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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.
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« La connaissance de ses origines est indissociable de la réflexion de tout être humain sur son identité personnelle »

Dans une tribune au « Monde », Vincent Brès, le président de l’association Procréation médicalement anonyme, demande à ce que la France permette aux enfants nés de don puissent avoir accès à leurs origines.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 16h00
    |

Vincent Brès (Président de l’association Procréation médicalement anonyme)







                        



                                


                            
Tribune. Les choses bougent, enfin, dans le monde un peu fermé de l’assistance médicale à la reproduction. Basé sur un système vieux de plus de quarante ans, le don de gamètes s’apprête à évoluer, répondant au mouvement de fond des évolutions de la société française.
Pour une raison très simple : les premiers à en être nés sont devenus des adultes responsables, souvent parents eux-mêmes, et prennent maintenant la parole. Ils dénoncent l’injustice d’un système qui confisque, sans jamais les avoir consultés, des informations sur leur hérédité.
La transmission des données non identifiantes sur les donneurs ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don
La présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (CECOS) a récemment proposé de réformer les pratiques au travers de la possibilité d’offrir des données non identifiantes aux personnes qui le souhaitent.
Si l’intention est à saluer, puisque pour la première fois les professionnels de l’assistance médicale à la procréation (AMP) avec don se tournent vers les personnes qui en sont issues, elle est encore insuffisante. Elle peut même apparaître comme un écran de fumée pour finalement ne rien faire, ne rien changer. La transmission des données non identifiantes sur les donneurs telles qu’une vague profession et quelques traits physiques généraux ne répond en rien aux attentes des personnes conçues par don.
Principe d’appariement
Pour savoir à quoi pourrait ressembler leur donneur, les personnes nées de don n’ont qu’à se tourner… vers leur propre père ! Grâce au principe d’appariement, mis en place par les CECOS en choisissant le donneur le plus proche physiquement du père d’intention, il n’y a que peu de doutes sur l’apparence physique de celui à qui ils doivent d’être nés.
La transmission d’informations non identifiantes est donc un os à ronger proposé aux enfants nés de don qui ne résout rien
Sa profession...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.
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« Le cinéma, qui représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, doit réussir sa mutation numérique »

Dans une tribune au « Monde », la commissaire européenne Mariya Gabriel et la ministre de la culture Françoise Nyssen plaident en faveur d’un cinéma européen puissant et pour un droit d’auteur renforcé à l’ère du numérique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 15h20
    |

Mariya Gabriel (Commissaire européen à l’économie et à la société numérique) et Françoise Nyssen (Ministre de la culture)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis soixante-douze ans, le Festival de Cannes célèbre la création cinématographique dans sa diversité, et contribue ardemment à en assurer la promotion, en promontoire mondial des œuvres cinématographiques d’exception. Imaginé par Jean Zay face à la montée d’un totalitarisme qui entendait mettre la création sous sa coupe, ancré sur une politique culturelle ouverte et sur un partenariat transatlantique au centre de ce que Jean Zay qualifiait déjà de « monde libre », le festival porte aussi, depuis son origine, un projet politique : consacrer la liberté et l’indépendance de la création artistique.
Partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger
Cette dimension politique résonne plus que jamais, aujourd’hui, à l’heure où notre monde fait face à des bouleversements technologiques, sociétaux et géopolitiques profonds. Ces transformations sont une chance : jamais sans doute les opportunités n’auront été aussi grandes pour les citoyens, les entreprises et les artistes. Mais elles constituent aussi de véritables défis pour nos sociétés, parce qu’elles nourrissent des peurs qui favorisent la montée des extrêmes et du nationalisme.
Le cinéma est naturellement au cœur de ces enjeux. D’abord parce qu’il représente des centaines de milliers d’emplois en Europe, et qu’il doit réussir sa mutation numérique. Ensuite parce que le cinéma n’est pas un secteur comme un autre : il est présent au cœur de nos vies, il nous fédère, en révélant l’universalité d’histoires singulières, il est un ciment pour nos sociétés, en même temps qu’il nous alerte et nous éclaire. Enfin, parce que le cinéma est la pierre de touche de nos sociétés démocratiques : la liberté d’expression est la mère de toutes les libertés, partout où les cinéastes sont inquiétés, ce sont les valeurs fondatrices de la démocratie qui sont en danger.
Trois chantiers cruciaux
Fort de ces constats, l’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le sociologue franco-iranien Farhad Khosrokhavar livre une somme essentielle sur le sujet qui permet de comprendre l’ampleur du phénomène, au-delà des propos de comptoirs et des plateaux télévisés.
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« Le djihadisme est un fait social total »

Le sociologue franco-iranien Farhad Khosrokhavar livre une somme essentielle sur le sujet qui permet de comprendre l’ampleur du phénomène, au-delà des propos de comptoirs et des plateaux télévisés.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h54
    |

            Christophe Ayad








                        



                                


                            

Livre. A tous ceux qui pensent que l’explication du djihadisme, c’est ceci ou c’est cela, et uniquement ceci ou uniquement cela – que ce soit l’islam, le salafisme, la pauvreté, le retour du refoulé post-colonial, les réseaux sociaux et la violence en accès libre, ou encore l’échec du modèle éducatif et de la cellule familiale –, on conseille la lecture du dernier opus de Farhad Khosrokhavar, Le Nouveau Jihad en Occident. 

Peut-être comprendront-ils enfin que l’on a affaire, avec le djihadisme, à un « fait social global », comme il s’en produit moins d’une demi-douzaine par siècle. Un phénomène d’une telle ampleur qu’il mérite mieux que quelques propos de comptoirs ou de plateaux télévisés. Peut-être alors, nos commentateurs du dimanche saisiront-ils l’ampleur de la tâche de ceux qui s’attachent à comprendre, cerner et décrire ce phénomène.
Peut-être cesseront-ils de promettre d’éradiquer le djihadisme en un mandat politique, ou arrêteront-ils de faire croire qu’on peut déradicaliser – car hélas, nul n’a trouvé la formule magique, même si certaines pratiques ont fait partiellement leurs preuves. Peut-être étudiera-t-on le djihadisme comme on a étudié le fascisme depuis un siècle, avec le même sérieux théorique et les mêmes moyens empiriques, la même profusion, au lieu de se contenter de le qualifier de « fascisme vert », ce qui veut tout et rien dire à la fois.
Effort salutaire de définition
Dans ce corpus en cours d’élaboration, l’ouvrage de Farhad Khosrokhavar aura, pendant longtemps encore, valeur de jalon essentiel. Cette somme exhaustive, nourrie de réflexion théorique et d’études empiriques, est aujourd’hui l’ouvrage le plus complet sur la naissance et l’essor d’un djihadisme propre à l’Occident, parallèlement – ou plutôt en écho – à celui qui agite le Moyen-Orient depuis les années 1970.
Le djihadisme, qu’est-ce donc ? C’est une interprétation absolument radicale de l’islam...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.
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« Pour que la France puisse peser en matière d’intelligence artificielle »

Pour devenir une nation référente dans l’IA, notre pays doit démystifier celle-ci dès le plus jeune âge et renforcer l’enseignement scientifique, estime dans une tribune au « Monde » le PDG de Vekia Manuel Davy.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h15
    |

Manuel Davy (PDG de Vekia, start-up spécialisée dans la gestion des approvisionnements des entreprises par l’intelligence artificielle)







                        



                                


                            
Tribune. Le monde de l’intelligence artificielle n’a pas attendu l’été pour donner le coup d’envoi de son mercato. En avril, Apple a cassé sa tirelire pour recruter John Giannandrea, ­responsable de la recherche et de l’intelligence artificielle… chez Google. Bien qu’aucune information n’ait fuité sur le montant du « transfert », certaines sources évoquent un salaire à huit chiffres. Une hypothèse envisageable quand on sait qu’Anthony Levandowski, un des pontes de la division voiture autonome de Google, a perçu plus de 120 millions de dollars en à peine neuf ans avant de passer chez Uber. Des sommes mirobolantes – plus proches des salaires de la NBA que de ceux du monde scientifique – justifiées par la rareté des talents.
seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens
Le cabinet canadien Element AI estime à moins de 10 000 le nombre de personnes dans le monde capables de se mesurer aux défis de l’intelligence artificielle. Un contingent dans lequel la France ­figure certainement en bonne place, avec 13 lauréats de la médaille Fields et des personnalités comme Cédric Villani (député LRM et mathématicien), Yann LeCun (directeur de l’intelligence artificielle chez Facebook) ou Patrice Simard (ingénieur chez Microsoft, spécialisé dans le machine teaching). Toutefois, ­attention à ne pas céder au triomphalisme. Si la France a été capable de ­former et de placer des chercheurs de haut niveau dans l’élite de l’intelligence artificielle, rien ne dit qu’il en ira de même durant les prochaines années.
En 2016, l’étude « Trends in International Mathematics and Science Study » (Timss), qui évalue les performances des élèves en mathématiques et en sciences, publiait des conclusions sans appel : seuls 23 % des élèves français ont un bon niveau en mathématiques, contre 48 % de leurs homologues européens. Pis, en termes de compétences en mathématiques, la France est 22e...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Nicolas Colin estime que l’Europe doit s’engouffrer dans la brèche créée par le désengagement de l’administration Trump dans l’économie de l’innovation.
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Capital-risque : « Les Etats européens, convertis à l’austérité depuis 2008, manquent à l’appel »

Dans cette chronique, l’économiste Nicolas Colin estime que l’Europe doit s’engouffrer dans la brèche créée par le désengagement de l’administration Trump dans l’économie de l’innovation.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h00
    |

Nicolas Colin (Cotitulaire de la chaire Technology, Governance and Institutional Innovation à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po Paris, et...







                        



                                


                            
Transformations. Il est de bon ton de déplorer la mauvaise allocation de l’épargne des Français : ceux-ci aiment l’immobilier et les obligations d’Etat, mais ne financent pas les entrepreneurs et les start-up. Les politiques annoncent régulièrement vouloir y remédier – c’est l’un des objectifs du projet de loi Pacte, toujours en attente de présentation au conseil des ministres. Hélas, ils ignorent à peu près tout du fonctionnement du capital-risque, au mieux inconnu, au pire suspecté.
Le livre de l’économiste américain William H. Janeway, Doing Capitalismin the Innovation Economy (Cambridge University Press, non traduit), dont la deuxième édition paraît cette semaine, pourrait leur servir de guide. Formé à l’école keynésienne, lecteur de Marx et de Braudel, Janeway a cofondé avec George Soros l’Institute for New Economic Thinking (INET), afin de reconstruire la pensée économique après la crise de 2008. Surtout, il est lui-même un vétéran du capital-risque, avec à son actif un track record (« bilan ») exceptionnel entre 1988 et 2006 au sein de la légendaire société Warburg Pincus.
La thèse centrale de Bill Janeway est la suivante : la croissance économique est tirée par des innovateurs qui vont d’échec en échec avant, parfois, de connaître un succès hors norme. Compte tenu de cette prévalence de l’échec, soutenir ces innovateurs suppose de renoncer a priori à l’idée d’un retour financier sur investissement.
L’Etat n’est pas un financier comme les autres
Et cela n’arrive que dans deux cas : lorsque l’Etat alloue des capitaux à la poursuite d’une mission d’intérêt général ; et lorsque les marchés financiers s’emballent dans des bulles spéculatives – qui, inévitablement, finissent par éclater.
Souvent, ces deux phases se succèdent dans la même séquence : l’Etat commence par dépenser massivement, puis les spéculateurs se mettent dans sa roue pour profiter de l’aubaine. Cette séquence « vertueuse », récurrente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales »

Un collectif de vingt-deux scientifiques s’inquiète, dans une tribune au « Monde », de voir les grandes écoles d’ingénieurs s’éloigner de l’université et enseigner l’entrepreneuriat et la gestion plutôt que la démarche scientifique.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 14h00
    |

Collectif







                        



                                


                            
Tribune. La mondialisation en cours dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon affecte plus spécifiquement la France, qui, de longue date, possède un modèle dual, avec les universités et les grandes écoles. Ces dernières, et notamment les écoles d’ingénieurs les plus sélectives, se retrouvent depuis une quinzaine d’années confrontées à diverses questions existentielles : que signifie le terme d’ingénieur généraliste à l’international ? Pour quels profils de carrière ?
Les grandes écoles d’ingénieurs doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche
Ce choc assez soudain et inattendu est une épine dans le pied de ces établissements, voire une blessure narcissique pour un certain nombre de nos décideurs passés par ces écoles. Plusieurs stratégies ont été mises en œuvre pour y répondre. Si l’on prend l’exemple de l’Ecole polytechnique (dont le mandat de président est en cours d’attribution), l’accent a été mis d’abord sur le management et les start-up, puis sur une tentative de regroupement entre grandes écoles, tournant le dos à la coopération avec l’université Paris-Sud.
Nous sommes convaincus que ces deux orientations sont profondément erronées. Les grandes écoles d’ingénieurs n’ont pas vocation à imiter les grandes écoles commerciales (HEC, ­Essec, etc.). Elles doivent capitaliser sur la science, sur le lien avec l’université, sur leurs laboratoires de recherche : que ceux-ci irriguent effectivement l’enseignement, et qu’une réelle démarche scientifique, avec ses questionnements et sa créativité, vienne former des étudiants sélectionnés principalement sur leur capacité à réussir aux concours, à la suite d’un parcours assez standardisé et normatif.
Innovation et reconnaissance internationale
Ce lien avec la démarche scientifique, trop longtemps négligé dans ces grandes écoles, nous paraît fondamental. Bien évidemment, tous les étudiants qui en sont issus n’ont pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans son dernier essai, l’économiste et statisticien Thomas Coutrot s’interroge sur les fondements théoriques et politiques d’un mouvement visant la liberté du travail.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Choisir le côté vivant du travail

Dans son dernier essai, l’économiste et statisticien Thomas Coutrot s’interroge sur les fondements théoriques et politiques d’un mouvement visant la liberté du travail.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h54
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. A peine élu, le président Emmanuel Macron tient sa promesse et « libère le travail » : les indicateurs écologiques pèseront désormais autant que les ratios financiers, les actionnaires stables auront des droits de vote supérieurs aux actionnaires spéculatifs, les marchés publics privilégieront les entreprises collaboratives et solidaires, le salaire de base sera maintenu en cas de chômage ou de formation… « Trêve de fantaisie : libérer le travail, on le savait, voulait dire tout autre chose : le débarrasser, autant que possible, des rigidités qui découragent les investisseurs », regrette Thomas Coutrot.
Dans son dernier essai Libérer le travail, l’économiste et statisticien s’interroge sur les fondements théoriques et politiques d’un mouvement visant la liberté du travail, prisonnier d’une organisation néotaylorienne focalisée sur le rendement financier. Son ouvrage fait le constat de l’échec de la gauche du XXIe siècle. « Nous avons cru pouvoir contrer le capitalisme avec la démocratie politique, par les nationalisations, la redistribution des richesses, la planification démocratique. Mais la sphère du travail imprime sa marque sur l’ensemble des comportements et des rôles sociaux. Obéir aux ordres durant toute une vie de travail ne prédispose pas à l’exercice du libre arbitre dans la cité. »

Plutôt que de chercher refuge du côté de l’Etat, l’ancien porte-parole d’Attac et cofondateur des Economistes atterrés explore des issues du côté du travail vivant. La théorie de l’entreprise auto-gouvernée repose sur la vision considérant le profit non pas comme un but en soi mais comme un moyen d’atteindre une mission qualitative, d’ordre sociétal, déterminée par les parties prenantes à la vie de l’entreprise, la répartition des compétences résultant elle-même d’un processus permanent de libération. « Ce mode d’organisation pourrait faire reculer le degré d’abstraction...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités issues de la société civile appelle l’Union européenne à proposer la tenue d’une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien.
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« Ramener le gouvernement israélien au respect du droit n’est en rien une manifestation d’antisémitisme »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de personnalités issues de la société civile appelle l’Union européenne à proposer la tenue d’une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948 au lendemain de la seconde guerre mondiale marquée par le génocide des juifs d’Europe, a été accueillie dans le monde comme un refuge pour les survivants et comme un espoir. En même temps, elle a dépossédé les Palestiniens d’une partie importante de leur pays et représenté pour eux une catastrophe, la Naqba. Soixante-dix ans plus tard, l’Etat d’Israël est une réalité, comme l’est aussi le fait que des millions de Palestiniens vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement à Gaza, de discriminations en Israël ou d’exil.
Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes
Depuis 1948, ces deux réalités s’entrechoquent entraînant du sang et des larmes, entravant l’avenir des peuples de la région et produisant ses effets jusqu’en Europe et dans le reste du monde. L’occupation et la colonisation poursuivies par Israël depuis 1967 de territoires ne faisant pas partie de ses frontières internationalement reconnues aggravent une situation régionale, par ailleurs, bouleversée par de nombreux conflits et fait peser de lourdes menaces sur la paix mondiale.
Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant les terres, cantonnant les Palestiniens à des territoires de plus en plus réduits, les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux Etats puissent vivre en paix, côte à côte, avec Jérusalem comme capitale commune. Le résultat de leur politique interroge, certes, sur la possibilité de cette solution.
Peser sur les deux parties
La poursuite continue de la colonisation, conduisant à l’installation de quelque 700 000 colons en Cisjordanie, a sapé les espoirs suscités par le processus d’Oslo. Mais il est clair que l’hypothèse...




                        

                        


<article-nb="2018/05/15/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. La répression sanglante contre des milliers de civils palestiniens massés à la frontière israélienne lundi éclaire la spirale guerrière dans laquelle Israël s’est enfermé.
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Journée sanglante à Gaza : des Palestiniens abandonnés et déshumanisés

Editorial. La répression sanglante contre des milliers de civils palestiniens massés à la frontière israélienne lundi éclaire la spirale guerrière dans laquelle Israël s’est enfermé.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h35
   





                        


Editorial du « Monde ». Que retiendra l’histoire de ce 14 mai 2018 ? Le transfert historique de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, signe de la reconnaissance de la Ville sainte comme capitale d’Israël, le jour même de son 70e anniversaire ? Ou le bilan historiquement élevé – au moins 58 morts et plus de 1 350 blessés par balles – de la répression des manifestations palestiniennes le long de la barrière de sécurité israélienne entourant la bande de Gaza ? Dans une région où le tragique l’emporte toujours, la deuxième information éclipse sans conteste la première. Ce qu’il restera, surtout, de cette journée est le spectacle schizophrène et obscène des réjouissances diplomatiques américano-israéliennes à Jérusalem pendant qu’un carnage était perpétré, à une centaine de kilomètres de là, sur des civils cherchant à franchir une frontière, sans autre arme que leur désespoir.

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                Jérusalem fête son ambassade américaine, Gaza pleure ses morts



Il faut remonter à 2014 pour constater un tel massacre dans les territoires palestiniens, à ceci près qu’à l’époque c’est une guerre qui sévissait à Gaza, avec chasseurs F16, chars et tirs de roquettes. Lundi 14 mai, ce n’était pas la guerre. Pas un coup de feu ni une roquette n’a été tiré par les manifestants, malgré la présence de groupes armés à l’arrière de la foule. C’était une protestation géante, comme la Palestine n’en a jamais connu, une manifestation à mains nues, comme au temps de la première Intifada (1987-1993) et au tout début de la deuxième, en septembre 2000. Mais autrement plus meurtrière.
Suppôts du Hamas
Ce que met crûment à nu cette journée tragique, c’est l’abandon total de la bande de Gaza et de son 1,9 million d’habitants. Condamnés à un blocus cruel depuis la prise de pouvoir du mouvement islamiste Hamas en 2007, ignorés par l’Autorité palestinienne, réduits à la misère et meurtris par trois guerres en dix ans, les Gazaouis n’ont pas besoin d’incitation du Hamas – contrairement aux affirmations de Jared Kushner et de Benyamin Nétanyahou – pour se jeter sur les barbelés israéliens dans l’espoir, aussi fou qu’illusoire, de retrouver les terres de leurs ancêtres et d’échapper à leur prison.
Ce « lundi noir » révèle également la déshumanisation quasi totale des Palestiniens par une grande partie de la classe politique et de la société israéliennes, qui ne voient en eux que des suppôts du Hamas, alors que le mouvement de la « marche du grand retour » prouve que la société palestinienne a choisi la protestation civile et populaire, contre le terrorisme et les armes. Ignorer cette évolution est dangereux.

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                A Jérusalem, triomphalisme israélien et silence palestinien



Enfin, l’alignement, par l’administration Trump, de la position des Etats-Unis sur celle du Likoud n’est pas un cadeau pour Israël, contrairement à ce que pourraient croire les Israéliens : il encourage le gouvernement Nétanyahou dans son hubris guerrière, et donne l’illusion à ce jeune pays d’un soutien alors qu’il est plus isolé que jamais sur la scène internationale. Personne ne se berce d’illusions sur les promesses de plan de paix de Donald Trump. Or, sans perspective de paix, Israël se condamne à vivre dans la peur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La correspondante du « Monde » à Istanbul, Marie Jego, analyse la décision du président turc d’avancer de plus d’un an les élections alors que sa popularité plafonne.
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En Turquie, les limites de l’Erdoganomics

La correspondante du « Monde » à Istanbul, Marie Jego, analyse la décision du président turc d’avancer de plus d’un an les élections alors que sa popularité plafonne.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h26
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Analyse. Qu’est-ce qui a bien pu pou­sser le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à avan­cer les élections, législa­tives et présidentielle, au 24 juin, soit un an et demi plus tôt que prévu ? Sa priorité est de briguer un nouveau mandat, avec des pouvoirs présidentiels illimités, avant que l’économie ne se détériore. Un développement inéluctable, selon l’agence de notation Standard and Poor’s, qui a récemment abaissé la note de la dette turque, ­prévoyant « un atterrissage difficile » de l’économie nationale. L’inflation à deux chiffres, la fragilité de la monnaie, l’endettement des entreprises privées (65 % du produit intérieur brut), le déficit accru des comptes courants sont autant de facteurs d’inquiétude.

Conscient que l’inflation (10,85 % en avril) et la chute de la monnaie locale (– 10 % par rapport au dollar depuis janvier) heurtent les classes populaires qui forment le socle de son électorat, le numéro un turc doit remettre au plus vite son mandat en jeu. Le pari n’est pas sans risque. Tous les instituts de sondage assurent que le candidat Erdogan ne parviendra pas à rassembler 51 % des voix pour l’emporter dès le premier tour de la présidentielle, et ce malgré l’alliance scellée avec le Parti d’action nationaliste (MHP).
La devise turque s’échange à 5 livres pour 0,96 euro, contre 2,25 livres pour 1 euro en 2011
La popularité du chef de file de l’islam ­politique turc plafonne. Pendant les quinze années passées à la tête du pays, l’homme issu du quartier populaire de Kasimpasa, à ­Istanbul, a engrangé les succès électoraux en faisant valoir les taux de croissance ­« chinois » de son économie.
2017 n’a pas fait exception, la Turquie affichant, avec 7,4  %, la croissance la plus élevée des pays du G20 – 6,9 % pour la Chine. Tirée par la relance budgétaire et le crédit facile, cette croissance a son revers. Elle est source d’inflation, d’aggravation des déficits, de dépréciation de la monnaie. Au moment...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans cet essai, fruit d’une enquête de quinze années, le professeur de science politique Guillaume Courty dissipe le flou autour d’une profession dont le « secret » demeure la marque de fabrique de l’influence.
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Anatomie du lobby en France

Dans cet essai, fruit d’une enquête de quinze années, le professeur de science politique Guillaume Courty dissipe le flou autour d’une profession dont le « secret » demeure la marque de fabrique de l’influence.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 08h33
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Livre. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le lobbying… La somme rédigée par le professeur de science politique Guillaume Courty, fruit de quinze années d’enquête, fera sans nul doute référence. Jamais une étude aussi aboutie n’avait été produite sur le sujet. Elle permet non seulement de comprendre la place, le rôle et le fonctionnement des lobbyistes et des cabinets de conseil dans la vie publique mais aussi de balayer bon nombre d’idées reçues et de clichés sur leur influence réelle.
aujourd’hui encore, il reste difficile de cerner ce que représente le marché du lobbying
En France, l’évolution sur le sujet est récente. La vie politique française s’est longtemps targuée d’être prémunie du lobbying. En fermant résolument les yeux, on pouvait se persuader que celui-ci n’avait pas droit de cité dans l’Hexagone. Moyennant quoi il prospérait à l’abri de toute réglementation. Ce n’est qu’en 2009 que les assemblées parlementaires ont adopté leur premier règlement en la matière, révisé en 2013. Puis en 2017 une loi, la loi Sapin 2, lui a été consacrée.
Cette sorte de tabou a eu pour effet d’associer le lobbying à la corruption, puisque ce qui est caché est suspect. L’auteur, qui a recensé trois cent vingt-deux articles portant sur ce sujet parus dans la presse nationale entre 1954 et 2014, consacre une partie importante de son livre au rôle non négligeable qu’ont joué les médias dans cette construction. Mais, aujourd’hui encore, il reste difficile de cerner ce que représente le marché du lobbying : de grandes entreprises, publiques ou privées, le secteur associatif et même des organisations syndicales n’hésitent pas à se doter de structures consacrées à ce type d’activités plus ou moins discrètes.
Le secret comme marque de fabrique
Le flou continue donc à entourer la profession, le « secret » demeurant la marque de fabrique de l’influence. « Personne ne détient la vérité sur cette population », reconnaît...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Israël doit retrouver un élan démocratique et sortir du piège de l’occupation des territoires palestiniens, juge le géopoliticien David Elkaïm.
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« En Israël, le soutien à la solution à deux Etats reste majoritaire »

Israël doit retrouver un élan démocratique et sortir du piège de l’occupation des territoires palestiniens, juge le géopoliticien David Elkaïm.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 08h42
    |

David Elkaïm (chercheur au Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), enseignant à Sciences Po)







                        



                                


                            
Tribune. Le transfert de l’ambassade américaine lundi 14 mai marquera officiellement la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par une poignée d’Etats alignés sur les positions du président américain Donald Trump. Soixante-dix ans jour pour jour après la proclamation de l’Etat par David Ben Gourion, ce geste hautement symbolique changera en fait peu de chose – la quasi-totalité des Etats membres de l’ONU considèrent toujours que la question doit être réglée dans un cadre négocié avec les Palestiniens – mais constitue une victoire pour Benyamin Nétanyahou.

Tandis que des dizaines de Palestiniens ont trouvé la mort depuis le début des marches organisées à la frontière avec Gaza, le « roi Bibi », détenteur du record du plus long mandat de premier ministre et perpétuellement à la recherche d’éléments lui permettant d’embellir son bilan pour faire oublier les accusations de corruption, n’a de cesse de célébrer le statut qu’Israël a acquis depuis sa création il y a soixante-dix ans. Et de fait, Israël n’est plus le nain économique, militaire et diplomatique qu’il était en 1948.

Un « front du refus » qui se résume à l’Iran
La plupart des Etats arabo-musulmans se sont résolus, certes à contrecœur, à accepter, officieusement du moins, l’existence d’Israël, devenu la principale puissance militaire du Proche-Orient. Le « front du refus » n’en est plus vraiment un puisqu’il se résume désormais à un seul pays : l’Iran. Mais la probabilité d’un conflit direct entre les deux pays paraît extrêmement faible car, compte tenu de l’isolement diplomatique puis des sanctions économiques et commerciales auxquels Téhéran fait face depuis les années 1980, les retards technologiques accumulés par l’armée iranienne sont criants dans pratiquement tous les domaines, des avions de combat aux missiles en passant par les chars et les navires de guerre ou les systèmes d’information. C’est pourquoi de nombreux experts et même de hauts responsables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans un livre commun, les politologues Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud dressent de l’Etat juif un portrait politique sans complaisance, mais sans simplisme.
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Israël, un septuagénaire paradoxal

Dans un livre commun, les politologues Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud dressent de l’Etat juif un portrait politique sans complaisance, mais sans simplisme.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 07h00
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            

Dans le chaos moyen-oriental de ces dernières années – des mal nommés « printemps » arabes aux guerres de Syrie, sans oublier la lutte contre le djihadisme et l’affrontement irano-saoudien –, le conflit israélo-palestinien est passé au second plan. Il lasse. Il désespère. Il a perdu sa « centralité » stratégique, comme disaient les experts dans les années 1970. En clair, ce conflit-là n’est pas le seul, l’unique facteur de déstabilisation du Moyen-Orient, loin de là.

Pourtant, il conserve une manière de centralité. Dans le monde juif d’abord, la création d’Israël le 14 mai 1948, au lendemain des résolutions de l’ONU qui lui donnaient son imprimatur international, reste un moment clé. Il est l’aboutissement d’un mouvement national qui voyait dans la création de cet Etat la seule vraie protection contre l’antisémitisme.

Ce n’est pas qu’une affaire moyen-orientale, bien sûr. L’attachement politique, affectif, à Israël dans les communautés juives du monde entier, et au-delà, reste central lui aussi. Mais dans la psychologie collective du monde arabo-musulman, l’injustice faite aux Palestiniens conserve également toute sa centralité – pas moins politique et tout autant affective. De la Méditerranée au Golfe, elle est l’un des éléments structurant d’une parcelle d’identité partagée.
Une économie brillante mais inégalitaire
D’où la difficulté d’une discussion sereine sur Israël, constatent Pierre Blanc et Jean-Paul Chagnollaud dans leur Israël face à Israël publié à l’occasion de ce 70e anniversaire. L’extrême polarisation est la règle : on est pour ou contre l’une ou l’autre des parties en conflit. Tout est de la faute de l’une ou de l’autre. Chacune a son livre d’histoire et ses tragédies que l’on convoque au procès de l’Autre. Dialogue de sourds, colère rentrée, rancœur et sentiment d’injustice des deux côtés.
Politologues, Blanc et Chagnollaud veulent sortir de ce face à face stérile. Ils dressent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Soixante-dix ans après  la création de l’Etat juif, Israël a remporté la bataille du territoire, estiment les universitaires Julieta Fuentes et Philippe Subra dans une tribune au « Monde ».
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« Personne ne doute vraiment que l’annexion de Jérusalem soit définitive »

Soixante-dix ans après  la création de l’Etat juif, Israël a remporté la bataille du territoire, estiment les universitaires Julieta Fuentes et Philippe Subra dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 12h47
    |

                            Philippe Subra (professeur à l'Institut français de géopolitique de l'université Paris-VIII)








                        



                                


                            
Tribune. Le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem est certes contraire au droit international et ne va pas dans le sens de la paix. Mais il est surtout la reconnaissance d’un état de fait : cent vingt ans après l’arrivée des premiers immigrants et la parution du livre de Theodor Herzl, L’Etat des Juifs, Israël contrôle, d’une manière ou d’une autre, 90 % du territoire de l’ancienne Palestine, et personne ne doute vraiment que l’annexion de Jérusalem-Est soit définitive.

Deux guerres ont rendu possible cette domination presque totale : 1948, qui a permis la création d’un Etat, et 1967, qui lui a assuré la mainmise sur la Cisjordanie. Mais ces succès auraient eu un impact bien moindre s’ils ne s’étaient inscrits dans une stratégie plus large et plus ancienne de prise de contrôle du territoire, grâce à ce qu’on appelle en France la politique d’aménagement du territoire : la création de kibboutz et de plusieurs dizaines de villes nouvelles, la construction dans de nouveaux quartiers et dans les colonies de centaines de milliers de logements, de nouvelles routes, de tunnels, de ponts, de grillages et de murs.

Chaque fois que les armes se sont tues, les bulldozers ont pris le relais
Ce sont ces actions, dont la plupart sont banales, en apparence techniques donc « neutres », et semblables aux actions menées partout ailleurs pour répondre aux besoins civils de la société, qui ont permis à l’Etat d’Israël de transformer les rapports de force militaires en faits accomplis, sur lesquels il sera extrêmement difficile de revenir, et la conquête militaire, potentiellement réversible, en conquête démographique quasi définitive. C’est grâce à ces actions d’aménagement que les quelques milliers d’immigrants juifs arrivés en Palestine dans les années 1890 et les 600 000 habitants juifs présents à la fin du mandat britannique, en 1948, sont aujourd’hui 6,6 millions.
Chaque fois que les armes se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Personne n’est venu occuper l’espace qui s’était construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».
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« Un an a passé. Le diagnostic n’a pas changé : c’est la gauche année zéro »

Personne n’est venu occuper l’espace qui s’était construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités, estime, dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 09h53
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            
Chronique. Le constat relève de l’évidence : les élections de 2017 ont fait exploser la gauche. Electoralement, politiquement, idéologiquement, ce « camp » qui a structuré l’histoire du pays depuis plus d’un siècle s’est retrouvé en miettes, fracturé et impuissant face au chamboule-tout de la présidentielle et des législatives.
Un an a passé. Le diagnostic n’a pas changé : c’est la gauche année zéro. En l’occurrence, zéro ne signifie pas le point de départ d’une reconstruction, d’une réinvention, encore moins d’une reconquête. Mais le maintien en déshérence de cet espace qui s’était avant tout construit dans la lutte pour la justice sociale contre les inégalités. Personne n’est venu l’occuper.

La majorité présidentielle aurait pu. Le champ était libre et la promesse du candidat Macron se voulait œcuménique, « de droite et de gauche », capable de « protéger » autant que de « libérer ». Devenu président, par inclination autant que par stratégie, il a choisi d’investir le terrain traditionnel de la droite pour mieux achever de la déstabiliser. La liberté de l’entrepreneur a primé sur la protection du salarié, la promotion du risque sur la sécurité de l’emploi, l’attractivité de la France sur le pouvoir d’achat des Français. Quant au volet social annoncé, il est resté limité (augmentation du minimum vieillesse, dédoublement des classes de cours préparatoire), fractionné (suppression à terme de la taxe d’habitation), hypothétique (réformes en gestation de la formation professionnelle ou de l’apprentissage) ou encore dans les limbes (plan en faveur des banlieues).
Le chef de l’Etat fait la sourde oreille
C’est au point que, dans la majorité même, des voix s’interrogent ou s’inquiètent. Ainsi l’ancien premier ministre Manuel Valls appelait récemment de ses vœux « un plan audacieux contre la pauvreté » pour répondre « à l’attente puissante de justice sociale ». Dimanche 13 mai, le président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le médecin urgentiste Christophe Prudhomme juge que la mort de Naomi Musenga confirme plusieurs dysfonctionnements du SAMU.
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« Il faut prendre des mesures pour éviter que le drame du SAMU de Strasbourg ne se reproduise »

Dans une tribune au « Monde », le médecin urgentiste Christophe Prudhomme juge que la mort de Naomi Musenga confirme plusieurs dysfonctionnements du SAMU.



Le Monde
 |    15.05.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
15.05.2018 à 08h41
    |

Christophe Prudhomme (docteur, porte-parole de l'association des médecins urgentistes de France)







                        



                                


                            
Tribune. L’affaire du SAMU de Strasbourg est entre les mains de la justice, qui devra faire son travail. Cependant, les premiers éléments divulgués dans la presse pointent une faute individuelle de l’assistante de régulation médicale (ARM). Mais se limiter à ce niveau n’est pas suffisant car l’objectif, suite à un événement dramatique de ce type, est d’en faire l’analyse afin de prendre des mesures pour éviter qu’il ne se reproduise.

Au-delà des personnes, il est nécessaire d’analyser le système car tout travail est collectif, encore plus dans le domaine de l’urgence, où une chaîne d’intervenants doit se coordonner afin d’apporter une réponse adaptée à une détresse.

Un problème de formation
La première question qui se pose est : qui sont ces opérateurs et quelle est leur formation ? Au SAMU, ce sont des agents recrutés au niveau du baccalauréat, qui bénéficient d’une formation d’adaptation à l’emploi après leur embauche. Même si, dans de nombreuses professions de santé, une bonne partie de la formation s’effectue sur le tas par compagnonnage, on peut s’étonner que pour un métier à lourde responsabilité et à forte charge émotionnelle, il n’existe pas de formation initiale formalisée.
Même si la très grande majorité des ARM ont acquis des compétences qui leur permettent d’assurer correctement leur fonction, il est clair qu’il existe ici un véritable problème pour ceux qui débutent leur carrière. Nous proposons donc qu’un cursus de formation initiale à ce métier soit mis en place dans les meilleurs délais. Par ailleurs, il est essentiel que l’ensemble des personnels en poste puissent bénéficier d’une formation continue adaptée, car nous travaillons dans un environnement qui évolue rapidement, ce qui nécessite des mises à jour régulières.
le citoyen est un peu perdu et les appels arrivent de manière indifférenciée sur la plate-forme du 15 ou du 18
La deuxième question est celle de l’acheminement des appels....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans cette chronique, Eric Albert, journaliste du « Monde » à Londres, constate que la période de baisse structurelle des taux d’intérêt dans le monde occidental, commencée il y a trente ans, s’achève. Un taux de 4 % à moyen terme est tout à fait envisageable.
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Comme une « période d’avant-crise » à la City

Dans cette chronique, Eric Albert, journaliste du « Monde » à Londres, constate que la période de baisse structurelle des taux d’intérêt dans le monde occidental, commencée il y a trente ans, s’achève. Un taux de 4 % à moyen terme est tout à fait envisageable.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 14h00
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Marchés. Avec ses trois décennies d’expérience du marché des devises, Simon Derrick a connu de nombreuses crises financières, et pas mal de périodes d’euphorie. Pour ce banquier britannique de l’établissement américain BNY Mellon, pas de doute, on traverse actuellement la deuxième phase. « Il règne une étrange atmosphère, qui me fait penser à 1999 ou 2007. L’optimisme qui règne sur les marchés est vraiment troublant. » En clair, on est dans une période d’avant-crise.
La première banque centrale à mener la charge est la Réserve fédérale américaine
Lui qui se définit comme « éternellement pessimiste » concentre ses anxiétés sur le marché obligataire. Depuis la fin des années 1980, le monde occidental est entré dans une période de baisse structurelle des taux d’intérêt : autour de 10 % il y a trois décennies, 5 % au début des années 2000 et presque 0 % depuis la crise financière de 2008.
Voilà pourtant presque deux ans que ce mouvement s’inverse. La première banque centrale à mener la charge est la Réserve fédérale américaine. A force d’augmenter son taux directeur, elle a réussi à faire remonter les taux américains à dix ans. Fin avril, ceux-ci ont franchi le cap des 3 %, provoquant un frisson digne des cimes les plus élevées. En Europe et au Royaume-Uni, on n’en est pas là (0,8 % en France), mais la tendance à la hausse est la même.
Coup de semonce
En soi, c’est bon signe. La croissance occidentale est solide, et les taux d’intérêt se normalisent enfin, après des années exceptionnelles. Cela récompense les épargnants, qui vont bénéficier d’un meilleur rendement.
Comme toujours, impossible de prévoir avec précision la date de la chute
Le problème est que cela change tout l’équilibre des marchés financiers. En particulier, les marchés actions apparaissent soudain largement surévalués. Une justification les maintenait à ce niveau : les rendements obligataires étant très faibles, les investisseurs préféraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.
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Immobilier : la hausse des prix est générale en Europe

Si les prix parisiens sont une exception, les marchés immobiliers évoluent de concert en Europe. Seuls les villes de Prague et Stockholm sont orientées à la baisse.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 13h57
    |

            Jérôme Porier








                        



   


La hausse des prix observée en France n’est pas une exception en Europe, montre une étude réalisée par ERA. Créé en 1971 aux Etats-Unis, ce réseau compte 2 300 agences dans 35 pays, dont 14 en Europe.
Le climat reste favorable à l’immobilier résidentiel en Europe, estiment les auteurs de l’étude, qui ont ausculté onze pays du Vieux Continent, sous l’angle des prix du mètre carré, des taux d’intérêt des emprunts immobiliers, du pourcentage de propriétaires dans la population, etc.

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Premier constat, la flambée des prix dans les capitales européennes n’est pas terminée. Les prix demeurent orientés à la hausse dans 8 des 11 villes étudiées (Paris, Berlin, Lisbonne, Vienne, Bruxelles, Sofia, Luxembourg et Amsterdam). Seules Prague (République tchèque) et Stockholm (Suède) baissent, tandis que Bern (Suisse) stagne. A noter : Londres, Rome et Madrid ne figurent pas dans l’étude.
« Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française »
En hausse de 8,4 % sur un an, à 8 716 euros à la fin de 2017, le prix moyen du mètre carré observé à Paris par ERA atteint des hauteurs que seule Stockholm connaît (8 378 euros). La situation de la capitale française est donc une exception à l’échelle européenne. En revanche, dès que l’on s’intéresse aux prix au mètre carré au niveau national, la France rentre dans le rang. A 2 550 euros le mètre carré, elle est devancée par le Luxembourg (4 800 euros) et la Suède (3 280 euros).

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Le prix moyen d’achat au niveau national entre 2016 et 2017 a augmenté dans tous les pays étudiés sans exception. « Le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier n’est évidemment pas une exception française. Il résulte de politiques gouvernementales assez identiques, en matière économique, budgétaire et monétaire. Du coup, partout, il se crée un climat favorable au marché résidentiel », écrivent les auteurs de l’étude.
Toutefois, la notion de taux bas peut varier d’un pays à l’autre. En Bulgarie, il se traduit par un taux moyen de 4,1 % sur une durée de vingt à vingt-cinq ans. Comme la France, la Belgique et la République tchèque anticipent une remontée progressive du taux des crédits immobiliers en 2018. En revanche, les taux devraient rester stables en Autriche, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Suisse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.
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CAC 40 : un partage déséquilibré des bénéfices

Editorial. Les dividendes ont sensiblement augmenté depuis 2009. Les actionnaires doivent comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h26
   





                        


Editorial du « Monde ». Mieux vaut être actionnaire que salarié, si l’on en croit les conclusions du rapport publié, lundi 14 mai, par l’organisation non gouvernementale Oxfam et le Bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (Basic). Cette étude montre que, depuis 2009, les actionnaires des groupes du CAC 40 ont été généreusement servis en accaparant plus des deux tiers des bénéfices de ces entreprises. Vient ensuite la part consacrée aux investissements, qui n’a été en moyenne que de 27,5 %. Les salariés, eux, se sont vu attribuer seulement 5 % du total sous la forme d’intéressement et de participation.

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Le partage des profits est au cœur de polémiques récurrentes en France. Nicolas Sarkozy avait relancé le débat en février 2009 en lançant l’idée d’une répartition en trois tiers : un tiers devant aller aux salariés, un autre aux actionnaires et le dernier devant être réinvesti dans l’entreprise « pour financer son développement ». Près de dix ans plus tard, la part des bénéfices reversée aux salariés reste toujours réduite à la portion congrue. Dans le même temps, les entreprises ont sensiblement augmenté le taux de versement de dividendes, qui en une décennie a progressé en moyenne de moitié, pour se situer entre 45 % et 60 %.
Toutefois, cet état des lieux ne donne qu’une vision partielle du partage de la valeur ajoutée, qui se compose notamment du revenu des salariés, de celui des propriétaires du capital, des impôts prélevés par l’Etat. Or, on observe que ce partage est relativement stable dans la période récente après des évolutions heurtées. Dans les années 1960, les salaires ont peu évolué, puis, à partir des années 1970, ont connu une forte croissance, ont baissé fortement dans les années 1980, avant une nouvelle stabilisation.
La part belle aux détenteurs du capital
Une fois ce constat posé, force est de constater que l’évolution actuelle du capitalisme conduit à un certain nombre de déséquilibres. D’abord, si le « gâteau salaires » reste inchangé, la taille des parts, elle, bouge beaucoup. Les salaires des PDG du CAC 40 ont ainsi augmenté deux fois plus vite que ceux de leurs salariés.

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Les conséquences du phénomène dépassent le sort de quelques individus, il crée également une mécanique qui tend à faire la part belle aux détenteurs du capital. Les rémunérations des PDG étant de plus en plus liées au cours de Bourse, grâce à la distribution d’actions gratuites et autres stock-options, ceux-ci sont de plus en plus tentés d’aligner leurs intérêts sur ceux des actionnaires. Résultat : les 1 % les plus riches captent une grande partie de la croissance de la masse salariale.
Deuxième effet pervers, l’utilisation des profits. Leur augmentation spectaculaire ces dernières années n’a servi ni à augmenter les investissements ni à réduire l’endettement, mais à accroître la rémunération des actionnaires.
L’idée de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail a souvent été critiquée au motif que, si les entrepreneurs sont conduits à donner une plus grande partie des profits aux salariés, il n’y aurait plus d’incitation à entreprendre. Mais les excès observés ces dernières années incitent à penser que le balancier a été trop loin. En quoi l’envolée des salaires des dirigeants, les rachats d’actions massifs ou le versement de dividendes supérieurs aux bénéfices de l’entreprise servent-ils les intérêts de l’économie réelle ? Il est temps pour les actionnaires de comprendre que leur soif insatiable de profits nous mène tous dans le mur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de femmes issues de la politique et de la société civile appelle le président chinois à libérer Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010.
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édition abonné


« Monsieur Xi Jinping, rendez sa liberté à Liu Xia ! »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de femmes issues de la politique et de la société civile appelle le président chinois à libérer Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la paix 2010.



Le Monde
 |    14.05.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
14.05.2018 à 12h21
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Monsieur le Président Xi Jinping, nous sommes artistes, auteures, femmes ordinaires, mais nous sommes toutes, du fond de notre cœur, sœurs de Liu Xia, peintre, poète, photographe, retenue prisonnière à son domicile depuis octobre 2010 en dehors de toute procédure judiciaire, et privée de tous ses droits personnels au seul motif qu’elle est l’épouse et la veuve de Liu Xiaobo !
Nous ne voulons, en aucune manière, nous immiscer dans les « affaires intérieures de la Chine », nous ne voulons en aucune manière faire de Liu Xia un emblème militant, l’annexer à une cause quelconque. Au nom de quoi lui imposerions-nous ce fardeau ? Après la mort du Prix Nobel de la paix derrière les barreaux, que pourrait-elle, d’ailleurs, nous révéler sur l’état des libertés en Chine que nous ne sachions déjà ?
Liu Xia n’est pas une femme politique, ce n’est pas à ce titre que nous voulons la rencontrer et ce n’est pas à ce titre que nous vous demandons sa libération. Liu Xia est une artiste que le chagrin et la solitude absolue ont enfermée dans une profonde dépression et conduite au bord du suicide. Nous vous demandons, au nom de notre commune humanité, de lui permettre de jouir enfin de toutes les libertés qui sont formellement garanties par la Constitution chinoise à tous les citoyens de votre pays, celle d’aller et de venir, celle de voyager à l’étranger. Liu Xia a besoin du réconfort de ceux qui l’aiment pour retrouver la joie de vivre qui éclatait, autrefois, dans son rire. C’est cette joie de vivre que nous voulons lui redonner en partageant avec elle les bonheurs de la création littéraire et artistique.
Nous ne pouvons croire que l’amour, dans ce grand pays moderne qu’est la Chine, soit devenu un crime. Ce pays que chantaient les poètes ne peut avoir perdu son âme, rendez sa liberté à Liu Xia, Monsieur le Président !
这个曾经遍地颂歌 Autrefois, les chants à sa gloire se répandaient sur la terre entière 满天诗行Et les poèmes...




                        

                        

