR). Il est important de remarquer que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère que les nuages produits par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2. »
Microscopiques cristaux de glace
Ces conclusions tombent la même semaine que la publication, dans Nature Climate Change, d’une étude affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par le tourisme, dont le transport aérien constitue une large part, sont passées en quatre ans, entre 2009 et 2013, de 3,9 à 4,5 milliards de tonnes équivalents de CO2. Pour juger de l’impact réel sur le climat, il faut cependant ajouter l’effet des nuages produits par l’aviation, exclus de l’analyse.

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Comme tous les nuages, les traînées de condensation – ou cirrus homogenitus, le nom que leur a donné en 2017 l’Organisation météorologique mondiale – naissent quand de la vapeur d’eau se condense sur de fines particules en suspension dans l’air.
Les réacteurs d’avion facilitent le phénomène en rejetant des poussières de suie dans un environnement autrement dépourvu de particules. De la vapeur d’eau provenant du réacteur s’agglutine sur les poussières pour former des gouttelettes. Plus loin dans le sillage de l’appareil, où le souffle du moteur s’est refroidi, les gouttelettes gèlent et forment de microscopiques cristaux de glace. Dans les minutes et les heures qui suivent, l’humidité naturellement présente dans l’air fait croître les cristaux et en décuple la taille.
Sous certaines conditions, les traînées de condensation peuvent subsister dans l’atmosphère pendant des heures. Certaines perdront leur forme longiligne et deviendront alors des cirrus, ces nuages rappelant les cheveux d’ange qu’on voit très haut dans le ciel. Presque transparents, les cirrus absorbent tout de même une partie de la radiation provenant de la Terre et la réémettent vers le sol. Les rayons du Soleil, eux, traversent les cirrus sans trop de mal. L’effet net est donc un réchauffement de la température de surface, contrairement aux nuages plus bas, opaques et blancs, qui la diminuent.
« Voler plus haut »
La multiplicité des variables impliquées a beau compliquer la tâche des scientifiques qui veulent comprendre comment les avions génèrent des nuages, elle leur offre aussi beaucoup de pistes pour réduire leur impact délétère sur le climat.
Parmi les solutions à court terme, Bernd Kärcher pense aux combustibles synthétiques, dérivés du charbon, du gaz naturel ou de la biomasse, ou encore aux biocarburants, dont la combustion entraîne l’émission de beaucoup moins de particules dans l’air que le kérosène. L’hydrogène liquide ou le gaz naturel liquéfié représentent également des options prometteuses, mais plus difficile à mettre en place car elles nécessitent d’autres types de moteur. Les avions électriques régleraient évidemment aussi le problème, mais demeurent pour l’instant un « rêve lointain », selon Bernd Kärcher.

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De même, un détournement du trafic aérien pourrait réduire la formation de nuages produits par l’aviation. « Voler plus haut, où l’air est froid et sec, pourrait réduire la formation de traînées », précise Bernd Kärcher. Toutefois, les trajets actuellement empruntés minimisent les temps de vol et les coûts, et les compagnies aériennes seront réticentes à les modifier, estime le scientifique.
Avant toute action, une plus grande reconnaissance du problème sera essentielle. Dans son article de synthèse, Bernd Kärcher note que l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 un plan de compensation et de réduction des émissions de carbone dans le but de réduire son impact sur le changement climatique, mais qu’elle n’y considère pas les nuages générés par l’aviation, qui constituent pourtant la moitié du problème.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.
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La vie aquatique selon Jonathan Balcombe

L’éthologue américain offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Céline Henne (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
A quoi pensent les poissons ? La vie secrète de nos cousins sous-marins (What A Fish Knows. The Inner Lives of Our Underwater Cousins), de Jonathan Balcombe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Catherine Schiellein, La Plage, 352 p., 19,95 €.

Il n’est pas rare de voir un végétarien commander du poisson au restaurant, lorsqu’il n’a pas d’autre choix. Comme si, sur l’échelle du vivant, le poisson était un être plus proche de la carotte que du cochon. D’un autre côté, pouvons-nous éprouver la même empathie pour ces créatures si éloignées de nous sur l’arbre de l’évolution ? Cela supposerait de pouvoir imaginer ce qu’ils sentent, ressentent, pensent. C’est bien là tout le problème : dans leurs yeux globuleux, au milieu de leurs faces dépourvues d’expression, difficile de voir autre chose que du vide.

Renversant tous les préjugés, le ­livre de l’éthologue Jonathan Balcombe offre une immersion complète dans la vie sensible, sociale et sexuelle des poissons, qui se révèle bien plus riche qu’il n’y paraît. On ­apprend que ces animaux aquatiques ont une expérience sensorielle très développée : ils sont victimes des ­mêmes illusions d’optique que nous, ou sont capables de faire la différence entre du blues et de la musique clas­sique. Surtout, la manière dont ils voient le monde est unique. Ils jouissent de sens inconnus des créatures terrestres, tels que percevoir les modifications du champ électrique autour d’eux, grâce à des « cellules géoma­gnétiques ». Plus encore, les poissons sont des êtres doués de sensibilité et d’émotions. Capables de ressentir le plaisir et la douleur, ils sont également sujets à la colère, à la terreur et au stress, et sont soulagés par les ­anxiolytiques.

Toutes ces études scientifiques sont rapportées dans le livre, où trans­paraît l’affection de Jonathan Balcombe pour ces créatures fascinantes. Le dernier chapitre porte sur ce que l’homme inflige aux poissons,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.
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Peter Wohlleben, c’est trop bête

L’auteur du best-seller mondial « La Vie secrète des arbres » récidive avec les animaux, d’évidences grossières en béatitude molle.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
La Vie secrète des animaux. Amour, deuil, compassion : un monde secret s’ouvre à nous (Das Seelenleben der Tiere. Liebe, Trauer, Mitgefühl – erstaunliche Einblicke in eine verborgene Welt), de Peter Wohlleben, traduit de l’allemand par Lise Deschamps, Les Arènes, 278 p., 20,90 €.

Les animaux sont-ils des créatures intéressantes, belles souvent, ­aimables parfois, et courageuses, et d’une sensibilité étonnante ? Oui. Et ensuite ?

Ensuite, rien. L’ingénieur forestier allemand Peter Wohlleben, auteur du best-seller mondial La Vie secrète des arbres (Les Arènes, 2017), développe son concept. Il a désormais des révélations à nous faire sur le poussin de son enfance – « tellement mignon ! » –, sur la nature profonde de l’écureuil – « notre lutin roux » –, sur le vieillissement – « les animaux finissent eux aussi, avec l’âge, par avoir des ennuis de santé » –, sur la violence – ils « ne sont pas meilleurs que nous et peuvent se montrer d’une grande agressivité » –, sur cent autres sujets de béatitude molle, à propos desquels il réussit le tour de force de nous en enseigner moins que ce que nous en savons, quelle que soit notre familiarité avec les bêtes.
La vie des animaux, en réalité, n’est secrète que pour Peter Wohlleben. Il met, il est vrai, une belle constance à refuser tout savoir constitué. Son ­livre, qui plonge rapidement le lecteur dans la torpeur (du moins rit-on régulièrement, mais ce n’était pas au programme), ne serait d’ailleurs qu’un épiphénomène s’il ne témoignait, par son succès, d’un goût envahissant pour l’évidence grossière, pour la satisfaction moite de ressentir dans son coin, toujours préférable, dans cet univers mental, à la circu­lation des savoirs. « Me reposer uniquement sur des études ne me plaît guère, écrit-il : je préfère éprouver par moi-même la manière de penser de tel ou tel animal. »
Pourquoi...




                        

                        

