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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Sécurité, santé, éducation, logement… la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département.
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Mayotte : le gouvernement présente un plan d’1,3 milliard d’euros

Sécurité, santé, éducation, logement… la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h22
    |

            Patrick Roger








                        


Le gouvernement s’apprête à mettre 1,3 milliard d’euros sur la table pour Mayotte. Au terme d’un déplacement de trois jours sur place, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, a présenté, mardi 15 mai, son plan de rattrapage pour le département. Ce dispositif se veut « une réponse durable » à « un échec des politiques publiques depuis de nombreuses années », selon les termes de la ministre. « Certains estimeront ce plan insuffisant ou trop tardif, a déclaré Mme Girardin, anticipant les critiques à venir, mais la critique systématique dissimule parfois une forme de renoncement. Tout ne s’arrête pas avec ce plan. Regardons au-delà du quinquennat. Le plan proposé aujourd’hui n’est qu’une étape. »
Le plan, fruit du travail de concertation mené par le nouveau préfet délégué, Dominique Sorain, reprend dans les grandes lignes les annonces faites par le premier ministre, Edouard Philippe, le 19 avril à Matignon, après sa rencontre avec les élus mahorais, mais assorti d’un chiffrage et d’un calendrier. Il se décompose en six chapitres (sécurité, justice et immigration ; santé ; social ; éducation et formation ; logement ; infrastructures ; institutions et services de l’Etat), 53 engagements et 125 actions pour un coût global, selon la ministre, de 1,3 milliard d’euros hors personnels de l’éducation nationale (500 recrutements prévus). « Je m’assurerai que les citoyens de Mayotte puissent en suivre la mise en œuvre », a affirmé Mme Girardin.
L’immigration comorienne au cœur des débats
Les mesures pour la sécurité, la justice et l’immigration reprennent pour l’essentiel celles qui avaient été annoncées en mars par la ministre des outre-mer : mise en place de la police de sécurité du quotidien avec un renfort de 20 gendarmes dès 2019, augmentation des effectifs de police et de gendarmerie nationale, affection d’un troisième escadron de gendarmerie mobile pour la lutte contre l’immigration clandestine, création de deux brigades à Koungou. Depuis samedi, un nouveau sous-préfet a pris ses fonctions, spécifiquement chargé de la lutte contre l’immigration clandestine.
Sur ce point, toutefois, la situation reste pour l’heure bloquée compte tenu du refus opposé par les autorités comoriennes d’accepter le retour de ses ressortissants ayant fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire. De fait, les centres de rétention étant saturés, l’administration n’a d’autre choix que de relâcher les immigrés en situation irrégulière, ce qui exacerbe les tensions. « J’ai conscience que le temps de la diplomatie n’est pas propre à satisfaire les attentes de la population », a concédé Mme Girardin, tout en assurant que « nous ne céderons pas, ni moi ni Jean-Yves Le Drian », le ministre des affaires étrangères, qui mène les négociations avec les responsables comoriens.
Une offre de soins renforcée
Mayotte sera dotée, à partir de 2020, d’une agence de santé. Un programme de santé publique va être élaboré accompagné d’une augmentation en 2018 du fonds d’intervention régional, qui passera de 7,5 millions à 11,7 millions d’euros, pour doubler en 2019. Surtout, l’offre de soins va être renforcée et 200 millions d’euros vont être consacrés à la modernisation du Centre hospitalier de Mayotte, ou 30 postes d’assistants spécialisés vont être créés, et à des opérations urgentes d’investissement.
La couverture médicale des Mahorais va être améliorée avec la mise en place à partir de 2019 de la gratuité des soins (exonération du ticket modérateur pour les assurés sociaux sous conditions de ressources) et le déploiement, à partir de 2022, de la couverture maladie universelle complémentaire.
Social : une convergence avec la métropole
L’objectif est la convergence progressive des prestations et des minima sociaux avec ceux de la métropole sur le quinquennat. Cela va concerner l’extension de l’allocation éducation d’enfants handicapés et de l’allocation pour les adultes handicapés, l’allocation journalière de présence parentale, la prestation d’accueil du jeune enfant, la mise en place progressive de la prestation de service unique, l’extension de l’allocation de rentrée scolaire et de l’allocation de logement temporaire ainsi que l’augmentation de la prestation de restauration scolaire dès la rentrée 2018-2019. La ministre, toutefois, a indiqué qu’elle n’excluait pas de « limiter les conditions d’accès à ces ressources en fonction de la durée de présence sur le territoire ».
Mais « Mayotte manque de tout, le seul alignement des prestations ne va pas résoudre toutes les difficultés », ajouté la ministre. C’est pourquoi va être mis en place en 2019, pour la durée du quinquennat, un fonds de développement social pour investir dans les domaines de la parentalité, de l’éducation et de la prévention sanitaire ainsi que des dispositifs d’accueil de la petite enfance. En outre, dès 2018, 4 millions d’euros vont être alloués pour la construction de nouveaux équipements sportifs.
500 millions pour les constructions scolaires
Le vice-rectorat de Mayotte va être transformé en un rectorat de plein exercice. L’Etat va investir 500 millions d’euros sur le quinquennat pour les constructions scolaires, soit un doublement par rapport au rythme de constructions durant le précédent quinquennat. Une mission d’appui va être diligentée afin d’élaborer un plan pluriannuel d’investissements sur dix ans. L’offre de restauration scolaire va également être renforcée. Au total, près de 500 recrutements vont être opérés, dont 345 postes supplémentaires dès la rentrée 2018.
Concernant la formation, une direction régionale de Pôle emploi va être créée à Mayotte au premier trimestre 2019. L’Etat va renforcer le dispositif de service militaire adapté. Les étudiants mahorais et certains salariés à titre dérogatoire pourront bénéficier à la rentrée 2018 du dispositif Cadres avenir pour répondre au besoin de cadres locaux. En outre, 486 formations supplémentaires vont être financées en 2018 pour un coût de 2,2 millions d’euros. Enfin, le nombre de bénéficiaires de la Garantie jeune va être doublé en passant de 200 à 300.
D’avantage de logements sociaux
Dès 2018, les crédits de la politique du logement vont être augmentés de 50 %. L’objectif est de porter la construction de logements sociaux à 400 dès 2018. Une opération d’intérêt national va être engagée afin d’accélérer la production de logements en structurant parallèlement l’organisation des commerces, d’emplois, de services et d’équipements publics. Trois opérations de modernisation vont être engagées dès 2019 dans les quartiers de Kaweni à Mamoudzou, de Majicavo Koropa à Koungou et de la Vigie à Dzaoudzi.
Pour s’attaquer au « fléau des bidonvilles », de nouvelles procédures ont été introduites dans le cadre de la loi logement en cours de discussion au Parlement afin de réduire les délais d’opérations de destruction, sans intervention préalable du juge. « J’ai besoin de l’engagement de tous, à commencer par les élus locaux », a insisté Mme Girardin.
Des transports en commun développés
L’Etat s’engage pour un montant de 113,6 millions d’euros sur quinze ans, notamment pour le développement de transports en commun. Il augmente aussi son effort d’entretien des routes nationales et départementales pour un montant total de 16,3 millions d’euros. En ce qui concerne l’amélioration de la desserte aérienne et le développement de l’aéroport, une mission va être diligentée.
Un plan pluriannuel d’investissement pour les infrastructures et les réseaux d’assainissement de l’eau et la gestion des déchets va être mis en œuvre sur la période 2018-2020 pour un montant total de 150 millions d’euros.
Un soutien à l’économie locale
Il s’agit essentiellement d’apporter un soutien immédiat aux entreprises qui ont été durement éprouvées par la succession de mouvements sociaux, avec notamment un report des obligations fiscales et sociales et l’extension avec effet rétroactif de dispositif d’activité partielle.
En outre, les zones franches vont être renforcées et un dispositif spécifique d’allégement du coût du travail va être instauré qui permettra de compenser l’intégralité de la suppression de l’actuel crédit d’impôt compétitivité emploi. Enfin, l’Etat va accompagner le renforcement des filières pêche et agriculture et relancer la filière dite « ylang-ylang », dont la fleur est à l’origine du surnom « l’île aux parfums » attribué à Mayotte.
Vers une collectivité unique
« Nous ne reviendrons pas sur la départementalisation, a réaffirmé Mme Girardin, mais j’entends aussi le besoin d’adaptation », notamment sur l’évolution institutionnelle du conseil départemental en collectivité unique et sur la répartition des compétences entre l’Etat et les différents niveaux de collectivité. Par ailleurs, a-t-elle ajouté, « l’Etat doit aussi se réorganiser, renforcer ses compétences, renforcer ses effectifs » : « Je veux un Etat fort et un Etat efficace. »
En conclusion, la ministre a reconnu qu’il manquait aujourd’hui « une vision à plus long terme » : « Quelle place voulons-nous avoir dans l’Océan Indien ? Quel rôle pour Mayotte dans l’axe indo-Pacifique que le président de la République appelle de ses vœux ? Pour construire cette prochaine étape, l’État jouera pleinement son rôle au côté des élus. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les trois hommes politiques soutiennent le club marseillais, qui dispute mercredi la finale de la Ligue Europa. C’est un de leurs rares points communs.
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Ligue Europa : l’OM réconcilie Macron, Hamon et Mélenchon

Les trois hommes politiques soutiennent le club marseillais, qui dispute mercredi la finale de la Ligue Europa. C’est un de leurs rares points communs.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h56
    |

            Abel Mestre








                        



   


« A jamais les premiers. » Les supporteurs de l’Olympique de Marseille aiment rappeler son palmarès européen et son statut de premier — et unique à ce jour — club français à avoir remporté la Ligue des champions, en 1993. Mais ce titre honorifique pourrait bien être décliné en politique. A quelques heures de la finale de la Ligue Europa qui oppose mercredi 16 mai, à Lyon, l’OM à l’Atlético Madrid, les Marseillais paraissent être les seuls à réconcilier l’inconciliable : des hommes politiques. En effet, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont un dénominateur commun, en plus d’êtres des hommes politiques ayant candidaté à l’élection présidentielle de 2017 : ils sont fans de l’Olympique de Marseille.
Emmanuel Macron en a d’ailleurs usé lors de sa campagne présidentielle. Le natif d’Amiens s’est volontiers affiché avec un maillot de son club de cœur. Il l’avait dit sur le plateau de « Quotidien », de Yann Barthès, sur TMC. Puis des enfants lui avaient offert le maillot marseillais lors de l’émission « Au tableau », sur C8. Dans le documentaire de Yann L’Hénoret, Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire, on voit même le futur chef de l’Etat jurer devant la défaite de l’OM face à Monaco. Il a également rendu une petite visite estivale au centre d’entraînement Robert-Louis-Dreyfus, chose rare pour un président de la République. Et s’il n’assistera pas à la finale mercredi soir, il soutiendra à distance les hommes de Rudi Garcia.

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                OM-Atlético : une finale de Ligue Europa sous tension et teintée par la rivalité entre Marseille et Lyon



« Fidèle à ma paroisse »
Benoît Hamon, est lui aussi, un fan de longue date de l’OM. Breton, membre pratiquant de l’Ovalie, il avoue aimer depuis l’enfance le Stade brestois et l’Olympique de Marseille. « Je suis désolé, je suis un fidèle, moi. C’est comme ça depuis tout petit. J’avais le Stade brestois et l’OM. Je pense qu’il faut être fidèle dans la vie. Et le problème du foot, c’est que ça ne se commande pas. Une fois que le cœur a parlé, vous avez beau être déçu, énervé… », avait notamment lancé le candidat socialiste lors de la campagne présidentielle.
Quand il évoque l’OM, le leadeur de Génération-s prend même des accents religieux. « Suis fidèle à ma paroisse. Ce soir je regarde encore la messe à la télé », avait-il tweeté avant le match retour face à Salzbourg.

Suis fidèle à ma paroisse. Ce soir je regarde encore la messe à la télé. #salzbourgOM #TeamOM https://t.co/F7dpxUXMS6— benoithamon (@Benoît Hamon)


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M. Hamon est un vrai amateur de football. Il en parle régulièrement avec les journalistes qui suivent la gauche et qui partagent la même passion pour le ballon rond (dont l’auteur de ces lignes). Il s’amuse également à composer « son » équipe de France et la compare à celle de son proche Pascal Cherki.
« Pas assez connaisseur »
On souligne souvent le zèle des nouveaux convertis, la chose est également vraie en matière de football. C’est le cas de Jean-Luc Mélenchon. Depuis qu’il a été élu député de Marseille, M. Mélenchon s’est découvert une passion pour l’équipe de sa ville. Finies ses saillies sur « l’opium du peuple » et les « RMIstes qui applaudissent des milliardaires ». Jean-Luc Mélenchon s’affiche désormais au Stade Vélodrome et dit suivre les « parties » de l’OM, même à Paris.

Les nerfs à vif. @dimpayet17 au secours ! 
— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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Il s’est expliqué sur ce revirement dans un post de blog intitulé « L’OM et la bonne mère ». « Ma relation au foot n’a aucun rapport avec l’art du dribble, de la passe arrière, du tir au but croisé, ni d’aucune des merveilles appréciées dans ce sport. On sait aussi que je n’aime pas la place du fric dans ce milieu. Je n’ai pas changé d’avis », y reconnaît-il. Il est vrai qu’il est plus à l’aise avec les écrits de Chantal Mouffe et d’Ernesto Laclau, deux penseurs qui ont théorisé le populisme de gauche, qu’avec la règle du hors-jeu.
« L’ordre secret du chaos »
A sa lecture, l’on voit que, malgré ses efforts, le leadeur de La France insoumise a encore quelques lacunes footballistiques, et il lui arrive d’avoir des jugements à l’emporte-pièce. « La presse parisienne m’a bien brocardé. Il est vrai que la plupart des journalistes parisiens sont supporters du PSG et acceptent des places gratuites du club qatari », écrit-il entre autres. Un peu plus loin : « Mais je dois reconnaître combien je me suis aussi fait happer par le match. Le goût de la stratégie me faisait avoir un avis sur chaque déploiement. […] Je ne vais pourtant pas commenter le match : je ne suis pas assez connaisseur pour ça. »
On perçoit l’intérêt qu’ont les hommes politiques de premier plan de mettre en scène leur passion pour le football, sport universel, qui touche toutes les classes sociales. Dans un texte prémonitoire, écrit en 1997 pour Le Monde diplomatique, Manuel Vazquez Montalban expliquait pourquoi le football exerce une telle fascination sur les politiques. « Un anthropologue dirait que, désormais, les dirigeants politiques gèrent ce que d’autres (les marchés) décident ; le président d’un club, lui, connaît l’ordre secret du chaos et la discrète volonté des masses », avançait l’auteur catalan.
Une question reste en suspens : en cas de victoire olympienne face à l’Atlético Madrid, MM. Hamon, Mélenchon et Macron entonneront-ils ensemble « We Are the Champions » ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.
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« Le cinéma, qui représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, doit réussir sa mutation numérique »

Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h20
    |

Mariya Gabriel (Commissaire européen à l’économie et à la société numérique) et Françoise Nyssen (Ministre de la culture)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis soixante-douze ans, le Festival de Cannes célèbre la création cinématographique dans sa diversité, et contribue ardemment à en assurer la promotion, en promontoire mondial des œuvres cinématographiques d’exception. Imaginé par Jean Zay face à la montée d’un totalitarisme qui entendait mettre la création sous sa coupe, ancré sur une politique culturelle ouverte et sur un partenariat transatlantique au centre de ce que Jean Zay qualifiait déjà de « monde libre », le festival porte aussi, depuis son origine, un projet politique : consacrer la liberté et l’indépendance de la création artistique.
Partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger
Cette dimension politique résonne plus que jamais, aujourd’hui, à l’heure où notre monde fait face à des bouleversements technologiques, sociétaux et géopolitiques profonds. Ces transformations sont une chance : jamais sans doute les opportunités n’auront été aussi grandes pour les citoyens, les entreprises et les artistes. Mais elles constituent aussi de véritables défis pour nos sociétés, parce qu’elles nourrissent des peurs qui favorisent la montée des extrêmes et du nationalisme.
Le cinéma est naturellement au cœur de ces enjeux. D’abord parce qu’il représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, et qu’il doit réussir sa mutation numérique. Ensuite parce que le cinéma n’est pas un secteur comme un autre : il est présent au cœur de nos vies, il nous fédère, en révélant l’universalité d’histoires singulières, il est un ciment pour nos sociétés, en même temps qu’il nous alerte et nous éclaire. Enfin, parce que le cinéma est la pierre de touche de nos sociétés démocratiques : la liberté d’expression est la mère de toutes les libertés, partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger.
Trois chantiers cruciaux
Fort de ces constats, l’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ L’ancien ministre, qui avait reconnu en 2013 avoir un compte caché, ne bénéficiera pas d’une remise de peine automatique ; la décision appartiendra au juge d’application des peines.
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Fraude fiscale : Jérôme Cahuzac condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis

L’ancien ministre, qui avait reconnu en 2013 avoir un compte caché, ne bénéficiera pas d’une remise de peine automatique ; la décision appartiendra au juge d’application des peines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 18h39
   





                        



   


La cour d’appel de Paris a rendu, mardi 15 mai, un arrêt qui aggrave symboliquement la condamnation de Jérôme Cahuzac à quatre ans d’emprisonnement, mais l’assortit de deux ans avec sursis. La peine de l’ancien ministre de l’économie et des finances reconnu coupable de fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale passe ainsi en dessous du quantum qui l’aurait automatiquement envoyé en prison.
En effet, depuis les lois de 2004 et 2009, les personnes condamnées à une peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement peuvent échapper à l’incarcération en bénéficiant d’un aménagement (sous forme notamment de bracelet électronique). C’était l’unique objectif visé par la défense de Jérôme Cahuzac, assurée en appel par Eric Dupond-Moretti et Jean-Alain Michel.
« Je ne demande pas la lune, je vous demande même d’aggraver la peine, mais je vous supplie de ne pas l’envoyer en prison. La sanction sociale répond déjà à la peine » avait plaidé Me Dupond-Moretti. Par cet argument, la défense voulait contourner le principal obstacle de ce dossier, à savoir la peine définitive de deux ans ferme prononcée contre l’ex-épouse de Jérôme Cahuzac, poursuivie, elle aussi, pour fraude fiscale et qui n’avait pas fait appel de sa condamnation.
Eu égard aux responsabilités politiques exercées par Jérôme Cahuzac, qui avaient fait de lui le ministre chargé de la lutte contre la fraude fiscale, ses avocats ne pouvaient espérer que celui-ci, qui encourait sept ans d’emprisonnement, soit condamné à la même peine que son ex-épouse. D’autant que le parquet national financier, qui doit sa naissance à l’affaire Cahuzac, voulait faire de ce dossier un symbole de sévérité accrue en matière de délits fiscaux et financiers.

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                L’affaire Cahuzac en 15 dates



Cahuzac ne sera pas le nom d’une « jurisprudence »
Le tribunal avait suivi ces réquisitions en relevant, dans son jugement rendu en décembre 2016, que Jérôme Cahuzac s’était rendu coupable d’une « faute pénale d’une rare et exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat et de ses représentants » qui nécessitait « une peine d’incarcération effective et non aménageable ».
A l’audience, l’avocat général Jean-Christophe Muller avait notamment répondu à la « peur » de la prison exprimée par Jérôme Cahuzac pour sa famille et pour lui, que « cette peine est infligée à 68 000 personnes et à 68 000 familles ».
Si la cour a les mêmes mots sévères à l’égard de l’ancien ministre et confirme l’inéligibilité de cinq ans prononcée par le tribunal, elle ne suit que partiellement les réquisitions « d’exemplarité » de la peine voulue par l’accusation. Jérôme Cahuzac ne sera pas le nom d’une « jurisprudence » pour les auteurs de fraude fiscale, comme l’avait souhaité l’avocat général en requérant contre lui la confirmation des trois années d’emprisonnement ferme prononcées en première instance.
La cour s’est contentée de refuser à l’ancien ministre l’aménagement de sa peine ab initio, c’est-à-dire qu’elle en a renvoyé la responsabilité à un juge d’application des peines. Celui-ci se prononcera lors d’une audience qui pourrait avoir lieu dans quelques mois, à huis clos.
La question de l’effectivité de la peine est par ailleurs au cœur de la réforme pénale présentée par Emmanuel Macron lors d’un discours prononcé le 6 mars devant l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire (ENAP), à Agen. Le président de la République a notamment annoncé une réduction drastique des possibilités d’aménagement de peine, en indiquant que celles-ci ne seront plus possibles au-delà d’un an ferme.

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                Patrimoine des élus : ce qui a changé depuis l’affaire Cahuzac






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Estimée encore en février à 2 %, la croissance de l’économie française est révisée à 2,3 %, le plus haut niveau atteint dans l’Hexagone depuis 2007.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

La croissance française revue à la hausse pour 2017

Estimée encore en février à 2 %, la croissance de l’économie française est révisée à 2,3 %, le plus haut niveau atteint dans l’Hexagone depuis 2007.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 12h54
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h59
    |

            Elise Barthet








                        


On a beau considérer à l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) que ce genre de correction n’a « rien d’exceptionnel », la révision à la hausse de la croissance française en 2017 a de quoi surprendre : estimée an janvier à 1,9 %, puis à 2 % en février, elle aurait finalement atteint 2,3 %, selon un communiqué publié mardi 15 mai. Un rythme que l’on n’avait plus atteint dans l’Hexagone depuis 2007.
On parle ici de la progression du produit intérieur brut (PIB) « en volume corrigé des jours ouvrés ». Dans un langage moins jargonneux, cela signifie que la richesse est mesurée en neutralisant les effets de variation des prix et de calendrier. L’objectif : se rapprocher le plus possible des évolutions réelles de l’activité.

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                La croissance française fléchit légèrement en début d’année



2 246,7 milliards d’euros
Le montant du PIB est donc estimé à 2 246,7 milliards d’euros pour l’an passé. Pour disposer des chiffres définitifs, il faudra attendre le 30 mai. On peut toutefois d’ores et déjà expliquer les 2,3 % de croissance enregistrés en 2017, par le rebond de l’investissement des entreprises et des ménages. Estimé à 2,8 % en 2016, il a atteint 4,5 % en 2017. En outre, la contribution du commerce extérieur au PIB s’est redressée, passant dans le vert à + 0,1 point, contre – 0,5 l’année précédente.
Conséquence de ces révisions, le ratio de la dette publique sur le PIB a légèrement baissé. L’endettement de la France ne représenterait « plus que » 96,8 % de la richesse nationale, et non 97 % comme annoncé précédemment.
L’estimation de déficit public, elle, ne bouge pas : elle s’établit toujours à 2,6 % pour 2017, contre 3,4 % un an plus tôt.



                            


                        

                        


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Le gouvernement avance sur la réforme de la fonction publique

Matignon tient, mercredi 16 mai, une réunion sur les mesures préconisées par le rapport CAP22.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 11h31
    |

            Benoît Floc'h








                        


La réforme de l’Etat entre dans la dernière ligne droite. Mercredi 16 mai, Edouard Philippe rassemble des ministres pour une réunion à Matignon sur le cadrage budgétaire de cette future réforme d’envergure pour le gouvernement. Le premier ministre devrait notamment leur présenter les mesures susceptibles d’être retenues dans le rapport CAP22, commandé par l’exécutif, ainsi que leur impact budgétaire.
Depuis octobre 2017, trente-quatre experts travaillent au sein du Comité action publique 2022 sur une vingtaine de pistes qui pourraient inspirer la réforme de l’Etat voulue par Emmanuel Macron. Objectif : réduire la part de la dépense publique dans le PIB de 4 points d’ici à 2022 et améliorer la qualité du service public.
Dans ses grandes lignes, le rapport, dont la publication est prévue, selon l’exécutif, « fin mai, début juin » – soit avec deux mois de retard – a été achevé au début du mois. Depuis, les services de Matignon tâchent de chiffrer les économies que cela représenterait.

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                Fonction publique : la concertation s’engagera le 9 avril



Le document montrera comment améliorer l’efficacité de l’Etat, secteur par secteur. Exemples : comment faire progresser la France dans les classements PISA de l’OCDE, en matière d’éducation, désengorger les urgences médicales ou améliorer le calcul des prestations sociales ? Il devrait également être question d’« une clarification des missions entre l’Etat et les collectivités locales » en supprimant les services qui doublonnent. « On peut faire des économies sans nuire à la qualité du service public en chassant les doublons », confie une source proche du dossier. Il devrait également être proposé de « mettre en place une organisation plus déconcentrée afin d’adapter le service aux besoins des usagers et de laisser beaucoup plus de liberté aux agents » : moins de défiance, moins de contrôle a priori, plus d’agences publiques.
« Etre ambitieux »
En parallèle du travail des experts, l’ensemble des membres du gouvernement passent chaque semaine un « oral » en conseil des ministres. Chaque ministre doit proposer des mesures de transformation dans son secteur, alors que le président de la République ne cesse de leur demander « de se bouger, d’être ambitieux », confie une source gouvernementale. Un quart d’entre eux doit encore se prêter à l’exercice d’ici à juin.
De même, le 2 mai, Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a présenté les résultats du « forum de l’action publique ». Cette consultation a attiré 154 000 usagers et agents entre novembre et mars. Il en ressort notamment que, s’ils sont attachés au service public, 60 % des premiers et 66 % des seconds estiment qu’il se dégrade. « Cela appelle un programme de réformes, c’est tout l’enjeu de CAP22 », notait ce jour-là Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique. Autres enseignements : les Français nourrissent une relation ambivalente à la numérisation de l’administration (ils la soutiennent tout en s’en méfiant) et ne veulent pas d’abandon de missions.
Les décisions du gouvernement sont attendues en juin, après un dernier séminaire gouvernemental, le 30 mai à l’Elysée en présence d’Emmanuel Macron. Par ailleurs, les premiers projets qui bénéficieront du Fonds pour la transformation de l’action publique, doté de 700 millions d’euros sur cinq ans, seront prochainement annoncés. Quelque 150 ont été déposés par des administrations.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Après « Pierre et le Loup », le chef de l’Etat joue son propre rôle dans « La Traversée », de Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, projeté hors compétition au Festival de Cannes.
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Cannes 2018 : Emmanuel Macron sur grand écran dans le road-movie de Romain Goupil

Après « Pierre et le Loup », le chef de l’Etat joue son propre rôle dans « La Traversée », de Romain Goupil et Daniel Cohn-Bendit, projeté hors compétition au Festival de Cannes.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 13h01
    |

            Virginie Malingre








                        



   


Il aurait pu croiser Cate Blanchett, Martin Scorsese ou Penélope Cruz. Il a préféré Angela Merkel, Mariano Rajoy et Theresa May. Mercredi 16 mai, Emmanuel Macron sera à Sofia, en Bulgarie, pour un sommet de l’Union européenne, quand le Festival de Cannes projettera, en séance spéciale hors compétition, La Traversée, un road-movie dans lequel Romain Goupil et « Dany » Cohn-Bendit partent à la rencontre des Français cinquante ans après Mai 68, et où le président de la République joue son propre rôle.
« Une scène culte », a commenté Daniel Cohn-Bendit. Un tableau de sept minutes qui commence par un gros plan sur l’ancien anarchiste en train de se disputer avec Romain Goupil, attablé dans un bistrot à Francfort. « Tu veux devenir la Mireille Dumas ou la Karine Le Marchand à l’affût d’une confidence ? », lui lance, sarcastique, l’ex-trotskyste alors que son camarade propose d’interroger, pour leur documentaire, Emmanuel Macron à l’Elysée. « Cinquante ans après Mai 68, la seule chose que je ne pourrais pas faire, c’est aller voir le président ? », s’insurge Cohn-Bendit.

        Lire le récit :
         

          Les marches de Cannes, trop glissantes pour les chefs d’Etat



« La mise en scène est partout »
Le plan s’élargit, le spectateur voit apparaître un troisième homme. Le chef de l’Etat en chair et en os. « Ce que tu peux faire, c’est le rencontrer dans un café de Francfort. Ce serait pas idiot », suggère ce dernier. « Vous me direz ce que vous avez vu du pays, surtout. Est-ce qu’il a changé depuis 1968 », poursuit Emmanuel Macron, à l’aise devant la caméra.
« Il a tourné dans ce film par amitié pour Cohn-Bendit », explique-t-on à l’Elysée. Les deux hommes, qui se sont rencontrés en juin 2016, lors d’un débat sur l’Europe dans les murs de Sciences Po, aiment à raconter leur coup de foudre amical. Romain Goupil, qui était présent ce jour-là, a aussi succombé au charme de celui qui n’était encore que ministre de l’économie de François Hollande.

        Lire le portrait :
         

          De Mai-68 à Macron, Romain Goupil, l’éternel révolté



Mais, au-delà de son amitié pour les deux compères, le chef de l’Etat s’est fait plaisir, en endossant, pour quelques heures, ces habits d’acteur qu’il affectionne tant. Comme il l’avait déjà fait, le 1er mars, en devenant le « récitant » dans Pierre et le Loup, le conte musical de Prokofiev qu’il a donné à représenter à l’Elysée devant deux cents invités. Plus jeune, c’est avec Brigitte Auzière, celle qui n’était pas encore son épouse mais sa professeure au lycée de La Providence à Amiens, qu’il s’est initié au théâtre. Et c’est un fait, ce goût pour le spectacle ne l’a pas quitté depuis.
Dans ses prestations de président, « la mise en scène est partout », explique le sociologue Jean-Pierre Le Goff dans un entretien au Figaro, le 4 février, « il change rapidement de personnage comme dans une pièce de théâtre où l’acteur principal voudrait jouer tous les rôles et séduire tous les publics, en choisissant les habits et le décor par la même occasion ».
Les deux derniers entretiens que le chef de l’Etat a accordés, à TF1 le 12 avril et à BFM-TV le 15 avril, en témoignent. Dans le premier, il joue au maître d’école, assis dans une classe d’une école primaire de l’Orne, qui fait office de plateau du JT de Jean-Pierre Pernaut. Dans le second, où il affronte les journalistes Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, il a choisi comme scène le Théâtre national de Chaillot, où planent encore les ombres de Vilar, Vitez et Savary. Le show peut continuer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ A l’instar d’associations féministes, des élus LRM reprochent au gouvernement de reculer sur la répression des infractions sur mineurs.
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Le texte de Marlène Schiappa sur les violences sexuelles suscite des réserves dans la majorité

A l’instar d’associations féministes, des élus LRM reprochent au gouvernement de reculer sur la répression des infractions sur mineurs.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 17h10
    |

            Alexandre Lemarié








                        


Faut-il y voir une volonté d’émancipation ? Trois semaines après le vote de la loi asile-immigration, qui a suscité des divisions au sein de la majorité, une partie des députés La République en marche (LRM) et du MoDem critique cette fois le « manque d’ambition » du projet de loi renforçant la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, examiné à l’Assemblée nationale, lundi 14 et mardi 15 mai.
En cause, l’article 2 du texte défendu par la ministre de la justice, Nicole Belloubet, et la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, portant sur la « répression des infractions sexuelles sur mineurs ». A l’instar d’associations féministes et d’élus de l’opposition, plusieurs députés de la majorité reprochent au gouvernement d’avoir reculé sur ce point, après avoir affiché la volonté que toute relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans soit passible de poursuites pour viol ou agression sexuelle, estimant que le mineur devrait être considéré automatiquement comme non consentant. Une annonce après deux affaires, dont l’une au tribunal de Pontoise, où des fillettes de 11 ans avaient été déclarées consentantes par la justice.

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                Projet de loi Schiappa : plus de 250 personnalités lancent un appel pour retirer l’article 2 du texte



Mais devant le risque d’inconstitutionnalité d’une telle mesure, le gouvernement a finalement renoncé à instaurer une présomption de non-consentement. Au grand dam de la députée MoDem Nathalie Elimas, qui regrette que le texte soit loin de l’annonce initiale. « Le consentement d’un enfant pourra encore être questionné », a-t-elle déploré lundi, sur LCP. L’élue du Val-d’Oise craint que l’article 2 aboutisse à l’inverse du résultat recherché, avec des requalifications de viol (crime passible de vingt ans de prison) en atteinte sexuelle (délit passible de dix ans d’emprisonnement). « Oui, un viol est un crime ! », a affirmé à son tour le député MoDem de Vendée, Philippe Latombe, jugeant « inconcevable de considérer qu’un jeune mineur puisse avoir une relation “consentie” avec un majeur ».
Rappel à l’ordre
Face aux critiques, Mme Belloubet a assuré dans l’Hémicycle qu’au contraire, « les poursuites de viols seront facilitées en précisant les notions de contrainte morale et de surprise ». « Il n’y a aucun recul dans ce projet de loi, mais un renforcement de l’arsenal répressif », a abondé Laëtitia Avia (LRM). En commission, plusieurs députés de la majorité ont pourtant tenté de muscler le texte, en particulier l’article 2. Sur les 259 amendements qui ont été déposés au total, 67 ont été rédigés par des élus LRM – pour la plupart de manière individuelle, sans l’accord du groupe. Parmi eux, Annie Chapelier (Gard), Adrien Morenas (Vaucluse), Fabien Gouttefarde (Eure) ou Mireille Clapot (Drôme) ont ainsi réclamé de « renverser la charge de la preuve », pour que « l’agresseur » soit contraint d’« apporter la preuve du consentement des victimes et non plus l’inverse ».
Cette prise de liberté a suscité un rappel à l’ordre du président du groupe LRM, Richard Ferrand. Pour un pilier de la majorité, l’examen du texte asile-immigration, lors duquel des députés ont déposé leurs propres amendements ou se sont opposés au gouvernement, a « créé un précédent ». « Il faut trouver un équilibre entre le droit d’initiative de chaque parlementaire et le fonctionnement collectif de notre groupe », souligne le député LRM, Hugues Renson.

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                Violences sexistes et sexuelles : ce que contient le projet de loi






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Une trentaine d’élus macronistes réclament toujours une inflexion plus sociale, mais peinent à s’organiser.
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Chez les députés LRM, la grogne, pas encore la fronde

Une trentaine d’élus macronistes réclament toujours une inflexion plus sociale, mais peinent à s’organiser.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h50
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

Sur le buffet ce soir-là, il y avait de la charcuterie et du vin. Delphine Bagarry, députée (La République en marche, LRM) des Alpes-de-Haute-Provence, avait pris les rênes de l’organisation. Réserver un salon de la questure, l’une de ces salles de réception à la disposition des parlementaires à l’Assemblée nationale ; convier les uns et les autres, et même Richard Ferrand, le patron du groupe LRM. Un moment de convivialité et de diplomatie dans un contexte moins festif. Ce mercredi d’avril, après l’apéritif, les élus s’apprêtaient à vivre leur troisième soirée de débat sur le projet de loi asile-immigration au cours de laquelle une vingtaine de « marcheurs » allaient minutieusement s’opposer à l’essentiel du texte présenté par le ministre de l’intérieur Gérard Collomb.
Sous les lustres de la questure, une partie de ces contestataires étaient là. Delphine Bagarry, donc, mais aussi, Martine Wonner, députée du Bas-Rhin, chevelure blonde électrique, et Stella Dupont, élue du Maine-et-Loire, lunettes rondes et carré court. Parmi eux, Sonia Krimi, celle par qui le vent de la contestation s’est levé, quand, dès le mois de décembre, la députée de la Manche a interpellé le ministre de l’intérieur dans l’Hémicycle sur la future loi. Un des rares hommes de la bande, Jean-Michel Clément, le doyen et seul élu sortant (Vienne), a également participé aux agapes, tout comme Sandrine Mörch (Haute-Garonne) ou encore Florence Granjus (Yvelines).
De relatifs anonymes dans cette majorité pléthorique, qui quelques jours plus tard, allaient se faire un nom en s’abstenant lors du vote du projet de loi. Autour du buffet, tous savaient que M. Clément voterait contre, provoquant sa mise à l’écart du groupe majoritaire, la ligne rouge fixée par Richard Ferrand à ses premiers récalcitrants.

Affranchis à la parole libérée
Aujourd’hui, ils font figure d’affranchis à la parole libérée, au-delà même de la question migratoire. « Avant on était là, dans l’Hémicycle,...




                        

                        


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En Europe, une démocratie vivante, mais perfectible

Opacité des décisions, prérogatives limitées des eurodéputés, Etats arc-boutés sur leur souveraineté... les critiques sont légion.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h41
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les prochaines élections européennes se tiendront dans un an, du 23 au 26 mai 2019. Cependant, à Bruxelles et à Strasbourg, la campagne a déjà commencé, dans les couloirs des institutions de l’Union – Conseil, Commission et Parlement.
En effet, le renouvellement ne concernera pas seulement les postes d’eurodéputés (les élus britanniques quitteront définitivement l’hémicycle, du fait du Brexit), mais aussi ceux des commissaires. A cela s’ajoutera, en novembre 2019, le choix d’un nouveau président du Conseil, qui réunit les différents Etats membres.
En outre, qui prendra la place de Jean-Claude Juncker, président de la Commission depuis novembre 2014 : Michel Barnier, le « M. Brexit » de Bruxelles, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ou la Danoise Margrethe Vestager, commissaire européenne à la concurrence ? Les scénarios vont bon train, même si les diplomates mettent en garde : eu égard à l’actualité européenne, il est beaucoup trop prématuré pour avancer le nom de celui ou celle qui apparaîtra en haut de l’affiche, à l’été 2019.

D’autant que les citoyens de l’Union auront leur mot à dire, car si le principe des Spitzenkandidaten (têtes de liste) est maintenu en 2019 – après avoir été imposé par le Parlement européen en 2014 –, c’est la personne désignée par le parti européen arrivé en tête du scrutin européen qui présidera la future Commission.
C’est ainsi qu’il y a quatre ans, M. Juncker, choisi en amont comme le candidat du Parti populaire européen (PPE, la réunion des droites classiques de l’Union), avait été imposé aux dirigeants européens, qui jusqu’alors décidaient dans le huis clos des conseils bruxellois.
Manque d’incarnation
Cela reflète toute la complexité et les limites de la démocratie européenne. En 2014, les citoyens n’avaient pas voté pour ou contre M. Juncker, mais pour des candidats nationaux à la députation européenne. C’est la chancelière allemande,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le PDG de l’infrastructure ferroviaire insiste sur l’ampleur des efforts à faire dans le cadre de la réforme de l’entreprise publique.
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Patrick Jeantet : « SNCF Réseau va devoir dégager progressivement 1,3 milliard d’euros de productivité par an »

Le PDG de l’infrastructure ferroviaire insiste sur l’ampleur des efforts à faire dans le cadre de la réforme de l’entreprise publique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 09h58
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Moins omniprésent que Guillaume Pepy dans les médias, Patrick Jeantet, le PDG de SNCF Réseau, est l’un des personnages-clés de la réforme ferroviaire. Il dirige cette infrastructure lestée de la fameuse dette de 47 milliards d’euros que le gouvernement s’est engagé à reprendre, au moins partiellement. Sujet d’intenses tractations entre l’exécutif et le groupe ferroviaire depuis plusieurs semaines, le modèle économique de SNCF Réseau est un des éléments qui pourraient débloquer le conflit. Le PDG détaille sa vision des changements à venir.
Une grève pénalisante
Il y a d’abord cette grève contre la réforme, qui contribue à fragiliser le système ferroviaire et singulièrement le réseau. Lundi 14 mai a été une journée sans cheminots. Lors de ce 18e jour de grève, la mobilisation a rebondi, avec 27,58 % de grévistes, soit le troisième taux le plus élevé en semaine depuis le début du mouvement par épisode, les 3 et 4 avril (33,9 % et 29,7 %). D’autre part, la journée a été marquée par une cinquantaine d’incidents et d’actes de malveillance. La SNCF a décidé de porter plainte.

« SNCF Réseau a, jusqu’ici, perdu 110 millions d’euros, estime M. Jeantet. Essentiellement en raison des péages ferroviaires non perçus. » Si l’immense planning de travaux de régénération du réseau accumule les retards, un autre problème, plus inattendu, lié à la grève, vient compliquer la tâche du gestionnaire d’infrastructure.
« Il faut savoir qu’au printemps, nos équipes préparent la saison des fortes chaleurs, explique le patron. Cela consiste à relâcher les contraintes dans le rail. Si on ne fait pas cela, lorsque les températures montent, les rails se déforment à cause de la dilatation de l’acier. Or, cette préparation va prendre du retard. L’ensemble des rails n’ayant pu être traités à temps, nous aurons, en juillet-août, davantage de ralentissements que d’habitude liés à ce point technique. »
« On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Manifestations étudiantes, guerre du Vietnam, printemps de Prague, l’année 1968 a changé la France... et le monde.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Dans cet essai, fruit d’une enquête de quinze années, le professeur de science politique Guillaume Courty dissipe le flou autour d’une profession dont le « secret » demeure la marque de fabrique de l’influence.
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Anatomie du lobby en France

Dans cet essai, fruit d’une enquête de quinze années, le professeur de science politique Guillaume Courty dissipe le flou autour d’une profession dont le « secret » demeure la marque de fabrique de l’influence.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 08h33
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Livre. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le lobbying… La somme rédigée par le professeur de science politique Guillaume Courty, fruit de quinze années d’enquête, fera sans nul doute référence. Jamais une étude aussi aboutie n’avait été produite sur le sujet. Elle permet non seulement de comprendre la place, le rôle et le fonctionnement des lobbyistes et des cabinets de conseil dans la vie publique mais aussi de balayer bon nombre d’idées reçues et de clichés sur leur influence réelle.
aujourd’hui encore, il reste difficile de cerner ce que représente le marché du lobbying
En France, l’évolution sur le sujet est récente. La vie politique française s’est longtemps targuée d’être prémunie du lobbying. En fermant résolument les yeux, on pouvait se persuader que celui-ci n’avait pas droit de cité dans l’Hexagone. Moyennant quoi il prospérait à l’abri de toute réglementation. Ce n’est qu’en 2009 que les assemblées parlementaires ont adopté leur premier règlement en la matière, révisé en 2013. Puis en 2017 une loi, la loi Sapin 2, lui a été consacrée.
Cette sorte de tabou a eu pour effet d’associer le lobbying à la corruption, puisque ce qui est caché est suspect. L’auteur, qui a recensé trois cent vingt-deux articles portant sur ce sujet parus dans la presse nationale entre 1954 et 2014, consacre une partie importante de son livre au rôle non négligeable qu’ont joué les médias dans cette construction. Mais, aujourd’hui encore, il reste difficile de cerner ce que représente le marché du lobbying : de grandes entreprises, publiques ou privées, le secteur associatif et même des organisations syndicales n’hésitent pas à se doter de structures consacrées à ce type d’activités plus ou moins discrètes.
Le secret comme marque de fabrique
Le flou continue donc à entourer la profession, le « secret » demeurant la marque de fabrique de l’influence. « Personne ne détient la vérité sur cette population », reconnaît...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le premier ministre promet qu’une cession d’une partie de l’entreprise n’est pas envisagée. « La loi sera sans ambiguïté », dit-il.
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Pas de privatisation de la SNCF, réaffirme Edouard Philippe

Dans un entretien au « Monde », le premier ministre promet qu’une cession d’une partie de l’entreprise n’est pas envisagée. « La loi sera sans ambiguïté », dit-il.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 11h49
    |

            Cédric Pietralunga, 
Virginie Malingre, 
Nicolas Chapuis et 
Solenn de Royer








                        



                                


                            

« May the force be with you. » C’est affublé de boutons de manchette reprenant la réplique des  Star Wars qu’Edouard Philippe a répondu, lundi 14 mai, aux questions du Monde. Un an jour pour jour après son entrée à Matignon, l’ex porte-parole d’Alain Juppé dit qu’il « assume parfaitement » la politique menée sous la direction d’Emmanuel Macron et promet que le programme de réformes « va être dense jusqu’au bout » du quinquennat.
Un nouvel acte terroriste a été commis à Paris samedi. L’opposition vous accuse d’immobilisme. Que leur répondez-vous ?
Je veux d’abord saluer la réactivité des forces de police, qui ont été exceptionnelles. Neuf minutes après le premier appel, le terroriste était neutralisé. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un travail considérable accompli continûment depuis 2015, avec plus de moyens et une meilleure organisation des services de renseignement et des forces de l’ordre. C’est beaucoup plus important à mes yeux que n’importe quel dispositif juridique qu’il faudrait rajouter. Je me méfie beaucoup de ceux qui pensent qu’un événement justifie une loi.
Vous dites que vous faites beaucoup, mais peut-on faire plus pour empêcher ces actes ?
Le sujet est assez grave pour que je prenne avec agacement toutes les paroles légères sur le sujet. Un homme est mort, plusieurs personnes ont été blessées, et la menace est permanente. Quand nous avons décidé de sortir de l’état d’urgence, nous avons fait adopter une loi qui nous dote des instruments de surveillance et d’intervention. Nous avons augmenté le budget de la défense et de l’intérieur. Nous nous sommes engagés à une augmentation considérable du nombre de professionnels qui interviennent dans ce domaine. De nombreux projets terroristes sont déjoués par l’action des forces de l’ordre. C’est assez peu spectaculaire. Personne ne le voit, personne ne le sait et personne ne nous en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Personne n’est venu occuper l’espace qui s’était construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« Un an a passé. Le diagnostic n’a pas changé : c’est la gauche année zéro »

Personne n’est venu occuper l’espace qui s’était construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h53
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            
Chronique. Le constat relève de l’évidence : les élections de 2017 ont fait exploser la gauche. Electoralement, politiquement, idéologiquement, ce « camp » qui a structuré l’histoire du pays depuis plus d’un siècle s’est retrouvé en miettes, fracturé et impuissant face au chamboule-tout de la présidentielle et des législatives.
Un an a passé. Le diagnostic n’a pas changé : c’est la gauche année zéro. En l’occurrence, zéro ne signifie pas le point de départ d’une reconstruction, d’une réinvention, encore moins d’une reconquête. Mais le maintien en déshérence de cet espace qui s’était avant tout construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités. Personne n’est venu l’occuper.

La majorité présidentielle aurait pu. Le champ était libre et la promesse du candidat Macron se voulait œcuménique, « de droite et de gauche », capable de « protéger » autant que de « libérer ». Devenu président, par inclination autant que par stratégie, il a choisi d’investir le terrain traditionnel de la droite pour mieux achever de la déstabiliser. La liberté de l’entrepreneur a primé sur la protection du salarié, la promotion du risque sur la sécurité de l’emploi, l’attractivité de la France sur le pouvoir d’achat des Français. Quant au volet social annoncé, il est resté limité (augmentation du minimum vieillesse, dédoublement des classes de cours préparatoire), fractionné (suppression à terme de la taxe d’habitation), hypothétique (réformes en gestation de la formation professionnelle ou de l’apprentissage) ou encore dans les limbes (plan en faveur des banlieues).
Le chef de l’Etat fait la sourde oreille
C’est au point que, dans la majorité même, des voix s’interrogent ou s’inquiètent. Ainsi l’ancien premier ministre Manuel Valls appelait récemment de ses vœux « un plan audacieux contre la pauvreté » pour répondre « à l’attente puissante de justice sociale ». Dimanche 13 mai, le président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Maryse Joissains-Masin (LR) risque aussi dix ans d’inéligibilité pour avoir promu son chauffeur et fourni des emplois de complaisance à des proches.
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Neuf mois de prison ferme pour favoritisme requis contre la maire d’Aix-en-Provence

Maryse Joissains-Masin (LR) risque aussi dix ans d’inéligibilité pour avoir promu son chauffeur et fourni des emplois de complaisance à des proches.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 03h12
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 10h03
    |

                            Luc Leroux (Montpellier, envoyé spécial)








                        



   


Maryse Joissains-Masini, maire (LR) d’Aix-en-Provence, 75 ans, a crié au complot politique et à l’acharnement judiciaire, lundi 14 mai, devant le tribunal correctionnel de Montpellier, où elle était jugée pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêt. « Le combat politique fait rage dans les Bouches-du-Rhône, et mon territoire a besoin de mon honnêteté, de ma rigueur, de ma conscience, de mon esprit combatif », s’est exclamée l’élue en réponse à la sévérité des mots du procureur Dominique Sie. « La sanction des urnes, c’est une chose, mais la sanction d’un comportement social déviant d’une personne en qui les gens ont placé leur confiance, ce doit être une sanction pénale à la hauteur de la gravité des faits. Et c’est grave lorsqu’on fait sa chose des deniers publics dont on sait la rareté. » Le procureur a requis contre elle dix-huit mois de prison dont neuf mois avec sursis et dix années d’inéligibilité.
Le procureur de la République d’Aix-en-Provence avait sollicité la délocalisation de ce procès. C’est donc à Montpellier que « Maryse », comme la nomme le monde politique local, a eu à s’expliquer sur la promotion turbo de son chauffeur et sur le recrutement contesté d’une collaboratrice dédiée à la maltraitance animale.
« Personnage-clé du clientélisme »
A Aix-en-Provence, tout le monde connaît Omar Achouri, 65 ans, le chauffeur de la maire, un temps son attaché parlementaire et véritable « guichet des doléances » auprès duquel les Aixois s’adressent pour régler un tas de petits problèmes. Maryse Joissains-Masini ne cache pas le lien amical très fort qu’elle entretient avec ce fils de harki, « quelqu’un de valeureux, qui fait honneur à la fonction publique ». En 2013, elle avait obtenu de la commission d’aptitude paritaire qu’il soit promu au rang d’attaché territorial de cadre A au salaire de 4 400 euros, alors qu’Omar Achouri figurait en 46e position de la liste des cadres pouvant prétendre à cette promotion. Du « jamais-vu » pour nombre de hauts fonctionnaires territoriaux…
Face à la présidente du tribunal, Carole Daux, Mme Joissains-Masini a défendu vigoureusement ce choix que la cour administrative d’appel avait annulé pour erreur manifeste d’appréciation de la valeur et de l’expérience professionnelle de l’intéressé. « Omar a un engagement total. Non seulement il était chauffeur, mais il faisait un travail considérable. Il me facilitait les choses dans mes déplacements dans les quartiers populaires. Il travaillait beaucoup et bien, alors que j’ai des chefs de service… ce n’est pas formidable. »
Aux yeux de certains, le chauffeur est « un personnage-clé du clientélisme dans le pays d’Aix ». Bâton de maréchal, récompense du vieux soldat, avaient glosé les hauts cadres de la mairie, l’un d’eux s’exclamant même, sur une écoute téléphonique, en apprenant que Mme Joissains-Masini avait exigé la promotion de son chauffeur au rang d’attaché territorial : « Elle est folle ! Elle déconne ! »

        Lire :
         

          La maire d’Aix-en-Provence renvoyée devant le tribunal



« Promotion anormale »
« Ce n’est pas du clientélisme, ce n’est pas du favoritisme, dans mon esprit ce n’est pas du tout ça », s’est défendue avec beaucoup de fermeté la maire d’Aix, invoquant une notion de « promotion sociale ». Le procureur a évoqué, lui, une « promotion anormale », « une appréciation de la situation de M. Achouri erronée de façon manifeste et criante », uniquement « destinée à gratifier un proche ».
Jugée aussi pour détournement de fonds publics en raison de l’embauche d’une collaboratrice à son cabinet de présidente de la communauté du pays d’Aix, Mme Joissains-Masini a reconnu que « c’est peut-être aveuglée par [son] amour des animaux » qu’elle avait agi. Cette militante de la cause animale avait été recrutée alors que cela n’entrait pas dans les compétences de la collectivité territoriale et qu’un service municipal existait déjà à la ville d’Aix pour les chiens et chats errants et maltraités. « Je n’ai pas pensé une seconde que le fait d’embaucher un collaborateur pour la cause animale pouvait être reprochable ». Et l’élue d’expliquer que sa collaboratrice était disponible le week-end, tard le soir, « toujours prête à intervenir même dans les caves lors des combats de chiens ou de coqs. Et ça, je ne peux pas le demander à un fonctionnaire ».
Omar Achouri et cette collaboratrice, simples témoins assistés durant l’instruction, ont bénéficié d’un non-lieu, au grand dam du procureur, qui a « déploré qu’ils ne soient pas devant le tribunal pour répondre de recel ». Un choix procédural qui, aux yeux de Me Alain Roustan, défenseur de l’élue, montre bien qu’« on veut condamner à tout prix [la maire d’Aix] au terme d’une procédure lancée juste au moment où se profilaient les élections municipales de 2014 sur le fondement d’une lettre anonyme. Mais voilà dix-sept ans qu’elle est élue par la population d’Aix, et il doit bien y avoir une raison », a ajouté l’avocat. Jugement le 18 juillet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Adopté en 2016 par le Parlement européen, le texte régit la manière dont les entreprises et les administrations peuvent faire usage des données personnelles des utilisateurs.
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Le Parlement adopte le projet de loi sur la protection des données personnelles

Adopté en 2016 par le Parlement européen, le texte régit la manière dont les entreprises et les administrations peuvent faire usage des données personnelles des utilisateurs.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 21h01
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 06h49
    |

            Vincent Fagot








                        


Onze jours à peine avant l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), les dispositions de ce texte européen ont été inscrites dans la loi française, après un vote à l’Assemblée nationale, lundi 14 mai. Adopté en 2016 par le Parlement européen, le texte – qui régit la manière dont les entreprises et les administrations peuvent faire usage des données personnelles des utilisateurs – n’avait pas encore été transcrit en droit français. En France, ces pratiques étaient, pour l’instant, encadrées par la loi informatique et liberté de 1978 (modifiée par la directive européenne de 1995).
Malgré la procédure accélérée lancée par le gouvernement en décembre 2017, le texte s’est enlisé dans un fastidieux va-et-vient entre l’Assemblée nationale et le Sénat, dont les vues divergeaient sur de nombreux points. Le Sénat réclamait, en particulier, un régime dérogatoire temporaire pour les collectivités territoriales. Il s’est également opposé à l’Assemblée sur des points plus spécifiques du texte, dont l’âge de la majorité numérique, à partir duquel un adolescent peut de lui-même donner son consentement au traitement de ses données personnelles.

        Lire aussi :
         

                Protection des données : le texte européen qui hante les nuits des patrons de PME français



Peu de temps laissé aux députés pour débattre
Après l’échec des travaux d’une commission mixte paritaire et un deuxième passage devant les deux chambres, c’est finalement à l’Assemblée nationale – où le groupe La République en marche détient la majorité absolue – que devait donc revenir le dernier mot.
C’est donc devant une Assemblée clairsemée – à peine une petite quarantaine d’élus – que la garde des sceaux, Nicole Belloubet, est venue défendre un texte « qui est l’aboutissement de plusieurs années de travail au niveau européen et de plusieurs mois de travail en France ». Face à elle, plusieurs députés ont déploré le peu de temps laissé aux députés pour débattre de ce texte. Au nom de La France insoumise, Danièle Obono a fait connaître son opposition à ce texte, dont elle estime qu’il « laisse le champ à de très grandes entreprises pour faire du profit sur nos données personnelles », en pointant spécifiquement les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), pour qui les sanctions prévues par le texte (4 % du chiffre d’affaires) seraient trop modestes.
Au nom des Républicains, la députée Constance Le Grip a accordé le soutien de son groupe à ce texte, qui, selon elle, maintient un bon équilibre entre la protection des individus et les intérêts des entreprises. « Les affaires récentes [référence au récent scandale Cambridge Analytica] nous ont rappelé l’urgence à sanctionner les abus en matière de traitement des données personnelles », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que son parti serait vigilant sur la mise en application du texte.
Menace de saisine du Conseil constitutionnel
Un sujet qui tient particulièrement à cœur à la rapporteuse du texte à l’Assemblée, Paula Forteza, qui a insisté sur ce point, en début de séance : « On ne peut pas se permettre une mise en œuvre au rabais », a pointé la députée de la deuxième circonscription des Français de l’étranger, qui reproche déjà aux principales plates-formes de ne se livrer qu’à une mise en conformité minimum.
Avant l’adoption définitive du texte, l’Assemblée nationale a consenti à l’adoption d’un ultime amendement combattant les applications préinstallées sur les terminaux (smartphones, tablettes, etc.), visant tout particulièrement les moteurs de recherche et les navigateurs – de Google et d’Apple – qui sont généralement fournis avec ces appareils.
Le parcours de ce texte de loi pourrait, cependant, ne pas s’arrêter là : le Sénat a, en effet, menacé de saisir le Conseil constitutionnel.

        Lire aussi :
         

                RGPD : ce qui change pour les particuliers






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le ministère du travail a annoncé que la présidente de Vigeo-Eiris, ancienne secrétaire générale de la CFDT, ne représenterait pas le gouvernement français au conseil d’administration du Bureau international du travail.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.
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Mines d’or et pollution : pourquoi le projet « Montagne d’or » en Guyane est contesté

Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h29
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Alors qu’un débat public est ouvert jusqu’au 7 juillet pour « Montagne d’or », un projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane, les critiques se multiplient contre ce projet porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold. Des voix s’élèvent au sein de la population, mais aussi chez les associations écologiques, dont le WWF, et certains responsables politiques.
Le député européen Yannick Jadot a, par exemple, dénoncé « une catastrophe », le 11 mai sur France Info. De son côté, Emmanuel Macron y est favorable. En 2015, alors ministre de l’économie, il plaidait déjà pour une augmentation de l’activité aurifère en Guyane.
La construction est prévue de 2019 à 2021, sous réserve d’autorisations, pour une production d’environ 6,7 tonnes par an, de 2022 à 2034. Explication en trois points.

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                Macron soutient la controversée « Montagne d’or »



1. Risque élevé de déversement de cyanure dans la nature
Pour exploiter une mine d’or, il faut, en l’état des avancées technologiques, utiliser du cyanure. Ce composant chimique est tellement toxique que les députés européens ont demandé, sans succès, à la Commission européenne, via deux résolutions votées en mai 2010 et avril 2017, d’interdire le cyanure dans l’industrie minière des Etats membres. Les risques pour l’environnement se situent essentiellement au stade du transport, du stockage et du recyclage du cyanure.
Le cyanure permet notamment de rendre soluble l’or par « lixiviation » – ou dissolution chimique permettant d’extraire d’un minerai les métaux et minéraux de valeur. Après lixiviation, l’eau et les boues contaminées au cyanure sont stockées dans des bassins de rétention. En cas de débordement, à cause de fortes pluies par exemple, ou de rupture de digue, le cyanure est alors déversé dans la nature. « La présence de larges quantités de boue liquide, chargées en produits dangereux derrière des digues peut avoir des effets désastreux pour l’environnement en cas de fuite ou de rupture de ces digues », rappelle le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans un rapport de 2013.
L’accident le plus emblématique reste la rupture du barrage de la mine d’or de Baia Mare en Roumanie, en 2000. Il s’agit de la plus grande catastrophe écologique en Europe de l’Est depuis Tchernobyl. L’eau polluée, qui a tué des milliers de poissons, s’est déversée dans les rivières locales avant de gagner le Danube, pourtant à plusieurs centaines de kilomètres de distance. « Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde », recense l’ONG allemande Sauvons la forêt.
Le projet guyanais a la particularité de se situer à proximité de deux réserves biologiques intégrales, rappelle le WWF.

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                En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »



2. Déforestation
Les projets de mine d’or sont source de déforestation. En 2015, des chercheurs de l’université de Porto Rico ont alerté sur le lien entre l’accélération de la déforestation des forêts humides d’Amérique du Sud et l’extraction aurifère. « La déforestation était significativement plus élevée au cours de la période 2007-2013, et cela était associé à l’augmentation de la demande mondiale d’or après la crise financière internationale », écrivent-ils.
Mais ce lien de causalité inclut l’orpaillage, ou recherche artisanale de l’or à petite échelle, souvent pratiqué dans l’illégalité. Une étude portant sur une zone de 600 000 kilomètres carrés, de l’Etat brésilien d’Amapá au Guyana en passant par la Guyane française et le Surinam, démontre que les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation liée à l’orpaillage. « Lorsque le cours de l’or était en deçà de 400 dollars l’once, voici une quinzaine d’années, environ 2 000 hectares de forêts étaient annuellement déforestés par l’orpaillage. Quand il a flambé, pour atteindre 1 600 dollars l’once en 2011-2012, cette déforestation a atteint près de 9 000 hectares par an », pointent les chercheurs du Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad), du CNRS et de l’université de Guyane.

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Les défenseurs du projet guyanais prédisent que la future mine facilitera la lutte contre l’orpaillage illégal, sans toutefois convaincre les opposants. Ces derniers estiment que ces deux éléments n’ont aucun rapport entre eux.
Dans le cas guyanais, le projet de 800 hectares implique de déboiser 374 hectares de forêt primaire ainsi que 200 hectares supplémentaires pour construire la ligne haute tension qui alimentera la mine en électricité. La superficie de la forêt primaire à déboiser représente l’équivalent de 820 terrains de football.
3. Dépenses d’eau et d’énergie
Comme toutes les industries minières, les mines d’or utilisent beaucoup d’eau. Dans le monde, une grande partie des mines d’or sont situées dans des zones de « stress hydrique » (en situation de pénurie d’eau). Par exemple, l’Australie compte parmi les principaux pays producteurs d’or alors qu’elle souffre déjà d’un stress hydrique important. Au Pérou, le projet de mine d’or et de cuivre de l’américain Newmont a été suspendu en 2012 après que la population a protesté, compte tenu du risque de pollution de l’eau, mais aussi de manque d’eau pour les habitants.
Pour le projet guyanais, « en moyenne, 140 000 litres d’eau par heure sont nécessaires », calcule l’association Sauvons la forêt.
Les besoins électriques de la mine s’élèveront, quant à eux, à 20 MW, soit 8,5 % de la consommation électrique totale de la Guyane, calcule le site Novethic. Par ailleurs, 142 millions de litres de fuel seront nécessaires sur les douze années de vie du projet.


Pour aller plus loin :

Projet de mine d'or en Guyane, dossier du maître d’ouvrage.
« Plateau des Guyanes : les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation », dans la revue Etude du Cirad, 2017 (2017).
«  10 ans d’opération Harpie contre l’orpaillage illégal », dans la revue  ministère des Armées, 2018 (2017).


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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        

