<FILE-date="2018/05/15/19">

<article-nb="2018/05/15/19-1">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Le Canada veut produire de l’aluminium « vert », sans émission de carbone

Soutenus par Apple et les gouvernements québécois et canadien, les industriels Alcoa et Rio Tinto comptent sur un nouveau procédé ne rejetant dans l’atmosphère que de l’oxygène.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 17h42
    |

            Anne Pélouas (Montréal, correspondance)








                        



   


Dans le secteur de l’aluminium, l’élimination des émissions de gaz à effet de serre n’est pas pour demain, mais elle pourrait faire bientôt un grand pas en avant avec un mode de production non polluant, qui devrait être opérationnel à partir de 2024. Le 10 mai, les groupes Alcoa et Rio Tinto ont annoncé vouloir fonder une entreprise conjointe, Elysis, pour exploiter un procédé qui n’émet pas du tout de dioxyde de carbone contrairement à la technique de fusion traditionnelle. Apple ainsi que les gouvernements canadien et québécois leur apportent leur concours.
L’usine sera la première du genre dans le monde. Le projet doit se développer à Jonquière, dans le nord du Québec, centre névralgique de la production canadienne d’aluminium. L’investissement s’élève à 558 millions de dollars canadiens (365 millions d’euros). Ottawa et Québec mettent chacun 39 millions d’euros sur la table, Apple 8,5 millions, Alcoa et Rio Tinto 278 millions.
La nouvelle technologie, brevetée par Alcoa en 2009 après des années de recherche, entre dans sa phase industrielle. L’objectif est de la vendre sous licence dès 2024 pour de nouvelles installations ou pour modifier des usines existantes. Elle transformerait radicalement la phase de réduction de l’alumine en aluminium, à partir d’anodes inertes utilisant un matériau conducteur évolué qui libérerait de l’oxygène pur.
Des gains de productivité
Le procédé actuel soumet l’alumine à un puissant courant électrique pour provoquer une réaction d’oxydoréduction en faisant appel à des matières carbonées qui, en brûlant, libèrent des gaz à effet de serre. Avec le système d’Elysis, une céramique remplacerait le carbone de l’électrode du four, qui émettait du CO2 en se combinant à l’oxygène.
L’industrie pourrait ainsi obtenir de l’aluminium plus propre et plus rentable. Vincent Chris, nouveau PDG d’Elysis, parle de 15 % de gain de productivité et d’une baisse de 15 % des coûts de production.
Pour le premier ministre canadien, Justin Trudeau, « il s’agit de la plus importante innovation dans l’industrie de l’aluminium depuis plus d’un siècle et d’une étape décisive dans la lutte contre le changement climatique ». Elle pourrait, selon lui, contribuer à réduire de 6,5 millions de tonnes par an les émissions de gaz à effet de serre au Canada. On comprend son enthousiasme à l’heure où la lutte contre le réchauffement piétine dans ce pays.
« Si elle se concrétise, cette annonce pourrait apporter une véritable révolution pour l’industrie de l’aluminium, assure Patrick Bonin, responsable de la campagne climat énergie chez Greenpeace Canada. Reste à connaître tous les impacts environnementaux qui découleraient de l’utilisation de cette nouvelle technologie. »
1 % des émissions de gaz à effet de serre
A lui seul, le Québec produit 2,8 millions de tonnes d’aluminium primaire par an avec l’actuel procédé de fabrication par électrolyse, note Claude Villeneuve, spécialiste en sciences de l’environnement à l’Université du Québec, à Chicoutimi. Et pour en obtenir une tonne, la combustion émet 1,5 tonne de CO2. Cela ne devrait plus être plus le cas.
Apple – qui a provoqué le rapprochement entre Alcoa et Rio Tinto – veut se montrer écoresponsable, mais ses ordinateurs portables, iPad et iPhone demandent beaucoup d’aluminium. « Nous sommes fiers de participer à ce nouveau projet ambitieux », a déclaré son PDG, Tim Cook, assurant qu’il attend la suite « avec impatience ».
Pour le secteur de l’aluminium, qui génère directement 1 % des émissions de gaz à effet de serre de toute l’industrie mondiale (responsable elle-même de 21 % des émissions à l’échelle planétaire), ses performances en termes de bilan carbone devraient stimuler les ventes d’Elysis.
Une centaine de chercheurs, techniciens et ingénieurs vont s’installer prochainement à Jonquière pour travailler à la phase industrielle de la technologie d’abord développée dans les laboratoires d’Alcoa à Pittsburgh (Pennsylvanie). Il est prévu une année de tests avant d’aller plus loin.
« Le potentiel est là, estime Claude Villeneuve. Et si de gros acteurs comme Alcoa, Rio Tinto et Apple investissent autant, c’est qu’ils ont bon espoir d’arriver à parvenir à produire de l’aluminium sans émissions de CO2, peut-être entre 2023 ou 2028. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-2">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Ebola : un vaccin expérimental sera utilisé en RDC

La République démocratique du Congo a donné son feu vert à l’utilisation d’un vaccin expérimental pour lutter contre l’épidémie qui s’est déclarée dans le nord-ouest du pays.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h43
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



   


Un vaccin expérimental contre Ebola pourrait être déployé dès lundi 21 mai en République démocratique du Congo (RDC). Alors que le virus s’est déclaré dans le nord-ouest du pays, les autorités ont donné leur feu vert lundi 14 mai à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les premières doses devraient être acheminées dans la semaine mais la logistique s’avère très compliquée. L’épicentre de l’épidémie, la ville de Bikoro, se situe dans une zone très reculée, à deux jours de route de la capitale Kinshasa. Par ailleurs, le vaccin doit être conservé à une température comprise entre – 60°C et – 80°C ce qui suppose l’envoi des équipements spécifiques.

        Lire aussi :
         

                La fièvre de Lassa, maladie proche d’Ebola, se répand au Nigeria



Mis au point par le laboratoire pharmaceutique Merck en 2016, le vaccin s’est révélé efficace lors d’essais sur les humains, mais il n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM). Connu sous le nom de code V920, il avait été testé en Guinée en 2015, à la fin de l’épidémie qui avait fait plus de 11 000 morts en Afrique de l’Ouest. Les résultats publiés dans The Lancet début 2017 semblent très prometteurs : sur les quelque 6 000 personnes vaccinées (dont près de 200 enfants) aucune n’a contracté la maladie dans les semaines suivant la vaccination. Les participants avaient été sélectionnés sur la base de leur proximité avec un patient infecté.
Le V920 s’appuie sur les travaux d’un laboratoire de recherche public canadien, et a d’abord été développé par la biotech américaine NewLink Genetics. Merck a conclu avec elle un accord de licence fin 2014, et commencé les vaccinations dès mars 2015 en Guinée. Les données collectées lors de cet essai clinique, le plus important conduit dans un contexte épidémique, seront étudiées à la loupe par les autorités de santé en Europe et aux Etats-Unis où Merck prévoit de déposer une demande d’AMM. Le laboratoire comptait présenter son dossier fin 2017 mais a pris du retard, et aucun calendrier n’a été avancé pour 2018.
Les vaccins ont été fabriqués par Merck
L’OMS dispose aujourd’hui de 4 000 vaccins, mais au moins 300 000 autres doses sont disponibles. Ces vaccins ont été fabriqués par Merck à la suite d’un accord passé avec Gavi, une organisation internationale dont l’objectif est de favoriser l’accès des pays pauvres aux vaccins. En janvier 2016, elle s’était engagée à verser 5 millions de dollars au laboratoire américain en contrepartie de la création d’un stock d’urgence. « Il est inquiétant de constater que le monde n’est toujours pas prêt à faire face aux nouvelles menaces sanitaires qui pourraient se présenter à l’avenir ; il faut absolument changer de mentalité et investir dès aujourd’hui dans la recherche et le développement pour assurer notre protection dans les années à venir, » avait à ce moment déclaré le Dr Seth Berkley, le directeur de Gavi.

        Lire aussi :
         

                Nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo



L’OMS a comptabilisé 39 cas suspects, probables ou confirmés de fièvre Ebola entre le 4 avril et le 13 mai aux alentours de Bikoro. Sur ces cas-là, 19 ont été mortels. Près de 400 personnes ayant été en contact avec les malades ont été placées en observation. Elles devraient être les premières à recevoir le vaccin, ainsi que le personnel soignant, l’objectif étant de limiter au maximum le risque de diffusion.
Mbandaka, la ville la plus proche, se situe à quinze heures de route. « Une épidémie urbaine majeure [à Mbandaka] est un risque immédiat », a souligné Peter Salama, responsable des situations d’urgence à l’OMS. « Une fois qu’Ebola arrive dans les zones urbaines, en particulier dans les bidonvilles urbains pauvres, il est très difficile d’éliminer la maladie », a-t-il ajouté. Les liaisons fluviales représentent aussi un risque : par le fleuve Congo, Bikoro est relié à la capitale Kinshasa (11,5 millions d’habitants) ainsi qu’à Brazzaville la capitale de la République du Congo (1,9 million d’habitants).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-3">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ La forte demande de refroidissement dans les parties les plus chaudes de la planète va faire augmenter la consommation d’électricité et risque d’accentuer le changement climatique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment les climatiseurs réchauffent la planète

La forte demande de refroidissement dans les parties les plus chaudes de la planète va faire augmenter la consommation d’électricité et risque d’accentuer le changement climatique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h31
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

Les climatiseurs ne refroidissent pas la planète, ils la réchauffent. L’équation peut sembler simpliste, mais elle permet de comprendre l’un des points aveugles du débat sur l’énergie et le climat.

Alors que des centaines de millions de personnes vivent dans des zones aux températures élevées, les besoins en électricité pour répondre à cette demande de refroidissement sont de plus en plus importants. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendue publique mardi 15 mai, ces besoins pourraient représenter l’équivalent de la production électrique des Etats-Unis et de l’Allemagne d’ici à 2050.

Dans un rapport intitulé « Le Futur du refroidissement », l’AIE met en garde contre les conséquences d’une telle trajectoire : la hausse exponentielle de la consommation d’électricité liée aux besoins en air conditionné pourrait conduire à plus de production électrique à partir de charbon ou de gaz et rendre plus difficile – voire impossible – d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat. Selon cet accord, adopté en décembre 2015, la quasi-totalité des pays du monde se sont engagés à maintenir le réchauffement « bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels ».
De 1,6 à 5 milliards d’appareils
A l’heure actuelle, 1,6 milliard de climatiseurs sont utilisés dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis et en Chine. Ils nécessitent plus de 2 000 térawattheures d’électricité par an, soit, à titre de comparaison, quatre fois la consommation annuelle d’électricité en France. Depuis 1990, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à cette consommation ont plus que triplé et représentent autant que les émissions du Japon, soit 1 130 millions de tonnes de CO2.

La hausse de la demande de refroidissement est portée par la croissance économique de régions parmi les plus chaudes de la planète. Trois pays – l’Inde, la Chine et l’Indonésie – représentent à...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-4">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est la cible d’industriels depuis qu’il a classé cancérogènes probables le glyphosate et la viande rouge.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Succession à risque à l’agence anticancer de l’OMS

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est la cible d’industriels depuis qu’il a classé cancérogènes probables le glyphosate et la viande rouge.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h05
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

C’est une succession à haut risque pour la santé publique. Le conseil de direction du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) devait élire, jeudi 17 mai, le successeur de son actuel directeur, le pharmacologue et épidémiologiste britannique Christopher Wild. Ce dernier dirige le CIRC depuis près d’une décennie. Sa succession, qui prendra effet début 2019, intervient dans un climat de tension inédit.
Depuis qu’elle a classifié la viande rouge et le glyphosate – le célèbre herbicide inventé par Monsanto – comme « cancérogènes probables », en 2015, l’agence onusienne basée à Lyon est la cible de vives critiques de la part des milieux industriels. Au point que des personnalités scientifiques proches de l’agence craignent une perte d’indépendance à la faveur du changement de direction.
Au cours des dernières semaines, le conseil de direction de l’agence, qui réunit les représentants des 25 Etats participant à son fonctionnement, a présélectionné cinq candidats parmi la quinzaine qui s’étaient déclarés. La liste n’est pas publique. Selon nos informations, il s’agit de Joakim Dillner (Institut Karolinska, Suède), de Shuji Ogino (Harvard School of Public Health, Etats-Unis), de l’Allemand Joachim Schüz, déjà membre du CIRC, d’Elisabete Weiderpass (Institut Karolinska, Suède), et de David Whiteman (institut QIMR Berghofer à Brisbane, Australie).
« C’est un poste très important, résume Philip Landrigan, professeur au Mount Sinai Medical Center, à New York, et l’une des grandes figures de l’épidémiologie environnementale. Mais quel que soit le profil scientifique du candidat, l’important est qu’il comprenne la dimension humaine de son travail : une mauvaise décision de l’agence, et ce sont des vies humaines qui peuvent être perdues. »
Créé à l’initiative de Charles de Gaulle, en 1965, et placé sous la tutelle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le CIRC est chargé d’animer la recherche sur le cancer...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-5">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ La réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait générer quatre fois plus d’emplois dans le monde qu’elle n’en détruirait.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 14/05/2018
Découvrir l’application


                        

Lutter contre le changement climatique créerait 18 millions d’emplois

La réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait générer quatre fois plus d’emplois dans le monde qu’elle n’en détruirait.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h49
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Créer 18 millions d’emplois dans le monde, voilà ce que permettrait la lutte pour réduire les émissions de CO2 – afin de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C, tel que le préconise l’accord de Paris conclu le 12 décembre 2015.
Dans le rapport « Emploi et questions sociales dans le monde 2018 : une économie verte et créatrice d’emploi », rendu public lundi 14 mai au soir, l’Organisation internationale du travail (OIT) a réalisé une estimation des pertes et des créations d’emplois induites par cette évolution de l’économie, qu’elle juge inéluctable. Elle considère que celle-ci pourrait se solder par 24 millions de nouveaux postes tandis que 6 millions disparaîtraient; le solde induit par la généralisation de la transition verte serait donc de 18 millions d’ici à 2030.
L’unique agence tripartite des Nations unies – regroupant les représentants des gouvernements, des employeurs et des salariés de 187 Etats membres – avait déjà, dans le passé, travaillé sur la question des emplois verts et du travail décent. En 2013, lors de la Conférence internationale du travail, qui se tient chaque mois de juillet à Genève, elle avait produit un rapport indiquant « des gains nets en matière d’emplois supplémentaires, entre 2010 et 2030, de 0,5 % à 2 % ».
Catherine Saget, économiste à l’OIT et principale auteure du rapport publié lundi, prévient qu’« il ne s’agit pas ici de comptabiliser les emplois verts à venir, mais d’étudier les gains et pertes dans tous les secteurs touchés par la mutation de l’économie ». Ainsi l’OIT estime que « l’action visant à limiter le réchauffement climatique à 2 °C va se traduire par suffisamment de créations d’emplois pour compenser largement les six millions de suppressions d’emploi faites ailleurs ».
Bénéfice en Amérique, Asie et Europe, perte en Afrique
Le bénéfice net se concentre dans les Amériques, en Asie et dans la zone Pacifique, ainsi qu’en Europe, s’élevant respectivement à trois millions, à quatorze millions et à douze millions d’emplois. A contrario, le Moyen-Orient et l’Afrique en perdraient respectivement environ 300 000 et 350 000 (soit – 0,48 % et – 0,04 % du total dans chacune des deux régions du monde), « en raison de leur dépendance à l’égard, respectivement, des énergies fossiles et des mines », précise l’OIT.
Sur les 163 secteurs économiques étudiés, seuls quatorze vont subir des suppressions supérieures à dix mille postes à l’échelle mondiale. L’extraction pétrolière et le raffinage afficheraient des pertes supérieures à un million d’emplois. Dans le secteur de l’électricité, la création de 2,5 millions de postes pour les énergies renouvelables compenserait largement la destruction de 400 000 emplois dans la production basée sur les combustibles fossiles.
L’économie circulaire, avec les activités de recyclage, de tri, la réparation, la location et la réutilisation d’objets générerait six millions d’emplois. Dans ces domaines, l’OIT insiste aussi sur la nécessité d’assurer la qualité du travail, bien souvent précaire, dangereux et dénué de protection sociale dans des secteurs informels.

   


Renforcer les formations et les protections sociales
Plus difficile à quantifier, la montée en puissance de l’agriculture bio et de l’agriculture de conservation (qui permet de maintenir et d’augmenter le potentiel agronomique des sols en limitant les intrants, par exemple, et en organisant les rotations culturales) devrait aussi permettre d’embaucher davantage de monde. En Europe, l’emploi agricole a augmenté de 1,1 % avec les conversions en bio. « Le passage à des systèmes agricoles plus durables créerait des emplois dans des fermes bio de taille moyenne ou grande et permettrait aux petits exploitants de diversifier leurs sources de revenu, surtout si les fermiers disposent des compétences adéquates », écrivent les auteurs du rapport.
Pour limiter les impacts négatifs et les réductions de personnel à court terme induits par les mesures climatiques, il faut impérativement, insiste l’OIT, développer des « politiques appropriées », s’agissant notamment des revenus des travailleurs, d’une assurance sociale renforcée et des formations nécessaires pour accompagner la mutation de l’économie.
De nombreux exemples d’aides possibles sont présentés dans ce rapport, comme la mise en place, au Kenya, d’un système qui organise des transferts de cash, de l’ordre de 50 dollars (42 euros) tous les deux mois, versés à 25 % des familles en cas de sécheresse. Ou le programme Bolsa verde, créé au Brésil en 2011, qui encourage la préservation de l’environnement, en augmentant le niveau de revenu de familles en situation d’extrême pauvreté. Celles-ci doivent réaliser des activités comme l’utilisation durable des ressources naturelles ou l’entretien de l’extension forestière.
Solde positif dans la construction et les services
« Les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire ont encore besoin d’aide pour développer la collecte des données, pour adopter et financer des stratégies en faveur d’une juste transition vers une économie durable sur le plan environnemental et une société qui inclut chacune et chacun, dans toutes les couches de la société », souligne Catherine Saget.
Les pays aux économies développées ne sont pas oubliés. En France, l’organisation internationale estime qu’environ 2,1 millions de postes (représentant 8 % de l’emploi total) « dépendent directement de la gestion efficace et de la durabilité d’un environnement sain ». Dans le domaine de l’énergie, les pertes pourraient atteindre quelque 42 000 emplois, compensées par la création de 155 000 autres. Les secteurs qui connaîtraient un solde positif sont la construction (86 500), le secteur manufacturier (33 400) et les services (32 000).
Au niveau mondial, l’agence des Nations unies étudie aussi les impacts négatifs du changement climatique sur l’économie. Dans le domaine de l’agriculture, le réchauffement se traduit par des épuisements et des pertes économiques sèches. Les auteurs du rapport estiment que « le stress thermique va provoquer une perte mondiale de 2 % des heures travaillées d’ici à 2030 pour cause de maladie ». Un argument supplémentaire pour l’OIT qui pousse les Etats à développer des modèles économiques conformes à l’ambition climatique affichée en 2015 et aux normes qu’elle prône pour un travail décent.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-6">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Mines d’or et pollution : pourquoi le projet « Montagne d’or » en Guyane est contesté

Pendant que le débat public se déroule en Guyane autour du projet de mine à ciel ouvert « Montagne d’or », éléments d’éclairage sur la pollution des mines d’or.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 16h29
    |

                            Cyrielle Chazal








                        



   


Alors qu’un débat public est ouvert jusqu’au 7 juillet pour « Montagne d’or », un projet de mine d’or à ciel ouvert en Guyane, les critiques se multiplient contre ce projet porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold. Des voix s’élèvent au sein de la population, mais aussi chez les associations écologiques, dont le WWF, et certains responsables politiques.
Le député européen Yannick Jadot a, par exemple, dénoncé « une catastrophe », le 11 mai sur France Info. De son côté, Emmanuel Macron y est favorable. En 2015, alors ministre de l’économie, il plaidait déjà pour une augmentation de l’activité aurifère en Guyane.
La construction est prévue de 2019 à 2021, sous réserve d’autorisations, pour une production d’environ 6,7 tonnes par an, de 2022 à 2034. Explication en trois points.

        Lire aussi :
         

                Macron soutient la controversée « Montagne d’or »



1. Risque élevé de déversement de cyanure dans la nature
Pour exploiter une mine d’or, il faut, en l’état des avancées technologiques, utiliser du cyanure. Ce composant chimique est tellement toxique que les députés européens ont demandé, sans succès, à la Commission européenne, via deux résolutions votées en mai 2010 et avril 2017, d’interdire le cyanure dans l’industrie minière des Etats membres. Les risques pour l’environnement se situent essentiellement au stade du transport, du stockage et du recyclage du cyanure.
Le cyanure permet notamment de rendre soluble l’or par « lixiviation » – ou dissolution chimique permettant d’extraire d’un minerai les métaux et minéraux de valeur. Après lixiviation, l’eau et les boues contaminées au cyanure sont stockées dans des bassins de rétention. En cas de débordement, à cause de fortes pluies par exemple, ou de rupture de digue, le cyanure est alors déversé dans la nature. « La présence de larges quantités de boue liquide, chargées en produits dangereux derrière des digues peut avoir des effets désastreux pour l’environnement en cas de fuite ou de rupture de ces digues », rappelle le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans un rapport de 2013.
L’accident le plus emblématique reste la rupture du barrage de la mine d’or de Baia Mare en Roumanie, en 2000. Il s’agit de la plus grande catastrophe écologique en Europe de l’Est depuis Tchernobyl. L’eau polluée, qui a tué des milliers de poissons, s’est déversée dans les rivières locales avant de gagner le Danube, pourtant à plusieurs centaines de kilomètres de distance. « Au moins 25 ruptures de digue ont eu lieu depuis 2000 dans le monde », recense l’ONG allemande Sauvons la forêt.
Le projet guyanais a la particularité de se situer à proximité de deux réserves biologiques intégrales, rappelle le WWF.

        Lire aussi :
         

                En Guyane, un projet minier « à contretemps de l’histoire »



2. Déforestation
Les projets de mine d’or sont source de déforestation. En 2015, des chercheurs de l’université de Porto Rico ont alerté sur le lien entre l’accélération de la déforestation des forêts humides d’Amérique du Sud et l’extraction aurifère. « La déforestation était significativement plus élevée au cours de la période 2007-2013, et cela était associé à l’augmentation de la demande mondiale d’or après la crise financière internationale », écrivent-ils.
Mais ce lien de causalité inclut l’orpaillage, ou recherche artisanale de l’or à petite échelle, souvent pratiqué dans l’illégalité. Une étude portant sur une zone de 600 000 kilomètres carrés, de l’Etat brésilien d’Amapá au Guyana en passant par la Guyane française et le Surinam, démontre que les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation liée à l’orpaillage. « Lorsque le cours de l’or était en deçà de 400 dollars l’once, voici une quinzaine d’années, environ 2 000 hectares de forêts étaient annuellement déforestés par l’orpaillage. Quand il a flambé, pour atteindre 1 600 dollars l’once en 2011-2012, cette déforestation a atteint près de 9 000 hectares par an », pointent les chercheurs du Centre international de recherche agronomique pour le développement (Cirad), du CNRS et de l’université de Guyane.

        Lire aussi :
         

                Au cœur des mines d’or sauvages du Brésil



Les défenseurs du projet guyanais prédisent que la future mine facilitera la lutte contre l’orpaillage illégal, sans toutefois convaincre les opposants. Ces derniers estiment que ces deux éléments n’ont aucun rapport entre eux.
Dans le cas guyanais, le projet de 800 hectares implique de déboiser 374 hectares de forêt primaire ainsi que 200 hectares supplémentaires pour construire la ligne haute tension qui alimentera la mine en électricité. La superficie de la forêt primaire à déboiser représente l’équivalent de 820 terrains de football.
3. Dépenses d’eau et d’énergie
Comme toutes les industries minières, les mines d’or utilisent beaucoup d’eau. Dans le monde, une grande partie des mines d’or sont situées dans des zones de « stress hydrique » (en situation de pénurie d’eau). Par exemple, l’Australie compte parmi les principaux pays producteurs d’or alors qu’elle souffre déjà d’un stress hydrique important. Au Pérou, le projet de mine d’or et de cuivre de l’américain Newmont a été suspendu en 2012 après que la population a protesté, compte tenu du risque de pollution de l’eau, mais aussi de manque d’eau pour les habitants.
Pour le projet guyanais, « en moyenne, 140 000 litres d’eau par heure sont nécessaires », calcule l’association Sauvons la forêt.
Les besoins électriques de la mine s’élèveront, quant à eux, à 20 MW, soit 8,5 % de la consommation électrique totale de la Guyane, calcule le site Novethic. Par ailleurs, 142 millions de litres de fuel seront nécessaires sur les douze années de vie du projet.


Pour aller plus loin :

Projet de mine d'or en Guyane, dossier du maître d’ouvrage.
« Plateau des Guyanes : les cours mondiaux de l’or déterminent l’ampleur de la déforestation », dans la revue Etude du Cirad, 2017 (2017).
«  10 ans d’opération Harpie contre l’orpaillage illégal », dans la revue  ministère des Armées, 2018 (2017).


 .encadre_dcdr { font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, sans-serif; margin: 24px 0; padding: 16px; border: 2px solid #eef1f5; background: #FFF; font-size: 1.3rem; border-top: 3px solid #ffc600; border-radius: 0 0 12px 12px; } .encadre_dcdr .titre_encadre_dcdr { font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, sans-serif; line-height: 1.25; display: block; font-weight: 700; margin: 0 0 10px 0; font-size: 1.5rem; text-align: center; } .encadre_dcdr .lire { padding: 8px 16px 6px; clear: both; background: #fff; border-left: 1px solid #e4e6e9; font-weight: bold; margin: 20px 0; } .encadre_dcdr .lire a { border-bottom: 0; } @media screen and (max-width: 500px) { .encadre_dcdr { font-size: 1.4rem; } }




                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-7">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le monde entier se ligue contre les mauvaises graisses

L’Organisation mondiale de la santé veut faire disparaître de l’alimentation les acides gras trans qui favorisent les maladies cardio-vasculaires.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h33
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


C’est la première initiative mondiale. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le PDG de Resolve to Save Lives, Tom Frieden, ont lancé, lundi 14 mai, une stratégie pour l’élimination des acides gras trans (AGT) d’origine industrielle de l’alimentation d’ici à 2023. Une démarche qui s’inscrit dans un mouvement amorcé depuis plus d’une décennie et qui pourrait « sauver plus de 10 millions de vies », selon l’OMS. La consommation d’AGT artificiels, présents dans les margarines, la pâtisserie industrielle et les aliments cuits ou frits dans de l’huile de cuisson, serait « responsable de plus de 500 000 décès prématurés par maladie cardio-vasculaire chaque année dans le monde », selon l’institution internationale.
Les six actions stratégiques proposées par l’OMS sont regroupées sous l’acronyme anglo-saxon « Replace ». Elles s’articulent ainsi : dresser l’inventaire des sources d’AGT d’origine industrielle, promouvoir des graisses plus saines, prendre des mesures législatives pour éliminer les AGT d’origine industrielle, évaluer les évolutions des consommations, sensibiliser aux effets néfastes des AGT et appliquer des politiques et réglementations.
Les acides gras insaturés se présentent sous deux formes selon que leurs atomes d’hydrogène sont situés du même côté (« cis ») ou de part et d’autre (« trans ») de la molécule. Certains AGT sont d’origine naturelle et sont présents dans la viande de ruminants, le lait et les produits laitiers. D’autres, produits industriellement, notamment par hydrogénation des huiles végétales, sont utilisés dans l’industrie agroalimentaire comme stabilisateurs et comme conservateurs. De nombreux produits, tels que les viennoiseries, les pizzas industrielles, les quiches, des barres chocolatées, des plats cuisinés, vont accroître l’apport alimentaire en AGT.
Le bon et le mauvais cholestérol
Or, comme l’explique l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur son site Internet, « les études épidémiologiques ont montré qu’une consommation excessive d’acides gras trans (apports supérieurs à 2 % de l’apport énergétique total) est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Ces effets passent par une augmentation du “mauvais” cholestérol (LDL) et une baisse du “bon” cholestérol (HDL) ». A l’inverse, précise l’Agence, « aucune augmentation du risque cardio-vasculaire n’a été mise en évidence avec la consommation d’acides gras trans d’origine naturelle, aux niveaux de consommation actuellement constatés en France ».
De ce fait, l’agence française avait fixé en 2005 à 2 % de l’apport énergétique total le seuil maximal d’apport en AGT – l’OMS abaissant encore ce seuil à 1 % par la suite. En 1998-1999 la première enquête de consommation alimentaire INCA (individuelle et nationale sur les consommations alimentaires) montrait qu’en France, les garçons âgés de 12 à 14 ans constituaient la tranche d’âge la plus consommatrice d’AGT, avec près de 8 g/jour. Les enquêtes ultérieures étaient plus rassurantes avec des apports moyens situés en dessous du seuil de 2 % de l’apport énergétique total.
La situation ailleurs est plus préoccupante. Les habitants des régions les plus pauvres sont beaucoup plus exposés. Directeur du département nutrition à l’OMS, le Dr Francesco Branca évoque en particulier l’Europe de l’Est, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, l’Argentine, et beaucoup des Etats africains, avec des aliments vendus dans la rue pouvant atteindre jusqu’à 22 fois plus que l’apport quotidien recommandé.
Lire aussi : Vos frites, avec ou sans acides gras trans ?
Une substance toxique dont on peut se passer
Le Danemark a été le pays pionnier en matière de mise en œuvre d’une stratégie offensive contre les AGT d’origine industrielle. En 2003, les autorités ont mis en place un taux maximal légal d’AGT d’origine industrielle dans les huiles et matières grasses fixé à 2 %. Une étude publiée en 2015 montrait que trois ans après l’entrée en vigueur de cette mesure, le taux de mortalité par maladie cardio-vasculaire avait diminué : le taux moyen est passé de 440 à 426 morts pour 100 000 habitants.
Cette initiative a été suivie par d’autres et, notamment, il y a une décennie par la ville de New York. De 2002 à 2009, le Dr Tom Frieden était commissaire à la santé de la métropole américaine. Il a été l’architecte de l’élimination des graisses d’origine industrielle dans la municipalité, en commençant par les restaurants, avant de poursuivre ce combat contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’échelle fédérale, à la tête des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de 2009 à 2017. Aujourd’hui, il explique : « Les AGT sont des substances toxiques ajoutées aux aliments et elles tuent des gens. On peut s’en passer sans que cela modifie le goût, le coût ou la disponibilité des aliments. Donc, il faut les éliminer. De grandes chaînes de restauration l’ont fait sans problème. »
Tom Frieden souligne qu’après l’avoir réussi avec des maladies infectieuses, comme la variole, ou y être quasi parvenu pour la poliomyélite, « ce serait la première fois qu’on pourrait atteindre à l’échelle mondiale l’élimination d’un facteur de risque d’une maladie non transmissible et sauver des vies ».
Aller plus loin que l’étiquetage
En 2006, les Etats-Unis ont imposé aux industriels d’indiquer sur les produits la présence d’AGT. Entre 2003 et 2012, la consommation des acides gras trans a diminué de près de 80 %, chutant de plus de 4 grammes par jour à environ 1 gramme. Dans la foulée de l’évaluation, à la fin de 2013, par la Food and Drug Administration (FDA) concluant à la nocivité des AGT, les Etats-Unis ont décidé, le 16 juin 2015, leur interdiction, les industriels se voyant accorder un délai de trois ans pour les remplacer par des substances présentant moins de risques.

        Lire aussi :
         

          Les Etats-Unis veulent bannir les « mauvaises graisses » des produits alimentaires d’ici à trois ans



D’autres pays européens ont emboîté le pas et imposé eux aussi une teneur maximale en AGT. Dans l’ordre chronologique : la Suisse, l’Autriche, l’Islande, la Hongrie, la Norvège et la Lettonie. Toutes ces expériences ont démontré que la substitution est parfaitement possible.
Le Parlement européen a adopté une résolution le 26 octobre 2016 visant à aller plus loin que la simple information des consommateurs par l’étiquetage et demandant à la Commission européenne d’« instaurer le plus tôt possible une limite européenne légale relative à la teneur en AGT dans tous les aliments ». Cette proposition devait être faite « au plus tard dans deux ans » (octobre 2018) et accompagnée d’une étude d’impact.
Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros rappelle qu’à l’échelle mondiale, près de 45 pays – pour la plupart à revenu élevé – ont adopté des mesures contre les AGT dont une vingtaine ont instauré leur interdiction ou imposé un taux maximal. L’Argentine les a quasiment éliminés, la Thaïlande devrait à son tour les bannir en juin.
Comme le résume Tom Frieden, « quand on remplace les AGT, les aliments ont bon goût et seul votre cœur sentira la différence ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-8">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

L’avenir des terres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à nouveau en discussion

Le gouvernement examine les dossiers agricoles des zadistes lundi avant de procéder à de nouvelles expulsions.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 10h27
    |

            Rémi Barroux








                        



   


L’avenir de la ZAD, la zone à défendre, de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), se construit lentement, mais sur une voie encore semée d’embûches, et même parfois de barricades. Lundi 14 mai, une quinzaine de dossiers de projet agricole des zadistes devait être étudiée par le comité de pilotage (Copil) sur l’avenir des terres agricoles de la ZAD, en présence du ministre de l’agriculture, Stéphane Travert.
Au lendemain de cette réunion, alors que de futures conventions d’occupation précaire pourraient être signées dans les prochains jours, à l’instar de ce qui s’est fait, le 24 avril, avec quatre agriculteurs, opposants historiques au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de nouvelles expulsions de sites illégaux devraient être diligentées. La date retenue serait, selon certaines sources, vendredi 18 mai, en tout cas au lendemain du match de football qui opposera, mercredi, l’Olympique de Marseille à l’Atlético Madrid, en finale de l’Europa League, confrontation qui mobilisera de nombreuses forces de l’ordre.
Ces nouvelles expulsions concerneraient quatorze ou quinze squats sur la soixantaine restants et ne devraient pas toucher les lieux pour lesquels des dossiers d’activité agricole ou artisanale ont été déposés à la préfecture. Cela n’empêchera pas de nouveaux affrontements entre zadistes et gendarmes mobiles, qui pourraient être d’autant plus durs que les occupants, au nombre de plusieurs centaines avec les soutiens venus les renforcer, estiment avoir joué globalement le jeu en déclarant des projets nominaux… et collectifs.
Les quelque cinq cents gendarmes mobiles toujours présents sur la ZAD recevront des renforts pour mener à bien ces opérations toujours délicates. Le 9 avril, ils étaient 2 500 pour détruire une trentaine de sites, déclenchant une véritable bataille rangée dans le bocage.
« Ce qui doit être évacué sera évacué »
Quatre jours après le début de cette première évacuation, le 12 avril, la préfète de région des Pays de la Loire, Nicole Klein, avait annoncé la fin des opérations. Le même jour, interviewé sur TF1, Emmanuel Macron déclarait que « tout ce qui était à évacuer a été évacué ». Des mots accueillis favorablement sur le terrain, car signifiant une phase d’apaisement et de négociation. Mais, le 15 avril, sur BFM-TV, RMC et Mediapart, le chef de l’Etat, en annonçant un nouveau délai pour les zadistes désireux de remettre des dossiers de régularisation, annonçait qu’« à l’issue de ce délai tout ce qui doit être évacué sera évacué ». Le premier ministre, Edouard Philippe, a fixé la date au 14 mai.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : discussions sous tension sur l’avenir des terres agricoles



Autant dire que l’avenir de la ZAD reste confus. Après avoir été étudiés, le 9 mai, par un comité professionnel de la chambre d’agriculture, la quinzaine de projets présentés au Copil sont sans nul doute les plus aptes à être accueillis favorablement par les membres de ce comité qui réunit, sous l’autorité de Nicole Klein, des élus locaux, des membres des organisations agricoles, de la chambre d’agriculture, du conseil départemental, d’associations, ainsi que de la direction départementale des territoires et de la mer, celle-là même qui, depuis de nombreux jours, œuvre à rendre plus acceptables les dossiers des zadistes.
Parmi ceux-ci, qui mentionnent le nom du porteur de projet, sa date de naissance, son adresse, les parcelles concernées par l’activité, sa profession, ses diplômes agricoles, son expérience professionnelle, son affiliation à la Mutualité sociale agricole (MSA), ainsi que ses parrainages et partenaires, on trouve aussi bien l’« élevage de vaches laitières en agriculture biologique et l’élevage de veaux et bœufs pour la vente directe ou le circuit long », celui de « 80 brebis allaitantes » avec production de viande d’agneau et de laine, du maraîchage, de l’apiculture, de la production céréalière (orge, blé, sarrasin, avoine, épeautre…), des vergers ou encore un « élevage d’escargots de petits gris et gros gris ».
Dossiers à retravailler
De l’avis même de la préfète, ces dossiers « ne posent pas de problème ». D’autres, en revanche, devront encore être retravaillés. Enfin, les dossiers artisanaux, qui ne sont pas agricoles, vont devoir attendre. Ainsi la bibliothèque, la crèche, l’auberge ou encore les projets de menuiserie, de forge n’ont pas vocation à être étudiés par le Copil. « Il s’agit pour nous de pérenniser et d’implanter de nouvelles activités sur cette zone, et par là même de déclarer des activités en préfecture, centres professionnels d’entreprises et services de protection sociale », écrivaient, fin mars, l’Association pour un avenir commun dans le bocage à la MSA de Loire-Atlantique.
Se posera alors la question du bâti. Et le maire de Notre-Dame-des-Landes, Jean-Paul Naud, se montre plutôt réservé sur la pérennisation de nombreuses constructions. « Je ne voulais pas d’aéroport, ce n’est pas pour accepter n’importe quoi sur cette zone qui est à 98 % humide et non constructible », dit-il.
Dans le Copil, nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil la régularisation des opposants illégaux de la ZAD. A commencer par le président de la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique, Jacques Lemaître, qui, sur Franceinfo, le 18 avril, avait déclaré que, pour être agriculteur, « il y a un certain nombre de contrôles vétérinaires à respecter sur les animaux pour éviter les maladies, les contaminations… Sur ce point, il faut bien que l’Etat surveille ». Alors que les zadistes sont hostiles, par exemple, au puçage des animaux.
Régler les « conflits d’usage »
Parmi les organisations agricoles présentes au Copil, la FNSEA 44, la Coordination rurale, comme la chambre d’agriculture, sont peu enclines à faciliter l’installation des néoruraux, quand la Confédération paysanne se montre ouverte. Les associations qui ont lutté durant de nombreuses années, comme l’Adeca ou Copain 44, poussent, elles, à respecter la dimension collective de ces projets.
Il restera aussi à régler les « conflits d’usage », soit les projets qui sont annoncés sur des terres que réclament aujourd’hui des fermiers ayant fait le choix de céder leurs terres à l’Etat pour la réalisation de l’aéroport. « Cela ne représente que 50 à 90 hectares maximum sur les 270 dont l’avenir est encore à trancher, cela devrait pouvoir se régler », optimise Nicole Klein, qui redoute toujours la reprise des violences sur la ZAD.

        Lire aussi :
         

                Nicole Klein, l’équilibriste de Notre-Dame-des-Landes






                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-9">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les producteurs de soja sont déchirés entre leur loyauté envers le chef d’Etat américain, Donald Trump, et leur amitié avec le président chinois, Xi Jinping.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Face à la guerre commerciale sino-américaine : le dilemme des fermiers de l’Iowa

Les producteurs de soja sont déchirés entre leur loyauté envers le chef d’Etat américain, Donald Trump, et leur amitié avec le président chinois, Xi Jinping.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h44
    |

            Arnaud Leparmentier (Ankeny, Iowa, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’était il y a six ans, une éternité. Ils étaient tous présents devant la superbe moissonneuse, ce 16 février 2012 : le président chinois désigné, Xi Jinping, le gouverneur républicain de l’Iowa, Terry Branstad, et la famille Kimberley, qui faisait les honneurs de sa ferme de 1 600 hectares. Xi Jinping retournait chez ses amis de l’Iowa, lui qui, jeune fonctionnaire d’une province agricole, avait visité cet Etat du Midwest dans les années 1980, et s’était lié avec son éternel gouverneur.
L’heure était à la collaboration, l’Amérique allait fournir le soja dont la Chine a besoin pour engraisser ses porcs et nourrir sa population. Tout allait encore très bien à l’automne 2017, lorsque la ferme des Kimberley a été reproduite à l’identique dans la province rurale de Hebei, au nord-est de Pékin, pour servir de musée-laboratoire à la Chine.

Et puis Donald Trump est arrivé, qui a séparé les amis d’hier. Terry Branstad, nommé entre-temps ambassadeur à Pékin, a dû soutenir les sanctions commerciales contre la Chine décidées en mars. Le gouvernement du président Xi Jinping a annoncé, en rétorsion, l’imposition de droits de douane sur le soja américain, à hauteur de 25 %. Et les fermiers du Midwest, à commencer par ceux de l’Iowa, sont déchirés, entre leur loyauté à Donald Trump, leur amitié réelle avec les Chinois et leur modèle économique, qui menace de s’effondrer : le tiers de la production américaine, soit 14 milliards de dollars (11,7 milliards d’euros), est exporté vers la Chine.
Sous le choc, les agriculteurs de l’Iowa jouent la fibre humaniste. « J’avais espéré que l’agriculture ne serait pas prise en otage », déplore le fermier Grant Kimberley, ancien hôte de M. Xi. « Quand l’agriculture est utilisée comme arme, ce ne sont pas les gouvernements qui souffrent, mais les populations. »

« On verra comment cela finira »
En réalité, la Chine, qui s’en prend aux Etats ayant fait l’élection de Trump, n’est...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-10">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Transition énergétique : En France, un débat dans l’ombre du nucléaire

Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) vise à définir une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h15
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

« Les Français sont-ils capables de parler d’autre chose que du nucléaire ? », plaisantait récemment un industriel, fasciné par la capacité du débat français à se focaliser sur le sujet. Depuis le début de l’année, la France est entrée dans les débats sur sa feuille de route énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE vise à définir, pour deux périodes de cinq ans (2019-2023 et 2024-2028), une feuille de route plaçant le pays sur la bonne trajectoire pour atteindre ses objectifs à long terme.
Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique
A savoir : la neutralité carbone au milieu du siècle, la diminution de moitié de la consommation d’énergie à la même échéance, la réduction de 30 % du recours aux énergies fossiles d’ici à 2030, le développement des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, mais aussi la baisse de la part de l’électricité d’origine nucléaire à 50 %… à une date indéterminée.
Et c’est ce dernier point qui est au centre de toutes les attentions. Surtout depuis que Nicolas Hulot a annoncé, le 7 novembre 2017, que la France renonçait à l’objectif de 2025 pour atteindre 50 % de nucléaire dans sa production électrique – contre 75 % aujourd’hui. « Il sera difficile de tenir ce calendrier, sauf à relancer la production d’électricité à base d’énergies fossiles », explique alors le ministre de la transition écologique et solidaire.

Le raisonnement est le suivant : la priorité doit être donnée à la lutte contre le changement climatique et à la diminution des gaz à effets de serre. Réduire trop vite la part de nucléaire, qui n’émet pas de CO2, c’est prendre le risque de ne pas pouvoir fermer les centrales à charbon, voire d’ouvrir d’autres centrales thermiques à gaz.
Mix électrique
Selon...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-11">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Nucléaire : le dialogue de sourds entre Allemands et Français

Alors que la France réfléchit à sa stratégie de transition énergétique, la voie radicale choisie par l’Allemagne – sortie du nucléaire compensée par les renouvelables – divise toujours. Non concertée avec ses voisins, elle a bouleversé le paysage européen.



Le Monde
 |    13.05.2018 à 17h00
    |

                            Nabil Wakim








                        



                                


                            

La visite n’a duré que quelques heures, mais c’était une première pour un ministre français : en venant rassurer les élus locaux sur la fermeture de la centrale de Fessenheim, à la mi-avril, Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, a franchi le Rhin pour rencontrer élus et chefs d’entreprise en pays germanique. L’objectif : réfléchir ensemble au futur du territoire après la fermeture, en fin d’année, des réacteurs nucléaires, réclamée de longue date par des Allemands hostiles à l’énergie nucléaire. Avec un espoir : qu’une fois la page Fessenheim (Haut-Rhin) tournée, le dialogue de sourds entre Français et Allemands sur la transition énergétique reparte sur de meilleures bases.
une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie
Il y a en effet urgence. La France s’est lancée depuis plusieurs semaines dans la rédaction de sa feuille de route énergétique, baptisée « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE), et l’exemple allemand de sortie du nucléaire pourrait lui être fort utile. Pour l’instant, il fait encore largement figure d’épouvantail de ce côté-ci du Rhin. Malgré les centaines de milliards d’euros investis, raille Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie-climat pour Carbone 4, « l’Allemagne n’a pas diminué de manière notable la facture de ses importations d’énergie, ni diminué ses émissions de CO2, a fragilisé son réseau électrique et il n’est pas certain que cela ait permis de créer des champions industriels pérennes ». Bref, un échec total.
A l’inverse, une grande partie de la classe politique et des industriels allemands estime que le pays est sur la bonne voie. « En France, on a tendance à considérer que les Allemands sont stupides d’avoir fait ce choix et, en Allemagne, on a tendance à penser que les Français sont stupides de ne pas l’avoir fait », plaisante Felix Matthes, directeur de recherche...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-12">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Il pourrait y avoir jusqu’à 30 ou 50 cm de neige au-dessus de 1 000 m dans l’Ardèche, le Cantal, la Haute-Loire et la Lozère, selon Météo-France.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Quatre départements placés en vigilance orange en prévision de chutes de neige

Il pourrait y avoir jusqu’à 30 ou 50 cm de neige au-dessus de 1 000 m dans l’Ardèche, le Cantal, la Haute-Loire et la Lozère, selon Météo-France.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 18h36
   





                        


De la neige au mois de mai. C’est ce qui attend une partie de la France dimanche, selon Météo-France, qui a lancé une vigilance orange sur les départements de l’Ardèche, du Cantal, de la Haute-Loire et la Lozère. Ce phénomène neigeux important débutera dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai et se poursuivra dans la journée de dimanche.
De nombreux départements de France connaîtront des pluies parfois orageuses et intenses, notamment du Languedoc-Roussillon à l’Auvergne. Sur le relief, il devrait neiger au-dessus de 900-1 000 m et les cumuls de neige seront localement importants, surtout pour la saison. Les plus faibles devraient se situer à 5 à 10 cm dès 900 m, et ils pourront s’élever jusqu’à 30 ou 50 cm sur les plateaux dont l’altitude est supérieure à 1 000 m.
Ces chutes de neige « tardi[ves] et notable[s] » pourraient rendre la circulation difficile en cette période de retour de congés, selon Météo-France.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-13">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Energie : « L’entêtement français sur la voie du nucléaire est une stratégie risquée »

Le choix français pour le nucléaire est d’autant plus périlleux qu’il est économiquement dépassé par d’autres sources d’énergie, affirme l’économiste Aurélien Saussay dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h03
    |

Aurélien Saussay (Economiste et responsable du pôle environnement à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, Sciences Po))







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Avec la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en débat public jusqu’au 30 juin, la France semble devoir renouveler ses vœux de fidélité au nucléaire. Les tenants du statu quo avancent des arguments surtout économiques. Seule l’électricité nucléaire, fleuron de la technologie française, serait capable de répondre à nos besoins pour un coût raisonnable, tout en n’émettant pas de gaz à effets de serre.
La santé économique de la filière n’est pourtant guère rassurante. Contrairement aux espoirs d’une « renaissance » soulevés en 2007 lors du lancement du chantier de l’EPR à Flamanville, la décennie écoulée s’est avérée désastreuse pour le nucléaire français et international. Areva, qui avait assuré la conception et la maîtrise d’ouvrage de l’EPR, s’est trouvée dans une situation critique, en 2016, après avoir subi une perte cumulée de 10 milliards d’euros de 2011 à 2015. Seule l’injection de près de 5 milliards d’euros par l’Etat et une restructuration drastique a sauvé de la faillite l’entreprise.
De très nombreux projets de réacteurs ont été annulés ces dernières années, au Brésil, en Afrique du Sud, aux Etats-Unis. Principale exception : la Chine, avec 20 réacteurs en construction et 60 autres projetés pour la décennie à venir. Le premier EPR mis en service au monde se trouvera d’ailleurs dans le sud-est de la Chine. En dehors de cette spécificité chinoise, comment expliquer la déroute, en France comme à l’étranger, d’une industrie promise au plus bel avenir il y a seulement dix ans ?
Des tendances structurelles qui minent la compétitivité
La fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale de Fukushima en mars 2011 a certes joué un rôle majeur dans ce revirement. Les terribles conséquences de l’accident...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-14">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Energie : « Au-delà de la situation conjoncturelle, l’industrie nucléaire française a des atouts indéniables »

La France ne peut délaisser, au nom de ses difficultés actuelles, un savoir-faire technologique prisé sur les marchés étrangers, défend Claude Jaouen, ancien cadre d’Areva, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h02
    |

Claude Jaouen (Ancien cadre d'Areva)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Le succès à l’international de l’industrie nucléaire française depuis de nombreuses années représente un gain significatif pour l’économie nationale. Les choix qui seront faits d’ici à la fin 2018 sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) seront déterminants pour les années à venir, en termes d’emplois et de balance commerciale.

Avec une rentabilité obérée par des investissements non rentables, la crise financière et l’accident nucléaire provoqué par le tsunami qui a dévasté la côte nord-est du Japon en mars 2011, Areva a dû se restructurer et être recapitalisé. L’industrie nucléaire a également subi les aléas inévitables lorsque l’on redécouvre, après vingt ans sans construction majeure d’infrastructures en Europe, le métier des grands projets et les effets classiques des prototypes ou de têtes de série, dans un référentiel réglementaire non stabilisé.
Tout cela fait beaucoup, et le doute s’est installé. Les bonnes nouvelles passent inaperçues, et l’ensemble de la filière est fragilisé.
Des emplois qualifiés pérennes
Mais qu’observe-t-on dans les filières éolienne et solaire photovoltaïque, malgré une volonté forte et des subventions significatives ? Danois et Allemands dominent le marché de l’éolien terrestre, les technologies offshore d’Alstom et Areva ont été reprises respectivement par ­General Electric et Siemens, le marché des panneaux photovoltaïques est largement dominé par la Chine – ce qui contribue d’ailleurs à sa compétitivité coût. Bref, dans ces domaines, les emplois ­qualifiés ne sont pas en France ! Il faut bien sûr développer les énergies alternatives, mais pas à n’importe quel prix, et en fonction de ce qu’elles peuvent réellement apporter.
Cette industrie représente aujourd’hui...



                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-15">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Energie : « Il est aujourd’hui techniquement possible de stocker l’été la chaleur dans le sol pour la restituer l’hiver »

Dans une tribune au « Monde », le consultant Jacques Marceau explique qu’il existe des solutions innovantes pour consommer moins d’énergie, pour l’instant ignorées par les pouvoirs publics.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 12h59
    |

Jacques Marceau (Membre du conseil scientifique de l’Institut de la souveraineté numérique)







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Obnubilés que nous sommes par les gaz d’échappement de nos voitures, nous avons presque oublié qu’en France, le bâtiment engloutit à lui seul 45 % de l’énergie consommée et est responsable de 27 % des émissions de gaz à effet de serre, dont une grande partie due au chauffage et la climatisation. Les solutions jusqu’à présent imaginées se bornent à agir sur l’enveloppe du bâtiment, alors qu’il est aujourd’hui techniquement possible de stocker la chaleur l’été dans le sol pour la restituer l’hiver, notamment grâce à l’intelligence artificielle.

Pour réussir la décarbonation des bâtiments, il faut bien sûr favoriser la construction de bâtiments thermiquement vertueux, mais aussi limiter l’émission de gaz à effet de serre associée à leur consommation énergétique.
Sortir de la doxa
La première et malheureusement trop souvent unique méthode utilisée en conception comme en rénovation des bâtiments est l’isolation de l’enveloppe. Depuis des années, les pouvoirs publics encouragent le recours à des procédés, matériaux et technologies visant à isoler le bâtiment en déployant tout un arsenal de normes, d’avantages fiscaux et autres subventions.
Dans ce contexte, le développement des énergies renouvelables (ENR) est une opportunité historique, à condition de palier leur intermittence grâce à des solutions de stockage adaptées, qui devront être peu émettrices de carbone.
Mais politiques et professionnels du bâtiment oublient qu’il existe un autre levier d’action avec la décarbonation de la production de chaleur ou de froid. Un levier efficace tant d’un point de vue économique qu’environnemental, qui requiert la mise en œuvre de systèmes énergétiques le plus décarbonés possible, qui consommeront une énergie peu polluante, ce qui...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-16">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Energie : « Une réduction du nucléaire à 50 % serait l’amorce d’une dynamique de pertes d’apprentissage technologique et industriel »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Dominique Finon et l’ingénieur Henri Prévot expliquent que le gouvernement doit retourner aux fondamentaux de l’analyse des coûts et des bénéfices, pour renoncer à une réduction de la part du nucléaire qui ne repose que sur des critères politiques.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 13h05
    |

Dominique Finon (Directeur de recherche CNRS émérite, économiste des marchés électriques et des politiques énergie-climat) et Henri Prévot (Ingénie...







                        



                                


                            

[La préférence française pour le nucléaire est au cœur du débat public qui a lieu jusqu’au 30 juin sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE).]
Tribune. Un des principaux thèmes du débat public en cours sur la « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE) est le choix d’évolution du mix électrique dans les quinze prochaines années. Or, selon les documents qui encadrent le débat, celui-ci est enfermé dans un carcan normatif dont on ne semble pas devoir sortir en dépit du pragmatisme affiché, en décembre 2017, par le président de la République et son ministre de la transition écologique, ­Nicolas Hulot, lorsqu’ils ont reporté sine die l’échéance de l’objectif de 50 % de nucléaire dans la consommation française. Le débat sur la PPE est, en effet, posé de façon fermée avec cet objectif glissant, complété par celui de 40 % d’énergies renouvelables (ENR). Les participants au débat sont juste autorisés à proposer quelques nuances à deux des scénarios prospectifs que le gouvernement a demandés à RTE d’élaborer sur cette base.

La position du président serait de « descendre le plus vite possible vers 50 % de nucléaire, mais à condition de ne pas émettre plus de gaz à effet de serre » (Le Monde du 13 décembre 2017). Mais pourquoi ce chiffre ? Certes, il est inscrit dans la loi de transition énergétique. Mais quelle en est la raison, si ce n’est un compromis politique bancal qui n’a plus de raison d’être depuis l’élection du nouveau président il y a un an ? ­Pourquoi serait-il préférable à 30 %, ou à 75 % comme actuellement ? Pourquoi devrait-il être atteint « le plus vite possible », alors que le nucléaire répond à l’impératif climatique ?
Il n’existe aucune étude technico-économique indiquant que ce chiffre est un optimum, tant pour le coût de l’électricité que pour la sécurité de l’approvisionnement, et encore moins pour le maintien des émissions...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-17">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Les traînées blanches des avions contribuent au réchauffement climatique

Selon les scientifiques, ces nuages ont un impact encore plus important que le carburant brûlé par les appareils.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 10h07
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 06h23
    |

                            Alexis Riopel








                        



   


Les traînées de condensation qui s’étirent derrière les avions à réaction accentuent le réchauffement climatique de façon importante – probablement davantage que le carburant brûlé pour faire voler les appareils. On le savait depuis quelques années, mais une synthèse très complète sur les contrails (contraction de l’anglais condensation trails), parue cette semaine dans la revue Nature Communications, rappelle le constat. Cette publication fait aussi le point sur quelques solutions envisageables.
A l’heure actuelle, l’aviation est responsable de 4 % du « forçage radiatif anthropogénique », c’est-à-dire du déséquilibre d’origine humaine entre l’énergie entrante et sortante dans l’atmosphère terrestre. Ce pourcentage se partage entre les nuages générés par les avions et le CO2 issu des réacteurs.
« C’est environ moitié-moitié, ou peut-être même un peu plus pour les nuages, indique Bernd Kärcher, auteur de l’étude et physicien au Centre allemand pour l’aéronautique et l’astronautique (DLR). Il est important de remarquer que le CO2 persiste beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère que les nuages produits par les avions. Empêcher la formation de ces nuages pourrait donc constituer une solution rapide pour ralentir le changement climatique, et nous donner un peu de temps pour arriver à réduire les émissions de CO2. »
Microscopiques cristaux de glace
Ces conclusions tombent la même semaine que la publication, dans Nature Climate Change, d’une étude affirmant que les émissions de gaz à effet de serre causées par le tourisme, dont le transport aérien constitue une large part, sont passées en quatre ans, entre 2009 et 2013, de 3,9 à 4,5 milliards de tonnes équivalents de CO2. Pour juger de l’impact réel sur le climat, il faut cependant ajouter l’effet des nuages produits par l’aviation, exclus de l’analyse.

        Lire aussi :
         

                Le tourisme fait s’envoler le réchauffement planétaire



Comme tous les nuages, les traînées de condensation – ou cirrus homogenitus, le nom que leur a donné en 2017 l’Organisation météorologique mondiale – naissent quand de la vapeur d’eau se condense sur de fines particules en suspension dans l’air.
Les réacteurs d’avion facilitent le phénomène en rejetant des poussières de suie dans un environnement autrement dépourvu de particules. De la vapeur d’eau provenant du réacteur s’agglutine sur les poussières pour former des gouttelettes. Plus loin dans le sillage de l’appareil, où le souffle du moteur s’est refroidi, les gouttelettes gèlent et forment de microscopiques cristaux de glace. Dans les minutes et les heures qui suivent, l’humidité naturellement présente dans l’air fait croître les cristaux et en décuple la taille.
Sous certaines conditions, les traînées de condensation peuvent subsister dans l’atmosphère pendant des heures. Certaines perdront leur forme longiligne et deviendront alors des cirrus, ces nuages rappelant les cheveux d’ange qu’on voit très haut dans le ciel. Presque transparents, les cirrus absorbent tout de même une partie de la radiation provenant de la Terre et la réémettent vers le sol. Les rayons du Soleil, eux, traversent les cirrus sans trop de mal. L’effet net est donc un réchauffement de la température de surface, contrairement aux nuages plus bas, opaques et blancs, qui la diminuent.
« Voler plus haut »
La multiplicité des variables impliquées a beau compliquer la tâche des scientifiques qui veulent comprendre comment les avions génèrent des nuages, elle leur offre aussi beaucoup de pistes pour réduire leur impact délétère sur le climat.
Parmi les solutions à court terme, Bernd Kärcher pense aux combustibles synthétiques, dérivés du charbon, du gaz naturel ou de la biomasse, ou encore aux biocarburants, dont la combustion entraîne l’émission de beaucoup moins de particules dans l’air que le kérosène. L’hydrogène liquide ou le gaz naturel liquéfié représentent également des options prometteuses, mais plus difficile à mettre en place car elles nécessitent d’autres types de moteur. Les avions électriques régleraient évidemment aussi le problème, mais demeurent pour l’instant un « rêve lointain », selon Bernd Kärcher.

        Lire aussi :
         

                A Pékin, le tourisme chute à cause de la pollution



De même, un détournement du trafic aérien pourrait réduire la formation de nuages produits par l’aviation. « Voler plus haut, où l’air est froid et sec, pourrait réduire la formation de traînées », précise Bernd Kärcher. Toutefois, les trajets actuellement empruntés minimisent les temps de vol et les coûts, et les compagnies aériennes seront réticentes à les modifier, estime le scientifique.
Avant toute action, une plus grande reconnaissance du problème sera essentielle. Dans son article de synthèse, Bernd Kärcher note que l’Organisation de l’aviation civile internationale a adopté en 2016 un plan de compensation et de réduction des émissions de carbone dans le but de réduire son impact sur le changement climatique, mais qu’elle n’y considère pas les nuages générés par l’aviation, qui constituent pourtant la moitié du problème.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-18">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« En quelques années, la noix de cajou a bousculé l’ordre établi »

Le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées. La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou échauffe les esprits, explique la chroniqueuse Laurence Girard.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 09h28
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Matières premières. Craquer pour les noix de cajou. A l’apéritif. Comme aux repas. Que l’on soit adepte des régimes végans ou simples gourmands. Les rangs des consommateurs prêts à croquer le fruit de l’anacardier n’ont cessé de s’étoffer ces dernières années. Au point que le volume de ce fruit sec passé au casse-noix a progressé de près de 50 % depuis 2010. Il a même dépassé les 700 000 tonnes de noix décortiquées.
En quelques années, le cajou a bousculé l’ordre établi. Il a broyé la superbe des pistaches, noix et noisettes, leur grillant la politesse dans la liste de prédilection des consommateurs. Seule l’amande lui tient encore la dragée haute. Même au pays où l’amande est reine, les Etats-Unis, les importations du fruit de l’anacardier ont encore progressé de 10 % en 2017. Ou comment varier l’assortiment de boissons végétales, dont les Américains sont de plus en plus friands.

Cet engouement n’a pas échappé aux planteurs africains. D’autant que la courbe du prix de la noix de cajou s’est orientée à la hausse. Résultat, la Côte d’Ivoire a décroché le cocotier, devenant le premier producteur mondial de ce fruit à coque, devant l’Inde et le Vietnam. Un titre qu’elle a défendu en 2017, avec une récolte de 711 200 tonnes, selon les estimations de l’organisme N’Kalo. Mais les concurrents se pressent au portillon. Au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, au Ghana, en Guinée, au Mozambique ou au Sénégal, l’anacardier a la cote. Parfois au détriment du cacaoyer, qui broie du noir.
Poussée de fièvre
La poussée de fièvre du prix de l’amande de cajou, avec un pic atteint en juin 2017, à plus de 10 000 dollars (8 400 euros) la tonne, échauffe les esprits. Chacun souhaite se faire du beurre avec la noix. L’Etat ivoirien a fixé un prix minimum aux planteurs de 500 francs CFA (0,76 euro) le kilo en 2018. Quand son voisin ghanéen a fixé la barre à 1 000 francs CFA le kilo, ou le Burkina à 900 francs CFA. Sans surprise, les cajous...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-19">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La dépendance, installée dans la population des Etats-Unis, est une conséquence de l’autorisation d’analgésiques puissants dans les années 1990, explique dans sa chronique notre journaliste Stéphane Foucart.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 12/05/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« La crise des opioïdes travaille en profondeur, et pour longtemps, la société américaine »

La dépendance, installée dans la population des Etats-Unis, est une conséquence de l’autorisation d’analgésiques puissants dans les années 1990, explique dans sa chronique notre journaliste Stéphane Foucart.



Le Monde
 |    12.05.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
13.05.2018 à 14h40
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. A presque un quart de siècle de distance, les deux scènes se ressemblent étrangement : des quinquagénaires à la mise impeccable, grisonnants et cravatés, debout en rang d’oignons sous les ors du Capitole, levant la main droite pour prêter serment. Mardi 8 mai, une brochette de patrons de sociétés de distribution de produits pharmaceutiques ont été interrogés, trois heures durant, par une commission parlementaire désireuse de faire la lumière sur la « crise des opioïdes » qui frappe les Etats-Unis.
Voilà qui rappelait les auditions, au printemps 1994 et au même endroit ou presque, des sept grands capitaines de l’industrie cigarettière américaine, jurant leurs grands dieux que la nicotine n’induisait aucune dépendance chez les fumeurs… Comme le scandale de la dissimulation des risques du tabac en son temps, celui des opioïdes vient rappeler que les principales menaces qu’affronte la société américaine ne sont aujourd’hui pas extérieures – comme les gesticulations de Donald Trump veulent le faire accroire –, mais intérieures.

De fait, la dépendance aux opioïdes qui s’est installée dans la population américaine est aujourd’hui l’une des plus graves crises sanitaires – peut-être la plus grave – auxquelles sont confrontés les Etats-Unis. Elle a été causée par l’autorisation, au milieu des années 1990, d’antalgiques puissants, proches cousins de l’héroïne et de la morphine, prescrits non de manière ponctuelle – après une intervention, ou à des patients en soins palliatifs, par exemple – mais en traitement de douleurs chroniques.
Mouvement de désocialisation
Ce changement des pratiques médicales – suscité par les laboratoires ayant développé et commercialisé ces antidouleurs – a provoqué une catastrophe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour l’année 2016, les autorités sanitaires américaines ont recensé 64 000 morts par overdose, dont une grande part provoquée par des produits à base d’opioïdes, obtenus sur prescription...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-20">
<filnamedate="20180515"><AAMM="201805"><AAMMJJ="20180515"><AAMMJJHH="2018051519">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 11/05/2018
Découvrir l’application


                        

Rappel de reblochons AOP vendus par Leclerc en raison de cas d’intoxication alimentaire « grave »

Il s’agit du fromage vendu sous la marque « Nos régions ont du talent », qui a entraîné des intoxications par la bactérie E. coli 026. Sept enfants en bas âge ont été infectés.



Le Monde
 |    11.05.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
12.05.2018 à 07h12
   





                        



   


Les centres E. Leclerc ont annoncé, vendredi 11 mai, qu’ils procédaient au rappel d’un reblochon AOP vendu sous sa marque « Nos régions ont du talent », en raison de « plusieurs cas » d’intoxication alimentaire « grave » par la bactérie E. coli 026.
Des enfants en bas âge ont été infectés, et les autorités sanitaires ont identifié « sept cas d’infections à Escherichia coli, dont six syndromes hémolytiques et urémiques [complications rénales] survenus chez des enfants âgés de un an et demi à 3 ans », ont fait savoir les ministères de la santé et de l’agriculture.
Ce fromage de 450 grammes est fabriqué par la société Fromagerie Chabert, précise un communiqué du distributeur, alerté par un signalement de Santé publique France.
« Les consommateurs étant en possession de ce produit ne doivent pas le consommer et sont invités à le rapporter dans leur centre E. Leclerc », dit le communiqué, qui donne également un numéro vert mis à leur disposition (0800.011.100).
Gastro-entérites éventuellement hémorragiques
Le 26 avril, une autre société, la Fromagerie du Plessis, avait annoncé le rappel d’un lot de camemberts de Normandie AOP commercialisé sur tout le territoire national, à la suite d’un contrôle ayant révélé la présence de cette même bactérie (Escherichia coli).

        Lire aussi :
         

                Bactérie « Escherichia coli » : des viandes hachées contaminées rappelées



Escherichia coli O26 : H11 peut entraîner, dans la semaine qui suit la consommation d’un produit contaminé, des gastro-entérites, éventuellement hémorragiques, accompagnées ou non de fièvre, et pouvant être suivies de complications rénales sévères chez les jeunes enfants (syndrome hémolytique et urémique).
Les personnes qui auraient consommé les produits concernés et qui présenteraient ce type de symptômes sont invitées à consulter sans délai leur médecin traitant et à lui signaler cette consommation et la nature du germe contaminant.



                            


                        

                        

